| CELEX | 32023D2051 |
| Type | Décision |
| Date | lundi 25 septembre 2023 |
| 26.9.2023 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 236/26 |
DÉCISION D’EXÉCUTION (UE) 2023/2051 DE LA COMMISSION
du 25 septembre 2023
recensant Trinité-et-Tobago en tant que pays non coopérant dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (CE) no 1005/2008 du Conseil établissant un système communautaire destiné à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, modifiant les règlements (CEE) no 2847/93, (CE) no 1936/2001 et (CE) no 601/2004 et abrogeant les règlements (CE) no 1093/94 et (CE) no 1447/1999 (1) (ci-après le «règlement INN»), et notamment son article 31,
considérant ce qui suit:
1. INTRODUCTION
| (1) | Le règlement (CE) no 1005/2008 (ci-après le «règlement INN») établit un système de l’Union destiné à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (ci-après la «pêche INN»). |
| (2) | Le chapitre VI du règlement INN établit des dispositions relatives à la procédure de recensement des pays tiers non coopérants, aux démarches envers ces pays, à l’établissement d’une liste de ces pays, au retrait de cette liste, à la publication de cette liste et aux mesures d’urgence. |
| (3) | En vertu de l’article 31 du règlement INN, la Commission doit recenser les pays tiers qu’elle considère comme non coopérants dans le cadre de la lutte contre la pêche INN. Un pays tiers peut être reconnu comme non coopérant s’il ne s’acquitte pas des obligations relatives aux mesures à prendre pour prévenir, décourager et éradiquer la pêche INN que le droit international lui impose en sa qualité d’État du pavillon, d’État du port, d’État côtier ou d’État de commercialisation. |
| (4) | Le recensement des pays tiers non coopérants conformément à l’article 31 du règlement INN doit être fondé sur l’examen de toutes les informations mentionnées à l’article 31, paragraphe 2, dudit règlement. Il se fonde sur l’examen de toutes les informations obtenues conformément au règlement INN ou, le cas échéant, de toute autre information pertinente comme les données des captures, les informations commerciales provenant des statistiques nationales ou d’autres sources fiables, les registres et bases de données de navires, les programmes de documentation des captures et de documentation statistique, les listes des navires INN des organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) ou toute autre information obtenue dans les ports et sur les lieux de pêche. |
| (5) | Conformément à l’article 33 du règlement INN, le Conseil doit établir une liste des pays non coopérants. Les mesures prévues à l’article 38 du règlement INN s’appliquent à ces pays. |
| (6) | En vertu de l’article 12, paragraphe 2, du règlement INN, les produits de la pêche ne peuvent être importés dans l’Union que lorsqu’ils sont accompagnés d’un certificat de capture conformément audit règlement |
| (7) | En application de l’article 20, paragraphe 1, du règlement INN, l’acceptation de certificats de capture validés présentés par des États tiers du pavillon est subordonnée à une notification de l’État du pavillon concerné à la Commission dans laquelle celui-ci certifie qu’il dispose des mécanismes nationaux destinés à la mise en œuvre, au contrôle et à l’application des lois, des réglementations et des mesures de conservation et de gestion auxquelles sont soumis ses navires de pêche et que ses autorités publiques sont habilitées à attester la véracité des informations contenues dans les certificats de capture. |
| (8) | Conformément à l’article 20, paragraphe 4, du règlement INN, la Commission doit assurer une coopération administrative avec les pays tiers dans les domaines relevant de la mise en œuvre des dispositions relatives aux certificats de captures visées dans ledit règlement. |
| (9) | La République de Trinité-et-Tobago (ci-après dénommée «Trinité-et-Tobago») n’a pas transmis à la Commission sa notification en tant qu’État du pavillon conformément à l’article 20 du règlement INN. |
| (10) | Sur la base des informations visées à l’article 31, paragraphe 2, du règlement INN, la Commission a considéré qu’il existait de solides indices laissant supposer que Trinité-et-Tobago ne s’était pas acquittée des obligations relatives aux mesures à prendre pour prévenir, décourager et éradiquer la pêche INN que le droit international lui impose en sa qualité d’État du pavillon, d’État du port, d’État côtier ou d’État de commercialisation. Ces constatations ont été confirmées lors de la visite de la Commission en novembre 2015. |
| (11) | Conformément à l’article 32 du règlement INN, la Commission a donc notifié, par décision du 21 avril 2016 (2), à Trinité-et-Tobago qu’elle était susceptible d’être reconnue comme pays tiers non coopérant dans le cadre de la lutte contre la pêche INN en application du règlement INN. |
| (12) | La décision du 21 avril 2016 contenait des informations concernant les principaux éléments et raisons de cette possibilité de recensement. |
| (13) | La décision a été notifiée à Trinité-et-Tobago, accompagnée d’une lettre l’invitant à mettre en œuvre, en étroite coopération avec la Commission, un plan d’action proposé par la Commission dans ladite décision, en vue de remédier aux lacunes constatées. |
| (14) | En particulier, la Commission a invité Trinité-et-Tobago à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les actions prévues dans le plan d’action proposé par la Commission et à évaluer la mise en œuvre de celles-ci. |
| (15) | Trinité-et-Tobago a eu la possibilité de répondre à la décision du 21 avril 2016 ainsi qu’aux autres informations pertinentes communiquées par la Commission, ce qui lui a permis de fournir des éléments de preuve afin de réfuter ou de compléter les faits invoqués dans la décision du 21 avril 2016. Trinité-et-Tobago a été assurée de son droit de demander ou de fournir des informations supplémentaires. |
| (16) | Par sa décision du 21 avril 2016, la Commission a engagé un processus de dialogue avec Trinité-et-Tobago. |
| (17) | La Commission a continué à rechercher et à vérifier toutes les informations jugées nécessaires. Les observations orales et écrites présentées par Trinité-et-Tobago à la suite de la décision du 21 avril 2016 ont été examinées et prises en considération. Trinité-et-Tobago a été tenue informée oralement ou par écrit des considérations de la Commission. |
| (18) | Il ressort des éléments recueillis, comme indiqué aux considérants 42 à 99, que Trinité-et-Tobago n’a pas suffisamment pris en considération les préoccupations et lacunes décrites dans la décision du 21 avril 2016, et n’a pas mis en œuvre les mesures proposées dans le plan d’action qui accompagnait la décision. |
2. PROCÉDURE CONCERNANT TRINITÉ-ET-TOBAGO
| (19) | Le 21 avril 2016, la Commission a averti Trinité-et-Tobago, en application de l’article 32 du règlement INN, qu’elle envisageait la possibilité de reconnaître cet État comme un pays tiers non coopérant. |
| (20) | La Commission a invité Trinité-et-Tobago à mettre en œuvre, en étroite coopération avec ses services, un plan d’action visant à remédier aux lacunes constatées dans la décision du 21 avril 2016. |
