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AccueilDroit européen32023D2463
Décision32023D2463

Décision (UE) 2023/2463 de la Commission du 3 novembre 2023 relative à la publication du guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer au système de management environnemental et d’audit (EMAS) de l’Union européenne conformément au règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil [notifiée sous le numéro C(2023) 720]

CELEX32023D2463
TypeDécision
Datevendredi 3 novembre 2023

Résumé IA

La décision (UE) 2023/2463 de la Commission, adoptée le 3 novembre 2023, publie un guide de l'utilisateur actualisé détaillant les étapes nécessaires pour participer au système de management environnemental et d'audit (EMAS) de l'Union européenne, conformément au règlement (CE) n° 1221/2009. Ce guide vise à clarifier et simplifier les procédures d'enregistrement et de mise en œuvre pour les organisations souhaitant adhérer à ce système volontaire d'excellence environnementale. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une référence pratique pour accompagner les entreprises et organismes dans leur démarche de conformité réglementaire et d'obtention du label EMAS.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries L


2023/2463

10.11.2023

DÉCISION (UE) 2023/2463 DE LA COMMISSION

du 3 novembre 2023

relative à la publication du guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer au système de management environnemental et d’audit (EMAS) de l’Union européenne conformément au règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil

[notifiée sous le numéro C(2023) 720]

(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009 concernant la participation volontaire des organisations à un système communautaire de management environnemental et d’audit (EMAS), abrogeant le règlement (CE) no 761/2001 et les décisions de la Commission 2001/681/CE et 2006/193/CE (1), et notamment son article 46, paragraphe 5,

considérant ce qui suit:

(1)

Le guide de l’utilisateur a été adopté par la décision 2013/131/UE de la Commission (2) et a ensuite été modifié par la décision (UE) 2017/2285 (3) de la Commission et par la décision (UE) 2020/1802 de la Commission (4). À l’occasion de nouvelles modifications, il convient, dans un souci de clarté, de remplacer la décision 2013/131/UE de la Commission.

(2)

Le système de management environnemental et d’audit (EMAS) de l’Union a pour objectif de promouvoir l’amélioration permanente des performances environnementales des organisations par la création et la mise en œuvre d’un système de management environnemental, par l’évaluation de la performance de ce système, par la fourniture d’informations sur les performances environnementales et par la concertation avec le public et les autres parties intéressées, ainsi que par la participation active des employés de ces organisations.

(3)

Il convient que les organisations intéressées reçoivent des informations et des conseils supplémentaires en ce qui concerne les étapes nécessaires pour participer à l’EMAS. Ces informations et conseils sont mis à jour sur la base de l’expérience acquise dans le cadre du fonctionnement de l’EMAS et pour répondre aux besoins supplémentaires recensés en matière de conseils.

(4)

Le règlement (CE) no 1221/2009 a récemment été modifié en ce qui concerne la valeur de référence des indicateurs de base et l’analyse contextuelle structurée de l’organisation. Il convient que ces modifications soient prises en compte dans le guide de l’utilisateur. En outre, les orientations sur la méthode d’échantillonnage pour la vérification des organisations multisites devraient être simplifiées et la structure du guide de l’utilisateur améliorée. Enfin, des exemples supplémentaires devraient être fournis afin de rendre le guide de l’utilisateur plus convivial et d’augmenter potentiellement le nombre d’enregistrements EMAS,

A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:

Article premier

Le guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer au système de management environnemental et d’audit de l’Union, tel qu’il figure en annexe, est publié.

Article 2

La décision 2013/131/UE est abrogée.

Article 3

Les États membres sont destinataires de la présente décision.

Fait à Bruxelles, le 3 novembre 2023.

Par la Commission

Virginijus SINKEVIČIUS

Membre de la Commission


(1) JO L 342 du 22.12.2009, p. 1.

(2) Décision 2013/131/UE de la Commission du 4 mars 2013 établissant le guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer à l’EMAS conformément au règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la participation volontaire des organisations à un système communautaire de management environnemental et d’audit (EMAS) [notifiée sous le numéro C(2013) 1114] (JO L 76 du 19.3.2013, p. 1).

(3) Décision (UE) 2017/2285 de la Commission du 6 décembre 2017 modifiant le guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer à l’EMAS conformément au règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la participation volontaire des organisations à un système communautaire de management environnemental et d’audit (EMAS) [notifiée sous le numéro C(2017) 8072] (JO L 328 du 12.12.2017, p. 38).

