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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2210938

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2210938

mercredi 10 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2210938
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation10ème Chambre
Avocat requérantBERTRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2205562 du 29 juillet 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête M. B G, enregistrée le 2 juin 2022.

Par cette requête et des mémoires, enregistrés le 4 juin et le 18 décembre 2022, M. G, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un certificat de résidence, ou de réexaminer sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté ne justifie pas de sa compétence ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- le préfet a méconnu son droit à être entendu ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale du fait de la transposition tardive de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le préfet a méconnu l'accord franco-algérien et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il a méconnu son droit à mener une vie privée et familiale normale et l'intérêt supérieur de ses enfants ;

- la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire ;

- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet et 6 septembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête et produit les pièces constitutives du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les observations de Me Bertrand, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 1er juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne a obligé M. B G, ressortissant algérien, né le 24 août 1980 à Tizi-Ouzou, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. G en demande l'annulation.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 22/BC/025 du 22 mars 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de Seine-et-Marne a donné délégation à Mme F E, cheffe du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer toutes décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays d'éloignement et interdisant le retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement du préfet ou du directeur des migrations et de l'intégration dont il n'est pas établi qu'ils n'auraient pas été absents ou empêchés. Dès lors, le moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). " Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. (). ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "

4. D'une part, en l'espèce, l'arrêté contesté vise les dispositions du 1° et 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne les éléments de faits propres à la situation de M. G qui motivent la mesure d'éloignement en énonçant qu'il est entré en France, selon ses déclarations, le 1er octobre 2019 muni d'un visa touristique valable un mois, qu'il a été interpellé par les services de la gendarmerie lors d'un contrôle sur réquisition de la Procureur de la République, qu'il exerce une activité professionnelle en France alors qu'il n'a pas obtenu l'autorisation de travail, qu'il est marié à une compatriote en situation irrégulière et qu'il a trois enfants à charge. Par ailleurs, l'arrêté indique que la mesure d'éloignement contestée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant, ce dernier n'établissant pas être dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où toute sa famille vit, hormis un frère, et où il a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans. En outre, il mentionne les 1° et 2° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. D'autre part, il ressort des termes de la décision attaquée, qui mentionne l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a pris en compte, au vu de la situation de M. G, l'ensemble des critères prévus par ces dispositions pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, en relevant notamment, que le requérant ne fait pas état de fortes attaches sur le territoire français, qu'il fait valoir d'une présence récente en France, et, qu'en outre, il ne justifie d'aucune circonstance humanitaire. Ainsi, l'arrêté litigieux, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui la fonde, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre. () ".

6. Si l'article 41 de cette charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Si ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, il ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre de façon spécifique l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Ainsi, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. D'une part, il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. D'autre part, il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre celui-ci à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

7. En l'espèce, il ressort des écritures de l'intéressé qu'il est entré en France en 2019 muni d'un visa touristique d'une durée d'un mois, et s'est néanmoins maintenu sans interruption sur le territoire depuis lors. Dès lors, le requérant ne pouvait sérieusement ignorer que l'irrégularité de sa situation l'exposait à une décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G aurait détenu des informations relatives à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance du préfet de Seine-et-Marne avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire français qu'il conteste. Il n'est pas davantage démontré que si de telles informations avaient pu être communiquées à temps, elles auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris au terme d'une procédure méconnaissant le droit du requérant d'être entendue doit être écarté.

8. En quatrième lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir directement à l'encontre de l'arrêté litigieux des dispositions de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, dont les objectifs ont été régulièrement transposés dans l'ordre juridique interne par la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 et de sa transposition tardive ne peuvent qu'être écartés.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 6°) L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail.

(). ".

10. L'obligation de quitter le territoire litigieuse est fondée sur le maintien irrégulier de M. G sur le territoire français et sur un travail non déclaré. L'intéressé entrait par suite dans le champ d'application des dispositions précitées.

11. M. G soutient qu'il est auto-entrepreneur dans le secteur de la fibre optique et l'électricité et que le préfet ne pouvait l'obliger à quitter le territoire sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait formulé une demande de titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'accord franco-algérien au titre de son activité professionnelle. Par ailleurs, aucune demande d'admission exceptionnelle au séjour n'ayant été présentée, le préfet n'était pas tenu d'examiner la situation du requérant au titre de son pouvoir discrétionnaire ni, en tout état de cause, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ces moyens, qui sont inopérants, ne peuvent être qu'écartés.

12. En sixième lieu, le requérant fait valoir qu'il est entré en France en 2019, qu'il est marié, qu'il a trois enfants à charge et que l'un de ses frères vit régulièrement en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son épouse se trouve également en situation irrégulière en France. Par ailleurs, le requérant ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'il poursuive sa vie privée et familiale en Algérie, accompagné de son épouse et de ses trois jeunes enfants, pays dont tous les membres de la famille ont la nationalité et où il a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ses deux filles ainées, scolarisées en France, seraient dans l'impossibilité de poursuivre leur scolarité en Algérie. Dès lors, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts en vues desquels l'arrêté a été pris et n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants. Les moyens doivent, par suite, être écartés.

13. En septième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 6122 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () ".

14. Pour refuser à M. G un délai de départ volontaire, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet, dans la mesure où il ne peut démontrer qu'il est entré en France muni d'un visa touristique valable un mois et qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le requérant n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu'il a expressément déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement lors de son audition par les services de police, le 1er juin 2022. Par suite, le préfet de Seine-et-Marne a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit ainsi être écarté.

15. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

16. D'une part, le refus de délai de départ volontaire n'étant entaché d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'encontre de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. D'autre part, M. G ne fait état d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour qui doit assortir en principe, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation faite à un ressortissant étranger de quitter le territoire français lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Compte tenu des éléments de sa situation personnelle énoncés au point 12 du présent jugement, le préfet de Seine-et-Marne, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, n'a pas méconnu les dispositions précitées.

18. Enfin, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 1er juin 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B G et au préfet de la Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. C et Mme A, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.

La présidente-rapporteure,

signé

C. D

L'assesseur le plus ancien,

signé

M. C

La greffière,

signé

S. Lefebvre

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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