| CELEX | 32023D2287 |
| Type | Décision |
| Date | lundi 23 octobre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries L |
| 2023/2287 | 24.10.2023 |
DÉCISION (PESC) 2023/2287 DU CONSEIL
du 23 octobre 2023
concernant des mesures restrictives en raison de la situation au Niger
LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 29,
vu la proposition du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 28 juillet 2023, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (CSNU) a fait une déclaration dans laquelle il a fermement condamné la tentative, le 26 juillet 2023, de changer de manière anticonstitutionnelle le gouvernement légitime de la République du Niger (ci-après dénommée «Niger»). Les membres du CSNU ont appelé à la libération immédiate et inconditionnelle du président de la République démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, et ont souligné que l’ordre constitutionnel devait être rétabli de toute urgence au Niger. Les membres du CSNU ont également exprimé leur soutien aux efforts de médiation déployés aux niveaux régional et continental. |
| (2) | Le 28 juillet 2023, le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (ci-après dénommé «haut représentant») a fait une déclaration, au nom de l’Union, sur la situation au Niger, dans laquelle il a condamné le coup d’État, qui constitue une atteinte grave à la stabilité et à la démocratie au Niger. Le haut représentant a déclaré que toute rupture de l’ordre constitutionnel aurait des conséquences sur la coopération entre l’Union et le Niger, et a indiqué soutenir les efforts déployés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en vue d’un retour immédiat à l’ordre constitutionnel au Niger. |
| (3) | Le 29 juillet 2023, le haut représentant a annoncé la suspension de l’appui budgétaire de l’Union au Niger et de toute coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité entre l’Union et le Niger. |
| (4) | Le 30 juillet 2023, la Conférence des chefs d’État ou de gouvernement de la Cedeao a fait une déclaration dans laquelle elle a condamné la tentative de coup d’État et a affirmé que le président Bazoum demeurait le président élu légitime du Niger. Par ailleurs, les chefs d’État ou de gouvernement de la Cedeao ont arrêté un certain nombre de mesures, dont la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les États membres de la Cedeao et le Niger, l’établissement d’une zone d’exclusion pour tous les vols commerciaux à destination ou en provenance du Niger, la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les États membres de la Cedeao et le Niger, le gel des avoirs de la République du Niger détenus dans les banques centrales des États membres de la Cedeao ainsi que des avoirs de l’État du Niger détenus dans des banques commerciales des États membres de la Cedeao, la suspension de l’assistance financière au Niger et des transactions financières des institutions financières régionales avec le Niger, ainsi que l’imposition de mesures d’interdiction de voyage et de gel des avoirs aux responsables militaires impliqués dans le coup d’État. |
| (5) | Le 10 août 2023, la Conférence des chefs d’État ou de gouvernement de la Cedeao a fait une autre déclaration, dans laquelle elle a réitéré sa ferme condamnation de la tentative de coup d’État et du maintien en détention du président Bazoum, et a ordonné le déploiement de la Force en attente de la Cedeao en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger. |
| (6) | Le 12 août 2023, le haut représentant a fait une déclaration, au nom de l’Union, sur la situation au Niger, dans laquelle il a réitéré l’appel au retour à l’ordre constitutionnel, fait part de son soutien aux efforts déployés par la Cedeao, y compris par la mise en place d’un nouveau régime de mesures restrictives individuelles, et appelé à la libération du président Bazoum et de sa famille. |
| (7) | Le 14 août 2023, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) a fait une déclaration dans laquelle il a fait part de sa profonde préoccupation face à la résurgence alarmante des coups d’État militaires qui compromettent la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent africain, réaffirmé la tolérance zéro de l’UA à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, condamné avec la plus grande fermeté le coup d’État militaire au Niger, exigé la libération immédiate et inconditionnelle du président Bazoum et salué les efforts déployés par la Cedeao. |