(4) Décision (UE) 2020/1802 de la Commission du 27 novembre 2020 modifiant le guide de l’utilisateur présentant les étapes nécessaires pour participer à l’EMAS conformément au règlement (CE) no 1221/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la participation volontaire des organisations à un système communautaire de management environnemental et d’audit (EMAS) [notifiée sous le numéro C(2020) 8151] (JO L 402 du 1.12.2020, p. 51).


ANNEXE

GUIDE DE L’UTILISATEUR DE L’EMAS

Table des matières

Introduction 8

1.

Qu’est-ce que l’EMAS? 8

2.

Coûts et avantages de l’EMAS 8

3.

Soutien de l’EMAS aux PME 11

4.

Méthode «EMAS Easy» 11

5.

Synergies avec d’autres instruments législatifs et volontaires 11

6.

Reconnaissance d’autres systèmes et approches de management de l’EMAS – article 45 du règlement EMAS 14

7.

Les huit étapes pour adhérer à l’EMAS 14

8.

Acteurs et institutions participant à la mise en œuvre et au maintien de l’EMAS 16
Un guide étape par étape de l’enregistrement EMAS 17

Étape 1:

Planification et préparation 17

1.1.

Définition du champ d’application de l’enregistrement EMAS à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union – Annexe II, partie A, point 4.3 du règlement EMAS 18

1.2.

Entité à enregistrer dans l’EMAS – Article 2, paragraphes 21 et 22 du règlement EMAS 19

1.2.1.

Organisations opérant sur un seul site ou en un seul lieu 19

1.2.2.

Organisation opérant sur différents sites/en différents lieux 20

1.2.3.

Organisations pour lesquelles un site spécifique ne peut pas être défini convenablement 20

1.2.5.

Organisations contrôlant des espaces partagés temporaires 21

1.2.6.

Différentes organisations en un seul lieu 22

1.2.7.

Concept de pôle – Article 37 du règlement EMAS 22

1.3.

Engagement de la direction en faveur du système de management environnemental – Annexe II, partie A, points 5.1, 5.3, et partie B, point 2 23

1.4.

Réalisation d’une analyse environnementale – Article 4, paragraphe 1 bis, Annexe I, Annexe II, partie B, point 3, du règlement EMAS 24

1.4.1.

Détermination du contexte organisationnel – Annexe I point 1, Annexe II, partie A, point 4.1 du règlement EMAS 25

1.4.2.

Recensement des parties intéressées et détermination de leurs besoins et attentes – Annexe I, point 2, Annexe II, partie A, point 4.2 du règlement EMAS 26

1.4.3.

Recensement des exigences légales applicables et des autres obligations de conformité ayant trait à l’environnement – Annexe I, point 3, Annexe II, partie A, point 6.1.3 et partie B, point 4 du règlement EMAS 27

1.4.4.

Recensement des aspects environnementaux directs et indirects - Annexe I, point 4, Annexe II, partie A, point 6.1.2 du règlement EMAS 28

1.4.5.

Documents de référence sectoriels 29

1.4.6.

Évaluation du caractère significatif des aspects environnementaux – Annexe I, point 5, annexe II, point 6.1.2, du règlement EMAS 33

1.4.7.

Évaluation des résultats des enquêtes concernant des incidents passés – Annexe I, point 6, du règlement EMAS 35

1.4.8

Recensement et documentation des risques et possibilités – Annexe I, point 7, Annexe II, partie A, point 6.1, du règlement EMAS 35

1.4.9.

Examen de tous les processus, pratiques et procédures existants – Annexe I, point 8 du règlement EMAS 36

Étape 2:

Définir la politique environnementale 36

2.1.

Définition de la politique environnementale – Annexe II, partie A, point 5.2, du règlement EMAS 36

Étape 3:

Élaborer un programme environnemental – Annexe II, partie A, point 6.2.1, partie B, point 5, du règlement EMAS 37

Étape 4:

Mettre en place et mettre en œuvre un système de management environnemental 39

4.1.

Définir les ressources, les tâches, la responsabilité et l’autorité – Annexe II, partie A, point 5.1., partie A, point 5.3, partie A, point 7.1., du règlement EMAS57 40

4.2.

