jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | COLNARD-WUJCZAK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2022 au greffe du Tribunal administratif de Paris, M. D A demande à ce Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté, en date du 9 juin 2022, par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;
2°) d'annuler l'arrêté, en date du 9 juin 2022, par lequel le préfet de police a édicté à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent, " de le régulariser ".
M. A soutient :
- qu'il est le père d'une enfant de nationalité française et qu'il vit maritalement avec la mère de l'enfant ;
- qu'il présente de graves problèmes de santé.
Par une ordonnance en date du 21 juin 2022, le président du Tribunal administratif de Paris a transmis au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise le dossier de la requête de
M. A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Le préfet de police fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juillet 2022 à 9 heures, en présence de Mme Soulier, greffière :
- le rapport de M. Kelfani, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Colnard-Wujczak, avocate désignée d'office, pour
M. A, et celles de M. A, assisté de M. C, interprète en langue peul, qui produit des factures d'achats pour son enfant, et de Mme B F.
Considérant ce qui suit :
1. La demande de M. A, qui est de nationalité guinéenne, tendant à se voir reconnaître la qualité de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 12 février 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 27 septembre 2021. La demande de réexamen présentée par M. A dans le cadre des articles L. 531-41 et L. 531-42 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été déclarée irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 19 novembre 2021, notifiée le 3 décembre 2021. Par le premier arrêté contesté, en date du 9 juin 2022, le préfet de police a obligé M. A, sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à quitter le territoire français et refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire. Le même arrêté prévoit que M. A pourra, être reconduit d'office à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible. Par l'autre arrêté contesté, en date du même jour, le préfet de police édicte à l'encontre de M. A, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, né en Guinée le 25 mars 1994, présent sur le territoire français depuis le début de l'année 2019, vit avec sa compagne, Mme B F, qui est de nationalité française. Il en ressort également que le requérant vit avec Mme F et leur enfant, prénommée Inaya, née le 1er mars 2022 à Gonesse. Le requérant justifie, par ailleurs, en produisant des factures d'achats de produits destinés à l'entretien d'un enfant en très bas âge, participer à l'entretien et à l'éducation de sa fille. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de police a, en prononçant à l'encontre du requérant une obligation de quitter le territoire français, porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive et, ainsi, méconnu les stipulations, précitées, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du préfet de police, en date du
9 juin 2022, par lequel le préfet de police a obligé M. A à quitter le territoire français, refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit, doit être annulé en toutes ses dispositions. L'arrêté, en date du 9 juin 2022, par lequel le préfet de police a édicté à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois étant, par voie de conséquence, dépourvu de base légale, doit également être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas () ".
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions législatives précitées, que le préfet de police, ou le préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, procède au réexamen de la situation de M. A et délivre à l'intéressé une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu de fixer au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent, un délai de deux mois, à compter de la notification de la présente ordonnance, pour procéder à un nouvel examen de la situation de M. A et un délai de huit jours, à compter de la notification de la présente ordonnance, pour délivrer au requérant une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.
7. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifié une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 20/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010, au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". Aux termes de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 susvisé : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription () ".
8. Le présent jugement, qui prononce l'annulation de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français à M. A, implique l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui en résultait. Il est donc enjoint au préfet de police ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, de faire procéder, dans un délai qu'il convient de fixer à trente jours à compter de la notification du présent jugement, à la suppression, par les services compétents, du signalement du requérant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen compte tenu de cette annulation, laquelle constitue un motif d'extinction au sens de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 précité et de rapporter la preuve de ses diligences à M. A.
D É C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du préfet de police en date du 9 juin 2022, susvisés sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de M. A, de procéder à un nouvel examen de la situation du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de M. A, de délivrer au requérant une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, de faire procéder, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement, à la suppression, par les services compétents, du signalement du requérant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen compte tenu de l'annulation prononcée par l'article 1er du présent jugement et de rapporter la preuve à l'intéressé de ses diligences.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
K. KelfaniLa greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de M. A, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026