Annexe B
Guide d’application
La présente annexe fait partie intégrante d’IFRS 17 Contrats d’assurance.
B1
La présente annexe fournit des indications sur les questions suivantes: | a) | la définition d’un contrat d’assurance (voir paragraphes B2 à B30); |
| b) | la séparation des composantes d’un contrat d’assurance (voir paragraphes B31 à B35); |
| ba) | l’actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition (voir paragraphes B35A à B35D); |
| c) | l’évaluation (voir paragraphes B36 à B119F); |
| d) | les produits des activités d’assurance (voir paragraphes B120 à B127); |
| e) | les produits financiers ou charges financières d’assurance (voir paragraphes B128 à B136); et |
| f) | les états financiers intermédiaires (voir paragraphe B137). |
DÉFINITION D’UN CONTRAT D’ASSURANCE (ANNEXE A)
| B2 | La présente section contient des commentaires sur la définition du terme «contrat d’assurance» figurant à l’annexe A. Elle traite des points suivants: | a) | les événements futurs incertains (voir paragraphes B3 à B5); | | b) | les paiements en nature (voir paragraphe B6); | | c) | la distinction entre le risque d’assurance et les autres risques (voir paragraphes B7 à B16); | | d) | le risque d’assurance important (voir paragraphes B17 à B23); | | e) | les variations du niveau de risque d’assurance (voir paragraphes B24 et B25); et | | f) | des exemples de contrats d’assurance (voir paragraphes B26 à B30). | |
Événement futur incertain
| B3 | L’incertitude (ou le risque) est au cœur d’un contrat d’assurance. En conséquence, au moins un des éléments suivants est incertain à l’origine du contrat d’assurance: | a) | la probabilité qu’un événement assuré survienne; | | b) | le moment où l’événement assuré surviendra; ou | | c) | la somme que l’entité sera tenue de payer si l’événement assuré survient. | |
| B4 | Dans certains contrats d’assurance, l’événement assuré est la découverte d’une perte pendant la durée du contrat, même si cette perte découle d’un événement qui s’est produit avant l’origine du contrat. Dans d’autres contrats d’assurance, l’événement assuré est un événement qui survient pendant la durée du contrat, même si la perte qui en résulte est découverte après la fin de la durée du contrat. |
| B5 | Certains contrats d’assurance couvrent des événements qui se sont déjà produits, mais dont l’impact financier est encore incertain. Tel est le cas, par exemple, d’un contrat d’assurance qui fournit une couverture d’assurance contre l’évolution défavorable d’un événement qui s’est déjà produit. Dans de tels contrats, l’événement assuré est la détermination du coût final des demandes d’indemnisation. |
Paiements en nature
| B6 | Certains contrats d’assurance imposent ou permettent que les paiements soient effectués en nature. Dans de tels cas, l’entité éteint son obligation d’indemniser le titulaire de police pour les événements assurés en lui fournissant des biens ou des services. Un exemple est lorsque l’entité remplace un article volé au lieu de rembourser au titulaire de police le montant de sa perte. Ou encore lorsque l’entité utilise ses propres hôpitaux et son propre personnel médical pour fournir les prestations médicales couvertes par le contrat d’assurance. De tels contrats sont des contrats d’assurance, même si les demandes d’indemnisation sont réglées en nature. Les contrats de services à tarif forfaitaire qui remplissent les conditions spécifiées au paragraphe 8 sont aussi des contrats d’assurance, mais l’entité peut choisir, en application du paragraphe 8, de les comptabiliser soit selon IFRS 17, soit selon IFRS 15 Produits des activités ordinaires tirés de contrats conclus avec des clients. |
Distinction entre le risque d’assurance et les autres risques
| B7 | La définition d’un contrat d’assurance implique qu’une partie prend en charge un risque d’assurance important pour une autre partie. IFRS 17 définit le risque d’assurance comme le «risque, autre que le risque financier, transféré du titulaire à l’émetteur d’un contrat». Un contrat qui expose l’émetteur à un risque financier sans qu’il existe un risque d’assurance important n’est pas un contrat d’assurance. |
| B8 | La définition du risque financier en annexe A fait référence à des variables financières et non financières. Un indice des pertes causées par les tremblements de terre dans une région particulière ou des températures observées dans une ville particulière sont des exemples de variables non financières qui ne sont pas spécifiques à une des parties au contrat. Le risque financier exclut les risques liés aux variables non financières qui sont spécifiques à une des parties au contrat, telles que la survenance ou la non-survenance d’un incendie qui endommage ou détruit un bien de cette partie. De plus, le risque de variation de la juste valeur d’un actif non financier ne constitue pas un risque financier si cette juste valeur reflète les variations des prix de marché de tels actifs (variable financière) et l’état de l’actif non financier spécifique détenu par une des parties au contrat (variable non financière). Par exemple, lorsque la garantie de valeur résiduelle d’une voiture spécifique dans laquelle le titulaire de police détient un intérêt assurable expose le garant au risque de modifications de l’état physique de la voiture, ce risque constitue un risque d’assurance et non pas un risque financier. |
| B9 | Certains contrats exposent l’émetteur à la fois à un risque financier et à un risque d’assurance important. Par exemple, de nombreux contrats d’assurance-vie garantissent un taux de rendement minimum aux titulaires de police, ce qui entraîne un risque financier, tout en promettant un capital en cas de décès qui peut excéder considérablement le solde du compte du titulaire de police, créant un risque d’assurance sous la forme du risque de mortalité. De tels contrats sont des contrats d’assurance. |
| B10 | En vertu de certains contrats, un événement assuré déclenche le paiement d’un montant lié à un indice de prix. De tels contrats sont des contrats d’assurance à condition que le paiement qui dépend de l’événement assuré puisse être important. Par exemple, une rente viagère liée à un indice du coût de la vie transfère un risque d’assurance, car le paiement est déclenché par un événement futur incertain: la survie du bénéficiaire de la rente. Le lien avec l’indice des prix est un dérivé, mais il transfère également un risque d’assurance car le nombre de versements établis en fonction de cet indice dépend de la survie du bénéficiaire de la rente. Si ce transfert de risque d’assurance est important, le dérivé répond à la définition d’un contrat d’assurance, auquel cas il ne doit pas être séparé du contrat hôte [voir paragraphe 11(a)]. |
| B11 | Le risque d’assurance est le risque que l’entité prend en charge pour le titulaire de police. En d’autres termes, le risque que l’entité prend en charge doit être un risque auquel le titulaire de police est déjà exposé. Ainsi un nouveau risque créé par le contrat pour l’entité ou le titulaire de police n’est pas d’un risque d’assurance. |
| B12 | La définition d’un contrat d’assurance fait mention d’un effet défavorable sur le titulaire de police. Cette définition ne limite pas le paiement de l’entité à un montant égal à l’impact financier de l’événement défavorable. Par exemple, la définition englobe la couverture d’assurance «valeur à neuf», qui prévoit le versement au titulaire de police d’une somme suffisante pour permettre le remplacement par un bien neuf d’un bien usagé endommagé. De même, la définition ne limite pas le paiement prévu par un contrat d’assurance-vie à la perte financière subie par les ayants droit de la personne décédée, et elle n’exclut pas les contrats qui prévoient le versement de sommes prédéterminées pour quantifier la perte causée par un décès ou un accident. |
| B13 | Certains contrats imposent un paiement si un événement futur incertain spécifié se produit, mais n’imposent pas comme condition préalable au paiement qu’un effet défavorable affecte le titulaire de police. Un tel contrat n’est pas un contrat d’assurance, même si son porteur l’utilise pour atténuer une exposition à un risque sous-jacent. Par exemple, si le titulaire utilise un dérivé pour couvrir une variable financière ou non financière sous-jacente corrélée aux flux de trésorerie générés par un actif de l’entité, ce dérivé n’est pas un contrat d’assurance, car le paiement n’est pas subordonné au fait que la diminution des flux de trésorerie générés par l’actif affecte de manière défavorable le titulaire. La définition d’un contrat d’assurance fait référence à un événement futur incertain dont l’effet défavorable sur le titulaire est une condition contractuelle préalable au paiement. Une condition contractuelle préalable n’impose pas à l’entité de rechercher si l’événement a effectivement causé un effet défavorable, mais elle lui permet de refuser le paiement si elle n’a pas l’assurance que l’événement a bien causé un effet défavorable. |
| B14 | Le risque de déchéance ou de maintien (c’est-à-dire le risque que le titulaire de police résilie le contrat à une date antérieure ou postérieure à celle à laquelle l’émetteur s’attendait lors de l’établissement du prix du contrat) n’est pas un risque d’assurance, car la variabilité qui en découle concernant le paiement au titulaire de police ne dépend pas d’un événement futur incertain qui affecte de manière défavorable le titulaire de police. De même, le risque de charges (c’est-à-dire le risque d’augmentations inattendues des frais administratifs afférents à la gestion du contrat, et non des coûts liés aux événements assurés) n’est pas un risque d’assurance, car une augmentation inattendue de telles charges n’affecte pas de manière défavorable le titulaire de police. |
| B15 | Par conséquent, un contrat qui expose l’entité à un risque de déchéance, à un risque de maintien ou à un risque de charges n’est pas un contrat d’assurance, sauf s’il expose également l’entité à un risque d’assurance important. Toutefois, si l’entité atténue ses risques en utilisant un second contrat pour transférer à un tiers une partie du risque autre que d’assurance, le second contrat expose ce tiers à un risque d’assurance. |
| B16 | L’entité peut accepter un risque d’assurance important pour le titulaire de police seulement si elle est distincte de ce dernier. Dans le cas d’une entité mutualiste, cette dernière prend en charge le risque de chaque titulaire de police et procède à la mise en commun de ces risques. Les risques mis en commun sont assumés collectivement par les titulaires de police, car ce sont eux qui détiennent l’intérêt résiduel dans l’entité mutuelle, mais celle-ci n’en est pas moins une entité distincte qui prend en charge les risques. |
Risque d’assurance important
| B17 | Un contrat est un contrat d’assurance uniquement s’il transfère un risque d’assurance important. Les paragraphes B7 à B16 traitent du risque d’assurance. Les paragraphes B18 à B23 traitent de l’appréciation de l’importance du risque d’assurance. |
| B18 | Le risque d’assurance est important si et seulement si un événement assuré peut amener l’émetteur à payer des sommes supplémentaires qui sont importantes dans n’importe quel scénario, à l’exclusion des scénarios qui sont dénués de substance commerciale (c’est-à-dire qui n’ont aucun effet perceptible sur l’aspect économique de la transaction). Si un événement assuré peut donner lieu au paiement de sommes supplémentaires importantes dans tout scénario qui a une substance commerciale, la condition de la phrase précédente peut être remplie même si l’événement assuré est extrêmement improbable, ou même si la valeur actuelle attendue (c’est-à-dire pondérée par la probabilité) des flux de trésorerie éventuels ne représente qu’une faible part de la valeur actuelle attendue des flux de trésorerie contractuels qui subsistent. |
| B19 | De plus, un contrat transfère un risque d’assurance important uniquement s’il existe un scénario ayant une substance commerciale dans lequel il y a une possibilité que l’émetteur subisse une perte sur la base de la valeur actuelle. Toutefois, même si un contrat de réassurance n’expose pas l’émetteur à une possibilité de perte importante, ce contrat est considéré transférer un risque d’assurance important s’il transfère au réassureur la quasi-totalité du risque d’assurance afférent à la portion réassurée des contrats d’assurance sous-jacents. |
| B20 | Les sommes supplémentaires décrites au paragraphe B18 sont déterminées sur la base de la valeur actuelle. Si un contrat d’assurance exige un paiement lorsque se produit un événement dont le moment de survenance est incertain et si le paiement n’est pas ajusté par la valeur de temps d’argent, il peut exister des scénarios dans lesquels la valeur actuelle du paiement augmente même si sa valeur nominale est fixée. Un exemple est une assurance qui prévoit le paiement d’un capital fixe en cas de décès du titulaire de police, sans date d’expiration de la couverture (autrement dit, une assurance vie entière pour un montant fixe). Il est certain que le titulaire de police décédera, mais la date du décès est incertaine. Des paiements peuvent être faits quand le décès d’un assuré individuel survient plus tôt qu’attendu. Ces paiements n’étant pas ajustés en fonction de la valeur temps de l’argent, il peut exister un risque d’assurance important même s’il n’y a pas de perte à l’échelle globale du portefeuille de contrats. De manière analogue, un risque d’assurance important peut être éliminé par des dispositions contractuelles qui prévoient un remboursement différé au titulaire de police. L’entité doit déterminer la valeur actuelle des sommes supplémentaires au moyen des taux d’actualisation imposés par le paragraphe 36. |
| B21 | Les sommes supplémentaires décrites au paragraphe B18 font référence à la valeur actuelle des sommes qui excèdent celles qui seraient payables si aucun événement assuré ne se produisait (à l’exclusion des scénarios dénués de substance commerciale). Ces sommes supplémentaires incluent les coûts de gestion et d’évaluation des sinistres, mais excluent: | a) | la perte de la capacité de facturer un service futur au titulaire de police. Par exemple, dans un contrat d’assurance-vie lié à des placements, le décès du titulaire de police signifie que l’entité ne peut plus exécuter des services de gestion des placements et percevoir des honoraires à ce titre. Toutefois, cette perte économique pour l’entité ne résulte pas d’un risque d’assurance, tout comme un gérant de fonds commun de placement n’assume pas de risque d’assurance en ce qui concerne le décès éventuel d’un client. Par conséquent, la perte potentielle de futurs honoraires de gestion des placements n’est pas pertinente lorsqu’il s’agit d’apprécier l’importance du risque d’assurance transféré par le contrat; | | b) | l’exonération, en cas de décès, des frais de résiliation ou de rachat. Comme c’est le contrat qui a fait naître ces frais, leur exonération ne constitue pas une indemnisation du titulaire de police au titre d’un risque préexistant. Par conséquent, ils ne sont pas pertinents lorsqu’il s’agit d’apprécier l’importance du risque d’assurance transféré par le contrat; | | c) | un paiement dépendant d’un événement qui ne cause pas de perte importante au titulaire du contrat. Par exemple, si l’on considère un contrat qui impose à son émetteur de payer 1 million d’UM (1) si un actif subit un dommage matériel qui occasionne une perte économique non importante de 1 UM au titulaire. Dans ce contrat, le titulaire transfère à l’émetteur le risque non important de perte de 1 UM. En même temps, le contrat crée pour l’émetteur le risque, qui n’est pas un risque d’assurance, de devoir payer 999 999 UM si l’événement spécifié se produit. Comme il ne s’agit pas d’un scénario dans lequel un événement assuré cause une perte importante au titulaire du contrat, l’émetteur n’accepte pas un risque d’assurance important de la part du titulaire. Ce contrat n’est donc pas un contrat d’assurance; | | d) | les recouvrements possibles de réassurance. L’entité les comptabilise séparément. | |
| B22 | L’entité doit apprécier le caractère significatif du risque d’assurance contrat par contrat. Ainsi, le risque d’assurance peut être important même s’il n’existe qu’une probabilité minime de pertes importantes à l’échelle d’un portefeuille ou d’un groupe de contrats. |
