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AccueilDroit européen02023R1452-20251126
Règlement (consolidé)02023R1452-20251126

Règlement d’exécution (UE) 2023/1452 de la Commission du 13 juillet 2023 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil

CELEX02023R1452-20251126
TypeRèglement (consolidé)
Datemercredi 26 novembre 2025

Résumé IA

Ce règlement d'exécution maintient le droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de Chine, à l'issue d'un réexamen au titre de l'expiration des mesures. Il confirme que la suppression des droits entraînerait une probabilité de réapparition du dumping et du préjudice pour l'industrie de l'Union. Pour le praticien français, ce texte prolonge les mesures protectrices applicables à ce secteur, imposant le paiement de droits spécifiques lors du dédouanement de ces produits chinois.

Texte intégral

14.7.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 179/57


RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/1452 DE LA COMMISSION

du 13 juillet 2023

instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1), et notamment son article 11, paragraphe 2,

considérant ce qui suit:

1. PROCÉDURE

1.1. Enquêtes précédentes et mesures en vigueur

(1)

Par son règlement d’exécution (UE) no 248/2011 (2) (ci-après l’«enquête initiale»), le Conseil a institué un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu (ci-après le «produit concerné» ou le «produit faisant l’objet du réexamen») originaires de la République populaire de Chine (ci-après la «RPC» ou la «Chine» ou le «pays concerné»). Ce droit, établi compte tenu du niveau d’élimination du préjudice, allait de 7,3 % à 13,8 %.

(2)

Par son règlement d’exécution (UE) no 1379/2014 (3), à la suite d’une enquête antisubventions et d’un réexamen intermédiaire partiel des mesures antidumping, la Commission a modifié le droit antidumping original à des valeurs allant de 0 % à 19,9 % et institué un droit compensateur supplémentaire allant de 4,9 % à 10,3 %. Les mesures compensatoires et antidumping combinées se situaient entre 4,9 % et 30,2 %.

(3)

Par son règlement d’exécution (UE) 2017/724 (4), à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping, la Commission a décidé de maintenir ces mesures telles qu’établies dans le règlement d’exécution (UE) no 1379/2014.

(4)

Par son règlement d’exécution (UE) 2021/328 (5), à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures compensatoires, la Commission a décidé de maintenir ces mesures telles qu’établies dans le règlement d’exécution (UE) no 1379/2014.

(5)

Les mesures compensatoires et antidumping combinées se situaient alors entre 4,9 % et 30,2 %.

(6)

Des mesures sont également en vigueur sur les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires d’Égypte. Par son règlement d’exécution (UE) 2020/870 (6), à la suite d’une enquête antisubventions, la Commission a institué un droit compensateur définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires d’Égypte. Ce droit, établi compte tenu du niveau de subvention, s’élevait à 13,1 %.

1.2. Ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures

(7)

Le 19 janvier 2022, la Commission a été saisie d’une demande de réexamen au titre de l’expiration des droits antidumping en vigueur déposée par la European Glass Fibre Producers Association (association des producteurs de fibres de verre européens, ci-après le «demandeur») au nom de l’industrie de l’Union des produits de fibre de verre à filament continu au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement (UE) 2016/1036 (ci-après le «règlement de base»).

(8)

Le 21 avril 2022, la Commission a ouvert un réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping applicables aux importations dans l’Union de produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine au titre de l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (ci-après l’«avis d’ouverture»). (7)

(9)

Dans sa demande, le demandeur a fait valoir que l’expiration des mesures serait susceptible d’entraîner la continuation du dumping et du préjudice causé à l’industrie de l’Union.

1.3. Période d’enquête de réexamen et période considérée

(10)

L’enquête relative à la continuation ou à la réapparition du dumping a porté sur la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021 (ci-après la «période d’enquête de réexamen» ou «PER»). L’analyse des tendances utiles à l’évaluation de la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2018 et la fin de la période d’enquête de réexamen (ci-après la «période considérée»).

1.4. Parties intéressées

(11)

Dans l’avis d’ouverture, les parties intéressées ont été invitées à prendre contact avec la Commission en vue de participer à l’enquête. En outre, la Commission a expressément informé le demandeur, d’autres producteurs connus de l’Union, les producteurs-exportateurs connus en RPC, les autorités du pays concerné, les importateurs et les utilisateurs connus de l’ouverture du réexamen et les a invités à y participer.

(12)

Les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler des observations sur l’ouverture du réexamen au titre de l’expiration des mesures et de demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur dans le cadre des procédures commerciales.

1.5. Échantillonnage

(13)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a indiqué qu’elle était susceptible de procéder à un échantillonnage des parties intéressées conformément à l’article 17 du règlement de base.

1.5.1. Échantillonnage des producteurs de l’Union

(14)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a annoncé qu’elle avait sélectionné un échantillon provisoire de producteurs de l’Union. La Commission a sélectionné l’échantillon en se fondant sur le plus grand volume représentatif de production et de ventes de produits de fibre de verre à filament continu au cours de la PER sur lequel l’enquête pouvait raisonnablement porter compte tenu du temps disponible. L’échantillon se composait de trois producteurs de l’Union. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient 76 % de la production de l’industrie de l’Union au cours de la PER. Conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations sur l’échantillon provisoire. Aucune observation n’a été reçue. L’échantillon est représentatif de l’industrie de l’Union.

1.5.2. Échantillonnage des importateurs

(15)

Afin de décider s’il était nécessaire de procéder par échantillonnage et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a demandé à des importateurs indépendants de communiquer les informations requises dans l’avis d’ouverture.

(16)

Un importateur indépendant a communiqué les informations requises et a accepté de figurer dans l’échantillon. Vu le faible nombre de réponses, la Commission a décidé de ne pas recourir à la technique de l’échantillonnage.

1.5.3. Échantillonnage des producteurs-exportateurs en RPC

(17)

Afin de décider s’il était nécessaire de procéder par échantillonnage et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a invité tous les producteurs-exportateurs connus en RPC à fournir les informations demandées dans l’avis d’ouverture. En outre, la Commission a demandé à la mission de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne d’identifier et/ou de contacter d’éventuels autres producteurs-exportateurs susceptibles de souhaiter participer à l’enquête.

(18)

Un producteur-exportateur du pays concerné a fourni les informations demandées dans le délai défini dans l’avis d’ouverture et a accepté d’être inclus dans l’échantillon. Vu le faible nombre de réponses reçues, la Commission a décidé qu’il n’était pas nécessaire de recourir à l’échantillonnage. Elle en a informé l’unique producteur-exportateur ayant répondu et la mission de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne. Aucune observation n’a été formulée.

1.6. Réponses au questionnaire

(19)

La Commission a envoyé aux pouvoirs publics de la RPC (ci-après les «pouvoirs publics chinois») un questionnaire concernant l’existence de distorsions significatives en RPC au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base.

(20)

La Commission a envoyé des questionnaires aux producteurs-exportateurs ayant coopéré ainsi qu’aux producteurs, utilisateurs et importateurs de l’Union. Les mêmes questionnaires ont également été mis à disposition en ligne (8) le jour de l’ouverture de l’enquête.

(21)

Les trois producteurs de l’Union ont répondu au questionnaire.

(22)

La Commission n’a reçu aucune réponse du producteur-exportateur ayant coopéré, des pouvoirs publics chinois, de l’importateur indépendant ou des utilisateurs.

1.7. Vérification

(23)

Du fait de l’absence de réaction du producteur-exportateur ayant coopéré et conformément à l’article 18 du règlement de base, la Commission a fondé son analyse de la probabilité de continuation ou de réapparition du dumping sur les faits disponibles. Elle a utilisé les informations contenues dans la demande de réexamen et les statistiques disponibles dans les bases de données Comext et Global Trade Atlas (GTA) ainsi que d’autres sources publiquement disponibles. Toutes les parties intéressées et les pouvoirs publics chinois en ont été informés et n’ont pas soulevé d’objections.

(24)

La Commission a recherché et vérifié toutes les informations jugées nécessaires pour déterminer, d’une part, la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du préjudice et, d’autre part, l’intérêt de l’Union. En vertu de l’article 16 du règlement de base, des visites de vérification ont été effectuées dans les locaux des sociétés suivantes:

Producteurs de l’Union

—

3B-Fibreglass S.P.R.L., Bruxelles, Belgique

—

European Owens Corning Fiberglas S.P.R.L., Bruxelles, Belgique

—

Johns Manville Slovakia, a.s., Trnava, Slovaquie

1.8. Suite de la procédure

(25)

Le 28 avril 2023, la Commission a communiqué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait de maintenir les droits antidumping en vigueur. Un délai a été accordé à toutes les parties pour leur permettre de formuler leurs observations sur ces informations.

(26)

Les observations formulées par les parties intéressées ont été examinées par la Commission et ont, s’il y avait lieu, été prises en considération. Les parties qui l’ont demandé ont été entendues.

2. PRODUIT FAISANT L’OBJET DU RÉEXAMEN, PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE

2.1. Produit faisant l’objet du réexamen

(27)

Les produits faisant l’objet du réexamen sont les mêmes que ceux qui ont fait l’objet de l’enquête initiale et du précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures, à savoir les fils coupés en fibre de verre d’une longueur ne dépassant pas 50 mm, les stratifils (rovings) en fibre de verre, à l’exclusion des stratifils en fibre de verre imprégnés et enrobés ayant une perte au feu supérieure à 3 % (déterminée conformément à la norme ISO 1887), et les mats en filaments de fibre de verre, à l’exclusion des mats en laine de verre, relevant actuellement des codes NC 7019 11 00, ex 7019 12 00 (codes TARIC 7019120022, 7019120025, 7019120026, 7019120039), 7019 14 00 et 7019 15 00 (9). Les codes NC et TARIC sont mentionnés à titre purement indicatif, sous réserve d’un changement ultérieur du classement tarifaire.

(28)

Le produit concerné est la matière première la plus souvent utilisée pour renforcer les résines thermoplastiques et thermodurcissables dans l’industrie des matériaux composites. Les matériaux composites (plastiques renforcés par des fibres de verre à filament) en résultant sont utilisés dans de nombreux secteurs: transports (automobile, maritime, aérospatial, militaire), électricité/électronique, énergie éolienne, bâtiment et construction, réservoirs/conduites, biens de consommation, etc.

2.2. Produit concerné

(29)

Le produit concerné par cette enquête est le produit faisant l’objet du réexamen originaire de la RPC.

2.3. Produit similaire

(30)

Comme établi par l’enquête initiale et par le précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures, la présente enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures a confirmé que les produits suivants présentaient les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles et étaient destinés aux mêmes usages de base:

—

le produit concerné;

—

le produit fabriqué et vendu sur le marché intérieur de la RPC; et

—

le produit fabriqué et vendu dans l’Union par l’industrie de l’Union.

(31)

Ces produits sont donc considérés comme similaires au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base.

3. DUMPING

(32)

Conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a examiné si l’expiration de la mesure en vigueur était susceptible d’entraîner la continuation ou la réapparition du dumping de la part de la RPC.

3.1. Remarques préliminaires

(33)

Comme il a été indiqué au considérant 22, aucun producteur-exportateur de la RPC n’a coopéré à l’enquête. En conséquence, la Commission a informé les autorités chinoises qu’en raison de l’absence de coopération, elle pourrait appliquer l’article 18 du règlement de base concernant les conclusions relatives à la RPC. N’ayant reçu aucune réponse, la Commission a décidé d’appliquer l’article 18.

(34)

Dès lors, conformément à l’article 18 du règlement de base, les conclusions relatives à la probabilité de continuation ou de réapparition du dumping ont été établies sur la base des données disponibles, en particulier les informations contenues dans la demande de réexamen et les informations obtenues des parties ayant coopéré au cours de l’enquête de réexamen (à savoir le demandeur et les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon).

3.2. Procédure de détermination de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base pour les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires de la RPC

(35)

Au regard des éléments de preuve suffisants disponibles au moment de l’ouverture de l’enquête, qui tendaient à montrer, en ce qui concerne la RPC, l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, la Commission a ouvert une enquête au titre dudit article 2, paragraphe 6 bis.

(36)

Afin d’obtenir les informations qu’elle jugeait nécessaires à son enquête concernant les prétendues distorsions significatives, la Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics chinois. De plus, au point 5.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a invité toutes les parties intéressées à faire connaître leur point de vue, à communiquer des informations et à fournir des éléments de preuve à l’appui en ce qui concerne l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, et ce dans les 37 jours suivant la date de publication dudit avis au Journal officiel de l’Union européenne. Les pouvoirs publics chinois n’ont transmis aucune réponse au questionnaire, et aucune observation sur l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base n’a été transmise dans le délai imparti. Par la suite, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’elle utiliserait les données disponibles, au sens de l’article 18 du règlement de base, pour déterminer l’existence de distorsions significatives en RPC. Les pouvoirs publics chinois n’ont pas formulé d’observations à cet égard.

(37)

Au point 5.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a également précisé qu’au regard des éléments de preuve disponibles, il était possible que la sélection d’un pays représentatif approprié en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base se révèle nécessaire aux fins de la détermination de la valeur normale à partir de prix ou de valeurs de référence non faussés. Selon les informations dont disposait alors la Commission, le Brésil et la Turquie ont été identifiés comme les pays potentiellement représentatifs pour la RPC. En outre, la Commission a également indiqué qu’elle examinerait d’autres pays représentatifs appropriés potentiels conformément aux critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base.

(38)

Le 5 août 2022, la Commission a, par une note, informé les parties intéressées des sources pertinentes qu’elle prévoyait d’utiliser aux fins de la détermination de la valeur normale, en prenant la Turquie comme pays représentatif. Elle a également informé les parties intéressées qu’elle établirait les frais de vente, les frais généraux et les dépenses administratives et la marge bénéficiaire sur la base des informations disponibles pour la société Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş, un producteur dans le pays représentatif. Aucune observation n’a été reçue.

3.3. Valeur normale

(39)

Conformément à l’article 2, paragraphe 1, du règlement de base, «[l]a valeur normale est normalement basée sur les prix payés ou à payer, au cours d’opérations commerciales normales, par des acheteurs indépendants dans le pays exportateur».

(40)

Toutefois, en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]orsqu’il est jugé inapproprié […] de se fonder sur les prix et les coûts sur le marché intérieur du pays exportateur du fait de l’existence, dans ce pays, de distorsions significatives au sens du point b), la valeur normale est calculée exclusivement sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés» et «comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire» (les «dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux» sont ci-après dénommés «frais VAG»).

