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AccueilDroit européen02024R2754-20260211
Règlement (consolidé)02024R2754-20260211

Règlement (UE) 2024/2754 (version consolidée)

CELEX02024R2754-20260211
TypeRèglement (consolidé)
Datemercredi 11 février 2026

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/2754

29.10.2024

RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2024/2754 DE LA COMMISSION

du 29 octobre 2024

instituant un droit compensateur définitif sur les importations de véhicules électriques à batterie neufs destinés au transport de personnes originaires de la République populaire de Chine

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet de subventions de la part de pays non membres de l’Union européenne (1) (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 15,

après consultation des États membres,

considérant ce qui suit:

1. PROCÉDURE

1.1. Ouverture de l’enquête

(1)

Le 4 octobre 2023, la Commission européenne (ci-après la «Commission») a ouvert, de sa propre initiative, une enquête antisubventions concernant les importations dans l’Union de véhicules électriques à batterie neufs (ci-après les «VEB») destinés au transport de personnes originaires de la République populaire de Chine (ci-après le «pays concerné», la «RPC» ou la «Chine») conformément à l’article 10, paragraphe 8, du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (2) (ci-après l’«avis d’ouverture»).

(2)

La Commission a ouvert l’enquête au motif que les importations de VEB originaires de la RPC faisaient l’objet de subventions et causaient de ce fait un préjudice (3) à l’industrie de l’Union.

(3)

Après une analyse approfondie de l’évolution récente du marché et eu égard à la sensibilité du secteur des véhicules électriques et à son importance stratégique pour l’économie de l’Union européenne en termes d’innovation, de valeur ajoutée et d’emploi, la Commission a recueilli des informations sur le marché auprès de diverses sources indépendantes. Ces informations tendaient à montrer l’existence de subventions de la part de la RPC qui ont une incidence négative sur la situation de l’industrie de l’Union des VEB.

(4)

Sur la base d’informations directement accessibles, il existait des éléments de preuve suffisants démontrant que les importations de VEB originaires de la RPC bénéficient de subventions passibles de mesures compensatoires accordées par les pouvoirs publics de la République populaire de Chine (ci-après les «pouvoirs publics chinois»). Ces subventions ont permis aux importations en faisant l’objet d’accroître rapidement leur part de marché dans l’Union au détriment de l’industrie de l’Union.

(5)

Les éléments de preuve disponibles ont fait apparaître la probabilité d’une augmentation substantielle des importations à bas prix faisant l’objet de subventions qui constituerait une menace de préjudice imminente pour une industrie de l’Union déjà vulnérable. Une telle flambée des importations à bas prix, qui gagnent des parts de marché significatives sur un marché en croissance rapide dans lequel un taux d’investissement important et durable est nécessaire du fait de la transition du marché de l’Union vers une électrification complète, ferait subir à l’industrie de l’Union de lourdes pertes financières qui pourraient devenir rapidement intenables.

(6)

Dans ces circonstances spéciales, étant donné que la Commission était en possession d’éléments de preuve suffisants tendant à montrer l’existence de subventions, d’une menace de préjudice et d’un lien de causalité requis pour l’ouverture d’une enquête antisubventions, elle a décidé, conformément à l’article 10, paragraphe 8, du règlement de base, de procéder à cette ouverture sans avoir reçu de plainte écrite déposée par l’industrie de l’Union ou en son nom.

(7)

Préalablement à l’ouverture de l’enquête antisubventions, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois de sa décision d’ouvrir une procédure d’office concernant les importations de VEB neufs en provenance de la RPC et les a invités à engager des consultations conformément à l’article 10, paragraphe 7, du règlement de base. Les pouvoirs publics chinois ont accepté l’invitation et des consultations se sont tenues le 2 octobre 2023. Lors des consultations, il a été pris dûment note des observations formulées par les pouvoirs publics chinois. Toutefois, aucune solution mutuellement convenue n’a pu être dégagée.

1.2. Enregistrement

(8)

Comme indiqué au considérant 8 du règlement d’exécution (UE) 2024/1866 de la Commission (4) (ci-après le «règlement provisoire»), par le règlement d’exécution (UE) 2024/785 de la Commission (5) (ci-après le «règlement soumettant à enregistrement»), la Commission a, de sa propre initiative, soumis à enregistrement les importations de VEB neufs destinés au transport de personnes originaires de la Chine à compter du 7 mars 2024.

1.3. Mesures provisoires

(9)

Conformément à l’article 29 bis du règlement de base, le 12 juin 2024, la Commission a fourni aux parties une synthèse des droits provisoires proposés ainsi que les détails du calcul des taux de subvention. Les parties intéressées ont été invitées à présenter leurs observations sur l’exactitude des calculs dans un délai de trois jours ouvrables. Des observations ont été reçues des producteurs chinois retenus dans l’échantillon, à savoir le groupe BYD, le groupe SAIC et le groupe Geely, ainsi que des producteurs-exportateurs Great Wall Motor Co. Ltd. (ci-après «GWM»), Spotlight Automotive Co. Ltd. (ci-après «Spotlight») et Volkswagen (Anhui) Automotive Co. Ltd. [ci-après «Volkswagen (Anhui)»].

(10)

Le 4 juillet 2024, la Commission a institué des mesures compensatoires provisoires sur les importations de VEB originaires de Chine par le règlement d’exécution (UE) 2024/1866.

1.4. Suite de la procédure

(11)

À la suite de la communication des faits et considérations essentiels sur la base desquels des mesures compensatoires provisoires ont été instituées (ci-après l’«information provisoire»), le groupe BYD, le groupe SAIC et les filiales de Geely Group Polestar Performance AB (ci-après «Polestar») et Volvo Car Cooperation, les producteurs-exportateurs groupe Dongfeng, GWM, NIO Holding (ci-après «NIO»), Spotlight, Tesla (Shanghai) Co. Ltd. [ci-après «Tesla (Shanghai)»] et Volkswagen (Anhui), les pouvoirs publics chinois, la Chambre de commerce chinoise pour l’importation et l’exportation de machines et de produits électroniques (ci-après la «CCCME»), l’Association chinoise des constructeurs automobiles (ci-après l’«ACCA»), les producteurs de l’Union société no 18, société no 22 et société no 24 et l’association allemande Verband der Automobilindustrie e.V (ci-après la «VDA») ont présenté des observations.

(12)

À titre liminaire, la Commission a fait observer que la CCCME et les pouvoirs publics chinois avaient formulé des observations détaillées sur les appréciations effectuées par la Commission dans le règlement provisoire concernant le préjudice et le lien de causalité, souvent sans prendre acte des conclusions et de leur justification fournies par la Commission dans le règlement provisoire. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont également réitéré un grand nombre d’observations déjà formulées dans leurs observations postérieures à l’ouverture de l’enquête, sans répondre, là encore, aux explications spécifiques et aux références aux éléments de preuve pertinents fournies par la Commission dans le règlement provisoire. La Commission a également observé que la CCCME et les pouvoirs publics chinois avaient principalement critiqué l’analyse effectuée par la Commission sans apporter de nouveaux éléments de preuve à cet égard ni étayer leurs déclarations par des éléments de preuve. Dans les sections ci-dessous, la Commission a répondu en détail aux observations formulées par la CCCME sans toutefois répéter les observations identiques formulées dans différentes sections.

(13)

Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues. Des auditions ont eu lieu avec le groupe BYD, la CCCME, le groupe Geely, les pouvoirs publics chinois, Polestar, le groupe SAIC, Spotlight, Volkswagen (Anhui), la société no 22, la société no 24 et la société no 27.

(14)

La Commission a continué de rechercher et de vérifier toutes les informations jugées nécessaires à l’établissement de ses conclusions finales. Pour établir ses conclusions finales, la Commission a examiné les observations présentées par les parties intéressées et a révisé ses conclusions provisoires lorsque c’était nécessaire. Afin de disposer de données plus complètes sur les prix de vente, le coût de production et la rentabilité de l’Union au cours de la période postérieure à l’enquête, elle a demandé aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon de fournir des données supplémentaires. Tous ces producteurs ont transmis les informations demandées.

(15)

Le 20 août 2024, la Commission a informé toutes les parties intéressées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé d’instituer un droit compensateur définitif sur les importations de VEB originaires de la RPC (ci-après l’«information finale»). Un délai a été accordé à l’ensemble des parties pour leur permettre de présenter leurs observations sur l’information finale.

(16)

Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues à la suite de l’information finale. Des auditions ont eu lieu avec le groupe SAIC, la société no 27, le groupe BYD, la CCCME, les pouvoirs publics chinois, Tesla (Shanghai), le groupe Geely, la société no 22 et Polestar.

(17)

À la suite de l’information finale, des observations ont été reçues de la part du groupe BYD, de CATL, des pouvoirs publics chinois, de Tesla (Shanghai), de GWM, de la CCCME, de l’ACCA, du groupe SAIC, du groupe Geely, de la VDA, d’Eurofer, de la société no 27, de la société no 18, de la société no 24, de la société no 22 et de Polestar.

(18)

Sur la base de ces observations, la Commission a révisé certaines de ses conclusions provisoires, modifié certaines des considérations sur la base desquelles elle envisageait d’instituer un droit compensateur définitif et en a informé toutes les parties intéressées (ci-après l’«information finale complémentaire») le 9 septembre 2024.

(19)

Des observations sur l’information finale complémentaire ont été reçues des pouvoirs publics chinois, de la CCCME, du groupe BYD, de Tesla, de Smart et de la société no 18 (uniquement dans une version confidentielle). En outre, la société no 18 a également présenté des observations, dans une version confidentielle, après le délai imparti pour formuler des observations sur l’information complémentaire. La plupart de ces observations ont déjà été abordées dans le document spécifique confidentiel adressé à la société.

1.5. Échantillonnage

1.5.1. Échantillonnage des producteurs de l’Union

(20)

À la suite de l’information provisoire, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont affirmé, d’une part, que l’échantillon de producteurs de l’Union était inconnu et non représentatif et, d’autre part, que les parties intéressées ne pouvaient pas en évaluer la représentativité. Ils ont également affirmé que l’on ne savait pas si les producteurs FEO de l’Union étaient inclus dans l’échantillon, si toutes les sociétés incluses dans l’échantillon étaient des FEO/des sociétés de l’Union opérant une transition de la production de véhicules ICE à la production de VEB ou si l’échantillon incluait d’autres producteurs de VEB, étant donné que les producteurs de l’Union opérant une transition de la production de véhicules ICE à la production de VEB peuvent se trouver dans une position économique moins favorable que les autres producteurs de l’Union. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que l’échantillon de producteurs de l’Union n’était pas représentatif, étant donné que la Commission n’avait pas appliqué le principe de l’entité économique unique aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, bien qu’il ait été appliqué aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont de surcroît affirmé que le principe de l’entité économique unique avait été appliqué à l’industrie de l’Union lors de précédentes enquêtes de défense commerciale, telle que celle relative au silicium-métal originaire de Chine (6), dans laquelle deux entités de production (FerroPem et FerroAtlantica) du groupe de producteurs de l’Union, le groupe Ferroglobe, avaient été considérées comme des parties liées et la production du producteur de l’Union réalisée par les deux entités de production avait été considérée comme un tout. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que le principe de l’entité économique unique était pertinent pour la détermination des prix de vente de l’industrie de l’Union qui sont comparés au prix à l’exportation aux fins de l’analyse de la sous-cotation et du blocage des prix.

(21)

Comme expliqué au considérant 12 du règlement provisoire, l’anonymat a été accordé aux producteurs de l’Union en raison du risque d’effet défavorable notable sous la forme de mesures de rétorsion. Par conséquent, la Commission ne peut divulguer l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Toutefois, l’anonymat accordé aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ne rend pas l’échantillon non représentatif. Comme expliqué au considérant 26 du règlement provisoire, l’échantillon a été constitué sur la base du plus grand volume représentatif de ventes et de production du produit similaire dans l’Union au cours de la période d’enquête (7). La Commission a également tenu compte de la répartition géographique des producteurs de l’Union au sein de l’Union et a garanti l’inclusion d’un large éventail de modèles de VEB. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient 38 % des ventes et 34 % du volume de production total de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête. En outre, après la visite de vérification des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, le 4 juin 2024, la Commission a ajouté une note au dossier (8) et a confirmé que les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient 32 % des ventes dans l’Union et 30 % de la production dans l’Union au cours de la période d’enquête. De plus, le fait d’indiquer si toutes les sociétés retenues dans l’échantillon étaient ou non des FEO qui produisaient des véhicules ICE et qui produisent à présent des VEB révélerait également par inadvertance l’identité de certains producteurs de l’Union et, partant, la Commission violerait son obligation juridique de maintenir l’anonymat accordé aux producteurs de l’Union. Par conséquent, la demande de divulgation de ces informations a été rejetée.

(22)

Enfin, la CCCME a confondu le principe de l’entité économique unique avec l’échantillonnage au niveau du groupe. Par souci de clarté, le principe de l’entité économique unique est appliqué dans certaines conditions pour calculer le prix à l’exportation au niveau départ usine (c’est-à-dire à l’entrée de l’usine du producteur) aux fins du calcul de la marge de dumping. Dans le cadre de la présente enquête antisubventions, la Commission n’avait pas besoin de calculer un prix à l’exportation départ usine et, par conséquent, ce principe n’a pas été appliqué. En ce qui concerne l’échantillonnage des producteurs de l’Union, la Commission a informé les parties intéressées lors de l’ouverture de l’enquête que l’échantillonnage serait effectué au niveau de l’entité de production et non au niveau du groupe (9). Il s’agit de la pratique habituellement employée par la Commission pour procéder à l’échantillonnage des producteurs de l’Union et aucune information disponible ne permettait de penser qu’une approche différente était justifiée dans le cadre de la présente enquête. La CCCME et les pouvoirs publics chinois n’ont pas non plus avancé d’éléments de preuve à cet égard. En outre, dans le cadre de l’enquête sur le silicium-métal originaire de Chine, contrairement à ce qu’affirment la CCCME et les pouvoirs publics chinois, la Commission n’a pas appliqué le principe de l’entité économique unique, mais a enquêté sur deux producteurs du même groupe. Enfin, dans le cadre de la présente enquête, le calcul de la marge de sous-cotation a été effectué au niveau du prix facturé au concessionnaire dans l’Union, comme expliqué au considérant 1023 du règlement provisoire, qui est différent du niveau départ usine.

(23)

Compte tenu de ce qui précède, les conclusions exposées aux considérants 24 à 45 du règlement provisoire ont été confirmées.

1.5.2. Échantillonnage des importateurs

(24)

En l’absence de toute observation concernant l’échantillonnage des importateurs, les conclusions énoncées aux considérants 46 et 47 du règlement provisoire ont été confirmées.

1.5.3. Échantillonnage des producteurs-exportateurs en RPC

(25)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a fait valoir que la sélection de l’échantillon faussait les conclusions qui en résultaient, étant donné que Tesla (Shanghai) n’avait pas été retenue dans l’échantillon malgré son volume important d’exportations de VEB vers le marché de l’Union et que, dans presque toutes les enquêtes de défense commerciale, la Commission sélectionnait l’échantillon sur la base du volume des exportations. Le groupe BYD a également affirmé que la Commission n’avait pas fourni d’explication claire quant à la non-inclusion de Tesla (Shanghai) dans l’échantillon et n’avait pas indiqué pour quel motif elle avait accepté la demande d’examen individuel de Tesla (Shanghai).

(26)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois et la CCCME ont réitéré leur allégation selon laquelle l’échantillon de producteurs-exportateurs chinois sélectionné était axé sur les résultats, biaisé et incompatible avec l’article 27, paragraphe 1, du règlement de base. En particulier, la non-inclusion de Tesla (Shanghai) dans l’échantillon des producteurs-exportateurs chinois était contraire à la finalité même de l’échantillonnage et au règlement de base et reflétait l’approche discriminatoire de la Commission. Selon les pouvoirs publics chinois et la CCCME, la non-inclusion de Tesla (Shanghai) rendait l’échantillon non représentatif et Tesla (Shanghai) pouvait raisonnablement faire l’objet d’une enquête dans le délai imparti. En outre, la Commission disposait du temps et des ressources nécessaires pour vérifier cette société et établir son taux de subvention et, par conséquent, Tesla (Shanghai) aurait pu être incluse dans l’échantillon dès le départ. En n’incluant pas Tesla (Shanghai) dans l’échantillon, la Commission a artificiellement augmenté le droit moyen pondéré applicable aux producteurs-exportateurs chinois ayant coopéré non retenus dans l’échantillon, ce qui témoigne d’une approche ciblée et sélective.

(27)

La Commission a souligné qu’elle avait déjà répondu à des allégations similaires aux considérants 54 et 55 du règlement provisoire. La sélection de l’échantillon était pleinement conforme aux dispositions de l’article 27 du règlement de base, compte tenu des spécificités du cas d’espèce et a donc été jugée représentative pour le secteur des exportateurs de VEB chinois. La Commission n’a pas adopté d’approche ciblée et sélective pour constituer l’échantillon. Les raisons pour lesquelles la Commission a accepté la demande d’examen individuel sont expliquées au considérant 30 du présent règlement. Le fait que la Commission aurait eu la possibilité de calculer un taux de subvention individuel pour Tesla (Shanghai) ne signifie pas qu’au moment de la constitution de l’échantillon, l’inclusion de cet exportateur était possible ou appropriée.

(28)

Compte tenu de ce qui précède, les conclusions exposées aux considérants 48 à 76 du règlement provisoire ont été confirmées.

1.6. Examen individuel

(29)

Tesla (Shanghai), un producteur-exportateur en RPC, a demandé et obtenu un examen individuel au titre de l’article 27, paragraphe 3, du règlement de base.

(30)

La Commission a accepté la demande d’examen individuel de Tesla (Shanghai) compte tenu de la structure sociale simple de la société, qui lui a permis de disposer de suffisamment de temps et de ressources pour l’examiner. Aucune autre demande d’examen individuel n’a été reçue.

1.7. Allégations relatives à des questions de procédure et aux droits de la défense

(31)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD, l’ACCA, la CCCME, le groupe Geely, les pouvoirs publics chinois, le groupe SAIC et NIO ont formulé des observations sur des questions de procédure.

(32)

À la suite de l’information finale, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont formulé des observations sur des questions de procédure.

(33)

À la suite de l’information provisoire, l’ACCA a fait valoir que la Commission exigeait des entreprises qu’elles fournissent des informations, des détails et des «secrets d’affaires» qui dépassaient le cadre de l’enquête.

(34)

La Commission a contesté cette allégation. Selon elle, les informations demandées aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et à leurs parties liées étaient nécessaires pour évaluer l’existence de subventions passibles de mesures compensatoires en ce qui concerne les VEB et leurs pièces et composants. En outre, comme déjà indiqué au considérant 284 du règlement provisoire, il appartient à la Commission, et non à une partie, de déterminer quelles informations elle juge nécessaires aux fins de l’enquête. La Commission rappelle également que, conformément à l’article 29, paragraphe 6, du règlement de base, les informations reçues dans le cadre de la présente enquête n’ont été utilisées qu’aux fins de l’évaluation de l’existence de subventions passibles de mesures compensatoires conformément au règlement de base et à l’accord SMC. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(35)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a fait valoir que l’ouverture d’office de l’enquête n’était pas justifiée. Selon lui, les termes de «circonstances spéciales» employés à l’article 10, paragraphe 8, du règlement de base doivent fournir davantage d’éclairages que ce que prévoit l’article 10, paragraphe 2, du règlement de base, et les explications données dans l’avis d’ouverture décrivent une situation qui n’est pas différente de l’ouverture d’une enquête sur la base d’une plainte écrite.

(36)

Le groupe BYD a ajouté que les éléments de preuve sur lesquels la Commission a ouvert l’enquête étaient un ensemble de subventions présumées fondées sur des informations provenant des médias, des rapports financiers vérifiés accessibles au public de certaines sociétés holding de sociétés qui ne produisaient pas uniquement des VEB ainsi qu’une liste de politiques et de références tirées d’enquêtes antérieures sur des importations de produits de différents secteurs industriels originaires de Chine, et qu’une liste d’une série de politiques et de subventions provenant d’affaires antérieures ne pouvait pas être considérée comme conforme aux dispositions de l’article 11.2 de l’accord SMC ni comme satisfaisant au niveau de preuve requis pour le secteur des VEB.

(37)

En outre, le groupe BYD a fait valoir que les allégations relatives à la menace de préjudice important et, en particulier, à la transition des structures de production de l’industrie automobile de l’Union ne pouvaient pas justifier une ouverture d’office de l’enquête, étant donné que les résultats économiques globaux de l’industrie de l’Union affichaient une dynamique positive relativement importante.

(38)

La Commission a rappelé que le document d’ouverture et la note contenaient des éléments de preuve suffisants tendant à démontrer l’existence des subventions, de la menace de préjudice et du lien de causalité requis pour l’ouverture d’une enquête antisubventions, conformément à l’article 10, paragraphe 8, du règlement de base, et que les circonstances spéciales de l’ouverture de la présente procédure ont été exposées de manière très détaillée tant dans le document d’ouverture (10) que dans l’avis d’ouverture (11). En outre, comme déjà expliqué au considérant 119 du règlement provisoire, pour tous les différents régimes allégués dans le document d’ouverture, la Commission a indiqué la base juridique, expliqué en quoi ces régimes de subventions étaient propres au secteur des VEB et, dans la mesure où elle y a eu accès, fourni des informations détaillées provenant de sources accessibles au public sur les montants des subventions octroyées par les pouvoirs publics chinois aux producteurs-exportateurs de VEB. Par conséquent, la Commission a considéré qu’elle disposait de suffisamment d’éléments de preuve de l’existence de subventions passibles de mesures compensatoires, conformément au règlement de base et à l’accord de l’OMC sur les subventions et les mesures compensatoires (ci-après l’«accord SMC»). La Commission a fait observer que le groupe BYD ne contestait pas l’existence de politiques, mais uniquement la mesure dans laquelle celles-ci étaient contraignantes pour l’industrie des VEB. La Commission a également observé que les informations aisément disponibles fournissaient des éléments de preuve indiquant que le secteur des VEB était mentionné dans plusieurs documents des pouvoirs publics. Le groupe BYD n’a présenté aucun élément de preuve démontrant que ces documents n’étaient pas applicables au produit concerné. Par conséquent, ces arguments ont été jugés dénués de pertinence.

(39)

En outre, au considérant 117 du règlement provisoire, il a été expliqué que la Commission avait suffisamment justifié l’ouverture d’office dans le document d’ouverture. En particulier, elle a considéré que la pénétration rapide du marché par les importations de VEB en provenance de Chine à bas prix et faisant l’objet de subventions, qui menace de porter irrémédiablement préjudice à l’industrie de l’Union, était d’une nature particulière justifiant l’ouverture d’une enquête d’office. Les subventions accordées au secteur chinois des VEB ont provoqué un afflux important et accéléré d’importations de VEB produits en Chine sur le marché de l’Union à des prix qui font baisser les prix ou empêchent des hausses de prix qui, sans cela, se seraient produites, menaçant ainsi de causer un préjudice important à l’industrie des VEB de l’Union, qui pourrait être irréparable en raison de l’évolution technologique et du niveau de financement de la R & D nécessaire. Ces arguments ont donc été rejetés.

(40)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC et NIO ont fait valoir qu’à partir du moment où l’avis d’ouverture de l’enquête en cours avait été publié le 4 octobre 2023, conformément à l’article 12, paragraphe 1, du règlement de base, la Commission aurait dû instituer des droits provisoires au plus tard le 4 juillet 2024 et non le 5 juillet 2024, c’est-à-dire «au plus tard neuf mois après l’ouverture de la procédure».

(41)

Toutefois, selon l’article 3, paragraphe 1, du règlement (CEE, Euratom) no 1182/71 du Conseil (12), «[s]i un délai exprimé en jours, en semaines, en mois ou en années est à compter à partir du moment où survient un événement ou s’effectue un acte, le jour au cours duquel a lieu cet événement ou s’effectue cet acte n’est pas compté dans le délai». Cela signifie que la date de début du calcul du délai de neuf mois était le jour suivant la publication de l’avis d’ouverture, à savoir le 5 octobre 2023, et que le délai a expiré le 5 juillet 2024, conformément à l’article 3, paragraphe 2, point c), du règlement (CEE, Euratom) no 1182/71. La Commission a considéré qu’elle s’était conformée aux dispositions pertinentes du règlement de base et l’allégation a été rejetée.

(42)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a affirmé que l’afflux continu de questionnaires et de demandes de clarification supplémentaires de la Commission avait fait peser une charge excessive sur le groupe, violant ainsi ses droits à une procédure équitable; plus précisément, le groupe Geely a indiqué qu’il lui avait été demandé de fournir une grande quantité d’informations une semaine seulement après l’échantillonnage, avant le délai minimal de 30 jours accordé aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon pour répondre au questionnaire, exigé par l’accord SMC et le règlement de base.

(43)

La Commission a considéré que ses demandes d’informations étaient raisonnables, et elle a échangé avec le groupe Geely dans le plein respect de ses droits procéduraux. La Commission a reconnu les efforts déployés par le groupe Geely pour répondre à ses questionnaires et demandes de complément d’information, qu’elle a jugés proportionnels à la taille et à la complexité du groupe Geely lui-même. Elle a souligné que toutes les réponses fournies par le groupe avaient été analysées et vérifiées, dans la mesure du possible, en garantissant ainsi que les informations fournies par le groupe Geely correspondaient aux efforts du groupe et aboutissaient à des conclusions qui étaient les plus proches de la situation du groupe pendant la période d’enquête. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(44)

Le groupe Geely a également affirmé qu’après la publication du questionnaire et de la décision d’échantillonnage, la Commission avait élargi le périmètre des entités devant répondre (13). Le groupe Geely a compilé et fourni des informations pour plus de 120 entités, bien que bon nombre de ces observations ne soient pas directement pertinentes pour l’enquête. Cette charge excessive a violé les droits de la partie à une procédure équitable.

(45)

La Commission a observé que la lettre à laquelle il est fait référence n’avait pas élargi le périmètre des entités devant répondre. Les sociétés liées du groupe exerçant les activités spécifiées dans la lettre de la Commission étaient essentielles à la détermination des faits relatifs au subventionnement du groupe dans n’importe quelle enquête antisubventions, tandis que le nombre d’entités devant répondre était proportionnel à la taille et à la complexité de tout groupe exportateur faisant l’objet de l’enquête. Par conséquent, les informations fournies par ces sociétés liées n’ont fait que renforcer les conclusions adéquates relatives au groupe Geely, qui étaient les plus proches de la situation du groupe au cours de la période d’enquête, garantissant ainsi le respect des droits du groupe Geely. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(46)

Le groupe Geely a en outre affirmé que l’enquête avait fait peser une lourde charge sur le groupe, à savoir qu’il avait soumis plus de 280 réponses, souvent dans des délais très courts, avait géré 14 semaines de vérification sur place sur trois sites et avait produit plus de 880 preuves de vérification. Malgré les demandes répétées (14) soumises au titre de l’article 12.11 de l’accord SMC, celles-ci ont été rejetées par la Commission.

(47)

La Commission a observé que toutes les demandes présentées par le groupe Geely avaient été dûment prises en considération tout au long de l’enquête. Toutefois, les éléments manquants nécessaires pour compléter les conclusions relatives au groupe ont été demandés et utilisés conformément à l’article 28 du règlement de base, dans le respect des procédures standard des enquêtes antisubventions établies à l’article 10, paragraphe 8, du règlement de base. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(48)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a fait valoir qu’en raison de l’anonymat accordé aux producteurs, fournisseurs et importateurs de l’Union, i) la Commission avait traité comme confidentielles les données relatives à l’industrie de l’Union, affectant ainsi sensiblement la divulgation des informations essentielles relatives à l’évaluation du préjudice, ce qui portait atteinte au bon exercice des droits de la défense du groupe Geely, ii) le groupe Geely n’avait que peu de visibilité sur les informations recueillies auprès de l’industrie de l’Union par la Commission, et iii) la Commission avait appliqué une confidentialité très étendue à toutes les observations des parties de l’Union.

(49)

La Commission n’a pas traité toutes les informations relatives à l’industrie de l’Union comme confidentielles, mais seulement celles qui étaient susceptibles de révéler l’identité de l’industrie de l’Union. Comme expliqué au considérant 16 du règlement provisoire, en raison du faible nombre de groupes fabriquant des VEB sur le marché de l’Union et de la quantité importante d’informations publiques et disponibles sur abonnement concernant ces groupes, la Commission n’a pas pu divulguer certaines informations relatives aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, car ces informations pouvaient révéler l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. À la section 4 du règlement provisoire, la Commission a analysé tous les indicateurs de préjudice demandés par le règlement de base. Elle a également versé au dossier non confidentiel de l’enquête les réponses non confidentielles au questionnaire des quatre producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, les lettres non confidentielles préalables aux visites de vérification sur place ainsi que les rapports de mission non confidentiels, comme dans toute autre enquête. Contrairement à l’allégation du groupe Geely, la Commission n’a pas appliqué un traitement confidentiel très étendu à toutes les observations des parties de l’Union. Des versions non confidentielles appropriées de ces observations ont été ajoutées au dossier non confidentiel de l’enquête et le groupe Geely n’a pas précisé ce qui manquait exactement dans ces observations. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(50)

À la suite de l’information provisoire, la CCCME, les pouvoirs publics chinois, le groupe Geely et le groupe SAIC ont affirmé que, en ce qui concerne les calculs de la marge de sous-cotation, la Commission avait fourni des explications et des détails factuels insuffisants pour la CCCME et les pouvoirs publics chinois et que, par conséquent, ils n’étaient pas en mesure de comprendre les calculs et de formuler des observations pertinentes. En particulier, la CCCME, les pouvoirs publics chinois et le groupe SAIC ont fait valoir que la Commission n’avait fourni aucune explication motivée quant à la manière dont la description des numéros de contrôle des produits (ci-après les «NCP») et les prix unitaires et volumes de l’industrie de l’Union agrégés au niveau des NCP risquaient d’entraîner la divulgation de l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, vu que les données sont agrégées pour les quatre producteurs retenus dans l’échantillon. Cette allégation a également été réitérée par la CCCME et les pouvoirs publics chinois après l’information finale.

(51)

Par conséquent, la CCCME, les pouvoirs publics chinois et le groupe SAIC ont demandé à la Commission de divulguer: i) les NCP des producteurs-exportateurs chinois et des producteurs de l’Union utilisés aux fins de la comparabilité des prix, ii) la quantité et la valeur, du point de vue des NCP, des sept NCP de l’industrie de l’Union utilisés pour la comparaison. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont demandé à la Commission de divulguer i) la marge de sous-cotation des cinq NCP comparables, c’est-à-dire sans inclure les NCP très similaires, ainsi que le pourcentage de correspondance entre les ventes des exportateurs chinois retenus dans l’échantillon et des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon si les deux NCP qui se ressemblaient étroitement étaient exclus, et ii) la différence entre les éléments des NCP et la réalisation ou non d’ajustements afin de tenir compte des différences. Une demande similaire a aussi été formulée par le groupe SAIC. Ce dernier a également demandé à la Commission de divulguer: i) combien de NCP étaient vendus par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, ii) le nombre total de NCP vendus par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon au cours de la période d’enquête, et iii) le volume et la valeur des sept NCP correspondant aux NCP chinois en pourcentage des ventes totales dans l’Union des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. En outre, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont fait valoir qu’il était notoire que les ventes des producteurs de VEB de l’Union concernaient principalement les segments de luxe/haut de gamme, dans lesquels les producteurs chinois ont des ventes négligeables, voire inexistantes, et que, par conséquent, il était nécessaire de connaître le volume des ventes de l’Union comparables aux ventes des producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon pour comprendre la représentativité du calcul.

(52)

La Commission n’a communiqué le calcul de la marge moyenne pondérée de sous-cotation qu’aux trois producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon. Il apparaît toutefois que ces sociétés ont transmis ces dossiers à la CCCME et aux pouvoirs publics chinois, puisque ces informations ne leur avaient pas été divulguées. En outre, la CCCME représentait également des producteurs-exportateurs chinois non retenus dans l’échantillon et n’a donc pas reçu de la Commission le calcul de la marge moyenne pondérée de sous-cotation. Par ailleurs, les trois producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon ont également reçu de la Commission leurs calculs détaillés du prix de vente au concessionnaire pour chacune de leurs transactions de vente. Par conséquent, il était raisonnable de conclure que les producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon avaient également fourni ces fichiers à la CCCME et aux pouvoirs publics chinois, de sorte que ces derniers étaient en mesure de calculer le volume et les prix de vente par NCP pour les trois producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon. En outre, étant donné que la Commission a également communiqué le volume total et la valeur des ventes des producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon, la CCCME et les pouvoirs publics chinois peuvent vérifier ces données en conséquence. De plus, la Commission a communiqué le pourcentage de correspondance pour les ventes des producteurs-exportateurs chinois (c’est-à-dire le pourcentage des ventes des producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon qui correspondaient aux ventes des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon). Étant donné que la correspondance était très élevée globalement et pour chaque producteur-exportateur chinois retenu dans l’échantillon et que chaque NCP était vendu dans des volumes différents, la CCCME et les pouvoirs publics chinois peuvent parfaitement comprendre quels NCP des producteurs-exportateurs chinois ont été utilisés dans le calcul de la marge de sous-cotation.

(53)

En outre, dans l’information individuelle envoyée aux producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon, la Commission a expliqué que les NCP, le volume et les prix de l’industrie de l’Union au niveau des NCP ne pouvaient pas être divulgués, car ils risquaient de révéler l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. En outre, au considérant 95 du règlement provisoire, la Commission a expliqué que le marché des VEB de l’Union était composé d’un petit nombre de groupes de producteurs. Il existait un grand nombre d’informations publiques ainsi que des informations très détaillées, disponibles sur la base d’un abonnement payant, concernant l’industrie des VEB de l’Union, auxquelles la CCCME, les pouvoirs publics chinois, le groupe Geely et le groupe SAIC pouvaient avoir accès. Par exemple, les descriptions techniques de chaque VEB vendu par l’industrie de l’Union étaient accessibles au public soit dans le catalogue/la brochure des producteurs ou concessionnaires de l’Union, soit dans certaines bases de données telles que la base de données sur les véhicules électriques (Electric Vehicle Database) (15). Par conséquent, toute partie intéressée peut établir les NCP relatifs à tous les modèles de VEB vendus par l’industrie de l’Union et les producteurs-exportateurs chinois sur le marché de l’Union. En outre, sur la base des informations publiques publiées par l’Agence européenne pour l’environnement (ci-après l’«AEE») ou d’un abonnement payant à S&P Global Mobility, la CCCME, les pouvoirs publics chinois, le groupe SAIC et le groupe Geely peuvent comprendre le volume des ventes de chaque modèle de VEB sur le marché de l’Union. Il s’ensuit qu’en divulguant les NCP de l’industrie de l’Union et/ou le volume des ventes de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête, ainsi que le volume et la valeur des sept NCP de l’industrie de l’Union utilisés pour la comparaison, compte tenu des nombreuses informations publiques et des abonnements payants disponibles, il existe un risque très élevé que l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon soit révélée.

(54)

En ce qui concerne la divulgation de la marge de sous-cotation des cinq NCP comparables, la Commission a fait observer qu’elle avait divulgué la marge de sous-cotation pour chaque NCP qui correspondait aux NCP chinois (7 NCP sur 17 NCP exportés par les producteurs-exportateurs chinois au cours de la période d’enquête). Toutefois, la Commission n’a pas jugé utile de divulguer ces calculs, étant donné que les producteurs-exportateurs chinois n’ont manifestement pas exporté uniquement ces cinq NCP sur le marché de l’Union au cours de la période d’enquête.

(55)

En ce qui concerne la différence entre les éléments des NCP et la question de savoir si des ajustements ont été opérés afin de tenir compte de ces différences, la Commission a précisé que la différence entre le NCP et celui qui lui ressemblait étroitement ne concernait que la puissance des VEB: autrement dit, un VEB chinois plus puissant a été comparé à un VEB de l’Union moins puissant. La Commission n’a procédé à aucun ajustement pour tenir compte de la différence de puissance, étant donné qu’un VEB plus puissant était plus cher qu’un VEB moins puissant, toutes les autres caractéristiques des NCP étant les mêmes par ailleurs.

(56)

En outre, le nombre de NCP vendus par l’industrie de l’Union est dénué de pertinence aux fins du calcul de la sous-cotation. De surcroît, comme expliqué au considérant 53 du présent règlement, la Commission ne peut divulguer les NCP vendus par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon au cours de la période d’enquête.

(57)

En ce qui concerne la quantité et la valeur des sept NCP correspondant aux NCP chinois en pourcentage des ventes totales dans l’Union des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, la Commission a indiqué au considérant 1044 du règlement provisoire que la correspondance entre les NCP chinois et les NCP de l’Union était très élevée en moyenne et correspondait à 88 % des ventes totales des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. La Commission a relevé une faute de frappe au considérant 1044 du règlement provisoire: en effet, la correspondance s’élevait à 83 % des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, et non à 88 %. Une fois exclus les NCP qui se ressemblaient étroitement, la correspondance était de 61 %. Ce calcul a été effectué pour le volume des ventes. Un calcul fondé sur la valeur des ventes est dénué de pertinence à cet égard, étant donné que les NCP n’ont pas les mêmes prix et que le résultat serait donc trompeur.

(58)

En outre, comme souligné au considérant 1042 du règlement provisoire, il n’existait aucune segmentation universellement acceptée pour les voitures particulières et il était difficile de savoir ce que signifiaient des marques «entrée de gamme», «milieu de gamme», «haut de gamme» et «luxe», étant donné que ces termes se prêtaient à une large interprétation. Néanmoins, dans un souci de clarification, il est factuellement erroné de dire que les ventes des producteurs de VEB de l’Union concernaient principalement les segments de luxe/haut de gamme dans lesquels les producteurs chinois ont des ventes négligeables. Par exemple, selon LMC Automotive ou S&P Global Mobility, les producteurs de l’Union tels que e.GO Mobile, Hyundai, Renault, Stellantis et Volkswagen vendent des marques qui ne sont pas considérées comme des marques de luxe/haut de gamme. En outre, Geely a vendu dans l’Union la marque Polestar 2, qui est considérée comme une marque haut de gamme par LMC Automotive et S&P Global Mobility.

