| CELEX | 32023R0934 |
| Type | Règlement |
| Date | jeudi 11 mai 2023 |
| 12.5.2023 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 127/1 |
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/934 DE LA COMMISSION
du 11 mai 2023
instituant un droit antidumping définitif sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures en vertu de l’article 11, paragraphe 2, et d’un réexamen intermédiaire partiel en vertu de l’article 11, paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1), et notamment son article 11, paragraphe 2, et son article 11, paragraphe 3,
considérant ce qui suit:
1. PROCÉDURE
1.1. Enquêtes précédentes et en cours, et mesures en vigueur
| (1) | Des droits antidumping sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine (ci-après la «Chine» ou le «pays concerné») ont été institués initialement par le règlement (UE) no 1105/2010 (2) (ci-après les «mesures initiales»). |
| (2) | Les mesures initiales ont pris la forme d’un droit ad valorem compris entre 5,1 % et 9,8 %. |
| (3) | Les mesures initiales s’appliquaient à toutes les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine, à l’exception de ceux produits par les producteurs-exportateurs chinois Zhejiang Hailide New Material Co. Ltd (ci-après «Hailide») et Hangzhou Huachun Chemical Fiber Co. Ltd (ci-après «Huachun»). Aucun droit n’a été institué à l’encontre de ces entreprises [règlement (UE) no 1105/2010], car aucun dumping n’avait été constaté. |
| (4) | À la suite du premier réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (3) (ci-après le «règlement de base»), la Commission a, par le règlement d’exécution (UE) 2017/325 (4) modifié notamment par le règlement d’exécution (UE) 2017/1159 (5), maintenu les mesures initiales. En adéquation avec le rapport de l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans l’affaire Mexique — Mesures antidumping définitives visant la viande de bœuf et le riz (6) (ci-après le «rapport de l’organe d’appel de l’OMC»), Hailide et Huachun n’ont pas fait l’objet dudit réexamen au titre de l’expiration des mesures. |
| (5) | Le 30 juin 2022, la Commission a également ouvert une enquête au titre de l’article 5 du règlement de base concernant les importations de fils de polyesters à haute ténacité fabriqués et exportés vers l’Union par Hailide (ci-après l’«enquête parallèle ouverte au titre de l’article 5») (7). Les importations de produits fabriqués par Hailide ne font pas l’objet des présentes enquêtes de réexamen au titre de l’expiration des mesures et de réexamen intermédiaire. Huachun, l’autre producteur-exportateur auquel n’a été appliqué aucun droit antidumping à la suite de l’enquête ayant conduit à l’institution des mesures antidumping initiales, a cessé d’exister en 2021. Par conséquent, Huachun n’est plus considérée comme un producteur-exportateur de fils de polyesters à haute ténacité. |
1.2. Demande de réexamen de mesures parvenant à expiration et de réexamen intermédiaire partiel
| (6) | À la suite de la publication d’un avis d’expiration prochaine (8) des mesures antidumping applicables aux importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine, une demande de réexamen au titre de l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base a été présentée à la Commission le 24 novembre 2021 (ci-après le «réexamen au titre de l’expiration des mesures»). |
| (7) | De plus, une demande de réexamen intermédiaire partiel au titre de l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base a été déposée le 1er avril 2022 (ci-après le «réexamen intermédiaire partiel»). La demande portait uniquement sur le dumping. Par conséquent, l’analyse du préjudice exposée dans le présent règlement porte exclusivement sur le réexamen au titre de l’expiration des mesures. |
| (8) | Les deux demandes ont été déposées par le CIRFS – Comité international de la rayonne et des fibres synthétiques (ci-après le «CIRFS» ou le «requérant»), au nom de l’industrie de l’Union des fils de polyesters à haute ténacité au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base. |
| (9) | La demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures faisait valoir que l’expiration des mesures favoriserait probablement la continuation du dumping et du préjudice causé à l’industrie de l’Union. |
| (10) | La demande de réexamen intermédiaire partiel reposait sur des éléments de preuve suffisants fournis par le requérant montrant que, en ce qui concerne le dumping, les circonstances à l’origine de l’institution des mesures existantes ont changé et que ces changements présentent un caractère durable. |
1.3. Ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures et d’un réexamen intermédiaire partiel
| (11) | Ayant déterminé, après avoir consulté le comité institué par l’article 15, paragraphe 1, du règlement de base, qu’il existait des éléments de preuve suffisants pour ouvrir un réexamen au titre de l’expiration des mesures en vertu de l’article 11, paragraphe 2, et un réexamen intermédiaire en vertu de l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base, la Commission a publié les avis d’ouverture de ces réexamens au Journal officiel de l’Union européenne (9) le 23 février 2022 et le 30 juin 2022, respectivement. |
| (12) | Une association d’utilisateurs a formulé des observations sur le lancement des deux procédures, soulignant l’importance de la continuité des approvisionnements pour les utilisateurs. En outre, elle a fait valoir que les producteurs européens avaient augmenté leurs exportations de fils de polyesters à haute ténacité vers la Chine et qu’ils ne pouvaient pas, dans le même temps, prétendre être lésés par les importations d’origine chinoise. L’association d’utilisateurs affirme également que le préjudice subi par les producteurs européens n’a pas été prouvé. La Commission a examiné toutes les allégations relatives à l’intérêt de l’Union à la section 3.10 ci-dessous. L’argument général selon lequel le préjudice subi par l’industrie de l’Union n’a pas été prouvé dans la demande de réexamen n’a pas été étayé et a donc été rejeté. |
| (13) | La Commission a décidé de conclure les deux enquêtes distinctes dans le présent acte juridique, en présentant (dans l’ordre dans lequel les enquêtes ont été ouvertes) d’abord l’évaluation liée à l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, puis les conclusions de l’enquête de réexamen intermédiaire partiel. |
1.4. Période d’enquête de réexamen et période considérée dans le cadre des enquêtes de réexamen au titre de l’expiration des mesures et de réexamen intermédiaire partiel
| (14) | L’analyse du dumping et de la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du dumping et du préjudice a porté sur la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021 (la «période d’enquête de réexamen»). |
| (15) | L’analyse des tendances utiles à l’évaluation de la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2018 et la fin de la période d’enquête de réexamen (ci-après la «période considérée»). |
2. PRODUIT FAISANT L’OBJET DU RÉEXAMEN, PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE
2.1. Produit faisant l’objet du réexamen au titre de l’expiration des mesures et du réexamen intermédiaire partiel
| (16) | Les produits faisant l’objet des réexamens sont les fils de polyesters à haute ténacité non conditionnés pour la vente au détail, dont les monofilaments de moins de 67 décitex (à l’exclusion du fil à coudre ainsi que des fils retors et fils câblés tordus en «Z» destinés à la fabrication de fil à coudre, prêts pour la teinture et pour un traitement de finition, enroulés de façon lâche sur un tube en plastique perforé) relevant actuellement du code NC ex 5402 20 00 (code TARIC 5402200010) (ci-après le «produit faisant l’objet du réexamen»). Les codes NC et TARIC sont mentionnés à titre purement indicatif, sous réserve d’un changement ultérieur du classement tarifaire. |
| (17) | Les fils de polyesters à haute ténacité sont utilisés dans plusieurs sortes d’applications, telles que le renforcement des pneumatiques, les tissus larges, les ceintures de sécurité, les coussins autogonflants, les cordes, les filets et un certain nombre d’applications industrielles. |
2.2. Produit concerné
| (18) | Le produit concerné par le réexamen au titre de l’expiration des mesures et le réexamen intermédiaire partiel est le produit faisant l’objet du réexamen originaire de Chine. |
2.3. Produit similaire
| (19) | Les enquêtes ont montré que les produits suivants présentaient les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles et étaient destinés aux mêmes utilisations de base:
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| (20) | Ces produits sont donc considérés comme similaires au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base. |
3. ENQUÊTE DE RÉEXAMEN AU TITRE DE L’EXPIRATION DES MESURES
3.1. Parties intéressées et échantillonnage
| (21) | Dans l’avis d’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, la Commission a invité les parties intéressées à prendre contact avec elle en vue de participer à l’enquête. En outre, la Commission a expressément informé le requérant, les producteurs de l’Union connus, les producteurs en Chine, les importateurs et les utilisateurs de l’Union notoirement concernés ainsi que les autorités chinoises de l’ouverture d’une enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures et les a invités à y participer. |
| (22) | Toutes les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler des observations à propos de l’ouverture de l’enquête et de demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur désigné pour les procédures en matière commerciale. |
| (23) | Dans l’avis d’ouverture, la Commission a indiqué qu’elle était susceptible de procéder à un échantillonnage des parties intéressées conformément à l’article 17 du règlement de base. |
3.1.1. Échantillonnage des producteurs de l’Union
| (24) | Dans l’avis d’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, la Commission a annoncé qu’elle avait sélectionné un échantillon provisoire de producteurs de l’Union. La Commission a sélectionné cet échantillon en fonction du volume de la production et du volume des ventes, en tenant compte de la situation géographique des producteurs. Cet échantillon se composait de trois producteurs de l’Union. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient plus de 50 % de la production totale estimée et du volume des ventes de l’Union du produit similaire. Conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations sur l’échantillon provisoire. Aucune partie intéressée n’a présenté d’observations sur l’échantillon provisoire, qui est devenu définitif. L’échantillon est représentatif de l’industrie de l’Union. |
3.1.2. Échantillonnage des producteurs-exportateurs et des importateurs indépendants
| (25) | Afin de permettre à la Commission de décider s’il est nécessaire ou non de procéder par échantillonnage en ce qui concerne les producteurs-exportateurs en Chine et les importateurs indépendants dans l’Union, ces parties ont été invitées à se faire connaître et à fournir à la Commission les informations demandées dans l’avis d’ouverture. En outre, la Commission a demandé à la mission de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne d’identifier et/ou de contacter d’autres producteurs-exportateurs éventuels susceptibles de vouloir participer à l’enquête. Aucun producteur-exportateur ne s’est manifesté. Un importateur indépendant s’est manifesté en qualité de partie intéressée, mais n’a pas fourni les informations demandées aux fins de l’échantillonnage. Par conséquent, l’échantillonnage n’a été nécessaire ni pour les producteurs-exportateurs, ni pour les importateurs indépendants. Les producteurs chinois n’ayant pas coopéré, les conclusions relatives aux importations en provenance de Chine dans le cadre du réexamen au titre de l’expiration des mesures reposent sur les données disponibles conformément à l’article 18 du règlement de base. |
3.2. Réponses au questionnaire et visites de vérification
| (26) | La Commission a envoyé aux pouvoirs publics chinois un questionnaire concernant l’existence de distorsions significatives en Chine au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. |
| (27) | La Commission a envoyé des questionnaires aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon et aux utilisateurs. Les mêmes questionnaires ont également été mis à disposition en ligne le jour de l’ouverture de l’enquête. |
| (28) | La Commission a reçu des réponses au questionnaire de la part des trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon et de deux utilisateurs. |
| (29) | Des visites de vérification ont été effectuées dans les locaux des entreprises suivantes aux fins de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures:
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3.3. Suite de la procédure
| (30) | Le 20 février 2023, la Commission a communiqué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait de maintenir les droits antidumping en vigueur. Un délai a également été accordé à toutes les parties pour leur permettre de formuler leurs observations sur ces informations. |
| (31) | Les observations formulées par les parties intéressées ont été examinées par la Commission et ont, le cas échéant, été prises en considération. Les parties qui l’ont demandé ont été entendues. |
3.4. Le dumping
3.4.1. Remarques préliminaires
| (32) | Comme indiqué au considérant 25, aucun des producteurs-exportateurs n’a coopéré à l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures. De ce fait, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’en raison de l’absence de coopération, elle était susceptible d’appliquer l’article 18 du règlement de base concernant les conclusions relatives à la Chine. |
| (33) | Par conséquent, conformément à l’article 18 du règlement de base, les conclusions relatives à la probabilité de continuation ou de réapparition du dumping ont été fondées sur les données disponibles. |
3.4.2. Procédure de détermination de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base
| (34) | Les éléments de preuve disponibles lors de l’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures ont mis en évidence l’existence de distorsions significatives en Chine au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. La Commission a donc jugé approprié d’ouvrir l’enquête au titre dudit article 2, paragraphe 6 bis. |
| (35) | Pour collecter les données nécessaires en vue de l’application possible de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, la Commission a invité tous les producteurs-exportateurs du pays concerné à fournir des informations sur les intrants utilisés pour fabriquer des fils de polyesters à haute ténacité. Aucune information pertinente n’a été présentée dans le cadre de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures. |
| (36) | De plus, la Commission a invité l’ensemble des parties intéressées à faire connaître leur point de vue, à communiquer des informations et à fournir des éléments de preuve à l’appui en ce qui concerne l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, et ce dans les 37 jours suivant la date de publication de l’avis d’ouverture correspondant au Journal officiel de l’Union européenne. |
| (37) | Au point 5.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a également informé les parties intéressées que, sur la base des informations disponibles à ce stade, la Turquie pourrait constituer un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. |
| (38) | En outre, la Commission a indiqué qu’elle examinerait d’autres pays représentatifs appropriés potentiels conformément aux critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base. |
| (39) | Le 19 juillet 2022, la Commission a établi une première note portant sur les sources envisagées pour la détermination de la valeur normale (ci-après la «première note»), par laquelle elle a informé les parties intéressées des sources pertinentes qu’elle comptait utiliser pour déterminer la valeur normale. |
| (40) | Dans cette première note, la Commission a communiqué une liste préliminaire de tous les facteurs de production connus, tels que les matières premières, la main-d’œuvre et l’énergie, qui sont utilisés dans la production des fils de polyesters à haute ténacité. En outre, elle a déterminé que la Turquie, le Brésil et la Thaïlande pouvaient constituer des pays représentatifs appropriés. La Commission a donné à toutes les parties intéressées la possibilité de formuler des observations à ce propos. La Commission a reçu des observations de la part du requérant, qui appuie le choix de la Turquie comme pays représentatif. |
| (41) | Après avoir analysé les observations et les informations reçues, la Commission a conclu que la Turquie constituait un pays représentatif approprié, dont les prix et les coûts non faussés serviraient de base pour déterminer la valeur normale. Les raisons sous-jacentes de ce choix sont décrites plus en détail dans la section 3.4.4.2 ci-dessous. |
3.4.3. Application de l’article 18 du règlement de base
| (42) | Afin d’obtenir les informations qu’elle jugeait nécessaires à son enquête concernant les prétendues distorsions significatives, la Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics chinois. La Commission n’a reçu aucune réponse au questionnaire de la part des pouvoirs publics chinois. Par conséquent, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’elle utiliserait les données disponibles au sens de l’article 18 du règlement de base pour déterminer l’existence des distorsions significatives en Chine. |
3.4.4. Valeur normale
| (43) | Conformément à l’article 2, paragraphe 1, du règlement de base, «[l]a valeur normale est normalement basée sur les prix payés ou à payer, au cours d’opérations commerciales normales, par des acheteurs indépendants dans le pays exportateur». |
| (44) | Toutefois, en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]orsqu’il est jugé inapproprié […] de se fonder sur les prix et les coûts sur le marché intérieur du pays exportateur du fait de l’existence, dans ce pays, de distorsions significatives au sens du point b), la valeur normale est calculée exclusivement sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés» et «comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire» (les «dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux» sont ci-après dénommés «frais VAG»). |
| (45) | Comme expliqué plus en détail ci-dessous, la Commission a conclu que, sur la base des éléments de preuve disponibles et compte tenu du manque de coopération dont les pouvoirs publics chinois ont fait preuve, l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était appropriée. |
3.4.4.1. Existence de distorsions significatives
3.4.4.1.1.
| (46) | L’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base dispose que l’«[o]n entend par distorsions significatives les distorsions qui se produisent lorsque les prix ou les coûts déclarés, y compris le coût des matières premières et de l’énergie, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante. Dans l’analyse de l’existence de distorsions significatives, il faut tenir compte notamment de l’incidence possible de l’un ou plusieurs des facteurs suivants:
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| (47) | La liste visée à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base étant non cumulative, il n’est pas nécessaire de prendre en considération tous les facteurs pour établir l’existence de distorsions significatives. Par ailleurs, les mêmes circonstances factuelles peuvent être utilisées pour démontrer l’existence d’un ou de plusieurs facteurs mentionnés dans la liste. Cependant, toute conclusion relative à l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), doit être formulée sur la base de l’ensemble des éléments de preuve disponibles. L’appréciation globale de l’existence de distorsions peut également tenir compte du contexte général et de la situation dans le pays exportateur, en particulier lorsque les piliers de la configuration économique et administrative du pays exportateur confèrent aux pouvoirs publics des pouvoirs importants pour intervenir dans l’économie de telle sorte que les prix et les coûts ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché. |
| (48) | L’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base prévoit que «[l]orsque la Commission dispose d’indications dûment fondées sur l’existence possible de distorsions significatives au sens du point b) dans un certain pays ou un secteur particulier de ce pays, et lorsqu’il y a lieu en vue de l’application effective du présent règlement, la Commission produit, publie et met régulièrement à jour un rapport décrivant la situation du marché visée au point b) dans ce pays ou ce secteur». |
| (49) | En vertu de cette disposition, la Commission a publié un rapport décrivant la situation en Chine (ci-après le «rapport») (10), qui montre l’existence d’une intervention étatique importante à de nombreux niveaux de l’économie, y compris des distorsions spécifiques touchant de nombreux facteurs de production clés (tels que les terrains, l’énergie, les capitaux, les matières premières et la main-d’œuvre) et des secteurs spécifiques (tels que la sidérurgie et l’industrie chimique). Les parties intéressées ont été invitées à réfuter, à commenter ou à compléter les éléments de preuve versés au dossier de l’enquête au moment de l’ouverture de la procédure. Le rapport a été versé au dossier de l’enquête au stade de l’ouverture de la procédure. |
| (50) | Plus précisément, le requérant, dans sa demande de réexamen intermédiaire, a fait valoir que les facteurs de production, dont les principales matières premières et l’énergie nécessaires à la production des fils de polyesters à haute ténacité, étaient fortement faussés. Il a fait référence au rapport et aux distorsions qui y sont recensées concernant le secteur chimique, notamment l’industrie du monoéthylène glycol (ci-après le «MEG») et de l’acide téréphtalique purifié (ci-après l’«ATP»). En outre, le requérant a souligné, en se référant au rapport, l’existence de distorsions des coûts de l’énergie. Il a également fait observer que les autorités chinoises soutenaient la mise en place de politiques fiscales et financières préférentielles en faveur de l’industrie chimique, en vertu notamment de l’avis sur la 13e directive quinquennale relative à l’industrie des fibres chimiques. Le requérant a en outre mis en avant l’intervention de l’État sur le marché du travail et dans le domaine des droits d’utilisation du sol. |
| (51) | Comme indiqué au considérant 42, les pouvoirs publics chinois n’ont pas formulé d’observations ou communiqué d’éléments de preuve appuyant ou contredisant les éléments de preuve figurant dans le dossier, y compris le rapport et les éléments de preuve supplémentaires fournis par le requérant, en ce qui concerne l’existence de distorsions significatives et/ou la pertinence de l’application, en l’espèce, de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. |
| (52) | La Commission a examiné s’il était approprié ou non d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur en Chine, en raison de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur les éléments de preuve disponibles dans le dossier, y compris ceux figurant dans le rapport, qui repose sur des sources accessibles au public. Cette analyse a couvert l’examen des interventions étatiques importantes dans l’économie chinoise en général, mais également sur la situation spécifique du marché dans le secteur concerné dont relève le produit faisant l’objet du réexamen. La Commission a complété ces éléments de preuve par ses propres recherches sur les différents critères pertinents pour confirmer l’existence de distorsions significatives en Chine. |
3.4.4.1.2.
| (53) | Le système économique chinois repose sur la notion d’«économie socialiste de marché». Ce concept est consacré dans la Constitution chinoise et détermine la gouvernance économique de la Chine. Son principe fondamental est la «propriété socialiste publique des moyens de production, c’est-à-dire la propriété du peuple tout entier et la propriété collective des masses laborieuses». L’économie sous la responsabilité de l’État est la «force dirigeante de l’économie nationale» et l’État a pour mission d’«assurer son renforcement et son développement» (11). De ce fait, non seulement la structure générale de l’économie chinoise permet des interventions étatiques importantes dans l’économie, mais de telles interventions sont expressément prévues. La notion de suprématie de la propriété publique sur la propriété privée imprègne l’ensemble du système juridique et est mise en évidence comme principe général dans tous les textes législatifs majeurs. La loi chinoise sur la propriété en est le parfait exemple: elle se réfère au stade primaire du socialisme et confie à l’État la préservation du système économique de base dans le cadre duquel la propriété publique joue un rôle prédominant. D’autres formes de propriété sont tolérées, la loi leur permettant de se développer parallèlement à la propriété publique (12). |
| (54) | En outre, en droit chinois, l’économie socialiste de marché est développée sous la direction du Parti communiste chinois (ci-après le «PCC»). Les structures de l’État chinois et du PCC sont interconnectées à tous les niveaux (juridique, institutionnel, personnel), formant une superstructure dans laquelle les rôles du PCC et de l’État sont indissociables. À la suite d’une modification de la Constitution chinoise en mars 2018, le rôle de premier plan joué par le PCC a encore été renforcé par la formulation de l’article 1er de la Constitution. Après la première phrase ci-dessous, qui figurait déjà dans l’article en question, «[l]e régime socialiste est le système fondamental de la République populaire de Chine», une seconde phrase a été ajoutée, laquelle se présente comme suit: «[l]a caractéristique essentielle du socialisme chinois est le rôle dirigeant du Parti communiste chinois» (13). Cet ajout illustre le contrôle incontesté et toujours plus important exercé par le PCC sur le système économique de la Chine. Cet encadrement et ce contrôle sont inhérents au système chinois et vont bien au-delà de la situation que l’on observe habituellement dans d’autres pays où les gouvernements exercent un contrôle macroéconomique général dans les limites duquel intervient le libre jeu des forces du marché. |
| (55) | L’État chinois mène une politique économique interventionniste en poursuivant des objectifs qui coïncident avec le programme politique fixé par le PCC plutôt que de refléter les conditions économiques prévalant sur un marché libre (14). Les outils économiques interventionnistes déployés par les autorités chinoises sont multiples et comprennent le système de planification industrielle, le système financier ainsi que le niveau de l’environnement réglementaire. |
| (56) | Premièrement, au niveau du contrôle administratif global, l’orientation de l’économie chinoise est régie par un système complexe de planification industrielle qui concerne toutes les activités économiques du pays. L’ensemble de ces plans couvrent une matrice complète et complexe de secteurs et de politiques transversales et se déclinent à tous les niveaux de gouvernance. Les plans établis à l’échelon provincial fixent des objectifs détaillés, tandis que les programmes élaborés à l’échelle du pays définissent des objectifs plus larges. Les plans précisent également les moyens à utiliser afin de soutenir les industries ou secteurs concernés, ainsi que les délais dans lesquels les objectifs doivent être réalisés. Certains plans contiennent encore des objectifs explicites de production. Dans le cadre de ces plans, les différents secteurs industriels et/ou projets sont désignés comme des priorités (positives ou négatives) conformes aux priorités des pouvoirs publics, et des objectifs de développement spécifiques leur sont attribués (modernisation industrielle, expansion internationale, etc.). Les opérateurs économiques, privés comme publics, doivent adapter efficacement leurs activités commerciales aux réalités imposées par le système de planification. Cela s’explique non seulement par le caractère contraignant des plans, mais aussi par le fait que les autorités chinoises compétentes, à tous les niveaux, adhèrent au système de planification et utilisent leurs attributions en conséquence, incitant ainsi les opérateurs économiques à respecter les priorités établies dans les plans (voir également la section 3.4.4.1.5 ci-après) (15). |
| (57) | Deuxièmement, s’agissant de l’attribution des ressources financières, le système financier de la Chine est dominé par les banques commerciales appartenant à l’État. Lorsque ces banques établissent et mettent en œuvre leur politique de prêt, elles doivent s’aligner sur les objectifs de la politique industrielle des pouvoirs publics plutôt que d’évaluer en priorité les avantages économiques d’un projet donné (voir également la section 3.4.4.1.8 ci-après) (16). Il en va de même pour les autres composantes du système financier chinois, telles que les marchés boursiers, les marchés des obligations, les marchés des capitaux privés, etc. En outre, les éléments du secteur financier autre que le secteur bancaire sont mis en place au niveau institutionnel et opérationnel de telle sorte qu’ils ne visent pas à maximiser le fonctionnement efficace des marchés financiers, mais à assurer le contrôle et à permettre l’intervention de l’État et du PCC (17). |
| (58) | Troisièmement, s’agissant de l’environnement réglementaire, les interventions de l’État dans l’économie prennent plusieurs formes. À titre d’exemple, les règles de passation des marchés publics sont régulièrement utilisées aux fins de la réalisation d’objectifs autres que l’efficacité économique, ce qui porte atteinte aux principes fondés sur le marché dans ce domaine. La législation applicable prévoit expressément que des marchés publics doivent être passés pour faciliter la réalisation des objectifs définis par les politiques de l’État. Toutefois, la nature de ces objectifs n’est pas définie, ce qui laisse une large marge d’appréciation aux instances décisionnelles (18). De même, dans le domaine des investissements, les pouvoirs publics chinois conservent une influence et un contrôle significatifs sur la destination et l’ampleur des investissements tant publics que privés. Le filtrage des investissements, ainsi que diverses mesures incitatives, restrictions et interdictions liées aux investissements sont utilisés par les autorités comme un outil important à l’appui des objectifs de politique industrielle, tels que la préservation du contrôle de l’État sur des secteurs clés ou le renforcement de l’industrie nationale (19). |
| (59) | En résumé, le modèle économique chinois repose sur certains axiomes de base qui prévoient et encouragent de multiples interventions étatiques. Celles-ci sont considérables et contraires au principe du libre jeu des forces du marché, ce qui entraîne une distorsion dans la répartition effective des ressources conformément aux principes du marché (20). |
3.4.4.1.3.
