mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 décembre 2021, 3 mai2022 et 14 juin 2022, Mme C A, représentée par Me Cisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 15 mars 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi en cas d'exécution forcée de cette mesure d'éloignement.
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou à défaut, de réexaminer sa situation administrative et, dans l'attente de ce réexamen, de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à rester sur le territoire français dans les délais respectivement d'un mois et de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant du refus de titre de séjour :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale, sa situation en qualité d'étudiante relevant de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise ;
- elle méconnaît l'article 9 de la convention franco-sénégalaise et est entachée d'une erreur d'appréciation quant au sérieux et à la progression dans ses études ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du même code ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- Elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informées, le 3 janvier 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de la substitution des stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise aux dispositions de l'article L. 313-7 devenu L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme base légale de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour en litige.
Un mémoire en réponse au moyen relevé d'office par le tribunal a été enregistré le 9 janvier 2023 pour Mme A et a été communiqué.
Madame C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention signée le 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal, relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- l'accord franco-sénégalais relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal signé à Dakar le 23 septembre 2006 et l'avenant à cet accord signé à Dakar le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé ce dernier de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Le Griel, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise, née le 27 décembre 1991 est entrée en France le 27 août 2016 sous couvert d'un passeport muni d'un visa de long séjour mention " étudiant ". Elle s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle en cette qualité valide jusqu'au 15 mars 2021. Elle en a sollicité le renouvellement le 4 mars 2021. Par l'arrêté du 12 mars 2021 attaqué, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi en cas d'exécution forcée de cette mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. Par un arrêté n° 148 du 17 novembre 2020 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer toutes décisions refusant la délivrance de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire ainsi que les décisions déterminant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige du 12 mars 2021 manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Les décisions attaquées visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet du Val-d'Oise a fait application et mentionnent également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles il s'est fondé. Si l'arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation personnelle, familiale et administrative de Mme A, il lui permet de comprendre les motifs du refus de titre qui lui est opposé et l'obligation à quitter le territoire français dans un délai de trente jours qui lui a été assigné. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contenues dans l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme A avant de rejeter sa demande d'admission au séjour en France.
En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise visée ci-dessus : " Les ressortissants de chacun des Etats cocontractants désireux de poursuivre des études supérieures () sur le territoire de l'autre Etat, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu par l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi (). Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants ". Par ailleurs, l'article 13 de la même convention stipule : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - lequel n'est devenu l'article L.422-1 de ce code qu'à compter du 1er mai 2021 - " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant " () ".
7. Il résulte des stipulations précitées de l'article 13 de la convention franco-sénégalaise que l'article L.313-7 (devenu L. 422-1) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable aux ressortissants sénégalais désireux de poursuivre leurs études en France, dont la situation est régie par l'article 9 de cette convention. Par suite, l'arrêté contesté ne pouvait être pris sur le fondement des dispositions précitées de l'article L.313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
8. La décision de refus de renouvellement de titre de séjour contestée trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L.313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visées par l'arrêté contesté, dès lors, d'une part, que ces stipulations et dispositions sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient et, d'autre part, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation, notamment sur la réalité et le sérieux des études poursuivies par l'intéressée, pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes. Il y a donc lieu de procéder à la substitution de base légale.
9. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de la requérante le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée n'a suivi aucun cursus au cours des années 2018/2019 et 2019/2020, estimant que cette circonstance ne permettait pas d'établir le caractère réel et sérieux dans la poursuite de ses études. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a été inscrite à l'université de Strasbourg deux années de suite 2016/2017 et 2017 /2018 pour préparer une première année de master droit des affaires qu'elle a obtenue avec mention passable. Il est constant qu'elle n'a pas été admise dans cette université en Master 2. Il est constant que l'intéressée qui était inscrite à l'école Estudia pour la rentrée scolaire 2018/2019 afin de préparer une formation " Bachelor Banque Finance Assurance (Bac+3) n'a pas pu suivre cette formation, l'école n'ayant pas ouvert l'année considérée par manque d'effectif. S'il ressort des pièces du dossier qu'elle était inscrite en juin 2019 sur liste d'attente, semble-t-il auprès de plusieurs établissements, pour poursuivre en alternance une 2ème année de Master option " droit parcours-droit de la prévention des risques ", son inscription n'a pas abouti faute d'avoir obtenu un contrat en alternance - au demeurant sans établir les démarches qu'elle aurait menées à ce titre - .Elle s'est alors inscrite, au titre de l'année 2019/2020, à la faculté de théologie catholique à l'université de Strasbourg en licence droit canonique puis au titre de l'année 2020/2021 à l'INSEEC dans le cadre d'une formation " Manager des ressources humaines ". Pour autant, il est constant qu'elle n'a suivi aucun cursus pour le moins en 2018/2019 et elle n'apporte aucun élément justifiant de ce qu'elle aurait effectivement poursuivi sa formation en 2019/2020 et 2020/2021 et en tout état de cause qu'elle aurait passé des épreuves ou obtenu un diplôme à l'issue de ces différentes inscriptions. Aussi, l'intéressée ne démontre pas, par les pièces produites, la cohérence et le caractère sérieux et réel des études. Dans ces conditions le préfet en refusant de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiante n'a pas méconnu les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais.
10. En deuxième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou d'une stipulations de l'accord franco-marocain, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions ou stipulations expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, ou stipulation de cet accord, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il ne ressort d'aucun des éléments du dossier que Mme A aurait saisi le préfet du Val-d'Oise d'une demande d'admission au séjour à titre exceptionnel sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 - devenu seulement à compter du 1er mai 2021 l'article L. 435-1 - du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni que le préfet aurait examiné d'office sa situation au regard de ces dispositions. L'intéressée ne peut, dès lors, utilement invoquer à l'encontre de la décision en litige le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable en l'espèce : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
.
12. Mme A soutient qu'elle peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " de plein droit. Elle fait ainsi valoir sa durée de présence en France depuis 2016 et sa parfaite intégration sociale et notamment la volonté dont elle a fait preuve pour poursuivre son cursus universitaire. Toutefois, la requérante, célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas davantage de l'existence et de l'intensité des liens qu'elle aurait tissés sur le territoire français ni être dépourvue de toute attache familiale dans son pays d'origine où résident ses parents et une partie de sa fratrie et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. Si elle fait valoir qu'elle ne peut retourner au Sénégal au motif qu'elle serait victime d'un mariage forcée, elle n'apporte aucun début de preuve à l'appui de ses allégations. Elle n'établit pas ainsi qu'elle serait empêchée de poursuivre ses études au Sénégal. Il s'ensuit compte tenu en outre de ce qui a été dit au point 9 que le préfet du Val-d'Oise en prenant la décision attaquée, n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 ni méconnu les stipulations de l'article 8 précitées.
13. Enfin, si Mme A soutient que le préfet du Val-d'Oise a fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur sa situation, il ne l'établit pas eu égard aux éléments de sa situation personnelle exposés ci-dessus.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
14. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
15. Pour les mêmes motifs que ceux qui ont été indiqués aux points 9, 12 et 13 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet l'a obligée à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
17. Mme A fait valoir qu'en cas de retour dans son pays d'origine elle serait exposée à des traitements inhumains et dégradants dès lors qu'elle serait victime d'un mariage forcée organisée par sa famille. Pour autant, elle n'apporte aucun début de preuve à ses allégations alors que l'intéressée est entrée régulièrement en France et n'a jamais sollicité la protection internationale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la requérante, doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
Mme Colin, première conseillère,
Mme Debourg, conseillère,
assistés de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023,
L'assesseur le plus ancien,
Signé
C. Colin Le vice-président rapporteur,
Signé
Mme B
Le greffier,
Signé
D. Bonfanti
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
POUR AMPLIATION, LE GREFFIER
N°2115581
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026