| B23 | Il découle des paragraphes B18 à B22 que si un contrat prévoit le paiement d’un capital en cas de décès qui excède la somme qui serait payable en cas de survie, ce contrat est un contrat d’assurance, à moins que la somme supplémentaire à payer en cas de décès ne soit pas importante (appréciée en se référant au contrat plutôt qu’à un portefeuille entier de contrats). Comme indiqué au paragraphe B21(b), l’exonération des frais de résiliation ou de rachat accordée en cas de décès n’entre pas en considération lorsqu’elle ne constitue pas une indemnisation du titulaire de police au titre d’un risque préexistant. De même, un contrat de rente qui prévoit des versements réguliers pour le restant de la vie d’un titulaire de police est un contrat d’assurance, sauf si le total des paiements viagers est non important. |
Variations du niveau de risque d’assurance
| B24 | Certains contrats ne transfèrent le risque d’assurance à l’émetteur qu’à une date ultérieure. Par exemple, si l’on considère un contrat qui prévoit un rendement d’investissement spécifié et comporte une option permettant au titulaire de police d’utiliser le produit de l’investissement à l’échéance pour acheter une rente viagère au même taux que l’entité appliquera aux autres nouveaux bénéficiaires de rente au moment de l’exercice de l’option. Un tel contrat ne transfère un risque d’assurance à l’émetteur qu’une fois l’option exercée, car l’entité reste libre d’établir le prix de la rente sur une base qui reflète le risque d’assurance qui lui sera transféré à cette date. Ainsi, les flux de trésorerie qui découleront de l’exercice de l’option n’entrent pas dans le périmètre du contrat et, avant l’exercice de l’option, aucun flux de trésorerie d’assurance n’est généré dans le périmètre du contrat. Toutefois, si le contrat spécifie le taux de la rente (ou une autre base que les taux de marché pour l’établir), il transfère le risque d’assurance à l’émetteur, car ce dernier est exposé au risque que le taux de la rente lui soit défavorable lorsque le titulaire de police exercera l’option. Dans ce cas, les flux de trésorerie qui découleraient de l’exercice de l’option sont compris dans le périmètre du contrat. |
| B25 | Un contrat qui répond à la définition d’un contrat d’assurance demeure un contrat d’assurance jusqu’à ce que tous les droits et obligations soient éteints (c’est-à-dire acquittés, résiliés ou expirés), à moins qu’il soit décomptabilisé en application des paragraphes 74 à 77 parce qu’une modification lui est apportée. |
Exemples de contrats d’assurance
| B26 | Voici des exemples de contrats qui sont des contrats d’assurance si le transfert de risque d’assurance est important: | a) | assurance contre le vol ou les dommages matériels; | | b) | assurance responsabilité civile produits, assurance responsabilité civile professionnelle, assurance responsabilité civile ou assurance défense et recours; | | c) | assurance-vie et assurance obsèques (même si la mort est une certitude, il existe une incertitude quant au moment où le décès se produira et, pour certains types d’assurance-vie, quant à savoir si ce sera au cours de la période de couverture par l’assurance); | | d) | rentes et pensions viagères, c’est-à-dire les contrats qui prévoient une indemnisation en cas de réalisation d’un événement futur incertain — la survie du bénéficiaire de la rente ou de la pension — qui, autrement, aurait un effet défavorable sur le niveau de revenu de leur bénéficiaire [en application du paragraphe 7(b), les passifs des employeurs résultant de régimes d’avantages du personnel et les obligations au titre des prestations de retraite comptabilisées par des régimes à prestations définies n’entrent pas dans le champ d’application d’IFRS 17]; | | e) | assurance invalidité et couverture des frais médicaux; | | f) | cautions, garanties contre les détournements et escroqueries du fait des employés, cautions de bonne exécution et d’achèvement et cautions de soumission, qui prévoient l’indemnisation du titulaire en cas de manquement d’un tiers à remplir une obligation contractuelle, par exemple l’obligation de construire un bâtiment; | | g) | garanties de produits. Les garanties de produits fournies par un tiers à l’égard de biens vendus par un fabricant, un distributeur ou un détaillant entrent dans le champ d’application d’IFRS 17. En revanche, en application du paragraphe 7(a), les garanties de produits fournies directement par le fabricant, le distributeur ou le détaillant sont hors du champ d’application d’IFRS 17 et relèvent plutôt d’IFRS 15 ou d’IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels; | | h) | assurance titres (assurance contre la découverte de défauts d’un titre de propriété foncière ou d’un titre de propriété d’un immeuble qui n’étaient pas apparents lors de la souscription du contrat d’assurance). Dans ce cas, l’événement assuré est la découverte d’un vice dans le titre de propriété et non le vice lui-même; | | i) | assurance voyage (indemnisation du titulaire de police en espèces ou en nature pour les pertes subies avant ou pendant un voyage); | | j) | obligations catastrophes qui prévoient une réduction des paiements de principal, d’intérêt ou des deux si un événement spécifié affecte de manière défavorable leur émetteur (à moins que l’événement spécifié ne crée pas de risque d’assurance important, par exemple si l’événement est une variation d’un taux d’intérêt ou d’un taux de change); | | k) | swaps d’assurance et autres contrats qui prévoient un paiement en fonction de l’évolution de variables climatiques, géologiques ou d’autres variables physiques spécifiques à une des parties au contrat. | |
| B27 | Voici des exemples d’éléments qui ne sont pas des contrats d’assurance: | a) | les contrats d’investissement qui ont la forme juridique d’un contrat d’assurance, mais qui ne transfèrent pas un risque d’assurance important à l’émetteur. Par exemple, les contrats d’assurance-vie dans lesquels l’entité ne prend en charge aucun risque de mortalité ou de morbidité important ne sont pas des contrats d’assurance, mais des instruments financiers ou des contrats de services — voir paragraphe B28. Bien que les contrats d’investissement avec éléments de participation discrétionnaire ne répondent pas à la définition d’un contrat d’assurance, ils entrent dans le champ d’application d’IFRS 17, en application du paragraphe 3(c), s’ils sont émis par une entité qui émet aussi des contrats d’assurance; | | b) | les contrats qui ont la forme juridique de l’assurance, mais qui rétrocèdent tous les risques d’assurance importants au titulaire de police par le biais de mécanismes exécutoires non résiliables qui ont pour effet d’ajuster, directement en fonction des pertes assurées, les paiements futurs que le titulaire de police versera à l’émetteur. Certains contrats de réassurance financière ou certains contrats de groupes, par exemple, rétrocèdent tous les risques d’assurance importants au titulaire de police. De tels contrats sont normalement des instruments financiers ou des contrats de service (voir paragraphe B28); | | c) | l’autoassurance (c’est-à-dire le fait de conserver un risque qui aurait pu être couvert par une assurance). En pareille situation, il n’y a pas de contrat d’assurance, car il n’y a pas d’accord avec une autre partie. Ainsi, si une entité émet un contrat d’assurance dont le bénéficiaire est sa société mère, sa filiale ou une filiale apparentée, il n’y a pas de contrat d’assurance dans les états financiers consolidés, car il n’y a alors pas de contrat avec une autre partie. Un tel contrat d’assurance figure toutefois aux états financiers individuels ou séparés de l’émetteur ou du titulaire; | | d) | les contrats (tels que les contrats de jeux d’argent et de hasard) qui prévoient un paiement si un événement futur incertain spécifié se produit, mais qui n’imposent pas comme condition préalable au paiement qu’un effet défavorable affecte le titulaire de police. Toutefois, ceci n’exclut pas de la définition d’un contrat d’assurance les contrats qui prévoient le versement d’une somme prédéterminée selon une quantification de la perte causée par un événement spécifié, tel qu’un décès ou un accident (voir paragraphe B12); | | e) | les dérivés qui exposent une partie à un risque financier, mais pas à un risque d’assurance, parce qu’ils imposent à cette partie d’effectuer (ou lui confèrent le droit de recevoir) un paiement fondé uniquement sur les variations d’un ou de plusieurs des éléments suivants: taux d’intérêt spécifié, prix d’un instrument financier, prix d’une marchandise, cours d’une monnaie étrangère, indice de prix ou de taux, notation de crédit ou indice de crédit, ou toute autre variable, à condition que, dans le cas d’une variable non financière, celle-ci ne soit pas spécifique à une des parties au contrat; | | f) | les garanties relatives au crédit qui prévoient un paiement même si le porteur n’a pas subi de perte par suite d’un défaut de paiement du débiteur à l’échéance, de tels contrats étant comptabilisés selon IFRS 9 Instruments financiers (voir paragraphe B29); | | g) | les contrats qui prévoient un paiement sur la base d’une variable climatique ou géologique ou de toute autre variable physique qui n’est pas spécifique à une des parties contractantes (couramment appelés «dérivés climatiques»); | | h) | les contrats qui prévoient une réduction des paiements de principal, d’intérêt ou des deux en fonction d’une variable climatique ou géologique ou de toute autre variable physique dont l’effet n’est pas spécifique à une des parties contractantes (couramment appelés «obligations catastrophe»). | |
| B28 | L’entité doit appliquer aux contrats décrits au paragraphe B27 les autres normes pertinentes, telles qu’IFRS 9 et IFRS 15. |
| B29 | Les garanties relatives au crédit et les contrats d’assurance-crédit évoqués au paragraphe B27(f) peuvent revêtir diverses formes juridiques, telles que celle d’une garantie, de certains types de lettres de crédit, d’un contrat couvrant le risque de défaillance ou d’un contrat d’assurance. De tels contrats sont des contrats d’assurance s’ils imposent à leur émetteur d’effectuer des paiements spécifiés afin de rembourser au porteur la perte qu’il subit si un débiteur spécifié ne le paye pas à l’échéance prévue dans les dispositions initiales ou modifiées d’un instrument d’emprunt. Ils sont toutefois exclus du champ d’application d’IFRS 17, à moins que l’émetteur n’ait précédemment indiqué expressément qu’il considérait ces contrats comme des contrats d’assurance et appliqué le traitement comptable réservé aux contrats d’assurance [voir paragraphe 7(e)]. |
| B30 | Les garanties relatives au crédit et les contrats d’assurance-crédit qui prévoient un paiement même si le titulaire de police n’a pas subi de perte par suite d’un défaut de paiement du débiteur à l’échéance prévue n’entrent pas dans le champ d’application d’IFRS 17, car ils ne transfèrent pas un risque d’assurance important. Cela comprend les contrats qui prévoient un paiement: | a) | que la contrepartie détienne ou non l’instrument d’emprunt sous-jacent; ou | | b) | en cas de changement de la notation de crédit ou de variation d’un indice de crédit plutôt qu’en cas de défaut de paiement d’un débiteur spécifié à l’échéance prévue. | |
SÉPARATION DES COMPOSANTES D’UN CONTRAT D’ASSURANCE (PARAGRAPHES 10 À 13)
Composantes investissement [paragraphe 11(b)]
| B31 | Selon le paragraphe 11(b), l’entité est tenue de séparer du contrat d’assurance hôte une composante investissement distincte. Une composante investissement est distincte si et seulement si les deux conditions suivantes sont remplies: | a) | la composante investissement et la composante assurance ne sont pas étroitement liées; | | b) | un contrat selon des conditions équivalentes est vendu, ou pourrait être vendu, séparément dans le même marché ou dans la même juridiction par une entité qui émet des contrats d’assurance ou par une autre partie. L’entité doit tenir compte de toutes les informations raisonnablement disponibles pour déterminer si tel est le cas. Elle n’est pas tenue d’effectuer une recherche exhaustive d’informations pour déterminer si une composante investissement se vend séparément. | |
| B32 | Une composante investissement et une composante assurance sont étroitement liées si et seulement si au moins une des conditions suivantes est remplie: | a) | l’entité n’est pas en mesure d’évaluer l’une des composantes sans prendre l’autre en considération. Ainsi, si la valeur de l’une des composantes varie en fonction de la valeur de l’autre, l’entité doit appliquer IFRS 17 pour comptabiliser ensemble les composantes investissement et assurance; ou | | b) | le titulaire de police n’est pas en mesure de tirer avantage de l’une des composantes si l’autre n’est pas également présente. Ainsi, si la déchéance ou l’échéance de l’une des composantes d’un contrat entraîne la déchéance ou l’échéance de l’autre, l’entité doit appliquer IFRS 17 pour comptabiliser ensemble les composantes investissement et assurance. | |
Promesses de fournir des biens distincts ou des services distincts autres que des services prévus au contrat d’assurance (paragraphe 12)
| B33 | Selon le paragraphe 12, l’entité doit séparer du contrat d’assurance toute promesse de fournir au titulaire de police des biens distincts ou des services distincts autres que des services prévus au contrat d’assurance. Pour ce faire, elle ne doit pas tenir compte des activités qu’elle doit mener pour exécuter un contrat, à moins qu’elle ne fournisse au titulaire de police un bien ou un service autre qu’un service prévu au contrat d’assurance dans le cours de ces activités. Par exemple, pour établir un contrat, l’entité peut devoir effectuer diverses tâches administratives. La réalisation de ces tâches ne constitue pas la fourniture d’un service au titulaire de police. |
| B34 | Un bien, ou un service autre qu’un service prévu au contrat d’assurance, promis au titulaire de police est distinct si ce dernier peut tirer parti du bien ou du service pris isolément ou en le combinant avec d’autres ressources aisément disponibles. Ces ressources aisément disponibles sont des biens ou des services vendus séparément (par l’entité ou une autre entité) ou des ressources que le titulaire de police s’est déjà procurées (auprès de l’entité ou dans le cadre d’autres opérations ou événements). |
| B35 | Un bien, ou un service autre qu’un service prévu au contrat d’assurance, promis au titulaire de police n’est pas distinct si les deux conditions suivantes sont remplies: | a) | les flux de trésorerie et les risques afférents au bien ou au service sont étroitement liés aux flux de trésorerie et aux risques afférents aux composantes assurance du contrat; et | | b) | l’entité fournit un important service d’intégration du bien ou du service aux composantes assurance. | |
FLUX DE TRÉSORERIE LIÉS AUX FRAIS D’ACQUISITION (PARAGRAPHES 28A À 28F)
| B35A | Aux fins de l’application du paragraphe 28A, l’entité doit utiliser une méthode systématique et rationnelle pour affecter: | a) | les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition qui sont directement attribuables à un groupe de contrats d’assurance: | ii) | aux groupes qui incluront des contrats d’assurance attendus du renouvellement des contrats d’assurance de ce groupe; | | | b) | les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition qui sont directement attribuables à un portefeuille de contrats d’assurance, autres que ceux en (a), aux groupes de contrats dont est constitué le portefeuille. | |
| B35B | À la fin de chaque période de reporting, l’entité doit réviser les montants affectés de la manière indiquée au paragraphe B35A pour refléter tout changement apporté aux hypothèses qui sous-tendent la détermination des données d’entrée de la méthode d’affectation utilisée. Après que tous les contrats ont été ajoutés à un groupe de contrats d’assurance, l’entité ne doit pas modifier les montants affectés à ce groupe (voir paragraphe B35C). |
| B35C | L’entité peut faire des ajouts à un groupe de contrats d’assurance dans différentes périodes de reporting (voir paragraphe 28). Le cas échéant, elle doit décomptabiliser la partie de l’actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition qui se rapporte aux contrats d’assurance ajoutés au groupe dans la période et continuer de comptabiliser un actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition dans la mesure où il se rapporte à des contrats d’assurance qu’on prévoit d’ajouter au groupe dans une période ultérieure. |
