| CELEX | 32018D1960 |
| Type | Décision |
| Date | lundi 10 décembre 2018 |
| 12.12.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | L 315/29 |
DÉCISION D'EXÉCUTION (UE) 2018/1960 DE LA COMMISSION
du 10 décembre 2018
concernant une mesure de sauvegarde adoptée par la Suède conformément à la directive 2006/42/CE du Parlement européen et du Conseil pour interdire la mise sur le marché d'un type de machine à relever les quilles et d'un kit complémentaire destiné à être utilisé avec ce type de machine, fabriqués par Brunswick Bowling & Billiards, et retirer les machines déjà mises sur le marché
[notifiée sous le numéro C(2018) 8253]
(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne,
vu la directive 2006/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2006 relative aux machines et modifiant la directive 95/16/CE (1), et notamment son article 11, paragraphe 3, deuxième alinéa,
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 18 décembre 2013, la Suède a informé la Commission de sa décision du 30 août 2013 d'adopter une mesure de sauvegarde pour interdire la mise sur le marché d'une machine à relever les quilles Brunswick GSX (ci-après la «machine à relever les quilles») et de son kit complémentaire de pièces «Advanced Guards» (ci-après le «kit complémentaire») et retirer lesdits produits du marché. Ces deux produits ont été fabriqués par Brunswick Bowling & Billiards (ci-après le «fabricant»). |
| (2) | S'agissant du retrait, la Suède a donné au fabricant la possibilité de corriger les défauts liés à l'environnement de travail de l'opérateur; de reprendre la machine à relever les quilles et le kit complémentaire et de les remplacer par d'autres produits de type identique ou équivalent ne présentant aucun défaut technique; ou de reprendre la machine à relever les quilles et le kit complémentaire et d'indemniser le propriétaire. |
| (3) | Les raisons invoquées par la Suède pour justifier cette mesure de sauvegarde étaient le non-respect par la machine à relever les quilles et le kit complémentaire de certaines exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à l'annexe I de la directive 2006/42/CE et l'application incorrecte de certaines des normes harmonisées. |
| (4) | Après avoir reçu la notification de la mesure de sauvegarde par la Suède, la Commission a engagé des consultations avec les parties concernées afin d'entendre leurs points de vue. La Commission a envoyé un courrier au fabricant le 11 avril 2014 et le fabricant a fait part de ses observations le 24 juin 2014. La Commission a rencontré le fabricant le 24 septembre 2014 et le 24 mai 2016. Le fabricant a envoyé des informations complémentaires à la Commission le 6 décembre 2016. La Commission a également échangé à plusieurs reprises des informations avec les autorités suédoises, l'agence suédoise pour l'environnement de travail (échange de courriels, discussions au sein du groupe de travail «Machines» et du groupe de surveillance du marché de machines). |
| (5) | La Suède a indiqué qu'avant l'adoption de la mesure de sauvegarde, ses autorités avaient eu plusieurs contacts avec le fabricant afin de lui expliquer les irrégularités des machines à relever les quilles et des kits complémentaires devant être corrigées pour respecter la directive 2006/42/CE. Toutefois, la moitié seulement de ces irrégularités ayant été corrigées après plusieurs années de discussion, la Suède a estimé qu'il était nécessaire de déclencher le mécanisme de la clause de sauvegarde. Concernant les mesures adoptées, les autorités suédoises ont expliqué avoir respecté le principe de proportionnalité fixé à l'article 18 du règlement (CE) no 765/2008 du Parlement européen et du Conseil (2). Sur la base de ce principe, compte tenu de la gravité des risques et des coûts du retrait, certaines des actions requises afin de corriger les irrégularités pour les nouvelles machines à relever les quilles et les nouveaux kits complémentaires n'ont pas été exigées dans le cas du retrait des machines à relever les quilles et kits complémentaires existants, à savoir les actions concernant l'emplacement de trois témoins lumineux distincts indiquant différents modes sur le panneau de commande, l'élargissement des points d'accès entre les machines servant également de plateformes de travail et la vue d'ensemble de la zone dangereuse. |
| (6) | En 2015, la Suède a informé la Commission que le fabricant n'avait corrigé les irrégularités visées dans la mesure de sauvegarde relative à la machine à relever les quilles et au kit complémentaire qu'au bowling de Gustavsberg. |
