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AccueilDélibérations CNIL2025-069
DélibérationEn vigueur

Délibération 2025-069 du 24 juillet 2025

Délibération n° 2025-069 du 24 juillet 2025 portant avis sur un projet d'arrêté modifiant l'arrêté du 29 novembre 2011 portant création d'un traitement automatisé d'informations relatif à l'enregistrement des bateaux de plaisance naviguant ou stationnant dans les eaux intérieures nationales

Numéro2025-069
Datejeudi 24 juillet 2025
NatureDélibération
ÉtatEn vigueur
RéférenceCNILTEXT000052853123

Résumé IA

La CNIL émet un avis sur un projet d'arrêté du Ministère de la transition écologique modifiant le traitement SIMBA, relatif à l'enregistrement des bateaux de plaisance. Elle constate que ce traitement relève d'un régime juridique mixte, combinant le RGPD pour les finalités administratives et la directive "police-justice" pour les contrôles et enquêtes. La Commission prend acte que les droits des personnes (accès, rectification) s'exerceront uniquement sur le fondement du RGPD, une position conforme à la jurisprudence du Conseil d'État, et ne formule pas d'autres observations sur le projet.

Texte intégral

N° de demande d'avis : 25007687.
Thématiques : bateaux de plaisance, contrôles.

Organisme(s) à l'origine de la saisine : Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche

Fondement de la saisine : article 31.I de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés


L'essentiel :
S'agissant d'un traitement qui relève d'un régime mixte, la CNIL relève que les droits des personnes ne se fondent que sur le RGPD et que les limitations prévues à certains droits se fondent sur l'article 23 du RGPD. Cette position est conforme à l'avis n° 393836 du Conseil d'Etat (Avis n° 393836 du Conseil d'Etat en date du 13 décembre 2017, points 47 et 48).
Les autres dispositions du projet d'arrêté n'appellent pas d'observations de la part de la CNIL.


La Commission nationale de l'informatique et des libertés,
Vu le Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) ;
Vu la directive (UE) 2016/680 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d'enquêtes et de poursuites en la matière ou d'exécution de sanctions pénales, et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la décision-cadre 2008/977/JAI du Conseil (directive police justice ) ;
Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ( loi informatique et libertés ), notamment son titre III et son article 31 ;
Sur la proposition de M. Didier Kling, commissaire, et après avoir entendu les observations de M. Damien Milic, commissaire du Gouvernement,
Adopte la délibération suivante :


I. - La saisine
A. - Le contexte


Les forces de sécurité intérieures (gendarmerie départementale et gendarmerie maritime) du ministère de l'intérieur sont amenées dans le cadre de leur service :


- à contrôler des bateaux et des navires de plaisance ou de commerce ;
- à vérifier les titres de conduite des propriétaires.


Ces opérations de contrôle et vérification sont effectuées à partir des documents spécifiques à la navigation fluviale et maritime et des documents spécifiques à l'immatriculation des navires et bateaux, dont les systèmes d'information et traitements de données à caractère personnel sont gérés par la direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l'aquaculture (DGAMPA).
C'est dans ce cadre que le traitement automatisé d'informations relatif à l'enregistrement des bateaux de plaisance naviguant ou stationnant dans les eaux intérieures nationales dénommé SIMBA est mis en œuvre.


B. - L'objet de la saisine


La CNIL est saisie d'une demande d'avis portant sur le projet d'arrêté modifiant l'arrêté du 29 novembre 2011 portant création d'un traitement automatisé d'informations relatif à l'enregistrement des bateaux de plaisance naviguant ou stationnant dans les eaux intérieures nationales dénommé SIMBA .


II. - L'avis de la CNIL
A. - Sur les finalités du traitement et le régime juridique applicable


La CNIL prend acte de ce que le traitement de données à caractère personnel dénommé SIMBA relève d'un régime mixte :


- les finalités prévues du 1° au 4° de l'article 1er du projet d'arrêté relèvent du RGPD puisqu'il s'agit de finalités administratives (enregistrement des bateaux, édition des titres de circulation, etc.) ;
- la finalité prévue au 5° de l'article 1er du projet d'arrêté (le contrôle en mer et sur les eaux intérieures de la situation des bateaux et la tenue d'enquête, à l'occasion d'accidents, des contrôles des bateaux ou en cas de suspicion de commission ou de commission d'infractions) relève du titre III de la loi informatique et libertés , qui transpose la directive police justice , en ce que cette finalité participe à la prévention et la répression d'infractions pénales. Par ailleurs, elle est mise en œuvre par des autorités compétentes, au sens de l'article 87 de la loi informatique et libertés (les agents des services de la gendarmerie maritime et de la gendarmerie nationale dûment habilités, les agents des services de la direction générale des douanes et de droits indirects dûment habilités, etc.).


B. - Sur les droits des personnes


La CNIL relève que les droits des personnes ne se fondent que sur le RGPD et que les limitations prévues à certains droits se fondent sur l'article 23 du RGPD. Cette position est conforme à l'avis n° 393836 du Conseil d'Etat (Avis n° 393836 du Conseil d'État en date du 13 décembre 2017, points 47 et 48) compte tenu du fait que le ministère a indiqué que, en l'espèce, les données traitées pour la finalité soumise au titre III de la loi Informatique et Libertés ne sont pas aisément distinguables des données traitées pour les finalités soumises au RGPD et que l'application d'un double régime paraît complexe à mettre en œuvre pour les droits des personnes concernées.
Elle relève toutefois que, contrairement à ce qui était prévu initialement, les droits d'accès, de rectification et de limitation ne font pas l'objet de limitations pour la finalité relevant du titre III de la loi informatique et libertés , au-delà des conditions de leur exercice prévues par les articles 15 à 18 du RGPD.
Les autres dispositions du projet d'arrêté n'appellent pas d'observations de la part de la CNIL.


La présidente,
M.-L. Denis

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