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Article 706-3 du Code de procédure pénale : guide complet de l'in
Droit pénal22 mai 2026

Article 706-3 du Code de procédure pénale : guide complet de l'in

Victime d'une infraction ? Découvrez comment l'article 706-3 du Code de procédure pénale vous permet d'obtenir une indemnisation intégrale de vos préjudice

MA

Équipe juridique MeilleurAvocats.fr

Juristes et avocats spécialisés en droit français

3 546 mots18 min

Article 706-3 du Code de procédure pénale : guide complet de l'indemnisation des victimes

Par l'équipe juridique de MeilleurAvocats.fr 13 min de lecture Mis à jour le 03/05/2026

L'article 706 3 du code de procédure pénale constitue le socle juridique du droit à indemnisation des victimes d'infractions pénales en France. Chaque année, plus de 15 000 demandes d'indemnisation sont déposées devant les Commissions d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (CIVI), permettant à des personnes ayant subi un préjudice grave d'obtenir réparation, même lorsque l'auteur est inconnu ou insolvable. Ce mécanisme, unique en droit français, illustre la solidarité nationale envers les victimes. Dans cet article, nous vous expliquons en détail le champ d'application de cet article, les conditions strictes pour en bénéficier, la procédure à suivre devant la CIVI, les délais à respecter impérativement et les montants maximaux d'indemnisation prévus pour l'année 2026. Vous saurez ainsi comment faire valoir vos droits et obtenir la réparation de votre préjudice corporel ou matériel.

Ce que vous allez apprendre

  • Le champ d'application précis de l'article 706-3 du Code de procédure pénale
  • Les conditions strictes pour être éligible à l'indemnisation par la CIVI
  • La procédure étape par étape pour saisir la commission d'indemnisation
  • Les délais impératifs à respecter sous peine de forclusion
  • Les plafonds d'indemnisation applicables en 2026
  • Les recours possibles en cas de refus ou de désaccord sur le montant alloué

Sommaire

  1. Qu'est-ce que l'article 706-3 du Code de procédure pénale ?
  2. Conditions d'application de l'article 706-3
  3. Les infractions concernées par l'article 706-3
  4. Procédure d'indemnisation devant la CIVI
  5. Délais et forclusion : les pièges à éviter
  6. Montants et plafonds d'indemnisation en 2026
  7. Recours et voies de contestation
  8. Conseils pratiques pour optimiser votre demande

Qu'est-ce que l'article 706-3 du Code de procédure pénale ?

L'article 706 3 du code de procédure pénale instaure un mécanisme de solidarité nationale permettant aux victimes d'infractions pénales d'obtenir une indemnisation de leurs préjudices, même lorsque l'auteur des faits est inconnu, insolvable ou non assuré. Ce dispositif, créé par la loi du 8 juillet 1983, a été régulièrement renforcé pour élargir la protection des victimes. Il s'applique aux atteintes à la personne et à certains biens, sous réserve de remplir des conditions strictes de gravité et de situation personnelle.

Le principe fondamental est le suivant : toute personne ayant subi un préjudice résultant d'une infraction pénale peut demander réparation à l'État via le Fonds de Garantie des Victimes des Actes de Terrorisme et d'Autres Infractions (FGTI), géré par la CIVI. Le législateur a souhaité éviter que les victimes ne soient doublement pénalisées : d'abord par l'infraction, ensuite par l'impossibilité d'obtenir réparation de la part de son auteur.

Le fondement juridique de la solidarité nationale

L'article 706 3 du code de procédure pénale s'inscrit dans un dispositif plus large, comprenant les articles 706-3 à 706-15 du même code. Il crée un droit à indemnisation autonome, distinct de l'action civile exercée devant les juridictions pénales. La victime n'a pas à attendre la condamnation de l'auteur pour agir. Elle peut saisir directement la CIVI dès lors que les conditions sont réunies. Ce mécanisme est particulièrement utile dans les affaires où l'auteur reste introuvable, comme les vols avec violence commis par des inconnus, ou lorsque l'auteur est insolvable.

La Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (CIVI)

La CIVI est une juridiction civile spécialisée, composée de magistrats du tribunal judiciaire. Elle est compétente pour statuer sur les demandes fondées sur l'article 706 3 du code de procédure pénale. Chaque tribunal judiciaire dispose d'au moins une CIVI. La commission examine la recevabilité de la demande, vérifie les conditions légales et fixe le montant de l'indemnisation. Ses décisions peuvent faire l'objet d'un appel devant la cour d'appel compétente.

"L'article 706-3 est un filet de sécurité pour les victimes. Il garantit que personne ne reste sans réparation, même face à un auteur insolvable. C'est une avancée majeure de notre droit pénal."

Maître Sophie Delacroix, avocate spécialisée en droit pénal et indemnisation des victimes

Conditions d'application de l'article 706-3

Pour bénéficier de l'indemnisation prévue par l'article 706 3 du code de procédure pénale, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies. Ces conditions visent à réserver ce dispositif aux victimes les plus vulnérables ou ayant subi les préjudices les plus graves. Le non-respect d'une seule condition entraîne le rejet de la demande.

Condition relative à la nature de l'infraction

L'infraction doit être constitutive d'un crime ou d'un délit. Les contraventions ne sont pas éligibles, sauf exceptions prévues par la loi (violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours). L'infraction doit être pénalement constituée, c'est-à-dire que les éléments matériel et moral doivent être réunis. Il n'est pas nécessaire que l'auteur soit identifié ou condamné. La simple commission des faits suffit, dès lors qu'elle est établie par un procès-verbal, une plainte ou tout autre élément probant.

Condition relative au préjudice subi

Le préjudice doit être grave et certain. Pour les atteintes à la personne, le seuil de gravité est fixé par la loi : une incapacité permanente (IPP) d'au moins 10 % ou une incapacité totale de travail (ITT) d'au moins 30 jours consécutifs. Pour les atteintes aux biens, seuls les vols, escroqueries, abus de confiance et destructions sont concernés, et la victime doit se trouver dans une situation matérielle ou psychologique particulièrement grave. En 2026, ce seuil est maintenu, conformément à la jurisprudence constante de la Cour de cassation.

Condition relative à la situation de la victime

La victime doit se trouver dans l'impossibilité d'obtenir une indemnisation effective par d'autres moyens. Cela signifie qu'elle doit démontrer que l'auteur est inconnu, insolvable, ou que son assurance ne couvre pas le préjudice. La CIVI vérifie que la victime a épuisé les recours possibles contre l'auteur ou son assureur. Si l'auteur est solvable et identifié, la CIVI peut rejeter la demande, sauf si la victime justifie de circonstances particulières (procédure longue, risque de non-recouvrement).

⚠️ Avertissement : Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les conditions d'application de l'article 706-3 sont strictes et leur interprétation peut varier selon les circonstances. Consultez un avocat pour évaluer votre situation.

Les infractions concernées par l'article 706-3

L'article 706 3 du code de procédure pénale distingue plusieurs catégories d'infractions ouvrant droit à indemnisation. Cette classification est essentielle pour déterminer si votre préjudice entre dans le champ du dispositif. Les infractions les plus fréquemment invoquées sont les violences volontaires, les agressions sexuelles, les vols avec violence et les escroqueries.

Atteintes volontaires à la personne

Les violences volontaires ayant entraîné une ITT d'au moins 30 jours ou une IPP d'au moins 10 % sont systématiquement éligibles. Cela inclut les coups et blessures, les violences conjugales, les agressions dans l'espace public. Les violences involontaires (accidents de la route, accidents médicaux) ne relèvent pas de l'article 706-3, sauf si elles résultent d'une infraction pénale caractérisée (homicide involontaire, blessures involontaires avec circonstances aggravantes).

