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AccueilDroit européen22026P01109
Accord international22026P01109

Résolution de l’Assemblée parlementaire Euronest sur l’avenir du Partenariat oriental et les nouvelles perspectives de la politique d’élargissement de l’Union européenne: vers un besoin de paix, de sécurité et de stabilité dans la région, adoptée le 30 octobre 2025

CELEX22026P01109
TypeAccord international
Datejeudi 30 octobre 2025

Résumé IA

Cette résolution de l'Assemblée parlementaire Euronest, adoptée le 30 octobre 2025, réaffirme l'importance stratégique du Partenariat oriental tout en le liant explicitement aux nouvelles perspectives de la politique d'élargissement de l'UE. Elle souligne la nécessité de renforcer la paix, la sécurité et la stabilité régionales, en conditionnant l'approfondissement des relations et les perspectives d'adhésion des pays partenaires au respect des valeurs fondamentales et des réformes. Pour un professionnel du droit français, ce texte indique une évolution politique majeure où les critères géopolitiques et sécuritaires deviennent centraux dans le processus d'intégration européenne, au-delà des seuls critères juridiques et économiques classiques.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/1109

26.2.2026

Résolution de l’Assemblée parlementaire Euronest sur l’avenir du Partenariat oriental et les nouvelles perspectives de la politique d’élargissement de l’Union européenne: vers un besoin de paix, de sécurité et de stabilité dans la région, adoptée le 30 octobre 2025

(C/2026/1109)

L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE EURONEST,

A.

considérant que la politique du Partenariat oriental, engagée en 2009, a largement contribué à renforcer la résilience et à favoriser le resserrement des liens politiques et économiques dans l’ensemble de la région du Partenariat oriental; que la politique du Partenariat oriental constitue un instrument essentiel pour faire progresser les priorités régionales, notamment en matière de réformes de l’état de droit et de sécurité, en particulier dans le contexte de l’invasion militaire illégale, non provoquée et injustifiée de l’Ukraine par la Russie, qui est entrée dans sa quatrième année en 2025;

B.

considérant que la politique d’élargissement de l’Union européenne (UE) constitue l’instrument le plus efficace de la politique étrangère de l’UE; que la perspective d’une adhésion à l’UE reste un moteur essentiel de la sécurité, de la paix, de la stabilité et de la prospérité à long terme en Europe, et que cela ne fait que renforcer les valeurs communes, notamment la démocratie, l’état de droit et le respect des droits fondamentaux, tout en favorisant la croissance économique;

C.

considérant que la transformation démocratique sans exclusive implique la protection et la participation de tous les citoyens, indépendamment de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur expression de genre ou de leurs caractéristiques sexuelles; que l’égalité entre les femmes et les hommes et la non-discrimination sont des valeurs fondamentales de l’UE;

D.

considérant que l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec la Moldavie et l’Ukraine le 25 juin 2024 a marqué une étape historique dans leur cheminement vers l’Europe et a envoyé un signal politique fort témoignant de l’engagement pris par l’UE en faveur de leur future adhésion, qui devrait se doubler de l’ouverture, dans les meilleurs délais, des négociations sur le volet I (principes fondamentaux);

E.

considérant que l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont fait des progrès décisifs vers la résolution du conflit qui les oppose depuis près de quarante ans en paraphant l’accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques; qu’une paix durable, la coopération et la réconciliation restent essentielles pour la stabilité et la sécurité de l’ensemble de la région du Partenariat oriental;

F.

considérant que le Parlement arménien a adopté, le 26 mars 2025, sa loi sur l’intégration à l’UE, qui marque le début du processus d’adhésion à l’UE et témoigne de sa volonté de renforcer ses relations avec cette dernière;

G.