| (21) | Les principales lacunes relevées par la Commission étaient liées à plusieurs manquements dans la mise en œuvre des obligations de droit international, concernant notamment l’adoption d’un cadre juridique adéquat, le manque d’outils efficaces et adéquats pour assurer une surveillance efficace des navires de pêche, l’inexistence d’un mécanisme d’observateurs et d’un programme d’inspection et l’absence de contrôles des pêches au port. D’autres lacunes recensées concernent le respect insuffisant des obligations internationales découlant des recommandations et des résolutions des organisations régionales de gestion des pêches (ORGP). Le défaut de mise en œuvre des recommandations et résolutions non contraignantes émanant d’organismes compétents, telles que le plan d’action international contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée des Nations unies (PAI-INN) (3) et les directives volontaires de la FAO pour la conduite de l’État du pavillon (4), a également été constaté. Ce manquement a cependant été retenu comme simple élément de preuve et n’a pas servi de base à la notification. |
| (22) | Par lettres du 27 mai 2016, du 1er mars 2017, du 2 octobre 2017, du 23 novembre 2021 et du 18 novembre 2022, Trinité-et-Tobago a informé la Commission de sa volonté de remédier aux lacunes recensées dans la décision du 21 avril 2016 et de coopérer avec la Commission. Elle a également indiqué qu’elle acceptait le plan d’action. |
| (23) | Par lettre du 27 mai 2016, Trinité-et-Tobago a transmis un projet de plan d’action national, sans toutefois mentionner de délai pour son adoption, une liste de tous les navires de pêche battant son pavillon, un modèle de licence de pêche, de rapport de sortie et de rapport d’exportation pour les palangriers, ainsi que des informations sur la structure interne des autorités chargées de la pêche. |
| (24) | Le 5 décembre 2016, Trinité-et-Tobago a informé la Commission des changements apportés à l’organisation interne et, le 25 février 2017, elle a fait le point sur les mesures que ses autorités ont prises ou envisagées pour remédier aux lacunes constatées. Par cette communication, les autorités ont cependant annoncé que la finalisation et la mise en œuvre du plan d’action devaient être menées à bien à un stade ultérieur. |
| (25) | Le 2 mars 2017, la Commission et les autorités de Trinité-et-Tobago se sont rencontrées pour discuter des progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action visant à remédier aux lacunes constatées. Au cours de cette réunion, les autorités de Trinité-et-Tobago ont réaffirmé leur volonté de remédier aux lacunes constatées et de coopérer avec la Commission. Aucune mesure n’a cependant été prise à cet égard après la réunion. |
| (26) | Le 10 avril 2017, la Commission a adressé une lettre au Premier ministre de Trinité-et-Tobago saluant l’engagement pris par ce pays en vue d’améliorer sa politique nationale dans le cadre de la lutte contre la pêche INN et de respecter les obligations internationales qui lui incombent en tant qu’État du pavillon, État du port, État côtier et État de commercialisation. Cette lettre est restée sans réponse. |
| (27) | Le 7 septembre 2017, le 17 septembre 2017 et le 3 novembre 2017, les autorités de Trinité-et-Tobago ont transmis à la Commission: i) une copie du projet de protocole d’accord interagences aux fins de la collaboration dans le cadre de la réglementation de la pêche et des activités liées à la pêche ainsi que du commerce de poissons et de produits dérivés; ii) un modèle de protocole d’accord à signer par Trinité-et-Tobago et les États tiers afin de renforcer la collaboration en vue de prévenir, de décourager et d’éradiquer la pêche INN; et iii) un projet de procédures opérationnelles normalisées interagences pour l’importation de poisson et de produits dérivés, l’enregistrement des navires de pêche, les déclarations d’arrivée au port et de sortie des navires de pêche, l’importation de navires de pêche (de moins de 250 tonnes) destinés à la pêche, l’exportation de poisson et de produits dérivés, la délivrance d’une licence du ministre pour bénéficier de la franchise douanière, le débarquement, le transbordement et le transit de poissons et de produits dérivés, la surveillance des navires de pêche et l’inspection des navires de pêche au port. |
| (28) | Le 7 novembre 2017, la Commission a tenu une réunion à distance avec les autorités de Trinité-et-Tobago afin de discuter des mesures actuellement appliquées par ce pays en ce concerne la lutte contre la pêche INN. |
| (29) | Par voie de communication écrite, Trinité-et-Tobago a présenté le 24 novembre 2017 un résumé des mesures envisagées pour lutter contre la pêche INN ainsi qu’une liste des navires de pêche non artisanale battant son pavillon. Le 5 juin 2018, la Commission a reçu une copie du projet de loi sur la gestion des pêches. |
| (30) | Le 8 février 2019, la Commission a tenu une réunion à distance avec les autorités de Trinité-et-Tobago pour discuter des progrès accomplis par le pays pour remédier aux lacunes énumérées dans la décision du 21 avril 2016. La réunion a confirmé que les progrès réalisés en vue de remédier aux lacunes recensées dans la décision du 21 avril 2016 étaient insuffisants. |
| (31) | Le 24 octobre 2019, Trinité-et-Tobago a adhéré à l’accord de la FAO relatif aux mesures du ressort de l’État du port (PSMA) et a accepté l’accord visant à favoriser le respect par les navires de pêche en haute mer des mesures internationales de conservation et de gestion (5). |
| (32) | Le 22 juin 2020, par voie de communication écrite, les autorités de Trinité-et-Tobago ont fait le point sur les activités visant à mettre en œuvre le plan d’action de lutte contre la pêche INN. Elles ont présenté la version révisée du projet de loi sur la gestion des pêches et dressé la liste des priorités opérationnelles, à savoir l’intention de mettre en place un service d’inspection des pêches et l’installation d’un système de surveillance des navires (VMS) sur les navires de pêche non artisanale battant pavillon de Trinité-et-Tobago. |
| (33) | Le 21 septembre 2021, la Commission a rencontré les autorités de Trinité-et-Tobago afin de discuter des progrès réalisés en ce qui concerne la révision du cadre juridique, l’installation du VMS sur les navires de pêche non artisanale [en portant une attention particulière aux palangriers opérant dans la zone de la convention de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA)], ainsi que des progrès éventuels en ce qui concerne les débarquements et les inspections au port, la création du service d’inspection des pêches et l’état de la flotte. La visioconférence a confirmé que les progrès réalisés dans les zones recensées dans la décision du 21 avril 2016 étaient insuffisants. |
| (34) | Le 24 septembre 2021, les autorités de Trinité-et-Tobago ont présenté à la Commission i) la version finalisée et signée du protocole d’accord interagences aux fins de la collaboration dans le cadre de la réglementation de la pêche et des activités liées à la pêche ainsi que des échanges y afférents, accompagné des procédures opérationnelles standard en vigueur, ii) le projet de modèle de protocole d’accord entre Trinité-et-Tobago et les pays tiers (déjà transmis à la Commission le 17 septembre 2017) et iii) une copie du rapport de réexamen portant sur le suivi, le contrôle et la surveillance (y compris l’évaluation du port) à Trinité-et-Tobago dans le cadre du projet de soutien aux mesures du ressort de l’État du port de la FAO. |
| (35) | De plus, les 2 et 7 octobre 2021, les autorités de Trinité-et-Tobago ont partagé avec la Commission une liste des escales des navires de pêche battant pavillon de pays tiers entre 2018 et 2020 ainsi qu’une liste des navires de pêche battant pavillon national autorisés à pêcher dans la zone de la convention CICTA. |
| (36) | Par lettre du 25 octobre 2021, la Commission a souligné son inquiétude concernant l’évolution du dialogue et l’absence de progrès de la part de Trinité-et-Tobago dans la mise en œuvre des recommandations intégrées dans le plan d’action accompagnant la décision du 21 avril 2016. |
