mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DIABATE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 juin 2021 et en application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée au greffe de ce tribunal le 26 mai 2021 par Mme A ;
Par cette requête, Mme A, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentante légale de sa fille mineure, B G F A, représentée par Me Diabate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021, par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles, saisie sur recours administratif préalable obligatoire, a retiré la décision du 28 janvier 2021 du conseil de discipline du collège André Malraux d'Asnières-sur-Seine, requalifié les faits, et prononcé à l'encontre de sa fille, B F A, une sanction d'exclusion définitive assortie d'un sursis expirant le 30 juin 2023 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles d'effacer la sanction contestée du dossier de sa fille ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 8 000 euros en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par sa fille ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 060 euros en réparation du préjudice financier et des troubles dans ses conditions d'existence qu'elle estime avoir subis en sa qualité de représentante légale de B G F A;
5°) De mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire dès lors que sa fille n'a pas été en mesure de donner sa version des faits avant la tenue du conseil de discipline ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que d'une part, deux délégués d'élèves étaient absents lors de la tenue du conseil de discipline, et que d'autre part, M. D, chef adjoint du collège et membre de droit de ce conseil de discipline s'est fait " juge et partie " et a fait état, dans le procès-verbal dressé lors de ce conseil de discipline, de faits erronés et fallacieux ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors que la sanction est disproportionnée ;
Sur les conclusions indemnitaires :
- la responsabilité de l'Etat est engagée en raison de l'illégalité fautive de la décision du 11 mars 2021 contestée ;
- cette faute a causé à sa fille un préjudice moral résultant des humiliations qu'elle a subis du fait de l'annonce de son exclusion aux élèves de sa classe, qu'elle évalue à 6 000 euros ainsi que des troubles dans ses conditions d'existence du fait du retard scolaire accumulé qu'elle évalue à 2 000 euros ;
- cette faute lui a causé, en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, des troubles dans ses conditions d'existence qu'elle évalue à 3 000 euros ainsi qu'un préjudice financier du fait des dépenses de consultation d'un psychologue qu'elle évalue à 60 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés à l'encontre de la décision du conseil de discipline du 28 janvier 2021 sont inopérants ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute d'avoir fait l'objet d'une demande préalable indemnitaire en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant la date de l'audience indiquée dans l'avis d'audience prévu à l'article R. 711-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure ,
- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique ,
- et les observations de Me Diabate, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 janvier 2021, le conseil de discipline du collège André Malraux à Asnières-sur-Seine a prononcé à l'encontre de B Bansimba-Smite, alors en classe de cinquième, son exclusion définitive de l'établissement pour " insolences répétées et attitude agressive à l'encontre d'adultes du collège " et " refus d'obéir ". Suite au recours préalable obligatoire exercé par Mme A en sa qualité de représentante légale l'intéressée, la rectrice de l'académie de Versailles a, par une décision du 11 mars 2021, décidé de retirer la décision du 28 janvier 2021 en requalifiant les faits comme suit : " Le 14 janvier 2021, B a eu une attitude insolente et agressive à l'encontre de deux adultes du collège ". La rectrice a, par cette décision, prononcé une sanction d'exclusion définitive assortie d'un sursis expirant le 30 juin 2023. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'article R. 511-49 du code de l'éducation dispose que : " Toute décision du conseil de discipline de l'établissement ou du conseil de discipline départemental peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. / Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. ". Aux termes de l'article D. 511-52 du même code : " Les modalités prévues pour le conseil de discipline de l'établissement ou le conseil de discipline départemental en matière d'exercice des droits de la défense par les articles D. 511-31, D. 511-32 et D. 511-38 à D. 511-40 sont applicables à la commission ainsi que les dispositions du deuxième alinéa de l'article D. 511-42, à l'exception de sa dernière phrase. / La commission émet son avis à la majorité de ses membres. () ". L'article R. 511-53 du même code prévoit enfin que : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article R. 511-49. ".
3. Il résulte des dispositions précitées que, dans le cadre d'un recours administratif préalable obligatoire devant le recteur, la procédure suivie devant celui-ci, dès lors que cette procédure assure à l'intéressé des garanties équivalentes à celles attachées à la prise de décision initiale, et la décision qu'il prend sur avis de la commission académique se substituent entièrement à la procédure suivie devant l'organe disciplinaire de première instance et à la décision prise par ce dernier. Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure menée devant le conseil de discipline de l'établissement sont inopérants.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. " L'article L. 211-5 de ce code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
5. En l'espèce, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent son fondement et permet à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Ainsi, et alors même que les motifs n'identifient pas nommément les adultes en cause, la rectrice a suffisamment motivé la décision en litige.
6. En troisième lieu, les deux attestations de condisciples de la fille de Mme A, dont l'une se présente comme une de ses amies, ainsi que la pétition de soutien signée par plusieurs élèves, ne permettent pas à elles seules d'établir que les faits reprochés à sa fille sont entachés d'erreur des faits. Ceux-ci sont par ailleurs corroborés par les pièces produites par la rectrice en défense, en particulier, les rapports d'incident des deux surveillantes impliquées, le rapport du chef-adjoint d'établissement rédigé consécutivement et le procès-verbal du conseil de discipline de l'établissement.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 511-13 du code de l'éducation : " I. - Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° La mesure de responsabilisation ; 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. Les sanctions peuvent être assorties d'un sursis total ou partiel. () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. En l'espèce, il est reproché à la jeune B, d'avoir adopté une attitude insolente et agressive à l'encontre de deux adultes du collège. Ces faits, qui présentent un caractère de gravité certain, étaient de nature à justifier une sanction.
9. Ils font en outre suite à une précédente exclusion temporaire de sept jours prononcée, à près d'un mois d'intervalle, le 17 décembre 2020, pour des faits comparables d'insolence et d'agressivité envers un membre du corps professoral. Par ailleurs, la sanction prononcée par la décision attaquée, est assortie d'un sursis jusqu'au 30 juin 2023 permettant à B de poursuivre sa scolarité dans son établissement jusqu'à la fin de son année de troisième. Dans ces conditions, la décision du 11 mars 2021 prononçant à l'encontre de l'élève B F A une exclusion définitive assortie d'un sursis expirant le 30 juin 2023 n'est pas disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
10. En cinquième et dernier lieu, une sanction disciplinaire n'est pas par elle-même contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant. Ainsi qu'il vient d'être dit, la sanction infligée à la fille de Mme A n'est pas disproportionnée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 mars 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction tout comme celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
13. En l'espèce, Mme A ne conteste pas n'avoir pas procédé à une telle demande préalable. Ses conclusions indemnitaires sont par suite irrecevables et doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme C E A et à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Louvel, premier conseiller,
Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
Assistés de M. Lux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin Le président,
signé
P. Thierry
Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne à la rectrice de l'académie de Versailles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21077562
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026