| (60) | En Chine, les entreprises qui appartiennent à l’État ou qui opèrent sous son contrôle et/ou sa supervision stratégique ou autorité sont une composante essentielle de l’économie. |
| (61) | Alors que, dans le secteur des fils de polyesters à haute ténacité, le nombre d’entreprises qui appartiennent à l’État ne semble pas significatif, les pouvoirs publics chinois conservent une participation dans un certain nombre d’entreprises productrices, qui dépasse 12 % dans le groupe Unifull par exemple (21). En outre, les entreprises s’engagent à coopérer avec les pouvoirs publics dans l’espoir de faire progresser leurs perspectives commerciales, comme le montre par exemple le rapport annuel de Zhejiang Unifull Industrial Fibre pour l’année 2021 (22), selon lequel «[l]’entreprise continuera à renforcer sa coopération et ses échanges avec les parties prenantes extérieures, telles que les pouvoirs publics locaux à tous les niveaux, les institutions financières, les clients et les fournisseurs, afin de parvenir à une situation gagnant-gagnant qui satisfasse aux intérêts des parties prenantes extérieures comme des actionnaires». En outre, comme les interventions du PCC dans la prise de décision opérationnelle sont devenues également la norme dans les entreprises privées (23), le PCC dirigeant pratiquement tous les aspects de l’économie du pays, l’influence de l’État, au moyen de structures du PCC présentes au sein des entreprises, aboutit dans les faits à ce que les opérateurs économiques soient placés sous le contrôle et la supervision stratégique du gouvernement, étant donné le degré d’imbrication des structures de l’État chinois avec celles du parti. |
| (62) | Il en va de même au niveau de la China Chemical Fiber Association (association chinoise des fibres chimiques, ci-après la «CCFA») (24), l’association industrielle sectorielle, dont l’entreprise Guxiandao est membre, par exemple, et dont le vice-président s’avère être le directeur général de Guxiandao. En vertu de l’article 2 des statuts de la CCFA, l’objectif de l’association est, entre autres, de «mettre en œuvre la politique industrielle du pays». L’article 3, formulé comme suit, confirme la subordination de la CCFA au PCC: «L’association reconnaît le rôle dirigeant du Parti communiste chinois dans tous les domaines, et, conformément aux dispositions des statuts du Parti communiste chinois, elle établit des organisations du Parti communiste chinois, développe les activités du Parti et met en place les conditions nécessaires aux activités des organisations du Parti.» |
| (63) | Par conséquent, même les producteurs privés dans le secteur des fils de polyesters à haute ténacité se voient empêchés d’exercer leurs activités dans des conditions de marché. En effet, tant les entreprises publiques que les entreprises privées du secteur sont soumises à des orientations et à une supervision stratégiques, comme expliqué également à la section 3.4.4.1.5 ci-après. |
3.4.4.1.4.
| (64) | Non seulement les pouvoirs publics chinois exercent un contrôle sur l’économie grâce, entre autres moyens, aux entreprises publiques qu’ils détiennent, mais ils sont également en mesure d’influer sur les prix et les coûts du fait de leur présence au sein même des entreprises. Si le droit de nommer et de révoquer les principaux dirigeants des entreprises publiques conféré aux autorités étatiques compétentes, tel que prévu par la législation chinoise, peut être considéré comme reflétant les droits de propriété correspondants (25), les cellules du PCC dans les entreprises, tant publiques que privées, représentent un autre moyen important par lequel l’État peut intervenir dans les décisions commerciales. Conformément au droit chinois des sociétés, une organisation du PCC doit être mise en place dans chaque entreprise (avec au moins trois membres du PCC, comme le prévoient les statuts du parti (26)) et l’entreprise concernée doit veiller à ce que les conditions nécessaires aux activités de l’organisation du parti soient réunies. Par le passé, il semble que cette exigence n’ait pas toujours été respectée ou strictement appliquée. Toutefois, depuis 2016 au moins, le PCC renforce, par principe politique, ses prétentions à contrôler les décisions commerciales dans les entreprises (27), notamment en exerçant des pressions sur les entreprises privées pour qu’elles adoptent un comportement patriotique et qu’elles respectent la discipline du parti (28). En 2017, il a été rapporté que des cellules du parti existaient dans 70 % des quelque 1,86 million d’entreprises privées, et que la pression s’intensifiait pour que les organisations du PCC aient le dernier mot dans les prises de décisions commerciales au sein de leurs entreprises respectives (29). Ces règles sont d’application générale dans l’ensemble de l’économie chinoise, tous secteurs confondus, et s’appliquent donc aussi aux producteurs de fils de polyesters à haute ténacité et à leurs fournisseurs d’intrants. |
| (65) | En outre, le 15 septembre 2020, un document intitulé General Office of CCP Central Committee’ Guidelines on enhancing the United Front work in the private sector for the new era (Orientations du bureau général du comité central du PCC sur le renforcement des travaux du front uni dans le secteur privé pour une nouvelle ère) (ci-après les «orientations») (30) a été publié, élargissant encore davantage le rôle des comités du parti dans les entreprises privées. La section II.4 de ces orientations dispose que «[n]ous devons renforcer la capacité globale du Parti à diriger le travail du front uni dans le secteur privé et intensifier efficacement les efforts dans ce domaine», et la section III.6 que «[n]ous devons renforcer davantage la consolidation du parti dans les entreprises privées et donner aux cellules du parti le moyen de jouer efficacement leur rôle de forteresse, tout en permettant aux membres du parti d’agir en tant qu’avant-gardistes et pionniers». Les orientations accentuent et visent donc à accroître le rôle du PCC dans les entreprises et autres entités du secteur privé (31). |
| (66) | L’enquête a confirmé que les chevauchements entre les postes de direction d’entreprise et les fonctions de membre ou responsable du PCC sont monnaie courante dans le secteur des fibres chimiques. À titre d’exemple, le directeur général d’Unifull occupe en parallèle le poste de secrétaire de la branche du parti (32), tandis que le directeur exécutif de Guxiandao exerce également la fonction de secrétaire du comité du parti (33). |
| (67) | La présence et l’intervention de l’État sur les marchés financiers (voir également la section 3.4.4.1.8 ci-après) ainsi que dans l’approvisionnement en matières premières et intrants ont également un effet de distorsion sur le marché (34). Ainsi, la présence de l’État dans les entreprises du secteur des fils de polyesters à haute ténacité et d’autres secteurs (tels que le secteur financier et le secteur des intrants) permet aux pouvoirs publics chinois d’influer sur la formation des prix et sur les coûts. |
3.4.4.1.5.
| (68) | L’orientation de l’économie chinoise est déterminée dans une large mesure par un système de planification élaboré qui définit les priorités et les objectifs sur lesquels les pouvoirs publics centraux et locaux doivent se concentrer. Des plans de ce type existent à tous les niveaux de gouvernance et portent sur pratiquement tous les secteurs économiques. Les objectifs fixés par les instruments de planification ont un caractère contraignant et les autorités, à chaque niveau administratif, surveillent la mise en œuvre des plans par l’échelon inférieur. Globalement, le système de planification en Chine a pour effet d’orienter les ressources vers des secteurs désignés par les pouvoirs publics comme stratégiques ou autrement importants sur le plan politique; l’affectation de ces ressources n’est donc pas régie par les forces du marché (35). |
| (69) | L’industrie des fibres chimiques est considérée comme un secteur clé par les pouvoirs publics chinois. Ce constat ressort clairement des avis d’orientation de 2022 relatifs au développement d’une industrie des fibres chimiques de haute qualité (ci-après les «avis d’orientation»), publiés par le ministère de l’industrie et la Commission nationale pour le développement et la réforme des technologies de l’information (36), selon lesquels «l’industrie des fibres chimiques constitue un pilier essentiel du développement stable et de l’innovation continue de la chaîne textile, un avantage concurrentiel au niveau international et une part importante de l’industrie des nouveaux matériaux». L’article I.2 des avis d’orientation énonce explicitement l’intention des pouvoirs publics chinois de déterminer la structure géographique et entrepreneuriale du secteur ainsi que les paramètres de production essentiels (37). L’intervention des pouvoirs publics peut prendre la forme de délocalisations de sites de production («mettre en œuvre la stratégie de développement régional, dans le respect des politiques industrielles, énergétiques, environnementales et autres, encourager les entreprises de premier plan à construire des bases intégrées pour l’ensemble de la chaîne industrielle des fibres textiles chimiques dans les provinces de Guangxi, Guizhou et Xinjiang et dans d’autres régions centrales et occidentales, et mettre en place des systèmes de chaînes d’approvisionnement efficaces et collaboratifs avec les régions et pays voisins»), de fusions visant à créer des champions industriels («encourager les entreprises à optimiser l’allocation des facteurs de production par des fusions et des réorganisations, et accélérer la révision des processus d’entreprise et la modernisation technologique; aider les entreprises de premier plan à rassembler des ressources de haute qualité telles que les outils technologiques, les marques, les canaux et les talents»), d’une désignation des entreprises pouvant bénéficier d’un soutien particulier au titre de programmes publics spécifiques («encourager l’intégration et le développement des grandes, moyennes et petites entreprises, favoriser la création de nouvelles entreprises spécialisées qui constituent de «petits géants» ou des champions uniques), etc (38). |
| (70) | Cette stratégie du gouvernement central est confirmée par de nombreux documents de planification consacrés à l’industrie des fibres chimiques, publiés aux niveaux provincial et municipal. |
| (71) | Les provinces de Zhejiang, Jiangsu, Fujian et Shandong, ainsi que la municipalité de Chongqing, en sont de bons exemples. |
| (72) | Le 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme (39) dans la province de Jiangsu non seulement contient des dispositions détaillées sur les objectifs de développement fixés pour un large éventail de sous-secteurs du secteur chimique (40), mais il reflète également les politiques susmentionnées énoncées dans les avis d’orientation sur la structure industrielle:
ainsi que la répartition géographique de la production:
|
| (73) | De même, le plan spécial pour le développement des industries émergentes stratégiques dans la province de Fujian au cours du 14e plan quinquennal (44) prévoit que les autorités provinciales soutiennent le secteur des fibres chimiques et orientent son développement:
|
| (74) | L’ingérence des autorités de Fujian dans le développement du secteur des fibres chimiques ressort en outre du 14e plan quinquennal provincial pour le développement d’une industrie manufacturière de haute qualité, qui donne aux parties prenantes les instructions suivantes:
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| (75) | En outre, le 14e plan quinquennal de Shandong pour le développement de l’industrie chimique (47) souligne la nécessité de «[m]ettre l’accent sur le développement de résines synthétiques et de polyoléfines à base d’éthylène en tant que produits finis, du propylène-polypropylène, d’autres plastiques techniques et de matériaux modifiés, de matériaux synthétiques et en caoutchouc produits à partir de butène et de C4, de produits finis fabriqués à base de polyuréthane à haute performance, d’isocyanate et de toluène, de nouveaux matériaux, de textiles et de matériaux techniques en nylon, benzène et polyamide, du polyester PX-PTA et de six autres grandes chaînes industrielles» (48). Un langage similaire est également employé dans le 14e plan quinquennal de Zhejiang pour le développement de l’industrie des nouveaux matériaux (49): «Dans le domaine des matériaux de base avancés, mettre en œuvre un certain nombre de projets de transformation numérique et écologique et de projets d’expansion de la production de produits haut de gamme et rares; dans les domaines des matériaux stratégiques clés tels que les matériaux semi-conducteurs avancés, les nouveaux matériaux d’affichage, les matériaux biomédicaux, les fibres à haute performance et les matériaux composites, mettre en place un certain nombre de projets d’industrialisation et d’expansion des applications» (50) et dans le 14e plan quinquennal de Chongqing pour le développement d’une industrie manufacturière de haute qualité (51): «Utiliser les matières premières de base pour encourager les entreprises concernées à mettre au point et à fabriquer des fibres fonctionnelles de PVA (alcool polyvinylique) à haute performance, des fibres spandex différenciées, des fibres de polyester spécial, des fibres de polyamide, des microfibres de polyuréthane et d’autres produits.» (52) |
| (76) | Au moyen de ces instruments et d’autres outils, les pouvoirs publics chinois dirigent et contrôlent donc presque chaque aspect du développement et du fonctionnement du secteur. |
| (77) | En résumé, les pouvoirs publics chinois ont mis en place des mesures pour inciter les opérateurs à se conformer aux objectifs de politique publique visant à soutenir les industries encouragées, y compris la production des principales matières premières utilisées dans la fabrication des fils de polyesters à haute ténacité. De telles mesures empêchent le libre jeu des forces du marché. |
3.4.4.1.6.
| (78) | D’après les informations versées au dossier, le régime chinois des faillites ne parvient pas à atteindre ses principaux objectifs, tels que le règlement équitable des créances et des dettes et la sauvegarde des droits et intérêts légitimes des créanciers et des débiteurs. Cette situation semble être due au fait que, si le droit chinois des faillites repose officiellement sur des principes semblables à ceux des lois correspondantes d’autres pays, le système chinois se caractérise par une sous-application systématique. Le nombre de faillites reste notoirement faible par rapport à la taille de l’économie du pays, notamment parce que les procédures d’insolvabilité souffrent d’un certain nombre de lacunes, qui ont pour effet de décourager les dépôts de bilan. Par ailleurs, le rôle de l’État dans les procédures d’insolvabilité reste fort et actif, et a souvent une influence directe sur l’issue de ces procédures (53). |
| (79) | En outre, les lacunes du système des droits de propriété sont particulièrement évidentes en ce qui concerne la propriété foncière et les droits d’utilisation du sol en Chine (54). Tous les terrains sont la propriété de l’État (terrains ruraux collectivisés et terrains urbains appartenant à l’État) et leur attribution demeure du ressort exclusif de l’État. Il existe des dispositions juridiques qui visent à attribuer les droits d’utilisation du sol de manière transparente et au prix du marché, par exemple au moyen d’appels d’offres. Toutefois, ces dispositions sont régulièrement contournées, certains acquéreurs obtenant des terrains gratuitement ou à des prix inférieurs à ceux du marché (55). Par ailleurs, les autorités poursuivent souvent des objectifs politiques spécifiques, y compris la mise en œuvre des plans économiques, lorsqu’elles attribuent des terrains (56). |
| (80) | Comme d’autres secteurs de l’économie chinoise, les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité sont soumis aux règles ordinaires des lois chinoises sur la faillite, les entreprises et la propriété. Aussi ces sociétés sont-elles, elles aussi, sujettes aux distorsions qui s’opèrent «de haut en bas», découlant d’une application discriminatoire ou d’une exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété. Sur la base des éléments de preuve disponibles, ces considérations semblent aussi pouvoir s’appliquer pleinement au secteur des fibres chimiques. La présente enquête n’a rien révélé qui puisse remettre en question ces constatations. |
| (81) | Au vu de ce qui précède, la Commission a conclu à l’application discriminatoire ou à l’exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété dans le secteur des fibres chimiques, y compris en ce qui concerne le produit faisant l’objet du réexamen. |
3.4.4.1.7.
| (82) | Un système de salaires fondés sur le marché ne peut se développer pleinement en Chine, étant donné que le droit des travailleurs et des employeurs à l’organisation collective est entravé. La Chine n’a pas ratifié un certain nombre de conventions essentielles de l’Organisation internationale du travail (ci-après l’«OIT»), en particulier celles concernant la liberté d’association et la négociation collective (57). Conformément au droit national, il n’existe qu’une organisation syndicale. Toutefois, cette organisation manque d’indépendance par rapport aux autorités étatiques et son engagement dans la négociation collective et la protection des droits des travailleurs reste rudimentaire (58). De plus, la mobilité de la main-d’œuvre chinoise est restreinte par le système d’enregistrement des ménages, lequel limite l’accès à l’ensemble des prestations de sécurité sociale et des autres prestations aux résidents locaux d’une zone administrative donnée. Il en résulte généralement que des travailleurs qui ne sont pas enregistrés en tant que résidents locaux se retrouvent dans une situation vulnérable en matière d’emploi et perçoivent un revenu inférieur à celui des personnes enregistrées en tant que résidents locaux (59). Ces conclusions mènent à une distorsion des coûts salariaux en Chine. |
| (83) | Aucun élément de preuve n’a été présenté pour démontrer que le secteur des fibres chimiques, qui inclut les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité, n’est pas soumis au système chinois de droit du travail décrit. Le secteur des fibres chimiques subit donc des distorsions des coûts salariaux, tant directement (dans le cadre de la fabrication du produit faisant l’objet du réexamen ou des matières premières destinées à sa production) qu’indirectement (dans le cadre de l’accès aux capitaux ou aux intrants des entreprises soumises à ce même système de droit du travail en Chine). |
3.4.4.1.8.
| (84) | L’accès des entreprises aux capitaux en Chine fait l’objet de diverses distorsions. |
| (85) | Premièrement, le système financier chinois se caractérise par la position solide occupée par les banques publiques (60) qui, lorsqu’elles accordent un accès à des financements, tiennent compte de critères autres que la viabilité économique d’un projet. À l’instar des entreprises publiques non financières, les banques restent liées à l’État non seulement par la propriété, mais également par des relations personnelles (les principaux dirigeants des grandes institutions financières publiques sont en fin de compte désignés par le PCC) (61) et, de nouveau à l’instar des entreprises publiques non financières, les banques mettent régulièrement en œuvre des politiques publiques conçues par les pouvoirs publics. Ce faisant, les banques se conforment à une obligation légale explicite de mener leurs activités en fonction des besoins de l’économie nationale et du développement social, dans le respect de la politique industrielle de l’État (62). Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (63). |
| (86) | S’il est établi que diverses dispositions juridiques font référence à la nécessité de respecter le comportement bancaire normal et les normes prudentielles telles que la nécessité d’examiner le degré de solvabilité de l’emprunteur, des preuves irréfutables, y compris les conclusions tirées à l’issue des enquêtes en matière de défense commerciale, indiquent que ces dispositions ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’application des divers instruments juridiques. |
| (87) | À titre d’exemple, les pouvoirs publics chinois ont précisé que même les décisions des banques commerciales privées doivent être supervisées par le PCC et rester conformes aux politiques nationales. L’un des trois objectifs primordiaux de l’État en matière de gouvernance bancaire est désormais de renforcer le rôle dirigeant du parti dans le secteur de la banque et de l’assurance, notamment en ce qui concerne les questions opérationnelles et de gestion (64). En outre, les critères d’évaluation des performances des banques commerciales doivent désormais, notamment, tenir compte de la manière dont les entités «servent les objectifs de développement national et l’économie réelle», et en particulier de la manière dont elles «servent les industries stratégiques et émergentes» (65). |
| (88) | Dans le secteur des fibres chimiques en particulier, la hiérarchisation des secteurs en fonction de critères liés aux politiques industrielles plutôt qu’à la solvabilité d’un projet donné ressort d’un certain nombre de documents stratégiques, tels que le 14e plan quinquennal de la province de Shandong pour le développement de l’industrie chimique, qui prévoit ce qui suit (66):
|
| (89) | De même, en vertu du 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme (68) dans la province de Jiangsu, les autorités locales sont tenues de «donner toute sa mesure au rôle moteur des fonds publics d’investissement, d’élargir avec souplesse les modes de financement et de guider les investissements en capital social» (69). |
| (90) | Ces politiques de soutien financier aux industries stratégiques sont ensuite appliquées au niveau des entreprises, comme en témoigne, par exemple, l’accord entre Bank of China et Guxiandao sur la consolidation du parti. Comme expliqué sur la page internet de l’entreprise, l’accord relatif à la consolidation du parti, en vertu duquel Guxiandao et la succursale locale de Bank of China «approfondiront leur coopération et intégreront en profondeur les activités de consolidation du parti au développement de l’entreprise» ne représente qu’une première étape, à la suite de laquelle Bank of China «augmentera l’octroi de crédits à [Guxiandao] en tenant compte des besoins réels de [l’] entreprise […], de manière à accroître le volume des règlements internationaux», ce qui, en retour, […] «assurera l’expansion commerciale de l’entreprise sous la direction du parti» (70). |
| (91) | Par ailleurs, les notations d’obligations et de crédits sont souvent faussées pour diverses raisons, y compris le fait que l’évaluation des risques est influencée par l’importance stratégique de l’entreprise aux yeux des pouvoirs publics chinois et la force de toute garantie implicite des pouvoirs publics. Les estimations laissent sérieusement présumer que les notations de crédit chinoises correspondent systématiquement à des notations internationales inférieures (71). |
| (92) | Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (72). Cela donne lieu à un biais en faveur des prêts aux entreprises publiques, aux grandes entreprises privées bénéficiant d’un excellent réseau et aux entreprises des secteurs industriels clés, ce qui signifie que la disponibilité et le coût du capital ne sont pas les mêmes pour tous les acteurs du marché. |
| (93) | Deuxièmement, les coûts d’emprunt ont été maintenus artificiellement bas pour stimuler la croissance des investissements. Il en est résulté un recours excessif à l’investissement en capital, avec des rendements sur investissement de plus en plus faibles. Ce constat est illustré par la croissance de l’endettement des entreprises dans le secteur public malgré une forte chute de la rentabilité, ce qui indique que les mécanismes à l’œuvre dans le système bancaire ne correspondent pas à des réponses commerciales normales. |
| (94) | Troisièmement, bien que la libéralisation des taux d’intérêt nominaux ait eu lieu en octobre 2015, les signaux de prix ne sont toujours pas le résultat du libre jeu des forces du marché, mais sont influencés par les distorsions induites par les pouvoirs publics. La part des prêts à un taux égal ou inférieur au taux de référence représentait encore au moins un tiers de l’ensemble des prêts à la fin de 2018 (73). Les médias officiels en Chine ont récemment rapporté que le PCC avait appelé à «orienter le taux d’intérêt du marché des prêts vers le bas» (74). Des taux d’intérêt artificiellement bas entraînent la fixation de prix inférieurs à ceux du marché et, par conséquent, une utilisation excessive de capitaux. |
| (95) | La croissance globale du crédit en Chine indique une détérioration de l’efficacité de l’allocation des capitaux sans aucun signe de resserrement du crédit auquel on pourrait s’attendre dans un environnement de marché non faussé. Par conséquent, les prêts non performants ont augmenté rapidement, les pouvoirs publics chinois ayant choisi à plusieurs reprises soit d’éviter les défaillances, créant ainsi des entreprises dites «zombies», soit de recourir à un transfert de propriété de la dette (par des fusions ou des conversions de dettes en capital, par exemple), sans nécessairement supprimer le problème global de la dette ou s’attaquer à ses causes profondes. |
| (96) | En substance, malgré les mesures prises afin de libéraliser le marché, le système de crédit aux entreprises en Chine est affecté par des distorsions significatives résultant du rôle prépondérant continu de l’État sur les marchés de capitaux. Par conséquent, l’intervention étatique importante dans le système financier a de sérieuses répercussions sur les conditions de marché à tous les niveaux. |
3.4.4.1.9.
