| CELEX | 32023R0099 |
| Type | Règlement |
| Date | mercredi 11 janvier 2023 |
| 12.1.2023 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 10/1 |
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/99 DE LA COMMISSION
du 11 janvier 2023
instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1) (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 9, paragraphe 4,
considérant ce qui suit:
1. PROCÉDURE
1.1. Ouverture
| (1) | Le 17 novembre 2021, la Commission européenne (ci-après la «Commission») a ouvert une enquête antidumping concernant les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (ci-après le «pays concerné»), conformément à l’article 5 du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (2) (ci-après l’«avis d’ouverture»). |
| (2) | La Commission a ouvert l’enquête à la suite d’une plainte déposée le 4 octobre 2021 par l’Association des fabricants européens de roues (EUWA) (ci-après le «plaignant» ou l’«EUWA»). La plainte a été déposée au nom de l’industrie de l’Union au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base. Elle contenait suffisamment d’éléments de preuve de l’existence d’un dumping et d’un préjudice important en résultant pour justifier l’ouverture de l’enquête. |
1.2. Mesures provisoires
| (3) | Conformément à l’article 19 bis du règlement de base, la Commission a communiqué aux parties, le 17 juin 2022, une synthèse des droits proposés et les détails du calcul des marges de dumping et des marges suffisantes pour éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union. Les parties intéressées ont été invitées à présenter leurs observations sur l’exactitude des calculs dans un délai de trois jours ouvrables. Aucune observation n’a été formulée au sujet de l’exactitude des calculs. |
| (4) | Le 15 juillet 2022, la Commission a publié au Journal officiel de l’Union européenne le règlement (UE) 2022/1221 de la Commission (3) instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (ci-après le «règlement provisoire»). |
1.3. Suite de la procédure
| (5) | À la suite de la communication des faits et considérations essentiels sur la base desquels un droit antidumping provisoire a été institué (ci-après l’«information provisoire»), Dika Morocco Africa S.A.R.L. (ci-après «Dika»), Hands 8 S.A. (ci-après «Hands»), l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ci-après l’«ACEA») et l’EUWA ont présenté des observations écrites exposant leur point de vue sur les conclusions provisoires dans le délai prévu à l’article 2, paragraphe 1, du règlement provisoire. Par ailleurs, après l’expiration du délai fixé pour la communication des observations sur l’information provisoire, le gouvernement marocain a fourni des informations étayant les allégations avancées par d’autres parties concernant le dumping et le préjudice. |
| (6) | Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues. Des auditions ont eu lieu avec Dika, Hands, l’ACEA et l’EUWA. En outre, une audition avec le conseiller-auditeur dans le cadre des procédures commerciales a été organisée le 7 juillet 2022 à la demande de Dika. |
| (7) | La Commission a continué de rechercher et de vérifier toutes les informations jugées nécessaires à l’établissement de ses conclusions finales. Une visite de vérification a été effectuée dans les locaux d’un utilisateur. Pour établir ses conclusions définitives, la Commission a examiné les observations présentées par les parties intéressées et a révisé ses conclusions provisoires lorsque c’était nécessaire. |
| (8) | Le 17 octobre 2022, la Commission a informé toutes les parties intéressées des faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait d’instituer un droit antidumping définitif sur les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (ci-après l’«information finale»). Toutes les parties se sont vu accorder un délai pour formuler des observations sur l’information finale. |
| (9) | À la suite de l’information finale, l’ACEA, Dika, l’EUWA, Hands et le gouvernement du Maroc ont présenté des observations. |
| (10) | Le 21 novembre 2022, la Commission a envoyé à Hands une information finale additionnelle concernant certaines corrections et clarifications apportées à ses calculs de dumping (ci-après l’«information finale additionnelle») et a accordé un délai au cours duquel la société pouvait formuler des observations. En outre, toutes les parties intéressées ont reçu des éclaircissements concernant la base des montants des frais de vente, dépenses administratives et autres frais généraux (ci-après les «frais VAG») utilisés dans la construction de la valeur normale pour Hands. Hands a présenté des observations qui ont été prises en compte dans le règlement. |
| (11) | Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues. Des auditions ont eu lieu avec l’ACEA, Dika, l’EUWA et Hands. |
1.4. Arguments concernant l’ouverture de l’enquête
| (12) | À la suite de l’information provisoire, aucune partie intéressée n’a formulé d’arguments ou d’observations autres que ceux abordés dans la section 1.4 du règlement provisoire. En conséquence, la Commission a confirmé ses constatations et conclusions provisoires énoncées aux considérants 6 à 28 du règlement provisoire. |
1.5. Échantillonnage
| (13) | Aucune observation n’a été formulée en ce qui concerne l’échantillonnage. Par conséquent, la Commission a confirmé les considérants 29 à 34 du règlement provisoire. |
1.6. Réponses au questionnaire et visites de vérification
| (14) | Tel qu’exposé au considérant 35 du règlement provisoire, la Commission a envoyé des questionnaires à trois producteurs de l’Union, au plaignant, aux deux utilisateurs connus et aux deux producteurs-exportateurs du pays concerné. |
| (15) | Comme expliqué aux considérants 36 et 37 du règlement provisoire, les réponses au questionnaire ont été soit recoupées à distance, soit vérifiées lors d’une visite des locaux de la partie défenderesse. |
| (16) | Conformément à l’article 16 du règlement de base, une visite de vérification a été effectuée dans les locaux d’un utilisateur. Le nom de cet utilisateur n’est pas divulgué pour des raisons confidentielles conformément au considérant 5 du règlement provisoire. |
1.7. Période d’enquête et période considérée
| (17) | Comme indiqué au considérant 38 du règlement provisoire, l’enquête relative au dumping et au préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021 (ci-après la «période d’enquête»). L’examen des tendances utiles pour l’évaluation du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2018 et la fin de la période d’enquête (ci-après la «période considérée»). |
1.8. Enregistrement
| (18) | Par le règlement d’exécution (UE) 2022/934 (4) (ci-après le «règlement d’enregistrement»), la Commission a soumis à enregistrement les importations du produit concerné. |
| (19) | Hands a affirmé que la décision d’enregistrement des importations était infondée, étant donné que les conditions visées à l’article 14, paragraphe 5, du règlement de base n’étaient pas remplies. |
| (20) | La Commission a rappelé que la base juridique pour l’enregistrement est l’article 14, paragraphe 5 bis, du règlement de base, selon lequel la Commission enregistre les importations du produit concerné au cours de la période de notification préalable au titre de l’article 19 bis du règlement de base, à moins qu’il existe des éléments de preuve suffisants démontrant que les conditions prévues à l’article 10, paragraphe 4, point c) et d), ne sont pas remplies. À cet égard, la Commission a établi qu’il n’existait pas d’éléments de preuve concluants indiquant que l’enregistrement des importations du produit concerné durant la période de notification préalable n’était pas fondé en l’espèce. En effet, depuis la publication de l’avis d’ouverture, à l’époque où les importateurs avaient connaissance ou auraient dû avoir connaissance des pratiques de dumping et du préjudice allégués, les importations du produit concerné ont encore augmenté d’une manière qui est susceptible de compromettre gravement l’effet correctif des droits antidumping également au cours de la période de notification préalable. De ce fait, la Commission a rejeté ces arguments. |
| (21) | Hands a affirmé que la Commission avait porté atteinte au principe de bonne administration en publiant le règlement d’enregistrement. D’après cette partie, aucune information concernant l’intention de la Commission de soumettre à enregistrement les importations du produit faisant l’objet de l’enquête ne leur a été communiquée avant la publication du règlement d’enregistrement et l’entrée en vigueur de l’enregistrement des importations, alors que cette mesure peut bel et bien nuire à ses intérêts. Étant donné que les informations nécessaires sur l’éventuelle soumission à enregistrement des importations n’ont pas été communiquées à Hand avant l’adoption de cette mesure d’enregistrement, et ce, d’une manière diligente, effective et personnelle qui permette à cette société de présenter son point de vue et d’être entendue, alors qu’elle est directement concernée par ladite mesure, la Commission viole le droit fondamental de la défense de Hands. En conséquence, le règlement d’enregistrement est invalide et devrait être abrogé. |
| (22) | La Commission a estimé que l’enregistrement n’est qu’une étape administrative préparatoire qui pourrait donner lieu, ou non, à l’institution rétroactive des droits au stade définitif. L’enregistrement en tant que tel ne produit pas d’effets défavorables pour les importateurs et ne peut être considéré comme portant atteinte à leurs intérêts (5). Hands elle-même n’a pas indiqué d’effets défavorables concrets, mentionnant simplement des effets «éventuels». La seule conséquence de l’enregistrement est que la Commission enjoint aux autorités douanières nationales d’enregistrer les importations dans l’Union du produit faisant l’objet de l’enquête. Par ailleurs, aucune obligation procédurale de consultation des importateurs ou d’autres parties avant l’exécution de l’enregistrement n’est prévue à l’article 14, paragraphe 5 bis, ou ailleurs dans le règlement de base. La condition fixée à l’article 10, paragraphe 4, point b), du règlement de base selon laquelle les parties doivent avoir eu la possibilité de présenter leurs commentaires s’applique uniquement lorsqu’une décision est prise pour percevoir des droits de manière rétroactive après enregistrement, mais non à l’enregistrement en soi. Cela découle clairement du fait que l’article 14, paragraphe 5 bis, du règlement de base prévoit uniquement que les conditions fixées aux points c) et d) de l’article 10, paragraphe 4, doivent être remplies pour l’enregistrement au titre de cette disposition, et qu’il omet délibérément le point b) de l’article 10, paragraphe 4. Cela est cohérent avec l’effet de cet enregistrement évoqué ci-dessus. La Commission n’est donc pas tenue de donner aux importateurs la possibilité de présenter leurs commentaires avant d’enjoindre aux autorités douanières d’enregistrer les importations. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
2. PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE
2.1. Produit concerné
| (23) | La Commission a rappelé que, comme expliqué au considérant 39 du règlement provisoire, les produits concernés sont les roues en aluminium des véhicules automobiles des positions 8701 à 8705 de la nomenclature combinée (NC), avec ou sans accessoires et équipées ou non de pneumatiques, originaires du Maroc, relevant actuellement des codes NC ex 8708 70 10 et ex 8708 70 50 (codes TARIC: 8708701015, 8708701050, 8708705015 et 8708705050) (ci-après le «produit concerné»). |
| (24) | Les roues en aluminium sont traditionnellement vendues dans l’Union par l’intermédiaire de deux canaux de distribution: aux fabricants de l’équipement d’origine (ci-après les «FEO»), qui sont principalement des constructeurs automobiles, et au marché de l’après-vente, qui comprend par exemple les distributeurs, les détaillants, les ateliers de réparation, etc. Le produit concerné en provenance du Maroc a été commercialisé exclusivement par l’intermédiaire du canal FEO au cours de la période considérée. Pour ce qui est du canal de distribution FEO, les constructeurs automobiles organisent des procédures d’appel d’offres pour les roues en aluminium et participent souvent au processus de création d’une nouvelle roue qui sera associée à leur marque. Les producteurs de l’Union et les exportateurs marocains peuvent concourir dans le cadre des mêmes appels d’offres. |
2.2. Produit similaire
| (25) | En l’absence d’observations, les conclusions figurant aux considérants 39 à 42 du règlement provisoire sont confirmées. |
3. DUMPING
3.1. Coopération des producteurs-exportateurs
| (26) | Comme expliqué aux considérants 43 à 51 du règlement provisoire, la Commission a considéré que Dika n’avait pas coopéré avec elle dans le cadre de la présente enquête et a provisoirement déterminé la marge de dumping pour ce producteur-exportateur sur la base des données disponibles conformément à l’article 18 du règlement de base. |
| (27) | À la suite de l’information provisoire, Dika a maintenu qu’elle avait pleinement coopéré avec la Commission et qu’elle devrait se voir appliquer une marge de dumping calculée individuellement. Le producteur-exportateur avance les arguments ci-après. |
| (28) | Premièrement, Dika a réaffirmé que, selon elle, les listes de ventes ne contenaient aucune erreur, étant donné que les valeurs totales desdites listes correspondaient au contenu du système comptable de la société. En outre, les ventes ont été répertoriées conformément aux normes internationales d’information financière (ci-après les «IFRS»). D’autre part, Dika a fait valoir que la Commission avait eu largement le temps de recouper les listes de ventes révisées fournies par sa société liée CITIC Dicastal Co., Ltd (ci-après «CITIC») et qu’elle pouvait encore le faire avant l’institution des mesures antidumping définitives. |
| (29) | L’argument avancé par Dika était semblable à celui invoqué au stade provisoire, alors qu’aucune nouvelle information n’a été communiquée. Au stade provisoire, la Commission avait conclu que les listes de ventes n’étaient pas fournies sur la base de factures, que la différence entre la valeur de la facture et le montant réellement perçu n’était pas systématiquement prise en considération dans les listes de ventes de la société et que les listes révisées n’ont pas pu être recoupées. Le fait que les ventes de la société ont été répertoriées conformément aux normes IFRS ne change pas le fait que la société n’a pas communiqué les informations demandées par la Commission. |
| (30) | De plus, CITIC a fourni plusieurs (au moins quatre) versions différentes et incomplètes de ses listes de ventes au cours de l’enquête. La dernière version, jointe à la réponse de Dika à la lettre de la Commission au titre de l’article 18 datée du 5 mai 2022, était toujours incomplète et contenait un certain nombre de transactions pour lesquelles ou bien la case du montant perçu était laissée vide, avec la note «montant impayé à ce jour», ou bien il subsistait une différence entre le montant facturé et le montant perçu. Ces données incomplètes ne peuvent constituer une base fiable pour le recoupement ou la vérification. Qui plus est, comme indiqué également au considérant 48 du règlement provisoire, un recoupement à distance supplémentaire avec CITIC ne devrait pas être utilisé comme moyen de remédier au manque d’actualité des données ou aux erreurs constatées au cours du recoupement à distance qui avait déjà eu lieu dans les délais impartis. La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (31) | Deuxièmement, Dika a soutenu que les données spécifiques aux transactions concernant les dates et montants des paiements requises par la Commission ne constituaient pas des «informations nécessaires» au sens de l’article 18, paragraphe 1, du règlement de base, de l’article 6.8 et de l’annexe II de l’accord antidumping de l’OMC (6). D’après le producteur-exportateur, la Commission n’a pas requis ces renseignements dans le questionnaire ou les demandes d’informations complémentaires, et ces informations n’étaient pas non plus nécessaires pour le calcul de la marge de dumping. Par ailleurs, Dika a assuré qu’une base différente de celle définie dans la lettre de la Commission relative à l’application de l’article 18 datée du 5 mai 2022 (ci-après la «lettre au titre de l’article 18») était utilisée dans le règlement provisoire pour l’application des données disponibles. |
| (32) | La Commission a contesté la validité de cette affirmation. Dès le départ, elle a demandé à l’entreprise de communiquer des données spécifiques aux transactions sur la base de la date de la facture. Par exemple, il est indiqué dans la première partie de la section E du questionnaire antidumping envoyé à Dika et à sa société liée CITIC que les personnes interrogées devaient «utiliser la date de la facture comme date de vente». Cependant, le problème n’est pas (seulement) la date à laquelle la vente a eu lieu, mais plutôt le montant qui a été réellement versé à la société par ses clients. C’est le problème qui a été expliqué dans la lettre au titre de l’article 18 et qui a été exposé dans le règlement provisoire. L’affirmation de Dika selon laquelle les raisons énoncées dans la lettre étaient «totalement différentes» de celles exposées dans le règlement de base ne pouvait pas être retenue. Dans les deux cas, la Commission a expliqué qu’elle considérait que les listes de ventes n’étaient pas fiables étant donné qu’elles contenaient un certain nombre d’erreurs et de divergences. |
| (33) | Les données relatives aux ventes fournies initialement par la société ne correspondaient pas aux montants réellement perçus en tant que paiements. En outre, CITIC avait précisé durant le recoupement à distance que la différence entre la valeur de la facture et le prix réellement perçu est normalement enregistrée dans les listes de ventes sous la forme d’une remise, d’un rabais, d’une note de crédit ou sous une autre forme. Comme indiqué au considérant 47 du règlement provisoire et au considérant 29 ci-dessus, cela n’a toutefois pas été systématiquement effectué par la société. Les listes de ventes n’ont donc pas pu être utilisées comme source fiable pour établir une valeur normale ou un prix à l’exportation conformément à l’article 2, paragraphes 1 et 8, du règlement de base qui dispose que la valeur normale «est normalement basée sur les prix payés ou à payer». Il s’ensuit logiquement que, comme il n’a pas été possible d’établir une valeur normale ou un prix à l’exportation pour Dika sur la base des propres données de la société, il n’a pas été non plus possible de calculer une marge de dumping. Par conséquent, les listes de ventes étaient non seulement nécessaires, mais essentielles à l’enquête. En l’absence de listes de ventes fiables (comprenant une liste complète des transactions de tous les types de produits vendus et de leurs prix), la Commission ne peut parvenir à une conclusion raisonnablement correcte en matière de dumping. |
| (34) | Après l’information finale, Dika a réitéré son affirmation selon laquelle, étant donné que leurs listes de ventes étaient conformes aux normes internationales d’information financière, la Commission ne pouvait pas prétendre que les listes étaient incomplètes et ne pouvaient pas être vérifiées. En outre, Dika a affirmé que, compte tenu de l’article 2, paragraphe 8, du règlement de base, qui dispose que le prix à l’exportation est normalement basé sur le «prix […] payé ou à payer», les listes de ventes étaient correctes étant donné qu’elles reflétaient les prix à payer. Enfin, Dika a réaffirmé que les données relatives aux paiements n’étaient pas «nécessaires» au sens de l’article 18, paragraphe 1, du règlement de base. |
| (35) | Le fait que les listes de ventes aient été ou non présentées dans leur ensemble conformément aux normes internationales d’information financière n’a eu aucune incidence sur les problèmes constatés au niveau des prix déclarés. Comme la Commission l’a souligné à plusieurs reprises, le problème des listes des ventes nationales et dans l’Union existait au niveau des transactions. Comme l’a déclaré Dika lors de l’audition qui a suivi les mesures provisoires et comme elle l’a réitéré dans ses observations sur l’information finale, dans environ 20 % des transactions figurant sur les listes des ventes dans l’Union, le montant du paiement ne correspondait pas au montant de la facture déclarée. L’expression «prix à payer» désigne le paiement total versé ou à verser par l’acheteur au vendeur, y compris les cas où, par exemple, les marchandises ont été vendues, mais où le client n’a pas encore payé. Ce n’était pas le cas pour la plupart des transactions de la liste des ventes dans l’Union. En réalité, le prix déjà payé par le client, dans ces cas, était différent du prix qui avait été enregistré comme à payer au moment de la facturation. |
| (36) | Comme Dika et sa société liée l’ont déclaré au cours du recoupement à distance, de la vérification sur place et de la réponse à la lettre au titre de l’article 18, ces différences seraient normalement enregistrées dans les listes de ventes sous la forme d’une remise, d’un rabais, d’une note de crédit ou d’une autre manière, comme l’indique également le considérant 33. Cela a été fait pour de nombreuses transactions dans les listes de ventes, mais pas systématiquement pour toutes les transactions. Le fait que cela soit normalement fait signifie que, normalement, le prix enregistré comme à payer deviendrait égal au prix finalement payé après que certaines actions ont été effectuées en rapport avec les notes de crédit, rabais, etc., susmentionnés. C’est ainsi que Dika elle-même l’a expliqué et que des corrections ont été apportées dans le système SAP de la société après que les paiements ont été effectués. Cependant, dans certains cas, les prix enregistrés dans les listes des ventes nationales et des ventes dans l’Union ont été corrigés de cette manière, tandis que, dans d’autres cas, ils ne l’ont pas été. La différence entre les prix finalement payés et les prix enregistrés comme à payer allait dans les deux sens et n’était pas comptabilisée, ce qui signifie que, dans certains cas, la société a reçu plus que ce qui avait été facturé et, dans d’autres cas, moins. |