| B35D | Pour l’application du paragraphe 28E: | a) | l’entité doit comptabiliser une perte de valeur en résultat net et réduire la valeur comptable de l’actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition, de sorte que la valeur comptable de l’actif n’excède pas les entrées de trésorerie nettes attendues du groupe de contrats d’assurance auquel il se rapporte, déterminées par application du paragraphe 32(a); | | b) | lorsque l’entité affecte des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition à des groupes de contrats d’assurance en application du paragraphe B35A(a)(ii), elle doit comptabiliser une perte de valeur en résultat net et réduire la valeur comptable des actifs connexes au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition dans la mesure où: | i) | l’entité s’attend à ce que ces flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition excèdent les entrées de trésorerie nettes provenant des renouvellements attendus, déterminées par application du paragraphe 32(a); et | | ii) | l’excédent déterminé par application du paragraphe (b)(i) n’a pas déjà été comptabilisé en tant que perte de valeur en application du paragraphe (a). | | |
ÉVALUATION (PARAGRAPHES 29 À 71)
Estimation des flux de trésorerie futurs (paragraphes 33 à 35)
| B36 | La présente section traite des points suivants: | a) | l’utilisation objective de l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager des coûts ou des efforts excessifs (voir paragraphes B37 à B41); | | b) | les variables de marché et les variables autres que de marché (voir paragraphes B42 à B53); | | c) | l’utilisation d’estimations à jour (voir paragraphes B54 à B60); et | | d) | les flux de trésorerie compris dans le périmètre du contrat (voir paragraphes B61 à B71). | |
Utilisation objective de l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager des coûts ou des efforts excessifs [paragraphe 33(a)]
| B37 | L’estimation des flux de trésorerie futurs a pour objectif de déterminer la valeur attendue, ou l’espérance mathématique, de l’éventail complet des résultats possibles, en tenant compte de l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir à la date de clôture sans devoir engager des coûts ou des efforts excessifs. Ces informations comprennent des informations sur les événements passés et la situation actuelle et les prévisions des futures conditions (voir paragraphe B41). L’information fournie par les systèmes d’information de l’entité est considérée comme étant disponible sans devoir engager des coûts ou des efforts excessifs. |
| B38 | Le point de départ de l’estimation des flux de trésorerie est une gamme de scénarios qui reflète l’éventail complet des résultats possibles. Chaque scénario spécifie le montant et l’échéancier des flux de trésorerie pour un résultat donné, et la probabilité estimative de ce résultat. Les flux de trésorerie de chaque scénario sont actualisés et pondérés par la probabilité estimative du résultat correspondant pour obtenir la valeur actuelle attendue. L’objectif n’est donc pas de déterminer le résultat le plus probable, ni même un résultat plus probable qu’improbable, en ce qui concerne les flux de trésorerie futurs. |
| B39 | Pour prendre en compte l’éventail complet des résultats possibles, il s’agit non pas de déterminer chaque scénario possible, mais plutôt d’intégrer avec objectivité l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs. En pratique, il n’est pas nécessaire d’élaborer des scénarios précis si l’estimation obtenue respecte l’objectif d’évaluation consistant à prendre en compte, dans l’établissement de l’espérance mathématique, l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager des coûts ou efforts excessifs. Par exemple, si l’entité estime que la distribution des probabilités des résultats correspond globalement à une distribution de probabilités qu’il est possible de définir entièrement au moyen d’un nombre restreint de paramètres, l’estimation de ces paramètres sera suffisante. De même, dans certains cas, une modélisation relativement simple peut produire une réponse dont la marge d’imprécision est acceptable, sans qu’il soit nécessaire de procéder à de nombreuses simulations détaillées. En revanche, dans d’autres cas, les flux de trésorerie peuvent être déterminés par des facteurs sous-jacents complexes et peuvent ne pas suivre de manière linéaire les variations de la conjoncture économique. Ce peut être le cas, par exemple, si les flux de trésorerie reflètent une série d’options implicites ou explicites interdépendantes. Dans ces cas-là, une modélisation stochastique plus sophistiquée est probablement nécessaire pour atteindre l’objectif d’évaluation. |
| B40 | Les scénarios élaborés doivent comprendre des estimations objectives de la probabilité de pertes catastrophiques au titre des contrats existants. Ces scénarios excluent des indemnisations possibles au titre de contrats futurs possibles. |
| B41 | L’entité doit estimer les probabilités et les montants des paiements futurs au titre des contrats existants en se fondant sur les informations qu’elle a obtenues, dont les suivantes: | a) | les informations sur les sinistres déjà déclarés par les titulaires de police; | | b) | les autres informations sur les caractéristiques connues ou estimées des contrats d’assurance; | | c) | les données historiques relatives à l’expérience de l’entité, complétées si nécessaire par des données historiques provenant d’autres sources. Les données historiques sont ajustées pour refléter les circonstances actuelles, par exemple si: | i) | les caractéristiques de la population d’assurés diffèrent (ou différeront, par exemple à cause d’une sélection défavorable) de celles de la population sur laquelle les données historiques sont fondées; | | ii) | il existe des indications selon lesquelles les tendances passées ne se maintiendront pas, que de nouvelles tendances vont naître ou que des mutations économiques, démographiques ou autres pourraient avoir une incidence sur les flux de trésorerie qui découlent des contrats d’assurance existants; ou | | iii) | des modifications qui ont été apportées à des éléments comme les procédures de souscription ou les procédures de gestion des demandes d’indemnisation pourraient affecter la pertinence des données historiques pour les contrats d’assurance; | | | d) | les informations disponibles sur le prix courant des contrats de réassurance ou autres instruments financiers (le cas échéant) couvrant des risques similaires, tels que les obligations catastrophe ou les dérivés climatiques, et sur les prix de marché récents des transferts de contrats d’assurance. Ces informations doivent être ajustées pour tenir compte des différences entre les flux de trésorerie qui découlent de ces contrats de réassurance ou autres instruments financiers et les flux de trésorerie qui découleraient de l’exécution par l’entité des contrats sous-jacents conclus avec le titulaire de police. | |
Variables de marché et variables autres que de marché
| B42 | IFRS 17 distingue deux types de variables: | a) | les variables de marché: variables qui peuvent être observées sur les marchés ou en être directement déduites (par exemple, le cours des titres négociés sur un marché organisé et les taux d’intérêt); et | | b) | les variables autres que de marché: toutes les autres variables (par exemple, la fréquence ou la gravité des sinistres déclarés et la mortalité). | |
| B43 | Les variables de marché (par exemple, les taux d’intérêt observables) engendrent généralement un risque financier, tandis que les variables autres que de marché (par exemple, le taux de mortalité) engendrent généralement un risque non financier. Ce n’est toutefois pas toujours le cas. Ainsi, il peut arriver que des hypothèses concernant le risque financier soient fondées sur des variables qui ne peuvent pas être observées sur les marchés ni en être directement déduites (par exemple, des taux d’intérêt qui ne peuvent pas être observés sur les marchés ou en être directement déduits). |
Variables de marché [paragraphe 33(b)]
| B44 | Les estimations de variables de marché doivent être cohérentes avec les prix de marché observables à la date d’évaluation. L’entité doit maximiser l’utilisation des données observables et ne doit pas substituer ses propres estimations aux données de marché observables, hormis dans les circonstances décrites au paragraphe 79 d’IFRS 13 Évaluation de la juste valeur. Conformément à IFRS 13, les variables qui doivent être déduites (par exemple parce qu’il n’existe pas de variable de marché observable) doivent être aussi cohérentes que possible avec les variables de marché observables. |
| B45 | Les prix de marché intègrent un éventail d’opinions sur les résultats futurs possibles et reflètent également les préférences des intervenants du marché en matière de risque. Ils ne correspondent donc pas à une prévision ponctuelle du résultat futur. Si le résultat réel diffère du prix de marché antérieur, cela ne signifie pas que le prix de marché était «faux». |
| B46 | La notion d’actif de réplication ou de portefeuille d’actifs de réplication constitue une application importante des variables de marché. Un actif de réplication est un actif dont les flux de trésorerie correspondent exactement, dans tous les scénarios, aux flux de trésorerie contractuels d’un groupe de contrats d’assurance, quant au montant, à l’échéancier et à l’incertitude. Dans certains cas, il se peut qu’il existe un actif de réplication pour certains des flux de trésorerie qui découlent d’un groupe de contrats d’assurance. La juste valeur de cet actif reflète à la fois la valeur actuelle attendue des flux de trésorerie de l’actif et le risque associé à ces flux de trésorerie. Si un portefeuille d’actifs de réplication existe pour certains des flux de trésorerie qui découlent d’un groupe de contrats d’assurance, l’entité peut se fonder sur la juste valeur de ces actifs pour évaluer les flux de trésorerie d’exécution pertinents au lieu d’estimer explicitement ces flux de trésorerie et le taux d’actualisation. |
| B47 | IFRS 17 n’impose pas à l’entité de recourir à la technique du portefeuille de réplication. Cependant, si l’entité choisit d’utiliser une autre technique alors qu’un actif ou un portefeuille de réplication existe pour certains des flux de trésorerie qui découlent de contrats d’assurance, elle doit s’assurer que la technique du portefeuille de réplication ne mènerait probablement pas à une évaluation significativement différente de ces flux de trésorerie. |
| B48 | S’il existe des interdépendances importantes entre les flux de trésorerie qui varient en fonction des rendements des actifs et les autres flux de trésorerie, il se peut que des techniques autres que celle du portefeuille de réplication, telles que la modélisation stochastique, soient plus fiables ou plus faciles à mettre en œuvre. L’exercice du jugement est nécessaire pour déterminer quelle méthode permet le mieux d’atteindre l’objectif de concordance entre les variables retenues et les variables de marché observables dans des circonstances précises. Il importe tout particulièrement que la technique utilisée aboutisse à une évaluation des options et garanties prévues aux contrats d’assurance qui est cohérente avec les prix de marché observables (s’il en existe) pour de telles options et garanties. |
Variables autres que de marché
| B49 | Les estimations de variables autres que de marché doivent refléter l’ensemble des éléments probants raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir, de sources externes comme internes, sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs. |
| B50 | Les données externes autres que de marché (par exemple, les statistiques nationales de mortalité) peuvent, selon les circonstances, être plus pertinentes ou, au contraire, moins pertinentes que les données internes (par exemple, les statistiques de mortalité établies en interne). Ainsi, pour estimer avec objectivité la probabilité des divers scénarios de mortalité qui s’appliquent à ses contrats, une entité qui émet des contrats d’assurance-vie ne doit pas seulement s’appuyer sur les statistiques nationales de mortalité; elle doit également tenir compte de toutes les autres informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir, de sources externes comme internes, sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs. Lorsqu’elle estime ces probabilités, l’entité doit accorder plus de poids aux informations les plus convaincantes. Ainsi: | a) | les statistiques de mortalité internes peuvent être plus convaincantes que les statistiques de mortalité nationales si ces dernières sont issues d’une grande population qui n’est pas représentative de la population assurée. Cela peut tenir au fait que, par exemple, les caractéristiques démographiques de la population assurée diffèrent sensiblement de celles de la population nationale, ce qui signifie que l’entité doit accorder plus de poids aux statistiques internes et moins aux statistiques nationales; | | b) | inversement, si les statistiques internes sont issues d’une petite population dont les caractéristiques sont jugées proches de celles de la population nationale et que les statistiques nationales sont à jour, l’entité doit accorder plus de poids aux statistiques nationales. | |
| B51 | Les probabilités estimées des variables autres que de marché ne doivent pas aller à l’encontre des variables de marché observables. Par exemple, les probabilités estimées des divers scénarios de taux d’inflation futurs doivent concorder autant que possible avec les probabilités qu’impliquent les taux d’intérêt du marché. |
| B52 | Dans certains cas, l’entité peut parvenir à la conclusion que les variables de marché varient indépendamment des variables autres que de marché. Dans ce cas, l’entité doit prendre en considération les scénarios qui reflètent l’éventail des valeurs possibles pour les variables autres que de marché en utilisant pour chacun la même valeur observée de la variable de marché. |
| B53 | Dans d’autres cas, les variables de marché et les variables autres que de marché peuvent être corrélées. Par exemple, il est possible que l’on constate que les taux de déchéance (variable autre que de marché) sont corrélés avec les taux d’intérêt (variable de marché). De même, il est possible que l’on constate que les demandes d’indemnité en assurance habitation ou automobile sont corrélées avec le cycle économique, et donc avec les taux d’intérêt et le montant des charges. L’entité doit veiller à ce que les probabilités des scénarios et les ajustements au titre du risque non financier qui se rapporte aux variables de marché sont cohérents avec les prix de marché observés qui sont dépendants de ces variables. |
Utilisation d’estimations à jour [paragraphe 33(c)]
| B54 | Pour estimer les flux de trésorerie liés aux différents scénarios possibles et la probabilité de réalisation de chacun, l’entité doit utiliser l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs. Elle doit examiner les estimations qu’elle avait établies à la fin de la période de reporting précédente et les mettre à jour. Pour ce faire, elle doit chercher à savoir si: | a) | les estimations mises à jour représentent fidèlement les situations existant à la date de clôture; | | b) | les changements dans les estimations représentent fidèlement l’évolution des situations au cours de la période. Par exemple, supposons que les estimations étaient situées, au début de la période de reporting, à une extrémité d’une fourchette raisonnable. Si les situations n’ont pas changé, modifier les estimations et les amener à l’autre extrémité de la fourchette à la fin de la période de reporting ne représentera pas fidèlement ce qui s’est produit au cours de la période. Si les estimations les plus récentes de l’entité sont différentes de ses estimations précédentes, mais que les situations n’ont pas changé, l’entité doit apprécier si les nouvelles probabilités attribuées aux divers scénarios sont justifiées. Pour mettre à jour ses estimations de ces probabilités, l’entité doit tenir compte à la fois des éléments probants qui étayaient ses estimations précédentes et de l’ensemble des nouveaux éléments disponibles, en accordant le plus de poids aux éléments les plus convaincants. | |