Établir une procédure de détermination des obligations de conformité et d’évaluation de la conformité – Annexe II, partie A, point 6.1.3, partie B, point 4, et partie A, point 9.1.2., du règlement EMAS 40

4.3

Engagement, compétence, formation et sensibilisation des employés – Annexe II, partie A, point 7.2, partie B, point 6, du règlement EMAS 42

4.4.

Établir une procédure de communication interne et externe–- Annexe II, partie A, point 7.4, du règlement EMAS 44

4.5.

Documentation et contrôle des documents – Annexe II, partie A, point 7.5, du règlement EMAS 45

4.6.

Planification et contrôle opérationnels – Annexe II, partie A, point 8.1, du règlement EMAS 47

4.7.

Préparation et réponse aux situations d’urgence – Annexe II, partie A, point 8.2, du règlement EMAS 48

4.8.

Suivi, mesure et analyse des performances environnementales – Annexe II, partie A, point 9.1, du règlement EMAS 49

4.9.

Procédure de traitement de la non-conformité et de prise de mesures correctives – Annexe II, partie A, point 10.2, du règlement EMAS 49

Étape 5:

Audit interne – Article 9, Annexe III du règlement EMAS 50

5.1.

Mettre en place une procédure d’audit environnemental interne 50

5.1.1.

Fréquence des audits 51

5.1.2.

Activités relevant du champ d’application de l’audit environnemental interne 51

5.1.3.

Rapport sur les conclusions de l’audit environnemental 52

5.2.

Réexamen par la direction – Annexe II, partie A, point 9.3, du règlement EMAS 52

Étape 6:

Créer la déclaration environnementale 53

6.1

Élaborer la déclaration environnementale – Annexe IV du règlement EMAS 54

6.1.1

Exigences minimales pour la déclaration environnementale EMAS – Annexe IV, partie B, du règlement EMAS 54

6.1.2.

Indicateurs de performance environnementale de base – annexe IV C du règlement EMAS 56

6.1.3.

Autres indicateurs de performance environnementale pertinents 61

6.1.4.

Responsabilité au niveau local – Annexe IV, partie D, du règlement EMAS 61

6.1.5.

Mise à jour de la déclaration environnementale – Article 8 du règlement EMAS 62

6.1.6.

Accès du public – Annexe IV, partie E, du règlement EMAS 62

Étape 7:

Vérification externe – Articles 18 et 19 du règlement EMAS 62

7.1.

Vérification par un tiers 63

7.1.1.

Qui est autorisé à vérifier et à valider l’EMAS 63

7.1.2.

Vérification par le vérificateur environnemental – Article 18 du règlement EMAS 64

7.1.3.

Fréquence des vérifications — Articles 6, 7 et 19 du règlement EMAS 65

7.2.

Méthode d’échantillonnage 67

7.2.1.

Exigences relatives à l’application d’une procédure d’échantillonnage pour l’évaluation des organisations présentes sur de nombreux sites 67

7.2.2.

Critères d’éligibilité pour l’application de la méthode d’échantillonnage 67

7.2.3.

Exigences applicables à l’organisation candidate 68

7.2.4.

Critères d’exclusion des sites de la procédure d’échantillonnage 68

7.2.5.

Lignes directrices pour l’utilisation d’une procédure d’échantillonnage pour l’évaluation des organisations possédant plusieurs sites 69

7.2.6.

Procédure d’application de la méthode d’échantillonnage pour les organisations possédant plusieurs sites 69

7.2.7.

Choix et calcul de l’échantillon 70

7.2.8.

Procédure en cas d’écart 71

7.2.9.

Documentation à inclure dans la déclaration environnementale justifiant la taille de l’échantillon et la procédure d’échantillonnage 72

7.3.

Rapport du vérificateur environnemental 72

7.4.

Validation de la déclaration environnementale – Articles 6, 7 et 19 du règlement EMAS 73

Étape 8:

Enregistrement dans le registre EMAS – Articles 4, 5 et 6 du règlement EMAS 73

8.1.

La procédure d’enregistrement 73

8.1.1.

Documents requis pour l’enregistrement EMAS 75

8.1.2.

Enregistrement 75

8.1.3.

Durée de la procédure d’enregistrement 75

8.1.4.

Suspension ou suppression d’un enregistrement EMAS 76

8.1.5

Amélioration continue de la performance environnementale grâce à l’EMAS 76

8.2

Utilisation du logo EMAS 77

8.2.1.

