| CELEX | 22023A02862 |
| Type | Accord international |
| Date | mercredi 15 novembre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries L |
| 2023/2862 | 28.12.2023 |
Accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part
| PARTIE I — | DISPOSITIONS GÉNÉRALES |
| PARTIE II — | PRIORITÉS STRATÉGIQUES |
| TITRE I — | DROITS DE L’HOMME, DÉMOCRATIE ET GOUVERNANCE AU SEIN DE SOCIÉTÉS AXÉES SUR LES PERSONNES ET FONDÉES SUR LES DROITS |
| TITRE II — | PAIX ET SÉCURITÉ |
| TITRE III — | DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET SOCIAL |
| TITRE IV — | CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES INCLUSIFS ET DURABLES |
| TITRE V — | DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE |
| TITRE VI — | MIGRATION ET MOBILITÉ |
| PARTIE III — | ALLIANCES MONDIALES ET COOPÉRATION INTERNATIONALE |
| PARTIE IV — | MODALITÉS DE LA COOPÉRATION ET MISE EN ŒUVRE |
| PARTIE V — | CADRE INSTITUTIONNEL |
| PARTIE VI — | DISPOSITIONS FINALES |
PROTOCOLES RÉGIONAUX
PROTOCOLE RÉGIONAL POUR L’AFRIQUE
| PARTIE I — | CADRE DE COOPÉRATION |
| PARTIE II — | PRINCIPAUX DOMAINES DE COOPÉRATION |
| TITRE I — | CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES INCLUSIFS ET DURABLES |
| TITRE II — | DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET SOCIAL |
| TITRE III — | ENVIRONNEMENT, GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET CHANGEMENT CLIMATIQUE |
| TITRE IV — | PAIX ET SÉCURITÉ |
| TITRE V — | DROITS DE L’HOMME, DÉMOCRATIE ET GOUVERNANCE |
| TITRE VI — | MIGRATION ET MOBILITÉ |
PROTOCOLE RÉGIONAL POUR LES CARAÏBES
| PARTIE I — | CADRE DE COOPÉRATION |
| PARTIE II — | PRINCIPAUX DOMAINES DE COOPÉRATION |
| TITRE I — | CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES INCLUSIFS ET DURABLES |
| TITRE II — | DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE, CHANGEMENT CLIMATIQUE ET GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES |
| TITRE III — | DROITS DE L’HOMME, GOUVERNANCE, PAIX ET SÉCURITÉ |
| TITRE IV — | DÉVELOPPEMENT HUMAIN, COHÉSION SOCIALE ET MOBILITÉ |
PROTOCOLE RÉGIONAL POUR LE PACIFIQUE
| PARTIE I — | CADRE DE COOPÉRATION |
| PARTIE II — | PRINCIPAUX DOMAINES DE COOPÉRATION |
| TITRE I — | DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE |
| TITRE II — | DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DURABLE ET INCLUSIF |
| TITRE III — | OCÉANS, MERS ET PÊCHE |
| TITRE IV — | SÉCURITÉ, DROITS DE L’HOMME, DÉMOCRATIE ET GOUVERNANCE |
| TITRE V — | DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET SOCIAL |
ANNEXES
| ANNEXE I: | PROCESSUS DE RETOUR ET DE RÉADMISSION |
| ANNEXE II: | OPÉRATIONS DE LA BANQUE EUROPÉENNE D’INVESTISSEMENT |
LE ROYAUME DE BELGIQUE,
LA RÉPUBLIQUE DE BULGARIE,
LA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE,
LE ROYAUME DE DANEMARK,
LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE,
LA RÉPUBLIQUE D’ESTONIE,
L’IRLANDE,
LA RÉPUBLIQUE HELLÉNIQUE,
LE ROYAUME D’ESPAGNE,
LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
LA RÉPUBLIQUE DE CROATIE,
LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE,
LA RÉPUBLIQUE DE CHYPRE,
LA RÉPUBLIQUE DE LETTONIE,
LA RÉPUBLIQUE DE LITUANIE,
LE GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG,
LA HONGRIE,
LA RÉPUBLIQUE DE MALTE,
LE ROYAUME DES PAYS-BAS,
LA RÉPUBLIQUE D’AUTRICHE,
LA RÉPUBLIQUE DE POLOGNE,
LA RÉPUBLIQUE PORTUGAISE,
LA ROUMANIE,
LA RÉPUBLIQUE DE SLOVÉNIE,
LA RÉPUBLIQUE SLOVAQUE,
LA RÉPUBLIQUE DE FINLANDE,
LE ROYAUME DE SUÈDE,
parties contractantes au traité sur l’Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ci-après dénommés «États membres de l’Union européenne»,
et
L’UNION EUROPÉENNE,
ci-après collectivement dénommés «partie UE»,
d’une part, et
LA RÉPUBLIQUE D’ANGOLA,
ANTIGUA-ET-BARBUDA,
LE COMMONWEALTH DES BAHAMAS,
LA BARBADE,
LE BELIZE,
LA RÉPUBLIQUE DU BÉNIN,
LA RÉPUBLIQUE DU BOTSWANA,
LE BURKINA FASO,
LA RÉPUBLIQUE DU BURUNDI,
LA RÉPUBLIQUE DE CABO VERDE,
LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN,
LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE,
LA RÉPUBLIQUE DU TCHAD,
L’UNION DES COMORES,
LA RÉPUBLIQUE DU CONGO,
LES ÎLES COOK,
LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE,
LA RÉPUBLIQUE DE CUBA,
LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO,
LA RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI,
LE COMMONWEALTH DE DOMINIQUE,
LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE,
LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE ÉQUATORIALE,
L’ÉTAT D’ÉRYTHRÉE,
LE ROYAUME D’ESWATINI,
LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE FÉDÉRALE D’ÉTHIOPIE,
LA RÉPUBLIQUE DES FIDJI,
LA RÉPUBLIQUE GABONAISE,
LA RÉPUBLIQUE DE GAMBIE,
LA RÉPUBLIQUE DU GHANA,
LA GRENADE,
LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE,
LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE-BISSAU,
LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE DU GUYANA,
LA RÉPUBLIQUE D’HAÏTI,
LA JAMAÏQUE,
LA RÉPUBLIQUE DU KENYA,
LA RÉPUBLIQUE DE KIRIBATI,
LE ROYAUME DU LESOTHO,
LA RÉPUBLIQUE DU LIBERIA,
LA RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR,
LA RÉPUBLIQUE DU MALAWI,
LA RÉPUBLIQUE DES MALDIVES,
LA RÉPUBLIQUE DU MALI,
LA RÉPUBLIQUE DES ÎLES MARSHALL,
LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE,
LA RÉPUBLIQUE DE MAURICE,
LES ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE,
LA RÉPUBLIQUE DU MOZAMBIQUE,
LA RÉPUBLIQUE DE NAMIBIE,
LA RÉPUBLIQUE DE NAURU,
LA RÉPUBLIQUE DU NIGER,
LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DU NIGERIA,
NIUE,
LA RÉPUBLIQUE DES PALAOS,
L’ÉTAT INDÉPENDANT DE PAPOUASIE - NOUVELLE-GUINÉE,
LA RÉPUBLIQUE DU RWANDA,
LA FÉDÉRATION DE SAINT-CHRISTOPHE-ET-NIÉVÈS,
SAINTE-LUCIE,
SAINT-VINCENT-ET-LES-GRENADINES,
L’ÉTAT INDÉPENDANT DU SAMOA,
LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DE SAO TOMÉ-ET-PRINCIPE,
LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL,
LA RÉPUBLIQUE DES SEYCHELLES,
LA RÉPUBLIQUE DE SIERRA LEONE,
LES ÎLES SALOMON,
LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DE SOMALIE,
LA RÉPUBLIQUE DU SOUDAN,
LA RÉPUBLIQUE DU SURINAME,
LA RÉPUBLIQUE UNIE DE TANZANIE,
LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU TIMOR-ORIENTAL,
LA RÉPUBLIQUE TOGOLAISE,
LE ROYAUME DE TONGA,
LA RÉPUBLIQUE DE TRINITÉ-ET-TOBAGO,
TUVALU,
LA RÉPUBLIQUE D’OUGANDA,
LA RÉPUBLIQUE DE VANUATU,
LA RÉPUBLIQUE DE ZAMBIE,
LA RÉPUBLIQUE DU ZIMBABWE,
membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), ci-après dénommés «membres de l’OEACP», d’autre part,
ci-après collectivement dénommés «parties»,
VU la version révisée de l’accord de Georgetown établissant l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, d’autre part;
CONSIDÉRANT les liens politiques, économiques et culturels solides et étroits qui les unissent;
RÉAFFIRMANT leur attachement à un ordre mondial fondé sur des règles, ayant comme principe essentiel le multilatéralisme et comme élément central les Nations unies;
CONFIRMANT leur engagement en faveur du développement durable, conformément au programme de développement durable à l’horizon 2030;
INSISTANT SUR l’importance que revêt un dialogue régulier sur des questions d’intérêt mutuel et ce à tous les niveaux pertinents;
RÉAFFIRMANT leur volonté de consolider leur partenariat en coordonnant leurs actions dans les enceintes internationales, en s’appuyant sur des intérêts communs, des valeurs partagées et un respect mutuel, conscients de leur capacité à obtenir des avancées au niveau mondial en agissant conjointement;
CONFIRMANT leur attachement aux principes démocratiques et aux droits de l’homme, inscrits dans la déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres instruments internationaux pertinents relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’aux principes de l’État de droit et de la bonne gouvernance;
RAPPELANT leur ferme volonté de promouvoir la paix et la sécurité et leurs obligations internationales en matière de non-prolifération des armes de destruction massive, ainsi que leur détermination à prévenir et à poursuivre les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale;
RÉAFFIRMANT leur volonté d’encourager la coopération multipartite à l’appui de la réalisation des objectifs de développement durable, en tenant compte des différents rôles joués par les différentes parties prenantes et en veillant à ce qu’elles agissent toutes dans le respect de l’État de droit;
INSISTANT sur l’urgence qu’il y a à relever les défis environnementaux planétaires, l’importance de l’accord de Paris sur le changement climatique et la nécessité urgente de bâtir des économies à faible intensité de carbone stables et durables, ainsi que des sociétés résilientes face au changement climatique, et de progresser dans la réalisation des objectifs communs en matière d’environnement, de changement climatique et d’énergies renouvelables;
RECONNAISSANT l’importance d’une transformation économique structurelle pour parvenir à une croissance et à un développement économiques inclusifs et durables;
RAPPELANT leur attachement aux principes et aux règles qui régissent le commerce international, en particulier ceux convenus au sein de l’Organisation mondiale du commerce;
RAPPELANT leur volonté de respecter les droits des travailleurs, en tenant compte des principes énoncés dans les conventions de l’Organisation internationale du travail;
RECONNAISSANT le rôle important joué par la science, la technologie, la recherche et l’innovation dans l’accélération de la transition vers des sociétés fondées sur la connaissance, facilitée par l’utilisation des outils numériques dans le but de parvenir à un développement durable;
RAPPELANT leur volonté de favoriser le développement humain et social, d’éradiquer la pauvreté et de lutter contre les discriminations et les inégalités, en ne laissant personne de côté;
PRENANT ACTE DU FAIT que les évolutions démographiques, associées aux changements économiques, sociaux et environnementaux, offrent des possibilités, mais posent également des défis, en matière de développement durable;
RÉAFFIRMANT que l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes et des filles sont essentielles pour parvenir à un développement inclusif et durable;
RECONNAISSANT l’importance du rôle des jeunes pour ce qui est de façonner l’avenir et contribuer au développement durable;
RÉAFFIRMANT leur volonté de promouvoir un partenariat axé sur les personnes et de renforcer les contacts interpersonnels, y compris par la coopération et les échanges dans les domaines de la science, de la technologie, de l’innovation, de l’éducation et de la culture;
RÉAFFIRMANT leur volonté de renforcer la coopération et le dialogue en matière de migration et de mobilité;
RECONNAISSANT l’accroissement des risques engendrés par les catastrophes naturelles, les chocs économiques et les autres chocs exogènes, dont les pandémies;
CONFIRMANT leur volonté de collaborer à l’appui de l’intégration régionale et continentale, notamment en vue d’atteindre les objectifs définis dans l’agenda 2063 de l’Union africaine et dans les cadres d’intégration et de coopération des Caraïbes et du Pacifique;
RAPPELANT les principes de la cohérence des politiques au service du développement et de l’efficacité de l’aide, ainsi que les principes du programme d’action d’Addis-Abeba;
VU l’accord de partenariat entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part (1), tel qu’il a été modifié en dernier lieu (ci-après dénommé «accord de Cotonou»),
SONT CONVENUS DE CE QUI SUIT:
PARTIE I
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
Article 1
Objectifs
1. L’Union européenne et ses États membres, ci-après dénommés «partie UE», d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), d’autre part, ci-après collectivement dénommés «parties», conviennent de conclure le présent accord établissant un partenariat politique renforcé visant à produire des résultats mutuellement avantageux au regard d’intérêts communs et convergents, dans le respect des valeurs qu’ils partagent.
2. Le présent accord contribue à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, le programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté le 25 septembre 2015 lors du sommet des Nations unies sur le développement durable, (ci-après dénommé «programme à l’horizon 2030») et l’accord de Paris adopté dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, fait à Paris le 12 décembre 2015 (ci-après dénommée «accord de Paris»), servant de cadres d’orientation généraux pour le partenariat au titre du présent accord.
3. Les objectifs du présent accord consistent à:
| a) | promouvoir, protéger et garantir les droits de l’homme, les principes démocratiques, l’État de droit et la bonne gouvernance, en accordant une attention particulière à l’égalité de genre; |
| b) | bâtir des États et des sociétés pacifiques et résilients, en faisant face aux menaces actuelles et émergentes pour la paix et la sécurité; |
| c) | favoriser le développement humain et social, et notamment éradiquer la pauvreté et combattre les inégalités, en veillant à ce que chacun vive dignement et à ce que personne ne soit laissé de côté, en accordant une attention particulière aux femmes et aux filles; |
| d) | mobiliser l’investissement, soutenir les échanges commerciaux et encourager le développement du secteur privé afin de parvenir à une croissance durable et inclusive et de créer des emplois décents pour tous; |
| e) | lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles, et |
| f) | mettre en œuvre une approche globale et équilibrée de la migration, de manière à tirer parti des avantages découlant d’une mobilité et de migrations sûres, ordonnées et régulières et à endiguer la migration irrégulière en s’attaquant à ses causes profondes, dans le respect total du droit international et compte tenu des compétences respectives des parties. |
4. Un dialogue et une action de partenariat adaptés aux spécificités des parties constituent les principaux outils permettant d’atteindre les objectifs du présent accord.
5. Le présent accord facilite l’adoption de positions communes par les parties sur la scène mondiale, en renforçant ainsi les partenariats en vue de promouvoir le multilatéralisme et l’ordre international fondé sur des règles, dans le but de faire avancer l’action mondiale.
Article 2
Principes
1. Les parties poursuivent les objectifs du présent accord dans un esprit de responsabilité partagée, de solidarité, de réciprocité, de respect mutuel et de respect de l’obligation de rendre des comptes.
2. Les parties réaffirment leur volonté de développer des relations amicales entre les nations, fondées sur le respect du principe de l’égalité souveraine entre tous les États, et de s’abstenir de recourir aux menaces ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec la charte des Nations unies.
3. Les parties conviennent de mettre en œuvre chaque protocole régional conformément aux grands principes arrêtés d’un commun accord dans la partie générale, tout en tenant compte des spécificités des régions. Elles conviennent également d’adapter leurs actions aux besoins différents des pays les moins avancés (PMA), des pays enclavés, des petits États insulaires en développement (PEID) et des États côtiers de faible altitude, en tenant compte des divers problèmes auxquels ceux-ci font face.
4. Les parties prennent des décisions et entreprennent des actions au niveau national, régional ou multinational le plus approprié.
5. Les parties promeuvent systématiquement une perspective de genre et veillent à ce que l’égalité de genre soit prise en compte dans toutes les politiques.
6. Les parties adoptent une approche intégrée de leur coopération faisant intervenir des éléments politiques, économiques, sociaux, environnementaux et culturels.
7. Les parties intensifient leurs efforts en vue de renforcer l’intégration et la coopération régionales afin de gérer au mieux les questions de sécurité, de tirer les bénéfices économiques de la mondialisation et de surmonter les défis transationaux ou de saisir les possibilités transnationales qui se présentent, selon le cas.
8. Les parties favorisent une approche multipartite, permettant la participation active au dialogue de partenariat et aux processus de coopération d’un large éventail d’acteurs, notamment les parlements, les autorités locales, la société civile et le secteur privé.
9. La coopération dans des configurations formelles et ad hoc peut être recherchée afin d’atteindre les objectifs du partenariat au titre du présent accord de manière plus effective et efficace. Les parties peuvent aussi convenir de dispositions et de procédures flexibles permettant aux parties intéressées d’approfondir le dialogue et la coopération sur des questions thématiques et transrégionales spécifiques.
Article 3
Dialogue de partenariat
1. Les parties entretiennent un dialogue de partenariat régulier, équilibré, global et portant sur le fond dans tous les domaines relevant du présent accord, dialogue qui donnera lieu à des engagements et, s’il y a lieu, à des actions de part et d’autre, aux fins de la mise en œuvre effective du présent accord.
2. Les parties conviennent que le dialogue de partenariat aura pour objectif d’échanger des informations, de favoriser la compréhension mutuelle ainsi que de faciliter la définition de priorités et de programmes communs aux niveaux national, régional et international. Elles coopèrent et se coordonnent sur des questions d’intérêt commun et sur les nouveaux défis au sein des instances internationales.
3. Les parties conviennent de mener le dialogue de partenariat dans un cadre souple et adapté au cas par cas, à intervalles réguliers, dans une configuration adéquate et au niveau national, régional ou multinational le plus approprié, en utilisant au mieux tous les canaux possibles, y compris les instances régionales et internationales. Les parties conviennent de contrôler et d’évaluer l’efficacité du dialogue de partenariat et d’en adapter la portée, au besoin.
4. Les parties conviennent d’informer dûment les parlements et, s’il y a lieu, les représentants des organisations de la société civile et du secteur privé, de les consulter et de leur permettre d’alimenter le dialogue de partenariat. Les organisations régionales et continentales sont associées au dialogue de partenariat, s’il y a lieu.
Article 4
Cohérence des politiques
1. Les parties veillent à la cohérence des politiques adoptées aux niveaux national, régional et international, afin d’atteindre les objectifs du présent accord en suivant une approche ciblée, stratégique et axée sur le partenariat.
2. Les parties favorisent, à titre individuel et collectif, les synergies entre leurs politiques, de manière à éviter ou à réduire au minimum les effets négatifs que ces politiques sont susceptibles d’avoir sur les autres parties. Les parties s’engagent à informer et, s’il y a lieu, à consulter les autres parties au sujet des initiatives et des mesures susceptibles d’avoir des répercussions majeures sur celles-ci.
3. Les parties réaffirment leur attachement à la cohérence des politiques au service du développement, qui constitue à leurs yeux un élément essentiel pour atteindre les ODD.
Article 5
Acteurs
1. Les parties reconnaissent que les gouvernements jouent un rôle central dans la définition et la mise en œuvre des priorités et des stratégies concernant leur propre pays. Elles reconnaissent le rôle crucial joué par les parlements dans la conception et l’adoption de la législation, l’adoption des budgets et le contrôle de l’action gouvernementale. Elles reconnaissent le rôle et la contribution des autorités locales pour ce qui est de renforcer la responsabilité démocratique et de compléter l’action des gouvernements.
2. Les parties reconnaissent le rôle important joué par les organisations sous-régionales, régionales, continentales et intercontinentales dans la réalisation des objectifs du présent accord, en particulier ceux des protocoles régionaux.
3. Les parties reconnaissent l’importance du rôle et de la contribution des parties prenantes, de toutes formes et quelles que soient leurs caractéristiques nationales, à savoir la société civile, les partenaires économiques et sociaux, en ce compris les organisations syndicales, et le secteur privé, et conviennent de promouvoir et de renforcer leur participation effective en vue de favoriser des processus plus inclusifs et multipartites. Pour ce faire, les parties veillent à ce que l’ensemble de ces parties prenantes soient, s’il y a lieu, informées et consultées au sujet des stratégies et des politiques sectorielles, à ce qu’elles contribuent au vaste processus de dialogue, à ce qu’elles bénéficient d’un renforcement des capacités dans les domaines critiques et à ce qu’elles participent à la mise en œuvre de programmes de coopération dans les domaines qui les concernent. Une telle participation aux programmes de coopération est fonction de la mesure dans laquelle ils répondent aux besoins de la population, de leurs compétences spécifiques, et ils disposent de structures de gouvernance responsables et transparentes.
Article 6
Structure
1. Le présent accord est constitué de la partie générale (parties I à VI), des trois protocoles régionaux (ci-après dénommés «protocoles régionaux») et des annexes.
2. La partie générale et les annexes sont juridiquement contraignantes pour les parties.
3. Les protocoles régionaux sont juridiquement contraignants pour la partie UE et pour les membres de l’OEACP d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, respectivement. Rien dans les protocoles régionaux ni dans leur interprétation et leur mise en œuvre ne saurait porter atteinte aux dispositions de la partie générale et des décisions du Conseil des ministres OEACP-UE, ni s’en écarter.
Article 7
Thèmes transversaux
1. Les parties conviennent qu’il est systématiquement tenu compte des thèmes transversaux suivants, afin d’éclairer l’action dans tous les domaines de coopération: droits de l’homme, démocratie, égalité de genre, paix et sécurité, protection de l’environnement, lutte contre le changement climatique, culture et jeunesse.
2. Les parties coopèrent en vue de soutenir le renforcement des capacités afin de remédier efficacement aux problèmes recensés et d’atteindre les objectifs définis dans le présent accord. Elles ont pour objectif de favoriser le renforcement des institutions, de promouvoir l’échange de bonnes pratiques et de faciliter le transfert et le partage de connaissances.
3. Les parties améliorent la résilience des pays, des communautés et des personnes, en particulier celle des populations vulnérables, face aux défis liés à l’environnement et au changement climatique, ainsi que face aux chocs économiques, aux conflits, aux crises politiques, aux épidémies et aux pandémies.
PARTIE II
PRIORITÉS STRATÉGIQUES
TITRE I
Droits de l’homme, démocratie et gouvernance au sein de sociétés axées sur les personnes et fondées sur les droits
Article 8
Les parties réaffirment leur détermination à promouvoir, à protéger et à garantir les droits de l’homme, les libertés fondamentales et les principes démocratiques, ainsi qu’à renforcer l’État de droit et la bonne gouvernance, conformément à la charte des Nations unies, à la déclaration universelle des droits de l’homme et au droit international, en particulier au droit international relatif aux droits de l’homme et, le cas échéant, au droit international humanitaire.
Les parties encouragent les politiques axées sur les personnes et fondées sur les droits, qui englobent l’ensemble des droits de l’homme et garantissent l’égalité des chances pour tous les membres de la société, et qui visent un développement durable centré sur l’humain. Les parties reconnaissent que le respect de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales, de l’État de droit et de la bonne gouvernance fait partie intégrante du développement durable.
Article 9
Droits de l’homme, démocratie et État de droit
1. Les parties, reconnaissant que les droits de l’homme sont universels, indivisibles, interdépendants et indissociables, promeuvent, protègent et garantissent tous les droits de l’homme, qu’il s’agisse des droits civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels. Elles protègent toutes les libertés fondamentales, telles que la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion et d’association, et la liberté de pensée, de religion et de conviction, et en garantissent la pleine et égale jouissance.
2. Les parties s’engageront à promouvoir le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans discrimination fondée sur un quelconque motif tel que le sexe, l’origine ethnique ou sociale, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, le handicap, l’âge ou toute autre situation. Elles s’engagent à lutter contre toutes les formes de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie ainsi que contre l’intolérance qui y est associée, de même que contre toutes les formes de violence et de discrimination, y compris tous les appels à la haine. Elles s’engagent à reconnaître et à promouvoir les droits des populations autochtones, tels qu’ils sont énoncés dans la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
3. Les parties entretiennent un dialogue de partenariat au niveau bilatéral sur la peine de mort. Lorsque la peine de mort est prévue par la législation nationale et continue d’être appliquée, les parties respectent le droit à une procédure régulière et les normes minimales adoptées au niveau international.
4. Les parties réaffirment que les principes démocratiques universellement reconnus sur lesquels se fonde l’organisation de l’État garantissent la légitimité de son autorité, la légalité de ses actions qui se reflète dans son système constitutionnel, législatif et réglementaire, et l’existence de mécanismes de participation. Elles préservent et renforcent l’application desdits principes en garantissant la tenue d’élections inclusives, transparentes et crédibles, respectueuses de la souveraineté des États, ainsi qu’en autorisant et en soutenant des processus décisionnels participatifs. Les parties encouragent le respect des bonnes pratiques électorales et la coopération entre elles, y compris en matière d’observation électorale au sein de la partie UE et des membres de l’OEACP, s’il y a lieu.
5. Les parties soutiennent activement la consolidation de l’État de droit aux niveaux national, régional et international, reconnaissant son importance capitale pour la protection des droits de l’homme et le bon fonctionnement des institutions démocratiques. Il s’agit notamment de garantir l’existence d’un système judiciaire indépendant impartial et qui fonctionne bien, l’égalité devant la loi, le respect du droit à un procès équitable et à une procédure régulière, ainsi que l’accès à des mécanismes de réparation efficaces.
6. Les parties reconnaissent le droit au développement fondé sur l’indivisibilité, l’interdépendance, l’universalité et l’inaliénabilité de l’ensemble des droits de l’homme, en vertu duquel tout être humain et tous les peuples ont le droit de participer et de contribuer à un développement économique, social, culturel et politique dans lequel tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales peuvent être pleinement réalisés, et de bénéficier de ce développement. Elles soutiennent les mesures de nature à renforcer le droit au développement et veillent, entre autres, à garantir l’égalité des chances pour tous, pour ce qui est d’accéder aux ressources essentielles et aux services de base, tels que l’éducation, les soins de santé, l’alimentation, le logement, l’emploi et la répartition équitable des revenus, et d’en bénéficier.
7. Les parties conviennent que le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit fondent leurs politiques nationales et internationales et constituent un élément essentiel du présent accord.
Article 10
Égalité de genre
1. Les parties réaffirment leur vif attachement à la réalisation de l’égalité de genre, à la pleine jouissance de tous les droits de l’homme par tous, ainsi qu’à l’autonomisation de chacun en tant que moteur du développement durable. Elles inscrivent le principe de l’égalité de genre dans leurs constitutions nationales ou toute autre législation appropriée.
2. Les parties reconnaissent que l’inégalité de genre prive les femmes de leurs droits humains fondamentaux et de leurs chances. Elles adoptent des dispositions législatives, des cadres juridiques ainsi que des politiques, des programmes et des mécanismes solides visant à garantir aux femmes et aux filles l’égalité d’accès, l’égalité des chances et les mêmes possibilités de pleine participation et de contrôle que les hommes et les garçons dans tous les domaines de la vie, et renforcent les dispositions législatives, les cadres juridiques, ainsi que les politiques, programmes et mécanismes applicables.
3. Les parties mettent l’accent, en particulier, sur l’amélioration de l’accès des femmes et, s’il y a lieu, des filles à l’ensemble des ressources dont elles ont besoin tout au long de leur vie pour réaliser tout leur potentiel et exercer pleinement leurs libertés et droits fondamentaux, en ce qui concerne notamment une éducation de qualité, la santé, les possibilités d’emploi, l’accès aux ressources économiques et le contrôle de celles-ci, le processus de décision politique, les structures de gouvernance et les entreprises privées, en veillant particulièrement aux femmes en situation de vulnérabilité. Elles encouragent la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique.
4. Les parties s’engagent à prévenir et à combattre toutes les formes de violences et de discriminations à caractère sexuel et fondées sur le genre dans les sphères publique et privée, y compris la traite des êtres humains ainsi que l’exploitation et les abus sexuels, et à poursuivre en justice les auteurs de ces violences et discriminations. Elles prennent toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les stéréotypes de genre profondément ancrés et mettre un terme à toutes les pratiques préjudiciables, telles que les mariages d’enfant, les mariages précoces et les mariages forcés, ainsi que les mutilations génitales féminines.
Article 11
Des sociétés inclusives et pluralistes
1. Les parties s’engagent à garantir l’égalité des chances pour tous les membres de la société dans tous les domaines de la vie. Elles préviennent, interdisent et éliminent les pratiques discriminatoires, et adoptent des mesures efficaces pour garantir la jouissance pleine et égale de tous les droits de l’homme.
2. Les parties protègent et promeuvent la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté de réunion, ainsi que l’indépendance et le pluralisme des médias en tant que piliers de la démocratie, en tenant compte du fait qu’il ne s’agit pas là uniquement de droits de l’homme, mais également de conditions indispensables à la démocratie, au développement et au dialogue.
3. Les parties favorisent l’avènement de sociétés inclusives et pluralistes, y compris de la démocratie multipartite. Elles mettent en avant le rôle essentiel que jouent des assemblées et des partis politiques nationaux et locaux efficaces, transparents et comptables de leurs actes. Elles promeuvent aussi la participation active et véritable de toutes les parties prenantes et de tous les citoyens, femmes et jeunes inclus, à des processus politiques souples, inclusifs, participatifs et représentatifs, ainsi qu’au processus décisionnel à tous les niveaux.
4. Les parties préservent et élargissent un espace permettant à une société civile active, organisée et transparente d’agir, compte tenu du rôle qu’elle joue dans la promotion et la surveillance de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales, de la justice sociale et de l’inclusion, ainsi que de son rôle dans la défense des titulaires de droits et de l’État de droit, ce qui conduira à un renforcement de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes au niveau national.
5. Les parties, reconnaissant que l’internet offre une plateforme pour le partage des connaissances et des idées, s’efforcent d’exploiter pleinement le potentiel des solutions numériques pour promouvoir l’égalité d’accès du public à l’information à tous les niveaux et des processus décisionnels participatifs et s’emploient à renforcer les compétences numériques, tout en remédiant aux risques d’abus et en encourageant l’ouverture à la diversité et le respect de cette dernière.
Article 12
Bonne gouvernance
1. Les parties réaffirment que la bonne gouvernance repose sur des gouvernements transparents, responsables, comptables de leurs actes et participatifs, ainsi que sur des mécanismes de contrôle appropriés. Les parties conviennent que la bonne gouvernance est essentielle pour le respect de tous les droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit. Elles s’engagent à garantir un accès universel et sans discrimination aux services publics. Elles s’engagent en outre à faire de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes des éléments à part entière de la bonne gouvernance et du renforcement des institutions.
2. Les parties s’engagent à garantir une gestion transparente et responsable des ressources humaines, naturelles, économiques et financières aux fins d’un partage équitable des avantages et d’un développement durable.
3. Les parties s’engagent à créer un environnement propice à la transparence et au respect de l’obligation de rendre des comptes au sein de l’administration publique, notamment en renforçant l’intégrité et l’indépendance des institutions de gouvernance. Les parties élaborent et mettent en œuvre des systèmes de gestion saine des finances publiques, compatibles avec les principes fondamentaux d’efficacité, de transparence et d’obligation de rendre des comptes, afin de protéger les finances publiques et d’améliorer la prestation de services publics en supprimant les goulets d’étranglement administratifs et en remédiant aux lacunes de la réglementation.
4. Les parties garantissent la transparence et le respect de l’obligation de rendre des comptes en ce qui concerne les fonds publics, assistance financière incluse, et la prestation de services publics. Elles améliorent le recouvrement des recettes et luttent contre la fraude et l’évasion fiscales, ainsi que contre les flux financiers illicites. Elles conviennent de coopérer en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et d’engager en temps utile un dialogue de partenariat aux niveaux bilatéral et international sur des sujets liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
5. Les parties combattent la corruption à tous les niveaux et sous toutes ses formes, en élaborant et en mettant en œuvre ou en maintenant des politiques efficaces et coordonnées de lutte contre la corruption qui tiennent compte des principes de l’État de droit, de la bonne gestion des affaires publiques et des biens publics, de l’intégrité, de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes. Elles adoptent des mesures législatives ou autres en vue de prévenir les pratiques de pots-de-vin, les malversations, les détournements de fonds ou autre détournement de ressources par des fonctionnaires à leur profit direct ou indirect, ainsi que de poursuivre les auteurs de ces actes, et de recouvrer et de restituer les avoirs obtenus par la corruption.
6. Les parties reconnaissent les principes d’une bonne gouvernance en matière fiscale, notamment les normes internationales en vigueur concernant la transparence et l’échange d’informations, l’équité fiscale, ainsi que les normes minimales visant à lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), et s’engagent à mettre en œuvre ces principes. Elles promeuvent la bonne gouvernance en matière fiscale, améliorent la coopération internationale dans le domaine fiscal et facilitent la perception de recettes fiscales. Elles coopèrent afin de renforcer leur capacité à se conformer à ces principes et à ces normes et d’être en mesure de tirer parti des avantages découlant d’un secteur financier prospère, fondé sur des règles. Elles conviennent d’engager en temps utile un dialogue de partenariat aux niveaux bilatéral et international sur les questions fiscales.
7. Les parties conviennent de fonder leurs politiques nationales et internationales sur la bonne gouvernance, qui constitue un élément fondamental du présent accord. Elles conviennent aussi que les cas graves de corruption, y compris les pratiques de pots-de-vin qui conduisent à une telle corruption, constituent une violation de cet élément.
Article 13
Administration publique
Les parties, reconnaissant l’importance de systèmes et de processus de fonction publique efficients et efficaces, dotés de ressources suffisantes et d’importantes ressources humaines, s’engagent à favoriser la collaboration dans ce domaine. Elles conviennent aussi de coopérer afin de moderniser leurs administrations publiques et de se doter d’une fonction publique tenue de rendre des comptes, efficiente, transparente et professionnelle. À cet égard, les efforts portent, entre autres, sur l’amélioration de l’efficacité organisationnelle, sur l’augmentation de l’efficacité des institutions en ce qui concerne la prestation de services, l’accélération du déploiement de la gouvernance électronique et des services numériques ainsi que de la numérisation des registres publics, et sur le renforcement des processus de décentralisation, conformément à leurs stratégies respectives de développement économique et social.
Article 14
Statistiques
1. Les parties, reconnaissant que les statistiques sont essentielles pour parvenir à un développement durable, développent et renforcent leurs systèmes statistiques, y compris en ce qui concerne la collecte, le traitement, le contrôle de la qualité et la diffusion de statistiques, dans le but de contribuer à l’objectif à long terme d’obtenir des données désagrégées de qualité, comparables au niveau international, accessibles, à jour et fiables, celles-ci étant indispensables pour éclairer la prise de décisions à l’appui de leurs priorités de développement social et économique respectives, ainsi que pour soutenir et suivre les progrès réalisés.
2. Les parties sont déterminées à renforcer la culture statistique et à promouvoir l’utilisation de données aux fins de la prise de décisions, en coopérant avec des utilisateurs gouvernementaux ou non, ainsi qu’en utilisant des nouvelles technologies et des sources de données. Elles coopèrent pour ce qui est de l’emploi des technologies pour la collecte et la protection des données et encouragent la diffusion de statistiques comparables aux niveaux national et régional.
3. Les parties garantissent l’indépendance professionnelle de leurs services de statistiques.
Article 15
Données à caractère personnel
1. Les parties reconnaissent leur intérêt commun à protéger le droit de chaque individu à la vie privée en ce qui concerne le traitement des données à caractère personnel, ainsi que l’importance de maintenir des régimes robustes de protection des données et de veiller à leur mise en œuvre effective. Elles veillent, entre autres, à ce que les données à caractère personnel soient traitées de manière loyale et transparente, à ce qu’elles soient collectées pour des finalités explicites, déterminées et légitimes et à ce qu’elles ne soient pas traitées d’une manière incompatible avec ces finalités.
Aux fins du présent article, on entend par «traitement» toute opération ou tout ensemble d’opérations effectuées à l’aide de procédés automatisés ou non et appliquées à des données à caractère personnel ou des ensembles de données à caractère personnel, telles que la collecte, l’enregistrement, l’organisation, la structuration, la conservation, l’adaptation ou la modification, l’extraction, la consultation, l’utilisation, la communication par transmission, la diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, le rapprochement ou l’interconnexion, la limitation, l’effacement ou la destruction.
2. Les parties garantissent un niveau élevé de protection des données à caractère personnel de chacun, conformément aux normes multilatérales en vigueur et aux pratiques et instruments juridiques internationaux existants. À cette fin, elles mettent en place des politiques et des régimes juridiques et réglementaires appropriés et se dotent des capacités administratives nécessaires à leur mise en œuvre, dont des autorités de contrôle indépendantes.
TITRE II
Paix et sécurité
Article 16
Les parties reconnaissent que la paix, la stabilité et la sécurité, notamment la sécurité humaine et la résilience, sont essentielles au développement durable et à la prospérité. Il ne saurait y avoir de développement durable sans paix ni sécurité, et il ne saurait non plus être question de paix et de sécurité durables sans développement inclusif. Les parties adoptent une approche globale et intégrée des conflits et des crises, y compris des situations de fragilité, luttent contre la prolifération des armes de destruction massive et s’attaquent à tous les crimes graves qui touchent la communauté internationale. Les parties font face aux menaces nouvelles ou grandissantes qui pèsent sur la sécurité, notamment le terrorisme et son financement, l’extrémisme violent, la criminalité organisée, la prolifération des armes de destruction massive, la piraterie et la traite des êtres humains, le trafic de drogues, d’armes et d’autres produits illicites, ainsi que la cybercriminalité et les menaces pour la cybersécurité.
Article 17
Conflits et crises
1. Les parties adoptent une approche intégrée en matière de conflits et de crises, comprenant des efforts en matière de prévention, de médiation, de résolution et de réconciliation, ainsi que de gestion des crises et de maintien et de soutien de la paix. Elles soutiennent la justice transitionnelle par des mesures adaptées aux différents contextes en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition. Elles contribuent au renforcement des institutions et de l’État, ainsi qu’à la sécurité humaine, en accordant une attention particulière aux situations de fragilité.
2. Les parties coopèrent en vue de prévenir et de traiter de manière globale les causes profondes des conflits et de l’instabilité. Elles accordent une attention particulière à la bonne gouvernance des ressources naturelles, notamment des matières premières, de manière à ce que la société dans son ensemble puisse en profiter de manière durable, et font en sorte que l’exploitation et le commerce illicites ne contribuent pas à déclencher des conflits ni à en entretenir.
3. Les parties reconnaissent qu’un dialogue et une consultation mutuellement respectueux, faisant intervenir les autorités et les communautés locales, ainsi que les organisations de la société civile sont importants pour résoudre les conflits. Dans ce contexte, elles agissent en étroite coopération avec les organisations continentales et régionales.
4. Les parties prennent, de manière coordonnée, toutes les mesures appropriées pour prévenir une intensification de la violence, limiter sa propagation et faciliter un règlement pacifique des différends. Elles veillent tout particulièrement à ce que les ressources financières soient utilisées conformément aux principes et aux objectifs du présent accord et à ce que les fonds ne soient pas détournés à des fins bellicistes. Les parties prennent aussi des mesures visant à prévenir les activités des mercenaires et à résoudre le problème des enfants soldats, et elles s’efforcent de maintenir les dépenses militaires à un niveau raisonnable.
5. Dans les situations post-conflit, les parties prennent toutes les mesures appropriées pour stabiliser la situation pendant la période de transition, de façon à faciliter le retour à une situation de non-violence, de stabilité et de démocratie. Ces mesures peuvent notamment consister à soutenir le désarmement, la démobilisation et le retour des anciens combattants, ainsi que leur réintégration durable dans la société. Les parties veillent à établir les liens nécessaires entre les mesures d’urgence, la réhabilitation et les objectifs de développement à long terme.
6. Les parties encouragent la participation effective de l’ensemble des citoyens, notamment des femmes et des jeunes, à la consolidation de la paix, à la prévention, à la médiation et à la résolution des conflits et aux interventions humanitaires, ainsi qu’à la gestion des crises et au maintien et au soutien de la paix. Les parties estiment qu’il est important de remédier à la situation des femmes et des filles victimes de violence fondée sur le genre en période de conflit et de résoudre le problème distinct de la criminalité et de la violence à l’égard des personnes vulnérables et des personnes handicapées.