(41)

Comme il est expliqué plus en détail ci-dessous, la Commission a conclu dans le cadre de la présente enquête que, sur la base des éléments de preuve disponibles et compte tenu de l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs, l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était appropriée.

3.4. Existence de distorsions significatives

(42)

Dans sa récente enquête visant le secteur de la fibre de verre en RPC (10), la Commission a constaté l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base.

(43)

Dans le cadre de cette enquête, la Commission a constaté qu’il existait une intervention étatique importante en RPC, ce qui entraînait une distorsion dans la répartition effective des ressources conformément aux principes du marché (11). En particulier, la Commission a conclu que, dans le secteur de la fibre de verre, qui comprend les produits de fibre de verre à filament continu, non seulement les pouvoirs publics chinois conservaient une part importante de propriété au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), premier tiret, du règlement de base (12), mais ils étaient également en mesure d’influer sur les prix et les coûts du fait de leur présence au sein même des entreprises au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), deuxième tiret, du règlement de base. (13) La Commission a également constaté que la présence et l’intervention de l’État sur les marchés financiers, ainsi que dans la fourniture de matières premières et d’intrants, ont également un effet de distorsion sur le marché. En effet, globalement, le système de planification en Chine a pour effet de concentrer les ressources sur des secteurs désignés par les pouvoirs publics chinois comme stratégiques ou autrement importants sur le plan politique; l’affectation de ces ressources n’est donc pas régie par les forces du marché (14). Par ailleurs, la Commission a conclu que les lois chinoises sur la faillite et la propriété ne fonctionnent pas de manière appropriée au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), quatrième tiret, du règlement de base, ce qui donne lieu à des distorsions notamment par le maintien d’entreprises insolvables à flot et l’attribution de droits d’utilisation du sol en RPC (15). Dans le même ordre d’idées, la Commission a constaté des distorsions des coûts salariaux dans le secteur de la fibre de verre, qui comprend les produits de fibre de verre à filament continu, au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), cinquième tiret, du règlement de base (16), ainsi que des distorsions sur les marchés financiers au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), sixième tiret, du règlement de base, en particulier en ce qui concerne l’accès des entreprises aux capitaux en Chine. (17)

(44)

Comme dans sa précédente enquête visant le secteur de la fibre de verre en RPC, la Commission a examiné s’il était approprié, dans la présente enquête, d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur chinois, en raison de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Pour ce faire, la Commission s’est appuyée sur les éléments de preuve disponibles dans le dossier, y compris ceux figurant dans la demande et dans le rapport (18), qui reposent sur des sources accessibles au public. Cette analyse a porté sur l’examen des interventions étatiques importantes dans l’économie chinoise en général, mais également sur la situation spécifique du marché dans le secteur concerné qui comprend le produit faisant l’objet du réexamen. La Commission a complété ces éléments de preuve avec ses propres recherches sur les différents critères pertinents pour confirmer l’existence de distorsions significatives en RPC, comme l’avait également démontré son enquête antérieure à cet égard.

(45)

Dans la demande, le demandeur a indiqué que le secteur chinois des produits de fibre de verre à filament continu se caractérise par des distorsions significatives causées par l’intervention de l’État dans l’économie en général, ainsi que spécifiquement dans le secteur du produit faisant l’objet du réexamen, et a soutenu que l’ensemble des facteurs de production — terrains, énergie, capitaux, matières premières et main-d’œuvre — étaient également faussés du fait des interventions des pouvoirs publics chinois, lesquelles ont causé lesdites distorsions significatives.

(46)

À l’appui de cette position, la demande contenait un certain nombre de sources d’information accessibles au public, telles que le rapport, l’enquête récente de la Commission concernant le secteur des produits de fibre de verre à filament continu et le règlement (UE) 2020/492 qui en a résulté, le 13e plan quinquennal pour le développement de l’industrie des matériaux de construction, le 13e plan quinquennal pour le développement économique et social de la RPC, le 14e plan quinquennal pour le développement économique et social national et les objectifs à long terme pour 2035, ainsi que la stratégie industrielle «Made in China 2025».

(47)

Sur cette base, le demandeur a souligné dans la demande que les pouvoirs publics chinois détiennent la grande majorité des principaux producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu, ainsi que des fournisseurs situés en amont et des utilisateurs situés en aval. Les deux plus grands producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu, CPIC et Jushi, sont des conglomérats publics de premier plan. L’association du secteur concernée, la Fédération chinoise des matériaux de construction, opère sous la direction et la supervision de la Commission de supervision et d’administration des actifs publics. Le président du conseil d’administration de Jushi et le vice-président de CNBM, qui est la société mère de Jushi, occupent tous les deux la vice-présidence de la Fédération chinoise des matériaux de construction.

(48)

Le haut niveau d’intervention étatique dans l’industrie des produits de fibre de verre à filament continu et la participation importante de l’État dans ce secteur empêchent même les producteurs privés d’opérer dans des conditions de marché.

(49)

L’orientation de l’économie chinoise est déterminée dans une large mesure par un système de planification sophistiqué, qui définit les priorités et les objectifs sur lesquels les pouvoirs publics centraux et locaux doivent se concentrer. Les plans, tels que le 13e plan quinquennal pour le développement de l’industrie des matériaux de construction, le plan pour le développement de la fabrication intelligente (2016-2020), le 13e plan quinquennal pour le développement économique et social national de la RPC ainsi que le 14e plan quinquennal pour le développement économique et social national et les objectifs à long terme pour 2035 (ci-après le «14e plan quinquennal»), ainsi que la stratégie «Made in China 2025», encouragent les autorités publiques à tous les niveaux et les établissements financiers publics à favoriser le développement de l’industrie des produits de fibre de verre à filament continu en RPC. En vertu du 14e plan quinquennal, les pouvoirs publics chinois prévoient de se concentrer sur les nouveaux matériaux, dans le contexte de la mise sur pied d’un nouveau pilier du système industriel, de laisser les fonds d’investissement industriel jouer pleinement leur rôle ainsi que d’augmenter les garanties financières et la compensation des risques. Le système de planification en Chine freine par conséquent le libre jeu des forces du marché dans le secteur des produits de fibre de verre à filament continu.

(50)

Les entreprises des secteurs des nouveaux matériaux — dont les produits de fibre de verre à filament continu font partie — bénéficient de nombreux mécanismes de soutien, y compris de politiques de soutien financier, de politiques fiscales et de taxation préférentielles, de soutien en matière de R&D, etc.

(51)

Les coûts des matières premières, telles que le kaolin et la dolomie, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché, étant donné que la production de ces matières premières bénéficie d’une aide d’État en RPC; il existe également d’importantes distorsions systémiques en ce qui concerne l’accès aux capitaux, aux terrains et à la main-d’œuvre. La récente enquête antisubventions de la Commission concernant les importations de produits de fibre de verre à filament continu en provenance de Chine a montré que les producteurs chinois de ces produits ont bénéficié d’un accès préférentiel aux terrains, ainsi que de prêts préférentiels auprès de banques tant publiques que privées (19).

(52)

Les pouvoirs publics chinois n’ont pas formulé d’observations ni fourni d’éléments de preuve appuyant ou réfutant les éléments de preuve versés au dossier et en ce qui concerne l’existence de distorsions significatives et/ou le caractère approprié de l’application, en l’espèce, de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base.

(53)

Dans le secteur des produits de fibre de verre à filament continu, les pouvoirs publics chinois conservent une part importante de propriété et de contrôle au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), premier tiret, du règlement de base. Étant donné l’absence de coopération des exportateurs chinois du produit faisant l’objet du réexamen, le ratio exact des producteurs privés et publics n’a pas pu être déterminé. L’enquête a toutefois permis de confirmer que les trois plus grands producteurs du secteur des produits de fibre de verre à filament continu, à savoir Jushi, Taishan Glassfiber et CPIC, sont détenus intégralement par l’État ou que celui-ci y détient une participation de contrôle. Ces trois producteurs représentent environ 75 % des producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu.

(54)

Tant les entreprises privées que les entreprises publiques du secteur des produits de fibre de verre à filament continu sont soumises à des orientations et à une supervision stratégiques. Les derniers documents stratégiques chinois relatifs au secteur des produits de fibre de verre à filament continu confirment que les pouvoirs publics chinois y accordent toujours beaucoup d’importance et que, à ce titre, ils entendent intervenir dans ce secteur afin de le modeler conformément aux politiques publiques. Cette importance est illustrée par le 14e plan quinquennal pour le développement de l’industrie des matières premières qui érige ce secteur, en particulier les fibres de verre à usage spécifique, au rang des matériaux pour lesquels l’innovation technologique bénéficiera d’un soutien de politiques connexes (20). Les fibres de verre font également partie des secteurs encouragés dans l’édition 2019 du catalogue des orientations pour l’adaptation des structures industrielles (21), ainsi que dans le catalogue 2021 des orientations pour les nouveaux matériaux essentiels pouvant bénéficier d’actions de première utilisation/de démonstration (22) ..

(55)

Des exemples similaires de l’intention des autorités chinoises de superviser et d’orienter l’évolution du secteur ont été relevés au niveau provincial, par exemple dans le Shandong, qui prévoit, en ce qui concerne spécifiquement l’industrie de la fibre de verre et des matériaux composites, de «favoriser activement les entreprises majeures et de premier plan ayant une forte image de marque, un attrait commercial important, de solides capacités d’intégration et des effets d’entraînement sur les chaînes et les pôles industriels, et soutenir les concentrations intersectorielles, transrégionales et en prises de participation croisées ainsi que la réorganisation des entreprises» et de «développer des fibres de verre et des produits à haute performance [et d’]encourager le développement de sections ultrafines, à haute résistance, à haut module, résistantes à l’alkali, faiblement diélectriques, à faible dilatation, extra-siliceuses, dégradables et de forme spéciale et d’autres fibres de verre et produits de fibre de verre à haute performance. En se concentrant sur les besoins des systèmes électroniques d’information, de l’industrie aérospatiale, des nouvelles énergies, de l’élevage à grande échelle, des serres agricoles et d’autres domaines, faire de la recherche dans les domaines des thermoplastiques renforcés par des fibres de verre, des produits composites thermodurcissables et des grillages composites à base de fibres de verre pour les projets d’infrastructure, ainsi que développer et promouvoir ces produits.» (23) De même manière, le 14e plan quinquennal de la province du Chongqing pour le développement des industries stratégiques et émergentes prévoit «l’extension des chaînes industrielles de matériaux composites et en fibres à haute performance» ainsi que «l’accélération de la construction de projets tels que […] la ligne de production de fibre de verre à haute performance avec une production annuelle de 150 000 tonnes et la base de production de fibres de verre et de matériaux composites ultrafins, dans le but d’augmenter les capacités de production de matériaux composites et en fibres de verre à haute performance» (24). L’accent placé sur les fibres de verre s’observe également dans les documents de planification d’autres provinces telles que le Guanxi (25), le Hubei (26) ou le Zhejiang (27).

(56)

En ce qui concerne la capacité des pouvoirs publics chinois d’influer sur les prix et les coûts du fait de leur présence au sein même des entreprises au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), deuxième tiret, du règlement de base, de nombreux producteurs du produit faisant l’objet du réexamen mettent explicitement en relief, sur leur site web, leurs activités de développement du parti ou comptent des membres du parti au sein de leur direction et soulignent leur affiliation au PCC.

(57)

Par exemple, le président du conseil d’administration du groupe Jushi occupe en parallèle le poste de secrétaire adjoint du comité du parti du groupe CNBM (28). De même manière, le président de Sinoma Science and Technology, qui est la société holding de Taishan Fiberglass, occupe le poste de secrétaire du comité du parti tandis que le président de Sinoma Science and Technology est le secrétaire adjoint du comité du parti (29). En ce qui concerne CPIC, le vice-président du conseil d’administration et directeur exécutif occupe également le poste de secrétaire adjoint du comité du parti, tandis que le président du groupe de la société mère occupe aussi le poste de secrétaire du comité du parti et le vice-président du groupe, celui de secrétaire adjoint du comité du parti (30).

(58)

Par ailleurs, les statuts de Jushi prévoient explicitement un contrôle direct du parti sur les activités essentielles de l’entreprise à leur article 195, en vertu duquel «le comité du parti de l’entreprise discute et décide des questions d’importance majeure pour l’entreprise conformément aux réglementations», et les principales responsabilités du comité du parti consistent notamment à «étudier les questions essentielles de gestion des activités et en discuter, ainsi qu’à aider l’assemblée générale, le conseil d’administration, le conseil des autorités de surveillance ainsi que la direction à exercer leurs pouvoirs conformément à la loi», ainsi qu’à «renforcer la supervision et le contrôle de la sélection et de l’affectation du personnel de l’entreprise, et à assurer un développement efficace de l’équipe dirigeante, de l’équipe d’encadrement et de l’équipe de recrutement» (31).

(59)

Par ailleurs, Taishan Fiberglass a célébré le 99e anniversaire de la fondation du PCC, et le secrétaire du comité du parti de l’entreprise a prononcé un discours: «C’est précisément parce que Taishan Fiberglass a toujours adhéré à la direction du parti, a continué à adhérer aux “deux constantes”, et a toujours adhéré aux activités du groupe axées sur le développement du parti au titre des concepts “un compte”, “quatre intégrations” et “quatre modernisations et intégrations” ainsi que d’autres concepts de construction du parti.» (32).

(60)

En outre, des politiques discriminatoires qui favorisent les producteurs nationaux ou influencent de toute autre manière le marché au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), troisième tiret, du règlement de base sont en place dans le secteur des produits de fibre de verre à filament continu. Alors que les politiques industrielles portent généralement sur de nombreux secteurs plutôt que sur un secteur exclusivement, le secteur des produits de fibre de verre à filament continu fait l’objet de nombreux plans, orientations, directives et autres documents publiés aux échelons national, régional et municipal (voir également les considérants 47 et 48 ci-dessus). Ces politiques sont parfois en totale contradiction avec les forces du marché, comme par exemple le plan triennal de la région du Guangxi pour le développement des industries stratégiques et émergentes, qui fixe administrativement des objectifs de futurs volumes de production et taux de croissance: «en 2023, la valeur de production de l’industrie des nouveaux matériaux atteindra 133 milliards de CNY, et la valeur ajoutée atteindra 44 milliards de CNY.» (33).