| (37) | Les autorités de Trinité-et-Tobago ont présenté le 9 novembre 2021 un rapport d’avancement comprenant i) des informations sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du plan d’action national, ii) un rapport sur la stratégie et la feuille de route nationales visant à mettre en œuvre de manière efficace les dispositions du PSMA et les instruments et mécanismes internationaux complémentaires de lutte contre la pêche INN, et iii) le projet de plan de travail du comité institué par le plan d’action national mentionné au considérant 23 chargé de la surveillance, du suivi et de l’établissement de rapports en ce qui concerne la mise en œuvre du protocole d’accord aux fins de la collaboration dans le cadre de la réglementation de la pêche, des activités liées à la pêche ainsi que des échanges y afférents. |
| (38) | En réponse à la lettre qui lui a été adressée par la Commission, le 23 novembre 2021, Trinité-et-Tobago a réitéré l’engagement des autorités du pays à lutter contre la pêche INN. La Commission a répondu à cette lettre le 2 décembre 2021 en insistant sur la nécessité de prendre des mesures efficaces pour remédier aux lacunes constatées dans les systèmes de contrôle de Trinité-et-Tobago en vue de lutter contre la pêche INN. |
| (39) | Entre le 14 et le 16 décembre 2022, la Commission a effectué une visite à Trinité-et-Tobago dans le but d’évaluer les progrès accomplis depuis la décision du 21 avril 2016. Cette visite a confirmé que les lacunes recensées dans la décision n’avaient pas été comblées. |
3. RECENSEMENT DE TRINITÉ-ET-TOBAGO EN TANT QUE PAYS TIERS NON COOPÉRANT
| (40) | Conformément à l’article 31, paragraphe 3, du règlement INN, la Commission a examiné le respect, par Trinité-et-Tobago, des obligations internationales qui incombent à ce pays en sa qualité d’État du pavillon, d’État du port, d’État côtier ou d’État de commercialisation. Aux fins de cet examen, la Commission a tenu compte des critères établis à l’article 31, paragraphes 4 à 7, du règlement INN. |
3.1. Mesures adoptées en ce qui concerne la récurrence de la pêche INN et de flux commerciaux de produits provenant de la pêche INN (article 31, paragraphe 4, du règlement INN)
| (41) | Comme le souligne de la décision du 21 avril 2016, la Commission a établi que Trinité-et-Tobago n’avait pas réussi à s’acquitter des obligations que le droit international lui impose en tant qu’État du pavillon, État du port, État côtier et État de commercialisation, en ce qui concerne la pêche INN pratiquée ou facilitée par des navires battant son pavillon ou par certains de ses ressortissants ou par des navires de pêche utilisant ses ports, ni à empêcher l’accès de produits issus de la pêche INN au marché. |
| (42) | En application de l’article 18, paragraphe 3, point a), de l’accord des Nations unies sur les stocks de poissons (UNFSA), les États sont tenus de contrôler les navires battant leur pavillon en haute mer, au moyen de licences, d’autorisations et de permis de pêche conformément aux procédures ayant pu être adoptées aux plans sous-régional, régional ou mondial. Par ailleurs, les recommandations énoncées au point 45 du PAI-INN et les dispositions du paragraphe 8.2.2 du code de conduite de la FAO pour une pêche responsable (6) disposent que les États du pavillon devraient veiller à ce que tout navire habilité à battre leur pavillon qui opère en dehors de leurs eaux détienne une autorisation valable. Une recommandation similaire figure également aux points 29 et 30 des directives volontaires de la FAO pour la conduite de l’État du pavillon. |
| (43) | Le considérant 14 de la décision du 21 avril 2016 indiquait que le cadre juridique réglementant la gestion de la pêche de Trinité-et-Tobago, établi par la loi sur la pêche de 1916 (7) et la loi de 1986 sur les eaux archipélagiques et la zone économique exclusive (ZEE) (8), n’habilite pas les autorités de Trinité-et-Tobago à mettre en œuvre des mesures permettant un contrôle efficace des navires de pêche battant pavillon de Trinité-et-Tobago ni de l’utilisation des ports nationaux par les navires de pêche. |
| (44) | La loi sur la pêche de 1916 ne met pas en place un système obligatoire de licences de pêche. Les autorités chargées de la pêche ont adopté la pratique consistant à délivrer une licence de pêche, mais cela n’a aucun effet juridique. Selon les informations dont dispose la Commission, le seul contrôle exercé sur l’octroi de licences repose sur un décret relatif au commerce qui impose à chaque exportateur d’être en possession d’une licence d’exportation pour accéder aux marchés étrangers. La période de validité de cette licence d’exportation est de trois mois, après quoi l’exportateur doit introduire une nouvelle demande auprès des autorités compétentes. Même si les demandes de licences d’exportation leur sont directement transmises par les armateurs, les autorités chargées de la pêche ne sont pas habilitées à les approuver ou les refuser en cas de non-conformité. À la connaissance de la Commission, aucune demande de licences d’exportation n’a été rejetée à ce jour. De plus, les navires de pêche battant pavillon de Trinité-et-Tobago qui n’exportent pas leurs captures vers des marchés étrangers échappent à ce contrôle. |
| (45) | En application de l’article 94, paragraphe 2, point b), de la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982, l’État du pavillon est tenu d’assurer un contrôle sur les navires battant son pavillon, en exerçant sa juridiction conformément à son droit interne sur tout navire battant son pavillon. Par ailleurs, l’article 18, paragraphe 3, point g) iii), de l’UNFSA impose à l’État du pavillon de contrôler les navires battant son pavillon au moyen de mesures d’observation, de contrôle et de surveillance, qui devraient notamment comprendre la mise en œuvre de mécanismes nationaux d’inspection, de programmes d’observation nationaux et de systèmes de surveillance des navires. En outre, les points 1 et 3 de la recommandation 18-10 de la CICTA exigent que tous les navires d’une longueur hors tout supérieure à 15 mètres opérant dans la zone de la convention CICTA soient équipés d’un système VMS et transmettent leur position au moins une fois toutes les deux heures. De même, le point 31 des directives volontaires de la FAO pour la conduite de l’État du pavillon recommande aux États du pavillon de mettre en place un régime de contrôle des navires battant leur pavillon et le point 24 du PAI-INN ajoute que les États devraient s’engager à exercer un suivi, un contrôle et une surveillance systématiques et efficaces de la pêche, notamment en mettant en place, le cas échéant, un système VMS. |
| (46) | Sur la base des observations formulées lors des visites effectuées à Trinité-et-Tobago en novembre 2015 et en décembre 2022 et après avoir examiné toutes les informations disponibles, la Commission a conclu que les autorités compétentes de Trinité-et-Tobago n’étaient pas en mesure d’assurer un contrôle adéquat des activités menées par leur flotte de pêche. |
| (47) | Plus précisément, la loi sur la pêche de 1916 ne comporte aucune disposition concernant le contrôle et la surveillance des navires de pêche battant pavillon de Trinité-et-Tobago, y compris ceux opérant en dehors des eaux relevant de la juridiction nationale. À cet égard, l’installation d’un dispositif opérationnel permettant à Trinité-et-Tobago de suivre et de surveiller les navires battant son pavillon au moyen du système VMS n’est effectuée que sur une base volontaire. |