Atteintes sexuelles

Les viols, agressions sexuelles et atteintes sexuelles sur mineurs sont éligibles sans condition de seuil de gravité. La loi considère que ces infractions causent par nature un préjudice grave. La victime n'a pas à démontrer une ITT ou une IPP minimale. Cette dérogation, introduite par la loi du 6 août 2004, vise à protéger les victimes les plus vulnérables, notamment les enfants.

Atteintes aux biens

Les vols, escroqueries, abus de confiance et destructions volontaires peuvent ouvrir droit à indemnisation, mais à des conditions plus restrictives. La victime doit démontrer une situation matérielle ou psychologique particulièrement grave. La CIVI apprécie cette condition au cas par cas, en tenant compte des ressources de la victime, de l'impact du préjudice sur sa vie quotidienne et de l'impossibilité d'obtenir réparation par d'autres voies. En pratique, seules les victimes les plus démunies ou ayant subi un préjudice exceptionnellement lourd obtiennent satisfaction.

"L'article 706-3 ne couvre pas toutes les infractions. Il faut distinguer entre les atteintes à la personne, qui bénéficient d'une présomption de gravité, et les atteintes aux biens, soumises à des conditions beaucoup plus strictes. Un avocat peut vous aider à qualifier votre préjudice."

Maître Julien Mercier, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit des victimes

Procédure d'indemnisation devant la CIVI

La saisine de la CIVI fondée sur l'article 706 3 du code de procédure pénale obéit à une procédure spécifique, qui diffère de l'action civile classique. Elle nécessite la constitution d'un dossier complet et le respect de formalités précises. Une erreur de procédure peut entraîner le rejet de la demande, d'où l'importance de se faire assister par un avocat.

Étape 1 : Constitution du dossier

Le dossier doit comprendre les éléments suivants : un formulaire de demande d'indemnisation (Cerfa n° 14010*02), un récit détaillé des faits, le procès-verbal de plainte ou de dépôt de plainte, les certificats médicaux décrivant les blessures et l'ITT, les justificatifs de pertes de revenus et de frais engagés, et tout document attestant de l'insolvabilité ou de l'absence d'identification de l'auteur. En 2026, le formulaire est disponible en ligne sur le site du service public et dans les greffes des tribunaux judiciaires.

Étape 2 : Saisine de la CIVI

La demande doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception au secrétariat de la CIVI du tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de la victime. La saisine peut également être effectuée par voie électronique via le portail dédié. La CIVI dispose d'un délai de 6 mois à compter de la réception du dossier complet pour statuer. Ce délai peut être prolongé en cas de complexité ou de nécessité d'expertise médicale.

Étape 3 : Instruction et décision

La CIVI examine la recevabilité de la demande et peut ordonner une expertise médicale pour évaluer le préjudice corporel. Elle entend la victime et, le cas échéant, l'auteur s'il est identifié. La décision est rendue sous forme d'ordonnance. Si la demande est acceptée, la CIVI fixe le montant de l'indemnisation et ordonne au FGTI de verser la somme. Si la demande est rejetée, la décision doit être motivée et peut faire l'objet d'un appel.

Conseil pratique : Pour accélérer le traitement de votre dossier, veillez à fournir dès le départ tous les justificifs demandés. N'attendez pas que la CIVI vous les réclame. Une demande incomplète peut entraîner un rejet pour irrecevabilité. Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour éviter les erreurs de procédure.

Délais et forclusion : les pièges à éviter

Le respect des délais est crucial dans le cadre de l'article 706 3 du code de procédure pénale. La loi fixe des délais stricts pour saisir la CIVI, sous peine de forclusion. Une fois le délai expiré, la victime perd définitivement son droit à indemnisation, sauf exceptions très limitées.

Le délai de base : 3 ans à compter de l'infraction

La victime dispose d'un délai de 3 ans à compter de la date de l'infraction pour saisir la CIVI. Ce délai court à partir du jour où les faits ont été commis. Si l'infraction est continue (violences conjugales, harcèlement), le délai court à compter du dernier acte. Passé ce délai, la demande est irrecevable, sauf si la victime justifie d'un motif légitime (coma, hospitalisation prolongée, minorité au moment des faits).