| (97) | La Commission a observé que les distorsions décrites dans le rapport étaient caractéristiques de l’économie chinoise. Les éléments de preuve disponibles montrent que les faits et les caractéristiques du système chinois décrits ci-dessus dans les sections 3.4.4.1.1 à 3.4.4.1.5 et dans la partie I du rapport s’appliquent à l’ensemble du pays et à tous les secteurs de l’économie. Il en va de même pour la description des facteurs de production présentée aux sections 3.4.4.1.6 à 3.4.4.1.8 ci-dessus et dans la partie II du rapport. |
| (98) | La Commission rappelle que pour produire des fils de polyesters à haute ténacité, un éventail d’intrants est nécessaire. Lorsque les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité achètent ces intrants ou passent un contrat les concernant, les prix qu’ils paient (et qui sont comptabilisés au titre des coûts de ces intrants) sont clairement exposés aux distorsions systémiques susmentionnées. À titre d’exemple, les fournisseurs d’intrants emploient une main-d’œuvre qui fait l’objet de ces distorsions. Ils sont susceptibles d’emprunter de l’argent qui fait l’objet des distorsions affectant le secteur financier ou l’allocation des capitaux. En outre, ils sont soumis au système de planification qui s’applique à tous les niveaux de gouvernance et à tous les secteurs. |
| (99) | Dès lors, non seulement les prix de vente des fils de polyesters à haute ténacité sur le marché intérieur ne sont pas appropriés pour une utilisation au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, mais tous les coûts des intrants (y compris les matières premières, l’énergie, les terrains, le financement, la main-d’œuvre, etc.) sont également altérés, dès lors que la formation de leur prix est affectée par une intervention étatique importante, comme décrit dans les parties I et II du rapport. En effet, les interventions étatiques décrites en ce qui concerne l’allocation des capitaux, les terrains, la main-d’œuvre, l’énergie et les matières premières sont présentes partout en Chine. Cela signifie, par exemple, qu’un intrant qui, en soi, a été produit en Chine en combinant une série de facteurs de production est exposé à des distorsions significatives. Il en va de même pour les intrants des intrants et ainsi de suite. Aucun élément de preuve ou argument démontrant le contraire n’a été présenté par les pouvoirs publics chinois ou les producteurs-exportateurs dans le cadre de la présente enquête. |
3.4.4.1.10.
| (100) | L’analyse exposée aux sections 3.4.4.1.2. à 3.4.4.1.9, qui comprend un examen de tous les éléments de preuve disponibles concernant l’intervention de la Chine dans son économie en général et dans le secteur chimique en particulier (y compris le produit faisant l’objet du réexamen), a montré que les prix ou les coûts du produit faisant l’objet du réexamen, dont les coûts des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, comme le prouve l’incidence réelle ou potentielle d’un ou de plusieurs des facteurs pertinents qui y sont énumérés. Sur cette base, et en l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois, la Commission a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur pour déterminer la valeur normale en l’espèce. |
| (101) | Par conséquent, la Commission a calculé la valeur normale exclusivement sur la base des coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, c’est-à-dire, en l’espèce, sur la base des coûts de production et de vente correspondants dans un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, comme expliqué à la section suivante. |
3.4.4.2. Pays représentatif
3.4.4.2.1.
| (102) | Le choix du pays représentatif a été effectué sur la base des critères suivants, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base:
|
| (103) | L’évaluation de la Commission relative à la sélection du pays représentatif approprié peut être résumée comme suit. |
3.4.4.2.2.
| (104) | Au cours de la période d’enquête de réexamen, la Banque mondiale a classé les pays présentant un niveau de développement économique semblable à celui de la Chine dans la catégorie «revenu intermédiaire, tranche supérieure» sur la base du revenu national brut. Dans la première note, il est indiqué qu’une importante production du produit faisant l’objet du réexamen n’a été constatée que dans cinq de ces pays, à savoir la Biélorussie, le Brésil, le Mexique, la Thaïlande et la Turquie. |
| (105) | Toutefois, étant donné que la Biélorussie n’est ni membre de l’OMC, ni une économie de marché, ce pays n’a pas été examiné plus avant aux fins de la recherche d’un pays représentatif potentiel. |
| (106) | La Commission a donc évalué plus en détail la situation du Brésil, du Mexique, de la Thaïlande et de la Turquie. |
3.4.4.2.3.
| (107) | En ce qui concerne les pays examinés susmentionnés, la Commission a en outre vérifié la disponibilité des données publiques, y compris les données sur les importations de facteurs de production, ainsi que les données financières des producteurs du produit faisant l’objet du réexamen dans les pays représentatifs potentiels. |
| (108) | L’analyse des importations des principaux facteurs de production a montré qu’en ce qui concerne les principaux intrants de production des fils de polyesters à haute ténacité (à savoir l’ATP, le MEG et les granulés de polyéthylène téréphtalate, ou PET), la Turquie importait globalement des volumes non faussés plus importants et plus représentatifs que le Brésil, le Mexique ou la Thaïlande. |
| (109) | L’analyse a également montré que les importations en provenance de Chine ou de l’un des pays énumérés à l’annexe I du règlement (CE) no 2015/755 (77) n’avaient pas d’incidence notable sur les importations turques. En outre, la production de fils de polyesters à haute ténacité est importante en Turquie et il n’existe aucune distorsion particulière des échanges commerciaux concernant les facteurs de production et les fils de polyesters à haute ténacité dans le pays. De plus, des données détaillées et suffisamment représentatives sur les prix à l’importation des intrants en Turquie sont aisément disponibles dans l’Atlas mondial du commerce (ci-après le «GTA»). |
| (110) | En ce qui concerne les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité dans les pays représentatifs et la disponibilité de leurs données, la Commission a sélectionné l’entreprise Kordsa Teknik Tekstil A.S. (ci-après «Kordsa Türkiye») dont les résultats financiers consolidés sont disponibles pour l’année 2021. À contrario les données financières des entreprises brésilienne (Kordsa Brasil S.A.), mexicaines (Monosuisse, Performance Fibers Mexico Operations et Akra Polyester SA DE CV) et thaïlandaises [Thai Toray Synthetics Co Ltd et Teijin Polyester (Thailand) Co Ltd] produisant des fils de polyesters à haute ténacité ne sont pas aisément disponibles pour toute la période d’enquête et ne respectent pas pleinement les normes internationales d’information financière (dans le cas des producteurs thaïlandais). |
| (111) | Il a été constaté que Kordsa Türkiye ne produisait pas uniquement des fils de polyesters à haute ténacité, mais que le segment des fils de polyesters à haute ténacité constituait environ 86 % de ses revenus en 2021 (78). La Commission a fait observer à cet égard qu’en l’absence d’informations financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement le produit faisant l’objet du réexamen (ce qui est presque toujours le cas), elle recherche la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche, y compris des informations consolidées sur le ou les producteurs actifs, entre autres, dans le secteur du produit faisant l’objet du réexamen. Dans ces circonstances, les frais VAG consolidés et la marge bénéficiaire déterminés pour Kordsa Türkiye sont donc considérés comme suffisamment représentatifs pour être utilisés aux fins des présentes enquêtes. |
| (112) | Compte tenu de la disponibilité publique du rapport annuel complet de Kordsa Türkiye pour 2021 (79), la Commission a donc utilisé les informations qui y figurent. |
3.4.4.2.4.
| (113) | Étant établi que la Turquie était un pays représentatif approprié sur la base de l’ensemble des éléments susmentionnés, il n’était pas nécessaire de procéder à une évaluation du niveau de protection sociale et environnementale conformément à la dernière phrase de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base. |
3.4.4.2.5.
| (114) | Eu égard à l’analyse qui précède, la Turquie remplissait les critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base pour être considérée comme un pays représentatif approprié. |
3.4.5. Marge de dumping
| (115) | À défaut de coopération de la part des producteurs-exportateurs chinois et, par voie de conséquence, en l’absence d’informations spécifiques sur les prix chinois, la marge de dumping a été déterminée à partir des données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base. |
| (116) | Pour calculer la marge de dumping, la Commission calcule généralement la valeur normale en multipliant les volumes de consommation de chaque facteur de production (tels qu’indiqués par le requérant) par les coûts unitaires non faussés déterminés pour la Turquie, comme indiqué à la section 4.5.4. Elle applique ensuite les frais généraux de fabrication aux coûts de fabrication non faussés (voir section 4.5.9), les frais VAG et le bénéfice déterminés pour la Turquie (voir section 4.5.8). De plus, le prix à l’exportation est normalement déterminé à partir des statistiques d’importation accessibles au public. |
| (117) | Toutefois, au lieu d’utiliser les informations communiquées par le requérant et/ou les statistiques d’importation en l’espèce, à la lumière de l’enquête de réexamen intermédiaire (qui a bénéficié d’un degré élevé de coopération englobant une part importante des importations de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union) (80), la Commission s’est appuyée sur les résultats publiés de ladite enquête et sur les marges de dumping qui en ressortent (voir considérant 356). |
| (118) | Sur cette base, les marges de dumping moyennes pondérées, exprimées en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, étaient comprises entre 9,7 % et 23,7 %. Il a donc été conclu que le dumping avait continué pendant la période d’enquête de réexamen. |
3.5. Probabilité de continuation du dumping
| (119) | Conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, la probabilité que le dumping établi au titre de l’article 18 dudit règlement continue en cas d’expiration des mesures a été évaluée. |
| (120) | À cette fin, les capacités de production et les capacités inutilisées en Chine, le comportement des exportateurs chinois sur d’autres marchés, la situation sur le marché intérieur de la Chine et l’attractivité du marché de l’Union ont été examinés. |
3.5.1. Capacités de production et capacités inutilisées en Chine
| (121) | Compte tenu du manque de coopération des producteurs-exportateurs chinois dans le cadre du réexamen au titre de l’expiration des mesures, les capacités inutilisées en Chine ont été déterminées principalement à partir des informations statistiques accessibles au public (informations extraites d’Eurostat), de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, de la demande de réexamen intermédiaire et d’un rapport indépendant publié par un cabinet d’études et de conseil mondialement reconnu (81) (ci-après «Wood Mac») et spécialisé, entre autres, dans le secteur chimique. La fiabilité des chiffres indiqués dans le rapport sectoriel de Wood Mac a été vérifiée et leur exactitude a été largement confirmée par les conclusions de la précédente enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures concernant les fils de polyesters à haute ténacité (82) (ci-après le «réexamen au titre de l’expiration des mesures de 2017»). |
| (122) | La Commission a procédé à un calcul détaillé des capacités inutilisées, en tenant compte de la capacité de production des producteurs chinois soumis aux mesures, de leurs volumes de production, de leurs exportations vers d’autres pays et de la consommation sur le marché intérieur. |
| (123) | Alors qu’en 2018, les capacités de production s’élevaient à environ [2 126 000 – 2 716 000] tonnes (ce qui est cohérent avec les capacités en 2015, comme indiqué dans le réexamen au titre de l’expiration des mesures de 2017), elles ont augmenté pour atteindre [2 508 000 – 3 205 000] tonnes au cours de la période d’enquête de réexamen. En fait, la capacité de production de fils de polyesters à haute ténacité des producteurs chinois soumis aux mesures au cours de la période d’enquête de réexamen a dépassé la consommation mondiale de ces fils au cours de la même période. Cette forte augmentation de la capacité de production s’accompagne toutefois d’une stagnation de la production, qui a oscillé autour de [1 187 000 – 1 746 000] tonnes au cours de la période 2018-2021, le volume de production étant comparable à celui de la période d’enquête du réexamen au titre de l’expiration des mesures de 2017. Dans le même temps, la consommation sur le marché intérieur entre 2018 et la période d’enquête de réexamen est restée stable, s’élevant à environ [1 048 000 – 1 566 000] tonnes, des chiffres semblables à ceux de 2015. |
| (124) | En ce qui concerne les exportations chinoises de fils de polyesters à haute ténacité, celles-ci sont passées de 458 246 tonnes en 2018 à 514 141 tonnes au cours de la période d’enquête de réexamen, selon les statistiques d’exportation chinoises. Par rapport à l’augmentation des capacités de production, cette modeste hausse a eu un effet négligeable, voire nul, sur la possibilité d’absorber les capacités de production massives chinoises. |
| (125) | En conséquence, la stagnation de la consommation et de la production sur le marché intérieur chinois et la croissance modeste des exportations, conjuguée à une forte augmentation des capacités de production, ont entraîné une hausse des capacités inutilisées déjà énormes des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité. |
| (126) | Plus précisément, au cours de la période d’enquête de réexamen, les capacités inutilisées des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité soumis aux mesures étaient comprises entre [1,3 et 1,5] million de tonnes, ce qui correspond à environ six fois la consommation de ces fils dans l’Union en 2021 et à environ douze fois le volume de production des producteurs de l’Union. |
| (127) | En outre, il est prévu que les capacités de production se maintiennent, au cours de la période allant de 2021 à 2025, à un niveau compris entre 2 508 000 et 3 210 000 tonnes. |
| (128) | Par conséquent, la Commission a conclu que, par rapport à la taille du marché de l’Union, les producteurs chinois disposaient d’une surcapacité importante, qui est peu susceptible d’être absorbée par la consommation sur le marché intérieur ou par les exportations vers d’autres pays tiers. Si rien qu’une partie de ces capacités était destinée au marché de l’Union, des volumes considérables seraient exportés vers l’Union. |
3.5.2. Attractivité du marché de l’Union
| (129) | La Chine a toujours considéré l’Union comme l’un des marchés d’exportation les plus attrayants, représentant la première destination d’exportation au cours de la période d’enquête de réexamen, avec ou sans les exportations non soumises aux mesures actuellement en vigueur. Non seulement les exportations chinoises (soumises à des mesures) vers l’Union ont été constamment élevées entre 2018 et la période d’enquête de réexamen, représentant au total plus de 25 % de part de marché dans l’Union, mais elles ont presque doublé entre la période d’enquête de réexamen initiale et 2021. En outre, à l’échelle mondiale, les ventes vers l’Union représentaient près de 25 % (83) du total des exportations chinoises de fils de polyesters à haute ténacité. |
| (130) | Si l’on considère individuellement les prix pratiqués sur les principaux marchés d’exportation des fils de polyesters à haute ténacité chinois, les producteurs chinois ont réduit leurs prix à l’exportation vers l’Union de plus de 13 % afin de maintenir leur volume d’exportation stable entre 2018 et la période d’enquête de réexamen. Il ressort en outre des statistiques que, si le prix aux États-Unis (le deuxième plus grand marché d’exportation au cours de la période d’enquête de réexamen) était au même niveau que les prix sur le marché de l’Union, le prix sur le marché coréen était en revanche inférieur d’environ 10 % aux prix à l’exportation vers l’Union. Dans le même temps, les quantités exportées vers la Corée ont augmenté de plus de 50 % au cours de la période 2018-2021. Ce comportement est la manifestation d’une politique de prix agressive sur les marchés d’exportation, qui vise à accroître l’utilisation des capacités. |
| (131) | Par ailleurs, l’Inde, qui constituait le quatrième marché d’exportation des fils de polyesters à haute ténacité chinois pendant la période d’enquête de réexamen, a institué en 2018 un droit antidumping (toujours en vigueur) sur les importations de ces fils en provenance de Chine (84). Ces mesures de défense commerciale en vigueur sur d’autres marchés d’exportation renforcent encore l’attractivité du marché de l’Union et encourageront les producteurs-exportateurs chinois à diriger leurs exportations vers l’Union en cas d’expiration des mesures antidumping de l’Union. |
| (132) | En outre, deux grands acteurs de l’industrie chinoise des fils de polyesters à haute ténacité (85), à savoir les entreprises Fujian Billion Polymerisation Fiber Technology Industrial Co., Ltd et Zhejiang Sanwei Material Technology Co., Ltd, ont demandé et obtenu le statut de nouveau producteur-exportateur auprès de la Commission en juin 2022 (86), ce qui montre également à quel point le marché de l’Union est attractif pour les producteurs-exportateurs chinois. |
| (133) | Si les mesures venaient à expiration, il est donc probable que les producteurs-exportateurs chinois continueraient d’appliquer des pratiques tarifaires agressives, afin d’accroître leur part de marché (déjà élevée) dans l’Union et d’y trouver des débouchés pour leur surcapacité considérable. |
3.6. Conclusion concernant le dumping et la probabilité de continuation du dumping
| (134) | L’enquête a montré que les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité avaient pratiqué le dumping au cours de la période d’enquête de réexamen. |
| (135) | Il a également été établi, comme lors du réexamen au titre de l’expiration des mesures de 2017, qu’il existe en Chine d’importantes capacités inutilisées par rapport à la taille du marché de l’Union. |
| (136) | En outre, compte tenu de la stagnation de la consommation sur le marché chinois et de l’attrait élevé exercé de longue date par le marché de l’Union sur les producteurs-exportateurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité, il est probable qu’en l’absence de mesures, ces derniers continueront d’exporter vers le marché de l’Union des quantités de plus en plus importantes de ces fils à des prix faisant l’objet d’un dumping. |
| (137) | La Commission a donc conclu qu’il existait une probabilité de continuation du dumping en cas d’expiration des mesures. |
3.7. Préjudice
3.7.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union
| (138) | Le produit similaire a été fabriqué par six producteurs dans l’Union au cours de la période considérée. Ces producteurs constituent l’«industrie de l’Union» au sens de l’article 4, paragraphe 1, du règlement de base. |
| (139) | La production totale de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen a été établie à environ 117 000 tonnes. La Commission a déterminé ces chiffres à partir de toutes les informations disponibles concernant l’industrie de l’Union, telles que les chiffres indiqués par les producteurs de l’Union. Comme précisé au considérant 24, trois producteurs de l’Union représentant plus de 50 % de la production totale de l’Union du produit similaire ont été retenus dans l’échantillon. |
3.7.2. Consommation de l’Union
| (140) | La Commission a déterminé la consommation de l’Union sur la base du volume des ventes effectuées par l’industrie de l’Union sur le marché de l’Union, auquel a été ajouté le volume de toutes les importations de fils de polyesters à haute ténacité. Étant donné que les importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de la Chine étaient soumises à des mesures pendant la période considérée, la Commission a utilisé les statistiques recueillies conformément à l’article 14, paragraphe 6 (87), du règlement de base (ci-après la «base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6») pour déterminer le volume et les prix moyens des importations en provenance de ce pays au cours de la période considérée, car cette base de données contenait des informations suffisamment détaillées au niveau des codes TARIC à 10 chiffres et des codes additionnels TARIC par entreprise. |
| (141) | La consommation de l’Union a évolué comme suit: Tableau 1 Consommation de l’Union (en tonnes)
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| (142) | La consommation de l’Union sur le marché libre au cours de la période considérée a d’abord diminué de 6 points de pourcentage entre 2018 et 2019, puis cette baisse s’est accentuée pour atteindre 10 points de pourcentage en 2020 en raison de la COVID-19. Toutefois, la consommation s’est ensuite redressée et a augmenté d’un point de pourcentage au cours de la période d’enquête de réexamen par rapport à 2018. |
3.7.2.1. Volume et part de marché des importations en provenance du pays concerné
| (143) | La Commission a déterminé le volume et la part de marché des importations à partir des statistiques d’importation du pays concerné contenues dans la base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6, qui fournit des données par code TARIC à 10 chiffres et par producteur-exportateur (code additionnel TARIC). |
| (144) | En ce qui concerne les exportateurs actuellement soumis à des droits, les importations dans l’Union en provenance du pays concerné ont évolué comme suit: Tableau 2 Volume (en tonnes) et part de marché des importations
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| (145) | Les exportateurs chinois actuellement soumis aux droits faisant l’objet du réexamen ont augmenté leur volume d’exportation de 17 % au cours de la période considérée. La baisse temporaire du volume des exportations en 2020 est liée à la baisse de la consommation cette année-là. Néanmoins, ces exportateurs ont été en mesure d’accroître encore leur part de marché de 4 points de pourcentage au cours de la période concernée. La légère baisse de la part de marché entre 2020 et la période d’enquête de réexamen peut s’expliquer par la pénurie de conteneurs de transport pour les marchandises en provenance de Chine et par la forte augmentation des coûts de transport de ces marchandises qui en a découlé. |
3.7.2.2. Prix des importations en provenance du pays concerné: sous-cotation des prix et blocage des prix
| (146) | En l’absence de coopération des producteurs-exportateurs dans le cadre du réexamen au titre de l’expiration des mesures, la Commission a déterminé les prix des importations en se fondant sur les statistiques des importations qui figurent dans la base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6. La sous-cotation du prix des importations a été établie sur la base de la comparaison des chiffres figurant dans la base de données susmentionnée avec les prix vérifiés des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. |
| (147) | Le prix moyen pondéré des importations dans l’Union en provenance du pays concerné a évolué comme suit pour les exportateurs actuellement soumis à des droits et pour l’ensemble des exportateurs: Tableau 3 Prix à l’importation (en EUR/tonne)
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| (148) | Le prix à l’importation des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits a fluctué: il a diminué de 28 % pour atteindre un prix de 1 195 EUR/tonne en 2020, avant d’augmenter de 15 points de pourcentage au cours de la période d’enquête de réexamen. Malgré le rétablissement des prix au cours de la période d’enquête de réexamen, à un niveau de 1 440 EUR/tonne, une baisse globale de 13 % a été enregistrée sur la période considérée. Alors que la tendance générale à la baisse des prix est liée à la stratégie d’acquisition de parts de marché, l’augmentation enregistrée au cours de la période d’enquête de réexamen s’explique par une hausse des coûts de transport et une forte demande durant cette période. |
| (149) | La Commission a déterminé la sous-cotation des prix durant la période d’enquête de réexamen en comparant:
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| (150) | En outre, l’industrie de l’Union n’a pas été en mesure de relever ses prix au-delà du niveau de son coût de production en raison de la pression exercée sur les prix par les producteurs-exportateurs chinois, dont les prix sont restés inférieurs au coût de production de l’industrie de l’Union pendant toute la période concernée. |
3.7.3. Situation économique de l’industrie de l’Union
3.7.3.1. Généralités
| (151) | Conformément à l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base, l’évaluation de la situation économique de l’industrie de l’Union a comporté une évaluation de tous les indicateurs économiques qui influent sur la situation de cette industrie durant la période considérée. |
| (152) | Comme indiqué au considérant 24, l’échantillonnage a été utilisé pour évaluer la situation économique de l’industrie de l’Union. |
| (153) | Aux fins de la détermination du préjudice, la Commission a établi une distinction entre les indicateurs macroéconomiques et les indicateurs microéconomiques de préjudice. La Commission a évalué les indicateurs macroéconomiques à partir des données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et des réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les données se rapportaient à l’ensemble des producteurs de l’Union. La Commission a évalué les indicateurs microéconomiques à partir des données tirées des réponses au questionnaire transmises par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les données concernaient les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les deux ensembles de données se sont avérés représentatifs de la situation économique de l’industrie de l’Union. |
| (154) | Les indicateurs macroéconomiques sont les suivants: production, capacités de production, utilisation des capacités, volume des ventes, part de marché, croissance, emploi, productivité, importance de la marge de dumping et rétablissement à la suite de pratiques de dumping antérieures. |
| (155) | Les indicateurs microéconomiques sont les suivants: prix unitaires moyens, coûts unitaires, coût de la main-d’œuvre, stocks, rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux. |
3.7.3.2. Facteurs macroéconomiques
3.7.3.2.1.