Qui peut utiliser le logo? 78

8.2.2

Qui attribue le logo? 78

8.2.3.

Limites de l’utilisation du logo 79

Liste des figures

Figure 1

Interaction intégrée de différents systèmes de management normalisés 11

Figure 2

Avantages de l’EMAS par rapport à la norme EN ISO 14001 12

Figure 3

Autres avantages de l’EMAS 13

Figure 4

Les huit étapes vers l’enregistrement EMAS 14

Figure 5

Calendrier de la procédure d’enregistrement 15

Figure 6

Trois exemples d’opérations concentrées sur un seul site 19

Figure 7

Exemples d’organisations contrôlant différents sites dispersés 21

Figure 8

Exemple d’espaces partagés 21

Figure 9

Exemple d’organisation située sur un site partagé 22

Figure 10

Exemples de facteurs internes et externes qui déterminent le contexte de l’organisation 26

Figure 11

Exemples de parties intéressées et d’attentes éventuelles (source: UGA-GS). 27

Figure 12

Secteurs pour lesquels des documents de référence sectoriels sont disponibles 30

Figure 13

Exemple de méthode d’intégration des DRS 30

Figure 14

Aspects environnementaux courants à prendre en considération dans le cycle de vie d’un produit 32

Figure 15

Exemple de matrice d’évaluation avec analyse ABC 35

Figure 16

Interaction entre l’analyse environnementale, la politique environnementale, les objectifs environnementaux généraux et spécifiques, les mesures prévues et le programme environnemental 38

Figure 17

Schéma des formations au sein du système de management environnemental 43

Figure 18

Procédure de traitement des documents dans un système de management environnemental 46

Figure 19

Gestion des plans d’urgence 48

Figure 20

Exemple de répartition des surfaces pour les indicateurs de base «Utilisation des terres eu égard à la biodiversité». 58

Figure 21

Principaux acteurs et système de gouvernance EMAS 76

Figure 22

Logo EMAS 77

Liste des tableaux

Tableau 1:

Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence environnementale pour les chaînes d’approvisionnement en minerais et en métaux 31

Tableau 2:

Exemples d’aspects environnementaux et de leurs incidences sur l’environnement 33

Tableau 3:

Évaluation des aspects environnementaux à l’aide de l’exemple des déchets 34

Tableau 4:

Exemples d’interaction entre les objectifs environnementaux généraux, les objectifs spécifiques et les mesures 39

Tableau 5:

Exemple d’examen du respect de la législation 41

Tableau 6:

Exemple d’examen du respect d’autres exigences environnementales 42

Tableau 7:

Exemples d’utilisation d’indicateurs de base dans des organisations de type administration publique ou similaires 59

Tableau 8:

Exemple d’utilisation d’indicateurs de performance de base dans le secteur productif 60

Tableau 9:

Fréquence de vérification requise en vertu du règlement EMAS 66

Tableau 10:

Organismes responsables des différents enregistrements 74

Introduction

Les organisations qui souhaitent contribuer à des modèles de production et de consommation plus durables au sein de notre société sont confrontées au défi de rendre les produits et services qu’elles fournissent plus durables tout au long de la chaîne d’approvisionnement, en utilisant plus efficacement les ressources et en réduisant leurs incidences sur l’environnement et le climat.

L’objectif des systèmes de management environnemental comme EMAS (1) est d’aider les organisations à améliorer leurs performances environnementales tout en réduisant les coûts. Lorsque l’Union a mis en place l’EMAS en 1993, l’objectif était de fournir aux organisations un outil de gestion qu’elles pouvaient utiliser pour évaluer leurs performances environnementales, les améliorer et communiquer des informations à ce sujet. L’EMAS soutient le respect du droit de l’environnement, par exemple en se conformant aux exigences en matière de communication d’informations pour les actes juridiques tels que la directive relative aux émissions industrielles (2) ou la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (3), ou en aidant les entreprises à exercer leur devoir de vigilance en matière d’environnement au titre de la future directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (4).

Le présent guide décrit les principales caractéristiques du système et explique ce que les organisations doivent faire pour y participer. L’objectif est de faciliter l’adhésion des organisations au système et d’en accroître l’utilisation. Plus généralement, le règlement EMAS vise également à harmoniser la mise en œuvre dans tous les États membres et à créer un cadre législatif commun. Le présent guide de l’utilisateur EMAS (5) satisfait aux exigences énoncées à l’article 46, paragraphe 5, du règlement EMAS.