(59)

Enfin, la Commission a atténué les conséquences liées au fait de ne pas avoir fourni l’intégralité des informations en fournissant une évaluation très détaillée de la méthode utilisée et une analyse des différents acteurs, canaux de vente et modèles de vente utilisés au cours de la période d’enquête. Comme expliqué ci-dessus, de plus amples détails n’ont pas pu être divulgués en raison du risque que l’identité des producteurs de l’Union soit révélée. Cette approche est justifiée, car le marché des VEB de l’Union est ouvert et transparent et tous les acteurs du marché disposent de capacités de marketing très développées pour examiner les modèles de leurs concurrents. C’est pour ces raisons qu’il est impossible de divulguer de plus amples détails sur le calcul de la sous-cotation, tels que les NCP.

(60)

Par conséquent, ces demandes ont été rejetées.

(61)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a déclaré qu’il n’avait pas reçu de calcul de la marge de sous-cotation individuelle.

(62)

La Commission n’est pas légalement tenue de calculer une marge de sous-cotation pour chaque producteur-exportateur retenu dans l’échantillon. La marge de sous-cotation est un indicateur de préjudice et, par conséquent, le calcul d’une marge moyenne pondérée de sous-cotation est suffisant pour l’évaluation du préjudice. Cette marge est différente de la marge de préjudice (marge de sous-cotation des prix indicatifs) qui doit être calculée pour chaque producteur-exportateur lorsque le droit est fondé sur la marge de sous-cotation des prix indicatifs. Par conséquent, cette allégation a été rejetée.

(63)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a soutenu que, dans les calculs de la sous-cotation, la Commission avait utilisé des NCP différents de ceux qu’elle l’avait avisé d’utiliser et qu’elle ne lui avait fourni aucune explication sur la portée des nouveaux NCP.

(64)

Toutefois, la Commission n’a pas utilisé, pour le calcul de la marge de sous-cotation, des NCP différents de ceux qu’elle avait demandés aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon d’utiliser. La Commission a simplement remplacé chaque NCP par le NCP 1, le NCP 2, etc. afin de ne pas divulguer les NCP exacts utilisés dans le calcul de la sous-cotation, car cela risquait de révéler l’identité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, comme expliqué au considérant 53 du présent règlement. Par conséquent, cette allégation a été rejetée.

(65)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois et la CCCME ont soutenu que l’information finale ne fournissait pas les faits essentiels sous-tendant les conclusions de la Commission relatives à l’existence de subventions et d’une menace de préjudice causée par celles-ci, en particulier en ce qui concerne i) les prêts préférentiels allégués, ii) la fourniture d’intrants alléguée, iii) l’attribution de droits relatifs à l’utilisation du sol moyennant une rémunération moins qu’adéquate, iv) la base factuelle de la déclaration effectuée par la Commission au considérant 771 du présent règlement selon laquelle les volumes de vente des producteurs de l’Union auraient été considérables et très différents en l’absence d’importations de VEB en provenance de Chine, v) la manière dont la Commission a filtré les données de l’AEE et les a réparties entre les importations de VEB de marques chinoises et les auto-importations et a évalué l’origine des VEB; la raison pour laquelle les données de l’AEE ont été divisées en deux catégories, «produit concerné» et «autres que le produit concerné»; la raison pour laquelle les données de Tesla ont été divisées en deux catégories, «production du modèle Y dans l’UE» et «production du modèle Y hors de l’UE», vi) la base factuelle de la conclusion de la Commission selon laquelle «la situation de l’industrie de l’Union se détériorera à mesure que les importations faisant l’objet de subventions en provenance de Chine à des prix sous-cotés augmenteront dans un avenir proche», vii) la base factuelle sur laquelle la Commission s’est fondée dans son analyse de non-imputation pour écarter a) les auto-importations de l’industrie de l’Union, b) la concurrence au sein de l’industrie de l’Union, et c) la transition opérée par l’industrie de l’Union des véhicules ICE vers les VEB ainsi que d’autres facteurs connus ayant une incidence négative sur la situation de l’industrie de l’Union, et viii) la base factuelle de la conclusion de la Commission selon laquelle toute augmentation des coûts due à des problèmes réglementaires n’aurait affecté l’industrie de l’Union que par le passé.

(66)

Lors de l’information finale, la Commission a communiqué ses conclusions à toutes les parties intéressées dans un document d’information générale et a fourni des informations détaillées sur la méthode et les calculs effectués concernant les taux de subvention des sociétés retenues dans l’échantillon et examinées individuellement, y compris des détails sur le choix de l’échantillon, les prêts préférentiels, la fourniture d’intrants et la fourniture de droits relatifs à l’utilisation du sol moyennant une rémunération moins qu’adéquate. Un aperçu détaillé des observations reçues concernant ces régimes de subvention est présenté aux sections 3.5 et 3.7 ci-dessous.

(67)

En ce qui concerne le point iv), au considérant 771 du présent règlement, la Commission a exprimé son désaccord sur le fait qu’un blocage des prix aurait eu lieu en l’absence d’importations en provenance de Chine et a indiqué que, de toute évidence, le marché de l’Union aurait été radicalement différent si de grandes quantités d’importations faisant l’objet de subventions en provenance de Chine n’y avaient pas été présentes à des prix sous-cotant ceux de l’Union. De fait, en l’absence de concurrence chinoise déloyale, l’industrie de l’Union aurait vendu beaucoup plus de VEB sur le marché de l’Union (il est à noter que les importations faisant l’objet de subventions ont injustement gagné des parts de marché au cours de la période considérée, aux dépens des ventes de l’industrie de l’Union et que les Chinois vendaient des VEB semblables à ceux de l’industrie de l’Union, puisque la correspondance entre les NCP chinois et les NCP de l’Union était supérieure à 90 % pour chacun des producteurs-exportateurs, comme expliqué au considérant 1031 du règlement provisoire), ce qui lui aurait permis de réduire ses coûts unitaires en profitant d’une bien meilleure capacité à répartir ses coûts fixes sur un plus grand nombre de ventes. Cela aurait permis aux producteurs de l’Union de fixer des prix à des niveaux plus rentables dans le contexte de la transition du marché des véhicules ICE vers les VEB.

(68)

En ce qui concerne le point v), ces allégations ont été examinées aux considérants 716 et 717 du présent règlement.

(69)

En ce qui concerne le point vi), comme expliqué au considérant 1023 du présent règlement, la Commission a tiré cette conclusion après avoir évalué plusieurs mesures indiquant la probabilité d’une nouvelle augmentation substantielle des importations aux considérants 1113 à 1118 du règlement provisoire, l’attrait de l’industrie de l’Union aux considérants 1119 à 1129 du règlement provisoire et l’évolution probable des parts de marché des importations en provenance de Chine sur le marché de l’Union aux considérants 1130 à 1137 du règlement provisoire. En outre, la Commission a conclu, au considérant 1138 du règlement provisoire, qu’une augmentation des parts de marché, principalement de marques chinoises, était probable dans un avenir proche en évaluant le nombre élevé d’annonces effectuées par les producteurs-exportateurs chinois pour le lancement de nouveaux modèles de VEB sur le marché de l’Union, comme expliqué aux considérants 1126 et 1127 du règlement provisoire, tandis que les FEO de véhicules ICE de l’Union opérant une transition vers la production de VEB n’ont annoncé aucun plan majeur d’importer des VEB en provenance de Chine et que la plupart d’entre eux avaient un modèle ou une marque de VEB qu’ils importaient de Chine dans des quantités largement inférieures à leur production dans l’Union. En outre, les stocks de VEB chinois dans l’Union, tels qu’établis aux considérants 1157 à 1159 du règlement provisoire, constituent un indicateur pertinent de la future pression exercée par les VEB chinois sur l’industrie de l’Union, étant donné que ces volumes sont clairement principalement destinés à la vente sur le marché de l’Union.

(70)

De surcroît, une augmentation de la part de marché des importations en provenance de Chine entraînait une diminution de la part de marché de l’industrie de l’Union, ce qui se traduit par une baisse du volume de production pour l’industrie de l’Union et donc par une hausse des coûts unitaires. D’autre part, pour pouvoir livrer concurrence aux VEB chinois, l’industrie de l’Union devrait baisser ses prix, ce qui veut dire que ses pertes financières augmenteraient. Qui plus est, une industrie qui perd constamment des parts de marché et qui enregistre des pertes financières croissantes ne sera pas en mesure de continuer d’investir, ni, dès lors, de lancer de nouveaux modèles de VEB sur le marché de l’Union. La situation de l’industrie de l’Union se détériorera donc à mesure que les importations faisant l’objet de subventions en provenance de Chine à des prix sous-cotés augmenteront dans un avenir proche.

(71)

En ce qui concerne le point vii), la question de savoir si les auto-importations de l’industrie de l’Union constituaient un facteur entraînant une menace de préjudice pour l’industrie de l’Union a été examinée au considérant 1213 du règlement provisoire et au considérant 1218 du présent règlement. En particulier, au considérant 1218 du présent règlement, la Commission a déclaré qu’elle avait procédé à une analyse des «auto-importations» aux considérants 1212 à 1214 du règlement provisoire et qu’elle avait fourni une ventilation de la part de marché des importations i) des producteurs-exportateurs chinois liés aux FEO de véhicules ICE de l’Union opérant une transition vers la production de VEB, ii) de Tesla, et iii) de toutes les autres importations en provenance de Chine dans les tableaux 12a et 12b du règlement provisoire, respectivement aux considérants 1132 et 1134. La Commission a en outre expliqué que cette analyse devait être examinée conjointement avec les données figurant dans le tableau 13 du présent règlement. La Commission a par ailleurs déclaré que la norme juridique relative au lien de causalité exigeait que toutes les importations originaires du pays concerné fassent l’objet d’une évaluation collective. C’est, en effet, ce que la Commission a fait à la section 6.1 du règlement provisoire. En outre, la Commission a ventilé les importations en provenance de Chine, en utilisant, entre autres, les tableaux 12a et 12b du règlement provisoire et le tableau 13 du présent règlement, afin de déterminer l’évolution de la situation des importations en provenance de Chine. La Commission a conclu que les importations de marques chinoises prenaient de l’importance et que les ventes sur le marché de l’Union devraient augmenter en raison de la disponibilité des stocks et des annonces faites concernant l’augmentation des importations sur le marché de l’Union après la période d’enquête et dans les années à venir. Cette conclusion a également été confirmée par les données postérieures à la période d’enquête, qui ont montré que les importations de marques chinoises avaient sensiblement augmenté pour atteindre 14,1 % au deuxième trimestre de 2024, tandis que toutes les importations en provenance de Chine avaient diminué, comme le montre le tableau 10 du présent règlement. La Commission a donc dûment procédé à une analyse des «auto-importations» et a conclu que ces importations n’étaient pas susceptibles de contribuer à la menace de préjudice important.

(72)

En outre, la question de savoir si la concurrence au sein de l’industrie de l’Union constituait un facteur entraînant une menace de préjudice a été examinée aux considérants 1225 et 1227 du présent règlement. En particulier, la Commission a expliqué que, bien que la CCCME et les pouvoirs publics chinois n’aient présenté aucun élément de preuve quant à la manière dont la concurrence au sein de l’industrie de l’Union avait ou pourrait avoir un effet négatif sur les producteurs de l’Union, en toute hypothèse, l’objectif de l’enquête était de déterminer si les importations de VEB en provenance de Chine faisaient l’objet de subventions et menaçaient l’industrie de l’Union et s’il était dans l’intérêt de l’Union d’instituer des mesures compensatoires si les conditions juridiques étaient remplies. La Commission a également expliqué que l’enquête avait révélé que, pour l’industrie de l’Union, la détérioration de sa situation était la conséquence de la concurrence extérieure déloyale des importations en provenance de Chine faisant l’objet de subventions, qui la menaçaient d’un préjudice important. La présente enquête n’a pas évalué la concurrence entre les producteurs de l’Union sur le marché de l’Union, étant donné que les conclusions concernent l’industrie de l’Union dans son ensemble. En outre, la Commission a fait observer que la CCCME et les pouvoirs publics chinois n’avaient présenté aucun élément de preuve démontrant que la concurrence au sein de l’industrie de l’Union contribuait à causer un préjudice à l’industrie de l’Union ou, en toute hypothèse, atténuant le lien entre les importations faisant l’objet de subventions en provenance de Chine et la menace de préjudice.

(73)

Par ailleurs, la transition de l’industrie de l’Union des véhicules ICE vers les VEB a été expliquée aux considérants 1232 à 1234 à du présent règlement. La Commission a notamment déclaré que la transition des véhicules ICE vers les VEB constituait un élément de contexte essentiel pour l’ensemble de l’analyse de la menace de préjudice, du lien de causalité et de l’intérêt de l’Union. Cette transition est en cours et devrait se poursuivre jusqu’en 2035. Elle constituait un élément essentiel du pacte vert de la Commission en vue d’atteindre les objectifs en matière d’émissions de CO2. Les producteurs de l’Union ont élaboré des stratégies détaillées, prévoyant la mise en œuvre de plans d’investissement massifs, afin de se conformer à la législation applicable destinée à atteindre ces objectifs. La transition est donc essentielle à l’avenir de l’industrie de l’Union. En outre, la transition du marché de l’Union des véhicules ICE vers les VEB fait partie du cadre réglementaire de l’industrie automobile dans l’Union. Les producteurs de véhicules de l’Union doivent se conformer à ce cadre réglementaire ainsi qu’à d’autres législations. Un tel cadre réglementaire ne saurait être considéré comme entraînant une menace de préjudice au sens de l’article 8, paragraphe 8, du règlement de base. Au contraire, il constitue le cadre dans lequel est effectuée l’évaluation de la menace de préjudice au sens de l’article 8, paragraphe 8, du règlement de base. De fait, la Commission a conclu que la menace imminente pour l’industrie de l’Union n’était pas la transition elle-même, mais les importations faisant l’objet de subventions en provenance de Chine, qui menacent la réalisation du processus de transition.

(74)

En ce qui concerne le point viii), au considérant 1229 du présent règlement, la Commission a indiqué avoir considéré que toute augmentation des coûts due à des problèmes réglementaires aurait affecté l’industrie de l’Union. Aucun élément n’a été avancé qui prouverait que ce problème constituerait une menace de préjudice pour l’industrie de l’Union au cours des années suivant la période d’enquête. En outre, si certains producteurs de l’Union ont commencé à investir dans la production de VEB avant la période considérée, comme expliqué au considérant 996 du règlement provisoire, les investissements les plus importants dans la production de VEB ont commencé à se matérialiser à la suite de la publication du règlement (UE) 2019/631 du Parlement européen et du Conseil (16), ultérieurement modifié par le règlement (UE) 2023/851 du Parlement européen et du Conseil (17). Comme le montre le tableau 1 du règlement provisoire, au début de la période considérée (à savoir en 2020), seuls 5,4 % du marché des véhicules particuliers de l’Union opéraient une transition vers les VEB. Le règlement (UE) 2019/631 exigeait des constructeurs de voitures particulières de l’Union qu’ils augmentent leur production de VEB et diminuent leur production de véhicules ICE à vendre sur le marché de l’Union. Comme indiqué au considérant 1229 du présent règlement, si la transition vers l’électrification répond à une obligation légale, cela ne constitue pas, en soi, une menace pour l’industrie de l’Union au sens de l’article 8, paragraphe 8, du règlement de base: comme n’importe quelle industrie, les producteurs de VEB doivent s’adapter au cadre réglementaire existant. De fait, le cadre réglementaire constitue le cadre dans lequel est effectuée l’évaluation de la menace de préjudice au sens de l’article 8, paragraphe 8, du règlement de base. En outre, bien que le respect des diverses réglementations se poursuive après la période d’enquête, la CCCME et les pouvoirs publics chinois n’ont mentionné aucun nouveau règlement important menaçant de porter préjudice à l’industrie de l’Union au sens de l’article 8, paragraphe 8, du règlement de base. Au contraire, la Commission a établi que ce sont les importations faisant l’objet de subventions qui menacent la viabilité de l’industrie des VEB de l’Union. Sans des conditions de marché équitables, les producteurs de l’Union ne seront pas en mesure de réaliser les économies d’échelle nécessaires.

(75)

À la suite de l’information finale, la CCCME a allégué que la Commission n’avait pas mentionné les bases factuelles sur lesquelles elle s’était fondée pour écarter et/ou ne pas tenir compte ni examiner les deux analyses économiques réalisées par les professeurs de la Katholieke Universiteit Leuven et du Centre of Economic Policy Research, qui ont été communiquées par la CCCME le 20 décembre 2023 et le 19 juillet 2024.

(76)

Au considérant 1252 du règlement provisoire, la Commission a expliqué que le rapport communiqué le 20 décembre 2023 concluait que les importations de VEB chinois étaient indispensables pour le marché des VEB de l’Union, pour les producteurs et consommateurs de VEB de l’Union et pour l’Union dans son ensemble car elles étaient nécessaires au maintien de la concurrence et de l’innovation dans l’Union et à l’accélération de la disponibilité de VEB abordables pour les consommateurs moyens ainsi que pour assurer la réalisation des objectifs climatiques de l’Union. En outre, au considérant 1253 du règlement provisoire, la Commission a déclaré qu’indépendamment de la fiabilité et de la valeur objective du rapport communiqué le 20 décembre 2023, l’objectif des droits compensateurs n’était pas de mettre fin aux importations de VEB en provenance de Chine, mais de rétablir des conditions de concurrence équitables sur le marché de l’Union, celles-ci ayant été faussées par les importations de produits chinois subventionnés à bas prix. La Commission a donc examiné la principale finalité de ce rapport. De surcroît, le rapport complet a été communiqué dans une version confidentielle, et seul un résumé a été présenté dans une version non confidentielle. Enfin, ce rapport présente l’avis des deux professeurs et fait référence à plusieurs articles et ouvrages universitaires élaborés au cours de la période 1951-2020. Aucun de ces articles ou ouvrages ne fait spécifiquement référence à l’industrie des VEB dans l’Union et en Chine au cours de la période considérée.

(77)

La Commission a considéré qu’elle avait suffisamment examiné et répondu aux arguments contenus dans ces rapports, même si, dans de nombreux cas, ils n’étaient étayés par aucun élément de preuve ou ne faisaient référence à aucune source pertinente. Dans un souci de clarté, de manière plus détaillée, le rapport indique que la croissance des importations de VEB chinois dans l’Union n’est pas due à de prétendues subventions, étant donné que a) la plupart des importations de VEB dans l’Union sont des «auto-importations» réalisées par des entreprises actives dans l’industrie de l’Union, b) la Chine possède une longue expérience dans le domaine des batteries destinées à l’électronique grand public, c) les importations en provenance de Chine reflètent l’état du cycle technologique, et d) l’importance de la production de batteries pour le succès de l’industrie des VEB est temporaire.

(78)

À la section 3 du règlement provisoire et à la section 3 du présent règlement, la Commission a démontré que les VEB originaires de Chine faisaient l’objet de subventions. En ce qui concerne le point a), la Commission a expliqué au considérant 998 du règlement provisoire que certains producteurs de l’Union importaient des VEB en provenance de Chine. En outre, la question de savoir si les auto-importations constituaient un facteur entraînant une menace de préjudice pour l’industrie de l’Union a été examinée au considérant 1213 du règlement provisoire et au considérant 1183 du présent règlement. En particulier, au considérant 1183 du présent règlement, la Commission a déclaré qu’elle avait procédé à une analyse des «auto-importations» aux considérants 1212 à 1214 du règlement provisoire et qu’elle avait fourni une ventilation de la part de marché des importations i) des producteurs-exportateurs chinois liés aux FEO de véhicules ICE de l’Union opérant une transition vers la production de VEB, ii) de Tesla, et iii) de toutes les autres importations en provenance de Chine dans les tableaux 12a et 12b du règlement provisoire, respectivement aux considérants 1132 et 1134. La Commission a en outre expliqué que cette analyse devait être examinée conjointement avec les données figurant dans le tableau 13 du présent règlement. La Commission a par ailleurs déclaré que la norme juridique relative au lien de causalité exigeait que toutes les importations originaires du pays concerné fassent l’objet d’une évaluation collective. C’est, en effet, ce que la Commission a fait à la section 6.1 du règlement provisoire. En outre, la Commission a ventilé les importations en provenance de Chine, en utilisant, entre autres, les tableaux 12a et 12b du règlement provisoire et le tableau 13 du présent règlement, afin de déterminer l’évolution de la situation des importations en provenance de Chine. La Commission a conclu que les importations de marques chinoises prenaient de l’importance et que les ventes sur le marché de l’Union devraient augmenter en raison de la disponibilité des stocks et des annonces faites concernant l’augmentation des importations sur le marché de l’Union après la période d’enquête et dans les années à venir. Cette conclusion a également été confirmée par les données postérieures à la période d’enquête, qui ont montré que les importations de marques chinoises avaient sensiblement augmenté pour atteindre 14,1 % au deuxième trimestre de 2024, tandis que toutes les importations en provenance de Chine avaient diminué, comme le montre le tableau 10 du présent règlement. La Commission a donc dûment procédé à une analyse des «auto-importations» et a conclu que ces importations n’étaient pas susceptibles de contribuer à la menace de préjudice important.

(79)

En ce qui concerne les points b), c) et d), le fait que la Chine dispose d’une longue expérience dans le domaine des batteries destinées à l’électronique grand public est dénué de pertinence. Comme expliqué à la section 3 du règlement provisoire et du présent règlement, les batteries destinées aux VEB ont été subventionnées par les pouvoirs publics chinois.

(80)

En outre, le rapport indique qu’il n’y avait pas de menace de préjudice étant donné que a) les cas temporaires de surproduction constituent un phénomène naturel, b) la capacité de VEB étant dynamique, elle ne peut être considérée isolément de la capacité de véhicules ICE, c) l’existence d’une segmentation considérable du marché réduit tout effet concurrentiel, d) les différences de prix entre les modèles résultent d’une multitude de facteurs, mais les prix des VEB importés de Chine ne sont pas systématiquement inférieurs aux prix des VEB produits dans l’Union, e) la pénétration du marché par les VEB suit les schémas prévisibles des nouvelles technologies et entraîne, en fin de compte, des investissements chinois en Europe, f) d’importants effets de réseau sur les infrastructures de charge nécessitent une adoption rapide des VEB, et g) compte tenu des chaînes de valeur mondiales des composants de VNE, un marché chinois développé est bénéfique aux producteurs de l’Union.

(81)

La Commission a démontré, à la section 5 du règlement provisoire et à la section 5 du présent règlement, qu’il existait effectivement une menace de préjudice. Elle est parvenue à cette conclusion en évaluant les facteurs prévus à l’article 8, paragraphe 8, deuxième alinéa, du règlement de base, comme expliqué au considérant 1105 du règlement de base.

(82)

En outre, la Commission a examiné les questions ayant trait à la capacité, à la segmentation et à la différence de prix (c’est-à-dire la marge de sous-cotation) dans le règlement provisoire et dans le présent règlement. Qui plus est, la Commission ne considère pas que les importantes capacités inutilisées en Chine soient temporaires, et la CCCME n’a produit aucun élément de preuve en ce sens. De surcroît, la Commission n’a pas examiné la capacité de VEB isolément de la capacité de véhicules ICE, comme expliqué au considérant 1142 du règlement provisoire. Par ailleurs, les futurs investissements des producteurs-exportateurs chinois dans l’Union ne constituent pas un aspect couvert par la présente enquête, l’objectif de celle-ci étant d’assurer des conditions de concurrence équitables sur le marché de l’Union. La Commission a également abordé la question des infrastructures de charge à la section 7 du règlement provisoire. Enfin, l’institution des mesures ne mettra pas fin aux importations en provenance de Chine, qu’il s’agisse des VEB ou des pièces nécessaires à l’industrie de l’Union.

(83)

Enfin, le rapport indique que les mesures visant à limiter les importations de VEB chinois ne seraient pas dans l’intérêt de l’Union car limiter les importations de VEB a) revient à se priver d’importants bénéfices pour l’environnement, b) suppose une réduction de la concurrence par les prix fixes, c) suppose une réduction de la concurrence dynamique, et d) limite les incitations des entreprises à innover.

(84)

Comme expliqué au considérant 81 du présent règlement, l’institution des mesures compensatoires ne mettra pas fin aux importations en provenance de Chine. Elle ne fera qu’assurer des conditions de concurrence équitables sur le marché de l’Union.

(85)

Le rapport du 19 juillet 2024 contenait des observations sur les conclusions du règlement provisoire. Trois documents y étaient cités: le rapport du 20 décembre 2023 et deux articles universitaires rédigés respectivement en 2016 et 2023.

(86)

Selon ce rapport, l’écart de prix a été surestimé et n’implique pas de sous-cotation des prix, compte tenu a) de différences au niveau des caractéristiques observables, b) du fait que les segments de marché sont différents, c) de la valeur de la marque pour les entreprises de l’Union, d) de la valeur des concessions historiques pour les entreprises de l’Union, e) des offres de lancement des nouveaux entrants sur le marché, f) des différences dans les coûts de production, et g) de l’échantillonnage sélectif.

(87)

Les points a), b), c) et d) ont été examinés aux considérants 1022 à 1049 du règlement provisoire et aux considérants 748 à 831 du présent règlement. En outre, en ce qui concerne le point e), le fait que les nouveaux entrants entrent généralement sur un marché à des prix inférieurs à ceux des entreprises déjà en place est dénué de pertinence. Le fait est que les VEB originaires de Chine sont subventionnés et menacent le marché de l’Union. En outre, le fait que les Chinois aient un coût de production plus faible est également dénué de pertinence, étant donné que ce coût inférieur semble être corrélé aux subventions reçues. Enfin, aucun échantillonnage sélectif n’a été appliqué aux producteurs-exportateurs chinois et cette question a déjà été abordée à plusieurs reprises dans le règlement provisoire et dans le présent règlement.

(88)

Le rapport indique également que la croissance des importations en provenance de Chine est surestimée et qu’elle ne perdurera pas. La Commission a contesté cette affirmation. Comme expliqué dans le tableau 13 du présent règlement, au deuxième trimestre de 2024, les importations de VEB de marques chinoises représentaient déjà une part de marché de 14,1 %.

(89)

En outre, le rapport indique que l’argument relatif à la surcapacité est dénué de pertinence étant donné que a) tant les producteurs de l’Union que les producteurs chinois disposent de capacités inutilisées, mais cela n’influence pas les décisions en matière de fixation des prix et d’exportation, b) tant pour les producteurs de l’Union que pour les producteurs chinois à moyen terme, leurs capacités à moyen terme, qui combinent véhicules ICE et VEB, sont pratiquement illimitées par rapport à la taille du marché des VEB.

(90)

La Commission a fermement contesté l’idée selon laquelle la surcapacité des producteurs-exportateurs chinois serait dénuée de pertinence. En outre, le fait que l’industrie de l’Union soit prétendument en surcapacité (une allégation que la Commission a rejetée au considérant 845 du présent règlement) est dénué de pertinence, étant donné que l’industrie de l’Union ne menace pas de porter préjudice à l’industrie nationale chinoise. Les exportations de VEB de l’industrie de l’Union vers la Chine sont très faibles. Qui plus est, étant donné que l’enquête ne porte que sur les VEB, la Commission est juridiquement tenue d’enquêter sur les VEB, et non sur les véhicules ICE. La Commission a examiné la capacité de production de véhicules ICE en Chine afin de calculer d’une autre manière les capacités inutilisées de production de VEB (voir considérant 1142 du règlement provisoire).

(91)

En outre, le rapport indique également que a) les exportations chinoises de VEB ne sont pas particulièrement élevées, b) les producteurs de l’Union affichent une forte croissance de leurs exportations, et c) les producteurs chinois ne ciblent pas les marchés d’exportation.

(92)

La Commission a contesté ces arguments. De toute évidence, une part de marché de 25,0 % pour les importations en provenance de Chine au cours de la période d’enquête, comme indiqué dans le tableau 2a du règlement provisoire, est considérable. Les exportations de l’industrie de l’Union ont été examinées à la section 6.2.2 du règlement provisoire. Par ailleurs, le fait que les Chinois ciblent également les marchés d’exportation a également été abordé aux considérants 1114 à 1118 du règlement provisoire et aux considérants 1031 à 1043 du présent règlement.

(93)

Le rapport indique en outre que a) les éventuelles subventions octroyées aux entreprises chinoises devraient être comparées avec les éventuelles subventions octroyées aux entreprises de l’Union, et que b) les subventions octroyées aux producteurs de VEB chinois sont probablement surestimées.

(94)

Le point a) a déjà été examiné au considérant 1262 du règlement provisoire. En ce qui concerne le point b), la Commission a expliqué en détail à la section 3 du règlement provisoire et à la section 3 du présent règlement la manière dont les subventions ont été calculées, et le détail des calculs a été communiqué aux producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon, qui ont eu la possibilité de présenter des observations.

(95)

En outre, le rapport réitère les arguments relatifs à l’intérêt de l’Union énoncés au considérant 83 du présent règlement.

(96)

La CCCME n’a pas précisé quels arguments spécifiques présentés dans ces rapports n’avaient pas été directement ou indirectement abordés par la Commission, que ce soit dans le règlement provisoire ou dans le présent règlement. Dès lors, compte tenu des explications fournies aux considérants 76 à 95 à du présent règlement, la Commission a considéré que les points essentiels de ces deux rapports avaient été examinés directement ou indirectement dans le règlement provisoire et/ou dans le présent règlement.

(97)

À la suite de l’information finale, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont également affirmé qu’il était difficile de comprendre comment la Commission avait calculé le volume de production pour la période d’enquête, étant donné que les données Prodcom n’étaient pas publiées sur une base mensuelle. Ils ont en outre allégué qu’aucun détail n’avait été fourni quant aux sources accessibles au public mentionnées par la Commission.

(98)

Cette allégation a été examinée au considérant 689 du présent règlement. En outre, la Commission n’a pas pu divulguer le site web du producteur de l’Union qu’elle a utilisé à cet égard, car elle aurait ainsi révélé quel producteur de l’Union avait coopéré à l’enquête. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(99)

À la suite de l’information finale, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que, tout au long de l’enquête, la Commission n’avait pas mis les informations fournies par les parties intéressées à la disposition des autres parties intéressées rapidement et en temps utile.

(100)

La Commission a contesté cette affirmation. En raison de l’anonymat accordé à certaines parties, la Commission a dû vérifier soigneusement les informations communiquées par les parties pour s’assurer que l’identité des producteurs de l’Union n’était pas divulguée par inadvertance. Ce processus a pris beaucoup de temps. En outre, au moment où la Commission a communiqué ses conclusions, le dossier non confidentiel de l’enquête avait été entièrement mis à jour et la CCCME et les pouvoirs publics chinois disposaient de suffisamment de temps pour présenter leurs observations. Cela ressort également du nombre considérable d’observations formulées par la CCCME et les pouvoirs publics chinois à la suite de l’information provisoire et de l’information finale.

(101)

À la suite de l’information finale, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont réitéré leur allégation selon laquelle la Commission avait accordé une confidentialité excessive aux producteurs de l’Union. Ils ont également allégué que i) les résumés non confidentiels des données postérieures à la période d’enquête communiquées par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon n’étaient pas disponibles dans le dossier non confidentiel, et que ii) en lieu et place, la Commission a préparé un résumé non confidentiel consolidé des réponses aux questionnaires relatifs à la période postérieure à la période d’enquête.

(102)

Le questionnaire relatif à la période postérieure à la période d’enquête ne comportait pas de questionnaire descriptif tel que le questionnaire initial. En outre, comme dans les tableaux Excel de la réponse non confidentielle du questionnaire initial, afin de protéger l’anonymat des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, la Commission a décidé d’inclure dans le dossier non confidentiel de l’enquête la version non confidentielle des principales informations demandées dans les tableaux Excel du questionnaire sur une base consolidée (c’est-à-dire que les données de tous les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont été agrégées) en utilisant des indices.

(103)

La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont par ailleurs soutenu que la Commission n’avait pas fourni suffisamment de détails ni d’explications suffisamment détaillées sur les questions essentielles de fait et de droit relatives aux constatations sur l’existence de subventions préjudiciables et qu’elle n’avait pas répondu aux observations de la CCCME ni motivé son rejet des arguments soulevés. Selon la CCCME, les questions suivantes n’ont pas été examinées, ou aucune preuve ou explication suffisante n’a été apportée: i) les motifs de la décision de ne pas inclure Tesla (Shanghai) dans l’échantillon de producteurs-exportateurs chinois et d’accepter sa demande d’examen individuel à un stade tardif de la procédure, ii) la composition de l’industrie des VEB de l’Union, le niveau de coopération de l’industrie de l’Union, ce que l’on entend par «producteurs FEO» et la pertinence de ces derniers dans le contexte de l’industrie de l’Union, ainsi que le degré de transition des différents producteurs de l’Union des véhicules ICE vers les VEB, iii) le rôle et la pertinence de l’analyse de sous-cotation des prix et de l’évaluation des prix des VEB chinois comme étant inférieurs de 30 % au coût de production de l’industrie de l’Union dans la détermination du blocage des prix.

(104)

Les raisons de la non-inclusion de Tesla (Shanghai) dans l’échantillon et de l’acceptation d’un examen individuel le concernant sont exposées aux sections 1.5.3 et 1.6 ci-dessus.

(105)

Les points ii) et iii) ont été abordés aux considérants 682 et 793 du présent règlement.

(106)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont affirmé que les droits de la défense des parties intéressées n’avaient pas été respectés. En particulier, ils ont soutenu que la Commission n’avait pas tenu compte des arguments et des éléments de preuve présentés par eux-mêmes et par d’autres parties.

(107)

La Commission a fait observer que cette allégation n’était pas étayée et constituait une observation générale dépourvue d’éléments de preuve spécifiques. La Commission a réaffirmé qu’elle avait répondu à toutes les observations formulées par les parties. L’intégralité de l’enquête a été menée en toute transparence, toutes les parties ayant eu plusieurs possibilités de présenter des données, des arguments et des éléments de preuve tout au long de la procédure. La Commission a demandé les données nécessaires, a envoyé des demandes de complément d’information, a effectué des contrôles sur place auprès de plus d’une centaine de sociétés et a communiqué tous les calculs pertinents. Les observations des parties ont été prises en considération et ont permis à la Commission d’ajuster ses conclusions lorsque cela était dûment justifié. Partant, cet argument, non étayé, de nature générale et non conforme à la réalité de la procédure, a été rejeté.

(108)

À la suite de l’information finale complémentaire, les pouvoirs publics chinois ont affirmé qu’il n’existait aucune preuve d’une quelconque communication entre la Commission et l’industrie de l’Union dans le dossier public en ce qui concerne les nouvelles demandes de la Commission portant sur les données du premier trimestre de 2024 et sa réception de ces données. Les pouvoirs publics chinois ont également fait part de leur surprise que l’industrie de l’Union ait eu le privilège de fournir des informations jusqu’à la dernière minute et que ses données aient été acceptées à un stade si tardif de l’enquête, ce qui contrastait radicalement avec le rejet net et inexpliqué par la Commission de leur demande dûment motivée visant à ce que l’audition soit programmée après la présentation des observations écrites et l’imposition stricte d’un délai de 10 jours pour qu’ils puissent présenter leurs observations sur le document d’information générale de 177 pages, déposer la présentation à effectuer lors de l’audition et tenir l’audition. Les faits susmentionnés démontrent en outre que les parties intéressées du côté chinois ont été, illégalement et de manière discriminatoire, privées de toute possibilité d’exercer utilement et pleinement leurs droits de la défense, en violation des articles 12.1, 12.1.2, 12.3 et 12.4.1 de l’accord sur les subventions et les mesures compensatoires.

(109)

Les informations en question ont été fournies le 29 août 2024 (18), soit dès que la Commission a pu disposer de toutes les données demandées. En outre, le 9 septembre 2024, dans le dossier non confidentiel de l’enquête, la Commission a mis à jour la note au dossier avec les données trimestrielles relatives à la période postérieure à la période d’enquête (19).

(110)

De plus, la Commission a été en mesure d’accepter les données manquantes du producteur de l’Union concerné car ces informations n’empêchaient pas d’achever l’enquête dans les délais légaux. Cela n’était pas du tout la même chose que d’accepter de prolonger la période de tenue des auditions. De surcroît, bien que les pouvoirs publics chinois aient déploré que le délai de 10 jours imparti pour présenter des observations sur le document d’information générale ne soit pas suffisant, la Commission a fait observer qu’ils étaient parvenus à fournir des observations relativement détaillées (le document soumis par les pouvoirs publics chinois comportait 151 pages d’observations). Les pouvoirs publics chinois n’ont pas démontré en quoi le fait de présenter leurs observations dans le délai demandé les aurait empêchés d’exercer leurs droits de la défense. La Commission a donc contesté le fait que les parties intéressées chinoises auraient été, de manière illégale et discriminatoire, privées de toute possibilité d’exercer pleinement et utilement leurs droits de la défense.

2. PRODUIT SOUMIS À L’ENQUÊTE, PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE

2.1. Produit soumis à l’enquête

(111)

À la suite de l’information provisoire, la CCCME, les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont fait valoir que la définition du produit faisant l’objet de l’enquête avait été illégalement et tardivement élargie en incluant les véhicules électriques équipés d’un prolongateur d’autonomie à combustion interne sans que les parties intéressées n’aient été informées ni mises en mesure de présenter leurs observations sur la modification envisagée, ce qui affectait les droits des parties intéressées à une procédure équitable. La CCCME et les pouvoirs publics chinois ont en outre affirmé i) qu’il n’y avait aucune référence à un prolongateur d’autonomie dans l’avis d’ouverture ou le document d’ouverture, alors que ce dernier faisait clairement référence à la charge/recharge des véhicules, ii) que les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie ont une autonomie de conduite comparable à celle d’un véhicule à moteur à combustion interne (ci-après «ICE»), tandis que les VEB sans prolongateur d’autonomie ont une autonomie de conduite beaucoup plus réduite que les véhicules ICE, iii) que le NCP et les caractéristiques du produit fournies dans le questionnaire destiné aux exportateurs chinois et à l’industrie de l’Union n’incluaient pas de référence au prolongateur d’autonomie et ne tenaient pas compte des caractéristiques spécifiques de ces véhicules, et iv) qu’il n’existe aucune information sur la manière dont la Commission a obtenu ou estimé les données relatives à ces VEB, étant donné qu’aucun des producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon ne produisait ni n’exportait ce type de VEB et que ni les données Prodcom ni celles de S&P Mobility ne fournissent de telles informations pour ce type de VEB. Par conséquent, la CCCME et les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie devraient être exclus du champ de la présente enquête car ces véhicules, en plus de n’être qu’extrêmement peu exportés par la Chine vers l’Union, sont aussi totalement différents des VEB standard en ce qui concerne leurs caractéristiques physiques et techniques, leurs coûts de production et les prix ainsi que la perception qu’en ont les consommateurs et ne sont pas en concurrence directe avec les VEB standard.