Article 18
Non-prolifération des armes de destruction massive
1. Les parties reconnaissent que la prolifération des armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs, au profit d’acteurs tant étatiques que non étatiques, constitue l’une des menaces les plus graves pour la stabilité et la sécurité internationales. Les parties conviennent en conséquence de coopérer et de contribuer à la lutte contre la prolifération des ADM et de leurs vecteurs en veillant au respect intégral et à la mise en œuvre, au niveau national, des obligations qu’elles ont contractées dans le cadre des traités et des accords internationaux de désarmement et de non-prolifération, ainsi que d’autres obligations internationales dans ce domaine. Les parties conviennent que cette disposition constitue un élément essentiel du présent accord.
2. Les parties conviennent en outre de coopérer dans la lutte contre la prolifération des ADM et de leurs vecteurs: premièrement, en prenant des mesures en vue de signer tous les instruments internationaux pertinents, de les ratifier ou d’y adhérer selon le cas, ainsi que de les mettre pleinement en œuvre et de les respecter; deuxièmement, en mettant sur pied et en maintenant un système efficace de contrôles des exportations, consistant en un contrôle des exportations et du transit des biens liés aux ADM, notamment en un contrôle de l’utilisation finale des technologies à double usage, et comportant des sanctions efficaces en cas d’infraction aux régimes de contrôle des exportations; et, troisièmement, en coopérant dans les enceintes internationales et dans le cadre des régimes de contrôle des exportations.
3. Les parties conviennent d’établir un dialogue de partenariat régulier qui viendra compléter et consolider leur coopération dans la lutte contre la prolifération des ADM et de leurs vecteurs.
4. Les parties, considérant que les risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires sont susceptibles de perturber gravement les sociétés et reconnaissant qu’ils peuvent découler d’activités d’origine criminelle, dont la prolifération illicite, les trafics et le terrorisme, d’accidents ou d’aléas naturels, tels que les pandémies, coopèrent afin de renforcer la capacité institutionnelle à atténuer ces risques.
Article 19
Crimes graves touchant la communauté internationale
1. Les parties conviennent d’agir de concert pour prévenir les génocides, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre en faisant usage des cadres bilatéraux et multilatéraux appropriés, conformément au principe de la responsabilité de protéger.
2. Réaffirmant que les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis, les parties veillent à ce que les enquêtes et les poursuites s’y rapportant soient équitables et efficaces en prenant des mesures aux niveaux national, régional et international, selon le cas.
3. Les parties considèrent que la création et le fonctionnement effectif de la Cour pénale internationale (CPI) représentent une évolution importante pour la paix et la justice dans le monde. Elles réaffirment leur volonté de coopérer pleinement avec les mécanismes de justice pénale nationaux, régionaux et internationaux, notamment la CPI, conformément au principe de complémentarité. Elles sont encouragées à ratifier et à mettre en œuvre le statut de Rome de la CPI et les instruments connexes, ainsi qu’à renforcer l’efficacité de la CPI. Des efforts sont déployés pour renforcer les mécanismes de justice pénale à tous les niveaux.
Article 20
Terrorisme et extrémisme violent
1. Les parties, réitérant leur condamnation ferme de tout acte de terrorisme, d’extrémisme violent et de radicalisation, s’engagent à combattre lesdits actes par la coopération internationale, conformément à la charte des Nations unies et au droit international, ainsi qu’aux conventions et instruments pertinents. Les parties, reconnaissant que la lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, est une priorité partagée, coopèrent à tous les niveaux pour prévenir et combattre le terrorisme, l’extrémisme violent et la radicalisation. Les parties, reconnaissant l’importance de lutter contre tous les facteurs qui contribuent à l’extrémisme violent sous toutes ses formes, y compris l’intolérance religieuse, les discours haineux, la xénophobie, le racisme ainsi que d’autres formes d’intolérance, s’engagent à s’opposer à l’extrémisme violent et à encourager la tolérance religieuse et le dialogue interreligieux.
2. Les parties conviennent qu’il est essentiel que la lutte contre le terrorisme soit menée dans le plein respect de l’État de droit et en conformité totale avec le droit international, notamment le droit international relatif aux droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire, les principes de la charte des Nations unies, les résolutions et déclarations pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et les instruments internationaux pertinents en matière de lutte contre le terrorisme.
3. Les parties coopèrent en vue de protéger les infrastructures critiques, de s’attaquer aux problèmes liés au terrorisme qui se posent aux frontières et de renforcer la sûreté de l’aviation civile.
Article 21
Criminalité organisée
1. Les parties, reconnaissant les conséquences négatives des activités de la criminalité organisée sur les plans politique, économique, culturel et social, améliorent leur coopération en vue de prévenir et de combattre plus efficacement lesdites activités. Elles œuvrent de concert, dans le cadre d’une approche intégrée, pour remédier aux causes profondes de cette criminalité et offrir une solution alternative à celle-ci. À cet égard, elles tiennent compte des liens qui existent entre la criminalité organisée et la traite des êtres humains et le trafic de migrants, le trafic illicite d’armes, de matières dangereuses, de stupéfiants et de leurs précurseurs, d’espèces sauvages, de bois et de biens culturels, ainsi que d’autres activités économiques et financières illégales.
2. Les parties s’engagent à redoubler d’efforts pour prévenir, combattre et éradiquer la traite des êtres humains et à soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de cadres législatifs et institutionnels adéquats, en accordant une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité, en ce compris les femmes, les enfants et les mineurs non accompagnés, et à leurs besoins particuliers. Les parties continuent à défendre les normes de la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, faite à New York le 15 novembre 2000, et de son protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants.
3. Les parties intensifient leurs efforts en vue de recouvrer et de restituer les avoirs volés et de combattre toutes les formes de criminalité organisée. À cet égard, elles renforcent les cadres juridiques et administratifs en vue de lutter contre le blanchiment de capitaux et les flux financiers illicites, y compris la fraude fiscale et la fraude en matière de passation de marchés publics, ainsi que contre la corruption active et passive dans les secteurs privé et public, qui sont susceptibles d’affaiblir la mobilisation des ressources intérieures.
4. Les parties promeuvent la sécurité des citoyens, en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement des institutions et l’État de droit, ainsi que sur la protection des droits de l’homme et sur la promotion des réformes des secteurs de la justice et de la sécurité. Elles promeuvent des programmes pluridisciplinaires visant à venir en aide aux groupes vulnérables et à apporter un soutien aux victimes de violence, dont la violence par arme à feu, et favorisent la médiation et d’autres solutions de prévention et de réconciliation au niveau des communautés.
Article 22
Sûreté maritime
1. Les parties conviennent de renforcer la sûreté maritime, notamment en s’attaquant à différentes formes d’actes criminels commis en mer et aux trafics illicites, en luttant contre la piraterie et les vols à main armée en mer, en protégeant les infrastructures maritimes critiques et en promouvant la liberté de navigation et l’État de droit en mer, conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer, faite à Montego Bay le 10 décembre 1982 (CNUDM).
2. Les parties conviennent de redoubler d’efforts en matière d’application du droit maritime afin de faire face aux menaces maritimes dans les pays les plus touchés par les actes criminels commis en mer. Elles conviennent de renforcer les procédures d’enquêtes et de poursuites destinées à lutter contre les actes criminels commis en mer. Elles conviennent également de promouvoir la mise en œuvre de modèles en matière de poursuites pour piraterie dans les zones relevant de la juridiction nationale, ce qui constituerait une réponse, et un mécanisme dissuasif, de la justice pénale régionale face aux actes criminels commis en mer, tels que la piraterie, les vols à main armée, la pollution des mers et de l’eau, le trafic de migrants, de drogues et d’armes, ainsi que le transport de déchets nucléaires. Les parties conviennent de promouvoir les initiatives régionales dans les domaines de la sûreté maritime, de la lutte contre la piraterie et de la protection face aux pollutions marines.
Article 23
Armes légères et de petit calibre et autres armes conventionnelles
1. Les parties reconnaissent que la prolifération d’armes légères et de petit calibre illicites constitue une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.
2. Les parties conviennent de renforcer la lutte contre le commerce illicite, l’accumulation excessive et la dissémination incontrôlée d’armes légères et de petit calibre et d’autres armes conventionnelles et de leurs munitions, y compris du fait de l’existence de stocks et de dépôts insuffisamment sécurisés et mal gérés, conformément au programme d’action des Nations unies en vue de prévenir, de combattre et d’éliminer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects. Les parties conviennent de promouvoir le traçage des réseaux de trafiquants fondé sur le renseignement, afin de contrer plus efficacement le risque que les sorties massives des stocks publics d’armes continuent de faire peser sur la stabilité régionale. Elles s’emploient à renforcer les capacités nationales des services répressifs et des points de contact compétents à collecter, saisir, tracer et analyser les données relatives aux armes à feu illicites et les données connexes de la justice pénale, afin de mieux comprendre et surveiller les flux de trafic illicite et de soutenir l’échange d’informations et la coopération internationale.
3. Les parties reconnaissent l’importance d’instaurer des contrôles du commerce international d’armes conventionnelles, et notamment de leur importation et de leur exportation, conformément aux normes internationales existantes, y compris le traité sur le commerce des armes, fait à New York le 2 avril 2013, et les résolutions des Nations unies en la matière. Elles veillent à mettre ces contrôles en œuvre de manière responsable, en vue de contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité aux niveaux international et régional, ainsi qu’à la réduction de la souffrance humaine, et à prévenir le détournement d’armes conventionnelles au profit d’acteurs non autorisés. Les parties reconnaissent également l’importance d’une réglementation et de contrôles, à l’échelle nationale, portant sur l’acquisition et la détention légales d’armes à feu afin de réduire la violence armée.
4. Les parties coopèrent en vue de neutraliser les mines et autres débris de guerre explosifs, y compris les engins explosifs improvisés.
Article 24
Drogues illicites
1. Les parties s’efforcent d’adopter une approche globale, équilibrée, intégrée et fondée sur des données probantes pour prévenir et combattre le commerce illicite de drogues et de nouvelles substances psychoactives, ainsi que pour promouvoir la réduction de la demande de drogues. À cette fin, elles s’attaquent aux facteurs de risque touchant les individus, les communautés et la société, qui peuvent inclure l’absence de services, les besoins en matière d’infrastructures, la violence liée à la drogue, l’exclusion, la marginalisation et la désintégration sociale, de façon à contribuer à l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives.
2. Les parties conviennent que les politiques et les actions en matière de lutte contre la drogue, y compris celles qui passent par la participation de la société civile, de la communauté scientifique et des universités, visent à renforcer les structures permettant de prévenir et de combattre efficacement les drogues illicites, ainsi qu’à réduire de manière mesurable l’offre, le trafic et la demande de celles-ci.
3. Les parties visent à atténuer les conséquences négatives de la consommation de drogue pour les individus et la société en général, ainsi que de réduire efficacement le détournement et le trafic des précurseurs classifiés et non classifiés, dont les précurseurs «sur mesure».
4. Les parties coopèrent étroitement entre elles et avec les organisations internationales concernées en vue de poursuivre les actions et les efforts coordonnés contre le commerce de drogues illicites.
Article 25
Cybersécurité et cybercriminalité
1. Les parties reconnaissent l’importance d’un environnement ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique des technologies de l’information et de la communication (TIC), fondé sur les normes, les règles et les principes en matière de comportement responsable des États ainsi que sur l’application du droit international en vigueur. À cette fin, les parties s’engagent à coopérer davantage pour promouvoir la cybersécurité, pour prévenir et combattre la criminalité dans les domaines de la haute technologie, du cyberespace et de l’électronique, de même que l’utilisation abusive des médias sociaux, et pour améliorer la sécurité des réseaux par l’échange de bonnes pratiques qui renforcent la cyber-résilience, y compris en ce qui concerne la protection des infrastructures critiques.
2. Les parties reconnaissent la nécessité de prévenir et de combattre la cybercriminalité, notamment l’exploitation sexuelle des enfants et la pédopornographie en ligne, en coopérant et en échangeant des bonnes pratiques en vue de lutter contre les infractions liées à la cybercriminalité, en se fondant sur les normes internationales en vigueur, dont celles de la convention de Budapest sur la cybercriminalité, faite à Budapest le 23 novembre 2001, et de la convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, faite à Malabo le 27 juin 2014.
Article 26
Coopération en matière répressive
1. Les parties facilitent la coopération entre les autorités, agences et services répressifs régionaux et internationaux, afin de porter un coup d’arrêt puis de mettre un terme aux menaces communes en matière de criminalité transnationale et de terrorisme. Une telle coopération participe à la prévention de la criminalité et comprend, entre autres, des échanges de vues sur les cadres législatifs, une assistance administrative et technique visant à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des services répressifs, ainsi que des échanges d’informations et des mesures destinées à renforcer la coopération en matière d’enquêtes.
2. Les parties, reconnaissant l’importance de la sécurisation des frontières, s’efforcent de gérer les difficultés actuelles et futures rencontrées aux frontières, selon une approche fondée sur la gestion intégrée des frontières. Elles promeuvent des réponses transsectorielles légitimes visant à prévenir, à détecter et, le cas échéant, à réprimer la criminalité transfrontière et d’autres risques.
TITRE III
Développement humain et social
Article 27
Les parties réaffirment leur détermination à œuvrer de concert au développement durable et à l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes, à la lutte contre les inégalités et à la promotion de la cohésion sociale. Elles conviennent aussi de coopérer afin de faire en sorte que chacun dispose des moyens nécessaires pour vivre dans la dignité en jouissant d’un niveau de vie adéquat, en ce compris grâce à des systèmes de protection sociale et à des services sociaux appropriés. Elles accordent une attention particulière aux femmes et aux filles, aux jeunes, aux enfants et aux personnes les plus vulnérables et défavorisées, conformément aux principes consistant à ne laisser personne de côté et à aider d’abord les plus défavorisés. Elles conviennent également d’œuvrer ensemble pour relever les défis et saisir les possibilités inhérentes à une croissance démographique rapide.
Article 28
Éducation
1. Les parties soutiennent un apprentissage tout au long de la vie inclusif et une éducation équitable et de qualité à tous les niveaux. Elles s’emploient à faire en sorte que tous les garçons et les filles suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit, équitable et de qualité et aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité, en tenant dûment compte des disparités de genre. Elles s’emploient à garantir l’accès égal des femmes et des hommes à un enseignement technique, professionnel et supérieur, y compris universitaire, abordable et de qualité. Une attention particulière est accordée aux investissements dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) et à la promotion d’un apprentissage du numérique et d’une éducation artistique pour tous.
2. Les parties intensifient leurs efforts visant à garantir que chacun possède les connaissances, les compétences et les aptitudes nécessaires pour jouir d’une meilleure qualité de vie, participer pleinement à la société, contribuer au bien-être social et économique de sa communauté et participer activement et équitablement à la vie démocratique et culturelle.
3. Les parties promeuvent la sécurité dans les écoles et le bon fonctionnement des systèmes éducatifs, en fournissant les ressources nécessaires pour planifier, gérer et garantir l’efficacité des prestations d’enseignement et de formation, y compris en ligne ou par d’autres moyens non conventionnels. Elles coopèrent en vue d’instaurer des systèmes de garantie de la qualité ainsi que la reconnaissance mutuelle des qualifications, et de les renforcer. Elles facilitent la mobilité des étudiants, du personnel enseignant et des acteurs du monde universitaire entre les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et entre ceux-ci et l’Union européenne.
Article 29
Santé
1. Les parties reconnaissent que la santé joue un rôle primordial dans la vie des personnes et constitue un indicateur clef du développement durable. Elles réaffirment leur volonté de protéger et de promouvoir le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible.
2. Les parties renforcent leurs systèmes de santé nationaux, en mettant en place des mécanismes de financement durable de la santé et en dotant le secteur de ressources, d’infrastructures opérationnelles, de personnels de santé qualifiés, qu’il s’agit non seulement de recruter, mais aussi de retenir, et de technologies idoines, telles que les outils numériques, à l’appui du développement de la santé mobile.
3. Les parties promeuvent une couverture de santé universelle, un accès équitable et universel à des services de soins de santé complets et de qualité, ainsi qu’un accès à des médicaments et à des vaccins essentiels à la fois sûrs, efficaces, abordables et de qualité.
4. Les parties coopèrent en vue de prévenir et de combattre les maladies transmissibles et d’autres grandes menaces sanitaires transfrontières, telles que la résistance aux agents antimicrobiens, et de réduire le poids des maladies non transmissibles grâce à une meilleure prévention et de meilleurs contrôles. Elles coopèrent en vue de faire face aux crises sanitaires mondiales et d’empêcher leur escalade, entre autres en soutenant les systèmes d’alerte précoce pour l’échange rapide d’informations, la préparation et l’action rapide en matière d’aide humanitaire vitale, ainsi que l’élaboration de plans cohérents et multisectoriels pour renforcer les capacités des systèmes de santé. Elles soutiennent la recherche et le développement, ainsi que le déploiement de vaccins, d’outils de diagnostic et de médicaments.
5. Les parties soutiennent l’accès de tous aux produits de première nécessité et aux soins en matière de santé en matière de sexualité et de procréation, y compris à des fins de planification familiale, d’information et d’éducation, ainsi que la prise en compte de la santé en matière de procréation dans les stratégies et programmes nationaux.
Article 30
Sécurité alimentaire et amélioration de la nutrition
1. Les parties reconnaissent que la réalisation de la sécurité alimentaire et l’amélioration de la nutrition constituent un enjeu mondial de premier ordre dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités croissantes, et conviennent dès lors d’en combattre les causes structurelles, au rang desquelles figurent les conflits, les crises, la dégradation des ressources naturelles et le changement climatique.
2. Les parties promeuvent les moyens de subsistance résilients, garantissent l’accès aux terres, à l’eau et aux autres ressources, et encouragent une croissance inclusive et durable de la production et de la productivité agricoles, ainsi que des chaînes de valeur efficientes.
3. Les parties promeuvent des actions d’adaptation au changement climatique et à la variabilité du climat tout au long des chaînes de valeur de la production alimentaire.
4. Les parties visent à garantir l’accès de tous à des denrées alimentaires abordables, sûres, suffisantes et nutritives, à accroître les capacités en vue d’une production alimentaire diversifiée et à élaborer des politiques en matière de sécurité alimentaire et de nutrition, de même que des mécanismes de protection sociale favorisant la sécurité alimentaire et l’amélioration de la nutrition, de nature à renforcer la résilience des plus vulnérables, en particulier dans les pays en proie à des crises récurrentes.
5. Les parties intensifient leurs efforts transsectoriels déployés de façon coordonnée et accélérée pour éliminer la faim, lutter contre toutes les formes de malnutrition et faire en sorte que la famine soit évitée en toutes circonstances.
Article 31
Eau, services d’assainissement et logement
1. Les parties promeuvent un accès universel à une eau potable sûre et de qualité, y compris au moyen d’une gestion durable et intégrée des ressources en eau et des systèmes hydriques et d’une utilisation et d’un recyclage plus efficaces de l’eau.
2. Les parties visent à garantir un accès adéquat et équitable aux services d’assainissement, en ce compris la gestion des déchets et la promotion de l’hygiène pour tous, en accordant une attention particulière aux besoins des femmes, des filles et des personnes en situation de vulnérabilité.
3. Les parties reconnaissent qu’un logement adéquat, sûr et abordable a un effet transformateur sur les communautés vulnérables et marginalisées, de même qu’une incidence considérable sur la santé des personnes et le développement socio-économique de leurs communautés. Les parties s’emploient à garantir l’accès de tous à un logement adéquat, sûr et abordable, en élaborant des politiques, des stratégies, ainsi que des codes d’urbanisme et du bâtiment, et à assainir les bidonvilles.
4. Les parties promeuvent l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables, modernes et abordables, ainsi qu’à des systèmes énergétiques bien implantés qui soutiennent, entre autres, les secteurs de l’eau, des services d’assainissement et du logement.
Article 32
Cohésion et protection sociales
1. Les parties visent à améliorer la cohésion sociale en parvenant progressivement à une égalité et une inclusion sociale plus grandes et en veillant à ce que le développement humain et social progresse parallèlement au développement économique, sans laisser quiconque de côté. Une attention particulière est accordée aux personnes défavorisées, vulnérables et marginalisées, dont les personnes âgées et les orphelins, conformément aux principes de solidarité et de non-discrimination. En particulier, les parties encouragent:
| a) | des politiques économiques orientées vers une société plus inclusive permettant une meilleure répartition des revenus et de la valeur créée; |
| b) | des politiques budgétaires et salariales saines et équitables permettant une meilleure redistribution des richesses, garantissant des niveaux adéquats de dépenses sociales et réduisant l’économie informelle; |
| c) | des politiques sociales efficaces et un accès équitable aux services sociaux, à l’assistance et à la sécurité sociales ainsi qu’à la justice; et |
| d) | des politiques de l’emploi conçues pour parvenir au plein-emploi productif, à un travail décent pour tous, y compris pour les jeunes et les personnes handicapées, et à un salaire égal pour un travail égal. |
2. Les parties promeuvent l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et de systèmes de protection et de sécurité sociales destinés à éradiquer la pauvreté et à améliorer la cohésion sociale. Elles reconnaissent le rôle de transformation des sociétés que jouent les politiques et les systèmes de protection sociale en favorisant l’équité, en promouvant l’inclusion sociale et le dialogue avec les partenaires sociaux et en renforçant une croissance économique inclusive et équitable. Elles s’engagent à mettre en place des systèmes de protection sociale progressivement universels et adaptés aux circonstances nationales, en adoptant notamment des socles minimaux de protection sociale.
3. Les parties promeuvent les droits des personnes handicapées de manière à garantir leur inclusion pleine et entière dans la société et leur participation égale au marché du travail, compte tenu de leurs besoins spécifiques. Elles prennent des mesures concrètes pour signer, ratifier et mettre pleinement en œuvre la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, faite à New York le 13 décembre 2006.
Article 33
Travail décent
1. Les parties réaffirment leur volonté de parvenir au plein-emploi productif et à un travail décent pour toutes les femmes et tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées. À cette fin, elles promeuvent la réalisation du programme pour un travail décent, tel qu’il figure dans la déclaration de 2008 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la justice sociale pour une mondialisation équitable.
2. Les parties réaffirment leurs obligations en tant que membres de l’OIT et leurs engagements résultant de la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail et son suivi. Elles réaffirment leur attachement au dialogue social ainsi qu’à la promotion et à la mise en œuvre effective des normes fondamentales du travail reconnues au niveau international, telles qu’elles sont définies dans les conventions et protocoles pertinents de l’OIT sur la liberté d’association et le droit de négociation collective, sur l’abolition du travail forcé, de l’esclavage moderne et de la traite des êtres humains, sur l’élimination du travail des enfants en donnant la priorité à ses pires formes, sur l’âge minimum au travail, sur l’égalité de rémunération et sur la non-discrimination en matière d’emploi. Elles déploient des efforts soutenus et continus en vue de ratifier lesdits protocoles et conventions ou d’y adhérer, selon le cas, si elles ne l’ont pas encore fait.
3. Les parties promeuvent la sécurité sur le lieu de travail et la protection de tous les travailleurs. Elles adoptent et mettent en œuvre des mesures et des politiques en matière de santé et de sécurité au travail, tant dans l’économie formelle qu’informelle, et s’emploient à mettre en place et à maintenir un système efficace d’inspection du travail, conforme aux normes internationales du travail telles que définies par l’OIT.
Article 34
Démographie
1. Les parties reconnaissent que la croissance démographique et les évolutions démographiques peuvent avoir des retombées importantes sur les avancées réalisées en matière de développement et sur le progrès économique et œuvrent ensemble pour parvenir à une approche intégrée qui permette de réduire autant que possible les défis dans ce domaine et de tirer le meilleur parti du dividende démographique. À cette fin, elles visent à mettre en place, soutenir, maintenir et pérenniser des réformes et des transformations structurelles des systèmes économiques et sociaux pour créer des perspectives décentes en matière d’éducation, d’emploi et de conditions de vie pour les jeunes.
2. Les parties soutiennent les processus de dialogue inclusif de fond et intègrent les tendances et les projections démographiques dans l’ensemble des politiques, afin d’autonomiser les enfants et les jeunes et d’encourager leur participation pleine et active à la société, ainsi que d’autonomiser les personnes âgées, de répondre à leurs besoins et de permettre leur participation active.
3. Les parties renforcent l’urbanisation inclusive et durable au moyen d’une bonne gouvernance urbaine et d’un urbanisme efficace, afin de réduire au minimum toute incidence négative sur l’environnement et de lutter contre toute autre conséquence sociale et économique négative résultant d’un accroissement rapide de la population en zone urbaine. Elles s’emploient à relever efficacement les défis posés par l’urbanisation rapide et à tirer le meilleur parti des possibilités que celle-ci peut offrir, notamment grâce à des politiques urbaines nationales, à un urbanisme participatif et intégré, à la fourniture de services municipaux, notamment en matière de gestion des déchets, et à un financement du développement urbain et des infrastructures, en vue de créer des villes résilientes et agréables à vivre.
Article 35
Jeunesse
1. Les parties conviennent de promouvoir la participation active des jeunes à la société, y compris à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques qui les concernent. Il s’agit entre autres:
| a) | d’aider les jeunes à acquérir les connaissances, les compétences et les aptitudes nécessaires pour participer pleinement à la société, en ce compris des compétences utiles sur le marché du travail, grâce à l’éducation, à la formation professionnelle et technique et à l’accès aux technologies numériques; |
| b) | de créer des possibilités d’emplois décents, y compris par un soutien à l’entrepreneuriat des jeunes; et |
| c) | de promouvoir une citoyenneté responsable et l’autonomisation des jeunes, en ouvrant des espaces permettant leur participation active à la vie politique et culturelle et à la consolidation et au maintien de la paix, y compris dans le but de combattre la radicalisation et l’extrémisme violent. |
2. Les parties conviennent de l’importance vitale d’offrir aux enfants un environnement sûr et favorable pour favoriser l’émergence d’une population jeune en bonne santé, qui soit en mesure d’exprimer pleinement son potentiel, en ce compris sur les plans physique, psychologique, social et économique. Elles s’emploient à garantir que les droits et les besoins des filles et des garçons soient reconnus et concrétisés, de la naissance et la petite enfance à l’adolescence et à la transition qui mène à l’âge adulte. Elles s’emploient à renforcer la protection des enfants et à améliorer leur participation aux décisions qui les concernent.
Article 36
Égalité de genre et autonomisation des femmes et des filles
1. Les parties reconnaissent que l’égalité de genre et l’autonomisation économique des femmes sont essentielles à la réalisation d’un développement durable équitable et d’une croissance inclusive. Elles entreprennent des réformes, passant entre autres par la mise en place et la consolidation de cadres juridiques, pour donner aux femmes des droits égaux aux ressources économiques et financières, ainsi que l’accès à la propriété et au contrôle des terres et des ressources naturelles, à l’héritage et à d’autres formes de propriété. Elles prennent des mesures pour accroître la participation pleine et effective des femmes à la vie politique.
Les parties, en plus de promouvoir un accès égal à l’emploi et à des conditions de travail décentes, encouragent la reconnaissance des soins et travaux domestiques non rémunérés par l’apport de services publics, d’infrastructures et de politiques de protection sociale et la promotion du partage des responsabilités au sein du ménage et de la famille en général.
2. Les parties s’engagent à garantir la mise en œuvre complète et effective de la déclaration et du programme d’action de Beijing, du programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et des conclusions issues de leurs conférences d’examen, et à respecter la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation dans ce contexte.
3. Les parties reconnaissent que la gestion de la santé menstruelle est importante pour la santé des femmes et des filles, de même que pour leur dignité, leur mobilité et leur bien-être, et conviennent dès lors de promouvoir des mesures de soutien adéquates et appropriées.
Article 37
Culture et développement durable
1. Les parties réaffirment que la culture est un élément incontournable du développement durable et fait partie intégrante de ses dimensions sociale, économique et environnementale. Elles s’engagent à intégrer la perspective culturelle dans leurs politiques et stratégies de développement, en tenant compte des spécificités culturelles, ainsi que des systèmes de savoir locaux et autochtones.
2. Les parties renforcent la contribution des acteurs culturels au développement durable en les faisant participer à un dialogue renforcé, à des réseaux professionnels et à des partenariats multipartites.
Article 38
Diversité culturelle et compréhension mutuelle
1. Les parties reconnaissent que tous les êtres humains ont le droit de participer librement à la vie culturelle de la communauté, conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme, et s’engagent à protéger et à préserver les droits culturels et la liberté d’expression artistique.
2. Les parties conviennent de promouvoir une vision du développement humain et social qui intègre le dialogue entre les cultures et la reconnaissance de la diversité culturelle en tant que patrimoine commun de l’humanité. Elles s’engagent à renforcer la compréhension et la connaissance mutuelles de leurs cultures respectives, dans le respect de la diversité, des valeurs universelles et des droits de l’homme, en favorisant la dimension culturelle dans l’éducation, ainsi que les échanges culturels et les initiatives conjointes visant à encourager le dialogue interculturel.
3. Les parties reconnaissent le rôle joué par la culture dans la préservation de la paix et de la cohésion nationale. Elles affirment que le respect de la diversité des cultures, la tolérance, le dialogue et la coopération, dans un climat de confiance et de compréhension mutuelles, sont des valeurs essentielles pour l’instauration et le maintien de la paix et de la sécurité, ainsi que pour les processus de réconciliation et la restauration de la mémoire collective et des liens sociaux entre communautés. Elles renforcent le rôle joué par la culture dans l’amélioration de la résilience, ainsi que dans la mise en œuvre d’une relance et d’une reconstruction durables après une crise, en particulier dans le développement urbain.
Article 39
Patrimoine culturel et secteurs de la création
1. Les parties promeuvent la reconnaissance du patrimoine en tant qu’élément fédérateur pouvant refléter la diversité des héritages et des identités, tout en favorisant l’émergence de valeurs communes. Elles s’emploient à sauvegarder, préserver, conserver et développer le patrimoine culturel tant matériel qu’immatériel, conformément aux normes et aux conventions internationales, en tant que vecteur de cohésion sociale, de créativité et d’innovation.
2. Les parties conviennent que les secteurs de la culture et de la création, notamment celui des arts contemporains, jouent un rôle capital dans la croissance économique inclusive, la diversification et la création de possibilités d’emploi. À cette fin, elles soutiennent l’entrepreneuriat culturel et le développement à long terme des secteurs de la culture et de la création.
3. Les parties prennent des mesures, dans le respect du droit international en vigueur, pour prévenir et combattre l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Elles promeuvent la conservation, le renforcement des capacités ainsi que la collaboration entre les professionnels du patrimoine culturel, les communautés sources et les institutions culturelles, et entretiennent une coopération et un dialogue permanent au niveau international en vue de promouvoir l’accès au patrimoine culturel.
TITRE IV
Croissance et développement économiques inclusifs et durables
Article 40
1. Les parties reconnaissent l’importance de renforcer leurs relations économiques dans leur intérêt et pour leur bénéfice mutuels, afin de mener à bien leur transformation économique structurelle grâce à une croissance et à un développement économiques inclusifs et durables, dans le respect des ODD, en tenant compte de leurs niveaux de développement respectifs. Elles suivent des stratégies intégrées qui tiennent compte des dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable. Elles prennent des mesures appropriées en vue de créer des emplois décents pour tous et de soutenir la transition vers des économies à faibles émissions de carbone et efficaces dans l’utilisation des ressources. Elles soutiennent l’autonomisation socio-économique des groupes marginalisés, des femmes et des jeunes.
2. Les parties soutiennent le développement du secteur privé et attirent et retiennent les investissements nationaux et étrangers, dont ceux de leur diaspora. Elles favorisent les échanges commerciaux et coopèrent dans les domaines de la science, de la technologie, de l’innovation et de la recherche, en vue de mettre en place des économies solides, compétitives et diversifiées, d’approfondir l’intégration régionale et d’encourager l’intégration des économies des membres de l’OEACP dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Elles s’emploient à améliorer la stabilité macroéconomique et financière afin de générer davantage d’investissements et de renforcer la croissance économique durable. Elles conviennent de renforcer les capacités de production et de réglementation, ainsi que l’entrepreneuriat, et de promouvoir le secteur manufacturier et l’industrialisation, en mettant l’accent sur l’innovation et la création de valeur dans les secteurs de la production et des services. Les parties coopèrent au renforcement des capacités en vue de faciliter la transformation économique structurelle et au renforcement du commerce durable.
3. Les parties promeuvent un dialogue public-privé axé sur les questions qui ont une incidence positive sur leurs efforts en matière de transformation économique et de croissance économique durable, entretiennent des contacts avec l’ensemble des parties prenantes concernées et veillent au respect et à la protection des droits de l’homme et des normes fondamentales du travail.
Article 41
Mobilisation d’investissements durables et responsables
1. Les parties s’engagent à mobiliser des investissements durables et responsables en vue de renforcer la croissance et le développement économiques inclusifs et durables. À cette fin, elles créent un climat favorable à l’investissement, propre à attirer les investissements nationaux et étrangers, dont ceux de leur diaspora, tout en conservant le droit de les réglementer, au moyen de cadres réglementaires, administratifs et d’action transparents, prévisibles et efficients.
2. Les parties conviennent de soutenir les réformes et les politiques économiques et institutionnelles nécessaires qui se fondent sur une stratégie nationale de développement global et sont cohérentes et porteuses de synergies aux niveaux national, régional et international, afin de créer un environnement propice aux investissements durables et de faciliter le développement d’un secteur privé dynamique, viable et compétitif.
3. Les parties coopèrent à la mise en place de systèmes financiers solides en vue de mobiliser les investissements pour des projets durables. Elles prennent des mesures en vue de soutenir les investissements en augmentant l’accès au financement par une assistance technique, des subventions, des garanties et des instruments financiers innovants, de manière à atténuer les risques, à renforcer la confiance des investisseurs et à mobiliser des sources de financement privées et publiques. Ce faisant, elles prennent aussi en considération le besoin de remédier aux défaillances du marché ou aux situations d’investissement non optimales, tout en garantissant l’additionnalité des investissements, lesquels n’auraient pas été réalisés sans ces mesures de soutien. Elles accordent une attention particulière aux secteurs prioritaires énoncés à l’article 44, paragraphe 6.
4. Les parties conviennent d’améliorer l’environnement réglementaire, ainsi que la qualité, la disponibilité et l’accessibilité des services financiers et non financiers, afin de soutenir le développement des micro, petites et moyennes entreprises dans le contexte de la mobilisation des investissements nationaux.
5. Les parties comprennent et reconnaissent l’importance des investissements responsables des acteurs concernés en tant que moyen de créer de la valeur économique, sociale et environnementale durable sur le long terme. À l’appui de cet objectif, elles promeuvent les pratiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la conduite responsable des entreprises (CRE), y compris les lignes directrices de mise en œuvre, les normes et les instruments applicables reconnus au niveau international, qui fournissent des orientations aux investisseurs, aux gouvernements et aux autres acteurs sur la mise en œuvre de la RSE et de la CRE, en complément des lois nationales et autres législations applicables.
Article 42
Facilitation et protection de l’investissement
1. Les parties conviennent de faciliter les investissements au moyen de législations, de réglementations et de politiques visant à réduire les obstacles réglementaires et administratifs, à accroître la transparence et à éviter toute concurrence dommageable pour les investissements. Elles conviennent que de telles mesures sont élaborées de façon transparente et mises à la disposition du public afin d’encourager le dialogue public-privé et de donner à l’ensemble des parties prenantes l’occasion de participer.
2. Les parties coopèrent en vue de promouvoir l’utilisation efficace des outils numériques afin de faciliter l’investissement.
3. Les parties, conformément à leurs stratégies respectives, s’accordent sur l’importance de conférer une sécurité juridique et une protection adéquate aux investissements réalisés, dont le traitement est non discriminatoire par nature et assorti de mécanismes efficaces de prévention et de règlement des différends. À cet égard, elles réaffirment l’importance de conclure des accords internationaux d’investissement, qui préservent pleinement leur droit souverain de réglementer les investissements à des fins légitimes de politiques publiques.
4. Les parties renforcent la capacité des institutions publiques et privées compétentes à promouvoir et faciliter efficacement les investissements et à prévenir et traiter les différends liés aux investissements.
Article 43
Une croissance inclusive et durable
1. Les parties s’accordent sur l’importance de la transformation économique, du développement du secteur privé et du progrès de l’industrialisation pour parvenir à une croissance inclusive et durable. Elles promeuvent un plein-emploi productif et un travail décent pour tous, grâce à une compétitivité renforcée, à la diversification, à la numérisation, à l’innovation, à l’accès au financement, et à la création de valeur ajoutée dans les secteurs de la production et des services ainsi que des liens entre les différents secteurs et industries. Elles accordent une attention particulière aux micro, petites et moyennes entreprises locales et à la formalisation des activités économiques informelles.
2. Les parties promeuvent la transition vers une économie à faibles émissions de carbone et efficace dans l’utilisation des ressources. Elles soutiennent des modèles de consommation et de production durables, une gestion écologiquement rationnelle des déchets et des substances chimiques, ainsi que des mesures destinées à réduire toutes les formes de pollution. Les parties conviennent qu’une urbanisation bien gérée est essentielle pour faire progresser le développement économique durable. Elles coopèrent dès lors en vue de relever efficacement les défis posés par une urbanisation rapide et de tirer le meilleur parti des possibilités que celle-ci peut offrir, et elles soutiennent le développement urbain et les infrastructures, de même que l’établissement de liens effectifs entre les milieux ruraux et urbains.
3. Les parties conviennent de coopérer dans le domaine de l’emploi et des affaires sociales, en particulier, pour soutenir l’inclusion économique et sociale et l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que des plus pauvres et des plus vulnérables. Elles conviennent en outre de veiller au respect des normes sociales et du travail consacrées par les conventions et protocoles de l’OIT et de garantir un accès à la justice, dans le respect de la régularité des procédures, notamment à des voies de recours appropriées et efficaces.
Article 44
Transformation économique et industrialisation
1. Les parties renforcent la coopération dans le domaine de la transformation économique, en ce compris l’industrialisation. Elles promeuvent la transition d’une dépendance à l’égard des produits de base vers des économies diversifiées, ainsi que la valorisation des ressources naturelles, la création de valeur et l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Elles conviennent de l’importance du rôle joué par le secteur des services dans la transformation économique et l’industrialisation.
2. Les parties coopèrent en vue de soutenir le développement des capacités de production, ainsi que l’amélioration de la productivité, de la diversification et de la compétitivité. Elles s’emploient à remédier aux contraintes qui pèsent sur l’offre, notamment en promouvant l’innovation et les évolutions technologiques, ainsi que leur diffusion, l’amélioration de l’environnement des entreprises et du climat de d’investissement, le renforcement des capacités de réglementation, la stabilité macroéconomique et la mise en place de marchés des capitaux efficients et de systèmes financiers solides pour un meilleur accès au financement, en particulier pour le secteur privé. À cette fin, elles affirment l’importance de la numérisation de l’économie pour l’accélération du développement des capacités de production. L’accent est mis sur les secteurs et les industries à forte création de valeur et à fort potentiel de création d’emplois décents.
3. Les parties s’engagent à améliorer la stabilité macroéconomique et financière en menant des politiques budgétaires et monétaires saines et transparentes et à promouvoir des réformes économiques et structurelles de nature à créer un environnement propice à l’accroissement des investissements et à favoriser le développement du secteur privé. Les parties reconnaissent en outre l’importance de l’indépendance des banques centrales dans la détermination de leurs objectifs stratégiques et dans la conduite de leurs politiques monétaires. Elles conviennent de surcroît de maintenir le dialogue et l’échange d’informations entre leurs autorités, selon les besoins, pour améliorer la compréhension des mécanismes fondamentaux de leurs économies respectives.
4. Les parties intensifient leurs efforts en matière d’enseignement et de formation techniques et professionnels, ainsi qu’en matière de recherche et d’innovation, et font en sorte que les mesures prises soient plus en adéquation avec les possibilités d’emploi et avec les compétences recherchées sur le marché du travail. Elles coopèrent en vue de tirer parti de leurs expériences respectives, y compris pour ce qui est du renforcement des capacités de production au moyen du développement des compétences et de la promotion des transferts de technologies, et encouragent l’établissement de liens entre les entreprises des membres de l’OEACP et de la partie UE, en particulier entre les micro, petites et moyennes entreprises.