| (7) | Outre ces consultations, la Commission a réalisé une étude indépendante (3) (ci-après l'«étude») afin de déterminer si la machine à relever les quilles et le kit complémentaire respectaient les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à l'annexe I de la directive 2006/42/CE lorsque la Suède a adopté la mesure de sauvegarde. Aux fins de cette étude, les experts indépendants ont inspecté la machine à relever les quilles avec le kit complémentaire installés à Gustavsberg et ont rencontré les autorités suédoises ainsi que le vice-président Capital Marketing & Engineering du fabricant. |
| (8) | Les parties concernées ont été consultées sur l'étude de la Commission. Les observations du fabricant ne mettent pas en cause les conclusions de l'étude car elles font référence à la conformité de la machine à relever les quilles et du kit complémentaire installés à Gustavsberg après notification de la mesure de sauvegarde par la Suède à la Commission. |
| (9) | Concernant les exigences essentielles de santé et de sécurité invoquées par la Suède, selon la section 1.2.2 relative aux organes de service et la section 1.7.1 relative aux informations et avertissements sur la machine, les organes de service doivent être visibles, placés de façon à pouvoir être actionnés en toute sécurité et que les informations et avertissements qu'ils affichent doivent être exprimés dans la langue officielle de l'Union déterminée par l'État membre dans lequel la machine est installée. À cet égard, la Suède a indiqué qu'un des boutons du panneau de commande de la machine ne portait pas d'indication et que le texte sur le panneau de commande était en anglais alors que la langue officielle de l''État membre dans lequel la machine est installée est le suédois. En outre, trois témoins lumineux distincts indiquaient différents modes. Les couleurs de ces trois témoins lumineux étaient placées différemment sur différentes machines, ce qui pouvait donc prêter à confusion. Le signe d'arrêt d'urgence était apposé à l'envers. Le fabricant a indiqué que, s'agissant des témoins lumineux sur les panneaux de commande, une légère confusion était possible. Concernant la bonne visibilité et le marquage des organes de service, le fabricant a reconnu certaines non-concordances entre les machines, les étiquettes et les manuels. En outre, le fabricant a déclaré que les étiquettes, n'ayant pas d'incidence sur les fonctions de sécurité, ne devaient pas nécessairement être traduites. En outre, selon la section 1.2.2 des exigences essentielles de santé et de sécurité, les organes de service doivent être conçus de manière à ce que la mise en marche soit impossible tant qu'une personne se trouve dans la zone dangereuse. Selon la Suède, la machine pouvait être remise en marche même si l'opérateur n'avait pas de vue d'ensemble de la zone dangereuse, ce qui impliquait le risque qu'une personne se trouve à l'intérieur de la zone à risque. Le fabricant a exprimé son désaccord avec la Suède concernant la mauvaise visibilité de l'opérateur depuis la zone de contrôle en invoquant le fait qu'aucun incident de sécurité n'avait été signalé ainsi que les conclusions d'autres États membres, selon lesquelles «la visibilité, même si elle n'était peut-être pas parfaite, était effectivement adéquate dès lors que l'opérateur faisait preuve d'une attention raisonnable et attendue lors de la mise en marche des machines». Toutefois, la Commission estime que le fait de compter sur l'attention attendue de l'opérateur lors de la mise en marche de la machine ne pare pas au risque car l'absence de vue d'ensemble de la zone dangereuse empêche l'opérateur de vérifier si quelqu'un se trouve dans la zone dangereuse. Ainsi, au vu des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.2.2 et 1.7.1 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles et le kit complémentaire. |
| (10) | Conformément aux exigences essentielles de santé et de sécurité de la section 1.1.6 relative à l'ergonomie, de la section 1.6.1 relative à l'entretien de la machine et de la section 1.6.2 relative à l'accès aux postes de travail ou aux points d'intervention, les machines doivent être conçues et construites d'une façon qui facilite le travail de l'opérateur, lui permettant de travailler sans être gêné et en toute sécurité, en dehors des zones dangereuses. À cet égard, la Suède a souligné que les points d'accès et plateformes de travail des machines à relever les quilles en cause ne respecteraient pas ces exigences essentielles de santé et de sécurité du fait que la voie d'accès faisant également office de plateforme de travail entre ces machines