| (48) | Jusqu’en décembre 2022, Trinité-et-Tobago comptait 25 navires de pêche non artisanale (palangriers) battant son pavillon et autorisés à opérer dans la zone de la convention CICTA, dont 21 seulement étaient équipés sur une base volontaire d’un système VMS opérationnel à bord. De plus, pendant la visite de décembre 2022, la Commission a constaté qu’un navire de pêche battant le pavillon de Trinité-et-Tobago et autorisé à opérer dans la zone de la convention CICTA n’avait pas transmis de signal VMS pendant plus de 165 jours. |
| (49) | Au cours de la même visite, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago ont informé la Commission que les navires de pêche battant pavillon de leur pays n’étaient pas autorisés à exercer des activités de pêche dans les eaux relevant de la juridiction de pays tiers. Toutefois, d’après les données générées par la plateforme pour la gestion des systèmes VMS installés sur une base volontaire, la Commission a repéré un navire de pêche battant pavillon de Trinité-et-Tobago qui pêcherait dans la ZEE d’un pays tiers. |
| (50) | Parallèlement, l’article 18, paragraphe 3, point g), ii), de l’UNFSA impose aux parties de prendre des mesures de contrôle des activités des navires de pêche battant leur pavillon au moyen notamment de la mise en œuvre de programmes d’observation nationaux et de programmes d’observation sous-régionaux et régionaux auxquels participe l’État du pavillon. De même, conformément à la recommandation 16-14 de la CICTA, chaque partie contractante doit assurer un minimum de couverture par les observateurs de 5 % de l’effort de pêche dans chacune des pêcheries palangrières pélagiques, de senneurs, de canneurs, de madragues, de filets maillants et de chalutiers. Cependant la loi sur la pêche de 1916 n’établit ni ne prévoit d’habilitation pour élaborer un programme d’observation national (scientifique ou autre). Une sortie d’essai sous la surveillance d’observateurs, assimilée à une mission exploratoire, s’est achevée en septembre 2022. Les autorités de Trinité-et-Tobago ont confirmé la possibilité que plusieurs palangriers non artisanaux battant pavillon de Trinité-et-Tobago ne soient pas équipés pour accueillir des observateurs. |
| (51) | Malgré l’absence du cadre juridique requis et des moyens opérationnels nécessaires pour contrôler les activités de pêche et les activités connexes des navires battant pavillon de Trinité-et-Tobago, les autorités du pays ont continué d’accorder le pavillon national et des autorisations de pêche aux navires de pêche. Par exemple, un nouveau navire de pêche construit en janvier 2022 a été enregistré et habilité à battre pavillon de Trinité-et-Tobago et autorisé à pêcher dans la zone de la convention CICTA. Pendant la visite de décembre 2022, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago ont également informé la Commission de leur intention de continuer à développer leur flotte de pêche industrielle nationale. |
| (52) | En conséquence, la Commission ne peut exclure que des navires de pêche enregistrés à Trinité-et-Tobago et battant pavillon de ce pays aient pratiqué la pêche INN ou des activités liées à ce type de pêche dans des eaux ne relevant pas de la juridiction nationale, et notamment dans des eaux relevant de la juridiction de pays tiers, et aient utilisé des ports de pays tiers. |
| (53) | La Commission estime dès lors que Trinité-et-Tobago n’a pas assumé les responsabilités qui lui incombent en tant qu’État du pavillon d’exercer un contrôle sur sa flotte et d’éviter qu’elle ne participe à des activités de pêche INN dans des eaux ne relevant pas de sa juridiction. Il s’agit là d’une violation de l’article 94, paragraphes 1 et 2, de la CNUDM, qui prévoit que tout État exerce effectivement sa juridiction et son contrôle sur les navires de pêche battant son pavillon. Cela va également à l’encontre de l’article 18 de l’UNFSA qui impose aux États dont les navires pêchent en haute mer de prendre les mesures de contrôle voulues pour que ces navires respectent les règles des ORGP. Trinité-et-Tobago ne s’est donc pas acquittée de son devoir de diligence pour déployer les moyens adéquats, consentir tous les efforts possibles et faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que des navires battant son pavillon ne se livrent à des activités de pêche INN. Ce manquement est également en infraction avec les points 34 et 35 du PAI-INN selon lesquels les États devraient s’assurer que les navires de pêche autorisés à battre leur pavillon ne s’adonnent à aucune activité de pêche INN et ne favorisent pas ce type d’activité, et l’État du pavillon devrait s’assurer, avant d’immatriculer un navire de pêche, qu’il peut s’acquitter de son obligation de veiller à ce que le navire ne soit pas utilisé pour la pêche INN. |
| (54) | Conformément à l’article 31, paragraphe 4, point b), du règlement INN, la Commission a également examiné les mesures prises par Trinité-et-Tobago en ce qui concerne l’accès de produits issus de la pêche INN à son marché. |
| (55) | L’absence de contrôle par Trinité-et-Tobago sur les navires de pêche battant son pavillon permet à ces navires de débarquer et/ou de transborder des produits de la pêche dans les ports nationaux et de pays tiers, ce qui rend impossible d’empêcher l’entrée de produits issus de la pêche INN sur les marchés. |
| (56) | Par ailleurs, si l’on compare les informations fournies à la Commission par Trinité-et-Tobago pendant la visite de décembre 2022 et celles accessibles au public, il semble que Trinité-et-Tobago ne soit pas en mesure de fournir des informations exactes et complètes sur les espèces hautement migratoires capturées par sa flotte de pêche en haute mer ni sur les produits de la pêche débarqués ou transbordés dans ses ports. Cela confirme que Trinité-et-Tobago n’est pas en mesure d’assurer un suivi des produits de la pêche lorsque ceux-ci circulent dans les flux commerciaux nationaux et internationaux. |
| (57) | Conformément à l’annexe I, article 5, de l’UNFSA, chaque État veille à ce que les navires battant son pavillon communiquent à son administration nationale des pêches les données consignées dans leur livre de bord concernant les captures et l’effort de pêche, y compris les données relatives aux opérations de pêche hauturière, à intervalles suffisamment rapprochés pour satisfaire à la réglementation nationale et aux obligations régionales et internationales. Cet aspect est également mentionné au point 51.5 du PAI-INN, qui recommande aux États côtiers de s’assurer que chaque navire de pêche pêchant dans leurs eaux tienne un journal de bord faisant état ses activités de pêche, le cas échéant. |
| (58) | Il n’existe actuellement aucune disposition juridique nationale applicable aux navires de pêche de Trinité-et-Tobago en ce qui concerne l’utilisation de journaux de pêche, de déclarations de débarquement, de déclarations de transbordement ou de notes de vente. En revanche, les autorités chargées de la pêche s’appuient sur un système de transmission volontaire des données relatives aux captures et à l’effort de pêche pour chaque sortie de pêche et sur des rapports d’exportation uniquement pour les navires de pêche battant pavillon de Trinité-et-Tobago dont les captures sont destinées à être exportées vers les marchés des pays tiers. Bien que les autorités chargées de la pêche aient informé la Commission que ces rapports d’exportation doivent être transmis après chaque sortie de pêche, il n’existe aucune base juridique pour la transmission de ceux-ci aux autorités nationales chargées de la pêche. Étant donné l’absence de dispositions juridiques, il est impossible de vérifier les estimations de la couverture des sorties et des exportations en ce qui concerne les activités de la flotte nationale. |