5. Les parties réaffirment le rôle important joué par les infrastructures dans l’allégement des contraintes qui pèsent sur l’offre et dans la création de chaînes de valeur régionales et sous-régionales compétitives grâce à l’amélioration de la circulation des marchandises, des services et des capitaux. Elles coopèrent en vue de mettre en place des infrastructures efficientes et durables, y compris dans les domaines des transports aériens, terrestres et maritimes, de l’énergie, de l’eau et de la connectivité numérique, en tenant dûment compte de la diversité des besoins des économies les moins avancées, enclavées et insulaires. En conséquence, elles coopèrent en vue de mobiliser des ressources publiques et privées, y compris au travers des investissements dans le développement des infrastructures.
6. Les parties, résolues à réaliser une croissance économique partagée, conviennent de coopérer, entre autres, dans les domaines suivants, considérés comme prioritaires: l’agriculture et l’agro-industrie, l’élevage et le cuir, l’économie bleue, la pêche, les industries minières et extractives, les industries de la culture et de la création, le tourisme durable, l’énergie durable, les TIC et les transports. Les parties soulignent le rôle important joué par ces secteurs dans la création de valeur, la création d’emplois décents, le renforcement des capacités de production et les efforts globaux en matière de transformation économique. Elles coopèrent en conséquence en vue de recenser les vecteurs de croissance pour chaque secteur, de mobiliser les investissements et de lever les obstacles à l’établissement d’interactions en amont et en aval.
7. Les parties promeuvent le dialogue, stimulent le transfert de compétences et de technologies, s’emploient à améliorer les chaînes de valeur et renforcent la coopération en vue d’un croisement des expériences et d’une diffusion des bonnes pratiques dans le secteur agricole. Elles coopèrent aussi afin de soutenir les mécanismes et les cadres destinés à augmenter la production agricole durable et de qualité.
Article 45
Développement du secteur privé
1. Les parties, reconnaissant l’importance du développement du secteur privé pour la transformation économique et la création d’emplois, visent à promouvoir l’entrepreneuriat et à renforcer et améliorer la compétitivité des entreprises. Un accent particulier est mis sur les micro, petites et moyennes entreprises, y compris les jeunes pousses, notamment en promouvant des cadres juridiques, administratifs et institutionnels qui leur sont favorables, afin de favoriser leur bonne intégration dans des chaînes d’approvisionnement et de valeur durables. Une attention particulière est également accordée au secteur informel et à la formalisation des activités économiques informelles, ainsi qu’à la promotion de l’intégration d’objectifs liés à la durabilité dans les modèles économiques. Les parties conviennent en outre de soutenir le développement de l’esprit d’entreprise chez les femmes et les jeunes dans le cadre de leur autonomisation économique et de la promotion d’un développement inclusif. Elles affirment l’importance de renforcer les capacités régionales et nationales pour améliorer la compétitivité de l’industrie manufacturière de moyenne et de haute technologie.
2. Les parties promeuvent le dialogue et la coopération entre le secteur public et le secteur privé, y compris par l’intermédiaire des forums d’entreprises du secteur privé. Elles renforcent la coopération en vue du croisement d’expériences et de la diffusion de bonnes pratiques de nature à encourager l’esprit d’entreprise, à promouvoir le dialogue et les contacts entre entreprises et à stimuler les transferts de compétences et de technologies.
3. Les parties conviennent de la nécessité de mettre en place des stratégies et d’élaborer des politiques en faveur d’une meilleure inclusion financière et d’une législation adéquate, ainsi que d’améliorer l’accès au financement et aux services financiers et non financiers, y compris au moyen de mécanismes de financement innovants, en prêtant une attention particulière à l’octroi de prêts à des conditions abordables aux agriculteurs familiaux, aux petits exploitants, aux micro, petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux femmes et aux jeunes entrepreneurs.
4. Les parties reconnaissent que les sources de financement tant publiques que privées jouent un rôle déterminant dans le soutien au développement du secteur privé, grâce, notamment, à des outils et à des mécanismes tels que les partenariats public-privé (PPP) et les financements mixtes, ainsi que dans la promotion des investissements dans des secteurs importants, y compris dans le développement des infrastructures. En conséquence, elles coopèrent afin d’élaborer des stratégies et des cadres transparents et prévisibles pour l’utilisation des PPP, renforçant notamment les capacités des institutions à négocier, à mettre en œuvre et à assurer le suivi des projets dans le cadre d’un accord de PPP.
Article 46
Science, technologie et innovation
1. Les parties reconnaissent le rôle joué par la science, la technologie et l’innovation pour ce qui est de repousser les frontières de la connaissance, d’accélérer la transition et de permettre un bond en avant vers le développement durable grâce à la transformation économique, à la création de chaînes de valeur et à l’établissement de liens entre les entreprises, de favoriser le développement des connaissances et l’autonomisation de l’être humain, en particulier des femmes et des jeunes, ainsi que de soutenir les décideurs et les responsables de l’élaboration des politiques dans la réalisation du développement durable.
2. Les parties s’emploient à développer des sociétés de la connaissance. Elles conviennent d’investir dans le capital humain, de promouvoir l’adoption de cadres d’action et de cadres réglementaires cohérents et complets, ainsi que de développer la connectivité des infrastructures et les outils numériques.
3. Les parties renforcent la coopération sur la base de l’intérêt mutuel, en se fondant sur les mécanismes existants, tout en explorant de nouvelles pistes de financement de la science, de la technologie et de l’innovation, sous réserve d’une protection appropriée et efficace des droits de propriété intellectuelle. Elles promeuvent les savoirs locaux, traditionnels et autochtones en tant qu’outils permettant de combler les écarts de connaissances et de technologies dans les secteurs concernés.
4. Les parties encouragent l’investissement dans la création, la diffusion et le transfert de nouvelles technologies, en accordant une attention particulière aux technologies propres et innovantes qui protègent l’environnement. Elles promeuvent les énergies renouvelables et coopèrent en vue de développer les capacités de production et de réglementation.
5. Les parties parent aux conséquences éventuelles des technologies sur la société, remédient aux problèmes liés à la cybersécurité, garantissent la protection des données à caractère personnel, et tiennent compte des effets des technologies de rupture, au rang desquelles figurent l’intelligence artificielle et la robotique.
6. Les parties reconnaissent le rôle de l’espace en tant que catalyseur permettant de générer des avantages sociaux et économiques, y compris dans les domaines de l’environnement, du changement climatique, de la gouvernance des océans, des transports, de l’énergie, de l’agriculture, de l’exploitation minière et de la sylviculture. Elles coopèrent sur des questions d’intérêt commun dans les activités spatiales civiles, telles que la recherche spatiale, les applications et les services basés sur le système mondial de radionavigation par satellite, le développement de systèmes de renforcement satellitaire, l’utilisation d’applications et de services d’observation de la Terre et la science de la Terre.
Article 47
Recherche et développement
1. Les parties conviennent que la recherche et le développement sont essentiels à la création de prospérité économique et de possibilités d’emploi décent et peuvent apporter une contribution essentielle à la réalisation des objectifs du présent accord.
2. Les parties encouragent la production et la diffusion de nouvelles connaissances, en tenant compte de leurs effets potentiels, y compris leurs effets néfastes, sur l’environnement et la société. Elles soutiennent le renforcement des compétences afin d’être en mesure de suivre le rythme des avancées technologiques et de l’innovation, et favorisent la mobilité et la formation des chercheurs. Elles promeuvent les partenariats entre les entreprises, les universités et le secteur public, ainsi que les activités du secteur privé visant à rassembler des connaissances et à expérimenter des idées en vue de créer de nouveaux produits présentant un véritable potentiel commercial, en accordant une attention particulière aux femmes et aux jeunes en tant qu’innovateurs.
3. Les parties promeuvent les investissements dans la recherche et le développement, en particulier dans les segments à forte valeur ajoutée des chaînes de valeur, et s’efforcent de relever les défis de société, en particulier dans les domaines de l’environnement, du changement climatique, de l’énergie, de la sécurité et de la sûreté alimentaires, ainsi que de la santé.
Article 48
TIC et économie numérique
1. Les parties coopèrent en vue de réduire la fracture numérique en promouvant la coopération concernant le développement de la société numérique pour que les citoyens et les entreprises puissent tirer avantage de la mise à disposition de technologies numériques, en ce compris de TIC adaptées à la situation locale. Les parties soutiennent des mesures permettant un accès facile aux TIC grâce, entre autres, à l’utilisation de sources d’énergie abordables et renouvelables, ainsi qu’au développement et au redéploiement de réseaux sans fil à faible coût. Elles œuvrent aussi à une plus grande complémentarité et à une meilleure harmonisation des systèmes de communication, ainsi qu’à leur adaptation aux nouvelles technologies.
2. Les parties s’accordent à reconnaître le rôle central joué par l’économie numérique en tant qu’amplificateur et accélérateur d’un changement susceptible d’entraîner une importante diversification économique et la création d’emplois, ainsi que de permettre un bond en avant de la croissance. Elles conviennent d’accélérer le passage au numérique, de manière à réduire les coûts de transaction et l’asymétrie de l’information, dans le but général d’améliorer la productivité et la durabilité.
3. Les parties promeuvent et soutiennent l’entrepreneuriat numérique, en particulier chez les femmes et les jeunes, ainsi que la transformation numérique des micro, petites et moyennes entreprises. Elles encouragent le développement du commerce en ligne, afin de moderniser les chaînes d’approvisionnement et d’élargir les marchés, favorisent l’expansion de la banque en ligne, y compris en vue de réduire le coût des envois de fonds, et promeuvent le déploiement de solutions de gouvernance en ligne.
4. Les parties coopèrent en matière d’élaboration et de gestion des politiques de protection de la vie privée et de protection des données, de promotion des mesures destinées à faciliter les flux de données, et de soutien au cadre réglementaire destiné à promouvoir la production, la vente et la livraison de produits et de services numériques.
Article 49
Commerce et développement durable
1. Les parties reconnaissent que le développement social et économique et la protection de l’environnement sont interdépendants et se renforcent mutuellement. Compte tenu de leurs niveaux de développement respectifs, elles réaffirment leur volonté de renforcer l’intégration du développement durable, lequel englobe à la fois le développement économique, le développement social et la protection de l’environnement, dans chaque aspect de leurs relations commerciales, afin de promouvoir une croissance durable. À cette fin, les parties encouragent, dans leurs relations commerciales, un degré élevé de protection de l’environnement, de protection sociale et de protection des travailleurs, en particulier au regard des engagements précisés à l’article 54, chapitres 1 à 3 du titre V, et au chapitre 2 du titre III de la présente partie, en vue d’atteindre les objectifs des ODD convenus dans le cadre du programme à l’horizon 2030. Les parties conviennent en outre que les mesures environnementales et sociales ne doivent pas être utilisées à des fins protectionnistes.
2. Les parties conviennent qu’il est inapproprié d’encourager le commerce et les investissements en abaissant ou en proposant d’abaisser le niveau de protection nationale prévu par les législations en matière d’environnement ou de travail ou dans le cadre de leur mise en œuvre.
3. Les parties reconnaissent leurs droits respectifs à déterminer les objectifs et les priorités de leurs politiques de développement durable et à établir leurs propres niveaux de protection nationale dans les domaines social, du travail et de l’environnement, y compris le changement climatique, ainsi qu’elles le jugent approprié, pour autant que les législations et politiques adoptées ne soient pas incompatibles avec leurs engagements au regard des normes de protection reconnues au niveau international et des accords conclus dans ces domaines.
4. Les parties promeuvent le commerce des produits issus de la gestion durable, la conservation et l’utilisation efficace des ressources naturelles. Les parties coopèrent aussi pour promouvoir les échanges de biens et de services présentant un intérêt particulier pour l’atténuation du changement climatique, y compris les produits manufacturés et remanufacturés à faibles émissions de carbone, l’énergie renouvelable, ainsi que les produits et services économes en énergie, de même que les investissements dans ces biens et services, conformément à leurs engagements internationaux.
5. Les parties coopèrent en vue de promouvoir la cohérence et la complémentarité des politiques touchant au commerce, au travail et à l’environnement, et renforcent le dialogue, ainsi que l’échange d’informations et de bonnes pratiques, sur les aspects du développement durable liés au commerce, y compris avec la participation des parties prenantes concernées. Dans ce contexte, elles conviennent en outre de coopérer en vue de promouvoir les pratiques de responsabilité sociale des entreprises et la conduite responsable des entreprises, en ce compris les lignes directrices, les normes et les instruments applicables reconnus au niveau international, en intégrant ces pratiques dans les activités liées au commerce et aux affaires. La coopération vise en outre à relever les défis et à saisir les occasions résultant des aspects liés au commerce des systèmes volontaires d’assurance de la durabilité privés et publics, qui concernent entre autres le travail, l’environnement, la préservation de la biodiversité, l’utilisation et la gestion durables des ressources forestières, les pratiques de pêche durables et le commerce de produits de la pêche gérés de manière durable.
6. Les parties conviennent de maintenir ou de mettre en place, selon le cas, des systèmes visant à soutenir et à surveiller la mise en œuvre effective des normes reconnues au niveau international en matière sociale, de travail et d’environnement, ainsi que des accords conclus dans ces domaines, dans le contexte de leurs relations commerciales, y compris en renforçant les capacités des institutions à adopter et à appliquer la législation pertinente.
Article 50
Régimes commerciaux
1. Les parties reconnaissent l’importance de s’appuyer sur les acquis de l’accord de Cotonou dans le cadre de leurs relations commerciales. Elles soulignent l’importance que revêtent les échanges commerciaux dans leurs relations en général et s’engagent à promouvoir l’intensification et la diversification des flux commerciaux dans leur intérêt mutuel, notamment en vue de l’intégration des économies des membres de l’OEACP dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
2. Les parties conviennent que la coopération commerciale est menée conformément au système commercial multilatéral fondé sur des règles pour promouvoir un commerce libre, équitable et ouvert afin de parvenir à une croissance et à un développement durables, en particulier au sein des membres de l’OEACP. À cette fin, la coopération est conforme aux obligations qui incombent aux parties dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), y compris aux dispositions relatives au traitement spécial et différencié.
3. Les parties reconnaissent l’importance de conclure des régimes commerciaux afin d’ouvrir de plus vastes perspectives d’échanges commerciaux et de favoriser leur intégration effective dans l’économie mondiale. Les parties reconnaissent leur droit respectif de conclure des accords régionaux ou multilatéraux en vue de réduire ou d’éliminer les mesures non tarifaires ayant une incidence sur les échanges de biens et de services. Les parties s’efforcent en outre de limiter les éventuels effets négatifs de leurs régimes commerciaux respectifs avec des tiers sur les positions concurrentielles dont jouit chacune des parties sur les marchés intérieurs des autres parties.
4. Les parties, gardant à l’esprit la nécessité de s’appuyer sur leurs régimes commerciaux préférentiels existants et sur leurs accords de partenariat économique (APE) en tant qu’instruments de leur coopération commerciale, reconnaissent que la coopération doit avant tout être renforcée pour soutenir la mise en œuvre concrète de ces instruments existants.
5. Les parties conviennent en outre que le cadre des APE est inclusif et prend en compte l’hétérogénéité des situations des membres et régions de l’OEACP, aux différents stades du processus des APE, ainsi que le niveau de développement des membres de l’OEACP. Les signataires des APE réaffirment leur engagement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la pleine application de ces accords, ce qui devrait favoriser leur croissance économique et leur développement, tout en contribuant à approfondir les processus d’intégration régionale dans la région d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Les parties reconnaissent l’importance d’élargir le champ d’application des APE et d’encourager l’adhésion de nouveaux États membres. Les parties conviennent de maintenir ou de mettre en place, aux niveaux appropriés, des arrangements ACP-UE pour suivre la mise en œuvre des APE et évaluer leur incidence sur le développement des économies des membres de l’OEACP dans l’ensemble des régions ACP et sur leurs processus d’intégration régionale.
6. Les parties aux APE respectifs conviennent que les références qu’ils contiennent aux dispositions relatives aux mesures appropriées prévues par l’accord de Cotonou s’entendent comme des références aux dispositions correspondantes du présent accord.
7. Les parties conviennent en outre que leur coopération contribue à intensifier les efforts et les processus d’intégration régionale en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique et à encourager davantage le commerce régional intra-ACP.
8. Les parties soulignent l’importance de leur participation active à l’OMC ainsi qu’à d’autres organisations internationales compétentes en devenant membres de ces organisations et en suivant de près leurs programmes et activités. Elles conviennent de coopérer étroitement à la définition et à la promotion de leurs intérêts communs dans le cadre de la coopération économique et commerciale internationale, en particulier au sein de l’OMC. Dans ce contexte, l’amélioration de l’accès des produits et services originaires des membres de l’OEACP au marché de l’Union européenne et à d’autres marchés reçoit une attention particulière.
9. Les parties s’accordent sur l’importance d’une flexibilité dans les règles de l’OMC pour tenir compte des différents niveaux de développement des pays et régions ACP ainsi que des difficultés que ces derniers éprouvent pour se conformer à leurs obligations. Elles conviennent donc en outre de coopérer en vue de développer les capacités nécessaires et adéquates pour mettre effectivement en œuvre les engagements qu’elles ont pris dans le cadre de l’OMC. Les parties reconnaissent aussi l’approche innovante du traitement spécial et différencié inhérente à l’accord de l’OMC sur la facilitation des échanges (ci-après dénommé «accord sur la facilitation des échanges»), qui permet aux PMA et aux pays en développement de mettre pleinement en œuvre leurs engagements, sous réserve de la fourniture du soutien au commerce requis, conformément à leurs notifications de mise en œuvre au titre de l’accord sur la facilitation des échanges.
10. Les parties reconnaissent l’importance de renforcer le dialogue pour traiter des questions commerciales et des questions liées au commerce présentant un intérêt commun. Elles conviennent de promouvoir la participation de la société civile et du secteur privé à ce dialogue.
Article 51
Commerce des services
1. Les parties conviennent que le commerce des services est un puissant moteur de croissance et de développement de leurs économies et réaffirment leurs droits et obligations respectifs au titre de l’accord général de l’OMC sur le commerce des services (AGCS).
2. Les parties s’engagent à coopérer et à renforcer le commerce des services, en particulier pour les modes de fourniture qui les intéressent du point de vue des exportations, y compris la circulation des personnes physiques à des fins professionnelles, et dans les secteurs qu’elles considèrent comme prioritaires, notamment le secteur des TIC, le tourisme, les transports, les services environnementaux, les services financiers, les services sportifs et d’autres secteurs prioritaires, selon le cas.
3. Compte tenu de l’article 39, paragraphe 2, les parties coopèrent pour renforcer les capacités en matière de fourniture de services liés aux industries de la culture et de la création.
4. Les parties coopèrent pour lever les obstacles au commerce des services en vue de faciliter l’accès aux marchés et de renforcer les échanges. Elles conviennent en outre d’accroître leur coopération afin de soutenir l’élaboration de cadres réglementaires nationaux et le renforcement des capacités, d’améliorer la capacité des prestataires de services à se conformer aux réglementations et normes de la partie UE et des membres de l’OEACP aux niveaux continental, régional, national et infranational, ainsi que d’encourager la mise en place d’accords de reconnaissance mutuelle, s’il y a lieu, dans les secteurs des services d’intérêt commun visés au paragraphe 2.
5. Les parties reconnaissent l’importance de services de transport maritime efficients et efficaces en tant que principal mode de transport facilitant les échanges. Les parties améliorent la compétitivité des services de transport maritime en renforçant la connectivité afin d’augmenter la sécurité de la circulation des marchandises et des personnes dans le secteur du transport maritime. À cette fin, elles coopèrent dans les enceintes appropriées pour libéraliser le transport maritime, qui constitue le principal mode de transport facilitant les échanges. Elles permettent l’accès aux marchés du transport maritime international ainsi qu’aux ports et aux services portuaires, sur une base non discriminatoire et commerciale. Les parties coopèrent pour développer et promouvoir des services de transport maritime efficients et efficaces au sein des membres de l’OEACP en vue d’accroître la participation des opérateurs des membres de l’OEACP aux services internationaux de transport maritime.
Article 52
Domaines liés au commerce
1. Les parties reconnaissent que les mesures non tarifaires (MNT) applicables au commerce gagnent en importance à mesure que les barrières tarifaires tombent. Elles reconnaissent donc la nécessité de coopérer en vue de surveiller et de supprimer les obstacles inutiles au commerce, ce qui permettra d’accroître et de faciliter les échanges entre la partie UE et les membres de l’OEACP ainsi qu’entre ces derniers. À cet égard, les parties conviennent de maintenir ou de mettre en place, selon le cas, des mécanismes visant à remédier aux MNT susceptibles d’avoir une incidence négative sur les exportations à destination du marché de l’autre partie.
2. Les parties conviennent de renforcer leur coopération dans le domaine de la normalisation et de la certification des marchandises afin de prévenir, de détecter et d’éliminer les obstacles techniques inutiles aux échanges dans le cadre de l’accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce (ci-après dénommé «accord OTC») et s’efforcent de compléter ledit accord en augmentant et en renforçant la transparence. Les parties conviennent en outre de coopérer pour mettre en place et renforcer les capacités techniques et les infrastructures institutionnelles en ce qui concerne les questions liées aux obstacles techniques au commerce.
3. Les parties réaffirment le droit de chaque partie d’adopter ou d’appliquer des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) pour protéger la vie et la santé des personnes, des animaux ou des végétaux sur son territoire, tout en veillant à ce que ces mesures SPS adoptées par chacune des parties ne créent pas d’obstacles inutiles au commerce, conformément à l’accord de l’OMC sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (ci-après dénommé «accord SPS»). À cette fin, les parties conviennent de renforcer leur collaboration en vue de la mise en œuvre effective des principes et dispositions de l’accord SPS, tout en tenant compte de leurs niveaux respectifs de développement. Dans ce contexte, les parties coopèrent pour traiter les questions sanitaires et phytosanitaires, y compris la gestion de la résistance aux antimicrobiens, et les questions liées au bien-être animal, afin de renforcer les capacités des parties et d’améliorer l’accès aux marchés de l’autre partie, tout en préservant le niveau approprié de protection des personnes, des animaux et des végétaux.
4. Les parties reconnaissent que le système de propriété intellectuelle vise à promouvoir le progrès économique, social et culturel en stimulant le travail créatif et l’innovation technologique, en particulier entre la partie UE et les régions ACP, tout en contribuant à une économie plus durable et inclusive. Dans ce contexte, les parties réaffirment l’importance de la protection et du respect des droits de propriété intellectuelle, comme l’indique l’article 7 de l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ci-après dénommé «accord sur les ADPIC»), qui devraient contribuer à la promotion de l’innovation technologique et au transfert et à la diffusion de la technologie, à l’avantage mutuel de ceux qui génèrent et de ceux qui utilisent des connaissances techniques et d’une manière propice au bien-être social et économique, ainsi qu’à assurer un équilibre de droits et obligations. Les parties reconnaissent la nécessité de protéger les droits de propriété intellectuelle, en ce compris le droit d’auteur et les droits voisins, les marques, les indications géographiques, les dessins et modèles industriels, les topographies de circuits intégrés, les obtentions végétales et les brevets. Cette protection comprend également la protection contre la concurrence déloyale et la protection des renseignements non divulgués. Les parties soulignent l’importance, dans ce contexte, de l’adhésion à l’accord sur les ADPIC, à la convention sur la diversité biologique, faite à Rio de Janeiro le 5 juin 1992, et aux conventions visées dans la partie I de l’accord sur les ADPIC, en fonction de leur niveau de développement. Les parties soulignent en outre l’importance de la coopération et de l’assistance technique dans le domaine de la propriété intellectuelle pour les mesures, procédures et mesures correctives nécessaires pour assurer le respect des droits de propriété intellectuelle en vue d’atteindre un niveau de protection efficace, en particulier dans les pays membres de l’OEACP.
5. Les parties réaffirment que l’introduction et la mise en œuvre de politiques et de règles de concurrence saines et efficaces revêtent une importance capitale pour favoriser et garantir un climat propice aux investissements, un processus d’industrialisation durable et la transparence de l’accès aux marchés. Elles s’engagent donc à mettre en œuvre des règles et des politiques nationales ou régionales pour lutter efficacement contre les pratiques commerciales anticoncurrentielles, y compris les subventions liées aux activités économiques accordées par les parties, qui sont susceptibles de perturber le bon fonctionnement des marchés et de nuire aux intérêts commerciaux des autres parties. Les parties s’engagent à garantir des conditions de concurrence équitables entre les acteurs du marché publics et privés. Elles conviennent également de renforcer la coopération dans ce domaine en vue de formuler et de soutenir, avec les autorités nationales et régionales compétentes, des politiques de concurrence efficaces assurant progressivement une application effective des règles de concurrence. Dans ce contexte, les parties conviennent de coopérer pour développer les capacités adéquates afin d’établir le cadre juridique approprié pour la protection de la concurrence et sa mise en œuvre par l’intermédiaire des organismes compétents en matière de concurrence, en particulier sur le territoire des membres de l’OEACP.
6. Les parties conviennent d’accroître la coopération en vue d’assurer un meilleur fonctionnement des marchés internationaux des produits de base et d’en accroître la transparence.
7. Les parties reconnaissent que des marchés publics transparents sont importants pour stimuler le développement économique et l’industrialisation. Les parties s’accordent sur l’importance de la coopération en vue d’améliorer la compréhension mutuelle de leurs systèmes respectifs de passation des marchés publics. Les parties s’engagent à respecter les principes de transparence, de compétitivité et de prévisibilité des systèmes de passation de marchés et coopèrent en ce sens.
Article 53
Facilitation des échanges
Les parties reconnaissent l’importance de réduire le coût des échanges pour parvenir à une croissance inclusive et durable de leurs économies. Elles coopèrent donc en vue de simplifier les procédures d’importation, d’exportation, de transit et d’autres procédures douanières, y compris la numérisation des procédures douanières et de dédouanement, ainsi que d’accroître la transparence des réglementations douanières et commerciales et de faciliter le commerce légitime, en s’appuyant sur leurs engagements respectifs au titre de l’accord sur la facilitation des échanges. Conformément à l’accord sur la facilitation des échanges, les membres de l’OEACP ont besoin d’une assistance technique adéquate et prévisible pour renforcer leurs capacités à mettre pleinement en œuvre le présent accord. Les parties s’engagent en outre à fournir cette assistance en fonction des besoins des membres de l’OEACP en matière de mise en œuvre, notifiés dans le cadre de l’accord sur la facilitation des échanges.
TITRE V
Durabilité environnementale et changement climatique
Article 54
1. Les parties conviennent que la dégradation de l’environnement, l’utilisation non durable des ressources naturelles et le changement climatique compromettent sérieusement la réalisation des objectifs de développement durable et mettent en danger la vie, la qualité de vie et les moyens de subsistance des générations actuelles et futures. À cet égard, les parties réaffirment la nécessité de parvenir à un niveau élevé de protection de l’environnement ainsi que de garantir une conservation efficace et une gestion durable des ressources naturelles, y compris de la diversité biologique. Elles réaffirment aussi la nécessité de convenir d’actions ambitieuses pour gérer et réduire les conséquences négatives du changement climatique et d’engager leurs économies sur des trajectoires de croissance durables, résilientes et à faible intensité de carbone, tout en contribuant à la création d’emplois décents pour tous.
2. Les parties intègrent la durabilité environnementale, la lutte contre le changement climatique et la recherche d’une croissance durable sur le plan environnemental dans tous les plans, politiques et investissements. Elles s’efforcent de forger des alliances efficaces au sein des instances internationales sur des questions importantes afin de faire avancer l’action mondiale, et de nouer un dialogue constructif avec les autorités locales, la société civile et le secteur privé. Les parties mettent en œuvre de manière effective les accords multilatéraux sur l’environnement auxquels elles sont parties.
3. Les parties s’efforcent de renforcer et d’améliorer la résilience, en particulier celle des populations vulnérables, face aux défis environnementaux et liés au changement climatique, ainsi qu’aux catastrophes naturelles et d’origine humaine.
4. Dans la promotion de la durabilité environnementale et la lutte contre le changement climatique et les catastrophes naturelles, les parties prennent en considération: i) la vulnérabilité des PEID, des PMA, des pays enclavés en développement et des populations côtières, y compris les efforts qu’ils déploient pour s’adapter, en particulier à la menace que représentent le changement climatique et l’épuisement des ressources naturelles; ii) l’exposition des pays à l’aggravation des problèmes de sécheresse, d’inondation, d’érosion côtière, de pénurie d’eau, de dégradation des sols et des forêts, de perte de biodiversité, de déforestation et de désertification, et la vulnérabilité des pays face à ces problèmes; iii) la nécessité de prévenir, de minimiser et de corriger les pertes et dommages liés aux effets néfastes du changement climatique, y compris les phénomènes qui se manifestent lentement tels que l’élévation du niveau de la mer; iv) les liens entre les stratégies en matière de changement climatique et la réduction des risques de catastrophe, la résilience et la sécurité alimentaire; v) le rôle essentiel des écosystèmes naturels pour garantir la sécurité alimentaire et la nutrition et lutter contre le changement climatique; vi) le lien entre la dégradation de l’environnement et le changement climatique et les déplacements et la migration; et vii) les effets négatifs du changement climatique et de la dégradation de l’environnement sur la paix et la sécurité.
Article 55
Environnement et ressources naturelles
1. Les parties œuvrent à la préservation, à la protection, à l’amélioration et à la réhabilitation de l’environnement. À cette fin, elles promeuvent des mesures aux niveaux national, régional et mondial, y compris dans les zones de grande valeur sur le plan de la biodiversité et la protection des écosystèmes naturels, la qualité de l’air, la qualité de l’eau, la pénurie d’eau et les sécheresses, la gestion des déchets, la pollution industrielle et les risques d’accidents industriels ainsi que la gestion des substances chimiques.
2. Les parties soutiennent la conservation ainsi que la gestion et l’utilisation durables des ressources naturelles, en ce compris les terres, l’eau, les forêts, la biodiversité et les écosystèmes. Elles encouragent les actions visant à mettre un terme au trafic d’espèces végétales et animales protégées et à lutter contre la demande et l’offre de produits illicites issus d’espèces sauvages. Elles promeuvent la gouvernance durable des régimes d’occupation applicables aux terres, aux pêches et aux forêts.
3. Les parties promeuvent les instruments juridiques, les stratégies intégrées associant environnement et développement, ainsi que la bonne gouvernance pour l’intégration des considérations relatives à la biodiversité dans tous les secteurs concernés, afin d’enrayer la perte de la diversité biologique et de préserver la fourniture de services écosystémiques. Les parties favorisent des approches écosystémiques et des solutions fondées sur la nature pour atteindre les objectifs environnementaux. Elles reconnaissent l’importance des écosystèmes et de la biodiversité pour lutter contre le changement climatique ainsi que pour la conservation et le rétablissement de tous les écosystèmes, y compris les écosystèmes aquatiques et terrestres. Elles mettent en place, gèrent et améliorent également la gouvernance des zones protégées.
4. Les parties reconnaissent que les écosystèmes naturels, en particulier les forêts, offrent des habitats pour les animaux et les plantes et jouent un rôle majeur dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci, dans la conservation de la biodiversité ainsi que dans la prévention de la désertification et de la dégradation des sols et dans la lutte contre ces phénomènes. Les parties reconnaissent également que les forêts, les zones humides et les savanes protègent l’eau et les sols, offrent une protection contre les catastrophes naturelles et fournissent d’autres services environnementaux. Compte tenu de ce qui précède, les parties promeuvent la conservation et la restauration de tous les écosystèmes, y compris les forêts.
5. Les parties poursuivent la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, et s’efforcent de restaurer et de remettre en état les terres et les sols dégradés afin d’aboutir à une gestion durable des terres et de parvenir à un environnement neutre sur le plan de la dégradation des terres. Elles réduisent la perte de la diversité biologique, créent des possibilités d’emploi et contribuent à améliorer la fourniture de services et de fonctions écosystémiques, y compris en améliorant la préparation et la résilience face aux risques de sécheresse, ainsi qu’en diminuant les risques de tempêtes de sable et de poussière et les conséquences de celles-ci.
6. Les parties promeuvent un accès juste et équitable à l’utilisation des ressources génétiques, un partage juste et équitable des bénéfices en résultant et un accès approprié à ces ressources, ainsi qu’il a été convenu au niveau international.
7. Les parties soutiennent la promotion d’approches axées sur l’économie circulaire et de modes de consommation et de production durables, et s’efforcent d’exploiter les possibilités d’investissement offertes par les meilleures technologies propres disponibles.
Article 56
Gouvernance des océans
1. Les parties sont conscientes des pressions croissantes exercées par l’homme, ainsi que de l’incidence cumulée de celles-ci, sur les mers et les océans et reconnaissent que les mers et les océans sont par nature un bien commun interconnecté, dont la conservation, la protection et la gouvernance relèvent d’une responsabilité partagée qui nécessite des actions collectives et coordonnées de la part des parties prenantes. Les parties réaffirment le caractère universel et unitaire de la CNUDM, qui constitue le fondement de l’action et de la coopération nationales, régionales et mondiales dans les secteurs marin et maritime.
2. Les parties renforcent la gouvernance des océans et luttent efficacement contre les pressions croissantes exercées sur les mers et les océans, qui menacent la résilience des écosystèmes marins et leur contribution à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci.
3. Les parties promeuvent et améliorent la protection et la restauration des écosystèmes marins ainsi que la conservation et la gestion durable des ressources marines, y compris dans les zones situées en dehors de leur juridiction respective, en vue de rétablir la santé et la productivité des océans. Elles promeuvent une gestion durable de la pêche aux niveaux national, régional et mondial, en coopérant avec les organisations régionales de gestion des pêches concernées et en luttant contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Les parties promeuvent la conservation des espèces aquatiques menacées et les actions visant à lutter contre la pollution et les déchets marins, ainsi que contre les effets du changement climatique, notamment l’acidification des océans.
4. Les parties promeuvent le développement durable d’une économie bleue dans le but de garantir la contribution des océans à la sécurité alimentaire et à la nutrition, d’améliorer les moyens de subsistance, de créer des possibilités d’emploi et de garantir l’équité sociale et le bien-être culturel pour les générations actuelles et futures.
5. Les parties soutiennent la mise en œuvre de politiques et de stratégies de croissance bleue visant à promouvoir une gestion intégrée des océans qui rétablit, protège et maintient la diversité, la productivité, la résilience, les fonctions essentielles et la valeur intrinsèque des écosystèmes marins.
6. Les parties favorisent le dialogue et la coopération sur tous les aspects de la gouvernance des océans, y compris sur les questions liées au changement climatique, à l’élévation du niveau de la mer et à ses effets et implications possibles, à l’exploitation minière des fonds marins, à la pêche, à la pollution marine et à la recherche et au développement.
Article 57
Engagements en matière de climat
1. Les parties reconnaissent que les effets néfastes du changement climatique et de la variabilité du climat menacent la vie et les moyens de subsistance des populations. Elles confirment leur volonté de prendre d’urgence des mesures pour prévenir le changement climatique, gérer ses effets et coopérer de manière urgente et coordonnée aux niveaux international, régional, interrégional et national, afin de renforcer la réaction mondiale au changement climatique.
2. Les parties mettent effectivement en œuvre la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, faite à New York le 9 mai 1992, et l’accord de Paris.
3. Les parties sont déterminées à atteindre l’objectif général consistant à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, à améliorer la capacité d’adaptation, à réduire les vulnérabilités et à renforcer la résilience, en veillant à ce que tous les investissements et flux financiers soient conformes à l’accord de Paris.
Article 58
Action pour le climat
1. Les parties conviennent de prendre des mesures en faveur du climat pour agir sur l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de celui-ci, ainsi que sur les moyens de mise en œuvre, et de se concentrer sur les pays les plus vulnérables, notamment les PEID, les États côtiers de faible altitude, les PMA et les pays enclavés en développment.
2. Les parties conviennent de mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) et de suivre les progrès accomplis à cet égard ainsi que de s’efforcer de formuler et de communiquer des stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre pour le milieu du siècle afin d’atteindre l’objectif fixé par l’accord de Paris concernant la limitation de la hausse de la température, tout en tenant compte de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales. Elles s’engagent à renforcer les liens entre les CDN, le programme à l’horizon 2030 et leurs stratégies nationales.
3. Les parties conviennent de procéder à la planification et à la mise en œuvre de l’adaptation ainsi que de suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre des plans nationaux d’adaptation (PNA) et d’autres stratégies. Elles s’engagent à mettre en place des structures de gouvernance efficaces et à les renforcer à cet effet. Elles reconnaissent la nécessité de continuer à renforcer l’intégration des PNA et des autres stratégies d’adaptation dans les stratégies et processus nationaux afin de parvenir à un développement durable résilient face au changement climatique.
Article 59
Changement climatique et sécurité
Les parties luttent contre la menace que le changement climatique et la dégradation de l’environnement font peser sur la sécurité, en particulier dans les situations de fragilité et pour les pays les plus vulnérables. Les parties élaborent des stratégies de résilience qui tiennent compte de la menace pour la sécurité.
Article 60
Réduction et gestion des risques de catastrophe
1. Les parties reconnaissent les effets négatifs des catastrophes naturelles, dont les tsunamis, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, sur le développement durable, ainsi que la fréquence et l’intensité croissantes des phénomènes climatiques tels que les cyclones et les ouragans, les inondations et les sécheresses.
2. Les parties promeuvent des politiques et des stratégies cohérentes à tous les niveaux afin de déceler les vulnérabilités et les autres facteurs de risque. Elles coopèrent pour renforcer la résilience face aux conséquences à court et à long terme des catastrophes et accordent une attention particulière à la coordination, à la complémentarité et aux synergies entre les stratégies de réduction des risques de catastrophe et les stratégies d’adaptation au changement climatique. Les parties entreprennent des actions préventives et d’alerte précoce et améliorent la réduction des risques et la préparation en renforçant la communication et la gouvernance des risques sur le terrain et en intégrant efficacement la réduction des risques de catastrophe dans les stratégies de développement.
3. Les parties intègrent systématiquement l’évaluation complète et la gestion des risques ainsi que la résilience dans leurs actions, de façon à ce que les personnes, les communautés, les institutions et les pays puissent mieux se préparer aux chocs et à leurs séquelles, y résister, s’y adapter et s’en remettre rapidement, y compris lorsque les effets excèdent tous les efforts d’adaptation fournis, sans compromettre les perspectives de développement à long terme.
4. Les parties font face aux risques de catastrophe en adoptant une approche multirisques intégrée, qui couvre la compréhension des risques de catastrophe ainsi que le renforcement de leur gouvernance et des capacités institutionnelles nécessaires à la bonne mise en œuvre des investissements fondés sur l’analyse du risque. Elles garantissent des résultats inclusifs et équitables afin d’accroître la résilience des plus vulnérables.
5. Les parties élaborent des stratégies visant à renforcer la résilience urbaine et rurale afin d’améliorer la gestion des risques de catastrophe, en accordant une attention particulière aux zones d’habitat non planifiées.
Article 61
Réaction aux catastrophes et rétablissement
1. Les parties conviennent qu’une réaction rapide et coordonnée aux catastrophes naturelles est essentielle pour la réhabilitation et le rétablissement après une catastrophe. Les parties s’accordent sur l’importance des évaluations coordonnées des besoins, d’une meilleure préparation aux catastrophes et d’une capacité de réaction rapide et efficace au niveau local permettant de répondre aux besoins des populations touchées par la crise, y compris au moyen de stratégies de communication efficaces.
2. Les parties conviennent que, dans le cadre de la réaction aux catastrophes et du rétablissement après celles-ci, la priorité est accordée, à court terme, à l’aide d’urgence et à la réhabilitation, y compris au soutien en faveur d’un relèvement rapide. Elles conviennent que l’aide postérieure à la phase d’urgence est destinée à établir un lien entre l’aide à court terme et le développement à long terme au moyen d’un processus de rétablissement durable, visant à reconstruire en mieux, y compris par des efforts de reconstruction et la remise en état du tissu socio-économique et culturel. Cela suppose de renforcer la coordination entre les acteurs de l’aide humanitaire et du développement dès le début de la crise afin de renforcer correctement la résilience des populations touchées.
TITRE VI
Migration et mobilité
Article 62
Les parties réaffirment leur volonté de renforcer la coopération en matière de migration et de mobilité, guidée par les principes de solidarité, de partenariat et de responsabilité partagée. Elles adoptent une approche globale, cohérente, pragmatique et équilibrée, dans le respect total du droit international, en ce compris le droit international relatif aux droits de l’homme et, le cas échéant, du droit international des réfugiés et du droit international humanitaire, ainsi que du principe de souveraineté, compte tenu de leurs compétences respectives. Elles reconnaissent que la migration et la mobilité peuvent avoir des effets positifs sur le développement durable si elles sont bien gérées et elles reconnaissent la nécessité de remédier aux éventuels effets négatifs de la migration irrégulière sur les pays d’origine, de transit et de destination. Les parties conviennent de travailler au renforcement des capacités en vue d’une gestion efficiente et efficace de la migration sous tous ses aspects. Elles réaffirment leur volonté de garantir le respect de la dignité de tous les réfugiés et migrants et la protection de leurs droits fondamentaux. Les parties abordent tous les aspects de la migration et de la mobilité visés au présent titre dans le cadre de leur dialogue de partenariat régulier.