(61)

En résumé, les pouvoirs publics chinois ont mis en place des mesures pour inciter les opérateurs à se conformer aux objectifs de politique publique visant à soutenir les industries encouragées, y compris la production des principaux intrants utilisés dans la fabrication du produit faisant l’objet du réexamen. De telles mesures empêchent les forces du marché de fonctionner librement.

(62)

La présente enquête n’a révélé aucun élément de preuve indiquant que l’application discriminatoire ou l’exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), quatrième tiret, du règlement de base dans le secteur des produits de fibre de verre à filament continu visées au considérant 43 ci-dessus n’affecteraient pas les fabricants du produit faisant l’objet du réexamen.

(63)

Le secteur des produits de fibre de verre à filament continu est également affecté par des distorsions des coûts salariaux au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), cinquième tiret, du règlement de base, comme indiqué au considérant 43 ci-dessus. Ces distorsions portent atteinte au secteur directement (dans le cadre de la fabrication du produit faisant l’objet du réexamen ou des principaux intrants), mais aussi indirectement (dans le cadre de l’accès aux capitaux ou aux intrants des sociétés soumises à ce même système de droit du travail en RPC).

(64)

En outre, dans le cadre de la présente enquête, il n’a été fourni aucun élément de preuve démontrant que le secteur des produits de fibre de verre à filament continu n’est pas affecté par l’intervention étatique dans le système financier au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), sixième tiret, du règlement de base, comme indiqué au considérant 43 ci-dessus. Par conséquent, l’intervention étatique importante dans le système financier a de sérieuses répercussions sur les conditions du marché à tous les niveaux.

(65)

Enfin, la Commission rappelle que, pour fabriquer le produit faisant l’objet du réexamen, plusieurs intrants sont nécessaires. Lorsque les producteurs du produit faisant l’objet du réexamen achètent ces intrants ou passent un contrat les concernant, les prix qu’ils paient (et qui sont enregistrés comme leurs coûts) sont exposés aux distorsions systémiques susmentionnées. Par exemple, les fournisseurs d’intrants emploient une main-d’œuvre qui est soumise à ces distorsions; ils sont susceptibles d’emprunter de l’argent qui fait l’objet des distorsions touchant le secteur financier ou l’allocation des capitaux. En outre, ils sont soumis au système de planification qui s’applique à tous les niveaux de gouvernance et à tous les secteurs.

(66)

Dès lors, non seulement les prix de vente intérieurs du produit faisant l’objet du réexamen ne sont pas appropriés pour une utilisation au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, mais tous les coûts des intrants (englobant les matières premières, l’énergie, les terrains, le financement, la main-d’œuvre, etc.) sont également faussés, étant donné que la formation de leur prix est affectée par une intervention étatique importante, comme décrit dans les parties I et II du rapport. En effet, les interventions étatiques décrites en rapport avec l’allocation des capitaux, les terrains, la main-d’œuvre, l’énergie et les matières premières sont présentes partout en RPC. Cela signifie par exemple qu’un intrant qui, en soi, a été produit en RPC grâce à la combinaison d’une série de facteurs de production est exposé à des distorsions significatives. Il en va de même pour les intrants des intrants, et ainsi de suite.

(67)

Aucun élément de preuve ou argument démontrant le contraire n’a été présenté par les pouvoirs publics chinois ou par les producteurs-exportateurs dans le cadre de la présente enquête.

(68)

En résumé, il ressort des éléments de preuve disponibles que les prix ou coûts du produit faisant l’objet du réexamen, dont les coûts des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché, car ils sont affectés par une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, comme le prouve l’incidence réelle ou potentielle d’un ou de plusieurs des facteurs pertinents qui y sont énumérés. Sur cette base, et en l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois, la Commission a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur pour déterminer la valeur normale dans cette affaire. Par conséquent, la Commission a calculé la valeur normale exclusivement sur la base des coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, c’est-à-dire, en l’espèce, sur la base des coûts de production et de vente correspondants dans un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, comme expliqué à la section suivante.

3.5. Pays représentatif

3.5.1. Remarques d’ordre général

(69)

Le choix du pays représentatif a été effectué sur la base des critères suivants, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base:

—

un niveau de développement économique semblable à celui de la RPC. À cette fin, la Commission a utilisé des pays présentant, d’après la base de données de la Banque mondiale (34), un revenu national brut par habitant semblable à celui de la RPC;

—

l’existence d’une fabrication du produit faisant l’objet du réexamen dans ce pays (35);

—

la disponibilité de données publiques pertinentes dans le pays représentatif;

—

lorsqu’il existe plusieurs pays représentatifs potentiels, la préférence devrait être accordée, le cas échéant, au pays ayant un niveau adéquat de protection sociale et environnementale.

(70)

Comme expliqué au considérant 38, la Commission a, le 5 août 2022, publié une note au dossier relative aux sources utilisées pour le calcul de la valeur normale. Dans cette note, elle a décrit les faits et les éléments de preuve sur lesquels étaient fondés les critères pertinents et a informé les parties intéressées de son intention d’utiliser la Turquie comme pays représentatif approprié en l’espèce si l’existence de distorsions significatives au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base venait à être confirmée.

(71)

Conformément aux critères énumérés à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, la Commission a déterminé que la Turquie était un pays présentant un niveau de développement économique semblable à celui de la RPC. La Banque mondiale a classé la Turquie comme «pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure» sur la base du revenu national brut. En outre, il a été déterminé que la Turquie était un pays dans lequel le produit faisant l’objet du réexamen est fabriqué et où il existe des données pertinentes aisément disponibles.

(72)

Enfin, en l’absence de coopération, et étant établi que la Turquie était un pays représentatif approprié sur la base de l’ensemble des éléments susmentionnés, il n’était pas nécessaire de procéder à une évaluation du niveau de protection sociale et environnementale conformément à la dernière phrase de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base.

3.5.2. Conclusion

(73)

En l’absence de coopération, comme proposé dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures et étant donné que la Turquie remplissait les critères énoncés à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base, la Commission l’a choisie comme pays représentatif approprié.

3.6. Sources utilisées pour déterminer les coûts non faussés

(74)

Dans sa note sur les sources pertinentes qu’elle prévoyait d’utiliser aux fins de la détermination de la valeur normale, la Commission a énuméré les facteurs de production tels que les matériaux, l’énergie et la main-d’œuvre utilisés par les producteurs-exportateurs pour fabriquer le produit faisant l’objet du réexamen. La Commission a également indiqué que, pour calculer la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, elle utiliserait le Global Trade Atlas pour déterminer le coût non faussé de la plupart des facteurs de production, notamment des matières premières. En outre, la Commission a déclaré qu’elle ferait appel à l’institut de statistique turc (TurkStat) pour établir des coûts non faussés de la main-d’œuvre (36) et de l’énergie (37).

(75)

La Commission a également informé les parties intéressées que, en raison de l’absence de coopération des exportateurs chinois, elle avait inclus une valeur pour les frais généraux de fabrication et les consommables afin de couvrir les coûts non compris dans les facteurs de production susmentionnés. La Commission a établi le ratio entre les frais généraux de fabrication et les consommables et les coûts directs de fabrication pour chaque catégorie de produits de fibre de verre à filament continu, sur la base des données fournies par les demandeurs dans la demande de réexamen.

(76)

Enfin, la Commission a déclaré que, pour établir les frais VAG et la marge bénéficiaire, elle utiliserait les données financières du producteur turc du produit faisant l’objet du réexamen, comme indiqué au considérant 38 ci-dessus.

3.7. Coûts et valeurs de référence non faussés

3.7.1. Facteurs de production

(77)

Compte tenu de toutes les informations obtenues sur la base de la demande et des informations ultérieures communiquées par le demandeur, les facteurs de production suivants et leurs sources ont été recensés afin de déterminer la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base:

Tableau 1

Facteurs de production de certains produits de fibre de verre à filament continu

Facteur de production

Code marchandise

Sources

Valeur non faussée («CNY»)

Unité de mesure

Matières premières

Kaolin

25070020

Global Trade Atlas (GTA) (38)

1,04

kg

Dolomie

251810 , 251820

GTA

2,03

kg

Chaux

2521

GTA

5,8

kg

Silice

250510

GTA

0,31

kg

Platine

711011

GTA

224,24

gr

Rhodium

711031

GTA

2 721,49

gr

Liant, oxygène, pièces détachées, emballages

% de coût direct

%

Main-d’œuvre

Marchés en régie

s.o.

Turkstat (39)

28,16

heure

Énergie

Électricité

s.o.

Turkstat (40)

0,52

kWh

Gaz naturel

s.o.

Turkstat (40)

165,95

m3

3.7.2. Matières premières

(78)

Afin d’établir le prix non faussé des matières premières livrées à l’entrée de l’usine d’un producteur du pays représentatif, la Commission s’est fondée sur le prix à l’importation moyen pondéré vers le pays représentatif tel qu’indiqué dans le GTA, auquel les droits à l’importation ont été ajoutés. Un prix à l’importation dans le pays représentatif a été déterminé en tant que moyenne pondérée des prix unitaires des importations en provenance de tous les pays tiers, à l’exclusion de la RPC et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC, énumérés à l’annexe 1 du règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil (41).

(79)

La Commission a décidé d’exclure les importations en provenance de la RPC dans le pays représentatif, étant donné qu’elle a conclu, à la section 3.4, qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur de la RPC du fait de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b) du règlement de base. À défaut d’éléments de preuve démontrant que les produits destinés à l’exportation ne sont pas, eux aussi, altérés par les mêmes distorsions, la Commission a considéré que les mêmes distorsions influaient sur les prix à l’exportation. Après l’exclusion des importations de la RPC vers le pays représentatif, le volume des importations en provenance d’autres pays tiers restait représentatif.

(80)

La Commission a calculé la part de consommables dans les coûts directs de fabrication au cours de la période d’enquête de réexamen. Les consommables comprenaient le coût des liants, de l’oxygène, des pièces détachées et des emballages. Afin d’établir une valeur non faussée de ces frais et compte tenu de l’absence de coopération de la part des producteurs-exportateurs, la Commission a utilisé les données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base. Ces pourcentages, qui étaient spécifiques à chaque catégorie de produits de fibre de verre à filament continu, ont ensuite été appliqués à la valeur non faussée du coût de fabrication pour déterminer la valeur non faussée des consommables.

(81)

Normalement, les coûts du transport intérieur devraient aussi être ajoutés aux prix à l’importation des matières premières. Cependant, en l’absence de coopération et compte tenu de la nature de la présente enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, qui vise à déterminer si le dumping a continué durant la période d’enquête de réexamen ou pourrait réapparaître et non à en déterminer l’ampleur exacte, la Commission a décidé qu’il était inutile d’ajuster les montants des frais de transport intérieur. De tels ajustements auraient pour seul effet d’augmenter la valeur normale et, donc, la marge de dumping.

3.7.3. Main-d’œuvre

(82)

Pour établir la valeur de référence concernant le coût de la main-d’œuvre dans le pays représentatif, la Commission a utilisé les données disponibles publiées par l’institut de statistique turc (TurkStat). TurkStat publie des informations détaillées sur les salaires dans différents secteurs économiques turcs. La Commission a utilisé les statistiques disponibles pour 2020 afin de déterminer le coût moyen de la main-d’œuvre dans les industries de fabrication de fibres de verre (catégorie 23 de la NACE 2.0) (42). Le coût horaire obtenu pour 2020 a ensuite été indexé pour l’indice moyen des prix à la production au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.7.4. Électricité

(83)

Le prix de l’électricité pour les entreprises en Turquie est publié par TurkStat sur une base semestrielle. La Commission a utilisé les dernières données disponibles sur les prix de l’électricité applicables aux utilisateurs industriels finaux en Turquie (43) au cours de la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021 (la période d’enquête de réexamen). Étant donné que les informations publiées relatives aux prix moyens des utilisateurs finaux comprenaient toutes les taxes, la Commission a calculé le prix moyen des utilisateurs finaux hors TVA.

3.7.5. Gaz naturel

(84)

Le prix du gaz naturel pour les entreprises (utilisateurs industriels) en Turquie est publié par TurkStat sur une base semestrielle. La Commission a utilisé les dernières données disponibles concernant les prix du gaz naturel applicables aux utilisateurs industriels finaux en Turquie (44) pour la période d’enquête de réexamen. Étant donné que les informations publiées relatives aux prix moyens des utilisateurs finaux comprenaient toutes les taxes, la Commission a calculé le prix moyen des utilisateurs finaux hors TVA.

3.7.6. Frais généraux de fabrication, frais VAG, marge bénéficiaire et amortissement

(85)

Aux termes de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]a valeur normale ainsi calculée comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire». En outre, comme expliqué au considérant 80, une valeur pour les frais généraux de production a été établie pour couvrir les coûts non compris dans les facteurs de production susmentionnés.

(86)

Afin d’établir une valeur non faussée des frais généraux de fabrication et compte tenu de l’absence de coopération de la part des producteurs en RPC, la Commission a utilisé les données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base. Par conséquent, sur la base des données fournies par le demandeur, la Commission a établi le ratio entre les frais généraux de fabrication et les coûts directs totaux de fabrication. Les frais généraux de fabrication comprenaient le coût des déchets, la main-d’œuvre indirecte, la maintenance et l’amortissement des immobilisations corporelles. Ces pourcentages, qui étaient spécifiques à chaque catégorie de produits de fibre de verre à filament continu, ont ensuite été appliqués à la valeur non faussée du coût de fabrication pour obtenir la valeur non faussée des frais généraux de fabrication en fonction de la catégorie de produits de fibre de verre à filament continu fabriqués.

(87)

Afin d’établir un montant non faussé et raisonnable pour les frais de vente, les dépenses administratives et les autres frais généraux et la marge bénéficiaire, la Commission s’est appuyée sur les données financières disponibles les plus récentes d’un producteur en Turquie qui avait, dans la note au dossier relative aux sources pertinentes, été recensé comme producteur actif et bénéficiaire de produits de fibre de verre à filament continu au cours de la période d’enquête de réexamen. Les données financières de l’entreprise ci-après, publiquement accessibles sur son site web, ont été utilisées:

—

Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş. (exercice financier 2021) (45).