(112)

La Commission a fait observer que la CCCME et les pouvoirs publics chinois se sont contentés d’expliquer ces arguments mais ne les ont étayés par aucun élément de preuve.

(113)

Dans l’avis d’ouverture, le produit faisant l’objet de la présente enquête a été défini comme correspondant aux véhicules électriques à batterie neufs, principalement conçus pour le transport de neuf personnes ou moins, conducteur inclus, propulsés uniquement par un ou plusieurs moteurs électriques. L’avis d’ouverture précisait également le code NC du produit faisant l’objet de l’enquête, à savoir 8703 80 10 . La description du produit soumis à l’enquête ne doit pas nécessairement inclure toutes les caractéristiques de ce produit. En outre, l’avis d’ouverture ne précisait pas que les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie étaient exclus du champ de l’enquête.

(114)

Quant à la manière dont la Commission a obtenu les données, étant donné que ces VEB sont également importés sous le code NC couvert par l’enquête, les importations de ces VEB en provenance de Chine ou d’autres pays tiers au cours de la période considérée, le cas échéant, ont été prises en considération dans les données relevant du code NC 8703 80 10 . Les données de S&P Mobility et l’AEE ont fait état de tels VEB et, pendant la période d’enquête, aucun VEB de ce type en provenance de Chine n’a été immatriculé sur le marché de l’Union. Les seuls éléments de preuve figurant dans le dossier montrent qu’après la période d’enquête, le producteur-exportateur chinois Seres a annoncé la production de tels VEB pour le marché de l’Union [le Seres 7, équipé d’un prolongateur d’autonomie (20)] et qu’un nombre négligeable de ces VEB ont été immatriculés après la période d’enquête.

(115)

En outre, en ce qui concerne l’industrie de l’Union, les éléments de preuve versés au dossier montrent que les ventes de ce produit au cours de la période considérée ont été négligeables.

(116)

Il convient de noter que les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie sont différents des véhicules électriques rechargeables (ci-après «PHEV»). Dans un VEB équipé d’un prolongateur d’autonomie, le moteur à combustion interne recharge uniquement la batterie, tandis que, dans un PHEV, le moteur à combustion interne transmet à lui seul de l’énergie aux roues. Les PHEV sont également importés sous un code NC différent de celui couvert par la présente enquête. Par conséquent, contrairement aux VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie, les PHEV n’étaient effectivement pas couverts par le champ de l’enquête.

(117)

En ce qui concerne le NCP, même si le prolongateur d’autonomie n’était effectivement pas spécifié dans le NCP en tant que tel, le NCP précisait l’autonomie du véhicule, et l’objectif du prolongateur d’autonomie est d’augmenter l’autonomie du véhicule.

(118)

En outre, bien qu’il n’y ait pratiquement pas eu d’importations de VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie en provenance de Chine au cours de la période considérée et pratiquement aucune vente par les producteurs de l’Union sur le marché de l’Union, il ne peut être exclu qu’à l’avenir, ce type de VEB soit exporté en quantités importantes et produit par les producteurs de l’Union sur le marché de l’Union, étant donné que les VEB sont issus d’une technologie en constante évolution. À cet égard, la Commission a considéré que les VEB non équipés d’un prolongateur d’autonomie et les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie étaient très similaires, la différence technique principale (et mineure) entre les deux types étant le prolongateur d’autonomie et les composants connexes, et qu’ils faisaient donc clairement partie du même produit couvert par l’enquête.

(119)

Par conséquent, les VEB équipés d’un prolongateur d’autonomie sont couverts par le champ de l’enquête.

(120)

En outre, dans le règlement provisoire, la Commission a exclu du champ de l’enquête les véhicules des catégories L6 et L7 au sens du règlement (UE) no 168/2013 du Parlement européen et du Conseil (21). La Commission précise dans le présent règlement que tous les véhicules de catégories L1 à L7 visés par le règlement (UE) no 168/2013 ont été exclus du champ de l’enquête.

(121)

En l’absence de toute autre observation concernant le produit soumis à l’enquête, le produit concerné et le produit similaire, les conclusions énoncées aux considérants 184 à 195 sont confirmées.

3. SUBVENTIONS

(122)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD, l’ACCA, le groupe Geely, le groupe Dongfeng, les pouvoirs publics chinois, NIO, le groupe SAIC et Tesla (Shanghai) ont formulé des observations sur les conclusions provisoires relatives aux subventions. Certaines observations formulées par Tesla (Shanghai) ont fait l’objet d’un envoi séparé, en raison de leur caractère confidentiel.

3.1. Introduction: présentation des plans, projets et autres documents des pouvoirs publics

(123)

En l’absence de toute observation concernant l’existence de ces plans, projets et documents, les considérants 196 à 206 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.2. Plans et politiques publics visant à soutenir l’industrie des VEB

(124)

En l’absence de toute observation concernant les plans et politiques publics visant à soutenir l’industrie des VEB, les considérants 207 à 253 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3. Défaut partiel de coopération et utilisation des données disponibles

3.3.1. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base à l’égard des pouvoirs publics chinois

3.3.1.1. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne les prêts préférentiels

(125)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont contesté l’application, par la Commission, des données disponibles concernant les sources de financement préférentiel, en faisant valoir qu’en tant qu’autorité chargée de l’enquête, il incombait à la Commission d’enquêter et de transmettre le questionnaire aux établissements financiers pour leur demander de coopérer. Ils ont ajouté que les données disponibles ne pouvaient être appliquées qu’en l’absence de certaines informations «nécessaires», à savoir les informations dont a «besoin» une autorité pour parvenir à sa ou ses conclusions (22). Plus précisément, les pouvoirs publics chinois ont ajouté que les informations concernant la participation des établissements financiers étaient accessibles au public et qu’il n’y avait aucune raison que la Commission ait recours aux données disponibles.

(126)

En outre, les pouvoirs publics chinois ont ajouté que la Commission avait illégalement renversé la charge de l’enquête et ont renvoyé à l’article 12 de l’accord SMC et à la jurisprudence en la matière, selon lesquels certaines obligations incomberaient prétendument à l’autorité chargée de l’enquête et ne pourraient être transférées au «membre intéressé» (les pouvoirs publics chinois) (23). En conséquence, les pouvoirs publics chinois ont considéré que le recours aux données disponibles était illégal, car la Commission n’avait pas dûment notifié au répondant les informations qui lui étaient demandées. Les pouvoirs publics chinois ont également fait observer qu’une autorité ne pouvait contraindre les pouvoirs publics exportateurs (le membre intéressé) à «faire le travail à la place de l’autorité chargée de l’enquête».

(127)

Les pouvoirs publics chinois ont fait observer que l’autorité chargée de l’enquête et le membre intéressé étaient soumis à des obligations distinctes et ne pouvant être confiées à quelqu’un d’autre. En outre, ainsi que le groupe spécial l’a bien résumé dans l’affaire Mexique — Mesures antidumping visant la viande de bœuf et le riz, «l’autorité chargée de l’enquête ne peut s’en remettre à l’initiative des parties intéressées pour s’acquitter des obligations qui lui incombent en réalité».

(128)

Comme indiqué aux considérants 266 à 268 du règlement provisoire, la Commission a fait observer que les informations demandées étaient à la disposition des pouvoirs publics chinois pour toutes les entités dans lesquelles ils sont l’actionnaire principal ou majoritaire. De même, pour les établissements financiers non détenus par l’État, les pouvoirs publics chinois, en tant qu’organisme réglementaire, sont habilités à exiger que tous les établissements financiers établis en RPC soumettent des informations, ainsi qu’à demander aux établissements financiers de communiquer des informations au public. Par la suite, la Commission a souligné que les pouvoirs publics chinois ne pouvaient se soustraire à leurs responsabilités en dissimulant des informations qui, en raison de leur autorité et de leur rôle réglementaire, se trouvent effectivement en leur possession.

(129)

Pour des raisons de commodité administrative, afin d’obtenir les informations de manière plus efficace, la Commission a demandé aux pouvoirs publics chinois de transmettre des questionnaires spécifiques à tous les établissements financiers concernés, ce qu’ils n’ont pas fait, alors qu’ils sont habilités à demander que les établissements financiers qui ont fourni un financement aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon répondent au questionnaire. En outre, il a été jugé déraisonnable d’affirmer qu’il appartenait à la Commission de contacter les établissements financiers concernés, notamment vu que la liste des établissements financiers concernés ne serait connue de la Commission qu’après réception des réponses au questionnaire des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. En outre, le fait qu’EXIM Bank ait informé la Commission de sa propre initiative et le fait que, lors de la précédente enquête antisubventions, des réponses au questionnaire aient été reçues de différents établissements financiers ont montré que les pouvoirs publics chinois étaient en mesure de transmettre le questionnaire. Le site web fourni par les pouvoirs publics chinois indiquant la participation des établissements financiers ne contenait pas toutes les informations nécessaires demandées par la Commission dans sa réponse au questionnaire en ce qui concerne les prêts préférentiels. De ce fait, la Commission a rejeté l’allégation.

(130)

En l’absence d’autres observations, les considérants 255 à 273 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.1.2. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne les intrants

(131)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont réitéré leur allégation concernant l’application, par la Commission, des données disponibles sur les intrants, en faisant valoir qu’en tant qu’autorité chargée de l’enquête, il incombait à la Commission d’enquêter et de transmettre le questionnaire aux fournisseurs d’intrants et de demander à ceux-ci de coopérer. Les pouvoirs publics chinois ont ajouté qu’ils considéraient que les informations demandées et les informations que SAIC n’avait pas fournies n’étaient pas nécessaires à l’enquête et n’étaient pas requises dans le cadre d’une enquête antisubventions normale, et que les informations sur les fournisseurs et les conditions du marché auraient pu être obtenues auprès des sociétés retenues dans l’échantillon.

(132)

La Commission a fait observer que ces arguments avaient été examinés à la section 3.3.1.2 du règlement provisoire. Premièrement, la Commission a réitéré sa position selon laquelle il lui appartenait à elle, et non à une partie, de déterminer quelles informations elle juge nécessaires aux fins de l’enquête. En outre, la Commission a souligné que, contrairement à certaines enquêtes antérieures (24), les pouvoirs publics chinois n’avaient pas transmis le questionnaire à des tiers. CATL a également été invité, par l’intermédiaire des sociétés retenues dans l’échantillon auxquelles il était lié, à soumettre un questionnaire, ce qu’il n’a pas fait. En outre, les pouvoirs publics chinois disposent également de l’autorité nécessaire pour interagir avec les producteurs d’intrants, qu’ils soient ou non détenus par l’État. En outre, les pouvoirs publics chinois n’ont pas fourni d’informations pertinentes concernant certains marchés tels que ceux des batteries et du lithium. Par conséquent, la Commission a dû se fonder sur les données disponibles. En ce qui concerne les informations demandées, il convient de noter que la Commission n’a demandé que les informations nécessaires pour évaluer l’existence et le niveau des subventions disponibles pour le produit concerné. Ces arguments ont donc été rejetés.

(133)

À la suite de l’information finale, CATL a fait valoir que la Commission aurait pu obtenir toute information nécessaire sur les achats de batteries auprès des groupes de sociétés retenus dans l’échantillon et que la non-coopération de CATL ne justifiait en aucun cas des «déductions et des conjectures illimitées fondées sur des faits dénaturés».

(134)

Les allégations de CATL étaient générales et non étayées. La Commission a souligné que, comme déjà indiqué au considérant 810 du règlement provisoire, bien qu’il ait été contacté par deux des groupes de l’échantillon avec lesquels il possédait des entreprises communes, CATL a refusé de répondre au questionnaire, de sorte qu’il a manqué à la Commission des informations essentielles pour évaluer la situation de CATL sur la base de ses propres données. En outre, les données disponibles concernant la fourniture de batteries ont également été appliquées au groupe SAIC (considérants 338 et 860 du règlement provisoire), qui est l’une des sociétés avec lesquelles CATL possède une entreprise commune. Par conséquent, cette allégation a été rejetée.

(135)

En l’absence d’autres observations, les considérants 274 à 286 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.1.3. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne la politique de subventions fiscales pour la promotion et le déploiement des véhicules à nouvelles énergies

(136)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont réitéré leur allégation relative à l’inexistence d’informations sur la préparation, le suivi et la mise en œuvre du régime et de statistiques sur les véhicules concernés. Les pouvoirs publics chinois ne pouvaient donc pas fournir des informations dont ils ne disposaient pas, et toute utilisation des données disponibles serait injustifiée et illégale.

(137)

La Commission a observé, comme décrit aux considérants 297 et 298 du règlement provisoire, que les informations sur la préparation, le suivi et la mise en œuvre du régime, ainsi que les statistiques sur les véhicules concernés par un programme qui est en vigueur depuis plusieurs années et qui a fait intervenir des ressources financières considérables provenant du budget central géré par les pouvoirs publics chinois, étaient pertinentes et nécessaires pour qu’elle parvienne à ses conclusions. En l’absence de ces informations, qui n’ont pas été fournies par les pouvoirs publics chinois, la Commission était en droit, le cas échéant, d’utiliser les données disponibles. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(138)

En l’absence d’autres observations, les considérants 287 à 299 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.1.4. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne les aides/autres programmes de subventions, y compris les régimes des pouvoirs publics nationaux/régionaux/locaux

(139)

En l’absence de commentaires, les considérants 300 à 305 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.1.5. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne le régime d’exonération de l’impôt sur les ventes

(140)

En l’absence de commentaires, les considérants 306 à 317 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.2. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne le groupe SAIC

3.3.2.1. Allégation du groupe SAIC selon laquelle les critères juridiques relatifs à l’application de l’article 28 du règlement de base n’étaient pas remplis

(141)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir que, d’une manière générale, la Commission n’avait pas tenu compte des informations fournies par les entités du groupe qu’elle jugeait insuffisantes à certains égards et qu’elle avait utilisé d’autres sources d’information en lieu et place. D’après lui, la Commission aurait dû procéder à un examen concret des manques d’informations pour chaque société, en évaluant l’ampleur et en utilisant les informations dont elle disposait pour chaque société du groupe. En outre, le groupe SAIC a fait valoir qu’en vertu des règles de l’OMC, le terme «données disponibles» devrait, dans ce contexte, être interprété au sens de «meilleures données disponibles»; comme l’a jugé l’Organe d’appel dans l’affaire États-Unis — Acier laminé à chaud; une autorité chargée de l’enquête n’est «en droit de rejeter les renseignements communiqués» par les parties intéressées que lorsque ces renseignements i) ne sont pas vérifiables, ii) n’ont pas été présentés de manière appropriée de façon à pouvoir être utilisés dans l’enquête sans difficultés indues, iii) n’ont pas été communiqués en temps utile, et iv) n’ont pas été communiqués sur un support ou dans un langage informatique demandés par les autorités. Les autorités chargées de l’enquête ne peuvent pas écarter des renseignements qui ne sont «pas les meilleurs à tous égards» si la «partie intéressée a […] agi au mieux de ses possibilités». Au contraire, lorsqu’une autorité chargée de l’enquête n’est pas satisfaite des informations fournies par une partie intéressée, l’Organe d’appel de l’OMC a jugé qu’elle devait examiner les éléments des informations dont elle n’est pas satisfaite.

(142)

En ce qui concerne la prétendue «bonne foi» dont a fait preuve le groupe SAIC en ce qui concerne sa coopération à la présente enquête, la Commission a observé que, dans plusieurs cas, qui ont tous été dûment enregistrés à la fin de chaque visite de vérification tant par l’équipe chargée de l’enquête que par les représentants des sociétés, des sociétés appartenant au groupe SAIC avaient refusé de fournir à l’équipe d’enquête des informations essentielles ou de lui donner accès à de telles informations, alors qu’elles étaient aisément disponibles et auraient pu être fournies si le groupe SAIC avait agi au mieux de ses possibilités. La Commission a donc décidé de rejeter les informations partielles considérées comme insuffisantes ou incomplètes et n’ayant pas pu être entièrement vérifiées. Conformément aux conditions énoncées à l’article 28, paragraphe 3, du règlement de base, ces informations partielles ont été écartées au motif que le groupe SAIC n’avait délibérément pas agi au mieux de ses possibilités, comme le montrent les annexes des rapports de vérification sur place susmentionnées (non contestées), qui énumèrent les documents que les entités faisant partie du groupe SAIC ont refusé de fournir dans leur intégralité ou desquels certaines parties pertinentes ont été expurgées, alors qu’ils étaient aisément disponibles. Cet argument a dès lors été rejeté.

3.3.2.2. Demandes de renseignements relatives aux fournisseurs liés

(143)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a affirmé que les conclusions provisoires ne reflétaient pas le fait qu’il avait «toujours coopéré de bonne foi à l’enquête et a[vait] toujours cherché à faciliter le travail de la Commission». Le groupe SAIC a également prétendu qu’il ne pouvait pas contraindre les entités juridiques faisant partie de structures d’entreprise commune à coopérer à l’enquête.

(144)

À cet égard, la Commission renvoie aux deux lettres au titre de l’article 28 envoyées au groupe SAIC dès réception de sa réponse au questionnaire et à la suite de la vérification sur place, qui énumèrent toutes deux les nombreux points sur lesquels le groupe SAIC n’avait pas fourni les informations essentielles demandées dans le cadre de la présente enquête, entravant ainsi l’enquête. En outre, la Commission a informé en détail le groupe SAIC des conséquences de l’application des données disponibles à son égard, y compris pour les entités juridiques liées faisant partie des structures d’entreprise commune. La Commission a rappelé que, compte tenu des liens existants en ce qui concerne la participation et/ou la nature de leurs activités, ces entités auraient dû fournir une réponse au questionnaire qui aurait permis à la Commission de vérifier les informations et, en fin de compte, de demander des éléments de preuve supplémentaires. En l’absence de coopération de la part de certaines entités juridiques liées de l’entreprise commune, la Commission était en droit, le cas échéant, d’utiliser les données disponibles. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

3.3.2.3. Informations non fournies par le groupe SAIC et autres documents non divulgués avant et pendant les visites de vérification sur place

(145)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir que la Commission n’aurait pas dû appliquer l’article 28 du règlement de base à certaines sociétés du groupe SAIC et, finalement, au groupe SAIC.

(146)

Comme indiqué aux considérants 318 à 371 du règlement provisoire, les réponses reçues de la part des différentes entités faisant partie du groupe SAIC ont été jugées très insuffisantes. Par conséquent, les conclusions provisoires de l’enquête ont dû être en partie fondées sur les données disponibles, conformément à l’article 28 du règlement de base. De fait, le groupe SAIC n’a soit pas révélé l’existence de sociétés liées, soit pas fourni de réponse au questionnaire pour d’autres sociétés liées. Bien qu’il puisse exister des preuves de décisions prises conjointement par les trois actionnaires d’une seule société du groupe SAIC, ce dernier a soutenu que l’un de ces trois actionnaires ne lui était pas directement lié, mais était uniquement lié à une société étrangère, et qu’il ne pouvait donc pas exercer le moindre contrôle sur cet actionnaire ni l’obliger à répondre au questionnaire. Ces informations ne semblaient pas exactes, compte tenu des rapports financiers accessibles au public, et n’ont pas pu être vérifiées puisque la société a expurgé certaines parties des procès-verbaux des réunions du conseil d’administration auxquelles des représentants de ses trois actionnaires pourraient avoir assisté.

(147)

Il n’en demeure pas moins que, malgré les demandes adressées au groupe SAIC lui enjoignant de fournir une réponse au questionnaire pour plusieurs de ses entités liées, cette société a choisi de ne pas coopérer et a donc exposé ses sociétés liées à l’utilisation des données disponibles conformément à l’article 28 du règlement de base.

(148)

Le groupe SAIC a également fait valoir que la Commission avait utilisé des informations relatives aux titres adossés à des actifs émis par une société liée pour laquelle elle n’avait jamais demandé au groupe SAIC de répondre au questionnaire. En effet, cette entité est l’une des nouvelles sociétés mentionnées au considérant 329 du règlement provisoire, qui, selon des sources accessibles au public, ont été jugées liées et intervenaient dans différentes relations contractuelles majeures impliquant des activités telles que la fourniture d’intrants, de fonds propres, de prêts, de garanties et d’autres types de financement au sein du groupe SAIC. Étant donné que le groupe SAIC n’a fourni aucune information concernant l’existence de cette société, la Commission n’aurait pas pu être en mesure de lui demander une réponse au questionnaire. Si cette société avait répondu au questionnaire, la Commission aurait pu en établir l’existence, les activités et les liens précis avec les différentes sociétés liées. En l’absence de réponse au questionnaire et d’informations pertinentes, la Commission a dû recourir aux données disponibles pour formuler ses conclusions; ces données incluaient des informations relatives aux titres adossés à des actifs émis par cette société, qui ont été considérés être une source de financement préférentiel comme expliqué aux considérants 368 et 369. Sur ce fondement, cette allégation a été rejetée.

(149)

En l’absence de toute autre observation concernant l’application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base à l’égard du groupe SAIC, les considérants 318 à 371 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.3. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne le groupe Geely

(150)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a présenté des observations concernant l’application des données disponibles.

(151)

Premièrement, le groupe Geely a réitéré son allégation selon laquelle son incapacité à exercer un contrôle sur CATL l’empêchait de contraindre ce tiers à fournir des informations. Il a également fait valoir que, lorsqu’un producteur-exportateur et un tiers sont liés uniquement par l’intermédiaire d’une entreprise commune, les informations fournies par le tiers ne peuvent justifier l’utilisation des données disponibles.

(152)

Comme indiqué au considérant 376 du règlement provisoire, la Commission a fait observer que CATL et le groupe Geely avaient créé une entreprise commune pour la conception, la production et la vente de cellules et modules de batteries et d’assemblages en batterie. Par conséquent, ils avaient juridiquement la qualité d’associés. Les deux parties ont été considérées comme des parties liées au sens de l’article 127 du règlement d’exécution (UE) 2015/2447 de la Commission (25) et ont par conséquent été invitées à répondre au questionnaire relatif aux subventions. Cet argument a donc été rejeté.

(153)

Deuxièmement, le groupe Geely a affirmé que la demande d’informations concernant les sociétés du groupe qui participaient au financement des VEB lui était parvenue à un stade avancé de l’enquête et n’était pas assez spécifique.

(154)

Toutefois, la Commission a fait observer que le questionnaire destiné aux producteurs-exportateurs, disponible depuis l’ouverture de l’enquête en octobre, comprenait déjà une demande d’informations concernant les sociétés qui participaient à des activités de financement. En outre, la lettre de la Commission du 6 mars 2024 mentionnait spécifiquement les entités qui auraient pu lever des fonds au moyen de titres adossés à des actifs (y compris verts) et par d’autres moyens. La Commission a également accordé un délai supplémentaire pour fournir ces informations. L’argument en question a dès lors été rejeté.

(155)

Troisièmement, en ce qui concerne les aides, le groupe Geely a affirmé avoir fourni toutes les informations dont il disposait dans la réponse au questionnaire et lors des vérifications sur place. L’objectif des aides était indiqué sur les reçus bancaires, qui ont été examinés en détail lors des visites sur place. Le groupe Geely a également soutenu que les aides liées à des actifs couvraient exclusivement les actifs pertinents, tandis que les aides non liées à des actifs servaient à soutenir les activités quotidiennes relatives tant aux VEB qu’aux véhicules non VEB.

(156)

La Commission a fait observer, comme indiqué aux considérants 300 et 380 du règlement provisoire, que les informations limitées qui se trouvaient sur les reçus bancaires ne lui ont pas permis de déterminer les régimes de subvention sous-jacents aux programmes d’aides pour le produit soumis à l’enquête. En outre, les pouvoirs publics chinois n’ont pas fourni de détails sur les aides ad hoc accordées aux groupes retenus dans l’échantillon. Par conséquent, l’argument du groupe a été rejeté.

(157)

Le groupe Geely a également déclaré avoir fourni les informations nécessaires à un stade précoce de l’enquête et avoir fait preuve d’une transparence totale en divulguant et en expliquant la structure et l’organisation de ses activités.

(158)

La Commission a reconnu les efforts déployés par le groupe Geely pour répondre à sa demande d’informations. Toutefois, elle a également fait observer, comme indiqué au considérant 384 du règlement provisoire, que la soumission tardive de certaines informations l’avait empêchée d’en vérifier l’exhaustivité et l’exactitude. En particulier, la Commission n’a pas été en mesure de valider les fournitures d’intrants par rapport au volume de production et aux coûts des VEB, étant donné que les informations sur les coûts ne présentaient pas le niveau de détail demandé aux entités productrices dans le questionnaire. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(159)

En ce qui concerne les droits relatifs à l’utilisation du sol, le groupe Geely a affirmé que son siège social n’était pas lié à la production et aux ventes de VEB, ce qui rendait ces droits dénués de pertinence pour l’enquête. Il a également soutenu avoir fourni les informations demandées.

(160)

Comme indiqué au considérant 387 du règlement provisoire, il a été établi que le siège était en partie utilisé pour les activités relatives aux VEB. En conséquence, cet argument a été rejeté.

(161)

Dans ses observations sur l’information provisoire, le groupe Geely a réitéré son allégation selon laquelle les demandes relatives aux projets futurs liés à la production de VEB dépassaient la portée de l’enquête. Toutefois, la Commission a rejeté cette allégation comme étant incohérente, étant donné que, dans l’une de ses observations, une entité de fabrication du groupe a été invitée à être ajoutée à la liste des entités de production du groupe Geely (26) après avoir commencé à construire et à exporter un nouveau modèle de VEB après la période d’enquête telle que définie au considérant 9 du règlement provisoire.

(162)

En l’absence de toute autre observation concernant l’application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base à l’égard du groupe Geely, les considérants 372 à 387 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.4. Application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base en ce qui concerne le groupe BYD

(163)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a contesté l’application de l’article 28 en ce qui concerne l’absence de réponse au questionnaire de la part de son fournisseur lié de LFP, Hunan Yuneng New Energy Materials Co. Ltd., au motif que ce fournisseur ne relevait de la définition d’une «société liée» au groupe BYD que pendant une partie de la période d’enquête. Le groupe BYD a demandé à la Commission d’inclure les quantités et les prix fournis par le fournisseur concerné dans le calcul de l’avantage conféré pour le LFP moyennant une rémunération moins qu’adéquate. Le groupe a réitéré sa demande après l’information finale. Le groupe BYD a également réitéré ses observations contestant l’application de l’article 28 à l’une de ses sociétés considérée comme non liée, en ajoutant que l’accord conclu entre les deux parties portait sur la capacité de production, et non sur la fixation des prix, et que les prix d’achat étaient déterminés en fonction des forces de l’offre et de la demande sur le marché. Le groupe BYD a également présenté une copie de trois bons de commande relatifs à des périodes différentes à titre de preuve supplémentaire de ses allégations.

(164)

La Commission a rappelé que les contrats d’achat entre le groupe BYD et Hunan Yuneng New Energy Materials Co., Ltd. présentés par le groupe BYD étaient antérieurs au début de la période d’enquête et que les achats étaient donc effectués à des prix fixés lorsque le groupe BYD était une société liée à son fournisseur de LFP. En ce qui concerne les allégations du groupe BYD selon lesquelles les accords conclus entre les deux parties déterminaient uniquement la capacité de production, et non les prix, la Commission rappelle que, comme déjà exposé au considérant 892 du règlement provisoire, ces accords contenaient des dispositions relatives au prix garantissant que ce dernier bénéficie de l’approvisionnement le plus favorable, c’est-à-dire qu’il ne paie pas plus cher que tout autre client de Hunan Yuneng New Energy Materials Co. Ltd., ainsi qu’une formule de fixation des prix. En ce qui concerne les allégations selon lesquelles ces transactions étaient réalisées conformément à la dynamique du marché, comme indiqué au considérant 864 du règlement provisoire, le marché chinois a été considéré comme faussé en raison des politiques nationales et sectorielles adoptées par les fournisseurs de batteries et de LFP nationaux, en particulier celles relatives aux structures de prix. En outre, compte tenu de l’absence de coopération de la part du fournisseur de matières premières, la Commission n’a pas pu déterminer si le prix auquel le groupe BYD achetait du LFP pouvait être considéré comme un prix de pleine concurrence et, comme expliqué au considérant 928 du règlement provisoire, la Commission a donc remplacé ce prix par le prix d’achat moyen du LFP auprès de fournisseurs indépendants. Compte tenu de ce qui précède, étant donné qu’aucune information vérifiable n’a été fournie, la Commission a rejeté cet argument.

(165)

En l’absence de toute autre observation concernant l’application des dispositions de l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base à l’égard du groupe BYD, les considérants 388 à 400 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.3.5. Observations présentées par les pouvoirs publics chinois sur l’application envisagée de l’article 28 aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon

(166)

En l’absence de commentaires, les considérants 401 à 406 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.4. Subventions et programmes de subventions pour lesquels la Commission formule des conclusions dans la présente enquête

3.4.1. Généralités

(167)

En l’absence de toute observation concernant les subventions et les programmes de subventions présentés à la section 3.4 du règlement provisoire, le considérant 407 du règlement provisoire a été confirmé.

3.5. Financements préférentiels

3.5.1. Établissements financiers octroyant des financements préférentiels

3.5.1.1. Établissements financiers appartenant à l’État agissant en tant qu’organismes publics

(168)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont affirmé que la Commission était tenue d’analyser les caractéristiques et les fonctions essentielles de chaque entité et ses relations avec les pouvoirs publics («en fonction des circonstances propres à l’affaire», en quelque sorte) et de déterminer si chaque entité (individuellement, et non en tant que groupe) pouvait être qualifiée d’organisme public (27).

(169)

À cet égard, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que, à l’exception d’EXIM Bank, la Commission n’avait pas procédé à une telle évaluation sur une base individuelle, mais qu’elle se serait plutôt fondée sur des enquêtes antérieures et d’autres documents accessibles au public ainsi que sur une évaluation au plus haut niveau d’EXIM Bank et de certaines autres banques intervenant prétendument dans la fourniture de financements à l’industrie des VEB. Ils ont également déclaré qu’EXIM Bank n’exerçait pas de «fonction gouvernementale» (28) et qu’ils n’exerçaient pas de contrôle sur cette banque. Ils concluaient par conséquent que la Commission n’avait pas fondé ses conclusions sur des éléments de preuve solides et une motivation adéquate.

(170)

La Commission a analysé non seulement la situation d’EXIM Bank, mais également celle de toutes les autres banques commerciales d’État chinoises (ci-après les «banques commerciales d’État») qui fournissaient un financement préférentiel au secteur des VEB et qui n’ont pas coopéré. En l’absence de coopération de la part d’autres banques commerciales d’État, la Commission a dû se rabattre sur les données disponibles pour formuler ses conclusions à cet égard, comme indiqué au considérant 460 du règlement provisoire. Pour ces motifs, comme expliqué au considérant 464 du règlement provisoire, la Commission a décidé d’utiliser les données disponibles pour déterminer si ces établissements financiers appartenant à l’État pouvaient être qualifiés d’organismes publics. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée et les conclusions formulées aux considérants 466 et 467 du règlement provisoire ont été confirmées.

(171)

Premièrement, après avoir fait référence au cadre normatif existant dans lequel opèrent les banques commerciales d’État aux considérants 461 et 462 du règlement provisoire, la Commission a déterminé quelle était la participation de l’État dans chacune des quinze banques commerciales d’État qui fournissaient un financement préférentiel aux groupes retenus dans l’échantillon prises individuellement. Des exemples spécifiques à cet égard ont été mentionnés aux considérants 430 et 431 du règlement provisoire, pour les banques qui représentaient ensemble une part très importante du secteur financier de la RPC sur le plan des actifs à la fin de 2021/2022. En outre, au considérant 463 du règlement provisoire, la Commission a fourni des preuves attestant la participation de l’État dans les autres banques commerciales d’État qui fournissaient un financement au secteur des VEB, preuves fondées sur des informations accessibles au public, telles que de récents rapports annuels.

(172)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que l’appréciation par la Commission de la participation (de l’État) telle qu’exposée aux considérants 430 et 431 du règlement provisoire et au considérant 170 du présent règlement n’équivalait pas à une évaluation entité par entité et ne suffisait pas à conclure que les établissements financiers en question étaient détenus par l’État. Ils ont également affirmé que la Commission aurait conclu qu’ils ne possédaient pas une participation dans tous les établissements financiers («banques commerciales d’État»).

(173)

En l’absence de nouveaux éléments contredisant la conclusion de la Commission concernant la participation de l’État, la Commission a maintenu sa conclusion, qui est fondée sur une analyse approfondie des informations figurant dans le dossier. La collecte d’informations a toutefois été affectée par le manque de coopération des établissements financiers chinois, à l’exception d’EXIM Bank, qui n’a coopéré que partiellement, de sorte que la Commission a dû se fonder sur les données disponibles. En outre, la Commission a contesté l’allégation des pouvoirs publics chinois selon laquelle elle aurait prétendument admis qu’ils ne possédaient pas une participation dans toutes les banques commerciales d’État. La déduction effectuée par les pouvoirs publics chinois n’est pas étayée et va à l’encontre du principe selon lequel une banque commerciale d’État est, par essence, détenue par l’État.

(174)

La Commission a ensuite établi l’existence d’un contrôle significatif des pouvoirs publics chinois sur les banques commerciales d’État. Des éléments de preuve faisant état d’indices formels d’un contrôle exercé sur les banques commerciales d’État par l’intermédiaire de la structure de gouvernance des banques ont été fournis. En effet, comme indiqué aux considérants 431 et 432 du règlement provisoire, depuis 2017, les statuts de toutes les banques commerciales d’État prévoient un rôle clair pour le parti communiste chinois (ci-après le «PCC») dans le processus de surveillance et de prise de décision des établissements financiers. Enfin, les éléments de preuve relatifs au contrôle significatif exercé par les pouvoirs publics chinois par l’intermédiaire du cadre réglementaire ont été exposés à la section 3.5.1.5 du règlement provisoire. La Commission a observé que toutes les banques commerciales d’État opéraient selon la même structure de gouvernance et le même cadre réglementaire qu’EXIM Bank.

(175)

En l’absence de réponse des pouvoirs publics chinois concernant la structure de gouvernance, l’évaluation des risques ou des exemples de prêts spécifiques à l’industrie des VEB, la Commission a également dû recourir aux données disponibles. Contrairement à ce que soutiennent les pouvoirs publics chinois, la Commission ne s’est pas seulement référée aux enquêtes antérieures, mais aussi à des rapports approfondis (29) publiés pendant la période d’enquête ou peu de temps après et confirmant les conclusions tirées lors des précédentes enquêtes. En tout état de cause, en ce qui concerne les conclusions de précédentes enquêtes, la Commission a considéré qu’elles étaient toujours valables et que les pouvoirs publics chinois n’avaient fourni aucun élément contredisant ces conclusions. Sur la base de tous ces éléments, la Commission a rejeté cet argument et a confirmé ses conclusions.

(176)

Par ailleurs, en ce qui concerne la prétendue analyse superficielle de la participation, la Commission a fait référence aux informations fournies par les pouvoirs publics chinois lors de la visite de vérification, selon lesquelles les pouvoirs publics chinois n’auraient prétendument pas été en mesure de fournir des renseignements sur l’actionnaire qui détenait près de 90 % du capital versé d’EXIM Bank, à savoir Wutongshu Investment Platform Co., Ltd. Selon les informations de la Commission, qui sont fondées sur des informations accessibles au public (30), cette plateforme d’investissement est détenue à 100 % par les autorités chinoises par l’intermédiaire du fonds chinois State Administration of Foreign Exchange (ci-après «SAFE»). Dans ce contexte, la Commission a également dû recourir aux données disponibles pour formuler ses conclusions et «combler les lacunes» dues au manque de coopération des pouvoirs publics chinois. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(177)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que la Commission n’avait pas analysé si les pouvoirs publics avaient délégué un pouvoir gouvernemental aux entités en cause et ont fait référence à la jurisprudence de l’OMC (31). À cet égard, la Commission a considéré que la jurisprudence applicable, selon laquelle «[l]a participation de l’État, tout en n’étant pas un critère décisif, peut être un élément de preuve indiquant, conjointement avec d’autres éléments, la délégation d’un pouvoir gouvernemental», confirmait qu’elle avait agi conformément au cadre juridique applicable en analysant la participation de l’État et d’autres éléments tels que les indices formels d’un contrôle et le cadre réglementaire.

(178)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que la capacité d’un gouvernement à nommer ou à recruter des fonctionnaires ou un personnel dans une entité ne suffisait pas à démontrer l’existence d’un contrôle et qu’il était nécessaire de montrer si ces personnes «nommées» agissaient en toute indépendance. Ils ont ajouté en outre que les déclarations de la Commission selon lesquelles «les pouvoirs publics chinois se sont appuyés sur [un] cadre normatif pour exercer, chaque fois que la banque d’État ayant coopéré accordait des prêts à l’industrie des VEB, un contrôle significatif sur son comportement» et selon lesquelles EXIM Bank agissait «de la manière prescrite par les pouvoirs publics chinois» n’étaient pas étayées par des éléments de preuve.

(179)

En ce qui concerne les allégations ci-dessus, la Commission s’est référée aux considérants 426 et 427 du règlement provisoire, qui disposent que «l’État nomme directement les dirigeants d’EXIM Bank, que le conseil des autorités de surveillance est nommé par le Conseil des affaires de l’État», que «le comité du parti au sein d’EXIM Bank joue un rôle central prépondérant et politique pour garantir que les politiques et le déploiement majeur du parti et de l’État sont mis en œuvre par EXIM Bank» et que «[l]e leadership du parti est intégré dans tous les aspects de la gouvernance d’entreprise». Dans ce contexte strict, la Commission a estimé que les membres de la direction et du conseil des autorités de surveillance nommés ou désignés par l’État étaient chargés de mettre en œuvre les mesures des pouvoirs publics conformément aux politiques et aux grandes évolutions du Parti. En outre, il convient d’observer que la Commission ne s’est pas uniquement fondée sur la capacité des pouvoirs publics chinois à nommer du personnel dans une entité pour démontrer que les pouvoirs publics chinois exerçaient un contrôle sur les banques commerciales d’État.