considérant que les événements récents en Géorgie sont la preuve d’un grave recul démocratique, notamment les élections législatives truquées du 26 octobre 2024, l’annonce faite par le gouvernement le 28 novembre 2024 de reporter les négociations d’adhésion à l’UE jusqu’en 2028, et la mise en œuvre qui s’en est suivie d’une série de mesures législatives antidémocratiques visant à réduire au silence toutes les voix dissidentes, en particulier celles issues de la société civile, du monde universitaire et des médias indépendants, à attaquer les minorités, notamment la communauté LGBTI+, et à éliminer toute opposition politique démocratique viable;

H.

considérant que le régime autoritaire biélorusse dirigé depuis trente ans par Alexandre Loukachenko continue de réprimer systématiquement les militants politiques, la société civile, les défenseurs des droits de l’homme, les syndicalistes, les avocats et les journalistes, tant en Biélorussie qu’à l’étranger;

I.

considérant que les autorités azerbaïdjanaises ont considérablement restreint l’espace réservé à la société civile et aux médias indépendants, en exerçant une répression généralisée et sévère à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des syndicalistes, des journalistes et des acteurs civiques et politiques, et en imposant des restrictions aux libertés civiles; que le nombre de prisonniers politiques en Azerbaïdjan a considérablement augmenté ces dernières années, atteignant près de 400; que la situation des droits de l’homme en Azerbaïdjan est comparable à celle de la Biélorussie, voire pire; que la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a estimé que la dernière élection présidentielle, qui s’est tenue en février 2024, n’était «pas concurrentielle» et s’était déroulée «dans un environnement restrictif»; que la mission d’observation électorale de l’OSCE a ajouté que «les récentes arrestations de journalistes critiques ont empêché les médias d’exercer librement leur activité», ce qui a suscité de vives inquiétudes concernant le respect du secret du vote, le manque de garanties empêchant les électeurs de voter plus d’une fois, les soupçons de bourrage des urnes et les irrégularités dans le dépouillement et la communication des résultats;

1.

souligne et apprécie qu’en cette période d’instabilité politique, de recul démocratique, de montée de l’autoritarisme et de remise en cause de l’ordre international fondé sur des règles, ainsi que de complexité géopolitique exacerbée par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la politique du Partenariat oriental a joué un rôle crucial comme point de référence pour les pays du Partenariat oriental et leurs citoyens pour ce qui est des règles et des principes de l’UE; est convaincu que le seul moyen de préserver les acquis, d’assurer un avenir prospère et, surtout, de garantir une évolution durable, irréversible et à long terme vers le rapprochement avec l’UE, tout en renforçant la lutte contre la désinformation, est de continuer à investir dans des mesures efficaces en faveur de l’état de droit, dans des institutions démocratiques stables et dans la sécurité; souligne l’importance de lutter contre la désinformation, car lorsque la Russie n’envahit pas militairement un pays, elle cherche à dominer l’espace informationnel dans les pays du Partenariat oriental, la Géorgie en étant un exemple flagrant; souligne que la politique du Partenariat oriental continue d’offrir un cadre qui garantit un dialogue constant entre les gouvernements et la société civile dans le but de préserver la responsabilité démocratique et le contrôle démocratique, indépendamment de toute suspension ou report des négociations d’adhésion à l’UE;

2.

demande à l’UE d’organiser un sommet politique du Partenariat oriental d’ici 2027 afin d’établir des priorités révisées qui soient approuvées par les États membres de l’UE, les pays du Partenariat oriental et la société civile; souligne l’importance cruciale de l’instrument européen de voisinage dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034 pour soutenir comme il se doit les nouvelles priorités stratégiques du Partenariat oriental après 2025; souligne le rôle essentiel de la société civile en tant qu’interlocuteur de confiance et moteur du changement; exprime sa profonde préoccupation face aux récentes réductions budgétaires et demande que les organisations de la société civile du Partenariat oriental, y compris celles en exil, bénéficient d’un soutien institutionnel renforcé, de programmes de renforcement des capacités et de mécanismes de financement de base durables;

3.