| (37) | Des listes de ventes fiables (comprenant une liste complète des transactions de tous les types de produits vendus ainsi que leurs prix) contenant des données précises et vérifiables sont essentielles pour établir une marge de dumping et constituent donc des informations nécessaires au sens de l’article 18, paragraphe 1, du règlement de base. Étant donné que la différence entre les prix effectivement payés et ceux enregistrés comme à payer concernait un nombre élevé de transactions sur la liste des ventes dans l’Union, il n’a pas été possible d’utiliser cette liste pour établir un prix à l’exportation fiable sur la base des transactions ou des types de produit. La Commission a dès lors rejeté ces arguments. |
| (38) | Troisièmement, Dika a prétendu que, étant donné que la Commission a vérifié son coût de production et n’a trouvé aucune divergence, sa valeur normale aurait dû être calculée sur la base de son coût vérifié de fabrication. D’après le producteur-exportateur, la Commission a commis une erreur lorsqu’elle a conclu que les listes des ventes intérieures et dans l’Union étaient cruciales pour la détermination d’une valeur normale et d’un prix à l’exportation, étant donné que les listes des ventes intérieures n’auraient dans tous les cas pas été utilisées pour la construction d’une valeur normale. Par conséquent, conformément à l’article 18, paragraphe 3, du règlement de base, la Commission aurait dû utiliser les propres données de Dika et calculer une marge de dumping individuelle sur cette base. |
| (39) | En effet, la Commission a conclu au considérant 60 du règlement provisoire que Dika ne possédait aucune liste de ventes intérieures pour construire la valeur normale, étant donné que les ventes de Dika au Maroc étaient réalisées entre des zones économiques et que les marchandises ne sont jamais entrées sur le territoire douanier du Maroc. De ce fait, à défaut de l’application des données disponibles, la valeur normale pour Dika aurait pu être construite. Néanmoins, afin d’établir une marge de dumping, il faudrait comparer cette valeur normale au prix à l’exportation. Le prix à l’exportation n’a cependant pas pu être calculé en raison du caractère peu fiable des listes de ventes de Dika. |
| (40) | Au cours d’une audition tenue le 6 septembre 2022, Dika a suggéré que la Commission pouvait établir un prix à l’exportation en utilisant les transactions figurant dans les listes de ventes dans l’Union pour lesquelles (d’après la société) les montants des factures correspondaient aux montants des paiements. Cela serait prétendument le cas pour environ 80 % de toutes les transactions. Pour les 20 % restants, Dika a suggéré que la Commission pouvait appliquer le droit résiduel tel que calculé pour Hands. D’après le producteur-exportateur, une telle approche correspondrait à celle que la Commission a adoptée dans une enquête récente concernant les importations d’aciers résistant à la corrosion originaires de Russie et de Turquie (7). |
| (41) | Outre le fait que Dika a confirmé durant l’audition qu’il existait des divergences dans les listes de ventes pour un cinquième de leurs ventes à l’Union au cours de la période d’enquête, les listes des ventes révisées n’ont pas été recoupées et ne pouvaient pas l’être (comme expliqué aux considérants 29 et 30) et n’ont donc pas pu être utilisées aux fins de l’établissement d’un prix à l’exportation. De plus, l’enquête relative aux aciers résistant à la corrosion originaires de Russie et de Turquie concernait un ensemble de faits très différent. Dans cette affaire, un producteur russe avait affirmé qu’il n’était pas lié à l’un des deux négociants par l’intermédiaire desquels il vendait ses produits à l’Union. Le négociant en question n’avait pas coopéré à l’enquête. La Commission avait contesté l’affirmation de la société russe et estimé que le négociant considéré était lié. Néanmoins, étant donné que le négociant n’avait pas coopéré à l’enquête, aucune information n’était disponible concernant les prix de revente pratiqués par ce dernier. La Commission avait dès lors décidé d’utiliser les informations fournies par le second négociant ayant coopéré à l’enquête comme données disponibles au sens de l’article 18 du règlement de base. |
| (42) | Or, l’organisation de la structure et des canaux de vente de la société dans cette affaire est différente en l’espèce. Alors qu’il existait deux canaux de vente dans l’affaire concernant les aciers résistant à la corrosion originaires de Russie et de Turquie, toutes les ventes sont réalisées en l’espèce par l’intermédiaire de la même entité liée, à savoir CITIC. La Commission ne disposait donc d’aucun autre ensemble de données fiables pour calculer un prix à l’exportation pour Dika. Cette situation est très différente de celle de l’enquête que Dika a évoquée, dans laquelle les ventes à l’exportation effectuées par l’intermédiaire du négociant restant avaient été recoupées et jugées fiables. Dans la présente enquête, aucun prix à l’exportation n’a pu être comparé à la valeur normale, quelle que soit la manière dont celle-ci aurait été calculée pour Dika. |
| (43) | Aux termes de l’article 18, paragraphe 3, du règlement de base, «[l]orsque les informations présentées par une partie intéressée ne sont pas les meilleures à tous égards, elles ne doivent pas pour autant être ignorées, à condition que les insuffisances éventuelles ne rendent pas excessivement difficile l’établissement de conclusions raisonnablement correctes, que les informations soient fournies en temps utile [et] qu’elles soient contrôlables». Comme expliqué aux considérants 32 et 33, les insuffisances concernant les listes de ventes présentées par Dika étaient telles qu’aucune conclusion raisonnablement correcte n’a pu être établie sur cette base. En outre, comme indiqué au considérant 30, les listes de ventes n’étaient pas vérifiables étant donné que même la dernière version comportait encore des divergences et des données manquantes et qu’elle n’avait pas été soumise en temps utile. Étant donné qu’aucun prix à l’exportation n’a pu être déterminé, il serait également inutile de construire une valeur normale pour Dika sur n’importe quelle base. Cela est conforme à l’arrêt du Tribunal concernant les roues en acier originaires de Chine, dans lequel il a été jugé que «toute détermination de la valeur normale aurait été superflue, car aucune marge de dumping n’aurait pu être établie en l’absence de la possibilité de déterminer le prix à l’exportation» (8). La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (44) | Après l’information finale, le gouvernement marocain et Dika ont fait valoir que tant l’approche de la Commission que l’arrêt du Tribunal cité au considérant 43 étaient contraires aux exigences de l’accord antidumping de l’OMC, en vertu duquel toutes les données fournies par un exportateur devraient être utilisées dans la mesure où elles satisfont aux exigences de l’article 18, paragraphe 3, du règlement de base. En outre, Dika a affirmé que l’arrêt du Tribunal cité n’était pas applicable compte tenu des circonstances de l’espèce. Contrairement à l’affaire faisant l’objet de l’arrêt du Tribunal, Dika s’est vu attribuer une marge de dumping individuelle et (selon elle) il était possible d’établir avec certitude quels produits elle exportait vers l’Union. |
| (45) | La Commission n’était pas de cet avis. Comme déjà indiqué au considérant 50 du règlement provisoire et au considérant 43 ci-dessus, la raison pour laquelle une valeur normale n’a pas été construite sur la base des données de Dika était simplement que c’était inutile étant donné qu’il n’y avait pas de prix à l’exportation auquel la comparer. La question de savoir si les faits sous-jacents dans l’arrêt du Tribunal précité sont ou non différents de ceux de la présente affaire n’invalide pas la conclusion selon laquelle il serait superflu de construire une valeur normale en l’absence de prix à l’exportation. Cela ne constitue pas une violation de l’accord antidumping de l’OMC, étant donné que cet accord n’oblige pas les autorités chargées de l’enquête à effectuer des calculs qui ne peuvent être utilisés pour établir une marge de dumping. La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (46) | Dika a, en particulier, affirmé que les circonstances de l’affaire visée par l’arrêt du Tribunal cité étaient différentes de celles de l’espèce, étant donné que Dika s’est vu attribuer une marge de dumping individuelle. Toutefois, cet argument reposait sur un malentendu. Aucune marge de dumping individuelle n’a été attribuée à Dika à aucun moment de la présente enquête. Comme expliqué au considérant 98 ci-dessous, la Commission a décidé, au moment de l’information finale, de fixer un taux de droit individuel pour Dika en indiquant séparément la société et son taux de droit dans les sections correspondantes du présent règlement. Ce taux de droit individuel a été fixé au niveau du taux de droit résiduel, qui n’était pas fondé sur les propres données de Dika. De même, les marges de dumping et de préjudice applicables à Dika mentionnées dans le présent règlement ont été fixées au niveau des marges résiduelles de dumping et de préjudice, et non sur la base des données propres à Dika. L’argument de Dika a par conséquent été rejeté. |
| (47) | Dika a également affirmé qu’au lieu de lui appliquer le taux de droit résiduel, la Commission aurait dû construire la valeur normale sur la base du coût de fabrication de Dika et de la composition spécifique du type de produit, qu’il aurait ensuite fallu comparer au prix à l’exportation vérifié de Hands pour calculer la marge de dumping de Dika. |
| (48) | Cette méthodologie ne pouvait être acceptée. Premièrement, parce qu’une comparaison entre la valeur normale construite pour une société et le prix à l’exportation d’une autre société ne pourrait pas permettre d’obtenir une marge de dumping précise. Cela reviendrait à comparer une valeur fondée sur les données d’une société avec le prix à l’exportation d’une autre société. Deuxièmement, même si la Commission devait appliquer cette méthode, il n’aurait pas été possible de le faire au niveau du type de produit. Bien que les types de produits vendus par Dika coïncidassent dans une large mesure avec ceux vendus par Hands, ils ne correspondaient pas complètement. Certains types de produits vendus par Hands ne l’étaient pas par Dika, et vice versa. Une telle méthodologie ne permettrait donc pas d’obtenir une marge de dumping précise et conforme à la réalité des exportations réalisées par Dika (9). En outre, cette approche serait contraire à l’exigence de l’article 2, paragraphe 11, du règlement de base, qui prévoit explicitement que, pour calculer la marge de dumping et quelle que soit la méthode de comparaison entre la valeur normale et le prix à l’exportation choisie, les «prix de toutes les exportations» doivent être pris en compte (10). Enfin, cette méthodologie impliquerait de divulguer à Dika les données confidentielles de Hands, tant en ce qui concerne les types de produits vendus que le prix à l’exportation. Cela serait inacceptable, car Hands est le seul autre producteur connu de roues en aluminium au Maroc et est en concurrence directe avec Dika. La Commission a donc rejeté cet argument. |
3.2. Valeur normale
| (49) | Comme exposé aux considérants 52 à 65 du règlement provisoire, la Commission a construit la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphes 3 et 6, du règlement de base, en raison de l’absence de ventes intérieures du produit similaire par Hands. À la suite de l’information provisoire, l’EUWA a affirmé qu’il existait en réalité des ventes intérieures et a indiqué qu’elle en fournirait des preuves lors d’une audition. Néanmoins, les informations communiquées ultérieurement par l’EUWA n’ont pas appuyé son affirmation selon laquelle les ventes effectuées par les sociétés marocaines au Maroc pouvaient être considérées comme des ventes intérieures. Compte tenu du caractère sensible des données des entreprises concernées, l’EUWA ne disposait pas des informations pertinentes concernant les dates, les quantités ou les prix des ventes des sociétés marocaines, ni de la localisation exacte des clients auprès desquels ces ventes auraient été effectuées. |
| (50) | En outre, ni la Commission ni les parties intéressées n’ont nié le fait que Hands avait réalisé des ventes de roues en aluminium au Maroc. La localisation de Hands et des clients dans des zones économiques est la raison pour laquelle ces ventes n’ont pas été considérées comme des ventes intérieures, comme il a été conclu au considérant 60 du règlement provisoire. De plus, aucune de ces ventes n’a été effectuée au cours d’opérations commerciales normales et ne pouvait en aucun cas être utilisée pour établir la valeur normale. D’autre part, Hands a reconnu qu’elle ne réalisait pas de ventes intérieures et que la valeur normale devait être construite. La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (51) | À la suite de l’information finale, le gouvernement du Maroc a affirmé que la Commission avait commis une erreur en considérant que les ventes dans les zones économiques ne constituaient pas des ventes intérieures. À l’appui de cette affirmation, le gouvernement marocain a déclaré que, étant donné que les roues en aluminium étaient vendues à des sociétés dans les zones économiques afin d’être utilisées dans la production de nouveaux véhicules soit dans l’Union, soit au Maroc, et seraient donc consommées soit dans l’Union, soit au Maroc, ces ventes dans les zones économiques au Maroc devraient être considérées comme des ventes intérieures. Cela serait conforme à l’approche du ministère américain du commerce, qui considère que les ventes dans les zones économiques aux fins de l’utilisation dans un produit qui serait finalement exporté en dehors des États-Unis sont consommées sur le marché intérieur. |
| (52) | Toutefois, comme déjà expliqué aux considérants 53 et 54 du règlement provisoire, ce n’est pas l’approche qui a été adoptée par la Commission dans l’enquête actuelle ou dans les enquêtes précédentes. Le fait que les États-Unis adoptent une approche différente dans leurs déterminations n’est pas pertinent en l’espèce. La Commission ne considère pas les ventes entre zones économiques comme des ventes intérieures aux fins du calcul du dumping car, au moment de la vente, on ignore si le produit sera mis en libre pratique sur le marché intérieur ou s’il sera destiné à l’exportation (voir les considérants 53 et 54 du règlement provisoire). La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (53) | Le gouvernement du Maroc a également fait valoir que l’approche de la Commission était contradictoire avec son traitement des ventes dans les zones économiques exclusives de l’Union qui peuvent être soumises à des droits antidumping (11), ainsi qu’avec sa pratique consistant à inclure, dans les statistiques d’importation utilisées pour l’analyse du préjudice dans les enquêtes antidumping, les importations vers des zones économiques effectuées dans le cadre des régimes de perfectionnement actif et passif. |
| (54) | Premièrement, la référence aux zones économiques exclusives n’est pas pertinente en l’espèce. Les zones économiques exclusives sont des zones qui sont déclarées comme telles par un État membre en vertu de la convention des Nations unies sur le droit de la mer. Les zones économiques visées dans la présente affaire ne sont pas de telles zones économiques exclusives et ne relèvent pas des règles citées par le gouvernement marocain (12). |
| (55) | Deuxièmement, les importations dans le cadre des régimes de perfectionnement actif et passif dans les zones économiques de l’Union sont incluses dans l’analyse du préjudice, car les marchandises importées «ne transitent pas seulement par l’Union, mais font également l’objet d’opérations de transformation à valeur ajoutée, telles que l’assemblage et la transformation, dans l’Union. Par conséquent, ces importations sont clairement en concurrence avec les produits fabriqués par l’industrie de l’Union» (13). Toutefois, les ventes à destination de zones économiques ou entre zones économiques n’ont pas pu être considérées comme des ventes intérieures, car on ignorait si le produit serait mis en libre circulation sur le marché intérieur ou destiné à l’exportation. La Commission a dès lors rejeté ces arguments. |
| (56) | À la suite de l’information provisoire, Dika et Hands ont toutes deux contesté l’utilisation des frais VAG et du bénéfice brésiliens pour la construction de la valeur normale. Hands a fait valoir que les données des entreprises brésiliennes ne devraient pas être utilisées pour établir les frais VAG et le bénéfice en vue de construire la valeur normale. La société a déclaré que la Commission n’avait fourni aucun élément de preuve à l’appui pour démontrer que les données du Brésil seraient appropriées pour la construction de la valeur normale. Au lieu de cela, Hands a proposé d’utiliser les frais VAG et le bénéfice des producteurs de roues en aluminium coréens, qui seraient considérablement plus bas. Hands a soutenu que ces données seraient plus appropriées, puisqu’elle est détenue en dernier ressort par un fabricant de roues en aluminium coréen, et que les frais VAG et le bénéfice qui en résulteraient correspondraient à ceux de l’une des deux entreprises brésiliennes utilisées par la Commission. |
| (57) | Dika a affirmé que les données de l’une des entreprises brésiliennes ne devraient pas être prises en considération, étant donné que la Commission a utilisé les comptes consolidés, lesquels incluaient les résultats de filiales dans d’autres pays et concernant d’autres produits que les roues en aluminium. Hands et Dika ont tous les deux fait valoir que les frais VAG pour l’une des entreprises brésiliennes avaient été mal calculés. |
| (58) | Au vu des arguments avancés concernant l’utilisation des données brésiliennes pour la construction de la valeur normale, la Commission a réévalué la méthode qu’elle avait appliquée au stade provisoire. La Commission a exprimé son désaccord par rapport à l’affirmation de Hands selon laquelle la République de Corée serait, vis-à-vis du Maroc, un pays de substitution plus approprié que le Brésil. La logique de l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base est d’utiliser une méthode raisonnable pour trouver un indicateur pour les frais VAG et le bénéfice du producteur-exportateur faisant l’objet de l’enquête. Le texte introductif de l’article 2, paragraphe 6, du règlement de base ainsi que les points a) et b) dudit article indiquent une claire préférence pour les données relatives à la production et aux ventes sur le marché intérieur d’origine. Au titre de l’article 2, paragraphe 6, point c), un marché de substitution raisonnable pour le marché intérieur serait donc idéalement proche de ce dernier, par exemple, en matière de développement économique, étant donné que cela entraîne des conséquences sur le niveau des coûts et des bénéfices des entreprises. Si le Brésil a été considéré comme légèrement plus développé sur le plan économique que le Maroc, la Corée, en tant qu’économie hautement développée, ne pouvait pas être considérée comme un pays de substitution raisonnable pour le Maroc (14). |
| (59) | Toutefois, la Commission a considéré qu’il était plus raisonnable d’utiliser les données disponibles pour le producteur ayant coopéré à l’enquête, à savoir Hands, plutôt que les données des producteurs de roues en aluminium brésiliens. Les frais VAG pour Hands ne pouvaient pas être utilisés pour la construction de la valeur normale conformément au texte introductif de l’article 2, paragraphe 6, du règlement de base, étant donné que ce producteur-exportateur ne réalisait pas de ventes intérieures au cours d’opérations commerciales normales. Néanmoins, la Commission a estimé que les frais VAG pour toutes les ventes effectuées par Hands seraient une option raisonnable pour constituer un indicateur des frais VAG liés aux ventes intérieures de ce dernier. En outre, l’enquête n’a pas révélé de différences entre les frais VAG pour les ventes intérieures et les frais VAG pour les ventes à l’exportation, étant donné que tous les coûts pertinents étaient répartis sur le chiffre d’affaires. De plus, le nombre de ventes effectuées au Maroc par Hands était si faible qu’il n’était pas possible de procéder à une comparaison valable. Les données de Hands ont été vérifiées et concernaient des ventes réalisées par une entreprise située au Maroc, qui produit et vend uniquement des roues en aluminium. Par ailleurs, ces données ne couvraient que la période d’enquête. La Commission juge moins acceptable d’utiliser les données brésiliennes, vu que les informations disponibles qu’elles contenaient dataient de 2019 et se rapportaient à de multiples produits et sites de production dans plusieurs pays. Les frais VAG ainsi établis sur la base des propres données de Hands, ajustées pour les pièces n’étant pas directement liées à la fabrication du produit concerné et celles qui n’ont pas été produites, s’élevaient à [12 %-16 %]. |
| (60) | À la suite de l’information finale, Hands a réitéré son affirmation selon laquelle la Corée serait le choix le plus approprié pour déterminer le niveau des frais VAG et du bénéfice pour construire la valeur normale de Hands, puisque ces données concernaient la société mère coréenne de Hands. Le fait que la Corée ne présente pas un niveau de développement économique semblable à celui du Maroc n’est pas pertinent, selon Hands, puisque le développement économique d’un autre pays n’est pertinent que si l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base est appliqué en cas de distorsions significatives, ce qui n’est pas le cas du Maroc. |
| (61) | La Commission n’était pas de cet avis. Bien que l’expression «niveau de développement économique semblable» soit utilisée à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, cela ne signifie pas que le niveau de développement économique ne peut pas être un facteur pertinent pour déterminer si un pays autre que le Maroc serait un pays de substitution raisonnable pour établir un niveau approprié de frais de vente, dépenses administratives et autres frais généraux au titre de l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base. La Commission a estimé que l’utilisation de données provenant de producteurs de roues en aluminium dans une économie hautement développée serait moins appropriée que l’utilisation de données provenant d’un pays ayant un développement économique plus semblable, comme expliqué au considérant 58 ci-dessus. |
| (62) | Hands a également affirmé que la Commission n’avait répondu à aucun de ses arguments concernant les données brésiliennes utilisées dans le règlement provisoire. Cependant, étant donné que les propres données de Hands ont été utilisées au lieu des données brésiliennes, ces arguments sont devenus sans objet. Hands a fait valoir que la Commission avait utilisé les propres données de Hands au lieu des données brésiliennes uniquement parce que cela était plus pratique. Toutefois, comme la Commission l’a expliqué au considérant 59 ci-dessus, elle a déterminé qu’il était non pas plus pratique, mais plus raisonnable d’utiliser les propres données de Hands au lieu des données brésiliennes. En conséquence, la Commission a rejeté ces arguments. |