| (8) | Compte tenu de la gravité de la situation, qui constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales dans la région, il convient d’établir un cadre spécifique de mesures restrictives à l’encontre des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes responsables d’actions qui menacent la paix, la stabilité et la sécurité du Niger, qui portent atteinte à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et à l’État de droit, en particulier ceux qui sont responsables de la détention arbitraire d’autorités démocratiquement élues du Niger, ou qui constituent de graves violations des droits de l’homme ou des atteintes à ces droits ou des violations du droit international humanitaire applicable au Niger, et à l’encontre des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes qui leur sont associés. |
| (9) | Une action supplémentaire de l’Union est nécessaire pour mettre en œuvre certaines mesures, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des personnes physiques:
| a) | responsables d’actions ou de politiques qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité du Niger, ou ayant pris part, directement ou indirectement, à ces actions ou politiques, ou apportant leur soutien à celles-ci, ou en tirant avantage; |
| b) | portant atteinte à l’ordre constitutionnel au Niger; |
| c) | dont les actions, politiques ou activités nuisent à la démocratie ou à l’État de droit au Niger, y compris celles qui sont responsables de la détention arbitraire d’autorités démocratiquement élues du Niger; |
| d) | impliquées dans la planification, la direction ou la commission d’actes au Niger qui constituent de graves violations des droits de l’homme ou de graves atteintes à ces droits ou des violations du droit international humanitaire, selon le cas; |
| e) | associées aux personnes physiques visées aux points a) à d), ou aux personnes physiques ou morales désignées en vertu de l’article 2, paragraphe 1, dont la liste figure en annexe. |
2. Un État membre n’est pas tenu, en vertu du paragraphe 1, de refuser à ses propres ressortissants l’entrée sur son territoire.
3. Le paragraphe 1 s’applique sans préjudice des cas où un État membre est lié par une obligation de droit international, à savoir:
| a) | en tant que pays hôte d’une organisation intergouvernementale internationale; |
| b) | en tant que pays hôte d’une conférence internationale convoquée par les Nations unies ou tenue sous leurs auspices; |
| c) | en vertu d’un accord multilatéral conférant des privilèges et immunités; ou |
| d) | en vertu du traité de réconciliation (accords du Latran) conclu en 1929 par le Saint-Siège (État de la Cité du Vatican) et l’Italie. |
4. Le paragraphe 3 s’applique également aux cas où un État membre est pays hôte de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
5. Le Conseil est dûment informé de tous les cas où un État membre accorde une dérogation conformément au paragraphe 3 ou 4.
6. Les États membres peuvent accorder des dérogations aux mesures imposées au titre du paragraphe 1 lorsque le déplacement d’une personne se justifie pour des besoins humanitaires urgents, ou lorsque la personne se déplace pour assister à des réunions intergouvernementales ou à des réunions dont l’initiative a été prise par l’Union ou que celle-ci accueille, ou à des réunions accueillies par un État membre assurant alors la présidence de l’OSCE, lorsqu’il y est mené un dialogue politique visant directement à promouvoir les objectifs stratégiques des mesures restrictives, y compris le soutien à la stabilité et au rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger.
7. Les États membres peuvent également accorder des dérogations aux mesures instituées en vertu du paragraphe 1 lorsque l’entrée ou le passage en transit d’une personne est nécessaire aux fins d’une procédure judiciaire.
8. Tout État membre souhaitant accorder une dérogation au titre du paragraphe 6 ou 7 en informe le Conseil par écrit. Une dérogation est réputée être accordée sauf si un ou plusieurs États membres s’y opposent par écrit dans les deux jours ouvrables qui suivent la réception de la notification de la dérogation proposée. Si un ou plusieurs États membres s’y opposent, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, peut décider d’accorder la dérogation proposée.
9. Lorsque, en application du paragraphe 3, 4, 6, 7 ou 8, un État membre autorise une personne physique inscrite sur la liste figurant à l’annexe à entrer ou à passer en transit sur son territoire, cette autorisation est limitée à l’objectif pour lequel elle est accordée et à la personne concernée.
