mercredi 4 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106518 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | HATEGEKIMANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2021, M. B A, représenté par
Me Hategekimana, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2019 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté sa demande d'inscription au revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre à la directrice de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise de réexaminer sa situation et d'établir ses droits au revenu de solidarité active à la date de sa première demande, c'est-à-dire à partir du 14 janvier 2019.
Il soutient qu'il remplit toutes les conditions d'octroi du revenu de solidarité active et que la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a commis une erreur de droit en lui refusant l'ouverture de ses droits à cette allocation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2022, le conseil départemental du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et fait valoir que :
- la requête est tardive faute de production de la décision du bureau d'aide juridictionnelle ;
- M. A a vu une seconde demande de RSA accueillie favorablement le 27 avril 2022 ;
- ses moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur proposition du président de la chambre de jugement, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Dupin, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision en date du 6 décembre 2019, la directrice de la caisse d'allocations familiales a refusé d'accorder le revenu de solidarité active à M. B A ressortissant haïtien, qu'il avait sollicité par une demande en date du 14 janvier 2019, au motif qu'il ne justifiait pas de cinq années continues de détention d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Du silence gardé par la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise suite au recours administratif préalable obligatoire formé le 12 avril 2021 contre cette décision est née une décision de refus dont la présente requête sollicite l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, d'inciter à l'exercice d'une activité professionnelle et de lutter contre la pauvreté de certains travailleurs, qu'ils soient salariés ou non-salariés ". Aux termes de l'article L. 262-2 du même code : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
4. Il résulte de l'instruction que M. A est entré sur le territoire français en 2003 et a bénéficié depuis avril 2016 de plusieurs cartes de séjour pluriannuelle, la dernière expirant le 9 mai 2021. Toutefois, il ressort du relevé de situation administrative produit que l'intéressé était démuni de titre de séjour ou de récépissé de demande de titre entre le 11 août et le 12 novembre 2018. Par suite, il ne justifie pas de cinq années continue de séjour régulier sur le territoire français et c'est sans erreur de droit au regard des dispositions précitées que la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a jugé dans la décision contestée qu'il ne remplissait pas les conditions d'octroi du revenu de solidarité active. La circonstance selon laquelle cette administration a adopté un traitement favorable du dossier de l'intéressé lors de la seconde demande de revenu de solidarité active, formé le 13 octobre 2021 par le requérant, en lui accordant l'ouverture de ses droits par une décision du 27 avril 2022, demeure sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par suite le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 décembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a refusé de lui octroyer le revenu de solidarité active. En conséquence, la requête de M. A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département du Val-d'Oise.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M. Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. Dupin
Le président,
signé
T. Bertoncini
Le greffier,
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2106518
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026