3.8. Calcul de la valeur normale

(88)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a calculé la valeur normale par catégorie de produits de fibre de verre à filament continu au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

(89)

Premièrement, la Commission a déterminé les coûts de fabrication non faussés. En l’absence de coopération des producteurs-exportateurs, la Commission s’est fondée sur les informations transmises par le demandeur dans la demande de réexamen concernant les ratios de consommation de chaque facteur (matériaux, énergie et main-d’œuvre) pour la production du produit faisant l’objet du réexamen.

(90)

Après avoir établi les coûts de fabrication non faussés, la Commission a ajouté les frais généraux de fabrication et les consommables, les frais VAG et la marge bénéficiaire, comme souligné aux considérants 80 et 85 à 87. La Commission a ajouté les éléments suivants aux coûts de fabrication non faussés:

—

les consommables et les frais généraux de fabrication comme établi aux considérants 80 et 86;

—

les frais VAG et autres coûts, qui représentaient 16,8 % du coût des marchandises vendues (CMV) de l’entreprise Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş.; et

—

la marge bénéficiaire, qui s’élevait à 36,74 % du CMV tel que réalisé par l’entreprise Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş. au cours de l’exercice financier 2021.

(91)

Bien que la Commission n’ait pas reçu d’observations à cet égard après la publication de la note au dossier relative aux sources pertinentes, elle a noté que l’entreprise Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş avait enregistré des recettes et des bénéfices relativement élevés en 2021 par rapport à 2020. Toutefois, même en utilisant les bénéfices enregistrés par la même entreprise en 2020, qui s’élevaient à 10,4 %, aux fins de l’établissement de la valeur normale, la conclusion selon laquelle les prix des exportations chinoises de produits de fibre de verre à filament continu vers l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen étaient inférieurs à la valeur normale resterait inchangée.

3.9. Prix à l’exportation

(92)

En l’absence de coopération des producteurs-exportateurs chinois, le prix à l’exportation a été déterminé sur la base des prix CIF extraits des données d’Eurostat et corrigés au niveau départ usine. Le prix CIF a donc été diminué des coûts de fret maritime et de transport intérieur ainsi que du coût du traitement douanier de l’UE. Ces coûts ont été établis sur la base des informations fournies par les demandeurs dans la demande de réexamen.

3.10. Comparaison

(93)

La Commission a comparé, par catégorie de produits de fibre de verre à filament continu, la valeur normale ainsi calculée conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, avec le prix à l’exportation au niveau départ usine, comme établi ci-dessus.

3.11. Marges de dumping

(94)

Sur cette base, les marges de dumping moyennes pondérées, exprimées en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, étaient comprises entre 50 % et 54 %. Il a donc été conclu que le dumping avait continué pendant la période d’enquête de réexamen.

4. PROBABILITÉ DE CONTINUATION DU DUMPING

(95)

Après avoir établi l’existence d’un dumping au cours de la période d’enquête de réexamen, la Commission a examiné, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, la probabilité d’une continuation du dumping en cas d’abrogation des mesures. Les éléments supplémentaires ci-après ont été analysés: i) le développement des capacités de production et des capacités inutilisées en RPC, ii) le rapport entre les prix à l’exportation chinois appliqués à d’autres pays tiers et les prix des exportations chinoises vers l’Union, et iii) l’attrait du marché de l’Union.

4.1. Capacités de production et capacités inutilisées en RPC

(96)

Pour analyser les capacités de production et les capacités inutilisées en RPC et compte tenu de l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission s’est fondée sur les informations transmises par le demandeur dans sa demande de réexamen comme précisé aux considérants ci-dessous.

(97)

L’enquête a révélé une surcapacité générale de production de certains produits de fibre de verre à filament continu en Chine. La capacité de production chinoise entre 2020 et 2021 a été estimée entre 3,8 et 4,4 millions de tonnes environ. Selon les informations sur le marché fournies par le demandeur, la demande intérieure de produits de fibre de verre à filament continu en Chine se situait entre 2,4 et 2,9 millions de tonnes, laissant une surcapacité d’au moins 1,1 million de tonnes représentant plus de 100 % de la consommation de l’Union européenne au cours de la PER.

(98)

En outre, malgré la surcapacité structurelle sur le marché intérieur chinois, les producteurs en RPC continuent à augmenter les capacités existantes ainsi qu’à construire de nouvelles installations de production tant en Chine qu’à l’étranger.

(99)

En 2020, Jushi a ajouté 30 000 tonnes de capacités de production à sa capacité de production initiale sur l’un de ses sites de production; l’entreprise a ainsi atteint une production annuelle totale de produits de fibre de verre à filament continu de 250 000 tonnes. Des tendances similaires ont également été observées pour d’autres producteurs-exportateurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu, tels que CPIP avec 88 000 tonnes supplémentaires, Hebei Jinniu Energy Resources Co. Ltd. avec 100 000 tonnes supplémentaires et Weibo avec 15 000 tonnes supplémentaires. En outre, de nouvelles augmentations des capacités de production de produits de fibre de verre à filament continu se préparent pour les années à venir en Chine, pour une production attendue de 780 000 tonnes. On estime donc que les capacités inutilisées chinoises pourraient être redirigées vers le marché de l’Union si les mesures actuelles cessaient de s’appliquer (46).

(100)

Au vu des niveaux de production inférieurs aux niveaux de consommation au sein de l’Union, comme le montre l’analyse du préjudice et compte tenu de l’attrait du marché de l’Union tel qu’établi ci-après, la Commission a conclu que, en cas d’abrogation des mesures existantes, les surcapacités chinoises pourraient facilement être redirigées vers le marché de l’Union pour satisfaire la demande.

4.2. Rapport entre les prix à l’exportation chinois appliqués à d’autres pays tiers et les prix des exportations chinoises vers l’Union

(101)

Afin d’établir l’évolution possible des importations dans l’Union dans le cas où les mesures seraient abrogées, la Commission a analysé les prix à l’exportation des produits chinois vers le marché de l’Union. La Commission a analysé les données d’exportation de la RPC pour certains produits de fibre de verre à filament continu au niveau des codes NC (47) au cours de la période d’enquête de réexamen.

(102)

Il est apparu que le marché de l’Union était la deuxième destination des importations de certains produits de fibre de verre à filament continu en provenance de Chine (codes NC 7019 11 00, 7019 12 00, 7019 14 00 et 7019 15 00) au cours de la PER, après les États-Unis. Comme indiqué dans le tableau 2 ci-après, les prix des produits de fibre de verre à filament continu dans l’Union restent particulièrement rentables pour les producteurs-exportateurs chinois par rapport à d’autres destinations importantes telles que les États-Unis, la Corée du Sud, l’Inde, la Russie, le Japon ou la Turquie.

Tableau 2

Exportations chinoises de produits de fibre de verre à filament continu vers les grands partenaires commerciaux

Pays de destination

Quantités (kg)

Prix unitaire moyen (en EUR/kg)

États-Unis

141 337 277

0,98

Union européenne

112 219 001

1,33

Corée du Sud

107 628 028

1,00

Inde

68 040 603

0,95

Russie

58 719 928

1,05

Japon

52 798 901

1,09

Turquie

42 275 522

1,16

Source: GTA Prix unitaire moyen pour toutes les catégories de produits de fibre de verre à filament continu.

(103)

Au niveau NC, pour les exportations de fils coupés au cours de la période d’enquête de réexamen, l’Union était le deuxième marché le plus important en quantités exportées depuis la RPC. Les prix au sein de l’Union (1,61 EUR/kg) étaient nettement supérieurs à ceux des principaux marchés d’exportation, par ordre d’importance la Corée du Sud (0,85 EUR/kg), le Japon (0,82 EUR/kg), les États-Unis (1,05 EUR/kg) et l’Inde (0,82 EUR/kg).

(104)

Pour les stratifils (rovings) également, le marché de l’Union était, au cours de la PER, la deuxième destination la plus importante en quantités des exportations en provenance de Chine, après les États-Unis. Les prix, bien que similaires au niveau mondial, étaient les plus élevés dans l’Union, où ils étaient de 1,11 EUR/kg. À titre de comparaison, ils s’élevaient à peine à 0,77 EUR/kg aux États-Unis et respectivement à 0,88 EUR/kg et 0,80 EUR/kg en Corée du Sud et en Russie. Les prix des exportations vers l’Union étaient les plus élevés parmi les 18 plus importants marchés d’exportation.

(105)

Pour les mats en fibre de verre, le marché de l’Union était, au cours de la PER, la troisième destination en quantités des exportations en provenance de Chine, après l’Inde et les États-Unis, dans cet ordre. Les prix de l’Union étaient de nouveau parmi les plus élevés et, en 2021, leur niveau s’élevait à 1,48 EUR/kg, soit plus qu’en Inde (1,25 EUR/kg), aux États-Unis (1,11 EUR/kg), au Mexique (1,34 EUR/kg) et en Turquie (1,41 EUR/kg). Les prix des exportations vers l’Union des mats étaient les plus élevés parmi les 10 plus importants marchés d’exportation en quantités vendues.

(106)

La Commission a fondé l’analyse ci-dessus sur des données au niveau du code NC à huit chiffres pour les trois catégories de produits de fibre de verre à filament continu, à savoir les fils coupés (NC 7019 11 00), les stratifils (rovings) (NC 7019 12 00) et les mats (CN 7019 14 00 et 7019 15 00). Compte tenu de l’absence de coopération des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission n’était pas en possession de données au niveau du numéro de contrôle des produits car de telles données n’étaient pas disponibles. Des données sur les prix au niveau du numéro de contrôle des produits auraient été plus précises et n’auraient pas été sujettes à de possibles inexactitudes résultant de grandes variations des prix au sein de la même catégorie de produits de fibre de verre à filament continu (par exemple fils coupés de différents diamètres).

(107)

Malgré cette limitation, les données disponibles montrent que les prix dans les principales destinations des exportations chinoises de produits de fibre de verre à filament continu étaient inférieurs aux prix sur le marché de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’attrait du marché de l’Union quant à sa taille et aux flux commerciaux historiques, il est par conséquent probable que, en cas d’abrogation des mesures antidumping, des quantités significatives actuellement vendues sur d’autres marchés seront redirigées vers le marché de l’Union et que les capacités inutilisées en Chine seront expédiées vers le marché de l’Union.

4.3. Attrait du marché de l’Union

(108)

Afin d’établir l’évolution possible des importations dans le cas où les mesures seraient abrogées, la Commission a également examiné l’attrait du marché de l’Union. La Commission a analysé les données d’exportation vers l’Union de certains produits de fibre de verre à filament continu au niveau des codes NC (48) au cours de la période d’enquête de réexamen.

(109)

Les données analysées ont montré que la Chine est le troisième plus grand exportateur de produits de fibre de verre à filament continu vers l’Union et que les exportations en provenance de la RPC représentent environ 13 % du total des importations de l’Union, uniquement précédées de la Malaisie et de l’Égypte en ordre d’importance.

(110)

La Commission a remarqué que les importations de produits de fibre de verre à filament continu avaient augmenté entre 2018 et la PER, comme le confirme également l’analyse de préjudice dont il est question à la section 5.

(111)

L’attrait du marché de l’Union est également confirmé par les investissements des exportateurs chinois dans des pays tiers, en particulier l’Égypte, qui représente le deuxième plus grand exportateur de produits de fibre de verre à filament continu en Europe. Comme établi dans l’enquête antisubventions, les produits de ces installations de fabrication sont dirigés vers le marché de l’Union et ont également gagné une part de marché considérable (49). Plus spécifiquement, les producteurs chinois en RPC continuent à augmenter leurs capacités dans des installations de fabrication à l’étranger. En mars 2021, Jushi a annoncé une augmentation de capacités de 40 000 tonnes pour l’un de ses fours existants en Égypte et, en août 2021, l’ajout d’un nouveau four d’une capacité de 120 000 tonnes, faisant passer les capacités globales dans ce pays à 360 000 tonnes en 2023 (50). En parallèle, en 2021, CPIC Bahrain a annoncé le redémarrage de l’un de ses fours avec une augmentation de capacité de 100 000 tonnes. Comme établi dans la récente enquête antisubventions mentionnée ci-dessus, il a été constaté que les producteurs chinois investissaient dans des installations en Égypte dans le but spécifique d’accéder au marché de l’Union, ce qui vient confirmer l’attrait de celui-ci.

(112)

Comme expliqué au considérant 102 ci-dessus, le marché de l’Union est la deuxième destination des importations de produits de fibre de verre à filament continu en provenance de Chine, qui se sont élevées à 112 000 tonnes au cours de la période d’enquête de réexamen, tandis que, comme indiqué dans le tableau 3 ci-après, la consommation totale de l’Union s’est élevée à 941 000 tonnes au cours de la même période. L’importance des exportations vers l’Union, la taille du marché de l’Union et les nouvelles augmentations potentielles des exportations chinoises vers l’Union sont autant de facteurs rendant le marché de l’Union attractif pour les exportateurs chinois.

4.4. Conclusion

(113)

Compte tenu de ses conclusions sur la continuation du dumping durant la PER et sur l’évolution probable des exportations en cas d’expiration des mesures, la Commission a conclu qu’il est hautement probable que des quantités significatives de produits de fibre de verre à filament continu seront exportées vers l’Union. Compte tenu des importantes marges de dumping établies au cours de la PER, il n’y a aucune raison de croire que le dumping prendra fin en cas d’abrogation des mesures. Il est par conséquent hautement probable que l’expiration des mesures antidumping sur les importations en provenance de Chine se traduira par la continuation du dumping.

5. PRÉJUDICE

5.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union

(114)

Le produit similaire était fabriqué par neuf producteurs dans l’Union au début de la période considérée; l’un d’entre eux a néanmoins fermé en 2019. Ils constituent l’«industrie de l’Union» au sens de l’article 4, paragraphe 1, du règlement de base.

(115)

La production totale de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen a été établie à environ 594 500 tonnes. La Commission a déterminé ce chiffre en se fondant sur l’ensemble des informations disponibles concernant l’industrie de l’Union, telles que les données fournies par le demandeur et les réponses au questionnaire vérifiées données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Comme précisé au considérant 14, trois producteurs de l’Union représentant environ 76 % de la production totale de l’Union du produit similaire ont été retenus dans l’échantillon.