| (59) | Le système de rapports de sorties décrit ci-dessus est lié à l’octroi de licences d’exportation mais, étant donné l’absence de dispositions juridiques rendant obligatoire la transmission d’un rapport de sortie, les autorités nationales n’ont aucune obligation juridique de refuser la délivrance de la licence d’exportation en raison de la non-transmission des rapports de sortie et d’exportation. Pour ce qui est des produits de la pêche non destinés à l’exportation, aucun mécanisme d’enregistrement obligatoire n’est en place. |
| (60) | En ce qui concerne les débarquements d’espèces gérées par la CICTA effectués par les navires de pêche battant pavillon de pays tiers, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago ont confirmé que, même si elles recueillent des informations sur l’utilisation des ports nationaux par les navires de pêche de pays tiers procédant au débarquement et au transbordement d’espèces relevant de la CICTA, elles ne sont pas en mesure de vérifier l’exactitude des données communiquées aux autorités portuaires par les exploitants des navires ni de distinguer les données concernant les opérations de transbordement et de débarquement. De plus, les autorités chargées de la pêche ont indiqué que les informations qu’elles recueillent concernant l’utilisation des ports nationaux par les navires étrangers se limitent aux navires qui participent au débarquement et au transbordement d’espèces relevant de la CICTA. Les espèces non gérées par la CICTA ne sont pas enregistrées et ne font l’objet d’aucune obligation de déclaration. |
| (61) | Compte tenu de l’absence de contrôles des pêches mis en place pour les activités des navires de pêche et les opérations de débarquement et de transbordement, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago ne peuvent pas assurer un suivi du poisson débarqué ou transbordé dans les ports nationaux par les navires battant pavillon du pays ou ceux battant pavillon de pays tiers tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cette lacune ne permet pas aux autorités de Trinité-et-Tobago de confirmer que les produits de la pêche destinés au marché national et aux marchés des pays tiers ne proviennent pas de la pêche INN. |
| (62) | Conformément à l’article 18, paragraphe 3, point f), de l’UNFSA, les États du pavillon doivent mettre en place des exigences pour la vérification des captures d’espèces cibles et non ciblées par des moyens tels que le contrôle des captures débarquées. Le PAI-INN fournit des orientations sur les mesures relatives au commerce internationalement convenues dont l’objectif est de réduire ou d’éliminer le commerce de poissons et de produits de la pêche issus de la pêche INN. Il suggère également, au point 71, que les États devraient prendre des mesures pour améliorer la transparence de leurs marchés de façon que l’origine du poisson ou des produits dérivés puisse être identifiée. De même, l’article 11 du code de conduite de la FAO expose les bonnes pratiques pour les activités post-capture et un commerce international responsable et invite les États à veiller à ce que le commerce du poisson et des produits de la pêche, tant international que national, soit compatible avec des pratiques rationnelles de conservation et de gestion, en améliorant l’identification de l’origine du poisson et des produits commercialisés. |
| (63) | Sur la base des informations obtenues lors des visites sur place, la Commission estime que Trinité-et-Tobago n’est pas en mesure de garantir la transparence de son marché ni des produits de la pêche commercialisés au niveau international étant donné qu’aucune traçabilité du poisson ou des produits de la pêche n’est assurée. À cet égard, Trinité-et-Tobago ne respecte pas l’obligation prévue à l’article 23 de l’UNFSA, qui impose à l’État du port de prendre des mesures pour garantir l’efficacité des mesures internationales de conservation et de gestion, notamment par des contrôles des documents, des engins ou des captures dans ses ports et l’interdiction d’effectuer des débarquements et des transbordements lorsqu’il est établi que la capture a été effectuée d’une manière qui compromet l’efficacité des mesures internationales de conservation et de gestion. |
| (64) | De plus, la Commission est d’avis que la pratique consistant à débarquer le poisson dans des quais privés et à le charger directement dans des conteneurs en vue de l’expédier vers des pays tiers sans que les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago n’effectuent un contrôle approprié des pêches au niveau national compromet la traçabilité des produits de la pêche concernés (9). |
| (65) | D’après les statistiques accessibles au public recueillies par la Commission, tout porte à croire que du poisson apparemment issu d’activités de pêche INN pratiquées par des navires de pêche battant pavillon de pays tiers transiterait par les ports de Trinité-et-Tobago. À titre d’exemple, les données relatives aux importations communiquées par un pays tiers indiquent que plus de 1 000 tonnes de germon congelé (Thunnus alalunga) ont été exportées depuis Trinité-et-Tobago en 2021 (10). Pour cette année-là, le quota de Trinité-et-Tobago pour le germon attribué par la CICTA s’élevait à 267 tonnes. |
| (66) | Les autorités de Trinité-et-Tobago ne sont pas habilitées à effectuer les contrôles nécessaires afin d’éviter que des produits de la pêche éventuellement issus de la pêche INN ne soient débarqués dans les ports nationaux, avec le risque que ces produits soient mis sur les marchés, et ne procèdent pas à de tels contrôles. |
| (67) | Compte tenu de l’évolution de la situation après le 21 avril 2016, la Commission considère que, conformément à l’article 31, paragraphes 3 et 4, du règlement INN, Trinité-et-Tobago ne s’est pas acquittée des obligations que le droit international lui impose, à savoir prendre des mesures pour prévenir, décourager et éradiquer la pêche INN, et qu’en application de l’article 31, paragraphe 3, et de l’article 31, paragraphe 4, point b), du règlement INN, ce pays n’a pas pris des mesures suffisantes pour empêcher l’accès des produits de la pêche issus de la pêche INN aux marchés. |
3.2. Manquement à l’obligation de coopération et d’exécution (article 31, paragraphe 5, du règlement INN)
| (68) | Comme l’indiquent les considérants 19 à 26 de la décision du 21 avril 2016, la Commission a examiné si Trinité-et-Tobago a coopéré efficacement avec elle dans le cadre des enquêtes relatives à la pêche INN et des activités liées à ce type de pêche. Il est ressorti de cet examen que, conformément à l’article 31, paragraphes 3 et 5, du règlement INN, tout porte à croire que Trinité-et-Tobago ne s’est pas acquittée des obligations que le droit international lui impose en qualité d’État du pavillon en ce qui concerne les efforts en matière de coopération et d’exécution. |
| (69) | Après l’adoption de la décision du 21 avril 2016, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago ont continué à coopérer avec la Commission pour répondre aux demandes de renseignements et y donner suite. |
| (70) | Toutefois, les réponses fournies par les autorités nationales de Trinité-et-Tobago s’inscrivaient dans un cadre juridique en matière de pêche obsolète, qui ne prévoit pas la mise en œuvre du contrôle des pêches au niveau national et est en cours de révision depuis huit ans, sans calendrier précis pour son adoption. Cette absence de cadre juridique a entravé toute forme de coopération efficace avec la Commission. Les engagements et les mesures annoncés dans les réponses des autorités de Trinité-et-Tobago ont continué à être reportés, empêchant dès lors le dialogue sur la pêche INN d’atteindre son objectif. |