(180)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que la Commission n’avait pas procédé à une évaluation entité par entité en ce qui concerne la gestion des établissements financiers autres qu’EXIM Bank.

(181)

À cet égard, la Commission a renvoyé aux considérants 431 à 433 du règlement provisoire, qui ne s’appliquent pas exclusivement à EXIM Bank, mais à tous les établissements financiers appartenant à l’État en RPC. Pour cette raison, une telle évaluation entité par entité n’a pas été jugée nécessaire. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(182)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont également ajouté que la Commission ne pouvait pas se fonder sur l’article 34 de la loi sur les banques pour conclure que les banques étaient tenues d’agir d’une certaine manière ou qu’EXIM Bank était contrôlée de manière significative par les pouvoirs publics chinois, et que la Commission devrait effectuer une lecture plus complète de la loi sur les banques dans son intégralité, ainsi que de ses articles 4, 5 et 41, qui interdisent aux pouvoirs publics chinois d’exercer une quelconque forme de contrôle sur les décisions des banques et garantissent que les banques opèrent de manière indépendante.

(183)

Les pouvoirs publics chinois ont en outre fait référence à l’article 15 des règles générales relatives aux prêts, qui dispose que «conformément à la politique de l’État, les ministères concernés peuvent subventionner les intérêts sur les prêts afin de promouvoir la croissance de certaines industries et le développement économique dans certains domaines», et ont indiqué qu’une telle disposition ne prouvait pas l’exercice d’un contrôle significatif des pouvoirs publics ni l’exercice d’un pouvoir gouvernemental.

(184)

Les pouvoirs publics chinois ont, de surcroît, fait observer que la décision 40 était plutôt un document d’orientation et que l’article 17 de cette décision «exige des banques qu’elles respectent les principes applicables en matière de crédit» et que l’octroi de crédits n’était réservé «qu’aux projets d’investissement relatifs à la catégorie encouragée», ce qui signifie que la Commission est juridiquement tenue de prouver que «ces obligations» sont liées aux projets d’investissement prétendument encouragés.

(185)

Les pouvoirs publics chinois ont aussi fait référence aux mesures provisoires relatives à l’administration des crédits de fonds de roulement, comme indiqué dans leur réponse au questionnaire, et ont souligné que les procédures pertinentes de demande de prêt, de vérification, d’examen et d’approbation ne faisaient référence à aucune obligation de tenir compte de prétendues politiques industrielles.

(186)

Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que la Commission ne pouvait pas se fonder sur leurs «objectifs généraux» (en citant le plan d’action triennal de la CBIRC pour les années 2020 à 2022), qu’elle était tenue de démontrer que le contrôle qu’ils exerçaient sur l’entité (organisme public) en question résultait d’une action concrète de leur part et qu’elle ne pouvait considérer que le fait qu’un établissement financier suive ou respecte la loi du pays équivalait à l’exercice d’un contrôle par les pouvoirs publics.

(187)

Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que l’interprétation faite par la Commission du rapport annuel 2022 d’EXIM Bank était sélective et que certaines parties avaient été sorties de leur contexte et concernaient des considérations ayant trait à la stabilité économique générale du pays sans aucun rapport avec la promotion de la politique industrielle, indiquant qu’EXIM Bank fournissait des financements à différents secteurs.

(188)

En ce qui concerne la nature et l’effet juridique des articles 4, 5, 31 et 41 de la loi sur les banques, de l’article 15 des règles générales relatives aux prêts, de l’article 19 de la décision 40 et des mesures provisoires relatives à l’administration des crédits de fonds de roulement, la Commission a renvoyé aux considérants 449 et 450 du règlement provisoire, dans lesquels elle avait déjà répondu à ces allégations. En l’absence de nouveaux éléments, les allégations ci-dessus ont donc été rejetées.

(189)

Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que la propriété de l’État n’équivalait pas à la notion d’«organisme public» et que la capacité des pouvoirs publics à nommer des fonctionnaires devait être complétée de sorte que les personnes ainsi nommées n’agissent pas de manière indépendante. À cet égard, les pouvoirs publics chinois ont fait référence à l’article 5 du «règlement provisoire relatif au conseil des autorités de surveillance des grands établissements financiers appartenant à l’État» et ont souligné que le conseil des autorités de surveillance «ne participe pas aux activités de prise de décision commerciale et de gestion des affaires commerciales de l’établissement financier appartenant à l’État et n’interfère pas avec celles-ci» afin de souligner qu’il n’y a pas de contrôle institutionnel.

(190)

La Commission a contesté cette allégation et a renvoyé au considérant 178 du présent règlement, dans lequel elle a estimé que les membres de la direction et du conseil des autorités de surveillance nommés ou désignés par l’État étaient chargés de mettre en œuvre les mesures des pouvoirs publics conformément aux politiques et aux grandes évolutions du Parti. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(191)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que le fait que l’État nommait la direction et le conseil des autorités de surveillance d’EXIM Bank ne signifiait pas que ces personnes recevaient la consigne de mettre en œuvre les mesures des pouvoirs publics conformément aux politiques et aux grandes évolutions du Parti. Ils ont également allégué que la Commission n’avait pas tenu compte d’éléments de preuve qui démontraient prétendument que les établissements financiers et les membres de leur direction étaient tenus d’agir de manière indépendante. Dans le même ordre d’idées, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que les éléments de preuve figurant dans le dossier démontraient qu’en vertu de la loi, le conseil des autorités de surveillance ne pouvait pas s’ingérer dans les processus décisionnels des établissements financiers appartenant à l’État.

(192)

À cet égard, la Commission a fait référence au considérant 178 du présent règlement, où elle a estimé que les membres de la direction et du conseil des autorités de surveillance nommés ou désignés par l’État étaient chargés de mettre en œuvre les mesures des pouvoirs publics conformément aux politiques et aux grandes évolutions du Parti. En outre, la Commission a également considéré que les autorités de surveillance mettaient en œuvre les mesures des pouvoirs publics conformément aux politiques et aux grandes évolutions du Parti dans le cadre de leurs fonctions et responsabilités. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(193)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que le plan de développement de l’industrie des véhicules à nouvelles énergies 2012-2020 (ci-après le «plan 2012-2020») ne spécifiait aucun montant de financement à accorder aux secteurs concernés et qu’il n’était pas en vigueur au cours de la période d’enquête.

(194)

La Commission a jugé dénué de pertinence le fait que ce plan ne précise aucun montant de financement. Elle a également relevé que le plan 2012-2020 était le prédécesseur du plan de développement de l’industrie des véhicules à nouvelles énergies (2021-2035) qui lui a succédé, et que les deux plans concernent le secteur qui comprend le produit soumis à l’enquête. En tout état de cause, ainsi qu’il ressort de la section 3.2 du règlement provisoire, le plan 2012-2020 n’est pas le seul à prévoir un financement préférentiel en faveur d’industries encouragées telles que l’industrie des VEB.

(195)

Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que la Commission n’avait mentionné que certains éléments de la communication du ministère des finances sur la méthode d’évaluation des performances des banques commerciales, publiée le 15 décembre 2020, et n’avait pas tenu compte du fait que cette communication évoquait également des aspects tels que «laisser le marché jouer pleinement son rôle déterminant» à l’appui de leur allégation selon laquelle les établissements financiers n’étaient pas tenus de prêter attention aux considérations relatives à la politique industrielle aux dépens des considérations commerciales (axées sur le marché).

(196)

Les pouvoirs publics chinois en ont donc conclu que la Commission n’avait pas démontré que le «cadre normatif ne laissait aucune marge de manœuvre aux dirigeants et aux responsables de la banque quant à la possibilité de suivre ou non ce cadre à l’égard des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, plaçant ainsi la direction de cette banque dans une position de dépendance».

(197)

Dans l’hypothèse où la Commission conclurait tout de même que les établissements financiers sont bien des organismes publics, les pouvoirs publics chinois ont affirmé qu’elle n’avait pas établi quelle fonction gouvernementale (le cas échéant) ils exerçaient.

(198)

Dans le même contexte, les pouvoirs publics chinois ont soutenu qu’il n’existait pas de prêts stratégiques et qu’ils ne s’ingéraient pas dans le processus d’octroi de prêts, dans le cadre duquel les banques opèrent de manière indépendante et sur la base de principes axés sur le marché. Les pouvoirs publics chinois ont en outre réitéré leurs allégations rejetant la conclusion de la Commission selon laquelle les banques commerciales d’État sont des organismes publics.

(199)

Par ailleurs, les pouvoirs publics chinois ont fait référence aux conclusions de la Commission selon lesquelles les producteurs de VEB recevaient des prêts à des «taux d’intérêt inférieurs ou proches du taux d’intérêt de prime» (voir considérant 486 du règlement provisoire) et ont soutenu que ce taux était en réalité fondé sur les taux de prêt effectivement proposés par les banques aux clients de la plus haute qualité en tenant compte du coût de financement, de l’offre et de la demande sur le marché, des primes de risque et d’autres facteurs.

(200)

La Commission a considéré qu’elle avait établi quelles fonctions gouvernementales étaient exercées par les banques commerciales d’État et que ces fonctions consistaient à fournir un financement préférentiel à un secteur encouragé, à savoir le secteur des VEB, conformément aux plans nationaux applicables définis à la section 3.2 du règlement provisoire. En outre, aucune banque n’ayant coopéré, exception faite de la coopération partielle d’EXIM Bank, la Commission n’a pas été en mesure de vérifier les allégations formulées par les pouvoirs publics chinois concernant des éléments importants tels que l’évaluation de la solvabilité.

(201)

Au contraire, comme indiqué au considérant 453 du règlement provisoire, la Commission a établi que les trois groupes de producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon avaient bénéficié de prêts à des taux d’intérêt inférieurs ou proches du taux d’intérêt de prime, un taux censé être accessible aux clients de la plus haute qualité, en tenant compte du coût de financement, de l’offre et de la demande sur le marché, des primes de risque et d’autres facteurs (32). Le fait que les trois producteurs retenus dans l’échantillon aient bénéficié de taux encore plus bas que ceux accessibles aux clients «de la plus haute qualité» confirmait l’existence d’un cadre normatif dans lequel les établissements financiers n’exercent pas leurs activités de manière indépendante, mais sont chargés de mettre en œuvre des politiques nationales en accordant un financement préférentiel à l’industrie des VEB, comme décrit au considérant 455 du règlement provisoire. Compte tenu de ces éléments, les arguments susmentionnés ont été rejetés.

(202)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission avait sélectionné arbitrairement des informations provenant de divers documents pour étayer son point de vue selon lequel les pouvoirs publics chinois avaient créé un cadre normatif pour exercer un contrôle significatif sur les établissements financiers. Selon eux, dans sa réponse à leur allégation, la Commission s’était contentée de reformuler leurs arguments, mais n’avait pas tenu compte des éléments de preuve du dossier.

(203)

La Commission a contesté cette affirmation. La Commission a considéré en substance qu’elle avait répondu aux allégations des pouvoirs publics chinois et qu’elle n’avait pas «sélectionné arbitrairement» des informations appuyant sa conclusion relative au cadre normatif, mais qu’elle avait plutôt fondé cette conclusion sur une analyse approfondie des éléments figurant dans le dossier, qui découlaient de documents relatifs au cadre juridique dans lequel les établissements financiers opéraient, de documents stratégiques nationaux et sectoriels, d’informations recueillies auprès des producteurs de VEB ayant coopéré, de conclusions de précédentes enquêtes ainsi que des données disponibles, compte tenu de l’absence de coopération des banques chinoises. En l’absence de coopération de la part des établissements financiers chinois, les pouvoirs publics chinois ne leur ayant pas transmis le questionnaire ad hoc, la Commission n’était pas en mesure de confirmer les prétendus «éléments de preuve figurant dans le dossier» soumis par les pouvoirs publics chinois. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(204)

À la suite de l’information provisoire, l’ACCA a fait valoir que les banques commerciales ne pouvaient pas être considérées comme des institutions publiques, étant donné que les banques effectuaient des opérations axées sur le marché dans le but de réaliser des bénéfices et que les entreprises automobiles obtenaient des financements par l’intermédiaire de ces banques commerciales conformément aux mécanismes du marché.

(205)

Comme décrit à la section 3.5.1.1 du règlement provisoire, la Commission a conclu que les établissements financiers appartenant à l’État étaient des organismes publics au sens de l’article 2, point b), lu en liaison avec l’article 3, point 1) a) i), du règlement de base et qu’ils étaient, en tout état de cause, considérés comme étant chargés par les pouvoirs publics chinois d’exercer des fonctions normalement du ressort de ces derniers, ou comme ayant reçu de ces derniers l’ordre de le faire, au sens de l’article 3, point 1) a) iv), du règlement de base. À la section 3.5.1.9 du règlement provisoire, la Commission a conclu que des établissements financiers privés faisaient eux aussi l’objet d’actions de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics. En outre, les conclusions de la présente enquête (ainsi que les conclusions de la Commission lors des enquêtes précédentes (33) concernant les mêmes établissements financiers) n’étayaient pas l’affirmation selon laquelle les banques opèrent sur la base des mécanismes du marché et ne tiennent pas compte de la politique et des projets du gouvernement lorsqu’elles prennent des décisions de prêt. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(206)

En l’absence d’autres observations, les conclusions formulées aux considérants 409 à 467 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.1.2. Établissements financiers privés faisant l’objet d’une action de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics chinois

(207)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission s’était fondée sur les mêmes éléments pour démontrer l’existence d’une action de charger ou d’ordonner de leur part à l’égard des établissements financiers et ont contesté cette conclusion. Ils se sont référés à la jurisprudence de l’OMC pour affirmer que les analyses relatives aux actions de charger/d’ordonner et au fonctionnement en tant qu’organisme public diffèrent et que la notion de délégation (dans le cas de l’action de charger) ou de commandement (dans le cas de l’action d’ordonner) devait revêtir la forme d’un acte positif (34). Ils ont également souligné que les actions de charger et d’ordonner i) ne pouvaient pas être une conséquence inattendue d’une réglementation des pouvoirs publics, ii) supposaient un rôle plus actif que de simples actes d’encouragement, et iii) devaient être démontrées au moyen de preuves attestant que des pouvoirs publics «donnent [une] responsabilité», dans le cas d’une action de charger, ou «exer[cent] leur pouvoir sur un organisme privé pour fournir une contribution financière», dans le cas d’une action d’ordonner (35). À cet égard, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission n’avait pas recensé de «fonctions […] normalement du ressort [des pouvoirs publics]» que les établissements financiers sont chargés ou se voient ordonner d’exécuter. En outre, les pouvoirs publics chinois ont attiré l’attention sur l’appréciation visant à savoir si (et comment) les pouvoirs publics chinois «donn[aient] à un organisme privé [une] responsabilité — ou exerçaient leur pouvoir sur un organisme privé — pour fournir une contribution financière» ainsi que sur l’absence de «lien démontrable» entre les pouvoirs publics chinois et le comportement des acteurs privés. Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que la Commission n’avait pas procédé à une évaluation, entité par entité, de l’existence d’actions de charger/d’ordonner visant les établissements financiers.

(208)

À cet égard, la Commission a considéré que les éléments qui lui permettaient de conclure que les banques d’État étaient des organismes publics démontraient également l’existence d’actions de charger et d’ordonner au niveau des établissements financiers privés. En particulier, comme expliqué aux considérants 471 à 473 du règlement provisoire, la Commission a établi l’existence d’un cadre normatif qui s’appliquait à tous les établissements financiers de la RPC, qu’ils appartiennent au secteur privé ou à l’État, et qui donnait lieu à des conditions similaires. Ces conclusions concordent également avec celles formulées lors de précédentes enquêtes.

(209)

En ce qui concerne l’évaluation entité par entité, la Commission a rappelé qu’elle n’avait reçu aucune réponse au questionnaire de la part d’établissements financiers privés, de sorte qu’elle a dû se fonder sur les données disponibles.

(210)

Les pouvoirs publics chinois ont également soutenu que le fait que les mêmes conditions sont appliquées pour les contrats de prêt conclus auprès d’établissements financiers privés et pour les contrats conclus auprès d’établissements financiers appartenant à l’État prouvait que le marché était concurrentiel et que toutes les banques étaient soumises au même traitement.

(211)

La Commission a rappelé qu’en l’absence de coopération de la part des banques, qu’elles appartiennent au secteur privé ou à l’État, elle avait dû se fonder sur les données disponibles. Le fait que les taux coïncidaient partiellement démontre que les banques privées ont également accordé des prêts à des conditions inférieures à celles du marché, et non l’inverse.

(212)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réitéré leur allégation selon laquelle la conclusion de la Commission relative aux conditions de prêt similaires exposée au considérant 472 du règlement provisoire était erronée, étant donné que les faits démontraient en réalité que le marché financier de la Chine était pleinement concurrentiel.

(213)

La Commission a confirmé son appréciation et a considéré que l’existence de conditions similaires démontrait en réalité que les banques commerciales d’État et les établissements financiers privés opéraient dans le même cadre normatif et étaient chargés d’accorder des financements préférentiels à l’industrie des VEB, qui appartient à un secteur encouragé, ou recevaient l’ordre de le faire. En toute hypothèse, en l’absence de coopération de la part des établissements financiers, à l’exception d’EXIM Bank, qui n’a coopéré que partiellement, la Commission a dû se fonder sur les données disponibles, lesquelles confirment son appréciation, alors que les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucun élément de preuve du contraire qui aurait pu être vérifié dans le cadre de la présente enquête. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(214)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que la Commission n’avait pas respecté la norme juridique requise en ce qui concerne l’existence d’une action de charger/d’ordonner et qu’elle n’avait pas démontré qu’ils avaient chargé des établissements financiers privés de fournir des financements aux producteurs de VEB ou qu’ils avaient exercé leur pouvoir sur des établissements financiers privés pour qu’ils agissent en ce sens. En particulier, ils ont soutenu que la conclusion de la Commission relative à l’existence d’un cadre normatif était fondée sur des informations sélectionnées arbitrairement et non pas sur l’ensemble des éléments de preuve figurant dans le dossier. Ils ont également fait valoir qu’en plus de déterminer l’existence d’un organisme public en se fondant sur la nature d’une entité et sur sa relation avec des pouvoirs publics, la Commission aurait également dû démontrer l’existence d’un lien entre le comportement de l’entité privée et les pouvoirs publics (36).

(215)

La Commission a renvoyé au considérant 203 du présent règlement, dans lequel elle a déjà répondu à l’allégation relative à la prétendue «sélection arbitraire» concernant le cadre normatif. En ce qui concerne le lien entre le comportement de l’entité privée et les pouvoirs publics, la Commission a fait référence à l’existence d’un cadre normatif applicable aux banques commerciales d’État tel que décrit au considérant 445 du règlement provisoire, qui s’applique également aux banques privées (voir considérant 208 du présent règlement). De par l’existence d’un tel cadre, les établissements financiers privés sont chargés ou se voient ordonner d’adopter un comportement donné, c’est-à-dire de fournir un financement préférentiel à l’industrie des VEB. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(216)

En l’absence d’autres observations, les conclusions formulées aux considérants 467 à 473 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.1.3. Notations de crédit

(217)

À la suite de l’information provisoire et finale, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que les informations utilisées par la Commission pour écarter les notations de crédit chinoises étaient obsolètes et ne tenaient pas compte des récentes évolutions du marché chinois de la notation de crédit. En effet, la Chine a adopté de nouvelles réglementations afin de régir ce marché, dont les mesures administratives pour les activités de notation de crédit sur le marché des valeurs mobilières, en 2021. La Chine a aussi activement ouvert son marché de la notation de crédit aux agences étrangères et leur a accordé un traitement national conformément aux règles et réglementations en vigueur des autorités compétentes en matière de gestion administrative et commerciale du secteur de la notation de crédit. S&P Global Ratings Inc. et Fitch Ratings exercent toutes deux leurs activités en Chine. La Commission ne pouvait donc pas considérer que le marché chinois de la notation de crédit était fermé ou faussé.

(218)

La Commission ne conteste pas le fait que certaines agences étrangères sont actives sur le marché chinois. Toutefois, les pouvoirs publics chinois n’ont pas tenu compte des éléments de preuve que la Commission a fournis aux considérants 474, 475 et 477 du règlement provisoire, qui démontraient que ces agences étrangères ne représentaient qu’une partie infime des notations effectuées sur le marché chinois de la notation de crédit, qu’elles suivaient les mêmes échelles de notation que les agences chinoises et qu’elles appliquaient une majoration à leurs notations en fonction de l’importance stratégique des sociétés pour les pouvoirs publics chinois et de garanties d’État implicites.

(219)

S’agissant du caractère prétendument obsolète des éléments de preuve fournis par la Commission, cette dernière a observé que les pouvoirs publics chinois avaient choisi de manière sélective les plus anciens éléments de preuve soumis par la Commission et qu’ils n’avaient pas tenu compte de plusieurs références datant des années 2021 et 2022 utilisées aux considérants 474, 478 et 479 du règlement provisoire, ni de la référence au document de travail des services de la Commission «Significant Distortions in the Economy of the People’s Republic of China for the Purposes of the Trade Defence Investigations», qui a été publié en avril 2024. Ces références montrent clairement que la situation sur le marché chinois de la notation de crédit n’a pas évolué de manière significative pendant la période d’enquête. Les arguments en question ont donc été rejetés.

Groupe BYD

(220)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a fait valoir que l’analyse de l’évaluation de la notation de crédit effectuée par la Commission ne fournissait aucune preuve quant aux raisons pour lesquelles le groupe BYD avait vu sa notation abaissée à B. Le groupe a réitéré son affirmation après l’information finale.

(221)

La Commission a fait observer qu’en raison de l’absence d’évaluation de la solvabilité par les établissements financiers de prêt chinois, comme indiqué au considérant 492 du règlement provisoire, elle a procédé à une évaluation de la notation de crédit du groupe BYD aux considérants 495 à 498 du règlement provisoire.

(222)

Comme dans de précédentes affaires, la Commission a abaissé la notation chinoise de AAA à BB, en tenant compte de la situation réelle de chaque groupe. Toutefois, une telle notation suppose un niveau d’endettement relativement faible. Comme démontré au considérant 498 du règlement provisoire, le groupe BYD affichait un ratio dettes/fonds propres très élevé (0,78) d’après les comptes consolidés du groupe BYD et de BYD Finance. Étant donné qu’un niveau d’endettement de près de 80 % ne peut être considéré comme faible, la notation de crédit a une nouvelle fois été abaissée à B. Le calcul du ratio mentionné aux considérants 495 à 498 du règlement provisoire faisait partie du document d’information finale.

(223)

Les pouvoirs publics chinois ont également contesté l’abaissement de la notation de BYD à B. Leur argument a été rejeté car ils comparaient la notation d’une obligation donnée émise par le groupe BYD et certaines sociétés individuelles. Les informations fournies par les pouvoirs publics chinois ne sont pas comparables. Une obligation particulière émise par une société ne signifie pas que la notation attribuée à cette obligation s’applique également au groupe BYD en tant que tel. L’argument en question a dès lors été rejeté.

(224)

À la suite de l’information finale, le groupe BYD a demandé à recevoir les critères ou la méthode utilisée pour conclure qu’il correspondait à une notation B, en soutenant qu’il devait exister des règles standards internationalement reconnues ou généralement admises pour établir les différentes notations utilisées par la Commission. Il a également affirmé que la méthode utilisée par la Commission aurait dû faire partie des faits essentiels qui n’ont pas été divulgués.

(225)

La Commission a observé qu’il n’existait pas de critères spécifiques internationalement reconnus pour établir différentes notations. Chaque agence de notation dispose de sa propre méthode, qui n’est pas communiquée au public. Cependant, les agences de notation suivent tout de même certains principes, comme souligné par S&P dans son guide sur les fondamentaux de la notation de crédit: «pour se forger une opinion sur le risque de crédit, les agences de notation font généralement appel à des analystes ou à des modèles mathématiques, ou à une combinaison des deux. […] Un faible nombre d’agences de notation de crédit se concentrent presque exclusivement sur des données quantitatives, qu’elles intègrent dans un modèle mathématique […] Pour noter une société ou une municipalité, les agences qui utilisent l’approche axée sur des analystes désignent habituellement un analyste, souvent associé à une équipe de spécialistes, afin de conduire l’évaluation de la solvabilité de l’entité. En général, les analystes obtiennent des informations dans des rapports publiés, ainsi que dans des entretiens et des discussions avec la direction de l’émetteur. Ils utilisent ces informations et se servent de leur jugement analytique pour évaluer la situation financière de l’entité, ses performances opérationnelles, ses politiques et ses stratégies de gestion des risques» (37).

(226)

Le même document souligne également que «l’analyse de crédit d’une société émettrice tient habituellement compte de nombreux facteurs financiers et non financiers, dont des indicateurs de performance clés, les influences économiques, réglementaires et géopolitiques, les caractéristiques de la gestion et de la gouvernance d’entreprise et la situation concurrentielle» (38).

(227)

La Commission a utilisé les mêmes principes que ceux appliqués par les agences de notation de crédit, comme souligné dans les deux précédents considérants, afin de se forger une opinion sur les sociétés retenues dans l’échantillon. En effet, d’une part, la Commission a calculé et interprété un certain nombre d’indicateurs financiers pour chaque groupe de sociétés retenu dans l’échantillon. Comme indiqué au considérant 222 ci-dessus, ces ratios faisaient partie du document d’information finale. D’autre part, la Commission a utilisé l’intégralité des informations communiquées par les sociétés pendant le processus d’enquête, qui incluaient par exemple des états financiers, des prospectus d’obligations, les informations détaillées fournies au sujet des transactions de financement et de la situation du marché dans son ensemble afin de formuler un avis analytique sur la situation financière spécifique de la société, mais aussi sur les conditions économiques et réglementaires et les conditions générales de marché dans lesquelles elle opère.

(228)

À cet égard, la Commission a donc tenu compte du contexte dans lequel les sociétés opéraient en plus de la situation financière spécifique de BYD. La Commission a observé que les sociétés de VEB opéraient dans un environnement de marché à forte intensité de capital et volatil, caractérisé par de rapides changements et innovations technologiques, par une concurrence féroce entre les opérateurs chinois et par la nécessité pour les sociétés d’investir en permanence et de s’adapter sans cesse à l’évolution des circonstances du marché. En résumé, il s’agit d’un environnement très semblable à celui des start-up de nouveaux produits, qui implique généralement davantage de risques globaux et qui vaut donc des notations de crédit globalement plus faibles aux sociétés actives sur ce marché.

(229)

Enfin, la Commission observe que, selon S&P, une notation B correspond à une situation dans laquelle une société est «plus vulnérable à des conditions commerciales, financières et économiques défavorables, mais a actuellement la capacité de respecter des engagements financiers» (39). Compte tenu des ratios financiers spécifiques calculés pour le groupe BYD, combinés aux risques de l’environnement de marché dans lequel il est actif, la Commission maintient donc sa position sur la notation de crédit du groupe BYD. Cet argument a donc été rejeté.

Groupe Geely

(230)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a fait valoir qu’il avait été pénalisé injustement par l’abaissement de sa notation de crédit de AAA à B.

(231)

La Commission a fait observer qu’en raison de l’absence d’évaluation de la solvabilité par les établissements financiers de prêt chinois, comme indiqué au considérant 518 du règlement provisoire, elle a procédé à une évaluation de la notation de crédit du groupe Geely aux considérants 506 à 517 du règlement provisoire.

(232)

La Commission a analysé des ratios de liquidité à court terme spécifiques, y compris le ratio de liquidité générale moyen, le ratio de liquidité immédiate et le ratio de trésorerie. L’évaluation a montré que le groupe était confronté à des problèmes de liquidités à court terme qui lui conféraient un profil de débiteur à risque. En outre, la Commission a analysé les dettes à long terme en utilisant des ratios tels que le ratio dette/actifs et le ratio dette/fonds propres et a conclu que le groupe finançait son activité principalement par l’intermédiaire de la dette.

(233)

Compte tenu des problèmes de liquidités à court terme détectés et de la dépendance du groupe à l’égard du financement par emprunt, la Commission a conclu que la notation de crédit AAA attribuée au groupe n’était pas justifiée et devrait plutôt être une notation BB.

(234)

En outre, aux considérants 510 à 512 du règlement provisoire, la Commission a recensé des risques supplémentaires associés au groupe Geely. Ces risques comprenaient l’émission d’obligations dans un but de restructuration de la dette, la souscription de prêts visant spécifiquement à remplacer les prêts existants et un accord de conversion de créances en capital.

(235)

Pour tenir compte de l’exposition accrue des banques au risque, notamment en raison des problèmes de liquidités et des difficultés de financement à court et à long terme, la Commission a abaissé la notation d’un cran et a choisi d’utiliser les obligations d’entreprise notées B (au lieu de BB) comme base pour déterminer la référence fondée sur le marché. L’allégation a par conséquent été rejetée.

(236)

Les pouvoirs publics chinois ont également contesté l’abaissement de la notation du groupe Geely à B. La Commission a fait observer que les pouvoirs publics chinois n’avaient fourni, à l’appui de cet argument, qu’une référence en ligne où figurait une notation de crédit, qui n’a pas permis de déterminer si cette notation concernait certaines sociétés individuelles ou le groupe dans son ensemble. Les informations fournies n’indiquaient pas non plus clairement à quelle période cette notation faisait référence. Par ailleurs, la notation donnée sur le site internet de Geely était BBB-, avec une perspective négative. Ces informations illustrent la distorsion de la notation de crédit en Chine, où le groupe a été noté AAA, et ne sont pas très différentes de la notation standard BB utilisée par la Commission. Compte tenu de ces informations lacunaires et de ces arguments non étayés, la Commission a rejeté cette allégation.

(237)

À la suite de l’information finale, le groupe Geely a soutenu que la Commission n’avait pas tenu compte du fait que l’une de ses sociétés, Genius Auto Finance Co. Ltd (ci-après «GAF»), s’était vu attribuer une notation de crédit AAA par S&P. La Commission a fait remarquer que la notation de crédit à laquelle le groupe faisait référence a été accordée au trustee des titres adossés à des actifs, à savoir Shanghai International Trust Co. Ltd., mais pas à GAF (le fournisseur de services du prêt hypothécaire en titres adossés à des actifs). Cet argument a donc été rejeté.

Groupe SAIC

(238)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir qu’il avait été pénalisé injustement, d’une part, par l’abaissement de sa notation de crédit de AAA à B et, d’autre part, par l’application de l’écart au taux d’intérêt de référence de la Banque populaire de Chine [ou au taux d’intérêt de prime du Centre national de financement interbancaire (National Interbank Funding Center, ci-après le «NIFC»)] à la date d’octroi du prêt et pour la durée de chaque prêt en question, plutôt qu’au taux qui lui était applicable.

(239)

En l’absence d’évaluation de la solvabilité par les établissements financiers de prêt chinois, comme indiqué au considérant 518 du règlement provisoire, la Commission a procédé à une évaluation de la notation de crédit du groupe SAIC aux considérants 519 à 527 du règlement provisoire. Dans ces considérants, elle a tout d’abord évalué certains ratios relatifs à la rentabilité, au ratio de liquidité générale moyen, au ratio de liquidité immédiate, au ratio de trésorerie, au ratio dettes/actifs et au ratio dettes/capitaux propres et a considéré que ces ratios ne justifiaient pas la notation AAA alléguée mentionnée au considérant 238 du présent règlement et au considérant 524 du règlement provisoire, mais plutôt une notation BB. Par ailleurs, comme indiqué aux considérants 522 et 523, certains producteurs-exportateurs de VEB du groupe SAIC ont dû recourir à des conversions de dettes en capital ou à un apport de fonds propres pour assurer la poursuite durable de leurs activités. En outre, la Commission avait également constaté que le groupe avait contracté des prêts dans le but spécifique de remplacer des prêts existants. Eu égard à ce qui précède, la Commission a décidé d’abaisser la notation du groupe SAIC de BB à B afin de tenir compte des risques supplémentaires liés à ses problèmes financiers et de liquidités.

(240)

En outre, la Commission n’a pas considéré que le groupe SAIC avait été injustement pénalisé. Afin d’évaluer le niveau de subvention dont il avait bénéficié, la Commission a comparé les intérêts que le groupe SAIC avait dû payer pendant la période d’enquête, tels que communiqués par le groupe, avec les intérêts qu’il aurait dû payer sur un marché non faussé si une notation de crédit non faussée avait été appliquée.

(241)

Pour ce faire, elle a utilisé le taux d’intérêt de prime, c’est-à-dire le taux de référence fondé sur les taux de prêt effectivement appliqués par les grandes banques chinoises aux clients de la plus haute qualité, en tenant compte du coût de financement, de l’offre et de la demande sur le marché, des primes de risque et d’autres facteurs (40). Étant donné que le groupe SAIC a bénéficié de taux plus avantageux que le taux moyen proposé aux clients de la plus haute qualité utilisé pour établir le taux d’intérêt de prime, la Commission a considéré que la base d’une référence non faussée devait être fixée, au minimum, au niveau du taux d’intérêt de prime. Dans un deuxième temps, afin de refléter la solvabilité du groupe SAIC, un écart fondé sur la différence entre les notations de crédit AA et B a été appliqué, comme expliqué au considérant 504 du règlement provisoire.

(242)

Les pouvoirs publics chinois ont également contesté l’abaissement à B de la notation du groupe SAIC. La Commission a fait observer qu’à l’appui de cet argument, les pouvoirs publics chinois avaient fourni une référence en ligne où figurait une notation de crédit d’un grand producteur latino-américain de confiseries et de cookies. La Commission n’a pas saisi le lien entre les chocolats argentins et l’industrie chinoise des VEB. Elle a donc rejeté cet argument.

(243)

Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée. En l’absence de toute autre allégation à cet égard, les conclusions formulées aux considérants 474 à 481 et 491 à 527 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.2. Financements préférentiels: prêts

3.5.2.1. Types de prêts

Groupe SAIC

a) Prêts en devises

(244)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir que le montant de l’avantage conféré par les prêts en devises n’aurait pas dû être imputé uniquement sur le chiffre d’affaires des exportations du produit soumis à l’enquête, mais sur le chiffre d’affaires total réalisé à l’exportation. À la suite de l’information finale, le groupe SAIC a présenté des arguments supplémentaires, selon lesquels la Commission disposait de suffisamment d’informations vérifiées dans le dossier sur le chiffre d’affaires à l’exportation des ventes vers l’Union et en dehors de l’Union. Il a également souligné que les contrats de prêt ne précisaient ni l’objet ni l’utilisation de ces prêts, mais indiquaient en revanche qu’ils ne concernaient que les fonds de roulement. Ces prêts en devises auraient donc dû être traités de la même façon que les prêts en CNY et être imputés sur le chiffre d’affaires total du groupe.

(245)

La Commission a accepté l’argument concernant l’imputation du montant de l’avantage conféré par les prêts en devises et a révisé le calcul en conséquence. En l’absence de transactions en devises portant sur d’autres éléments que les ventes de produits finis, la Commission a considéré que les prêts en devises étrangères se rapportaient exclusivement aux activités de vente à l’exportation.

b) Prêts en CNY

(246)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir qu’un certain nombre de prêts intersociétés en CNY auraient dû être retirés du calcul de la subvention. Il a donc suggéré une méthode de calcul modifiée en ce qui concerne le montant de la subvention.

(247)

Cet argument a été partiellement accepté dans la mesure où la Commission disposait d’éléments de preuve permettant de l’étayer. Les éléments de preuve relatifs aux passifs non courants d’une société du groupe SAIC dus dans un délai d’un an qui ont été fournis par le groupe SAIC dans le cadre de ses observations ont également conduit à la détection d’un financement préférentiel sous la forme d’obligations dont la Commission n’avait pas connaissance auparavant. Le calcul du montant de la subvention a été révisé en conséquence.

c) Prêts interbancaires

(248)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir qu’un prêt interbancaire d’une de ses sociétés était fondamentalement différent des prêts et qu’il n’aurait donc pas dû être traité comme tel. Toutefois, selon lui, si la Commission continuait de traiter ce prêt interbancaire comme étant analogue à un prêt, le taux d’intérêt de référence applicable devrait être celui prévu pour les prêts à court terme ayant une échéance à trois mois à compter de décembre 2022 (c’est-à-dire 3,65 %), puisque l’échéance des prêts interbancaires pour les sociétés d’autofinancement a été légalement plafonnée à trois mois.

(249)

La Commission a rejeté l’argument du groupe SAIC et considère que l’accès de cette société à des prêts interbancaires au sein du groupe SAIC à des taux exceptionnellement bas constitue un financement préférentiel. La Commission a donc considéré que ce prêt interbancaire était analogue à un prêt. En l’absence de toute information fournie par le groupe SAIC concernant le prêt interbancaire ou l’existence potentielle d’autres prêts similaires, la Commission continue de s’appuyer sur les données disponibles pour évaluer l’avantage lié à ces prêts interbancaires.

(250)

En l’absence d’autres observations concernant les types de prêts, les conclusions formulées aux considérants 482 à 485 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.2.2. Spécificité

(251)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission n’avait pas procédé à une analyse appropriée de la spécificité pour les différents programmes de financement préférentiels allégués, qui démontrerait l’existence d’une limitation «claire» et «sans ambiguïté» de l’accès à la subvention alléguée en question, une limitation qui «exprime distinctement tout ce qui est signifié; en ne laissant rien de simplement sous-entendu ou suggéré» (41).

(252)

Les pouvoirs publics chinois ont ajouté que la Commission n’avait jamais précisé quelle partie des documents en question concernait l’octroi explicite de financements préférentiels aux producteurs de VEB.

(253)

Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que la Commission n’avait pas démontré la moindre limitation explicite des prêts préférentiels allégués à certaines entreprises ou à certains secteurs, étant donné que les prêts préférentiels ne ciblaient pas un groupe suffisamment limité en ce sens que la subvention alléguée n’était pas limitée uniquement à l’industrie des VEB, mais aux industries dites «encouragées».

(254)

Comme exposé au considérant 486 du règlement provisoire, plusieurs documents juridiques ciblant spécifiquement les entreprises du secteur des VEB ordonnent aux établissements financiers d’accorder à l’industrie des VEB des prêts à des taux préférentiels. Conformément à l’article 4, paragraphe 2, du règlement de base, il n’est pas nécessaire que la subvention soit limitée uniquement à l’industrie des VEB pour être considérée comme spécifique, mais il suffit que l’accès à la subvention soit explicitement limité à certaines entreprises. Le groupe des industries encouragées est considéré comme étant de nature explicitement limitée. Ces arguments ont donc été rejetés.