Article 63
Migration légale et mobilité
1. Les parties s’efforcent de tirer parti des avantages découlant d’une mobilité et de migrations sûres, ordonnées et régulières, dans le respect total du droit international et conformément à leurs compétences respectives. À cet égard, elles s’emploient à créer des voies légales de migration et à y recourir, y compris dans le cadre de la migration de la main-d’œuvre et d’autres régimes de mobilité, en tenant compte des priorités nationales et des besoins du marché du travail.
2. Les parties s’emploient à appliquer des conditions transparentes et efficaces en matière d’admission et de séjour à des fins professionnelles, de recherche, d’études, de formation et de volontariat en vue de faciliter la migration circulaire et la mobilité. Les parties renforcent la transparence des informations concernant les règles applicables en matière de migration.
3. Les parties considèrent la migration circulaire comme un moyen de favoriser la croissance et le développement dans les pays d’origine et de destination. À cette fin, elles envisagent des régimes de migration circulaire, mettent en œuvre et améliorent, selon le cas, les cadres juridiques visant à faciliter les procédures de réadmission des ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou d’un membre de l’OEACP qui résident légalement sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, et tiennent compte des aspects liés à la réintégration de ces ressortissants dans leur pays d’origine de manière à ce que le marché du travail local et la communauté locale puissent bénéficier de l’expérience ou des qualifications qu’ils ont acquises.
4. Les parties instaurent un dialogue sur les procédures régissant la migration légale, notamment sur le regroupement familial et, le cas échéant, la portabilité des droits à pension. Les parties poursuivent un échange ouvert sur les questions relatives aux visas et sur la facilitation de la mobilité et des contacts interpersonnels, y compris dans des domaines tels que le tourisme, la culture, le sport, l’éducation, la recherche et les entreprises, en vue de favoriser la compréhension mutuelle et de promouvoir des valeurs partagées.
5. Les parties promeuvent la coopération entre les agences et institutions concernées, les autorités locales, la société civile et les partenaires sociaux, afin d’encourager des projets de recherche communs, de recenser les déficits de compétences et de promouvoir les possibilités d’investissement et d’emploi ainsi que l’évaluation des politiques et stratégies en matière de migration de main-d’œuvre.
6. Les parties coopèrent en vue d’améliorer la transparence et la comparabilité de toutes les qualifications, dans le but de faciliter leur reconnaissance pour l’accès à un apprentissage ultérieur ainsi que leur acceptation sur le marché du travail.
7. Les parties coopèrent pour améliorer et moderniser les systèmes de registre d’état civil, en vue de renforcer la sécurité et l’émission des cartes d’identité et des passeports.
Article 64
Intégration et non-discrimination
1. Les parties poursuivent les efforts destinés à adopter des politiques d’intégration efficaces pour ceux qui résident légalement sur leur territoire, visant à accorder des droits et à imposer des obligations comparables à ceux de leurs citoyens, ainsi qu’à promouvoir la cohésion sociale. À cet égard, les parties soutiennent l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies destinées à intégrer les ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou d’un membre de l’OEACP en séjour régulier sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, sur les marchés du travail et dans les sociétés d’accueil, en soutenant et en renforçant la coopération et la coordination entre les différents acteurs qui œuvrent à l’intégration aux niveaux national, régional et local, y compris les autorités locales et la société civile.
2. Les parties conviennent de garantir un traitement équitable aux ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou d’un membre de l’OEACP en séjour régulier sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, de renforcer la non-discrimination dans la vie économique, sociale et culturelle, ainsi que d’élaborer des mesures de lutte contre le racisme et la xénophobie.
3. Les parties conviennent que le traitement accordé aux ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou d’un membre de l’OEACP en séjour régulier sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, est exempt de toute discrimination fondée sur la nationalité en ce qui concerne les conditions de travail, de rémunération et de licenciement par rapport aux ressortissants de chaque État membre de l’Union européenne et de chaque membre de l’OEACP. À cette fin, les parties coopèrent pour que les règles en matière de migration et les mécanismes de recrutement soient guidés par des principes équitables et éthiques garantissant que tous les ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou d’un membre de l’OEACP en séjour régulier sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, sont traités de manière équitable et avec dignité dans les pays d’accueil et sont protégés de l’exploitation.
Article 65
Migration et développement
Les parties s’accordent sur le fait qu’une migration bien gérée peut être source de prospérité, d’innovation et de développement durable et conviennent de coopérer et de soutenir les pays d’origine, entre autres en stimulant la croissance et les possibilités d’emploi ainsi qu’en promouvant les investissements, le développement du secteur privé, le commerce et l’innovation, l’éducation et la formation professionnelle, la santé ainsi que la protection et la sécurité sociales, en particulier pour les jeunes et les femmes. Les parties coopèrent pour créer des conditions de nature à limiter les effets négatifs de la perte de compétences sur le développement des pays d’origine.
Article 66
Diaspora et développement
Les parties reconnaissent le rôle important des diasporas et les différentes contributions que les membres de ces diasporas apportent au développement de leur pays d’origine, y compris sous la forme de financements, d’investissements, de transferts de connaissances, de savoir-faire et de technologies et de liens, de réseaux et de mécanismes culturels, ainsi qu’aux processus de réconciliation nationale.
Article 67
Envois de fonds
1. Les parties s’efforcent de promouvoir des envois de fonds moins coûteux, plus sûrs, plus rapides et légaux, de manière à faciliter les investissements productifs nationaux, y compris grâce à l’utilisation de nouvelles technologies et d’instruments innovants.
2. Les parties coopèrent en vue de réduire les coûts de transaction des envois de fonds à moins de 3 % et d’éliminer les circuits d’envoi de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5 %, conformément aux objectifs convenus au niveau international, ainsi que d’améliorer les cadres réglementaires concernant une participation accrue des acteurs non traditionnels.
Article 68
Migration sud-sud
1. Les parties reconnaissent l’importance de la migration sud-sud en ce qui concerne les défis à relever et les possibilités offertes, y compris les avantages potentiels d’une migration sud-sud bien gérée pour le développement durable des pays d’origine, de transit et de destination. À cette fin, les parties soutiennent les politiques et les actions visant à promouvoir le développement économique et social dans les pays d’origine, de transit et de destination.
2. Les parties échangent leurs expériences et leurs bonnes pratiques en matière d’atténuation de l’incidence sociale et économique des flux migratoires sud-sud sur les pays d’origine, de transit et de destination et renforcent la coopération aux niveaux national et régional.
Article 69
Catastrophes naturelles, changement climatique et dégradation de l’environnement
1. Les parties tiennent compte du lien existant entre la migration, y compris les déplacements de population, et les catastrophes naturelles, le changement climatique et la dégradation de l’environnement.
2. Les parties prennent des mesures pour répondre aux besoins des personnes déplacées en adoptant des stratégies d’atténuation des catastrophes naturelles, d’adaptation à celles-ci et de résilience en la matière, ainsi que des stratégies visant à remédier aux effets néfastes du changement climatique et de la dégradation de l’environnement, à tous les niveaux pertinents, y compris au niveau interrégional.
Article 70
Causes profondes de la migration irrégulière
1. Les parties confirment leur volonté politique partagée de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés et de formuler des réponses adéquates.
2. Les parties réaffirment leur détermination à endiguer les flux migratoires irréguliers, dans le respect total du droit international et des droits de l’homme. À cet égard, elles reconnaissent les répercussions négatives de la migration irrégulière sur les pays d’origine, de transit et de destination, y compris les défis que pose cette migration sur les plans humanitaire et de la sécurité. Les parties reconnaissent le risque accru pour les migrants de subir des violations des droits de l’homme et d’être victimes de traite et d’abus et conviennent de mettre en œuvre des mesures visant à protéger ces migrants contre toutes les formes d’exploitation et d’abus.
Article 71
Trafic de migrants
1. Les parties intensifient les efforts déployés conjointement pour prévenir la criminalité transfrontière liée au trafic de migrants ainsi que pour mettre un terme à l’impunité des organisations criminelles grâce à des enquêtes et à des poursuites efficaces.
2. Les parties veillent à ce que des cadres législatifs et institutionnels appropriés soient en place, conformément à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, et notamment son protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer. Elles s’engagent également à améliorer le partage d’informations et à favoriser la coopération policière et judiciaire au niveau opérationnel.
Article 72
Traite des êtres humains
Les parties luttent contre la traite des êtres humains conformément à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et à son protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Les parties renforcent également la prévention, y compris en luttant contre l’impunité de tous les acteurs impliqués, et veillent à ce que toutes les victimes aient accès aux droits auxquels elles peuvent prétendre, en tenant compte en particulier de la vulnérabilité des femmes et des enfants.
Article 73
Gestion intégrée des frontières
Les parties promeuvent et soutiennent une gestion intégrée des frontières, en ce compris le contrôle aux frontières, la collecte et le partage d’informations et de renseignements, la prévention de la production et de l’utilisation de documents frauduleux, ainsi que la coopération policière et judiciaire au niveau opérationnel en matière d’enquêtes et de poursuites pénales.
Article 74
Retour et réadmission
1. Les parties réaffirment leur droit de procéder au retour des migrants en séjour irrégulier et réaffirment l’obligation juridique de chaque État membre de l’Union européenne et de chaque membre de l’OEACP de réadmettre leurs propres ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire des membres de l’OEACP ou des État membres de l’Union européenne, respectivement, sans conditions et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3. À cette fin, les parties coopèrent en matière de retour et de réadmission et veillent à ce que les droits et la dignité des personnes soient pleinement protégés et respectés, y compris dans toute procédure mise en œuvre pour le retour de migrants en séjour irrégulier vers leur pays d’origine.
2. Chaque État membre de l’Union européenne accepte le retour et la réadmission de ses propres ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire d’un membre de l’OEACP, à la demande de ce dernier et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3 pour les personnes qui ne disposent pas d’un document de voyage valide.
Chaque membre de l’OEACP accepte le retour et la réadmission de ses ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne, à la demande de ce dernier et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3 pour les personnes qui ne disposent pas d’un document de voyage valide.
En ce qui concerne les États membres de l’Union européenne, les obligations énoncées au présent paragraphe s’appliquent uniquement à l’égard des personnes possédant la nationalité d’un État membre de l’Union européenne. En ce qui concerne les membres de l’OEACP, les obligations énoncées au présent paragraphe s’appliquent uniquement à l’égard des personnes considérées comme leurs ressortissants en vertu de leur système juridique respectif.
3. Les États membres de l’Union européenne et les membres de l’OEACP répondent rapidement aux demandes de réadmission de chacun. Ils mettent en œuvre des processus de vérification au moyen des procédures d’identification les plus appropriées et les plus efficientes en vue de déterminer la nationalité de la personne concernée et de délivrer les documents de voyage appropriés à des fins de retour, comme indiqué à l’annexe I. Aucune disposition de ladite annexe n’empêche le retour d’une personne en vertu de dispositions formelles ou informelles entre l’État auquel une demande de réadmission est soumise et l’État qui soumet une demande de réadmission.
4. Nonobstant les procédures prévues à l’article 101, paragraphe 5, si une partie considère qu’une autre partie n’a pas respecté le délai visé à l’annexe I, conformément à l’annexe 9, chapitre 5, norme 5.26, de la convention relative à l’aviation civile internationale, elle en informe l’autre partie. Si cette autre partie persiste à ne pas se conformer à ces obligations, la partie notifiante peut prendre des mesures proportionnées, à compter de 30 jours après la notification.
5. Les parties conviennent de suivre la mise en œuvre des engagements énoncés au présent article dans le cadre du dialogue de partenariat régulier.
Article 75
Réintégration
Les parties étudient les moyens de coopérer afin de promouvoir le retour volontaire et de faciliter la réintégration durable des personnes faisant l’objet d’un retour, y compris, selon le cas, au moyen de programmes de réintégration durable. Une attention particulière est accordée aux besoins des personnes faisant l’objet d’un retour qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité, telles que les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les victimes de la traite des êtres humains.
Article 76
Réfugiés et autres personnes déplacées
1. Les parties sont déterminées à renforcer la protection et la dignité des réfugiés et des autres personnes déplacées conformément au droit international et au droit international relatif aux droits de l’homme, en ce compris le principe de non-refoulement, et, le cas échéant, au droit international des réfugiés et au droit international humanitaire.
2. Les parties soutiennent l’intégration des réfugiés et des autres personnes déplacées dans les pays d’accueil, selon le cas, et renforcent les capacités des pays de premier asile, de transit et de destination. Les parties coopèrent en vue de garantir la sécurité des réfugiés et des personnes déplacées dans les camps de réfugiés des pays de transit et d’accueil ainsi que de leur fournir un accès à la justice, à l’assistance juridique, à la protection des témoins et à un soutien médical et sociopsychologique.
3. Les parties accordent une attention particulière aux personnes se trouvant dans des situations de vulnérabilité et à leurs besoins spécifiques, en ce compris les femmes, les enfants et les mineurs non accompagnés, en tenant compte du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant.
PARTIE III
Alliances mondiales et coopération internationale
Article 77
Les parties réaffirment l’importance de coopérer au niveau international en vue de promouvoir et de défendre leurs intérêts communs ainsi que de préserver et de renforcer le multilatéralisme. Elles s’engagent à unir leurs forces en faveur d’un monde plus pacifique, plus coopératif et plus juste, qui repose solidement sur les valeurs communes que sont la paix, la démocratie, les droits de l’homme, l’État de droit, l’égalité de genre, le développement durable, la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. Elles s’accordent sur l’importance de mettre en place et de renforcer des alliances mondiales pour parvenir à un système multilatéral efficace permettant de faire face aux problèmes qui se posent à l’échelle mondiale, dans la perspective d’un monde plus sûr et meilleur pour tous.
Article 78
Multilatéralisme et gouvernance mondiale
1. Les parties sont attachées à l’ordre international fondé sur des règles, ayant comme principe clé le multilatéralisme et comme élément central les Nations unies. Elles promeuvent le dialogue international et recherchent des solutions multilatérales pour faire avancer l’action mondiale.
2. Les parties prennent les mesures nécessaires à la ratification des traités et conventions internationaux pertinents ou à l’adhésion à ceux-ci, selon le cas, ainsi qu’à leur mise en œuvre et à leur transposition en droit national.
3. Les parties s’efforcent de renforcer la gouvernance mondiale et de soutenir les réformes et la modernisation nécessaires des institutions multilatérales afin de les rendre plus représentatives, réactives, efficaces, efficientes, inclusives, transparentes, démocratiques et comptables de leurs actes.
4. Les parties approfondissent leur approche multipartite du multilatéralisme en interagissant plus efficacement avec la société civile, le secteur privé et les partenaires sociaux dans le cadre de l’élaboration de réponses aux problèmes mondiaux.
Article 79
Coopération dans les enceintes et organisations internationales
1. Les parties s’efforcent d’adopter des résolutions, des déclarations et des communications communes, de coordonner leurs positions et, le cas échéant, de voter et de prendre des mesures conjointes, sur la base d’une communauté d’intérêts, du respect mutuel et de l’égalité, de manière à renforcer leur présence et à faire davantage entendre leur voix au sein des organisations et enceintes internationales et régionales.
2. Les parties établissent les modalités opérationnelles appropriées permettant une coopération et une coordination efficaces au niveau international, y compris la convocation de réunions ministérielles au niveau des membres de l’OEACP/de la partie UE. Elles s’efforcent de trouver régulièrement, au niveau tant politique qu’opérationnel, un terrain d’entente sur une série de sujets stratégiques et d’unir leurs forces sur des questions d’intérêt mutuel et de portée mondiale pour faire avancer l’action mondiale.
3. Les parties peuvent chercher activement à coopérer étroitement et à établir des partenariats stratégiques avec des pays tiers et des groupes qui partagent leurs valeurs et leurs intérêts, en vue d’optimiser les solutions coopératives aux problèmes communs chaque fois que possible.
Article 80
Domaines d’action internationale
1. Les parties conviennent de coopérer et d’entreprendre des actions communes sur des questions liées aux priorités stratégiques définies dans la partie II, ainsi que sur d’autres sujets de préoccupation, selon ce qu’elles jugent nécessaire.
2. Les parties renforcent la coopération et le dialogue afin de garantir la paix et la sécurité internationales. Elles adoptent une approche inclusive et intégrée, ancrée dans des partenariats régionaux et internationaux vastes, approfondis et durables, pour prévenir et gérer les conflits et les crises. Elles œuvrent aux niveaux national, régional et international pour renforcer l’efficacité de l’engagement multilatéral en faveur d’une paix et d’une sécurité durables grâce à des partenariats renforcés avec les Nations unies et les acteurs régionaux et sous-régionaux. Elles s’attaquent aux crimes graves qui touchent la communauté internationale et aux menaces qui pèsent sur la sécurité internationale telles que la criminalité organisée, le terrorisme et l’extrémisme violent, et elles coopèrent pour promouvoir et renforcer l’architecture du contrôle des armes, de la non-prolifération et du désarmement à l’échelle internationale, ainsi que pour renforcer la cybersécurité et lutter contre la cybercriminalité.
3. Les parties jouent un rôle actif dans les enceintes internationales en vue de défendre les normes et accords internationaux visant à promouvoir et à protéger les droits de l’homme pour tous, à parvenir à l’égalité de genre et à renforcer la démocratie et l’État de droit. Elles coopèrent avec les organes et mécanismes des Nations unies en matière de droits de l’homme et soutiennent pleinement l’action du Conseil des droits de l’homme. Elles nouent des alliances transrégionales pour servir des valeurs et des intérêts communs, s’il y a lieu.
4. Les parties coopèrent pour avancer sur la voie de la réalisation des ODD et d’autres feuilles de route adoptées au niveau international pour la promotion du développement humain et social. Elles coopèrent étroitement au niveau international pour:
| a) | mettre un terme à l’extrême pauvreté et à la faim; |
| b) | lutter contre l’insécurité alimentaire et y remédier; |
| c) | promouvoir l’accès universel à des services sociaux de qualité et abordables tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’assainissement et le logement; |
| d) | autonomiser les femmes et les jeunes; |
| e) | protéger les personnes les plus vulnérables de la société et faciliter leur inclusion dans la vie économique, sociale et politique, et leur contribution à celle-ci, en ne laissant personne de côté. |
Elles coopèrent pour renforcer la cohérence du système financier et monétaire international afin de garantir un meilleur accès au financement du développement à l’appui du développement durable.
5. Les parties œuvrent ensemble au niveau international pour parvenir à une croissance et à un développement économiques inclusifs et durables au moyen de mesures visant la transformation économique structurelle, la création d’emplois décents pour tous et l’intégration des membres de l’OEACP dans l’économie mondiale, y compris par l’intégration régionale et continentale. Les parties préservent et renforcent le système commercial multilatéral fondé sur des règles, articulé autour de l’OMC, dans toutes ses fonctions, afin qu’il puisse répondre efficacement aux défis du commerce mondial et exploiter le potentiel de développement du commerce.
6. Les parties intensifient leur coopération afin de promouvoir une action collective forte et résolue en matière de durabilité environnementale et de lutte contre le changement climatique, en revoyant à la hausse les ambitions mondiales et en montrant la voie à suivre pour atteindre les objectifs à long terme de l’accord de Paris. Elles défendent les normes et accords internationaux qui permettent de fournir des biens publics mondiaux et protègent les générations futures, y compris les efforts visant à renforcer la gouvernance internationale des océans.
7. Les parties s’emploient, en collaboration avec des partenaires du monde entier, à adopter une approche complète et globale à l’égard de tous les aspects liés à la migration et à la mobilité, fondée sur les principes de solidarité, de responsabilité partagée et de partenariat.
PARTIE IV
MOYENS DE COOPÉRATION ET MISE EN ŒUVRE
Article 81
Moyens efficaces et diversifiés de coopération
1. Les parties conviennent de mobiliser des ressources tant financières que non financières afin d’atteindre les objectifs fixés dans le présent accord sur la base des intérêts mutuels, dans un esprit de véritable partenariat et conformément au principe consistant à «ne laisser personne de côté». Elles soulignent l’importance du financement pour le développement, essentiel à la mise en œuvre du programme à l’horizon 2030 et de l’accord de Paris.
2. Les parties conviennent que les moyens de coopération sont diversifiés et englobent toute une série de politiques et d’instruments, provenant de tous les acteurs et sources disponibles. Elles conviennent également que les moyens de coopération sont adaptés de manière à tenir compte des objectifs, stratégies et priorités des différents pays et régions arrêtés aux niveaux national, régional, continental et interrégional, et sont mis en œuvre sur cette base.
3. Les parties réaffirment leur attachement aux principes d’efficacité du développement, à savoir l’appropriation des priorités de développement par les pays partenaires, des partenariats inclusifs, l’accent mis sur les résultats, la transparence et la responsabilité mutuelle.
Article 82
Coopération internationale au développement
1. La partie UE réaffirme sa volonté politique d’accroître les ressources de la coopération au développement en vue de parvenir à un développement durable, notamment par l’éradication de la pauvreté et la lutte contre la dégradation de l’environnement et le changement climatique. La partie UE s’engage à mettre à disposition les ressources financières appropriées conformément à ses règles et procédures internes.
2. Les parties conviennent que, dans l’affectation des ressources, la priorité est accordée aux pays qui en ont le plus besoin, où ces ressources sont susceptibles d’avoir le plus d’effet, en particulier aux PMA, aux pays à faible revenu, aux pays en crise ou en proie à des conflits, en situation post-crise et/ou post-conflit, aux pays en situation de fragilité ou de vulnérabilité, notamment les PEID, et aux pays enclavés en développement. L’attention requise est également accordée aux problèmes spécifiques rencontrés par les pays à revenu intermédiaire, notamment en ce qui concerne les inégalités, l’exclusion sociale et l’accès aux ressources.
3. La partie UE mobilise des ressources pour soutenir des programmes dans les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et contribue à la coopération et aux initiatives régionales, interrégionales et intercontinentales, visant à renforcer la coopération entre les parties sur des questions d’intérêt mutuel et commun.
4. Les parties conviennent que la coopération peut prendre différentes formes, telles que des programmes d’appui aux politiques sectorielles, des mesures de coopération administrative et technique, un renforcement des capacités et des arrangements triangulaires, et peut être fournie au moyen de différents types de financement et de procédures, y compris l’appui budgétaire, les garanties budgétaires et les opérations de mixage.
5. La partie UE et les membres de l’OEACP les plus avancés s’engagent à développer de nouvelles formes de coopération, parmi lesquelles des instruments financiers innovants et le cofinancement.
6. Les parties coopèrent et encouragent l’utilisation des ressources financières pour favoriser la mobilisation des ressources nationales, fournir une aide humanitaire et une aide d’urgence, faire face à des circonstances imprévues, à de nouveaux besoins ou à des défis émergents, faciliter les échanges et promouvoir les initiatives ou priorités internationales.
7. Les parties conviennent que toute décision ayant pour objet de fournir un appui budgétaire:
| a) | est fondée sur un ensemble clair de critères d’éligibilité ainsi que sur une évaluation approfondie des risques et des avantages; |
| b) | repose sur l’appropriation nationale, la responsabilité mutuelle et l’attachement partagé aux valeurs et principes universels; |
| c) | prévoit un dialogue stratégique renforcé, une gouvernance améliorée et des efforts complémentaires visant à recueillir davantage de fonds et à les dépenser à meilleur escient; et |
| d) | est modulée de manière à mieux correspondre au contexte politique, économique et social du pays bénéficiaire. |
8. Les parties conviennent de promouvoir la prévisibilité et la sécurité des apports de ressources et d’intensifier leurs efforts en vue d’améliorer encore leur gestion et leur mise en œuvre de la coopération au développement, notamment au moyen d’une meilleure coordination et d’une plus grande cohérence, et en tenant compte de leurs avantages comparatifs respectifs, y compris en ce qui concerne les expériences de transition.
9. Les parties conviennent que la programmation est fondée sur un dialogue précoce, continu et inclusif entre la partie UE et les membres de l’OEACP, en ce compris les autorités nationales et locales ainsi que les organisations régionales, continentales et internationales, et associant les parlements, la société civile, le secteur privé et d’autres parties prenantes, afin de renforcer l’appropriation démocratique du processus et d’encourager l’appui aux stratégies nationales et régionales. Elles conviennent que la programmation est synchronisée avec les cycles stratégiques des bénéficiaires, le cas échéant, et s’engagent à recourir à leurs institutions, systèmes et procédures. Elles conviennent en outre que la programmation établit un cadre pluriannuel de coopération spécifique et adapté, prévoyant des moyens de coopération diversifiés.
10. Les parties conviennent que la coopération avec les pays tiers et d’autres acteurs, y compris la coopération sud-sud et la coopération triangulaire, est encouragée en cas de valeur ajoutée manifeste et d’avantage comparatif avéré.
11. Les parties peuvent décider de procéder à un examen de la gestion et de l’incidence des ressources financières, à un moment qui leur convient, en vue d’améliorer l’efficacité de la programmation de l’aide et des dotations.
12. Les parties renforcent le dialogue et la coopération en matière de rationalisation de l’utilisation des ressources financières, y compris en coopérant avec l’Office européen de lutte antifraude, s’il y a lieu.
Article 83
Ressources publiques nationales
1. Les membres de l’OEACP qui sont parties au présent accord réaffirment leur volonté de renforcer la mobilisation des ressources nationales. Ils promeuvent des environnements propices à l’accroissement des flux privés nationaux et stimulent le commerce comme moteur de développement.
2. Les membres de l’OEACP qui sont parties au présent accord s’efforcent d’améliorer le recouvrement des recettes en modernisant les systèmes fiscaux, en améliorant les politiques fiscales, en optimisant le recouvrement de l’impôt ainsi qu’en renforçant et en réformant l’administration fiscale. Ils œuvrent à l’amélioration de l’équité, de la transparence, de l’efficience et de l’efficacité de leurs systèmes fiscaux, y compris en élargissant la base d’imposition et en poursuivant les efforts visant à intégrer le secteur informel dans l’économie formelle compte tenu du contexte national. Ils renforcent la légitimité fiscale en améliorant l’efficience et l’efficacité de leurs dépenses publiques.
3. Les parties conviennent de redoubler d’efforts pour lutter contre les flux financiers illicites et les éradiquer, pour coopérer en matière de recouvrement des avoirs et des capitaux perdus, ainsi que pour renforcer l’échange de bonnes pratiques en matière de restitution des avoirs afin de favoriser le développement durable. Elles promeuvent des mesures de lutte contre la corruption, la fraude et le blanchiment de capitaux et prennent des mesures pour lutter contre l’évasion fiscale, la fraude fiscale et d’autres pratiques fiscales dommageables, grâce à une coopération internationale accrue, à une meilleure réglementation nationale ainsi qu’à des capacités et un échange d’informations renforcés.
4. Les parties renforcent la bonne gouvernance, la transparence et l’obligation de rendre des comptes en matière financière et fiscale, et coopèrent en ce sens. Elles s’engagent à intensifier la coopération fiscale internationale de manière inclusive, équitable et transparente et, à cet égard, conviennent de coopérer dans les enceintes internationales sur les questions fiscales internationales.
Article 84
Ressources privées nationales et internationales
1. Les parties reconnaissent que les flux de capitaux privés sont des compléments indispensables aux efforts de développement nationaux. Elles élaborent des politiques et, au besoin, renforcent les cadres et instruments réglementaires afin de rendre les mesures d’incitation du secteur privé plus conformes aux objectifs publics. Elles coopèrent afin de mobiliser des investissements durables et responsables, d’encourager le secteur privé à intervenir dans le processus de développement en tant que partenaire, et d’investir dans des domaines essentiels pour le développement durable.
2. Les parties s’efforcent d’utiliser le mixage de subventions et de prêts ainsi que les garanties comme leviers pour attirer les capitaux privés, et de remédier aux défaillances du marché, tout en limitant les distorsions de ce dernier.
3. Les parties reconnaissent que les envois de fonds sont une source de financement privé essentielle pour le développement durable. Elles mettent en place la législation et les cadres réglementaires nécessaires à la création d’un marché compétitif et transparent pour des envois de fonds moins onéreux, plus rapides et plus sûrs empruntant des voies légales et officielles tant dans les pays d’envoi que dans les pays de réception, ainsi qu’à la mise sur pied de solutions de transfert innovantes et abordables. Elles encouragent la création de produits financiers innovants et créent des incitations pour renforcer la contribution de leur diaspora au développement. Elles promeuvent le dialogue entre toutes les parties prenantes publiques et privées pour faciliter les envois de fonds et accroître ainsi leur incidence sur le développement.
Article 85
Dette et soutenabilité de la dette
1. Les parties s’engagent à rendre l’endettement viable à long terme au moyen de politiques coordonnées axées sur le financement, la réduction, la restructuration ou la gestion de la dette, selon le cas. Elles conviennent d’aider les pays à renforcer leurs capacités de gestion de la dette et à élaborer des stratégies de la dette à moyen et à long terme.
2. Les parties soulignent l’importance de la collaboration entre les débiteurs et les créanciers pour prévenir et résoudre les crises de la dette. Elles s’accordent sur la nécessité de renforcer le dialogue, le partage d’informations et la transparence, de sorte que les évaluations et les analyses de la soutenabilité de la dette reposent sur des données complètes, objectives et fiables.
3. Les parties, prenant en considération les liens entre la dette et la croissance économique, s’engagent à dialoguer et à coopérer dans le cadre des discussions internationales sur le problème général de la dette, sans préjudice des discussions spécifiques se déroulant dans les enceintes appropriées.
4. Les parties conviennent de contribuer, au besoin, à des initiatives de réduction de la dette approuvées au niveau international afin d’alléger la charge de la dette pesant sur les membres de l’OEACP.
PARTIE V
CADRE INSTITUTIONNEL
Article 86
Institutions communes
1. Les parties établissent les institutions communes suivantes au niveau des membres de l’OEACP et de la partie UE: le Conseil des ministres OEACP-UE, le Comité des hauts fonctionnaires au niveau des ambassadeurs OEACP-UE (ALSOC de l’OEACP-UE) et l’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE. Les parties établissent également en tant qu’institutions communes pour chacun des protocoles régionaux, un Conseil des ministres, un Comité mixte et une Assemblée parlementaire.
2. Les parties veillent à garantir la coordination et la complémentarité entre les institutions communes du présent accord et les institutions communes d’autres cadres ou accords auxquels elles sont parties, y compris les APE, sans préjudice des dispositions pertinentes de ces derniers.
Article 87
Sommet des chefs d’État ou de gouvernement
Les parties peuvent se réunir au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, d’un commun accord et sous la forme appropriée, sur la base d’un calendrier et d’un ordre du jour arrêtés de commun accord.
Article 88
Conseil des ministres OEACP-UE
1. Le Conseil des ministres OEACP-UE comprend, d’une part, un représentant de chaque membre de l’OEACP au niveau ministériel et, d’autre part, des représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau ministériel. Il est coprésidé par le président désigné par les membres de l’OEACP, d’une part, et par le président désigné par la partie UE, d’autre part.
2. Le Conseil des ministres OEACP-UE se réunit, en principe, tous les trois ans et chaque fois que cela est jugé nécessaire à l’initiative des coprésidents, sous une forme et dans une composition appropriées aux thèmes à traiter. Des observateurs peuvent participer aux réunions s’il y a lieu.
3. Le Conseil des ministres OEACP-UE peut créer des comités et des groupes de travail chargés de traiter de questions spécifiques de manière plus efficace et plus efficiente, telles que des questions relatives au commerce et au financement du développement. Il peut également déléguer des pouvoirs à l’ALSOC de l’OEACP-UE.
4. Les fonctions du Conseil des ministres OEACP-UE sont les suivantes:
| a) | donner des orientations politiques stratégiques; |
| b) | superviser la mise en œuvre effective et cohérente du présent accord; |
| c) | adopter des lignes directrices et prendre des décisions pour donner effet aux aspects spécifiques nécessaires à la mise en œuvre des dispositions du présent accord; et |
| d) | adopter des positions communes, convenir d’actions conjointes en matière de coopération internationale et faciliter la coordination au sein des organisations et des enceintes internationales. |
5. Le Conseil des ministres OEACP-UE adopte des décisions qui sont contraignantes pour toutes les parties, sauf indication contraire, ou formule des recommandations concernant l’une quelconque de ses fonctions énumérées au paragraphe 4 d’un commun accord. Il ne peut valablement délibérer qu’en présence des représentants de l’Union européenne, d’au moins la moitié des États membres de l’Union européenne et d’au moins deux tiers des membres représentant les gouvernements de l’OEACP. Tout membre du Conseil des ministres OEACP-UE empêché peut se faire représenter. Le représentant exerce tous les droits du membre empêché. Le Conseil des ministres OEACP-UE présente à l’Assemblée parlementaire paritaire un rapport sur la mise en œuvre du présent accord. Il examine et prend en considération les résolutions et recommandations adoptées par l’Assemblée parlementaire paritaire.
6. Le Conseil des ministres OEACP-UE peut prendre des décisions ou formuler des recommandations par procédure écrite. Le recours à la procédure écrite peut être proposé par l’une des parties et cette procédure peut être lancée après accord des coprésidents. Les règles énoncées au paragraphe 5 s’appliquent mutatis mutandis à la procédure écrite.
7. Le Conseil des ministres OEACP-UE adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord.
Article 89
Comité OEACP-UE au niveau des hauts fonctionnaires ou des ambassadeurs
1. Le Comité OEACP-UE au niveau des hauts fonctionnaires ou des ambassadeurs comprend, d’une part, un représentant de chaque membre de l’OEACP au niveau des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires et le secrétaire général de l’OEACP dans le cadre de ses fonctions et, d’autre part, des représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires. Le Comité OEACP-UE au niveau des hauts fonctionnaires ou des ambassadeurs se réunit une fois par an et en session extraordinaire à la demande des coprésidents, et en particulier pour préparer les sessions du Conseil des ministres OEACP-UE. Il est coprésidé par les mêmes parties que celles qui exercent la coprésidence du Conseil des ministres OEACP-UE. Il prend ses décisions et formule des recommandations par commun accord des parties. Des observateurs peuvent participer aux réunions s’il y a lieu.
2. Le Comité OEACP-UE au niveau des hauts fonctionnaires ou des ambassadeurs prépare les sessions du Conseil des ministres OEACP-UE, assiste ce dernier dans l’accomplissement de ses tâches et exécute tout mandat qui lui est confié par celui-ci.
3. Le Comité OEACP-UE au niveau des hauts fonctionnaires ou des ambassadeurs adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord.
Article 90
Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE
1. Chaque membre des trois assemblées parlementaires régionales est membre de l’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE. L’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE se réunit une fois par an, comme précisé dans son règlement intérieur visé au paragraphe 3. Elle est coprésidée par un membre du Parlement européen et par un parlementaire des membres de l’OEACP, désignés selon leurs procédures respectives.
2. Les fonctions de l’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE, en tant qu’organe consultatif, sont les suivantes:
| a) | adopter des résolutions et formuler des recommandations en vue de la réalisation des objectifs définis dans le présent accord; et |
| b) | promouvoir les processus démocratiques, favoriser la coopération entre les parlements et permettre une plus grande compréhension entre les peuples des membres de l’OEACP et ceux de l’Union européenne. |
3. L’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord.
Article 91
Sommets régionaux
Les parties à chaque protocole régional peuvent décider de se réunir au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, selon une périodicité à convenir par les parties respectives et sur la base d’un calendrier et d’un ordre du jour arrêtés de commun accord.
Article 92
Conseils des ministres régionaux
1. Les parties instituent un Conseil des ministres pour chacun des trois protocoles régionaux:
| a) | le Conseil des ministres Afrique-UE comprend, d’une part, un représentant de chaque État partie d’Afrique au niveau ministériel et, d’autre part, des représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau ministériel; |
| b) | le Conseil des ministres Caraïbes-UE comprend, d’une part, un représentant de chaque membres de l’OEACP des Caraïbes au niveau ministériel et, d’autre part, des représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau ministériel; et |
| c) | le Conseil des ministres Pacifique-UE comprend, d’une part, un représentant de chaque État partie du Pacifique au niveau ministériel et, d’autre part, des représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau ministériel. |
Chaque conseil des ministres régional est coprésidé par un président désigné respectivement par les États parties d’Afrique, des Caraïbes ou du Pacifique, d’une part, et par le président désigné par la partie UE, d’autre part, selon leurs propres procédures.
Chaque conseil des ministres régional se réunit selon une périodicité à convenir par les parties respectives, dans une composition adaptée aux thèmes à traiter et à l’initiative des coprésidents, et prend ses décisions par commun accord.
2. Les fonctions de chaque conseil des ministres régional sont les suivantes:
| a) | fixer des priorités et, s’il y a lieu, établir des plans d’action concernant les objectifs de son protocole régional; |
| b) | adopter des décisions et formuler des recommandations pour donner effet à des aspects spécifiques de son protocole régional, y compris les décisions concernant la révision ou la modification de ce dernier, conformément à l’article 99, paragraphe 5; les décisions sont contraignantes pour toutes les parties au protocole régional concerné, sauf indication contraire; et |
| c) | mener un dialogue et procéder à des échanges de vues sur toute question d’intérêt commun. |
3. Chaque conseil des ministres régional adopte des décisions ou formule des recommandations par commun accord. Il ne peut valablement délibérer qu’en présence des représentants de l’Union européenne, d’au moins la moitié de ses États membres et d’au moins deux tiers des membres représentant la région d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique concernée. Tout membre d’un conseil des ministres régional empêché peut se faire représenter. Le représentant exerce tous les droits du membre empêché.
4. Chaque conseil des ministres régional:
| a) | peut adopter des décisions ou formuler des recommandations par procédure écrite; les règles énoncées à l’article 88 s’appliquent mutatis mutandis à la procédure écrite du Conseil des ministres régional; |
| b) | peut créer des sous-comités et des groupes de travail pour traiter de questions spécifiques de manière plus efficace et plus efficiente et peut déléguer des pouvoirs au comité mixte régional correspondant; |
| c) | présente au Conseil des ministres OEACP-UE un rapport sur la mise en œuvre de son protocole; et |
| d) | adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord. |
Article 93
Comités mixtes régionaux
1. Chaque comité mixte régional est composé, d’une part, d’un représentant de chaque membre de l’OEACP d’Afrique pour le protocole Afrique-UE, de chaque membre de l’OEACP des Caraïbes pour le protocole Caraïbes-UE et de chaque État du Pacifique membre de l’OEACP pour le protocole Pacifique-UE, au niveau des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires, et, d’autre part, de représentants de l’Union européenne et de ses États membres au niveau des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires.
2. Chaque comité mixte régional est coprésidé par les mêmes parties que celles qui exercent la coprésidence du Conseil des ministres régional correspondant. S’il y a lieu, il peut décider d’inviter des observateurs sur proposition de l’une des parties, après accord des coprésidents.
3. Chaque comité mixte régional prépare les sessions du conseil des ministres régional correspondant, assiste ce dernier dans l’accomplissement de ses tâches et exécute tout mandat qui lui est confié par celui-ci.
4. Chaque comité mixte régional adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord.
Article 94
Assemblées parlementaires régionales
1. Les parties instituent, pour chacun des protocoles régionaux, une assemblée parlementaire régionale, qui est coprésidée par un membre du Parlement européen, d’une part, et un parlementaire issu respectivement des États parties d’Afrique, des Caraïbes ou du Pacifique, d’autre part, désignés conformément à leurs propres procédures:
| a) | l’Assemblée parlementaire Afrique-UE comprend, d’une part, des membres du Parlement européen et, d’autre part, des parlementaires de chaque État partie d’Afrique, en nombre égal; |
| b) | l’Assemblée parlementaire Caraïbes-UE comprend, d’une part, des membres du Parlement européen et, d’autre part, des parlementaires de chaque État partie des Caraïbes, en nombre égal; |
| c) | l’Assemblée parlementaire Pacifique-UE comprend, d’une part, des membres du Parlement européen et, d’autre part, des parlementaires de chaque État partie du Pacifique, en nombre égal. |
2. En tant qu’organe consultatif, chaque assemblée parlementaire régionale se réunit avant les réunions du conseil des ministres régional correspondant. À cet égard, chaque assemblée parlementaire régionale reçoit en temps utile l’ordre du jour du conseil des ministres régional correspondant, sur la base duquel elle peut adresser des recommandations audit conseil des ministres, et elle est informée des décisions et des recommandations du conseil des ministres régional correspondant.
