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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2210171

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2210171

mardi 26 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2210171
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCRUSOE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, la Ligue des droits de l'Homme, représentée par Me Crusoé et Me Ogier, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Groslay a interdit les rassemblements de plus de quatre personnes sur plusieurs sites de la commune, de 20 heures à 6 heures ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Groslay la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable, dès lors qu'elle possède un intérêt à agir, en ce que la défense des libertés publiques auxquelles l'arrêté en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale est inscrite dans l'article premier de son statut social, de sorte qu'elle dispose d'un intérêt à agir contre toute mesure de police restreignant l'exercice des libertés publiques sur le territoire communal ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, d'une part, l'urgence découle du seul constat que les mesures adoptées par le maire portent une atteinte immédiate à la liberté d'aller et venir et à la liberté personnelle, et que d'autre part, la décision attaquée restreint la faculté la plus élémentaire de circulation libre sur la voie publique ;

- l'arrêté porte atteinte de manière grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et à la liberté personnelle, dès lors qu'il pose des restrictions particulièrement strictes à la possibilité de circuler et de se rassembler sur le territoire de la commune après 20 heures, en la conditionnant à l'existence d'un " motif légitime " dont l'appréciation est entièrement laissée à la discrétion des agents en charge de l'exécution de cet arrêté ;

. l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, la commune n'avançant aucun élément précis et circonstancié pour étayer l'existence de risques de troubles particuliers ;

. il est entaché d'une erreur d'appréciation ; la mesure ainsi édictée n'est pas adaptée et n'est pas proportionnée en ce qu'elle s'applique pour une période indéterminée, sur une amplitude horaire très large débutant dès 20 heures et sur un périmètre géographique très large comprenant la quasi-intégralité du territoire de la commune; d'autres mesures moins restrictives des libertés pouvaient prévenir de manière plus efficace les troubles invoqués ;

. cet arrêté permet l'enlèvement de véhicules, pourtant sans rapport avec les " nuisances " susceptibles d'être occasionnées par les groupes de personnes ;

Par une pièce enregistrée le 20 juillet à 13h09, la commune de Groslay doit être regardée comme concluant à l'absence d'objet de la requête, l'arrêté attaqué étant abrogé par l'arrêté produit, en date du 19 juillet 2022.

Par des mémoires enregistrés les 20 et 21 juillet 2022, la Ligue des droits de l'Homme maintient ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le Président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 21 juillet 2022 à

11 heures.

A été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière, le rapport de Mme Le Griel, juge des référés ;

La commune de Groslay a produit une note en délibéré enregistrée le 21 juillet 2022 à 16 h 48.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 6 juin 2022, le maire de la commune de Groslay a interdit les rassemblements non autorisés de plus de quatre personnes dans un rayon de cent mètres des habitations ainsi que dans huit espaces publics listés par cet arrêté. Par la présente requête, la Ligue des droits de l'Homme demande la suspension de l'exécution de cet arrêté sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les conclusions relatives à la suspension de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative: " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le maire de Groslay a, par un arrêté PM/DHN n°2022-30 PER du 19 juillet 2022, abrogé l'arrêté attaqué. Les conclusions de la requête aux fins de suspension ont par suite perdu leur objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur celles-ci.

Sur les frais de l'instance :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Groslay une somme à verser à la ligue des droits de l'homme au titre des frais exposés par elle au titre de la présente instance et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension.

Article 2 : Les conclusions présentées par la Ligue des droits de l'Homme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Ligue des droits de l'Homme et à la commune de Groslay.

Fait à Cergy, le 26 juillet 2022.

La juge des référés,

signé

H. Le Griel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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