mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2303637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP LEHMAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 mars et 4 avril 2023, la société BUREAU CARTE GRISE, représentée par Me Lehman, avocat, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 26 janvier 2023, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a retiré l'habilitation lui permettant de prendre en charge les formalités liées aux opérations d'immatriculation des véhicules.
La société BUREAU CARTE GRISE soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le retrait de l'habilitation lui cause un préjudice financier immédiat mettant en péril son activité, auquel elle ne peut faire face, son accès au compte de l'agence nationale des titres sécurisés ayant été bloqué à raison du retrait de son habilitation ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :
* méconnaît la convention d'habilitation, dès lors que la décision de non-reconduite est tardive, qu'elle a été prise en l'absence de manquement à ses obligations, ou pour des manquements qui ont déjà été sanctionnés, et en l'absence de condamnation pénale de la société ou de son dirigeant ;
* est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'aucune procédure de conciliation n'a été initiée par le Préfet des Hauts-de-Seine avant le retrait de l'habilitation, en méconnaissance de l'article X de la convention d'habilitation ;
* est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'aucun texte ne pose comme condition de l'habilitation que l'activité principale soit une activité de professionnel de l'automobile ;
* repose sur des griefs, invoqués dans le mémoire en défense du préfet des Hauts-de-Seine, infondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que la décision ne fait pas obstacle à ce que la société continue d'exercer ses autres activités ;
- il n'existe aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :
* a été prise légalement et sans vice de procédure, dès lors qu'une concertation a été organisée et que la société requérante a manqué à ses obligations ;
* n'est pas entachée d'une erreur de droit.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2303638, enregistrée le 17 mars 2023 par laquelle la société BUREAU CARTE GRISE demande l'annulation de la décision en cause.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 7 avril 2023 à 11 heures 30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier :
- le rapport de M. Kelfani, juge des référés ;
- les observations de Me Boulet, avocate, substituant Me Lehman,
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 février 2018, la société BUREAU CARTE GRISE a conclu avec l'État une convention l'habilitant à intervenir sur le système d'immatriculation des véhicules (SIV), notamment pour délivrer des certificats d'immatriculation. La société BUREAU CARTE GRISE demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 26 janvier 2023, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a procédé au retrait de cette habilitation au motif que l'habilitation au système d'immatriculation des véhicules " est subordonné à la justification d'une activité réelle en tant que professionnel de l'automobile " alors que " l'activité principale de (la) société est basée sur de la prestation de services liée à l'immatriculation des véhicules ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Eu égard à son objet et à son impact sur l'activité globale de la société, dont le chiffre d'affaires résulte principalement de l'activité mentionnée au point 1, et alors que contrairement à ce que fait valoir le préfet des Hauts-de-Seine en défense, la requérante n'a plus accès à son espace ANTS (agence nationale des titres sécurisés), ni aux démarches en ligne qu'elle aurait pu réaliser ou aux sous comptes qu'elle aurait pu créer, la décision dont la suspension est demandée a pour effet de porter une atteinte grave et immédiate à la situation de la société BUREAU CARTE GRISE. Dès lors, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
5. Les moyens invoqués par la société requérante et tirés du non-respect de la procédure de concertation prévue par l'article X de la convention d'habilitation conclue le 15 février 2018 et de l'erreur de droit dont la décision contestée est entachée, paraissent, notamment, de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet des Hauts-de-Seine en date du 26 janvier 2023.
6. Il résulte de ce qui précède que les conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision contestée, jusqu'à l'intervention du jugement au fond. L'exécution de la présente ordonnance implique que l'habilitation octroyée à la société BUREAU CARTE GRISE par la convention du 15 février 2018 soit restituée à titre provisoire par le préfet des Hauts-de-Seine à l'intéressée jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision en cause.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision, en date du 26 janvier 2023, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a retiré à la société BUREAU CARTE GRISE l'habilitation lui permettant de prendre en charge les formalités liées aux opérations d'immatriculation des véhicules est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société BUREAU CARTE GRISE et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 11 avril 2023.
Le juge des référés,
signé
K. Kelfani
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026