| B55 | La probabilité attribuée à chaque scénario doit refléter la situation existant à la fin de la période de reporting. En conséquence, en application d’IAS 10 Événements postérieurs à la fin de la période de reporting, un événement postérieur à la fin de la période de reporting qui lève une incertitude qui existait à la fin de la période de reporting ne constitue pas un événement qui contribue à confirmer des situations qui existaient à cette date. Par exemple, supposons que, à la fin de la période de reporting, la probabilité qu’une tempête majeure se produise dans les six mois qui restent d’un contrat d’assurance soit de 20 %. Après la fin de la période de reporting, mais avant que la publication des états financiers ne soit autorisée, une telle tempête se produit. Les flux de trésorerie d’exécution affectés au contrat ne doivent pas tenir compte de la tempête dont on sait a posteriori qu’elle s’est produite. Les flux de trésorerie inclus dans l’évaluation tiennent plutôt compte de la probabilité de 20 % qui ressortait à la fin de la période de reporting (et l’entité indique, en application d’IAS 10 Événements postérieurs à la fin de la période de reporting, qu’un événement ne donnant pas lieu à un ajustement s’est produit après la fin de la période de reporting). |
| B56 | Les estimations à jour des flux de trésorerie attendus ne correspondent pas nécessairement aux expériences les plus récentes. Par exemple, supposons que la mortalité au cours de la période de reporting ait été de 20 % supérieure à la mortalité antérieure et aux prévisions de mortalité antérieures. Cette évolution soudaine pourrait s’expliquer par différents facteurs, tels que: | a) | une évolution durable de la mortalité; | | b) | une évolution des caractéristiques de la population assurée (par exemple, changements dans la souscription ou la distribution, ou déchéances sélectives de la part de titulaires de police dont la santé est exceptionnellement bonne); | | c) | des fluctuations aléatoires; ou | | d) | des causes non récurrentes déterminées. | |
| B57 | L’entité doit chercher les causes de l’évolution des taux et établir de nouvelles estimations des flux de trésorerie et des probabilités compte tenu des expériences les plus récentes, des expériences antérieurs et d’autres informations. Une situation telle que celle décrite au paragraphe B56 entraîne généralement une variation de la valeur actuelle attendue des prestations de décès, mais qui ne va pas jusqu’à 20 %. Dans l’exemple présenté au paragraphe B56, si le taux de mortalité demeure nettement supérieur aux estimations antérieures pour des raisons qui devraient perdurer, la probabilité estimée des scénarios de forte mortalité sera réévaluée à la hausse. |
| B58 | Les estimations des variables autres que de marché doivent tenir compte des informations sur le niveau actuel d’événements assurés ainsi que des informations sur les tendances, telles que des taux de mortalité en baisse constante depuis longtemps dans nombre de pays. Ainsi, les flux de trésorerie d’exécution doivent refléter la probabilité de chaque scénario possible quant aux tendances, compte tenu de l’ensemble des informations raisonnables et justifiables qu’il est possible d’obtenir sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs. |
| B59 | De même, si les flux de trésorerie attribués à un groupe de contrats d’assurance sont sensibles à l’inflation, la détermination des flux de trésorerie d’exécution doit prendre en compte les estimations à jour des taux d’inflation futurs possibles. Les taux d’inflation et les taux d’intérêt étant vraisemblablement corrélés, l’évaluation des flux de trésorerie d’exécution doit refléter la probabilité de chaque scénario d’inflation de façon à ce qu’elle soit cohérente avec les probabilités qu’impliquent les taux d’intérêt de marché utilisés pour estimer le taux d’actualisation (voir paragraphe B51). |
| B60 | Lorsque l’entité estime les flux de trésorerie, elle doit tenir compte des prévisions actuelles concernant la survenance d’événements futurs qui pourraient avoir une incidence sur ces flux de trésorerie. L’entité doit élaborer des scénarios de flux de trésorerie qui reflètent ces événements futurs et estimer objectivement la probabilité de chacun de ces scénarios. Toutefois, l’entité ne doit pas tenir compte des prévisions actuelles concernant des modifications législatives à venir à la suite desquelles, au titre du contrat d’assurance existant, son obligation actuelle serait modifiée ou acquittée ou, au contraire, de nouvelles obligations seraient créées, à moins que ces modifications ne soient quasi adoptées. |
Flux de trésorerie compris dans le périmètre du contrat (paragraphe 34)
| B61 | L’estimation des flux de trésorerie d’un scénario doit tenir compte de tous les flux de trésorerie compris dans le périmètre du contrat existant, et d’aucun autre flux de trésorerie. Pour établir le périmètre d’un contrat existant, l’entité doit appliquer le paragraphe 2. |
| B62 | Nombre de contrats d’assurance comportent des caractéristiques qui permettent à leurs titulaires d’intervenir de manière à faire changer le montant, l’échéancier ou la nature des sommes qu’ils recevront ou l’incertitude relative à ces dernières. Ces caractéristiques comprennent notamment les options de renouvellement, les options de rachat, les options de transformation et les options permettant de ne plus verser de primes tout en continuant à toucher des prestations au titre du contrat. L’évaluation du groupe de contrats d’assurance doit refléter, sur la base de la valeur attendue, les estimations actuelles de l’entité quant à la manière dont les titulaires de police du groupe exerceront les options dont ils disposent, et l’ajustement au titre du risque non financier doit refléter les estimations à jour de l’entité quant à la mesure dans laquelle le comportement réel des titulaires pourrait différer du comportement prévu. Cette exigence de déterminer la valeur attendue s’applique quel que soit le nombre de contrats du groupe; ainsi, elle s’applique même si le groupe est constitué d’un seul contrat. L’évaluation du groupe de contrats d’assurance ne doit donc pas reposer sur une probabilité estimée à 100 % que les titulaires de police choisiront: | a) | de racheter leur contrat, s’il y a une probabilité quelconque que certains titulaires de police ne le fassent pas; ou | | b) | de maintenir en vigueur leur contrat, s’il y a une probabilité quelconque que certains titulaires de police ne le fassent pas. | |
| B63 | Lorsque l’émetteur d’un contrat d’assurance est tenu, aux termes de ce contrat, de renouveler ou de maintenir en vigueur ce dernier d’une autre manière, il doit appliquer le paragraphe 34 pour déterminer si les primes et les flux de trésorerie connexes qui découlent du contrat renouvelé sont compris dans le périmètre du contrat initial. |
| B64 | Le paragraphe 34 fait mention de la capacité pratique que peut avoir l’entité de fixer, à une date future (la date de renouvellement), un prix qui reflète intégralement les risques posés par le contrat à compter de cette date. L’entité a cette capacité pratique si aucune disposition ne l’empêche de fixer ce prix au même niveau que le prix qu’elle demanderait pour un nouveau contrat qui serait émis à cette date et présenterait les mêmes caractéristiques que le contrat existant, ou si elle peut modifier le niveau des prestations de sorte qu’il reflète le prix fixé. De même, l’entité a la capacité pratique de fixer un prix lorsqu’elle peut modifier le prix d’un contrat existant en fonction de la variation globale des risques posés par le portefeuille de contrats d’assurance, même si le prix fixé pour chaque titulaire de police ne reflète pas la variation des risques posés spécifiquement par ce titulaire. Lorsque l’entité détermine si elle a la capacité pratique de fixer un prix qui reflète intégralement les risques posés par le contrat ou le portefeuille, elle doit tenir compte de tous les risques dont elle tiendrait compte si elle souscrivait, à la date de renouvellement, des contrats équivalents pour le service restant. Lorsqu’elle détermine les estimations de flux de trésorerie futurs à la fin d’une période de reporting, l’entité doit redéfinir le périmètre du contrat d’assurance pour tenir compte de l’effet que les changements de circonstances ont sur les droits et obligations substantiels de l’entité. |
| B65 | Les flux de trésorerie compris dans le périmètre du contrat d’assurance sont ceux qui sont directement liés à l’exécution du contrat, y compris ceux dont le montant ou l’échéancier sont à la discrétion de l’entité. Les flux de trésorerie compris dans ce périmètre incluent: | a) | les primes (y compris les ajustements de primes et les primes à versements échelonnés) que verse le titulaire de police et tout flux de trésorerie supplémentaire qui résulte de ces primes; | | b) | les paiements au titulaire de police (ou en son nom), ce qui recouvre tant les sinistres déclarés mais non encore réglés (c’est-à-dire sinistres déclarés) que les sinistres survenus, mais non encore déclarés, ainsi que les sinistres futurs à l’égard desquels l’entité a une obligation substantielle (voir paragraphe 34); | | c) | les paiements au titulaire de police (ou en son nom) qui varient en fonction des rendements d’éléments sous-jacents; | | d) | les paiements au titulaire de police (ou en son nom) qui résultent d’un dérivé tel qu’une option ou une garantie incorporée dans le contrat, dans la mesure où ces options et garanties ne sont pas séparées du contrat d’assurance [voir paragraphe 11(a)]; | | e) | les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition affectés au portefeuille auquel appartient le contrat; | | f) | les coûts de gestion des sinistres (c’est-à-dire les coûts qui seront engagés par l’entité pour l’instruction, le traitement et le règlement des sinistres au titre des contrats d’assurance existants, y compris les honoraires juridiques, les honoraires des experts en sinistres et les coûts internes d’instruction des sinistres et de traitement des règlements); | | g) | les coûts qui seront engagés par l’entité pour fournir les prestations en nature prévues au contrat; | | h) | les coûts de gestion et de tenue des polices, tels que les coûts de facturation des primes ou de traitement des modifications de police (par exemple, transformations, remises en vigueur). Ce type de coûts englobe également les commissions récurrentes que l’entité s’attend à verser à des intermédiaires si un titulaire de police donné continue à payer les primes comprises dans le périmètre de ce contrat; | | i) | les taxes transactionnelles (telles que les taxes sur les primes, les taxes sur la valeur ajoutée ou les taxes sur les biens et services) et les prélèvements (tels que la taxe d’incendie ou les cotisations à un fonds de garantie) qui découlent directement des contrats d’assurance existants ou qui peuvent leur être attribués sur une base raisonnable et cohérente; | | j) | les sommes que verse l’assureur en qualité de fiduciaire afin d’honorer les obligations fiscales d’un titulaire de police, ainsi que les recettes connexes; | | k) | les entrées de trésorerie potentielles rattachées à des recouvrements (par exemple, par voie de récupération ou de subrogation) sur des sinistres futurs couverts par les contrats d’assurance existants et, dans la mesure où elles ne remplissent pas les conditions pour être comptabilisées en tant qu’actifs distincts, les entrées de trésorerie potentielles rattachées à des recouvrements sur des sinistres passés; | | ka) | les coûts qui seront engagés par l’entité: | i) | pour mener des activités d’investissement, dans la mesure où elle mène ces activités afin de bonifier les prestations découlant de la couverture d’assurance des titulaires. Des activités d’investissement bonifient les prestations découlant de la couverture d’assurance si l’entité les mène dans la perspective de générer un rendement d’investissement dont les titulaires de police bénéficieront si un événement assuré se produit; | | ii) | pour fournir des services de rendement d’investissement aux titulaires de police de contrats d’assurance sans éléments de participation directe (voir paragraphe B119B); | | iii) | pour fournir des services liés à l’investissement aux titulaires de police de contrats d’assurance avec éléments de participation directe; | | | l) | les affectations de frais généraux fixes ou variables (tels que les coûts relatifs à la comptabilité, aux ressources humaines, aux technologies de l’information et au soutien technique, à l’amortissement des bâtiments, au loyer, à l’entretien et aux services publics) qui sont directement imputables à l’exécution des contrats d’assurance. Ces frais généraux sont affectés aux groupes de contrats suivant des méthodes systématiques et rationnelles appliquées uniformément à tous les coûts ayant des caractéristiques similaires; | | m) | tous les autres coûts qui peuvent être spécifiquement imputés au titulaire de police selon les modalités du contrat. | |
| B66 | Les flux de trésorerie suivants ne doivent pas être inclus dans l’estimation des flux de trésorerie qui découleront de l’exécution par l’entité d’un contrat d’assurance existant: | a) | les rendements des placements. Ces derniers sont comptabilisés, évalués et présentés séparément; | | b) | les flux de trésorerie (entrées ou sorties) qui découlent de contrats de réassurance détenus. Ces derniers sont comptabilisés, évalués et présentés séparément; | | c) | les flux de trésorerie qui peuvent découler de contrats d’assurance futurs, c’est-à-dire les flux de trésorerie qui sont en dehors du périmètre des contrats existants (voir paragraphes 34 et 35); | | d) | les flux de trésorerie relatifs à des coûts qui ne sont pas directement attribuables au portefeuille de contrats d’assurance dont fait partie le contrat en cause, tels que certains frais de développement de produits et de formation. Ces coûts sont comptabilisés en résultat net lorsqu’ils sont engagés; | | e) | les flux de trésorerie correspondant à des montants anormaux de main-d’œuvre ou d’autres ressources gaspillées dans l’exécution du contrat. Ces coûts sont comptabilisés en résultat net lorsqu’ils sont engagés; | | f) | les impôts sur le résultat que l’assureur paie ou encaisse autrement qu’à titre de gestionnaire d’actifs pour le compte d’autrui ou qui ne peuvent pas être spécifiquement imputés au titulaire de police selon les modalités du contrat; | | g) | les flux de trésorerie entre différentes composantes de l’entité présentant l’information financière, comme entre les fonds des titulaires de police et les fonds des actionnaires, si ces flux de trésorerie ne font pas varier la somme qui sera versée aux titulaires de police; | | h) | les flux de trésorerie qui découlent de composantes qui ont été séparées du contrat d’assurance et comptabilisées conformément à d’autres normes applicables (voir paragraphes 10 à 13). | |
| B66A | Il se peut qu’avant de comptabiliser un groupe de contrats d’assurance, l’entité soit tenue de comptabiliser un actif ou un passif au titre des flux de trésorerie se rapportant à ce groupe — autres que les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition —, soit en raison de la survenance de ces flux de trésorerie, soit pour se conformer aux exigences d’une autre norme IFRS. Des flux de trésorerie se rapportent à un groupe de contrats d’assurance dans le cas où, s’ils avaient été payés ou reçus après la date de comptabilisation initiale de ce groupe, ils auraient été inclus dans les flux de trésorerie d’exécution à cette date. Pour appliquer le paragraphe 38(c)(ii), l’entité doit décomptabiliser cet actif ou ce passif dans la mesure où celui-ci ne serait pas comptabilisé séparément du groupe de contrats d’assurance si les flux de trésorerie survenaient à la date de comptabilisation initiale de ce groupe ou si la norme IFRS était appliquée à ladite date. |
Contrats dont les flux de trésorerie ont une incidence sur les flux de trésorerie destinés aux titulaires de police d’autres contrats ou en subissent l’incidence