ne mesurait que 190 mm. Dans certains cas, les opérateurs devaient se tenir en équilibre sur d'étroites arêtes métalliques. Cet environnement de travail comportait le risque inutile de tomber dans la machine. En outre, la voie d'accès entre ces machines s'arrêtait brusquement par l'avant où il existe un risque de tomber d'environ 1 000 mm. Dans sa déclaration CE de conformité, le fabricant a fait référence à la norme harmonisée EN ISO 14122-2:2001 mais n'a pas établi dans le dossier technique un lien entre les références des normes harmonisées et les exigences essentielles de santé et de sécurité respectives conformément aux dispositions de l'annexe VII de la directive 2006/42/CE. Malgré ce manquement de la part du fabricant, la Suède a déterminé les exigences essentielles de santé et de sécurité sur lesquelles la référence à la norme harmonisée pourrait avoir porté. Plus précisément, la Suède a constaté que la référence à la norme harmonisée concernait les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.1.6, 1.6.1 et 1.6.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE. La norme harmonisée EN ISO 14122-2:2001 définit les prescriptions techniques de sécurité pour les moyens d'accès permanents aux machines et notamment pour les plateformes de travail et passerelles. La Suède a indiqué que, alors que la norme en question prévoit une largeur de 500 mm, la passerelle en cause de la machine à relever les quilles avait une largeur de 190 mm. À cet égard, le fabricant a indiqué que la passerelle étroite de 190 mm était considérée comme présentant une largeur sûre et appropriée eu égard à l'usage prévu et prévisible, à la fréquence d'accès et à l'état de la technique de la zone de renvoi des boules, même si elle ne respectait pas entièrement la norme EN ISO 14122-2:2001. Par conséquent, bien que le fabricant ait fait référence à cette norme dans la déclaration de conformité, il ne l'appliquait pas. Concernant le risque de chute associé à l'accès à l'avant de la machine à relever les quilles, le fabricant a estimé que la plateforme alternative destinée à simplifier l'accès à la plateforme avant, tant pour y monter que pour en descendre, demandée par la Suède, n'était pas nécessaire étant donné le caractère très peu fréquent de l'accès par l'avant à la machine à relever les quilles vu la manière dont ont été conçues les machines existantes dans le monde, à savoir avec un accès principalement rendu possible par l'arrière. La Commission estime que le risque de blessure lors de l'accès aux machines à relever les quilles (à la suite d'une chute ou d'une perte d'équilibre) causé par la passerelle étroite entre les machines ou une extrémité abrupte à l'avant de la machine de 1 000 mm ne saurait être ignoré au prétexte d'un accès peu fréquent ou de l'impossibilité de mieux faire. Ainsi, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.1.6, 1.6.1 et 1.6.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles. |
| (11) | Concernant les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.3.8 et 1.4 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE, la Suède a indiqué que les écrans entre les machines à relever les quilles doivent être placés à une hauteur suffisante pour empêcher les travailleurs d'être en contact avec des éléments dangereux et mobiles de machines adjacentes en fonctionnement. L'écran doit couvrir tout le côté de la machine, à savoir jusqu'à l'avant de la cage de la machine. Or, la barrière de la machine à relever les quilles qui était installée entre les machines n'avait une hauteur que de 500 mm sur certains postes de travail et était entièrement absente à d'autres endroits où des personnes travaillaient. Cela représentait un risque de chute dans la machine voisine. Par conséquent, cette structure ne serait pas conforme aux exigences essentielles de santé et de sécurité de la section 1.3.8 relative au choix d'une protection contre les risques engendrés par les éléments mobiles. Dans sa déclaration CE de conformité, le fabricant a fait référence à la norme harmonisée EN ISO 13857:2008 mais n'a pas établi dans le dossier technique un lien entre les références des normes harmonisées et les exigences essentielles de santé et de sécurité respectives conformément aux dispositions de l'annexe VII de la directive 2006/42/CE. Malgré ce manquement de la part du fabricant, la Suède a déterminé les exigences essentielles de santé et de sécurité sur lesquelles la référence à la norme harmonisée pourrait avoir porté. Plus précisément, la Suède a constaté que la référence à la norme harmonisée concernait les exigences essentielles