demande à l’UE de recalibrer la politique du Partenariat oriental en fonction des nouvelles réalités géopolitiques, en gardant à l’esprit que certains pays du Partenariat oriental sont en train de creuser le déficit démocratique, tandis que d’autres aspirent désormais à adhérer à l’UE, ce qui pourrait remettre en question la pertinence du cadre du Partenariat oriental tel qu’il existe aujourd’hui; souligne que la réforme du Partenariat oriental doit cibler les différentes dynamiques de chacun des pays partenaires et s’y adapter, tout en accordant la priorité aux États qui démontrent leur pleine adhésion aux valeurs et aux principes de l’UE; fait observer que la réforme du Partenariat oriental pourrait également prévoir une extension de la portée géographique actuelle de la politique du Partenariat oriental; souligne toutefois que cela ne devrait pas compromettre l’engagement pris par l’UE de soutenir la démocratie et les droits de l’homme dans tous les pays du Partenariat oriental;

4.

rappelle le pouvoir transformateur de la politique d’élargissement de l’UE, qui est l’une des politiques les plus concluantes de l’UE; rappelle que le processus d’adhésion à I’UE est un processus politique fondé sur le mérite et strictement conditionnel, et réaffirme la validité des critères de Copenhague; est conscient que l’UE doit renforcer l’efficacité de sa nouvelle stratégie d’élargissement et, si nécessaire, la moderniser à la lumière du nouveau contexte géopolitique difficile et rapidement changeant;

5.

rappelle que l’aide financière et technique accordée par l’UE aux pays du Partenariat oriental est subordonnée au respect de l’état de droit, des institutions démocratiques et des droits fondamentaux, conformément aux principes de bonne gestion financière et de protection des intérêts financiers de l’Union; souligne que pour garantir la confiance, la transparence et une coopération à long terme, il est essentiel que l’UE et les partenaires du Partenariat oriental se rendent mutuellement des comptes;

6.

condamne une nouvelle fois, dans les termes les plus forts, l’invasion militaire illégale, non provoquée et injustifiée de l’Ukraine par la Russie, qui entre dans sa quatrième année et dont le régime illégitime de Loukachenko est complice; demande instamment à la Russie de mettre fin à toutes ses opérations militaires en Ukraine et contre l’Ukraine et de retirer toutes ses forces et tous ses équipements militaires du territoire ukrainien, à l’intérieur des frontières internationalement reconnues, y compris des eaux territoriales; souligne avec force le droit naturel de l’Ukraine à la légitime défense, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies; réaffirme l’engagement pris par l’UE et les pays du Partenariat oriental en faveur du rétablissement d’une paix globale, juste et durable pour l’Ukraine, conformément à la charte des Nations unies, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et à des conditions acceptables pour l’Ukraine et son peuple;

7.

répète qu’il condamne fermement le fait que des citoyens ukrainiens soient contraints de servir dans les forces armées de l’État agresseur, que les habitants des territoires ukrainiens temporairement occupés soient contraints d’obtenir des passeports russes, que l’identité ukrainienne soit détruite et que les enfants et les jeunes soient endoctrinés et embrigadés dans des activités à caractère militaire, en violation flagrante de la quatrième convention de Genève de 1949;

8.

estime que la victoire de l’Ukraine et le rétablissement de son intégrité territoriale totale à l’intérieur des frontières internationalement reconnues, y compris ses eaux territoriales, sont essentiels pour garantir une paix, une sécurité et une stabilité globales, justes et durables, non seulement dans la région du Partenariat oriental, mais aussi sur l’ensemble du continent européen; souligne que si l’Ukraine parvient à défendre les valeurs européennes de démocratie, d’état de droit et de souveraineté territoriale contre la guerre d’agression menée par la Russie, cela aura un effet dissuasif déterminant sur toute nouvelle tentative de déstabilisation en Europe; souligne qu’une paix durable en Europe n’est pas envisageable sans la mise en place de garanties de sécurité solides pour l’Ukraine, qui empêcheraient toute nouvelle agression de la part de la Russie; invite l’UE et ses partenaires internationaux à renforcer leur appui aux capacités de défense et à la reconstruction d’après-guerre de l’Ukraine, en tant qu’investissement dans l’architecture de sécurité européenne; souligne que la future adhésion de l’Ukraine à l’UE renforcera considérablement les frontières orientales de l’UE et contribuera à la sécurité collective de toutes les nations européennes;