5.2. Consommation de l’Union

(116)

La Commission a établi la consommation de l’Union à partir d’Eurostat, des données fournies par le demandeur et des réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(117)

La consommation de l’Union a évolué comme suit:

Tableau 3

Consommation de l’Union (en tonnes)

2018

2019

2020

PER

Consommation totale de l’Union

934 988

857 298

782 515

941 231

Indice

100

92

84

101

Source: Eurostat, données fournies par le demandeur et réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(118)

La consommation de l’Union a diminué de 8 % entre 2018 et 2019, pour ensuite enregistrer une forte chute (– 16 %) en 2020. La baisse enregistrée en 2020 était temporaire et principalement due aux mesures globales de confinement imposées par les autorités en lien avec la crise de la COVID-19. Plusieurs grands utilisateurs de produits de fibre de verre à filament continu dans l’Union, dont les secteurs maritime et de la construction, ont été contraints de temporairement réduire ou arrêter leur production. L’industrie automobile, qui représente jusqu’à 45 % de la demande de l’Union en produits de fibre de verre à filament continu, a été la plus touchée. Elle a été mise presque totalement à l’arrêt. Toutefois, la reprise et l’augmentation de la demande s’observaient déjà au cours de la PER (+ 20 % par rapport à 2020 et + 1 % par rapport à 2018).

5.3. Importations en provenance du pays concerné

5.3.1. Volume et part de marché des importations en provenance du pays concerné

(119)

La Commission a déterminé le volume des importations sur la base des données d’Eurostat, recoupées avec les données recueillies par les États membres en vertu de l’article 14, paragraphe 6, du règlement de base. La part de marché des importations a été établie à partir d’Eurostat, des données fournies par le demandeur et des réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(120)

Les importations dans l’Union en provenance du pays concerné ont évolué comme suit:

Tableau 4

Volume des importations (en tonnes) et part de marché

2018

2019

2020

PER

Volume des importations en provenance de la RPC (en tonnes)

49 596

49 997

46 455

61 005

Indice

100

101

94

123

Part de marché

5,3 %

5,8 %

5,9 %

6,5 %

Indice

100

110

112

122

Source: Eurostat, données fournies par le demandeur et réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(121)

Les importations du produit concerné en provenance de la RPC se sont contractées (– 6 %) en 2020 en raison des mesures liées à la crise de la COVID-19. Toutefois, au cours de la PER, les importations ont augmenté plus rapidement que la demande (+ 31 % par rapport à 2020 et + 23 % par rapport à 2018). Cela a entraîné une augmentation de la part de marché des importations en provenance de la RPC, qui a atteint 6,5 % au cours de la PER (alors qu’elle s’élevait à 5,3 % en 2018).

5.3.2. Prix des importations en provenance du pays concerné et sous-cotation des prix

(122)

La Commission a établi les prix des importations sur la base des données d’Eurostat. La sous-cotation du prix des importations a été établie à partir d’Eurostat et des réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(123)

Le prix moyen des importations dans l’Union en provenance du pays concerné a évolué comme suit:

Tableau 5

Prix à l’importation (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

PER

RPC

1 058

1 046

931

1 363

Indice

100

99

88

129

Source: Eurostat.

(124)

Le prix moyen des importations en provenance de la RPC en l’absence de droits a affiché une tendance à la baisse et est resté constamment inférieur au prix moyen des producteurs de l’Union au cours de la période ayant précédé la PER. Il a toutefois fait un bond de + 46 % sur une base annuelle au cours de la PER, pour atteindre 1 363 EUR la tonne. Ce prix était supérieur au prix moyen des producteurs de l’Union (1 092 EUR/tonne) et supérieur au coût de production pour l’industrie de l’Union (1 181 EUR/tonne) au cours de la PER. En ajoutant à ces prix les coûts postérieurs à l’importation et la combinaison des mesures en vigueur, au niveau des droits réellement payés par producteur-exportateur, conformément aux données recueillies par les États membres en vertu de l’article 14, paragraphe 6, du règlement de base, les importations de produits chinois ont même pénétré dans l’Union à des prix 53 % supérieurs à ceux de l’industrie de l’Union. Les importations de produits chinois n’ont par conséquent causé aucune sous-cotation et aucun blocage des prix au cours de la PER.

5.4. Importations en provenance de pays tiers autres que la RPC

(125)

Les importations de produits de fibre de verre à filament continu en provenance de pays tiers autres que la RPC venaient principalement de l’Égypte et de la Malaisie.

(126)

Le volume agrégé des importations dans l’Union, la part de marché et les prix des importations de produits de fibre de verre à filament continu en provenance de pays tiers ont évolué comme suit:

Tableau 6

Importations en provenance de pays tiers

Pays

2018

2019

2020

PER

Malaisie

Volume (en tonnes)

120 557

77 708

86 829

135 919

Indice

100

64

72

113

Part de marché

12,9 %

9,1 %

11,1 %

14,4 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

981

950

873

1 056

Indice

100

97

89

108

Égypte

Volume (en tonnes)

118 575

114 872

91 327

119 150

Indice

100

97

77

100

Part de marché

12,7 %

13,4 %

11,7 %

12,7 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

888

882

765

849

Indice

100

99

86

96

Royaume-Uni

Volume (en tonnes)

42 950

38 520

34 829

40 147

Indice

100

90

81

93

Part de marché

4,6 %

4,5 %

4,5 %

4,3 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 185

1 145

1 102

1 083

Indice

100

97

93

91

Autres pays tiers

Volume (en tonnes)

133 064

127 133

119 291

158 978

Indice

100

96

90

119

Part de marché

14,2 %

14,8 %

15,2 %

16,9 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 150

1 190

1 024

1 149

Indice

100

103

89

100

Total de tous les pays tiers, à l’exclusion de la RPC

Volume (en tonnes)

415 146

358 233

332 277

454 194

Indice

100

86

80

109

Part de marché

44,4 %

41,8 %

42,5 %

48,3 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 030

1 034

921

1 037

Indice

100

100

89

101

Source: Eurostat.

(127)

Les importations en provenance d’autres pays tiers, à l’exclusion de la RPC, ont représenté au total 454 000 tonnes au cours de la PER, soit 48 % des parts de marché. Un quart, soit 26 % des importations en provenance de pays tiers, provenait des capacités de production chinoises élargies en Égypte et faisait donc l’objet des mesures compensatoires en vigueur depuis juin 2020. Les importations en provenance d’Égypte représentaient 12,7 % de la part de marché de l’Union au cours de la PER. Les prix égyptiens à l’importation étaient nettement inférieurs aux prix de l’industrie de l’Union.

(128)

Par ailleurs, 30 % des importations en provenance de pays tiers autres que la RPC provenaient de la Malaisie. Ces importations représentaient 14,4 % de la part de marché de l’Union au cours de la PER. Il a été constaté que les prix moyens des importations en provenance de la Malaisie étaient inférieurs aux prix moyens de l’industrie de l’Union. Toutefois, en comparaison par type de produit, les prix malaisiens (1 056 EUR/tonne) étaient supérieurs aux prix de l’industrie de l’Union, car les importations étaient limitées à un seul type de produits (fils coupés), pour lequel le prix de l’industrie de l’Union s’élevait à 1 015 EUR/tonne au cours de la PER.

(129)

Les importations en provenance du Royaume-Uni, qui ont représenté environ 4,5 % de la part de marché de l’Union tout au long de la période considérée, n’ont été vendues à des prix inférieurs aux prix de l’industrie de l’Union qu’au cours de la PER.

(130)

Les importations en provenance d’autres pays tiers ont chuté (– 10 %) en 2020 en raison des mesures liées à la crise de la COVID-19 et ont augmenté en 2021 (+ 33 % par rapport à 2020 et + 19 % par rapport à 2018). Il a été constaté que les prix des importations des autres pays tiers étaient supérieurs aux prix de l’industrie de l’Union tout au long de la période considérée.

5.5. Situation économique de l’industrie de l’Union

5.5.1. Remarques d’ordre général

(131)

L’appréciation de la situation économique de l’industrie de l’Union a comporté une évaluation de tous les indicateurs économiques ayant eu une influence sur la situation de cette industrie au cours de la période considérée.

(132)

Comme indiqué au considérant 14, l’échantillonnage a été utilisé pour évaluer la situation économique de l’industrie de l’Union.

(133)

Pour la détermination du préjudice, la Commission a opéré une distinction entre les indicateurs macroéconomiques et microéconomiques de préjudice. La Commission a évalué les indicateurs macroéconomiques sur la base des données fournies par le demandeur. Les données se rapportaient à l’ensemble des producteurs de l’Union. La Commission a évalué les indicateurs microéconomiques à partir des données contenues dans les réponses au questionnaire communiquées par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les données concernaient les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les deux ensembles de données se sont avérés représentatifs de la situation économique de l’industrie de l’Union.

(134)

Les indicateurs macroéconomiques sont les suivants: production, capacités de production, utilisation des capacités, volume des ventes, part de marché, croissance, emploi, productivité, importance de la marge de dumping et rétablissement à la suite de pratiques de dumping antérieures.

(135)

Les indicateurs microéconomiques sont les suivants: prix unitaires moyens, coûts unitaires, coût de la main-d’œuvre, stocks, rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux.

5.5.2. Indicateurs macroéconomiques

5.5.2.1. Remarque générale

(136)

La situation économique de l’industrie de l’Union était en déclin tout au long de la période considérée. La situation de l’industrie de l’Union s’est fortement détériorée à partir de 2020 et n’a pas pu pleinement se rétablir en 2021 (la PER), en raison des confinements liés à la COVID et des interruptions des activités des utilisateurs qui en ont découlé.

5.5.2.2. Production, capacités de production et utilisation des capacités

(137)

Au cours de la période considérée, la production totale de l’Union, ses capacités de production et l’utilisation de ses capacités ont évolué comme suit:

Tableau 7

Production, capacités de production et utilisation des capacités

2018

2019

2020

PER

Volume de production (en tonnes)

650 509

621 145

503 135

594 464

Indice

100

95

77

91

Capacités de production (en tonnes)

702 599

720 257

718 735

684 618

Indice

100

103

102

97

Utilisation des capacités

93 %

86 %

70 %

87 %

Indice

100

93

76

94

Source: données fournies par le demandeur.

(138)

La production de l’Union a diminué de 23 % entre 2018 et 2020, pour ensuite augmenter de 18 % entre 2020 et la période d’enquête de réexamen, avec pour résultat une réduction de 9 % au cours de la période considérée.

(139)

L’industrie de l’Union a augmenté ses capacités en 2019 dans le cadre de reconstructions (l’industrie des produits de fibre de verre à filament continu a besoin d’investissements importants et à long terme pour être capable de reconstruire des fours à intervalles réguliers et de poursuivre ses activités). Toutefois, un producteur de l’Union a dû définitivement fermer son usine à l’été 2019. Globalement, les capacités ont baissé de 3 % au cours de la période considérée.

(140)

L’utilisation des capacités a évolué en fonction des variations de la production et des capacités, descendant d’abord à 70 % en 2020, en raison des restrictions liées à la crise de la COVID-19. Avec la levée de ces restrictions, l’utilisation des capacités est remontée à 87 % au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, en raison des contraintes techniques lors du redémarrage des capacités à l’arrêt après les restrictions liées à la crise de la COVID-19, les producteurs de l’Union n’ont pas été en mesure de suffisamment augmenter leur production pour satisfaire en temps opportun la demande croissante qui s’est exprimée après la COVID.

5.5.2.3. Volume des ventes, part de marché et croissance

(141)

Au cours de la période considérée, le volume des ventes et la part de marché de l’industrie de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 8

Volume des ventes et part de marché (en tonnes)

2018

2019

2020

PER

Volume des ventes sur le marché de l’Union

470 246

449 068

403 784

426 032

Indice

100

95

86

91

Part de marché

50,3 %

52,4 %

51,6 %

45,3 %

Indice

100

104

103

90

Source: données fournies par le demandeur.

(142)

Les ventes de l’industrie de l’Union ont diminué de 14 % entre 2018 et 2020, pour ensuite augmenter de 6 % entre 2020 et la période d’enquête de réexamen, avec pour résultat une réduction de 9 % au cours de la période considérée.

(143)

La tendance indique que l’industrie de l’Union n’a pas pu pleinement bénéficier de l’amélioration de la demande au cours de la période d’enquête de réexamen, en raison des contraintes techniques lors du redémarrage des capacités à l’arrêt après les restrictions liées à la crise de la COVID-19, comme expliqué au considérant 140. En conséquence, la part de marché de l’industrie de l’Union a été réduite à 45,3 % à la fin de la période considérée, ce qui représente une perte de 5 points de pourcentage par rapport au début de la période. Sur ces 5,0 points de pourcentage de part de marché, 1,2 point de pourcentage a été capté par les importations en provenance de Chine et 3,8 points de pourcentage, par les autres pays tiers.

5.5.2.4. Emploi et productivité

(144)

L’emploi et la productivité ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 9

Emploi et productivité

2018

2019

2020

PER

Nombre de salariés

3 426

3 387

3 130

3 101

Indice

100

99

91

91

Productivité (en tonnes/salarié)

190

183

161

192

Indice

100

97

85

101

Source: données fournies par le demandeur.

(145)

L’emploi a diminué de 9 % au cours de la période considérée. La productivité a évolué en fonction des variations de la production et de l’emploi, diminuant de 15 % entre 2018 et 2020 pour ensuite augmenter de 19 % entre 2020 et la période d’enquête de réexamen.

5.5.2.5. Ampleur de la marge de dumping et rétablissement à la suite de pratiques de dumping antérieures

(146)

Cette enquête a établi une marge de dumping allant de 50 % à 54 %, en fonction de la catégorie considérée de produits de fibre de verre à filament continu. Bien que la combinaison des mesures antidumping et compensatoires en vigueur ait pu atténuer l’incidence de l’ampleur des marges réelles de dumping sur l’industrie de l’Union, l’industrie de l’Union n’a pas été en mesure de maintenir sa part de marché et ses prix sont restés faibles, même s’il se peut que d’autres facteurs aient participé à cette situation, comme indiqué aux considérants 168 à 173. On peut par conséquent conclure que l’industrie de l’Union n’était pas encore en mesure de se rétablir à la suite des pratiques de dumping antérieures.