(255)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réaffirmé que la Commission n’avait pas étayé sa détermination de spécificité par des éléments de preuve positifs et s’était fondée sur des documents démontrant «prétendument» que les établissements financiers «n’octroient des financements préférentiels qu’à un nombre limité d’entreprises ou d’industries qui respectent les politiques définies par les pouvoirs publics chinois». Plus précisément, ils ont soutenu que les industries encouragées, prises dans leur ensemble, ne constituaient pas un segment de l’économie suffisamment distinct pour constituer «certaines industries» au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base et de l’article 2.1, point a), de l’accord SMC. En particulier, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que, compte tenu de l’ampleur des industries dites «encouragées», les subventions alléguées étaient largement disponibles dans l’ensemble de l’économie chinoise et ne pouvaient donc logiquement pas être considérées comme explicitement spécifiques. Ils ont également soutenu que la Commission n’avait pas démontré que cette spécificité était «sans ambiguïté» et «claire» (42) et que les documents invoqués par la Commission (voir considérant 254 du présent règlement) étaient soit dénués de pertinence pour l’industrie des VEB, soit non contraignants.

(256)

La Commission a considéré que l’ensemble des documents visés au considérant 486 du règlement provisoire, tels que l’article 15 des règles générales relatives aux prêts (mises en œuvre par la Banque populaire de Chine) et l’article 34 de la loi sur les banques, constituaient des éléments de preuve positifs démontrant clairement et sans ambiguïté que l’octroi de financements préférentiels était spécifique à l’industrie des VEB. En outre, comme déjà expliqué aux considérants 253 et 254 du présent règlement, la Commission a considéré que les documents invoqués limitaient explicitement ce programme à certaines entreprises et que le programme n’était pas largement disponible dans l’ensemble de l’économie chinoise. La Commission a d’ailleurs observé que l’industrie des VEB était une industrie encouragée et que ce statut n’était pas généralement accessible en ce sens où il était limité à un nombre restreint d’industries énumérées dans un catalogue spécifique, comme expliqué au considérant 711 du règlement provisoire. En outre, l’industrie des VEB est également un secteur pour lequel des plans pluriannuels nationaux ou infranationaux spécifiques ont été élaborés, ce qui indique clairement qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle industrie, mais d’une industrie qui a droit à un traitement préférentiel aux yeux des pouvoirs publics chinois, et que ce statut s’accompagne de certaines politiques préférentielles précisées dans les différents documents stratégiques mentionnés à la section 3.2 du règlement provisoire. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(257)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont également évoqué le fait que la Commission leur avait demandé de transmettre des questionnaires aux établissements financiers pertinents et ont allégué que la collecte d’informations aurait dû être réalisée par l’autorité chargée de l’enquête et que cette charge n’aurait pas dû être transférée aux parties répondantes. Ils ont en outre fait valoir qu’une entreprise ne pouvait être présumée avoir bénéficié d’un avantage «sur la seule base d’une présomption négative, fondée sur un manque d’informations permettant de constater le contraire, en l’absence d’autres éléments de preuve susceptibles d’établir positivement l’existence effective d’un tel avantage».

(258)

Comme expliqué au considérant 129 du présent règlement, la Commission a demandé aux pouvoirs publics chinois de transmettre des questionnaires spécifiques qu’elle avait préparés à tous les établissements financiers pertinents pour des raisons de commodité administrative et de bonne administration, en vue d’obtenir les informations de manière plus efficace. Une telle demande ne peut en aucun cas équivaloir à un transfert de la responsabilité de la collecte d’informations. En ne coopérant pas, les pouvoirs publics chinois n’ont pas permis à la Commission d’évaluer des documents supplémentaires qui auraient, selon eux, démontré l’absence de spécificité, ce que la Commission conteste; par conséquent, la Commission a dû se fonder sur les informations figurant dans le dossier qui appuyaient ses conclusions. Un tel raisonnement juridique n’équivaut pas à une présomption négative, puisque la Commission s’est fondée sur des éléments figurant dans le dossier en raison du refus de coopérer des pouvoirs publics chinois, qui tranche avec leur comportement lors de précédentes enquêtes, durant lesquelles les établissements financiers avaient coopéré et permis à la Commission d’effectuer son travail d’enquête et de vérifier les informations qu’elle jugeait nécessaires en ce qui concerne l’industrie des VEB et plus particulièrement les producteurs retenus dans l’échantillon. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(259)

Les pouvoirs publics chinois ont en outre fait valoir que la Commission aurait dû évaluer la spécificité pour chaque programme ou instrument allégué faisant l’objet de mesures compensatoires et qu’elle ne pouvait pas conclure que les différentes formes de financements étaient spécifiques au motif que les parties intéressées n’avaient pas apporté la preuve du contraire. Ils ont par ailleurs soutenu que les parties intéressées avaient démontré que ces instruments étaient accessibles à toutes les entités de tous les secteurs de l’économie chinoise.

(260)

Comme l’ont montré les différentes sections du règlement provisoire, la Commission a bien évalué la spécificité pour chaque programme faisant l’objet de mesures compensatoires sur la base d’éléments de preuve positifs qui n’ont été contredits par aucune allégation étayée d’une quelconque partie. L’allégation selon laquelle les parties intéressées ont démontré que ces instruments étaient accessibles à toutes les entités de tous les secteurs de l’économie chinoise a été jugée vague et non étayée. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées. En l’absence d’autres observations concernant la spécificité, les conclusions formulées au considérant 486 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.2.3. Calcul du montant de la subvention

(261)

À la suite de l’information provisoire et de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont affirmé que la Commission avait eu recours à une référence extérieure au pays sans avancer d’éléments de preuve suffisants démontrant que le marché chinois était faussé et que cette distorsion rendait les taux internes au pays inutilisables en tant que référence, conformément à la jurisprudence applicable de l’OMC (43).

(262)

La Commission a contesté cette affirmation et a fait valoir que l’allégation des pouvoirs publics chinois était vague étant donné qu’elle mentionnait les références utilisées pour le financement préférentiel en général, mais aussi les lignes de crédit en particulier (considérant 117 du règlement provisoire). En outre, la Commission a une nouvelle fois souligné que les pouvoirs publics chinois ne semblaient pas tenir compte du fait que la référence utilisée pour les prêts en CNY, les apports de fonds propres, les obligations et les traites d’acceptation bancaire était fondée sur une référence chinoise, à savoir le taux d’intérêt de prime. Le seul élément de la référence qui était externe au pays était la prime de risque crédit ajoutée au taux d’intérêt de prime. Dans ce contexte, la Commission a fourni, à la section 3.5.1.10 du règlement provisoire, de nombreux éléments de preuve démontrant que les notations de crédit et, partant, les primes de risque crédit étaient faussées en RPC, ce qui les rendait inutilisables pour établir une référence.

(263)

En ce qui concerne l’analyse de l’existence de distorsions en RPC, la Commission a également renvoyé au considérant 471 du règlement provisoire, qui confirmait l’existence d’un cadre normatif, et au considérant 473 du règlement provisoire, qui concluait que l’État avait chargé tous les établissements financiers opérant en Chine sous la supervision de l’ANRF (y compris les établissements financiers privés) ou leur avait ordonné de s’aligner sur les politiques gouvernementales et d’accorder des prêts à l’industrie des VEB à des taux préférentiels. En tout état de cause, aucun établissement financier n’ayant pleinement coopéré, aucune autre référence n’a pu être établie. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(264)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que la Commission n’avait pas répondu à leurs observations concernant le choix d’un écart relatif au lieu d’un écart absolu pour établir la différence entre les obligations d’entreprises notées AA et celles notées B. Selon les observations formulées à la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que l’utilisation d’un écart relatif n’avait aucun sens économique et que la Commission n’avait pas expliqué en quoi l’ajout de l’écart relatif permettait de se rapprocher d’un «prêt commercial comparable que la société aurait pu obtenir sur le marché» au sens de l’article 14, point b), de l’accord SMC, ni pourquoi elle avait considéré qu’aucun ajustement de la référence n’était nécessaire en ce qui concerne l’ajout de l’écart (relatif).

(265)

La Commission a commencé par observer que les pouvoirs publics chinois n’avaient formulé, à la suite de l’information provisoire, que des déclarations générales sur l’utilisation de l’écart relatif, sans préciser le raisonnement qui les avait amenés à juger l’écart relatif économiquement illogique, les raisons pour lesquelles ils considéraient qu’un écart absolu était plus approprié ou les ajustements à la référence qu’ils estimeraient nécessaires. Les pouvoirs publics chinois n’ont pas non plus fourni d’éléments de preuve à l’appui de leurs déclarations ou permettant de réfuter le point de vue de la Commission.

(266)

En ce qui concerne l’utilisation de l’écart relatif en lui-même, la Commission a clairement souligné au considérant 490 du règlement provisoire qu’elle avait suivi la même méthode de calcul des financements préférentiels au moyen de prêts établie dans le cadre de l’enquête antisubventions concernant les feuilles et bandes minces en aluminium destinées à la transformation originaires de la RPC ainsi que dans le cadre de l’enquête antisubventions relative aux produits plats laminés à chaud en acier originaires de la RPC et des enquêtes antisubventions relatives aux pneumatiques originaires de la RPC, à certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la RPC et aux câbles de fibres optiques originaires de la RPC, et elle a fourni les références pertinentes à ces règlements, où la raison de l’utilisation de l’écart relatif était longuement expliquée. L’application de cette méthode de calcul pour chaque groupe de sociétés retenues dans l’échantillon a en outre été expliquée plus en détail dans l’information spécifique adressée aux différentes sociétés. Les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucun nouvel argument qui aurait justifié que la Commission modifie sa pratique de longue date concernant l’utilisation de l’écart relatif.

(267)

Toutefois, dans un souci d’exhaustivité, la Commission rappelle aux pouvoirs publics chinois qu’en principe, l’objectif de l’écart relatif consistait à construire une prime de risque crédit pour chaque société, laquelle devait être appliquée ensuite au taux à risque zéro afin d’obtenir un taux d’intérêt de référence. Dans ce contexte, elle rappelle les observations suivantes, effectuées concernant le sens économique de l’écart relatif et le fait que cet écart permet de se rapprocher d’un prêt commercial, au considérant 256 du règlement définitif adopté à la suite de l’enquête antisubventions sur les pneumatiques originaires de la RPC:

—

«Premièrement, la Commission a reconnu que les banques commerciales utilisaient généralement une marge exprimée en termes absolus. Elle a fait observer que cette pratique semblait principalement motivée par des considérations d’ordre pratique, parce que le taux d’intérêt est, en définitive, un nombre absolu. Cependant, le nombre absolu est la traduction d’une évaluation des risques qui repose sur une évaluation relative. La probabilité de défaut d’une entreprise notée BB est X % plus élevée que celle des pouvoirs publics ou d’une entreprise sans risque. Il s’agit d’une évaluation relative.

—

Deuxièmement, les taux d’intérêt reflètent non seulement les profils de risque des entreprises, mais aussi les risques spécifiques au pays et à la devise. L’écart relatif prend donc en compte les changements des conditions du marché sous-jacentes, qui ne sont pas exprimés lorsque l’on applique la logique d’un écart absolu. Souvent, comme en l’espèce, le risque pays et le risque spécifique à la devise varient au fil dans le temps, et les variations sont différentes d’un pays à l’autre. En conséquence, les taux sans risque varient considérablement dans le temps et sont parfois inférieurs aux États-Unis, parfois inférieurs en Chine. Ces différences sont liées à des facteurs tels que la croissance du PIB observée et escomptée, le climat économique et les niveaux de l’inflation. C’est parce que le taux sans risque varie dans le temps qu’un même écart absolu nominal peut signifier une évaluation très différente des risques. Par exemple, lorsque la banque estime le risque de défaut spécifique à l’entreprise à 10 % supérieur au taux sans risque (estimation relative), l’écart absolu en résultant peut se situer entre 0,1 % (à un taux sans risque de 1 %) et 1 % (à un taux sans risque de 10 %). Du point de vue de l’investisseur, l’écart relatif est par conséquent une meilleure mesure car il reflète l’ampleur de l’écart de rendement et la façon dont il est affecté par le niveau du taux d’intérêt de base.

—

Troisièmement, l’écart relatif ne vise aucun pays en particulier. Par exemple, lorsque le taux sans risque aux États-Unis est inférieur au taux sans risque en Chine, la méthode entraînera des écarts absolus plus élevés. En revanche, lorsque le taux sans risque en Chine est inférieur au taux sans risque aux États-Unis, la méthode entraînera des écarts absolus plus faibles. Cela est également reconnu par le groupe Giti dans le tableau 3 de sa communication, qui simule l’incidence des différents taux de la PBOC. En pratique, lorsque l’on applique les données fournies par le groupe Giti aux taux historiques de la PBOC, on s’aperçoit que, pour certaines années, la méthode de l’écart relatif entraîne en fait un taux de référence plus faible que celle de l’écart absolu.

—

Concernant le troisième point, la Commission a interprété différemment les faits présentés par le groupe Giti. Le groupe Giti lui-même a indiqué que l’écart absolu n’était pas aussi stable que ce que prétendaient les pouvoirs publics chinois, mais variait dans le temps, de 1 % à 4,5 %. En outre, l’écart relatif suit exactement la même tendance que l’écart absolu au cours des 23 dernières années: lorsque l’écart relatif augmente, l’écart absolu augmente lui aussi, et vice versa. Quant à la prétendue volatilité de l’écart relatif, l’ampleur des changements est similaire — la différence entre les chiffres les plus élevés et les chiffres les plus bas est de 530 % pour l’écart relatif et de 450 % pour l’écart absolu» (44).

(268)

Les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucun élément qui justifierait de réexaminer ces observations et la Commission n’a trouvé aucun nouvel élément dans le cadre de la présente enquête susceptible d’entraîner une modification de sa précédente évaluation.

(269)

Enfin, l’affirmation des pouvoirs publics chinois selon laquelle aucun ajustement n’a été apporté à l’écart relatif est inexacte. En effet, le taux d’intérêt de prime chinois est utilisé comme point de départ pour le calcul. En outre, comme expliqué au considérant 267 ci-dessus, l’utilisation de l’écart relatif tient compte des changements des conditions du marché sous-jacentes spécifiques à un pays, qui ne sont pas exprimés lorsque l’on applique la logique d’un écart absolu. Par ailleurs, les considérants 504, 516 et 526 du règlement provisoire soulignent clairement que l’écart relatif a été calculé individuellement pour chaque prêt accordé au groupe de sociétés, en fonction de la date de l’octroi du prêt et de la durée du prêt en question. Les spécificités de chaque prêt ont donc également été prises en considération au moment d’utiliser l’écart relatif. Les arguments des pouvoirs publics chinois ont dès lors été rejetés.

(270)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que la Commission avait confondu son obligation d’établir l’existence d’une contribution financière des pouvoirs publics avec l’existence d’un avantage procuré par cette contribution financière au motif qu’il existe une différence entre le montant que le bénéficiaire paie et le montant qui serait payable sur un prêt commercial comparable que la société pourrait obtenir sur le marché.

(271)

La Commission a considéré qu’elle avait établi l’existence d’une contribution financière et l’existence d’un avantage lorsqu’elle a évalué ce régime. En particulier, au considérant 487 du règlement provisoire, elle a déterminé l’avantage conféré aux producteurs de VEB sur la base de la différence entre le montant de l’intérêt que l’entreprise bénéficiaire avait payé sur le prêt préférentiel et celui qu’elle aurait payé sur un prêt commercial comparable qu’elle aurait pu obtenir sur le marché. En ce qui concerne la contribution financière, la Commission a considéré que la fourniture de financements préférentiels au moyen de prêts ou d’autres instruments financiers constituait une contribution financière des pouvoirs publics chinois étant donné que les établissements financiers agissant en tant qu’organismes publics ou faisant l’objet d’une action de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics chinois appliquaient un taux d’intérêt ou une commission plus élevée pour les sociétés actives dans un secteur autre que l’industrie des VEB ou un autre secteur encouragé bénéficiant d’un traitement préférentiel similaire. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(272)

Le groupe Geely a affirmé que la Commission ne devrait pas utiliser les données relatives aux obligations d’entreprise afin de déterminer une référence pour les prêts, compte tenu des différences importantes que ces obligations présentent en matière de risques associés, de négociabilité, de délais et conditions de remboursement (y compris d’options de remboursement anticipé) et de restructuration de la dette. Selon lui, ces différences entraînent des différences de taux d’intérêt.

(273)

La Commission a contesté l’argument du groupe Geely, en faisant valoir qu’elle n’avait pas utilisé les obligations d’entreprise afin de déterminer une référence pour les prêts. En réalité, comme expliqué au considérant 526 du règlement provisoire, la Commission s’est fondée sur un panier d’obligations d’entreprise notées AA et B pour déterminer l’écart à ajouter au taux d’intérêt de référence de la Banque populaire de Chine ou, après le 20 août 2019, au taux de prime annoncé par le NIFC, afin d’établir un taux d’intérêt non faussé fondé sur le marché. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(274)

Le groupe Geely a affirmé que des erreurs spécifiques avaient été commises dans le calcul des prêts pour certaines sociétés du groupe. La Commission a accepté cet argument et a ultérieurement révisé le calcul.

(275)

En l’absence d’autres observations concernant le calcul du montant de la subvention, les conclusions formulées aux considérants 487 à 490 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.2.4. Conclusion sur le financement préférentiel: prêts

(276)

Les conclusions tirées aux considérants 528 et 529 du règlement provisoire ont été confirmées et les taux de subvention définitivement établis en ce qui concerne l’octroi de financements préférentiels au moyen de prêts au cours de la période d’enquête pour les groupes de sociétés retenus dans l’échantillon s’élevaient à:

Financement préférentiel: prêts

Raison sociale

Taux de subvention

Groupe BYD

0,16 %

Groupe Geely

0,77 %

Groupe SAIC

0,98 %

3.5.3. Financement préférentiel: autres types de financement

3.5.3.1. Lignes de crédit

a) Généralités

(277)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a contesté l’appréciation de la Commission relative aux lignes de crédit, en faisant valoir que les banques chinoises et internationales qui fournissaient des lignes de crédit aux sociétés du groupe BYD (tant celles établies en Chine que celles situées en dehors de la Chine) ne facturaient pas de frais d’ouverture.

(278)

Toutefois, les éléments de preuve présentés par le groupe BYD, qui consistaient en des accords de lignes de crédit conclus avec des établissements étrangers pour des sociétés du groupe BYD établies en dehors de la Chine, démontraient que soit les commissions, commissions d’arrangement et commissions de modification faisaient partie des accords, soit la banque ne facturait aucune commission d’engagement car elle ne prenait pas l’engagement d’octroyer un financement à la société. Par conséquent, les éléments de preuve supplémentaires présentés par le groupe BYD ont montré qu’une commission d’engagement était normalement payée lorsque certaines banques s’engageaient à réserver des fonds à leurs clients. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(279)

À la suite de l’information finale, le groupe BYD a contesté l’analyse effectuée par la Commission, en réitérant qu’aucune commission n’était facturée pour le traitement/l’ouverture de lignes de crédit et que la Commission s’était concentrée en lieu et place sur ce qui concernait des opérations bancaires ultérieures telles que des prêts.

(280)

La Commission a rappelé que, premièrement, comme expliqué au considérant 530 du règlement provisoire, l’objectif d’une ligne de crédit est de définir une limite d’emprunt que la société peut utiliser à tout moment pour financer ses opérations courantes, au moyen de prêts à court terme, de traites d’acceptation bancaire, etc., rendant ainsi le financement des besoins en fonds de roulement flexible et immédiatement disponible en cas de besoin. Dès lors, les prêts sont effectivement l’une des opérations bancaires connectées aux lignes de crédit. Deuxièmement, la Commission a contesté l’affirmation selon laquelle aucune commission n’était facturée sur les lignes de crédit, étant donné que sur les trois documents communiqués, un mentionnait clairement une commission à payer, un autre faisait référence à un autre accord de crédit, ce qui prouve que la société n’a pas présenté tous les documents, et le troisième concernait une ligne de crédit non engagée. Pour ce motif, la Commission a rejeté ces arguments.

(281)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a également affirmé que l’existence d’une ligne de crédit n’était pas requise lors de la conclusion de prêts individuels. En l’absence d’éléments de preuve en ce sens, cette allégation a été rejetée. En l’absence d’autres observations concernant l’évaluation générale des lignes de crédit, les conclusions formulées au considérant 530 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Conclusions de l’enquête

(282)

En l’absence d’observations concernant les conclusions de l’enquête, les conclusions formulées aux considérants 531 à 533 du règlement provisoire ont été confirmées.

c) Spécificité

(283)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a déclaré que les lignes de crédit n’étaient pas spécifiques au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, étant donné que toutes les entreprises de Chine, quel que soit leur secteur d’activité, étaient éligibles au même titre pour l’obtention de lignes de crédit, et que la décision no 40 ne prévoyait aucune limitation de l’accès aux lignes de crédit.

(284)

La Commission a contesté l’allégation du groupe BYD selon laquelle les lignes de crédit n’étaient pas spécifiques. À cet égard, la Commission a fait observer que le groupe BYD n’avait pas démontré que les entreprises de la RPC pouvaient également bénéficier des conditions préférentielles observées en ce qui concerne l’industrie des VEB. En outre, étant donné que les lignes de crédit sont intrinsèquement liées à d’autres types de prêts préférentiels, tels que les prêts, et qu’elles font partie du crédit spécifiquement fourni aux industries encouragées, l’analyse de la spécificité exposée à la section 3.5.2.2 du règlement provisoire pour les prêts est également applicable aux lignes de crédit. Cette allégation a dès lors été rejetée.

(285)

En l’absence d’autres observations concernant la spécificité, les conclusions formulées aux considérants 534 et 535 du règlement provisoire ont été confirmées.

d) Calcul du montant de la subvention

(286)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir qu’une autre référence aurait dû être utilisée en ce qui concerne les commissions applicables à ses lignes de crédit, car celles mentionnées au considérant 537 du règlement provisoire étaient inappropriées. Selon lui, l’utilisation des taux de la Metrobank du Royaume-Uni n’était pas appropriée puisqu’il s’agissait de taux appliqués à des lignes de crédit inférieures à 60 000 GBP qui n’étaient pas comparables aux prêts obtenus par le groupe SAIC, dont les lignes de crédit des entités du groupe SAIC pouvaient se monter jusqu’à plusieurs milliards d’EUR. Le groupe Geely a lui aussi soutenu que la référence utilisée n’était pas appropriée. À la suite de l’information finale, le groupe BYD a fait valoir que la Commission s’était erronément fondée sur des lignes de crédit en GBP émises par une banque de petite taille pour conclure que l’absence de commissions facturée par les banques chinoises pour l’ouverture de lignes de crédit constituait une subvention.

(287)

Les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la référence extérieure au pays utilisée par la Commission était excessivement élevée (entre 1,25 % et 1,75 %) par rapport à d’autres informations accessibles au public (entre 0,25 % et 1 %) (45). À la suite de l’information provisoire et de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont considéré que la banque et le montant de la ligne de crédit sélectionnés (jusqu’à 60 000 GBP) posaient problème. Ils ont également soutenu que les entreprises n’exerçaient pas leurs activités en GBP. À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont en outre fait valoir que l’article 14, paragraphe b), de l’accord SMC imposait à l’autorité chargée de l’enquête d’ajuster la référence afin de se rapprocher d’un prêt commercial comparable d’une autorité publique (46). Les pouvoirs publics chinois ont également fait référence à des informations accessibles au public (47) qui indiqueraient selon eux des taux applicables inférieurs, ainsi qu’à un échantillon de banques qui appliqueraient prétendument des commissions d’engagement ou d’arrangement variant généralement entre 0,25 % et 1 %. En outre, les pouvoirs publics chinois ont affirmé que les taux de référence utilisés dans la présente enquête étaient indûment plus élevés que lors d’enquêtes précédentes et que la Commission n’avait pas expliqué pourquoi ces taux étaient plus élevés que lors d’enquêtes précédentes.

(288)

La Commission n’était pas d’accord avec les arguments susmentionnés. Les informations sous-jacentes à la référence utilisée dans la présente enquête ne prévoient pas de commission différente en fonction du montant de la ligne de crédit. En ce qui concerne les taux mentionnés par les pouvoirs publics chinois, ceux-ci n’étaient pas étayés par des informations originales communiquées par des banques spécifiques ou indiquant certaines conditions. En outre, la référence utilisée dans la présente enquête était conforme à celles utilisées lors de précédentes enquêtes, pour lesquelles aucune limite supérieure de montant n’avait été fixée et qui provenaient d’une grande banque internationale (48). Ces arguments ont donc été rejetés. La Commission a également considéré que la référence qu’elle a utilisée reflétait suffisamment les conditions financières sur la base desquelles une ligne de crédit serait accordée dans des conditions normales de marché dans le pays où les entreprises exerçaient leurs activités. En toute hypothèse, les pouvoirs publics chinois n’ont pas fourni d’informations supplémentaires sur les ajustements qui auraient été nécessaires ni sur les raisons spécifiques justifiant de tels ajustements.

(289)

En ce qui concerne les informations accessibles au public, la Commission a considéré que les pouvoirs publics chinois n’avaient pas clairement précisé les éléments spécifiques du site web auxquels ils faisaient référence. En toute hypothèse, les informations figurant sur le site web mentionné à l’appui de cette allégation n’ont pas été jugées concluantes, étant donné qu’elles faisaient référence à des commissions d’arrangement ou d’engagement allant jusqu’à 4 ou 5 % et/ou à une commission d’engagement applicable pendant un «délai de grâce», sans fournir davantage d’informations sur ce à quoi ce délai correspondrait.

(290)

La Commission n’a pas considéré que la référence utilisée était indûment plus élevée. De fait, elle était très proche de celle utilisée lors d’enquêtes antérieures et fondée sur des informations accessibles au public. Le fait que les producteurs de VEB n’exercent pas leurs activités en GBP n’a pas été jugé pertinent pour apprécier le caractère approprié de la référence choisie: ce qui importait était les conditions de marché offertes pour emprunter de l’argent (quelle que soit la monnaie). En toute hypothèse, compte tenu du taux LIBOR applicable pendant la période d’enquête, qui était inférieur à un taux comparable applicable en RPC, cette référence a été considérée comme prudente. Compte tenu de ce qui précède, cet argument a été rejeté.

(291)

Les pouvoirs publics chinois ont ajouté que la Commission n’avait pas justifié en quoi la référence sélectionnée se rapprochait d’une ligne de crédit disponible pour les principales sociétés automobiles chinoises et que cette référence était déconnectée des conditions existantes du marché de la RPC. Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que les grandes entreprises telles que les producteurs de VEB pouvaient généralement négocier des commissions plus favorables. En l’absence d’éléments de preuve, cette allégation a été rejetée.

(292)

Les pouvoirs publics chinois ont par ailleurs allégué qu’il était de pratique courante en Chine que les banques ne facturent pas les lignes de crédit, à moins que des crédits ne soient contractés et que des prêts ne soient accordés dans ce cadre. Ils ont renvoyé, à cet égard, à l’article 1.1 de la circulaire de la Commission chinoise de régulation de la banque et de l’assurance, du ministère de l’industrie et des technologies de l’information, de la Commission nationale pour le développement et les réformes, du ministère des finances, de la Banque populaire de Chine et de l’administration de l’État pour la réglementation du marché sur le renforcement de la réglementation des frais de crédit et de financement en vue de réduire les coûts globaux de financement des entreprises, en vertu duquel «[aucune commission de gestion des fonds n’est prélevée] [pour les produits de crédit transférés mais pas encore utilisés par l’entreprise]». Les pouvoirs publics chinois ont également fait référence aux réponses de Zhihu, qui a déclaré qu’«aucune commission n’est facturée pour les lignes de crédit».

(293)

La Commission a contesté cette conclusion et a renvoyé au site web de la Bank of China, qui indiquait que des commissions étaient facturées pour l’existence de lignes de crédit (49) au cours de la période d’enquête. Compte tenu de ce qui précède, la Commission a également rejeté l’argument des pouvoirs publics chinois faisant état d’instructions de ne pas facturer de commissions de gestion des fonds. En tout état de cause, les pouvoirs publics chinois n’ont pas apporté la preuve que les «commissions de gestion de fonds» correspondaient à des commissions d’arrangement ou de renouvellement. Enfin, l’allégation relative à Zhihu n’était pas étayée et manquait de légitimité. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(294)

En l’absence d’autres observations, les considérants 536 à 538 du règlement provisoire ont été confirmés.

3.5.3.2. Traites d’acceptation bancaire

a) Généralités

(295)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont indiqué que les traites d’acceptation bancaire ne constituaient pas une forme de financement préférentiel pouvant faire l’objet de mesures compensatoires. Ils ont fait valoir que les traites d’acceptation bancaire permettaient aux sociétés d’«acheter à crédit» auprès du vendeur des biens moyennant une garantie. Selon eux, les banques fournissent une garantie pour le paiement effectué par l’acheteur, mais aucun financement. Les pouvoirs publics chinois ont également soutenu que, si la Commission devait conclure que cette opération constituait une subvention, elle ne devrait calculer l’avantage que pour la fourniture de la garantie telle que prévue par les conditions des banques relatives aux traites d’acceptation bancaire (50).

(296)

Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que la Commission s’était fondée sur des conclusions de précédentes enquêtes antérieures qui ne se recoupaient pas (51) et n’avait pas établi que les traites d’acceptation bancaire entraînaient un financement préférentiel des producteurs de VEB et qu’elle n’avait pas tenu compte du fait que les traites d’acceptation bancaire fonctionnaient différemment d’un pays à l’autre.

(297)

La Commission a contesté ces arguments. Selon elle, en l’absence de coopération de la part des établissements financiers chinois, elle devait recourir aux données disponibles. Dans ce contexte, elle a dû s’appuyer en partie sur des conclusions non contestées issues d’enquêtes antérieures, y compris à des conclusions relatives à des différences alléguées entre des pays. En tout état de cause, la Commission s’est également fondée sur les faits recueillis dans le cadre de la présente enquête, dans laquelle elle a conclu que le système d’acceptation bancaire mis en place en RPC permettait à l’ensemble des producteurs-exportateurs de disposer d’un financement gratuit de leurs opérations courantes, conférant un avantage passible de mesures compensatoires tel que décrit aux considérants 562 à 566 du règlement provisoire. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(298)

Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que la Commission n’avait pas tenu compte du système de compensation des acceptations bancaires mis en place avec différentes banques, tel que présenté au considérant 557 du règlement provisoire. En l’absence de nouveaux éléments avancés par les pouvoirs publics chinois ou les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon à cet égard, cette allégation a été rejetée.

(299)

Après l’information provisoire, le groupe BYD a fait valoir qu’aucun avantage n’avait été conféré par les acceptations bancaires, compte tenu du pourcentage de dépôts ou de nantissements équivalents fournis aux banques, et a demandé à la Commission de réviser son calcul de l’avantage, au motif que les dépôts ou nantissements qu’il fournissait aux banques, ainsi que les produits d’intérêts en découlant, compensaient entièrement les risques et les charges d’intérêts supportés par les banques et qu’aucun avantage n’était donc conféré.

(300)

Comme la Commission l’a conclu dans le cadre de précédentes enquêtes (52), il convient tout d’abord de noter qu’il est courant que les banques exigent des garanties et des sûretés de leurs clients lorsqu’elles octroient un financement. Il convient en outre d’observer que ces garanties sont utilisées pour garantir que le producteur-exportateur assumera sa responsabilité financière envers la banque et non pas envers le fournisseur. L’enquête a également révélé que ces garanties ne sont pas systématiquement demandées par les banques chinoises et ne sont pas toujours liées à des traites d’acceptation bancaire spécifiques. À cet égard, les dépôts allégués ne constituent pas un paiement anticipé versé par le tireur aux banques, mais seulement une garantie supplémentaire demandée par ces dernières qui n’a aucune incidence sur la décision de la banque d’émettre les traites d’acceptation bancaire sans intérêts d’emprunt supplémentaires pour le tireur. Ils peuvent en outre prendre diverses formes, notamment des dépôts à terme et des nantissements. Ces dépôts peuvent porter intérêt en faveur du tireur de la traite d’acceptation bancaire et ne représentent donc pas un coût pour celui-ci. De même, comme décrit à la section 3.5.3.2 du règlement provisoire, les traites d’acceptation bancaire ont en fait la même finalité et les mêmes effets que les crédits de fonds de roulement à court terme, vu que les entreprises les utilisent à la place de ces derniers pour financer leurs opérations courantes, et que par conséquent, les traites d’acceptation bancaire devraient avoir un coût équivalent à celui d’un financement sous la forme d’un crédit de fonds de roulement à court terme. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(301)

Le groupe SAIC a fait valoir que les acceptations bancaires devraient, en l’espèce, être considérées comme une méthode de paiement, étant donné que les banques ne fournissaient aucune contribution financière dans la mesure où elles se contentaient d’assumer les obligations légales de paiement selon les instructions des acheteurs, qui agissaient ensuite conformément aux contrats d’achat et de fourniture sous-jacents. En outre, cette méthode n’était pas spécifique aux producteurs de VEB, mais était aussi accessible à toutes les autres sociétés en Chine.

(302)

La Commission a rejeté l’argument du groupe SAIC selon lequel les banques ne fournissaient aucune contribution financière, en faisant valoir que les banques reprenaient bel et bien les créances du groupe SAIC et accordaient à celui-ci un délai de paiement prolongé sans lui réclamer le moindre intérêt, ce qui serait normalement le cas. En l’absence d’éléments de preuve démontrant que n’importe quelle partie en Chine peut bénéficier de traites d’acceptation bancaire à des conditions similaires, cette allégation a été rejetée.

(303)

À la suite de l’information finale, le groupe Geely a affirmé qu’il n’avait jamais utilisé de fonds bancaires pendant la période d’enquête, étant donné qu’il ne lui était jamais arrivé de ne pas payer à échéance. La Commission a rejeté cet argument au motif qu’un avantage n’est pas conféré lorsqu’une société ne parvient pas à rembourser les fonds empruntés, mais l’est plutôt en raison du prêt à court terme sans intérêt dont la société bénéficie de par l’existence de traites d’acceptation bancaire. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(304)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réaffirmé que la Commission n’aurait pas dû traiter les traites d’acceptation bancaire de la même manière que les prêts à court terme, vu qu’il s’agit de formes de financement différentes.

(305)

Pour les raisons exposées à la section 3.5.3.2 du règlement provisoire, la Commission a considéré que les traites d’acceptation bancaire équivalaient à des prêts à court terme et a rejeté cette allégation.

(306)

En l’absence d’autres observations concernant l’évaluation générale des traites d’acceptation bancaire, les conclusions formulées aux considérants 539 à 557 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Spécificité

(307)

À la suite de l’information provisoire, en ce qui concerne les traites d’acceptation bancaire, les pouvoirs publics chinois ont indiqué que la Commission avait renversé la charge de la preuve en affirmant qu’aucune preuve ne permettait d’établir que toute entreprise de la RPC (en dehors des industries encouragées) pouvait bénéficier de traites d’acceptation bancaire selon les mêmes conditions et modalités préférentielles.

(308)

Selon eux, la Commission n’a pas procédé à une analyse de la spécificité et s’est fondée sur son évaluation des prêts, qui était insuffisante.

(309)

Les pouvoirs publics chinois, le groupe BYD et le groupe SAIC ont également soutenu que les acceptations bancaires ne sont pas spécifiques au sens de l’article 4 du règlement de base et de l’article 2 de l’accord SMC, étant donné que toutes les entités juridiques chinoises y ont droit, que les sociétés ne sont soumises à aucune limite ou restriction quant à la manière de les utiliser aux fins d’opérations commerciales et que les conditions requises pour les demander sont neutres, ne les réservant pas à un type spécifique d’entreprises ou d’industries. Les pouvoirs publics chinois ont indiqué en outre que la Commission avait renversé la charge de la preuve en affirmant qu’aucune preuve ne permettait d’établir que toute entreprise de la RPC (en dehors des industries encouragées) pouvait bénéficier de traites d’acceptation bancaire selon les mêmes conditions et modalités préférentielles.

(310)

Ces allégations ont dû être rejetées. L’allégation du groupe SAIC n’était pas étayée. Bien que la BYD ait présenté les mesures relatives à l’administration des acceptations, escomptes et escomptes de la banque centrale de traites commerciales (ordonnance no 4 [2022] de la Banque populaire de Chine et de la Commission chinoise de régulation de la banque et de l’assurance) (53) et les mesures de mise en œuvre de l’administration des instruments négociables (54) comme constituant la législation applicable aux acceptations bancaires, les éléments de preuve soumis n’ont pas démontré que n’importe quelle entreprise de la RPC (n’appartenant pas à une industrie encouragée) pouvait bénéficier de traites d’acceptation bancaire selon les mêmes conditions préférentielles que celles observées concernant l’industrie des VEB. En outre, même si une forme de financement est en principe à la disposition des entreprises d’autres industries, les conditions concrètes dans lesquelles elle est offerte aux entreprises d’une industrie déterminée, telles que la rémunération et le volume du financement, peuvent la rendre spécifique. Aucune des parties intéressées n’a apporté la preuve que le financement préférentiel au moyen de traites d’acceptation bancaire des sociétés dans le secteur des VEB reposait sur des critères ou conditions objectifs au sens de l’article 4, paragraphe 2, point b), du règlement de base. En ce qui concerne la charge de la preuve, la Commission a fait référence à ses conclusions résumées aux considérants 555 et 558 à 560 du règlement provisoire, qui établissent que tous les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon bénéficiaient d’un financement gratuit de leurs opérations courantes et qu’un tel avantage était lié à des décisions nationales telles que la décision no 40 ou la communication de la CBIRC visée au considérant 560. Par ailleurs, aucun établissement financier chinois n’ayant pleinement coopéré, la Commission a eu recours aux données disponibles. Dans ce contexte, la Commission n’a pas considéré qu’elle avait renversé la charge de la preuve, mais plutôt que les pouvoirs publics chinois et les établissements financiers chinois n’avaient produit aucun élément permettant d’infirmer ses conclusions. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(311)

En l’absence d’autres observations concernant la spécificité, les conclusions formulées aux considérants 558 et 561 du règlement provisoire ont été confirmées.

c) Calcul du montant de la subvention

(312)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a contesté le fait que, pour plusieurs entités, il a été tenu compte de plusieurs jours postérieurs à la fin de la période d’enquête afin d’effectuer le calcul de la subvention. En outre, les acceptations bancaires interentreprises accordées à une société financière du groupe SAIC auraient dû être supprimées car cette société n’était pas bénéficiaire de ce régime. En tant que société financière, cette entité donnait des acceptations bancaires mais n’en recevait pas.