9.

invite les autorités ukrainiennes à préserver la démocratie, les droits de l’homme et le pluralisme parlementaire, à mettre en place des institutions démocratiques, à garantir le bon fonctionnement des médias indépendants, de l’opposition politique, des organismes de lutte contre la corruption et des organisations de la société civile — afin d’ouvrir effectivement le premier chapitre des négociations avec l’UE sur les questions fondamentales, sur la base des critères de Copenhague —, à s’abstenir de toute action susceptible de nuire à l’unité civile et politique, à lever toutes les restrictions à la libre diplomatie parlementaire et à réformer les systèmes judiciaire et répressif conformément aux critères de l’UE; souligne que les valeurs démocratiques constituent le fondement d’une opposition concrète à l’actuelle agression russe, et ce dans un contexte de lutte pour la liberté;

10.

exprime son soutien sans réserve à l’enquête en cours menée par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) sur la situation en Ukraine, qui porte sur des allégations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide; se félicite de la ratification par l’Ukraine du statut de Rome de la CPI; fait part de sa plus vive préoccupation face aux sanctions prises par les États-Unis à l’encontre de la CPI, de ses procureurs, de ses juges et de ses agents, lesquelles constituent une atteinte grave au système judiciaire international; demande instamment à la Commission de recourir de toute urgence à la loi de blocage et aux États membres d’intensifier au plus vite leurs efforts diplomatiques afin de protéger et de préserver la CPI en tant que pierre angulaire du système judiciaire international;

11.

rend hommage aux milliers de personnes qui ont donné leur vie pour une Ukraine libre, indépendante et démocratique; réaffirme sa solidarité indéfectible avec le peuple ukrainien et son soutien à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, y compris ses eaux territoriales; condamne la déportation systématique de milliers d’enfants ukrainiens et leur détention illégale par la Fédération de Russie, qui constituent une violation grave du droit international, notamment de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, et des principes fondamentaux du droit international humanitaire; condamne, en outre, le fait que ces agissements soient allés de pair avec des mesures visant à séparer délibérément les enfants de leur famille, à leur imposer illégalement la citoyenneté russe et à tenter de les assimiler de force à une culture et à une identité qui n’ont aucun lien avec leur environnement, leur langue ou leurs traditions d’origine; souligne que de telles pratiques constituent une atteinte à l’essence même de la dignité humaine et exigent une réponse unie et résolue de la part de la communauté internationale; demande que tous les enfants concernés soient immédiatement et sans condition renvoyés en Ukraine sous supervision internationale;

12.

réaffirme qu’il faut continuer à renforcer l’architecture internationale de responsabilité du crime d’agression commis contre l’Ukraine; préconise que la mise en place du registre des dommages subis par l’Ukraine se poursuive, car il s’agit d’un instrument essentiel pour documenter les dommages, les pertes et les blessures causés par la guerre; demande la création d’un tribunal spécial pour les crimes d’agression contre l’Ukraine, afin de garantir que les responsables au plus haut niveau politique et militaire répondent de leurs actes; exhorte tous les partenaires à faire le nécessaire pour que soit signé, d’ici fin 2025, un traité international établissant une commission chargée d’examiner les demandes d’indemnisation pour l’Ukraine, en tant que mécanisme complémentaire visant à garantir des réparations et une justice effective pour les victimes;

13.

condamne fermement l’extrême brutalité et la cruauté systématique dont font preuve les Russes à l’égard des civils et des prisonniers de guerre ukrainiens, en particulier l’exécution de prisonniers de guerre ukrainiens par les forces russes — ce qui constitue un crime de guerre et une violation grave des conventions de Genève —, ainsi que les actes de torture, les mauvais traitements et la malnutrition infligés aux prisonniers de guerre ukrainiens; exhorte la Russie à accepter et à mettre en œuvre immédiatement un échange global de prisonniers de guerre avec l’Ukraine, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire et des conventions de Genève, et à libérer tous les civils ukrainiens détenus illégalement;