3. Chaque assemblée parlementaire régionale:
| a) | peut adopter des résolutions et examiner toute question relative à son protocole régional; |
| b) | peut promouvoir les processus démocratiques par le dialogue et la concertation et faciliter une plus grande compréhension entre les peuples de l’Union européenne et ceux d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique; |
| c) | établit des contacts avec l’Assemblée parlementaire paritaire OEACP-UE sur les questions relevant du présent accord, afin de garantir la coordination et la cohérence; et |
| d) | adopte son règlement intérieur lors de sa première réunion, et au plus tard six mois après l’entrée en vigueur du présent accord. |
Article 95
Dialogue avec les parties prenantes
1. Les parties conviennent que le dialogue avec les parties prenantes, notamment les autorités locales, la société civile et les représentants du secteur privé, fait partie intégrante d’une prise de décision en toute connaissance de cause et de la promotion des objectifs du présent partenariat.
2. Les parties prenantes sont informées en temps utile et peuvent apporter leur contribution au vaste processus de dialogue, en particulier dans la perspective des réunions du conseil des ministres correspondant.
3. Afin de promouvoir ce dialogue, des mécanismes ouverts et transparents permettant une consultation structurée des parties prenantes sont mis en place, s’il y a lieu.
4. Les résultats des consultations avec les parties prenantes sont communiqués au conseil des ministres, au comité mixte ou à l’assemblée parlementaire concernés, selon le cas.
PARTIE VI
DISPOSITIONS FINALES
Article 96
Application territoriale
Le présent accord s’applique, d’une part, aux territoires où le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne sont applicables et dans les conditions prévues par lesdits traités et, d’autre part, aux territoires des membres de l’OEACP.
Article 97
Autres accords ou arrangements
Les traités, conventions, accords ou arrangements conclus entre un ou plusieurs États membres de l’Union européenne et un ou plusieurs membres de l’OEACP, de quelque nature que ce soit, ne font pas obstacle à la mise en œuvre du présent accord.
Article 98
Consentement à être lié, entrée en vigueur et application provisoire
1. Les parties expriment leur consentement à être liées par le présent accord conformément à leurs règles et procédures internes respectives.
2. Le présent accord entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date à laquelle l’Union européenne et ses États membres et au moins deux tiers des membres de l’OEACP ont achevé leurs procédures internes respectives à cet effet et déposé leurs instruments exprimant leur consentement à être liés auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne (ci-après dénommé «dépositaire»), qui en transmet une copie certifiée conforme au secrétariat de l’OEACP.
3. Le membre de l’OEACP n’ayant pas accompli les procédures visées au paragraphe 2 à la date d’entrée en vigueur du présent accord conformément au paragraphe 2 ne peut le faire que dans un délai de douze mois à compter de ladite date. Pour ce membre de l’OEACP, le présent accord devient applicable le premier jour du deuxième mois suivant le dépôt de ses instruments exprimant son consentement à être lié auprès du dépositaire, qui en transmet une copie certifiée conforme au secrétariat de l’OEACP. Ce membre de l’OEACP reconnaît la validité de toute mesure d’application du présent accord prise après la date de son entrée en vigueur conformément au paragraphe 2.
4. Nonobstant les paragraphes 2 et 3, l’Union européenne et les membres de l’OEACP peuvent appliquer le présent accord à titre provisoire, en tout ou en partie, dans l’attente de son entrée en vigueur et conformément à leurs procédures internes respectives. L’application provisoire débute le premier jour du deuxième mois suivant la date de signature du présent accord. Avant que débute l’application provisoire, l’Union européenne notifie aux membres de l’OEACP au dépositaire les parties du présent accord qui sont appliquées à titre provisoire.
Article 99
Durée et révision
1. Le présent accord est conclu pour une durée initiale de 20 ans. Trois ans avant la fin de cette période initiale, les parties engagent un dialogue en vue de réexaminer les dispositions qui régiront ultérieurement leurs relations. Le présent accord est tacitement prorogé pour une période unique de cinq ans, à moins que toutes les parties ne décident de le résilier ou de le proroger avant la fin de la période initiale de 20 ans.
2. Les parties peuvent soumettre des propositions de modification du présent accord au Conseil des ministres OEACP-UE au plus tard six mois avant la réunion pertinente du Conseil des ministres OEACP-UE. Toute modification est approuvée par le Conseil des ministres OEACP-UE et est soumise aux procédures prévues à l’article 98 pour l’entrée en vigueur et l’application provisoire du présent accord.
3. Dans les six mois qui suivent l’expiration du programme à l’horizon 2030, les parties entament des négociations en vue de réexaminer et de revoir les priorités stratégiques du présent accord, y compris le protocole régional pour l’Afrique, le protocole régional pour les Caraïbes et le protocole régional pour le Pacifique, et d’introduire toute autre modification nécessaire. L’accord modifié entre en vigueur conformément aux procédures prévues à l’article 98 pour l’entrée en vigueur et l’application provisoire du présent accord.
4. Les parties peuvent soumettre des propositions de modification des annexes du présent accord au Conseil des ministres OEACP-UE au plus tard six mois avant la réunion pertinente du Conseil des ministres OEACP-UE. Toute modification est approuvée par le Conseil des ministres OEACP-UE.
5. Les parties à un protocole régional peuvent soumettre des propositions d’amendements à leur protocole au conseil des ministres régional correspondant et au Conseil des ministres OEACP-UE au plus tard 120 jours avant la réunion pertinente du conseil des ministres régional concerné. Toute modification est adoptée par le conseil des ministres régional concerné et est immédiatement notifiée au Conseil des ministres OEACP-UE, qui peut donner son approbation dans un délai de 120 jours suivant la date de notification, y compris par procédure écrite ou par délégation de pouvoir à l’ALSOC de l’OEACP-UE. Le Conseil des ministres OEACP-UE peut refuser d’approuver une modification jugée incompatible avec le présent accord et communique les motifs de ce refus au conseil des ministres régional concerné. L’absence de refus d’approbation dans un délai de 120 jours suivant la date de notification est réputée constituer une approbation. Le protocole régional modifié entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date de l’approbation.
6. Le Conseil des ministres OEACP-UE peut arrêter les mesures transitoires nécessaires si un nouvel accord est envisagé entre les parties et jusqu’à ce que ledit accord entre en vigueur ou soit appliqué à titre provisoire.
Article 100
Dénonciation
Le présent accord peut être dénoncé par la partie UE à l’égard de chaque membre de l’OEACP et par chaque membre de l’OEACP à l’égard de la partie UE. La dénonciation prend effet six mois après la réception de sa notification écrite par le dépositaire, lequel en transmet une copie certifiée conforme au secrétariat de l’OEACP.
Article 101
Règlement des différends et exécution des obligations
1. Les parties prennent toutes les mesures générales ou particulières nécessaires à l’exécution des obligations qui leur incombent en vertu du présent accord. Elles règlent les divergences et les différends concernant l’application du présent accord entre elles et traitent les questions d’interprétation relatives au présent accord conformément au présent article.
2. Sans préjudice des procédures prévues aux paragraphes 3 à 9 du présent article, et à l’article 74, paragraphe 4, toute question relative à l’interprétation du présent accord peut être résolue au moyen de consultations au sein du Conseil des ministres OEACP-UE ou, avec l’accord des parties, d’un sous-comité spécial ou de tout autre mécanisme approprié rendant compte au Conseil des ministres OEACP-UE. Les parties présentent les informations nécessaires à un examen approfondi de la question, en vue de lui trouver une solution amiable et rapide.
3. Aux fins des paragraphes 4 à 9, on entend par «partie» l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et chaque membre de l’OEACP, d’autre part.
4. Les parties règlent les divergences entre elles dans le cadre du dialogue de partenariat, en vue de prévenir les situations dans lesquelles une partie pourrait juger nécessaire de recourir aux consultations prévues aux paragraphes 5 et 6 du présent article.
5. Si une partie considère que l’autre partie n’a pas satisfait à l’une des obligations lui incombant au titre du présent accord, elle le notifie à l’autre partie, en présentant toutes les informations nécessaires à un examen approfondi de la situation, en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable dans les 90 jours suivant la date de notification. Si cela n’est pas jugé suffisant, les parties procèdent à des consultations structurées et systématiques. Si elles ne parviennent pas à une solution mutuellement acceptable dans les 120 jours suivant le début des consultations, la partie notifiante peut prendre des mesures proportionnées au non-respect de l’obligation en cause.
6. Nonobstant le paragraphe 5, si l’une des parties considère que l’autre partie contrevient à l’un des éléments essentiels énoncés aux articles 9 et 18, sauf en cas d’urgence particulière, ou dans les cas graves de corruption visés à l’article 12, paragraphe 7, elle le notifie à l’autre partie, en présentant toutes les informations nécessaires à un examen approfondi de la situation, en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable dans les 60 jours suivant la date de notification. Si cela n’est pas jugé suffisant, les parties procèdent à des consultations structurées et systématiques. Tout en préservant le caractère bilatéral des consultations, un comité mixte spécial est associé, avec l’accord des parties concernées, au cours de la phase des consultations structurées et systématiques. Le comité mixte spécial, composé en nombre égal de représentants de la partie UE et de membres de l’OEACP, dans le respect des principes de véritable partenariat et de responsabilité mutuelle, délivre des conseils sur l’exécution des obligations et prête son assistance, au besoin, afin que la partie concernée prenne les mesures nécessaires pour se conformer aux obligations découlant du présent accord. La partie concernée reste seule responsable du respect des obligations qui lui incombent en vertu du présent accord. Lorsqu’elles ne sont pas en mesure de parvenir à une solution mutuellement acceptable dans les 90 jours suivant le début des consultations, la partie notifiante peut prendre des mesures appropriées.
7. Si l’une des parties considère qu’une violation d’un des éléments essentiels constitue un cas d’urgence particulière, elle peut prendre des mesures appropriées avec effet immédiat, sans consultations préalables. Les cas d’urgence particulière visent des cas exceptionnels de violation particulièrement grave et manifeste d’un des éléments essentiels visés aux articles 9 et 18.
8. Les «mesures appropriées» visées aux paragraphes 6 et 7, sont prises dans le respect total du droit international et sont proportionnées au défaut d’exécution des obligations au titre du présent accord. La priorité est donnée aux mesures qui perturbent le moins le fonctionnement du présent accord. Les mesures appropriées peuvent comprendre la suspension, en tout ou en partie, du présent accord. Après l’adoption des mesures appropriées, à la demande de l’une des parties, des consultations peuvent être convoquées afin d’examiner la situation de manière approfondie et de trouver des solutions permettant le retrait des mesures appropriées.
9. Les parties conviennent que les consultations sont menées au niveau et sous la forme considérés comme les plus appropriés pour parvenir à une solution mutuellement acceptable. Elles conviennent que, tout en préservant le caractère bilatéral des consultations, les acteurs régionaux et internationaux concernés peuvent être associés au processus de consultation avec l’accord des parties concernées.
Article 102
Adhésion
1. Dès la date de son adhésion à l’Union européenne, tout nouvel État membre devient, moyennant une clause inscrite à cet effet dans l’acte d’adhésion, partie au présent accord. Si l’acte d’adhésion à l’Union ne prévoit pas une telle adhésion automatique de l’État membre au présent accord, l’État membre concerné y adhère en déposant un acte d’adhésion auprès du dépositaire, qui en transmet une copie certifiée conforme au Secrétariat de l’OEACP.
2. Toute demande d’adhésion au présent accord introduite par un État indépendant membre de l’OEACP ou par tout autre État indépendant dont les caractéristiques structurelles et la situation économique et sociale sont comparables à celles des membres de l’OEACP est présentée au Conseil des ministres OEACP-UE. Si la demande est approuvée par le Conseil des ministres OEACP-UE, l’État concerné adhère au présent accord en déposant un acte d’adhésion auprès du dépositaire, qui en transmet une copie certifiée conforme au secrétariat de l’OEACP.
3. Les parties examinent les effets de l’adhésion de nouveaux États sur le présent accord.
4. Le Conseil des ministres OEACP-UE peut décider de toute mesure transitoire ou modificative du présent accord susceptible d’être nécessaire.
Article 103
Statut d’observateur
Aux fins des objectifs du présent accord, des acteurs tiers, y compris des organisations régionales et continentales, peuvent se voir accorder le statut d’observateur au sein des institutions établies par la partie V de la partie générale du présent accord, par décision de l’institution commune concernée.
Article 104
Textes faisant foi
Le présent accord est rédigé en double exemplaire en langues allemande, anglaise, bulgare, croate, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, grecque, hongroise, irlandaise, italienne, lettonne, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise et tchèque, tous les textes faisant également foi.
PROTOCOLES RÉGIONAUX
PROTOCOLE RÉGIONAL POUR L’AFRIQUE
PARTIE I
CADRE DE COOPÉRATION
Article 1
Véritable partenariat
1. Aux fins du présent protocole, on entend par «parties» les parties concernées liées par le présent protocole conformément à l’article 6 de la partie générale du présent accord.
2. Les relations entre les parties sont régies par les dispositions de la partie générale du présent accord et par les priorités stratégiques définies dans le présent protocole, qui se complètent et se renforcent mutuellement, conformément à l’article 6 de la partie générale du présent accord.
3. Les parties mettent en œuvre le présent protocole dans un esprit d’appropriation partagée, de réciprocité, de responsabilité mutuelle et de transparence, avec une complémentarité des responsabilités aux niveaux national, régional et international.
Article 2
Priorités stratégiques
1. Les parties prennent des mesures particulières dans les domaines d’action clés suivants, énoncés dans la partie II du présent protocole:
| a) | croissance et développement économiques inclusifs et durables; |
| b) | développement humain et social; |
| c) | environnement, gestion des ressources naturelles et changement climatique; |
| d) | paix et sécurité; |
| e) | droits de l’homme, démocratie et gouvernance; |
| f) | migration et mobilité. |
2. Les parties peuvent convenir d’autres domaines d’action et de coopération par consentement mutuel.
Article 3
Intégration et coopération régionales et continentales
1. Les parties favorisent les interconnexions et les liens stratégiques entre l’Afrique et l’Union européenne.
2. Les parties soutiennent l’intégration régionale et continentale en Afrique en tant que moyens efficaces de parvenir à la paix et à la prospérité, ainsi que de mettre en œuvre les priorités du présent protocole, en tenant compte des objectifs de l’agenda 2063 de l’Union africaine (UA) (ci-après dénommé «agenda 2063») et d’autres cadres régionaux pertinents.
3. Les parties soutiennent l’intégration économique régionale en Afrique grâce, entre autres, à la création de marchés plus étendus, au renforcement de la connectivité et à la libre circulation des personnes, des marchandises, des services, des capitaux, des travailleurs et des technologies dans le cadre de la mise en œuvre du traité instituant la Communauté économique africaine, fait à Abuja le 3 juin 1991, et de l’accord instituant la zone de libre-échange continentale africaine, fait à Kigali le 21 mars 2018.
4. Les parties aident l’UA et les organisations régionales à promouvoir la paix, la sécurité, la démocratie et la gouvernance dans le cadre de mécanismes régionaux et continentaux tels que l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et l’architecture africaine de gouvernance (AAG).
5. Les parties conviennent de garantir la cohérence et la complémentarité entre le présent protocole et le partenariat intercontinental défini lors des différents sommets UA-UE et dans leurs documents finaux respectifs. Dans leur aspiration à réaliser les priorités continentales énoncées dans l’agenda 2063, les parties reconnaissent le rôle de l’UA et des communautés économiques régionales (CER) dans les questions continentales et transrégionales. Dans ce contexte, elles peuvent engager un dialogue et une coopération sur des questions transrégionales et continentales avec les pays africains qui ne sont pas parties au présent accord.
6. Les parties conviennent de mettre en place une coopération avec les CER ou de la renforcer, reconnaissant le rôle qu’elles jouent en tant qu’éléments essentiels du programme d’intégration africaine. Elles conviennent également de coopérer avec les autres acteurs régionaux et continentaux concernés qui sont désireux et capables de promouvoir des objectifs communs.
7. Les parties encouragent la coopération régionale avec les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) associés à l’UE ainsi qu’avec les régions ultrapériphériques de l’UE dans les domaines d’intérêt commun.
Article 4
Dispositions institutionnelles
1. Les institutions communes créées par le présent protocole, telles qu’elles sont définies dans la partie générale du présent accord, y compris leur composition et leurs fonctions, sont les suivantes:
| a) | le Conseil des ministres Afrique-UE; |
| b) | le Comité mixte Afrique-UE; |
| c) | l’Assemblée parlementaire Afrique-UE. |
2. Les parties tiennent compte des orientations stratégiques et politiques des sommets UA-UE dans leur coopération et dans la mise en œuvre du présent protocole.
Article 5
Consultation des parties prenantes
Les parties mettent en place des mécanismes de consultation ouverts et transparents avec toutes les parties prenantes concernées, en ce compris les autorités locales, les représentants de la société civile et le secteur privé, afin de les tenir au courant des processus politiques et de la mise en œuvre du présent protocole et de recueillir leur contribution à ce sujet, conformément à l’article 5, paragraphe 3, de la partie générale du présent accord.
Article 6
Mise en œuvre et suivi
1. Les parties, pour chaque domaine d’action, promeuvent des mécanismes de coopération efficaces et mènent les activités connexes au niveau intérieur, régional, multinational et continental le plus approprié. À cette fin, elles reconnaissent le rôle des organisations régionales et continentales dans la mise en œuvre du présent protocole et s’efforcent de renforcer la participation des parties prenantes concernées.
2. Les parties suivent la mise en œuvre du présent protocole, notamment dans le cadre d’une approche multipartite. Elles peuvent le réexaminer régulièrement et, le cas échéant, revoir et étendre son champ d’application dans des domaines d’action existants ou nouveaux, conformément à la procédure prévue à l’article 99, paragraphe 5, de la partie générale du présent accord.
PARTIE II
PRINCIPAUX DOMAINES DE COOPÉRATION
TITRE I
Croissance et développement économiques inclusifs et durables
Article 7
Les parties promeuvent une croissance et un développement économiques inclusifs et durables dans leur intérêt et pour leur bénéfice mutuel, en encourageant la transformation et la diversification économiques structurelles, en créant des emplois de qualité assortis de conditions de travail décentes et en faisant progresser l’intégration économique régionale. Elles investissent dans le capital humain et les compétences, promeuvent un cadre macroéconomique solide et créent un environnement des entreprises propice à un accroissement des flux d’investissements et au développement du secteur privé. Elles prennent des mesures et coopèrent pour renforcer les capacités afin d’atténuer le changement climatique et de réduire autant que possible les autres risques environnementaux, soutenant un changement de paradigme en matière de production et de consommation et promouvant des infrastructures résilientes face au changement climatique, les énergies renouvelables et les technologies propres, une gestion rationnelle des déchets et des substances chimiques ainsi qu’une gestion intégrée de l’eau, en vue de dissocier la croissance économique de la dégradation de l’environnement et de permettre une transition progressive vers des économies circulaires. Elles exploitent les secteurs clés à forte croissance et à fort potentiel de création d’emplois décents, conduisant à l’intégration dans les chaînes de haute valeur régionales et mondiales. Elles s’efforcent de faire en sorte que tout un chacun bénéficie de l’ouverture de nouveaux débouchés commerciaux, en accordant une attention particulière aux femmes et aux jeunes, et que les normes fondamentales du travail soient promues et mises en œuvre, y compris au moyen d’un dialogue social efficace.
Article 8
Gouvernance économique
1. Les parties améliorent la stabilité macroéconomique et encouragent les réformes structurelles ainsi que les politiques économiques, budgétaires et monétaires appropriées qui créent l’espace nécessaire à l’expansion des investissements, à la création d’emplois et au développement du secteur privé et renforcent la résilience face aux chocs économiques. Elles facilitent le processus de réforme économique en améliorant la compréhension commune des mécanismes fondamentaux de leurs économies respectives et l’échange d’informations à ce sujet, ainsi que la conception et la mise en œuvre des politiques économiques.
2. Les parties conviennent de soutenir les principes de bonne gouvernance économique, d’adopter des mesures visant à améliorer la gestion des finances publiques, d’œuvrer à la soutenabilité de la dette publique, de renforcer les systèmes statistiques nationaux et régionaux ainsi que les mécanismes de surveillance régionaux et multilatéraux, et de promouvoir une exécution budgétaire transparente prévoyant un accès du public aux documents, des systèmes de contrôle efficaces et un système de marchés publics concurrentiel, transparent et assorti d’une obligation de rendre des comptes.
Article 9
Capital humain et compétences
1. Les parties renforcent le capital humain en investissant dans les domaines de l’éducation et du renforcement des compétences et des capacités en vue de répondre aux exigences du marché du travail et d’améliorer la productivité de la main-d’œuvre, en accordant une attention particulière aux principes d’égalité de genre et de non-discrimination. Elles veillent à ce que les systèmes et programmes d’éducation nationaux soient adaptés aux besoins futurs en matière d’emploi et répondent aux besoins nationaux en matière de capacités.
2. Les parties favorisent des systèmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels axés sur la demande, y compris en établissant des partenariats avec le secteur privé, qui soient adaptés aux besoins et aux possibilités des marchés du travail locaux et régionaux, en particulier dans les zones rurales et reculées.
3. Les parties coopèrent pour élaborer et mettre en œuvre des politiques qui améliorent les compétences et l’habileté numériques et les intègrent dans le système éducatif.
Article 10
Environnement des entreprises et climat d’investissement
1. Les parties améliorent les cadres réglementaires nationaux et régionaux et simplifient les réglementations et procédures commerciales, réduisent et rationalisent les formalités administratives, et renforcent la coopération et les capacités pour mettre en œuvre des politiques de concurrence efficaces. Elles adoptent, pour les entreprises et l’investissement, des cadres réglementaires ouverts, transparents et clairs garantissant la protection des droits de propriété, des droits fonciers et des droits de propriété intellectuelle. Elles garantissent l’efficacité, la transparence et la prévisibilité des systèmes fiscaux et renforcent le rôle des autorités douanières consistant à faciliter les échanges, tout en appliquant les règles mises en place pour lutter contre la fraude et les autres infractions. Elles promeuvent des politiques qui renforcent la pertinence, l’efficacité et l’efficience des institutions du marché du travail, en trouvant le juste équilibre entre flexibilité et protection des travailleurs.
2. Les parties soutiennent les réformes du secteur financier par des mesures qui promeuvent l’amélioration de l’accès au financement et aux services financiers, en particulier pour les micro, petites et moyennes entreprises, le développement et l’interconnectivité des marchés financiers et l’intégration des marchés des capitaux afin de garantir une canalisation efficace de l’épargne vers les investissements productifs et le secteur privé. Elles visent à favoriser la concurrence entre prestataires de services financiers, à développer des secteurs financiers bancaire et non bancaire viables et à renforcer les services financiers mobiles et numériques en vue d’améliorer l’accès au financement, en particulier pour les micro, petites et moyennes entreprises. Elles visent également à renforcer leur collaboration dans la mise en œuvre des normes internationales et à garantir l’ouverture des marchés, la protection des consommateurs et des autres utilisateurs et un accès accru aux services mobiles.
3. Les parties s’efforcent de fournir aux entreprises et aux investisseurs des informations pertinentes et facilement accessibles sur les débouchés commerciaux et sur la manière de créer de nouvelles entreprises en Afrique et dans l’UE. Elles soutiennent un dialogue public-privé structuré, le réseautage entre opérateurs économiques et le développement de partenariats commerciaux, afin de garantir la prise en compte des perspectives du secteur privé dans les efforts visant à réduire les risques liés à l’investissement et à lever les obstacles à l’investissement durable, tout en donnant la priorité aux programmes destinés à réformer le climat d’investissement.
4. Les parties soutiennent le renforcement des capacités des pouvoirs publics afin de poursuivre l’amélioration des politiques et les réformes réglementaires de l’environnement des entreprises et du climat d’investissement, y compris par la formation et les transferts de savoir-faire et de connaissances.
5. Les parties conviennent que les questions liées à l’environnement des entreprises et au climat d’investissement sont dûment prises en compte dans leur dialogue.
Article 11
Infrastructures
1. Les parties soutiennent un développement durable et résilient des infrastructures clés telles que l’énergie, les transports, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et la connectivité numérique, afin de faciliter la transformation de leur économie, en tenant compte du programme de développement des infrastructures en Afrique.
2. Les parties coopèrent pour repérer, promouvoir et financer conjointement des projets susceptibles de faciliter la transformation de leur économie. Elles coopèrent pour construire et entretenir des infrastructures bien ciblées, y compris des parcs industriels et des zones franches d’exportation, afin de soutenir les industries et les secteurs compétitifs liés aux marchés mondiaux.
3. Les parties améliorent la gouvernance du secteur des infrastructures. Elles mobilisent les investissements, renforcent la mobilisation des ressources intérieures, encouragent les partenariats public-privé et tirent parti des compétences et des capacités d’innovation du secteur privé en matière de mise à disposition d’infrastructures et de fourniture de services connexes.
4. Les parties conviennent de faciliter le développement et l’entretien d’infrastructures durables et résilientes par un renforcement de l’appui financier, technologique et technique, en accordant une attention particulière aux pays les moins avancés, aux pays en développement enclavés et aux petits États insulaires en développement (PEID).
Article 12
Propriété intellectuelle
1. Les parties renforcent leur coopération en matière de droits de propriété intellectuelle, y compris en ce qui concerne l’élaboration du cadre réglementaire pour leur promotion, leur protection et leur application effective, en tenant compte des objectifs stratégiques sous-jacents.
2. Les parties coopèrent pour renforcer les capacités de promotion, de protection et d’application effective des droits de propriété intellectuelle aux niveaux intérieur, régional et continental.
3. Les parties veillent à ce que leur législation prévoie des procédures destinées à faire respecter les droits de propriété intellectuelle, de manière à permettre une action efficace de la part des titulaires de droit contre tout acte qui porterait atteinte à leurs droits de propriété intellectuelle.
4. Les parties renforcent les capacités de promotion de l’enregistrement et de la protection des indications géographiques (IG) pour les produits agricoles et alimentaires africains et européens. Elles prennent des mesures pour soutenir la mise en œuvre de la stratégie continentale de l’UA pour le développement des indications géographiques en Afrique, ainsi que pour aider les communautés locales à tirer pleinement parti des IG pour faire progresser les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Article 13
Investissements
1. Les parties s’engagent à œuvrer ensemble pour libérer des investissements durables et responsables de sources intérieures et étrangères, publiques et privées. Elles accordent une attention particulière aux secteurs qui sont essentiels au développement économique, qui présentent un potentiel élevé de création d’emplois durables, en particulier dans les secteurs à valeur ajoutée, et qui favorisent la durabilité environnementale.
2. Les parties conviennent de faciliter les investissements au moyen de législations, de réglementations et de politiques qu’elles élaborent de manière transparente, en encourageant le dialogue public-privé et en donnant la possibilité de participer à toutes les parties prenantes.
3. Les parties intensifient les efforts visant à améliorer le climat d’investissement et l’environnement des entreprises. Elles soutiennent les mesures qui comblent les lacunes qu’ont les investisseurs étrangers dans la connaissance des conditions locales d’investissement. Elles promeuvent les réseaux d’information et de contacts commerciaux et facilitent les investissements conjoints et les coentreprises.
4. Les parties promeuvent une utilisation efficace et plus stratégique des investissements publics pour attirer les investissements du secteur privé grâce à des financements mixtes, des garanties et d’autres instruments financiers innovants afin de mobiliser des ressources supplémentaires sur les marchés des capitaux, de réduire les risques liés à l’investissement et de faciliter l’accès au financement. Les parties tiennent compte d’autres initiatives qui contribuent au financement et à la promotion des investissements du secteur privé en Afrique afin de garantir leur cohérence.
5. Les parties encouragent la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la conduite responsable des entreprises (CRE) tout au long de la chaîne de valeur, en fournissant des cadres d’action favorables qui encouragent l’adoption de pratiques pertinentes par les entreprises et en soutenant le respect, la mise en œuvre, le suivi et la diffusion des normes internationales en la matière telles que les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et la déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale de l’OIT. Elles reconnaissent la contribution d’autres initiatives volontaires, en ce compris l’autorégulation sectorielle, à la durabilité et à la RSE.
Article 14
Industrialisation
1. Les parties promeuvent une industrialisation inclusive et durable en Afrique, par l’innovation et le développement technologique, en mettant l’accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée et à forte intensité de main-d’œuvre.
2. Les parties promeuvent la transformation des économies africaines et leur transition de la dépendance à l’égard des produits de base vers des économies diversifiées grâce au traitement et à la transformation des matières premières au niveau local, à la production de valeur ajoutée et à l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, y compris en tenant compte de la stratégie pour le développement industriel accéléré de l’Afrique.
3. Les parties s’emploient à éliminer les goulets d’étranglement qui entravent le développement industriel. Elles s’attaquent aux contraintes qui pèsent sur l’offre, encouragent les gains de productivité, encouragent l’utilisation des technologies de pointe dans le domaine de l’information et des communications, ainsi que le recours à l’intelligence artificielle, et soutiennent la transformation numérique en tenant compte des technologies de réseaux sociaux, de services mobiles, d’analyse de données et d’informatique en nuage. Elles favorisent des pratiques adaptées au climat et respectueuses de l’environnement, ainsi que l’utilisation d’énergies propres et abordables.
4. Les parties s’efforcent de créer des liens industriels grâce à une plus grande création de valeur, entre autres pour l’agriculture et les pays riches en ressources. Elles favorisent les relations entre petites et grandes industries en Afrique. Elles développent le secteur des services de manière à ce qu’il contribue efficacement à l’industrialisation.
5. Les parties facilitent le développement des micro, petites et moyennes entreprises en Afrique, y compris en établissant des liens en Afrique et des synergies avec des entreprises de l’UE. Elles soutiennent les politiques visant à développer l’esprit d’entreprise chez les jeunes et les femmes dans le cadre de leur autonomisation économique et de la promotion d’un développement inclusif.
Article 15
Développement du secteur privé
1. Les parties promeuvent et renforcent le rôle du secteur privé en tant que moteur efficace d’un développement durable fondé sur la RSE et la CRE. Elles mettent en place un environnement propice à la libération du potentiel de l’entrepreneuriat d’opportunité et à une meilleure exploitation de la base entrepreneuriale africaine, en combinant un ensemble d’outils tels que le financement, les services et la formation, la culture d’entreprise et les cadres réglementaires, ainsi que l’innovation et l’application de technologies modernes. Elles accordent une attention particulière à l’économie informelle et à la formalisation de ses activités.
2. Les parties mettent en place un cadre adapté aux entreprises et aident les micro, petites et moyennes entreprises et les jeunes pousses à saisir les possibilités de croissance, y compris en promouvant des initiatives en faveur de leur internationalisation. Elles renforcent les services de soutien aux micro, petites et moyennes entreprises en mettant l’accent sur les mesures d’accompagnement, l’accès au marché, le renforcement des capacités et la modernisation des entreprises. Elles encouragent et soutiennent l’innovation et l’esprit d’entreprise, en particulier chez les jeunes et les femmes.
3. Les parties soutiennent le dialogue structuré entre les secteurs privés de l’Afrique et de l’UE et la coopération entre les micro, petites et moyennes entreprises africaines et celles de l’UE, afin de contribuer à l’émergence d’un environnement des entreprises plus propice à la croissance dans tous les secteurs économiques.
4. Les parties encouragent la mobilisation et l’action du secteur privé en faveur des entreprises vertes et de l’économie circulaire, y compris par le développement de l’entrepreneuriat social et la facilitation de l’accès au financement durable.
5. Les parties encouragent et facilitent une utilisation plus large de leurs monnaies respectives dans les transactions internationales.
Article 16
Coopération commerciale
1. Les parties, reconnaissant la contribution majeure du commerce à la croissance et au développement de l’économie, favorisent les possibilités commerciales dans leur intérêt mutuel. Elles coopèrent afin de renforcer leurs capacités commerciales et de mettre en place des conditions cadres et des politiques visant à faciliter l’accroissement des flux commerciaux entre elles.
2. Les parties conviennent que la coopération commerciale est mise en œuvre en pleine conformité avec les dispositions de l’OMC, y compris le traitement spécial et différencié.
3. Les parties conviennent que la coopération commerciale s’appuie principalement sur les régimes commerciaux préférentiels existants et les accords de partenariat économique (APE).
4. Les signataires des APE soutiennent leur mise en œuvre, y compris la possibilité d’en élargir le champ d’application et, s’il y a lieu, l’adhésion de nouveaux membres.
5. Les parties coopèrent pour soutenir, avec leurs moyens respectifs, la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine.
6. Les parties conviennent que la mise en œuvre des APE, l’accord instituant la zone de libre-échange continentale africaine et les autres accords commerciaux applicables sont complémentaires, se renforcent mutuellement et contribuent à approfondir le processus d’intégration régionale et continentale engagé au titre du programme de l’UA pour le commerce et la transformation structurelle.
7. Les parties conviennent de maintenir ou de mettre en place, aux niveaux appropriés, des mécanismes conjoints pour suivre la mise en œuvre des APE et discuter des autres accords commerciaux applicables, ainsi que pour évaluer l’incidence de ceux-ci sur le développement des économies africaines et sur leurs processus d’intégration régionale et continentale.
8. Les parties soutiennent les processus d’intégration économique régionale, y compris par la facilitation des échanges et l’harmonisation des réglementations, et encouragent le commerce intra-africain et l’intégration des pays africains dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Elles conviennent également de faciliter et de stimuler la création et la consolidation de marchés régionaux de biens et de services.
9. Les parties soutiennent les initiatives qui réduisent et éliminent les obstacles techniques non nécessaires au commerce dans le cadre de l’accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce (ci-après dénommé «accord OTC»). Elles coopèrent en vue de renforcer les réglementations et les pratiques sanitaires et phytosanitaires conformément à l’accord de l’OMC sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (ci après dénommé «accord SPS»). En particulier, les parties coopèrent pour élaborer des normes internationales qui soutiennent leurs cadres d’action dans ce domaine. Elles coopèrent afin de renforcer la transparence dans la conception de mesures réglementaires et la mise en œuvre de normes, de règlements techniques et de procédures d’évaluation de la conformité (essais, certification et étalonnage). Elles abordent, entre autres, les questions de métrologie et d’accréditation des laboratoires et autres organismes d’évaluation de la conformité, qu’elles combinent avec une infrastructure adéquate de surveillance du marché.
10. Les parties coopèrent dans le domaine de la facilitation des échanges, en s’appuyant sur leurs engagements respectifs au titre de l’accord de l’OMC sur la facilitation des échanges (ci-après dénommé «accord sur la facilitation des échanges»). Elles adoptent des mesures, y compris l’assistance technique, pour mettre en œuvre l’accord OTC, l’accord SPS et l’accord sur la facilitation des échanges, et soutiennent le respect des normes internationales par un renforcement approprié des capacités.
11. Les parties stimulent le développement du marché par l’établissement de liens entre les infrastructures et accordent la priorité à la suppression des obstacles et des contraintes non nécessaires touchant aux exportations entre l’Afrique et l’Union européenne.
12. Les parties s’engagent, en fonction de leur niveau de développement et de leurs priorités, à améliorer l’accès des marchandises aux marchés de l’Afrique et de l’UE afin de maximiser les avantages découlant des accords commerciaux existants.
Article 17
Agriculture
1. Les parties coopèrent en vue d’accroître la production, la productivité et la transformation agricoles durables et de qualité en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les moyens de subsistance, de créer des emplois décents, de renforcer les chaînes de valeur et d’accroître les revenus. Elles renforcent les pratiques résilientes face au changement climatique, promeuvent la gestion et l’utilisation durables des ressources naturelles et des services écosystémiques, éliminent les incitations qui génèrent des modes de production non durables, et utilisent les technologies les plus durables, les moins énergivores et les plus sobres en carbone. Elles assurent la transition vers des systèmes alimentaires durables en prêtant attention à toutes les dimensions de la durabilité, et renforcent la résilience de leurs systèmes agroalimentaires face aux risques climatiques et environnementaux et aux chocs exogènes.
2. Les parties coopèrent en vue de stimuler les investissements publics et privés, de mieux relier les entreprises agroalimentaires de l’Afrique et de l’UE, d’échanger des bonnes pratiques et de réunir les compétences de l’UE et les compétences africaines en matière de développement agricole. Elles soutiennent la mise en œuvre du programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA).
3. Les parties soutiennent les investissements en mettant en place des règles et des réglementations favorables aux investisseurs afin de promouvoir des investissements privés responsables et de permettre à ces investissements de prospérer dans le secteur agroalimentaire. Elles soutiennent le développement de chaînes de valeur agroalimentaires durables, grâce, entre autres, à l’amélioration des infrastructures rurales, de la formation et de l’enseignement professionnels et de la recherche et des technologies agricoles, et à la facilitation de l’accès aux financements et aux marchés.
4. Les parties coopèrent en vue d’améliorer les possibilités d’accès des producteurs, transformateurs et exportateurs agricoles aux marchés nationaux, régionaux et internationaux. Elles promeuvent le renforcement des capacités dans le domaine des normes SPS, des régimes de commerce équitable pour l’industrie agroalimentaire, de l’accès aux services, des conseils agricoles et des technologies appropriées, en accordant une attention particulière aux capacités des jeunes agriculteurs, des femmes, des petits exploitants et des agriculteurs familiaux. Elles renforcent les capacités des organisations agricoles familiales et des micro, petites et moyennes entreprises en ce qui concerne les techniques de production et de transformation, en mettant en place des politiques d’autonomisation, en particulier pour les jeunes et les femmes.
5. Les parties coopèrent en matière de gouvernance du secteur agricole, notamment par des mesures de soutien aux systèmes d’information et d’alerte précoce pour prévenir les crises, par l’élaboration de politiques inclusives et par le renforcement des capacités des organisations professionnelles aux niveaux national, régional et continental. Elles facilitent l’accès aux terres agricoles et à l’héritage, notamment pour les agriculteurs familiaux, les jeunes et les femmes.
Article 18
Élevage et cuir
1. Les parties coopèrent en vue d’améliorer la production animale durable, le pastoralisme et la transhumance transfrontière, de développer les chaînes de valeur de l’élevage, y compris en renforçant les capacités des organisations professionnelles, et de soutenir la transformation, la conservation, le commerce et le développement de produits animaux tels que le cuir, le lait et la viande, en tenant compte de la durabilité environnementale, de la résilience face au changement climatique, du développement socio-économique et de la croissance inclusive. Elles coopèrent également afin de moderniser les infrastructures de transformation et de commercialisation des animaux et des produits animaux, en vue de faciliter l’accès aux marchés et de renforcer les marchés interrégionaux en Afrique.
2. Les parties coopèrent pour développer et moderniser le secteur de l’élevage conformément aux objectifs du PDDAA, en tenant compte de la stratégie de développement de l’élevage en Afrique.
3. Les parties coopèrent en vue d’améliorer la santé animale, de renforcer les services vétérinaires et de garantir une gestion durable des ressources agropastorales. Elles encouragent la mise en place de cadres réglementaires nationaux et régionaux appropriés et le renforcement des capacités de recherche vétérinaire. Elles coopèrent pour faire face aux risques découlant des maladies animales transfrontières en renforçant les mécanismes de surveillance et la coopération épidémiologique transfrontière.
Article 19
Économie bleue et pêche
1. Les parties soutiennent l’économie bleue en conciliant la croissance économique durable et l’amélioration des moyens de subsistance, de l’équité sociale, de la préservation des écosystèmes marins et intérieurs, de leur biodiversité et de leur résilience face au changement climatique, ainsi qu’en renforçant la sécurité alimentaire et la transparence, la fiabilité et la sécurité des systèmes alimentaires.
2. Les parties conviennent de promouvoir des investissements durables et responsables dans l’économie bleue et de soutenir des interventions ciblées visant à stimuler les investissements du secteur privé. Elles promeuvent la gestion intégrée des bassins versants et la planification de l’espace maritime afin de concilier les multiples demandes d’utilisation et la protection de l’environnement. Elles promeuvent en outre le développement et le transfert de technologies ainsi que le partage des connaissances, des innovations, des bonnes pratiques et des enseignements tirés en matière d’économie bleue durable.
