mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PARASTATIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés les 26 mai et 7 juillet 2021, M. A, représenté par Me Parastatis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler le titre de séjour dont il bénéficiait à raison de son état de santé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait renvoyé, en cas d'inexécution de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision est entachée de plusieurs vices de procédure, dès lors qu'à supposer qu'un avis ait été effectivement rendu par le collège de médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) , le 7 janvier 2021, sur sa demande :
* le préfet s'est abstenu de le joindre à la décision attaquée ;
* il est impossible d'identifier ses auteurs ;
* le préfet, à qui il incombe de justifier de la régularité de cet avis, n'établit pas que les dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été respectées ;
* il n'est pas démontré qu'un rapport a été établi par un médecin de l'OFFI et qu'il a été transmis au collège de médecins ;
* ni le nom de son rédacteur, ni la date de sa transmission au collège ne sont connus ;
* aucune pièce du dossier ne permet de s'assurer que ledit médecin rapporteur n'a pas siégé au sein dudit collège ;
* il n'est pas démontré que les trois médecins formant le collège émetteur de l'avis ont été régulièrement désignés par le directeur général de l'OFII.
* L'ensemble de ces vices l'a privé de garanties essentielles ;
- la décision est insuffisamment motivée, au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, notamment en ce qu'elle ne prend en compte aucun élément relatif à sa situation professionnelle en France ;
- ce défaut de motivation révèle un défaut d'examen de sa situation, tant du point de vue de son état de santé que de sa situation privée et professionnelle ;
- les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ; à cet égard, il appartient au préfet d'apporter la preuve de la disponibilité d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, au jour de la décision de refus de renouvellement attaquée, alors que lors de la délivrance de son titre initial, un an plus tôt, ce traitement avait été jugé inexistant ; son état de santé nécessite un suivi hospitalier à minima bi annuel, dont il ne pourra pas bénéficier en Côte d'Ivoire ; sa pathologie cardiaque nécessite une surveillance moderne, tant pour lui-même que pour ses enfants ; en tout état de cause, il ne pourrait pas voyager sans risque vers ce pays ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l''entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par ordonnance du 5 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 9 aout 2021.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise du 8 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Gruet, substituant Me Parastatis, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 28 septembre 1985, a sollicité le 13 octobre 2020 du préfet du Val-d'Oise le renouvellement du titre de séjour dont il bénéficiait en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 1er février 2021, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui accorder le renouvellement de ce titre, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait renvoyé, en cas d'inexécution de cette mesure d'éloignement.
Sur la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police, telles que les décisions prises en matière de séjour des étrangers en France, doivent être motivées et : " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. En l'espèce, la décision contestée vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, rappelle l'objet de la demande formulée par l'intéressé sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application. Elle mentionne en particulier que les pièces versées par M. A ne permettent pas de remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), selon lequel il peut bénéficier effectivement en Côte-d'Ivoire d'un traitement approprié à la prise en charge de son état de santé. Ainsi, la décision contestée est suffisamment motivée et répond aux exigences de l'article L. 211-5 précité. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance avant de prendre la décision en litige et au vu de la nature du titre de séjour dont celui-ci avait sollicité le renouvellement. D'ailleurs, alors qu'il n'est pas établi qu'une telle demande lui ait été présentée, celui-ci a examiné, à titre subsidiaire, la possibilité de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin inspecteur départemental de la santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé () / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur l'existence d'un traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 de ce code dispose que : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, dans sa version applicable au litige: " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. (). ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".
6. Il résulte des dispositions précitées que la régularité de la procédure implique que les documents soumis à l'appréciation du préfet comportent l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et soient établis de manière telle que, lorsqu'il statue sur la demande de titre de séjour, le préfet puisse vérifier que l'avis au regard duquel il se prononce a bien été rendu par un collège de médecins. L'avis doit, en conséquence, permettre l'identification des médecins dont il émane. Il en résulte également que, préalablement à l'avis rendu par ce collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'OFII, doit lui être transmis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. En cas de contestation devant le juge administratif portant sur ce point, il appartient à l'autorité administrative d'apporter les éléments qui permettent l'identification du médecin qui a rédigé le rapport au vu duquel le collège de médecins a émis son avis et, par suite, le contrôle de la régularité de la composition du collège de médecins.