(313)

La Commission a observé que certaines sociétés n’avaient pas fourni les informations conformément aux instructions figurant dans le questionnaire, étant donné qu’elles n’avaient pas mentionné les traites d’acceptation bancaire ayant débuté avant la période d’enquête, ce qui empêchait d’utiliser ces traites manquantes pour effectuer les calculs. Toutefois, en accord avec certaines sociétés et comme expliqué dans l’information spécifique, les sociétés du groupe SAIC n’ont pas été invitées à soumettre à nouveau ces informations détaillées en raison de la charge de travail que cela aurait supposé, mais elles ont accepté que l’avantage soit tout de même calculé sur la base des traites d’acceptation bancaire toujours en cours après la période d’enquête. Pour les autres sociétés qui ne se sont pas vu proposer d’accord, la Commission a appliqué la même approche fondée sur les informations communiquées par les sociétés et a considéré qu’il était raisonnable d’utiliser ces informations puisqu’elles couvraient une période nette de 12 mois au moment de l’émission des traites d’acceptation. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(314)

En ce qui concerne les traites d’acceptation bancaire interentreprises, la Commission a accepté les demandes et en a tenu compte dans son calcul révisé du montant de la subvention.

(315)

Le groupe Geely a fait valoir que l’avantage devrait être calculé sur la base de la commission relative au crédit, et non du taux d’intérêt de la banque, qu’aucun avantage ne devrait être calculé pour les traites d’acceptation bancaire entièrement couvertes par un dépôt en espèce ou une garantie bancaire et que les commissions payées par le groupe Geely devraient être déduites du calcul de l’avantage.

(316)

La Commission n’était pas d’accord avec les allégations du groupe Geely. Compte tenu de la nature des traites d’acceptation bancaire, qui accordent un délai de paiement prolongé au moyen d’un prêt à court terme sans intérêt, la Commission a considéré que l’avantage devait être calculé sur la base d’une référence non faussée. En outre, ainsi qu’il a été établi lors de précédentes enquêtes, le fait que les traites d’acceptation bancaire soient couvertes par un dépôt en espèces ou une garantie n’est pas pertinent pour le calcul de l’avantage. L’avantage a été calculé comme correspondant à la différence entre le montant que l’entreprise a effectivement payé à titre de rémunération du financement sous la forme de traites d’acceptation bancaire et le montant qu’elle devrait payer en appliquant un taux d’intérêt de prêt à court terme. En effet, il est courant que les banques demandent diverses formes de garanties lorsqu’elles octroient des prêts. L’existence d’une garantie ne signifie pas que les fonds ont été prêtés aux conditions du marché. De même, la Commission n’a pas considéré que la commission payée lors de l’émission de la traite d’acceptation bancaire était comparable au paiement d’intérêts. C’est pourquoi elle n’a pas considéré que cette commission devait être déduite. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(317)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que la référence utilisée devrait avoir la même structure que la contribution financière comparée conformément à l’article 14, points b) et c), de l’accord SMC. La Commission a rejeté cette allégation au motif que la référence utilisée et la méthode appliquée correspondent à l’instrument financier pertinent au titre duquel les producteurs de VEB, en bénéficiant de traites d’acceptation bancaire, ont reçu un financement préférentiel sous la forme d’un prêt à court terme sans intérêt. La Commission a donc considéré que l’utilisation d’un taux d’intérêt à court terme applicable à la durée du prêt constituait une base appropriée pour calculer l’avantage conféré au bénéficiaire. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(318)

En l’absence de toute autre observation, les conclusions énoncées aux considérants 562 à 566 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.3.3. Effets escomptés

a) Généralités

(319)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission ne devait pas se fonder sur de précédentes enquêtes pour établir ses conclusions et qu’elle n’avait pas démontré que les effets escomptés constituaient une forme de financement préférentiel.

(320)

Comme indiqué aux considérants 567 à 570 du règlement provisoire, en utilisant des effets escomptés, les intermédiaires financiers ont avancé des montants de créances avant leur échéance. En cédant les droits de ces créances futures aux établissements financiers, les sociétés en cause ont reçu des fonds de manière anticipée, après déduction des commissions et des taux d’escompte applicables. Le taux d’escompte applicable a été jugé se trouver à un niveau préférentiel. L’avantage ainsi conféré aux bénéficiaires correspond à la différence entre le taux d’escompte appliqué par les établissements financiers chinois et le taux d’escompte applicable sur le marché à une opération comparable. En l’absence de coopération de la part des établissements financiers chinois, la Commission a confirmé sa conclusion selon laquelle les effets escomptés fournissaient un financement à un taux préférentiel. La Commission a contesté l’allégation des pouvoirs publics chinois selon laquelle elle se fondait sur les conclusions de précédentes enquêtes. Compte tenu de ce qui précède, cette allégation a été rejetée.

(321)

Le groupe BYD a fait valoir que les effets escomptés intragroupe assortis d’un taux de dépôt spécifique auraient dû être exclus du calcul de l’avantage, étant donné que le groupe ne transférait pas les créances non arrivées à échéance à des banques, mais récupérait les dépôts effectués auprès de banques.

(322)

La Commission n’a pas accepté cette allégation étant donné qu’une transaction d’effet escompté n’est pas réalisée entre des parties liées, mais entre le destinataire de l’effet escompté et une banque. Le fait que l’acceptation bancaire initiale, qui est ensuite escomptée, ait été initialement émise par une société liée est dénué de pertinence et ne change rien au fait que la société a bénéficié d’un faible taux d’escompte par rapport au taux d’escompte applicable pour une opération comparable sur le marché.

(323)

En l’absence d’autres observations concernant l’évaluation générale des effets escomptés, les conclusions formulées aux considérants 567 à 570 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Spécificité

(324)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et le groupe BYD ont fait valoir que les effets escomptés n’étaient pas spécifiques mais accessibles à tous les secteurs. Le groupe BYD a fait référence aux dispositions figurant à l’article 15 des mesures relatives à l’administration des acceptations, escomptes et escomptes de la banque centrale de traites commerciales (55).

(325)

Comme établi au considérant 572 du règlement provisoire, les effets escomptés, en tant que forme de financement, font partie du système de soutien financier préférentiel offert par les établissements financiers aux industries encouragées, telles que l’industrie des VEB, et les éléments de preuve produits par le groupe BYD n’ont pas permis d’établir que toute entreprise de la RPC (en dehors des industries encouragées) pouvait bénéficier d’effets escomptés selon les mêmes conditions et modalités préférentielles que celles constatées pour l’industrie des VEB. Ces arguments ont donc été rejetés.

(326)

En l’absence d’autres arguments concernant la spécificité, les conclusions établies aux considérants 571 à 573 du règlement provisoire sont confirmées.

c) Calcul du montant de la subvention

(327)

En l’absence d’observations concernant le calcul du montant de la subvention, les conclusions formulées aux considérants 574 à 576 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.3.4. Aide aux investissements en capital

3.5.3.4.1. Conversion de créances en capital

a) Généralités

(328)

En l’absence d’observations concernant l’évaluation générale des conversions de créances en capital, les conclusions formulées aux considérants 577 à 580 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Spécificité

(329)

En l’absence d’observations concernant la spécificité, les conclusions formulées au considérant 581 du règlement provisoire ont été confirmées.

c) Calcul de l’avantage conféré

(330)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont déclaré qu’étant donné que les entités qui participent à une conversion de créances en capital se voient conférer des droits d’actionnaires, l’investissement en fonds propres n’aurait pas dû être traité comme un prêt sans intérêt aux fins du calcul de l’avantage.

(331)

La Commission a considéré que l’avantage tiré d’une conversion de créances en capital devait être traité du point de vue du bénéficiaire de la subvention, à savoir NHBGAP. Toutefois, les droits des actionnaires pris en considération par les pouvoirs publics chinois concernaient les investisseurs, et non NHBGAP, et sont donc dénués de pertinence aux fins du calcul de l’avantage reçu par NHBGAP. Au contraire, la Commission a fait observer que l’avantage équivalait à un prêt sans intérêts, étant donné que, du point de vue de NHBGAP, une dette assortie d’un taux d’intérêt donné due au débiteur a été convertie en un autre type de dette subordonnée vis-à-vis du même débiteur, mais cette fois sans paiement d’intérêts. Cette allégation a donc été rejetée.

(332)

En l’absence d’autres observations concernant le calcul de l’avantage, les conclusions formulées aux considérants 582 et 583 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.3.4.2. Apports de fonds propres

a) Généralités

(333)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission n’avait pas examiné si les différents apports de fonds propres étaient plus avantageux qu’un apport de fonds propres privé.

(334)

La Commission conteste cette appréciation. Dans chaque cas, la Commission a expliqué le caractère avantageux de l’opération, comme, par exemple, aux considérants 579 et 582 du règlement provisoire pour la conversion de créances en capital susmentionnée, ou aux considérants 585 à 587 du règlement provisoire pour l’apport de fonds propres du groupe Geely.

(335)

En outre, pour l’apport de fonds propres relatif à SAIC, la Commission a dû fonder entièrement son appréciation sur les données disponibles, comme souligné aux considérants 600 et 605 du règlement provisoire, et les conditions sous-jacentes précises de l’opération n’étaient donc pas connues. Par ailleurs, sur la base des informations accessibles au public exposées aux considérants 601 à 606 du règlement provisoire, la Commission a conclu, au considérant 607 du règlement provisoire, que les participants à l’opération avaient agi en tant qu’organismes publics conformément au cadre législatif applicable en vue de fournir gratuitement des fonds propres supplémentaires à SAIC.

(336)

Enfin, la Commission a fait observer que, hormis une déclaration générale, les pouvoirs publics chinois n’avaient apporté aucun élément nouveau au dossier afin de contredire ses conclusions. Par conséquent, cette allégation a été rejetée.

b) Groupe Geely

(337)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a affirmé que Hubei Jiyuan Yangtze River Industrial Fund Partnership n’était pas un organisme public et n’était pas non plus investi d’un pouvoir gouvernemental. Il a également soutenu qu’en raison du transfert de ses actions à une entité privée en 2024, la référence devrait être modifiée.

(338)

La Commission a fait observer, comme expliqué au considérant 590 du règlement provisoire, que Yangtze River Industrial Fund — un fonds d’orientation du gouvernement chinois depuis 2017 — se concentrait sur le développement d’industries stratégiques et émergentes dans la province du Hubei, y compris celle des VEB. Ce fonds est aligné sur les stratégies nationales établies pour les pôles industriels modernes, ce qui met en relief son rôle dans la mise en œuvre des grands projets industriels des pouvoirs publics dans la région. En ce qui concerne l’allégation selon laquelle le fonds a transféré ses actions à une entité privée après la période d’enquête, elle ne contredit pas la conclusion selon laquelle les pouvoirs publics chinois ont directement transféré des fonds au groupe Geely par l’intermédiaire de ce fonds au cours de la période d’enquête. Par conséquent, ces allégations ont été rejetées.

c) Groupe SAIC

(339)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir que le montant total de l’avantage tiré de l’apport de fonds propres constaté au considérant 598 du règlement provisoire n’aurait pas dû être imputé sur le chiffre d’affaires total du produit soumis à l’enquête. Le groupe SAIC a affirmé que les informations accessibles au public sur lesquelles la Commission s’est fondée n’indiquaient pas clairement ce qui était spécifiquement destiné aux VEB et ce qui était destiné à d’autres fins ou n’était pas propre au produit visé par l’enquête.

(340)

La Commission a partiellement accepté cette allégation, dans la mesure où les informations accessibles au public mentionnées au considérant 339 du présent règlement indiquaient que l’apport de capital n’était pas entièrement lié aux VEB, et a révisé le calcul. En l’absence d’informations vérifiées, qui n’ont pas été fournies par le groupe SAIC, la Commission était en droit, le cas échéant, d’utiliser les données disponibles. Le reste de l’allégation a donc été rejeté. En l’absence de toute autre observation concernant l’évaluation générale des apports de fonds propres, les conclusions de l’enquête, l’avantage, la spécificité et le calcul de l’avantage, la Commission a confirmé les conclusions tirées aux considérants 584 à 610 du règlement provisoire.

3.5.4. Obligations

3.5.4.1. Remarques générales

(341)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réitéré leurs allégations selon lesquelles les questions posées par la Commission au sujet des obligations vertes étaient trop générales pour qu’ils puissent fournir des informations utiles et leur manque de coopération allégué par la Commission avait en réalité été induit par la Commission elle-même.

(342)

La Commission rappelle à nouveau, comme indiqué au considérant 270 du règlement provisoire, qu’au cours de l’enquête, elle avait présenté aux pouvoirs publics chinois une série de questions détaillées, bien définies et pertinentes dans sa demande de complément d’information, dans sa demande de renseignements supplémentaires ainsi que lors de la visite de vérification effectuée dans les locaux des pouvoirs publics chinois, en réponse auxquelles ceux-ci n’avaient pas fourni les informations nécessaires. Par ailleurs, dans sa demande d’informations, la Commission a cité plusieurs documents officiels spécifiques relatifs aux obligations vertes et aux sociétés d’autofinancement. Vu que les pouvoirs publics chinois insistent pour nommer certains de ces documents, la Commission se contentera d’indiquer que ceux-ci incluaient, par exemple, les orientations sur l’émission d’obligations vertes publiées par la NDRC, l’avis d’orientation sur le soutien du développement des obligations vertes publié par la CSRC, la communication sur la publication du catalogue de projets approuvés pour bénéficier de l’obligation verte (édition 2021) publiée par la Banque populaire de Chine, la NDRC et la CSRC, l’outil pour le financement sur fonds propres environnemental publié par la Banque populaire de Chine et le programme d’évaluation financière verte pour les établissements financiers et bancaires, publié par la Banque populaire de Chine. Ces publications sont des documents essentiels constituant la base du cadre juridique et réglementaire de l’émission d’obligations vertes et du financement vert au sens large. Sans ces documents, la Commission ne disposait de toute évidence pas des informations de base nécessaires pour déterminer si un financement préférentiel a été accordé au moyen de l’émission d’obligations vertes. Toutefois, les pouvoirs publics chinois n’ont pas fourni ces documents et n’ont pas expliqué le cadre juridique et réglementaire ni ce qui constituait une obligation verte, bien que de telles obligations soient mentionnées dans des documents officiels. Cet argument a dès lors été rejeté.

3.5.4.2. Établissements financiers agissant en tant qu’organismes publics

(343)

À la suite de l’information provisoire et finale, les pouvoirs publics chinois ont contesté les références faites à l’article 16 de la loi de la RPC sur les valeurs mobilières. Les pouvoirs publics chinois ont fait observer que l’article 16 avait été modifié en 2019. Ils ont également indiqué que l’article 12 du règlement relatif à l’administration des obligations de sociétés, qui exige que l’objectif des fonds obtenus soit conforme aux politiques industrielles de l’État, n’est qu’une exigence destinée à l’émetteur des obligations d’entreprise, c’est-à-dire les entreprises, mais pas une exigence destinée aux investisseurs. En outre, il ne réglemente que l’utilisation du capital mobilisé; il n’impose à aucun établissement d’investir dans les obligations de l’entreprise.

(344)

Par ailleurs, les pouvoirs publics chinois ont une fois de plus affirmé que l’industrie des VEB n’était pas une industrie encouragée, que les établissements financiers n’agissaient pas en tant qu’organismes publics et que les notations de crédit étaient fiables.

(345)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que la Commission n’avait fourni aucun élément de preuve indiquant que «la plupart des investisseurs sont des investisseurs institutionnels, y compris des établissements financiers», en dehors d’un article de Bloomberg «datant d’il y a deux ans». En toute hypothèse, cet article ne pourrait démontrer que la composition des investisseurs en obligations chinoises en général, et non les investisseurs spécifiques dans les obligations émises par les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont de nouveau formulé leurs arguments et ont insisté sur le fait qu’en toute hypothèse, un avantage ne devrait être calculé pour ces obligations spécifiques que lorsque la Commission est en mesure de prouver que l’investisseur était un organisme public.

(346)

La Commission maintient la position qu’elle a formulée à la suite de l’information provisoire. La Commission a reconnu que l’article 16 de la loi de la RPC sur les valeurs mobilières avait été modifié en 2019. Elle conteste, toutefois, l’interprétation faite par les pouvoirs publics chinois de l’article 12 du règlement relatif à l’administration des obligations de sociétés. En effet, le fait que l’émetteur de l’obligation doive se conformer aux politiques industrielles de l’État pour pouvoir accéder au marché obligataire montre que ces moyens supplémentaires de financement par l’intermédiaire du marché obligataire ne sont accessibles qu’à certaines entreprises encouragées et uniquement pour les utilisations encouragées par l’État.

(347)

La Commission a tenu compte de cet élément, en combinaison avec toutes les autres conclusions générales formulées par la Commission en l’espèce concernant le financement préférentiel, qui ont été décrites en détail à la section 3.5.1 du règlement provisoire et confirmées à la section 3.5.1 ci-dessus, telles que le fait que les établissements financiers agissent en tant qu’organismes publics et le fait que les notations de crédit sont faussées, dans son évaluation du financement préférentiel sur le marché obligataire.

(348)

La Commission a par ailleurs fait observer que l’«article» de Bloomberg était en réalité un rapport de 74 pages de 2022 sur le marché obligataire chinois. L’activité principale de Bloomberg étant l’analyse des données et des tendances sur les marchés des capitaux, la Commission estime que cette étude peut être considérée comme une preuve fiable couvrant la période d’enquête. Ce rapport corrobore en outre les informations recueillies lors des enquêtes précédentes et confirme que la situation n’a pas changé au cours de la période d’enquête.

(349)

Afin de compléter ces informations, la Commission attire l’attention sur d’autres rapports récents qui confirment les conclusions du rapport de Bloomberg. En effet, selon les informations dont dispose la Commission, la structure des investisseurs sur le marché obligataire chinois reste fortement dominée par les établissements financiers, qui sont également les souscripteurs de la plupart des obligations (56). Les banques sont également les principaux détenteurs d’obligations d’entreprise, suivies par les organismes de financement (57). En outre, les investisseurs internationaux détenaient moins de 3 % du marché obligataire chinois en 2021 (58).

(350)

En ce qui concerne les obligations émises par les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, la Commission a constaté qu’un certain nombre d’entre elles étaient des obligations émises sur le marché interbancaire, lequel, par définition, n’est ouvert qu’aux investisseurs institutionnels/établissements financiers. Il convient également de rappeler qu’à l’exception d’EXIM Bank, aucun des établissements financiers n’a coopéré à la présente enquête.

(351)

En outre, les pouvoirs publics chinois ne tiennent pas compte des faits soulignés par la Commission au considérant 620 du règlement provisoire, à savoir que les obligations émises par les sociétés retenues dans l’échantillon ont un taux d’intérêt proche ou inférieur au taux d’intérêt de prime, ce qui signifie que leur rendement est proche ou inférieur au taux auquel les établissements financiers peuvent eux-mêmes obtenir des fonds auprès d’autres établissements financiers. En d’autres termes, ces obligations constituent une opération déficitaire pour les banques. Cela prouve clairement que les établissements financiers agissent en tant qu’organismes publics tenant compte d’autres considérations que celles d’un investisseur opérant dans des conditions de marché.

(352)

Les pouvoirs publics chinois ne tiennent pas non plus compte des éléments de preuve spécifiques avancés concernant les obligations vertes au considérant 617 du règlement provisoire, dans lequel la Commission a souligné que, conformément au «programme d’évaluation financière verte pour les établissements financiers et bancaires» de la Banque populaire de Chine, les banques chinoises doivent souscrire à des instruments de dette verts pour atteindre un seuil donné dans leur base d’actifs financiers qui contribuera à une évaluation positive de leur performance par l’autorité de surveillance du secteur bancaire. En outre, selon l’«instrument de politique monétaire visant à soutenir les projets de réduction des émissions de carbone» de la Banque populaire de Chine, les établissements financiers doivent fournir un financement aux sociétés à l’appui des activités industrielles vertes à des taux d’intérêt préférentiels proches du niveau du taux de prime du pays. En contrepartie, la Banque populaire de Chine propose des taux de refinancement préférentiels aux banques pour les fonds verts qu’elles ont versés. Ici encore, de toute évidence, cela souligne que les établissements financiers agissaient en tant qu’organismes publics en ce qui concerne les obligations vertes émises par les sociétés retenues dans l’échantillon.

(353)

Enfin, les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucun élément de preuve à l’appui de leurs allégations selon lesquelles les investisseurs sur le marché obligataire chinois n’étaient pas en majorité des établissements financiers.

(354)

Par conséquent, la Commission a confirmé sa conclusion selon laquelle il existe un chevauchement significatif entre les créanciers qui fournissent des capitaux sur le marché obligataire et ceux qui fournissent des capitaux sous la forme de prêts, et que, dès lors, les obligations ne constituent, dans une certaine mesure, qu’un moyen supplémentaire de fournir des prêts aux entreprises. Partant, la Commission a rejeté ces arguments.

(355)

En l’absence d’autres observations concernant la base juridique et la conclusion selon laquelle les établissements financiers agissent en tant qu’organismes publics, les conclusions formulées aux considérants 611 à 630 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.4.3. Spécificité

(356)

En ce qui concerne les obligations, les pouvoirs publics chinois ont fait observer que les prétendus «instruments de dette verts» étaient à la disposition d’un certain nombre d’industries. Ils ont également soutenu que ces obligations ne pouvaient pas être considérées comme spécifiques ou limitées à un certain nombre d’industries car «les obligations ne peuvent pas être émises sans l’approbation des autorités gouvernementales».

(357)

Plus généralement, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la décision 40 relative aux industries encouragées ne s’appliquait pas aux obligations, étant donné que le terme «crédit» figurant dans cette décision ne fait référence qu’aux prêts au sens strict. À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont communiqué d’autres documents chinois, dans lesquels le terme «crédit» était utilisé en même temps que le terme «obligations». Les pouvoirs publics chinois ont également fait valoir que les principales lois et réglementations sur lesquelles la Commission s’est fondée pour étayer sa conclusion à la section 3.5.1 du règlement provisoire s’appliquent uniquement aux prêts, mais pas aux obligations. En outre, le groupe Geely a affirmé, à la suite de l’information provisoire, que la Commission n’avait pas fourni suffisamment de précisions quant à la spécificité.

(358)

En ce qui concerne les obligations vertes, la Commission a souligné, au considérant 632 du règlement provisoire, que ces obligations étaient spécifiques puisqu’elles ne pouvaient être émises que par des entreprises exerçant certaines activités industrielles énumérées dans un catalogue d’activités industrielles vertes. Le fait que ce catalogue comprenne plus d’une industrie est dénué de pertinence à cet égard et ne contredit pas la conclusion de la Commission.

(359)

La Commission a également confirmé son désaccord avec l’interprétation restrictive du terme «crédit» figurant dans la décision 40 et continue d’interpréter ce terme plutôt dans le sens de «financement» au sens large. Les pouvoirs publics chinois n’ont pas réfuté l’observation formulée par la Commission dans l’information finale, à savoir que le fait que l’article 12 du règlement relatif à l’administration des obligations de sociétés fasse le lien avec les politiques industrielles de l’État, qui sont guidées par la décision 40. En outre, les pouvoirs publics chinois ont choisi de se concentrer uniquement sur la décision 40 et n’ont pas tenu compte des autres éléments de preuve relatifs à la spécificité fournis par la Commission à la section 3.5.1.5 du règlement provisoire. Par exemple, le considérant 435 du règlement provisoire faisait référence au plan de développement de l’industrie des véhicules économes en énergie et des véhicules à nouvelles énergies (2012-2020), qui prévoit des «incitations politiques sous la forme d’une facilitation de l’accès aux services financiers» et qui est clairement spécifique au secteur industriel en cause. On trouve encore un autre exemple au considérant 444 du règlement provisoire, dans lequel la Commission a observé que les critères établis par la NFRA pour l’évaluation des performances des banques commerciales tiennent compte de la manière dont les établissements financiers «servent les objectifs de développement national et l’économie réelle», et en particulier de la manière dont ils «servent les industries stratégiques et émergentes».

(360)

Les arguments en question ont donc été rejetés.

(361)

En l’absence d’observations concernant la spécificité, les conclusions formulées aux considérants 631 et 632 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.5.4.4. Calcul du montant de la subvention

(362)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a allégué que toutes les obligations émises par certaines entités ne devaient pas être considérées comme des «obligations vertes». En effet, selon les principes pour les obligations vertes adoptés par la Chine en juillet 2022, les obligations vertes comportent quatre composantes essentielles, à savoir:

—

l’utilisation du produit des obligations vertes est limitée aux industries vertes, aux activités économiques vertes et à d’autres projets écologiques connexes,

—

l’émetteur est tenu de communiquer aux investisseurs les informations spécifiques relatives aux projets verts, y compris le processus d’évaluation et de sélection. Par ailleurs, le recours à une agence indépendante d’évaluation et de certification par des tiers est encouragé,

—

le produit des obligations vertes devrait être géré spécifiquement dans le but de veiller à ce qu’il soit utilisé dans le strict respect de l’objectif fixé dans les documents d’émission, et

—

des obligations d’information sont imposées à l’émetteur.

(363)

Selon le groupe SAIC, ces quatre composantes établissaient une distinction claire entre les obligations vertes et les obligations d’entreprises en Chine, ce qui se reflète dans les documents d’information relatifs aux obligations vertes qui sont généralement disponibles dans le domaine public, par exemple sur les sites internet des bourses de valeurs mobilières ou des autorités de régulation. Toutefois, si les obligations vertes portent généralement la mention «vert» dans leur nom, les obligations non vertes, elles, n’ont pas le droit au label «vert» car elles ne peuvent pas satisfaire aux exigences en matière d’émission d’obligations vertes fixées par la Banque populaire de Chine. Autrement dit, la Commission ne pouvait pas traiter toutes les obligations comme étant des obligations vertes pour la seule raison que les activités auxquelles elles se rapportaient figuraient dans le Green Bonds Supporting Project Catalogue (2021 Edition) (catalogue de projets soutenant les obligations vertes) mentionné au considérant 263 du règlement provisoire. En outre, pour les obligations qui n’étaient pas vertes, la Commission aurait dû imputer le montant de l’avantage sur le chiffre d’affaires total de la société, plutôt que sur le chiffre d’affaires relatif au produit soumis à l’enquête.

(364)

La Commission n’a pas contesté le fait que les obligations du groupe SAIC n’étaient pas toutes des obligations vertes. Elle tient néanmoins à souligner que l’utilisation du chiffre d’affaires relatif au produit soumis à l’enquête pour calculer l’avantage lié aux obligations n’était pas nécessairement fondée sur le fait qu’une obligation soit qualifiée d’«obligation verte». Les obligations normales, lorsqu’elles sont destinées à toutes fins, ont été imputées sur le chiffre d’affaires total. Les obligations d’entreprise ont également été considérées comme liées au produit soumis à l’enquête si, dans les documents d’émission, un lien a été établi avec des domaines spécifiques aux VEB, tels que, par exemple, le financement de la R & D relative aux nouvelles technologies, qui sont davantage susceptibles de profiter aux véhicules électriques qu’aux moteurs à combustion. Lorsque les obligations étaient destinées aux VEB, ces obligations ont été imputées sur le chiffre d’affaires des VEB. Toutes les obligations vertes ont été imputées au chiffre d’affaires des VEB. La Commission tient également à rappeler que le montant de l’avantage relatif aux obligations se rapportait pour l’essentiel à diverses sociétés financières du groupe qui n’ont jamais répondu au questionnaire, telles que SFMH, VW Finance et GMAC. En l’absence d’informations vérifiées, que le groupe SAIC n’a pas fournies, la Commission a eu recours aux données disponibles. En particulier, le montant de la subvention a été calculé sur la base des informations relatives aux montants, aux dates de début et de fin et aux taux d’intérêt des obligations figurant soit dans les états financiers accessibles au public soit dans les informations communiquées aux investisseurs en bourse. Dans certains cas, les obligations ont été classées dans la catégorie des obligations vertes. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(365)

Comme indiqué au considérant 147 du présent règlement, le groupe SAIC a fait valoir que l’article 28 n’aurait pas dû être appliqué pour imputer l’ensemble des titres adossés à des actifs émis par une seule entité n’ayant pas coopéré à l’un des producteurs et, en fin de compte, au groupe SAIC tout entier. Premièrement, le groupe SAIC a soutenu que l’entité en question n’avait jamais été tenue de fournir une réponse au questionnaire. Deuxièmement, il a affirmé n’exercer aucun contrôle significatif sur cette entité, étant donné qu’elle faisait partie d’un accord d’entreprise commune. Troisièmement, si la Commission tenait vraiment à ce qu’une telle imputation soit effectuée, elle aurait dû calculer la part de l’avantage qui était imputable à ce producteur.

(366)

En ce qui concerne le premier argument, la Commission a souligné que toutes les sociétés liées fournissant un financement aux producteurs ou en leur nom devaient répondre aux sections A et E du questionnaire. L’entité en question n’a jamais répondu au questionnaire, alors qu’elle était clairement associée à la prestation de services de financement au nom de l’un des producteurs, et l’existence de ces services n’a été connue que très tardivement dans la procédure, juste avant la publication du règlement provisoire.

(367)

Sur le deuxième point, l’entité liée en question était détenue à 100 % par le partenaire du groupe SAIC dans l’entreprise commune et fournissait des services financiers à l’un des producteurs du groupe SAIC, détenu conjointement par SAIC et son partenaire dans l’entreprise commune. Dès lors, il ne faisait aucun doute pour la Commission qu’il s’agissait d’une entité liée qui aurait dû fournir une réponse au questionnaire.

(368)

S’agissant du troisième point, en l’absence d’informations vérifiées, qui n’ont pas été fournies par le groupe SAIC, la Commission était en droit, le cas échéant, d’utiliser les données disponibles. D’après les informations disponibles, l’entité en question fournissait des services financiers à l’un des producteurs du groupe SAIC, et d’autres activités n’ont pas pu être déterminées. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(369)

À la suite de l’information finale, le groupe SAIC a réitéré ses observations concernant l’entité n’ayant pas coopéré qui a émis les titres adossés à des actifs. Selon la société, imputer les titres adossés à des actifs à l’entité ayant fourni des services financiers à l’un des producteurs du groupe SAIC n’était pas conforme à la pratique de la Commission. Le groupe SAIC a précisé que la Commission devrait utiliser le taux de participation du producteur-exportateur dans la société bénéficiaire et que, conformément à la jurisprudence de l’OMC, l’application de l’article 28 était strictement limitée aux informations manquantes, à savoir, en l’espèce, le montant de l’avantage, et ne devrait pas être étendue au-delà de ce montant. De fait, en l’espèce, la structure de l’actionnariat de la société bénéficiaire était publiquement disponible, et ses liens avec le groupe étaient clairement décrits dans les observations du groupe SAIC.

(370)

Le groupe SAIC a également déclaré que les «autres activités» de la société bénéficiaire étaient claires et à la disposition de la Commission et que l’imputation par la Commission à une seule entité de production du groupe entraînerait dans certaines circonstances une double comptabilisation.

(371)

La Commission conteste ces allégations. Premièrement, il manquait à la Commission des informations non seulement sur le montant de l’avantage, mais aussi sur la ou les entités du groupe auxquelles cet avantage devait être imputé. Le fait que la société n’ayant pas coopéré ait été la première bénéficiaire directe, au sein du groupe, du financement préférentiel fourni par des parties externes ne signifie pas qu’elle ait également été la seule bénéficiaire de ce financement préférentiel au sein du groupe. Dès lors, l’application de l’article 28 aux fins de la détermination de l’imputation de l’avantage était nécessaire.

(372)

Deuxièmement, contrairement à ce que le groupe SAIC a déclaré, cette imputation a été réalisée conformément à la pratique antérieure de la Commission. En effet, l’exemple tiré de la pratique antérieure cité par le groupe SAIC concernait une entité holding qui fournissait des services financiers à ses filiales, qui incluaient les producteurs-exportateurs. Compte tenu de la situation factuelle dans cette affaire spécifique, il avait été décidé que la part des investissements de l’entité holding dans ses filiales (liée au montant de fonds propres et donc à la participation dans chaque filiale) constituait un indicateur raisonnable de la part du financement préférentiel dont bénéficiait chaque filiale, et, dès lors, une clé de répartition appropriée pour l’imputation de l’avantage aux producteurs-exportateurs. En l’espèce, en revanche, la société du groupe SAIC n’ayant pas coopéré n’a aucune filiale connue. À la connaissance de la Commission, il n’existe pas non plus de lien entre la structure organisationnelle formelle des deux partenaires de l’entreprise commune et la proportion réelle de services financiers fournis par la société n’ayant pas coopéré aux différentes entités du groupe.

(373)

Troisièmement, comme souligné au considérant 368 ci-dessus, étant donné que la société n’ayant pas coopéré n’avait pas répondu au questionnaire, il n’a pas été possible de déterminer la portée et la structure exactes de ses activités financières. Il n’existe pas non plus de lien à proprement parler entre le propriétaire de la sûreté sous-jacente aux titres adossés à des actifs émis et le bénéficiaire effectif des fonds levés au moyen de ces titres. La Commission a donc rejeté ces allégations.

(374)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely a affirmé que les producteurs n’avaient pas bénéficié de titres adossés à des actifs étant donné que les transactions étaient restées entre l’entité de financement et l’emprunteur de détail.

(375)

La Commission a relevé que, dans le cadre de ces opérations, le groupe Geely avait bénéficié d’un financement préférentiel. Comme indiqué au considérant 619 du règlement provisoire, les titres adossés à des actifs permettaient au groupe de remplacer leurs créances à moyen terme sur des prêts automobiles par des liquidités immédiatement disponibles, ce qui facilitait ainsi le préfinancement de leurs opérations de prêt de manière très avantageuse. Les avantages ont été imputés en conséquence. Cet argument a dès lors été rejeté.

(376)

Le groupe Geely s’est opposé à l’utilisation de la même référence pour les obligations que celle appliquée aux prêts, car les obligations et les prêts sont des instruments financiers différents.

(377)

À cet égard, la Commission a souligné que les prêts et les obligations étaient des instruments de financement par endettement similaires. En fait, une obligation est une sorte de prêt utilisé par les grandes entités pour lever des capitaux. Tant les prêts que les obligations sont contractés/émis pour une certaine durée et sont assortis d’un taux d’intérêt/nominal. Le fait que le financement au moyen d’un prêt soit assuré par un établissement financier et que le financement au moyen d’une obligation de société soit assuré par des investisseurs qui, dans la plupart des cas, sont également des établissements financiers, n’est pas pertinent pour déterminer les caractéristiques essentielles des deux instruments. En effet, les deux instruments servent à financer des opérations commerciales, prévoient le même type de rémunération et sont assortis d’un délai et de conditions de remboursement similaires. En outre, aucune autre référence n’a été proposée et aucune autre information accessible au public n’a pu être trouvée afin de fournir une référence plus précise. L’argument en question a dès lors été rejeté.

(378)

En l’absence d’autres arguments, les conclusions établies aux considérants 633 à 635 du règlement provisoire sont confirmées.

3.5.4.5. Conclusion sur le financement préférentiel: autres types de financement

(379)

En l’absence d’autres observations concernant la conclusion relative aux autres types de financement, les conclusions formulées aux considérants 636 et 637 du règlement provisoire ont été confirmées.

(380)

Le montant de la subvention établi en rapport avec les autres types de financement préférentiel sur la période d’enquête pour les groupes d’entreprises retenus dans l’échantillon s’élevait à:

Financement préférentiel: autres types de financement

Raison sociale

Taux de subvention

Groupe BYD

3,60 %

Groupe Geely

3,23 %

Groupe SAIC

7,56 %

3.6. Programmes d’aides

3.6.1. Subventions directes en espèces

a) Remarques générales

(381)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et le groupe SAIC ont affirmé que la spécificité des aides reçues par Geely et SAIC n’avait pas fait l’objet d’une détermination au cas par cas fondée sur des éléments de preuve positifs. De même, le groupe Geely a affirmé que les aides auraient dû être imputées au chiffre d’affaires total (VEB et non VEB), afin de refléter dûment le fait qu’elles concernaient l’ensemble des activités des entités bénéficiaires.

(382)

Les pouvoirs publics chinois ont affirmé que la Commission avait utilisé les données disponibles de manière punitive au moment d’apprécier les aides reçues par Geely et SAIC et que les consignes qu’elle avait données étaient peu claires, ce qui a empêché les sociétés retenues dans l’échantillon de procéder à une évaluation adéquate. Selon eux, la Commission n’a pas procédé à une évaluation détaillée de tous les éléments de preuve figurant dans le dossier afin de sélectionner les données de remplacement les plus appropriées et les subventions alléguées ne devraient pas être imputées aux exportateurs qui n’en ont pas bénéficié.

(383)

Comme expliqué en détail au considérant 364 du règlement provisoire, le groupe SAIC a affirmé qu’il n’était pas essentiel d’utiliser «les montants individuels de chaque aide, la date de réception des aides, la description des aides, les communications correspondantes des pouvoirs publics précisant la nature des aides et d’autres informations nécessaires» et a refusé de fournir de telles informations, de sorte que la Commission s’est trouvée dans l’impossibilité de déterminer les régimes de subvention sous-jacents et le montant des aides reçues au cours de la période d’enquête ainsi que de savoir si ces aides concernaient ou non des actifs immobilisés. De même, comme expliqué au considérant 372 du règlement provisoire, aucune des sociétés du groupe Geely n’a fourni d’informations complètes sur la nature des programmes d’aides dans le cadre desquels elle bénéficiait d’un soutien, comme demandé dans le questionnaire, si bien que la Commission n’était pas en mesure de déterminer les régimes de subvention sous-jacents aux programmes d’aides pour le produit soumis à l’enquête.

(384)

En outre, comme expliqué à la section 3.3.1.4 du règlement provisoire, les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucune information concernant les aides versées aux groupes retenus dans l’échantillon, de sorte que la Commission n’a pas pu combler ces lacunes au moyen d’informations obtenues auprès d’une autre source. En revanche, la Commission a observé que le groupe BYD avait fourni les informations pertinentes demandées afin qu’elle puisse évaluer les différents aspects des aides reçues et déterminer si elles étaient passibles de mesures compensatoires.