| (71) | En application de l’article 19, paragraphe 1, de l’UNFSA, les États doivent veiller à ce que les navires battant leur pavillon respectent les mesures sous-régionales et régionales de conservation et de gestion. Il précise en outre que les sanctions encourues pour les infractions devraient être suffisamment rigoureuses pour garantir le respect de ces mesures afin de décourager les infractions en quelque lieu que ce soit et devraient priver les auteurs des infractions des profits découlant de leurs activités illégales. Le point 21 du PAI-INN et le point 38 a) des directives volontaires de la FAO pour la conduite de l’État du pavillon sont formulés de manière similaire. |
| (72) | Toutefois, comme l’indique le considérant 21 de la décision du 21 avril 2016, le cadre juridique obsolète de Trinité-et-Tobago ne contient pas de définition des activités de pêche INN ni des infractions graves et n’établit pas de liste complète des infractions graves passibles de sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives. Le traitement des infractions et infractions graves n’est pas de nature à garantir le respect des dispositions applicables, à décourager les infractions en quelque lieu que ce soit ni à priver les auteurs des infractions des profits découlant de leurs activités illégales. Sous sa forme actuelle, le système de sanctions de Trinité-et-Tobago n’est donc pas exhaustif, ni de nature à remplir un rôle dissuasif. |
| (73) | En ce qui concerne la coopération et la coordination des activités de contrôle aux niveaux sous-régional et régional comme le prévoit l’article 6 du PSMA, Trinité-et-Tobago ne coopère pas avec les pays dont les navires utilisent ses ports à des fins de débarquement ou de transbordement pour prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN conformément au point 28 du PAI-INN. En outre, Trinité-et-Tobago n’a pas conclu d’accords ou d’arrangements avec d’autres États ni coopéré en vue de l’application effective des lois pertinentes et des mesures de conservation et de gestion adoptées aux niveaux national, régional ou mondial, conformément au point 31 du PAI-INN. |
| (74) | Les lacunes susmentionnées constatées en ce qui concerne Trinité-et-Tobago empêchent ce pays de se conformer aux articles 63, 64 et 117 à 119 de la CNUDM établissant l’obligation pour tous les États de coopérer à la conservation et la gestion des ressources biologiques marines, y compris les stocks chevauchants et les espèces de grands migrateurs. Les articles 7, 8 et 20 de l’UNFSA développent plus avant l’obligation, pour les États, de coopérer, d’une part, en établissant des mesures de conservation et de gestion compatibles et, d’autre part, en assurant le respect et l’exécution de ces mesures. Cet aspect est davantage précisé aux points 28 et 51 du PAI-INN, qui définissent les modalités pratiques de la coopération directe entre États, dont l’échange de données ou d’informations détenues par les États côtiers. |
| (75) | Comme souligné aux considérants 34 à 36 de la décision du 21 avril 2016, le niveau de développement de Trinité-et-Tobago ne peut être considéré comme un facteur portant atteinte à la capacité des autorités compétentes de s’acquitter de leurs obligations en tant qu’État du pavillon, État côtier, État du port et État de commercialisation. |
| (76) | Eu égard aux considérants 34 à 36 de la décision du 21 avril 2016 et aux événements postérieurs au 21 avril 2016, la Commission reste d’avis, conformément à l’article 31, paragraphes 3 et 5, du règlement INN, que Trinité-et-Tobago ne s’est pas acquittée des obligations qui lui incombent en vertu du droit international en matière de coopération et d’exécution. |
3.3. Non-application des règles internationales (article 31, paragraphe 6, du règlement INN)
| (77) | Comme l’indiquent les considérants 27 à 33 de la décision du 21 avril 2016, la Commission a analysé les informations jugées utiles en ce qui concerne le statut de Trinité-et-Tobago en tant que partie contractante à la CNUDM, à l’UNFSA et à la convention CICTA. Il est ressorti de cet examen que, conformément à l’article 31, paragraphes 3 et 6, du règlement INN, tout porte à croire que Trinité-et-Tobago ne s’est pas acquittée des obligations qui lui incombent en vertu du droit international en ce qui concerne les règles, les réglementations et les mesures de conservation et de gestion au niveau international. |
| (78) | Il convient d’observer que la flotte de pêche industrielle de Trinité-et-Tobago cible les thonidés et les autres espèces de grands migrateurs dans la zone de la convention CICTA. Ce faisant, Trinité-et-Tobago devrait coopérer avec la CICTA, qui est l’ORGP compétente dans cette zone pour les espèces concernées, ainsi qu’avec tous les États concernés. Toutefois, même si Trinité-et-Tobago est partie contractante à la CICTA, ce pays ne remplit pas l’obligation qui lui incombe en vertu de l’article IX de la convention CICTA, consistant à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’exécution de cette convention. |
| (79) | Trinité-et-Tobago enfreint également l’obligation qui lui incombe en tant qu’État du pavillon, en vertu de l’article 117 de la CNUDM, de prendre à l’égard de ses ressortissants les mesures nécessaires pour assurer la conservation des ressources biologiques de la haute mer. |
| (80) | Comme l’indique le considérant 31 ci-dessus, Trinité-et-Tobago a adhéré au PSMA en octobre 2019. Les obligations et mesures prévues par l’instrument international relatif à la lutte contre la pêche INN n’ont cependant pas encore été mises en œuvre par la législation nationale. |
| (81) | Conformément à l’article 7 du PSMA, chaque partie désigne et fait connaître les ports dans lesquels les navires de pêche étrangers peuvent demander à entrer et dispose de moyens suffisants pour mener des inspections. |
| (82) | Malgré l’absence de base juridique découlant du défaut de mise en œuvre des obligations du PSMA au moyen de la législation nationale, Trinité-et-Tobago a notifié au secrétariat de la FAO trois ports désignés au titre du PSMA (y compris des quais privés). Les autorités de Trinité-et-Tobago ne sont toutefois pas en mesure de garantir que les navires de pêche battant pavillon de pays tiers ne font pas escale dans des ports non désignés étant donné qu’aucune législation nationale n’est en place à cet égard. Pendant la visite effectuée en décembre 2022, la Commission a reçu des documents révélant qu’un navire de pêche battant pavillon d’un pays tiers détenait une licence de pêche l’autorisant à faire escale dans deux des trois ports désignés de Trinité-et-Tobago, mais aussi dans un port non désigné. De plus, lors de la même visite, la Commission a été informée que ce sont les autorités douanières de Trinité-et-Tobago qui sont habilitées à désigner les ports et les quais de déchargement à des fins douanières. Ces ports (quarante-cinq au total) ne sont toutefois pas les mêmes que ceux désignés par les autorités chargées de la pêche et communiqués au secrétariat de la FAO. Enfin, des bases de données ouvertes indiquent un nombre important de navires de pêche battant pavillon de pays tiers faisant escale dans des ports non désignés de Trinité-et-Tobago. |
| (83) | Les deux principaux ports désignés comprennent plusieurs quais privés qui échappent au contrôle des autorités chargées de la pêche. Ces dernières n’ont pas libre accès aux installations portuaires et aucun de leurs représentants n’est présent en permanence dans les ports. Les autorités chargées de la pêche n’ont accès aux ports qu’en coopération avec les autres agences concernées. Par exemple, elles peuvent participer aux inspections portuaires, mais uniquement sous le couvert d’autres agences (notamment les autorités douanières ou portuaires). |