| (156) | Sur la période considérée, la production totale de l’Union, les capacités de production et l’utilisation des capacités ont évolué comme suit: Tableau 4 Production, capacités de production et utilisation des capacités
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| (157) | Le volume de production a d’abord diminué de 14 % entre 2018 et 2020, avant d’augmenter de 25 points de pourcentage entre 2020 et la période d’enquête de réexamen, ce qui représente une hausse globale de 11 % au cours de la période considérée. L’utilisation des capacités a diminué de 17 % entre 2018 et 2020, mais a augmenté globalement de 8 % au cours de la période considérée. |
3.7.3.2.2.
| (158) | Au cours de la période considérée, le volume des ventes et la part de marché de l’industrie de l’Union ont évolué comme suit: Tableau 5 Volume des ventes et part de marché (en tonnes)
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| (159) | Le volume total des ventes de l’industrie de l’Union sur le marché de l’Union a diminué de 5 % au cours de la période considérée. La part de marché de l’industrie de l’Union a diminué de 2 points de pourcentage au cours de la période considérée. La part de marché affiche une tendance à la baisse au cours de la période considérée, interrompue par une séquence de hausse en 2020, qui peut s’expliquer par la pandémie de COVID-19 et la pénurie de conteneurs en 2020, qui ont compliqué le transport de marchandises en provenance des pays d’Asie de l’Est. |
3.7.3.2.3.
| (160) | Entre 2018 et la période d’enquête de réexamen, la consommation de l’Union sur le marché libre a augmenté de 1 %. Au cours de la période considérée, le volume des ventes de l’industrie de l’Union a diminué de 5 %, ce qui s’est traduit par une perte de parts de marché de 2 points de pourcentage. |
3.7.3.2.4.
| (161) | L’emploi et la productivité ont évolué comme suit au cours de la période considérée: Tableau 6 Emploi et productivité
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| (162) | En raison de la reprise de la demande au cours de la période d’enquête de réexamen, l’emploi dans l’industrie de l’Union a augmenté de 1 % au cours de la période considérée, malgré une tendance négative entre 2018 et 2020. De même, la productivité a diminué entre 2018 et 2020. Toutefois, elle a augmenté sur l’ensemble de la période considérée. |
3.7.3.2.5.
| (163) | Toutes les marges de dumping établies étaient supérieures au niveau de minimis. L’incidence de l’ampleur des marges de dumping réelles sur l’industrie de l’Union était substantielle, compte tenu du volume et des prix des importations provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits. |
| (164) | La persistance de pratiques tarifaires déloyales de la part des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits a également empêché l’industrie de l’Union de se remettre des pratiques de dumping antérieures. Avec un prix moyen de 1 440 EUR/tonne, le prix pratiqué par ces exportateurs était également inférieur de 31 % au prix des importations en provenance de Corée du Sud, de 6 % au prix des importations en provenance du Viêt Nam et de 21 % au prix des importations en provenance de Taïwan. |
3.7.3.3. Indicateurs microéconomiques
3.7.3.3.1.
| (165) | Sur la période considérée, les prix de vente unitaires moyens pondérés facturés par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon à des acheteurs indépendants de l’Union ont évolué comme suit: Tableau 7 Prix de vente et coût de production dans l’Union (en EUR/tonne)
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| (166) | Le prix de vente unitaire moyen de l’industrie de l’Union facturé à des acheteurs indépendants dans l’Union a diminué de 16 % entre 2018 et 2020 et n’est remonté que de 12 points de pourcentage au cours de la période d’enquête de réexamen, pour atteindre 1 957 EUR/tonne. Cette baisse du prix de vente est principalement liée à la pression exercée sur les prix par les exportations chinoises. En outre, en 2019 et 2020, le ralentissement économique mondial a tiré vers le bas les prix des matières premières et, par conséquent, ceux des fils de polyester industriels. |
| (167) | Le coût de production a évolué de la même manière, d’une part en raison de la baisse des prix des matières premières pendant le ralentissement économique mondial en 2019 et 2020, et d’autre part en raison de rationalisations, telles que la réduction des effectifs, au cours de ces mêmes années. En 2019 et 2020, le coût unitaire a diminué respectivement d’un point de pourcentage et de 13 points de pourcentage. Toutefois, les prix ont diminué au rythme plus élevé de 16 points de pourcentage au cours de ces deux années, ce qui montre que l’industrie de l’Union n’a pas pu tirer profit de ces baisses de coûts. Au cours de la période d’enquête de réexamen, les coûts unitaires ont augmenté de 9 points de pourcentage, tandis que le prix de vente a augmenté de 12 points de pourcentage. Toutefois, par rapport au début de la période considérée, les prix ont quasiment diminué du même pourcentage que les coûts unitaires, ce qui montre que les prix étaient bloqués. L’industrie de l’Union n’a pas été en mesure de tirer profit de la baisse des coûts, elle n’a pas pu augmenter ses prix ni même les maintenir à leur niveau initial. |
3.7.3.3.2.
| (168) | Sur la période considérée, le coût moyen de la main-d’œuvre des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a évolué comme suit: Tableau 8 Coût moyen de la main-d’œuvre par salarié
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| (169) | Le coût moyen de la main-d’œuvre par salarié a augmenté régulièrement, la hausse s’élevant à 7 % sur la période considérée. Cette tendance n’a été interrompue qu’en 2020, en raison d’une part de rationalisations et d’autre part de mesures spécifiques liées à la pandémie de COVID-19, telles que le chômage partiel. |
3.7.3.3.3.
| (170) | Au cours de la période considérée, les niveaux de stocks des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit: Tableau 9 Stocks
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| (171) | Le niveau des stocks de clôture des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a diminué de 9 % au cours de la période considérée. Pendant la période d’enquête de réexamen, le niveau des stocks représentait quelque 12 % de la production de ces producteurs. |
3.7.3.3.4.
| (172) | Au cours de la période considérée, la rentabilité, les flux de liquidités, les investissements et le rendement des investissements des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit: Tableau 10 Rentabilité, flux de liquidités, investissements et rendement des investissements
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| (173) | La Commission a déterminé la rentabilité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, calculée comme le bénéfice net avant impôt tiré des ventes du produit similaire à des acheteurs indépendants dans l’Union exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires généré par ces ventes. La rentabilité de l’industrie de l’Union a été négative tout au long de la période considérée. Alors qu’elle s’établissait déjà à – 10 % en 2018, elle a continué à se dégrader jusqu’en 2020, s’établissant alors à – 17 %. Au cours de la période d’enquête de réexamen, elle s’est légèrement améliorée (– 8 %) en raison de la forte demande. |
| (174) | Les flux nets de liquidités représentent la capacité des producteurs de l’Union à autofinancer leurs activités. Les flux nets de liquidités ont suivi une tendance à la baisse tout au long de la période considérée. S’ils se sont progressivement améliorés entre 2018 et 2020, ils ont de nouveau chuté au cours de la période d’enquête de réexamen. Malgré une progression de 40 % au cours de la période considérée, ils sont restés négatifs. Par conséquent, l’amélioration des flux de liquidités n’indique pas une stabilisation de la situation financière de l’industrie de l’Union, étant donné qu’ils restent négatifs. |
| (175) | Les investissements ont diminué de 65 % au cours de la période considérée. Ils étaient consacrés à l’amélioration du respect des exigences en matière de santé, de sécurité et de protection de l’environnement, à l’accroissement de la capacité et à l’efficacité des installations de production. Alors qu’en 2018, des investissements dans une augmentation de capacité étaient possibles, cela n’était plus le cas par la suite. |
| (176) | Le rendement des investissements est le bénéfice exprimé en pourcentage de la valeur comptable nette des investissements. Le rendement des investissements résultant de la production et des ventes du produit similaire a suivi une évolution semblable à celle de la rentabilité. Il a chuté entre 2018 et 2020, puis est revenu à un niveau proche de celui de 2018 au cours de la période d’enquête de réexamen. Il est resté négatif tout au long de la période considérée. Par conséquent, le rendement des investissements indique une situation financière négative de l’industrie de l’Union sur l’ensemble de la période considérée. |
3.7.4. Conclusion sur la situation de l’industrie de l’Union
| (177) | Au niveau macroéconomique, l’enquête a montré que la situation de l’industrie de l’Union ne s’est pas améliorée et que même l’augmentation de la demande au cours de la période d’enquête de réexamen n’a pas entraîné de hausse des ventes sur le marché de l’Union par rapport au début de la période considérée. Malgré les investissements réalisés pour augmenter ses capacités, l’Union n’a même pas été en mesure de maintenir sa part de marché. |
| (178) | L’enquête a également montré que l’industrie se trouvait, au niveau microéconomique, dans une situation qui n’était pas soutenable et qu’elle avait subi des pertes pendant toutes les années de la période considérée, même au cours de la période d’enquête de réexamen durant laquelle la demande s’était redressée. La situation économique de l’industrie de l’Union a donc connu une dégradation, malgré l’existence des mesures antidumping actuelles frappant les importations du produit faisant l’objet du réexamen provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits. |
| (179) | Les volumes importés provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits ont augmenté de 17 % au cours de la période considérée, tandis que leurs prix ont baissé de 13 %. |
| (180) | Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie de l’Union avait continué de subir un préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base au cours de la période d’enquête de réexamen. |
3.8. Lien de causalité
3.8.1. Effets des importations faisant l’objet d’un dumping
| (181) | Pendant toute la période considérée, les exportations des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits ont représenté une part substantielle des importations dans l’Union. Ces exportateurs ont même augmenté leur part de marché de 4 points de pourcentage, la faisant passer de 27 % à 31 %. Le niveau des prix de leurs exportations a diminué de 13 % au cours de la période considérée: au cours de la période d’enquête de réexamen, à 1 440 EUR/tonne, la sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union s’élevait à 26 %. Les exportateurs chinois actuellement soumis à des droits ont ainsi bloqué le niveau des prix de l’industrie de l’Union, contribuant ainsi à entretenir une situation de pertes constantes pour l’industrie de l’Union au cours de la période considérée. La pression sur les prix exercée par ces importations, qui représentaient une part de marché importante de 31 %, a clairement coïncidé avec le préjudice subi par l’industrie de l’Union. Par conséquent, en raison du volume important de ces importations et de la pression qu’elles exerçaient sur les prix, il existait un lien de cause à effet réel et substantiel entre les importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de Chine qui étaient soumises aux droits antidumping et le préjudice subi par l’industrie de l’Union. |
3.8.2. Effets d’autres facteurs
3.8.2.1. Importations provenant des producteurs-exportateurs qui ne sont pas soumis actuellement à des droits
| (182) | Hangzhou Huachun Chemical Fiber a cessé d’exister en 2021. Ses exportations ont diminué de 99 % au cours de la période considérée et ont été négligeables (moins de 0,01 % de part de marché de l’Union) au cours de la période d’enquête de réexamen. En outre, le prix à l’exportation était nettement supérieur au prix de l’industrie de l’Union, ainsi qu’à son coût de production. Par conséquent, ces exportations n’ont pas contribué au préjudice constaté au cours de la période d’enquête de réexamen. |
| (183) | Les importations dans l’Union du produit fabriqué par Hailide en provenance du pays concerné ont évolué comme suit: Tableau 11 Volume (en tonnes) et part de marché des importations
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| (184) | Le prix moyen pondéré des importations du produit fabriqué par Hailide dans l’Union a évolué comme suit: Tableau 12 Prix à l’importation (en EUR/tonne)
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| (185) | En maintenant un volume élevé d’exportations vers l’Union européenne au cours de la période considérée, qui représentait une part de marché de [18 % – 23 %] au cours de la période d’enquête de réexamen et dont les prix étaient inférieurs à ceux de l’industrie de l’Union, Hailide a contribué au préjudice subi par cette dernière. Hailide a vendu son produit à [1 500 – 1 600] EUR/tonne au cours de la période d’enquête et ses prix ont globalement baissé de 9 % tout au long de la période considérée. |
| (186) | Toutefois, ces importations n’ont pas affaibli le lien constaté entre les importations faisant l’objet d’un dumping de la part des exportateurs actuellement soumis à des droits et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union, au point que ce lien ne puisse plus être qualifié de lien de cause à effet réel et substantiel. Les exportations des exportateurs actuellement soumis à des droits représentaient une part de marché de [29 % – 34 %] sur le marché de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. Cette part de marché élevée, associée à des prix bas, a tellement pesé sur le marché qu’elle a exercé à elle seule une pression considérable sur les prix de l’industrie de l’Union. |
| (187) | En conséquence, les effets des exportations du produit fabriqué par Hailide, même si celles-ci ont contribué au préjudice, n’ont pas réduit sensiblement l’importance relative des importations faisant l’objet d’un dumping de la part des exportateurs actuellement soumis à des droits dans la continuation du préjudice. |
3.8.2.2. Importations en provenance de pays tiers
| (188) | Les importations dans l’Union de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de pays tiers autres que la Chine concernaient principalement la Corée du Sud, le Viêt Nam et Taïwan. |
| (189) | Le volume (agrégé) des importations dans l’Union, la part de marché et les prix des importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance d’autres pays tiers ont évolué comme suit: Tableau 13 Importations en provenance de pays tiers
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| (190) | Au cours de la période d’enquête de réexamen, 46 137 tonnes de fils de polyesters à haute ténacité ont été importées en provenance de pays tiers, à l’exclusion de la Chine, et ce volume représente 20 % du marché de l’Union. Au total, leur part de marché a diminué entre 2018 et 2020, tombant de 18 % à 13 %, avant de grimper à 20 % au cours de la période d’enquête de réexamen. Cette évolution suit la tendance de la consommation de l’Union, mais de manière plus prononcée. Le prix moyen des importations en provenance des pays tiers, à l’exclusion de la Chine, a augmenté de 5 % en 2019, puis a diminué de 8 points de pourcentage en 2020 et de 6 points de pourcentage supplémentaires au cours de la période d’enquête de réexamen. Ces importations proviennent principalement de Corée du Sud (7 % du marché de l’Union), du Viêt Nam (5 % du marché de l’Union) et de Taïwan (3 % du marché de l’Union). Étant donné que tous ces pays sont situés en Asie de l’Est, ils ont été confrontés à la pénurie de conteneurs et aux coûts de transport élevés qui en ont résulté, ce qui explique la baisse de leur part de marché en 2020. |
| (191) | Les importations en provenance de l’ensemble des pays tiers ont augmenté leur part de marché de 2 points de pourcentage sur le marché de l’Union. Toutefois, le prix moyen des importations en provenance de tous les pays tiers au cours de la période d’enquête de réexamen, mais aussi des années précédentes dans la période considérée, était nettement supérieur au prix de vente moyen dans l’Union. Par conséquent, les pays tiers, dans leur ensemble, n’ont pas contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union. La Commission a donc évalué si les importations en provenance d’un pays tiers particulier avaient contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union. |
| (192) | Les importations en provenance de Corée du Sud ont suivi la tendance de la consommation de l’Union de manière plus accentuée: elles ont diminué entre 2018 et 2020, avant de se redresser et de dépasser le niveau de 2018 au cours de la période d’enquête de réexamen. Leur part de marché a diminué entre 2018 et 2020, passant de 7 % à 5 %, avant de remonter à 7 % au cours de la période d’enquête de réexamen. Le niveau des prix des importations sud-coréennes a progressivement augmenté au cours de la période concernée, sauf en 2020, année durant laquelle les prix ont baissé, probablement en raison de la faiblesse de la demande. |
| (193) | Le niveau des prix des importations en provenance de Corée du Sud au cours de la période d’enquête de réexamen et des deux années précédentes était supérieur au prix de vente de l’industrie de l’Union. En raison du niveau des prix plus élevé, la Commission a conclu que les importations en provenance de Corée du Sud n’avaient pas contribué au préjudice. |
| (194) | Le volume des importations en provenance du Viêt Nam, qui était très faible entre 2018 et 2020, avec une part de marché nettement inférieure à 1 % pendant ces deux années, a ensuite augmenté pour atteindre 5 % du marché de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. Cette hausse a coïncidé avec une baisse des prix, qui sont passés de niveaux supérieurs au prix de vente moyen de l’industrie de l’Union à un prix de 1 537 EUR/tonne au cours de la période d’enquête de réexamen, un niveau qui est nettement inférieur au prix de vente de l’industrie de l’Union. |
| (195) | Toutefois, le volume des importations dans l’Union provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits était nettement plus élevé au cours de la période d’enquête de réexamen. Ces importations s’élevaient à [69 000 – 74 000] tonnes, tandis que les importations en provenance du Viêt Nam ne s’élevaient qu’à 12 231 tonnes, ce qui ne représente qu’une faible part des importations en provenance de Chine. |
| (196) | Par conséquent, la Commission a conclu que, si les importations en provenance du Viêt Nam pouvaient avoir contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union, elles n’atténuaient pas le lien de causalité, étant donné que leur volume ne représentait qu’une petite fraction des exportations vers l’Union réalisées par les exportateurs actuellement soumis à des droits et n’avait pas un poids comparable pour ce qui est de la pression exercée sur l’industrie de l’Union. |
| (197) | Les importations en provenance de Taïwan représentaient une part de marché de 3 % au début de la période considérée tout comme au cours de la période d’enquête de réexamen. Alors que le prix à l’importation de 1 816 EUR/tonne au cours de la période d’enquête de réexamen était légèrement inférieur au prix de vente de l’industrie de l’Union, il était nettement supérieur au prix des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits, à savoir 1 440 EUR/tonne. |
| (198) | Par conséquent, la Commission a conclu que, si les importations en provenance de Taïwan pouvaient avoir contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union, elles n’atténuaient pas le lien de causalité, étant donné que leur volume ne représentait qu’une fraction des importations provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits, que leur prix était nettement supérieur au prix de ces dernières et qu’elles n’avaient pas un poids comparable pour ce qui est de la pression exercée sur l’industrie de l’Union. |
| (199) | Les importations en provenance de Taïwan et du Viêt Nam, considérées conjointement avec les importations du produit fabriqué par Hailide, n’ont pas atténué le lien constaté entre les importations faisant l’objet d’un dumping de la part des producteurs-exportateurs actuellement soumis à des droits et le préjudice subi par l’industrie de l’Union, au point que ce lien ne puisse être qualifié de lien de cause à effet réel et substantiel. Les exportations réalisées par les producteurs-exportateurs actuellement soumis à des droits représentaient une part de marché de [29 % – 34 %] dans l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen et leur prix de vente était, en moyenne, nettement inférieur aux coûts de production de l’industrie de l’Union. Compte tenu de l’ampleur de ces chiffres et de la pression sur les prix qui en a résulté, les importations en provenance de Taïwan, du Viêt Nam et de Hailide n’ont pas réduit sensiblement l’importance relative des importations faisant l’objet d’un dumping de la part des producteurs-exportateurs soumis à des droits dans la réalisation du préjudice. |
3.8.2.3. Résultats à l’exportation de l’industrie de l’Union
| (200) | Le volume des exportations des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a évolué comme suit au cours de la période considérée: Tableau 14 Résultats à l’exportation des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon
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| (201) | Alors que les volumes des exportations au cours de la période considérée ont suivi une tendance semblable à celle des ventes sur le marché de l’Union, au cours de la période d’enquête de réexamen, ces volumes n’étaient inférieurs que de 2 % aux chiffres de 2018 et se sont redressés plus fortement que les ventes sur le marché de l’Union, qui restaient inférieures de 5 % aux volumes de 2018. |
| (202) | Chaque année, le prix moyen des exportations était nettement supérieur au prix de vente sur le marché de l’Union; au cours de la période d’enquête de réexamen, la différence dépassait 10 %. Le prix moyen des exportations a suivi une tendance semblable à celle des prix sur le marché de l’Union. Toutefois, alors que le prix à l’exportation a chuté plus vite que les prix pratiqués sur le marché de l’Union en 2020, il s’est redressé plus rapidement pendant la période d’enquête de réexamen, atteignant un niveau supérieur de 3 % au prix moyen de 2018, alors que le prix de vente sur le marché de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen restait inférieur de 4 % au prix de 2018. |
| (203) | Cette comparaison montre que les producteurs de l’Union sont fermement attachés au marché de l’Union, tout en étant capables d’obtenir des prix plus élevés pour les ventes à l’exportation. |
| (204) | Par conséquent, la Commission a conclu que les résultats à l’exportation de l’industrie de l’Union n’avaient pas contribué au préjudice, mais avaient au contraire permis de limiter les pertes. |
3.8.2.4. Consommation captive
| (205) | La consommation captive de l’industrie de l’Union a considérablement augmenté au cours de la période d’enquête de réexamen. Au cours de la période considérée, elle a augmenté de 39 %. Toutefois, la décision d’augmenter la consommation captive dans l’objectif de vendre des produits en aval à un niveau de fabrication plus élevé est la conséquence directe de l’impossibilité d’obtenir un prix de marché équitable sur le marché libre pour les fils de polyesters à haute ténacité en raison de la pression exercée sur les prix par les importations faisant l’objet d’un dumping. Par conséquent, la Commission a conclu qu’il ne s’agissait pas d’un facteur contribuant au préjudice. |
3.8.2.5. Prix élevés de l’énergie et inflation
| (206) | En réaction aux observations du requérant concernant les évolutions postérieures à la période d’enquête de réexamen, plusieurs utilisateurs et une association d’utilisateurs ont affirmé que la hausse des coûts de l’énergie et de l’inflation rompait le lien de causalité entre les importations de fils de polyesters à haute ténacité chinois et le préjudice subi par l’industrie de l’Union. La hausse des coûts de l’énergie et de l’inflation, telle que présentée par le requérant, s’est toutefois produite après la période d’enquête de réexamen. Les utilisateurs n’ont pas précisé si de tels événements avaient eu lieu au cours de la période d’enquête de réexamen. La Commission a donc rejeté cet argument. |
3.8.3. Conclusion concernant le lien de causalité
| (207) | Le volume substantiel des exportations provenant des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits a manifestement coïncidé avec la dégradation de la situation de l’industrie de l’Union. |
| (208) | La Commission a également examiné d’autres facteurs de préjudice et n’a constaté aucun autre facteur susceptible d’avoir atténué le lien de causalité entre ces exportations chinoises et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union. |
| (209) | Au vu de ce qui précède, la Commission a conclu que les exportations faisant l’objet d’un dumping de la part des exportateurs chinois actuellement soumis à des droits avaient contribué de manière significative au préjudice subi par l’industrie de l’Union et qu’aucun autre facteur, pris individuellement ou collectivement, n’avait atténué le lien de causalité entre ces exportations et le préjudice subi par l’industrie de l’Union. |
3.9. Probabilité de continuation du préjudice
| (210) | La Commission a conclu au considérant 180 que l’industrie de l’Union avait subi un préjudice important au cours de la période d’enquête de réexamen. En conséquence, la Commission a évalué, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, s’il existait une probabilité de continuation du préjudice causé par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de la Chine si les mesures venaient à expirer. |
| (211) | À cet égard, les éléments suivants ont été analysés par la Commission: les capacités de production et les capacités inutilisées en Chine, ainsi que la relation entre les prix des exportations chinoises vers les pays tiers et le niveau des prix dans l’Union. |
3.9.1. Capacités de production et capacités inutilisées en Chine
| (212) | Comme exposé en détail à la section 3.5.1, par rapport à la taille du marché de l’Union, les producteurs chinois disposent d’une surcapacité importante, qui est peu susceptible d’être absorbée par la consommation sur le marché intérieur ou par les exportations vers d’autres pays tiers. |
3.9.2. Rapport entre les prix des exportations chinoises vers les pays tiers et le niveau des prix dans l’Union