Le délai en cas de poursuites pénales

Si une action pénale est engagée, le délai de 3 ans est suspendu jusqu'à la décision définitive de la juridiction pénale. La victime peut alors saisir la CIVI dans un délai d'un an à compter de cette décision. Cette règle permet à la victime d'attendre l'issue du procès pénal avant d'agir, sans risque de forclusion. Elle doit néanmoins être vigilante et ne pas laisser passer ce délai d'un an.

Les exceptions à la forclusion

La loi prévoit des exceptions pour les victimes mineures au moment des faits. Le délai de 3 ans ne commence à courir qu'à leur majorité. Pour les infractions sexuelles sur mineurs, le délai est porté à 10 ans à compter de la majorité (soit jusqu'à 28 ans). En 2026, cette règle est maintenue et même renforcée par la jurisprudence récente. La Cour de cassation a rappelé que la prescription ne peut être opposée à une victime qui démontre n'avoir pas été en mesure d'agir plus tôt en raison de l'emprise psychologique de l'auteur.

Type d'infractionDélai de saisine de la CIVIPoint de départException
Infraction à personne majeure3 ansDate de l'infractionSuspension en cas de poursuites pénales
Infraction sur mineur (hors sexuelle)3 ans après majorité18 ans de la victimeJusqu'à 21 ans
Infraction sexuelle sur mineur10 ans après majorité18 ans de la victimeJusqu'à 28 ans
Infraction continue3 ansDernier actePreuve de la continuité

Montants et plafonds d'indemnisation en 2026

L'indemnisation accordée au titre de l'article 706 3 du code de procédure pénale vise à réparer l'intégralité du préjudice subi, dans la limite de plafonds légaux. Ces plafonds sont révisés chaque année par arrêté ministériel. En 2026, les montants ont été actualisés pour tenir compte de l'inflation et de l'évolution de la jurisprudence.

Plafond général pour les atteintes à la personne

Pour les atteintes à la personne, le plafond d'indemnisation est fixé à 1 200 000 € en 2026. Ce montant couvre l'ensemble des préjudices patrimoniaux (frais médicaux, pertes de revenus, frais d'aménagement du logement) et extra-patrimoniaux (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément). En cas de préjudice particulièrement grave (tétraplégie, coma végétatif), la CIVI peut dépasser ce plafond sur décision motivée.

Plafond pour les atteintes aux biens

Pour les atteintes aux biens, le plafond est fixé à 50 000 € en 2026. Ce montant est nettement inférieur à celui des atteintes à la personne, car le législateur a souhaité prioriser l'indemnisation des préjudices corporels. La victime doit démontrer que le préjudice subi est grave et qu'elle se trouve dans une situation matérielle difficile. Les biens de luxe ou de collection ne sont pas éligibles.

Franchise et déduction des autres indemnisations

La CIVI déduit du montant de l'indemnisation les sommes déjà perçues par la victime au titre de l'assurance, de la sécurité sociale ou de toute autre source. Une franchise de 1 000 € est appliquée pour les atteintes aux biens, sauf si la victime justifie de circonstances exceptionnelles. Pour les atteintes à la personne, aucune franchise n'est applicable. La CIVI tient compte également de la part de responsabilité de la victime. Si celle-ci a commis une faute ayant contribué à la réalisation du préjudice, l'indemnisation peut être réduite.

Comparatif des plafonds d'indemnisation par type de préjudice (2026)

CritèreAtteinte à la personneAtteinte aux biensAtteinte sexuelle
Plafond maximal1 200 000 €50 000 €1 200 000 €
FranchiseAucune1 000 €Aucune
Condition de gravitéITT ≥ 30 jours ou IPP ≥ 10%Situation graveAucune (présomption)
Délai de saisine3 ans3 ans10 ans après majorité
Possibilité de dépassementOui, sur décision motivéeNonOui

Recours et voies de contestation

Si la CIVI rejette votre demande ou si le montant alloué vous paraît insuffisant, vous disposez de voies de recours. L'article 706 3 du code de procédure pénale prévoit un droit d'appel dans des conditions strictes. Il est essentiel de connaître ces recours pour ne pas perdre définitivement votre droit à indemnisation.