3. Les parties promeuvent une pêche marine et intérieure durable pour la création d’emplois et de revenus, la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la sécurité alimentaire et l’amélioration de la nutrition. Elles facilitent les coentreprises, promeuvent la création de valeur ajoutée, remédient aux pertes après récolte par des mesures appropriées et favorisent un meilleur accès aux marchés. Elles renforcent les avantages sociaux et économiques de la pêche à petite échelle, en ce compris de la pêche artisanale, en mettant en place des chaînes de valeur durables dans le secteur de la pêche et en renforçant les investissements et les capacités locales, tout en prêtant attention à la participation des personnes vulnérables et marginalisées.
4. Les parties veillent à la conservation et à la gestion et à l’utilisation durables des ressources halieutiques marines et intérieures afin de maintenir les stocks à des niveaux durables, d’empêcher la surpêche, de soutenir la mise en œuvre de politiques adaptées au climat et de réduire au minimum l’incidence négative de la pêche sur l’environnement naturel. Elles promeuvent la coopération régionale et favorisent les bonnes pratiques en matière de gestion de la pêche, en ce compris la collecte et la communication de données et de statistiques sur la pêche.
5. Les parties coopèrent en vue de développer une aquaculture marine et intérieure durable grâce à une planification efficace de l’espace, à une approche fondée sur les écosystèmes, à un meilleur accès au financement et à une plus grande égalité des conditions de concurrence pour les investisseurs, tout en veillant à répondre aux préoccupations des communautés locales.
6. Les parties promeuvent le développement durable d’un tourisme côtier et maritime qui génère des revenus et crée des emplois en tenant dûment compte des dimensions environnementales et sociales.
7. Les parties étudient les possibilités qu’offrent les activités maritimes durables innovantes, nouvelles et émergentes, notamment l’énergie marémotrice. Elles mettent en place les cadres réglementaires et d’action nécessaires au développement futur, qui soutiennent la recherche et réduisent les goulets d’étranglement techniques afin de faciliter l’accès des investisseurs, tout en évitant les risques pour le milieu marin.
8. Les parties soutiennent la mise en œuvre de stratégies et de plans d’action pour l’économie bleue. Elles facilitent la participation du secteur privé et d’autres parties prenantes au développement et à la mise en œuvre d’une économie bleue durable. Elles accordent toute l’attention requise au développement des PEID, en tenant compte de leur dépendance à l’égard de l’océan.
Article 20
Industries extractives et transformation
1. Les parties promeuvent le secteur des industries extractives en vue de parvenir à une croissance et à un développement inclusifs et durables, ainsi que de réaliser la transformation des économies africaines. Les parties encouragent les investissements dans les industries extractives et la transformation en tenant compte du principe de souveraineté des pays sur leurs ressources naturelles. Elles promeuvent une plus grande intégration entre les chaînes de valeur de l’Afrique et de l’UE.
2. Les parties promeuvent un accès équitable, responsable et non faussé aux ressources minérales, dans le plein respect de la souveraineté des pays sur leurs ressources naturelles, et favorisent un commerce durable entre les opérateurs africains et les opérateurs de l’UE, ainsi que le respect des droits des communautés concernées. Elles soutiennent l’élaboration, l’harmonisation et la mise en œuvre de politiques cohérentes et de cadres juridiques et réglementaires solides en matière d’exploration, d’exploitation, de traitement, de taxation, de transformation et d’exportation des ressources minérales ainsi qu’en matière de délivrance de permis et de contrats. Elles encouragent la participation des micro, petites et moyennes entreprises locales du secteur des industries extractives en facilitant le transfert de compétences et de technologies afin de contribuer à leur compétitivité, pour qu’elles deviennent des acteurs à part entière des chaînes de valeur.
3. Les parties encouragent la bonne gouvernance dans le secteur des industries extractives afin de favoriser le développement socio-économique. Elles renforcent la législation interne afin de garantir le respect des principes et des lignes directrices reconnus au niveau international, en tenant compte, s’il y a lieu, des stratégies régionales. Elles luttent contre la fraude et l’évasion fiscales et veillent à ce que tous les opérateurs s’acquittent des taxes, droits et redevances qu’ils doivent aux pays d’accueil. Elles utilisent des moyens légaux nationaux, régionaux et internationaux pour lutter contre l’exploitation et le commerce illégaux des ressources minérales.
4. Les parties soutiennent les initiatives nationales, régionales et internationales visant à améliorer la transparence et la reddition de comptes dans l’utilisation et la gestion des ressources minérales, y compris par la promotion du processus de Kimberley et de l’initiative pour la transparence des industries extractives et d’autres initiatives pertinentes en matière d’extraction minérale durable et responsable et d’approvisionnement durable et responsable en minerais, tels que le guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque.
5. Les parties soutiennent l’élaboration d’une législation et de mécanismes appropriés, tenant compte des besoins des mineurs artisanaux et à petite échelle, des communautés locales et de la société civile, tout en encourageant leur participation, afin de garantir une exploitation inclusive et durable des ressources minérales. Elles promeuvent la durabilité environnementale, les pratiques adaptées au climat, des conditions de travail décentes, la santé et la sécurité des communautés locales et le respect des droits de l’homme, conformément aux obligations et aux engagements internationaux. Elles coopèrent pour renforcer les capacités de production des entrepreneurs locaux dans les chaînes de valeur du secteur extractif ainsi que celles des mineurs artisanaux et à petite échelle, et encouragent les partenariats sociaux entre les entreprises minières, les communautés locales et les autres parties prenantes. Elles promeuvent les activités nationales et régionales d’exploration et de cartographie en vue d’améliorer la qualité des systèmes d’information géologique et de gestion des données géographiques en Afrique.
Article 21
Industrie manufacturière
1. Les parties coopèrent en vue de promouvoir une industrie manufacturière durable en Afrique, en élaborant des stratégies sur mesure destinées à réduire la dépendance à l’égard de la production primaire bas de gamme et à créer de la valeur aux niveaux local et régional.
2. Les parties élaborent des politiques visant à attirer davantage d’investissements directs intérieurs et étrangers dans le secteur manufacturier. Elles coopèrent pour soutenir les capacités des micro, petites et moyennes entreprises. Elles promeuvent l’innovation ainsi que les pôles, les réseaux et les partenariats manufacturiers avancés.
3. Les parties s’efforcent d’augmenter la part de l’industrie manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre. Elles coopèrent pour assimiler les technologies nouvelles et émergentes en vue de transformer les chaînes d’approvisionnement et de moderniser la production.
4. Les parties soutiennent les efforts visant à accroître le commerce des produits manufacturés en établissant des liens avec les marchés et en facilitant les échanges, y compris en ce qui concerne les normes et l’infrastructure de qualité. Elles renforcent l’intégration régionale afin de libérer le potentiel manufacturier de l’Afrique et d’améliorer la compétitivité de cette dernière sur les marchés mondiaux.
Article 22
Services
1. Les parties prennent des mesures à l’appui d’un secteur des services dynamique et robuste, afin d’ouvrir la voie à un accroissement du commerce des services, des exportations et des investissements, ainsi qu’à un renforcement de l’intégration régionale et de la coopération interrégionale.
2. Les parties élaborent des politiques et des mesures sectorielles pour remédier aux obstacles réglementaires, améliorer les cadres institutionnels et réglementaires et renforcer les capacités en matière de prestation de services. Elles soutiennent la mise en œuvre de l’accord général de l’OMC sur le commerce des services (AGCS), approfondissent la coopération régionale et réduisent la fragmentation des marchés de services en Afrique, renforcent la production et l’analyse de données pour le commerce des services et soutiennent le suivi de l’intégration des services et de l’incidence des réformes sur la réduction du coût des échanges.
3. Les parties coopèrent en vue de renforcer le commerce des services, y compris la circulation des personnes physiques à des fins professionnelles entre l’Afrique et l’UE, en accordant une attention particulière aux secteurs essentiels pour leur croissance et leur développement économiques, tels que les TIC, la santé, les services financiers, la distribution, le tourisme, la construction et les services d’ingénierie connexes, conformément aux accords internationaux existants.
4. Les parties coopèrent pour renforcer les capacités en matière de prestation de services liés aux industries de la culture et de la création.
Article 23
Transports
1. Les parties coopèrent en vue de mettre en place des systèmes de transport modernes, sûrs, sécurisés et durables, qui renforcent l’interconnectivité en Afrique ainsi qu’entre l’Afrique et l’UE.
2. Les parties améliorent la gouvernance globale du secteur des transports en élaborant et en mettant en œuvre des réglementations efficaces qui permettent une concurrence intramodale et intermodale loyale. Elles visent à réduire l’incidence des modes de transport sur l’environnement en promouvant les énergies propres grâce à l’amélioration des normes relatives aux carburants et à des technologies économes en énergie.
3. Les parties favorisent les investissements destinés à soutenir le développement des infrastructures et des réseaux de transport (à savoir routier, aérien, maritime, ferroviaire), en accordant une attention particulière aux infrastructures de liaison manquantes et à leur entretien et en tenant compte du programme pour le développement des infrastructures en Afrique. Elles améliorent l’accès des communautés rurales et isolées aux infrastructures de base afin d’améliorer leur développement socio-économique. Elles œuvrent au renforcement des infrastructures et installations portuaires durables et étudient la possibilité de créer des ports verts.
4. Les parties coopèrent dans le secteur de l’aviation, y compris en soutenant la mise en place et le renforcement du marché unique du transport aérien africain. Elles favorisent les investissements, élargissent et approfondissent la coopération en matière de réglementation et renforcent la sûreté et la sécurité ainsi que la surveillance de l’espace aérien, y compris leur capacité à réagir aux menaces et aux risques qui y sont liés.
Article 24
Énergies durables
1. Les parties s’efforcent d’accélérer l’accès aux énergies durables et abordables, de développer des infrastructures énergétiques résilientes, en particulier dans les zones rurales, et de promouvoir le développement des énergies renouvelables et l’utilisation efficace de l’énergie. Elles encouragent l’utilisation des technologies les plus économes en énergie et les plus sobres en carbone, dans tous les secteurs, en particulier dans l’agriculture, l’industrie manufacturière, les industries extractives et le tourisme.
2. Les parties promeuvent la sécurité énergétique et établissent des interconnexions énergétiques efficaces en Afrique et entre l’Afrique et l’UE, ou renforcent les interconnexions existantes, afin de garantir un approvisionnement énergétique fiable et abordable. Elles s’emploient à régler les problèmes d’ordre réglementaire, économique, sociétal et autres liés à la mise en place de corridors énergétiques durables stratégiques.
3. Les parties facilitent l’ouverture, la transparence, la concurrence et le fonctionnement des marchés de l’énergie en adoptant des cadres juridiques et réglementaires qui stimulent les investissements dans les énergies durables, le stockage de l’énergie et l’efficacité énergétique. Elles éliminent progressivement les subventions aux combustibles fossiles nocifs pour l’environnement. Elles s’engagent à renforcer le partenariat entre les secteurs privés de l’Afrique et de l’UE, ainsi que la participation de leurs secteurs public et privé, afin de stimuler les investissements dans la production d’énergie durable, l’efficacité énergétique et l’accès à l’énergie. Elles mobilisent des investissements dans un bouquet énergétique propre et diversifié pour l’électricité, favorisant les ressources renouvelables. Elles soutiennent la mise en œuvre des initiatives nationales et régionales pertinentes dans le domaine de l’énergie en Afrique, y compris en contribuant à la réalisation des objectifs de l’initiative africaine pour les énergies renouvelables.
4. Les parties promeuvent l’efficacité énergétique et les économies d’énergie à tous les stades de la chaîne énergétique, de la production à la consommation. Elles conviennent d’œuvrer au renforcement des capacités de production et de stockage d’énergie durable et d’améliorer les infrastructures de transport et de distribution en promouvant des solutions sûres, durables, économes en ressources, adaptées au climat et qui contribuent plus efficacement à l’éradication de la pauvreté.
5. Les parties soutiennent le développement et l’adoption de technologies énergétiques propres, diversifiées, rentables et durables, l’accent étant mis sur les technologies énergétiques renouvelables et à faibles émissions ainsi que sur les mesures qui favorisent l’efficacité énergétique et les économies d’énergie, en renforçant les capacités et en promouvant les partenariats, les liens et les coentreprises entre les opérateurs économiques d’Afrique et de l’UE. Elles promeuvent les réseaux communs de recherche et d’innovation dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
6. Les parties soutiennent les réformes sectorielles et l’élaboration de cadres réglementaires et d’action appropriés pour garantir l’interconnectivité régionale et la coopération dans le domaine de l’énergie. Elles renforcent les groupements régionaux de compagnies d’électricité en tant que vecteurs d’échanges et de marchés énergétiques transfrontières intégrés.
Article 25
Technologies de l’information et de la communication et économie numérique
1. Les parties améliorent l’accès à des TIC ouvertes, abordables et sûres, notamment en soutenant les investissements privés et publics. Elles s’efforcent de mettre en place les institutions de régulation nécessaires pour autoriser les prestataires de services, promouvoir un comportement concurrentiel et garantir une égalité de traitement des consommateurs ainsi que la protection des données et des consommateurs.
2. Les parties améliorent l’accès aux technologies et aux services numériques et établissent une connectivité numérique abordable, y compris en créant un cadre réglementaire et d’action favorable. Elles améliorent l’environnement des entreprises et facilitent l’accès au financement et aux services de soutien aux entreprises afin de favoriser l’entrepreneuriat fondé sur le numérique et de généraliser la numérisation, de manière à accroître l’efficience et l’efficacité des interventions dans tous les secteurs économiques en vue de parvenir à une croissance et à une transformation économiques inclusives.
3. Les parties coopèrent en vue de créer un environnement favorable, notamment par la mise en place et l’adaptation de cadres juridiques et institutionnels appropriés, afin de libérer le potentiel de l’économie numérique, en ce compris le commerce électronique, en matière de création d’emplois et de développement économique, en accordant une attention particulière aux femmes et aux jeunes.
4. Les parties soutiennent la transition vers des économies fondées sur la connaissance.
Article 26
Tourisme
1. Les parties coopèrent en vue de créer un environnement propice à un développement équilibré et durable du tourisme, qui favorise le développement économique, crée de l’emploi et aide à l’intégration de considérations environnementales, culturelles et sociales, y compris en relevant les défis propres au secteur du tourisme.
2. Les parties soutiennent les investissements dans la promotion et le développement des produits touristiques, en tenant dûment compte de la position concurrentielle des micro, petites et moyennes entreprises. Elles renforcent les liens entre le tourisme et d’autres secteurs économiques pertinents, tels que l’agriculture, la sylviculture, les transports, l’économie bleue, les industries culturelles et le patrimoine culturel, en vue d’optimiser les avantages socio-économiques du tourisme.
3. Les parties renforcent la protection et la promotion du patrimoine culturel et des ressources naturelles, en accordant une attention particulière à la protection de l’environnement et des espèces sauvages. Elles respectent l’intégrité et les intérêts des communautés locales et maximisent leur participation au processus de développement du tourisme, en particulier du tourisme rural et communautaire et de l’écotourisme.
4. Les parties développent des initiatives visant à promouvoir le tourisme durable et à améliorer les normes de service. Elles promeuvent la formation et les échanges d’expériences et partagent des informations et des statistiques d’intérêt mutuel dans le secteur du tourisme.
Article 27
Science et développement technologique
Les parties renforcent la coopération dans les domaines de la science et des technologies, pour leur bénéfice mutuel, dans le but de promouvoir le développement économique et social, de relever les défis de société mondiaux et d’améliorer la compétitivité régionale.
Article 28
Recherche et innovation
1. Les parties conviennent de mobiliser des ressources pour encourager les activités de recherche et d’innovation visant à soutenir la croissance et le développement économiques inclusifs et la transition vers des sociétés et des économies fondées sur la connaissance.
2. Les parties encouragent le développement d’infrastructures et d’installations de recherche. Elles favorisent la recherche fondamentale et appliquée, notamment dans les domaines de l’ingénierie et de l’intelligence artificielle, et encouragent l’ouverture des données dans l’optique d’une excellence scientifique mutuellement avantageuse. Elles promeuvent la recherche menée dans les universités, instituts et centres de recherche africains, en accordant une attention particulière au renforcement des capacités ainsi qu’au transfert de technologies et de savoir-faire. Elles renforcent leur participation à la recherche, au développement et au transfert de technologies, à l’innovation et à la production de connaissances au niveau mondial.
3. Les parties promeuvent et soutiennent des programmes de mobilité et de formation innovants pour les étudiants, les acteurs du monde universitaire et les chercheurs, et renforcent la capacité des établissements d’enseignement supérieur à créer des réseaux efficaces dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Elles encouragent le dialogue, l’échange de connaissances et la collaboration entre la communauté universitaire, les chercheurs et les innovateurs, et le secteur privé, en vue d’améliorer la productivité et la compétitivité et de renforcer les écosystèmes entrepreneuriaux.
Article 29
Technologie spatiale et géospatiale
1. Les parties exploitent les avantages potentiels qu’offrent les sciences, les technologies, les innovations et les applications spatiales au profit de questions d’intérêt commun dans le domaine des activités spatiales civiles, telles que la recherche spatiale, les applications et les services basés sur le système mondial de radionavigation par satellite, le développement de systèmes de renforcement satellitaire, l’observation de la Terre et la science de la Terre, en particulier le recours à l’alerte précoce et à la surveillance. Elles coopèrent en vue de développer une industrie et un marché spatiaux responsables et durables, qui promeuvent les besoins respectifs de l’Afrique et de l’UE et y répondent.
2. Les parties coopèrent en vue de mener des activités qui exploitent les technologies et les applications spatiales pour le développement durable et l’amélioration du bien-être des populations et qui prennent en considération les perspectives et les défis socio-économiques de l’Afrique en tenant compte de la stratégie spatiale africaine. Elles améliorent l’accès aux données, aux informations, aux services et aux produits dérivés de l’espace.
TITRE II
Développement humain et social
Article 30
Les parties s’emploient à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes d’ici à 2030, à lutter contre les inégalités, à réaliser l’égalité de genre et à créer des conditions permettant à chacun de jouir d’une vie digne, de participer à la vie démocratique et de contribuer activement à une croissance économique durable. Elles favorisent la protection sociale en vue d’éradiquer la pauvreté et de lutter contre les inégalités et parce qu’elle constitue un moyen de créer un cycle de développement inclusif, équitable et durable, qui se renforce de lui-même. Elles investissent dans le capital humain en tant que partie intégrante du développement humain et social, ainsi qu’en tant que moyen d’accroître l’employabilité des jeunes en vue d’améliorer la productivité et l’esprit d’entreprise.
Article 31
Éducation
1. Les parties s’emploient à garantir un accès universel, inclusif et équitable à un enseignement de qualité à tous les niveaux, de l’enseignement préscolaire à l’enseignement supérieur, y compris de meilleurs taux de scolarisation et de poursuite des études. Elles améliorent la qualité de l’enseignement formel et de l’apprentissage non formel, coopèrent en matière d’élaboration des programmes et améliorent les infrastructures et l’équipement des centres d’enseignement. Elles accordent une attention particulière aux besoins spécifiques des femmes et des filles, ainsi qu’aux groupes les plus vulnérables et marginalisés, notamment aux personnes handicapées, ainsi qu’aux personnes en situation d’urgence et de fragilité.
2. Les parties soutiennent la diffusion et l’application étendues des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), ainsi que des arts, pour tous. Elles encouragent l’utilisation de technologies numériques accessibles et abordables ainsi que le développement des compétences et de l’habileté numériques pour tous.
3. Les parties s’efforcent d’encourager les inscriptions dans l’enseignement supérieur, la formation technique et professionnelle, la formation par le travail et la formation des adultes, ainsi que de renforcer la qualité de ces formes d’enseignement, afin de constituer une masse critique de travailleurs qualifiés et de personnes hautement qualifiées dans le domaine de l’innovation et de répondre efficacement aux besoins spécifiques de l’économie.
4. Les parties collaborent pour encourager la reconnaissance et la transparence des qualifications ainsi que l’amélioration de l’assurance de la qualité et de la pertinence. Elles renforcent le soutien aux initiatives spécifiques visant à faciliter la mobilité des étudiants, du personnel enseignant, des acteurs du monde universitaire et des chercheurs entre l’Afrique et l’UE. Elles favorisent les partenariats entre institutions et promeuvent le développement et le transfert de connaissances.
Article 32
Santé
1. Les parties visent à parvenir à une couverture sanitaire universelle et à un accès équitable à des services de soins de santé essentiels de qualité, y compris grâce au renforcement des systèmes de santé nationaux et à des structures de soins de santé modernes et fonctionnelles.
2. Les parties coopèrent pour éliminer la mortalité et la morbidité maternelles, infantiles et néonatales évitables. Elles visent à garantir un accès universel aux services de santé en matière de sexualité et de procréation. Elles coopèrent pour faire face à l’incidence croissante des maladies non transmissibles et à la charge de plus en plus lourde qu’elles représentent.
3. Les parties coopèrent pour lutter contre les maladies transmissibles et les maladies vectorielles, en ce compris les maladies tropicales négligées. Elles coopèrent pour lutter contre les pandémies telles que le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que pour réduire sensiblement le taux des décès imputables à ces maladies. Elles soutiennent l’accès à des médicaments, des vaccins et des outils de diagnostic essentiels sûrs et abordables, en ce compris un accès universel aux traitements antirétroviraux pour les personnes atteintes du VIH/sida.
4. Les parties renforcent la capacité de préparation et de réaction aux situations d’urgence afin de détecter et de prévenir les flambées épidémiques et d’autres menaces pour la santé, telles que la résistance aux antimicrobiens, et d’y réagir, en adoptant une approche «Une seule santé». Elles conviennent de renforcer le soutien aux systèmes nationaux et régionaux de prévention, de surveillance et de contrôle en matière de santé.
5. Les parties coopèrent pour promouvoir les connaissances locales et réglementer la médecine traditionnelle dans le cadre des activités de santé publique.
Article 33
Eau, assainissement et logement
1. Les parties s’emploient à faire en sorte que chacun ait accès à des habitats modernes et vivables offrant des services de base de qualité.
2. Les parties promeuvent l’accès à un logement décent et abordable pour tous dans des établissements humains durables, en tenant compte de systèmes efficaces d’aménagement du territoire, de propriété foncière et d’utilisation et de gestion des terres lors de l’adoption des politiques de logement. Elles s’emploient à réduire la proportion de personnes vivant dans des bidonvilles et coopèrent pour améliorer les bidonvilles et les implantations informelles.
3. Les parties favorisent un accès universel à une eau suffisante, sûre, accessible physiquement et abordable pour un usage personnel et domestique, y compris grâce à une gestion durable et intégrée des ressources hydriques et des systèmes de distribution d’eau, ainsi qu’à une utilisation et un recyclage plus efficaces de l’eau.
4. Les parties renforcent l’accès physique, abordable et acceptable aux installations sanitaires pour tous, dans tous les domaines de la vie, qui soient sûres, hygiéniques, sécurisées, socialement et culturellement acceptables et qui garantissent la vie privée et la dignité.
5. Les parties accroissent l’accès de tous aux services énergétiques durables et favorisent l’efficacité dans la consommation d’énergie par les ménages.
Article 34
Sécurité alimentaire et amélioration de la nutrition
1. Les parties améliorent l’accès à des denrées alimentaires sûres et nutritives en vue d’atteindre l’objectif faim «zéro» et d’éradiquer les famines et les autres types de crises alimentaires. Elles soutiennent la mise en place de systèmes adéquats pour l’approvisionnement en denrées alimentaires et le stockage de celles-ci.
2. Les parties luttent contre toutes les formes de malnutrition, y compris en améliorant la production et la distribution de denrées alimentaires ainsi que les conditions sanitaires et environnementales. Elles soutiennent la production et la productivité agricoles durables, y compris au niveau de la pêche artisanale afin de libérer tout son potentiel en tant que source essentielle de sécurité alimentaire et nutritionnelle, entre autres en améliorant l’accès des petits producteurs au financement et en développant les infrastructures d’irrigation, de stockage et de transport pour faciliter l’accès au marché et garantir la sécurité et la qualité des produits alimentaires.
3. Les parties améliorent la résilience des populations les plus vulnérables face aux chocs alimentaires, grâce à des filets de sécurité sociale renforcés. Elles renforcent la coordination entre le développement et l’action humanitaire afin de mieux anticiper et prévenir les famines et les autres types de crises alimentaires et de mieux s’y préparer, et veillent à ce que des mesures soient prises en temps utile pour rendre les denrées alimentaires disponibles localement.
Article 35
Inégalités et protection sociale
1. Les parties promeuvent l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et de systèmes de protection et de sécurité sociales destinés à éradiquer la pauvreté, à lutter contre les inégalités et à renforcer la cohésion sociale.
2. Les parties soutiennent le rôle transformateur des politiques et des systèmes de protection sociale, qui favorisent l’inclusion sociale et le dialogue avec les partenaires sociaux et renforcent une croissance économique inclusive, équitable et durable. Elles visent à mettre en place des systèmes de protection sociale progressivement universels et adaptés aux circonstances nationales, y compris par l’adoption de socles minimaux de protection sociale, en accordant une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité.
3. Les parties coopèrent pour soutenir des stratégies permettant d’augmenter durablement les revenus des 40 % les plus pauvres de la population à un rythme plus rapide que la moyenne nationale.
4. Les parties s’efforcent de faire en sorte que toutes les personnes qui travaillent dans le secteur formel bénéficient de la sécurité sociale. Elles s’efforcent également d’accroître le nombre de personnes du secteur informel et de l’économie rurale ayant accès à la sécurité sociale, dans le but d’atteindre progressivement l’universalité.
5. Les parties élaborent des initiatives pour soutenir la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle, y compris par l’accès au crédit et au microfinancement et le renforcement des mesures de protection sociale.
6. Les parties promeuvent et facilitent le dialogue entre les organisations d’employeurs et de travailleurs de l’économie formelle et informelle, ainsi qu’avec les organisations de la société civile, y compris par le renforcement des capacités.
Article 36
Travail décent
1. Les parties soutiennent l’élaboration et la mise en œuvre de politiques macroéconomiques, sociales et de l’emploi axées sur la réalisation du plein-emploi productif et le travail décent pour tous, en particulier pour les jeunes et les femmes, ainsi que pour les personnes et les groupes vulnérables.
2. Les parties développent et maintiennent des marchés du travail inclusifs et fonctionnels, et adoptent des mesures qui s’attaquent à l’économie informelle et empêchent les pratiques de travail déloyales.
3. Les parties soutiennent les mesures qui garantissent l’égalité des chances en matière d’emploi, l’égalité de rémunération pour un travail de même valeur et un congé parental rémunéré adéquat dans les secteurs public et privé. Elles adoptent des mesures de prévention et de protection contre toutes les formes de discrimination sur le lieu de travail, garantissent le respect des droits fondamentaux au travail et améliorent les conditions de santé et de sécurité des travailleurs.
4. Les parties œuvrent à l’élimination du travail des enfants, en accordant la priorité à ses pires formes.
Article 37
Personnes handicapées
1. Les parties promeuvent, protègent et garantissent la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme par toutes les personnes handicapées, en vue de la mise en œuvre effective de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées.
2. Les parties prennent des mesures pour garantir la pleine inclusion des personnes handicapées dans la société et leur participation à toutes les sphères de la vie publique et privée, y compris aux affaires démocratiques et politiques et aux processus décisionnels. Elles préviennent, combattent et éliminent toute pratique préjudiciable et toutes les formes d’exploitation, de violence, d’abus ou de discrimination à l’égard des personnes handicapées et protègent les proches, les aidants ou les intermédiaires contre toute discrimination fondée sur le fait qu’ils sont associés à des personnes handicapées.
3. Les parties encouragent l’accès égal et sans entrave aux services sociaux, aux transports et aux autres infrastructures physiques, ainsi qu’aux activités récréatives et culturelles pour les personnes handicapées, et soutiennent des méthodes de communication différentes, s’il y a lieu, pour permettre la pleine inclusion de ces personnes dans la société.
4. Les parties promeuvent l’égalité d’accès au marché du travail, en interdisant toute discrimination fondée sur le handicap en ce qui concerne toutes les formes et conditions d’emploi. Elles soutiennent l’emploi des personnes handicapées dans les secteurs public et privé au moyen de politiques et de mesures d’incitation ciblées, y compris en faveur de l’emploi indépendant et de l’entrepreneuriat.
Article 38
Culture, sport et contacts interpersonnels
1. Les parties soutiennent la culture en tant que moteur du développement économique durable. Elles créent un environnement propice à l’innovation, à la diversité et au développement culturels, ainsi qu’à la création, à la protection, à la production et à la distribution d’œuvres culturelles. Elles encouragent l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour promouvoir leur culture.
2. Les parties renforcent la protection et la promotion du patrimoine culturel matériel et immatériel, ainsi que la diversité des expressions culturelles, en vue d’améliorer la compréhension mutuelle et de favoriser des échanges culturels équilibrés.
3. Les parties s’efforcent de promouvoir la mobilité des professionnels de la culture et la circulation des œuvres d’art et de mener des initiatives conjointes dans divers secteurs de la culture et de la création. Elles encouragent les échanges et le dialogue interculturels entre les organisations de jeunesse et la société civile d’Afrique et de l’UE.
4. Les parties soutiennent le développement des industries créatives. Elles s’emploient à mettre en place des mesures de soutien en vue de stimuler la création artistique et de faciliter l’échange d’expressions artistiques.
5. Les parties promeuvent le sport en tant que moteur du développement durable, de l’inclusion sociale, de la non-discrimination et de la promotion des droits de l’homme. Elles s’efforcent de mettre en place des installations adéquates et d’encourager la participation de la population aux activités sportives et autres activités d’éducation physique. Elles soutiennent également le sport en tant que moyen de dialogue interculturel et de coopération entre les nations, de prévention des conflits et de la violence et de réconciliation après les conflits.
Article 39
Démographie
1. Les parties reconnaissent la nécessité de gérer les perspectives et les défis du changement démographique afin de mieux répondre aux aspirations et aux espoirs des générations futures en Afrique et dans l’UE.
2. Les parties veillent à la collecte, à l’analyse, au stockage et à la diffusion systématiques de statistiques et de données sur l’ensemble de la population conformément aux normes en matière d’éthique, de confidentialité et de respect de la vie privée, et elles tiennent compte des données et des tendances dans leurs plans de développement.
3. Les parties investissent dans les jeunes et les femmes et leur donnent les moyens d’agir, reconnaissant leur rôle essentiel dans les processus démographiques. Elles promeuvent les droits fondamentaux des femmes et des jeunes et leur fournissent l’éducation et les compétences dont ils ont besoin. Elles mobilisent des investissements et créent de nouveaux débouchés économiques de manière à tirer pleinement parti du potentiel que représente une jeunesse nombreuse.
Article 40
Égalité de genre et autonomisation des femmes
1. Les parties renforcent la coopération visant à promouvoir et à étendre l’égalité des chances et l’égalité en matière de participation pour tous, dans tous les secteurs de la vie politique, économique, sociale et culturelle. Elles veillent à ce que la perspective de genre soit systématiquement intégrée dans toutes les politiques et dans tous les programmes.
2. Les parties coopèrent pour promouvoir le développement humain et social des femmes et des filles. Elles s’efforcent de supprimer tous les obstacles en matière de santé et d’éducation afin d’éliminer les disparités entre les genres. Elles œuvrent en faveur d’un accès universel et égal à l’éducation formelle et à la formation professionnelle afin de permettre aux femmes de réaliser pleinement leur potentiel et de les aider à concrétiser leurs aspirations. Elles veillent à ce que le matériel d’apprentissage et les méthodes d’enseignement tiennent compte de la dimension de genre et encouragent les femmes et les filles à entreprendre des études dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques.
3. Les parties facilitent l’égalité d’accès des femmes aux débouchés économiques, à l’emploi, au crédit et aux services financiers, ainsi qu’au contrôle et à l’utilisation des terres et autres actifs productifs. Elles soutiennent les femmes entrepreneurs, éliminent l’écart de rémunération entre les genres et suppriment les réglementations et pratiques discriminatoires. Elles prennent des mesures efficaces pour repérer et combattre les comportements sexistes et pour s’attaquer aux causes profondes de la discrimination fondée sur le genre, telles que les normes sociales négatives et les stéréotypes de genre, y compris dans les médias de masse.
4. Les parties renforcent la voix des femmes et des filles et leur participation à la vie politique par des mesures visant à atteindre la parité de genre dans les processus électoraux et politiques et dans les processus de gouvernance, ainsi qu’aux postes de hauts fonctionnaires, y compris au sein des organes constitutionnels et des entreprises publiques, et elles les encouragent à jouer un rôle actif dans les efforts de consolidation de la paix et de réconciliation.
5. Les parties adoptent et appliquent une législation qui protège les femmes et les filles contre toutes les formes de violence, notamment les violences sexuelles et fondées sur le genre, l’exploitation et les abus sexuels et la traite des êtres humains.
6. Les parties s’attachent à la mise en œuvre intégrale et effective de la déclaration et du programme d’action de Beijing, du programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et des conclusions de leurs conférences d’examen. Elles insistent en outre sur la nécessité de prévoir un accès universel à des informations et à une éducation complètes, abordables et de qualité en matière de santé en matière de sexualité et de procréation, compte tenu des principes directeurs internationaux de l’UNESCO sur l’éducation à la sexualité, ainsi que sur la nécessité de fournir des services de soins de santé appropriés. Elles promeuvent et encouragent la ratification et la mise en œuvre effective du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, fait à Banjul le 26 juin 1981 (ci-après dénommé «protocole de Maputo») et soutiennent la mise en œuvre effective du plan d’action 2016-2030 de Maputo, s’il y a lieu.
Article 41
Jeunesse
1. Les parties soutiennent l’entrepreneuriat des jeunes et s’engagent à garantir aux jeunes un emploi décent, y compris en les aidant à acquérir des compétences adaptées au marché du travail grâce à l’éducation, à la formation professionnelle et technique, et à un meilleur accès aux technologies numériques, et à faciliter l’accès à la terre et au crédit. Elles mettent en place des services de l’emploi adaptés aux jeunes afin de rapprocher ces derniers des possibilités d’emploi.
2. Les parties coopèrent pour autonomiser les jeunes et s’emploient à ouvrir un espace permettant leur inclusion active dans les processus décisionnels et leur participation à la vie démocratique et politique ainsi qu’aux efforts de consolidation de la paix et de réconciliation. Elles promeuvent des politiques et des programmes en faveur des jeunes marginalisés, y compris des programmes de défense des droits des jeunes, afin de leur offrir la possibilité de se réinsérer dans la société et de leur donner la motivation pour y arriver.
3. Les parties soutiennent les initiatives visant à garantir l’accès de tous les enfants à des services de base de qualité, à prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants dans des situations de conflit et à mettre fin à toutes les formes de violence et aux pratiques préjudiciables à l’égard des enfants, y compris les mariages d’enfants, les mariages précoces et forcés, le travail des enfants, la maltraitance des enfants et les châtiments corporels, en accordant une attention particulière aux enfants en situation de vulnérabilité.
Article 42
Développement urbain et rural durable
1. Les parties renforcent le potentiel des villes en tant que pôles de croissance durable et inclusive et d’innovation.
2. Les parties promeuvent l’aménagement durable du territoire et la gestion équitable des marchés fonciers, en accordant une attention particulière à la transparence et à la régulation des acquisitions foncières et des droits de propriété. Elles promeuvent également une mobilité urbaine durable et des villes intelligentes et sûres qui tirent parti des possibilités offertes par la numérisation et les technologies. Elles intègrent des solutions durables de production d’énergie et d’efficacité énergétique, encouragent l’utilisation productive de l’énergie, améliorent la gestion des déchets et s’attaquent à toutes les formes de pollution. Elles renforcent les solutions de mobilité urbaine et veillent à ce que la fourniture de services et d’infrastructures soit conçue de manière à être respectueuse du climat et de l’environnement et à ce que les ressources soient utilisées de manière efficace. Elles renforcent la résilience des villes face aux chocs et exploitent les possibilités d’établir une économie à faibles émissions et résiliente face au changement climatique.
3. Les parties promeuvent un développement territorial équilibré des économies et des communautés rurales, en accordant une attention particulière à l’emploi et à la création de revenus. Elles accélèrent la diversification rurale en apportant une valeur ajoutée aux produits locaux et en exploitant les ressources naturelles et culturelles. Elles promeuvent des politiques territoriales et urbaines inclusives, équilibrées et intégrées, ainsi qu’une coordination des pouvoirs publics à plusieurs niveaux, associant activement les autorités et les communautés locales et renforçant les liens entre les zones rurales et urbaines.
TITRE III
Environnement, gestion des ressources naturelles et changement climatique
Article 43
Les parties prennent des mesures ambitieuses pour atténuer le changement climatique et s’y adapter, protéger et améliorer la qualité de l’environnement et gérer les ressources naturelles de manière durable, en vue de stopper et d’inverser le changement climatique et la dégradation de l’environnement, et de parvenir à un développement durable. Elles adoptent des mesures spécifiques pour réduire et prévenir la perte de biodiversité, préserver et restaurer les écosystèmes, protéger les espèces sauvages et combattre leur commerce illégal, promouvoir la gestion durable de l’eau, des terres et des autres ressources naturelles, renforcer la gouvernance des océans, lutter contre toutes les formes de pollution, promouvoir une gestion rationnelle des déchets et renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles. Elles œuvrent de concert pour empêcher que les effets du changement climatique et la dégradation de l’environnement ne continuent d’agir comme un multiplicateur de menace, avec de graves répercussions sur la paix et la sécurité. Elles accélèrent la transition vers des voies de développement plus vertes dans les secteurs économiques clés, promeuvent les économies circulaires et l’utilisation efficace des ressources et soutiennent les énergies propres et durables ainsi que les technologies à faible intensité de carbone, en veillant à ce que la croissance économique aille de pair avec la transition vers de faibles émissions et la durabilité environnementale. Elles s’efforcent de forger des alliances efficaces au sein des instances internationales, afin de faire avancer l’action mondiale. Elles renforcent les capacités nécessaires pour mettre en œuvre les accords multilatéraux sur l’environnement auxquels elles sont parties et intègrent la durabilité environnementale, les objectifs en matière de changement climatique et la poursuite d’une croissance durable sur le plan environnemental dans les politiques, les plans et les investissements nationaux et locaux. Elles promeuvent la participation constructive des autorités locales, de la société civile et du secteur privé ainsi que le respect des droits de tous, en ce compris ceux des populations autochtones, tels qu’ils sont énoncés dans la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), et des communautés locales.
Article 44
Biodiversité et écosystèmes
1. Les parties coopèrent pour préserver, protéger et restaurer la biodiversité et les écosystèmes de manière à ce que les services économiques, sociaux et culturels importants qu’ils fournissent continuent de soutenir le bien-être humain et la croissance économique. Elles élaborent et mettent en œuvre des stratégies et des plans d’action nationaux en matière de biodiversité conformément à la convention sur la diversité biologique et à ses protocoles.
2. Les parties adoptent des dispositions législatives et se dotent de stratégies intégrées pour tenir compte des considérations relatives à la biodiversité dans tous les secteurs concernés. Elles soutiennent les options innovantes, telles que les solutions fondées sur la nature ou l’agroécologie, ainsi que la valorisation des services écosystémiques, afin de maximiser la prise en compte de la biodiversité.
3. Les parties adoptent une approche inclusive pour s’attaquer aux principaux facteurs contribuant à la perte d’habitats, tels que le changement d’affectation des terres, l’expansion de l’agriculture de subsistance et le développement de l’agriculture commerciale, des zones urbaines et des infrastructures énergétiques. Elles prennent des mesures pour contrôler l’exploitation forestière, le défrichage des terres à des fins de culture, les incendies, le pâturage des animaux et les espèces invasives. Elles protègent et préservent les forêts, les zones boisées, les pâturages, les zones humides et les autres zones à couverture végétale et en encouragent l’utilisation durable et la réhabilitation. Elles maintiennent et renforcent la diversité des espèces et la diversité génétique des plantes et des animaux, qu’ils soient terrestres, d’eau douce ou marins.
4. Les parties intensifient leurs efforts pour établir, gérer efficacement et améliorer la gouvernance des zones protégées aux fins de la préservation de la biodiversité.
5. Les parties renforcent la participation des communautés locales et des populations autochtones, conformément à la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), à la conservation des écosystèmes, notamment par la promotion d’un tourisme respectueux de l’environnement et durable et par la création d’emplois et d’autres débouchés économiques.