5.5.3. Facteurs microéconomiques

5.5.3.1. Prix et facteurs ayant une incidence sur les prix

(147)

Les prix de vente unitaires moyens pondérés des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon qui sont facturés à des clients indépendants de l’Union ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 10

Prix de vente et coût de production dans l’Union (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

PER

Prix de vente unitaire moyen dans l’Union sur le marché total

1 090

1 057

1 009

1 092

Indice

100

97

93

100

Coût de production unitaire

1 045

1 063

1 217

1 181

Indice

100

102

116

113

Source: réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(148)

Les prix de vente unitaires moyens pondérés des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon qui sont facturés à des clients indépendants sont restés à un niveau similaire au cours de la période considérée et sont restés inférieurs au coût de production entre 2019 et 2021. Comme établi par l’enquête précédente sur le même produit (51), l’incapacité des producteurs de l’Union à augmenter leurs prix tout au long de la période considérée, qui est équivalente à une situation de blocage des prix, était le résultat du comportement des exportateurs chinois sur le marché et de la pression exercée sur les prix au cours des années ayant précédé la période d’enquête de réexamen, combinés aux importations de produits de fibre de verre à filament continu exportés par des producteurs chinois établis hors de Chine, comme en Égypte, dont les prix à l’importation étaient nettement inférieurs au prix de vente des producteurs de l’Union tout au long de la période considérée.

(149)

Au cours de la période d’enquête de réexamen en tant que telle, bien que les exportations chinoises soient entrées sur le marché de l’Union à des prix nettement supérieurs aux prix de l’industrie de l’Union, la RPC a tout de même gagné des parts de marché, en raison d’une augmentation soudaine de la demande à la suite de la levée de la plupart des mesures liées à la crise de la COVID-19 au sein de l’Union, avec pour résultat une augmentation de la production à différents niveaux des utilisateurs de produits de fibre de verre à filament continu situés en aval. Des matériaux étaient nécessaires aux fins de la production et pour reconstituer les stocks épuisés à tous les niveaux. Dans le même temps, l’industrie de l’Union n’a pas pu pleinement bénéficier de cette amélioration de la situation du marché parce qu’elle est liée aux utilisateurs par des contrats annuels/semestriels, tandis que les producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu vendent au comptant. Cela a empêché les producteurs de l’Union d’augmenter leurs prix en fonction de l’augmentation des niveaux des prix des produits de fibre de verre à filament continu sur le marché. Les producteurs de l’Union n’ont été en mesure d’augmenter leurs prix de vente qu’au quatrième trimestre de la période d’enquête de réexamen, en s’appuyant sur les clauses d’ajustement prévues dans leurs contrats avec les utilisateurs.

(150)

Le coût de production unitaire moyen a augmenté de 13 % au cours de la période considérée. Le pic d’augmentation de 16 % a été causé par l’arrêt temporaire des capacités des industries utilisatrices en réponse aux confinements liés à la crise de la COVID-19 en 2020 (la proportion élevée de coûts fixes dans cette industrie la rend très sensible aux fluctuations des volumes de production). Au cours de la période d’enquête de réexamen, même si les installations de production commençaient à revenir à une utilisation optimale des capacités, les coûts moyens étaient supérieurs à 2018 et 2019 en raison de la forte hausse des tarifs de l’énergie et de certaines matières premières (à savoir les traversées fabriquées à partir de rhodium et de platine (52)).

5.5.3.2. Coût de la main-d’œuvre

(151)

Le coût moyen de la main-d’œuvre pour les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a évolué comme suit durant la période considérée:

Tableau 11

Coût moyen de la main-d’œuvre par salarié

2018

2019

2020

PER

Coûts moyens de la main-d’œuvre par salarié (en EUR)

57 703

58 366

58 311

62 186

Indice

100

101

101

108

Source: réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(152)

Le coût moyen de la main-d’œuvre a augmenté de 8 % au cours de la période considérée.

5.5.3.3. Stocks

(153)

Les niveaux de stocks des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 12

Stocks

2018

2019

2020

PER

Stocks de clôture (en tonnes)

86 975

86 773

42 269

46 957

Indice

100

100

49

54

Stocks de clôture en pourcentage de la production

19 %

19 %

11 %

10 %

Indice

100

101

61

55

Source: réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(154)

Alors que les niveaux des stocks étaient normaux en 2018 et 2019, ils ont diminué de moitié en 2020 et sont restés au même niveau au cours de la période d’enquête de réexamen. L’industrie de l’Union a été contrainte de vendre d’importantes quantités sur stock en raison des mesures de confinement imposées par les autorités, tandis que les restrictions liées à la crise de la COVID-19 continuaient d’empêcher la production en 2020. La hausse de la demande en 2021, les pénuries mondiales et les interruptions dans les chaînes d’approvisionnement ont empêché les entreprises de reconstituer leurs stocks à des niveaux normaux au cours de la période d’enquête de réexamen. Les stocks n’ont donc pas pu retrouver des niveaux normaux et ne représentaient que 10 % de la production, soit presque moitié moins qu’au début de la période considérée.

(155)

Un producteur de l’Union retenu dans l’échantillon a constaté, dans l’information finale reçue, une erreur matérielle concernant le niveau de ses stocks. Les stocks ont été corrigés. La tendance générale des stocks n’a pas changé.

5.5.3.4. Rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux

(156)

Sur la période considérée, la rentabilité, les flux de liquidités, les investissements et le rendement des investissements des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit:

Tableau 13

Rentabilité, flux de liquidités, investissements et rendement des investissements

2018

2019

2020

PER

Rentabilité des ventes à des acheteurs indépendants dans l’Union (en % du chiffre d’affaires des ventes)

6,2 %

2,1 %

–17,6 %

–3,6 %

Indice

100

34

– 285

–59

Flux de liquidités (en EUR)

52 145 718

48 763 953

7 446 265

21 969 516

Indice

100

94

14

42

Investissements (en EUR)

52 191 829

29 187 167

34 071 488

30 676 390

Indice

100

56

65

59

Rendement des investissements

10,0 %

6,2 %

–16,3 %

–3,1 %

Indice

100

62

– 163

–31

Source: réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(157)

La Commission a déterminé la rentabilité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en exprimant le bénéfice net avant impôt retiré des ventes du produit similaire à des acheteurs indépendants dans l’Union sous forme de pourcentage du chiffre d’affaires généré par ces ventes.

(158)

L’augmentation des coûts moyens et l’incapacité à augmenter le prix moyen ont engendré des pertes pour l’industrie de l’Union au cours des deux dernières années de la période considérée. La rentabilité des producteurs de l’Union inclus dans l’échantillon a diminué de 6,2 % à 2,1 % entre 2018 et 2019, pour ensuite chuter à – 17,6 % en 2020. Au cours de la période d’enquête de réexamen, l’industrie de l’Union restait déficitaire (– 3,6 %), quoique dans une mesure moindre que l’année précédente.

(159)

Les flux nets de liquidités représentent la capacité des producteurs de l’Union à autofinancer leurs activités. L’évolution des flux nets de liquidités a suivi une tendance comparable à celle de la rentabilité. Les flux de liquidités, qui s’élevaient à 52 millions d’EUR en 2018, sont descendus à 29 millions d’EUR en 2019 pour ensuite chuter à 0,5 million d’EUR en 2020, avant de remonter à environ 31 millions d’EUR au cours de la PER. Au total, les flux de liquidités ont diminué de plus de moitié au cours de la période considérée.

(160)

Un producteur de l’Union retenu dans l’échantillon a constaté, dans l’information finale reçue, une erreur matérielle concernant ses flux de liquidités. Les flux de liquidités ont été corrigés. Ainsi, les flux de liquidités, qui s’élevaient à 52 millions d’EUR en 2018, sont descendus à 48,7 millions d’EUR en 2019 pour ensuite chuter à 7,4 millions d’EUR en 2020, avant de remonter à environ 21 millions d’EUR au cours de la PER. Au total, les flux de liquidités ont diminué de plus de moitié au cours de la période considérée. La tendance générale est restée inchangée.

(161)

L’industrie de l’Union a besoin d’investissements importants et à long terme pour être capable de reconstruire des fours à intervalles réguliers et de poursuivre ses activités. Toutefois, en raison de la mauvaise situation des flux nets de liquidités, les investissements ont diminué entre 2018 et 2019, passant de 52 millions d’EUR à 29 millions d’EUR, avant d’augmenter au-delà de 30 millions d’EUR au cours des années suivantes. Globalement, les investissements ont baissé de 41 % au cours de la période considérée.

(162)

Le rendement des investissements est le bénéfice exprimé en pourcentage de la valeur comptable nette des investissements. De 10 % en 2018, il est tombé à 6,2 % en 2019, pour ensuite poursuivre sa chute jusqu’à – 16,3 % en 2020. Le rendement des investissements a globalement baissé au cours de la période considérée et s’est établi à – 3,1 % au cours de la période d’enquête de réexamen.

5.6. Conclusion sur le préjudice

(163)

La marge bénéficiaire de l’industrie de l’Union au cours de la période considérée a été fortement frappée: on est passé d’un bénéfice de 6,2 % en 2018 à une perte de 3,6 % au cours de la période d’enquête de réexamen. Cette évolution négative de la rentabilité fait apparaître la situation particulièrement précaire de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen.

(164)

La baisse combinée des ventes et des prix a entraîné la dégradation de tous les indicateurs de performance. En parallèle, l’industrie de l’Union a perdu une partie de sa part de marché, ce qui a eu une incidence négative sur la rentabilité. En plus des pertes subies, l’emploi et l’utilisation des capacités ont également diminué. Les stocks de clôture n’ont pas pu retrouver leurs niveaux normaux. Les flux de liquidités au cours de la période d’enquête de réexamen ont diminué de 62 % par rapport à 2018. Le rendement des investissements a diminué, pour s’établir à – 3,1 %, contre 10 % en 2018.

(165)

L’industrie a été fortement touchée par la baisse de production, comme en atteste la situation déficitaire en 2020-2021, en raison des coûts fixes élevés et de l’impossibilité de réduire de manière flexible la production du fait que les fours doivent être utilisés à plein régime dans ce processus de production particulier.

(166)

Malgré ces circonstances difficiles, il était nécessaire de poursuivre les investissements, principalement pour remplacer les fours dont la durée de vie est strictement limitée. Cette contrainte ajoute une pression financière sur les producteurs.

(167)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que, pendant la période d’enquête de réexamen, l’industrie de l’Union a continué à subir un préjudice important au sens de l’article 3 du règlement de base.

6. LIEN DE CAUSALITÉ

(168)

Conformément à l’article 3, paragraphe 6, du règlement de base, la Commission a examiné si les importations faisant l’objet de dumping en provenance de Chine avaient causé un préjudice important à l’industrie de l’Union. Conformément à l’article 3, paragraphe 7, du règlement de base, la Commission a également examiné si d’autres facteurs connus avaient pu, au même moment, causer un préjudice à l’industrie de l’Union.

(169)

Au cours des années ayant précédé la période d’enquête de réexamen, la présence continue d’importations de produits chinois exerçant une pression sur les prix sur le marché de l’Union a clairement contribué à la situation préjudiciable de l’industrie de l’Union. Toutefois, compte tenu des prix non préjudiciables des importations de produits chinois au cours de la période d’enquête de réexamen, qui étaient nettement supérieurs aux prix de vente et aux coûts de production de l’industrie de l’Union et n’ont par conséquent pas exercé de pression sur l’industrie de l’Union, la Commission a vérifié si un préjudice avait été causé par des facteurs autres que les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine. Ces facteurs étaient les suivants: les importations en provenance d’Égypte, résultant de l’élargissement des capacités de production chinoises; l’augmentation du coût de production dans l’Union; les conditions contractuelles avec les utilisateurs.

(170)

Les producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu établis hors de Chine, à savoir en Égypte, représentaient toujours 12,7 % de parts de marché au cours de la période d’enquête de réexamen, et leurs prix à l’importation étaient nettement inférieurs aux prix observés pour les autres pays ainsi que pour l’industrie de l’Union. La pression exercée par les prix des producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu établis hors de Chine était donc présente tout au long de la période considérée. Cette conclusion va dans le même sens que celle qui a été tirée à l’issue de l’enquête précédente sur le même produit (53).

(171)

Par ailleurs, comme expliqué au considérant 149 ci-dessus, au cours de la seconde moitié de la période considérée (2020-PER), les pénuries mondiales causées par les mesures gouvernementales en lien avec la pandémie de COVID-19 ont permis à l’industrie de l’Union de commencer à se rétablir du point de vue des ventes, bien qu’elle ait dû dans le même temps faire face à l’augmentation des coûts de production, tels que les coûts fixes du fait de l’arrêt temporaire des capacités des industries utilisatrices en réponse aux confinements liés à la crise de la COVID-19 ainsi que les coûts de l’énergie et de certaines matières premières. Dans le même temps, l’industrie de l’Union n’a pas été en mesure d’augmenter immédiatement et suffisamment ses volumes de production en raison du temps nécessaire au redémarrage des capacités à l’arrêt. En conséquence, les utilisateurs au sein de l’Union ont été temporairement contraints d’acheter des marchandises importées en provenance de Chine à des prix nettement plus élevés, ce qui a entraîné l’augmentation de la part de marché chinoise à 6,5 % au cours de la PER.

(172)

Par ailleurs, comme indiqué au considérant 150 ci-dessus, l’industrie de l’Union avait des contrats à long terme avec les utilisateurs et n’a donc pas pu immédiatement augmenter ses prix de vente pour profiter de l’amélioration de la situation du marché et de l’absence de prix chinois préjudiciables. D’autre part, les producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu disposaient de la flexibilité de la vente au comptant et ils ont donc augmenté leurs prix en fonction des niveaux du marché. En conséquence, tous les indicateurs de performance financière de l’industrie de l’Union étaient négatifs au cours de la période d’enquête de réexamen.

(173)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que le préjudice subi par l’industrie de l’Union au cours de la PER ne pouvait pas être attribué aux importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine et que d’autres facteurs, considérés individuellement ou collectivement, avaient eu une incidence sur la situation préjudiciable de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen, atténuant ainsi le lien de causalité entre les importations de produits chinois et le préjudice subi par l’industrie de l’Union au cours de la PER.

(174)

La Commission a également évalué, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, s’il existait une probabilité de réapparition du préjudice causé par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine si les mesures antidumping venaient à expirer.