| (63) | À la suite de l’information finale, le gouvernement du Maroc, Dika et Hands ont exprimé leur désaccord concernant l’utilisation des frais VAG de Hands pour la construction de la valeur normale. |
| (64) | Dans leurs observations sur l’information finale, le gouvernement du Maroc et Dika ont affirmé que l’utilisation des frais VAG de Hands n’était pas conforme à l’article 2.2.2 de l’accord antidumping de l’OMC. Les deux parties ont noté que «toute autre méthode raisonnable» visée à l’article 2.2.2, point iii), de l’accord antidumping de l’OMC implique de vérifier si le montant des bénéfices se rapproche de la marge bénéficiaire qui aurait été réalisée si le produit considéré avait été vendu au cours d’opérations commerciales normales dans le pays exportateur. Les parties ont également fait observer que les frais VAG utilisés par la Commission correspondaient uniquement aux frais VAG d’exportation qui, par définition, selon Dika, ne peuvent se rapprocher de la marge bénéficiaire qui aurait été réalisée si le produit considéré avait été vendu au cours d’opérations commerciales normales au Maroc. Enfin, Dika a affirmé qu’il n’était pas possible de vérifier en pratique le fait que les frais VAG de Hands pour l’exportation constituent une base raisonnable pour ses ventes intérieures, puisque Hands n’avait pas de ventes intérieures. |
| (65) | Dans ses observations sur l’information finale, Hands a essentiellement fait valoir que l’utilisation de ses propres frais VAG était contraire au libellé et à la logique de l’article 2, paragraphe 6, du règlement de base, car Hands n’avait pas de ventes intérieures au cours d’opérations commerciales normales. Selon Hands, la Commission a eu recours à l’application de l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base pour contourner le fait qu’elle ne pouvait pas recourir à la règle générale de l’article 2, paragraphe 6, du règlement de base en vertu duquel les ventes doivent être effectuées au cours d’opérations commerciales normales. |
| (66) | La Commission a noté que la fonction générale de l’article 2, paragraphe 6, du règlement de base (et de l’article 2.2.2 de l’accord antidumping de l’OMC) est de se rapprocher de ce qu’auraient été la marge bénéficiaire et les frais VAG pour le produit similaire au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur du pays exportateur. L’expression «toute autre méthode raisonnable» figurant à l’article 2.2.2, point iii), de l’accord antidumping de l’OMC implique que l’on cherche à savoir si la détermination du montant des bénéfices et des frais VAG est le résultat d’un examen motivé des éléments de preuve disponibles. À cet égard, contrairement à ce que Dika et Hands ont affirmé, la Commission a également fait observer que, dans le cadre de l’examen de tous les éléments de preuve disponibles, elle n’a pas utilisé les frais VAG pour les ventes à l’exportation ou les frais VAG pour les ventes intérieures qui ne faisaient pas partie des opérations commerciales normales; à la place, elle a utilisé comme indicateur raisonnable les frais VAG concernant toutes les ventes effectuées par Hands. |
| (67) | La Commission jugé raisonnable, au sens de l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base [et de l’article 2.2.2, point iii), de l’accord antidumping de l’OMC], d’utiliser les frais VAG pour toutes les ventes de Hands comme indicateur de ce qu’auraient été les frais VAG pour le produit similaire au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur du pays exportateur, et ce, pour plusieurs raisons. |
| (68) | Premièrement, Hands elle-même n’a pas contesté le fait que les frais VAG de toutes ses transactions seraient semblables à ceux de ses ventes intérieures, si elle avait eu de telles ventes. Au contraire, en répartissant le total des frais VAG supportés sur le chiffre d’affaires comme expliqué au point 45 du document d’information finale, Hands a reconnu que ces coûts étaient identiques quels que soient les différents marchés géographiques sur lesquels les ventes étaient réalisées. |
| (69) | Deuxièmement, la manière dont Hands a été effectivement mise en place et dont elle a géré les ventes sur un marché soumis à des appels d’offres a également confirmé que la répartition déclarée des frais VAG (fondée sur le chiffre d’affaires indépendamment de la destination géographique du produit) reflétait la réalité. Au cours de la période d’enquête, aucune différenciation n’a pu être constatée entre les marchés en ce qui concerne le processus de vente et ses coûts correspondants, alors que certaines parties de ce processus étaient réalisées par la société mère de Hands en Corée. |
| (70) | Troisièmement, les procédures d’appel d’offres pour les roues en aluminium, y compris celles auxquelles Hands a participé, n’étaient pas divisées par marché, mais par client (par exemple, tous les appels d’offres pour les roues en aluminium vendues au constructeur automobile X, que ces roues soient livrées au final dans l’Union ou au Maroc, ont été traités par le siège du constructeur automobile X). La Commission a donc conclu qu’en ce qui concerne les frais VAG de Hands, il importait peu que l’objet d’une transaction soit destiné à être consommé au Maroc ou, par exemple, en France. Par conséquent, les frais VAG réalisés par Hands sur toutes ses transactions représentaient un indicateur raisonnable de ce qu’ils auraient été au cours d’opérations commerciales normales au Maroc. |
| (71) | À la suite de l’information finale additionnelle, Hands a fait valoir que les frais VAG n’étaient pas tous répartis sur le chiffre d’affaires, car les coûts liés au transport, par exemple, étaient fondés sur les coûts réels par marché. En outre, et pour la même raison, la référence aux processus d’appel et de soumission d’offres était prétendument injustifiée, car elle ne tenait pas compte des différentes conditions de livraison et de transport qui peuvent différer selon les marchés. Enfin, Hands a affirmé que l’activité de vente pouvait être différente pour chaque marché. Par conséquent, Hands a estimé que la Commission avait violé le règlement de base en décidant que les propres données de Hands pouvaient raisonnablement servir à construire la valeur normale de Hands. |
| (72) | Hands a omis de mentionner que ses frais VAG sur toutes ses transactions avaient été ajustés pour se rapprocher de ce que ses frais VAG auraient été pour le produit similaire au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur du pays exportateur. Comme expliqué dans l’information finale additionnelle, et comme l’a salué Hands dans ses observations ultérieures, les coûts liés au transport ont été déduits à la fois des ventes nettes et du total des frais VAG, et ils n’ont donc pas été pris en compte dans les calculs des frais VAG. Les coûts liés au transport étaient le seul élément de coût considéré par Hands dans ses frais VAG comme étant spécifique aux marchés géographiques. Pour les autres coûts liés aux ventes, aucune différence notable n’a pu être discernée entre les marchés. Le fait que certains autres coûts liés aux ventes ne soient pas directement corrélés aux procédures d’appel d’offres, comme le soutient Hands, ne signifie pas que ces coûts n’ont pas été influencés par l’organisation de ces dernières et par les relations avec les clients. Comme indiqué dans les considérants ci-dessus, la Commission a déterminé que certains coûts, tels que les coûts liés au transport, étaient liés au marché, et elle a supprimé ces coûts. D’autres coûts n’étaient pas liés au marché, parce que le marché fonctionnait par appels d’offres ou parce que ces coûts étaient liés à des opérations (salaires, aspects financiers ou autres) qui, par nature et en raison de la structure de la société, n’étaient pas différenciées en fonction des marchés géographiques. En outre, la société elle-même a réparti tous les coûts non liés au transport sur le chiffre d’affaires, sans distinction entre les marchés géographiques. |
| (73) | Dans ses observations sur l’information finale additionnelle, Hands n’a pas étayé davantage son allégation de violation du règlement de base, en plus de ses affirmations concernant l’analyse par la Commission de la manière dont ses frais VAG étaient déclarés, qui sont traitées ci-dessus. Notamment, Hands n’a pas commenté l’explication donnée par la Commission au considérant 74, qui répond à cette partie des observations de Hands sur l’information finale. Hands n’a pas non plus expliqué pourquoi le chiffre des frais VAG utilisé par la Commission, qui ne comprenait pas les coûts liés au transport, n’était pas un indicateur raisonnable de ce qu’auraient été ses frais VAG pour le produit similaire au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur du pays exportateur. Enfin, outre son désaccord avec l’approche de la Commission, dans ses observations sur l’information finale additionnelle, Hands n’a pas indiqué d’autre option plus raisonnable. Il est à noter que ni Hands ni aucune autre partie intéressée n’ont commenté l’explication donnée par la Commission au considérant 75 quant à la raison pour laquelle les autres options envisagées au cours de l’enquête n’étaient pas plus raisonnables que les propres données de Hands. La Commission a dès lors rejeté ces arguments. |
| (74) | Aucune des parties intéressées n’a démontré de manière convaincante en quoi les frais VAG pour toutes les ventes ne constituaient pas un indicateur raisonnable. En ce qui concerne l’absence de ventes comparables réalisées au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur, la Commission a fait remarquer que l’objet même de l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base [ainsi que de l’article 2.2.2, point iii), de l’accord antidumping de l’OMC] était de se rapprocher de ce qu’auraient été ces frais VAG précisément en l’absence de telles ventes. Compte tenu du fait que la manière dont Hands a vendu ses roues en aluminium et réparti ses frais VAG constitue un cas particulier, tout comme le fonctionnement du marché sur lequel elle opère, la Commission a utilisé le bon indicateur. |
| (75) | Aucune partie intéressée n’a proposé d’autre option plus raisonnable. En effet, les autres options, à savoir IOCHPE MAXION S.A. au Brésil ou Hands Corporation en Corée, n’étaient pas de meilleurs indicateurs de ce qu’auraient été les frais VAG pour le produit similaire au cours d’opérations commerciales normales sur le marché intérieur du pays exportateur. Contrairement aux frais VAG de Hands, les frais VAG pris au Brésil seraient très éloignés du produit similaire (liés principalement à la vente de produits autres que les roues en aluminium). Cet aspect est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’un produit qui est vendu d’une manière très particulière, comme c’est le cas en l’espèce, au point que ces autres options doivent être écartées. En ce qui concerne l’autre option fondée sur des données coréennes, la Commission a déjà expliqué que ces données ne constitueraient peut-être pas une solution de remplacement raisonnable, compte tenu des différences de développement économique entre le Maroc et la Corée, qui peuvent avoir une incidence sur le niveau des coûts et des bénéfices des entreprises. |
| (76) | Enfin, la référence à la marge bénéficiaire utilisée dans l’établissement de la valeur normale construite par Dika semblait dénuée de pertinence. La marge bénéficiaire était fondée non pas sur les ventes de Hands, mais sur le bénéfice cible fixé pour l’industrie de l’Union et plafonné par le bénéfice normalement réalisé par d’autres exportateurs ou producteurs sur les ventes de produits de la même catégorie générale sur le marché intérieur du pays d’origine, conformément à l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base. |
| (77) | Hands a également fait plusieurs allégations concernant des erreurs dans le calcul de ses frais VAG. La Commission a accepté une allégation relative à la déduction des commissions de vente des frais VAG de Hands, et a rejeté les autres. La marge de dumping a été recalculée en conséquence. Les raisons du rejet de certaines des allégations ont été communiquées à Hands dans l’information finale additionnelle. Hands n’a apporté aucune information nouvelle à l’appui de ces arguments dans ses observations à la suite de l’information finale additionnelle. |
| (78) | À la suite de l’information finale additionnelle, Hands a également renvoyé à ses observations antérieures sur l’information finale, dans lesquelles elle soutenait que la Commission n’aurait pas dû utiliser une formule pour convertir le ratio des frais VAG sur le chiffre d’affaires en un ratio des frais VAG par coût des marchandises vendues, mais plutôt calculer directement les frais VAG sur le coût réel vérifié des marchandises vendues de Hands. Cette allégation reposait néanmoins sur un malentendu, car la Commission n’a pas fondé son calcul des frais VAG sur le coût des marchandises vendues, mais sur le coût de fabrication. En outre, Hands n’a pas expliqué pourquoi l’utilisation du coût de fabrication, par opposition à l’utilisation du coût des marchandises vendues, n’était pas appropriée. La Commission a donc rejeté cet argument. Les calculs pertinents ont été présentés dans l’information finale et expliqués dans l’information finale additionnelle. Premièrement, la Commission a déterminé, sur la base des coûts réels de Hands, le montant total des frais VAG, qui a ensuite été exprimé en pourcentage de la valeur totale des ventes. Le pourcentage des frais VAG a ensuite été ajouté, avec le pourcentage du bénéfice, au coût de fabrication afin de construire la valeur normale. |
| (79) | À la suite de l’information provisoire, l’EUWA a contesté la méthode utilisée pour construire la valeur normale, étant donné que le droit antidumping en résultant ne remédierait pas au dumping préjudiciable subi par l’industrie de l’Union. Au lieu de cela, elle a fait valoir que le bénéfice cible des producteurs de l’Union fixé au considérant 160 du règlement provisoire devrait être utilisé dans les calculs du dumping, car cela se solderait par une valeur normale plus raisonnable. |
| (80) | La Commission a exprimé son désaccord par rapport à l’argument de l’EUWA selon lequel le résultat des calculs justifiait l’utilisation d’un bénéfice plus élevé pour construire la valeur normale. Elle a cependant décidé de ne plus utiliser les données brésiliennes dans ses calculs, comme expliqué aux considérants 44 et 45 ci-dessus, mais d’avoir plutôt recours aux propres données vérifiées de Hands pour calculer les frais VAG au Maroc. En revanche, il n’a pas été possible de déterminer un bénéfice raisonnable pour Hands sur la base de ces données vérifiées, étant donné que les ventes de la société n’étaient pas rentables durant la période d’enquête. La Commission a plutôt décidé d’utiliser la marge bénéficiaire de base établie pour l’industrie de l’Union dans des conditions normales de concurrence comme option de remplacement raisonnable pour les raisons évoquées ci-dessus. |
| (81) | L’Union et les producteurs de roues en aluminium marocains vendent tous aux mêmes clients sur un marché homogène, sur lequel ils rivalisent dans le cadre des mêmes appels d’offres, et disposent d’usines à l’organisation similaire et en particulier aux coûts semblables. On s’attendrait donc à ce qu’ils génèrent des bénéfices comparables dans des circonstances analogues. Pour le calcul de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base, la Commission a dès lors utilisé la marge bénéficiaire de base de 7,9 % telle qu’établie au considérant 158 du règlement provisoire, à laquelle elle a appliqué un plafond comme l’exige l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base. |
| (82) | À cet égard, l’EUWA a affirmé que l’article 2, paragraphe 6, point c), du règlement de base laisse la Commission libre de ne pas appliquer de plafond compte tenu des circonstances spécifiques de l’affaire. D’après l’EUWA, la Commission n’a pas eu recours à un produit de la même catégorie générale que les roues en aluminium pour la fixation du plafond. La catégorie de produit utilisée par la Commission est destinée à une transformation ultérieure par des industries en aval, comme l’atteste le fait que les roues en aluminium et les produits utilisés par la Commission sont classés dans la nomenclature statistique sous des volets différents. Selon l’association, ces produits ne pouvaient donc pas être considérés comme relevant de la même catégorie générale. En réalité, elle a affirmé qu’il n’y a absolument pas de vente de produits relevant de la même catégorie générale que les roues en aluminium au Maroc. |
| (83) | L’EUWA a ensuite soutenu que la Commission n’était pas tenue d’appliquer le plafond en l’absence de ventes de produits de la même catégorie générale sur le marché intérieur du pays d’origine. En outre, elle a avancé que la fixation du plafond est simplement destinée à éviter l’utilisation de niveaux de bénéfice excessivement élevés dans les calculs de la valeur normale. L’association a déclaré que, de son point de vue, une marge bénéficiaire de 8,3 % (le bénéfice cible non préjudiciable établi dans le règlement provisoire) ne serait pas excessive, tandis qu’un bénéfice plafonné à 4,16 %, tel qu’appliqué par la Commission, était insuffisant. |
| (84) | La Commission a rejeté cet argument, étant donné que l’utilisation du plafond est requise par le règlement de base et est également appuyée par plusieurs rapports du groupe spécial (15) de l’Organe de règlement des différends de l’OMC. Contrairement à ce qu’avance l’EUWA, la Commission ne dispose ainsi pas de marge d’appréciation quant à la décision de ne pas appliquer le plafond. |
| (85) | Cependant, dans le respect de son obligation d’appliquer un plafond pour le bénéfice, la Commission dispose d’une large marge d’appréciation quant à la fixation de ce plafond. L’EUWA a commenté la pertinence de la catégorie générale appliquée par la Commission dans le règlement provisoire, mais n’a suggéré aucune autre façon plus appropriée de procéder. Le simple fait que le plafond pour le bénéfice est insuffisamment élevé de l’avis de l’industrie de l’Union ne signifie pas que le plafond en soi n’est pas raisonnable, approprié ou correct. Par conséquent, les parties n’ayant pas suggéré d’autres méthodes de calcul plus adaptées, la Commission a maintenu le plafond pour le bénéfice à 4,16 %, comme il a été établi au considérant 64 du règlement provisoire. |
| (86) | Après l’information finale, l’EUWA a réitéré son argument selon lequel un niveau de bénéfice (le plafond du bénéfice) trop faible avait été utilisé dans la construction de la valeur normale. Néanmoins, étant donné que l’association n’a pas fourni de nouvelle information et n’a proposé aucune méthode de remplacement pour établir le plafond du bénéfice, la Commission a rejeté cet argument. |
3.3. Prix à l’exportation
| (87) | Les détails du calcul du prix à l’exportation ont été exposés aux considérants 66 à 68 du règlement provisoire. En l’absence d’observations concernant cette méthode, la Commission a confirmé ses conclusions provisoires. |
3.4. Comparaison
| (88) | À la suite de l’information provisoire, aucune partie intéressée n’a formulé d’observation sur la méthode utilisée pour comparer le prix à l’exportation avec la valeur normale construite. Dès lors, la Commission a confirmé les considérants 69 et 70 du règlement provisoire. |
3.4.1. Marge de dumping
| (89) | La Commission a révisé les marges de dumping à la suite des arguments avancés par les parties intéressées comme indiqué aux considérants 57 à 59 et 77. Outre ces allégations, Dika et l’EUWA ont contesté la méthode utilisée par la Commission pour établir le droit résiduel. |
| (90) | À la suite de l’information provisoire, Dika a soutenu que le droit résiduel fixé était trop élevé. En utilisant les plus hautes marges de dumping en tant que données disponibles, la Commission a pénalisé Dika pour sa non-coopération. D’après cette dernière, cela est interdit par l’article 18 du règlement de base ainsi que par les dispositions de l’OMC correspondantes. |
| (91) | Or, le groupe spécial de l’OMC a précisé dans un autre différend de l’OMC (Canada — Tubes soudés) qu’«[i]l peut y avoir une distinction subtile entre, d’une part, le fait d’inciter à la coopération et d’empêcher le contournement et, d’autre part, le fait de punir les exportateurs qui ne coopèrent pas» (16). À cet égard, on ne peut «all[er] au-delà de ce qui [est] approprié et nécessaire pour atteindre les objectifs d’encouragement de la coopération et de prévention du contournement» (17). La Commission estime qu’il s’agit précisément de l’objectif de la méthode qui a été utilisée dans le règlement provisoire. Il est expliqué au considérant 73 dudit règlement que la Commission a appliqué la marge de dumping la plus élevée constatée pour les types de produit vendus en quantités représentatives par Hands, qui représentent environ 50 % de toutes les exportations de ce producteur vers l’Union. |
| (92) | En sélectionnant les types de produit représentant 50 % des exportations réalisées par Hands vers l’Union, la Commission a appliqué une méthode raisonnable basée sur une évaluation de toutes les données disponibles. Cette méthode est également conforme aux enquêtes précédentes et à ce que le Tribunal avait jugé dans son arrêt concernant les roues en acier originaires de Chine: «[S]i les requérantes qualifient la marge de dumping résiduelle de “punitive”, il est constant que cette marge a été déterminée par la Commission non pas d’une manière arbitraire ou punitive, mais après qu’elle a constaté l’échec de la technique de l’échantillonnage et qu’elle a régulièrement fait application aux requérantes de l’article 18 du règlement de base. Cette marge résiduelle a été établie sur la base d’une proportion non négligeable des exportations du seul producteur-exportateur, de sorte que l’emploi d’une telle qualification à l’égard de cette marge, aussi élevée soit-elle, n’est pas justifié» (18). La représentativité de 50 % des volumes d’exportation rapportée au considérant 57 ci-dessus est semblable ou supérieure à celle utilisée dans d’autres enquêtes antidumping (19). |