7. D'une part, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer à l'étranger qui sollicite un titre de séjour en raison de son état de santé l'avis rendu sur cet état par le collège de médecins de l'OFII mentionné à l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne peut donc utilement soutenir que la circonstance que ledit avis ne lui a pas été communiqué concomitamment avec la décision attaquée, vicie la procédure au terme de laquelle celle-ci a été prise.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, en particulier du bordereau de transmission de l'OFII produit en défense, que le rapport médical prévu à l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi le 4 janvier 2021, par le médecin du service médical de l'OFII, et transmis le même jour à un collège composé d'autres médecins, régulièrement désignés dans les conditions prévues à l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 18 juillet 2019 publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur du 15 août 2019. L'avis du 7 janvier 2021 de ce collège, établi conformément aux dispositions précitées l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, mentionne clairement l'identité des trois médecins le composant, permettant ainsi d'établir que le médecin rapporteur n'y figurait pas. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté en toutes ses branches.
9. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII, établi conformément aux dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
10. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité par M. A, le préfet s'est fondé notamment sur l'avis du collège de médecins de l'OFII qui a retenu que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut était susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'offre de soins dans son pays d'origine lui permettait toutefois de bénéficier effectivement d'un traitement approprié et il pouvait voyager sans risque vers ce pays. Il ressort des pièces du dossier que M. A a subi, à la fin de l'année 2018, une syncope révélant une affection cardiaque, nécessitant une hospitalisation en soins intensifs de plusieurs jours. Toutefois, aucun examen médical réalisé à la suite ou certificat médical, produit au débat par le requérant, ne permet de connaître la cause, l'hypothèse d'une origine génétique étant incertaine, ou l'évolution future de cette pathologie. Il n'est notamment pas établi qu'une prise en charge médicamenteuse devrait être mise en place. En outre, si ce dysfonctionnement a nécessité l'implantation d'un dispositif d'enregistrement d'évènements, permettant un suivi permanent de son activité cardiaque, le 20 janvier 2020, en mode ambulatoire, il ne ressort d'aucun certificat médical des médecins de l'unité de cardiologie de l'hôpital Dubos à Pontoise ou de ceux de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris qui ont pris en charge chirurgicalement l'intéressé, que celui-ci devra désormais être suivi plus fréquemment que deux fois par an et uniquement grâce à des systèmes de contrôle technique, inexistants en Côte d'Ivoire et dont il ne pourrait pas, dès lors, bénéficier. En conséquence, en l'absence de toute précision suffisante sur la nature de ce suivi, ou le cas échéant, du traitement ou des soins nécessaires à son état de santé, il n'est pas établi que ce suivi ou cette prise en charge doivent se poursuivre en France. Il n'est pas davantage établi qu'au jour de la décision attaquée, alors que l'un des certificats médicaux produits au dossier, du 17 décembre 2020, note que son état est stable et asymptomatique, que le requérant ne pouvait pas voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en refusant de renouveler son titre de séjour.
11. En cinquième lieu, M. A soutient que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ", et en commettant une erreur de fait sur sa situation personnelle. Il n'assortit toutefois ce moyen d'aucune précision de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le requérant, dont la durée de séjour en France est d'environ deux ans et demi seulement, à la date de la décision contestée, n'établit pas que le centre de ses intérêts privés et familiaux y sont désormais et durablement établis, quand bien même il souhaite y exercer une activité professionnelle. Par ailleurs, il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales en Côte d'Ivoire, où, selon ses indications, il a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans et où résident sa concubine, ses deux enfants mineurs et trois des membres de sa fratrie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
12. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être énoncés, le moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aucun des moyens soulevés contre la décision portant refus de titre de séjour n'étant fondé, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de son illégalité pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence.
14. En deuxième lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B F, chef de bureau du contentieux des étrangers de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 20-046 du 17 novembre 2020, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré du vice de compétence manque en fait et doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I, (). ".
16. La décision attaquée comporte, outre les motifs énoncés au point 3 et 4 du présent jugement, relatifs au refus de titre de séjour, la mention selon laquelle eu égard à l'ensemble de sa situation privée et familiale, cette décision ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à mener une vie familiale normale, conformément à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement prise à l'encontre du requérant, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 à 12 du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'injonction et sur l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
18. Les conclusions à fin d'annulation devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme E et M. D, premiers conseillers,
Assistés de M. Lux, greffier,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
L. E
Le président,
signé
P. Thierry
Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026