1. Qu’est-ce que l’EMAS?

L’EMAS est un instrument à la disposition de toute organisation active dans un secteur économique, dans l’Union ou en dehors de celle-ci, qui souhaite:

✓

assumer la responsabilité de son incidence environnementale et économique;

✓

améliorer ses performances environnementales;

✓

informer le public et les parties intéressées de ces performances.

L’EMAS permet aux organisations de recenser et d’enregistrer systématiquement leurs incidences environnementales. Sur cette base, elles peuvent élaborer une stratégie visant à améliorer leur durabilité environnementale. Avec l’aide de l’EMAS, une entreprise peut répondre aux trois questions suivantes:

1.

quelle est notre incidence environnementale aujourd’hui?

2.

comment pouvons-nous améliorer nos performances environnementales?

3.

comment allons-nous atteindre cet objectif?

2. Coûts et avantages de l’EMAS

La mise en œuvre de l’EMAS engendre des coûts internes et externes liés notamment à la fourniture de conseils, aux ressources humaines nécessaires à la mise en œuvre et au suivi des mesures, aux inspections, aux droits d’enregistrement, etc. Les coûts et avantages varient considérablement, en fonction de facteurs tels que la taille de l’organisation, le type d’activités, les pratiques actuelles de management environnemental et le pays concerné. L’enregistrement EMAS est un investissement, car il permet généralement de réaliser d’importantes économies et de gagner en réputation, étant donné que le grand public est de plus en plus demandeur en durabilité, ce qui entraîne des profits supplémentaires. Des études montrent que les organisations augmentent leurs recettes et récupèrent ainsi rapidement les coûts de mise en œuvre, généralement dans un délai d’un ou deux ans.

En règle générale, les systèmes de management environnemental tels que l’EMAS aident les organisations à améliorer l’utilisation des ressources, à réduire les risques et à montrer l’exemple par la publication d’une déclaration de bonnes pratiques.

Les économies réalisées l’emportent sur le coût de la mise en œuvre d’un système.

✓

Performance environnementale améliorée

Les indicateurs devraient montrer une amélioration manifeste, et donc une réduction de l’incidence environnementale au fil du temps.

✓

Gains accrus en matière d’efficacité

Augmentation des économies annuelles pour les organisations de toutes tailles qui dépassent les coûts annuels de la mise en œuvre de l’EMAS.

✓

Garantie du respect de la législation environnementale et amélioration des processus de contrôle interne

La diminution des infractions à la législation environnementale se traduit par une amélioration des relations avec les autorités de réglementation.

✓

Meilleures relations avec les parties intéressées

Renforcement de la confiance des parties prenantes, en particulier envers les administrations publiques et les sociétés de services.

✓

Plus de débouchés

Une meilleure responsabilisation vis-à-vis des clients existants et des chances accrues d’acquérir de nouveaux marchés. L’EMAS peut également permettre aux sociétés enregistrées de montrer qu’elles disposent des compétences techniques nécessaires pour satisfaire aux exigences contractuelles en matière de management environnemental dans le cadre de marchés publics. Les organisations peuvent encourager leurs fournisseurs à adopter un système de management environnemental dans le cadre de leur propre politique environnementale. Le fait d’être enregistré EMAS peut simplifier les procédures entre entreprises pour les deux parties.

✓

Allégement de la réglementation

✓

Bénéficier d’un allégement de la réglementation (6). Plusieurs États membres offrent aux organisations enregistrées EMAS des avantages en ce qui concerne les dispositions législatives et réglementaires environnementales nationales et régionales. Il peut notamment s’agir d’une simplification des obligations en matière de rapports, d’un nombre moins important d’inspections, de redevances moins élevées sur les déchets et d’un espacement des délais de renouvellement des autorisations.

Allégement de la réglementation – quelques exemples

—

En 2022, l’ Espagne a introduit une nouvelle loi sur les déchets qui prévoit un allégement de la réglementation pour les organisations enregistrées EMAS. Celles-ci ne sont pas tenues de soumettre un plan de réduction des déchets dangereux si elles ont déjà des objectifs de réduction des déchets dangereux, et que ces informations sont reprises dans la déclaration environnementale validée.