| (93) | La Commission avait calculé le droit résiduel sur la base d’une méthode établie en utilisant des données vérifiées, conformément à des enquêtes antérieures, comme expliqué au considérant 58 ci-dessus. Par ailleurs, les données utilisées pour établir le droit résiduel étaient représentatives compte tenu des informations fournies concernant les types de produit importés en provenance des entreprises marocaines. Le fait que le résultat est inférieur à ce qu’aurait souhaité l’EUWA, ou inférieur au droit fixé sur les importations en provenance de Chine, n’invalide pas cette méthode. |
| (94) | Par conséquent, la Commission a rejeté l’affirmation de Dika selon laquelle le droit résiduel était punitif et trop élevé et l’argument de l’EUWA selon lequel le droit résiduel était trop faible et récompensait la non-coopération. |
| (95) | À la suite de l’information finale, Dika a réitéré son argument selon lequel la méthode utilisée pour établir le droit résiduel était punitive et que la Commission n’a pas expliqué comment elle avait déterminé que cette méthode était appropriée ou s’appuyait sur les renseignements les plus opportuns pour établir le droit résiduel pour sa société. En outre, le producteur-exportateur a affirmé que cette méthode est interdite par un groupe spécial de l’OMC dans l’affaire Chine — AMGO dans laquelle il a été disposé que «le recours aux données de fait disponibles n’est pas censé aboutir à des marges de dumping excessives afin d’encourager les parties intéressées à coopérer». Le gouvernement marocain a avancé des arguments similaires. |
| (96) | Toutefois, le droit résiduel tel qu’établi en l’espèce n’a pas abouti à des «marges de dumping excessives». La méthode utilisée pour établir le droit résiduel a été jugée raisonnable en ce qu’elle était basée sur les marges de dumping de types de produit qui représentaient 50 % des exportations de Hands et qui étaient par conséquent très représentatifs. En outre, ces types de produit constituaient près de 25 % des exportations de Dika. La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (97) | À la suite de l’information provisoire, Dika a également argué que des marges individuelles de dumping et de préjudice devraient être calculées pour sa société, étant donné que l’article 9, paragraphe 5, du règlement de base et l’article 6.10 de l’accord antidumping de l’OMC indiquent que de telles marges individuelles devraient être calculées pour chaque fournisseur indépendamment de leur niveau de coopération. |
| (98) | Bien qu’il ait été impossible de calculer des marges individuelles sur la base des propres données de sa société, comme expliqué aux considérants 26 à 48 ci-dessus, Dika est un producteur marocain connu de la Commission, qui fera l’objet d’un droit antidumping spécifique à la société au niveau du droit résiduel. La Commission a donc accepté cet argument dans la mesure où elle a décidé de fixer un taux de droit individuel pour Dika en indiquant séparément la société et son taux de droit dans les sections correspondantes du présent règlement. |
| (99) | Dans ses observations concernant l’information finale, Dika a également demandé de nouveau à obtenir les calculs des marges de dumping et de préjudice ainsi que les calculs de sous-cotation des prix et du blocage des prix pour sa société. Elle a fait valoir que la non-divulgation de ces calculs l’avait empêchée de présenter une offre d’engagement de prix et l’avait privée de la possibilité de formuler des observations utiles concernant les conclusions de la Commission. |
| (100) | Néanmoins, pour les mêmes raisons que celles évoquées aux considérants 46 et 48, et comme il a été également expliqué à Dika à la suite de ces demandes de divulgation autant après l’information provisoire qu’après l’information finale, il n’était pas possible de lui communiquer spécifiquement ces informations. Étant donné qu’aucune marge individuelle de dumping ou de préjudice n’a été calculée pour Dika, il n’y avait aucun calcul à révéler. De plus, les calculs visant à déterminer le droit résiduel (applicable à Dika) étaient basés sur les données vérifiées de Hands, qui ne pouvaient pas être divulguées à Dika pour des raisons de confidentialité. Le règlement provisoire, les renseignements fournis à Dika à la suite de l’information provisoire (20), le document d’information finale et le présent règlement contiennent l’ensemble des faits et considérations sur lesquels la Commission a fondé sa proposition et sa décision d’instituer des mesures provisoires et définitives sur les roues en aluminium en provenance du Maroc ainsi que la méthode utilisée pour calculer le droit résiduel applicable à ce producteur-exportateur. La Commission a donc rejeté cet argument. |
| (101) | Les marges de dumping définitives, exprimées en pourcentage du prix CIF (coût, assurance et fret) frontière de l’Union, avant dédouanement, sont fixées comme suit:
|
4. PRÉJUDICE
4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union
| (102) | En l’absence d’arguments ou d’observations en la matière, les conclusions énoncées aux considérants 75 et 76 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.2. Consommation de l’Union
| (103) | L’ACEA a affirmé que le taux de conversion utilisé comme indiqué au considérant 78 du règlement provisoire pour établir la consommation de l’Union a été incorrectement défini pour le Maroc sur la base des informations communiquées par Hands et l’utilisateur A en ce qui concerne les importations en provenance du Maroc. L’utilisateur A était l’un des deux utilisateurs ayant coopéré à l’enquête, dont la demande d’anonymat a été acceptée par la Commission. Le taux de conversion devrait s’élever à 13,5 kg par unité, d’après l’ACEA. Pour la Turquie, l’ACEA a calculé que le taux de conversion devrait être de 9,3 kg par unité. Ce calcul a été basé sur des informations fournies par un membre de l’ACEA qui n’a pas coopéré à l’enquête (ci-après l’«utilisateur n’ayant pas coopéré à l’enquête») et n’a jamais répondu au questionnaire. |
| (104) | Pour la détermination de son taux de conversion, la Commission a utilisé les réponses au questionnaire apportées par Hands, Dika et les trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Le poids moyen pondéré par unité pour les roues marocaines a ainsi été établi sur la base des informations communiquées par les deux producteurs, à savoir Hands et Dika. Le taux de conversion établi était de 11,3 kg par unité. Par ailleurs, la Commission a fait observer que l’ACEA n’avait présenté aucun élément de preuve à l’appui concernant le taux de conversion que lui aurait fourni Hands. En tout état de cause, ce taux ne concordait pas avec les informations communiquées par Hands dans sa réponse vérifiée au questionnaire. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (105) | Après l’information finale, l’ACEA a soutenu que le taux de conversion ne devrait pas inclure les données de Dika, car les données relatives aux ventes à l’exportation de cette société ont été rejetées au titre de l’article 18 du règlement de base. |
| (106) | La Commission a exclu les données provenant de Dika pour l’établissement du taux de conversion. La valeur de 11,3 kg par unité n’en a pas été changée. Cela s’explique par l’importance relativement faible des chiffres de Dika dans l’ensemble général des données qui se rapportait non seulement à Hands, mais aussi aux trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Dika représentait seulement [10 %-15 %] du nombre total d’unités considérées. Par conséquent, le taux de conversion calculé au stade provisoire a été confirmé. |
| (107) | En ce qui concerne la Turquie, la Commission a fait remarquer que le taux de conversion calculé par l’ACEA était basé sur un poids total d’environ 1 680 tonnes, qui ne représentait que 1,7 % environ du total des importations en provenance de Turquie (environ 94 000 tonnes durant la période d’enquête). La Commission n’a donc pas considéré que ce calcul était suffisamment précis. |
| (108) | Après l’information finale, l’ACEA a mentionné une pièce recueillie sur le terrain auprès de l’utilisateur B et a également communiqué des informations supplémentaires provenant de l’utilisateur B et étayant son allégation. L’utilisateur B était l’un des deux utilisateurs ayant coopéré à l’enquête, dont la demande d’anonymat a été acceptée par la Commission. Sur la base des données recueillies auprès de l’utilisateur B et des données provenant de l’utilisateur n’ayant pas coopéré à l’enquête, l’ACEA a estimé que le poids par unité utilisé comme taux de conversion par la Commission devrait être inférieur à 11,3 kg. |
| (109) | La Commission a étudié les informations communiquées par l’utilisateur B. Ce dernier a fourni une liste de [30-45] types de produits dans laquelle étaient mentionnés la quantité totale et le poids par type de produit. La Commission a fait observer qu’une pièce justificative indiquant le poids n’avait été remise que pour un seul type de produit. Pour ce qui est des informations supplémentaires fournies par l’ACEA en ce qui concerne l’utilisateur B, la Commission n’a pas été en mesure de les vérifier en raison de leur communication tardive. En ce qui concerne les informations fournies par l’utilisateur n’ayant pas coopéré, qui se présentaient sous la forme d’une feuille de calcul récapitulative, la Commission n’a pas été en mesure de les vérifier en raison du manque général de coopération de la part de cet utilisateur, et n’a donc pas pu les prendre en considération aux fins de la présente enquête. En tout état de cause, le taux de conversion total révisé calculé par l’ACEA était basé sur un poids total d’environ 3 900 tonnes, ce qui ne représente que 4 % environ du total des importations en provenance de Turquie. |
| (110) | Dès lors, la Commission a déclaré que les différents volumes utilisés par l’ACEA, aussi bien avant qu’après l’information finale, pour l’établissement du taux de conversion ne pouvaient pas être considérés comme représentatifs du total des importations. En outre, comme indiqué au considérant 78 du règlement provisoire, la tendance du marché se dirige vers un plus grand diamètre de roue, ce qui entraîne une augmentation du poids par unité. Cette tendance a été confirmée par le taux de conversion calculé sur la base des réponses aux questionnaires. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (111) | En l’absence d’autres observations, les considérants 77 à 80 et 137 du règlement provisoire ont donc été confirmés. |
4.3. Importations en provenance du pays concerné
4.3.1. Prix des importations en provenance du pays concerné et sous-cotation des prix
| (112) | Comme indiqué au considérant 110 ci-dessus, l’argument concernant le volume a été rejeté et les prix à l’importation ont donc été confirmés. |
| (113) | Par conséquent, en l’absence d’autres allégations concernant les valeurs totales des importations, les considérants 81 à 86 du règlement provisoire ont été confirmés. |
| (114) | Après l’information finale, l’ACEA a réaffirmé que la Commission n’avait pas tenu compte des conditions de concurrence existant sur le marché des roues en aluminium de l’Union en omettant le fait que les roues des FEO sont fabriquées sur commande et en portant toute son attention sur les ventes réelles réalisées par les producteurs de roues en aluminium marocains et de l’Union au cours de la période d’enquête, au lieu d’analyser la concurrence par les prix et les pertes de ventes qui sont survenues durant les appels d’offres. Pourtant, dans une enquête précédente (21) concernant les importations de roues en aluminium, la Commission avait adopté l’approche demandée par l’ACEA. Par conséquent, l’ACEA a soutenu que toutes les analyses de prix, y compris celles relatives à la sous-cotation des prix et des prix indicatifs, devraient être effectuées au niveau des appels d’offres. |
| (115) | La Commission a examiné un argument similaire, évoqué au considérant 192 ci-dessous, concernant les calculs de la sous-cotation des prix indicatifs. En effet, la sélection d’appels d’offres pris isolément ne pouvait pas remplacer l’analyse effectuée par la Commission, étant donné que cette analyse était basée sur des données de ventes réelles complètes et dûment vérifiées, à savoir la liste des ventes par transaction et la comparaison des prix par type de produit communiquées par les producteurs de l’Union et les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. Cette liste fournissait les valeurs réelles de la quantité vendue et facturée durant la période d’enquête, qui, comme expliqué au considérant 136, s’écartent souvent de celles indiquées dans les conditions d’un appel d’offres. Contrairement à ces dernières, les données relatives aux ventes réelles incluent les remises et les rabais, différés ou non, qui ont été réellement accordés et qui concernaient la période d’enquête. En conséquence, une analyse basée sur les appels d’offres ne révélerait pas précisément les conditions de concurrence sur le marché des roues en aluminium. Qui plus est, l’ACEA n’a pas contesté le fait que les roues en aluminium produites au Maroc présentent les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles ainsi que les mêmes utilisations de base que les roues en aluminium fabriquées par l’industrie de l’Union. Ainsi, contrairement à une analyse basée sur les appels d’offres, la comparaison basée sur le type de produit a correctement fait ressortir la concurrence sur les prix et les volumes entre les importations en provenance du Maroc et les ventes de l’industrie de l’Union afin d’établir la sous-cotation des prix et des prix indicatifs. Comme indiqué dans ses observations, l’ACEA a expliqué que les contrats d’appel d’offres mentionnaient et donnaient une approximation du nombre de roues à livrer, alors que le nombre exact est généralement convenu quelques semaines avant la livraison, et que le succès d’un modèle de voiture donné dépend des consommateurs et influe donc sur le volume de production des roues en aluminium. Chaque modèle de voiture peut être équipé de plusieurs types de roues en aluminium et les constructeurs automobiles ne sont pas en mesure de prédire le total des ventes de chaque type tout au long du cycle de production de ce modèle de voiture. Même si la Commission venait à prendre en considération les effets sur les prix au niveau des appels d’offres, elle a constaté que les données reçues concernant les appels d’offres étaient incomplètes, étant donné qu’elles provenaient uniquement de deux utilisateurs ayant coopéré à l’enquête et ne pouvaient donc pas être entièrement recoupées avec les données fournies par l’industrie de l’Union. En outre, l’un des plus grands utilisateurs n’a pas coopéré à l’enquête, et il n’a pas été possible de vérifier les données partielles que l’ACEA avait reçues de sa part. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (116) | Après l’information provisoire, l’ACEA a affirmé que les roues en aluminium présentant les mêmes caractéristiques ne sont pas substituables étant donné que chaque roue en aluminium est fabriquée à la suite d’une commande d’un constructeur automobile pour un modèle de voiture spécifique. La conception ainsi que les propriétés et la finition sont toutes définies par l’acheteur. Comme chaque roue est propre au constructeur automobile qui l’a commandée, il n’existe pas de substituabilité entre les roues en aluminium destinées à différents constructeurs automobiles. |
| (117) | La Commission a considéré que toutes les roues en aluminium, qu’elles soient originaires de l’industrie de l’Union ou du Maroc ou d’autres pays tiers, partagent les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base. Comme cela a été révélé au cours de l’enquête et expliqué par l’ACEA après l’information finale, tous les producteurs certifiés auprès de certains constructeurs automobiles peuvent se faire concurrence et fournir exactement le même type de roues aux constructeurs automobiles. Par exemple, un document remis par l’ACEA indique que plusieurs producteurs certifiés situés dans l’Union, au Maroc, en Turquie et dans d’autres pays tiers se sont fait concurrence pour fournir le même type de roues en aluminium. Si nécessaire, il est possible de monter des roues de divers types, et pas uniquement les roues en aluminium définies dans les appels d’offres, sur un certain modèle de voiture. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (118) | Après l’information finale, l’ACEA a réitéré son argument selon lequel il n’existe aucune interchangeabilité entre différents types de roues, étant donné que l’enquête concerne les roues des FEO et que ces dernières sont par définition des roues produites par un fabricant pour une marque spécifique de voiture et qui portent les signes distinctifs protégés par les droits de propriété intellectuelle de cette marque. Les roues en aluminium concourent entièrement à l’aspect général et au design d’une voiture et doivent être identiques pour chaque voiture d’un modèle spécifique. |
| (119) | L’ACEA a également affirmé que la Commission ne disposait d’aucun élément de preuve indiquant que divers types de roues, et pas uniquement les roues en aluminium définies dans les appels d’offres, peuvent être montés sur un certain modèle de voiture. Les roues en aluminium concourent entièrement à l’aspect général et au design d’une voiture et doivent être identiques pour chaque voiture d’un modèle spécifique. Les consommateurs perdent d’ailleurs leur garantie s’ils remplacent les roues en aluminium par des pièces ne provenant pas du FEO. L’association a corroboré cette affirmation concernant la garantie en s’appuyant sur deux documents émanant de deux constructeurs automobiles. |
| (120) | La Commission a fait observer que l’ACEA n’a pas affirmé ou fourni d’éléments de preuve supplémentaires indiquant que toutes les roues en aluminium, qu’elles soient originaires de l’industrie de l’Union ou du Maroc ou d’autres pays tiers, ne partageaient pas les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base. Elle a également estimé que, bien que certaines limitations techniques ne permettent pas le montage de tous les types de roues sur tous les types de modèles de voiture, il existe un certain degré d’interchangeabilité entre les roues en aluminium utilisées pour différents modèles de voiture. Par exemple, un constructeur automobile peut décider de moderniser un modèle de voiture en travaillant sur les pièces externes du véhicule, ce qui peut inclure le modèle de conception des roues en aluminium. Cependant, la plupart des caractéristiques techniques de la plateforme de la voiture restent identiques. Dès lors, si nécessaire, un constructeur automobile peut monter sur cette voiture des roues en aluminium fabriquées selon l’ancien modèle de conception. Les producteurs de roues en aluminium sont par conséquent tenus de conserver les anciens moules des années après la fin de la production de ce modèle dans leurs locaux. Cette affirmation a été confirmée par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, qui ont remporté l’appel d’offres pour fournir des roues en aluminium destinées à un certain modèle de voiture et, ultérieurement, pour le même modèle de voiture redessiné. |
| (121) | Pour ce qui est de l’argument portant sur la garantie, la Commission a premièrement fait observer que l’un des documents d’exclusion de garantie fournis ne contenait aucune exigence concernant les types de roues à utiliser. Deuxièmement, les éléments de preuve fournis concernaient uniquement la période de garantie, et pas la durée de vie utile complète d’une voiture. Troisièmement, le fait qu’il existe également un marché de l’après-vente pour les roues en aluminium semblait indiquer que la condition d’utiliser des pièces FEO pour les réparations n’était pas systématiquement respectée après la fin de la période de garantie et était techniquement et légalement autorisée. Enfin, l’un des deux documents fournis par l’ACEA concernait le marché des États-Unis, tandis que l’autre n’indiquait pas clairement s’il portait sur le marché de l’Union. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (122) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé que les caractéristiques techniques du type de produit (désignées sous le terme «numéro de contrôle de produit» ou «NCP») n’incluaient pas toutes les caractéristiques d’un projet de roue en aluminium spécifique ni tous les aspects financiers d’un appel d’offres donné. De ce fait, le numéro de contrôle de produit ne garantissait pas la comparabilité des roues comparées et compromettait ainsi l’exactitude de l’analyse du prix et du volume respectifs. |
| (123) | La Commission a estimé que la définition du numéro de contrôle de produit incluait les principales caractéristiques d’une roue en aluminium: son processus de production (roues moulées standard, sans fluotournage ou roues fluoformées ou forgées ou en deux ou trois parties), son diamètre et son poids, si elle a fait l’objet ou non d’un traitement thermique, son type de finition, si elle dispose ou non d’un insert, et si elle est équipée ou non d’un pneu. Aucune des parties prenantes ayant coopéré à l’enquête n’a formulé d’observations sur la définition du numéro de contrôle de produit au cours des procédures. L’ACEA n’a pas expliqué quelle caractéristique supplémentaire devrait être incluse. En outre, comme indiqué au considérant 115 ci-dessus, la Commission a conclu que les documents relatifs aux appels d’offres ne contenaient pas les informations nécessaires pour la détermination des effets sur le prix et le volume des importations faisant l’objet d’un dumping. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (124) | Après l’information finale, l’ACEA a fait valoir que ni le fichier non confidentiel ni le document d’information ne contenaient d’éléments étayant la sous-cotation des prix et le blocage des prix significatifs constatés. La Commission a fait observer que les considérants 90 et 91 du règlement provisoire exposaient les analyses et la quantification de la sous-cotation des prix qu’elle a réalisées ainsi que ses conclusions concernant le blocage des prix. De plus, le calcul détaillé de la sous-cotation des prix a été divulgué aux producteurs-exportateurs ayant coopéré à l’enquête, qui ont pu présenter leurs observations sur l’exactitude de ce calcul. De ce fait, la Commission a rejeté cet argument. |
| (125) | En l’absence d’autres affirmations concernant la sous-cotation et les effets sur les prix, les considérants 87 à 91 du règlement provisoire ont été confirmés. |
4.4. Situation économique de l’industrie de l’Union
4.4.1. Remarques générales
| (126) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 92 à 96 du règlement provisoire. |
4.4.2. Indicateurs macroéconomiques
4.4.2.1.