| (84) | De plus, Trinité-et-Tobago ne met pas en œuvre les exigences prévues à l’article 8 du PSMA en ce qui concerne l’obligation pour les navires de pêche battant pavillon de pays tiers de communiquer des informations spécifiques avant l’entrée au port et à l’article 9 du PSMA pour ce qui est de l’autorisation ou du refus d’entrée dans le port. Plus précisément, le cadre juridique national actuel de Trinité-et-Tobago n’impose pas aux navires de pêche battant pavillon de pays tiers de communiquer les informations figurant à l’annexe A du PSMA. Les autorités nationales ne peuvent donc pas déterminer si les navires demandant l’entrée dans les ports de Trinité-et-Tobago se sont livrés à des activités de pêche INN ou à des activités liées à la pêche en soutien à ce type de pêche. Par ailleurs, la législation nationale n’habilite pas les autorités à accorder ou refuser l’entrée aux navires de pêche battant pavillon de pays tiers qui font escale à Trinité-et-Tobago s’il existe des preuves suffisantes que ceux-ci se sont livrés à des activités de pêche INN ou à des activités liées à la pêche en soutien à ce type de pêche. Les seules dispositions applicables en matière de délivrance d’autorisation d’entrée au port ou de refus figurent dans la législation maritime et douanière applicable à l’ensemble des navires et aux seules fins de cette législation. |
| (85) | Depuis 2022, les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago coopèrent avec les autorités douanières et maritimes nationales afin de disposer d’un accès partiel aux informations sur les escales et les produits de la pêche à bord des navires de pêche battant pavillon de pays tiers qui font escale à Trinité-et-Tobago, communiquées aux fins du respect des exigences maritimes et douanières nationales. Cette coopération est menée sur la base d’accords interagences. L’obtention d’informations n’est toutefois que partielle et aucune mesure d’exécution n’est prise faute de dispositions adéquates transposant les obligations de l’accord PSMA dans le droit national de Trinité-et-Tobago. |
| (86) | À titre d’exemple, deux navires de pêche (11) non inscrits dans le registre de la CICTA des navires autorisés auraient participé à des activités de pêche non autorisées dans la zone de la convention CICTA. Ces navires ont fait escale dans un port de Trinité-et-Tobago et utilisé une partie du quai privé de celui-ci les 10 et 20 septembre 2019 ainsi que les 4 et 18 octobre 2019. Les autorités chargées de la pêche ont indiqué qu’elles ne disposaient d’aucune information concernant le poisson détenu à bord de ces navires qui aurait été débarqué ou transbordé sur le quai privé. |
| (87) | Conformément à l’article 12 du PSMA, chaque partie inspecte dans ses ports le nombre de navires nécessaire afin d’atteindre un niveau annuel d’inspections suffisant pour parvenir à l’objectif de l’accord. |
| (88) | En vertu de l’article 28 de la loi de 1986 sur les eaux archipélagiques et la zone économique exclusive (ZEE), les autorités chargées de la pêche ont le pouvoir d’inspecter les navires de pêche battant pavillon de pays tiers uniquement dans les eaux archipélagiques, la mer territoriale et la ZEE, et non dans les ports. Par conséquent, les autorités ne sont pas habilitées à effectuer des inspections dans les ports désignés comme l’exige l’article 7 du PSMA, ce qui va dès lors à l’encontre de la réalisation de l’objectif énoncé à l’article 12 du PSMA. |
| (89) | Comme l’indiquent les considérants 28 à 30 de la décision du 21 avril 2016, la Commission a examiné les informations jugées pertinentes à partir des données disponibles publiées par les ORGP, en particulier la CICTA. |
| (90) | La CICTA a officiellement informé les autorités de Trinité-et-Tobago que le pays ne s’est pas pleinement et effectivement conformé aux obligations qui lui incombent en vertu de certaines de ses recommandations. Trinité-et-Tobago a donc été recensée comme pays ne respectant pas ses obligations en 2016 (12) et, depuis lors, ce pays reçoit chaque année une lettre de la CICTA l’invitant à se conformer à ses obligations (13). |
| (91) | Plus précisément, la recommandation 18-09 de la CICTA détermine, entre autres, qu’au moins 5 % des navires de pêche battant pavillon de pays tiers seront inspectés au port chaque année (14). Étant donné que le nombre d’escales de ces navires de pêche de pays tiers déclarées par les autorités chargées de la pêche à Trinité-et-Tobago en 2022 est supérieur à 1 200 et que, comme indiqué au considérant 82, il n’existe aucune législation nationale mettant en œuvre les exigences du PSMA en ce qui concerne les informations spécifiques à communiquer avant l’entrée dans les ports nationaux, il est présumé que le nombre réel d’escales est beaucoup plus élevé. Au cours des cinq dernières années (2018-2022), les autorités chargées de la pêche de Trinité-et-Tobago n’ont effectué que quatre inspections de navires battant pavillon de pays tiers sur une base volontaire et avec l’accord explicite des armateurs. |
| (92) | De plus, comme l’indique le considérant 50 ci-dessus, la recommandation 16-14 de la CICTA introduit l’obligation d’assurer un minimum de couverture par les observateurs de 5 % de l’effort de pêche dans chacune des pêcheries palangrières pélagiques, de senneurs, de canneurs, de madragues, de filets maillants et de chalutiers. Trinité-et-Tobago ne respecte pas cette exigence, étant donné que la loi de 1916 sur la pêche ou tout acte législatif dérivé correspondant n’établit pas de programme d’observation national (scientifique ou autre) (15). |
| (93) | Comme mentionné au considérant 45 ci-dessus, Trinité-et-Tobago ne met pas en œuvre la recommandation 18-10 de la CICTA, qui exige que tous les navires d’une longueur hors tout supérieure à 15 mètres opérant dans la zone de la convention soient équipés d’un système VMS et transmettent leur position au moins une fois toutes les deux heures. |
| (94) | Les faits exposés aux considérants 90 à 93 empêchent Trinité-et-Tobago de remplir ses obligations en matière de coopération et de conservation, ce qui va à l’encontre de l’obligation de coopérer et de l’obligation de prendre les mesures qui peuvent être nécessaires pour assurer la conservation des ressources biologiques de la haute mer, ou de coopérer à la prise de telles mesures, conformément aux articles 117 et 118 de la CNUDM. |
| (95) | Conformément à l’article 31, paragraphe 6, point c), du règlement INN, la Commission a effectué une analyse afin de déterminer si Trinité-et-Tobago a pu être impliquée dans tout acte ou toute omission susceptible d’avoir réduit l’efficacité des lois, des réglementations ou des mesures internationales de conservation et de gestion applicables. |
| (96) | Comme l’indique le considérant 31 de la décision du 21 avril 2016, Trinité-et-Tobago ne remplit pas les obligations en matière de coopération et de conservation qui lui incombent en tant qu’État du pavillon en vertu des articles 117 à 119 de la CNUDM. |
| (97) | Si l’on ajoute à cela les faits exposés aux considérants 48 et 49, Trinité-et-Tobago ne satisfait pas non plus aux exigences de l’article 18 de l’UNFSA qui impose aux États dont les navires pêchent en haute mer de prendre les mesures de contrôle voulues pour que ces navires respectent les règles des ORGP. |