| (213) | Comme expliqué en détail à la section 3.5.2, le marché de l’Union reste le plus grand marché d’exportation pour les exportateurs chinois, notamment en raison de son niveau de prix attractif. En effet, malgré la mise en place de droits antidumping, les prix chinois restent inférieurs aux prix de l’industrie de l’Union de 26 % en moyenne. Alors que le prix aux États-Unis (le deuxième plus grand marché d’exportation au cours de la période d’enquête de réexamen) était au même niveau que les prix sur le marché de l’Union, le prix des exportations chinoises sur le marché coréen était en revanche inférieur d’environ 10 % aux prix des exportations vers l’Union. L’existence de mesures de défense commerciale sur d’autres marchés d’exportation renforce encore l’attractivité du marché de l’Union. |
| (214) | Si les mesures venaient à expirer, il est donc probable que les producteurs-exportateurs chinois continueraient d’appliquer des pratiques tarifaires agressives, afin d’accroître leur part de marché (déjà élevée) dans l’Union et d’y trouver des débouchés pour leur surcapacité considérable. |
3.9.3. Conclusion
| (215) | Compte tenu de ce qui précède, la Commission a conclu que l’abrogation des mesures entraînerait selon toute probabilité une augmentation notable des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de la Chine à des prix préjudiciables, aggravant ainsi le préjudice subi par l’industrie de l’Union. En conséquence, la viabilité de l’industrie de l’Union serait gravement compromise. |
3.10. Intérêt de l’union
| (216) | Conformément à l’article 21 du règlement de base, la Commission a examiné si le maintien des mesures antidumping en vigueur, au niveau de droit révisé à la suite du réexamen intermédiaire combiné, serait contraire à l’intérêt de l’Union. L’intérêt de l’Union a été apprécié sur la base d’une évaluation de tous les intérêts concernés, notamment ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs et des utilisateurs. |
| (217) | Toutes les parties intéressées ont eu la possibilité de faire connaître leur point de vue, conformément à l’article 21, paragraphe 2, du règlement de base. |
| (218) | Sur cette base, la Commission a d’abord examiné si, en dépit des conclusions concernant la probabilité d’une continuation du dumping et du préjudice, il existait des raisons impérieuses de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures existantes. Il est rappelé que l’enquête initiale avait abouti à la conclusion que l’institution de mesures n’était pas contraire à l’intérêt de l’Union. |
| (219) | En outre, la Commission a examiné l’incidence, sur les utilisateurs, de la modification du niveau des droits résultant du réexamen intermédiaire. En effet, bien que le réexamen intermédiaire lui-même ne comporte pas d’analyse de l’intérêt de l’Union, les mesures prorogées à la suite du réexamen au titre de l’expiration des mesures prendront nécessairement effet au niveau de droits déterminé par le réexamen intermédiaire, étant donné que les deux procédures coïncident. La Commission a donc également tenu compte du niveau de droits déterminé par le réexamen intermédiaire lorsqu’elle a analysé s’il existait des raisons impérieuses de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures existantes. |
3.10.1. Intérêt de l’industrie de l’Union
| (220) | Comme expliqué au considérant 215, l’abrogation des mesures entraînerait selon toute probabilité une augmentation notable des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de la Chine à des prix préjudiciables, aggravant ainsi le préjudice subi par l’industrie de l’Union. En conséquence, la viabilité de l’industrie de l’Union serait gravement compromise. |
| (221) | Par conséquent, le maintien des mesures à l’encontre de la Chine serait dans l’intérêt de l’industrie de l’Union. |
3.10.2. Intérêt des importateurs indépendants
| (222) | Aucun importateur indépendant n’a coopéré aux présentes enquêtes de réexamen. |
| (223) | La Commission a conclu qu’il n’existait aucune raison impérieuse, liée à la position des importateurs indépendants, de ne pas proroger les mesures. |
3.10.3. Intérêt des utilisateurs
| (224) | Les fils de polyesters à haute ténacité sont utilisés dans diverses applications. Il existe deux principaux groupes d’utilisateurs de fils de polyesters à haute ténacité: les fabricants de pneumatiques et les fabricants de tissus, rubans, sangles, courroies, câbles et bandes techniques, chaque groupe représentant environ 50 % de la demande de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union. Les tissus, sangles, courroies, câbles et bandes techniques sont utilisés dans les secteurs de l’automobile, des engins de levage, de la fixation pendant le transport et pour tous types de machines. En raison du nombre élevé d’applications, l’industrie utilisatrice dans ce segment est assez fragmentée. |
| (225) | À l’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, 64 utilisateurs connus et associations d’utilisateurs de l’Union ont été contactés et invités à coopérer. |
| (226) | Deux utilisateurs ont répondu au questionnaire envoyé dans le cadre du réexamen au titre de l’expiration des mesures et leurs données ont été vérifiées par la Commission. À la suite de l’ouverture du réexamen intermédiaire, cinq autres utilisateurs, ainsi qu’une association d’utilisateurs (représentant neuf utilisateurs au total) se sont manifestés pour participer aux procédures parallèles. Les utilisateurs qui se sont manifestés appartiennent au groupe des fabricants de tissus, rubans, sangles, courroies, câbles et bandes techniques. Les utilisateurs ayant participé représentent plus de 10 % de la consommation de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union. Aucun utilisateur du groupe des fabricants de pneumatiques ne s’est manifesté. |
| (227) | À la suite de l’information finale, dix utilisateurs, une association d’utilisateurs et un producteur intégré, qui fabrique également des produits tissés, ont formulé des observations sur l’information finale et se sont opposés à l’intention de la Commission d’augmenter le niveau des droits antidumping par rapport aux mesures initiales. |
| (228) | Plusieurs utilisateurs et l’association d’utilisateurs ont fait valoir que l’analyse de la Commission repose sur des faits incomplets, étant donné que la Commission a seulement vérifié les réponses de deux utilisateurs retenus dans l’échantillon et n’a pas tenu compte des observations des autres sociétés utilisatrices, qui sont des PME, bien qu’elles aient proposé de soumettre leurs données à une vérification sur place ou à distance. |
| (229) | La Commission a contesté cette affirmation. En fait, la Commission a tenu compte des observations de tous les utilisateurs lorsqu’elle a analysé l’intérêt de l’Union. Toutefois, étant donné que les deux utilisateurs dont la Commission a vérifié les réponses relèvent également de la catégorie des PME et que leurs modèles commerciaux, leurs besoins d’approvisionnement et leur situation financière étaient comparables à ceux des sociétés représentées par l’association, elle a estimé qu’aucune vérification supplémentaire n’était nécessaire pour parvenir à ses conclusions. |
3.10.3.1. Incidence financière
| (230) | Les utilisateurs ayant participé se sont en grande partie opposés à une augmentation des droits. Plusieurs utilisateurs ont fait valoir qu’avec les mesures instituées à la suite de la procédure initiale, la Commission avait trouvé le juste équilibre entre les intérêts des producteurs de fils de polyesters à haute ténacité de l’Union et ceux des industries utilisatrices. Par conséquent, le maintien des mesures aux niveaux initiaux pourrait être supporté par les industries utilisatrices. |
| (231) | En revanche, une augmentation substantielle du niveau des droits nuirait considérablement au groupe des fabricants de tissus, rubans, sangles, courroies, câbles et bandes techniques. Bien que l’industrie des pneumatiques n’ait pas communiqué de données, la Commission a recueilli des informations auprès des producteurs de fils de polyesters à haute ténacité, qui indiquent que ces fils ne représentent qu’une petite partie du coût de production des pneumatiques. Par conséquent, la Commission a conclu que l’incidence financière des mesures sur cette industrie utilisatrice sera mineure. |
| (232) | D’après les utilisateurs retenus dans l’échantillon, il est clair que les bandes incorporant des fils de polyesters à haute ténacité génèrent un faible niveau de profit. Toutefois, la Commission a également constaté que des hausses de prix modérées ont été possibles dans le passé, en raison de l’augmentation des coûts des matières premières. En outre, aucun des utilisateurs retenus dans l’échantillon ne fabrique que des produits à base de fils de polyesters à haute ténacité, et la situation financière de ces utilisateurs est globalement stable. Ce constat n’a pas été contredit par les informations non vérifiées qui ont été communiquées par les utilisateurs non retenus dans l’échantillon. Les droits révisés vont de 9,7 % à 23,7 %, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux droits existants, qui sont compris entre 5,1 % et 9,8 %. Toutefois, la Commission a relevé que les utilisateurs avaient toujours la possibilité de choisir un producteur-exportateur se voyant appliquer des droits situés dans la partie basse de la fourchette. |
| (233) | Par conséquent, la Commission a conclu que l’incidence financière de la nouvelle fourchette de droits sur les utilisateurs ne constituait pas non plus une raison impérieuse de ne pas proroger les mesures au niveau révisé. |
| (234) | À la suite de l’information finale, dix utilisateurs, l’association d’utilisateurs et le producteur intégré ont fait valoir qu’une augmentation de coût supplémentaire résultant de l’augmentation des droits sur leur principale matière première affaiblirait encore davantage leur position concurrentielle en tant que fabricants établis dans l’Union européenne. Ils ont fourni de nombreux exemples d’offres faites à des clients européens par des fabricants chinois de produits en aval fabriqués avec des fils de polyesters à haute ténacité, dont les prix étaient très proches du prix des fils de polyesters à haute ténacité après ajout des droits proposés, voire inférieurs à celui-ci. Ils ont affirmé que le principal problème de l’augmentation des droits antidumping sur les fils de polyesters à haute ténacité était qu’ils ne s’étendent pas aux produits en aval tels que les tissus, les bandes, les sangles d’amarrage, les élingues et les élingues en sangles tissées. |
| (235) | À la suite de l’information finale, les requérants ont également soutenu que la principale préoccupation des utilisateurs était liée à la concurrence déloyale de la Chine à laquelle ils sont confrontés sur les marchés en aval. Cette préoccupation serait encore exacerbée si le niveau des droits antidumping sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité était augmenté. En effet, les utilisateurs ont indiqué à plusieurs reprises qu’ils ne s’opposaient pas à une prorogation des mesures antidumping initiales. |
| (236) | Afin de lutter contre le problème de la concurrence déloyale concernant les produits en aval, cinq utilisateurs et une association d’utilisateurs ont demandé à la Commission d’étendre les droits aux fils de polyesters à haute ténacité contenus dans les sangles, les câbles et les tuyaux d’incendie importés. Ils ont fait référence au règlement de la Commission relatif aux mâts d’éoliennes en acier originaires de Chine (89), dans lequel le droit antidumping s’appliquait non seulement aux mâts d’éoliennes, mais aussi aux turbines éoliennes, qui comprennent des mâts d’éoliennes en acier. |
| (237) | Premièrement, la Commission a reconnu que la concurrence des exportateurs chinois de produits en aval limite la possibilité pour les utilisateurs d’augmenter leurs prix et de répercuter les coûts supplémentaires dus à l’augmentation des droits. Toutefois, une potentielle concurrence déloyale au niveau des utilisateurs ne saurait, à elle seule, constituer une raison impérieuse de ne pas s’attaquer au dumping préjudiciable constaté sur le marché en amont. Bien que les utilisateurs aient démontré que l’augmentation des droits sur les fils de polyesters à haute ténacité crée un désavantage concurrentiel par rapport aux fabricants chinois du même produit, ils ont également indiqué qu’une protection contre ces importations de produits en aval pourrait être assurée par des droits antidumping sur ces produits. Ils n’ont pas démontré qu’il n’était pas possible pour l’industrie utilisatrice de déposer plainte pour qu’une enquête soit ouverte sur les importations de tissus à base de fils de polyesters à haute ténacité ou d’autres produits secondaires susceptibles de faire l’objet d’un dumping. |
| (238) | En outre, les utilisateurs ont toujours le choix de faire appel à un producteur-exportateur chinois se voyant appliquer un droit situé dans la partie basse de la fourchette, et ils ont la possibilité de s’approvisionner auprès d’autres pays tiers, tels que la Corée du Sud, Taïwan et le Viêt Nam, qui augmentent leur capacité de production. |
| (239) | En ce qui concerne la proposition d’étendre les mesures aux fils de polyesters à haute ténacité incorporés dans les produits en aval, la Commission a fait observer que, contrairement au cas des mâts d’éoliennes en acier, les produits auxquels les droits seraient étendus n’étaient pas inclus dans la définition du produit faisant l’objet de l’enquête. En effet, la définition du produit concerné dans le cas des mâts d’éoliennes en acier couvrait déjà les mâts importés en tant que composant d’une éolienne: «Le produit concerné correspond à certains mâts d’éoliennes industrielles en acier […], relevant actuellement des codes NC ex 7308 20 00 (code TARIC 7308200011), ex 7308 90 98 (code TARIC 7308909811) et, lorsqu’ils sont importés en tant que composant d’une éolienne , ex 8502 31 00 […]». La Commission ne peut, en principe, pas imposer des droits sur un produit qui ne relevait pas de la portée de l’enquête. En l’espèce, en particulier, la Commission a considéré que la multitude de transformations possibles couvertes par les codes NC suggérés élargirait l’application des droits au-delà de la portée de l’enquête. |
| (240) | Dès lors, la Commission a estimé que la demande des utilisateurs aurait étendu la portée de l’enquête au-delà du produit concerné. La demande a donc été rejetée. |
| (241) | Par conséquent, la Commission a confirmé sa position initiale sur le niveau des droits révisé. |
3.10.3.2. Continuité des approvisionnements
| (242) | Les utilisateurs ont également signalé une insuffisance des capacités des producteurs de l’Union. La consommation de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union était de 230 000 tonnes au cours de la période d’enquête de réexamen, soit 73 % de plus que la capacité de production de l’industrie de l’Union, qui ne s’élève qu’à 134 000 tonnes. Cette différence montre la nécessité globale d’importer. |
| (243) | De plus, en 2022, donc après la période d’enquête de réexamen, plusieurs producteurs de l’Union ont temporairement réduit ou totalement arrêté leur production en réaction à la hausse des prix de l’énergie en Europe. Toutefois, il ne s’agissait que d’une mesure temporaire et il n’est pas certain qu’elle soit suivie d’une réduction à long terme du volume de production des producteurs de l’Union. |
| (244) | Tous les utilisateurs ayant coopéré ont fait valoir que, pour leur segment, un seul producteur de l’Union fournissait la qualité de fils de polyesters à haute ténacité nécessaire à leurs produits, tandis que les autres producteurs de l’Union se consacraient dans une large mesure à l’approvisionnement de l’industrie des pneumatiques ou constituaient des concurrents intégrés. Les utilisateurs ont également affirmé que les autres pays tiers, la Corée du Sud par exemple, fabriquent des produits spécialisés coûteux, ou ne produisent pas la quantité ou la qualité suffisantes, à l’exception du Viêt Nam. |
| (245) | Les exportations du Viêt Nam au cours de la période d’enquête de réexamen représentaient une part du marché de l’Union de 5 %. Toutefois, elles ne s’élevaient qu’à 12 000 tonnes et ne couvraient qu’une fraction des importations nécessaires pour satisfaire la demande sur le marché de l’Union. La Commission a donc observé que les importations en provenance de Chine sont généralement nécessaires pour garantir la continuité de l’approvisionnement sur le marché de l’Union. |
| (246) | La Commission a toutefois conclu dans la section précédente que les droits révisés, compris entre 9,7 % et 23,7 %, n’auront pas d’effet prohibitif sur la poursuite de l’approvisionnement auprès de la Chine, compte tenu notamment du fait que les utilisateurs pourront toujours choisir un producteur-exportateur qui s’acquitte de droits d’un niveau inférieur. De ce fait, la continuité de l’approvisionnement ne sera pas compromise par la prorogation des droits au niveau révisé. |
| (247) | La Commission a donc conclu que l’intérêt des utilisateurs au regard de la continuité de l’approvisionnement ne constituait pas une raison impérieuse de ne pas proroger les mesures. |
3.10.3.3. Risque de délocalisation de capacités de production en dehors de l’Union européenne
| (248) | Plusieurs utilisateurs et le producteur intégré ont souligné l’importance de l’industrie du tissage et de l’enrobage des fils de polyesters à haute ténacité pour le marché de l’emploi et le fait que l’augmentation des droits sur lesdits fils pourrait entraîner la délocalisation de capacités de production en dehors de l’Union. Le producteur intégré a fait valoir que la main-d’œuvre de l’Union participant à la production de produits en aval fabriqués à partir de fils de polyesters à haute ténacité se compose de quelque 100 000 travailleurs qualifiés. |
| (249) | La Commission a reconnu que l’industrie du tissage et de l’enrobage des fils de polyesters à haute ténacité est un employeur important pour le marché de l’emploi de l’Union. Toutefois, comme indiqué aux considérants 238 et 240, les utilisateurs ont toujours la possibilité de s’approvisionner en produits se voyant appliquer les droits les plus bas ou auprès d’autres pays tiers, et l’incidence financière escomptée des droits révisés ne constitue pas une raison impérieuse de ne pas instituer les droits. Qui plus est, aucun élément de preuve concret n’a été produit à l’appui de ces allégations. |
| (250) | La Commission a donc maintenu ses conclusions. |
3.10.4. Conclusion relative à l’intérêt de l’Union
| (251) | Eu égard à ce qui précède, la Commission est parvenue à la conclusion qu’aucune raison impérieuse ayant trait à l’intérêt de l’Union ne s’opposait au maintien des mesures applicables aux importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la Chine et à leur hausse aux niveaux révisés. |
| (252) | À la suite des observations susmentionnées formulées par des utilisateurs, l’association d’utilisateurs et un producteur intégré, la Commission a confirmé son appréciation. |
3.11. Demandes de suspension présentées par Unifull et OTIZ
| (253) | Deux producteurs-exportateurs chinois, Unifull et OTIZ, ont fait valoir que les conditions de suspension des mesures prévues à l’article 14, paragraphe 4, du règlement (UE) 2016/1036 étaient remplies. Leur allégation repose sur l’augmentation des prix des importations en provenance de Chine après la période d’enquête de réexamen, ainsi que sur l’argument selon lequel le préjudice subi par l’industrie de l’Union a été causé par la crise énergétique, la pénurie de semi-conducteurs pour l’industrie automobile (qui a entraîné une baisse de la demande de produits à base de fils de polyesters à haute ténacité pour l’industrie de l’Union) et une baisse des coûts du fret maritime international. |
| (254) | Selon ces deux exportateurs, les importations en provenance de Chine pourraient aider l’industrie européenne en aval à surmonter une pénurie d’approvisionnement actuelle et à éviter la hausse des prix des fils de polyesters à haute ténacité des producteurs de l’Union après la période d’enquête de réexamen. |
| (255) | Conformément à l’article 14, paragraphe 4, du règlement de base, des mesures peuvent uniquement être suspendues si les conditions du marché ont temporairement changé de façon telle qu’il est improbable que le préjudice reprenne à la suite de la suspension, et sous réserve que cette suspension soit dans l’intérêt de l’Union. |
| (256) | Il est exact que les prix chinois ont augmenté de 36 % après la période d’enquête de réexamen. Toutefois, ces prix chinois plus élevés restent inférieurs au coût de production de l’industrie de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. Par conséquent, la hausse des prix chinois après cette période n’a pas entraîné un changement de situation de façon telle qu’il est improbable que le préjudice reprenne. Au contraire, une suspension des mesures conduirait à une aggravation du préjudice dont souffrent actuellement les producteurs de l’Union, qui, en plus des prix élevés de l’énergie, seraient confrontés à des prix faisant l’objet d’un dumping de la part des concurrents chinois. Il est certes dans l’intérêt des utilisateurs de pouvoir acquérir des fils de polyesters à haute ténacité moins coûteux, mais Unifull et OTIZ n’ont pas précisé en quoi la suspension des mesures était dans l’intérêt supérieur de l’Union. En tout état de cause, l’intérêt des utilisateurs est examiné en détail ci-après à la section 3.10. |
| (257) | Unifull et OTIZ ne précisent pas non plus quel est le lien entre la baisse alléguée des coûts du fret maritime international et la situation de préjudice que connaît l’industrie de l’Union. |
| (258) | La Commission a donc rejeté cet argument. |
3.12. Conclusion
| (259) | Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu à la continuation du dumping préjudiciable, de sorte qu’il était dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures antidumping applicables aux importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base. |
4. ENQUÊTE DE RÉEXAMEN INTERMÉDIAIRE PARTIEL
4.1. Parties intéressées et échantillonnage
| (260) | Dans l’avis d’ouverture de l’enquête de réexamen intermédiaire partiel, la Commission a invité les parties intéressées à prendre contact avec elle en vue de participer à l’enquête. En outre, la Commission a expressément informé le requérant, les producteurs chinois, les importateurs de l’Union notoirement concernés, ainsi que les autorités chinoises, de l’ouverture de l’enquête de réexamen intermédiaire partiel et les a invités à y participer. |
| (261) | Toutes les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler des observations à propos de l’ouverture du réexamen intermédiaire partiel et de demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur chargé des procédures commerciales. |
| (262) | Dans l’avis d’ouverture, la Commission a indiqué qu’elle était susceptible de procéder à un échantillonnage des parties intéressées conformément à l’article 17 du règlement de base. |
4.1.1. Échantillonnage des producteurs-exportateurs et des importateurs indépendants
| (263) | Afin de décider si l’échantillonnage était nécessaire et, le cas échéant, de sélectionner un échantillon, la Commission a invité tous les producteurs-exportateurs chinois connus et les importateurs indépendants dans l’Union à fournir les informations demandées dans l’avis d’ouverture correspondant. En outre, la Commission a demandé à la mission de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne d’identifier et/ou de contacter d’autres producteurs-exportateurs éventuels susceptibles de vouloir participer à l’enquête. |
| (264) | Un importateur indépendant s’est manifesté en qualité de partie intéressée, mais n’a pas fourni les informations demandées aux fins de l’échantillonnage. Huit producteurs-exportateurs du pays concerné ont fourni les informations demandées et ont accepté d’être inclus dans l’échantillon. Conformément à l’article 17, paragraphe 1, du règlement de base, la Commission a retenu un échantillon de quatre sociétés appartenant à deux groupes d’entreprises sur la base du plus grand volume représentatif d’exportations vers l’Union sur lequel l’enquête pouvait raisonnablement porter compte tenu du temps disponible. Ces entreprises représentaient plus de 70 % du total estimé des importations dans l’Union du produit faisant l’objet du réexamen. Conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement de base, tous les producteurs-exportateurs connus et concernés ainsi que les autorités du pays concerné ont été consultés sur la constitution de l’échantillon. Aucune observation n’a été reçue. |
4.1.2. Demandes d’examen individuel
| (265) | Un producteur-exportateur chinois [Oriental Industries (Suzhou) Ltd (ci-après «OTIZ»)] a demandé un examen individuel au titre de l’article 17, paragraphe 3, du règlement de base et a répondu au questionnaire dans le délai imparti. Il convient de rappeler que l’enquête de réexamen intermédiaire a été menée parallèlement à l’enquête au titre de l’expiration des mesures et à une enquête ouverte en vertu de l’article 5 du règlement de base. Compte tenu de la complexité de réaliser des évaluations simultanées et distinctes dans trois enquêtes sur les fils de polyesters à haute ténacité, la Commission a considéré que l’examen de la demande, même au stade définitif de l’enquête, aurait été indûment compliqué et disproportionné et empêcherait d’achever l’enquête en temps utile. Par conséquent, aucun examen individuel n’a été accordé à OTIZ. |
4.2. Réponses au questionnaire et recoupements à distance
| (266) | La Commission a envoyé aux pouvoirs publics chinois un questionnaire concernant l’existence de distorsions significatives en Chine au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. |
| (267) | La Commission a adressé des questionnaires aux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. Les mêmes questionnaires ont également été mis à disposition en ligne le jour de l’ouverture de l’enquête. |
| (268) | La Commission a reçu des réponses au questionnaire de la part de trois groupes de producteurs-exportateurs (les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon et OTIZ). |
| (269) | Compte tenu de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement mises en place par différents pays tiers, la Commission n’a pas pu effectuer de visites de vérification au titre de l’article 16 du règlement de base dans les locaux des producteurs-exportateurs. |
| (270) | En lieu et place, la Commission a procédé à des recoupements à distance de toutes les informations jugées nécessaires pour parvenir à des conclusions, conformément à son avis relatif aux conséquences de l’épidémie de COVID-19 sur les enquêtes antidumping et antisubventions (90). |
| (271) | La Commission a procédé à des recoupements à distance auprès des producteurs-exportateurs suivants:
|
4.3. Demande de suspension
| (272) | Comme indiqué au considérant 253 ci-dessus, deux exportateurs chinois, Unifull et OTIZ, ont fait valoir que les conditions de suspension des mesures prévues à l’article 14, paragraphe 4, du règlement (UE) 2016/1036 étaient remplies. |
| (273) | La Commission a également rejeté cet argument dans le cadre du réexamen intermédiaire pour les raisons exposées aux considérants 253 à 258. |
4.4. Suite de la procédure
| (274) | Le 20 février 2023, la Commission a communiqué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait de réviser le niveau des droits antidumping. Un délai a été accordé à toutes les parties pour leur permettre de formuler leurs observations sur ces informations. |