| (127) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 97 à 99 du règlement provisoire. |
4.4.2.2.
| (128) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 100 à 102 du règlement provisoire. |
4.4.2.3.
| (129) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 103 et 104 du règlement provisoire. |
4.4.2.4.
| (130) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 105 à 107 du règlement provisoire. |
4.4.2.5.
| (131) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 108 à 110 du règlement provisoire. |
4.4.3. Indicateurs microéconomiques
4.4.3.1.
| (132) | En ce qui concerne le considérant 113 du règlement provisoire, l’ACEA a affirmé que les prix jouent certainement un rôle, mais que d’autres aspects sont tout aussi importants dans la sélection d’un fournisseur de roues en aluminium. Par ailleurs, elle a assuré qu’il était fondamentalement erroné de prétendre que les producteurs de l’Union doivent s’aligner sur les prix des producteurs marocains durant la procédure d’appel d’offres. |
| (133) | La Commission a observé qu’il existait un déséquilibre de pouvoir de négociation entre les constructeurs automobiles et les producteurs de roues en aluminium. Le nombre de constructeurs automobiles est restreint et s’est encore réduit en janvier 2021 avec la création du groupe Stellantis. Le pouvoir de négociation des constructeurs automobiles est démontré par les conditions observées dans les appels d’offres, qui sont en leur faveur. Par exemple, les constructeurs automobiles ne garantissent pas les quantités nécessaires à fournir et donc à fabriquer par les producteurs de roues en aluminium, et ils ne donnent pas la possibilité de revoir à la hausse le prix de vente (à l’exception des coûts de l’aluminium qui sont indexés) au cours de la durée de vie du projet. Ces conditions ont des conséquences négatives pour les producteurs de roues en aluminium, étant donné que ces derniers ne sont pas en mesure d’optimiser la charge de travail des installations de production et donc d’atteindre une économie d’échelle optimale pour maximiser leur rentabilité. La position favorable des constructeurs automobiles est renforcée par la surcapacité observée sur le marché des roues en aluminium, comme expliqué au considérant 122, en raison de l’établissement des producteurs marocains. |
| (134) | En outre, au cours de l’enquête, la Commission a reçu de la part de constructeurs automobiles des informations indiquant que le prix jouait un rôle essentiel. L’utilisateur B a expliqué que le prix reste le critère principal et que, après réception des offres, un processus de négociation principalement axé sur les prix se déroule, donnant aux producteurs la possibilité d’améliorer leurs offres. L’EUWA a expliqué que des négociations de prix avaient fréquemment lieu durant le processus d’appel d’offres afin de permettre des ajustements de prix, qui peuvent aller dans les deux sens. De même, l’utilisateur A a expliqué que d’autres facteurs, tels que la qualité, la R & D et les capacités d’approvisionnement, sont très similaires d’un fournisseur de roues en aluminium à l’autre et que, par conséquent, le prix est le critère prioritaire pour déterminer le choix du fournisseur. D’autre part, au cours d’une audition avec l’ACEA, l’utilisateur n’ayant pas coopéré a confirmé lors de sa présentation que plusieurs cycles de négociation se déroulaient avec les fournisseurs, au cours desquels leurs capacités techniques, l’évaluation de la qualité, la logistique, la capacité de production, etc. sont vérifiées mais, surtout, durant lesquels les producteurs doivent soumettre leur meilleure offre de prix. De plus, comme cela a été établi aux considérants 90 et 91 du règlement provisoire, l’industrie de l’Union n’a pas pu augmenter ses prix malgré l’augmentation de ses coûts dans le contexte d’une sous-cotation des prix et d’un blocage des prix importants, ce qui a montré que les producteurs-exportateurs marocains exerçaient une pression sur les prix pratiqués par les producteurs de l’Union durant la période d’enquête. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (135) | L’ACEA a affirmé qu’il était suggéré à tort dans le règlement provisoire que les contrats sont renégociés chaque année et que les producteurs de roues en aluminium de l’Union peuvent d’une façon ou d’une autre augmenter leurs prix afin de tenir compte de l’augmentation des prix des matières premières. L’ACEA a expliqué que le mécanisme de tarification prévu par les contrats d’achat de roues en aluminium était basé sur une formule dans laquelle seule l’évolution des coûts des lingots d’aluminium était un élément variable. Ainsi, les factures de vente ne sont pas révélatrices des conditions du marché, mais plutôt des clauses contractuelles. |
| (136) | La Commission a confirmé que les contrats ne prévoyaient généralement pas de possibilité d’augmenter les prix au cours de la durée de vie d’un projet pour couvrir les coûts, à l’exception des coûts des lingots d’aluminium, et d’améliorer la rentabilité du fournisseur. Au considérant 113 du règlement provisoire, la Commission n’a pas soutenu qu’il existe une possibilité pour les producteurs de roues en aluminium d’augmenter leurs prix de vente au cours de la durée de vie d’un projet: elle a expliqué que ces producteurs n’ont pas été en mesure d’augmenter leurs prix lors de la négociation de nouveaux appels d’offres au cours de la période d’enquête. En outre, la Commission a recueilli, auprès des utilisateurs et producteurs de l’Union, des éléments prouvant que les constructeurs automobiles négociaient divers types de remises et de rabais au cours de la durée de vie d’un projet, tels que des remises calculées sur le chiffre d’affaires global annuel, etc. Par conséquent, il n’est pas exact de prétendre que les prix sont fixés (à l’exception de l’indexation de l’aluminium) pour la durée de vie complète d’un projet. En réalité, les prix pouvaient varier à cause de l’indexation de l’aluminium, mais ne pouvaient pas être augmentés davantage afin de prendre en compte d’autres coûts, tels que la main-d’œuvre, l’énergie, les matières premières ou les frais généraux. Par ailleurs, il arrive que les prix de vente réels baissent tout au long de la durée de vie du projet en raison des divers rabais et remises qui ont été accordés. Pour l’un des utilisateurs, le montant des rabais ou remises consentis par le producteur de roues en aluminium s’est révélé élevé. Par conséquent, les prix ne sont pas uniquement fixés en fonction du contrat initial. Cet argument a dès lors été rejeté. |
| (137) | Après l’information finale, l’ACEA a réitéré son argument selon lequel les prix étaient uniquement déterminés sur la base du contrat initial, étant donné que des remises de productivité étaient fixées dans le contrat et qu’aucune remise de ce type n’était accordée en dehors des dispositions contractuelles. En outre, l’association a affirmé que la Commission ne disposait d’aucun élément de preuve positif dans le dossier indiquant que les prix n’étaient pas uniquement déterminés dans le contrat initial. Enfin, l’ACEA a soutenu que les éléments de preuve recueillis auprès des utilisateurs n’étayaient pas cette conclusion et, en particulier, que l’élément de preuve mentionné dans le considérant ci-dessus était une note de crédit anecdotique émise par un fournisseur de pays tiers et concernant des roues originaires d’un pays tiers. |
| (138) | Premièrement, la Commission a relevé qu’aucun des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ou des utilisateurs ayant coopéré n’a formulé d’observations sur l’information finale et n’a donc remis en question l’évaluation décrite au considérant 136, qui était basée sur les éléments de preuve vérifiés et recueillis auprès d’eux. |
| (139) | Deuxièmement, sur la base des observations de l’ACEA et des documents fournis, la Commission a constaté que l’association faisait référence, dans ses observations, à la version confidentielle des rapports de mission des utilisateurs ayant coopéré, qui sont membres de l’ACEA, et par conséquent aux éléments de preuve recueillis durant les visites de vérification chez ces utilisateurs. C’est ce qui est clairement ressorti des diverses références aux rapports de mission confidentiels des utilisateurs en question qu’a mentionnées l’ACEA dans ses communications. En particulier, la Commission a mentionné les livres comptables extraits du système de l’utilisateur B, qui contenaient une liste de différents types de rabais/remises. Durant la visite de vérification, l’utilisateur B a expliqué que les réductions de prix sont directement appliquées sur le prix de vente. Par conséquent, tous les autres types de rabais/remises enregistrés dans la comptabilité devraient être considérés comme des rabais/remises supplémentaires. |
| (140) | Par ailleurs, la Commission a recueilli des éléments de preuve provenant des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon et indiquant que les utilisateurs demandaient divers types de rabais/remises, tels que des rabais annuels, etc. Elle n’a pas jugé possible de divulguer des informations plus détaillées, étant donné que les renseignements récoltés auprès des deux utilisateurs et de l’industrie de l’Union concernaient des transactions individuelles spécifiques constituant des données qu’il n’était pas possible de résumer au sens de l’article 19, paragraphe 2, du règlement de base. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (141) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé que des éléments de preuve suffisants avaient été fournis pour démontrer que les fournisseurs de roues en aluminium se voient attribuer leurs volumes d’approvisionnement dans les appels d’offres et qu’aucun volume d’approvisionnement n’est attribué en dehors des appels d’offres. En tout état de cause, d’après cette partie, il n’y a aucun élément de preuve dans le dossier, et il n’existe aucune preuve, indiquant qu’après l’attribution d’une offre et au cours de l’exécution d’un contrat signé à la suite d’un tel appel d’offres, les volumes attribués au producteur de l’Union seraient redistribués en faveur d’un fournisseur marocain. L’ACEA a fait valoir que la vérification sur site d’un utilisateur ayant coopéré a permis de recueillir des éléments de preuve indiquant que le volume des livraisons convenu dans le contrat signé à la suite de la clôture d’un appel d’offres était généralement un bon indicateur du volume de livraisons réel à venir. |
| (142) | La Commission a estimé que l’ACEA a confirmé les conclusions décrites au considérant 157, selon lesquelles «ces producteurs n’ont aucune garantie en ce qui concerne le volume qui leur sera attribué en définitive». Comme indiqué par l’ACEA dans ses observations et sur la base du rapport de vérification de l’utilisateur A, «les fournisseurs font une offre de prix pour un volume: les volumes ne sont pas garantis, mais les fournisseurs ont une idée des volumes pour lesquels ils offrent un prix. Si après la fin du projet (plusieurs années plus tard), les volumes sont nettement plus faibles qu’escompté, les fournisseurs pourraient recevoir une compensation pour l’équipement non amorti». Alors que le volume de référence était indiqué, le contrat type ne mentionnait pas la date exacte de livraison et le volume de ventes prévu. Comme indiqué par l’ACEA dans ses observations: «Le nombre exact de roues à fournir est habituellement convenu dans les 4 à 8 semaines précédant la livraison à la chaîne de montage.». Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (143) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé que, comme l’a reconnu l’EUWA, une pratique plus courante consiste à attribuer un marché concernant un certain projet de roues en aluminium à un seul fournisseur plutôt qu’à deux ou plusieurs fournisseurs. Sur la base des appels d’offres organisés par trois membres de l’ACEA au cours de la période d’enquête (l’utilisateur n’ayant pas coopéré et les deux utilisateurs ayant coopéré), rares sont les cas où des appels d’offres ont été remportés simultanément par deux fournisseurs. La plupart des appels d’offres ont été remportés par un seul fournisseur, ce dernier obtenant dès lors la quantité approximative indiquée dans l’appel d’offres. Quand un appel d’offres est remporté par un seul fournisseur, il n’est pas possible de réattribuer l’approvisionnement à un autre prestataire. |
| (144) | La Commission a examiné la feuille de calcul récapitulative fournie par l’ACEA à cet égard. Premièrement, la liste des appels d’offres fournie concernait uniquement des appels d’offres conclus durant la période d’enquête. Ils ne portaient donc pas sur des livraisons réelles survenues au cours de la période d’enquête, étant donné que le début estimé de la livraison dans le cadre des appels d’offres en question était prévu à une date postérieure à la période d’enquête. Deuxièmement, la Commission a relevé que la plupart des appels d’offres énumérés dans la liste étaient mentionnés par l’utilisateur n’ayant pas coopéré (environ 85 %). En raison de la non-coopération de cet utilisateur, la Commission n’a pas été en mesure de vérifier si cette liste était exacte, si elle incluait tous les appels d’offres et si elle pouvait couvrir les besoins annuels de ce constructeur automobile. Nonobstant cette conclusion, la Commission a tout de même analysé les données fournies. |
| (145) | La liste des appels d’offres provenant de l’utilisateur n’ayant pas coopéré indiquait que la plupart de ces appels d’offres avaient été remportés par un seul fournisseur. Toutefois, le volume moyen pondéré de référence était plutôt faible, s’établissant à environ 50 000 unités par appel d’offres pour la durée de vie totale d’un projet, ce qui explique pourquoi un seul fournisseur se voyait attribuer l’offre en question. Néanmoins, la Commission a constaté qu’un projet avait été attribué à deux fournisseurs «en raison d’un volume élevé», comme cela a été mentionné au cours d’une audition tenue avec l’ACEA. Troisièmement, les informations relatives aux appels d’offres fournies par les utilisateurs ayant coopéré concernaient trois appels d’offres. En ce qui concerne l’utilisateur B, les données ont révélé qu’il a réparti entre deux fournisseurs un appel d’offres portant sur plus d’un million d’unités. Par ailleurs, en ce qui concerne l’utilisateur A, les données fournies par l’ACEA étaient contradictoires. En effet, d’un côté, elles indiquaient qu’un appel d’offres avait été attribué à un fournisseur et, de l’autre, dans un autre tableau concernant les offres, les mêmes quantités correspondant à cet appel d’offres ont été divisées entre deux fournisseurs. Par conséquent, la Commission a estimé que les informations fournies par l’ACEA ne contredisaient pas les conclusions formulées au considérant 157, selon lesquelles les appels d’offres peuvent être attribués à plusieurs fournisseurs en fonction de la quantité de référence, ce qui remet en question les volumes réels à livrer par chaque fournisseur tout au long de la durée de vie du projet. En outre, comme expliqué au considérant 115 ci-dessus, l’ACEA a reconnu que le volume total à fournir pouvait également dépendre du succès du modèle de voiture spécifique à produire. |
| (146) | Cet argument a dès lors été rejeté. |
| (147) | En l’absence d’autres observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 111 et 113 du règlement provisoire. |
4.4.3.2.
| (148) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 114 et 115 du règlement provisoire. |
4.4.3.3.
| (149) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 116 et 117 du règlement provisoire. |
4.4.3.4.