—

En Bulgarie , le ministère de l’environnement et de l’eau réduit les frais d’utilisation de l’eau de 30 % pour les organisations enregistrées EMAS. Cet allégement de la réglementation, introduit en 2017, incite fortement les sociétés de gestion de l’eau et les entreprises consommant de grandes quantités d’eau à s’enregistrer en tant qu’utilisateurs EMAS. À ce jour, deux des 24 entreprises bulgares de distribution d’eau ont mis en œuvre l’EMAS.

—

Au Portugal , dans le cadre du régime général de gestion des déchets, des entités spécifiques de gestion des flux et des systèmes individuels enregistrés EMAS sont exemptés du contrôle de la partie technique du bilan des activités

Incitations financières – quelques exemples

—

En Belgique , le service public de Wallonie accorde des subventions plus élevées aux investissements dans les entreprises enregistrées EMAS.

—

La Croatie investit dans des mesures de transition écologique dans le secteur du tourisme au titre de plans nationaux pour la reprise et la résilience. Parmi les activités admissibles figure la mise aux normes d’hôtels au niveau du label écologique de l’UE et de l’EMAS. L’EMAS est également considéré comme une preuve de respect du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» (une incitation valable de 2022 à 2023).

—

Au Pays basque , les organisations enregistrées EMAS dans le secteur de la construction sont dispensées de verser un acompte exigé par le cadre juridique de 2012 pour la production et la gestion des déchets de construction et de démolition. En conséquence, 10 % des enregistrements EMAS basques sont effectués dans le secteur de la construction et les numéros d’ enregistrement ne cessent d’augmenter.

—

Au Portugal , les organisations enregistrées EMAS bénéficient d’une réduction de 5% de la taxe sur les rejets d’effluents

Mesures de soutien stratégiques – quelques exemples

—

Dans son plan d’action national de 2011 pour des marchés publics écologiques, la Bulgarie a établi que les organismes du secteur public qui gèrent les procédures de passation de marchés doivent inclure des critères environnementaux, notamment l’EMAS, dans les appels d’offres à certains niveaux. Les autorités municipales bulgares qui lancent des appels d’offres dans le secteur de la gestion des déchets ont désormais besoin de l’EMAS ou d’un système de management équivalent. Actuellement, le secteur de la gestion des déchets représente la plupart des enregistrements.

—

L’ordonnance de la Suède sur les systèmes de management environnemental dans les organismes gouvernementaux (2009:907), qui couvre près de 200 organismes de ce type, les encourage à mettre en œuvre l’EMAS. Trois organismes publics concernés sont enregistrés auprès de l’EMAS depuis 2009.

Des études confirment l’effet positif de ces incitations (7). Dans certains États membres, l’État subventionne les efforts visant à mettre en place l’EMAS. Des informations sur ces mesures de soutien peuvent être obtenues auprès de l’organisme compétent de chaque pays. Un recueil de promotion et de soutien aux politiques de l’EMAS dans les États membres de l’Union est disponible en ligne (8). La Commission fournit également des informations générales sur la mise en place et la mise en pratique de l’EMAS. Par exemple, son service d’assistance EMAS fournit des informations et des outils visant à soutenir la mise en œuvre.

Les micro, petites et moyennes entreprises (PME), définies dans la recommandation 2003/361 de l’UE, sont qualifiées de «petites organisations». Une entreprise est une PME si elle ne compte pas plus de 249 employés et ne génère pas de chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 millions d’EUR ou si le total du bilan n’excède pas 43 millions d’EUR.

Le terme «petites organisations» englobe également les collectivités locales de moins de 10 000 habitants ou les autres autorités employant moins de 250 personnes dont le budget annuel n’excède pas 50 millions d’EUR ou dont le total du bilan annuel ne dépasse pas 43 millions d’EUR.

3. Soutien de l’EMAS aux PME

Les petites organisations (PME) bénéficient également:

✓

d’un accès aisé à l’information et aux programmes de soutien adaptés à leurs besoins (9);

✓

de droits d’enregistrement (10) destinés à encourager la participation;

✓

et de mesures d’aide techniques.

4. Méthode «EMAS Easy»

Bien que le règlement n’en fasse pas mention, la méthode EMAS Easy (11) doit être considérée comme un instrument à la disposition des petites organisations. Cette méthode peut les aider à mettre en œuvre l’ensemble des exigences EMAS rapidement, à un moindre coût et sans difficulté.