Article 45
Économie circulaire
1. Les parties préviennent ou réduisent au minimum la production de déchets à la source. Elles améliorent la réutilisabilité et la recyclabilité des produits ainsi que leur efficacité en matière d’utilisation des ressources afin d’adapter la production et la consommation à la mise en place d’une économie circulaire, y compris grâce à des services adéquats de collecte et de tri des déchets et à des initiatives et des installations de recyclage respectueuses de l’environnement. Elles s’engagent à adopter des politiques d’économie circulaire afin de protéger l’environnement et la santé humaine, de rendre les produits plus économes en énergie et en ressources, d’élargir le choix des consommateurs et d’améliorer la gestion des déchets.
2. Les parties établissent les cadres réglementaires internes et les mécanismes d’application nécessaires à la gestion écologiquement rationnelle des substances chimiques et des déchets et à la mise en œuvre des accords multilatéraux pertinents. Elles prennent les mesures nécessaires pour lutter contre le déversement et le commerce illicite de déchets dangereux, en ce compis les matières radioactives et les déchets chimiques et organiques, conformément aux dispositions de la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination, faite à Bâle le 22 mars 1989, et en tenant compte des dispositions de la convention de Bamako sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontières et la gestion des déchets dangereux produits en Afrique, faite à Bamako le 30 janvier 1991. Elles préviennent ou réduisent autant que possible la présence de substances dangereuses dans les cycles de matériaux et gèrent les substances chimiques présentes dans les produits tout au long de leur cycle de vie. Elles soutiennent l’adoption, en connaissance de cause, de mesures appropriées pour protéger l’environnement et la santé humaine, y compris contre la pollution résultant d’une gestion inappropriée des déchets et les dommages environnementaux qui en découlent.
3. Les parties s’attaquent efficacement à toutes les formes de pollution. Elles prennent des mesures visant à détecter, prévenir et signaler la pollution. Elles redoublent d’efforts pour prévenir la pollution par les plastiques et pour éliminer les plastiques et les microplastiques de l’environnement. Elles étudient les possibilités de renforcer la coopération en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. Elles sensibilisent aux risques que la pollution fait peser sur la santé publique et l’environnement ainsi qu’aux multiples avantages d’une meilleure qualité de l’air, y compris par des campagnes de sensibilisation du public.
Article 46
Gouvernance des océans
1. Les parties renforcent la gouvernance des océans conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) afin de garantir des océans sûrs, sécurisés, propres et gérés de manière durable, en réduisant les pressions exercées sur les océans et les mers, en promouvant le développement durable de l’économie bleue et en améliorant la connaissance des océans.
2. Les parties veillent à la conservation et à la gestion et à l’utilisation durables des ressources biologiques marines aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral, en particulier dans le cadre des accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable et des organisations régionales de gestion des pêches.
3. Les parties maintiennent ou adoptent des initiatives destinées à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), y compris, lorsqu’il y a lieu, en mettant en œuvre des politiques et des mesures visant à exclure les produits de la pêche INN des flux commerciaux. Elles promeuvent des mesures de suivi, de contrôle et de surveillance, telles que des programmes d’observation, des systèmes de surveillance des navires, des licences et autorisations de pêche, l’enregistrement et la déclaration des captures, le contrôle des transbordements, des inspections, le contrôle par l’État du port et des mesures connexes, afin de garantir le respect des règles, y compris des sanctions conformément aux réglementations internes, dans le but de conserver les stocks halieutiques et de prévenir la surpêche, et veillent à leur mise en œuvre et à leur application effectives.
4. Les parties conviennent de prendre les mesures nécessaires pour interdire certaines formes de subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche, supprimer les subventions qui contribuent à la pêche INN et s’abstenir d’introduire de nouvelles subventions de ce type, reconnaissant que l’octroi d’un traitement spécial et différencié, qui soit approprié et efficace, aux États africains en développement et les moins avancés devrait faire partie intégrante des négociations sur les subventions à la pêche menées dans le cadre de l’OMC.
5. Les parties réduisent les pressions exercées sur les océans en protégeant, préservant et restaurant les écosystèmes côtiers et marins, en valorisant le capital naturel marin et côtier et en luttant contre la pollution marine, en ce compris les déversements d’hydrocarbures, la destruction des fonds marins, la pollution sonore et les déchets marins, en ce compris les plastiques et les microplastiques provenant d’activités sur terre ou en mer. Elles soutiennent et s’efforcent de renforcer la réglementation des réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant des navires et soutiennent activement la mise en œuvre urgente de la stratégie initiale de l’Organisation maritime internationale pour la réduction des émissions de GES provenant des navires. Elles intensifient les opérations de nettoyage des océans et des côtes, en accordant une attention particulière aux zones d’accumulation dans les gyres océaniques.
6. Les parties prennent des mesures liées aux océans qui contribuent à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci.
7. Les parties élaborent des mesures relatives à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine sur la base des meilleures informations scientifiques disponibles.
8. Les parties reconnaissent les préoccupations générales exprimées quant à l’incidence de l’exploitation minière des fonds marins sur le milieu marin et sa biodiversité. Elles utilisent les meilleures données scientifiques disponibles, appliquent le principe de précaution et l’approche écosystémique, promeuvent la recherche et partagent les bonnes pratiques dans les domaines d’intérêt commun liés aux ressources minérales des fonds marins, afin de garantir une gestion écologiquement rationnelle des activités de manière à protéger et à préserver le milieu marin et sa biodiversité.
Article 47
Gestion et dégradation des terres
1. Les parties coopèrent pour prévenir la dégradation des terres et élaborer des stratégies intégrées à long terme pour la conservation et la gestion durable des terres.
2. Les parties promeuvent des approches intégrées et adoptent des mesures pour la conservation et l’amélioration des sols. Elles luttent contre l’érosion et la dégradation des sols, ainsi que contre la détérioration de leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques. Elles s’attaquent à la pollution causée spécifiquement par les activités agricoles, y compris l’aquaculture et l’élevage. Elles garantissent des droits fonciers et de propriété durables et équitables, ainsi qu’une gestion durable des terres, de l’eau et des ressources forestières, et créent des débouchés économiques durables pour les habitants des zones rurales. Elles veillent à ce que les formes non agricoles d’utilisation des terres, y compris, mais pas exclusivement, les travaux publics, l’exploitation minière et l’élimination des déchets, n’entraînent ni érosion, ni pollution, ni aucune autre forme de dégradation des terres.
3. Les parties prennent des mesures en vue d’un aménagement du territoire et d’infrastructures efficaces qui améliorent la résilience dans les pays exposés aux risques, tout en renforçant les capacités de réaction aux catastrophes. Elles planifient et mettent en œuvre des mesures d’atténuation et de réhabilitation fondées sur les bonnes pratiques et les meilleures connaissances scientifiques, ainsi que sur les connaissances et l’expérience locales dans les zones touchées par la dégradation des terres.
Article 48
Forêts
1. Les parties promeuvent une gestion durable des forêts et une utilisation durable des ressources forestières. Elles mettent un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts et luttent contre l’exploitation illégale des forêts et le commerce qui y est associé.
2. Les parties soutiennent les initiatives de restauration des paysages forestiers visant à inverser la déforestation, à créer des réserves forestières, à restaurer les paysages forestiers dégradés, à exécuter des programmes de boisement au besoin et à limiter le pâturage forestier aux saisons et à des intensités qui permettent la régénération des forêts.
3. Les parties promeuvent les chaînes de valeur durables pour les produits agricoles et forestiers de base, en donnant la priorité à la création d’emplois et d’autres débouchés économiques dans la conservation des écosystèmes.
4. Les parties soutiennent la mise en œuvre du plan d’action de l’UE relatif à l’application des réglementations forestières, à la gouvernance et aux échanges commerciaux (plan d’action FLEGT), y compris en concluant et en mettant en œuvre des accords de partenariat volontaires. Elles renforcent la cohérence et les interactions positives au niveau national entre le plan d’action FLEGT et le cadre de Varsovie pour la réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD+).
5. Les parties renforcent la participation des autorités et communautés locales à la protection des forêts. Elles sensibilisent davantage le public à la déforestation, à tous les niveaux, et encouragent la consommation de produits économes en ressources et en énergie issus de forêts gérées de manière durable. Elles promeuvent et soutiennent l’utilisation de combustibles de cuisson de substitution et durables par les populations locales.
Article 49
Espèces sauvages
1. Les parties soutiennent la conservation in situ des paysages africains de première importance pour la conservation de la biodiversité, en particulier des zones protégées transfrontalières qui sont des habitats d’espèces sauvages essentielles et offrent une connectivité qui permet la migration des espèces sauvages et l’adaptation de l’aire de répartition des espèces au changement climatique. Elles renforcent également les agences responsables des zones protégées et encouragent la participation des communautés rurales à la gestion durable des espèces sauvages et des zones boisées.
2. Les parties luttent contre le trafic d’espèces sauvages en soutenant l’élaboration et l’application de politiques et de lois visant à ériger ce trafic en infraction grave, en renforçant les mesures de lutte contre le braconnage et le contrôle de l’application de la loi dans ce domaine et en promouvant la coordination internationale dans le cadre du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), y compris la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), faite à Washington le 3 mars 1973, et d’autres cadres internationaux pertinents. Elles sensibilisent le public, en éduquant et en influençant les consommateurs, en détruisant les stocks et en promouvant une diplomatie et des actions de sensibilisation de haut niveau.
3. Les parties soutiennent les efforts visant à promouvoir une consommation durable de viande de brousse, tout en développant d’autres sources de protéines abordables et des moyens de subsistance durables.
Article 50
Gestion de l’eau et des eaux douces
1. Les parties gèrent leurs ressources en eau de manière durable en vue de maintenir des niveaux quantitatifs et qualitatifs élevés. Elles promeuvent une gestion intégrée des ressources en eau et mettent en œuvre des politiques pour la planification, la conservation, la gestion, l’utilisation et le développement des eaux souterraines et de surface, ainsi que pour la récolte et l’utilisation des eaux de pluie. Elles protègent et restaurent les sources d’eau et les écosystèmes aquatiques, préviennent la pollution de l’eau, collectent et traitent les eaux usées et permettent un développement urbain respectueux de l’environnement. Elles optimisent la contribution du secteur de l’eau afin d’atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter.
2. Les parties promeuvent la coopération pour la gestion des ressources transfrontières en eau en vue de parvenir à l’obtention d’une eau douce durable, d’empêcher la dégradation des terres et la désertification, de renforcer la résilience face aux risques liés à l’eau (inondations, sécheresses, pollution, etc.), y compris grâce à des systèmes de collecte et de stockage de l’eau, ainsi que de prévenir les risques de conflits.
3. Les parties soutiennent la gestion durable de l’eau et la bonne gouvernance de l’eau à tous les niveaux. Elles renforcent le dialogue et encouragent les partenariats entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile.
4. Les parties encouragent l’exploitation et la gestion durables de la pêche en eau douce en vue de maintenir des stocks halieutiques sains et de réduire au minimum toute incidence négative sur le milieu naturel. Elles luttent contre les activités de pêche INN menées en violation des législations internes. Elles renforcent les capacités, promeuvent la coopération régionale et adoptent des mesures pour améliorer la gestion et la gouvernance de la pêche en eau douce aux niveaux national et régional. Elles intègrent l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci dans la pêche en eau douce et l’aquaculture, promeuvent la restauration et la conservation des écosystèmes aquatiques et de leur biodiversité, et luttent contre toutes les formes de pollution touchant les lacs et les rivières.
Article 51
Action pour le climat
1. Les parties poursuivent les objectifs et s’inspirent des principes de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Elles adoptent des politiques et des programmes internes complets et inclusifs en matière de climat afin d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de Paris.
2. Les parties formulent, communiquent et maintiennent des contributions déterminées au niveau national (CDN) successives et ambitieuses, élaborent et mettent en œuvre des plans nationaux d’adaptation ambitieux, élaborent, s’il y a lieu, des visions à long terme pour un développement à faibles émissions et résilient face au changement climatique, et investissent dans des capacités d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci. Elles mettent au point des systèmes de surveillance, de déclaration et de vérification ainsi que des systèmes d’évaluation pour suivre les progrès accomplis dans le domaine de l’action pour le climat.
3. Les parties élaborent des stratégies à long terme pour réduire les émissions provenant du secteur des transports (routier, aérien et maritime). Elles promeuvent une mobilité urbaine intelligente et la mise en œuvre d’approches stratégiques et d’incitations positives pour réduire les émissions résultant d’une gestion non durable des terres, de la déforestation et de la dégradation des forêts. Elles s’emploient à promouvoir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et encouragent les pays à s’engager dans la transition énergétique. Elles suppriment progressivement les subventions inefficaces en faveur des combustibles fossiles qui encouragent le gaspillage, et réduisent au minimum les effets néfastes éventuels sur leur développement, tout en protégeant les populations pauvres et les communautés touchées. Elles renforcent la coopération internationale en vue de conserver et, s’il y a lieu, de renforcer les puits et réservoirs de GES.
4. Les parties promeuvent une réduction progressive ambitieuse des hydrofluorocarbones dans le cadre du protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, fait à Montréal, le 16 septembre 1987, en coopérant pour soutenir la ratification de l’amendement de Kigali audit protocole et s’emploient à garantir la mise en œuvre rapide de ce dernier afin de parvenir à une réduction progressive ambitieuse de la production et de la consommation d’hydrofluorocarbones au niveau mondial.
5. Les parties reconnaissent la menace que le changement climatique et la dégradation de l’environnement font peser sur la paix et la sécurité, en particulier dans les situations de fragilité et pour les pays les plus vulnérables, et agissent en conséquence. Elles prennent des mesures et collaborent pour renforcer les mesures d’adaptation et de résilience en vue de prévenir les conflits au moyen de systèmes d’alerte précoce, en tenant compte des défis en matière de sécurité liés aux effets néfastes du changement climatique et aux facteurs de risque environnementaux, et renforcent le lien entre alerte précoce et action rapide dans tous les domaines d’action, y compris au moyen d’évaluations des risques et des incidences.
6. Les parties visent à éviter les pertes et préjudices liés aux effets néfastes du changement climatique, y compris les phénomènes météorologiques extrêmes et les phénomènes qui se manifestent lentement, à les réduire au minimum et à y remédier, dans le cadre de leurs efforts nationaux et internationaux, et, dans ce contexte, reconnaissent le rôle important joué par le développement durable dans la réduction du risque de pertes et préjudices.
7. Les parties prennent des mesures visant à rendre les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faibles émissions de GES et résilient face au changement climatique.
8. Les parties visent à améliorer les connaissances et les capacités concernant les options et instruments stratégiques et les bonnes pratiques en vue d’accroître l’efficacité de l’utilisation des ressources tout au long du cycle de vie des ressources et produits naturels. Elles œuvrent de concert au renforcement des capacités scientifiques, techniques, humaines et institutionnelles en matière d’action pour le climat et de gestion et de surveillance de l’environnement à tous les niveaux pertinents, en accordant une attention particulière aux pays les plus vulnérables. Elles favorisent l’utilisation des technologies et des systèmes d’information spatiaux.
9. Les parties renforcent la coordination à tous les niveaux de gouvernance afin d’encourager les autorités locales à prendre et à mettre en œuvre des engagements ambitieux en matière de climat et d’énergie et de leur permettre de le faire. Elles promeuvent les synergies entre les administrations publiques, les organisations de la société civile et les entreprises privées et encouragent la participation du secteur privé à la création d’une économie à faibles émissions de GES et résiliente face au changement climatique, y compris au moyen d’initiatives de recherche conjointes. Elles promeuvent les initiatives existantes telles que la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie et soutiennent la mise en œuvre de leurs plans d’action.
Article 52
Sécheresse et désertification
1. Les parties luttent contre la désertification en améliorant la gouvernance foncière, la lutte contre la dégradation des terres et la gestion durable des terres et de l’eau. Elles accélèrent les progrès en vue de la mise en œuvre des plans d’action nationaux et des objectifs concernant la neutralité en matière de dégradation des terres de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, faite à Paris le 17 juin 1994, ainsi que d’autres initiatives internationales et régionales pertinentes, y compris l’initiative de la Grande muraille verte.
2. Les parties coopèrent pour se préparer aux situations d’urgence causées par la sécheresse et y faire face et elles s’emploient à accroître la résilience face à la dégradation de l’environnement et à la désertification, ainsi qu’aux menaces sanitaires et aux crises humanitaires qui y sont liées en s’attaquant aux facteurs qui sont à l’origine de la vulnérabilité.
Article 53
Résilience face aux catastrophes naturelles
1. Les parties coopèrent pour renforcer la résilience des personnes, des sociétés et des infrastructures face aux catastrophes naturelles, en tenant compte de l’incidence du changement climatique. Elles promeuvent l’échange d’informations et de bonnes pratiques sur la mise en œuvre et le suivi du cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030 au moyen de stratégies nationales et locales intégrées.
2. Les parties encouragent la gestion des risques de catastrophe, y compris l’évaluation exhaustive des risques, la mise en œuvre de plans de réduction des risques à tous les niveaux, le renforcement du lien entre la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation au changement climatique, ainsi que la collecte et l’utilisation de statistiques sur les catastrophes et de données concernant les pertes. Elles promeuvent l’émergence d’une culture de la prévention des risques et de la protection financière, y compris au moyen d’outils appropriés et innovants tels que des mécanismes de transfert des risques.
3. Les parties se préparent et réagissent aux situations d’urgence provoquées par les phénomènes météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles telles que les inondations et l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière et l’ensablement. Elles coopèrent pour évaluer et atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles.
4. Les parties renforcent les capacités de réaction régionale en cas de catastrophe et d’urgence, y compris les mécanismes de protection civile, ainsi que les capacités des communautés et institutions locales, en mettant l’accent sur les ménages et les groupes les plus vulnérables et marginalisés.
5. Les parties soutiennent l’utilisation des technologies et des systèmes d’information spatiaux pour améliorer les mesures de prévention, de préparation, de réaction et de relèvement.
TITRE IV
Paix et sécurité
Article 54
Les parties favorisent la coopération et la coordination aux niveaux régional, interrégional, continental et mondial en ce qui concerne la promotion et le maintien de la paix et de la sécurité en Afrique et en Europe. Elles renforcent les efforts et les mécanismes conjoints visant à garantir la paix, à prévenir et à combattre le terrorisme et l’extrémisme violent, à lutter contre toutes les formes de criminalité organisée et contre l’ensemble des menaces qui pèsent sur la sécurité, et à renforcer la sécurité maritime, en tenant compte de la complexité de tous ces défis et de la nécessité de s’attaquer à leurs causes profondes. Elles coopèrent pour garantir le financement durable de toutes les activités liées à la paix et à la sécurité.
Article 55
Coopération régionale et multilatérale
1. Les parties renforcent le dialogue et la coopération institutionnelle pour relever les défis en matière de paix et de sécurité. Elles renforcent leur soutien en faveur d’une mise en œuvre plus efficace de l’APSA, comme le prévoit l’agenda 2063. Elles encouragent les synergies entre l’APSA et l’AAG conformément au programme de réforme de l’UA.
2. Les parties soutiennent les efforts déployés par l’UA et les CER, ainsi que dans le cadre des mécanismes régionaux et d’autres accords régionaux de coopération en matière de sécurité, pour bâtir des sociétés pacifiques, inclusives et résilientes. Elles renforcent la coopération entre l’UA, l’UE et les Nations unies, ainsi que la coopération multilatérale avec d’autres organisations internationales et pays tiers concernés, selon les besoins.
3. Les parties promeuvent l’appropriation au niveau local, l’inclusion, la résilience et la durabilité de toutes les actions, en coopérant avec les autorités nationales et locales, les communautés et la société civile.
Article 56
Conflits et crises
1. Les parties s’emploient à veiller au règlement pacifique de tous les conflits interétatiques et intraétatiques en Afrique. Elles mettent en œuvre une approche intégrée des conflits et des crises conforme au droit international relatif aux droits de l’homme et au droit international humanitaire, en approfondissant leur coopération stratégique et en renforçant leur action commune à toutes les phases du cycle d’un conflit, par des mesures allant de la prévention et de l’alerte précoce à la consolidation de la paix à long terme, en passant par la médiation, la gestion des crises et la stabilisation, ainsi que la réforme du secteur de la sécurité.
2. Les parties soutiennent les initiatives et les mécanismes visant à prévenir les conflits et à éviter de mettre en péril la paix et la sécurité. Elles prennent des mesures coordonnées pour s’attaquer aux causes profondes des conflits et des crises, parer aux risques liés à l’émergence et à l’escalade de conflits violents, et renforcer le soutien apporté aux initiatives diplomatiques, aux efforts de médiation ainsi qu’au dialogue multipartite afin de résoudre les différends et les conflits par des moyens pacifiques. À cette fin, elles soutiennent la pleine mise en œuvre du système continental d’alerte rapide.
3. Les parties coopèrent dans les domaines de la gestion des crises et du règlement pacifique des conflits, et cette coopération s’exerce notamment dans le cadre des opérations de soutien de la paix sous conduite africaine, des opérations de gestion de crise de l’UE et des opérations de maintien de la paix des Nations unies, lorsque ces opérations sont déployées dans la même zone.
4. Les parties coopèrent en ce qui concerne la stabilisation à l’issue des conflits, consolident et soutiennent la mise en œuvre des processus de règlement des crises, accompagnent les processus constitutionnels et électoraux, œuvrent en faveur de la justice transitionnelle et promeuvent les processus de réconciliation et les mesures de réintégration à l’intention des victimes de guerres et de conflits armés. Elles soutiennent la réhabilitation et la reconstruction des zones ravagées par la guerre.
5. Les parties promeuvent le programme pour les femmes, la paix et la sécurité et le programme pour la jeunesse, la paix et la sécurité, et renforcent le rôle actif des femmes et des jeunes dans les domaines de la paix et de la sécurité, que ce soit en matière d’alerte précoce, de médiation, de résolution des conflits ou de consolidation et de maintien de la paix, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies en la matière, notamment les résolutions 1325 (2000) et 2250 (2015), ainsi qu’aux politiques et décisions de l’UA et de l’UE.
Article 57
Terrorisme, extrémisme violent et radicalisation
1. Les parties s’emploient à prévenir et à combattre le terrorisme sous toutes ses formes, en s’attaquant aux facteurs susceptibles de créer un environnement propice à l’extrémisme violent et à la radicalisation, y compris en encourageant la tolérance religieuse et le dialogue interreligieux et en répondant aux défis posés par les liens entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, dans le plein respect de l’État de droit et du droit international, y compris la législation relative aux droits de l’homme, le droit relatif aux réfugiés et le droit international humanitaire.
2. Les parties renforcent leur coopération afin de permettre aux individus et aux communautés de prévenir les actes terroristes, l’extrémisme violent et la radicalisation, et d’être plus résilients face à ceux-ci. Elles s’efforcent de nouer le dialogue avec toutes les parties prenantes concernées, y compris les jeunes, les responsables religieux et la société civile, de promouvoir la compréhension mutuelle, la diversité et le dialogue interconfessionnel, de définir des interventions adaptées et de lutter contre le recrutement en ligne et hors ligne, la radicalisation et l’incitation à commettre des actes terroristes. Elles coopèrent également en vue de renforcer le soutien aux victimes du terrorisme.
3. Les parties coopèrent en vue de mettre en œuvre toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, dont les résolutions 2396 (2017) et 2462 (2019), et de l’Assemblée générale des Nations unies, ainsi que des conventions et instruments internationaux, y compris de la stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies et du plan d’action des Nations unies pour la prévention de l’extrémisme violent.
4. Les parties intensifient leurs efforts pour échanger leurs informations et leur expertise concernant les groupes terroristes et les réseaux qui les soutiennent, dans le plein respect de l’État de droit et de la législation internationale relative aux droits de l’homme. Elles soutiennent les initiatives de coopération en matière répressive et renforcent les capacités de lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l’homme, y compris par la formation et la professionnalisation des forces de sécurité. Elles coopèrent pour réprimer le financement du terrorisme en recensant, en détectant, en confisquant, en gelant ou en saisissant tout fonds ou autre actif utilisé ou mobilisé en vue de commettre un acte terroriste.
5. Les parties empêchent les auteurs d’actes terroristes, d’extrémisme violent et de radicalisation d’acquérir des armes de destruction massive.
Article 58
Criminalité organisée
1. Les parties s’attaquent à toutes les formes de criminalité organisée, en particulier la traite des êtres humains, le trafic d’armes légères et de petit calibre, de drogues illicites, de matières dangereuses, de biens culturels et d’espèces sauvages, ainsi qu’à la criminalité environnementale, en renforçant la gestion des contrôles aux frontières, la collecte et le partage d’informations et de données, ainsi que l’échange d’expertise et d’assistance technique. Elles adoptent des mesures législatives et autres conformément à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et aux protocoles s’y rapportant.
2. Les parties luttent de manière adéquate contre la traite des êtres humains, conformément aux normes de la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et de son protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Elles préviennent la traite des êtres humains en renforçant la coopération entre les services répressifs et judiciaires pour lutter contre l’impunité de tous les acteurs de la chaîne de la traite, et en décourageant la demande à l’origine de toutes les formes d’exploitation. Elles veillent à une protection appropriée des victimes, en tenant compte de la spécificité de genre de cette criminalité, les femmes et les filles étant ciblées de manière disproportionnée, principalement à des fins d’exploitation sexuelle.
3. Les parties adoptent des mesures législatives et autres pour prévenir et combattre le trafic de migrants en renforçant la coopération entre les services répressifs et judiciaires en vue d’enquêter sur le trafic de migrants et les crimes connexes et d’engager des poursuites en la matière, conformément à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et aux protocoles s’y rapportant, y compris le protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer.
4. Les parties renforcent la coopération en vue de prévenir et de combattre le recours à leurs institutions financières et à certaines activités et professions du secteur non-financier pour financer le terrorisme et blanchir des capitaux provenant d’activités criminelles, dont la corruption. Elles échangent des informations et appliquent les mesures appropriées pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, afin de garantir la mise en œuvre intégrale et effective des recommandations du Groupe d’action financière. Elles soutiennent la mise en place d’une législation et d’organismes nationaux de recouvrement des avoirs, ainsi que la confiscation des avoirs d’origine criminelle et leur mobilisation à des fins d’utilité publique, en étendant la responsabilité pénale des auteurs d’actes criminels et de ceux qui les facilitent et en veillant à désorganiser les flux financiers illicites, privant ainsi les criminels de leurs profits.
5. Les parties adoptent des dispositions législatives et élaborent des initiatives pour lutter contre la criminalité, y compris la criminalité et la violence urbaines. Elles encouragent le contrôle des armes à feu en vue de prévenir et de réduire les effets négatifs de la violence armée sur la société et sur les personnes et de créer un environnement sûr pour un développement durable. Elles combattent toutes les formes de violences et soutiennent les victimes de celles-ci.
Article 59
Armes légères et de petit calibre
1. Les parties promeuvent la mise en œuvre effective du traité sur le commerce des armes et du protocole des Nations unies contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions. Elles soutiennent le plan d’action pour la mise en œuvre de la stratégie de l’Union africaine sur le contrôle de la prolifération, de la circulation et du trafic illicites des armes légères et de petit calibre, et le programme d’action des Nations unies en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.
2. Les parties coopèrent pour lutter contre la prolifération et le trafic illicites d’armes légères et de petit calibre qui soutiennent les conflits armés et le terrorisme et alimentent la criminalité armée, comme le vol et le braconnage de bétail, y compris en améliorant la gestion des stocks, en détruisant les armes et munitions excédentaires, en recourant au marquage, à l’enregistrement et au traçage, ainsi qu’en contrôlant les exportations et les importations.
Article 60
Cybersécurité et cybercriminalité
1. Les parties s’efforcent d’élaborer et de mettre en œuvre une législation et des mesures visant à défendre un environnement ouvert, libre, sûr, stable, accessible et pacifique dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Elles s’efforcent d’encourager l’élaboration et la mise en œuvre, dans le cadre des Nations unies, de normes internationalement reconnues en matière de comportement responsable dans le cyberespace, dans le plein respect des obligations internationales relatives aux droits de l’homme.
2. Les parties coopèrent pour prévenir et combattre la cybercriminalité et la diffusion de contenus illicites en ligne. Elles échangent des informations au sujet de l’éducation et de la formation des enquêteurs spécialisés en cybercriminalité, des enquêtes sur la cybercriminalité et de la criminalistique numérique, tout en garantissant un niveau élevé de protection des données. Elles promeuvent une culture de la cybersécurité et coopèrent pour prévenir et combattre la cybercriminalité, en s’appuyant sur les normes et les standards internationaux existants, notamment ceux de la convention de Budapest sur la cybercriminalité et de la convention de l’UA sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Article 61
Drogues illicites
1. Les parties veillent au renforcement de l’approche équilibrée, intégrée et fondée sur des données probantes utilisée dans le cadre de leurs politiques en matière de drogue. Elles s’efforcent de prévenir et de lutter contre la culture, la production et le trafic de drogues et de substances psychoactives illicites, notamment en adoptant des mesures plus efficaces en matière de prévention et de répression de la criminalité liée à la drogue, conformément aux obligations internationales applicables en matière de droits de l’homme.
2. Les parties intensifient et accélèrent leurs efforts portant sur la demande, mettent en place des programmes de prévention et d’éducation et prennent les mesures nécessaires pour faire face aux conséquences sanitaires et sociales de la drogue. Elles encouragent le dialogue avec les parties prenantes concernées, y compris la société civile, la communauté scientifique et le monde universitaire, afin de lutter efficacement contre l’usage de drogues illicites.
Article 62
Sécurité maritime
1. Les parties prennent, aux niveaux national, régional et continental, des initiatives qui contribuent à faire progresser la sécurité maritime, notamment en mer Rouge, dans la Corne de l’Afrique, dans l’océan Indien et dans le golfe de Guinée. Elles favorisent la coopération entre l’UA, l’UE et les Nations unies, ainsi qu’avec les organisations régionales et sous-régionales, et encouragent la complémentarité des efforts.
2. Les parties coopèrent pour lutter contre toutes les formes de criminalité transnationale organisée en mer, y compris la traite des êtres humains et les trafics d’armes légères et de petit calibre, de drogues illicites et d’espèces sauvages, ainsi que le trafic de migrants. Elles découragent, préviennent et répriment les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, y compris les vols de pétrole et de gaz, de manière à ce que les routes commerciales soient sûres et ouvertes.
3. Les parties intensifient leurs efforts multilatéraux pour lutter efficacement contre la criminalité en haute mer. Elles adoptent des mesures visant à renforcer les capacités répressives et l’appropriation de ces mesures par les États côtiers et les organisations régionales, et encouragent la coordination et l’échange d’informations au niveau régional afin de faire face aux menaces en mer et de contrer les différentes formes de criminalité présentes en mer.
4. Les parties conçoivent et renforcent des mécanismes interrégionaux de partage d’informations et encouragent la surveillance maritime et l’appréciation de la situation maritime, ainsi que la coopération entre les gardes-côtes et les marines des États côtiers.
5. Les parties promeuvent et respectent la liberté de la haute mer, la liberté de navigation et les autres principes, droits et obligations prévus par le droit international, tout en promouvant l’application universelle de la CNUDM, ainsi que d’autres instruments juridiques internationaux en la matière.
Article 63
Coopération en matière répressive
1. Les parties renforcent le dialogue et la coopération en matière répressive, y compris par une coopération stratégique entre les organes de l’UA, tels qu’Afripol, et les organes de l’UE tels qu’Europol, afin de faciliter la prévention et la détection des activités des réseaux criminels et terroristes organisés transnationaux en Afrique et dans l’UE, ainsi que les enquêtes et les poursuites dans ce domaine.
2. Les parties coopèrent en matière de recherche et de sauvetage, ainsi que dans d’autres situations d’urgence, et encouragent les États à conclure des accords bilatéraux dans ce contexte.
3. Les parties renforcent leur coopération en matière de gestion intégrée des frontières et améliorent la collecte et le partage d’informations et de données.
4. Les parties conviennent d’œuvrer au renforcement des capacités policières, y compris au moyen de programmes ciblés de formation de la police aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique, adaptés aux réalités du contexte africain.
TITRE V
Droits de l’homme, démocratie et gouvernance
Article 64
Les parties œuvrent à la construction de sociétés résilientes, durables et inclusives, fondées sur des institutions et des processus décisionnels efficaces, transparents à tous les niveaux et dans lesquels les responsables sont tenus de rendre des comptes, et où les droits de l’homme, les libertés fondamentales, l’État de droit et les principes démocratiques sont respectés, favorisés et mis en œuvre. Elles s’efforcent d’accélérer les progrès sur la voie de l’égalité de genre. Elles veillent à ce que les individus et la société civile disposent d’un espace ouvert, propice à l’expression de leurs aspirations et de leurs préoccupations, où ils peuvent donner leur avis et apporter leur contribution au sujet de toute question politique, économique, sociale et culturelle, ce qui concourt à renforcer la confiance dans les institutions publiques.
Article 65
Droits de l’homme
1. Les parties adoptent et mettent en œuvre une législation qui contribue à la protection, à la promotion et au respect des droits de l’homme, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels. Elles soutiennent la ratification, la transposition et la mise en œuvre de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que les instruments de l’AAG.
2. Les parties appliquent pleinement le principe de non-discrimination, qu’il s’agisse de discriminations fondées sur le sexe, l’origine ethnique ou sociale, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou autres, un handicap, l’âge ou toute autre situation, tout en donnant la priorité à l’adoption d’une législation globale en matière d’égalité et de lutte contre les discriminations. Elles prennent les mesures nécessaires pour garantir aux femmes et aux filles le plein exercice de l’ensemble de leurs droits fondamentaux, ainsi que leur autonomisation, y compris en encourageant la signature et la ratification, lorsqu’elles sont encore nécessaires, ainsi que la mise en œuvre du protocole de Maputo. Elles mettent tout en œuvre pour promouvoir et protéger les droits de l’enfant, y compris en encourageant la signature, la ratification, lorsqu’elles sont encore nécessaires, ainsi que la mise en œuvre de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Elles adoptent des mesures pour promouvoir la pleine jouissance des droits de l’homme par les personnes appartenant à des minorités, les personnes handicapées et les personnes atteintes d’albinisme, ainsi que par les populations autochtones, conformément à la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
3. Les parties luttent efficacement contre l’impunité, en veillant au respect de l’État de droit et au fonctionnement indépendant, impartial et efficace du système judiciaire. Elles garantissent le droit des victimes et des survivants à une réparation adéquate, efficace et rapide.
4. Les parties soutiennent le système africain des droits de l’homme, notamment la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, en guidant les États africains dans leur mise en conformité avec les obligations juridiques internationales en matière de droits de l’homme. Elles respectent et préservent l’intégrité et l’indépendance de ces organes et veillent à ce que tous les États africains respectent les décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.
5. Les parties renforcent les capacités de la société civile et protègent les défenseurs des droits de l’homme agissant aux niveaux national, régional et continental. Elles coopèrent pour sensibiliser aux droits de l’homme, y compris en coopérant avec les institutions nationales des droits de l’homme, les systèmes éducatifs et les médias.
Article 66
Égalité de genre
1. Les parties garantissent à tous l’égalité devant la loi, un accès équitable à la justice, et l’égale protection et l’égal bénéfice de la loi. Elles prennent des mesures visant à garantir, à améliorer et à étendre l’égalité de participation et l’égalité des chances dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle. Elles veillent à intégrer systématiquement la perspective de genre à l’ensemble des politiques et des programmes.
2. Les parties coopèrent en vue de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violence sexuelle et fondée sur le genre, de discrimination et de harcèlement, ainsi que la violence domestique, et luttent contre la traite des êtres humains. Elles prennent toutes les mesures nécessaires pour déployer des efforts concertés afin de mettre fin aux mariages d’enfants, aux mariages précoces et forcés, aux mutilations génitales féminines et à l’excision, ainsi qu’à d’autres pratiques préjudiciables discriminatoires à l’égard des femmes et des filles. Elles apportent une aide aux victimes et aux survivants de toutes les formes de violence. Les parties s’engagent à mettre en œuvre intégralement, efficacement et sans discrimination la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, faite à New York le 18 décembre 1979, ainsi que son protocole facultatif.
3. Les parties veillent au respect et à la promotion des droits sociaux des femmes et des filles, notamment en supprimant tous les obstacles à une éducation et à des soins de santé de qualité et en éliminant les disparités entre les genres. Elles renforcent les droits économiques des femmes et des filles.
4. Les parties veillent à ce que la législation en vigueur reconnaisse le droit des femmes et des filles à participer pleinement à tous les domaines de la vie publique et créent les conditions permettant aux femmes d’occuper des postes de même niveau, y compris au sein du pouvoir politique et dans le processus décisionnel. Elles renforcent le rôle des femmes et favorisent la participation de ces dernières à tous les niveaux dans les domaines de la paix et de la sécurité, ainsi que de la prévention et du règlement des conflits, de la violence et de l’extrémisme.
Article 67
Démocratie
1. Les parties promeuvent et renforcent les valeurs et principes universels de la démocratie. Elles protègent la séparation des pouvoirs, promeuvent le pluralisme politique et renforcent la transparence des processus démocratiques, la participation à ces processus et la confiance en ceux-ci, ainsi que la confiance entre les dirigeants politiques et la population, y compris en soutenant la ratification et la mise en œuvre de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
2. Les parties veillent à l’intégrité des processus électoraux en garantissant la tenue d’élections inclusives, transparentes et crédibles, qui respectent les cycles électoraux et les dispositions constitutionnelles et se déroulent dans le dû respect de la souveraineté. Elles promeuvent l’application des normes et des bonnes pratiques internationales et régionales dans la gestion des élections et renforcent l’indépendance et l’impartialité des commissions électorales, en garantissant des conditions de concurrence égales pour l’ensemble des partis politiques et des candidats. Elles renforcent la coopération en matière d’observation électorale, y compris le suivi des recommandations en la matière, s’il y a lieu, et intensifient la coopération avec l’UA et les CER. Elles renforcent les mécanismes nationaux de règlement des litiges liés aux élections en temps utile.
3. Les parties renforcent la capacité des parlements élus à remplir leurs fonctions législatives, budgétaires et de contrôle, dans le respect des prérogatives de l’ensemble de leurs membres.
4. Les parties adoptent des dispositions législatives et réglementaires internes reconnaissant différents niveaux de gouvernement dotés d’un mandat leur permettant d’exercer leurs compétences dans le cadre de pouvoirs délégués. Elles renforcent l’administration locale et décentralisent le pouvoir au profit d’autorités locales démocratiquement élues, comme le prévoient les lois nationales.
5. Les parties promeuvent des sociétés inclusives et pluralistes. Elles suppriment toute restriction à la liberté d’association, à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique. Elles préservent et élargissent l’espace permettant à la société civile de se faire entendre et de participer à l’élaboration des politiques, et garantissent la liberté et l’indépendance des médias, de manière à obliger les gouvernements à appliquer les normes les plus élevées possible en matière de transparence et d’obligation de rendre des comptes dans la gestion des affaires publiques. Les parties encouragent les relations constructives entre l’État et les citoyens et sensibilisent aux principes démocratiques et aux droits de l’homme, y compris par l’intermédiaire des systèmes éducatifs et des médias.
Article 68
État de droit et justice
1. Les parties coopèrent pour consolider l’État de droit et renforcer les institutions à tous les niveaux de l’administration de la justice. Elles font respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire et visent à garantir un fonctionnement indépendant, impartial et efficace du système judiciaire et à faire en sorte que l’accès des citoyens à la justice et à l’aide juridictionnelle soit plus effectif et équitable.
2. Les parties préviennent, condamnent et éliminent toutes les formes de torture et d’autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés par des acteurs étatiques et non étatiques dans tous les contextes, y compris dans les contextes du terrorisme, de la gestion des crises et de la migration, tout en soutenant la ratification et la mise en œuvre effective de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, faite à New York le 10 décembre 1984, et son protocole facultatif.
3. Les parties veillent à ce que les violations du droit international relatif aux droits de l’homme et les atteintes à celui-ci ainsi que les violations du droit international humanitaire, y compris les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides, de même que le recrutement d’enfants soldats et les violences sexuelles fondées sur le genre et l’identité, fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites appropriées. Elles renforcent la législation et les systèmes judiciaires nationaux, y compris grâce à une coopération interétatique efficace et à l’entraide judiciaire lorsque des États souhaitent engager des poursuites nationales à l’égard des crimes internationaux les plus graves.