| (275) | Les observations formulées par les parties intéressées ont été examinées par la Commission et ont, s’il y avait lieu, été prises en considération. Les parties qui l’ont demandé ont été entendues. |
4.5. Le dumping
4.5.1. Détermination de la valeur normale
| (276) | Comme indiqué à la section 3.4.4.1 ci-dessus, la Commission a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur chinois pour déterminer la valeur normale des importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de Chine, en raison de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. |
| (277) | Par conséquent, la Commission a calculé, dans le cadre de l’enquête de réexamen intermédiaire partiel, la valeur normale uniquement à partir des coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, c’est-à-dire, sur la base des coûts de production et de vente correspondants dans un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. |
| (278) | Comme il ressort de l’analyse exposée à la section 3.4.4.2, la Turquie remplissait les critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base pour être considérée comme un pays représentatif approprié. |
| (279) | Le 30 novembre 2022, en plus de la première note (voir les considérants 39 et 40) et après avoir examiné les observations reçues, la Commission a publié la seconde note portant sur les sources envisagées pour la détermination de la valeur normale (ci-après la «seconde note») (la première note et la seconde note sont dénommées collectivement ci-après les «notes»). |
| (280) | Dans la seconde note, la Commission a mis à jour la liste des facteurs de production et a informé les parties intéressées de son intention de choisir la Turquie comme pays représentatif au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base. La Commission a également informé les parties intéressées qu’elle calculerait les frais de vente, les dépenses administratives et les autres frais généraux ainsi que la marge bénéficiaire à partir des états financiers accessibles au public d’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité établi en Turquie. De plus, une note supplémentaire contenant des taux de change révisés pour un certain nombre de valeurs de référence et des informations plus détaillées concernant une valeur de référence relative au calcul du coût de la main-d’œuvre a été publiée et versée au dossier public le 16 décembre 2022. |
| (281) | La Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations sur les notes. Des observations ont été reçues de la part de tous les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, ainsi que du requérant (qui appuie le choix de la Turquie comme pays représentatif) et d’un groupe d’utilisateurs (IVGT, Delcotex, Gleistein, Guth & Wolf, Heytex et Jakob Eschbach). Les arguments des parties sont examinés à la section 4.5.3 ci-dessous. |
4.5.2. Observations des parties intéressées sur l’existence de distorsions significatives
| (282) | À la suite de la constatation de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, exposée à la section 3.4.4.1 ci-dessus, les observations suivantes ont été reçues dans le cadre de l’enquête de réexamen intermédiaire partiel et ont été traitées comme suit par la Commission. |
| (283) | Au cours de l’enquête, les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, OTIZ et un groupe d’utilisateurs ont présenté des observations. |
| (284) | Dans ses observations sur la première note, Guxiandao, en plus d’affirmer que l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base serait incompatible avec les règles de l’OMC, a fait valoir que l’analyse relative à l’existence de distorsions significatives (en Chine en général et concernant Guxiandao en particulier) qui figure dans la demande était erronée pour les raisons suivantes: i) les allégations figurant dans la demande de réexamen intermédiaire sont de nature générale (par exemple, lorsqu’elles font référence aux coûts de l’énergie ou de la main-d’œuvre) et concernent la Chine ou son secteur chimique, et non le marché des fils de polyesters à haute ténacité; de plus, elles reposent exclusivement sur le rapport, plutôt que sur des éléments de preuve positifs; ii) pour déterminer s’il existe des distorsions significatives, le requérant se fonde sur des éléments de preuve qui sont soit dénués de pertinence (généralement obsolètes), soit erronés dans les faits (il cite des obligations antérieures faussant la concurrence qui n’existent plus dans le droit chinois); iii) les matières premières (l’ATP et le MEG) sont deux produits de base échangés à l’échelle mondiale dont le prix est fixé de manière transparente et conforme aux prix internationaux, raison pour laquelle les allégations formulées dans la demande selon lesquelles leurs prix seraient faussés en Chine sont erronées; iv) le requérant n’a apporté aucun élément de preuve positif et concret concernant les facteurs énumérés à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base et aucune conclusion valable ne peut donc être tirée concernant l’existence de distorsions significatives. |
| (285) | De même, Unifull et OTIZ ont estimé que l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base n’était pas compatible avec l’article 2.2 et l’article 2.2.1.1 de l’accord antidumping, ni avec la jurisprudence de l’OMC, et qu’il n’existait pas d’éléments de preuve étayant l’allégation de distorsions significatives relatives à l’industrie chinoise des fils de polyesters à haute ténacité. Un groupe d’utilisateurs a formulé une allégation similaire au soutien des producteurs-exportateurs. |
| (286) | Les arguments présentés par les parties ne sauraient être acceptés. Tout d’abord, la Commission a insisté sur le fait que les dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base sont parfaitement conformes aux obligations de l’Union européenne dans le cadre de l’OMC. En ce qui concerne les arguments relatifs à l’analyse des distorsions significatives prétendument erronée qui figure dans la demande de réexamen intermédiaire, la Commission a tout d’abord rappelé que l’article 2, paragraphe 6 bis, point e), du règlement de base prévoit l’obligation de réunir les données nécessaires à l’application de cette méthode lorsque l’enquête a été ouverte sur cette base. Par conséquent, loin de tirer des conclusions concernant l’existence de distorsions significatives, la Commission a simplement considéré que les éléments de preuve présentés par le requérant au sujet de distorsions significatives étaient suffisants pour ouvrir l’enquête. En outre, la Commission a souligné que certains types de distorsions présentes en Chine, telles que les distorsions liées à l’énergie ou à la main-d’œuvre, sont de nature transversale et ont des incidences sur l’ensemble de l’économie chinoise, et donc sur les prix et/ou sur les matières premières et les coûts de production du produit faisant l’objet du réexamen. De plus, en ce qui concerne l’argument selon lequel les allégations formulées dans la demande de réexamen intermédiaire reposent exclusivement sur le rapport et s’appuient, en tout état de cause, sur des informations obsolètes ou inexactes, la Commission a souligné que le requérant s’efforce de démontrer le caractère inchangé des distorsions significatives en se référant à des documents stratégiques du 12e ou du 13e cycle de planification. En outre, la Commission a rappelé que l’article 2, paragraphe 6 bis, point d), du règlement de base prévoit explicitement que, dans le contexte du dépôt d’une plainte ou d’une demande de réexamen, l’industrie de l’Union peut s’appuyer sur les éléments de preuve figurant dans le rapport. La Commission a donc considéré que les éléments de preuve énumérés dans la demande et mentionnés dans l’avis d’ouverture correspondant étaient suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. En ce qui concerne l’allégation selon laquelle les matières premières, à savoir l’ATP et le MEG, font l’objet d’échanges internationaux et, à ce titre, leurs prix en Chine ne sont pas faussés, cet argument doit être rejeté (sans préjudice de l’évaluation d’une allégation particulière concernant la nature non faussée des matières premières provenant de l’étranger, comme indiqué aux considérants 309 et 310) pour les raisons exposées plus haut, en particulier aux considérants 98 à 100. |
4.5.3. Observations formulées par les parties au sujet du choix du pays représentatif
| (287) | En ce qui concerne le choix du pays représentatif, un groupe d’utilisateurs a laissé entendre, en réponse à la seconde note, que la République de Corée était le pays représentatif le plus approprié, compte tenu de son niveau de développement économique semblable à celui de la Chine, de son volume de production de fils de polyesters à haute ténacité, de la disponibilité de données publiques utiles et de son niveau adéquat de protection sociale et environnementale. |
| (288) | Il est rappelé que, lorsqu’elle cherche à déterminer les pays dont le niveau de développement économique est semblable à celui de la Chine, la Commission ne considère que les pays classés par la Banque mondiale (91) dans la catégorie «revenu intermédiaire, tranche supérieure» sur la base du revenu national brut. Or, la Banque mondiale a classé la République de Corée, pendant et avant la période d’enquête de réexamen, dans la catégorie des pays à «revenu élevé», ce qui fait que ce pays ne peut pas être considéré comme un pays représentatif potentiel. |
| (289) | Dans sa réponse aux notes, Guxiandao a affirmé que les données du GTA concernant les principales matières premières utilisées pour la production de fils de polyesters à haute ténacité étaient inexactes par rapport aux statistiques du portail de données officiel de l’institut de statistique turc. La Commission a rappelé que les données indiquées dans le système GTA pour la Turquie sont fondées sur la vue d’ensemble des échanges commerciaux, tandis que les données provenant des statistiques officielles turques sont fondées sur une vue particulière des échanges commerciaux (dont sont exclues les marchandises qui entrent dans une zone franche ou un entrepôt douanier ou qui en sortent). Par conséquent, les différences entre les chiffres sont dûment justifiées et les données du GTA restent fiables. Dès lors, Guxiandao ne saurait prétendre que les données du GTA sont inexactes et cet argument doit être rejeté. |
| (290) | Guxiandao a également fait valoir, en réponse à la seconde note, que les prix des matières premières en Turquie, figurant à l’annexe I (liste des facteurs de production et de leurs prix en Turquie), n’étaient pas cohérents avec les prix indiqués pour ce même pays à l’annexe II (comparaison des statistiques des importations des pays représentatifs potentiels). La Commission a rappelé que les statistiques figurant à l’annexe II ne sont que des données brutes présentées à des fins de comparaison entre les différents pays et agrégées au niveau SH6 commun, qui n’incluent pas les droits de douane applicables aux différents pays importateurs. Les données figurant à l’annexe I, quant à elles, présentent les valeurs au niveau des codes tarifaires nationaux turcs et incluent les droits de douane. Par conséquent, les niveaux de prix figurant aux annexes I et II ne sont pas destinés à être identiques et l’argument de la partie, non fondé, est rejeté. |
| (291) | À la suite de l’information finale, Guxiandao a affirmé qu’aucune feuille de calcul n’avait été fournie en ce qui concerne l’ajustement au titre des droits à l’importation à l’annexe I, de sorte que l’information fournie par la Commission était inadéquate. La Commission a fait observer que les données, y compris les prix des facteurs de production en Turquie, ont été générées automatiquement à partir du GTA au niveau des codes tarifaires nationaux turcs (y compris tous les droits de douane conventionnels et préférentiels basés sur la base de données Market Access Map - MacMap), qu’elles ont été dûment divulguées et qu’elles ont été utilisées en l’espèce par la Commission sans autre modification. Elle a fait remarquer qu’aucune feuille de calcul supplémentaire ni aucun autre document similaire n’a été produit à cette fin par la Commission. L’argument de Guxiandao doit donc être rejeté. |
| (292) | Guxiandao a fait valoir que le choix de la Turquie comme pays représentatif n’était pas approprié. L’entreprise a fait valoir, premièrement, que la dépréciation monétaire et l’inflation élevée ont entraîné des conditions de marché anormales en Turquie, ce qui a inévitablement eu une incidence sur les coûts locaux et, partant, fait que la Turquie ne peut clairement pas constituer un pays représentatif. Guxiandao a réaffirmé son allégation en réponse à l’information finale, ajoutant que les prix locaux et/ou les prix à l’importation touchés par une importante dépréciation de la monnaie locale en Turquie ne peuvent refléter des prix ou des valeurs de référence non faussés. Deuxièmement, selon Guxiandao, Kordsa Türkiye ne peut pas être considérée comme un producteur de fils de polyesters à haute ténacité destinés au marché ouvert, étant donné que sa capacité de production de fils de polyesters, limitée, est principalement, sinon exclusivement, destinée à un usage captif dans sa propre production en aval de nappes tramées pour pneumatiques. Ce point de vue était également partagé par un groupe d’utilisateurs, qui a affirmé que Kordsa Türkiye utilisait principalement les fils de polyesters à haute ténacité pour sa propre production de matériaux destinés aux pneumatiques. Guxiandao a fait valoir que la production de fils de polyesters à haute ténacité n’était qu’une activité marginale et secondaire à l’appui de la production de nappes tramées et que la grande majorité, sinon la totalité, des recettes extérieures réalisées dans le segment des «fils et nappes tramées à usage industriel» provenaient de la vente de tissus industriels et de fils de nylon, et non de fils de polyesters à haute ténacité. Guxiandao a réitéré cet argument dans sa réponse à l’information finale. Les parties ont conclu que le résultat financier de l’entreprise n’était donc pas représentatif d’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité et qu’il n’existait par conséquent aucune information financière aisément disponible concernant les activités liées aux fils de polyesters à haute ténacité en Turquie. Troisièmement, Guxiandao a soutenu, dans la seconde note, que Kordsa Türkiye ne produisait qu’un seul type particulier de fils de polyesters à haute ténacité (le fil HMLS à forte valeur ajoutée pour usage automobile), ce qui rend l’entreprise inappropriée aux fins du choix du pays représentatif, le résultat d’exploitation d’un seul type de produit n’étant pas représentatif de celui concernant les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité qui fabriquent une large gamme de types de produits. En conclusion, Guxiandao a fait valoir que la Commission devait ignorer la marge de bénéfice de Kordsa Türkiye et utiliser une marge de bénéfice plus raisonnable et représentative des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité. Guxiandao a soutenu dans sa réponse à l’information finale que le niveau de bénéfice de 15,3 % établi par la Commission était excessivement élevé pour un producteur de fils de polyesters à haute ténacité et qu’un maximum de 6 % (équivalant à la marge de bénéfice cible pour les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en l’espèce, établie en application de l’article 7, paragraphe 2 quater, du règlement de base) constituait donc une valeur de remplacement raisonnable du bénéfice non faussé et raisonnable qu’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité peut normalement réaliser. |
| (293) | La Commission a fait observer que le choix du pays représentatif a été effectué sur la base des trois critères suivants: le niveau de développement économique, la production du produit concerné et la disponibilité de données publiques pertinentes. L’incidence possible de la dévaluation d’une monnaie ou du niveau d’inflation ne fait pas partie de ces critères. En tout état de cause, la partie concernée n’a pas démontré en quoi la dépréciation de la lire turque et l’inflation élevée auraient eu une incidence sur les prix des intrants provenant de Turquie et, si incidence il y avait, quelle serait son ampleur réelle pour la valeur normale qui est calculée en CNY. En outre, les parties n’ont fourni aucune information indiquant que (et dans quelle mesure) la lire turque était utilisée dans les transactions d’importation des matières premières servant de base au calcul des coûts de référence non faussés en l’espèce. De plus, lors de l’établissement de valeurs de référence sur la base des prix à l’importation aux fins du calcul de la valeur normale au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, les valeurs à l’importation dans les pays représentatifs sont converties dans la devise du pays exportateur, le CNY en l’espèce. La Commission a donc estimé que cet argument était infondé et l’a rejeté. |
| (294) | En ce qui concerne la gamme de produits de Kordsa Türkiye et la source de ses recettes, la Commission a fait observer qu’en l’absence d’informations financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement le produit concerné par l’enquête (en l’espèce, les fils de polyesters à haute ténacité), ce qui est rarement le cas, elle cherche à déterminer la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche, y compris des informations consolidées sur le ou les producteurs actifs, entre autres, dans le secteur du produit concerné. En l’espèce, comme indiqué au considérant 111, environ 86 % des recettes extérieures de Kordsa Türkiye en 2021 ont été générées dans le segment des fils de polyesters à haute ténacité. En outre, contrairement à ce que soutiennent les parties, Kordsa Türkiye génère effectivement des recettes extérieures en produisant et en vendant des fils de polyester également (92). En fait, Kordsa est «[u]n des chefs de file du […] marché des fils de polyester HMLS», avec «une gamme de fils qui peuvent être utilisés dans des applications telles que les nappes tramées, les textiles lourds, les tissus industriels, les tissus pour bandelettes talons, les câbles et cordes à extrémité unique» (93), donc dans des secteurs autres que l’industrie automobile. Par conséquent, l’argument des parties concernant l’usage captif des fils de polyesters à haute ténacité est dénué de fondement. En outre, le renfort des pneumatiques est l’une des principales applications des fils de polyesters à haute ténacité et les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité, dont Guxiandao, produisent également des fils HMLS et ont pour clientes des entreprises de l’industrie automobile. Il serait donc trompeur d’affirmer que l’activité «fils de polyesters à haute ténacité» de Kordsa Türkiye n’est pas représentative des activités commerciales des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité. Enfin, les parties n’ont proposé, à la place de Kordsa Türkiye, aucun autre producteur approprié de fils de polyesters à haute ténacité disposant de données financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement les fils de polyesters à haute ténacité, et encore moins un producteur de fils de polyesters à haute ténacité dont la gamme de fils est plus vaste que celle de Kordsa Türkiye. |
| (295) | Dans ces circonstances, les frais VAG consolidés et la marge bénéficiaire déterminés pour Kordsa Türkiye sont donc considérés comme suffisamment représentatifs et appropriés pour être utilisés aux fins de la présente enquête, et les arguments des parties doivent être rejetés. Il a par ailleurs été indiqué que le bénéfice cible de 6 % que Guxiandao proposait d’utiliser et la marge bénéficiaire dans le pays représentatif désignent des notions différentes, régies par des règles différentes, prévues par des dispositions juridiques différentes. En particulier, le bénéfice cible est le bénéfice réalisé par l’industrie de l’Union sur les ventes intérieures dans l’Union réalisées dans des conditions normales de concurrence, et il est utilisé pour calculer la marge de préjudice conformément à l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base. La marge bénéficiaire dans le pays représentatif a été utilisée dans le calcul de la valeur normale par référence au pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. Elle doit refléter celle réalisée par une société fabriquant le produit soumis à l’enquête ou un produit similaire, dans un pays représentatif. Étant donné que les notions de bénéfice cible et de marge bénéficiaire dans un pays représentatif ne sont pas comparables, l’argument de Guxiandao a été rejeté comme étant dénué de pertinence. En outre, Guxiandao n’a fourni aucun élément laissant penser que le montant correspondant à la marge bénéficiaire inclus dans la valeur normale calculée n’était pas non faussé et raisonnable au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a). |
| (296) | Guxiandao a estimé que la Commission devait choisir le Brésil comme pays représentatif approprié plutôt que la Turquie, étant donné que les données financières de la société du groupe Kordsa au Brésil sont aisément disponibles et qu’en 2021, le Brésil n’a pratiquement pas importé de Chine les principaux intrants de production des fils de polyesters à haute ténacité (ATP, MEG et granulés de PET) par rapport à la Turquie; de ce fait, le Brésil est moins susceptible d’être concerné par les distorsions alléguées. Guxiandao a répété cet argument dans sa réponse à l’information finale, ajoutant que si le rapport annuel de Kordsa Türkiye pour 2021 au niveau consolidé du groupe d’entreprises était acceptable comme source pour établir les frais VAG et la marge bénéficiaire non faussés en Turquie, il en allait de même pour Kordsa Brazil, puisque les comptes consolidés incluaient également le résultat opérationnel de Kordsa Brazil. |
| (297) | Premièrement, les données financières de Kordsa Brazil ne sont disponibles que pour 2019, alors que la période examinée en l’espèce, ce qui revêt une importance primordiale, porte sur l’année 2021. De plus, comme indiqué ci-dessus, Kordsa Türkiye dispose de données aisément disponibles et exploitables concernant l’année 2021. Même si les états financiers de Kordsa Türkiye pour 2021 utilisés aux fins de l’espèce consolidaient également les données de ses filiales, y compris Kordsa Brazil, il était évident que les chiffres relatifs à la marge bénéficiaire et aux frais VAG figurant dans les états consolidés étaient plus représentatifs des activités de Kordsa Türkiye que de celles de Kordsa Brazil. En effet, les recettes générées par le segment géographique Europe - Moyen-Orient - Afrique (couvrant uniquement les activités en Turquie) étaient près de trois fois supérieures aux recettes générées par Kordsa Brazil (qui représentait le segment sud-américain) (94). En tout état de cause, l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base exige que le montant pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire inclus dans la valeur normale calculée soit non faussé et raisonnable. Guxiandao n’a produit aucun élément de preuve démontrant que ce n’est pas le cas. Deuxièmement, alors que la proportion de quantités importées non faussées dans les importations totales d’ATP, de MEG et de granulés de PET en Turquie était inférieure à celle des importations non faussées au Brésil, la quantité totale d’importations non faussées de chacun de ces intrants en Turquie était nettement plus élevée que la quantité totale d’importations non faussées au Brésil. En fait, si le Brésil dispose de données suffisamment représentatives concernant les importations de MEG et de granulés de PET, cela n’est pas le cas pour les importations d’ATP, qui étaient négligeables par rapport à celles de la Turquie et ne représentaient que 7 % environ des importations d’ATP dans ce pays. L’argument avancé par Guxiandao doit donc être rejeté. |
| (298) | En ce qui concerne les frais VAG de Kordsa Türkiye, qui doivent être utilisés en l’espèce pour calculer la valeur normale correspondant aux producteurs-exportateurs, Guxiandao a fait valoir que, pour garantir une comparaison équitable entre la valeur normale calculée et le prix à l’exportation, les frais d’emballage qui, selon Guxiandao, font partie des frais VAG (note 21 adjointe aux états financiers de Kordsa Türkiye) devraient être exclus. |
| (299) | Tout d’abord, la Commission s’est fondée sur le compte de résultat et les postes d’exploitation qui y figurent pour calculer les coûts VAG de Kordsa Türkiye. La note 21 des états financiers, mentionnée par Guxiandao, répertorie les «charges par nature», qui couvrent évidemment non seulement les frais d’exploitation, mais également les frais de matériel, dont les frais d’emballage inclus dans le coût des marchandises vendues. La simple comparaison du total des frais d’exploitation dans le compte de résultat et du total des frais figurant dans la note 21 montre également que ce dernier montant est nettement plus élevé. Il serait donc clairement erroné d’extrapoler, à partir de la simple référence à la note 21 dans la partie du compte de résultat répertoriant les postes opérationnels, que toutes les dépenses décrites dans la note 21 correspondent aux frais d’exploitation. Compte tenu de ce qui précède, l’argument de Guxiandao doit être rejeté. |
| (300) | En outre, un groupe d’utilisateurs a appelé instamment la Commission à utiliser les propres frais VAG et marges bénéficiaires des producteurs-exportateurs chinois pour calculer la valeur normale. |
| (301) | La Commission a fait observer qu’une fois que l’existence de distorsions significatives pour le pays exportateur est établie conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, la valeur normale est calculée sur la base de prix ou de valeurs de référence non faussés dans un pays représentatif approprié (la Turquie en l’espèce) pour chaque producteur-exportateur, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a). La Commission a souligné que cette disposition prévoit aussi précisément que la valeur normale ainsi calculée comprenne un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire dans le pays représentatif approprié. Une fois qu’elle établit l’existence des distorsions significatives concernant le produit faisant l’objet du réexamen dans le pays exportateur, la Commission ne peut plus utiliser les frais VAG et les marges bénéficiaires réels de chaque producteur-exportateur, puisqu’il s’avère que ceux-ci sont faussés. Les parties intéressées n’ont fourni aucun élément de preuve attestant que les frais VAG et la marge bénéficiaire réels des producteurs-exportateurs chinois n’étaient pas faussés. Cet argument est, dès lors, rejeté. |
| (302) | Unifull, tout en étant d’accord avec le choix de la Turquie comme pays représentatif approprié, a contesté la sélection des données relatives à l’électricité et au gaz naturel. Cette partie a fait valoir que la dépréciation de la lire turque par rapport à l’euro et au dollar des États-Unis avait entraîné une hausse du prix à l’importation du gaz naturel et de l’électricité, que l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 avait influé sur le prix du gaz naturel et de l’électricité en Turquie et que les événements météorologiques extraordinaires survenus dans le pays en 2021 avaient également entraîné une hausse du prix de l’électricité. Unifull en a conclu que la Commission devait cesser d’utiliser les prix du gaz naturel et de l’électricité turcs et les remplacer par ceux du Brésil ou d’un autre pays approprié, afin de refléter fidèlement le prix réel et normal de l’énergie. |