La boîte à outils EMAS Easy (12), qui fournit des modèles normalisés, est utile pour les projets de pôles. Elle permet aux organisations participantes de «partager» un consultant qualifié EMAS ou de mandater un vérificateur environnemental commun pour la procédure de certification finale si nécessaire.

Les approches de management environnemental à seuil bas et d’autres systèmes de management environnemental se chevauchent souvent et couvrent en partie les exigences EMAS. Ils peuvent donc être utilisés dans le cadre d’une transition progressive vers l’EMAS, afin de réduire les efforts requis et de faciliter l’enregistrement EMAS.

5. Synergies avec d’autres instruments législatifs et volontaires

L’EMAS complète les normes et certificats existants. Si une organisation utilise déjà des systèmes de management tels que ISO 14001 ou ISO 9001 pour la qualité, ISO 50001 pour l’énergie ou ISO 45001 pour les systèmes de gestion de la santé et de la sécurité au travail, cela réduit le travail nécessaire, car l’EMAS peut s’appuyer sur les processus de management existants. En effet, l’EMAS fonctionne selon le même principe «planifier-faire-vérifier-agir» et inclut des processus similaires.

Figure 1:

Interaction intégrée de différents systèmes de management normalisés (source: Umweltbundesamt, UBA)

Image 1

L’EMAS va plus loin que de nombreux systèmes de management environnemental existants en ce qui concerne les exigences environnementales. Comme le montrent les principales caractéristiques suivantes, il est plus exigeant que d’autres systèmes de management environnemental tels que la norme ISO 14001:

✓

amélioration continue des performances environnementales;

✓

désignation d’un représentant de la direction;

✓

nécessité d’une analyse environnementale;

✓

démonstration systématique du respect de la législation;

✓

fixation d’objectifs environnementaux en ce qui concerne les aspects directs et indirects quantifiés dans les six indicateurs de base obligatoires;

✓

participation du personnel;

✓

communication, transparence et établissement de rapports au moyen de la déclaration environnementale.

Figure 2:

Avantages de l’EMAS par rapport à la norme EN ISO 14001 (source: Umweltbundesamt)

Image 2

L’EMAS offre également des avantages stratégiques tels que l’efficacité des matériaux, la réduction des incidences sur l’environnement, le soutien à la réduction de l’empreinte climatique sur la voie de la neutralité climatique (13), et le soutien à l’évaluation de la chaîne d’approvisionnement. Il peut également inclure des éléments obligatoires de publication d’informations par les entreprises en matière de durabilité et de promotion des marchés publics écologiques.

Figure 3:

Autres avantages de l’EMAS

Image 3

En vertu de la directive relative aux émissions industrielles, un système de management environnemental est considéré comme la meilleure technique disponible pour les installations industrielles. Les organisations qui exploitent des installations industrielles peuvent donc bénéficier de l’EMAS de deux manières. L’EMAS encourage l’amélioration continue de la performance environnementale de ces installations ou contribue à maintenir des niveaux de performance élevés. Il soutient également le respect de la législation.

Il existe diverses synergies entre l’EMAS et la législation environnementale existante. À titre d’exemple, la directive relative aux émissions industrielles (14) classe l’EMAS comme la meilleure technique disponible (15) et accorde un allégement de la réglementation aux organisations participant à l’EMAS. D’autres domaines dans lesquels l’EMAS complète la législation existante sont la gestion des déchets, l’écoconception de produits et de services, l’efficacité énergétique et l’échange de quotas d’émission.

La déclaration environnementale EMAS et les informations générées dans le cadre d’un système de management environnemental peuvent également servir de base à l’établissement de rapports sur la durabilité. L’EMAS peut être utilisé pour satisfaire aux normes d’information volontaire, telles que celles de la «Global Reporting Initiative» (16) ou les exigences légales, telles que celles de la directive européenne sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (17). En outre, l’approche du management de l’EMAS est proche des instruments volontaires et de la législation à venir visant à éviter et à réduire les incidences négatives dans les chaînes de valeur mondiales, connus sous le nom de devoir de vigilance (18). L’EMAS fournit un cadre approprié pour la mise en œuvre du devoir de vigilance en matière d’environnement et peut servir de base à une gestion plus large de la durabilité dans la chaîne de valeur.