7. PROBABILITÉ D’UNE RÉAPPARITION DU PRÉJUDICE CAUSÉ PAR LES IMPORTATIONS FAISANT L’OBJET D’UN DUMPING EN PROVENANCE DE CHINE

(175)

Aux fins de l’évaluation de la probabilité d’une réapparition du préjudice causé par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de la Chine, la Commission a examiné les facteurs suivants: a) les niveaux de prix probables des importations en provenance de la RPC en l’absence de mesures antidumping, b) l’attrait du marché de l’Union, c) les capacités de production et les capacités inutilisées en Chine.

7.1.1. Niveaux de prix probables des importations en provenance de Chine en l’absence de mesures antidumping

(176)

L’enquête a révélé que les prix des importations de produits chinois faisant l’objet d’un dumping, déclarés au niveau CIF, avaient augmenté de manière significative (de + 46 %) au cours de la dernière année de la période considérée, à savoir entre 2020 et la période d’enquête de réexamen. Toutefois, cette augmentation était principalement due à l’augmentation exceptionnelle des frais de transport au cours de la période d’enquête de réexamen. En effet, le prix chinois estimé au niveau départ usine n’a augmenté de 5 % qu’entre 2020 et 2021 et s’élevait à environ 907 EUR la tonne, soit nettement moins que le prix moyen départ usine des producteurs de l’Union (1 092 EUR/tonne). Si les coûts de transport étaient restés inchangés entre 2020 et 2021, les prix des importations de produits chinois en l’absence de droits auraient été inférieurs de 21,1 % à ceux affichés par l’industrie de l’Union et seraient restés inférieurs au coût de production pour l’industrie de l’Union, à l’instar de la situation observée au cours des années ayant précédé la période d’enquête de réexamen.

(177)

En outre, l’augmentation des coûts de transport était exceptionnelle et temporaire, puisque les prix ont été multipliés par sept entre 2020 et 2021 pour ensuite revenir, en novembre 2022, à leurs niveaux initiaux de 2020 (54). En conséquence, le prix des importations en provenance de Chine a également chuté en novembre 2022 et, début 2023, le prix des importations chinoises au niveau CIF était revenu au niveau du prix de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen, à savoir 1 093 EUR/tonne. En fait, au début 2023, les prix à l’importation chinois étaient de nouveau inférieurs de 14,9 % aux prix de l’industrie de l’Union après la période d’enquête de réexamen et ils étaient nettement inférieurs au coût de production pour l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen (moyenne de 1 181 EUR/tonne en 2022) et après la période d’enquête de réexamen (moyenne de 1 445 EUR/tonne en 2022) (55).

(178)

Au vu de l’analyse ci-dessus, la Commission a conclu que les prix des importations de produits chinois au niveau CIF ont augmenté temporairement en raison de l’augmentation des frais de transport mais que, lorsque ces frais ont retrouvé leurs niveaux initiaux en novembre 2022, les prix à l’importation ont commencé à retrouver leurs niveaux antérieurs à la période d’enquête de réexamen, sous-cotant et bloquant ainsi de manière significative les prix de l’industrie de l’Union. Compte tenu de l’augmentation exceptionnelle et temporaire des prix chinois à l’importation au cours de la période d’enquête de réexamen et de leur évolution après la période d’enquête de réexamen, il est probable que, en l’absence de mesures antidumping, les niveaux de prix des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping sous-coteront et bloqueront le prix de l’industrie de l’Union.

7.1.2. Attrait du marché de l’Union

(179)

Le marché de l’Union est attractif quant à sa taille et aux prix, compte tenu du niveau de consommation de l’Union et du niveau plus élevé des prix de l’Union par rapport à d’autres grandes destinations des importations de produits chinois. Des statistiques sur les exportations extraites de la base de données du Global Trade Atlas (56) (GTA) ont montré que les prix des exportations de produits chinois vers l’Union étaient en moyenne supérieurs de 26 % aux prix des exportations de produits chinois vers les trois premiers marchés d’exportation (les États-Unis, la Corée du Sud et l’Inde, à l’exclusion de l’Union) au cours de la période d’enquête de réexamen. Cela fait du marché de l’Union une destination plus lucrative que d’autres marchés de pays tiers. Le marché de l’Union était déjà la deuxième destination des exportations de produits de fibre de verre à filament continu en provenance de Chine au cours de la période d’enquête de réexamen. Par ailleurs, la Chine est le troisième plus grand exportateur de produits de fibre de verre à filament continu vers l’Union, uniquement précédée par la Malaisie et l’Égypte.

(180)

En outre, l’examen d’informations postérieures à la période d’enquête de réexamen a révélé que les importations en provenance de Chine ont augmenté de manière spectaculaire, passant d’environ 61 000 tonnes au cours de la période d’enquête de réexamen à plus de 91 000 tonnes en 2022 (soit une hausse de 50 %), ce qui démontre clairement l’attrait du marché de l’Union pour les producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu.

(181)

L’attrait du marché de l’Union pour les producteurs chinois de produits de fibre de verre à filament continu est également confirmé par le fait que CPIC et le groupe CNBM (grands producteurs de ces produits en Chine) ont procédé à des investissements importants en vue de lancer des exportations majeures de produits de fibre de verre à filament continu en provenance du Bahreïn et d’Égypte à destination du marché européen peu après l’institution des mesures antisubventions et antidumping contre la Chine en décembre 2014. Comme cela a été confirmé dans une enquête préalable sur le même produit (57), l’usine en Égypte a été ouverte par le groupe CNBM dans le but explicite de vendre des produits de fibre de verre à filament continu sur le marché de l’Union pour éviter les droits en vigueur sur les importations en provenance de Chine.

(182)

Compte tenu de l’attrait du marché de l’Union quant à sa taille, aux flux commerciaux historiques et à l’évolution de ces flux commerciaux après la période d’enquête de réexamen, il est probable que, en cas d’abrogation des mesures antidumping, des quantités significatives actuellement vendues sur d’autres marchés seront redirigées vers le marché de l’Union.

7.1.3. Capacités de production et capacités inutilisées en Chine

(183)

D’après les informations communiquées par le demandeur, les surcapacités en Chine s’élevaient à au moins 1,1 million de tonnes, représentant plus de 100 % de la consommation de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. Malgré les surcapacités structurelles du marché intérieur chinois, les producteurs ont continué à élargir les capacités existantes ou en ont annoncé de nouvelles après la période d’enquête de réexamen. Si les augmentations de capacités annoncées ont lieu, les surcapacités chinoises s’élèveront à 2,6 millions de tonnes, soit plus du double de la consommation totale de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen.

(184)

Compte tenu de l’attrait du marché de l’Union décrit plus haut, il est probable que, en cas d’abrogation des mesures antidumping, les capacités inutilisées en Chine seront expédiées vers le marché de l’Union.

7.2. Conclusion sur la probabilité de réapparition du préjudice causé par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine

(185)

En cas d’abrogation des mesures, on peut raisonnablement s’attendre, compte tenu de l’attractivité du marché de l’Union et des immenses capacités inutilisées disponibles en Chine, à voir une augmentation substantielle des importations de produits de fibre de verre à filament continu de la Chine vers l’Union effectuées à des prix de dumping, sous-cotant et bloquant ainsi les prix de l’industrie de l’Union. Les exportations de produits chinois vers l’Union européenne gagneraient rapidement des parts de marché encore plus importantes, au détriment de l’industrie de l’Union, qui serait confrontée à une baisse immédiate de ses volumes de vente et à une augmentation de ses coûts fixes par unité. L’augmentation des coûts fixes, combinée à une baisse des prix de vente, affecterait immédiatement la rentabilité de l’industrie de l’Union, qui est restée négative au cours de la période d’enquête de réexamen. Par conséquent, l’industrie de l’Union deviendrait encore plus déficitaire, et sa viabilité serait menacée.

(186)

Sur cette base, il est conclu que l’absence de mesures entraînerait selon toute probabilité une augmentation significative des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine à des prix préjudiciables, ce qui entraînerait une sous-cotation et un blocage des prix de l’industrie de l’Union et donc un préjudice important et aggraverait encore davantage la situation déjà préjudiciable de l’industrie de l’Union observée au cours de la période d’enquête de réexamen.

8. INTÉRÊT DE L’UNION

(187)

Conformément à l’article 21 du règlement de base, la Commission a examiné si le maintien des mesures antidumping en vigueur serait contraire à l’intérêt de l’Union dans son ensemble. L’intérêt de l’Union a été apprécié sur la base d’une évaluation de tous les intérêts concernés, notamment ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs et des utilisateurs.

8.1. Intérêt de l’industrie de l’Union

(188)

L’enquête a montré que l’industrie de l’Union se trouvait dans une situation préjudiciable et que la suppression des mesures entraînerait probablement une augmentation importante des importations de produits de fibre de verre à filament continu faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine, sous-cotant et bloquant largement les prix de l’industrie de l’Union et aggravant ainsi encore davantage le préjudice important subi par l’industrie de l’Union observé au cours de la période d’enquête de réexamen.

(189)

La Commission a par conséquent conclu qu’il était dans l’intérêt de l’industrie de l’Union de maintenir les mesures en vigueur.

8.2. Intérêt des importateurs indépendants

(190)

La Commission a invité tous les importateurs indépendants à participer à l’enquête. Seul un importateur s’est enregistré en tant que partie intéressée, sans toutefois répondre au questionnaire.

(191)

La Commission a considéré que les produits de fibre de verre à filament continu sont largement normalisés et que leurs sources d’approvisionnement peuvent être changées efficacement.

(192)

Sur cette base, compte tenu également des autres sources d’approvisionnement disponibles non soumises à des mesures, la Commission a conclu que les mesures actuellement en vigueur n’avaient aucun effet particulièrement néfaste sur la situation des importateurs et que le maintien des mesures n’aurait pas d’incidence excessive sur ces derniers.

8.3. Intérêt des utilisateurs

(193)

Seuls trois utilisateurs individuels et une association d’utilisateurs (58) se sont enregistrés en tant que parties intéressées, mais aucun n’a répondu au questionnaire de la Commission.

(194)

L’association d’utilisateurs s’est prononcée en faveur des mesures, en faisant observer que les producteurs de l’Union de produits de fibre de verre à filament continu sont les moteurs de la R&D et de l’innovation (59). Sans eux, les industries textiles en aval et l’innovation dans ce secteur seraient mises à l’arrêt. En outre, si l’industrie de l’Union venait à faire faillite, les industries textiles dans l’Union seraient presque entièrement dépendantes de l’approvisionnement en stratifils (rovings) auprès d’entreprises publiques en Chine, ce qui les placerait dans une situation de forte vulnérabilité. Ce risque s’est déjà concrétisé pendant la pandémie de COVID-19, lorsque plusieurs fabricants de textiles au sein de l’Union ont essuyé les refus des fournisseurs de stratifils (rovings) en Chine, indiquant qu’ils ne fourniraient pas de clients étrangers tant que la pénurie intérieure n’aurait pas été résolue. La survie de l’industrie textile en aval dans l’Union dépend donc également de la viabilité de l’industrie de l’Union des produits de fibre de verre à filament continu.

(195)

Étant donné qu’aucun utilisateur individuel ne s’est manifesté, les meilleures données disponibles auxquelles a accès la Commission à cet égard sont les conclusions d’enquêtes antérieures: le réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping décrit dans le règlement d’exécution (UE) 2017/724, dans lequel il a été conclu que l’extension des mesures aurait une incidence limitée sur la situation des utilisateurs, et l’enquête antisubventions détaillée dans le règlement d’exécution (UE) 2020/379, dans lequel il a été conclu que, compte tenu des autres sources d’approvisionnement disponibles non soumises aux mesures et qu’il n’existe aucun élément de preuve indiquant clairement que les coûts supplémentaires découlant des mesures instituées sur les importations ne pouvaient pas être absorbés par les utilisateurs, les effets négatifs sur les utilisateurs n’ont pas clairement montré qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union d’appliquer les mesures.

8.4. Conclusion concernant l’intérêt de l’Union

(196)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a estimé qu’il n’existait aucune raison impérieuse de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures existantes concernant les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires de Chine.

9. MESURES ANTIDUMPING

(197)

Sur la base des conclusions établies par la Commission concernant la continuation du dumping, la réapparition du préjudice causé par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine et l’intérêt de l’Union, il convient de maintenir les mesures antidumping applicables aux produits de fibre de verre à filament continu originaire de Chine.

(198)

Afin de réduire autant que possible les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir l’application des droits antidumping individuels. Les sociétés soumises à des droits antidumping individuels doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. La facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Les importations non accompagnées d’une telle facture devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés».

(199)

Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, cette facture n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres doivent effectuer leurs contrôles habituels et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit inférieur est justifiée, conformément à la législation douanière.

(200)

Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant de taux de droit individuels plus bas devait augmenter de manière significative après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant, en elle-même, une modification de la configuration des échanges résultant de l’institution de mesures, au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, et pour autant que les conditions soient remplies, une enquête anticontournement pourra être ouverte. Dans cette enquête, on pourra notamment examiner la nécessité de supprimer le(s) taux de droit individuel(s) et d’instituer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale.

(201)

Les taux de droit antidumping individuels par société fixés dans le présent règlement s’appliquent exclusivement aux importations du produit faisant l’objet du réexamen originaire de la République populaire de Chine et produit par les entités juridiques citées. Il convient que les importations du produit faisant l’objet du réexamen qui a été fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas spécifiquement mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris les entités liées aux sociétés spécifiquement mentionnées, soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés». Ces importations ne devraient pas être soumises à l’un des taux de droit antidumping individuels.

(202)

Les sociétés changeant ultérieurement de raison sociale peuvent solliciter l’application de ces taux de droit antidumping individuels. Une telle demande doit être adressée à la Commission (60). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de raison sociale de la société n’affecte pas le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement signalant le changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne.

(203)

Toutes les parties intéressées ont été informées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé de recommander le maintien des mesures en vigueur. Un délai leur a également été accordé pour leur permettre de formuler des observations sur les informations ainsi communiquées. Des corrections mineures des données de l’industrie de l’Union ont été intégrées dans le présent règlement. Aucune autre observation n’a été reçue.

(204)

Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (61), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux des intérêts à payer devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne le premier jour civil de chaque mois.

(205)

Les mesures prévues par le présent règlement sont conformes à l’avis du comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

1. Un droit antidumping définitif est institué sur les importations de fils coupés en fibre de verre d’une longueur ne dépassant pas 50 mm, les stratifils (rovings) en fibre de verre, à l’exclusion des stratifils en fibre de verre imprégnés et enrobés ayant une perte au feu supérieure à 3 % (déterminée conformément à la norme ISO 1887), et les mats en filaments de fibre de verre, à l’exclusion des mats en laine de verre, relevant actuellement des codes NC 7019 11 00, ex 7019 12 00 (codes TARIC 7019120022, 7019120025, 7019120026, 7019120039), 7019 14 00 et 7019 15 00 (62) et originaires de la République populaire de Chine.