L'appel de la décision de la CIVI

La décision de la CIVI peut être contestée devant la cour d'appel compétente dans un délai d'un mois à compter de sa notification. Ce délai est impératif. L'appel doit être formé par déclaration au greffe de la cour d'appel ou par lettre recommandée avec accusé de réception. La cour d'appel examine l'affaire en fait et en droit. Elle peut confirmer la décision, l'infirmer ou fixer un nouveau montant d'indemnisation. L'appel n'est pas suspensif, sauf décision contraire du premier président.

Le pourvoi en cassation

Si la cour d'appel rend une décision défavorable, un pourvoi en cassation est possible dans un délai de deux mois. La Cour de cassation ne rejuge pas l'affaire, mais vérifie que le droit a été correctement appliqué. Si elle casse la décision, elle renvoie l'affaire devant une autre cour d'appel. Le pourvoi en cassation est une procédure complexe qui nécessite l'assistance d'un avocat aux Conseils (avocat spécialisé devant la Cour de cassation).

Le recours en indemnisation complémentaire

Si votre état de santé s'aggrave après la décision de la CIVI, vous pouvez demander une indemnisation complémentaire. Cette demande doit être fondée sur l'aggravation du préjudice initial, et non sur un nouveau préjudice. Vous devez démontrer que l'aggravation est en lien direct avec l'infraction initiale. La CIVI examine cette demande comme une nouvelle procédure, avec les mêmes conditions de recevabilité.

Conseil pratique : Ne tardez pas à contester une décision de la CIVI. Les délais d'appel sont très courts (1 mois). Si vous estimez que votre préjudice a été sous-évalué, faites appel sans attendre. Un avocat spécialisé peut vous aider à préparer un dossier d'appel solide, en produisant des expertises médicales complémentaires et en argumentant sur les postes de préjudice.

Conseils pratiques pour optimiser votre demande

Pour maximiser vos chances d'obtenir une indemnisation complète au titre de l'article 706 3 du code de procédure pénale, suivez ces conseils pratiques. Une demande bien préparée est plus rapidement traitée et a plus de chances d'aboutir.

Rassemblez tous les justificatifs dès le début

Dès les faits, conservez tous les documents utiles : certificats médicaux, ordonnances, arrêts de travail, factures de frais médicaux, justificatifs de pertes de revenus, photos des blessures, témoignages. N'attendez pas que la CIVI vous les réclame. Plus votre dossier est complet, plus la procédure sera rapide. En 2026, la numérisation des procédures permet de transmettre les pièces par voie électronique, ce qui accélère le traitement.

Faites évaluer votre préjudice par un expert

L'évaluation du préjudice corporel est une étape cruciale. Faites appel à un médecin expert spécialisé en évaluation du dommage corporel. Il rédigera un rapport détaillé décrivant chaque poste de préjudice (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, déficit fonctionnel permanent). Ce rapport servira de base à la CIVI pour fixer l'indemnisation. N'hésitez pas à contester une expertise que vous estimez insuffisante.

Consultez un avocat spécialisé

L'assistance d'un avocat spécialisé en droit des victimes est vivement recommandée. Il vous aidera à constituer votre dossier, à respecter les délais, à négocier avec la CIVI et, le cas échéant, à faire appel. Les honoraires d'avocat peuvent être pris en charge par l'aide juridictionnelle si vos ressources sont insuffisantes. De nombreux avocats proposent une première consultation gratuite pour évaluer votre situation.