| (150) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 118 à 123 du règlement provisoire. |
4.4.4. Conclusion concernant le préjudice
| (151) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 124 à 129 du règlement provisoire. |
5. LIEN DE CAUSALITÉ
5.1. Effets des importations faisant l’objet d’un dumping
5.1.1. Quantité et part de marché des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance du pays concerné
| (152) | En l’absence d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 131 à 136 du règlement provisoire. |
5.1.2. Prix des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance des pays concernés et effets sur les prix
| (153) | L’ACEA a affirmé, tant après l’information provisoire qu’après l’information finale, que les importations en provenance du Maroc vendues en 2020 et au cours de la période d’enquête étaient basées sur des procédures d’appel d’offres qui ont eu lieu en 2018-2019. Dès lors, elles ne pouvaient pas avoir eu d’incidence sur les prix en 2020 ou pendant la période d’enquête, car elles ont entraîné des pertes de ventes non pas à ces périodes, mais avant, au moment des procédures d’appels d’offres. |
| (154) | La Commission a considéré que le bénéfice ou les pertes s’étaient concrétisés lors de la production ou des ventes, et non au moment de la négociation des appels d’offres. Comme expliqué plus en détail au considérant 89, il peut y avoir, au cours de la vie d’un projet, des changements de prix et de volume qui vont au-delà des termes d’un appel d’offres donné. En outre, comme expliqué au considérant 113 et aux considérants 146 à 148 du règlement provisoire, la Commission a estimé que l’incidence des producteurs marocains est due non seulement à la quantité de pertes subies sous l’effet des appels d’offres remportés par des producteurs-exportateurs marocains, mais aussi à la pression globale sur les prix exercée dans tous les appels d’offres auxquels ceux-ci ont participé. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (155) | L’ACEA a soutenu, tant après l’information provisoire qu’après l’information finale, que l’analyse de prix mentionnée au point 4.4.3.1 du règlement provisoire devrait être réalisée au niveau des appels d’offres et que, dans ce cas de figure, il n’existait pas de différence entre les prix de l’Union et les prix marocains comme indiqué dans le règlement provisoire. |
| (156) | Elle a également affirmé, aussi bien après l’information provisoire qu’après l’information finale, que la concurrence par les prix entre les fournisseurs s’exerçait durant les appels d’offres. Par conséquent, la sous-cotation des prix, le blocage des prix et la marge de sous-cotation des prix indicatifs devraient être calculés au niveau des appels d’offres et non des livraisons. Les ventes et les livraisons ne reflètent pas les conditions de concurrence actuelles. De plus, le volume des livraisons ne dépend pas des fournisseurs, mais plutôt du succès relatif d’un modèle de voiture spécifique et, par conséquent, du niveau de production. |
| (157) | La Commission a fait observer que les informations communiquées par les parties intéressées indiquaient que les prix ne restaient pas inchangés pendant toute la durée d’un certain appel d’offres. Comme expliqué au considérant 79, lors de leur négociation des appels d’offres, les producteurs de roues en aluminium doivent fournir un régime de remises sur toute la durée de vie d’un projet donné. Qui plus est, au cours de la durée de vie d’un projet, les constructeurs automobiles peuvent demander des remises supplémentaires. Par ailleurs, il n’existe aucune garantie en ce qui concerne le volume des ventes pour les producteurs de roues en aluminium. Les constructeurs automobiles peuvent sélectionner plusieurs producteurs pour un projet donné, mais ces producteurs n’ont aucune garantie en ce qui concerne le volume qui leur sera attribué en définitive. Pour chaque fabricant de roues en aluminium, le volume des livraisons dépendait non seulement du succès relatif d’un modèle de voiture spécifique, mais également de la décision des constructeurs automobiles quant à la répartition de ce volume entre les producteurs choisis. Par conséquent, comme indiqué au considérant 115, la sélection de données de soumissions individuelles ne pouvait se substituer à l’analyse effectuée par la Commission sur la base de données complètes, c’est-à-dire la liste des ventes par transaction et les comparaisons de prix sur une base type par type. Une telle comparaison reflète la plus grande quantité de données possible des transactions de vente qui ont réellement eu lieu. |
| (158) | Au vu des considérations qui précèdent, la Commission a estimé que, en l’espèce, les appels d’offres donnaient un aperçu incomplet et qu’il n’était possible de cerner parfaitement les effets sur les prix qu’en comparant toutes les importations en provenance du pays concerné avec toutes les ventes de l’industrie de l’Union par type de produit qui ont eu lieu durant la période d’enquête. De ce fait, la Commission a rejeté cet argument. |
| (159) | L’ACEA et Hands ont affirmé que, même en l’absence d’importations en provenance du Maroc, l’industrie de l’Union aurait subi un préjudice, ce qui démontrerait que les importations en provenance du Maroc n’étaient pas la cause d’un préjudice important. L’ACEA a réitéré cette affirmation après l’information finale. En particulier, les ventes de l’industrie de l’Union en 2020 et au cours de la période d’enquête seraient restées bien en dessous des niveaux de 2019 en 2020 (– 22 % en 2020 avec le Maroc et – 20 % sans le Maroc) ainsi que durant la période d’enquête (– 18 % pendant la période d’enquête avec le Maroc et – 14 % sans le Maroc). Le préjudice subi durant la période d’enquête ne pouvait pas être imputé aux importations en provenance du Maroc car, au cours de la période d’enquête prise en comparaison avec 2020, l’industrie de l’Union a en réalité davantage augmenté ses ventes (2 281 000 unités de plus) que les producteurs-exportateurs marocains (1 478 000 unités de plus). Dès lors, les importations en provenance du Maroc n’ont pas eu d’incidence sur le volume. D’autre part, les importations en provenance du Maroc n’auraient pas pu avoir d’incidence sur les prix au cours de la période d’enquête, étant donné qu’il n’existait pas de sous-cotation des prix importante dans les appels d’offres conclus durant cette période, alors que les prix de vente des importations en provenance du Maroc observés durant la période d’enquête ne pouvaient pas avoir eu d’incidence négative sur les ventes de l’industrie de l’Union datant de la même période. |
| (160) | L’ACEA a également soutenu, tant après l’information provisoire qu’après l’information finale, que la rentabilité de l’industrie de l’Union était affectée par la baisse de la production et des ventes résultant d’un recul majeur de la fabrication de voitures dans l’Union en 2020 et 2021, qui s’est à son tour traduit par un accroissement des coûts fixes. |
| (161) | La Commission a considéré que l’industrie de l’Union ne pouvait pas répercuter cette hausse des coûts fixes sur les constructeurs automobiles car, comme exposé plus haut, en vertu des contrats à long terme conclus avec les constructeurs automobiles, il n’était pas possible d’augmenter le prix pour compenser toute hausse des coûts fixes, hors indexation du coût des lingots d’aluminium. |
| (162) | Comme indiqué aux considérants 140 à 142 du règlement provisoire, la Commission a reconnu que la consommation avait baissé en 2020, ce qui était principalement dû à la pandémie de COVID-19. Néanmoins, les importations en provenance du Maroc ont eu une incidence clairement négative sur l’industrie de l’Union en 2020 et en particulier durant la période d’enquête, lorsque leurs volumes ont augmenté de manière exponentielle. Dès lors, quand les conditions ont commencé à s’améliorer durant la période d’enquête, en ce que la consommation a augmenté, l’industrie de l’Union a été forcée, à cause des importations en provenance du Maroc faisant l’objet d’un dumping qui ont entraîné une sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union de 26,9 %, de maintenir elle aussi ses prix à un niveau faible, malgré l’augmentation du coût de production. Par conséquent, en raison du blocage des prix, l’industrie de l’Union a vendu à des prix qui ne couvraient même pas son coût de production et qui lui permettaient encore moins de dégager une marge bénéficiaire normale. Cette conclusion était valable, même en supposant que les prix étaient (principalement) fixés dans des contrats à long terme, étant donné que les effets négatifs des prix plus bas des importations marocaines se sont concrétisés lorsque les livraisons réelles prévues par les contrats, négociés à une étape antérieure, ont démarré en 2020 et pendant la période d’enquête. En outre, la participation des producteurs marocains aux procédures d’appels d’offres et leur politique de tarification ont exercé sur les prix du marché une plus grande pression qui se caractérise actuellement par une offre excédentaire. Même si l’industrie de l’Union a connu une hausse de ses quantités de vente au cours de la période d’enquête, elle a continué à perdre des parts de marché en raison des importations en provenance du Maroc et, par conséquent, a vu sa situation financière se détériorer fortement. Cet argument a donc été rejeté. |
| (163) | Hands a affirmé que tout préjudice subi par l’industrie de l’Union ne pouvait pas être causé par ses exportations vers l’Union en provenance du Maroc. D’après cette société, la majorité des indicateurs de préjudice (par exemple la consommation de l’Union, la quantité de production, la capacité de production, l’utilisation des capacités, la quantité de ventes, le prix de vente) avaient déjà commencé à se détériorer entre 2018 et 2019 et ne pouvaient pas lui être imputés, étant donné que sa production a démarré en janvier 2020. Hands a avancé que son unité de production avait été construite également pour répondre à la demande croissante des marchés marocains et tiers, et pas uniquement pour approvisionner l’Union. En outre, elle a affirmé qu’une partie de ses exportations vers l’Union correspondait à une réorientation de la production de la Corée du Sud vers le Maroc. |
| (164) | Malgré la baisse de la consommation de l’Union ainsi que des ventes et de la production de l’industrie de l’Union en 2018 et 2019, l’industrie de l’Union a amélioré sa rentabilité, qui est passée de 7,5 % à 8,2 %. En conséquence, aucun préjudice n’a été constaté pendant ces années. Le préjudice a plutôt commencé à se concrétiser en 2020, au moment même où les importations provenant de Hands, parallèlement à d’autres importations en provenance du Maroc, ont commencé à entrer dans l’Union. Il convenait de noter à cet égard que, conformément à l’article 3 du règlement de base, la Commission a analysé l’effet de toutes les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance du Maroc, et pas uniquement celles de Hands. En tout état de cause, en ce qui concerne Hands, ses importations ont entraîné une sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union et ses marges de dumping et de préjudice étaient élevées durant la période d’enquête. On ne saurait donc avancer que ses importations n’ont pas contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (165) | Hands a également soutenu que les conclusions figurant dans le règlement provisoire ne corroboraient pas la thèse d’un préjudice important causé par les importations de roues en aluminium en provenance du Maroc. Cette analyse a été basée sur des données prêtant à confusion et des allégations infondées qui ne sont pas étayées dans le dossier de l’enquête et, de fait, dans les réalités commerciales du marché des roues en aluminium. |
| (166) | La Commission n’a pas été en mesure de déterminer la partie de son analyse du préjudice qui, selon cet argument, prêtait à confusion, était infondée ou ne constituait qu’une simple allégation. Les conclusions de la Commission ont été fondées sur des éléments de preuve positifs recueillis au cours de l’enquête, qui ont été mis à la disposition de toutes les parties intéressées dans le dossier et décrits dans le règlement provisoire. Cet argument a donc été rejeté. |
5.1.3. Volume des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance du pays concerné
| (167) | L’ACEA a assuré qu’il n’y avait pas eu d’augmentation notable du volume des importations marocaines au sens de l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base et que les importations marocaines occupaient une niche que les producteurs de l’Union avaient volontairement laissée libre, n’entraînant aucune incidence négative sur les volumes vendus par l’industrie de l’Union. |
| (168) | Comme expliqué au considérant 83 du règlement provisoire, les importations en provenance du Maroc ont atteint 2,5 millions d’unités au cours de la période d’enquête, alors qu’elles étaient inexistantes en 2018 et encore négligeables en 2019. Cela s’est traduit par une part de marché de 3,9 % pendant la période d’enquête. En ce qui concerne la part de marché des importations marocaines, la Commission a fait observer que l’ACEA contredisait son argument exposé au considérant 191, selon lequel les marges de sous-cotation devraient être calculées au niveau des appels d’offres lorsque la concurrence s’exerce entre les producteurs marocains et les producteurs de l’Union, démontrant qu’il existait une concurrence directe entre les importations marocaines et la production de l’Union. La Commission a donc considéré que les importations étaient importantes, aussi bien en quantités absolues que par rapport à la consommation dans l’Union, au sens de l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base. À la lumière des niveaux de prix établis, les volumes ont eu une incidence négative sur les prix de l’industrie de l’Union au sens de l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base. Par conséquent, la Commission a rejeté cet argument et confirmé ses conclusions résumées aux considérants 131 à 136 du règlement provisoire. |
| (169) | Après l’information finale, l’ACEA a réaffirmé que les importations marocaines n’avaient aucune incidence négative sur le volume de l’industrie de l’Union. Par ailleurs, elle a soutenu que la Commission n’avait pas expliqué comment des importations de roues en aluminium en provenance du Maroc représentant une part de marché de 3,9 % avaient fait baisser la production de l’Union de 17 % et ses ventes de 21 % au cours de la période considérée. |
| (170) | La Commission a fait observer que l’ACEA faisait référence à la période considérée dans son analyse, alors que, comme l’indique le considérant 162 ci-dessus, la baisse de la production de l’Union entre 2018 et 2020 était principalement due à la crise de la COVID-19. De plus, en ce qui concerne la période ultérieure à 2020 et la période d’enquête, lorsque la consommation de l’Union a augmenté de 8,0 %, les importations en provenance du Maroc ont connu une hausse considérable (de 244 %) alors que les ventes de l’industrie de l’Union n’ont augmenté que de 5,2 %. En outre, l’augmentation de la part de marché des importations en provenance du Maroc entre 2020 et la période d’enquête était d’environ 2,1 points de pourcentage, tandis que la part de marché de l’industrie de l’Union a baissé de 1,8 point de pourcentage. Qui plus est, en passant en revue toutes les sources d’importation autres que le Maroc, la Commission a constaté que les volumes d’importation avaient augmenté d’environ 6,6 % entre 2020 et la période d’enquête. Cette augmentation était due à la hausse des volumes des importations en provenance de Turquie (de 19 %), alors que les volumes des importations en provenance de tous les autres pays ont baissé dans l’ensemble au cours de la même période. Toutefois, comme décrit aux considérants 171 à 174 ci-dessous, la Commission a déterminé que les importations en provenance de Turquie n’atténuaient pas le lien de causalité constaté entre les importations en provenance du Maroc et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union. Par conséquent, la Commission a réaffirmé ses conclusions établies au considérant 168 ci-dessus, selon lesquelles les volumes des importations en provenance du Maroc ont eu une incidence négative sur les prix de l’industrie de l’Union au sens de l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base. Cet argument a dès lors été rejeté. |
5.2. Effets d’autres facteurs
5.2.1. Importations en provenance de pays tiers
| (171) | Hands et l’ACEA ont affirmé que l’incidence des importations de pays tiers devrait faire l’objet d’une enquête appropriée: les autres pays tiers représentaient près de 90 % du total des importations et détenaient une part de marché d’environ 25 %. En particulier, la Turquie a augmenté sa part de marché, passant de 10,3 % à 13,0 %, au cours de la période considérée. |
| (172) | La Commission a analysé les importations en provenance des pays tiers. En ce qui concerne la Turquie, le principal pays exportateur, la Commission a souligné que, comme indiqué au considérant 138 du règlement provisoire, les prix moyens en provenance de Turquie étaient nettement supérieurs aux prix à l’importation moyens en provenance du Maroc (+ 14 %), et même légèrement plus élevés que les prix moyens de l’industrie de l’Union (+ 1,0 %). En outre, le prix moyen des importations en provenance de Turquie était supérieur aux coûts de production de l’industrie de l’Union en 2018, 2019 et 2020. Ce n’est que durant la période d’enquête qu’il a légèrement baissé, de moins de 1 %. Par ailleurs, en 2020 et au cours de la période d’enquête, lorsque la rentabilité de l’industrie de l’Union s’est nettement réduite, les prix des importations turques ont dépassé les prix de l’industrie de l’Union. En conséquence, ces importations n’ont pas atténué le lien de causalité établi entre les importations en provenance du Maroc et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union. Cet argument a dès lors été rejeté. |
| (173) | Après l’information finale, en ce qui concerne les importations originaires de Turquie, Hands a réitéré son argument selon lequel la Commission n’a pas pris en considération et a simplement ignoré les effets préjudiciables des importations en provenance de Turquie. La Commission n’aurait pas procédé à une analyse plus précise basée sur les propres données de Hands qui indiquent que ses propres offres de prix dans les appels d’offres n’étaient pas toujours les moins chères et ne remportaient qu’une petite partie des appels d’offres. L’ACEA a avancé un argument similaire concernant le même producteur. |
| (174) | La Commission a rejeté l’allégation de Hands pour plusieurs raisons. Premièrement, la Commission a fait observer, comme expliqué au considérant 90 du règlement provisoire, que, lors de la comparaison des ventes réelles par type de produit au cours de la période d’enquête, elle avait établi une marge de sous-cotation importante de 26,9 %, qui incluait les ventes de Hands. Deuxièmement, comme expliqué aux considérants 115 et 192, la Commission a rejeté l’argument d’ACEA selon lequel les effets sur les prix devraient être analysés au niveau des appels d’offres. Troisièmement, Hands n’a pas prétendu que les prix qu’elle a proposés lors des appels d’offres étaient nécessairement plus élevés que les prix des producteurs-exportateurs turcs. Son argument concernait plutôt les «autres fabricants de roues en aluminium» en général. En outre, même si les offres de prix de Hands n’étaient pas nécessairement les moins élevées, la Commission a analysé les effets sur les prix sur la base de toutes les importations en provenance du Maroc, dans lesquelles la part de l’autre producteur-exportateur, Dika, était substantielle (représentant environ [60 %-70 %] du marché). Enfin, comme indiqué au considérant 172 ci-dessus, les prix à l’importation en provenance de Turquie étaient supérieurs au prix moyen de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête. En conséquence, cet argument a été rejeté. |
| (175) | Après l’information finale, l’ACEA a réitéré son argument figurant au considérant 159, selon lequel la sous-cotation des prix du Maroc, sur la base des appels d’offres, n’était pas significative (soit 3,7 %), en particulier par rapport à la sous-cotation des prix calculée par l’ACEA dans le cas de la Turquie ou de la Thaïlande, qui était respectivement d’environ 10 % et 1 %. |
| (176) | Premièrement, la Commission a évalué la feuille de calcul récapitulative présentée par l’ACEA concernant les offres de prix. Sur cette feuille de calcul figuraient 15 appels d’offres émanant de trois membres de l’ACEA (à savoir l’utilisateur n’ayant pas coopéré et les deux utilisateurs ayant coopéré). Les informations suivantes ont été fournies: le nom de l’utilisateur, la quantité et le prix unitaire proposé par chacun des fournisseurs. La Commission a toutefois noté que la numérotation interne de chaque appel d’offres n’avait pas été fournie, l’empêchant ainsi de recouper les données avec les informations vérifiées déjà fournies au cours de l’enquête par les deux utilisateurs ayant coopéré. En outre, certains éléments de prix n’ont pas été fournis (tels que les remises annuelles prévues, également appelées «remises de productivité»), de sorte qu’il était impossible d’évaluer si tous ces éléments avaient été inclus dans le prix unitaire proposé. Plus important encore, la plupart des offres de prix concernaient l’utilisateur n’ayant pas coopéré. Comme indiqué au considérant 109, en raison du manque général de coopération de la part de cet utilisateur, les informations limitées qu’il a fournies n’ont pas pu être prises en considération aux fins de la présente enquête. S’agissant des informations supplémentaires fournies par l’ACEA au sujet de l’utilisateur A et de l’utilisateur B, elles concernaient des offres de prix que la Commission n’a pas pu vérifier en raison de leur soumission tardive. En particulier, la Commission n’a pas été en mesure de déterminer si l’ensemble de données fourni était exhaustif ou non. En tout état de cause, l’ensemble de données reprenait 14 offres marocaines, sur 15 appels d’offres, ainsi que 5 offres pour la Turquie et 5 pour la Thaïlande. Le calcul de la sous-cotation effectué par l’ACEA était fondé sur le prix de référence (22). La Commission a observé que les propres calculs de l’ACEA montraient que les offres de prix des producteurs marocains étaient inférieures à celles de l’industrie de l’Union. En outre, en comparant les volumes indiqués (23) dans cette feuille de calcul avec le volume total des importations établi pour la Turquie et la Thaïlande sur la base des données d’Eurostat (voir tableau 11 du règlement provisoire), il est apparu que le volume indiqué, en particulier pour la Turquie, n’était pas représentatif (moins de 5 %). Il n’a donc été possible de tirer aucune conclusion significative des informations fournies par l’ACEA. En outre, la Commission a déjà conclu au considérant 139 du règlement provisoire que la Thaïlande et la Turquie n’avaient pas atténué le lien de causalité constaté entre les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance du Maroc et le préjudice subi par l’industrie de l’Union. Par conséquent, ces arguments ont été rejetés. |
5.2.2. La pandémie de COVID-19
| (177) | Hands a affirmé que la demande de l’Union en roues en aluminium avait baissé en 2020, se traduisant par une diminution de 14 millions d’unités, ce qui représente 20 fois le volume des importations de roues en aluminium en provenance du Maroc. L’ampleur des conséquences de la pandémie était donc telle que la Commission devrait considérer que cette pandémie a brisé tout lien de causalité qui aurait pu exister entre les importations de roues en aluminium en provenance du Maroc et tout préjudice subi par l’industrie de l’Union. |
| (178) | Comme indiqué aux considérants 140 à 142 du règlement provisoire, la Commission a reconnu les retombées de la pandémie de COVID-19 sur l’industrie de l’Union. Or, étant donné que la période d’enquête couvrait également la période de reprise après la pandémie, la Commission a pu établir que, comme expliqué au considérant 94 ci-dessus, lorsque le marché a rebondi après la COVID-19, l’industrie de l’Union n’en a pas bénéficié en raison de l’augmentation des importations en provenance du pays concerné à des prix faisant l’objet d’un dumping. Au contraire, la situation de l’industrie de l’Union s’est encore aggravée au cours de la période d’enquête. Par conséquent, l’incidence négative de la pandémie de COVID-19 ne pouvait pas être considérée comme la seule cause du préjudice subi par l’industrie de l’Union au point d’atténuer le lien de causalité entre ce préjudice et les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance du pays concerné. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (179) | Hands a de nouveau demandé une explication satisfaisante et détaillée jugée particulièrement nécessaire, étant donné que la Commission a explicitement reconnu que la pandémie de COVID-19 avait eu des effets négatifs sur l’industrie de l’Union. |
| (180) | En l’absence d’une demande plus précise et spécifique, la Commission a considéré que les explications déjà contenues dans cette section étaient suffisantes pour permettre à l’entreprise de comprendre le raisonnement de la Commission et d’exercer ses droits de la défense. Elle a donc rejeté l’argument. |
5.2.3. Résultats à l’exportation de l’industrie de l’Union
| (181) | En l’absence de commentaires, les considérants 143 à 145 du règlement provisoire ont été confirmés. |
5.2.4. Effet des contrats pluriannuels et évolution du coût de production
| (182) | En l’absence de commentaires, les considérants 146 à 148 du règlement provisoire ont été confirmés. |
5.2.5. Consommation
(183) En l’absence de commentaires, les considérants 146 à 148 du règlement provisoire ont été confirmés.