6. Reconnaissance d’autres systèmes et approches de management de l’EMAS – article 45 du règlement EMAS

En vertu du règlement EMAS, la Commission européenne peut reconnaître les systèmes de management environnemental existants ou des parties de ceux-ci comme équivalents aux exigences pertinentes du règlement EMAS. La reconnaissance officielle de certaines parties ou de la totalité de ces systèmes peut faciliter la transition d’une organisation vers l’EMAS.

La procédure est décrite ci-dessous.

a)

Les États membres envoient à la Commission une demande écrite de reconnaissance d’un système de management environnemental ou de parties de celui-ci.

b)

Les parties concernées de ce système et les éléments correspondants à l’EMAS doivent être analysés et précisés dans la demande. La preuve de l’équivalence avec l’EMAS doit être apportée.

c)

La Commission présente la proposition au comité EMAS (établi en vertu de l’article 49 du règlement).

d)

Une fois que le Comité les a approuvées, les références du système de management environnemental reconnu ou de parties de celui-ci sont publiées au Journal officiel de l’Union européenne.

Il n’est pas nécessaire que les organisations qui ont mis en œuvre un système de management environnemental reconnu ou certaines parties de celui-ci soient revalidées lors de leur passage à l’EMAS. Les organisations qui sont en cours de mise en œuvre de l’EMAS peuvent consulter publiquement la décision de reconnaissance pertinente de la Commission ou contacter leur organisme compétent pour savoir si une approche ou un système de management environnemental qu’elles appliquent déjà est un système reconnu (19).

Jusqu’à présent, la Commission a adopté deux décisions reconnaissant que certaines parties d’autres systèmes de management environnemental sont équivalentes à l’EMAS: Eco-Lighthouse, Norvège (20) et Eco-profit, Autriche (21).

7. Les huit étapes pour adhérer à l’EMAS

Les chapitres qui suivent décrivent les préparatifs qu’une organisation doit effectuer avant de mettre en place l’EMAS, de la planification à l’enregistrement (voir figure 4 ci-dessous), et expliquent plus en détail la procédure.

Figure 4:

Les huit étapes vers l’enregistrement EMAS

Image 4

Avant de mettre en place l’EMAS, une organisation doit garder à l’esprit le besoin de temps, de connaissances, d’experts et de ressources financières. Ses procédures de gestion peuvent être testées, modifiées ou remplacées au cours du processus. Les employés devront être formés, des audits préparés et des déclarations environnementales rédigées. L’organisation devra également faire l’objet d’un audit par un vérificateur environnemental externe.

Des ressources supplémentaires seront nécessaires, notamment pour les activités suivantes:

✓

services de conseil externes pour contribuer à la mise en place d’un système de management environnemental conforme à l’EMAS (si l’organisation ne dispose pas des compétences et des ressources nécessaires);

✓

personnel interne;

✓

formation des employés;

✓

vérification environnementale (audit externe) par un vérificateur environnemental;

✓

transmission des informations nécessaires à l’organisme compétent pour l’inscription dans le registre EMAS;

✓

droits d’enregistrement, le cas échéant;

✓

investissements possibles, notamment dans des technologies, des produits, des services et des marchés publics respectueux de l’environnement.

Afin de réduire les efforts et les coûts, les organisations devraient vérifier, avant de commencer, si:

✓

un allégement de réglementation est applicable (22);

✓

tous les modèles, outils (23) ou lignes directrices gratuits sont disponibles;

✓

il existe des possibilités de financement au niveau des États membres ou de l’Union;

✓

il est possible de simplifier la procédure d’évaluation et/ou d’enregistrement (24) (par exemple, en recourant à l’enregistrement en groupe ou à l’enregistrement de plusieurs sites dans les conditions énoncées au chapitre 7.2).

En moyenne, il faut environ un an à compter du début du processus pour que l’organisme compétent ajoute l’organisation au registre EMAS. Le processus peut être plus court pour les petites organisations, mais il peut être long pour les grandes entreprises, compte tenu de la complexité des étapes de coordination. Le plan de projet (figure 5) donne des exemples de délais généralement requis pour que les différentes étapes puissent être validées/enregistrées de la manière la plus efficace et la plus fiable possible.

Figure 5:

Calendrier de la procédure d’enregistrement

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