Article 2
1. Sont gelés tous les fonds et ressources économiques appartenant aux personnes physiques ou morales, entités ou organismes ci-après, de même que tous les fonds et ressources économiques possédés, détenus ou contrôlés par les personnes physiques ou morales, entités ou organismes:
| a) | responsables d’actions ou de politiques qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité du Niger, ou ayant pris part, directement ou indirectement, à ces actions ou politiques, ou apportant leur soutien à celles-ci, ou en tirant avantage; |
| b) | portant atteinte à l’ordre constitutionnel au Niger; |
| c) | dont les actions, politiques ou activités nuisent à la démocratie ou à l’État de droit au Niger, y compris ceux qui sont responsables de la détention arbitraire d’autorités démocratiquement élues du Niger; |
| d) | impliqués dans la planification, la direction ou la commission d’actes au Niger qui constituent de graves violations des droits de l’homme ou de graves atteintes à ces droits ou des violations du droit international humanitaire, selon le cas; |
| e) | associés aux personnes physiques ou morales, aux entités ou organismes visés aux points a) à d) ci-dessus, dont la liste figure en annexe. |
2. Aucun fonds ni aucune ressource économique n’est, directement ou indirectement, mis à la disposition des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes dont la liste figure en annexe, ou mis à leur profit.
3. Par dérogation au paragraphe 1 ou 2, les autorités compétentes des États membres peuvent autoriser le déblocage de certains fonds ou ressources économiques gelés, ou la mise à disposition de certains fonds ou ressources économiques, dans les conditions qu’elles jugent appropriées, après avoir établi que les fonds ou les ressources économiques concernés sont:
| a) | nécessaires pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes dont la liste figure à l’annexe et des membres de leur famille qui sont à leur charge, notamment pour couvrir les dépenses liées au paiement de denrées alimentaires, de loyers ou de remboursement de prêts hypothécaires, de médicaments et de traitements médicaux, d’impôts, de primes d’assurance et de redevances de services publics; |
| b) | destinés exclusivement au règlement d’honoraires d’un montant raisonnable et au remboursement de dépenses engagées pour s’assurer les services de juristes; |
| c) | exclusivement destinés au règlement de frais ou de commissions liés à la garde ou à la gestion courantes de fonds ou de ressources économiques gelés; |
| d) | nécessaires pour des dépenses extraordinaires, pour autant que l’autorité compétente concernée ait notifié aux autorités compétentes des autres États membres et à la Commission, au moins deux semaines avant l’autorisation, les motifs pour lesquels elle estime qu’une autorisation spéciale devrait être accordée; ou |
| e) | destinés à être versés sur ou depuis le compte d’une mission diplomatique, d’un poste consulaire ou d’une organisation internationale bénéficiant d’immunités conformément au droit international, dans la mesure où ces versements sont destinés à être utilisés à des fins officielles par la mission diplomatique, le poste consulaire ou l’organisation internationale. |
L’État membre concerné informe les autres États membres et la Commission de toute autorisation octroyée en vertu du présent paragraphe dans un délai de deux semaines suivant ladite autorisation.
4. Par dérogation au paragraphe 1, les autorités compétentes des États membres peuvent autoriser le déblocage de certains fonds ou ressources économiques gelés, pour autant que les conditions suivantes soient réunies:
| a) | les fonds ou ressources économiques font l’objet d’une décision arbitrale rendue avant la date à laquelle la personne physique ou morale, l’entité ou l’organisme visé au paragraphe 1 a été inscrit sur la liste figurant à l’annexe, ou font l’objet d’une décision judiciaire ou administrative rendue dans l’Union, ou d’une décision judiciaire exécutoire dans l’État membre concerné, avant ou après cette date; |
| b) | les fonds ou ressources économiques seront exclusivement utilisés pour faire droit aux demandes garanties par une telle décision ou dont la validité aura été établie par une telle décision, dans les limites fixées par les lois et règlements applicables régissant les droits des personnes formulant ces demandes; |
| c) | la décision n’est pas prise au bénéfice d’une personne physique ou morale, d’une entité ou d’un organisme inscrit sur la liste figurant à l’annexe; et |
| d) | la reconnaissance de la décision n’est pas contraire à l’ordre public de l’État membre concerné. |
L’État membre concerné informe les autres États membres et la Commission de toute autorisation octroyée en vertu du présent paragraphe dans un délai de deux semaines suivant ladite autorisation.
5. Le paragraphe 1 n’interdit pas à une personne physique ou morale, à une entité ou à un organisme inscrit sur la liste figurant en annexe d’effectuer un paiement dû au titre d’un contrat ou d’un accord conclu ou d’une obligation née avant la date à laquelle cette personne physique ou morale, cette entité ou cet organisme a été inscrit sur ladite liste, dès lors que l’État membre concerné s’est assuré que le paiement n’est pas reçu, directement ou indirectement, par une personne physique ou morale, une entité ou un organisme visé au paragraphe 1.
