mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2204600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUMEDIENE THIERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2022, M. E B, représenté par Me Boumediene-Thiery, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", ou de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen en ce qui concerne son expérience et ses compétences professionnelles et sa vie privée et familiale ;
- le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code du travail,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Boumediene-Thiery, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant algérien né le 16 mars 1994, est entré en France le 20 juillet 2015 selon ses déclarations. Il a bénéficié d'un titre de séjour étudiant entre 2019 et 2020 puis d'une autorisation provisoire de travail valable jusqu'en octobre 2020. Le 28 octobre 2020, il a demandé un changement de statut au profit d'un titre de séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 11 janvier 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations de l'accord franco-algérien dont le préfet du Val-d'Oise a fait application et mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles il s'est fondé. Si l'arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation personnelle, professionnelle et administrative de M. B, il lui permet de comprendre les motifs du refus de titre qui lui est opposé et de l'obligation de quitter le territoire qui lui est faite. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes du b de l'article 7 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du " ministre chargé de l'emploi ", un certificat de résidence valable un an pour toutes les professions et toutes les régions, renouvelable et portant la mention " salarié " ; cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ". En prévoyant l'apposition de la mention " salarié " sur le certificat de résidence délivré aux ressortissants algériens, les auteurs de l'accord, qui ont précisé que cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française, ont habilité les services compétents à opérer sur l'exercice d'une activité salariée par ces ressortissants un contrôle de la nature de celui que prévoit l'article R. 5221-20 du code du travail.
4. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail () le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : () 2°) L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule ; Lorsque la demande concerne un étudiant ayant achevé son cursus sur le territoire français cet élément s'apprécie au regard des seules études suivies et seuls diplômes obtenus en France () ".
5. Pour refuser le titre de séjour sollicité, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur l'inadéquation entre les études poursuivies par M. B et l'emploi pour lequel le requérant produit une demande d'autorisation de travail. Il ressort des pièces du dossier que M. B a suivi en France une formation de brevet de technicien supérieur (BTS) " système numérique, électronique, communication " au cours des années universitaires 2018-2019 et 2019-2020, et qu'il postule pour un emploi de réceptionniste de nuit. Quand bien même le requérant justifie d'une expérience professionnelle de près de deux ans dans le secteur de l'hôtellerie, l'emploi pour lequel il postule n'est pas en adéquation avec ses études. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les stipulations précitées, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses " seules études suivies et seuls diplômes obtenus en France ", ainsi que le prévoient les dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail, et n'a pas davantage entaché sa décision d'un défaut d'examen. Les moyens doivent ainsi être rejetés.
6. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné l'ensemble des aspects de la situation professionnelle du requérant, en vue d'apprécier, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Le moyen invoqué par le requérant, tiré du défaut d'exercice de cette faculté, doit par suite être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1.- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
8. M. B se prévaut de son entrée en France en janvier 2015, de son insertion professionnelle et de la présence de nombreux membres de sa famille en France. Toutefois le requérant, âgé de 26 ans à la date de la décision en litige, ne conteste pas qu'il était alors célibataire et sans charge de famille, le pacte civil de solidarité qu'il a conclu avec une ressortissante française datant du 7 mars 2022. Par ailleurs, s'il fait valoir que ses parents sont décédés, et que sa tante et deux de ses frères et sœurs résident en France, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident deux autres membres de sa fratrie. Enfin il ne justifie pas, à la date de la décision attaquée, avoir fixé durablement le centre de ses intérêts professionnels en France par l'exercice d'une activité de réceptionniste de nuit. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un défaut d'examen.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 11 janvier 2021. Sa requête doit ainsi être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Boumediene-Thiery et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. C et Mme A, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La présidente,
signé
C. D
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. C
La greffière,
signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026