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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2109173

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2109173

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2109173
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantTRAORE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juillet 2021 et 13 août 2021, M. A B, représenté par Me Traore, demande au tribunal, dans ses dernières écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer cette demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant malien né le 25 août 1999 et entré en France en 2003, a sollicité, le 8 octobre 2018, son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 juin 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-15 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'étranger qui a été autorisé à séjourner en France au titre du regroupement familial dans les conditions prévues au chapitre IV du titre III et dont l'un des parents au moins est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident se voit délivrer, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre ses seize et dix-huit ans s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étrangers dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 432-13 de ce code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-15 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

3. M. B soutient qu'il réside depuis 2003 en France où il a été scolarisé, que deux de ses frères sont de nationalité française et que ses parents ainsi que les autres membres de sa fratrie résident également sur le territoire français et sont en situation régulière au regard du séjour. Il fait valoir en outre qu'il travaille depuis 2019 et qu'en raison de la faible gravité des actes qu'il a commis, il ne saurait être considéré comme une menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'au cours des années 2014 à 2020, le requérant a fait l'objet de plusieurs signalements au fichier de traitement des antécédents judiciaires pour des faits de violences volontaires en 2014, de vols de véhicules motorisés à deux roues, vol en bande organisée avec arme, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, dégradation ou détérioration en bande organisée du bien d'autrui et de recel en bande organisée en juin et décembre 2016 ainsi que pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité en septembre 2020. Par ailleurs, M. B, qui a été incarcéré entre le 26 janvier 2017 et le 6 novembre 2018 avant d'être placé sous surveillance électronique, a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise le 4 février 2019 à un an et six mois d'emprisonnement pour vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours aggravé par une autre circonstance. Dans ces conditions, ces faits, commis au cours d'une période récente, sont, par leur répétition et leur relative gravité, de nature à démontrer une absence de volonté réelle d'insertion en France, le requérant ne justifiant, à cet égard, d'aucune insertion professionnelle stable et ancienne sur le territoire. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et en dépit de l'avis favorable de la commission du titre de séjour en date du 28 mai 2021 et de la circonstance que les membres de la famille de M. B résident régulièrement sur le territoire français, la décision attaquée portant refus de délivrance de titre de séjour ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, notamment à ceux de préservation de l'ordre public. Elle n'a, par suite, méconnu ni les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations et dispositions doivent être écartés.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 16 juin 2021 portant refus de titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. C et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé

J.-B. D

Le président,

signé

R. FéralLa greffière,

signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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