6. Le paragraphe 2 ne s’applique pas au versement sur les comptes gelés:
| a) | d’intérêts ou d’autres rémunérations de ces comptes, à condition que ces intérêts ou autres rémunérations continuent de faire l’objet des mesures prévues au paragraphe 1; |
| b) | de paiements dus en vertu de contrats ou d’accords conclus ou d’obligations contractées avant la date à laquelle ces comptes ont été soumis aux mesures prévues aux paragraphes 1 et 2, à condition que ces paiements continuent de faire l’objet des mesures prévues au paragraphe 1; ou |
| c) | de paiements dus en vertu de décisions judiciaires, administratives ou arbitrales rendues dans l’Union ou exécutoires dans l’État membre concerné, à condition que ces paiements continuent de faire l’objet des mesures prévues au paragraphe 1. |
7. Les paragraphes 1 et 2 ne s’appliquent pas à la fourniture, au traitement ou au versement de fonds, d’autres avoirs financiers ou ressources économiques ou à la fourniture de biens et à la prestation de services nécessaires à l’acheminement en temps voulu de l’aide humanitaire ou à l’appui d’autres activités visant à répondre aux besoins essentiels des personnes, dans les cas où cette aide est fournie et ces autres activités sont menées par:
| a) | l’Organisation des Nations unies, y compris ses programmes, fonds et autres entités et organes, ainsi que ses institutions spécialisées et organisations apparentées; |
| b) | les organisations internationales; |
| c) | les organisations humanitaires dotées du statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale des Nations unies et les membres de ces organisations humanitaires; |
| d) | les organisations non gouvernementales bénéficiant d’un financement bilatéral ou multilatéral qui participent aux plans d’aide humanitaire des Nations unies, aux plans d’aide aux réfugiés, à d’autres appels à contributions des Nations unies ou aux structures humanitaires coordonnées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies; |
| e) | les organisations et agences auxquelles l’Union a accordé le certificat de partenariat humanitaire ou qui sont certifiées ou reconnues par un État membre conformément aux procédures nationales; |
| f) | les agences spécialisées des États membres; ou |
| g) | les employés, bénéficiaires, organes subsidiaires ou partenaires de réalisation des entités visées aux points a) à f) lorsque et dans la mesure où ils agissent en cette qualité. |
8. Dans les cas non couverts par le paragraphe 7 et par dérogation au paragraphe 1 ou 2 du présent article, les autorités compétentes d’un État membre peuvent autoriser le déblocage de certains fonds ou ressources économiques gelés, ou la mise à disposition de certains fonds ou ressources économiques, aux conditions qu’elles jugent appropriées, après avoir établi que la fourniture de ces fonds ou ressources économiques est nécessaire pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire en temps voulu ou pour soutenir d’autres activités qui visent à répondre aux besoins essentiels des personnes.
9. En l’absence de décision négative, d’une demande d’informations ou d’une notification de délai supplémentaire émanant de l’autorité compétente concernée dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la date de réception d’une demande d’autorisation au titre du paragraphe 8, cette autorisation est réputée accordée.
L’État membre concerné informe les autres États membres et la Commission de toute autorisation qu’il accorde en vertu du présent article dans les quatre semaines suivant cette autorisation.
Article 3
1. Le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition d’un État membre ou du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (ci-après dénommé «haut représentant»), établit la liste qui figure en annexe et la modifie.
2. Le Conseil communique à la personne physique ou morale, à l’entité ou à l’organisme concerné la décision visée au paragraphe 1, y compris les motifs de son inscription sur la liste, soit directement, si son adresse est connue, soit par la publication d’un avis, en donnant à cette personne physique ou morale, à cette entité ou à cet organisme la possibilité de présenter des observations.
3. Lorsque des observations sont formulées ou que de nouveaux éléments de preuve substantiels sont présentés, le Conseil revoit la décision visée au paragraphe 1 et en informe la personne physique ou morale, l’entité ou l’organisme concerné en conséquence.
Article 4
1. L’annexe indique les motifs de l’inscription sur la liste des personnes physiques et morales, des entités et des organismes visés aux articles 1er et 2.