5.2.6. Concurrence dans le cadre des appels d’offres
| (184) | L’ACEA a affirmé que la Commission aurait dû examiner la concurrence au sein de l’Union. Elle a recueilli des informations auprès de ses membres et a constaté que, sur un total de 45 appels d’offres, les producteurs de l’Union en ont remporté 31, les fournisseurs du Maroc et de la Thaïlande en ont remporté 5 chacun et les fournisseurs de Turquie en ont remporté 4, bien que la Turquie ait remporté la plupart des appels d’offres en termes d’unités. |
| (185) | À titre liminaire, la Commission a rappelé que l’ACEA n’a pas contesté la représentativité de l’échantillon des producteurs de l’Union, établi conformément à l’article 17, paragraphe 1, du règlement de base. Dès lors, l’ACEA ne saurait valablement soutenir que la Commission devait rechercher si l’impact allégué sur les prix des importations faisant l’objet d’un dumping ne résultait pas de la concurrence par les prix des producteurs de l’Union non retenus dans l’échantillon (24). En outre, comme l’indique le tableau 5 du règlement provisoire, les producteurs de l’Union ont démontré leur capacité à maintenir une part de marché supérieure à 70 %, mais aussi une rentabilité d’environ 8 % en 2018-2019. Ces résultats ont été obtenus dans un marché très compétitif, sur la base d’appels d’offres organisés par des constructeurs automobiles, dans lesquels tous les producteurs de l’Union et les producteurs situés dans d’autres pays tiers pouvaient concourir pour les mêmes offres. Cela signifiait que les producteurs de l’Union étaient compétitifs dans des conditions de marché normales et équitables, et que l’industrie prise dans son ensemble n’avait pas subi de préjudice. Par ailleurs, la Commission a fait observer que l’argument avancé par l’ACEA était fondé sur 45 appels d’offres publiés par trois membres de l’ACEA (4 marchés mentionnés par les deux utilisateurs ayant coopéré et 41 marchés provenant d’un utilisateur n’ayant pas coopéré). Les informations fournies se limitaient uniquement au soumissionnaire ayant remporté l’offre, aux quantités estimées et à l’origine des autres soumissionnaires de pays tiers (Maroc, Thaïlande ou Turquie). De plus, ces informations n’étaient étayées par aucun élément prouvant leur exactitude et leur fiabilité. Les références des appels d’offres n’ont même pas été communiquées. Cet argument a dès lors été rejeté. |
| (186) | L’ACEA a également soutenu que, même en partant du principe qu’il est vrai que les participants à l’appel d’offres doivent s’aligner sur le soumissionnaire le moins-disant, il existe, selon l’association, des preuves écrasantes indiquant que cet alignement se produit avant tout sur le producteur de l’Union le moins cher, puis par rapport aux importations de pays tiers, l’alignement sur les prix de référence des fournisseurs marocains ne venant qu’en troisième position et ce dernier scénario n’ayant été observé que dans 5 cas. |
| (187) | La Commission a signalé que l’analyse effectuée par l’ACEA était fondée sur un nombre limité d’appels d’offres (à savoir 15) et que les informations fournies par l’ACEA consistaient en un tableau énumérant 15 offres de prix se rapportant à toutes les sources principales du produit concerné (l’Union et tous les producteurs principaux des pays tiers), présenté par trois membres de l’ACEA. Quatre marchés ont été déclarés par les deux utilisateurs ayant coopéré et 11 par un utilisateur n’ayant pas coopéré. En outre, comme pour l’argument précédent, ces informations n’étaient étayées par aucun élément prouvant leur exactitude et leur fiabilité. Les références des appels d’offres n’ont même pas été communiquées. Par exemple, aucune information n’a été fournie pour indiquer si le prix déclaré comprenait tous les coûts accessoires et les remises incluses dans les offres. Par ailleurs, les documents sous-jacents des appels d’offres n’ont pas été fournis et, en conséquence, la Commission n’a pas été en mesure de vérifier les informations communiquées. Cet argument a donc été rejeté. Même si la Commission devait prendre ces informations en considération, elle a fait observer que les volumes totaux des offres de prix représentaient environ 5 % du total de la consommation de l’Union et n’étaient dès lors pas considérés comme représentatifs. De plus, à l’exception de deux cas, les offres de prix soumises par les producteurs marocains étaient d’un niveau inférieur à celles présentées par les producteurs de l’Union. En conséquence, la Commission a estimé que l’ACEA n’avait pas fourni d’élément de preuve indiquant que les participants aux appels d’offres devaient s’aligner sur les producteurs de l’Union les moins chers et que les fournisseurs marocains ne tiraient pas les prix vers le bas. |
| (188) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé que la Commission elle-même avait demandé aux membres de l’ACEA de fournir ces données sur les offres de prix en se fondant sur le début de la production, données qui ont été fournies par l’ACEA comme demandé. L’ACEA a également fourni des documents supplémentaires provenant de l’utilisateur B. Enfin, elle a estimé que cet ensemble de données était représentatif, étant donné qu’il reposait sur 29 appels d’offres, couvrait près de 100 % des achats de roues en aluminium marocaines et était étayé par des éléments de preuve. |
| (189) | La Commission a souligné que les informations sur les appels d’offres n’ont été demandées qu’aux deux utilisateurs qui avaient pleinement coopéré à l’enquête, avaient répondu au questionnaire et avaient fait vérifier leurs données. Les données communiquées ultérieurement par l’ACEA concernant l’utilisateur n’ayant pas coopéré ont été considérées comme incomplètes, non fiables et non vérifiables en raison du manque de coopération de cet utilisateur. La Commission a observé que l’ACEA avait principalement fondé son analyse sur l’utilisateur n’ayant pas coopéré. En outre, alors que l’ACEA affirmait que son ensemble de données était étayé par des éléments de preuve, la Commission a considéré que cet ensemble de données consistait principalement en des feuilles de calcul récapitulatives et que les références des appels d’offres mentionnées par l’ACEA étaient en réalité les numéros internes de chaque appel d’offres. Toutefois, la documentation complète concernant les appels d’offres, telle que les copies des cahiers des charges, les offres effectivement reçues, etc., n’a pas été fournie. Cet argument a donc été rejeté. |
5.3. Conclusion sur le lien de causalité
| (190) | En l’absence de toute autre observation concernant le lien de causalité, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 152 à 154 du règlement provisoire. |
6. NIVEAU DES MESURES
6.1. Calculs de la marge de sous-cotation des prix indicatifs
| (191) | L’ACEA a affirmé, après l’information provisoire et finale, que la Commission aurait dû réaliser les calculs de la marge de sous-cotation des prix indicatifs au niveau des appels d’offres comme dans l’enquête originale concernant les importations de roues en aluminium en provenance de Chine (25). |
| (192) | La Commission a étudié cet argument et a constaté qu’une allégation similaire avait été avancée au cours de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures susmentionnées (26) et avait été rejetée. Au considérant 115 ci-dessus, la Commission a expliqué qu’une sélection de données de soumissions individuelles ne peut se substituer à l’analyse des prix et des volumes effectuée par la Commission sur la base de données complètes, c’est-à-dire la liste des ventes par transaction et les comparaisons de prix sur une base type par type. Une telle comparaison reflète la plus grande quantité de données possible des transactions de vente qui ont réellement eu lieu. De plus, la marge de sous-cotation des prix indicatifs a été exprimée en pourcentage du prix à l’exportation durant la période d’enquête. L’analyse effectuée sur la base de données complètes provenant des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et des producteurs de l’Union a indiqué une sous-cotation des prix indicatifs de 44 % pour Hands et de 51,6 % pour d’autres producteurs marocains. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (193) | Hands a affirmé que les ajustements de la Commission liés aux futurs coûts environnementaux sont arbitraires et spéculatifs, qu’ils influent sur la comparabilité des prix et qu’ils créent une distorsion sur la comparabilité des prix entre les ventes marocaines et celles de l’Union. L’entreprise a fait référence au nouveau modèle de développement du Maroc, qui a été lancé en avril 2021 et qui inclut l’investissement dans l’énergie verte durable pour rendre les entreprises compétitives dans les industries à faibles émissions de carbone, et à l’engagement du pays à produire 50 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. Dans ces conditions, il est clair que la Commission n’a pas pris en compte les coûts futurs qui seraient supportés par Hands durant l’application des mesures, y compris ceux liés aux efforts de décarbonation au Maroc. |
| (194) | La Commission a insisté sur le fait que l’inclusion des coûts environnementaux futurs dans le prix cible pour l’industrie de l’Union était conforme à l’article 7, paragraphe 2 quinquies, du règlement de base. L’inclusion de ces coûts n’était pas basée sur une pure spéculation, mais sur des éléments de preuve positifs indiquant que des investissements étaient réellement prévus. La possibilité que le Maroc réalise des investissements dans l’énergie verte durable est sans incidence pour l’application des dispositions pertinentes du règlement de base concernant l’établissement du prix cible de l’Union dans lequel les coûts environnementaux futurs doivent être pris en compte. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (195) | Hands a soutenu que la Commission n’avait pas fourni d’explication sur son calcul des coûts futurs et l’avait donc privée, ainsi que d’autres parties intéressées, de son droit de la défense. |
| (196) | La Commission a fourni des informations concernant les coûts futurs à la suite d’une demande de Dika. La réponse a été publiée dans le dossier public qui était à la disposition de toutes les parties. Par conséquent, les droits de défense n’ont pas été enfreints. |
7. INTÉRÊT DE L’UNION
7.1. Intérêt de l’industrie de l’Union
| (197) | En l’absence d’observations, les considérants 165 et 166 du règlement provisoire ont été confirmés. |
7.2. Intérêt des utilisateurs
| (198) | Après l’information provisoire et finale, l’ACEA a réitéré son argument, exposé au considérant 170 du règlement provisoire, selon lequel l’industrie des roues en aluminium de l’Union n’était pas en mesure de satisfaire la demande. D’après l’association, le marché de l’Union aurait souffert pendant plus de 15 ans d’une sous-capacité et de pénuries en raison de l’insuffisance des investissements réalisés par les producteurs de l’Union. Selon elle, les producteurs de roues en aluminium de l’Union manquent systématiquement à leur engagement d’augmenter la capacité de production et de garantir la sécurité d’approvisionnement dans l’Union. L’ACEA a rappelé que, dans le cadre de l’enquête antidumping de la Commission concernant les roues en aluminium en provenance de Chine, les producteurs de l’Union se seraient engagés à augmenter leur capacité de production et que la Commission aurait étendu la mesure antidumping à la condition que ces capacités soient augmentées. D’après l’ACEA, entre 2006 et la période d’enquête, la capacité de l’Union a augmenté de 14 % alors que la consommation a connu une hausse de 33 % durant la même période. |
| (199) | La Commission a signalé que cet argument a déjà été traité au considérant 171 du règlement provisoire et qu’aucun nouveau renseignement ou élément de preuve n’a été apporté. La Commission a fait observer que, si nécessaire, l’industrie des roues en aluminium de l’Union pourrait augmenter ses capacités dans un délai relativement court, étant donné que l’investissement requis visé par les utilisateurs ne concernait pas les fours ou les cabines de peinture, mais plutôt des machines à couler qui peuvent être installées facilement. Par conséquent, si les producteurs de roues en aluminium de l’Union n’ont pas investi dans des capacités de production supplémentaires, c’est plutôt en raison de leur situation économique difficile et de l’absence de contrats futurs suffisants de la part des constructeurs automobiles pour justifier cet investissement. En l’absence d’une augmentation prévisible de la demande de sa production, l’industrie de l’Union n’était donc pas suffisamment incitée à investir dans des capacités supplémentaires. |
| (200) | En outre, au cours de la période d’enquête, la consommation de l’Union s’élevait à 64,31 millions d’unités. Au cours de cette même période, la capacité totale de l’industrie de l’Union était de 61,29 millions d’unités, tandis que la production totale de l’Union s’élevait à 48,75 millions d’unités et les exportations de l’industrie de l’Union à 2,71 millions d’unités, laissant une capacité inutilisée de 9,83 millions d’unités. Par conséquent, l’industrie de l’Union avait déjà des capacités de production suffisantes pour couvrir la quasi-totalité de la demande de l’Union de roues en aluminium. Par ailleurs, le marché de l’Union pouvait être également approvisionné par des producteurs-exportateurs de pays tiers. La capacité mondiale totale de production de roues en aluminium a même augmenté avec l’arrivée des producteurs marocains. Cet argument a donc été rejeté. |
| (201) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé que l’allégation de la Commission selon laquelle l’investissement requis ne concernait pas les fours ou les cabines de peinture, mais plutôt des machines à couler qui peuvent être installées facilement, n’était pas étayée par des éléments de preuve. L’ACEA a affirmé que les utilisateurs ayant coopéré avaient démontré que le nombre insuffisant de cabines de peinture constituait précisément l’un des principaux goulets d’étranglement limitant la capacité de production de l’Union. |
| (202) | La Commission a observé que les éléments de preuve présentés par l’utilisateur A concernaient le manque de capacité de production d’un producteur de l’Union pour les années 2015-2016, donc avant la période considérée. En outre, l’utilisateur A n’a fourni aucun document faisant état de problèmes de capacité de production au cours de la période considérée. En ce qui concerne l’utilisateur B, les documents fournis étaient également antérieurs à la période considérée (la plupart d’entre eux datant de 2016). Toutefois, lors de la visite de vérification, l’utilisateur B a déclaré que «pendant une année normale comme 2018/2019, il n’y avait pas de pénurie de roues en aluminium». Ni l’ACEA ni aucun autre utilisateur n’ont fourni un quelconque élément attestant d’une pénurie de production due au nombre insuffisant de cabines de peinture au cours de la période considérée. |
| (203) | Au cours de l’enquête, la Commission a recueilli des éléments de preuve montrant que l’industrie de l’Union a investi dans des cabines de peinture lorsque la consommation s’est tournée vers davantage de roues taille diamant, lesquelles exigent deux passages dans les lignes de peinture. En ce qui concerne les investissements dans les cabines de peinture et les équipements à couler, la Commission a recueilli des copies des factures d’achat montrant que l’industrie de l’Union était en mesure d’accroître ses capacités par le passé, lorsque la demande de ses produits était certaine. La Commission a considéré qu’il n’était pas possible d’inclure des informations plus détaillées dans le dossier non confidentiel, étant donné que les informations en question concernaient des transactions individuelles spécifiques constituant des données qui ne peuvent être résumées au sens de l’article 19, paragraphe 2, du règlement de base. Cet argument a donc été rejeté. |
| (204) | L’ACEA a affirmé que, à l’époque où les fournisseurs marocains ont remporté des appels d’offres pour fournir des roues à l’Union, l’industrie de l’Union ne disposait d’aucune capacité de production inutilisée et que ces importations couvraient donc les besoins stratégiques des constructeurs automobiles. |
| (205) | La Commission a indiqué que l’ACEA n’avait fourni aucun élément de preuve appuyant cet argument, par exemple des appels d’offres dans lesquels ne figurait aucune offre de prix de la part de producteurs de l’Union, en particulier pour les appels d’offres remportés par les producteurs marocains. La Commission a également constaté qu’il n’avait été fourni aucun élément prouvant que l’industrie des roues en aluminium de l’Union n’avait pas honoré les demandes émanant de constructeurs automobiles durant la période considérée (27). Comme déjà mentionné plus haut, la capacité de production de l’industrie de l’Union, conjuguée à celle des producteurs-exportateurs de pays tiers, est largement suffisante pour répondre aux besoins de l’industrie automobile. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (206) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé qu’aucun des producteurs de l’Union n’avait décidé d’investir dans des capacités de production supplémentaires, alors que la production automobile dans l’Union n’avait cessé d’augmenter depuis 2013. |
| (207) | La Commission a toutefois constaté que les capacités de production de l’industrie de l’Union avaient augmenté d’environ 10,8 millions d’unités au cours de cette période [de 51,644 millions d’unités (28) en 2013 à 62,475 millions d’unités (29) en 2019]. Cet argument n’ayant été étayé par aucun élément de preuve, il a été rejeté. |
| (208) | Après l’information finale, l’ACEA a réitéré son allégation selon laquelle l’industrie de l’Union ne pouvait pas satisfaire la demande dans l’Union, même dans un marché perturbé et malgré une baisse historique de la demande. |
| (209) | La Commission a observé que l’utilisation des capacités de l’industrie de l’Union était de 80 % au cours de la période d’enquête. Il existait donc des capacités inutilisées supplémentaires pour répondre à la demande. En outre, l’industrie de l’Union n’était pas tenue de disposer des capacités nécessaires pour répondre à la totalité de la demande. Les utilisateurs pouvaient également importer des roues en aluminium en provenance de n’importe quel pays tiers producteur. Cet argument a dès lors été rejeté. |
| (210) | Après l’information finale, l’ACEA a affirmé avoir fourni des éléments de preuve démontrant que l’industrie de l’Union ne disposait pas de capacités de production inutilisées et que les importations marocaines couvraient donc les besoins stratégiques des constructeurs automobiles. En outre, l’ACEA a fourni des éléments de preuve concernant l’absence de production de l’industrie de l’Union en 2016. |
| (211) | La Commission a estimé que cet argument n’était pas étayé par des éléments de preuve suffisants. Par exemple, l’ACEA n’a pas démontré qu’il y a eu des appels d’offres remportés par des fournisseurs marocains à l’issue de procédures de soumission auxquelles les producteurs de l’Union n’ont pas participé. En ce qui concerne l’absence de production, l’ACEA n’a pas présenté d’éléments de preuve démontrant un problème systémique, étant donné que les éléments de preuve fournis étaient antérieurs à la période considérée. Cette allégation a donc été rejetée. |
| (212) | L’ACEA a soutenu que la Commission n’avait pas tenu compte de l’augmentation des coûts des fabricants automobiles due aux effets cumulatifs des mesures antidumping appliquées sur d’autres matières premières, pièces et composants utilisés pour la fabrication de voitures. |
| (213) | La Commission a fait observer que l’ACEA n’avait apporté aucun élément de preuve à l’appui de cette allégation. Quand bien même les coûts des fournisseurs auraient peut-être augmenté et été répercutés, entièrement ou partiellement, sur les fabricants automobiles, il est apparu que cela n’avait pas entraîné d’incidence négative sur la situation économique de ces derniers. Comme il a été relevé au considérant 175 du règlement provisoire, les constructeurs automobiles ont publié des résultats financiers pour 2021 qui dépassaient les bénéfices habituels déclarés les années précédentes. Enfin, comme déjà énoncé au considérant 169 du règlement provisoire, le pourcentage du coût des roues en aluminium dans la production d’une voiture est mineur, s’élevant environ à 0,5 %. Par conséquent, l’incidence des mesures sur les constructeurs automobiles était très limitée et cet argument a été rejeté. |
| (214) | Après l’information finale, l’ACEA ne partageait pas l’appréciation de la Commission exposée au considérant ci-dessus. L’ACEA a déclaré que les droits antidumping représenteraient un coût supplémentaire de 241 000 000 à 413 000 000 EUR. Il s’agit d’un montant important pour les constructeurs automobiles, dans un secteur qui continue de souffrir d’un faible niveau de production automobile dans l’Union tout en devant absorber des coûts environnementaux supplémentaires. |
