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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2112635

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2112635

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2112635
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantPIGOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, Mme A... B..., représentée par Me Pigot, avocate, demande au Tribunal :

1°) d’annuler la décision, en date du 24 août 2021, par laquelle les services du préfet des Hauts-de-Seine ont rejeté sa demande de certificat de résidence algérien ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « visiteur » ou « vie privée et familiale », dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant cet examen ;

4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B... soutient que la décision attaquée :

a été signée par une autorité incompétente ;
est insuffisamment motivée ;
est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa demande ;
méconnaît les stipulations de l’article 6-5 de la convention franco-algérienne ;
méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Mme B... a produit des pièces complémentaires, enregistrées le 2 juin 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête de Mme B....

Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens de la requête de Mme B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;
- et les observations de Me Frydzyszak, avocate, substituant Me Pigot, et de Mme B....


Considérant ce qui suit :

Mme B..., qui est de nationalité algérienne, a demandé au préfet des Hauts-de-Seine la délivrance d’un certificat de résidence algérien. Les services du préfet des Hauts-de-Seine l’ont informée, par un courriel en date du 7 mai 2021, que son « dossier (…) est complet et vient de passer en instruction », puis, par un courriel en date du 24 août 2021, que sa demande n’avait pas pu aboutir en l’absence de visa de long séjour. La requête de Mme B... tend à l’annulation de cette dernière décision, qui doit être regardée comme présentant le caractère d’un refus de délivrance d’un certificat de résidence.

Sur les conclusions aux fins d’annulation et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête :

La décision contestée ne comporte aucune indication permettant d’identifier son auteur et doit, par suite, être regardée comme entachée d’incompétence.

Il résulte de ce qui précède que la décision, en date du 25 mai 2021, par laquelle les services du préfet des Hauts-de-Seine ont rejeté la demande de Mme B... tendant à la délivrance d’un certificat de résidence algérien, doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 911-2 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ».

Le présent jugement implique nécessairement, conformément aux dispositions législatives précitées, que le préfet des Hauts-de-Seine, ou le préfet territorialement compétent, procède à un nouvel examen de la demande de Mme B.... Par suite, il y a lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la demande de la requérante dans un délai qu’il convient de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte. Il y a également lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à la requérante une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu de fixer au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement pour procéder à la délivrance de ce document. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État qui est, dans la présence instance, la partie perdante, le paiement à Mme B... d’une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




D É C I D E :




Article 1er : La décision, en date du 24 août 2021, par laquelle les services du préfet des Hauts-de-Seine ont rejeté la demande de Mme B... tendant à la délivrance d’un certificat de résidence algérien, est annulée.


Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de procéder à un nouvel examen de la demande de Mme B... dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de délivrer à l’intéressée une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.


Article 3 : L’État versera à Mme B... la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête Mme B... est rejeté.


Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé


F.-X. PROST


Le président,

signé


K. KELFANILa greffière,

signé


A. CHANSON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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