14.

se félicite que l’UE et les pays du Partenariat oriental, en particulier la Moldavie, aient fourni une aide humanitaire à l’Ukraine; rappelle que, depuis mars 2022, l’UE a offert sécurité et refuge à plus de 4 millions d’Ukrainiens fuyant la guerre, en application de la directive relative à la protection temporaire (1); salue la décision prise par l’UE en juin 2025 de prolonger cette protection temporaire jusqu’en mars 2027;

15.

souligne que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine constitue une menace existentielle pour la sécurité et la stabilité de l’Europe et de la région du Partenariat oriental; rappelle que les fortes ingérences politiques de la Russie, ses tentatives d’annexion et son occupation illégale de territoires dans d’autres pays du Partenariat oriental, tels que l’Abkhazie et la région de Tskhinvali en Géorgie ainsi que la région de Transnistrie en République de Moldavie, constituent également une menace grave pour la région du Partenariat oriental et pour l’Europe dans son ensemble; demande donc que les sanctions économiques et financières à l’encontre de la Fédération de Russie soient renforcées et que les opérations commerciales avec ce pays soient limitées jusqu’à ce qu’il mette fin à sa guerre d’agression contre l’Ukraine et aux attaques hybrides qui menacent les pays de l’UE et du Partenariat oriental; souligne qu’une paix durable et la sécurité des personnes dans la région du Partenariat oriental sont essentielles pour l’UE; réaffirme son soutien sans équivoque à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance politique des pays du Partenariat oriental à l’intérieur de leurs frontières internationalement reconnues, y compris leurs eaux territoriales, et apporte son soutien à leurs efforts qu’ils déploient pour appliquer pleinement ces principes;

16.

rappelle l’importance de promouvoir les objectifs stratégiques de sécurité des personnes et de paix durable dans toute la région du Partenariat oriental et au-delà; salue, à cet égard, le sommet Arménie-Azerbaïdjan organisé par les États-Unis le 8 août 2025, au cours duquel l’accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques a été paraphé et les dirigeants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont réaffirmé que toutes les voies de communication et infrastructures régionales seraient ouvertes dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la juridiction des deux pays, y compris le projet de connectivité de la route Trump pour la paix et la prospérité internationales; salue la détermination des deux gouvernements à mettre fin à un conflit vieux de près de quarante ans; encourage les parties à signer et à ratifier le traité de paix dans les meilleurs délais; salue l’engagement actif pris par l’UE pour soutenir ce processus et ces négociations; demande que de nouveaux progrès soient réalisés dans le processus de délimitation des frontières et que les forces azerbaïdjanaises se retirent complètement du territoire de la République d’Arménie; rappelle la nécessité de régler les questions en suspens concernant les prisonniers arméniens en Azerbaïdjan et les Arméniens déplacés de l’ancienne région autonome du Haut-Karabakh, et demande qu’il soit mis fin à la destruction du patrimoine culturel arménien dans cette région;

17.

estime que la politique du Partenariat oriental doit être adaptée aux enjeux et à la dynamique géopolitiques actuels; se déclare profondément préoccupé par l’ampleur grandissante des campagnes de désinformation et de propagande menées dans les pays du Partenariat oriental, à l’initiative de la Fédération de Russie; constate que ces actions s’accompagnent d’une ingérence poussée dans la vie politique nationale, qui passe par une mainmise sur l’espace informationnel, tant dans les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux;

18.

demande la mise en place de mécanismes européens renforcés et une coopération internationale intensifiée pour lutter contre la désinformation et la propagande russes dans les pays du Partenariat oriental, lesquelles visent à déstabiliser les sociétés, à saper la confiance dans les institutions démocratiques et à diffuser de fausses informations sur l’UE et ses valeurs, notamment des affirmations trompeuses selon lesquelles l’adhésion à l’UE entraînerait la perte de la souveraineté et de l’identité nationales; souligne qu’il est essentiel de renforcer la résilience collective contre toute utilisation indue de l’intelligence artificielle à des fins de création et de diffusion de désinformation et de contenus fabriqués de toutes pièces, ainsi que de repérer, de contester et de neutraliser avec efficacité les discours de manipulation de la Russie, y compris ceux qui visent à dissimuler ou à justifier des crimes;