| B67 | Certains contrats d’assurance ont une incidence sur les flux de trésorerie destinés aux titulaires de police d’autres contrats d’assurance parce qu’ils imposent: | a) | que le titulaire de police partage avec les titulaires de police d’autres contrats les rendements d’un même portefeuille d’éléments sous-jacents défini; et | | b) | et: | i) | soit que le titulaire de police subisse une réduction de sa part des rendements des éléments sous-jacents en raison des paiements faits aux titulaires de police d’autres contrats qui participent à ce portefeuille, y compris les paiements résultant de garanties données aux titulaires de police de ces autres contrats; ou | | ii) | soit que les titulaires de police des autres contrats subissent une réduction de leur part des rendements des éléments sous-jacents en raison des paiements faits au titulaire de police en question, y compris les paiements résultant de garanties données à ce dernier. | | |
| B68 | Parfois, ces contrats ont une incidence sur les flux de trésorerie destinés aux titulaires de police compris dans d’autres groupes. Les flux de trésorerie d’exécution affectés à chaque groupe reflètent la mesure dans laquelle les contrats compris dans le groupe en question font que l’entité subit l’incidence des flux de trésorerie attendus, que ces flux de trésorerie soient destinés aux titulaires de police de ce groupe ou à ceux d’un autre groupe. Ainsi, les flux de trésorerie d’exécution affectés à un groupe: | a) | comprennent les sommes à verser, au titre de contrats existants, aux titulaires de police compris dans d’autres groupes, qu’il soit prévu de verser ces sommes à des titulaires de police actuels ou futurs; et | | b) | excluent les sommes à verser aux titulaires de police du groupe qui sont incluses, en application de (a), dans les flux de trésorerie d’exécution d’un autre groupe. | |
| B69 | Par exemple, dans la mesure où les paiements versés aux titulaires de police d’un groupe relativement au partage des rendements d’un portefeuille d’éléments sous-jacents passent de 350 UM à 250 UM en raison de paiements d’un montant garanti faits aux titulaires de police d’un autre groupe, les flux de trésorerie d’exécution du premier groupe comprendraient les 100 UM versées au titre de garanties (ils seraient donc de 350 UM), tandis que les flux de trésorerie d’exécution de l’autre groupe excluraient ces 100 UM. |
| B70 | En pratique, différentes approches peuvent être utilisées pour déterminer les flux de trésorerie d’exécution des groupes de contrats qui ont une incidence sur les flux de trésorerie destinés aux titulaires de police d’autres groupes ou qui en subissent l’incidence. Dans certains cas, l’entité n’est pas en mesure de déterminer les variations des éléments sous-jacents et les variations résultantes des flux de trésorerie qu’à un niveau d’agrégation supérieur à celui des groupes. L’entité doit alors répartir l’effet des variations des éléments sous-jacents entre chaque groupe d’une manière systématique et rationnelle. |
| B71 | Lorsque les services prévus aux contrats d’assurance ont été intégralement fournis pour tous les contrats d’un groupe, il se peut que les flux de trésorerie d’exécution comprennent encore des sommes qu’il est prévu de verser à des titulaires de police actuels d’autres groupes ou à de futurs titulaires de police. L’entité n’est pas tenue de continuer d’affecter de tels flux de trésorerie d’exécution à des groupes précis; à la place, elle peut comptabiliser et évaluer un passif global pour tous les groupes au titre de ces flux de trésorerie d’exécution. |
Taux d’actualisation (paragraphe 36)
| B72 | Aux fins de l’application d’IFRS 17, l’entité doit utiliser les taux d’actualisation qui suivent: | a) | pour évaluer les flux de trésorerie d’exécution — des taux d’actualisation courants respectant le paragraphe 36; | | b) | pour déterminer l’intérêt à capitaliser sur la marge sur services contractuels des contrats d’assurance sans éléments de participation directe en application du paragraphe 44(b) — des taux d’actualisation déterminés à la date de la comptabilisation initiale du groupe de contrats, le paragraphe 36 étant appliqué à des flux de trésorerie nominaux qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents; | | c) | pour évaluer les variations de la marge sur services contractuels des contrats d’assurance sans éléments de participation directe en application des paragraphes B96(a), B96(b) et B96(d) — des taux d’actualisation respectant le paragraphe 36, déterminés lors de la comptabilisation initiale; | | d) | pour ajuster, en application du paragraphe 56, la valeur comptable du passif au titre de la couverture restante des groupes de contrats auxquels est appliquée la méthode d’affectation des primes et qui comportent une composante financement importante — des taux d’actualisation respectant le paragraphe 36, déterminés lors de la comptabilisation initiale; | | e) | si l’entité choisit de ventiler les produits financiers ou charges financières d’assurance entre le résultat net et les autres éléments du résultat global (voir paragraphe 88), pour déterminer le montant des produits financiers ou charges financières d’assurance comptabilisé en résultat net: | i) | en application du paragraphe B131 pour les groupes de contrats d’assurance pour lesquels le changement d’hypothèses relatives au risque financier n’a pas une incidence substantielle sur les sommes versées aux titulaires de police — des taux d’actualisation déterminés à la date de la comptabilisation initiale du groupe de contrats, le paragraphe 36 étant appliqué à des flux de trésorerie nominaux qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents; | | ii) | en application du paragraphe B132(a)(i) pour les groupes de contrats d’assurance pour lesquels le changement d’hypothèses relatives au risque financier a une incidence substantielle sur les sommes versées aux titulaires de police — des taux d’actualisation qui répartissent à un taux constant sur la durée restante du groupe de contrats le montant attendu révisé des produits financiers ou charges financières restants; et | | iii) | en application des paragraphes 59(b) et B133 pour les groupes de contrats auxquels est appliquée la méthode d’affectation des primes — des taux d’actualisation déterminés à la date de survenance du sinistre, le paragraphe 36 étant appliqué à des flux de trésorerie nominaux qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents. | | |
| B73 | Pour déterminer, à la date de la comptabilisation initiale d’un groupe de contrats, les taux d’actualisation décrits aux paragraphes B72(b) à B72(e), l’entité peut utiliser des taux d’actualisation moyens pondérés pour l’intervalle de temps au cours duquel sont émis les contrats du groupe, et qui, selon le paragraphe 22, ne peut excéder un an. |
| B74 | Afin d’éviter les redondances ou les omissions, les estimations de taux d’actualisation doivent être cohérentes avec les autres estimations utilisées pour l’évaluation des contrats d’assurance; par exemple: | a) | les flux de trésorerie qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents doivent être actualisés à des taux qui ne reflètent pas une telle variabilité; | | b) | les flux de trésorerie qui varient en fonction des rendements d’éléments financiers sous-jacents doivent être: | i) | actualisés à des taux qui reflètent cette variabilité; ou | | ii) | ajustés pour tenir compte de l’effet de cette variabilité et actualisés à un taux qui reflète l’ajustement apporté; | | | c) | les flux de trésorerie nominaux (c’est-à-dire ceux qui incluent l’effet de l’inflation) doivent être actualisés à des taux qui tiennent compte de l’effet de l’inflation; et | | d) | les flux de trésorerie réels (c’est-à-dire ceux qui n’incluent pas l’effet de l’inflation) doivent être actualisés à des taux qui ne tiennent pas compte de l’effet de l’inflation. | |
| B75 | Selon le paragraphe B74(b), les flux de trésorerie qui varient en fonction des rendements d’éléments sous-jacents doivent être actualisés à des taux qui reflètent cette variabilité ou encore être ajustés pour tenir compte de l’effet de cette variabilité et actualisés à des taux qui reflètent l’ajustement apporté. La variabilité est un facteur pertinent, qu’elle découle ou non de conditions contractuelles ou de l’exercice du pouvoir discrétionnaire de l’entité, et que l’entité détienne ou non les éléments sous-jacents. |
| B76 | Les flux de trésorerie qui varient en fonction des rendements d’éléments sous-jacents à rendement variable, mais qui bénéficient d’une garantie de rendement minimum, ne sont pas des flux de trésorerie qui varient uniquement en fonction des rendements d’éléments sous-jacents, même lorsque le rendement minimum garanti est inférieur au rendement attendu des éléments sous-jacents. Ainsi, l’entité doit ajuster le taux qui reflète la variabilité des rendements des éléments sous-jacents pour tenir compte de l’effet de la garantie, même lorsque le montant garanti est inférieur au rendement attendu des éléments sous-jacents. |
| B77 | IFRS 17 n’impose pas à l’entité de séparer les flux de trésorerie estimés qui varient en fonction des rendements des éléments sous-jacents de ceux qui ne le font pas. Si l’entité ne procède pas à une telle séparation, elle doit appliquer des taux d’actualisation appropriés à l’ensemble des flux de trésorerie estimés; par exemple, en utilisant des techniques de modélisation stochastique ou des méthodes d’évaluation risque neutre. |
| B78 | Les taux d’actualisation ne doivent tenir compte que des facteurs pertinents, c’est-à-dire les facteurs qui découlent de la valeur temps de l’argent, des caractéristiques des flux de trésorerie et des caractéristiques de liquidité des contrats d’assurance. Il se peut que ces taux d’actualisation ne soient pas directement observables sur le marché. Par conséquent, s’il n’y a pas de taux de marché observables pour un instrument qui présente les mêmes caractéristiques que les contrats d’assurance, ou si les taux de marché observables pour un instrument similaire ne permettent pas d’isoler les facteurs qui différencient cet instrument des contrats d’assurance, l’entité doit estimer les taux appropriés. IFRS 17 n’impose pas de méthode d’estimation particulière pour la détermination des taux d’actualisation. Lorsqu’elle applique une méthode d’estimation, l’entité doit: | a) | utiliser autant que possible des données observables (voir paragraphe B44) et tenir compte de l’ensemble des informations raisonnables et justifiables relatives aux variables autres que de marché, qu’il est possible d’obtenir, de sources externes comme internes, sans devoir engager de coûts ou d’efforts excessifs (voir paragraphe B49). En particulier, les taux d’actualisation utilisés ne doivent pas aller à l’encontre des données de marché pertinentes disponibles et les variables autres que de marché utilisées ne doivent pas aller à l’encontre des variables de marché observables; | | b) | tenir compte des conditions actuelles du marché du point de vue d’un intervenant de ce marché; | | c) | recourir au jugement pour apprécier le degré de similitude entre les caractéristiques des contrats d’assurance évalués et celles de l’instrument pour lequel des prix de marché observables sont disponibles, puis ajuster ces prix pour tenir compte des différences relevées. | |
| B79 | Le taux d’actualisation appliqué aux flux de trésorerie d’un contrat d’assurance qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents doit refléter la courbe des taux dans la monnaie appropriée d’instruments qui exposent leur porteur à un risque de crédit nul ou négligeable, et être ajusté en fonction des caractéristiques de liquidité du groupe de contrats d’assurance. Cet ajustement doit tenir compte des différences entre les caractéristiques de liquidité du groupe de contrats d’assurance et celles des actifs utilisés pour établir la courbe des taux. En effet, les courbes de taux sont fondées sur des instruments négociés sur des marchés actifs que leur porteur peut normalement vendre facilement en tout temps sans supporter de coût important. En revanche, certains contrats d’assurance dispensent l’entité de tout paiement avant la survenance des événements assurés ou avant des dates spécifiées dans le contrat. |
| B80 | L’entité peut donc, dans le cas des flux de trésorerie de contrats d’assurance qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents, déterminer les taux d’actualisation en ajustant une courbe de taux sans risque liquide pour tenir compte des différences entre les caractéristiques de liquidité des instruments financiers qui sont à la base des taux observés sur le marché et celles des contrats d’assurance (approche ascendante). |
| B81 | Autrement, l’entité peut déterminer les taux d’actualisation appropriés à des contrats d’assurance en se fondant sur une courbe de taux qui tient compte des taux de rendement actuels du marché qui sont implicites à l’évaluation à la juste valeur d’un portefeuille d’actifs de référence (approche descendante). Elle doit ajuster cette courbe de taux de façon à éliminer les facteurs qui sont sans rapport avec l’évaluation des contrats d’assurance, mais elle n’est pas tenue d’ajuster la courbe des taux pour tenir compte des différences entre les caractéristiques de liquidité des contrats d’assurance et celles du portefeuille de référence. |
| B82 | Pour estimer la courbe des taux décrite au paragraphe B81, l’entité doit: | a) | s’il existe, pour les actifs du portefeuille de référence, des prix observables sur des marchés actifs, utiliser ces prix (conformément au paragraphe 69 d’IFRS 13); | | b) | si le marché n’est pas actif, ajuster les prix de marché observables d’actifs similaires pour les rendre comparables aux prix de marché des actifs faisant l’objet de l’évaluation (conformément au paragraphe 83 d’IFRS 13); | | c) | s’il n’existe pas de marché pour les actifs du portefeuille de référence, recourir à une méthode d’estimation. Pour de tels actifs (conformément au paragraphe 89 d’IFRS 13), l’entité doit: | i) | élaborer des données non observables en utilisant la meilleure information disponible compte tenu des circonstances. L’entité peut inclure des données qui lui sont propres et, en ce qui concerne IFRS 17, accorder plus d’importance aux estimations à long terme qu’aux variations à court terme; et | | ii) | ajuster ces données pour tenir compte de toute l’information raisonnablement disponible au sujet des hypothèses des intervenants du marché. | | |
| B83 | Pour adapter la courbe des taux, l’entité doit ajuster les taux de marché observés dans les transactions récentes qui portaient sur des instruments aux caractéristiques similaires pour tenir compte de l’évolution des facteurs du marché depuis la date de transaction, et elle doit ajuster les taux de marché observés pour tenir compte des différences entre l’instrument faisant l’objet de l’évaluation et celui pour lequel des prix de transaction sont observables. Pour les flux de trésorerie d’un contrat d’assurance qui ne varient pas en fonction des rendements des actifs du portefeuille de référence, ces ajustements doivent notamment consister à: | a) | tenir compte des différences, en termes de montant, d’échéancier et d’incertitude, entre les flux de trésorerie des actifs du portefeuille et ceux du contrat d’assurance; et | | b) | exclure les primes de risque de crédit du marché, lesquelles ne sont pertinentes que dans le cas des actifs compris dans le portefeuille de référence. | |
| B84 | En théorie, pour les flux de trésorerie d’un contrat d’assurance qui ne varient pas en fonction des rendements des actifs du portefeuille de référence, il ne devrait y avoir qu’une seule courbe de taux sans risque illiquide qui permette d’éliminer toutes les incertitudes en ce qui concerne le montant et l’échéancier de ces flux. Toutefois, en pratique, l’approche descendante et l’approche ascendante peuvent, même dans une même monnaie, mener à des courbes de taux différentes. Cela s’explique par le fait que l’estimation des ajustements suivant chacune des approches a des limites qui lui sont inhérentes et par l’absence possible, dans l’approche descendante, d’ajustement pour les différences dans les caractéristiques de liquidité. L’entité n’est pas tenue de faire un rapprochement entre le taux d’actualisation déterminé selon l’approche choisie et le taux d’actualisation qui aurait été déterminé selon l’autre approche. |