| (303) | La Commission a fait observer que, si la dépréciation pouvait avoir contribué à une hausse des prix du gaz et de l’électricité en Turquie, cette hausse n’était pas inhabituelle, car elle correspondait à une tendance européenne générale, comme le confirme l’article cité par Unifull à l’appui de son allégation. En outre, la sécheresse en 2021 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 sont des événements qui auraient joué, le cas échéant, sur les prix de l’énergie en 2022 plutôt qu’au cours de la période d’enquête de réexamen. Les articles cités par Unifull en tiennent compte, sans compter que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a eu lieu en février 2022. En outre, comme l’a souligné Unifull, la Turquie a importé de Russie près de 45 % de son gaz en 2021, ce qui fait que le pays n’est pas entièrement tributaire des importations en provenance de Russie. Par conséquent, la demande d’Unifull de remplacer les prix du gaz et de l’électricité n’est pas étayée et cette demande doit être rejetée. |
| (304) | Le requérant a fait valoir que le niveau de développement économique de la Turquie était semblable à celui de la République populaire de Chine et que la Turquie disposait, par rapport aux autres pays, d’un ensemble de données relatif aux facteurs de production beaucoup plus représentatif. Le requérant a donc appuyé la conclusion de la Commission. |
4.5.4. Sources utilisées pour déterminer les coûts non faussés
| (305) | Sur la base des informations communiquées par les parties intéressées (huit producteurs-exportateurs ont communiqué des données sur les intrants de production des fils de polyesters à haute ténacité) et d’autres informations pertinentes versées au dossier, la Commission a établi, dans la première note, une liste initiale des facteurs de production, tels que les matières, l’énergie et la main-d’œuvre, servant à la fabrication du produit faisant l’objet du réexamen. |
| (306) | Conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, la Commission a également déterminé les sources à utiliser pour établir des prix et des valeurs de référence non faussés. La principale source que la Commission a proposé d’utiliser était l’Atlas mondial du commerce (ci-après le «GTA»). Enfin, la Commission a identifié les codes du système harmonisé (SH) des facteurs de production qu’elle envisageait initialement, dans la première note, d’utiliser pour l’analyse GTA, sur la base des informations fournies par les parties intéressées. |
| (307) | La Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations et à proposer des informations accessibles au public sur les valeurs non faussées pour chacun des facteurs de production mentionnés dans la première note. Par la suite, dans la seconde note, la Commission a mis à jour les informations relatives au classement tarifaire d’un certain nombre de facteurs de production et a allongé la liste de ceux-ci, sur la base des observations transmises par les parties intéressées. |
| (308) | Au vu de ce qui précède, les facteurs de production suivants et leurs sources ont été déterminés concernant la Turquie, aux fins du calcul de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base: Tableau 15 Facteurs de production des fils de polyesters à haute ténacité
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| (309) | Guxiandao a fait valoir que deux de ses matières premières importées directement ou indirectement avaient été achetées à des prix non faussés auprès de pays tiers. Guxiandao a en outre estimé que la valeur d’une autre matière première primordiale n’était pas concernée par les distorsions significatives alléguées, parce que les prix d’achat avaient été négociés avec les fournisseurs sur la base des prix pratiqués sur les marchés internationaux, qui sont transparents, et que ces prix d’achat étaient conformes aux prix internationaux. Guxiandao a également estimé que les coûts des matières premières acquises auprès d’entreprises privées et le coût de l’électricité provenant de l’énergie solaire ne devaient pas être considérés comme faussés. |
| (310) | Guxiandao a transmis des éléments de preuve (factures d’achat, documents d’importation et contrats) pour les deux matières premières mentionnées au considérant 309 ci-dessus. Ces éléments de preuve montraient que les achats de la presque totalité de l’une des matières premières et d’une petite partie de l’autre avaient été effectués en dollars des États-Unis et directement sur des marchés exempts de distorsions. Par conséquent, la Commission a accepté cet argument dans la mesure où sont concernées les importations en Chine non faussées des deux matières premières utilisées par ce producteur-exportateur particulier au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, en ce qui concerne les autres coûts liés aux matières premières achetées en Chine (indépendamment du type de propriété ou de la source d’énergie du fournisseur), la Commission n’a pas été en mesure de confirmer, à partir des éléments de preuve versés au dossier, qu’ils n’étaient pas faussés. Cet argument a dès lors été rejeté. Comme indiqué au considérant 114, la Turquie a été choisie comme pays représentatif en l’espèce; par conséquent, les coûts non faussés des facteurs de production doivent être fondés sur les prix à l’importation non faussés correspondants en Turquie. |
| (311) | Dans sa réponse à l’information finale, le CIRFS a fait valoir que la Commission devait expliquer comment elle pouvait garantir que les deux matières premières importées par Guxiandao et utilisées pour le calcul de la valeur normale n’étaient pas affectées par une distorsion significative. Le CIRFS a indiqué qu’il n’était pas en mesure d’exercer pleinement ses droits de la défense pour formuler des observations utiles concernant ce traitement spécifique appliqué à Guxiandao. |
| (312) | Il a fait mention de l’évaluation par la Commission de l’argument de Guxiandao et aux critères utilisés pour examiner et accepter celui-ci. La Commission a soutenu qu’elle avait suffisamment divulgué les faits, tout en respectant la confidentialité des données de Guxiandao sur les achats. L’approche appliquée pour apprécier l’argument de Guxiandao (et expliquée par la Commission) consistait notamment en un examen minutieux de registres d’achat et de contrats ainsi qu’en une analyse de divers paramètres, tels que les canaux de vente utilisés, les certificats d’origine, la monnaie de facturation ainsi que d’autres conditions de vente. Le CIRFS était donc en mesure de formuler des observations sur l’approche appliquée et d’exercer dûment ses droits de la défense. |
4.5.5. Matières premières utilisées dans le processus de fabrication
| (313) | Afin d’établir le prix non faussé des matières premières, la Commission a utilisé comme base le prix CIF moyen pondéré des importations dans le pays représentatif, tel qu’indiqué dans le GTA, en provenance de tous les pays tiers, à l’exclusion de la Chine et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC et qui sont énumérés à l’annexe I du règlement 2015/755. La Commission a décidé d’exclure les importations en provenance de Chine car elle a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et coûts sur le marché intérieur en Chine du fait de l’existence de distorsions significatives, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base (voir considérant 100 ci-dessus). En l’absence d’éléments de preuve démontrant que les produits destinés à l’exportation n’étaient pas, eux aussi, concernés par les mêmes distorsions, la Commission a considéré que les exportations étaient affectées par ces mêmes distorsions. Le prix moyen pondéré des importations a été ajusté, s’il y avait lieu, pour tenir compte des droits à l’importation. Une fois exclues les importations dans le pays représentatif en provenance de la Chine et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC, le volume des importations en provenance d’autres pays tiers restait représentatif. |
| (314) | La Commission a exprimé le coût de transport supporté par les producteurs-exportateurs ayant coopéré pour l’approvisionnement en matières premières en pourcentage du coût réel de ces matières premières et a ensuite appliqué le même pourcentage au coût non faussé des mêmes matières premières afin d’obtenir un coût de transport non faussé. La Commission a considéré que, dans le cadre de la présente enquête, le rapport entre les coûts des matières premières et les coûts de transport déclarés du producteur-exportateur pouvait être raisonnablement utilisé pour estimer les coûts non faussés du transport des matières premières lorsqu’elles sont livrées à l’usine de l’entreprise. |
| (315) | En raison de leur part insignifiante dans les coûts totaux des matières premières au cours de la période d’enquête de réexamen, quelle que soit la source utilisée, la Commission a traité un petit nombre de facteurs de production comme des consommables, tel qu’exposé au considérant 334. |
| (316) | Dans ses observations sur l’information finale, Unifull a fait valoir que le MEG acheté et utilisé par ce groupe était importé par l’intermédiaire d’opérateurs commerciaux et que, par conséquent, il n’était pas affecté par les distorsions sur le marché chinois. Unifull a donc soutenu que c’étaient ses coûts, et non les valeurs de référence décrites ci-dessus, qui devaient être utilisés pour établir la valeur normale. |
| (317) | La Commission a signalé que le questionnaire antidumping demandait expressément au producteur-exportateur d’indiquer s’il considérait que l’un des facteurs de production avait été acheté à des valeurs non faussées et, dans ce cas, de présenter tous les éléments de preuve pertinents à l’appui de cette allégation. Or, à aucun moment au cours de l’enquête avant de formuler ses observations sur l’information finale Unifull n’a avancé d’allégation précise ou étayée selon laquelle l’un quelconque des matériaux avait été acheté à des valeurs non faussées ni cité la moindre transaction qui aurait été effectuée à des valeurs non faussées. Au contraire, Unifull avait déclaré que tous les achats de MEG étaient effectués auprès d’un fournisseur intérieur chinois, sans mentionner la moindre importation. Les documents envoyés après l’information finale, essentiellement des contrats d’achat et des factures de l’opérateur commercial chinois de MEG, ne justifient pas en quoi le prix d’achat du MEG ne serait pas affecté par des distorsions. Par conséquent, cet argument, qui reposait sur une affirmation qui n’était pas étayée et n’a pas pu être vérifiée au cours de l’enquête, a été rejeté. |
| (318) | Dans ses observations sur l’information finale, Unifull a également allégué que le prix de référence pour l’ATP avait été gonflé en raison de circonstances exceptionnelles (frais d’expédition de l’Asie vers la Turquie exceptionnellement élevés en 2021) qui ne reflétaient pas les conditions normales du marché, alors qu’Unifull n’avait supporté aucun coût de transport international pour l’ATP puisqu’elle s’approvisionnait en ATP sur le marché intérieur chinois. Par conséquent, Unifull considérait que le prix de référence de l’ATP devait être ajusté à la baisse de 0,24 CNY/kg ou, à tout le moins, de 0,15 CNY/kg afin de compenser les coûts de transport élevés. |
| (319) | La Commission a contesté cette affirmation. Conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, la valeur normale doit être calculée à l’aide de valeurs de référence correspondant aux coûts de production dans le pays représentatif approprié. Contrairement à ce qu’Unifull a affirmé, la méthode utilisée par la Commission est strictement conforme à ce principe et la Commission a appliqué le coût non faussé correspondant de l’ATP en Turquie pour établir la valeur de référence. Unifull a joint à ses observations une analyse des données relatives aux importations de la Turquie extraites d’UN Comtrade. Or, cette analyse ne fait qu’illustrer les prix à l’importation CIF et FOB, et déduit donc les coûts de transport, mais ne fournit aucun élément de preuve à l’appui de l’allégation d’Unifull selon laquelle les prix à l’importation en Turquie seraient faussés ou ne refléteraient pas les conditions normales du marché. |
| (320) | La Commission a aussi fait observer que, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, la valeur normale doit représenter le prix non faussé des matières premières dans le pays représentatif, qui, en l’espèce, est la Turquie. Il doit donc représenter le prix qu’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité paierait en Turquie pour une matière première livrée à la porte de l’usine. La méthode appliquée par la Commission reflète cette approche. Si les ajustements suggérés par Unifull étaient opérés, le prix qui en résulterait ne représenterait pas le prix non faussé sur le marché turc, mais plutôt un prix arbitraire entre le prix qu’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité paierait en Turquie et le prix départ usine (lors des ventes à l’exportation) dans les pays qui vendent à la Turquie. Cela serait contraire à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base; cet argument est donc rejeté. |
4.5.6. Main-d’œuvre
| (321) | Pour déterminer la valeur de référence concernant les coûts de la main-d’œuvre, la Commission a utilisé les statistiques les plus récentes publiées par l’institut de statistique turc (98). Cet institut publie des informations détaillées sur les coûts de la main-d’œuvre dans différents secteurs économiques turcs. La Commission a établi la valeur de référence sur la base des coûts horaires de la main-d’œuvre en 2020 pour l’activité économique de fabrication de produits chimiques, qui relève du code NACE 20 selon la classification NACE Rév. 2. Les valeurs ont également été ajustées pour tenir compte de l’inflation à l’aide de l’indice des prix à la consommation sur le marché intérieur (99), afin de correspondre aux coûts supportés pendant la période d’enquête de réexamen. Par rapport à la seconde note et à la suite d’une demande formulée par Guxiandao, la valeur de référence de la main-d’œuvre a été modifiée pour tenir compte du taux d’inflation annuel moyen. |
4.5.7. Énergie
| (322) | Pour établir le prix de référence de l’électricité et du gaz, la Commission a utilisé les prix applicables aux entreprises (utilisateurs industriels) en Turquie publiés par l’institut de statistique turc (100). La valeur de référence a été déterminée sur la base du prix de l’électricité et du gaz publié le 31 mars 2022. Le prix auquel il est fait référence est la moyenne pour l’année 2021. La Commission a utilisé les données relatives aux prix industriels de l’électricité et du gaz dans les tranches de consommation correspondantes, hors TVA. |
| (323) | Guxiandao a fait valoir qu’outre la TVA appliquée aux prix de l’électricité et du gaz déterminés pour la Turquie, les prix de l’électricité comprennent des taxes et redevances supplémentaires (taxe sur la consommation, taxe TRT et contribution au Fonds pour l’énergie) qui devraient être déduites par la Commission aux fins du calcul du coût de référence de l’électricité. Tout d’abord, le dossier ne contenait aucun élément de preuve attestant que (et dans quelle mesure, le cas échéant) les entreprises établies en Turquie auraient récupéré l’une quelconque de ces taxes et redevances, justifiant ainsi une déduction des coûts de référence. En outre, Guxiandao n’a pas étayé son allégation, précisément au sujet de l’ensemble de données publié par l’institut de statistique turc et utilisé aux fins de la présente affaire. |
| (324) | En ce qui concerne le charbon, la Commission a utilisé le prix moyen en Turquie en 2021, fondé sur les statistiques du GTA (101). |
| (325) | Dans ses observations sur l’information finale, le requérant, le CIRFS, a contesté l’utilisation du charbon en tant que source d’énergie pour établir la valeur normale et s’est demandé si le coût environnemental du charbon était équitablement représenté dans le prix non faussé du charbon. |
| (326) | La Commission a rappelé que, selon la méthode définie dans le règlement de base et conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), de celui-ci, la valeur normale doit être calculée exclusivement sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés. Il s’ensuivait que, nonobstant le remplacement des prix des facteurs de production par des valeurs de référence non faussées, la consommation des facteurs de production devait refléter la consommation réelle de chaque exportateur et producteur séparément. Dès lors, la Commission ne disposait d’aucune marge d’appréciation pour choisir d’autres sources d’énergie et remplacer celles utilisées par chaque producteur-exportateur ou pour ajouter des éléments arbitraires aux prix non faussés observés dans le pays représentatif approprié. Le faire serait contraire à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. Pour ce qui est de l’intégration des coûts environnementaux dans le prix non faussé du charbon, il a été noté que, lors du calcul de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, les coûts environnementaux ne sont pas spécifiquement pris en compte. Par conséquent, cet argument a été rejeté. |
| (327) | Par ailleurs, en réponse à l’information finale, le CIRFS a demandé à la Commission que, compte tenu du rapport de cette dernière sur les distorsions significatives en Russie (102), les importations de charbon de la Russie vers la Turquie soient exclues du prix moyen à l’importation du charbon en Turquie pris en considération aux fins du calcul de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. Plus précisément, le CIRFS a affirmé, en se référant au rapport de la Commission, que, bien que l’industrie charbonnière russe ait été privatisée dans une large mesure, le marché était concentré et les prix étaient influencés par les mesures budgétaires applicables et par les coûts ferroviaires (fixés par les sociétés de chemins de fer publiques). De plus, le CIRFS a présenté des observations supplémentaires six jours après le délai fixé pour formuler des commentaires sur l’information finale, réitérant sa demande et plaidant en outre en faveur de l’exclusion des importations de charbon colombien du prix à l’importation du charbon pour la Turquie. Compte tenu de l’incidence négligeable que l’acceptation ou le rejet de cet argument aurait sur les mesures, la Commission a décidé qu’il n’était pas nécessaire de l’analyser plus avant. Pour ce qui est de l’allégation supplémentaire concernant les importations de charbon colombien, il a été renvoyé au point 7 de l’avis d’ouverture. Selon ce point, afin de mener l’enquête à terme dans les délais prescrits, la Commission n’acceptera pas de communications des parties intéressées après le délai fixé pour formuler des commentaires sur l’information finale. Les arguments du CIRFS ont donc été rejetés. |
| (328) | En réponse à l’information finale, le CIRFS a fait valoir que la Commission devait expliquer les raisons pour lesquelles le prix du gaz en Turquie en 2021 retenu aux fins du calcul de la valeur normale a considérablement diminué, alors que, selon l’institut de statistique turc, le prix unitaire moyen du gaz naturel en Turquie a fortement augmenté en 2021 par rapport à 2020. Comme déjà indiqué dans la seconde note émise, la Commission a extrait les données sur les prix du gaz directement de la base de données de l’institut de statistique turc, et a utilisé les prix moyens pour 2021 pour les différentes tranches de consommation, tout en convertissant les chiffres de lires turques en CNY à l’aide du taux de change officiel applicable afin de calculer la valeur normale pour les producteurs-exportateurs. |
| (329) | Par ailleurs, le CIRFS a déclaré en réponse à l’information finale que la Commission devait, en ce qui concerne le gaz, expliquer la méthode utilisée pour sélectionner la tranche de consommation la plus appropriée pour chaque producteur chinois. Il a été noté à cet égard que, comme indiqué au considérant 322, la Commission a attribué à chaque producteur retenu dans l’échantillon le coût du gaz de la tranche de consommation correspondant à sa consommation totale réelle de gaz au cours de la période d’enquête de réexamen. |
4.5.8. Frais VAG et marge bénéficiaire
| (330) | Aux termes de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]a valeur normale ainsi calculée comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire». De plus, une valeur pour les frais généraux de fabrication doit être établie pour tenir compte des coûts non inclus dans les facteurs de production susmentionnés. |
| (331) | Pour calculer un montant non faussé et raisonnable correspondant aux frais VAG et aux bénéfices, la Commission a utilisé les frais VAG (6,6 %) et la marge bénéficiaire (15,3 %) du producteur de fils de polyesters à haute ténacité en Turquie, à savoir Kordsa Türkiye, pour lequel les chiffres relatifs aux données financières de 2021 (c’est-à-dire la période se chevauchant totalement avec la période d’enquête de réexamen) étaient aisément disponibles. |
4.5.9. Calcul de la valeur normale
| (332) | Sur la base des prix et des valeurs de référence non faussés décrits ci-dessus, la Commission a calculé la valeur normale par type de produit au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. |
| (333) | Premièrement, la Commission a calculé les coûts de fabrication non faussés de chaque entité juridique fabriquant et exportant le produit faisant l’objet du réexamen, en se basant sur les facteurs de production achetés par chaque entreprise et recensés dans le tableau 15. Elle a ensuite appliqué les coûts unitaires non faussés à la consommation réelle des différents facteurs de production de chacun des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. La Commission a réduit les coûts de fabrication du montant des recettes non faussées générées par la revente des sous-produits (en l’espèce, les déchets de fils). |
| (334) | Deuxièmement, pour parvenir à un coût de fabrication total non faussé, la Commission a ajouté les frais généraux de fabrication. Les frais généraux de fabrication supportés par les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon ont été augmentés des coûts des consommables visés au considérant 315, puis exprimés en pourcentage des coûts de fabrication effectivement supportés par chacun des producteurs-exportateurs. Ce pourcentage a été appliqué aux coûts de fabrication non faussés. |
| (335) | Enfin, la Commission a ajouté les frais VAG et la marge bénéficiaire, déterminés sur la base de ceux du producteur turc de fils de polyesters à haute ténacité (voir considérant 331). Les frais VAG et la marge bénéficiaire, exprimés en pourcentage des coûts des marchandises vendues et appliqués au coût de fabrication total non faussé, s’élevaient respectivement à 6,6 % et 15,3 %. |
| (336) | La Commission a alors déterminé la valeur normale par type de produit au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. |
| (337) | Guxiandao a affirmé en réponse à l’information finale que la Commission avait, sans aucun fondement, lié la valeur des consommables et des frais généraux de fabrication à celle d’autres intrants. Selon Guxiandao, la Commission doit déterminer la valeur de référence pour les consommables et les frais généraux de fabrication séparément des autres intrants ou, sinon, accepter le coût réel de l’entreprise pour les consommables et les frais généraux de fabrication. Guxiandao a avancé un argument similaire pour le calcul du coût de transport lié à l’approvisionnement en matières premières. |
| (338) | Comme expliqué au considérant 100, il ressort de l’enquête que les prix ou coûts du produit soumis à l’enquête, y compris le coût des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Guxiandao n’a pas démontré que les prix de ses consommables, ses frais généraux de fabrication ou ses coûts de transport ne sont pas faussés. Il n’a pas pu être établi positivement que ces coûts ne sont pas faussés et, par conséquent, compte tenu du troisième tiret du deuxième alinéa de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), ils ne peuvent pas être utilisés dans le calcul de la valeur normale. La Commission n’est pas parvenue à trouver une valeur de référence raisonnable pour ces coûts, et aucune valeur de référence raisonnable pour ces coûts n’a été proposée par Guxiandao ou une autre partie intéressée. Lorsqu’il n’est pas possible de trouver des valeurs de référence appropriées pour un coût, la Commission peut, en principe, les établir sous la forme d’un ratio par rapport au groupe de coûts afférent (qu’il s’agisse du coût de toutes les matières premières ou des coûts de fabrication). Une fois que les coûts des matières premières ou les coûts de fabrication non faussés ont été établis, la Commission applique la valeur de référence pour estimer le coût non faussé en question, tout en préservant la structure des coûts du producteur-exportateur. Cela signifie que si, par exemple, les consommables représentent 1 % de l’ensemble des coûts des matières premières dans les comptes d’un producteur-exportateur, après le calcul de la valeur normale, ils représenteront toujours 1 % des coûts des matières premières. |
| (339) | Comme exposé au considérant 334, pour parvenir à un coût des consommables et à des frais généraux non faussés, la part du coût des consommables et des frais généraux de fabrication des producteurs retenus dans l’échantillon dans les coûts de fabrication réellement supportés a été appliquée aux coûts de fabrication non faussés. Comme expliqué au considérant 338, en l’absence d’une donnée spécifique concernant les frais généraux non faussés dans les données financières disponibles du ou des producteurs du pays représentatif, la Commission a déterminé les données relatives aux frais généraux non faussés pour le producteur-exportateur en suivant cette méthode. Par ailleurs, étant donné que de nombreux facteurs de production qui représentent généralement une part négligeable des coûts totaux des matières premières ont été recensés en l’espèce, la Commission a jugé raisonnable d’inclure ces intrants (en utilisant les coûts réels des producteurs) dans les consommables et de les traiter en conséquence. De plus, en ce qui concerne les coûts de transport, comme indiqué au considérant 314 et faute de données sur les coûts de transport non faussés dans le pays représentatif, la Commission a considéré que le ratio entre les coûts des matières premières du producteur-exportateur et les coûts de transport déclarés pouvait raisonnablement être utilisé comme une indication pour estimer les coûts de transport non faussés des matières premières lorsqu’elles sont livrées à l’usine de la société. L’argument de Guxiandao a donc été rejeté. |
4.6. Prix à l’exportation
| (340) | Les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon ont vendu directement le produit exporté à des clients indépendants dans l’Union. Le prix à l’exportation correspondant à ces ventes directes par Guxiandao et Unifull était par conséquent le prix réellement payé ou à payer pour le produit concerné vendu à l’exportation vers l’Union, conformément à l’article 2, paragraphe 8, du règlement de base. |