de santé et de sécurité figurant à la section 1.3.8 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE. La norme harmonisée EN ISO 13857:2008 définit des prescriptions techniques relatives aux distances de sécurité entre les machines empêchant les membres supérieurs et inférieurs d'atteindre les zones dangereuses. La Suède renvoie à cette norme pour renforcer sa justification de l'absence de conformité du fabricant avec les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à la section 1.3.8. Bien qu'il y ait fait référence dans la déclaration de conformité, le fabricant ne s'est pas basé sur cette norme pour prouver la conformité du produit avec la directive lorsqu'il a fourni des explications aux autorités suédoises. Au lieu de cela, le fabricant a indiqué que la barrière de 500 mm installée entre les machines était conçue pour offrir une protection maximale tout en satisfaisant aux exigences relatives à la hauteur habituelle des plafonds en Europe. Alors qu'un protecteur plus haut apporterait une mesure de sécurité supplémentaire, ce gain de sécurité serait réduit si des obstructions du plafond empêchaient l'installation des protecteurs ou si les protecteurs étaient modifiés de manière incorrecte pour s'adapter aux obstructions du plafond. La Commission estime que maintenir la barrière de la machine à relever les quilles, installée entre les machines, à une hauteur de 500 mm en raison d'obstructions du plafond n'explique pas pourquoi, sur certains postes de travail, les barrières étaient totalement absentes. En outre, cela ne résout pas le risque de chute dans la machine voisine. Ainsi, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à la section 1.3.8 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles et le kit complémentaire. En outre, concernant la machine à relever les quilles, la Suède a expliqué que la cage de la machine était équipée de petites portes pouvant être ouvertes mais ne disposant pas d'un mécanisme de verrouillage mettant la machine à l'arrêt lorsque les portes étaient ouvertes. Dans sa déclaration CE de conformité, le fabricant a fait référence à la norme harmonisée EN 953:1998 mais n'a pas établi dans le dossier technique un lien entre les références des normes harmonisées et les exigences essentielles de santé et de sécurité respectives conformément aux dispositions de l'annexe VII de la directive 2006/42/CE. Malgré ce manquement de la part du fabricant, la Suède a déterminé les exigences essentielles de santé et de sécurité sur lesquelles la référence à la norme harmonisée pourrait avoir porté. Plus précisément, la Suède a constaté que la référence à la norme harmonisée concernait les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.3.8 et 1.4 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE. La norme harmonisée EN 953:1997+A1:2009 définit des prescriptions techniques de sécurité relatives aux protecteurs de machines et les exigences générales pour la conception et la construction des protecteurs fixes et mobiles. La Suède renvoie à cette norme pour renforcer sa justification de l'absence de conformité du fabricant avec les exigences essentielles de santé et de sécurité 1.3.8 et 1.4. À cet égard, le fabricant a expliqué que le fait que la cage de la machine était équipée d'une deuxième porte plus petite vers chaque cellule sans dispositif de verrouillage arrêtant la machine n'allait pas à l'encontre de la directive 2006/42/CE car l'accès par les protecteurs de la partie arrière était très peu fréquent et les protecteurs fixes apportaient un niveau de sécurité suffisant dans ce cas. Le fabricant a indiqué que le choix s'était porté sur un protecteur fixe sur la base de cette justification et de la norme EN 953. Il n'a pas apporté de réponse à l'absence de mécanisme de verrouillage. La Commission estime que le risque engendré par les éléments mobiles n'a pas été résolu car le mécanisme de verrouillage ne mettait pas la machine à l'arrêt lorsque le travailleur s'en approchait. Ainsi, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.3.8 et 1.4 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles. La Suède a également indiqué que la coquille de protection au-dessus du mécanisme de renvoi des boules ne satisfaisait pas aux exigences essentielles de santé et de sécurité relatives aux protecteurs fixes énoncées à la section 1.4.2.1 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE du fait que ladite coquille de protection n'était fixée d'aucune manière et qu'elle ne satisfaisait pas aux exigences relatives aux protecteurs avec dispositif de verrouillage énoncées à la section 1.4.2.