19.

souligne que cette tendance inquiétante, qui n’a fait que s’accentuer ces dernières années, compromet la stabilité et l’intégrité régionales et pourrait faire peser des risques importants en matière de sécurité sur l’avenir de la région et sur l’ensemble du voisinage de l’UE;

20.

estime que la sécurité de l’UE est étroitement liée à celle de ses voisins européens immédiats; est profondément préoccupé et condamne les tentatives incessantes de la Russie qui visent à déstabiliser les pays du Partenariat oriental par le biais de la manipulation et de l’ingérence étrangères dans l’information, des cyberattaques, de la corruption électorale, du financement externe illicite d’assassinats politiques, des menaces, de l’ingérence électorale, de l’occupation territoriale, de l’instrumentalisation des institutions religieuses et de la religion, ainsi que de la mobilisation et de la radicalisation en ligne, dans le but de compromettre les aspirations européennes des pays du Partenariat oriental et de nuire à leur stabilité; souligne le rôle croissant des campagnes de désinformation à grande échelle et des campagnes sur les réseaux sociaux, délibérément conçues pour diviser les sociétés, ébranler la confiance dans les institutions démocratiques et déstabiliser l’ordre politique; invite l’UE et ses partenaires à continuer de renforcer les programmes de résilience, les initiatives en matière d’éducation aux médias et les efforts de communication stratégique; demande un renforcement de la coopération dans le domaine militaire et de la sécurité avec les pays candidats et les partenaires, notamment en matière de résilience, de cybersécurité, de menaces hybrides, d’atténuation, de gestion des frontières, de lutte contre le terrorisme et de lutte contre la désinformation, et demande que l’aide à la défense civile soit augmentée; réaffirme la nécessité de coopérer étroitement avec l’OTAN à cet égard; demande que la coopération dans le domaine militaire et de la sécurité avec l’Ukraine soit renforcée et que le soutien à la résistance du pays face à l’agression russe soit prolongé, grâce au maintien des programmes existants et à la mise en place de nouveaux programmes, sans oublier les efforts déjà entrepris par l’UE pour soutenir l’Ukraine; se félicite de la signature du premier partenariat en matière de sécurité et de défense avec la Moldavie en 2024, qui pourrait servir de modèle pour renforcer la coopération en matière de sécurité avec les pays du Partenariat oriental, ainsi que de l’intégration de l’Arménie dans la facilité européenne pour la paix (FEP) en juillet 2024; soutient pleinement les missions militaires et civiles de la politique de sécurité et de défense commune dans les pays du Partenariat oriental;

21.

invite les pays du Partenariat oriental à aligner progressivement leurs politiques sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE; invite les pays du Partenariat oriental à s’aligner sur la politique de sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie en raison de la guerre d’agression que cette dernière mène contre l’Ukraine, tout en veillant à ne pas devenir des relais permettant de contourner ces sanctions; exhorte les États membres de l’UE à continuer de renforcer le régime de sanctions à l’encontre de la Russie et de ses alliés, à mettre en œuvre pleinement et intégralement les mesures adoptées et à lutter contre le contournement des sanctions; invite les États membres de l’UE et les pays du Partenariat oriental à renforcer la surveillance des entreprises qui produisent et commercialisent des biens militaires et à double usage que la Fédération de Russie utilise pour ses missiles et ses drones dans le cadre de ses attaques brutales contre l’Ukraine, et à prendre des mesures fermes à l’encontre de toutes les entreprises impliquées;

22.

