mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2204599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | SOW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2022, M. E D, représenté par Me Sow, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans un délai de quinze jours ou de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et fixation du pays de destination :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'admission exceptionnelle au séjour ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, le préfet s'étant estimé en situation de compétence liée ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Sow, représentant M. D, présent, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant algérien né le 11 décembre 1982, est entré en France le 14 janvier 2018 selon ses déclarations. Le 7 décembre 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 28 février 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et fixation du pays de destination :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations de l'accord franco-algérien dont le préfet des Hauts-de-Seine a fait application et mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles il s'est fondé. Si l'arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation personnelle, professionnelle et administrative de M. D, il lui permet de comprendre les motifs du refus de titre qui lui est opposé et de l'obligation de quitter le territoire qui lui est faite. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si les ressortissants algériens ne peuvent se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et bien que l'accord franco-algérien ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, le préfet peut néanmoins délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
4. En l'espèce M. D se prévaut, pour justifier son admission exceptionnelle en qualité de salarié, de l'exercice d'une activité professionnelle depuis le mois de septembre 2018. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant a travaillé en qualité de plombier-chauffagiste pour un premier employeur de septembre 2018 à février 2019, puis pour un second employeur à compter du mois de décembre 2019, et qu'il occupe cet emploi en contrat à durée indéterminée depuis le 2 mai 2021, ces éléments ne peuvent suffire à caractériser, au regard de son expérience et de ses qualifications professionnelles, des motifs exceptionnels de nature à justifier une régularisation du séjour au titre de travail. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné l'ensemble des aspects de la situation professionnelle du requérant, en vue d'apprécier, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Il ne ressort ainsi pas des termes de l'arrêté attaqué qu'il se serait senti en situation de compétence liée pour refuser le titre de séjour sollicité au regard de l'instruction de sa demande d'autorisation de travail, alors que cette procédure ne constitue une condition nécessaire à la délivrance d'un certificat de résidence ni au titre de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien ni dans le cadre des pouvoirs de régularisation du préfet. Le moyen invoqué par le requérant, tiré de l'erreur de droit, doit par suite être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1.- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
7. M. D se prévaut de son entrée en France en janvier 2018 et de son insertion professionnelle. Toutefois le requérant, âgé de 41 ans à la date de la décision en litige, ne conteste pas qu'il est célibataire et sans charge de famille, ainsi que l'indique la décision attaquée. S'il se prévaut de sa durée de présence en France et de son insertion professionnelle, il ne fait état d'aucune attache familiale ou privée en France et n'établit pas, par les pièces produites, la date de son entrée en France et avoir fixé durablement le centre de ses intérêts en France. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. D'une part, la décision litigieuse, prise au visa, notamment, de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique que M. D, entré en France en 2018 selon ses déclarations, ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dès lors, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
9. D'autre part, eu égard à la durée de séjour du requérant et à sa situation personnelle et familiale telle qu'exposée ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet des Hauts-de-Seine aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ou méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 28 février 2022. Sa requête doit ainsi être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. B et Mme A, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La présidente,
signé
C. C
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. B
La greffière,
signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026