(385)

Sur cette base et en l’absence d’informations vérifiées indiquant le contraire, la Commission a fondé ses conclusions sur les données disponibles et a considéré que toutes les aides reçues par ces groupes étaient spécifiques et liées au produit soumis à l’enquête. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

(386)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réaffirmé que la Commission avait fondé sa détermination de la spécificité des aides passibles de mesures compensatoires sur des hypothèses, et non sur des éléments de preuve positifs, contrairement à l’article 2.4 de l’accord SMC. Selon eux, la Commission disposait d’éléments prouvant que les aides alléguées en question bénéficiaient à de nombreux produits et avait donc appliqué les données disponibles de manière punitive. La Commission a plutôt supposé que les aides reçues par ces producteurs-exportateurs étaient spécifiques car le groupe SAIC et le groupe Geely ne lui ont pas fourni ce qu’elle considérait être des informations suffisantes. Les pouvoirs publics chinois ont par ailleurs fait valoir que la Commission n’avait pas divulgué suffisamment de faits sous-tendant sa conclusion selon laquelle les aides étaient spécifiques.

(387)

Le groupe SAIC a en outre affirmé qu’il avait fourni à la Commission des éléments prouvant que les aides accordées par les pouvoirs publics chinois étaient également destinées à d’autres fins que le produit concerné et que les informations en possession de la Commission, y compris les documents communiqués par le groupe SAIC et les informations accessibles au public, indiquaient clairement que les aides reçues étaient destinées aux produits VEB et non-VEB. On ne saurait donc soutenir que l’imputation par la Commission des aides reçues au chiffre d’affaires du produit concerné était fondée en fait. Par ailleurs, le groupe SAIC a allégué que la Commission n’avait fourni aucune évaluation ou aucun raisonnement concernant les nombreux faits figurant dans le dossier — plus spécifiquement, les rapports d’audit, la balance générale et les captures d’écran des comptes où étaient inscrites les aides —, ce qui laisserait entendre que les aides reçues n’étaient pas exclusivement destinées au produit soumis à l’enquête.

(388)

La Commission a de nouveau déclaré que le groupe SAIC n’avait pas fourni d’informations complètes sur la nature des programmes d’aides au titre desquels il bénéficiait d’un soutien, comme il le lui avait été demandé, de sorte qu’elle n’a pas été en mesure de déterminer quels programmes d’aides étaient liés au produit soumis à l’enquête. La Commission a fait observer que les informations étaient facilement accessibles aux entreprises, mais qu’elles lui en avaient refusé l’accès intégral. Le fait qu’une société autorise la Commission à consulter certains documents et fournisse des captures d’écran sans communiquer les informations pertinentes demandées ne saurait en aucun cas équivaloir à fournir les informations demandées sous la forme d’un document permettant de prouver que les informations ont été dûment vérifiées. Ces informations ne donnent pas non plus l’assurance que les aides reçues avant la période d’enquête n’ont pas profité à la production de VEB au cours de la période d’enquête. La Commission a par ailleurs souligné à de nombreuses reprises que les informations fournies uniquement sur la forme de captures d’écran et ne comportant que des données limitées ou des exemples rendraient impossibles la vérification et le rapprochement de chiffres essentiels.

(389)

En l’absence d’informations vérifiées indiquant le contraire, la Commission a fondé ses conclusions sur les données disponibles et a considéré que toutes les aides reçues par ces groupes étaient spécifiques et liées au produit soumis à l’enquête. Compte tenu de ces éléments, ces allégations ont été rejetées.

b) Calcul du montant de la subvention

(390)

À la suite de l’information provisoire, le groupe SAIC a fait valoir que, étant donné que les aides reçues étaient soumises à l’impôt sur les sociétés, le montant imposable devait être déduit du montant total des aides reçues. La Commission a considéré que le groupe SAIC n’avait pas fourni d’éléments de preuve positifs établissant un lien direct entre l’impôt payé et les aides reçues. En outre, les articles 6 et 7 du règlement de base ne prévoient pas la déduction de l’impôt sur les sociétés en ce qui concerne le calcul de l’avantage ou de la subvention passible de mesures compensatoires. Dès lors, cet argument a été rejeté.

(391)

Le taux de subvention établi pour le groupe SAIC et le groupe Geely en ce qui concerne les aides a été mis à jour à la suite de la correction décrite respectivement aux considérants 652 et 654 du présent règlement.

(392)

En conséquence, la méthode de calcul du montant de la subvention décrite au considérant 650 du règlement provisoire est confirmée et a été appliquée au producteur-exportateur ayant obtenu un examen individuel.

(393)

À la suite de l’information finale, Tesla Shanghai a fait valoir que trois versements avaient été effectués pour l’une des aides reçues par la société et que l’un d’entre eux avait eu lieu pendant la période d’enquête. Selon la société, étant donné que le montant reçu pendant la période d’enquête concernait une aide relative à des actifs immobilisés, dont les paiements étaient effectués dans le cadre du même régime, la Commission aurait dû amortir le montant reçu par la société pendant la période d’enquête.

(394)

La Commission reconnaît que, sur la base des lignes directrices pour le calcul du montant des subventions dans le cadre des enquêtes en matière de droits compensateurs (59), «[e]n ce qui concerne les subventions ponctuelles qui peuvent être mises en rapport avec l’acquisition d’actifs immobilisés, le montant total de la subvention est étalé sur la durée normale de vie de ces actifs [article 7, paragraphe 3, du règlement (CE) no 2026/97 du Conseil (60)]». Toutefois, les lignes directrices disposent également qu’«[e]xception au cas décrit au point [ci-dessus], les subventions ponctuelles inférieures à 1 % ad valorem sont généralement entièrement imputées à la période d’enquête, même si elles peuvent être mises en rapport avec l’achat d’actifs immobilisés». Étant donné que le versement effectué pour l’aide en question était inférieur à 1 % ad valorem, la Commission a considéré que le paiement reçu au cours de la période d’enquête n’était pas significatif et qu’il était raisonnable de ne l’imputer qu’à la période d’enquête. Cette méthode d’imputation est pleinement conforme au rapport du groupe informel d’experts de l’OMC, qui indiquait que les aides destinées à l’acquisition d’actifs immobilisés devraient être imputées lorsqu’«il était jugé approprié, principalement pour des raisons de commodité administrative, d’imputer de très faibles subventions, indépendamment de leur type ou d’autres considérations. Un niveau inférieur à 0,5 pour cent des ventes pour une subvention individuelle est recommandé pour ce seuil» (61). La Commission a donc rejeté cet argument.

(395)

En l’absence d’autres arguments, les conclusions établies aux considérants 638 à 651 du règlement provisoire sont confirmées.

(396)

Le taux de subvention établi pour toutes les aides au cours de la période d’enquête pour les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et pour le producteur-exportateur ayant fait l’objet d’un examen individuel s’élevait à:

Aides

Raison sociale

Taux de subvention

Groupe BYD

0,61 %

Groupe Geely

2,27 %

Groupe SAIC

8,19 %

Tesla (Shanghai) (examen individuel)

0,27 %

3.6.2. Politique de subventions fiscales pour la promotion et le déploiement des véhicules à nouvelles énergies

a) Remarques générales

(397)

À la suite de l’information provisoire, certaines parties intéressées telles que le groupe SAIC, l’ACCA, le groupe BYD, les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont affirmé que le consommateur était le bénéficiaire ultime de ce régime de subvention. Plus précisément, elles ont soutenu que les constructeurs avançaient les subventions aux consommateurs pour le compte des pouvoirs publics lorsqu’ils vendaient les véhicules en réduisant le prix à payer par le client. Dans ce scénario, le client était censé payer un prix réduit, pour lequel la société était ensuite remboursée par les pouvoirs publics.

(398)

De même, certaines parties ont affirmé que le fait que les prix des VEB n’aient pas augmenté après la suppression de la subvention ne prouvait pas l’existence d’un avantage. Selon elles, les prix du marché sont influencés par plusieurs facteurs, dont les coûts de production, la dynamique de l’offre et de la demande, les attentes des consommateurs et la substitution entre les anciens et les nouveaux modèles. En conséquence, les prix des VEB vendus à des périodes différentes ne sont pas toujours directement comparables.

(399)

Il a également été avancé que, dans les cas où les consommateurs ne remplissaient pas les conditions d’octroi de la subvention, les producteurs la récupéraient auprès d’eux, ce qui remettrait en cause l’avantage procuré aux producteurs.

(400)

La Commission a observé qu’il n’avait été fourni aucun élément de preuve démontrant que le programme avait été conçu dans le but d’octroyer des subventions aux consommateurs, les producteurs de VEB servant uniquement d’instruments pour acheminer ces subventions. De fait, les éléments de preuve montraient l’inverse. Comme décrit aux considérants 666 à 671 du règlement provisoire, les versements effectués par les pouvoirs publics chinois en faveur des producteurs de VEB sous la forme de transferts directs d’espèces constituaient un avantage évident et tangible pour les producteurs de VEB, car ils constituaient un transfert direct de ressources monétaires effectué en fonction des activités économiques des producteurs. Si ce transfert procurait déjà un avantage en soi, l’enquête a en outre révélé que la subvention n’influençait pas les prix facturés aux consommateurs finaux. Bien qu’un certain nombre de facteurs puissent avoir joué un rôle, l’analyse a démontré que le prix était resté inchangé au cours de la période ayant suivi la suppression de la subvention. Cela indique que la subvention n’a pas eu d’incidence perceptible sur le prix final payé par les clients et que la subvention était conservée par les producteurs de VEB. Par conséquent, ces allégations ont été rejetées.

(401)

En ce qui concerne les cas dans lesquels les producteurs pourraient avoir récupéré les subventions pour cause de non-respect des conditions, la Commission a fait observer que, comme expliqué aux considérants 665 à 670 du règlement provisoire, les producteurs fixaient des prix qui leur permettaient de s’adjuger l’intégralité du montant de la subvention et les consommateurs n’en bénéficiaient pas sous la forme de prix plus bas, ce qui prive cet argument de toute pertinence. En outre, cette situation illustre la structure fondamentale du régime, qui place les producteurs au centre de la politique et privilégie leurs intérêts, dans le but ultime d’apporter un soutien financier à ces entités. De même, si le bénéficiaire envisagé était le consommateur, ce seraient les pouvoirs publics qui seraient responsables de récupérer les fonds. Aucun élément de preuve n’a été fourni afin de démontrer que, dans le cadre juridique pertinent de ce programme, les pouvoirs publics se servent des producteurs de VEB comme d’un instrument pour octroyer ou récupérer les montants qu’ils leur versent. L’argument en question a dès lors été rejeté.

(402)

À la suite de l’information finale, l’ACCA a réaffirmé que les consommateurs étaient les bénéficiaires ultimes du régime de subvention. Selon elle, les prix stables des VEB après la suppression de la subvention n’indiquent pas l’existence d’un avantage. L’ACCA a spécifiquement mentionné que le fait de maintenir ou même de garder les prix inchangés pendant un certain temps après la suppression des subventions aux consommateurs constituait une pratique courante. Elle a en outre souligné que même lorsque les pouvoirs publics chinois réduisaient les taxes à l’acquisition de véhicules pour les consommateurs, il était fréquent que les constructeurs continuent de promouvoir les subventions pendant un certain temps après l’expiration des incitations publiques.

(403)

La Commission a observé que les arguments de l’ACCA étayaient ses conclusions, étant donné qu’ils appuyaient l’idée que la fixation des prix par les constructeurs n’était pas influencée par la subvention vu que les prix demeuraient inchangés, c’est-à-dire que la subvention n’avait aucune incidence perceptible sur le prix final payé par les clients et que la subvention était donc conservée par les producteurs de VEB sans qu’aucun avantage ne soit répercuté sur les consommateurs. L’argument en question a dès lors été rejeté.

(404)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont réitéré leur allégation selon laquelle les consommateurs étaient les bénéficiaires ultimes du régime de subvention et ont souligné que les consommateurs se trouvaient au centre du programme. En particulier, ils ont affirmé que cela était énoncé dans la législation. La conception du programme, qui prévoit des versements directs en espèces aux producteurs, tient compte des conditions spécifiques du marché en Chine. En outre, les pouvoirs publics chinois ont fait remarquer que si les conditions énoncées dans le programme n’étaient pas remplies, le montant du paiement serait réduit en conséquence.

(405)

En ce qui concerne les observations des pouvoirs publics chinois et en l’absence de toute autre information étayée, la Commission a réitéré sa précédente conclusion, telle qu’exposée aux considérants 656 à 661 du règlement provisoire et au considérant 400 ci-dessus, à savoir qu’eu égard à la nature, à la conception et au fonctionnement du régime, les producteurs étaient les bénéficiaires escomptés de cette subvention. En ce qui concerne la réduction des versements en cas de non-respect des conditions stipulées, la Commission a fait référence au considérant 401 du présent règlement ci-dessus. Elle a également observé que le seul fait de ne pas respecter les conditions en question ne supposait pas de changement de bénéficiaires. Cet argument a dès lors été rejeté.

(406)

À la suite de l’information provisoire, après l’institution des mesures provisoires, l’ACCA a contesté le fait que les subventions à la consommation étaient traitées comme des subventions à la production, en faisant valoir que l’Union avait adopté une approche «deux poids, deux mesures» afin de définir, de manière invraisemblable, les subventions accordées par la Chine aux consommateurs comme des subventions destinées à promouvoir l’industrie automobile.

(407)

L’argument avancé par l’ACCA était générique et non étayé. Il a donc été rejeté.

(408)

À la suite de l’information provisoire, Tesla (Shanghai) et les pouvoirs publics chinois ont affirmé que le programme avait déjà pris fin en décembre 2022 et que, par conséquent, la Commission ne disposait d’aucune base juridique lui permettant d’instituer un droit compensateur provisoire pour ce régime.

(409)

La Commission a observé, comme décrit aux considérants 662 à 664 du règlement provisoire, que les producteurs de VEB chinois avaient continué de bénéficier de ce régime de subvention pendant toute la période d’enquête et continueront de bénéficier de transferts directs d’espèces au titre de ce régime pendant une période prolongée après la période d’enquête. En conséquence, la Commission a conclu que les conditions nécessaires à l’institution de droits compensateurs pour ce régime étaient remplies. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(410)

À la suite de l’information finale, Tesla (Shanghai) a réaffirmé que le régime avait été abrogé et qu’il ne devrait pas faire l’objet de mesures compensatoires. À titre subsidiaire, la société a fait valoir que le montant maximal que la Commission pouvait soumettre à des mesures compensatoires en ce qui la concerne était le montant que la société pourrait (potentiellement) recevoir à l’avenir. Elle a également soutenu que l’existence de régimes locaux semblables à la politique nationale de subventions fiscales n’avait aucune incidence sur l’appréciation de l’avantage en ce qui la concerne.

(411)

La Commission a observé que l’avantage passible de mesures compensatoires était le montant effectif de subvention versé par les pouvoirs publics chinois aux producteurs-exportateurs au cours de la période d’enquête et a réitéré sa précédente conclusion, telle qu’exposée aux considérants 662 à 664 du règlement provisoire et au considérant 409 ci-dessus. En ce qui concerne l’absence d’évaluation de régimes semblables à la subvention nationale, la Commission a souligné, comme décrit au considérant 664 du règlement provisoire, que l’enquête avait révélé que les autorités locales, sous la direction directe ou indirecte des pouvoirs publics chinois, avaient mis en place un grand nombre de programmes similaires, dont certains ressemblent fortement au régime national. Ces initiatives locales ont l’objectif commun d’encourager la production de VEB, ce qui se traduit par un soutien continu apporté aux producteurs chinois de VEB.

b) Calcul du montant de la subvention

(412)

À la suite de l’information provisoire, le groupe Geely et Tesla (Shanghai) ont fait valoir que les fonds reçus au cours de la période d’enquête étaient associés à des ventes antérieures à la période d’enquête et n’étaient donc pas passibles de mesures compensatoires. Si ce régime devait être considéré comme passible de mesures compensatoires, cette conclusion devrait être fondée sur les ventes directement liées à la période d’enquête.

(413)

La Commission a fait observer, comme décrit au considérant 672 du règlement provisoire, que l’écart temporel entre la vente des VEB et le versement de fonds publics, que les producteurs ne sont pas en mesure de prévoir, engendrait de l’incertitude concernant le calendrier des versements. Cette incertitude peut durer jusqu’à quatre ans. En conséquence, l’avantage pour les producteurs ne se concrétise pleinement qu’au moment où ils reçoivent les versements. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(414)

À la suite de l’information finale, le groupe SAIC a affirmé que la Commission n’avait pas répondu à ses observations concernant la période de l’imputation du programme et qu’elle n’avait pas non plus répondu à sa proposition de calcul alternatif.

(415)

La Commission a fait observer que les mêmes observations avaient été présentées par d’autres parties et réfutées aux considérants 412 et 413 ci-dessus. Ces considérants justifient le rejet de la méthode de calcul proposée. En conséquence, les deux demandes ont été rejetées.

(416)

À la suite de l’information finale, Tesla (Shanghai) a réitéré son allégation selon laquelle l’avantage devrait être calculé sur la base des ventes concernées au cours de la période d’enquête et a fourni une méthode à cet effet.

(417)

En l’absence d’autres informations étayées, la Commission a réitéré sa conclusion précédente, telle qu’exposée au considérant 413 ci-dessus. Cet argument a dès lors été rejeté.

(418)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et Geely ont affirmé que les avantages découlant de ce régime de subvention ne devaient pas être attribués aux exportations au motif que les subventions étaient spécifiquement octroyées pour la production et les ventes du produit soumis à l’enquête, limitées au marché chinois.

(419)

La Commission a observé que, dans le cadre de ce régime, les producteurs avaient bénéficié d’un transfert direct de fonds, qui fournissait aux sociétés des ressources substantielles sous la forme de liquidités qui étaient entièrement à leur disposition. Les paiements des pouvoirs publics chinois reposaient spécifiquement sur les ventes de VEB dans le cadre d’un programme destiné à soutenir le développement de l’industrie des VEB et adressé aux producteurs de VEB. Par conséquent, l’imputation de ces avantages a été fondée sur le chiffre d’affaires total relatif aux VEB. Ces arguments ont donc été rejetés.

(420)

Tesla (Shanghai) a fait valoir que, le montant comptabilisé perçu par la société dans le cadre de ce régime étant considéré comme un revenu imposable et donc soumis à l’impôt sur le revenu des entreprises de 15 % applicable à Tesla (Shanghai) en 2022, il y aurait une double comptabilisation dans la mesure où cet avantage serait pris en compte à la fois dans le cadre de ce programme et dans le cadre du régime préférentiel d’impôt sur le revenu.

(421)

La société n’a pas fourni d’éléments de preuve positifs attestant que l’impôt payé était directement lié au remboursement perçu au titre de ce régime. En outre, les articles 6 et 7 du règlement de base ne prévoient pas la déduction de l’impôt sur le revenu en ce qui concerne le calcul de l’avantage ou de la subvention passible de mesures compensatoires. Par conséquent, l’argument selon lequel cela constituerait une double comptabilisation a été considéré comme dénué de pertinence.

(422)

À la suite de l’information finale, Tesla (Shanghai) a réaffirmé que l’impôt sur le revenu de 15 % devait être déduit de l’avantage total, étant donné que les recettes provenant de la subvention fiscale étaient considérées comme des revenus imposables, soumis à l’impôt sur les sociétés de 15 % applicable au cours de la période d’enquête. Tesla a fait valoir qu’il y avait double comptabilisation, étant donné que cet avantage était pris en considération à la fois dans le cadre de ce programme et dans le cadre du régime préférentiel d’impôt sur le revenu.

(423)

La Commission a fait observer que la déduction demandée ne relevait d’aucune des catégories pouvant être déduites du calcul de la subvention énoncées à l’article 7 du règlement de base (62). En outre, le taux de l’impôt sur le revenu n’est pas appliqué au revenu, mais plutôt au revenu imposable au sens de la loi sur l’IRE, c’est-à-dire «le revenu total de l’entreprise au cours d’une année fiscale diminué des revenus non imposables, des revenus exonérés d’impôt, des diverses déductions et du montant autorisé des pertes des années précédentes qui ont été compensées» (63). Ces déductions comprennent les «coûts, charges, impôts, pertes et autres dépenses raisonnables exposées en rapport avec les produits perçus par une entreprise [qui] peuvent être déduits lors du calcul du montant du revenu imposable» (64). En outre, certaines dépenses telles que les dépenses de R & D bénéficient d’une déduction supplémentaire sous certaines conditions. Eu égard à ce qui précède, un revenu spécifique tel que le produit de la subvention fiscale ne peut être isolé du calcul du revenu imposable qui tient compte d’autres éléments. En outre, la Commission a considéré que le taux de 15 % de l’impôt sur le revenu ne s’appliquait qu’en présence d’un revenu imposable positif. Par conséquent, l’allégation a été rejetée.

(424)

À la suite de l’information provisoire, le groupe BYD a fait valoir que le rapport entre la subvention fiscale accordée pour les VEB et la subvention fiscale totale reçue au cours de la période d’enquête qui a été utilisé pour imputer le paiement anticipé aux VEB aurait dû être modifié après les décisions de règlement définitif du ministère de l’industrie et des technologies de l’information (ci-après le «MITI») et du ministère des finances. La Commission a accepté cet argument et a révisé le calcul.

(425)

Le groupe Geely a affirmé que certaines subventions imputées à l’une de ses sociétés faisaient déjà l’objet de mesures compensatoires. La Commission a accepté cet argument et a révisé le calcul.

(426)

En conséquence, la méthode de calcul du montant de la subvention décrite au considérant 675 du règlement provisoire est confirmée et a été appliquée au producteur-exportateur ayant obtenu un examen individuel.

(427)

En l’absence d’autres arguments, les conclusions établies aux considérants 652 à 676 du règlement provisoire sont confirmées.

(428)

Le taux de subvention établi pour le groupe SAIC et le groupe Geely en ce qui concerne la politique de subventions fiscales a été mis à jour à la suite de la correction décrite respectivement aux considérants 652 et 654 du présent règlement.

(429)

Le taux de subvention établi pour ce régime au cours de la période d’enquête pour les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et pour le producteur-exportateur ayant fait l’objet d’un examen individuel s’élevait à:

Raison sociale

Taux de subvention

Groupe BYD

2,01 %

Groupe Geely

1,94 %

Groupe SAIC

2,18 %

Tesla (Shanghai) (examen individuel)

2,49 %

3.7. Fourniture par les pouvoirs publics de biens et de services moyennant une rémunération moins qu’adéquate

3.7.1. Attribution de droits relatifs à l’utilisation du sol par les pouvoirs publics moyennant une rémunération moins qu’adéquate

(430)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois, le groupe BYD, le groupe Geely et le groupe SAIC ont contesté l’appréciation de la Commission selon laquelle les producteurs de VEB chinois ont bénéficié de la fourniture de terrains moyennant une rémunération moins qu’adéquate.

(431)

Les pouvoirs publics chinois ont affirmé que la Commission avait simplement déclaré que les terrains en Chine continentale étaient détenus par l’État ou détenus collectivement, ce qui ne prouve pas l’existence d’une contribution financière et d’un avantage. En outre, contrairement à l’interprétation du terme «collectivité» effectuée par la Commission au considérant 677 du règlement provisoire, la «collectivité» n’est pas composée de villages ou de villes, mais de travailleurs.

(432)

La Commission a fourni, au considérant 677 du règlement provisoire, une présentation du système de droits relatifs à l’utilisation du sol utilisé en RPC. Contrairement aux observations des pouvoirs publics chinois, cette partie n’a pas pour but de démontrer à elle seule l’existence d’une contribution financière et d’un avantage. En tout état de cause, les pouvoirs publics chinois n’ont fourni aucun élément de preuve contredisant les déclarations effectuées au considérant 677 du règlement provisoire, à savoir qu’en RPC, tous les terrains appartiennent soit à l’État, soit à une collectivité.

a) Base juridique

(433)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont allégué que la Commission ne pouvait avoir recours à une référence appropriée extérieure au pays que lorsqu’il était établi que les prix dans le pays attribuant des droits relatifs à l’utilisation du sol étaient faussés en raison d’une intervention des pouvoirs publics. Selon les pouvoirs publics chinois, plusieurs documents législatifs n’étaient pas en vigueur au cours de la période d’enquête. La Commission a donc eu recours à une base juridique erronée et n’a pas fondé sa «détermination sur des éléments de preuve positifs».

(434)

Premièrement, la Commission a fait observer que les pouvoirs publics chinois n’avaient fourni aucun élément de preuve démontrant que les documents législatifs mentionnés n’étaient pas en vigueur au cours de la période d’enquête. Deuxièmement, les pouvoirs publics chinois n’ont pas non plus démontré que la substance des documents qui ont prétendument été remplacés avait changé. Troisièmement, les pouvoirs publics chinois n’ont pas remis en cause l’application de la loi sur l’administration des terrains de la République populaire de Chine mentionnée au considérant 679 du règlement provisoire.

(435)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont affirmé qu’ils avaient fourni les lois sur lesquelles la Commission s’est fondée qui n’étaient pas en vigueur pendant la période d’enquête. Dès lors, les affirmations de la Commission selon lesquelles les pouvoirs publics chinois n’avaient fourni aucun élément de preuve démontrant que ces documents n’étaient pas en vigueur au cours de la période d’enquête sont factuellement erronées.

(436)

La Commission maintient toutefois qu’aucun élément de preuve n’a été fourni pour démontrer que les textes en question n’étaient pas en vigueur. En toute hypothèse, la Commission a, de sa propre initiative, trouvé des preuves démontrant que la loi sur la propriété avait effectivement été abrogée en 2021 (65). Toutefois, les dispositions qui y figuraient ont été intégrées aux articles 205 à 462 du code civil qui est entré en vigueur en janvier 2021. Le code civil n’a pas introduit de modifications substantielles en ce qui concerne les droits relatifs à l’utilisation du sol (voir notamment les articles 246, 260 et 261 et 330 à 361 du code civil). L’argument soulevé par les pouvoirs publics chinois était donc purement formaliste. En conséquence, cet argument a été rejeté.

b) Conclusions de l’enquête

(437)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont indiqué que la Commission n’avait, dans de précédentes affaires, produit aucun élément de preuve démontrant que le système d’enchères utilisé en Chine continentale n’était ni clair ni transparent et qu’elle s’était fondée sur des affaires anciennes et des produits entièrement différents sans fournir la moindre explication ou le moindre élément de preuve concernant la prétendue distorsion. Selon eux, la Commission aurait utilisé la même déclaration et élaboré une ligne jurisprudentielle en l’absence d’éléments de preuve. Les pouvoirs publics chinois ont également affirmé que la Commission n’avait expliqué ni ce qu’elle avait examiné en ce qui concerne le marché des droits relatifs à l’utilisation du sol en Chine continentale, ni les changements qu’elle avait constatés. En outre, la déclaration de la Commission selon laquelle les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol ont été fixés arbitrairement par les autorités n’a été étayée par aucun élément de preuve général, mais par des cas relatifs aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. Pour les pouvoirs publics chinois, le prix finalement obtenu dans le cadre de la procédure d’enchères reflète à la fois la demande et l’offre.

(438)

Le groupe Geely a fait valoir que le règlement provisoire ne contenait aucune indication ou motivation claire quant aux raisons ou à la manière dont le Taipei chinois constituait une référence appropriée, si ce n’est une mention de son utilisation dans certaines enquêtes antérieures.

(439)

La Commission a toutefois fait observer que les conclusions des enquêtes antisubventions menées précédemment et récemment avaient été dûment étayées et portaient sur les mêmes programmes de subventions que ceux mentionnés dans la présence enquête. Par exemple, dans l’affaire des câbles de fibres optiques, la Commission a constaté que, pour les parcelles de terrain attribuées dans le cadre d’enchères, il n’y avait qu’un seul enchérisseur pour le terrain dans chaque cas, et que le prix payé correspondait au prix de départ de la procédure d’enchères. Dans chacune de ces enquêtes préalables, la Commission s’est appuyée sur un cadre juridique similaire régissant les droits relatifs à l’utilisation du sol en RPC, et notamment sur le fait que les autorités locales fixent les prix des terrains d’après le système d’évaluation des terrains urbains et la politique industrielle des pouvoirs publics. Au considérant 682 du règlement provisoire, la Commission a rappelé que la présente enquête n’avait montré aucun changement notable à cet égard. La Commission a rappelé par ailleurs que les pouvoirs publics chinois n’avaient apporté aucune preuve démontrant que cette politique avait cessé d’être appliquée. Au contraire, la Commission a constaté que, pour le groupe BYD, le groupe Geely, le groupe SAIC et Tesla (Shanghai), les transactions concernant les droits relatifs à l’utilisation du sol correspondaient i) à des transactions, allocations ou transferts gratuits, ii) à des prix de transaction correspondant au prix de départ de la procédure d’enchères, iii) à des prix de transaction correspondant à la garantie à verser pour participer à la procédure d’enchères, ou iv) à des accords d’investissement spécifiques conclus avec la ou les municipalités locales qui contenaient des dispositions spécifiques relatives à l’attribution des terrains. Par conséquent, sur la base des informations disponibles dans le cadre de la présente enquête, la Commission a rejeté ces arguments.

(440)

Les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la déclaration de la Commission figurant au considérant 682 du règlement provisoire, selon laquelle les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon avaient obtenu des droits relatifs à l’utilisation du sol aux prix fixés par les autorités locales dans le cadre des procédures d’enchères, était dépourvue de base factuelle.

(441)

Toutefois, comme déjà mentionné au considérant 438 du présent règlement, la Commission dispose de preuves étayant cette déclaration, sous la forme des documents relatifs aux opérations du groupe BYD, du groupe Geely, du groupe SAIC et de Tesla (Shanghai).

(442)

Selon les pouvoirs publics chinois, il existe un marché secondaire des droits relatifs à l’utilisation du sol en Chine continentale sur lequel la Commission n’a pas enquêté.

(443)

Les pouvoirs publics chinois ne disposaient toutefois d’aucun élément prouvant que les sociétés retenues dans l’échantillon utilisaient ce marché allégué.

(444)

Les pouvoirs publics chinois ont estimé que la conclusion de la Commission sur la spécificité était incohérente, car si son analyse de la spécificité était correcte et seuls les producteurs de certaines industries obtenaient des droits relatifs à l’utilisation du sol à des prix préférentiels, elle aurait dû utiliser les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol de sociétés d’autres secteurs pour apprécier l’existence de la subvention alléguée. En outre, la Commission n’a pas procédé à une évaluation motivée et objective de la spécificité conformément à l’article 4, paragraphe 2, points a) et c), du règlement de base, étant donné qu’elle n’a pas établi comment l’octroi préférentiel allégué des droits relatifs à l’utilisation du sol était expressément limité à certaines entreprises ou certains secteurs.

(445)

À cet égard, la Commission relève qu’aucune partie n’a fourni de preuve de l’existence d’une référence pour les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol pour les secteurs ne faisant pas l’objet d’une intervention de l’État. En outre, la Commission a bien fourni le cadre législatif en vertu duquel les autorités locales fixaient le prix des terrains en fonction du système d’évaluation des terrains urbains mis à jour tous les trois ans et de la politique industrielle des pouvoirs publics. La Commission a également pu confirmer cette conclusion sur la base des documents relatifs aux opérations fournis par le groupe SAIC, selon lesquels «les conditions d’accès industriel appartiennent à l’industrie de la construction automobile; elles sont conformes aux projets encouragés et autorisés du catalogue d’orientation pour l’adaptation des structures industrielles». Les documents dont dispose la Commission confirment donc que l’appartenance à l’industrie de la construction automobile est une condition de la participation aux procédures d’enchères relatives aux droits d’utilisation du sol.

(446)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont indiqué qu’il appartenait à la Commission, en tant qu’autorité chargée de l’enquête, de démontrer une spécificité, et non aux pouvoirs publics chinois et aux autres parties intéressées de réfuter une présomption négative. Ils ont également fait référence à l’affaire C-559/12 P (66) et ont déclaré que la Commission était tenue de recueillir toutes les informations dont elle avait besoin pour apprécier la spécificité de la subvention alléguée.

(447)

Contrairement aux allégations des pouvoirs publics chinois, la Commission n’a formulé aucune présomption négative pour établir la spécificité du régime. Comme il est clairement indiqué au considérant 686 du règlement provisoire, le régime est considéré comme spécifique car l’accès préférentiel aux terrains se limite à des entreprises appartenant à certains secteurs, en l’espèce l’industrie des VEB. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(448)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont également maintenu que l’analyse de l’avantage réalisée par la Commission était injustifiable et reposait sur une référence inappropriée. Selon eux, la Commission fait preuve d’incohérence en confirmant que l’attribution de droits relatifs à l’utilisation du sol est spécifique tout en rejetant l’argument selon lequel elle aurait pu utiliser des références internes au pays provenant des prix des droits relatifs à l’utilisation du sol de sociétés d’autres secteurs ne bénéficiant pas de cette subvention alléguée, qui sont suffisamment nombreuses.

(449)

La Commission ne voit toutefois pas l’incohérence mentionnée par les pouvoirs publics chinois. Comme indiqué au considérant 445 ci-dessus, la Commission a simplement indiqué qu’aucune partie n’avait fourni de preuve de l’existence d’une référence pour les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol pour les secteurs ne faisant pas l’objet d’une intervention de l’État. En dehors de se contenter de déclarer que le choix de références était très large, les pouvoirs publics chinois n’ont pas réfuté les conclusions de la Commission. En outre, les pouvoirs publics chinois semblent confondre l’analyse de la spécificité effectuée par la Commission, dans le cadre de laquelle celle-ci a démontré que l’industrie des VEB bénéficiait de droits relatifs à l’utilisation du sol moyennant une rémunération moins qu’adéquate, et l’analyse de l’avantage au titre de l’article 6, point d), du règlement de base, dans le cadre de laquelle la Commission a considéré que la législation chinoise réglementant les utilisations du sol faussait le marché des droits relatifs à l’utilisation du sol et n’était pas soumise aux conditions du marché. Le fait que le système des droits relatifs à l’utilisation du sol dans son ensemble ne fonctionne pas en tant que marché libre n’empêche pas les pouvoirs publics chinois d’accorder à certaines industries des droits relatifs à l’utilisation du sol moyennant une rémunération moins qu’adéquate. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

c) Conclusion

(450)

Les observations des pouvoirs publics chinois concernant la conclusion selon laquelle l’attribution de droits relatifs à l’utilisation du sol par les pouvoirs publics chinois devrait être considérée comme une subvention ont été examinées en même temps que les observations relatives aux conclusions de l’enquête aux considérants 437 à 442 du présent règlement.

d) Calcul du montant de la subvention

(451)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont affirmé que l’appréciation de la Commission selon laquelle le Taipei chinois constituait une référence externe adéquate n’était pas fondée sur des éléments de preuve positifs et que les prix des terrains dans le Taipei chinois n’étaient pas liés aux «conditions existantes du marché dans le pays de fourniture». Ils ont déclaré que la Commission se limitait à énumérer certains indicateurs sans les étayer par la moindre donnée ou le moindre élément de preuve et ont demandé à la Commission de fournir des données supplémentaires concernant le niveau de développement économique, le niveau de l’infrastructure industrielle, la densité de population et les similitudes entre les types de terrains et les transactions utilisés pour construire la référence pertinente en Chine et dans le Taipei chinois. Ils ont également indiqué que la densité de population en Chine continentale est très différente de celle du Taipei chinois.

(452)

En ce qui concerne le niveau de développement économique et le niveau de l’infrastructure industrielle, la Commission a constaté que la plupart des entités des groupes de producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon étaient situées dans la partie orientale de la RPC, dans des zones développées à PIB élevé des provinces à forte densité de population entourant Shanghai et Shenzhen, qui étaient comparables à celles du Taipei chinois.

(453)

En ce qui concerne les similitudes entre les types de terrains et les transactions utilisés pour construire la référence pertinente, la Commission a souligné à cet égard que, dans les deux cas, les transactions concernent des terrains industriels d’une certaine taille situés dans des zones industrielles.

(454)

En ce qui concerne la densité de population, la Commission a fait remarquer que les pouvoirs publics chinois avaient comparé les chiffres de la densité de population au niveau de l’ensemble du pays. Si l’on examine de plus près la densité de population des lieux où les producteurs-exportateurs sont effectivement installés, il apparaît que les chiffres de la densité de population sont en fait assez similaires, voire supérieurs: par exemple, dans la région de Shanghai, où se trouvent certaines entités des groupes de producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et Tesla (Shanghai), la densité de population est supérieure à 3 900 habitants/km2 (67), soit près de six fois celle du Taipei chinois.

(455)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont déclaré, en premier lieu, que plusieurs entités des groupes de producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon n’étaient pas situées dans la partie orientale de la Chine continentale. Par exemple, certaines se trouvent à Xi’an et dans le Hunan. En choisissant Shanghai et Shenzhen, la Commission fait référence à deux des villes les plus développées de Chine continentale, qui ne sont pas comparables à la plupart des provinces dans lesquelles se trouvent les producteurs de VEB. En second lieu, les pouvoirs publics chinois observent que toutes les autres provinces dans lesquelles des producteurs de VEB sont établis, en dehors de Shanghai, sont nettement moins densément peuplées que le Taipei chinois. Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué que le prix des droits relatifs à l’utilisation du sol variait énormément d’une province ou ville de Chine continentale à l’autre, et qu’outre le problème du manque de comparabilité, un prix de référence moyen pour les terrains dans le Taipei chinois ne pouvait représenter le marché existant dans l’ensemble de la Chine continentale.

(456)

La Commission n’a toutefois jamais affirmé que tous les producteurs de VEB se trouvaient dans la partie orientale de la RPC. Elle a plutôt expliqué que la plupart des entités des groupes de producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon étaient situées dans la partie orientale de la RPC, dans des zones développées à PIB élevé des provinces à forte densité de population entourant Shanghai et Shenzhen. Par exemple, sur sept installations de production du groupe Geely, quatre sont situées dans le Zhejiang et une dans le Jiangsu, deux provinces côtières situées à proximité de Shanghai. De même, sur les huit installations de production du groupe BYD, une est située dans la province du Guangdong, une autre dans celle du Jiangsu, une autre dans celle d’Anhui, une autre dans celle du Shandong et une autre dans celle du Fujian. Enfin, au moins trois des installations de production du groupe SAIC se trouvent directement à Shanghai. La plupart de ces provinces ont un PIB par habitant élevé et des niveaux de densité de population comparables à celui du Taipei chinois. Le Jiangsu, le Guangdong et le Shandong ont une densité de population encore plus importante que celle du Taipei chinois. La Commission souligne en outre que les installations de production de VEB se trouvent souvent dans des villes dont le niveau de PIB par habitant et la densité de population sont beaucoup plus élevés que la moyenne de la province. Par conséquent, ces demandes sont rejetées.