demande à l’UE et à ses partenaires internationaux de prendre des mesures décisives pour confisquer les avoirs souverains russes immobilisés, en veillant à ce qu’ils soient utilisés pour la reconstruction et le redressement de l’Ukraine, à titre de mesure légale d’obligation de rendre des comptes et de réparation en vertu du droit international; souligne que la Russie doit assumer l’entière responsabilité financière des destructions et des dommages qu’elle a causés;

23.

condamne les attaques systématiques du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, contre les institutions démocratiques, l’opposition politique, les médias indépendants, la société civile, le monde universitaire et l’indépendance judiciaire de la Géorgie; déplore la fraude électorale lors des élections législatives du 26 octobre 2024, qui ont enfreint les normes et les règles démocratiques, et ne reconnaît donc pas l’autorité autoproclamée du parti Rêve géorgien; dénonce fermement la répression brutale des manifestations pacifiques, la détention arbitraire de citoyens ordinaires, de journalistes, de militants et de dirigeants politiques, ainsi que la violation systématique des libertés fondamentales; exhorte les autorités géorgiennes à libérer sans délai tous les prisonniers politiques et les autres personnes détenues illégalement; met particulièrement l’accent sur la libération immédiate et inconditionnelle de Mzia Amaglobeli, lauréate du prix Sakharov, ainsi que sur le retrait de toutes les charges retenues contre elle; dénonce son arrestation et ses poursuites judiciaires pour motifs politiques; regrette profondément que le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, ait abandonné son projet d’intégration européenne et d’adhésion à l’OTAN; relève que l’adoption de lois antidémocratiques a effectivement suspendu le processus d’intégration de la Géorgie dans l’UE; note que l’intention du parti Rêve géorgien d’interdire les partis politiques conduirait effectivement à l’instauration d’une dictature à parti unique en Géorgie et que cela nécessite une action immédiate de la part de la communauté internationale; invite la Commission et le Conseil à réexaminer le statut d’exemption de visa accordé à la Géorgie dans le but de le suspendre pour certaines catégories de personnes responsables du recul de la démocratie dans ce pays; souligne que le parti Rêve géorgien est pleinement responsable de toutes les conséquences découlant de l’éventuelle suspension du régime d’exemption de visa pour les citoyens géorgiens;

24.

invite la présidente de la Commission, la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et le président du Conseil européen à mener une diplomatie de haut niveau avec les dirigeants des États membres afin d’apporter sans délai une réponse forte et claire de l’UE au démantèlement définitif de l’ordre démocratique en Géorgie; invite les institutions de l’UE à soutenir les médias géorgiens indépendants par tous les moyens possibles, y compris financiers, afin de préserver la liberté de la presse et le pluralisme des médias en Géorgie;

25.

réaffirme qu’il ne reconnaît pas la prétendue élection d’Alexandre Loukachenko à la présidence de la Biélorussie le 26 janvier 2025; considère que le régime en place en Biélorussie est illégitime, illégal et criminel; réaffirme son soutien sans faille au peuple biélorusse dans sa quête de démocratie, de la liberté et de droits de l’homme; condamne la répression qui perdure en Biélorussie; rappelle que plus de 1 250 prisonniers sont toujours incarcérés pour des raisons politiques, parmi lesquels le lauréat du prix Nobel de la paix Ales Bialiatski et 37 journalistes; rappelle en particulier le cas d’Andrzej Poczobut, éminent journaliste polono-biélorusse et défenseur de longue date des libertés démocratiques, qui reste injustement détenu en Biélorussie en tant que prisonnier politique; demande sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les autres prisonniers politiques;

26.

souligne le rôle important joué par les fondations politiques européennes dans les pays du Partenariat oriental, qui contribuent à bâtir des sociétés résilientes et pluralistes grâce à leur action en matière d’éducation à la politique, de soutien à la démocratie et de projets de dialogue; demande que les fondations politiques européennes continuent de bénéficier d’une protection et d’une assistance face à la répression croissante;

27.