| (215) | La Commission a observé que l’ACEA n’avait pas contesté ses conclusions selon lesquelles la part des roues en aluminium dans le coût total de la production d’une voiture était mineure, s’élevant à environ 0,5 %, et selon lesquelles le droit antidumping relativement faible ne représenterait qu’une fraction de ces 0,5 %. Il n’a été présenté aucun élément de preuve démontrant que les constructeurs automobiles ne seraient pas en mesure d’absorber ces coûts. En outre, bien que l’ACEA ait correctement estimé le coût supplémentaire, cette estimation a été fondée sur le prix cible de l’Union et est donc liée aux marges de préjudice établies. Toutefois, le droit a été établi sur la base des marges de dumping qui étaient inférieures aux marges de préjudice constatées et, par conséquent, les effets du droit antidumping seraient inférieurs aux montants estimés par l’ACEA. En conséquence, cet argument a été rejeté. |
| (216) | L’ACEA a affirmé que certains de ses membres estimaient que les fournisseurs marocains sont de plus en plus engagés à contrôler les émissions de CO2 des chaînes d’approvisionnement. La réorientation de l’approvisionnement vers d’autres pays tiers aurait donc d’importantes répercussions sur la capacité des constructeurs automobiles à atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de CO2. |
| (217) | La Commission a fait observer que l’ACEA n’avait apporté aucun élément de preuve à l’appui de cette allégation, alors que les informations obtenues durant la visite de vérification chez un utilisateur ayant coopéré ont révélé que les importations marocaines font face au même problème relatif à leur incidence sur les objectifs de réduction des émissions de CO2 des constructeurs automobiles en raison de la distance entre les installations de fabrication marocaines et l’unité de production des constructeurs automobiles dans l’Union. Cet argument a donc été rejeté. |
| (218) | Après l’information finale, l’ACEA a fait référence à son plan en 10 points visant à contribuer à la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe (30), ainsi qu’au fait que l’utilisateur B avait fourni, après la visite de vérification, des éléments de preuve montrant que les importations marocaines sont importantes en ce qui concerne l’incidence du CO2, compte tenu de la proximité géographique entre les installations marocaines et celles des constructeurs automobiles. |
| (219) | La Commission a observé que le plan en 10 points ne mentionnait pas l’incidence des importations de roues en général, et du Maroc en particulier. Par conséquent, ce plan ne constituait pas un élément de preuve approprié en ce qui concerne l’argument décrit au considérant 216 ci-dessus. En outre, l’utilisateur B a effectivement indiqué qu’il avait introduit le critère des émissions de CO2 aux fins de la sélection des fournisseurs et que l’objectif était de réduire la distance entre les installations et les fournisseurs et donc l’empreinte carbone. Toutefois, l’utilisateur B a également déclaré que la compétitivité demeurait un facteur très important pour la sélection d’un fournisseur. En outre, la Commission n’a trouvé aucun élément prouvant que ce critère avait effectivement été évalué par l’utilisateur B au cours de la procédure d’appel d’offres ou qu’un producteur avait été exclu en raison des critères relatifs aux émissions de CO2. Enfin, même si ce critère devait jouer un rôle essentiel à l’avenir, les mesures antidumping n’ont pas pour objectif de mettre fin aux importations en provenance du Maroc, mais de veiller à ce qu’elles entrent dans l’Union à des prix équitables. Cet argument a donc été rejeté. |
| (220) | L’ACEA a soutenu que l’Office fédéral des ententes allemand a ouvert en mars 2022 une enquête contre un producteur de l’Union, sur la base d’allégations relatives à un comportement restreignant la concurrence. Toutefois, la Commission a relevé qu’il n’y a eu aucune affirmation concernant les effets possibles d’un tel comportement supposé sur les conclusions de l’enquête. En tout état de cause, cette enquête est toujours en cours et aucune conclusion n’a encore été dégagée. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (221) | Après l’information finale, l’ACEA a déclaré que les mesures antidumping ne devaient pas être appliquées, dans l’attente des résultats de l’enquête menée par l’Office fédéral allemand des ententes, dans de telles circonstances exceptionnelles et conformément aux principes de bonne administration et de bonne pratique administrative tels que ceux définis dans l’affaire des tubes et tuyaux sans soudure (31). |
| (222) | Comme cela a déjà été expliqué au considérant 220 ci-dessus, l’administration nationale n’a encore pris aucune décision. En revanche, dans l’affaire des tubes et tuyaux sans soudure, les droits n’ont été appliqués qu’après l’adoption d’une décision définitive sanctionnant la pratique anticoncurrentielle et lorsqu’il est apparu clairement que cette pratique portait sur la période considérée dans l’enquête et qu’elle couvrait le produit concerné. Aucun de ces éléments n’était présent en l’espèce. En conséquence, cet argument a été rejeté. |
7.3. Conclusion relative à l’intérêt de l’Union
| (223) | Au vu des considérations exposées ci-dessus et en l’absence de toute autre observation, les conclusions énoncées au considérant 177 du règlement provisoire ont été confirmées. |
8. MESURES ANTIDUMPING DÉFINITIVES
8.1. Mesures définitives
| (224) | Eu égard aux conclusions énoncées en ce qui concerne le dumping, le préjudice, le lien de causalité, le niveau des mesures et l’intérêt de l’Union, et conformément à l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base, il convient d’instituer des mesures antidumping définitives afin d’empêcher l’aggravation du préjudice causé à l’industrie de l’Union par les importations du produit concerné faisant l’objet d’un dumping. |
| (225) | Comme indiqué au considérant 63, les marges de dumping ont été légèrement révisées au stade définitif. |
| (226) | Eu égard à ce qui précède, les taux de droit antidumping définitifs, exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union avant dédouanement, s’établissent comme suit:
|
| (227) | Les taux de droit antidumping individuels par société figurant dans le présent règlement ont été établis sur la base des conclusions de la présente enquête. Ils reflètent donc la situation constatée pendant l’enquête pour les sociétés concernées. Ces taux de droit s’appliquent donc exclusivement aux importations du produit concerné faisant l’objet de l’enquête originaire du pays concerné et fabriqué par les entités juridiques citées. Les importations du produit concerné fabriqué par toute société dont le nom n’est pas spécifiquement mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris par les entités liées aux sociétés spécifiquement citées, ne peuvent pas bénéficier de ces taux et devraient être soumises au droit applicable à «toutes les autres sociétés». |
| (228) | Une société peut demander l’application de ces taux de droit antidumping individuels si elle change ultérieurement le nom de son entité. Une telle demande doit être adressée à la Commission (32). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de raison sociale de la société n’affecte pas le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement relatif au changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne. |
| (229) | Afin de réduire au minimum les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir la bonne application des droits antidumping individuels. Les sociétés soumises à des droits antidumping individuels doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. Cette facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Les importations non accompagnées de cette facture devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés». |
| (230) | Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, cette facture n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres devraient effectuer leurs contrôles habituels et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit est justifiée, conformément à la législation douanière. |
| (231) | Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant de taux de droit individuels plus faibles devait augmenter de façon significative, en particulier après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant en soi une modification de la configuration du commerce résultant de l’institution de mesures, au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, une enquête anticontournement pourrait être ouverte, si les conditions requises à cet effet sont réunies. Cette enquête pourrait notamment examiner la nécessité de supprimer le ou les taux de droit individuels et d’instituer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale. |
| (232) | Afin d’assurer l’application correcte des droits antidumping, le droit antidumping applicable à toutes les autres sociétés devrait s’appliquer non seulement aux producteurs-exportateurs n’ayant pas coopéré à la présente enquête, mais également aux producteurs qui n’ont effectué aucune exportation vers l’Union au cours de la période d’enquête. |
| (233) | Les statistiques relatives aux roues en aluminium pour les véhicules à moteur des positions 8701 à 8705, avec ou sans accessoires et équipées ou non de pneumatiques, sont souvent exprimées en nombre de pièces. Cependant, il n’existe aucune unité supplémentaire de ce type dans le cas des roues en aluminium pour les véhicules à moteur des positions 8701 à 8705, avec ou sans accessoires et équipées ou non de pneumatiques, définie dans la nomenclature combinée publiée à l’annexe I du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil (33). Lors d’une importation du produit concerné, il convient par conséquent d’inscrire non seulement le poids en kilogrammes ou en tonnes, mais aussi le nombre d’unités dans la déclaration de mise en libre pratique. Il y a lieu d’indiquer le nombre d’unités relevant des codes NC ex 8708 70 10 et ex 8708 70 50 (codes TARIC: 8708701015, 8708701050, 8708705015 et 8708705050). |
8.2. Perception définitive des droits provisoires
| (234) | Compte tenu des marges de dumping constatées et de l’importance du préjudice causé à l’industrie de l’Union, il est jugé nécessaire de percevoir définitivement, jusqu’à concurrence des niveaux établis par le présent règlement, les montants déposés au titre des droits antidumping provisoires institués par le règlement provisoire. |
8.3. Institution rétroactive de mesures antidumping
| (235) | Comme indiqué à la section 1.2, la Commission a soumis à enregistrement les importations du produit faisant l’objet de l’enquête. |
| (236) | Au stade définitif de l’enquête, les données recueillies dans le cadre de l’enregistrement ont été évaluées. La Commission a déterminé si les critères fixés à l’article 10, paragraphe 4, du règlement de base étaient remplis pour la perception rétroactive des droits définitifs. |
| (237) | La Commission a fait observer que le volume des unités importées durant la période de notification préalable (18 juin 2022-16 juillet 2022) était d’environ 291 000 unités, soit une réduction de 11 % par rapport aux volumes mensuels moyens des importations durant la période postérieure à la période d’enquête analysés dans le règlement d’enregistrement, c’est-à-dire du 1er décembre 2021 au 30 avril 2022. La Commission n’a donc trouvé aucun élément prouvant une éventuelle constitution de stocks durant la période de notification préalable. En outre, les prix à l’importation ont augmenté de 11 %, parallèlement à l’augmentation des prix de la cotation LME trimestrielle. Par conséquent, il n’existait aucun élément prouvant que les importations compromettaient les effets correctifs des mesures. |
| (238) | Au vu de ce qui précède, les conditions légales prévues à l’article 10, paragraphe 4, du règlement de base n’ont pas été remplies et, partant, les droits sur les importations enregistrées ne devraient pas être perçus rétroactivement. |
9. DISPOSITION FINALE
| (239) | Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (34), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux des intérêts à payer devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement, tel qu’il est publié au Journal officiel de l’Union européenne, série C, le premier jour civil de chaque mois. |
| (240) | Le comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036 n’a pas émis d’avis, |
A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
1. Un droit antidumping définitif est institué sur les importations de roues en aluminium pour les véhicules à moteur des positions 8701 à 8705, avec ou sans accessoires et équipées ou non de pneumatiques, relevant actuellement des codes NC ex 8708 70 10 et ex 8708 70 50 (codes TARIC: 8708701015, 8708701050, 8708705015 et 8708705050) et originaires du Maroc.
2. Le taux de droit antidumping définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, des produits décrits au paragraphe 1 et fabriqués par les sociétés énumérées ci-après s’établit comme suit:
| Pays | Société | Droit antidumping définitif | Code additionnel TARIC |
| Maroc | HANDS 8 S.A. | 9,0 % | C873 |
|
| DIKA MOROCCO AFRIKA S.A.R.L | 17,5 % | C897 |
|
| Toutes les autres sociétés | 17,5 % | C999 |
3. L’application des taux de droit individuels précisés pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) certifie que le (volume) de (produit concerné) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et couvert par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code TARIC additionnel) au Maroc. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.». Faute de présentation de cette facture, le droit applicable à toutes les autres sociétés s’applique.
4. Lorsqu’une déclaration de mise en libre pratique est présentée pour le produit visé au paragraphe 1, le nombre d’unités du produit importées est inscrit dans la rubrique correspondante de ladite déclaration, sans préjudice de l’unité supplémentaire définie dans la nomenclature combinée.
5. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.
Article 2
Les montants déposés au titre des droits antidumping provisoires conformément au règlement d’exécution (UE) 2022/1221 sont définitivement perçus.
Article 3
Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à Bruxelles, le 11 janvier 2023.
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.
(2) Avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (JO C 464 du 17.11.2021, p. 19).
(3) Règlement (UE) 2022/1221 de la Commission du 14 juillet 2022 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (JO L 188 du 15.7.2022, p. 114).
(4) Règlement d’exécution (UE) 2022/934 de la Commission du 16 juin 2022 soumettant à enregistrement les importations de certaines roues en aluminium originaires du Maroc (JO L 162 du 17.6.2022, p. 27).
(5) Arrêt du 28 septembre 2021, Airoldi Metalli SpA/Commission, T-611/20, ECLI:EU:T:2021:641, points 48 et 49.
(6) Accord de l’OMC sur la mise en œuvre de l’article VI de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994.
(7) Règlement d’exécution (UE) 2022/1395 de la Commission du 11 août 2022 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains aciers résistant à la corrosion originaires de Russie et de Turquie (JO L 211 du 12.8.2022, p. 127).
(8) Arrêt du 6 juillet 2022, Zhejiang Hangtong Machinery Manufacture Co. Ltd et Ningbo Hi-Tech Zone Tongcheng Auto Parts Co. Ltd/Commission, T-278/20, ECLI:EU:T:2022:417, point 97.
(9) Conformément à l’arrêt dans l’affaire T-278/20 cité au considérant 92 et auquel Dika renvoie dans ses observations.
(10) Voir arrêt dans les affaires C-376/15 P et C-377/15 P, Changshu City Standard Parts Factory et Ningbo Jinding Fastener Co. Ltd/Conseil de l’Union européenne, ECLI:EU:C:2017:269, point 53.
(11) Règlement d’exécution (UE) 2019/1131 de la Commission du 2 juillet 2019 établissant un instrument douanier pour la mise en œuvre de l’article 14 bis du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil et de l’article 24 bis du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 179 du 3.7.2019, p. 12).
(12) À savoir les règles fixées par le règlement (UE) 2019/1131 cité en note de bas de page no 11.
(13) Règlement d’exécution (UE) 2021/2012 de la Commission du 17 novembre 2021 instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie (JO L 410 du 18.11.2021, p. 153), considérant 136.
(14) La base de données de la Banque mondiale propose les classifications suivantes pour 2021 sur la base du revenu national brut (RNB) par habitant: économie à revenu moyen inférieur entre 1 086 et 4 255 USD, économie à revenu moyen supérieur entre 4 256 et 13 205 USD, économie à revenu élevé au-dessus de 13 205 USD. Selon cette classification, le Maroc est considéré comme une économie à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (avec un RNB de 3 350 USD pour 2021), le Brésil comme une économie à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (avec un RNB de 7 720 USD pour 2021) et la Corée comme une économie à revenu élevé (avec un RNB de 34 980 USD pour 2021). Voir https://databank.worldbank.org/home.aspx
(15) OMC, rapport du groupe spécial, WT/DS480/R, 25 janvier 2018, paragraphe 7.51, et WT/DS405/R, 28 octobre 2011, paragraphe 7.300.
(16) OMC, rapport du groupe spécial, WT/DS482/R, 25 janvier 2016, point 7.143.
(17) Ibidem.
(18) Arrêt du 6 juillet 2022, Zhejiang Hangtong Machinery Manufacture Co. Ltd et Ningbo Hi-Tech Zone Tongcheng Auto Parts Co. Ltd/Commission européenne, T-278/20, ECLI:EU:T:2022:417, point 134.
(19) Par exemple, un droit résiduel de 29 % établi au considérant 186 du règlement d’exécution (UE) 2019/1693 de la Commission du 9 octobre 2019 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de roues en acier originaires de la République populaire de Chine (JO L 259 du 10.10.2019, p. 15), ou de 50 % au considérant 290 du règlement d’exécution (UE) 2021/2239 de la Commission du 15 décembre 2021 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains mâts d’éoliennes industrielles en acier originaires de la République populaire de Chine (JO L 450 du 16.12.2021, p. 59).
(20) Dika a demandé et reçu (par courrier électronique du 22 juillet 2022) des informations concernant les frais VAG et le bénéfice raisonnables utilisés dans le règlement provisoire, le plafond pour les bénéfices, les coûts de mise en conformité, les frais IRI (investissements, R & D et innovation) ainsi que les données d’Eurostat au niveau TARIC.
(21) Règlement (UE) no 404/2010 de la Commission du 10 mai 2010 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de certaines roues en aluminium originaires de la République populaire de Chine (JO L 117 du 11.5.2010, p. 64), considérants 175 à 179.
(22) Le prix de référence ou le prix de l’offre est le prix proposé par chaque soumissionnaire lors de la remise de son offre.
(23) En l’absence de toute autre information, la Commission a supposé que les volumes figurant dans la feuille de calcul concernaient le volume de référence global sur la durée de vie prévue de chaque projet. Sur la base d’une durée moyenne de 5 ans, les volumes ainsi annoncés ont été imputés en conséquence.
(24) Voir arrêt du 14 septembre 2022, Nevinnomysskiy Azot et NAK «Azot»/Commission, T-865/19, ECLI:EU:T:2022:559, points 283 à 286.
(25) Règlement (UE) no 404/2010, considérants 175 à 179.
(26) Règlement d’exécution (UE) 2017/109 de la Commission du 23 janvier 2017 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certaines roues en aluminium originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (JO L 18 du 24.1.2017, p. 1), considérants 125 et 126.
(27) Après l’information provisoire, l’utilisateur A a indiqué qu’un producteur de l’Union avait été en mesure de fournir non pas 100 %, mais 85 % de la quantité demandée pour un projet en 2014. Toutefois, l’utilisateur considère toujours ce producteur de l’Union comme son principal fournisseur et n’a pas soulevé d’argument ou fourni d’élément prouvant que cette réduction d’approvisionnement de la part du producteur de l’Union est survenue durant la période considérée.
(28) Règlement d’exécution (UE) 2017/109, considérant 136.
(29) Considérant 97 du règlement provisoire.
(30) https://www.acea.auto/files/ACEA_10-point_plan_European_Green_Deal.pdf
(31) Règlement (CE) no 1322/2004 du Conseil du 16 juillet 2004 modifiant le règlement (CE) no 2320/97 instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains tubes et tuyaux sans soudure, en fer ou en acier non allié, originaires, entre autres, de Russie et de Roumanie (JO L 246 du 20.7.2004, p. 10).
(32) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.
(33) Règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil du 23 juillet 1987 relatif à la nomenclature tarifaire et statistique et au tarif douanier commun (JO L 256 du 7.9.1987, p. 1), tel que modifié par le règlement d’exécution (UE) 2021/1832 de la Commission du 12 octobre 2021 modifiant l’annexe I du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil relatif à la nomenclature tarifaire et statistique et au tarif douanier commun (JO L 385 du 29.10.2021, p. 1).
(34) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).