4. Les parties facilitent les réformes de la justice, en garantissant la modernisation, la transparence et l’efficience des systèmes et procédures judiciaires, en dispensant des formations adéquates et en améliorant l’accès à la législation, à la jurisprudence et à d’autres informations juridiques, en modernisant les systèmes pénitentiaires et en tirant le meilleur parti possible de leur rôle de réinsertion, et en luttant contre les violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité.
Article 69
Bonne gouvernance
1. Les parties appuient les efforts visant à consolider la bonne gouvernance en promouvant une culture et des pratiques démocratiques, en créant et en renforçant des institutions de gouvernance à tous les niveaux qui soient comptables de leurs actes, transparentes et réactives, et en inculquant le pluralisme, la transparence et la tolérance politiques. Elles soutiennent la mise en œuvre intégrale des instruments de l’AAG et encouragent une coordination et une harmonisation efficaces des politiques de gouvernance entre les États africains.
2. Les parties renforcent la capacité des gouvernements, à tous les niveaux, à fournir des services publics de qualité, à garantir que l’administration publique est efficace, transparente, tenue de rendre des comptes et inclusive, à promouvoir l’impartialité et l’efficacité des organes chargés de faire appliquer la loi et à favoriser la participation des citoyens et l’accès aux informations publiques.
3. Les parties soutiennent l’utilisation des technologies numériques et accélèrent le déploiement de solutions conviviales et simplifiées en matière de gouvernance électronique afin de renforcer l’accès aux informations et aux services publics et leur disponibilité et d’améliorer la transparence et l’obligation de rendre des comptes, tout en prévenant les abus et en œuvrant en faveur des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de la protection de ceux-ci.
Article 70
Administration publique, statistiques et données à caractère personnel
1. Les parties renforcent les capacités de conception et de mise en œuvre des politiques, mettent en place une fonction publique professionnelle et efficace, améliorent les mécanismes législatifs et de gouvernance et renforcent la capacité des gouvernements à fournir des services publics de qualité.
2. Les parties garantissent l’impartialité, l’équité, le respect des procédures et la continuité dans la fourniture des services publics et soutiennent des institutions tenues de rendre des comptes, inclusives et transparentes aux fins de la fourniture de services publics efficaces et efficients, y compris en promouvant la charte africaine des valeurs et principes de la fonction publique et de l’administration publique.
3. Les parties appuient la production, le stockage, la gestion et la diffusion de données et d’informations statistiques aux niveaux national, régional et continental, y compris en promouvant la charte africaine de la statistique en tant que cadre stratégique pour l’élaboration des statistiques en Afrique. Elles mettent au point des systèmes d’identification solides, sûrs et inclusifs afin de garantir que chaque citoyen soit doté d’une identité juridique, y compris en renforçant le système d’état civil et de statistiques de l’état civil.
4. Les parties garantissent un niveau élevé de protection du droit de chacun à la vie privée à l’égard du traitement des données à caractère personnel, conformément aux normes multilatérales et aux pratiques et instruments juridiques internationaux existants. Elles s’efforcent de maintenir des régimes de protection des données robustes et de garantir l’application effective de ceux-ci par l’intermédiaire d’autorités de contrôle indépendantes.
Article 71
Corruption
1. Les parties mettent en place et renforcent la législation, les institutions et d’autres mesures visant à prévenir et à combattre la corruption sous toutes ses formes, la fraude, la criminalité financière d’entreprise et les infractions connexes dans les secteurs public et privé, y compris en mettant en œuvre et en promouvant les normes et instruments internationaux en la matière, notamment la convention des Nations unies contre la corruption, faite à New York le 31 octobre 2003. Elles adoptent les mesures législatives et autres qui sont nécessaires pour prévenir la corruption et garantir que la législation en matière de corruption est effectivement appliquée, que des enquêtes et des poursuites impartiales sont menées et que des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives sont appliquées dans les cas de corruption et de criminalité liée à la corruption. Elles adoptent des mesures législatives et autres pour garantir une protection efficace contre les représailles potentielles, y compris dans le contexte professionnel, et contre les actes d’intimidation à l’égard des lanceurs d’alerte signalant des actes de corruption et des infractions connexes ou à l’égard des témoins qui font une déposition en rapport avec de telles infractions, y compris en protégeant leur identité.
2. Les parties adoptent des mesures législatives pour permettre le gel et la confiscation des produits et instruments d’actes de corruption et d’infractions connexes, ou d’autres biens dont la valeur correspond à celle de ces produits et instruments. Elles coopèrent pour récupérer ces produits et instruments et les restituer à leurs anciens propriétaires légitimes dans le pays d’origine, conformément à la convention des Nations unies contre la corruption. Elles adoptent des mesures législatives et autres pour lutter contre le blanchiment des produits de la corruption.
3. Les parties garantissent la transparence et le respect de l’obligation de rendre des comptes en ce qui concerne la gestion des ressources publiques, y compris des avoirs recouvrés et restitués. Elles encouragent les mesures qui soutiennent les valeurs que sont une culture de la transparence, de l’intégrité et de la légalité et un changement de comportement à l’égard des pratiques de corruption. Elles renforcent les capacités et l’expertise de l’administration publique dans la lutte contre la corruption. Elles promeuvent la création d’organismes spécialisés dans le domaine de la lutte contre la corruption.
4. Les parties coopèrent aux enquêtes relatives aux actes de corruption et aux infractions connexes, y compris lorsqu’ils sont commis dans le cadre de transactions commerciales internationales.
Article 72
Gouvernance financière
1. Les parties promeuvent la bonne gestion des finances publiques, en ce compris l’efficacité et la transparence dans la mobilisation des recettes nationales, la gestion budgétaire et l’utilisation des recettes publiques, conformément aux principes de l’initiative fiscale d’Addis-Abeba. Elles promeuvent une gestion durable de la dette publique et des systèmes de passation de marchés durables, et soutiennent les organes de contrôle nationaux.
2. Les parties améliorent la gestion des recettes issues des ressources naturelles et la gouvernance en la matière, en permettant aux communautés et aux sociétés de prospérer grâce à l’utilisation de ces ressources, conformément, entre autres, à l’Initiative pour la transparence des industries extractives et au processus de Kimberley.
3. Les parties luttent contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites, et améliorent le recouvrement des avoirs. Elles s’emploient à garantir l’efficience, l’efficacité, la sécurité, la transparence et l’équité des systèmes fiscaux.
4. Les parties prennent des mesures concrètes, y compris en adoptant des actes législatifs, et renforcent les institutions et mécanismes pertinents pour mettre en œuvre les principes de bonne gouvernance dans le domaine fiscal.
TITRE VI
Migration et mobilité
Article 73
Les parties adoptent une approche globale et équilibrée en matière de migration. Elles réaffirment leur détermination à protéger les droits de l’homme de tous les réfugiés et migrants et abordent la migration dans un esprit de solidarité, de véritable partenariat, de responsabilité partagée, conformément à leurs compétences respectives, ainsi que dans le plein respect du droit international, en ce compris le droit international relatif aux droits de l’homme. Elles reconnaissent que les intérêts africains et européens en matière de migration sont étroitement liés et que, bien gérées, la migration et la mobilité peuvent être une source de prospérité, d’innovation et de développement durable. Elles engagent le dialogue et coopèrent sur tous les aspects liés à la migration légale et irrégulière, y compris en prenant des mesures concrètes en matière de migration légale, en endiguant la migration irrégulière et en s’attaquant à ses causes profondes, en prévenant et en combattant le trafic de migrants, en luttant contre la traite des êtres humains, en sauvant des vies et en garantissant une protection, en renforçant l’engagement et les investissements de la diaspora en faveur du développement durable, en tirant le meilleur parti possible des envois de fonds, en renforçant la coopération en matière de retour, de réadmission et de réintégration durable des personnes de retour dans leur pays d’origine, ainsi qu’en accordant une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité, telles que les femmes, les enfants et les mineurs non accompagnés, et à leurs besoins spécifiques. Les parties conviennent de coopérer à la mise en œuvre d’une approche intégrée de gestion des frontières afin de faciliter le franchissement légitime des frontières par les personnes et d’endiguer la migration irrégulière. Elles intensifient la coopération et le dialogue en s’appuyant sur les initiatives existantes, notamment le suivi du plan d’action conjoint de La Valette, à savoir les processus de Rabat et de Khartoum, et le dialogue UA-UE sur les migrations et la mobilité entre les deux continents. Les parties encouragent la coopération triangulaire entre les pays subsahariens, méditerranéens et européens sur les questions liées à la migration. Les parties favorisent le dialogue pour traiter toutes les questions liées à la migration et coopèrent afin d’encourager des stratégies de réponse appropriées et pertinentes.
Article 74
Migration légale et mobilité
1. Les parties s’efforcent d’accroître le transfert et le partage des connaissances et de renforcer les programmes de mobilité qui facilitent les échanges universitaires pour les étudiants, les chercheurs, les membres des professions universitaires et les établissements.
2. Les parties s’efforcent de faciliter les visites à des fins professionnelles et d’investissement.
3. Les parties visent à définir, dans le respect de leurs compétences respectives, des moyens d’assurer une gestion efficace de la migration et de la mobilité de la main-d’œuvre, y compris au moyen de mesures de protection sociale appropriées et en luttant contre toutes les formes d’exploitation.
4. Les parties coopèrent en vue d’améliorer la transparence et la comparabilité des qualifications, dans le but de faciliter leur reconnaissance et leur acceptation sur le marché du travail.
5. Les parties dialoguent, selon qu’il convient, sur les procédures guidant la transférabilité des droits à pension pour les migrants en séjour régulier.
6. Les parties coopèrent dans le cadre de campagnes de sensibilisation liées à la migration légale afin d’éclairer les prises de décision des migrants et d’informer ces derniers des possibilités en ce qui concerne les voies de migration sûres et légales. Elles mettent également à disposition des informations sur les possibilités de changement de statut dans le cadre de leurs ordres juridiques respectifs.
7. Les parties s’emploient à mettre en œuvre des critères transparents et efficaces en matière d’admission et de séjour à des fins professionnelles, de recherche, d’études, de formation et de volontariat en vue de faciliter la migration circulaire et la mobilité.
8. Les parties facilitent l’accès des migrants aux procédures de regroupement familial en tenant compte de l’intérêt supérieur de l’enfant.
9. Les parties coopèrent en vue d’améliorer et de moderniser les systèmes d’état civil et de délivrer des documents de voyage biométriques sur la base des spécifications de l’Organisation de l’aviation civile internationale, y compris en s’efforçant de lutter contre la fraude à l’identité et la falsification de documents.
Article 75
Mobilité intra-africaine
1. Les parties reconnaissent l’importance de la mobilité intra-africaine et les avantages potentiels considérables qu’elle présente pour l’intégration régionale et le développement durable des pays tant d’accueil que d’origine.
2. Les parties s’engagent à continuer de soutenir la coopération intra-africaine en matière de gestion des migrations, en tenant compte du cadre de politique migratoire pour l’Afrique de l’UA.
Article 76
Diaspora, envois de fonds et développement durable
1. Les parties encouragent et soutiennent l’engagement de la diaspora en faveur du développement durable de leur pays d’origine. Elles coopèrent afin de promouvoir et de faciliter les investissements de la diaspora et la création d’entreprises en tant que moyen de stimuler le développement local et l’esprit d’entreprise dans les pays d’origine, ainsi que le transfert de connaissances, d’expériences et de technologies.
2. Les parties visent à réduire sensiblement les coûts de transaction des envois de fonds et à les amener à moins de 3 %, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et à éliminer les couloirs d’envoi de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5 % conformément aux objectifs convenus au niveau international, à coopérer pour accroître les points d’accès aux services d’envois de fonds, en particulier dans les zones rurales, à promouvoir l’inclusion financière, y compris au moyen d’instruments financiers innovants et de nouvelles technologies, et à améliorer les cadres réglementaires en vue d’une participation accrue des acteurs non traditionnels.
3. Les parties soutiennent les travaux des institutions qui contribuent à la mise en œuvre de stratégies et d’instruments permettant d’utiliser les envois de fonds et les investissements de la diaspora à des fins de développement durable.
Article 77
Migration irrégulière, trafic de migrants et traite des êtres humains
1. Les parties coopèrent pour remédier aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés et y apporter des réponses appropriées. Elles coopèrent pour soutenir les pays d’origine au moyen de stratégies appropriées, y compris dans le but de favoriser la croissance économique et le développement durable.
2. Les parties s’engagent à endiguer la migration irrégulière en renforçant la coopération en matière de gestion intégrée des frontières, en améliorant la collecte et le partage d’informations et de données, et en favorisant la coopération policière et judiciaire, en particulier en ce qui concerne les pays d’origine et de transit des flux migratoires. Elles coopèrent pour développer et maintenir, s’il y a lieu, des réseaux de communication pour appuyer la surveillance maritime et sauver des vies en mer.
3. Les parties établissent et mettent en œuvre une législation en matière de lutte contre la traite des êtres humains, renforcent les institutions concernées et intensifient les efforts de collaboration, y compris en protégeant et en aidant les victimes de la traite, et préviennent et combattent le trafic de migrants conformément à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et à ses protocoles additionnels, en particulier le protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer et le protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
4. Les parties coopèrent pour surveiller les itinéraires de la migration irrégulière, renforcent les actions nationales, régionales et transrégionales et intensifient les efforts conjoints visant à démanteler les réseaux criminels qui pratiquent le trafic des migrants et la traite des êtres humains. Elles coopèrent en vue du partage de renseignement criminel et d’informations utiles concernant les réseaux criminels et les itinéraires de trafic et de traite, y compris en ce qui concerne les modus operandi et les transactions financières, afin d’améliorer la collecte de données et de renforcer les stratégies d’analyse et de diffusion. Elles veillent à la mise en œuvre effective de la législation et des mesures applicables aux personnes qui exploitent les migrants en situation irrégulière. Elles intensifient leurs efforts en matière d’enquêtes et de poursuites pénales à l’égard des auteurs d’infractions.
5. Les parties soutiennent des campagnes de sensibilisation aux risques liés à la migration irrégulière, en utilisant tous les moyens disponibles aux niveaux régional, national et local, conformément aux stratégies et programmes en la matière.
Article 78
Retour, réadmission et réintégration
1. Les parties réaffirment leur droit de procéder au retour des migrants en séjour irrégulier et réaffirment l’obligation juridique incombant à chaque État membre de l’Union européenne et à chaque membre de l’OEACP de réadmettre leurs propres ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire des membres de l’OEACP ou des États membres de l’Union européenne, respectivement, sans conditions et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3. À cette fin, les parties coopèrent en matière de retour et de réadmission et veillent à ce que les droits et la dignité des personnes soient pleinement protégés et respectés, y compris dans toute procédure mise en œuvre pour le retour des migrants en séjour irrégulier vers leur pays d’origine.
2. Chaque État membre de l’Union européenne accepte le retour et la réadmission de ses propres ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire d’un membre de l’OEACP, à la demande de ce dernier et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3 pour les personnes qui ne disposent pas d’un document de voyage en cours de validité.
Chaque membre de l’OEACP accepte le retour et la réadmission de ses ressortissants se trouvant illégalement sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne, à la demande de ce dernier et sans autres formalités que la vérification prévue au paragraphe 3 pour les personnes qui ne disposent pas d’un document de voyage en cours de validité.
En ce qui concerne les États membres de l’Union européenne, les obligations énoncées au présent paragraphe s’appliquent uniquement à l’égard des personnes possédant la nationalité d’un État membre de l’Union européenne. En ce qui concerne les membres de l’OEACP, les obligations énoncées au présent paragraphe s’appliquent uniquement à l’égard des personnes qui doivent être considérées comme leurs ressortissants en vertu de leur système juridique respectif.
3. Les États membres de l’Union européenne et les membres de l’OEACP répondent rapidement aux demandes de réadmission de chacun. Ils mettent en œuvre des processus de vérification au moyen des procédures d’identification les plus appropriées et les plus efficientes en vue de déterminer la nationalité de la personne concernée et de délivrer les documents de voyage requis appropriés à des fins de retour, comme indiqué à l’annexe I. Aucune disposition de ladite annexe n’empêche le retour d’une personne en vertu de dispositions formelles ou informelles entre l’État auquel une demande de réadmission est soumise et l’État qui soumet une demande de réadmission.
4. Nonobstant les procédures prévues à l’article 101, paragraphe 5, de la partie générale du présent accord, si une partie considère qu’une autre partie n’a pas respecté le délai visé à l’annexe I, conformément à l’annexe 9, chapitre 5, norme 5.26, de la convention relative à l’aviation civile internationale, elle en informe l’autre partie. Si cette autre partie persiste à ne pas se conformer à ces obligations, la partie notifiante peut prendre des mesures proportionnées, à compter de 30 jours après la notification.
5. Les parties conviennent de suivre la mise en œuvre de ces engagements dans le cadre du dialogue de partenariat régulier.
Article 79
Protection et asile
1. Les parties s’engagent à garantir un niveau élevé de protection et d’assistance aux personnes déplacées de force, en ce compris les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, dans le plein respect du droit international, du droit international relatif aux droits de l’homme et, le cas échéant, du droit international des réfugiés et du droit humanitaire international, y compris en ce qui concerne le principe fondamental du non-refoulement.
2. Les parties reconnaissent que les camps de réfugiés devraient être l’exception et, dans la mesure du possible, constituer une mesure temporaire face à une situation d’urgence, et qu’il convient de privilégier une intégration durable des réfugiés. Elles renforcent leur coopération afin de faciliter une intégration durable des réfugiés dans les communautés d’accueil et les pays d’asile. Elles soutiennent la mise en œuvre du cadre d’action global pour les réfugiés des Nations unies.
3. Les parties veillent à ce que les réfugiés et les demandeurs d’asile puissent exercer leurs droits fondamentaux grâce à un accès sûr aux services de base, conformément aux obligations internationales.
4. Les parties défendent à tout moment l’intérêt supérieur de l’enfant et accordent à tous les enfants réfugiés le plein accès au système éducatif, dans des environnements d’apprentissage sûrs. Elles suivent une approche tenant compte du genre en s’attaquant aux vulnérabilités des enfants et veillent à ce que les enfants ne soient pas traduits en justice et ne fassent pas l’objet de mesures punitives en raison de leur statut de réfugié ou de celui de leurs parents.
PROTOCOLE RÉGIONAL POUR LES CARAÏBES
PARTIE I
CADRE DE COOPÉRATION
Article 1
Véritable partenariat
1. Aux fins du présent protocole, on entend par «parties» les parties concernées liées par le présent protocole conformément à l’article 6 de la partie générale du présent accord.
2. Les relations entre les parties sont régies par les dispositions de la partie générale du présent accord et le présent protocole, qui se complètent et se renforcent mutuellement, conformément à l’article 6 de la partie générale du présent accord.
3. Les parties conviennent que le présent protocole est mis en œuvre, selon des responsabilités complémentaires aux niveaux national, régional et international, sur la base des principes du respect mutuel et de l’obligation de rendre des comptes, d’égalité et d’appropriation partagée, et en associant toutes les parties prenantes pertinentes. Elles mettent en œuvre le présent protocole en s’appuyant sur les liens politiques, économiques et culturels étroits qui unissent toutes les parties au présent accord, et en les approfondissant.
4. Les parties soutiennent les processus d’intégration et de coopération régionaux, intensifient les efforts en faveur du multilatéralisme et d’un ordre mondial fondé sur des règles, et élaborent et mettent en œuvre des politiques et des mesures multidimensionnelles et cohérentes visant toutes les dimensions du développement durable, en tenant compte de leurs cadres stratégiques respectifs et des accords internationaux pertinents.
Article 2
Priorités stratégiques
1. Les parties réaffirment le caractère étendu et complet du partenariat régional caribéen et conviennent que les priorités stratégiques du présent protocole consistent, entre autres, à:
| a) | renforcer leur partenariat politique, qui s’appuiera sur un dialogue régulier et efficace et sur la promotion d’intérêts communs; |
| b) | approfondir les liens économiques, promouvoir la transformation et la diversification, et soutenir une croissance et un développement économiques inclusifs et durables grâce au commerce, aux investissements, au développement du secteur privé et à une industrialisation durable; |
| c) | améliorer la viabilité environnementale et la résilience face au changement climatique, mener une gestion durable des ressources naturelles et renforcer la gestion des catastrophes; |
| d) | construire des sociétés inclusives, pacifiques et sûres, en mettant particulièrement l’accent sur la promotion des droits de l’homme, de l’égalité de genre, de la justice et de la gouvernance, y compris la gouvernance financière, ainsi que sur la sécurité des citoyens; |
| e) | investir dans le développement humain et social, lutter contre la pauvreté et les inégalités croissantes, tirer parti de la migration, tirer parti des connaissances, des compétences entrepreneuriales et des investissements de la diaspora, et veiller à ce que nul ne soit laissé de côté. |
2. Les parties accordent une attention particulière à Haïti, seul pays des Caraïbes faisant partie des pays les moins avancés, en vue de remédier à ses faiblesses structurelles, tout en soutenant la consolidation de ses institutions, en améliorant la gouvernance et en réduisant la pauvreté et les inégalités sociales.
Article 3
Multilatéralisme et construction d’alliances
1. Les parties réaffirment leur ferme attachement au multilatéralisme. Elles renforcent la coopération et, s’il y a lieu, définissent des positions communes dans le cadre des Nations unies et d’autres organisations et enceintes internationales et régionales.
2. Les parties renforcent le dialogue et les consultations afin de bâtir des alliances stratégiques au sujet de questions mondiales d’intérêt commun, y compris le changement climatique, la gouvernance des océans, le développement durable, le développement humain et social, les droits de l’homme et les questions liées à la paix et à la sécurité, et la prévention et le règlement des conflits. Elles coopèrent pour remédier aux vulnérabilités des petits États insulaires en développement (PEID) dans les cadres d’action mondiaux pertinents.
3. Les parties s’engagent à signer et à ratifier les conventions et traités internationaux clés, pertinents et applicables ou à y adhérer, le cas échéant, et à les mettre en œuvre.
Article 4
Intégration et coopération régionales
1. Les parties promeuvent l’intégration et la coopération régionales dans la région des Caraïbes en tant que vecteurs importants de paix et de prospérité contribuant à la construction d’économies et de sociétés durables et résilientes et à l’accroissement de la compétitivité sur les marchés internationaux. Elles soutiennent la mise en place et le renforcement de politiques et de capacités internes complémentaires, contribuant ainsi à favoriser la stabilité, la cohésion et la prospérité régionales dans les Caraïbes.
2. Les parties conviennent de faire progresser la reconnaissance universelle des Caraïbes en tant que zone de paix. Elles promeuvent également le développement durable de la mer des Caraïbes à la lumière de son rôle de catalyseur de l’intégration et de la coopération régionales dans la région.
3. Les parties renforcent leur coopération avec les organisations d’intégration régionale et les pays et territoires qui partagent les mêmes valeurs et sont désireux et capables de promouvoir des objectifs communs, et contribuent au développement économique, social et politique de la région des Caraïbes dans son ensemble. Elles soutiennent, s’il y a lieu, l’élaboration d’approches régionales sur des questions d’intérêt commun, y compris avec les pays des Caraïbes au sens large et l’Amérique latine.
Article 5
Dispositions institutionnelles
1. Les institutions créées par le présent protocole, telles qu’elles sont définies dans la partie générale du présent accord, y compris leur composition et leurs fonctions, sont les suivantes:
| a) | le Conseil des ministres Caraïbes-UE; |
| b) | le Comité mixte Caraïbes-UE; |
| c) | l’Assemblée parlementaire Caraïbes-UE. |
2. Les parties peuvent décider de se réunir au niveau des chefs d’État ou de gouvernement à des fins de pilotage politique stratégique et de supervision du partenariat Caraïbes-UE.
Article 6
Pays et territoires d’outre-mer et régions ultrapériphériques de la région des Caraïbes
1. Les parties renforcent les liens économiques, culturels et axés sur les personnes, étroits et historiques, entre les membres de l’OEACP et les pays et territoires d’outre-mer associés à l’UE (PTOM) et les régions ultrapériphériques de l’UE (RUP). Les parties facilitent la participation des PTOM et des RUP aux processus d’intégration et de coopération régionales, ainsi que dans les organisations régionales, s’il y a lieu, notamment dans les domaines: des échanges, des investissements et de la coopération économique; du développement du secteur privé; de l’énergie; de la connectivité et de la numérisation; du développement humain et social; et du changement climatique, de la durabilité environnementale, de la gestion durable des ressources naturelles et du tourisme.
2. Les parties conviennent que les PTOM de la région des Caraïbes se voient conférer le rôle d’observateurs dans les institutions conjointes instituées par le présent protocole.
Article 7
Consultation avec les parties prenantes
Les parties mettent en place et développent des mécanismes de consultation et de dialogue avec toutes les parties prenantes concernées, y compris les autorités locales, les représentants de la société civile et le secteur privé, afin de les informer, de les conseiller et de les consulter, et de garantir leur contribution aux processus politiques et à la mise en œuvre du présent protocole. Les consultations et le dialogue visent à apporter des contributions aux réunions du Conseil des ministres Caraïbes-UE.
Article 8
Mise en œuvre et suivi
1. Les parties mettent en œuvre leurs engagements au niveau le plus approprié, conformément à leurs cadres d’action respectifs. Elles élaborent et appliquent des mesures visant à maximiser l’incidence de la mise en œuvre du présent protocole et à renforcer la participation de toutes les parties prenantes intéressées.
2. Les parties supervisent et réexaminent le présent protocole de manière à garantir que sa mise en œuvre respecte pleinement le principe de véritable partenariat et est en accord avec ses priorités stratégiques. Elles peuvent réexaminer le protocole régulièrement et, si elles en conviennent d’un commun accord, en étendre la portée, notamment à de nouveaux domaines d’action, conformément à la procédure prévue à l’article 99 de la partie générale du présent accord.
PARTIE II
PRINCIPAUX DOMAINES DE COOPÉRATION
TITRE I
Croissance et développement économiques inclusifs et durables
Article 9
Les parties promeuvent une croissance et un développement économiques inclusifs et durables par la transformation et la diversification économiques, le renforcement de la résilience économique, une intégration et une coopération régionales avancées, le renforcement des relations économiques et commerciales, et l’amélioration de la transition vers le plein-emploi et un travail décent pour tous. Elles coopèrent en vue de faciliter des flux commerciaux et d’investissement accrus, en améliorant la stabilité macroéconomique et financière et l’environnement des entreprises, de promouvoir la transformation numérique, de faire progresser le développement du secteur privé et l’industrialisation, et de promouvoir les économies à faibles émissions et résilientes au changement climatique, en veillant à ce que toutes les personnes bénéficient de l’ouverture de nouveaux débouchés commerciaux. Elles respectent et protègent les droits de l’homme et les normes fondamentales du travail, y compris grâce au dialogue social, œuvrent en faveur de la durabilité environnementale et favorisent une prospérité partagée. Elles conviennent de concentrer les efforts sur les secteurs économiques cruciaux et émergents, ayant un effet multiplicateur sur la croissance durable, la création de valeur, la création d’emplois et l’éradication de la pauvreté.
Article 10
Vecteurs de développement économique
1. Les parties améliorent la stabilité macroéconomique et financière, renforcent la gestion des finances publiques et œuvrent en faveur de la soutenabilité de la dette publique. Elles soutiennent l’intégration et la coopération économiques régionales des Caraïbes afin de permettre aux pays de bénéficier d’un ancrage plus solide dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Elles harmonisent et simplifient les réglementations et les processus des entreprises, adoptent des politiques saines en matière de concurrence, incluant la transparence en ce qui concerne les subventions publiques, et garantissent des systèmes fiscaux efficaces et prévisibles, y compris au niveau intrarégional.
2. Les parties créent un environnement juridique favorable, renforcent l’efficience des administrations publiques et des systèmes judiciaires, améliorent le climat des affaires par une réforme des exigences réglementaires, améliorent l’accès au financement et veillent à la protection des droits fonciers et des droits de propriété, ainsi que des droits de propriété intellectuelle.
3. Les parties promeuvent des politiques qui renforcent la pertinence, l’efficience et l’efficacité des marchés du travail et soutiennent la mobilité de la main-d’œuvre, y compris sa dimension intrarégionale. Elles promeuvent une éducation de qualité et le développement des compétences, et mettent au point des formations et un enseignement techniques et professionnels adéquats. Elles veillent à ce que l’amélioration du capital humain soit en adéquation avec les besoins des marchés du travail et les perspectives offertes par ceux-ci et soit renforcée par la participation du secteur privé.
4. Les parties soutiennent le développement d’infrastructures essentielles dans des domaines tels que l’énergie, les transports, l’eau et l’assainissement ou la connectivité numérique. Elles coopèrent pour tirer parti des possibilités découlant des progrès technologiques et de l’économie numérique, y compris dans le domaine de l’intelligence artificielle.
5. Les parties coopèrent en vue d’améliorer l’accès au financement, en particulier pour les micro, petites et moyennes entreprises, y compris grâce à des services bancaires et non bancaires réglementés. Elles développent des services financiers numériques et les renforcent, y compris grâce à une coopération renforcée en ce qui concerne la mise en œuvre des normes internationales reconnues et en veillant à l’efficience et à la fiabilité des marchés, à la protection des consommateurs et à un accès accru aux services financiers mobiles.
6. Les parties s’attaquent à toutes les formes de pollution résultant des activités économiques, y compris par une définition et une attribution claire des responsabilités incombant aux entreprises et aux opérateurs économiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement sur la base du principe de la responsabilité élargie du producteur et du principe du pollueur-payeur. Elles soutiennent les initiatives de croissance verte, une utilisation plus efficace des ressources et l’adoption de technologies et de procédés industriels propres et respectueux de l’environnement.
7. Les parties développent l’économie circulaire en promouvant une consommation et une production durables des ressources, y compris en renforçant les capacités scientifiques et technologiques, les normes, l’échange de bonnes pratiques, et par une rationalisation des subventions inefficaces en faveur des combustibles fossiles.
8. Les parties promeuvent l’enregistrement et la protection des indications géographiques et prennent des mesures pour soutenir l’utilisation accrue des technologies et des innovations afin de créer davantage de valeur ajoutée dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Article 11
Investissements
1. Les parties s’engagent à soutenir l’investissement public et privé, en particulier dans les secteurs à valeur ajoutée présentant un fort potentiel de création d’emplois durables et de croissance économique élevée.
2. Les parties harmonisent et rationalisent les règles, procédures et exigences relatives aux investissements. À cette fin, elles accordent la priorité aux besoins spécifiques des micro, petites et moyennes entreprises. Elles soutiennent l’élaboration de politiques, stratégies et outils d’investissement régionaux.
3. Les parties encouragent et facilitent les investissements dans les Caraïbes, y compris en renforçant les mesures de facilitation des échanges. Elles renforcent en outre leur soutien aux investissements en améliorant la transparence, l’information et la sensibilisation des investisseurs en ce qui concerne les débouchés commerciaux et les conditions et procédures d’investissement. Elles facilitent le renforcement de l’analyse technique et des compétences en matière de tendances économiques et de gestion des risques en ce qui concerne les investissements.
4. Les parties font un usage stratégique des financements publics pour renforcer les mécanismes et les instruments d’investissement et mobiliser des investissements publics et privés supplémentaires, y compris au moyen de financements mixtes, de garanties et d’autres instruments financiers innovants, tout en prenant dûment en considération la soutenabilité de la dette.
Article 12
Développement du secteur privé et industrialisation
1. Les parties soutiennent le développement du secteur privé et l’industrialisation durable, et conçoivent des politiques visant à renforcer l’entrepreneuriat, la diversification et la productivité. Elles renforcent en outre leur soutien à la compétitivité des entreprises, entre autres grâce à de meilleures capacités à se conformer aux normes internationales pertinentes, à un accroissement des mesures d’innovation et à un meilleur accès aux financements innovants. Elles promeuvent la capacité institutionnelle à contribuer à l’élaboration des politiques commerciales et économiques.
2. Les parties accordent la priorité au développement de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, notamment en développant des aides et des formations professionnelles ciblées et en renforçant l’accès à des technologies et à des financements fiables et abordables.
3. Les parties soutiennent la croissance et la compétitivité des micro, petites et moyennes entreprises, promeuvent le développement des entreprises au niveau régional et facilitent les contacts interentreprises entre les opérateurs économiques des Caraïbes et de l’UE.
4. Les parties prêtent une attention particulière au secteur informel et à la conversion des activités économiques informelles en activités économiques formelles, y compris par l’apport d’une aide ciblée au développement des entreprises.
5. Les parties encouragent et facilitent la mise en place et le renforcement d’organisations professionnelles et commerciales régionales du secteur privé, entre autres par un renforcement des capacités techniques, institutionnelles, de recherche et de promotion des politiques.
6. Les parties stimulent la numérisation et promeuvent les initiatives en matière de recherche, de développement et d’innovation dans des secteurs clés de l’économie, y compris en renforçant les liens entre les entreprises, les instituts de recherche et les établissements universitaires, afin d’augmenter le volume des produits à haute valeur ajoutée, de renforcer la compétitivité et de développer de nouveaux marchés.
7. Les parties promeuvent le renforcement des partenariats public-privé en tant que moyen de mobiliser les capitaux nationaux et étrangers.
8. Les parties soutiennent une utilisation plus efficace des ressources et l’adoption de technologies et de procédés industriels plus propres et plus respectueux de l’environnement.
9. Les parties promeuvent le développement industriel en vue de parvenir à une croissance économique durable. Elles adoptent des politiques ciblées visant à faciliter la croissance et à accroître les débouchés industriels, notamment par la création de liens et d’activités à valeur ajoutée. Elles élaborent et mettent en œuvre des politiques industrielles nationales et régionales durables afin de renforcer la compétitivité du secteur privé, en particulier des industries manufacturières et exportatrices de moyenne et haute technologie. Elles encouragent et facilitent le développement de technologies permettant une diversification de leurs économies à des fins de production de produits industriels à haute valeur ajoutée.
10. Les parties encouragent une utilisation plus large de leurs monnaies respectives dans le cadre des transactions internationales.
Article 13
Coopération commerciale
1. Les parties font progresser les processus d’intégration et de coopération régionales dans les Caraïbes, y compris en renforçant la facilitation des échanges et l’harmonisation réglementaire afin de permettre aux pays et aux opérateurs économiques de tirer parti des échanges commerciaux avec leurs voisins et de favoriser leur intégration dans les principales chaînes de valeur régionales et mondiales. Elles prennent des mesures concrètes pour soutenir le développement du marché et de l’économie uniques de la Caricom (CSME) et de l’Union économique de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO).
2. Les parties soutiennent la mise en œuvre de l’accord de partenariat économique entre les États du Cariforum, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part (ci-après dénommé «APE Cariforum-UE»), afin de renforcer son efficacité en tant qu’instrument de promotion du développement durable et de garantir sa pertinence commerciale. À cette fin, elles coopèrent pour renforcer les mécanismes, les procédures et les institutions et, partant, les capacités de production et de réglementation nationales et régionales. Elles collaborent également pour mettre en place des politiques de soutien appropriées afin de faciliter l’accroissement des flux commerciaux, y compris par un renforcement de la production et de l’entrepreneuriat, des infrastructures de qualité et des cadres d’accompagnement numérique renforcés, par un accroissement des investissements dans les secteurs à création de valeur ajoutée et par le développement d’un commerce électronique efficace.
3. Les parties favorisent les échanges commerciaux au sein de la région des Caraïbes au sens large, y compris dans les PTOM associés à l’UE et d’autres territoires, afin de promouvoir un développement inclusif et durable.
4. Les parties soutiennent la mise en œuvre de l’accord de l’OMC sur la facilitation des échanges et facilitent les échanges, entre autres, en adoptant des mesures de soutien visant à réduire à la fois les coûts commerciaux et la charge financière et réglementaire pesant sur les micro, petites et moyennes entreprises.
5. Les parties œuvrent en faveur d’un traitement spécial et différencié novateur en vue de la conclusion de nouveaux accords commerciaux multilatéraux ou bilatéraux, s’il y a lieu, par exemple en veillant à ce que les flexibilités prévues dans les engagements commerciaux reflètent des besoins avérés en matière de capacités de mise en œuvre.
Article 14
Services
1. Les parties renforcent les capacités de production et de réglementation des principaux sous-secteurs des services, entre autres, en élaborant des politiques sectorielles et des cadres législatifs et en développant les capacités de réglementation nationales et régionales afin de permettre aux fournisseurs de services de saisir les possibilités commerciales qui s’offrent dans le cadre de l’APE Cariforum-UE, du CSME, de l’OECO et d’autres accords régionaux intracaribéens. Elles accordent une attention particulière aux industries professionnelles, des congrès, de traitement des données, récréatives, et de la culture et de la création, ainsi qu’aux services sportifs, éducatifs, financiers, de communication, audiovisuels, de transport, environnementaux et touristiques.
2. Les parties élaborent des stratégies et des politiques appropriées permettant d’améliorer l’accès aux services de financement du commerce et aux services financiers. Elles renforcent également la capacité à collecter, conserver, diffuser et analyser des données et des statistiques relatives au commerce des services.
3. Les parties coopèrent en vue de promouvoir et de renforcer le rôle des services dans la compétitivité des échanges et de consolider les chaînes de valeur, entre autres en encourageant l’innovation dans l’industrie manufacturière liée aux services et en accroissant le rôle des services en tant qu’intrants dans la production de biens.
4. Les parties soutiennent le renforcement de la capacité des organismes professionnels régionaux à contribuer à la négociation et à une promotion efficace des accords de reconnaissance mutuelle.
Article 15
Économie bleue
1. Les parties promeuvent le développement d’économies bleues durables et innovantes. Ce faisant, elles cherchent à concilier la croissance économique et la création d’emplois décents avec un renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’amélioration des moyens de subsistance, l’équité sociale et le renforcement des écosystèmes océaniques, tout en réduisant les risques environnementaux et les incidences écologiques négatives. Elles soutiennent l’application d’approches de précaution et fondées sur des données scientifiques pour la conservation et la protection des écosystèmes marins et de la biodiversité, ainsi qu’une utilisation durable des ressources naturelles. Elles promeuvent l’investissement national et étranger et mettent en place le cadre réglementaire et les infrastructures nécessaires pour promouvoir les activités relevant de l’économie bleue. Elles promeuvent également la collaboration bilatérale et multilatérale afin de soutenir le développement d’économies bleues durables et innovantes.
2. Les parties accroissent le développement durable du secteur de la pêche en promouvant les chaînes de valeur durables dans ce domaine et en renforçant les capacités locales de transformation des produits de la pêche, et elles respectent les exigences en matière de régulation des marchés internationaux, en tenant compte des besoins du secteur de la pêche artisanale et en garantissant des conditions de travail sûres, salubres et décentes pour les pêcheurs et les travailleurs.
3. Les parties coopèrent en vue de développer une aquaculture durable, y compris pour ce qui est de la mariculture, grâce à une planification efficace de l’espace, à l’adhésion à une approche fondée sur les écosystèmes et à une plus grande égalité des conditions de concurrence pour les investisseurs, tout en veillant à ce que les préoccupations des communautés locales soient prises en compte.
4. Les parties exploitent les possibilités offertes par les biotechnologies marines, entre autres en soutenant la recherche, en encourageant la collaboration entre les universitaires, les opérateurs économiques et les décideurs politiques, en promouvant les transferts de technologies et en réduisant les goulets d’étranglement techniques afin de faciliter l’accès des investisseurs, tout en évitant les risques pour le milieu marin.
Article 16
Agriculture
1. Les parties coopèrent en vue d’accroître et de diversifier la production issue de l’agriculture durable et d’augmenter la productivité de cette dernière, en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ainsi que les moyens de subsistance, de créer des emplois décents et d’augmenter les revenus grâce à l’accès aux marchés régionaux et internationaux. Elles renforcent les pratiques agricoles résilientes face au changement climatique, en particulier dans les petites exploitations, promeuvent la gestion durable et l’utilisation efficace des ressources naturelles et des services écosystémiques, et éliminent les incitations qui génèrent des modes de production non durables.
2. Les parties renforcent la recherche, la formation, la science et l’innovation aux niveaux national et régional dans le domaine de l’agriculture intelligente
Avis au lecteur
28/12/2023
Déclaration de l’UE sur les moyens de coopération et la mise en œuvre
28/12/2023
Décision du Comité Mixte de l’EEE no 345/2023 du 22 décembre 2023 modifiant l’annexe XX (Environnement) de l’accord EEE [2024/1421]
22/12/2023
Avis concernant la date d’entrée en vigueur de la modification de l’annexe 14-B de l’accord entre l’Union européenne et le Japon pour un partenariat économique
22/12/2023