condamne la persécution de plus en plus forte des chrétiens et d’autres minorités religieuses dans certaines parties de la région, notamment en Biélorussie et en Russie; souligne le rôle important des Églises et des communautés religieuses en tant qu’acteurs majeurs de la promotion de la réconciliation, de la cohésion sociale et de la défense de la dignité humaine; regrette la décision de l’administration américaine de geler les fonds de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), ce qui a eu des répercussions négatives directement sur les OSC, menace l’indépendance des médias et pourrait conduire à un contrôle accru de la part des oligarques et de la propagande étrangère; souligne que le rôle essentiel des OSC dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des législations nationales des pays du Partenariat oriental et dans le soutien à la réforme démocratique est menacé; invite l’UE à soutenir les sociétés civiles des pays du Partenariat oriental en facilitant l’accès aux financements de l’UE;

28.

se félicite de l’approfondissement notable des relations entre l’UE et l’Arménie, notamment de l’accord politique récent sur le texte du nouveau programme de partenariat UE-Arménie, la récente loi arménienne sur le lancement du processus d’adhésion à l’UE, l’ouverture d’un dialogue sur l’assouplissement des formalités de délivrance des visas en septembre 2024, la prolongation du mandat de la mission de l’UE en Arménie et l’augmentation du soutien financier de l’UE dans le cadre du plan de résilience et de croissance de 270 millions d’euros pour 2024-2027; reconnaît les efforts déployés par l’Arménie pour promouvoir la stabilité dans le Caucase du Sud;

29.

demande à l’UE de renforcer les médias indépendants et d’accroître son soutien aux journalistes dans les pays du Partenariat oriental; exprime sa profonde préoccupation face aux détentions arbitraires, aux actes de harcèlement et de violence à l’encontre des journalistes en Géorgie, ainsi qu’à l’adoption de lois draconiennes telles que la loi sur l’enregistrement des agents étrangers; rappelle que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a eu de graves répercussions sur les médias indépendants; demande à l’UE de donner la priorité à la sécurité physique et numérique des journalistes et de mettre en place des systèmes de soutien financier indépendants et transparents pour les médias indépendants afin de lutter contre la désinformation; condamne le régime biélorusse pour ses lois anti-extrémisme, qui qualifient d’«extrémistes» la plupart des médias indépendants; se félicite du soutien apporté par l’UE aux médias indépendants biélorusses, notamment par la création du Media Freedom Hub, qui permet aux médias de poursuivre leurs activités, de renforcer leur sécurité numérique et de fournir aux citoyens des informations factuelles malgré la censure et la répression; est profondément préoccupé par l’absence totale de liberté de la presse en Azerbaïdjan, où les autorités intensifient leur répression à l’encontre des rares médias et journalistes indépendants qui subsistent; est consterné par les lourdes peines de prison prononcées dans des affaires à caractère politique en Azerbaïdjan, notamment à la suite de la répression contre le média Abzas Media et d’autres voix critiques; demande instamment que les libertés de la presse et d’expression soient garanties et que les médias ne fassent pas l’objet de restrictions; exhorte les autorités azerbaïdjanaises à libérer sans délai tous les prisonniers politiques et les autres personnes détenues illégalement; demande tout particulièrement la levée immédiate et inconditionnelle de l’assignation à résidence de M. Gubad Ibadoghlu, l’abandon de toutes les charges retenues contre lui et dénonce sa persécution politique; rappelle la position du Parlement européen invitant la Commission à suspendre le protocole d’accord de 2022 sur un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie entre l’UE et l’Azerbaïdjan; se félicite de l’enveloppe de 1,5 million d’euros allouée pour soutenir les réseaux d’information en Arménie;

30.

prend acte de la nouvelle politique stratégique de l’UE à l’égard de la mer Noire et attend avec intérêt la communication d’informations plus détaillées à ce sujet; souligne l’importance stratégique de la région de la mer Noire pour la coopération régionale dans le cadre du Partenariat oriental, la sécurité énergétique et la défense; invite l’UE à intégrer la stratégie pour la mer Noire dans le cadre de la politique du Partenariat oriental et à garantir une synergie avec le processus d’élargissement.


(1) Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil (JO L 212 du 7.8.2001, p. 12, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2001/55/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1109/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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