lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111783 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre (JU) |
| Avocat requérant | FRECHE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2021, M. B, représenté par Me Boul, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de La Garenne-Colombes a constaté un péril imminent et ordonné la mise en sécurité des immeubles sis 35/37 Boulevard National à La Garenne-Colombes et a prescrit à ce titre, la réalisation de travaux permettant de sauvegarder la sécurité des occupants et des usagers du domaine public ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il mentionne sa qualité de copropriétaire des immeubles sis 35-37 Boulevard National alors qu'il est propriétaire d'une maison d'habitation située sur une parcelle séparée et individualisée, en fond de cour, qui ne présente aucun désordre et n'est pas incluse dans le périmètre visé par cet arrêté ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022 la commune de La Garenne-Colombes, représentée par Me Bernard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas motivée en droit et en fait, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, l'unique moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, magistrate désignée,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Giraudat, substituant Me Bernard, représentant la commune de La Garenne-Colombes.
M. B n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté DGS/2021/N°116 du 15 juillet 2021, faisant suite aux préconisations de l'expert désigné par le tribunal administratif dans son rapport du 1er juillet 2021, le maire de La Garenne-Colombes a prescrit à certains copropriétaires des immeubles sis 35/37 Boulevard National à La Garenne-Colombes de mettre en œuvre, dans un délai allant de vingt-quatre heures à deux mois, certains travaux en vue de sauvegarder leur sécurité ainsi que celle des usagers du domaine public. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. " L'article L. 511-4 du même code précise que le maire est l'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations pour remédier, en application de l'article L. 511-2 du même code aux " risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ".
3. La contestation des décisions prises en application des dispositions précitées, qui ont remplacé les arrêtés de péril imminent depuis l'ordonnance du 16 septembre 2020 relative à l'harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations, relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
4. Il résulte de l'instruction et notamment des termes de l'état descriptif de division et du règlement de copropriété produit à l'instance par la commune de La Garenne-Colombes, que M. B est propriétaire du lot n°22 de la copropriété de l'immeuble du 35-37 Boulevard National, constitué d'un logement sur trois niveaux dont l'accès s'effectue par un passage situé sur la propriété du numéro 33 du Boulevard National, grevé d'une servitude de passage au profit de cette copropriété. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le maire de La Garenne-Colombes a considéré que M. B était copropriétaire des immeubles 35-37 Boulevard National et qu'il a édicté à son encontre l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait soulevé par M. B doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de La Garenne-Colombes, que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2021 du maire de La Garenne-Colombes.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Garenne-Colombes la somme demandée par M. B au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B, une somme de 800 euros qu'il versera à la commune de La Garenne-Colombes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :M. B versera à la commune de La Garenne-Colombes la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La Garenne-Colombes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. Zaccaron Guérin Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21117832
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01/06/2026
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01/06/2026