(457)

Les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont également affirmé que le Taipei chinois ne constituait pas une référence appropriée car, entre autres raisons, en Chine continentale, seuls les droits relatifs à l’utilisation du sol sont transférés, tandis que dans le Taipei chinois, la propriété des terrains elle-même est aussi transférée. En outre, selon les pouvoirs publics chinois, la Commission semble reconnaître que la densité de population et le niveau de l’infrastructure industrielle ne sont pas entièrement comparables entre la Chine continentale et le Taipei chinois. Dès lors, de manière générale, le prix de référence des terrains dans le Taipei chinois ne correspond pas et ne saurait correspondre à celui du marché existant en Chine continentale. En outre, les prix des terrains utilisés par la Commission pour le Taipei chinois incluent à la fois les prix des terrains commerciaux et des terrains industriels.

(458)

Le groupe SAIC a fait valoir que le Taipei chinois ne constituait pas une référence externe appropriée pour les droits relatifs à l’utilisation du sol et a proposé d’utiliser en lieu et place des références en Malaisie et en Thaïlande. Le groupe SAIC a fait valoir qu’en ce qui concerne le Taipei chinois:

—

les prix des terrains étaient faussés et fortement gonflés,

—

les terrains avaient des types d’utilisations différents de ceux des terrains industriels utilisés par le groupe SAIC,

—

les prix des terrains étaient faussés en raison de la pénurie de terrains,

—

le Taipei chinois était très différent sur le plan géographique et économique,

—

le PIB et la structure économique du Taipei chinois n’étaient pas comparables à ceux de la Chine continentale.

(459)

Le groupe Geely a soutenu qu’il était difficile de voir en quoi des facteurs tels que la proximité géographique et les caractéristiques démographiques identiques de la Chine et du Taipei chinois étaient pertinents pour le choix de la référence. En outre, l’affirmation selon laquelle le Taipei chinois avait un niveau de développement économique, un PIB et une structure comparables à bon nombre de provinces et de villes chinoises manque de crédibilité compte tenu des différences importantes qui les séparent, notamment en ce qui concerne les villes dans lesquelles opèrent les producteurs-exportateurs du groupe Geely. Enfin, selon le groupe Geely, les calculs n’ont pas tenu compte des différences de prix importantes entre différentes régions du Taipei chinois et de leurs incidences sur l’exercice d’évaluation comparative.

(460)

À cet égard, la Commission a fait observer que la sélection du Taipei chinois comme référence était fondée sur l’examen de plusieurs facteurs énumérés au considérant 688 du règlement provisoire. La Commission a toutefois considéré que même s’il existait certaines différences dans les conditions du marché entre les droits relatifs à l’utilisation du sol en Chine continentale et la vente de terrains dans le Taipei chinois, celles-ci ne seraient pas de nature à invalider le choix du Taipei chinois comme référence valable.

(461)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont déclaré que la Commission n’avait pas tenu compte d’une distinction capitale qui affectait la comparabilité, à savoir le fait qu’en Chine continentale, seul le droit relatif à l’utilisation du sol est transféré pendant un certain nombre d’années, tandis que dans le Taipei chinois, la propriété du terrain elle-même est transférée. Les pouvoirs publics chinois ont également indiqué qu’il n’y avait aucun élément de preuve démontrant que la Commission avait pris en considération (c’est-à-dire évalué) ces différences et leur incidence sur les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol.

(462)

La Commission s’est toutefois fondée sur la référence qu’elle jugeait la plus appropriée, en dépit des différences dans les conditions du marché. Elle n’a pas trouvé, au cours de l’enquête, d’autre référence ou méthode d’ajustement adéquate qui aurait correctement reflété ces différences dans les conditions du marché. Elle observe en outre que les pouvoirs publics chinois ne sont pas non plus parvenus à présenter une référence fiable qui aurait reflété la différence entre les droits relatifs à l’utilisation du sol et les droits de propriété. Cet argument a donc été rejeté.

(463)

Le groupe SAIC a proposé d’utiliser plutôt comme référence les prix des terrains en Malaisie ou en Thaïlande, car ces pays seraient plus appropriés que le Taipei chinois pour les raisons suivantes:

—

la Malaisie et la Thaïlande, toutes deux situées en Asie du Sud-Est, se situent également à proximité géographique de la Chine continentale,

—

les deux pays affichent un niveau de développement économique, un PIB et une structure économique comparables à ceux de la Chine continentale, étant donné qu’ils sont tous deux classés par la Banque mondiale dans le même groupe de pays à «revenu intermédiaire, tranche supérieure» que la Chine continentale,

—

il existe des liens économiques et des échanges commerciaux transfrontières robustes entre ces deux pays de l’ASEAN et la Chine continentale,

—

il existe des données disponibles concernant les prix des terrains en Thaïlande et en Malaisie qui peuvent être utilisées comme référence. En particulier, les données disponibles en Malaisie sont plus récentes que les prix de 2013 du Taipei chinois qui ont été utilisés par la Commission,

—

dans le cadre de précédentes enquêtes antisubventions, le ministère du commerce des États-Unis a utilisé les prix des terrains en Malaisie et en Thaïlande comme référence pour les droits relatifs à l’utilisation du sol en Chine.

(464)

Après analyse de cet argument, la Commission a considéré que le choix du Taipei chinois comme référence externe adéquate était fondé sur l’examen de plusieurs facteurs énumérés au considérant 688 du règlement provisoire qui ont justifié son choix comme référence valable. En outre, contrairement à ce qu’affirme SAIC, la Commission n’a pas utilisé les prix de 2013, mais les prix réels annuels à partir de 2013. Pour les années antérieures à 2013, la Commission a procédé à un ajustement des données de 2013 sur la base de la croissance économique à Taïwan. En revanche, les données de SAIC ne couvrent qu’une seule année distante (2010) pour la Thaïlande et l’année 2022 pour la Malaisie. La Commission a besoin de données historiques pour évaluer les prix des droits relatifs à l’utilisation du sol et ne peut pas se fonder sur une seule année, étant donné que tous les droits relatifs à l’utilisation du sol n’ont pas été acquis lors d’une seule et même année. Enfin, en ce qui concerne le niveau de développement économique, le groupe SAIC n’a comparé que la Thaïlande, la Malaisie et l’ensemble de la Chine. La Commission, elle, a comparé les zones industrielles de Taïwan avec les provinces industrielles concernées en Chine. Sur cette base, cette allégation a dû être rejetée.

(465)

En conséquence, la méthode de calcul du montant de la subvention décrite aux considérants 687 à 689 du règlement provisoire a été confirmée et a été appliquée au producteur-exportateur ayant obtenu un examen individuel.

(466)

Le taux de subvention établi pour le groupe SAIC et le groupe Geely en ce qui concerne l’attribution de droits relatifs à l’utilisation du sol par les pouvoirs publics moyennant une rémunération moins qu’adéquate a été mis à jour à la suite de la correction décrite respectivement aux considérants 652 et 654 du présent règlement.

(467)

Le taux de subvention établi pour cette subvention au cours de la période d’enquête pour les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et pour la société ayant fait l’objet d’un examen individuel s’élève à:

Raison sociale

Taux de subvention

Groupe BYD

1,20 %

Groupe Geely

0,82 %

Groupe SAIC

0,65 %

Tesla (Shanghai) (examen individuel)

0,05 %

3.7.2. Fourniture par les pouvoirs publics de batteries et d’intrants essentiels à la production de batteries (à savoir le lithium-phosphate de fer) moyennant une rémunération moins qu’adéquate

a) Introduction

(468)

En l’absence d’observations, les conclusions figurant aux considérants 691 à 695 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Défaut de coopération et utilisation des données disponibles

(469)

Les observations reçues de la part des pouvoirs publics chinois et du groupe SAIC concernant le défaut de coopération et l’utilisation des données disponibles ont été examinées à la section 3.3.1.2. Aucune autre observation n’ayant été reçue à cet égard, les conclusions formulées aux considérants 696 à 700 du règlement provisoire ont été confirmées.

3.7.2.1. Fourniture de batteries par les pouvoirs publics moyennant une rémunération moins qu’adéquate

3.7.2.1.1. Contribution financière

a) Fournisseurs de batteries agissant en tant qu’«organismes publics»

(470)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir qu’il n’existait aucune législation ou réglementation exigeant la fourniture de batteries ou de LFP moyennant une rémunération moins qu’adéquate. Ils ont également ajouté que presque tous les documents cités par la Commission étaient des plans non obligatoires qui ne contenaient aucune modalité spécifique de mise en œuvre, que la Commission a sorti de son contexte le contenu des lois et des plans des pouvoirs publics chinois ainsi que des articles de presse et qu’il n’existe donc aucune législation ni aucun critère permettant de prouver l’existence d’une subvention passible de mesures compensatoires. Ces allégations ont été réitérées à la suite de l’information finale.

(471)

La Commission a tout d’abord rappelé que, compte tenu du refus des pouvoirs publics chinois de coopérer sur les éléments pertinents énumérés à la section 3.3.1.2 du règlement provisoire, elle a dû se fonder sur les données disponibles pour établir ses conclusions relatives aux intrants.

(472)

Comme cela a déjà été expliqué en détail aux considérants 197 à 203 et à la section 3.7.2.1.2 a) du règlement provisoire, l’État et le PCC exercent une influence déterminante sur l’allocation des ressources ainsi que sur leur prix et sont en mesure de le faire grâce à l’exercice d’un contrôle total sur les branches législative, exécutive et judiciaire de l’appareil d’État (considérant 201 du règlement provisoire) et grâce à un système de planification élaboré qui définit les priorités et les objectifs sur lesquels les pouvoirs publics centraux et locaux doivent se concentrer (considérant 202 du règlement provisoire). L’allégation des pouvoirs publics chinois selon laquelle la quasi-totalité des documents cités par la Commission ne sont pas obligatoires est en contradiction avec le fait que les objectifs fixés par les instruments de planification ont, de fait, un caractère contraignant et que les autorités, à chaque niveau administratif, surveillent la mise en œuvre des plans par l’échelon inférieur, en orientant ainsi les ressources vers des secteurs désignés par les pouvoirs publics comme stratégiques ou autrement importants sur le plan politique, au lieu de les affecter en fonction des forces du marché. Comme déjà expliqué au considérant 202 du règlement provisoire, les objectifs fixés par les instruments de planification ont un caractère contraignant et les autorités, à chaque niveau administratif, surveillent la mise en œuvre des plans par l’échelon inférieur. Le caractère contraignant des plans est également couvert en détail à la section 4.3.1 du rapport sur la Chine (68); l’article 89 de la Constitution chinoise (69) impose au Conseil des affaires de l’État d’élaborer et de mettre en œuvre des plans nationaux de développement économique et social et des budgets d’État, tandis que la loi organique des assemblées populaires locales et des pouvoirs populaires locaux de la RPC (70) oblige ces autorités à mettre en œuvre les plans quinquennaux (articles 11, 12, 50, 73 et 76). Par conséquent, l’affirmation selon laquelle, par exemple, le plan d’action pour les batteries de 2017 est un simple plan d’objectifs de développement, et non une politique de contrôle des prix, a été jugée erronée sur le plan factuel, étant donné que ce plan a été adopté avant toute chose pour mettre en œuvre l’«avis du Conseil des affaires de l’État sur la publication du plan de développement de l’industrie des véhicules économes en énergie et des véhicules à nouvelles énergies (2012-2020)» (Guofa [2012] no 22) et les «avis d’orientation du Bureau général du Conseil des affaires de l’État sur l’accélération de la promotion et du déploiement des véhicules à nouvelles énergies» (Guobanfa [2014] no 35) et contient également des dispositions spécifiques sur la tarification des batteries au kW/h (considérants 710 et 746 du règlement provisoire).

(473)

La Commission n’est pas d’accord avec la déclaration des pouvoirs publics chinois selon laquelle elle aurait sorti de son contexte le contenu de la législation, des plans et des articles de presse. Les conclusions relatives aux organismes publics et à l’action de charger et d’ordonner résultent d’une analyse approfondie, fondée sur des faits, de nombreux éléments de preuve objectifs, y compris de la législation, de la réglementation et d’autres documents stratégiques officiels publiés par les pouvoirs publics chinois, de rapports d’organisations internationales et d’autres sources indépendantes fiables, auxquels la Commission a fait dûment référence et dont le contenu a été replacé dans son contexte au moyen de citations. Les pouvoirs publics chinois ont affirmé que la loi sur les ressources minérales et ses modalités de mise en œuvre constituaient des obligations générales et ne faisaient que fournir aux pouvoirs publics chinois des orientations pour formuler des politiques, mais ne leur conféraient pas de pouvoir illimité sur leurs propres ressources; toutefois, cela contredit le libellé même de l’article 3, qui dispose littéralement que «[l]e Conseil des affaires de l’État représente l’État pour l’exécution de la propriété des ressources minérales. Le Conseil des affaires de l’État habilite son ministère compétent pour la géologie et les minéraux à imposer un contrôle unifié sur l’allocation des ressources minérales dans l’ensemble du pays» (71). En outre, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que les déclarations faites par le MITI à la presse mentionnées au considérant 751 du règlement provisoire avaient été sorties de leur contexte, étant donné que les pouvoirs publics chinois n’intervenaient pas dans la fixation des prix, vu qu’ils s’efforçaient uniquement de faire face au pic enregistré par les prix mondiaux du lithium-ion en augmentant l’offre en amont et en luttant contre la concurrence déloyale. Toutefois, comme les pouvoirs publics chinois l’ont admis eux-mêmes dans leurs observations, l’objectif consistant à «orienter conjointement le prix du sel de lithium afin de le ramener à un niveau rationnel» n’est pas un simple principe directeur général, mais une intervention dans la fixation des prix visant à ramener les prix du lithium à un «niveau rationnel», le MITI et d’autres associations industrielles étant apparemment pleinement associés à la réalisation de cet objectif. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(474)

À la suite de l’information finale, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir que la Commission avait dénaturé leurs arguments, étant donné qu’au considérant 473 du présent règlement, ils n’avaient pas admis que les actions visant à «orienter conjointement le prix du sel de lithium afin de le ramener à un niveau rationnel» avaient pour objectif de fixer les prix. Les pouvoirs publics chinois ont déclaré que «dans le contexte du pic alors enregistré par les prix mondiaux du lithium, ainsi que des pratiques de concurrence déloyale telles que des achats spéculatifs, des achats destinés à l’accaparement, etc., les pouvoirs publics chinois se sont efforcés de répondre au problème en augmentant l’offre en amont et en luttant contre la concurrence déloyale, mais ne sont pas intervenus dans la fixation des prix». Ils ont également ajouté que la Commission n’avait cité aucun élément de preuve à l’appui de son point de vue selon lequel il y avait eu une «une intervention dans la fixation des prix visant à ramener les prix à un niveau rationnel», et que la Commission n’avait cité aucune circonstance de fait ou de droit à l’appui de son affirmation selon laquelle «le MITI et d’autres associations industrielles étaient apparemment pleinement associés à la réalisation de cet objectif» (considérant 473 du présent règlement).

(475)

La Commission a contesté ces déclarations. Comme indiqué au considérant 751 du règlement provisoire, le MITI, qui est le département du Conseil des affaires de l’État responsable de l’administration des secteurs industriels et de l’industrie de l’information de la Chine (72), a lui-même affirmé que «nous allons faire pression sur [les prix des matières premières] afin de les ramener le plus vite possible à un niveau raisonnable», que «le ministère aidera à accélérer le développement des ressources locales en Chine» et que «[l]e fonctionnement stable de l’industrie est mis considérablement sous pression, ce qui nécessite un effort collectif de toutes les parties concernées» (73). En ce qui concerne les allégations selon lesquelles la Commission n’a cité aucune circonstance de fait ou de droit à l’appui de certaines de ses affirmations, la Commission a rappelé que toutes les sources utilisées dans le règlement provisoire ont été dûment mentionnées et que la preuve de l’implication du MITI et d’autres associations industrielles est mentionnée aux notes de bas de page 310 et 311 du règlement provisoire. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(476)

À la suite de l’information provisoire, l’ACCA a fait valoir que les fournisseurs de batteries et de matières premières ne pouvaient être qualifiés d’«institutions publiques» et que la Commission ne pouvait imposer des droits de douane élevés aux fournisseurs de batteries.

(477)

La Commission a fait remarquer que, contrairement à ce qu’a soutenu l’ACCA, les droits institués s’appliquent aux producteurs-exportateurs de VEB chinois, et non à leurs fournisseurs de batteries et de matières premières. En outre, l’allégation de l’ACCA concernant le fait que les fournisseurs de batteries et de matières premières ne peuvent pas être qualifiés d’organismes publics était générique et non étayée. Dès lors, pour les raisons indiquées aux considérants 821 et 899 du règlement provisoire, cette allégation a été rejetée.

(478)

À la suite de l’information finale, l’ACCA a fait valoir que la Commission avait qualifié à tort les entreprises de batteries, les entreprises de matières premières et les associations d’entités publiques exerçant des fonctions gouvernementales et a ajouté que la Commission avait conclu à tort que les pouvoirs publics chinois intervenaient dans la fixation des prix et qu’elle avait déduit erronément que les pouvoirs publics chinois exerçaient un contrôle total sur les associations industrielles et les entreprises par le biais des organes de consolidation du Parti.

(479)

Les observations présentées par l’ACCA étaient générales et non étayées, de sorte que la Commission les a rejetées.

(480)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont contesté la qualification des fournisseurs d’intrants en tant qu’organismes publics. Les pouvoirs publics chinois ont présenté les arguments suivants:

1)

les associations industrielles (l’Association de l’industrie des batteries en Chine et l’Association industrielle chinoise des sources d’énergie physiques et chimiques, ci-après respectivement l’«AIBC» et l’«AICSE») ne sont pas des organismes publics contrôlés par les pouvoirs publics chinois; ces derniers citent les «avis sur la mise en œuvre de la réforme relative au découplage complet entre les associations industrielles et chambres du commerce et les organes administratifs» comme source prouvant que les associations industrielles chinoises exercent leurs activités indépendamment des pouvoirs publics et que les dispositions relatives à la présence du PCC dans les associations industrielles sont dénuées de pertinence pour l’analyse du contrôle par les pouvoirs publics chinois;

2)

l’AIBC et l’AICSE n’exercent aucun contrôle sur leurs membres et n’ont pas non plus la capacité de déterminer les prix auxquels leurs sociétés membres vendent des batteries ou du lithium-phosphate de fer (ci-après «LFP»), étant donné que les données fournies par les trois sociétés retenues dans l’échantillon montraient des achats de batteries et de LFP auprès de différents fournisseurs à des prix différents;

(3)

les associations ne contrôlent pas leurs membres, pas plus que ceux-ci ne peuvent contrôler les associations, et la Commission n’a fourni aucun élément de preuve démontrant que les associations remplissaient leur mission de contrôler et de réduire les prix en exerçant une coordination et une régulation.

(481)

Le groupe Geely a fait valoir que les éléments de preuve invoqués par la Commission n’avaient pas démontré que l’AIBC et l’AICSE étaient investies d’un pouvoir gouvernemental et que la Commission avait conclu à tort que tous leurs membres étaient eux aussi investis d’un pouvoir gouvernemental. Le groupe Geely a aussi soutenu que, étant donné que tous les fournisseurs de batteries ne sont pas membres d’associations, on ne saurait conclure qu’ils sont investis d’un pouvoir gouvernemental. Enfin, le groupe Geely a fait valoir que la détention partielle de certains fournisseurs de batteries par l’État ne démontrait pas que ces entreprises pouvaient être considérées comme des organismes publics.

(482)

La Commission a contesté l’affirmation des pouvoirs publics chinois selon laquelle les associations industrielles étaient des organisations autonomes agissant librement sur le marché. Comme la Commission l’a déjà établi au considérant 779 du règlement provisoire, si les avis de la NDRC prévoyaient formellement une séparation entre les associations industrielles et les pouvoirs publics, ils faisaient aussi en sorte non seulement que les associations industrielles continuent à dépendre financièrement des autorités publiques, mais aussi que le PCC continue à exercer un contrôle total sur elles en établissant des organes de consolidation du Parti au sein des organisations sociales. L’analyse effectuée par la Commission aux considérants 780 à 785 du règlement provisoire a également confirmé cette présence du PCC dans les processus décisionnels et les activités quotidiennes des associations industrielles, consacrée dans les statuts de l’AIBC et de l’AICSE. Ni les pouvoirs publics chinois ni aucune autre partie n’ont fourni d’éléments qui contrediraient ces conclusions. En outre, les recherches menées par la Commission après le stade provisoire ont également confirmé que les associations industrielles n’opéraient pas de manière indépendante en tant qu’opérateurs du marché libre, mais étaient entièrement sous le contrôle du PCC et mettaient en œuvre des politiques imposées par les pouvoirs publics. Cela est illustré par les dernières déclarations de Ge Honglin, secrétaire du Parti et président de l’Association chinoise de l’industrie des métaux non ferreux (ci-après l’«ACNF») (74), qui comprend également une sous-association consacrée au lithium. Comme déjà expliqué au considérant 94 du règlement d’exécution (UE) 2023/1618 de la Commission (75), l’ACNF est une association industrielle au sein de laquelle le PCC intervient dans les prises de décisions opérationnelles. Si l’ACNF, qui comprend également une sous-section consacrée à l’industrie du lithium, ne faisait pas partie des associations industrielles examinées par la Commission au stade provisoire, ses dernières déclarations contredisent les allégations des pouvoirs publics chinois. Dans cette «organisation sociale», comme dans plusieurs associations industrielles, les organisations de consolidation du Parti sont intégrées dans sa structure (76). Selon son secrétaire du Parti, «bien que les associations industrielles soient des organisations sociales, les exigences relatives à la consolidation du Parti sont semblables à celles des organes centraux et étatiques» et l’ACNF a «intégralement mis en œuvre les décisions et les accords du Comité central du Parti communiste chinois et du Conseil des affaires de l’État et a coopéré avec les services compétents afin de formuler, de publier et d’interpréter des politiques industrielles telles que les “lignes directrices pour l’adaptation des structures industrielles”, le “plan de travail pour la stabilisation de la croissance dans l’industrie des métaux non ferreux” et les “méthodes de perception des recettes des transferts de titres miniers”». En outre, tant l’AIBC que l’AICSE sont placées sous la direction du Conseil des affaires de l’État. Cet argument a donc été rejeté.

(483)

En ce qui concerne le deuxième point soulevé par les pouvoirs publics chinois, comme indiqué au considérant 864 du règlement provisoire, le marché chinois a été considéré comme faussé en raison des politiques nationales et sectorielles adoptées par les fournisseurs de batteries nationaux, en particulier celles relatives aux structures de prix. Par conséquent, bien que certains fournisseurs de batteries ou de LFP puissent facturer des prix différents, tous les achats de batteries effectués par les sociétés retenues dans l’échantillon au cours de la période d’enquête sont considérés comme affectés par les politiques et mesures de l’État mises en place afin de poursuivre les objectifs stratégiques énoncés. Cette appréciation découle de l’idée que tous les fournisseurs opèrent sur le marché intérieur, dans les mêmes conditions de marché. Le pouvoir que les associations détiennent sur leurs membres et sur les politiques de prix a déjà été expliqué en détail à la section 3.7.2.1.1 b) du règlement provisoire. En outre, les pouvoirs publics chinois n’ont présenté aucun élément de preuve à l’appui de leur allégation. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(484)

En ce qui concerne le troisième point, les allégations formulées par les pouvoirs publics chinois étaient générales et ces derniers n’ont fourni aucun élément de preuve à l’appui de leur argument. La Commission rappelle qu’une analyse approfondie a été menée au sujet des associations industrielles chinoises et de leurs membres, ainsi que sur les mécanismes de contrôle des prix en place, comme indiqué aux considérants 748, 751, 792 à 799 et 807 à 809 du règlement provisoire. Par conséquent, cet argument a été rejeté.

(485)

L’argument avancé par le groupe Geely concernant le pouvoir gouvernemental des associations industrielles et de leurs membres n’était pas étayé et a donc été rejeté. En ce qui concerne le troisième argument présenté par le groupe Geely, la Commission rappelle que, comme indiqué au considérant 767 du règlement provisoire, ni l’AIBC ni l’AICSE ne publient la liste complète de leurs membres. Elle rappelle également que, comme déjà indiqué au considérant 282 du règlement provisoire, les pouvoirs publics chinois ont soutenu qu’ils n’exerçaient aucun contrôle sur l’AIBC, qui n’a pas de lien formel avec eux. Cela a été réfuté par les conclusions formulées aux considérants 777 et 778 du règlement provisoire, qui montrent que les pouvoirs publics chinois exercent un contrôle total sur l’AIBC. Tout d’abord, l’association est gérée directement par le Conseil des affaires de l’État (considérant 777 du règlement provisoire) et les pouvoirs publics chinois continuent à contrôler son administration ainsi que la nomination des principales personnes chargées de ses travaux (considérant 780 du règlement provisoire). Lors de la visite de vérification dans les locaux des pouvoirs publics chinois, la Commission a demandé une liste des membres de l’AIBC, que les pouvoirs publics chinois ont refusé de fournir. En l’absence d’informations de la part des pouvoirs publics chinois ainsi que de données publiques officielles comprenant la liste complète des membres de l’AIBC et de l’AICSE, la Commission a déduit que davantage de fournisseurs de batteries pourraient être membres de ces associations. En outre, l’appartenance aux associations de batteries n’est que l’un des nombreux éléments évalués par la Commission. Les éléments de preuve recueillis ont montré que les pouvoirs publics chinois exerçaient leur influence sur le marché des batteries et du LFP. En outre, s’agissant du dernier argument avancé par le groupe Geely au sujet de la détention partielle par l’État, la Commission rappelle que la relation entre les fournisseurs d’intrants et les pouvoirs publics chinois n’est que l’un des nombreux éléments qu’elle a analysés, à savoir le cadre juridique et économique existant en RPC, les objectifs stratégiques des pouvoirs publics chinois visant à développer l’industrie des VEB et les caractéristiques et fonctions essentielles des fournisseurs d’intrants. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(486)

À la suite de l’information finale, CATL a fait valoir que la Commission n’avait pas démontré que les pouvoirs publics chinois détenaient une quelconque participation en son sein ou exerçait un contrôle significatif sur elle, au-delà de l’influence normale qu’exercent les pouvoirs publics dans n’importe quel pays, et soutenu qu’il était incontestablement une entreprise privée et que les partenariats qu’elle nouait avec des entreprises publiques n’étaient destinés qu’à des fins commerciales. CATL a également souligné que les accords de coopération qu’elle avait conclus avec des autorités locales ou la création du Centre national de recherche en génie pour la technologie de stockage de l’énergie électrochimique ne laissaient entrevoir aucune influence des pouvoirs publics chinois sur elle. La société a également indiqué que son mécanisme de fixation des prix des batteries était entièrement fondé sur le marché et libre de toute influence des pouvoirs publics.

(487)

CATL a en outre présenté des observations sur les associations industrielles, en soutenant que le fait qu’elle soit membre de l’une ou l’autre association n’était pas pertinent pour l’enquête sur les VEB et qu’une telle adhésion ne saurait être considérée comme entraînant pour elle l’obligation de mettre en œuvre une quelconque décision de l’association. La société a enfin ajouté que la Commission n’avait mis en évidence aucun élément de preuve tendant à indiquer que CATL serait tenue d’agir de la sorte sous peine de sanctions.

(488)

Les allégations de CATL étaient générales et non étayées. La Commission a souligné que les liens entre les pouvoirs publics chinois et CATL ont été examinés en détail aux considérants 786 à 788 du règlement provisoire et qu’il existe plusieurs documents provinciaux soutenant explicitement le développement et illustrant comment celui-ci est lié à la réalisation de missions nationales majeures (considérants 731, 732, 803 et 804 du règlement provisoire). En ce qui concerne la fixation des prix, la Commission a rappelé que celle-ci avait déjà été abordée aux considérants 802 et 805 du règlement provisoire, ainsi qu’au considérant 484 du présent règlement.

(489)

En ce qui concerne l’adhésion aux associations, la Commission a rappelé qu’une analyse approfondie de l’association industrielle et de ses membres avait été effectuée et que CATL n’avait produit aucun élément de preuve à l’appui de ses allégations selon lesquelles cette association ne devrait pas être considérée comme un «organisme public». En outre, la Commission a examiné des allégations similaires aux considérants 482 et 485 du présent règlement. En ce qui concerne le dernier argument soulevé par CATL, la Commission a rappelé qu’elle avait déjà couvert, au considérant 834 du règlement provisoire, les éléments de preuve qui démontraient que les membres de l’AIBC devaient respecter ses consignes visant à réguler les comportements économiques de ses membres de manière à respecter les politiques des pouvoirs publics chinois, afin d’éviter les répercussions que l’association leur infligerait. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés.

(490)

À la suite de l’information provisoire, la Commission a recueilli des informations supplémentaires sur LG Chem Nanjing New Energy Solutions (ci-après «LG Nanjing»), un producteur de batteries étranger établi en Chine qui approvisionne plusieurs des producteurs-exportateurs visés par l’enquête. En ce qui concerne LG Nanjing, la Commission a trouvé des éléments de preuve supplémentaires corroborant ses conclusions selon lesquelles les producteurs de batteries en Chine sont des organismes publics; ces éléments de preuve démontraient que la construction de LG Nanjing avait pour but de fournir des batteries à bas prix au bénéfice des producteurs de VEB. La société a été créée en 2015 par LG Chem, la subdivision «produits chimiques» de LG Corp. et la société mère de LG Nanjing (77). En 2014, LG Chem, une société sud-coréenne, a conclu un protocole d’accord de coopération avec les autorités municipales de Nanjing. L’usine établie à Nanjing a bénéficié de «diverses aides de la part des autorités municipales de Nanjing, afin que les batteries produites procurent des avantages en termes de prix» (78). LG Chem a également créé en 2014 une entreprise commune avec deux partenaires publics chinois (Nanjing Zijin Technology Incubation Special Park Construction Development et Nanjing New Industrial Investment Group) afin de réaliser la première phase de construction de l’usine de batteries de Nanjing, ce qui prouve que l’État était associé à la mise en place de l’usine et que la fourniture par LG de batteries à des prix inférieurs au profit des constructeurs automobiles était l’un des objectifs déclarés de ce projet.

(491)

À la suite de l’information finale, et sur la base d’un examen plus approfondi de la part de marché réelle des importations en provenance de Chine sur les marchés de l’Union et des États-Unis, ainsi que des effets des politiques globales des pouvoirs publics chinois favorisant l’industrie des VEB sur les marchés d’exportation, la Commission a modifié les considérants 813 et 814 du règlement provisoire comme suit:

(492)

Les données de BMI présentent des évaluations mensuelles des prix des cellules de batteries lithium-ion pour les marchés chinois, européens, asiatiques (à l’exclusion de la RPC) et nord-américains, exprimés au niveau départ usine. Pour la période d’enquête, ces données montrent que le prix des cellules NMC au kWh et au niveau départ usine était au moins 10 % et jusqu’à 30 % plus élevé sur les marchés de l’Union, d’Amérique du Nord ou d’Asie que sur le marché chinois, indépendamment de leurs compositions chimiques spécifiques (111, 523, 622 ou 811). En l’absence d’évaluation du prix des cellules LFP accessible au public et compte tenu du défaut de coopération des pouvoirs publics chinois, l’écart de prix entre le marché chinois et les autres marchés a également été jugé valable pour les cellules LFP. Cette comparaison devrait être considérée au regard du fait que la part de marché des producteurs de batteries chinois sur le marché de l’Union était proche de 40 % en 2023 (79). La Commission n’a pas pu trouver de données suffisamment détaillées sur la part de marché des producteurs de batteries chinois en Amérique du Nord. Toutefois, les données douanières des États-Unis (80) montrent qu’en 2023, les États-Unis ont importé directement à eux seuls 13,1 milliards d’USD de batteries lithium-ion en provenance de Chine, soit 70 % de l’ensemble des importations américaines de batteries lithium-ion en 2023. En outre, l’Union européenne et l’Amérique du Nord sont les deux principales destinations des exportations chinoises de batteries lithium-ion. Eu égard aux éléments de preuve susmentionnés, la Commission ne pouvait pas exclure que les producteurs de batteries chinois représentent également un pourcentage important de la part de marché nord-américaine. Cela a également été confirmé par les données de BMI, qui montrent que les marchés de l’Union ainsi que de l’Amérique du Nord dépendaient des importations au cours de la période d’enquête, étant donné que l’approvisionnement national ne représentait respectivement que 26 % et 34 % de la demande. Parallèlement, la RPC disposait d’une offre excédentaire de batteries qui suffisait à répondre à ce manque. En l’absence d’éléments indiquant le contraire, la Commission a considéré que les importations de batteries de la RPC pouvaient combler ce manque et détenaient une part de marché allant jusqu’à environ 70 % sur ces deux marchés. Si cette comparaison des prix montre que les prix sur les marchés non chinois sont systématiquement plus élevés, la Commission a également estimé que cette analyse avait été réalisée sur une base prudente, étant donné que les prix ont été relevés au niveau départ usine et que les coûts de transport de la RPC vers ces marchés n’ont donc pas été pris en considération. Si les coûts de transport étaient inclus, et compte tenu de la part de marché des producteurs de batteries chinois sur ces marchés, l’écart de prix serait encore plus important.

(493)

En ce qui concerne CATL, en l’absence de données plus précises, la Commission a analysé ses rapports annuels pour la période 2021-2022. Ces rapports ont montré une diminution de la rentabilité sur le marché intérieur chinois, qui a été compensée par les bénéfices plus élevés enregistrés pour les exportations. Si la société avait déclaré de considérables marges de bénéfice brutes tant sur le marché intérieur que sur les marchés étrangers des batteries en décembre 2021, cette tendance s’est inversée en juin 2022, la société ayant alors commencé à voir sa rentabilité diminuer sur le marché intérieur chinois, tandis que sa marge de bénéfice augmentait du côté des exportations. En l’absence de coopération de CATL, due au défaut de coopération des pouvoirs publics chinois ou au refus de CATL de répondre au questionnaire en qualité de fournisseur lié de batteries à deux groupes de l’échantillon, la Commission s’est fondée sur les données disponibles et en a déduit que la baisse de la rentabilité sur le marché intérieur chinois des batteries reflétait les politiques des pouvoirs publics visant à fournir des batteries aux producteurs de VEB sur le marché intérieur moyennant une rémunération moins qu’adéquate. En revanche, sur les marchés d’exportation, CATL était en mesure de pratiquer des prix plus élevés et d’obtenir des bénéfices plus élevés, tout en continuant à bénéficier du soutien accordé par les pouvoirs publics chinois. La différence entre les niveaux de rentabilité des marchés d’exportation et ceux du marché intérieur démontre clairement que CATL n’était pas en mesure de maximiser ses bénéfices en Chine et de prendre des décisions commerciales rationnelles en tant qu’acteur normal du marché opérant dans une économie de marché ouverte. En lieu et place, CATL était contrainte par les politiques des pouvoirs publics chinois de fournir des batteries meilleur marché à l’industrie nationale des VEB. Cette pratique est également confirmée par les dispositions figurant dans les statuts et le système de gestion des opérations liées de CATL, comme expliqué au considérant 801 du règlement provisoire, qui indiquent que les prix de tous types d’opérations avec des entités liées doivent être fixés par l’État.

(494)

Dès lors, par rapport aux considérants 813 et 814 du règlement provisoire, la Commission a modifié le pourcentage de part de marché des producteurs de batteries chinois sur les marchés de l’Union et d’Amérique du Nord en se concentrant essentiellement sur l’analyse du marché de l’Union (considérant 492 du présent règlement) et sur l’analyse de la rentabilité de CATL sur le marché intérieur et sur les marchés d’exportation (considérant 493 du présent règlement).

(495)

En l’absence d’autres observations et compte tenu des conclusions supplémentaires de la Commission, les conclusions formulées aux considérants 702 à 821 du règlement provisoire ont été confirmées.

b) Fournisseurs de batteries agissant en tant qu’organismes privés faisant l’objet d’une action de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics chinois

(496)

À la suite de l’information provisoire, les pouvoirs publics chinois et le groupe Geely ont contesté la conclusion selon laquelle les fournisseurs de batteries et de LFP faisaient l’objet d’une action de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics chinois. En particulier, les pouvoirs publics chinois ont fait valoir ce qui suit:

1)

la Commission n’a présenté aucun élément prouvant que les pouvoirs publics chinois s’immisçaient dans les activités quotidiennes des entreprises ou dans la fixation des prix de leurs produits, et que le fait que les prix intérieurs suivent une tendance différente de celle des prix à l’exportation ou internationaux ne signifiait pas nécessairement que les prix sont fixés par les pouvoirs publics chinois;

2)

la Commission a interprété erronément l’article 46 des statuts de CATL et a commis une erreur de traduction. Selon les pouvoirs publics chinois, cette disposition établit les règles relatives à l’examen des opérations liées, qui prévoient cinq cas de figure différents donnant lieu à l’exemption d’examen: les opérations réalisées dans certains secteurs limités, la participation à des appels d’offres et enchères publics, les opérations dans le cadre desquelles la société obtient unilatéralement un avantage, la fourniture de financement par une partie liée à la société à un taux d’intérêt n’excédant pas celui fixé par la Banque populaire de Chine ou le cas dans lequel la société fournit des produits et services à sa propre direction aux mêmes conditions que celles appliquées par des parties non liées. Ensuite, les pouvoirs publics chinois ont soutenu que la traduction des dispositions de l’article 46 aurait dû être «lorsque le prix d’une opération avec une partie liée est fixé par l’État».

(497)

Le groupe Geely a fait valoir a) que l’appartenance aux associations ne suffisait pas à démontrer que les fournisseurs de batteries faisaient l’objet d’une action de charger ou d’ordonner de la part des pouvoirs publics chinois, b) que rien ne prouvait que les fournisseurs de batteries étrangers et/ou qui n’étaient pas membres de

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