2. L’annexe contient, si elles sont disponibles, les informations nécessaires à l’identification des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes concernés. Pour les personnes physiques, ces informations peuvent comprendre: le nom et les pseudonymes; la date et le lieu de naissance; la nationalité; les numéros du passeport et de la carte d’identité; le sexe; l’adresse, si elle est connue; et la fonction ou la profession. En ce qui concerne les personnes morales, les entités ou les organismes, ces informations peuvent comprendre: la ou les dénominations; le lieu et la date d’enregistrement; le numéro d’enregistrement; et le principal établissement.
Article 5
1. Le Conseil et le haut représentant peuvent traiter des données à caractère personnel afin de s’acquitter des tâches qui leur incombent en vertu de la présente décision, en particulier:
| a) | en ce qui concerne le Conseil, pour élaborer des modifications de l’annexe et procéder à ces modifications; |
| b) | en ce qui concerne le haut représentant, pour élaborer des modifications de l’annexe. |
2. Le Conseil et le haut représentant traitent, s’il y a lieu, les données pertinentes relatives aux infractions pénales commises par les personnes physiques figurant sur la liste, et aux condamnations pénales ou aux mesures de sûreté concernant ces personnes, dans la seule mesure où ce traitement est nécessaire à l’élaboration de l’annexe.
3. Aux fins de la présente décision, le Conseil et le haut représentant sont désignés comme «responsable du traitement» au sens de l’article 3, point 8), du règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil (1), pour faire en sorte que les personnes physiques concernées puissent exercer leurs droits au titre dudit règlement.
Article 6
Il n’est fait droit à aucune demande liée à tout contrat ou à toute opération dont l’exécution a été affectée, directement ou indirectement, en totalité ou en partie, par les mesures instituées en vertu de la présente décision, y compris à des demandes d’indemnisation ou à toute autre demande de ce type, telle qu’une demande de compensation ou une demande à titre de garantie, en particulier une demande visant à obtenir la prorogation ou le paiement d’une obligation, d’une garantie ou d’une contre-garantie, notamment financière, quelle qu’en soit la forme, présentée par:
| a) | des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes désignés inscrits sur la liste figurant à l’annexe; |
| b) | toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme agissant par l’intermédiaire ou pour le compte d’une des personnes physiques ou morales, entités ou d’un des organismes visés au point a). |
Article 7
Il est interdit de participer sciemment ou volontairement à des activités ayant pour objet ou pour effet de contourner les interdictions énoncées dans la présente décision.
Article 8
Afin que les mesures énoncées dans la présente décision aient le plus grand impact possible, l’Union encourage les États tiers à adopter des mesures restrictives analogues à celles prévues dans la présente décision.
Article 9
La présente décision est applicable jusqu’au 24 octobre 2024.
La présente décision fait l’objet d’un suivi constant. Elle est prorogée, ou modifiée le cas échéant, si le Conseil estime que ses objectifs n’ont pas été atteints.
Les exceptions visées à l’article 2, paragraphes 7, 8 et 9, en ce qui concerne l’article 2, paragraphes 1 et 2, sont réexaminées à intervalles réguliers et au moins tous les douze mois ou, à la suite d’un changement fondamental de la situation, à la demande urgente d’un État membre, du haut représentant ou de la Commission.
Article 10
La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Fait à Luxembourg, le 23 octobre 2023.
Par le Conseil
Le président
J. BORRELL FONTELLES
(1) Règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2018 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions, organes et organismes de l’Union et à la libre circulation de ces données, et abrogeant le règlement (CE) no 45/2001 et la décision no 1247/2002/CE (JO L 295 du 21.11.2018, p. 39).
ANNEXE
Liste des personnes physiques et morales, entités et organismes visés aux articles 1er et 2
[…]
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2023/2287/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Décision (UE) 2024/210
30/12/2023
Décision d’exécution (PESC) 2023/2906 du Conseil du 21 décembre 2023 mettant en œuvre la décision 2010/788/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en République démocratique du Congo
21/12/2023
Décision (UE) 2023/1575
21/12/2023
Décision (UE) 2023/2921 du Conseil du 21 décembre 2023 établissant la position à prendre, au nom de l’Union européenne, au sein du conseil de partenariat institué par l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part, en ce qui concerne les règles transitoires spécifiques aux produits pour les accumulateurs électriques et les véhicules électriques
21/12/2023