mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2116017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire, enregistrés les 19 décembre 2021, 5 janvier 2022 et 15 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Louis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, ainsi que les décisions des 9 août et 21 octobre 2021 rejetant ses recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Val-d'Oise, qui a examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne pouvait légalement rejeter sa demande sans saisir au préalable la commission du titre de séjour dès lors qu'à la date de la décision attaquée, il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision du 9 août 2021 rejetant son recours gracieux est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne à tort qu'il n'a jamais sollicité l'asile en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise produit les pièces constitutives du dossier de M. C et conclut au rejet de la requête.
Par une lettre du 24 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 30 juin 2021, notifié au requérant au plus tard le 9 août 2021, qui n'ont pas été présentées avant l'expiration du délai de recours prévu par l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel n'a pas été prorogé par l'exercice des recours administratifs formés par l'intéressé ;
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions de rejet des recours gracieux en date des 9 août et 21 octobre 2021 qui sont des décisions confirmatives de l'arrêté du 30 juin 2021, devenu définitif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant haïtien né le 31 mars 1976, entré en France le 9 mai 2011, a sollicité, le 28 janvier 2021, la délivrance d'un titre de séjour pour soins. Par un arrêté du 30 juin 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français, sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. M. C doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté et des décisions des 9 août et 21 octobre 2021 rejetant ses recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / () ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application () des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. / () ". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " I. - Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. / () ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C a formé un recours gracieux contre l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 30 juin 2021, qui a été rejeté par une décision 9 août 2021. Ainsi, l'arrêté attaqué du 30 juin 2021, qui comporte au verso l'ensemble des informations relatives aux voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été notifié au plus tard à la date du 9 août 2021. La requête par laquelle M. C demande l'annulation de cet arrêté n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 19 décembre 2021, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de trente jours prévu par les dispositions précitées de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si le requérant a présenté deux recours gracieux contre cet arrêté, les dispositions précitées de l'article R. 776-5 du code de justice administrative prévoient que le délai de recours contentieux de trente jours n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 30 juin 2021, qui ont été présentées tardivement, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
4. D'autre part, il n'est pas allégué que des circonstances de droit ou de fait nouvelles seraient intervenues entre la date de l'arrêté préfectoral du 30 juin 2021 et celles des décisions de rejet des recours gracieux en date des 9 août et 21 octobre 2021. Dès lors, ces dernières décisions ont le caractère de décisions purement confirmatives de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 30 juin 2021, devenu définitif. Par suite, les conclusions de M. C tendant à l'annulation des décisions de rejet de son recours gracieux sont également irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. B et Mme E, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
S. BLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026