89 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
89
Décisions totales
383 581
Ordonnances
252 670
Avec résumé IA
Avocat : SELARL RAPHAELE CHARLIER
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par la société RTE Réseau de transport d’électricité, qui demandait la condamnation de la direction interdépartementale des routes centre-ouest (Dirco) à l’indemniser pour les travaux de sécurisation de son pylône, endommagé par des travaux de rabotage de falaises sur l’autoroute A20. La société RTE, en tant que tiers par rapport à ces travaux publics, invoquait la responsabilité sans faute du maître d’ouvrage. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la société RTE n’apportait pas la preuve du lien de causalité direct entre les travaux de rabotage et le préjudice subi, et que l’instabilité du pylône pouvait être attribuée à un aléa géotechnique constituant un cas de force majeure. La décision s’appuie sur le principe de la responsabilité sans faute des travaux publics, tel que prévu par la jurisprudence administrative, et sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative pour les frais de justice.
Avocat : SOLTNER RAPHAEL
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en formation collégiale, a rejeté les requêtes de M. B... contestant les décisions du garde des sceaux prolongeant son isolement au-delà d'un an. Le tribunal a jugé que la procédure contradictoire prévue aux articles L. 213-8 et R. 213-21 du code pénitentiaire avait été respectée, le requérant n'ayant pas sollicité la communication des rapports d'incident. Il a également estimé que la décision de prolongation était fondée sur des éléments objectifs, notamment les menaces proférées par le détenu, sans erreur d'appréciation au regard de l'article R. 213-30 du même code. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées par voie de conséquence.
Avocat : CHICHE RAPHAEL
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de M. B... contestant deux décisions du garde des sceaux prolongeant son isolement en détention. Le tribunal a jugé que la procédure contradictoire prévue aux articles L. 213-8 et R. 213-21 du code pénitentiaire avait été respectée, le requérant n'ayant pas sollicité la communication des rapports d'incident. Il a également estimé que la décision de prolongation était fondée sur des éléments objectifs, notamment des menaces proférées par le détenu, et n'était entachée ni d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation.
Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a rejeté la requête de M. A... contestant l'arrêté préfectoral du 5 mars 2024 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen complet de la situation. Sur le fond, il a jugé que le refus de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de M. A... au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute pour l'intéressé de justifier de liens suffisamment stables, intenses et anciens en France. Par conséquent, l'obligation de quitter le territoire français a été maintenue.
Avocat : LAPIN RAPHAEL
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A..., aide-soignante, qui demandait l'annulation de sa révocation prononcée par le directeur de l'Ehpad Pélisson-Fontanier. La juridiction a estimé que les faits reprochés, notamment des assoupissements fréquents, des pauses cigarette prolongées et une utilisation intensive du téléphone pendant le service, étaient établis par les pièces du dossier, y compris les propres aveux de l'agent. Elle a jugé que ces manquements répétés constituaient des fautes de nature à justifier une sanction et que la révocation, bien que sévère, n'était pas disproportionnée compte tenu de la gravité des faits et de leurs conséquences potentielles sur la sécurité des résidents. La décision s'appuie sur les articles L. 530-1 et L. 533-1 du code général de la fonction publique.
Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté du maire de Châteauroux autorisant l'occupation temporaire du domaine public par une terrasse. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, le requérant ne démontrant pas de manière suffisamment grave et immédiate l'atteinte à ses intérêts, notamment en raison du caractère temporaire de l'occupation et de l'absence de preuve de nuisances sonores anormales. Par conséquent, la requête est rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 17 juin 2025 prolongeant le placement à l’isolement de M. A... pour une durée de trois mois. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, tirés notamment de l’incompatibilité de l’isolement avec l’état de santé du requérant et de la méconnaissance des droits de la défense, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par conséquent, sans se prononcer sur la condition d’urgence, la requête a été rejetée dans son intégralité.
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné la contestation de la société Tradim concernant un titre de recette de 47 700 euros émis par le SICTOM sud Haute-Vienne pour des pénalités liées à l’exécution d’un marché public. La société invoquait des vices de forme (absence de signature et de bases de liquidation) et contestait le bien-fondé de la créance. Le tribunal a rejeté le moyen tiré du défaut de signature, le bordereau produit comportant la signature du président du SICTOM. En revanche, il a relevé que l’avis des sommes à payer ne précisait pas les bases de liquidation, en méconnaissance de l’article 24 du décret du 7 novembre 2012. La solution retenue est l’annulation du titre de recette pour défaut de motivation, sans se prononcer sur le bien-fondé de la créance.
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné la requête de Mme B C, ingénieure territoriale, contestant l'arrêté du 28 mars 2023 du ministre de la transition écologique qui l'a classée à l'échelon 4 (indice majoré 478) lors de son détachement dans le corps des ingénieurs des travaux publics de l'État (ITPE), ainsi que le rejet de son recours gracieux. Mme C soutenait que son indice de rémunération antérieur (637) aurait dû être conservé, invoquant une erreur de droit et un accord implicite. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le classement à l'échelon comportant un indice égal ou immédiatement supérieur à celui détenu dans le grade d'origine était conforme aux dispositions de l'article 11-1 du décret n°86-68 du 13 janvier 1986 et de l'article L. 712-2 du code général de la fonction publique, et que la requérante ne démontrait pas l'existence d'un accord implicite.
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné la requête de M. Cosset, technicien territorial, contestant son exclusion temporaire de dix-huit mois prononcée par le président du SYMCTOM du Blanc pour des propos et comportements irrespectueux. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, notamment le défaut de motivation, l'irrégularité de la procédure disciplinaire et la prescription des faits. Il a jugé que les faits reprochés étaient établis et constituaient des fautes de service, et que la sanction d'exclusion temporaire de dix-huit mois, relevant du troisième groupe, n'était pas disproportionnée. En conséquence, la requête a été rejetée, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de justice.
Avocat : YILDIZ RAPHAEL
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme F C et de la ligue de défense des droits des animaux (LDDA) demandant l'annulation de l'arrêté du maire de Thouron du 23 juin 2023. Cet arrêté mettait en demeure Mme C d'évacuer les chats de sa maison et de faire cesser les nuisances (infestations de puces) pour des motifs de salubrité publique. Le tribunal a jugé que l'erreur matérielle sur le nom de la destinataire était sans incidence sur la légalité de l'arrêté. Il a également estimé que le moyen tiré de l'illégalité du règlement sanitaire départemental était insuffisamment précis, et que l'arrêté était justifié par les pouvoirs de police du maire fondés sur l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.
Le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête en référé suspension de M. A, détenu, contestant son placement à l'isolement pour trois mois ordonné par le chef d'établissement de la maison d'arrêt de Strasbourg. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'absence de fondement légal, le caractère non établi des risques, l'ancienneté des faits, le détournement de pouvoir ou l'incompatibilité avec l'état de santé, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La décision se fonde sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et le code pénitentiaire.
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par M. C, co-propriétaire d'une parcelle, pour contester un arrêté d'alignement individuel pris par le maire de Châlus. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par la commune, reconnaissant l'intérêt à agir du requérant en tant que copropriétaire. Sur le fond, il a annulé l'arrêté et la décision de rejet du recours gracieux, estimant que la procédure d'alignement avait été détournée de son objet légal. En effet, l'alignement individuel, régi par l'article L. 112-1 du code de la voirie routière, est un acte déclaratif des limites réelles de la voie publique et ne peut servir à déterminer la propriété d'un arbre ou à attribuer des responsabilités d'entretien.