| B85 | IFRS 17 n’impose pas de restrictions en ce qui concerne le portefeuille d’actifs de référence que l’entité peut utiliser pour l’application du paragraphe B81. Toutefois, les ajustements nécessaires pour éliminer les facteurs non pertinents pour les contrats d’assurance seront moindres si le portefeuille d’actifs de référence présente des caractéristiques similaires. Par exemple, si les flux de trésorerie des contrats d’assurance ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents, les ajustements nécessaires seront moindres si l’entité utilise des instruments d’emprunt comme point de départ plutôt que des instruments de capitaux propres. Dans le cas des instruments d’emprunt, les ajustements viseront à exclure du rendement total des obligations l’effet du risque de crédit et des autres facteurs qui ne sont pas pertinents pour les contrats d’assurance. L’effet du risque de crédit peut notamment être estimé en utilisant le prix de marché d’un dérivé de crédit comme référence. |
Ajustement au titre du risque non financier (paragraphe 37)
| B86 | L’ajustement au titre du risque non financier se rapporte au risque qui découle des contrats d’assurance, autre que le risque financier. Ce dernier est pris en compte dans les estimations de flux de trésorerie futurs ou dans le taux d’actualisation utilisé pour ajuster les flux de trésorerie. Les risques sur lesquels porte l’ajustement au titre du risque non financier sont le risque d’assurance et les autres risques non financiers, tels que le risque de déchéance et le risque de charges (voir paragraphe B14). |
| B87 | L’ajustement au titre du risque non financier découlant des contrats d’assurance correspond à l’indemnité qu’exigerait l’entité pour qu’il lui soit indifférent de choisir entre: | a) | l’acquittement d’un passif qui est associé à un éventail de résultats possibles découlant du risque non financier; et | | b) | l’acquittement d’un passif qui générera des flux de trésorerie fixes dont la valeur actuelle attendue est la même que celle des contrats d’assurance. | Par exemple, l’ajustement au titre du risque non financier correspond à l’indemnité qu’exigerait l’entité pour qu’il lui soit indifférent de choisir entre acquitter un passif dont le montant a — en raison du risque non financier — une probabilité de 50 % d’être de 90 UM et une probabilité de 50 % d’être de 110 UM et acquitter un passif dont le montant est fixé à 100 UM. Ainsi, l’ajustement au titre du risque non financier fournit aux utilisateurs d’états financiers des informations sur la somme demandée par l’entité pour la prise en charge de l’incertitude entourant le montant et l’échéancier des flux de trésorerie qui est engendrée par le risque non financier. |
| B88 | Étant donné que l’ajustement au titre du risque non financier correspond à l’indemnité qu’exigerait l’entité pour prendre en charge le risque non financier découlant de l’incertitude entourant le montant et l’échéancier des flux de trésorerie, cet ajustement reflète également: | a) | le niveau de l’avantage de diversification que l’entité inclut dans la détermination de cette indemnité; et | | b) | les résultats favorables comme défavorables, d’une manière qui rend compte du degré d’aversion au risque de l’entité. | |
| B89 | L’ajustement au titre du risque non financier vise à évaluer l’effet de l’incertitude, autre que celle relative au risque financier, qui entoure les flux de trésorerie découlant de contrats d’assurance. Il doit donc refléter tous les risques non financiers attachés aux contrats d’assurance, mais ne pas tenir compte des risques qui ne découlent pas des contrats d’assurance, tels que le risque général d’exploitation. |
| B90 | L’ajustement au titre du risque non financier doit être inclus dans l’évaluation de manière explicite. L’ajustement au titre du risque non financier est conceptuellement distinct de l’estimation des flux de trésorerie futurs et des taux d’actualisation appliqués à ces flux de trésorerie. L’entité doit veiller à ne pas le comptabiliser en double, par exemple en l’incluant également de manière implicite lors de la détermination des estimations de flux de trésorerie futurs ou des taux d’actualisation. Les taux d’actualisation qui sont présentés en application du paragraphe 120 ne doivent inclure aucun ajustement implicite au titre du risque non financier. |
| B91 | IFRS 17 n’impose pas de méthode d’estimation particulière pour la détermination de l’ajustement au titre du risque non financier. Toutefois, pour que cet ajustement reflète l’indemnité que l’entité exigerait pour la prise en charge du risque non financier, il doit présenter les caractéristiques suivantes: | a) | il sera d’un montant plus élevé si les risques sont peu fréquents mais graves que s’ils sont fréquents mais peu graves; | | b) | pour des risques similaires, il sera d’un montant plus élevé si les contrats sont de longue durée que s’ils sont de courte durée; | | c) | il sera d’un montant plus élevé si la distribution des probabilités des risques est large que si elle est étroite; | | d) | il sera d’un montant d’autant plus élevé que l’estimation à jour et la tendance qu’elle présente comportent de nombreuses inconnues; et | | e) | il sera d’un montant d’autant moins élevé que les statistiques récentes réduisent l’incertitude entourant le montant et l’échéancier des flux de trésorerie, et vice-versa. | |
| B92 | L’entité doit faire appel au jugement pour déterminer la méthode d’estimation qu’il convient d’utiliser pour établir l’ajustement au titre du risque non financier. Ce faisant, l’entité doit notamment privilégier une méthode qui fournit des informations concises et instructives, de façon que les utilisateurs d’états financiers puissent comparer sa performance à celle d’autres entités. Selon le paragraphe 119, si l’entité applique une méthode autre que celle des niveaux de confiance pour déterminer l’ajustement au titre du risque non financier, elle doit indiquer la méthode appliquée et le niveau de confiance auquel équivaut le résultat de l’application de cette technique. |
Comptabilisation initiale des contrats d’assurance acquis lors d’un transfert de contrats d’assurance ou d’un regroupement d’entreprises (paragraphe 39)
| B93 | Lorsque l’entité acquiert, par un transfert de contrats d’assurance qui ne constituent pas une entreprise ou dans un regroupement d’entreprises entrant dans le champ d’application d’IFRS 3, des contrats d’assurance émis ou des contrats de réassurance détenus, elle doit appliquer les paragraphes 14 à 24 pour définir les groupes de contrats acquis comme si elle avait conclu ces contrats à la date de la transaction. |
| B94 | L’entité doit utiliser la contrepartie reçue ou payée en échange des contrats comme approximation des primes reçues. Cette contrepartie exclut ce qui est reçu ou payé pour d’autres actifs ou passifs acquis dans la même transaction. Dans le cas d’un regroupement d’entreprises entrant dans le champ d’application d’IFRS 3, la contrepartie reçue ou payée est la juste valeur des contrats à cette date. Pour déterminer cette juste valeur, l’entité ne doit pas appliquer le paragraphe 47 d’IFRS 13 Évaluation de la juste valeur (qui porte sur les composantes à vue). |
| B95 | Sauf si elle évalue le passif au titre de la couverture restante selon la méthode d’affectation des primes, décrite aux paragraphes 55 à 59 et 69 à 70A, l’entité calcule la marge sur services contractuels au moment de la comptabilisation initiale en appliquant le paragraphe 38 pour les contrats d’assurance émis acquis et le paragraphe 65 pour les contrats de réassurance détenus acquis, la contrepartie reçue ou payée en échange des contrats servant d’approximation des primes reçues ou payées à la date de comptabilisation initiale. |
| B95A | Lorsque des contrats d’assurance émis acquis se révèlent déficitaires en application du paragraphe 47, l’entité comptabilise l’excédent des flux de trésorerie d’exécution par rapport à la contrepartie payée ou reçue dans le goodwill ou le profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses dans le cas de contrats acquis dans un regroupement d’entreprises entrant dans le champ d’application d’IFRS 3 ou comme une perte en résultat net dans le cas de contrats acquis par transfert. L’entité doit ajouter un élément de perte au passif au titre de la couverture restante pour rendre compte de cet excédent, et appliquer les paragraphes 49 à 52 pour affecter une partie des variations ultérieures des flux de trésorerie d’exécution à cet élément de perte. |
| B95B | Dans le cas d’un groupe de contrats de réassurance détenus visé par les paragraphes 66A et 66B, l’entité doit déterminer la composante recouvrement de perte de l’actif au titre de la couverture restante à la date de la transaction en multipliant: | a) | l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante des contrats d’assurance sous-jacents à la date de la transaction; et | | b) | le pourcentage des demandes d’indemnisation relatives aux contrats d’assurance sous-jacents que l’entité s’attend, à la date de la transaction, à recouvrer au moyen du groupe de contrats de réassurance détenus. | |
| B95C | L’entité doit comptabiliser le montant de la composante recouvrement de perte déterminé par application du paragraphe B95B dans le goodwill ou le profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses dans le cas de contrats de réassurance détenus acquis dans un regroupement d’entreprises entrant dans le champ d’application d’IFRS 3, ou comme produit en résultat net dans le cas des contrats acquis par transfert. |
| B95D | En application des paragraphes 14 à 22, il se peut qu’à la date de la transaction, l’entité inclue dans un groupe de contrats d’assurance déficitaire tant des contrats d’assurance déficitaires couverts par un groupe de contrats de réassurance détenus que des contrats déficitaires non couverts par ce groupe de contrats de réassurance détenus. Aux fins de l’application du paragraphe B95B dans ces circonstances, l’entité doit utiliser une méthode d’affectation systématique et rationnelle pour déterminer la partie de l’élément de perte du groupe de contrats d’assurance qui se rattache aux contrats d’assurance couverts par le groupe de contrats de réassurance détenus. |
Actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition
| B95E | Lorsque l’entité acquiert, par un transfert de contrats d’assurance qui ne constituent pas une entreprise ou dans un regroupement d’entreprises entrant dans le champ d’application d’IFRS 3, des contrats d’assurance émis, elle doit, à la date de la transaction, comptabiliser à la juste valeur un actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition correspondant aux droits d’obtenir: | a) | les contrats d’assurance futurs résultant du renouvellement des contrats d’assurance comptabilisés à la date de la transaction; et | | b) | les contrats d’assurance futurs, autres que ceux en (a), après la date de la transaction sans payer de nouveau les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition que l’entreprise acquise a déjà payés et qui sont directement attribuables au portefeuille de contrats d’assurance auquel appartiennent ces contrats. | |
| B95F | À la date de la transaction, le montant de l’actif au titre des flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition, le cas échéant, ne doit pas être inclus dans l’évaluation du groupe de contrats d’assurance acquis en application des paragraphes B93 à B95A. |
Variations de la valeur comptable de la marge sur services contractuels des contrats d’assurance sans éléments de participation directe (paragraphe 44)
| B96 | Selon le paragraphe 44(c), la marge sur services contractuels d’un groupe de contrats d’assurance sans éléments de participation directe doit être ajustée pour tenir compte des variations des flux de trésorerie d’exécution qui sont liées aux services futurs. Ces variations comprennent: | a) | les ajustements liés à l’expérience découlant des primes reçues au cours de la période pour des services futurs et les flux de trésorerie connexes, tels que les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition et les taxes sur les primes, évalués à l’aide des taux d’actualisation décrits au paragraphe B72(c); | | b) | les changements dans les estimations de la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs du passif au titre de la couverture restante, sauf ceux décrits au paragraphe B97(a), évalués à l’aide des taux d’actualisation décrits au paragraphe B72(c); | | c) | les écarts entre toute composante investissement dont l’entité s’attendait à ce qu’elle devienne due au cours de la période et la composante investissement qui devient réellement due au cours de la période. Ces écarts sont déterminés en comparant (i) la composante investissement qui devient réellement due au cours de la période et (ii) le paiement au cours de la période qui était attendu au début de celle-ci plus les produits financiers ou charges financières d’assurance se rattachant à ce paiement attendu avant qu’il devienne dû; | | ca) | les écarts entre, d’une part, tout prêt qui a été consenti à un titulaire de police et dont l’entité s’attendait à ce que le remboursement devienne dû au cours de la période et, d’autre part, le prêt dont le remboursement devient réellement dû au cours de la période. Ces écarts sont déterminés en comparant (i) le prêt consenti à un titulaire de police dont le remboursement devient réellement dû au cours de la période et (ii) le remboursement au cours de la période qui était attendu au début de celle-ci plus les produits financiers ou charges financières d’assurance se rattachant à ce remboursement attendu avant qu’il devienne dû; | | d) | les variations de l’ajustement au titre du risque non financier liées aux services futurs. L’entité n’est pas tenue de ventiler la variation de l’ajustement au titre du risque non financier entre (i) la variation liée au risque non financier et (ii) l’effet de la valeur temps de l’argent et de ses variations. Si l’entité ventile cette variation, elle doit ajuster la marge sur services contractuels en fonction de la variation liée au risque non financier, évaluée sur la base des taux d’actualisation décrits au paragraphe B72(c). | |
| B97 | L’entité ne doit pas ajuster la marge sur services contractuels d’un groupe de contrats d’assurance sans éléments de participation directe pour tenir compte des variations suivantes des flux de trésorerie d’exécution, car elles ne sont pas liées aux services futurs: | a) | l’effet de la valeur temps de l’argent et de ses variations et l’effet du risque financier et de ses variations. Ces effets comprennent: | i) | l’effet, le cas échéant, sur les flux de trésorerie futurs estimés; | | ii) | l’effet, si ventilé, sur l’ajustement au titre du risque non financier; et | | iii) | l’effet d’un changement de taux d’actualisation; | | | b) | le changement des estimations de flux de trésorerie d’exécution constituant le passif au titre des sinistres survenus; | | c) | les ajustements liés à l’expérience, sauf ceux décrits au paragraphe B96(a). | |
| B98 | Les conditions de certains contrats d’assurance sans éléments de participation directe confèrent à l’entité un pouvoir discrétionnaire sur les flux de trésorerie qu’elle versera aux titulaires de police. Les variations des flux de trésorerie discrétionnaires sont considérées comme liées aux services futurs et entraînent donc un ajustement de la marge sur services contractuels. Pour être en mesure de déceler les variations des flux de trésorerie discrétionnaires, l’entité doit indiquer, au moment de la passation du contrat, sur quelle base elle s’attend à déterminer son engagement au titre de ce contrat, par exemple, sur la base d’un taux d’intérêt fixe ou de rendements qui varient en fonction des rendements d’actifs spécifiés. |
| B99 | L’entité doit se fonder sur cette indication pour distinguer l’effet que le changement d’hypothèses relatives au risque financier exerce sur son engagement (qui ne se traduit pas par un ajustement de la marge sur services contractuels) de l’effet des changements discrétionnaires apportés à cet engagement (qui se traduit par un ajustement de la marge sur services contractuels). |
| B100 | Si l’entité n’est pas en mesure de préciser, au moment de la passation du contrat, ce qu’elle considère comme son engagement au titre de ce contrat et ce qu’elle considère comme discrétionnaire, elle doit considérer que son engagement correspond au rendement implicite dans l’estimation des flux de trésorerie d’exécution au moment de la passation du contrat, mis à jour pour tenir compte des hypothèses les plus récentes concernant le risque financier. |