2. Les taux du droit antidumping définitif applicables au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit pour le produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les entreprises énumérées ci-après:

Société

Droit antidumping

Code additionnel TARIC

Jushi Group Co., Ltd; Jushi Group Chengdu Co., Ltd; Jushi Group Jiujiang Co., Ltd

14,5

B990

Changzhou New Changhai Fiberglass Co., Ltd; Jiangsu Changhai Composite Materials Holding Co., Ltd; Changzhou Tianma Group Co., Ltd

0

A983

Chongqing Polycomp International Corporation

19,9

B991

Autres sociétés ayant coopéré énumérées à l’annexe I du règlement d’exécution (UE) 2017/724

15,9

Toutes les autres sociétés

19,9

A999

3. L’application des taux de droit individuels fixés pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) […] certifie que le (volume) de (produit faisant l’objet du réexamen) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et couvert par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en/à/au(x) [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.» À défaut de présentation d’une telle facture, le taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés» s’applique.

4. En cas de dommage causé aux marchandises avant leur mise en libre pratique, lorsque le prix effectivement payé ou à payer est calculé proportionnellement aux fins de la détermination de la valeur en douane, conformément à l’article 131, paragraphe 2, du règlement d’exécution (UE) 2015/2447 (63) de la Commission, le montant du droit antidumping, calculé sur la base des montants énoncés ci-dessus, est réduit au prorata du prix effectivement payé ou à payer.

5. En cas de modification ou de suppression des droits compensateurs définitifs institués par l’article 1er du règlement d’exécution (UE) 2021/328, les droits spécifiés au paragraphe 2 seront majorés proportionnellement à la marge de dumping réelle constatée ou à la marge de préjudice constatée, selon le cas, pour la société concernée, et à partir de la date d’entrée en vigueur du présent règlement.

6. Dans les cas où le droit compensateur a été soustrait du droit antidumping pour certains producteurs-exportateurs, les demandes de remboursement au titre de l’article 21 du règlement (UE) 2016/1037 déclenchent également, pour ces producteurs-exportateurs, la détermination de la marge de dumping prévalant durant la période d’enquête relative au remboursement. Le montant à rembourser au demandeur ne peut pas excéder la différence entre le droit perçu et les droits compensateurs et antidumping combinés établis dans l’enquête relative au remboursement.

7. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane s’appliquent.

Article 2

Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 13 juillet 2023.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.

(2) Règlement d’exécution (UE) no 248/2011 du Conseil du 9 mars 2011 instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine (JO L 67 du 15.3.2011, p. 2).

(3) Règlement d’exécution (UE) no 1379/2014 de la Commission du 16 décembre 2014 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament originaires de la République populaire de Chine et modifiant le règlement d’exécution (UE) no 248/2011 du Conseil instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine (JO L 367 du 23.12.2014, p. 22).

(4) Règlement d’exécution (UE) 2017/724 de la Commission du 24 avril 2017 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine à la suite d'un réexamen au titre de l’expiration des mesures mené conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (JO L 107 du 25.4.2017, p. 4).

(5) Règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission du 24 février 2021 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 65 du 25.2.2021, p. 1).

(6) Règlement d’exécution (UE) 2020/870 de la Commission du 24 juin 2020 instituant un droit compensateur définitif et portant perception définitive du droit compensateur provisoire sur les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires d’Égypte, et portant perception du droit compensateur définitif sur les importations enregistrées de produits de fibre de verre à filament continu originaires d’Égypte (JO L 201 du 25.6.2020, p. 10).

(7) JO C 167 du 21.4.2022, p. 20.

(8) https://tron.trade.ec.europa.eu/investigations/case-view?caseId=2595

(9) Depuis le 1er janvier 2022, le classement des mats est passé du code NC 7019 31 00 aux codes NC 7019 14 00 et 7019 15 00. Jusqu’au 31 décembre 2021, les codes TARIC applicables étaient les codes 7019310010 et 7019310090. Depuis le 1er janvier 2022, ils sont remplacés par les codes TARIC 7019140010, 7019140090, 7019150010 et 7019150090.

(10) Règlement d’exécution (UE) 2020/492 de la Commission du 1er avril 2020 instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte (JO L 108 du 6.4.2020, p. 1).

(11) Ibidem, considérants 161, 162 et 167.

(12) Ibidem, considérants 116 à 119.

(13) Ibidem, considérants 120 à 122. Si le droit de désigner et de destituer les principaux dirigeants des entreprises publiques conféré aux autorités étatiques compétentes, prévu par la législation chinoise, peut être considéré comme reflétant les droits de propriété correspondants, les cellules du PCC dans les entreprises, tant publiques que privées, représentent un autre moyen important par lequel l’État peut intervenir dans les décisions commerciales. Conformément au droit chinois des sociétés, une organisation du PCC doit être mise en place dans chaque société (avec au moins trois membres du PCC, comme le prévoient les statuts du PCC) et l’entreprise concernée doit veiller à ce que les conditions nécessaires aux activités de l’organisation du parti soient réunies. Par le passé, il semble que cette exigence n’ait pas toujours été respectée ou strictement appliquée. Toutefois, depuis 2016 au moins, le PCC a renforcé ses prétentions à contrôler les décisions commerciales des entreprises publiques, en en faisant un principe politique. Le PCC exercerait également des pressions sur les entreprises privées pour que celles-ci privilégient le «patriotisme» et se soumettent à la discipline du parti. En 2017, il a été rapporté que des cellules du parti existaient dans 70 % des quelque 1,86 million d’entreprises privées, avec une pression croissante pour que les organisations du PCC aient le dernier mot dans le cadre de la prise de décisions commerciales au sein de leurs entreprises respectives. Ces règles sont d’application générale dans l’ensemble de l’économie chinoise, tous secteurs confondus, et s’appliquent donc aussi aux producteurs de feuilles d’aluminium et à leurs fournisseurs d’intrants.

(14) Règlement d’exécution (UE) 2020/492 de la Commission, considérants 123 à 138.

(15) Ibidem, considérants 139 à 142.

(16) Ibidem, considérants 143 à 145.

(17) Ibidem, considérants 146 à 155.

(18) Document de travail des services de la Commission SWD(2017) 483 final/2, 20.12.2017, disponible à l’adresse suivante: https://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2017/december/tradoc_156474.pdf

(19) Règlement d’exécution (UE) 2021/328.

(20) Voir section IV, sous-section 3, du 14e plan quinquennal pour le développement de l’industrie des matières premières.

(21) Disponible à l’adresse suivante: www.gov.cn/xinwen/2019-11/06/content_5449193.htm (consulté le 26 octobre 2022).

(22) Disponible à l’adresse suivante: https://www.miit.gov.cn/zwgk/zcwj/wjfb/tg/art/2021/art_ba8afb04dc694ad8a5830f15bd5ffda7.html (consulté le 26 octobre 2022).

(23) Voir le 14e plan quinquennal de la province du Shandong pour les matériaux de construction, chapitre 4, section 4; disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211129/1190544.shtml (consulté le 26 octobre 2022).

(24) Voir le 14e plan quinquennal pour le développement des industries stratégiques et émergentes de la province du Chongqing, disponible à l’adresse suivante: http://www.cq.gov.cn/zwgk/zfxxgkzl/fdzdgknr/ghxx/zxgh/202203/t20220318_10526318.html (consulté le 26 octobre 2022).

(25) Plan triennal de la région du Guangxi pour le développement des industries stratégiques et émergentes: «Vigoureusement développer l’industrie des nouveaux matériaux. En se concentrant sur la percée des technologies de pointe et le perfectionnement des produits haut de gamme, il convient de mettre l’accent sur le développement des matériaux en acier à haute performance, des matériaux métalliques non ferreux haut de gamme, des matériaux de carbonate de calcium de haute qualité, des matériaux pour batteries à nouvelles énergies, des matériaux composites de fibre de verre à haute performance, du graphène, etc. En 2023, la valeur de production de l’industrie des nouveaux matériaux atteindra 133 milliards de yuans, et la valeur ajoutée atteindra 44 milliards de yuans.»

(26) 14e plan quinquennal du Hubei pour le développement de haute qualité des nouveaux matériaux: «Mettre l’accent sur les technologies de production intelligentes de grands fours à fibre de verre, de produits de fibre de verre et de technologies 5G, etc., et soutenir la recherche scientifique conjointe avec comme acteurs principaux les entreprises.»

(27) 14e plan quinquennal de la province du Zhejiang pour le développement de l’industrie des nouveaux matériaux: «En s’appuyant principalement sur la zone de développement économique de Tongxiang [où Jushi est situé (ajouté par la Commission à titre explicatif)], se concentrer sur les matériaux composites et en fibres à haute performance, les matériaux pour batteries à haute performance, les nouveaux matériaux de pointe et d’autres sous-domaines, pour créer une chaîne industrielle de matériaux composites et en fibres de verre à haute performance et une chaîne industrielle de matériaux pour batteries et de produits en aval à haute performance, en vue d’une amélioration des chaînes de valeur.»

(28) Voir f10.eastmoney.com/f10_v2/CompanyManagement.aspx?code = sh600176 (consulté le 26 octobre 2022).

(29) Voir https://www.ctgf.com/contents/12/8897.html (consulté le 26 octobre 2022).

(30) Voir https://www.cpicfiber.com/index/listr/s/107/id/2937.html (consulté le 26 octobre 2022) et f.dfcfw.com/pdf/H2_AN202202221548514546_1.pdf (consulté le 26 octobre 2022).

(31) Voir les statuts de l’entreprise, disponibles à l’adresse suivante: https://pdf.dfcfw.com/pdf/H2_AN202203181553440430_1.pdf?1647632338000.pdf (consulté le 26 octobre 2022).

(32) Article sur le site web de Taishan, disponible à l’adresse suivante: https://www.ctgf.com/contents/16/6469.html (consulté le 26 octobre 2022).

(33) Voir le plan triennal de la région du Guangxi pour le développement des industries stratégiques et émergentes.

(34) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure, https://donnees.banquemondiale.org/niveau-de-revenu/revenu-intermediaire-tranche-superieure

(35) Si le produit faisant l’objet du réexamen n’est fabriqué dans aucun pays présentant un niveau de développement semblable, la fabrication d’un produit relevant de la même catégorie générale et/ou du même secteur général que le produit soumis à l’enquête peut être prise en considération.

(36) TÜİK, Ekonomik faaliyete göre haftalık fiili çalışma süresi ve aylık ortalama işgücü maliyeti, 2020, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Isgucu-Maliyeti-Istatistikleri-2020-37495

(37) TÜİK, Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, II. Dönem: Temmuz-Aralık, 2021, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566

(38) http://www.gtis.com/gta/secure/default.cfm

(39) TÜİK, Ekonomik faaliyete göre haftalık fiili çalışma süresi ve aylık ortalama işgücü maliyeti, 2020, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Isgucu-Maliyeti-Istatistikleri-2020-37495

(40) TÜİK, Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, II. Dönem: Temmuz-Aralık, 2021, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566

(41) Règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif au régime commun applicable aux importations de certains pays tiers (JO L 123 du 19.5.2015, p. 33).

(42) TÜİK, Ekonomik faaliyete göre haftalık fiili çalışma süresi ve aylık ortalama işgücü maliyeti, 2020, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Isgucu-Maliyeti-Istatistikleri-2020-37495

(43) TÜİK, Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, II. Dönem: Temmuz-Aralık, 2021, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566

(44) TÜİK, Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, II. Dönem: Temmuz-Aralık, 2021, https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566

(45) Türkiye Şişe Ve Cam Fabrikalari A.Ş., rapport annuel 2021: https://www.sisecam.com.tr/en/investor-relations/presentations-and-bulletins/annual-reports

(46) Annexe 10 de la demande de réexamen.

(47) Données à huit chiffres extraites du Global Trade Atlas pour les trois catégories de produits de fibre de verre à filament continu [fils coupés, stratifils (rovings) et mats]. Informations sur les prix au niveau NC.

(48) Informations extraites d’Eurostat.

(49) Section 4.3 du règlement d’exécution (UE) 2020/379 de la Commission du 5 mars 2020 instituant un droit compensateur provisoire sur les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires d’Égypte (JO L 69 du 6.3.2020, p. 14).

(50) Annexe 10 de la demande de réexamen.

(51) Considérant 283 du règlement d’exécution (UE) 2021/328.

(52) Les traversées fabriquées à partir de rhodium et de platine sont utilisées dans la fabrication de fibres de verre pour contribuer à maîtriser la température du filament chaud lorsqu’il traverse la fibre.

(53) Considérants 279 à 281 du règlement d’exécution (UE) 2021/328.

(54) D’après le «world container index» de Shanghai à Gênes et Rotterdam.

(55) D’après les données mensuelles postérieures à la PER communiquées par les producteurs de l’Union.

(56) Les statistiques étaient disponibles au niveau des codes SH à six chiffres; leur champ d’application dépassait donc largement le produit faisant l’objet du réexamen.

(57) Considérant 296 du règlement d’exécution (UE) 2021/328.

(58) Tech-Fab Europe — une association de producteurs de l’Union d’articles textiles pour usages techniques.

(59) D’un point de vue technique, la création de nouveaux et de meilleurs produits et applications dépend de la combinaison de stratifils (rovings) avec des résines et autres matériaux ainsi que de la résistance que le processus de tissage peut conférer à un textile.

(60) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.

(61) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).

(62) Depuis le 1er janvier 2022, le classement des mats est passé du code NC 7019 31 00 aux codes NC 7019 14 00 et 7019 15 00. Jusqu’au 31 décembre 2021, les codes TARIC applicables étaient les codes 7019310010 et 7019310090. Depuis le 1er janvier 2022, ils sont remplacés par les codes TARIC 7019140010, 7019140090, 7019150010 et 7019150090.

(63) Règlement d’exécution (UE) 2015/2447 de la Commission du 24 novembre 2015 établissant les modalités d’application de certaines dispositions du règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil établissant le code des douanes de l’Union (JO L 343 du 29.12.2015, p. 558).


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