mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108851 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MARIENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2021, Mme F, représentée par Me Marienne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que sa demande tendait au premier renouvellement et non au second renouvellement de son titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa demande, le préfet n'ayant pas examiné sa demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par voie de changement de statut ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ayant cru pouvoir ajouter une condition à la loi en indiquant que le titre de séjour " jeune au pair " n'avait pas vocation à permettre son installation sur le territoire, alors qu'elle avait le droit de demander le renouvellement de
son titre et que rien ne l'empêchait, par ailleurs, dès lors qu'elle en remplissait les conditions, de demander un changement de statut ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :
- elles sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- elles sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Louvel, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante indienne, née le 14 mai 1989, est entrée en France le 22 octobre 2018 sous couvert d'un visa long séjour étudiant. Elle a bénéficié ensuite d'un titre de séjour portant la mention " jeune au pair " valable jusqu'au 17 novembre 2020. Le préfet du Val-d'Oise a, par l'arrêté attaqué du 18 juin 2021, rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination. Mme F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme B D, cheffe du bureau du contentieux des étrangers qui disposait d'une délégation à l'effet de signer les actes relatifs au séjour, les obligations de quitter le territoire français avec fixation d'un délai de départ volontaire ainsi que les décisions fixant le pays de destination, en vertu d'un arrêté n° 21-008 du 31 mars 2021, publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le Val-d'Oise du 1er avril 2021. Le moyen tiré du vice de compétence ne peut dès lors qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le refus de renouvellement de titre de séjour est fondé notamment sur la circonstance que Mme F " sollicite un second renouvellement de son titre de séjour dans le cadre de l'article [L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile] ". Ainsi qu'il a été dit précédemment, la requérante a bénéficié d'un visa long séjour " étudiant " valant titre de séjour, valable du 12 octobre 2018 au 12 octobre 2019, puis d'un deuxième titre de séjour en qualité de jeune au pair valable jusqu'au 17 novembre 2020. Le renouvellement de ce deuxième titre de séjour, objet de la décision de refus contestée, constitue donc bien le second renouvellement de titre de séjour de la requérante. Dans ces conditions, en se fondant sur le motif susmentionné, et en dépit de l'ambiguïté de la formulation de ce motif, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur sur la matérialité des faits.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la fiche de renseignements signée par l'intéressée le 23 janvier 2021, qui indique comme unique motif de la demande : " Etudiant ", que Mme F a présenté, outre une demande tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " jeune au pair " sur le fondement de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " par voie de changement de statut sur le fondement de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Val-d'Oise, qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné la situation de la requérante au regard de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de la demande doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger âgé de dix-huit à trente ans qui est accueilli temporairement dans une famille d'une nationalité différente et avec laquelle il ne possède aucun lien de parenté, dans le but d'améliorer ses compétences linguistiques et sa connaissance de la France en échange de petits travaux ménagers et de la garde d'enfants, et qui apporte la preuve soit qu'il dispose d'une connaissance de base de la langue française, soit qu'il possède un niveau d'instruction secondaire ou des qualifications professionnelles, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " jeune au pair " d'une durée d'un an. Cette carte est renouvelable une fois () ".
6. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que Mme F a demandé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " jeune au pair " sur le fondement des dispositions de L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est constant que la requérante, âgée de trente-deux ans à la date de l'arrêté attaqué, ne remplissait pas les conditions d'âge exigées par les dispositions précitées. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis erreur de droit en refusant de renouveler pour ce motif le titre de séjour de Mme F sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de cet article.
7. Mme F soutient que l'autre motif opposé à sa demande, tiré de ce que " la carte temporaire mention " jeune au pair " est valable pour une durée d'un an renouvelable une fois, et que la délivrance d'un tel titre de séjour n'avait pas vocation à [lui] permettre de s'installer en France à l'expiration de son visa " est entaché d'illégalité dès lors qu'elle avait le droit de demander le renouvellement de son titre et que rien ne l'empêchait, par ailleurs, de demander un changement de statut. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet du Val-d'Oise aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur le motif, légalement opposé, tiré de ce que la requérante avait atteint la limite d'âge fixée à trente ans pour le placement au pair. Par suite le moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, les moyens soulevés contre le refus de renouvellement de titre de séjour attaqué ayant tous été écartés, Mme F n'est pas fondée à se prévaloir du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français ni, par voie de conséquence, et dès lors que l'autre moyen soulevé contre l'obligation de quitter le territoire français a lui aussi été écarté, du défaut de base légale de la décision fixant le pays de renvoi.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme F doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Les conclusions à fin d'annulation de Mme F devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. C et M. A premiers conseillers,
Assistés de Mme Le Gueux, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
T. C
Le président,
signé
P. ThierryLa greffière,
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108851
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026