Variations de la valeur comptable de la marge sur services contractuels des contrats d’assurance avec éléments de participation directe (paragraphe 45)
| B101 | Les contrats d’assurance avec éléments de participation directe sont des contrats d’assurance qui, en substance, constituent des contrats pour des services liés à l’investissement, dans lesquels l’entité promet un rendement en fonction d’éléments sous-jacents. Ils sont donc définis comme des contrats d’assurance pour lesquels: | a) | les conditions contractuelles précisent que le titulaire de police a droit à une part d’un portefeuille d’éléments sous-jacents clairement défini (voir paragraphes B105 et B106); | | b) | l’entité s’attend à payer au titulaire de police une somme correspondant à une part substantielle du rendement obtenu sur la juste valeur des éléments sous-jacents (voir paragraphe B107); et | | c) | l’entité s’attend à ce que toute variation des sommes à payer au titulaire de police soit attribuable, dans une proportion substantielle, à la variation de la juste valeur des éléments sous-jacents (voir paragraphe B107). | |
| B102 | L’entité doit déterminer, en se fondant sur ses attentes au moment de la passation du contrat, si les conditions énoncées au paragraphe B101 sont respectées; elle ne doit pas réévaluer les conditions, à moins que le contrat ne soit modifié en application du paragraphe 72. |
| B103 | Dans la mesure où les contrats d’assurance d’un groupe ont une incidence sur les flux de trésorerie destinés aux titulaires de police d’autres groupes (voir les paragraphes B67 à B71), l’entité doit déterminer si les conditions énoncées au paragraphe B101 sont remplies en prenant en considération les flux de trésorerie qu’elle s’attend à payer aux titulaires de police, déterminés en application des paragraphes B68 à B70. |
| B104 | Les conditions énoncées au paragraphe B101 font que les contrats d’assurance avec éléments de participation directe sont des contrats au titre desquels l’obligation de l’entité envers le titulaire de police correspond à l’écart net entre: | a) | l’obligation de payer au titulaire de police une somme correspondant à la juste valeur des éléments sous-jacents; et | | b) | des honoraires variables (voir paragraphes B110 à B118), que l’entité déduit de (a) en contrepartie des services futurs prévus au contrat d’assurance et qui correspondent à la différence entre les éléments suivants: | i) | le montant correspondant à la part revenant à l’entité de la juste valeur des éléments sous-jacents; et | | ii) | les flux de trésorerie d’exécution qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents. | | |
| B105 | La part visée au paragraphe B101(a) n’exclut pas la possibilité que l’entité dispose d’un pouvoir discrétionnaire à l’égard des sommes qu’elle lui paie. Le lien avec les éléments sous-jacents doit toutefois être exécutoire (voir paragraphe 2). |
| B106 | Le portefeuille d’éléments sous-jacents visé au paragraphe B101(a) peut comprendre n’importe quel élément, par exemple un portefeuille d’actifs de référence, l’actif net de l’entité ou un sous-ensemble spécifié de l’actif net de l’entité, à condition qu’ils soient clairement définis dans le contrat. L’entité n’est pas tenue de détenir le portefeuille d’éléments sous-jacents défini. Toutefois un portefeuille d’éléments sous-jacents clairement défini n’existe pas lorsque: | a) | l’entité peut changer rétrospectivement les éléments sous-jacents qui déterminent le montant de l’obligation de l’entité; ou | | b) | il n’y a pas d’éléments sous-jacents définis, même si le titulaire de police a la possibilité d’obtenir un rendement qui reflète de façon générale la performance et les attentes globales de l’entité ou la performance et les attentes d’un sous-ensemble d’actifs détenus par l’entité. Un exemple d’un tel rendement est un taux crédité ou le paiement d’un dividende qui est déterminé à la fin de la période de reporting à laquelle il se rapporte. Dans ce cas, l’obligation envers le titulaire de police reflète le taux ou le dividende que l’entité a déterminé, et non pas des éléments sous-jacents définis. | |
| B107 | Pour que les conditions énoncées respectivement au paragraphe B101(b) et au paragraphe B101(c) soient remplies, l’entité doit s’attendre à payer au titulaire de police une somme correspondant à une part substantielle du rendement obtenu sur la juste valeur des éléments sous-jacents et s’attendre à ce que toute variation des sommes à payer au titulaire de police soit attribuable, dans une proportion substantielle, à la variation de la juste valeur des éléments sous-jacents. L’entité doit: | a) | interpréter le terme «substantiel» au regard de l’objectif voulant que les contrats d’assurance avec éléments de participation directe soient des contrats qui prévoient la prestation par l’entité de services liés à l’investissement en contrepartie d’honoraires déterminés en fonction d’éléments sous-jacents; et | | b) | évaluer la variabilité des sommes visées aux paragraphes B101(b) et B101(c): | i) | sur la durée du contrat d’assurance; et | | ii) | sur la base de l’espérance mathématique des valeurs actuelles et non selon le résultat le plus optimiste ou le plus pessimiste (voir paragraphes B37 et B38). | | |
| B108 | Par exemple, si l’entité s’attend à payer une somme correspondant à une part substantielle du rendement sur la juste valeur des éléments sous-jacents, soumis à une garantie de rendement minimum, il y aura: | a) | des scénarios où les flux de trésorerie que l’entité s’attend à payer au titulaire de police varieront en fonction de la variation de la juste valeur des éléments sous-jacents, parce que le rendement garanti et les autres flux de trésorerie qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents n’excéderont pas le rendement obtenu sur la juste valeur des éléments sous-jacents; et | | b) | des scénarios où les flux de trésorerie que l’entité s’attend à payer au titulaire de police ne varieront pas en fonction de la variation de la juste valeur des éléments sous-jacents, parce que le rendement garanti et les autres flux de trésorerie qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents excéderont le rendement obtenu sur la juste valeur des éléments sous-jacents. | Dans cet exemple, l’appréciation de la variabilité en application du paragraphe B101(c) reflétera une espérance mathématique en valeur actuelle calculée d’après l’ensemble de ces scénarios. |
| B109 | Pour l’application d’IFRS 17, les contrats de réassurance émis et les contrats de réassurance détenus ne peuvent pas être des contrats d’assurance avec éléments de participation directe. |
| B110 | La marge sur services contractuels des contrats d’assurance avec éléments de participation directe est ajustée pour refléter la nature variable des honoraires. Ainsi, les variations des sommes visées au paragraphe B104 sont traitées de la façon décrite aux paragraphes B111 à B114. |
| B111 | Les changements quant à l’obligation de payer au titulaire de police une somme correspondant à la juste valeur des éléments sous-jacents [paragraphe B104(a)] ne sont pas liés aux services futurs et n’entraînent donc pas un ajustement de la marge sur services contractuels. |
| B112 | Les variations du montant correspondant à la part revenant à l’entité de la juste valeur des éléments sous-jacents [paragraphe B104(b)(i)] sont liées aux services futurs et entraînent un ajustement de la marge sur services contractuels, en application du paragraphe 45(b). |
| B113 | Les variations des flux de trésorerie d’exécution qui ne varient pas en fonction des rendements d’éléments sous-jacents [paragraphe B104(b)(ii)] comprennent: | a) | les modifications des flux de trésorerie d’exécution, autres que celles spécifiées en (b). Comme pour les contrats d’assurance sans éléments de participation directe, l’entité doit appliquer les paragraphes B96 et B97 pour déterminer dans quelle mesure ces changements sont liés aux services futurs et entraînent, en application du paragraphe 45(c), un ajustement de la marge sur services contractuels. Tous les ajustements sont évalués au moyen des taux d’actualisation courants; | | b) | les variations de l’effet de la valeur temps de l’argent et des risques financiers qui ne résultent pas des éléments sous-jacents; par exemple, l’effet des garanties financières. Ces variations sont liées aux services futurs et entraînent, en application du paragraphe 45(c), un ajustement de la marge sur services contractuels, sauf dans la mesure où le paragraphe B115 s’applique. | |
| B114 | L’entité n’est pas tenue de présenter séparément les ajustements de la marge sur services contractuels imposés par les paragraphes B112 et B113. En lieu et place, un montant global peut être déterminé pour tout ou partie des ajustements. |
Atténuation des risques
| B115 | Dans la mesure où les conditions énoncées au paragraphe B116 sont remplies, l’entité peut choisir de ne pas comptabiliser une variation de la marge sur services contractuels visant à refléter tout ou partie des variations de l’effet de la valeur temps de l’argent et du risque financier sur: | a) | le montant correspondant à la part revenant à l’entité des éléments sous-jacents (voir paragraphe B112) si elle atténue l’effet du risque financier sur ce montant au moyen de dérivés ou de contrats de réassurance détenus; et | | b) | les flux de trésorerie d’exécution visés au paragraphe B113(b) si l’entité atténue l’effet du risque financier sur ces flux de trésorerie d’exécution au moyen de dérivés, d’instruments financiers non dérivés évalués à la juste valeur par le biais du résultat net, ou de contrats de réassurance détenus. | |
| B116 | Pour que l’entité puisse se prévaloir du choix énoncé au paragraphe B115, il est impératif qu’elle ait auparavant documenté un objectif et une stratégie d’atténuation du risque financier comme mentionné au paragraphe B115. Dans l’application de cet objectif et de cette stratégie: | a) | il existe une compensation économique entre les contrats d’assurance et le dérivé, l’instrument financier non dérivé évalué à la juste valeur par le biais du résultat net ou le contrat de réassurance détenu (c’est-à-dire que la valeur des contrats d’assurance et celle des éléments visant à atténuer le risque varient généralement en sens inverse l’une de l’autre parce qu’elles réagissent de façon similaire aux variations du risque que l’entité cherche à atténuer). L’entité ne doit pas tenir compte des différences en matière d’évaluation comptable lorsqu’elle apprécie s’il y a compensation économique; | | b) | le risque de crédit n’a pas d’effet dominant sur la compensation économique. | |
| B117 | L’entité doit déterminer les flux de trésorerie d’exécution du groupe auquel elle applique le paragraphe B115 d’une façon cohérente d’une période de reporting à l’autre. |
| B117A | Si l’entité atténue l’effet du risque financier au moyen de dérivés ou d’instruments financiers non dérivés évalués à la juste valeur par le biais du résultat net, elle doit inclure dans le résultat net les produits financiers ou charges financières d’assurance de la période qui découlent de l’application du paragraphe B115. Si l’entité atténue l’effet du risque financier au moyen de contrats de réassurance détenus, elle doit appliquer la même méthode comptable pour la présentation des produits financiers ou charges financières d’assurance qui découlent de l’application du paragraphe B115 que celle qu’elle applique pour les contrats de réassurance détenus en application des paragraphes 88 et 90. |
| B118 | Si, et seulement si, l’une des conditions énoncées au paragraphe B116 n’est plus remplie, l’entité doit cesser dès lors de se prévaloir du choix énoncé au paragraphe B115. Elle ne doit apporter aucun ajustement relatif aux variations antérieurement comptabilisées en résultat net. |
Comptabilisation de la marge sur services contractuels en résultat net
| B119 | À chaque période, l’entité comptabilise en résultat net un montant de la marge sur services contractuels du groupe de contrats d’assurance pour représenter les services prévus aux contrats d’assurance fournis au titre de ce groupe au cours de la période [voir paragraphes 44(e), 45(e) et 66(e)]. Pour déterminer ce montant, l’entité: | a) | définit les unités de couverture du groupe, dont le nombre correspond au volume de services prévus aux contrats d’assurance fourni par les contrats du groupe, déterminé en considération, pour chaque contrat, du volume de prestations fourni et de la période de couverture prévue; | | b) | répartit la marge sur services contractuels à la date de clôture (avant la comptabilisation en résultat net du montant représentant les services prévus aux contrats d’assurance fournis au cours de la période) également entre chacune des unités de couverture qu’elle a fournies dans la période considérée et qu’elle s’attend à fournir ultérieurement; | | c) | comptabilise en résultat net le montant affecté aux unités de couverture fournies dans la période considérée. | |
| B119A | Pour l’application du paragraphe B119, la période au cours de laquelle les services de rendement d’investissement ou les services liés à l’investissement sont fournis se termine au plus tard à la date à laquelle toutes les sommes dues aux titulaires de police actuels relativement à ces services ont été versées, compte non tenu des sommes à verser aux titulaires de police futurs incluses dans les flux de trésorerie d’exécution en application du paragraphe B68. |
| B119B | Les contrats d’assurance sans éléments de participation directe peuvent prévoir des services de rendement d’investissement si, et seulement si: | a) | il existe une composante investissement ou si le titulaire de police a le droit de retirer une somme; | | b) | l’entité s’attend à ce que la composante investissement ou la somme que le titulaire de police a le droit de retirer comprenne un rendement d’investissement (un rendement d’investissement pourrait être inférieur à zéro, par exemple, en situation de taux d’intérêt négatif); et | | c) | l’entité s’attend à réaliser des activités d’investissement pour générer ce rendement d’investissement. | |
Contrats de réassurance détenus — comptabilisation du recouvrement des pertes sur contrats d’assurance sous-jacents (paragraphes 66A et 66B)
| B119C | Le paragraphe 66A s’applique si, et seulement si, le contrat de réassurance détenu est conclu au plus tard au moment de la comptabilisation des contrats d’assurance sous-jacents déficitaires. |
| B119D | Pour appliquer le paragraphe 66A, l’entité doit déterminer l’ajustement à apporter à la marge sur services contractuels du groupe de contrats de réassurance détenus et les produits qui en résultent en multipliant: | a) | la perte comptabilisée au titre des contrats d’assurance sous-jacents; et | | b) | le pourcentage des demandes d’indemnisation relatives aux contrats d’assurance sous-jacents que l’entité s’attend à recouvrer au moyen du groupe de contrats de réassurance détenus. | |
| B119E | En application des paragraphes 14 à 22, il se peut que l’entité inclue dans un groupe de contrats d’assurance déficitaire tant des contrats d’assurance déficitaires couverts par le groupe de contrats de réassurance détenus que des contrats d’assurance déficitaires non couverts par ce groupe de contrats de réassurance détenus. Aux fins de l’application des paragraphes 66(c)(i) et (ii) et 66A dans ces circonstances, l’entité doit utiliser une méthode d’affectation systématique et rationnelle pour déterminer la partie des pertes comptabilisées au titre du groupe de contrats d’assurance qui se rattache aux contrats d’assurance couverts par le groupe de contrats de réassurance détenus. |
| B119F | Après avoir établi la composante recouvrement de perte en application du paragraphe 66B, l’entité doit ajuster cette composante pour refléter les variations de l’élément de perte du groupe de contrats d’assurance sous-jacents déficitaire (voir paragraphes 50 à 52). La valeur comptable de la composante recouvrement de perte ne doit pas excéder la partie de la valeur comptable de l’élément de perte du groupe de contrats d’assurance sous-jacents déficitaire que l’entité s’attend à recouvrer au moyen du groupe de contrats de réassurance détenus. |
PRODUITS DES ACTIVITÉS D’ASSURANCE (PARAGRAPHES 83 ET 85)
