mercredi 18 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401514 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2024, Mme B C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 04400202445232 émis et rendu exécutoire le 15 janvier 2024 par le département du Val-d'Oise afin de recouvrer un solde de 10 801,25 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité concernant la période du 1er mars 2016 au 28 février 2018 ;
2°) de prononcer la décharge de cette somme ;
3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre a été émis en méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- le département ne démontre pas que le bordereau a été dûment signé ;
- le titre querellé comporte une motivation sibylline qui ne lui permet pas de comprendre les raisons pour lesquelles elle serait recevable d'un indu de revenu de solidarité active ; il n'indique pas les bases de la liquidation ;
- le titre exécutoire a été émis en méconnaissance de l'autorité de la chose jugée ;
- elle n'a pas de vie de couple stable et effective avec M. A depuis 2015 mais depuis 2018 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le département du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 13 mai 2020, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a notifié à Mme B C un indu d'un montant de 13 570,19 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) au titre de la période du 1er mars 2016 au 31 mai 2019. Mme C a formé le 24 mai 2020 un recours préalable à l'encontre de cette décision dont l'administration a accusé réception le 8 juin 2020. Par une décision implicite, née le 8 août 2020, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a rejeté ce recours administratif. Par une décision explicite du 15 décembre 2020, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par la requérante. Cette décision a été annulée par le tribunal dans son jugement n°2211283 du 14 juin 2023 pour défaut de saisine de la commission de recours amiable. Saisie, cette commission a rejeté la contestation d'indu de Mme C par décision du 14 novembre 2023. Le 30 novembre 2023, le conseil départemental a repris une décision confirmant l'indu. Le 15 janvier 2024, la paierie départementale des Hauts-de-Seine a donc émis le titre n° 04400202445232 contesté afin de recouvrer le solde de 10 801,25 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité concernant la période du 1er mars 2016 au 28 février 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. "
3. Mme C a formé, le 10 janvier 2024, la requête n° 2400334 à l'encontre de la décision du 20 novembre 2023 par laquelle le département du Val-d'Oise a confirmé l'existence à sa charge d'un indu de 13 682,04 euros d'indu de revenu de solidarité active et sur lequel le jugement n°2400334 de ce jour du tribunal statue. Dès lors, le département ne pouvait pas émettre un avis de sommes à payer le 15 janvier 2024 en vue de lui réclamer paiement de cette somme alors que le recours contentieux qu'avait introduit Mme C suspendait tout recouvrement de cette dette.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'avis de sommes à payer qu'elle conteste.
Sur les conclusions à fin de décharge :
5. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un indu d'une allocation, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé de la décision qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle de la décision, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler cette décision, statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
6. Au regard du motif d'annulation retenu par le présent jugement pour faire droit aux conclusions d'annulation de la requête, il n'y a pas lieu de décharger Mme C du paiement de la somme que la décision contestée met à sa charge. Ses conclusions à fin de décharge ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'avis de sommes à payer n° 04400202445232 émis et rendu exécutoire le 15 janvier 2024 à l'encontre de Mme C par le département du Val-d'Oise afin de recouvrer un solde de 10 801,25 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité concernant la période du 1er mars 2016 au 28 février 2018 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Copie en sera adressée au département du Val-d'Oise et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2025.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
E. Prigent
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition
La greffière
N°2401514
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026