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE vu l'absence de mécanisme de verrouillage. La Suède a également renvoyé dans ce cas à la norme EN 953:1997+A1:2009 pour renforcer sa justification de l'absence de conformité du fabricant avec les exigences essentielles de santé et de sécurité 1.4.2.1 et 1.4.2.2. Le fabricant a toutefois indiqué que l'accès à la protection du renvoi de boules était nécessaire nettement moins qu'une fois par service, et a limité ses explications à une déclaration selon laquelle les normes recommandaient un protecteur fixe. De son point de vue, les actions réclamées par la Suède n'étaient pas nécessaires. La Commission estime que le risque engendré par les éléments mobiles n'était pas résolu avec la coquille de protection au-dessus du mécanisme de renvoi des boules car, en plus de l'absence de mécanismes de verrouillage, les protecteurs fixes n'étaient pas fixés. Ainsi, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.4.2.1 et 1.4.2.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles. |
| (12) | En ce qui concerne les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.7.4, 1.7.4.1 et 1.7.4.2 relatives aux instructions, la Suède a informé qu'une image apposée sur la machine à relever les quilles et le kit complémentaire était censée indiquer l'endroit où les protecteurs étaient situés, mais que cette image ne correspondait pas à l'endroit où ils étaient effectivement situés sur la machine. Concernant les instructions d'utilisation, la Suède a indiqué qu'il n'y avait pas de notice d'instructions correspondant aux machines livrées et supposée couvrir les différentes opérations à réaliser. Concernant l'absence de manuel de fonctionnement et de mode d'emploi, le fabricant a indiqué que des manuels traduits avaient été fournis avec les machines et qu'il était donc possible que ces manuels aient été égarés par le bowling inspecté. Les étiquettes n'ayant pas d'incidence sur les fonctions de sécurité n'avaient pas été traduites. En outre, les étiquettes et manuels des machines observés par les inspecteurs pourraient ne pas avoir correspondu à la machine du fait de demandes spécifiques d'inspecteurs régionaux auxquelles le fabricant s'est conformé et de contraintes de temps pour s'adapter à ces demandes. La Commission estime, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.7.4, 1.7.4.1 et 1.7.4.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles et le kit complémentaire. |
| (13) | Conformément aux exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à la section 1.1.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE relatives aux principes d'intégration de la sécurité, la machine doit être conçue et construite de sorte que quiconque ne puisse être exposé à un risque lorsque les opérations sont effectuées dans les conditions prévues par le fabricant, mais en tenant également compte de tout mauvais usage raisonnablement prévisible. La Suède a indiqué que les supports de fixation utilisés pour les verrous de sécurité étaient fixés avec des vis standard, qui se retirent facilement avec des outils standard, contrairement au principe d'intégration de la sécurité. Cela comporte un risque de mauvais usage prévisible pour neutraliser les supports de fixation au lieu d'utiliser les portes verrouillées. Le fabriquant a indiqué que la raison était que les portes verrouillées fournissaient un accès raisonnable réduisant l'intérêt pour l'opérateur de neutraliser les verrous lorsqu'il procède à un entretien approfondi. Des vis standard réduiraient le risque de dégâts permanents au système de protecteurs ou de retrait permanent des protecteurs. En outre, la Suède a expliqué que les protecteurs fixes étaient installés avec des fixations à déverrouillage rapide, ce qui engendrait le risque que quelqu'un ouvre le protecteur fixe et l'utilise comme voie d'accès au lieu d'utiliser la porte verrouillée. La Suède a ajouté que, lorsque l'évaluation des risques indique qu'un protecteur fixe est nécessaire, il ne doit pas être conçu de manière à présenter une solution attractive pour accéder à la machine en ouvrant le protecteur fixe au lieu d'y accéder en ouvrant le portail verrouillé. Le fabricant a justifié l'utilisation de fixations à déverrouillage rapide par le souhait de diminuer l'intérêt pour les travailleurs de neutraliser les protecteurs fixes. Dans sa déclaration CE de conformité, le fabricant a fait référence à la norme harmonisée EN 1088:1995 + A1:2007 mais n'a pas établi dans le dossier technique un lien entre la référence de la norme harmonisée et les exigences essentielles de santé et de sécurité respectives conformément aux dispositions de l'annexe VII de la directive 2006/42/CE. Malgré ce manquement, la Suède a relié la référence à cette norme harmonisée avec les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à la section 1.1.