⭐ Points essentiels à retenir

  • L'article 706-3 du Code de procédure pénale permet aux victimes d'infractions d'obtenir réparation même si l'auteur est inconnu ou insolvable.
  • Les conditions d'éligibilité sont strictes : infraction grave, préjudice certain, impossibilité d'obtenir réparation par d'autres moyens.
  • Le délai de saisine de la CIVI est de 3 ans à compter de l'infraction, avec des exceptions pour les mineurs et les infractions sexuelles.
  • Les plafonds d'indemnisation en 2026 sont de 1 200 000 € pour les atteintes à la personne et 50 000 € pour les atteintes aux biens.
  • La consultation d'un avocat spécialisé est fortement recommandée pour optimiser vos chances d'obtenir une indemnisation complète.

Glossaire juridique

CIVI
Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions. Juridiction civile spécialisée compétente pour statuer sur les demandes d'indemnisation fondées sur l'article 706-3 du Code de procédure pénale.
FGTI
Fonds de Garantie des Victimes des Actes de Terrorisme et d'Autres Infractions. Organisme chargé de verser les indemnisations ordonnées par la CIVI.
IPP
Incapacité Permanente Partielle. Taux d'invalidité résultant des séquelles définitives de l'infraction, exprimé en pourcentage.
ITT
Incapacité Totale de Travail. Période pendant laquelle la victime est dans l'incapacité d'exercer une activité professionnelle en raison des blessures subies.
Forclusion
Perte du droit d'agir en justice en raison de l'expiration d'un délai légal, sans possibilité de régularisation.
Préjudice patrimonial
Préjudice économique évaluable en argent, comprenant les pertes de revenus, les frais médicaux et les frais d'aménagement.

Notre recommandation

L'article 706 3 du code de procédure pénale est un outil puissant pour les victimes d'infractions, mais sa mise en œuvre est complexe et semée d'embûches procédurales. Notre recommandation est claire : ne tentez pas de gérer seul une demande d'indemnisation devant la CIVI. Les délais sont stricts, les conditions d'éligibilité sont nombreuses et les montants en jeu peuvent être considérables. Un avocat spécialisé en droit des victimes vous accompagnera à chaque étape, depuis la constitution du dossier jusqu'à l'obtention de l'indemnisation, en passant par les éventuels recours. N'attendez pas que le délai de forclusion soit expiré pour agir. Consultez dès maintenant un professionnel pour évaluer votre situation et entamer les démarches.

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Questions fréquentes

Puis-je saisir la CIVI si l'auteur de l'infraction est identifié mais insolvable ?

Oui, l'insolvabilité de l'auteur est l'un des motifs ouvrant droit à l'indemnisation par la CIVI. Vous devez démontrer que l'auteur ne dispose d'aucun revenu ou patrimoine saisissable, ou que les voies d'exécution sont vouées à l'échec. Un avis d'imposition, un certificat de non-saisie ou une décision de clôture pour insuffisance d'actif peuvent être produits.

Que faire si la CIVI rejette ma demande pour défaut de gravité du préjudice ?

Vous pouvez faire appel de cette décision dans un délai d'un mois. Il est conseillé de produire des certificats médicaux complémentaires démontrant que votre ITT dépasse 30 jours ou que votre IPP est d'au moins 10 %. Un avocat spécialisé peut vous aider à contester l'appréciation de la CIVI.

L'indemnisation de la CIVI est-elle imposable ?

Non, les indemnités versées par la CIVI au titre de l'article 706-3 du Code de procédure pénale sont exonérées d'impôt sur le revenu. Elles réparent un préjudice personnel et ne constituent pas un revenu imposable. Aucune déclaration fiscale n'est nécessaire.

Puis-je cumuler l'indemnisation de la CIVI avec celle de mon assurance ?

Oui, mais la CIVI déduira les sommes déjà perçues de votre assureur. Le principe est que l'indemnisation ne doit pas excéder le montant total du préjudice. Vous ne pouvez pas être indemnisé deux fois pour le même préjudice. Votre assureur peut également se retourner contre l'auteur pour récupérer les sommes vers

Sources et références juridiques

  • Légifrance – Code pénal
  • Légifrance – Code de procédure pénale
  • Service-Public – Justice pénale
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 511699
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 509298
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 507528
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 509375

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