| (98) | Comme l’indiquent les considérants 73, 82, 83, 84, 85 et 88, Trinité-et-Tobago ne respecte pas les dispositions des articles 6, 7, 8, 9, 12 ni d’autres articles de la partie 4 du PSMA qui imposent aux États de prévenir, de contrecarrer et d’éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée grâce à l’application de mesures du ressort de l’État du port efficaces. |
| (99) | Eu égard aux considérants 28 à 32 de la décision du 21 avril 2016 et à l’évolution de la situation par la suite comme mentionné ci-dessus, la Commission estime, en application de l’article 31, paragraphes 3 et 6, du règlement INN, que Trinité-et-Tobago ne s’est pas acquittée des obligations que le droit international lui impose en ce qui concerne les règles, les réglementations et les mesures de conservation et de gestion au niveau international. |
3.4. Difficultés spécifiques des pays en développement (article 31, paragraphe 7, du règlement INN)
| (100) | Il convient de rappeler que, selon l’indice de développement humain des Nations unies, Trinité-et-Tobago était considérée en 2021 comme un pays présentant un niveau de développement humain très élevé (classé 57e sur 191 pays) (16). |
| (101) | Comme indiqué au considérant 36 de la décision du 21 avril 2016, aucun élément probant n’a pu être recueilli qui laisserait penser que le non-respect par Trinité-et-Tobago des obligations qui lui incombent en vertu du droit international résulte d’un manque de développement. |
| (102) | En outre, la nature des lacunes relevées en ce qui concerne Trinité-et-Tobago, telles que l’absence de dispositions spécifiques dans le cadre juridique national relatives à la gestion de sa flotte de pêche et visant à prévenir, à décourager et à éradiquer les activités de pêche INN, l’absence de procédures obligatoires garantissant une vérification adéquate de l’immatriculation des navires de pêche battant son pavillon, l’inexistence d’un système obligatoire de contrôle des débarquements et des inspections dans les ports inadéquates, ne peut être mise en corrélation avec le niveau de développement du pays et les contraintes spécifiques auxquelles il est soumis. |
| (103) | Par ailleurs, les autorités de Trinité-et-Tobago ont reçu de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) un soutien visant à renforcer les actions nationales de lutte contre la pêche INN (17). |
| (104) | Compte tenu des considérants 34, 35 et 36 de la décision du 21 avril 2016 et de l’évolution de la situation après cette date, la Commission estime, en application de l’article 31, paragraphe 7, du règlement INN, que le niveau de développement de Trinité-et-Tobago ne compromet pas ses performances globales en tant qu’État du pavillon, État du port, État côtier ou État de commercialisation, en ce qui concerne la pêche, et ne peut donc pas excuser ou justifier l’insuffisance de ses actions visant à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche INN. |
4. CONCLUSION RELATIVE AU RECENSEMENT EN TANT QUE PAYS TIERS NON COOPÉRANT
| (105) | Compte tenu des conclusions énoncées ci-dessus, en ce qui concerne le non-respect par Trinité-et-Tobago des obligations relatives aux mesures à prendre pour prévenir, décourager et éradiquer la pêche INN que le droit international lui impose en sa qualité d’État du pavillon, d’État du port, d’État côtier ou d’État de commercialisation, il convient que ce pays soit recensé, conformément à l’article 31 du règlement INN, comme pays tiers non coopérant dans le cadre de la lutte contre la pêche INN. |
| (106) | Vu l’article 18, paragraphe 1, point g), du règlement INN, les autorités compétentes des États membres sont tenues de refuser l’importation de produits de la pêche dans l’Union sans devoir demander de preuves supplémentaires ou faire une demande d’assistance à l’État du pavillon lorsqu’il est porté à leur connaissance que le certificat de capture a été validé par les autorités d’un État du pavillon reconnu comme État non coopérant conformément à l’article 31 dudit règlement. |
| (107) | Il y a lieu de préciser que le recensement de Trinité-et-Tobago comme pays que la Commission considère comme non coopérant ne préjuge pas de mesures ultérieures éventuelles que prendrait le Conseil en vue de l’établissement d’une liste des pays non coopérants conformément à l’article 31 du règlement INN. |
5. COMITOLOGIE
| (108) | Les mesures prévues par la présente décision sont conformes à l’avis du comité de la pêche et de l’aquaculture, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
La République de Trinité-et-Tobago est recensée comme pays tiers que la Commission considère comme pays tiers non coopérant dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Article 2
La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Fait à Bruxelles, le 25 septembre 2023.
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 286 du 29.10.2008, p. 1.
(2) Décision de la Commission du 21 avril 2016 notifiant à la République de Trinité-et-Tobago la possibilité qu’elle soit recensée en tant que pays tiers non coopérant dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (JO C 144 du 23.4.2016, p. 14).
(3) Plan d’action international visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2001.
(4) Directives volontaires de la FAO pour la conduite de l’État du pavillon, mars 2014, extraites de: http://www.fao.org/3/a-i4577t.pdf
(5) Accord visant à favoriser le respect par les navires de pêche en haute mer des mesures internationales de conservation et de gestion, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 1993.
(6) Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 1995.
(7) https://rgd.legalaffairs.gov.tt/laws2/alphabetical_list/lawspdfs/67.51.pdf.
(8) https://rgd.legalaffairs.gov.tt/laws2/alphabetical_list/lawspdfs/51.06.pdf.
(9) Sea Lots, où des navires battant pavillon de Taïwan, de la Côte d’Ivoire, de Chine et du Venezuela viennent faire escale.
(10) Toutefois, compte tenu de l’absence de contrôles au port et des obligations de déclaration inadéquates, il est difficile de prouver que ces captures ne proviennent pas de navires battant pavillon de Trinité-et-Tobago.
(11) Ces navires sont depuis passés sous le pavillon d’un pays tiers et ont été inscrits sur la liste des navires INN de la CICTA le 24 novembre 2021 pour avoir capturé des thonidés ou des espèces similaires dans la zone de la convention CICTA sans autorisation. Les navires ont ensuite été inscrits sur les listes INN de la CTOI, de l’APSOI, de la CCSBT, de la CITT et de la CPANE au début de l’année 2022.
(12) CICTA Doc no COC-308_Appendice 2, 2016.
(13) CICTA Doc no COC-308_APP_1/2021.
(14) Point 29 https://www.iccat.int/Documents/Recs/compendiopdf-e/2018-09-e.pdf
(15) CICTA Doc. no COC-308_Appendice 2, 2022, Doc. no COC-308_Appendice 2, 2021, Doc. no COC-308_Appendice 2, 2020, Doc. no COC-308_Appendice 2, 2019, Doc. no COC-308_Appendice 2, 2018, Doc. no COC-308_Appendice 2, 2017.
(16) Informations figurant à l’adresse suivante: https://hdr.undp.org/data-center/specific-country-data#/countries/TTO.
(17) https://www.fao.org/iuu-fishing/capacity-development/fr/
Décision (UE) 2024/210
30/12/2023
Décision d’exécution (PESC) 2023/2906 du Conseil du 21 décembre 2023 mettant en œuvre la décision 2010/788/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en République démocratique du Congo
21/12/2023
Décision (UE) 2023/1575
21/12/2023
Décision (UE) 2023/2921 du Conseil du 21 décembre 2023 établissant la position à prendre, au nom de l’Union européenne, au sein du conseil de partenariat institué par l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part, en ce qui concerne les règles transitoires spécifiques aux produits pour les accumulateurs électriques et les véhicules électriques
21/12/2023