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE. La norme harmonisée EN 1088 + A2:2008 fixe des exigences techniques de sécurité relatives aux dispositifs de verrouillage des machines associés à des protecteurs et des principes de conception et de choix. La Suède renvoie à cette norme pour renforcer sa justification de l'absence de conformité du fabricant avec les exigences essentielles de santé et de sécurité définies à la section 1.1.2. Le fabricant a fait observer que le point 5.7.1, note 4, de la norme indique que pour éviter la «neutralisation raisonnablement prévisible», il est nécessaire de tenir compte des caractéristiques de l'application spécifique et de se fonder par conséquent sur l'évaluation des risques. Selon le fabricant, les portes verrouillées fournissent un accès raisonnable réduisant l'intérêt pour l'opérateur de neutraliser les verrous. La Commission estime que les supports de fixation et les protecteurs fixes pouvaient être facilement retirés avec des outils standard, ce qui représentait un mauvais usage raisonnablement prévisible consistant à accéder à la machine en contournant les portails verrouillés. Ainsi, sur la base des arguments susmentionnés et compte tenu de l'étude confirmant ces arguments, il peut être conclu que les exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées à la section 1.1.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE relative aux principes d'intégration de la sécurité n'ont pas été respectées en ce qui concerne la machine à relever les quilles et le kit complémentaire. |
| (14) | L'examen de la justification présentée par la Suède concernant la mesure de sauvegarde, l'étude indépendante confirmant les conclusions tirées par la Suède et les observations communiquées par le fabricant confirment que la machine à relever les quilles ne satisfaisait pas aux exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.1.2, 1.1.6, 1.2.2, 1.3.8, 1.4, 1.6.1, 1.6.2, 1.7.1, 1.7.4, 1.7.4.1 et 1.7.4.2 de l'annexe I de la directive 2006/42/CE et que le kit complémentaire ne satisfaisait pas aux exigences essentielles de santé et de sécurité énoncées aux sections 1.1.2, 1.2.2, 1.3.8, 1.4, 1.7.1, 1.7.4, 1.7.4.1 et 1.7.4.2 lorsque la Suède a notifié les mesures à la Commission en décembre 2013. Ces irrégularités risquent de compromettre la santé et la sécurité des personnes. Les mesures de sauvegarde adoptées par la Suède doivent par conséquent être considérées comme justifiées, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
Les mesures prises par la Suède, interdisant la mise sur le marché de la machine à relever les quilles Brunswick GSX et de son kit complémentaire de pièces «Advanced Guards» et demandant au fabricant de retirer les machines déjà mises sur le marché, sont justifiées.
Article 2
Les États membres sont destinataires de la présente décision.
Fait à Bruxelles, le 10 décembre 2018.
Par la Commission
Elżbieta BIEŃKOWSKA
Membre de la Commission
(1) JO L 157 du 9.6.2006, p. 24.
(2) Règlement (CE) no 765/2008 du Parlement européen et du Conseil du 9 juillet 2008 fixant les prescriptions relatives à l'accréditation et à la surveillance du marché pour la commercialisation des produits et abrogeant le règlement (CEE) no 339/93 (JO L 218 du 13.8.2008, p. 30).
(3) Rapport «Conformité des machines à relever les quilles avec la directive “Machines” », 8 mai 2017.
Rectificatif à la décision d'exécution (UE) 2018/1921 du Conseil du 4 décembre 2018 modifiant la décision d'exécution 2013/191/UE autorisant la Lettonie à introduire une mesure particulière dérogatoire à l'article 26, paragraphe 1, point a), et aux articles 168 et 168 bis de la directive 2006/112/CE relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée (JO L 311 du 7.12.2018)
27/12/2018
Décision (PESC) 2018/2055 du Conseil du 21 décembre 2018 modifiant la décision (PESC) 2015/778 relative à une opération militaire de l'Union européenne dans la partie sud de la Méditerranée centrale (EUNAVFOR MED opération SOPHIA)
21/12/2018
Décision (PESC) 2018/2078 du Conseil du 21 décembre 2018 modifiant la décision 2014/512/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine
21/12/2018
Décision (PESC) 2018/2054 du Conseil du 21 décembre 2018 modifiant la décision 2013/184/PESC concernant les mesures restrictives à l'encontre du Myanmar/de la Birmanie
21/12/2018