| B120 | Le total des produits des activités d’assurance pour un groupe de contrats d’assurance correspond à la contrepartie des contrats, c’est-à-dire le montant des primes payées à l’entité: | a) | ajusté pour tenir compte de l’effet du financement; et | | b) | exception faite des composantes investissement. | |
| B121 | Le paragraphe 83 exige que les produits des activités d’assurance comptabilisés dans la période expriment la prestation des services promis par un montant qui reflète la contrepartie à laquelle l’entité s’attend à avoir droit en échange de ces services. La contrepartie totale d’un groupe de contrats d’assurance englobe les montants suivants: | a) | les montants afférents à la prestation de services, notamment: | i) | les charges afférentes aux activités d’assurance, exception faite des montants relatifs à l’ajustement au titre du risque non financier inclus en (ii) et des montants affectés à l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante; | | ia) | les montants liés aux impôts sur le résultat qui peuvent être spécifiquement imputés au titulaire de police; | | ii) | l’ajustement au titre du risque non financier, exception faite des montants affectés à l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante; et | | iii) | la marge sur services contractuels; | | | b) | les montants afférents aux flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition. | |
| B122 | Les produits des activités d’assurance de la période qui correspondent aux montants décrits au paragraphe B121(a) sont déterminés de la manière indiquée aux paragraphes B123 et B124. Les produits des activités d’assurance de la période qui correspondent aux montants décrits au paragraphe B121(b) sont quant à eux déterminés de la manière indiquée au paragraphe B125. |
| B123 | Selon IFRS 15, lorsque l’entité fournit des services, elle décomptabilise l’obligation de prestation associée à ces services et comptabilise un produit des activités ordinaires. De même, selon IFRS 17, lorsque l’entité fournit des services au cours d’une période, elle réduit le passif au titre de la couverture restante associé à ces services et comptabilise un produit des activités d’assurance. La réduction du passif au titre de la couverture restante qui donne lieu à la comptabilisation du produit des activités d’assurance exclut les variations de ce passif qui ne sont pas liées aux services sur lesquels la contrepartie reçue par l’entité est censée porter. Ces variations sont les suivantes: | a) | les variations qui ne sont pas liées aux services fournis au cours de la période, par exemple: | i) | les variations qui découlent des entrées de trésorerie relatives aux primes reçues; | | ii) | les variations au cours de la période qui sont liées aux composantes investissement; | | iia) | les variations qui découlent des flux de trésorerie afférents aux prêts consentis aux titulaires de police; | | iii) | les variations qui sont liées aux taxes transactionnelles perçues pour le compte de tiers (telles que les taxes sur les primes, les taxes sur la valeur ajoutée ou les taxes sur les biens et services) [voir paragraphe B65(i)]; | | iv) | les produits financiers ou charges financières d’assurance; | | v) | les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition (voir paragraphe B125); et | | vi) | la décomptabilisation des passifs transférés à un tiers; | | | b) | les variations qui sont liées à des services, mais en l’échange desquels l’entité ne s’attend à recevoir aucune contrepartie, c’est-à-dire les majorations ou les diminutions de l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante (voir paragraphes 47 à 52). | |
| B123A | Dans la mesure où l’entité décomptabilise un actif au titre des flux de trésorerie — autres que les flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition — à la date de comptabilisation initiale d’un groupe de contrats d’assurance [voir paragraphes 38(c)(ii) et B66A], elle doit comptabiliser des produits et charges d’assurance correspondant au montant décomptabilisé à cette date. |
| B124 | Par conséquent, les produits des activités d’assurance de la période peuvent également être analysés comme le total pour la période des variations du passif au titre de la couverture restante qui sont liées aux services en l’échange desquels l’entité s’attend à recevoir une contrepartie. Ces variations sont les suivantes: | a) | les charges afférentes aux activités d’assurance engagées au cours de la période (évaluées aux montants attendus au début de la période de reporting), sauf: | i) | les montants affectés à l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante en application du paragraphe 51(a); | | ii) | les remboursements de composantes investissement; | | iii) | les montants qui sont liés aux taxes transactionnelles perçues pour le compte de tiers (telles que les taxes sur les primes, les taxes sur la valeur ajoutée ou les taxes sur les biens et services) [voir paragraphe B65(i)]; | | iv) | les frais d’acquisition (voir paragraphe B125); et | | v) | le montant relatif à l’ajustement au titre du risque non financier [voir (b)]; | | | b) | la variation de l’ajustement au titre du risque non financier, sauf: | i) | les variations incluses dans les produits financiers ou charges financières d’assurance en application du paragraphe 87; | | ii) | les variations qui, étant liées aux services futurs, entraînent un ajustement de la marge sur services contractuels en application des paragraphes 44(c) et 45(c); et | | iii) | les montants affectés à l’élément de perte du passif au titre de la couverture restante en application du paragraphe 51(b); | | | c) | le montant de la marge sur services contractuels comptabilisé en résultat net au cours de la période en application des paragraphes 44(e) et 45(e); | | d) | les autres montants, le cas échéant, par exemple les ajustements liés à l’expérience découlant des encaissements de primes autres que ceux afférents aux services futurs [voir paragraphe B96(a)]. | |
| B125 | L’entité doit déterminer les produits des activités d’assurance afférents aux flux de trésorerie liés aux frais d’acquisition en affectant la part des primes imputée au recouvrement de ces flux de trésorerie à chaque période de reporting d’une manière systématique qui reflète l’écoulement du temps. Elle doit comptabiliser le même montant à titre de charges afférentes aux activités d’assurance. |
| B126 | Lorsque l’entité applique la méthode d’affectation des primes décrite aux paragraphes 55 à 58, le montant des produits des activités d’assurance de la période doit être le même que celui des encaissements de primes attendus affectés à la période (exception faite des composantes investissement et ajusté, en application du paragraphe 56, pour tenir compte de la valeur temps de l’argent et de l’effet du risque financier, le cas échéant). L’entité doit répartir le montant des encaissements de primes attendus entre les périodes de services prévus aux contrats d’assurance: | a) | en fonction de l’écoulement du temps; mais | | b) | si le rythme attendu de dégagement du risque au cours de la période de couverture diffère considérablement du rythme d’écoulement du temps, en fonction de l’échéancier suivant lequel elle s’attend à engager les charges afférentes aux activités d’assurance. | |
| B127 | Si les faits et circonstances changent, l’entité doit changer de méthode d’affectation au besoin en choisissant la méthode appropriée parmi celles énoncées aux paragraphes B126(a) et B126(b). |
PRODUITS FINANCIERS OU CHARGES FINANCIÈRES D’ASSURANCE (PARAGRAPHES 87 À 92)
| B128 | Selon le paragraphe 87, l’entité doit inclure dans les produits financiers ou charges financières d’assurance l’effet de la valeur temps de l’argent et de ses variations ainsi que l’effet du risque financier et de ses variations. Pour l’application d’IFRS 17: | a) | les hypothèses concernant l’inflation qui sont fondées sur un indice de prix ou de taux ou sur les prix d’actifs dont les rendements sont liés à l’inflation constituent des hypothèses concernant le risque financier; | | b) | les hypothèses concernant l’inflation qui sont fondées sur une attente de l’entité à l’égard de variations de prix donnés ne constituent pas des hypothèses concernant le risque financier; et | | c) | les variations de l’évaluation d’un groupe de contrats d’assurance attribuables aux variations de la valeur des éléments sous-jacents (exception faite des ajouts et des retraits) sont des variations découlant de l’effet de la valeur temps de l’argent et de ses variations et de l’effet du risque financier et de ses variations. | |
| B129 | Les paragraphes 88 et 89 imposent que l’entité choisisse si elle ventile les produits financiers ou charges financières d’assurance de la période entre le résultat net et les autres éléments du résultat global. L’entité doit appliquer son choix de méthode comptable aux portefeuilles de contrats d’assurance. Lorsqu’elle détermine, en application du paragraphe 13 d’IAS 8 Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et erreurs, quelle est la méthode comptable la plus appropriée pour un portefeuille de contrats d’assurance donné, l’entité doit prendre en considération les actifs qu’elle détient dans ce portefeuille et la méthode qu’elle a retenue pour les comptabiliser. |
| B130 | Si l’entité applique le paragraphe 88(b), elle doit comptabiliser en résultat net un montant déterminé par la répartition systématique du total attendu des produits financiers ou des charges financières sur la durée du groupe de contrats d’assurance. Dans ce contexte, une répartition du total attendu des produits financiers ou des charges financières du groupe de contrats d’assurance sur la durée de ce groupe est systématique si: | a) | elle est fondée sur les caractéristiques des contrats, compte non tenu des facteurs qui n’ont pas d’incidence sur les flux de trésorerie attendus découlant de ces contrats. Par exemple, la répartition des produits financiers ou charges financières ne doit pas reposer sur des rendements que l’entité s’attend à comptabiliser pour des actifs si ces rendements n’ont pas d’incidence sur les flux de trésorerie des contrats compris dans le groupe; | | b) | elle fait que la somme des montants comptabilisés dans les autres éléments du résultat global sur la durée du groupe de contrats est de zéro. Le montant cumulatif comptabilisé dans les autres éléments du résultat global correspond, à tout moment, à l’écart entre la valeur comptable du groupe de contrats et le montant auquel ce groupe serait évalué selon la méthode de la répartition systématique. | |
| B131 | Pour les groupes de contrats d’assurance pour lesquels les changements d’hypothèses relatives au risque financier n’ont pas une incidence substantielle sur les sommes payées aux titulaires de police, la répartition systématique est déterminée à l’aide des taux d’actualisation décrits au paragraphe B72(e)(i). |
| B132 | Pour les groupes de contrats d’assurance dans le cas desquels les changements dans les hypothèses concernant le risque financier ont une incidence substantielle sur les sommes payées aux titulaires de police: | a) | la répartition systématique des produits financiers ou charges financières liés aux estimations de flux de trésorerie futurs peut être déterminée de l’une ou l’autre des façons suivantes: | i) | à l’aide d’un taux qui répartit à un taux constant sur la durée restante du groupe de contrats le montant attendu révisé restant des produits financiers ou charges financières; ou | | ii) | lorsqu’un taux crédité sert à déterminer les sommes à payer aux titulaires de police — en fonction des sommes créditées au cours de la période et des sommes que l’entité s’attend à créditer dans les périodes ultérieures; | | | b) | la répartition systématique des produits financiers ou charges financières liés à l’ajustement au titre du risque non financier, s’ils sont ventilés séparément des autres variations de l’ajustement au titre du risque non financier en application du paragraphe 81, est déterminée d’une façon qui est cohérente par rapport à la répartition des produits financiers ou charges financières liés aux flux de trésorerie futurs; | | c) | la répartition systématique des produits financiers ou charges financières liés à la marge sur services contractuels est déterminée comme suit: | i) | pour les contrats d’assurance sans éléments de participation directe, à l’aide des taux d’actualisation décrits au paragraphe B72(b); et | | ii) | pour les contrats d’assurance avec éléments de participation directe, d’une façon qui est cohérente par rapport à l’affectation des produits financiers ou charges financières liés aux flux de trésorerie futurs. | | |
| B133 | Il se peut que l’entité qui applique la méthode d’affectation des primes décrite aux paragraphes 53 à 59 soit tenue d’actualiser le passif au titre des sinistres survenus ou choisisse de le faire. Elle peut alors choisir de ventiler les produits financiers ou charges financières d’assurance en application du paragraphe 88(b). Dans de tels cas, elle doit déterminer le montant porté en résultat net des produits financiers ou charges financières d’assurance à l’aide du taux d’actualisation décrit au paragraphe B72(e)(iii). |
| B134 | Le paragraphe 89 s’applique si l’entité, par choix ou par obligation, détient les éléments sous-jacents aux contrats d’assurance avec éléments de participation directe. Si cette dernière choisit, par application du paragraphe 89(b), de ventiler les produits financiers ou charges financières d’assurance, elle doit comptabiliser en résultat net des charges ou des produits qui correspondent exactement aux produits ou aux charges comptabilisés en résultat net pour les éléments sous-jacents, de sorte que la somme des éléments présentés séparément soit de zéro. |
| B135 | Il se peut que l’entité dispose du choix de méthode comptable prévu au paragraphe 89 pour certaines périodes et pas pour d’autres, en raison d’un changement dans le fait pour l’entité de détenir ou non les éléments sous-jacents. Si un tel changement se produit, le choix de méthode comptable dont dispose l’entité passe de celui prévu au paragraphe 88 à celui prévu au paragraphe 89, ou vice-versa. L’entité pourrait donc passer de la méthode comptable énoncée au paragraphe 88(b) à celle énoncée au paragraphe 89(b). Lorsque l’entité procède à un tel changement, elle doit: | a) | reclasser dans le résultat net de la période où le changement a lieu et des périodes ultérieures le montant cumulatif qui se trouvait dans les autres éléments du résultat global à la date du changement, en procédant comme suit: | i) | si elle appliquait auparavant le paragraphe 88(b), elle doit inclure dans le résultat net le montant cumulatif qui se trouvait dans les autres éléments du résultat global avant le changement comme si elle continuait de suivre le paragraphe 88(b) sur la base des hypothèses qui s’appliquaient immédiatement avant le changement; et | | ii) | si elle appliquait auparavant le paragraphe 89(b), elle doit inclure dans le résultat net le montant cumulatif qui se trouvait dans les autres éléments du résultat global avant le changement comme si elle continuait de suivre le paragraphe 89(b) sur la base des hypothèses qui s’appliquaient immédiatement avant le changement; | | | b) | ne pas retraiter les informations comparatives des périodes antérieures. | |
| B136 | Lorsque l’entité applique le paragraphe B135(a), elle ne doit pas recalculer le montant cumulatif antérieurement inclus dans les autres éléments du résultat global comme si la nouvelle ventilation avait toujours été réalisée, ni mettre à jour après la date du changement les hypothèses utilisées aux fins du reclassement dans les périodes ultérieures. |
EFFET DES ESTIMATIONS COMPTABLES ÉTABLIES DANS LES ÉTATS FINANCIERS INTERMÉDIAIRES
| B137 | Si l’entité prépare des états financiers intermédiaires par application d’IAS 34 Information financière intermédiaire, elle doit faire un choix de méthode comptable entre modifier ou ne pas modifier le traitement des estimations comptables établies dans ses états financiers intermédiaires antérieurs lorsqu’elle applique IFRS 17 dans ses états financiers intermédiaires ultérieurs et dans ses états financiers annuels. L’entité doit appliquer son choix de méthode comptable à tous les groupes de contrats d’assurance qu’elle émet et à tous les groupes de contrats de réassurance qu’elle détient. |
(1) L’abréviation UM signifie «unité monétaire».