| (341) | Outre les ventes directes, le groupe Unifull a également réalisé certaines ventes par l’intermédiaire de l’autre producteur lié du groupe. En ce qui concerne ces ventes, la Commission a ajusté le prix à l’exportation conformément à l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base, en déduisant les frais de vente respectifs de l’entité de vente et une marge bénéficiaire raisonnable (fixée à 6,89 % dans la récente enquête sur certains alcools polyvinyliques (103) et utilisée dans la présente enquête compte tenu de la similitude de l’industrie et du manque de coopération de la part des importateurs indépendants). |
4.7. Comparaison
| (342) | La Commission a comparé la valeur normale et le prix à l’exportation des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon au niveau départ usine. |
| (343) | Afin de procéder à une comparaison équitable, la Commission a ajusté la valeur normale et/ou le prix à l’exportation en tenant compte des différences qui affectent les prix et leur comparabilité, conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base. Des ajustements du prix à l’exportation ont été effectués au titre du transport, de l’assurance, de la manutention et du chargement, des rabais, des commissions, des coûts de crédit, des frais bancaires et d’autres impositions à l’importation. |
| (344) | Dans sa réponse à l’information finale, Guxiandao a demandé un ajustement de la valeur normale calculée afin d’assurer une comparaison équitable avec le prix à l’exportation, conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base. Selon Guxiandao, des éléments tels que le fret et l’assurance qui auraient pu être inclus dans les frais VAG utilisés dans le calcul de la valeur normale devraient être supprimés, étant donné qu’ils ont été déduits du prix à l’exportation, créant ainsi une asymétrie entre les deux. |
| (345) | La Commission a relevé que Guxiandao n’avait pas démontré que le fret et l’assurance avaient été inclus dans les frais VAG utilisés pour le calcul de la valeur normale. Il s’ensuit que l’ajustement demandé n’était ni étayé ni quantifié, de sorte que la demande a été rejetée. |
| (346) | Dans ses observations sur l’information finale, Unifull a fait valoir qu’un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base n’était pas justifié pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de producteurs liés du groupe. Unifull a notamment allégué qu’aucune des sociétés du groupe n’agissait en qualité d’agent vendant les produits du commettant. Unifull a également soutenu qu’elle agissait dans son ensemble en tant que groupe unique et que son processus décisionnel, ses modalités de production et ses ventes intervenaient tous au niveau du groupe et sous la responsabilité d’un seul directeur général, plutôt qu’au niveau des différentes sociétés du groupe. Dans la version sensible des observations, Unifull a également exposé les raisons pour lesquelles les ventes étaient réalisées par l’intermédiaire de chaque partie respective et a affirmé que ces raisons n’étaient pas liées aux fonctions d’opérateur commercial/d’agent. |
| (347) | À cet égard, la Commission a fait observer que, conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base, une comparaison équitable doit être effectuée entre le prix à l’exportation et la valeur normale. Cette disposition énonce que, dans les cas où la valeur normale et le prix à l’exportation ne peuvent être ainsi comparés, il convient de tenir compte, sous forme d’ajustements, des différences constatées dans les facteurs dont il est revendiqué et démontré qu’ils affectent les prix et, partant, leur comparabilité. Parmi les facteurs au titre desquels un ajustement peut être opéré, l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base prévoit en particulier qu’un ajustement doit être opéré au titre des différences dans les commissions versées pour les ventes considérées. Cette disposition indique que le terme «commissions» couvre aussi la marge perçue par un opérateur commercial du produit ou du produit similaire si les fonctions de cet opérateur sont assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions. Toutefois, un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base ne peut être opéré lorsque le producteur établi dans un État tiers et son distributeur lié responsable des exportations vers l’Union européenne forment une seule et même entité économique. |
| (348) | Lors de l’analyse de la question de savoir si un producteur et son distributeur lié forment une seule et même entité économique, il est essentiel d’examiner la réalité économique de la relation entre ce producteur et ce distributeur. Compte tenu de l’exigence d’une conclusion reflétant la réalité économique de la relation entre ce producteur et ce distributeur, la Commission est tenue de prendre en considération tous les facteurs pertinents pour déterminer si ce distributeur exerce ou non les fonctions d’un département des ventes intégré au sein de ce producteur, ou exerce à son tour d’autres types de fonctions. À la lumière de la nécessité de tenir compte de tous les facteurs pertinents et de la marge d’appréciation générale reconnue à la Commission pour apprécier les situations économiques complexes, la Commission doit procéder à son évaluation au cas par cas et de manière globale. |
| (349) | En ce qui concerne la charge de la preuve, dans l’hypothèse où la Commission a rapporté des indices convergents pour établir qu’un opérateur commercial lié à un producteur exerce des fonctions assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions, il incombe à cet opérateur commercial ou à ce producteur de rapporter la preuve qu’un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base n’est pas justifié. |
| (350) | En l’espèce, la Commission fait remarquer que les deux sociétés appartiennent au même groupe, sous la même direction. Toutefois, les deux sociétés concernées vendaient le produit concerné qu’elles fabriquaient et revendaient les produits concernés fabriqués par l’autre société. La Commission a estimé que chaque société de production, de vente et de revente devait être considérée comme agissant en tant qu’agent travaillant sur la base de commissions plutôt que comme étant le département interne des ventes de l’autre société. Il n’est pas contesté que chaque société disposait de son propre département des ventes à part entière et supportait les coûts correspondants. En ce qui concerne les reventes, chaque société exerçait une fonction d’opérateur commercial agissant sur la base de commissions, ce qui se reflétait dans la composante «prix à l’exportation» qui devait être ajustée afin d’éliminer l’asymétrie par rapport au prix intérieur calculé sur une base départ usine. La Commission a donc rapporté des indices convergents pour établir que chaque producteur-exportateur du groupe exerçait des fonctions assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions en ce qui concerne les reventes des produits de l’autre producteur. En revanche, Unifull n’a pas rapporté la preuve qu’un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base n’était pas justifié. L’argument a donc été rejeté. |
| (351) | Eu égard à ce qui précède, et compte tenu du fait qu’un transfert de fonds a lieu entre deux entités liées, la Commission était fondée à examiner si la valeur réelle de la marge diffère de celle qu’un opérateur commercial indépendant obtiendrait. Sur la base du bénéfice nominal déterminé en l’espèce, la Commission n’a pas considéré que la marge reflétait suffisamment une commission qui aurait été due dans le cadre d’une transaction dans des conditions de pleine concurrence. Comme indiqué au considérant 341, la Commission a donc considéré qu’un ajustement devait être fondé sur les frais VAG de l’opérateur commercial et sur un bénéfice nominal déterminé en l’espèce. |
4.8. Marges de dumping
| (352) | Pour les producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, la Commission a comparé la valeur normale moyenne pondérée de chaque type de produit similaire avec le prix à l’exportation moyen pondéré du type de produit concerné correspondant pour calculer la marge de dumping, conformément à l’article 2, paragraphes 11 et 12, du règlement de base. |
| (353) | Pour les producteurs-exportateurs ayant coopéré, mais non retenus dans l’échantillon, la Commission a calculé la marge de dumping moyenne pondérée en fonction des marges des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon. |
| (354) | Sur cette base, la marge de dumping définitive pour les producteurs-exportateurs ayant coopéré mais non retenus dans l’échantillon est de 17,2 %. |
| (355) | En l’espèce, le degré de coopération est élevé, car les exportations des producteurs-exportateurs ayant coopéré représentaient la grande majorité, presque la totalité, des exportations vers l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. La Commission a donc jugé approprié de fixer la marge de dumping à l’échelle nationale applicable à tous les autres producteurs-exportateurs n’ayant pas coopéré au niveau de la marge de dumping la plus élevée calculée pour le producteur-exportateur retenu dans l’échantillon, à savoir celle du groupe Unifull. La marge de dumping ainsi établie s’élevait à 23,7 %. |
| (356) | En conclusion, les marges de dumping définitives applicables au cas visé à l’article 11, paragraphe 3, exprimées en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, sont les suivantes:
|
4.9. Caractère durable du changement de circonstances lors du réexamen intermédiaire partiel
| (357) | Conformément à l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base, la Commission a examiné si l’on pouvait raisonnablement considérer que le changement de circonstances concernant le dumping était de nature durable. |
| (358) | Entre la période d’enquête de réexamen relative à l’enquête initiale (c’est-à-dire du 1er juillet 2008 au 30 juin 2009) et 2021, les capacités de production des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité soumis aux mesures ont plus que triplé, passant de [747 000 – 955 000] tonnes en 2009 à [2 508 000 – 3 205 000] tonnes en 2021. En outre, comme le montrent les stratégies gouvernementales et les documents de planification publiés aux niveaux provincial et municipal (voir les considérants 69 à 75), l’industrie chinoise des fils de polyesters à haute ténacité subit des transformations depuis l’enquête initiale, par la réalisation d’investissements importants dans les infrastructures et l’accélération de la recherche sur les technologies de pointe et la mise au point de matériaux de haute performance. Cette hausse considérable des investissements et des capacités a inévitablement eu une incidence sur la structure des coûts et a entraîné une augmentation des coûts fixes des producteurs-exportateurs chinois. En retour, cette augmentation a nécessairement eu des répercussions structurelles sur la valeur normale et, partant, sur la marge de dumping. |
| (359) | Étant donné que la consommation de fils de polyesters à haute ténacité sur le marché intérieur chinois est stable et ne peut donc pas absorber la hausse des capacités ni amortir celle des coûts fixes, les producteurs-exportateurs chinois ont cherché à accroître leur volume de production en augmentant les ventes à l’exportation, principalement vers l’Union (la première destination d’exportation pour les producteurs-exportateurs chinois). En fait, les volumes de production des producteurs-exportateurs chinois soumis aux mesures ont pratiquement doublé depuis l’enquête initiale, tout comme les exportations chinoises vers l’Union sur cette période. Les producteurs doivent avoir ajusté leurs prix à l’exportation à un niveau approprié pour obtenir les gains de volume nécessaires et augmenter leurs ventes à l’exportation (se référer au considérant 147 qui explique la tendance à la baisse des prix des importations chinoises soumises aux mesures). Cette conclusion est étayée par le fait qu’entre la période d’enquête de réexamen relative à l’enquête initiale et 2021, les exportations chinoises (soumises à des mesures) vers l’Union ont presque doublé en volume, malgré les droits antidumping qui leur étaient appliqués, et qu’elles ont fait l’objet d’un dumping, comme établi dans la présente enquête (et lors du réexamen au titre de l’expiration des mesures de 2017). En conclusion, les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité ont considérablement augmenté leurs capacités de production et ont modifié leurs pratiques à l’exportation pour réaliser des gains d’efficacité justifiant cette expansion. Ces évolutions ont eu une incidence structurelle sur la valeur normale, le prix à l’exportation des producteurs-exportateurs chinois et, partant, sur leur marge de dumping, d’une manière qui est réputée durable au sens de l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base. |
5. MESURES ANTIDUMPING
| (360) | Sur la base des conclusions établies par la Commission concernant la continuation du dumping, la continuation du préjudice et l’intérêt de l’Union, il convient de maintenir les mesures antidumping applicables aux importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base. |
| (361) | De plus, à la suite du réexamen intermédiaire partiel effectué conformément à l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base et conformément à l’article 9, paragraphe 4, dudit règlement, il convient d’imposer un droit antidumping sur les importations du produit concerné originaire de Chine au niveau de la marge la plus faible du préjudice sur lequel reposent les mesures en vigueur et au niveau des marges de dumping constatées lors du présent réexamen intermédiaire. |
| (362) | Eu égard à ce qui précède, les taux de droit antidumping définitifs, exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union avant dédouanement, s’établissent comme suit:
|
| (363) | Afin de réduire autant que possible les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir l’application des droits antidumping individuels. Les sociétés soumises à des droits antidumping individuels doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. Cette facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Les importations non accompagnées d’une telle facture doivent être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés». |
| (364) | Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, ce n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en compte. En effet, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres doivent effectuer leurs vérifications habituelles et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit inférieur est justifiée, conformément à la législation douanière. |
| (365) | Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant de taux de droit individuels plus bas devait augmenter de manière significative après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant en soi une modification de la configuration du commerce résultant de l’institution de mesures, au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, et si les conditions nécessaires sont réunies, une enquête anticontournement peut être ouverte. Cette enquête pourrait notamment examiner la nécessité de supprimer le(s) taux de droit individuel(s) et d’imposer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale. |
| (366) | Les taux de droit antidumping individuels par société visés dans le présent règlement s’appliquent exclusivement aux importations du produit faisant l’objet du réexamen originaire de Chine et produites par les entités juridiques citées. Il convient que les importations du produit faisant l’objet du réexamen qui a été fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas expressément mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris par les entités liées aux sociétés expressément mentionnées, soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés». Ces importations ne devraient pas être soumises à l’un des taux de droit antidumping individuels. |
| (367) | Une société peut demander l’application de ces taux de droit antidumping individuels si elle change ultérieurement le nom de son entité. La demande doit être adressée à la Commission (104). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires pour démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de nom de la société n’a pas d’effet sur le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement relatif au changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne. |
| (368) | Un exportateur ou un producteur qui n’a pas exporté le produit concerné vers l’Union au cours de la période utilisée pour fixer le niveau du droit applicable à ses exportations peut demander auprès de la Commission à être soumis au taux de droit antidumping applicable aux sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon. La Commission acceptera une telle demande à trois conditions. Le nouveau producteur-exportateur devra démontrer: i) qu’il n’a pas exporté le produit concerné vers l’Union au cours de la période utilisée pour fixer le niveau du droit applicable à ses exportations; ii) qu’il n’est pas lié à une société qui a réalisé de telles exportations et qui est donc soumise aux droits antidumping; et iii) qu’il a exporté le produit concerné ou souscrit une obligation contractuelle et irrévocable d’en exporter une quantité importante après la fin de cette période. |
| (369) | Les importations de produits fabriqués par Zhejiang Hailide New Material Co. Ltd font l’objet d’une enquête distincte et des droits pourront être institués dans un règlement distinct. |
| (370) | Toutes les parties intéressées ont été informées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé de recommander le maintien des mesures en vigueur et l’imposition de droits antidumping définitifs sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de Chine. Un délai leur a également été accordé pour formuler des observations sur les informations ainsi communiquées. Les observations présentées par les parties intéressées ont été dûment examinées et, s’il y avait lieu, les conclusions ont été modifiées en conséquence. |
| (371) | Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (105), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux d’intérêt doit être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne en vigueur le premier jour civil de chaque mois. |
| (372) | Le comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036 n’a pas émis d’avis sur les mesures prévues par le présent règlement, |
A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
1. Un droit antidumping définitif est imposé sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité non conditionnés pour la vente au détail, dont les monofilaments de moins de 67 décitex (à l’exclusion du fil à coudre ainsi que des fils retors et fils câblés tordus en «Z» destinés à la fabrication de fil à coudre, prêts pour la teinture et pour un traitement de finition, enroulés de façon lâche sur un tube en plastique perforé), relevant actuellement du code NC ex 5402 20 00 (code TARIC 5402200010) et originaires de la République populaire de Chine.
2. Les taux du droit antidumping définitif applicables au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, du produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les sociétés désignées ci-dessous, s’établissent comme suit:
| Société | Droit antidumping définitif (en %) | Code additionnel TARIC |
| Huzhou Unifull Industrial Fibre Co., Ltd Zhejiang Unifull Industrial Fibre Co., Ltd Zhejiang Unifull Hi-Tech Industry Co., Ltd | 23,7 % | 899E |
| Zhejiang Guxiandao Polyester Dope Dyed Yarn Co., Ltd | 9,7 % | 899F |
| Autres sociétés ayant coopéré énumérées en annexe | 17,2 % | A977 |
| Toutes les autres sociétés (à l’exception de Zhejiang Hailide New Material Co. Ltd, dont le code additionnel TARIC est A976) | 23,7 % | A999 |
3. L’application du taux de droit individuel précisé pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) […] certifie que le (volume) de (produit faisant l’objet du réexamen) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et visé par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en/à/au(x) [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et exactes.» À défaut de présentation de cette facture, le droit applicable à toutes les autres sociétés s’applique.
4. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.
5. Si une partie établie en République populaire de Chine fournit à la Commission des éléments de preuve suffisants montrant:
| a) | qu’elle n’a pas exporté le produit décrit au paragraphe 1 originaires de la République populaire de Chine au cours de la période d’enquête de réexamen (du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021); |
| b) | qu’elle n’est pas liée à un exportateur ou à un producteur soumis aux mesures instituées par le présent règlement; et |
| c) | qu’elle a effectivement exporté le produit décrit au paragraphe 1 ou a souscrit une obligation contractuelle et irrévocable d’exportation d’une quantité importante dudit produit vers l’Union après la fin de la période d’enquête de réexamen, la Commission peut modifier l’annexe afin d’appliquer à cette partie le droit applicable aux producteurs ayant coopéré non retenus dans l’échantillon, c’est-à-dire 17,2 %. |
Article 2
Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à Bruxelles, le 11 mai 2023.
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.
(2) JO L 315 du 1.12.2010, p. 1.
(3) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.
(4) JO L 49 du 25.2.2017, p. 6.
(5) JO L 167 du 30.6.2017, p. 31.
(6) WT/DS295/AB/R, 29 novembre 2005.
(7) JO C 248 du 30.6.2022, p. 107.
(8) JO C 205 du 31.5.2021, p. 4.
(9) JO C 87 du 23.2.2022, p. 2. et JO C 248 du 30.6.2022, p. 142.
(10) Document de travail des services de la Commission, «Significant Distortions in the Economy of the People’s Republic of China for the Purposes of the Trade Defence Investigations», 20 décembre 2017, SWD(2017) 483 final/2.
(11) Rapport, chapitre 2, p. 6 et 7.
(12) Rapport, chapitre 2, p. 10.
(13) Disponible à l’adresse suivante: People’s Republic of China (npc.gov.cn)Constitution of the , consulté le 15 novembre 2022.
(14) Rapport, chapitre 2, p. 20 et 21.
(15) Rapport, chapitre 3, p. 41, 73 et 74.
(16) Rapport, chapitre 6, p. 120 et 121.
(17) Rapport, chapitre 6, p. 122 à 135.
(18) Rapport, chapitre 7, p. 167 et 168.
(19) Rapport, chapitre 8, p. 169-170 et p. 200-201.
(20) Rapport, chapitre 2, p. 15 et 16, chapitre 4, p. 50 et p. 84, chapitre 5, p. 108 et 109.
(21) Voir: https://aiqicha.baidu.com/company_detail_70517450166132 (consulté le 18 novembre 2022).
(22) Voir: http://www.szse.cn/disclosure/listed/bulletinDetail/index.html?786334a3-123e-4960-bb6a-19fa0d397bd9, p. 99 (consulté le 18 novembre 2022).
(23) Voir, par exemple, l’article 33 des statuts du PCC, l’article 19 du droit chinois des sociétés ou le document intitulé Guidelines on stepping up the United Front work in the private sector for the new era publié par le bureau général du comité central du PCC en 2020.
(24) Voir le site: cfa.com.cn (consulté le 21 novembre 2022).
(25) Rapport, chapitre 5, p. 100 et 101.
(26) Rapport, chapitre 2, p. 26.
(27) Voir, par exemple, Blanchette, J., «Xi’s Gamble: The Race to Consolidate Power and Stave off Disaster», Foreign Affairs, vol.. 100, no 4, juillet/août 2021, p. 10 à 19.
(28) Rapport, chapitre 2, p. 31 et 32.
(29) Disponible à l’adresse suivante: https://www.reuters.com/article/us-china-congress-companies-idUSKCN1B40JU (consulté le 15 novembre 2022).
(30) Disponible à l’adresse suivante: www.gov.cn/zhengce/2020-09/15/content_5543685.htm (consulté le 15 novembre 2022).
(31) Financial Times, «Chinese communist Party asserts more control over private enterprise», 2020, disponible à l’adresse suivante: https://on.ft.com/3mYxP4j (consulté le 15 novembre 2022).
(32) Voir: http://www.szse.cn/disclosure/listed/bulletinDetail/index.html?786334a3-123e-4960-bb6a-19fa0d397bd9, p. 43 (consulté le 18 novembre 2022).
(33) Voir: https://www.guxiandao.com/index.php?g=news&m=index&a=view&id=161 (consulté le 18 novembre 2022).
(34) Rapport, chapitres 14.1 à 14.3.
(35) Rapport, chapitre 4, p. 41, 42 et 83.
(36) Disponible à l’adresse suivante: https://www.miit.gov.cn/zwgk/zcwj/wjfb/yj/art/2022/art_a01b7532a39a41e891d2540da6981d72.html (consulté le 17 novembre 2022).
(37) Optimiser l’implantation régionale, renforcer la coopération internationale, encourager la transformation numérique, éliminer les capacités de production archaïques et favoriser les fusions et réorganisations conformément aux lois et règlements, créer des entreprises de premier plan, encourager l’intégration et le développement des grandes et petites entreprises, et consolider et renforcer la compétitivité industrielle.
(38) Ibid., article II.
(39) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210906/1175114.shtml (consulté le 17 novembre 2022).
(40) Voir chapitre V du plan.
(41) Voir section 2.2.2 du plan.
(42) Voir section 4.1.1 du plan.
(43) Voir section 4.1.3 du plan.
(44) Disponible à l’adresse suivante: www.qg.gov.cn/zwgk/zcfg/sjfgwj/202112/t20211207_2666343.htm (consulté le 18 novembre 2022).
(45) Voir section III.2.5. du plan.
(46) Voir section III.4.1 du plan disponible à l’adresse suivante:
https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210707/1162695.shtml (consulté le 22 novembre 2022).
(47) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211201/1191133.shtml (consulté le 18 novembre 2022).
(48) Voir section III.2.1 du plan.
(49) Voir le plan disponible à l’adresse suivante:
https://www.zj.gov.cn/art/2021/6/24/art_1229540815_4671249.html (consulté le 22 novembre 2022).
(50) Voir section IV.7 du plan.
(51) Disponible à l’adresse suivante: https://www.cq.gov.cn/zwgk/zfxxgkml/szfwj/qtgw/202108/t20210803_9538603.html (consulté le 22 novembre 2022).
(52) Voir section III.1.4 du plan.
(53) Rapport, chapitre 6, p. 138 à 149.
(54) Rapport, chapitre 9, p. 216.
(55) Rapport, chapitre 9, p. 213 à 215.
(56) Rapport, chapitre 9, p. 209 à 211.
(57) Rapport, chapitre 13, p. 332 à 337.
(58) Rapport, chapitre 13, p. 336.
(59) Rapport, chapitre 13, p. 337 à 341.
(60) Rapport, chapitre 6, p. 114 à 117.
(61) Rapport, chapitre 6, p. 119.
(62) Rapport, chapitre 6, p. 120.
(63) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, p. 126 à 128 et p. 133 à 135.
(64) Voir document de politique officiel de la Commission de réglementation des banques et des assurances de Chine (CBIRC) du 28 août 2020: Plan d’action triennal pour l’amélioration de la gouvernance d’entreprise des secteurs de la banque et de l’assurance (2020-2022), disponible à l’adresse suivante: http://www.cbirc.gov.cn/cn/view/pages/ItemDetail.html?docId=925393&itemId=928 (consulté le 15 novembre 2022). Le plan prévoit de « poursuivre la mise en œuvre de l’esprit insufflé par le discours-programme du secrétaire général Xi Jinping sur l’avancement de la réforme de la gouvernance d’entreprise du secteur financier ». En outre, la section II du plan vise à promouvoir l’intégration organique du rôle dirigeant du parti dans la gouvernance d’entreprise: « nous ferons en sorte que l’intégration du rôle dirigeant du parti dans la gouvernance d’entreprise soit plus systématique, normalisée et fondée sur des procédures […]. Les principales questions opérationnelles et de gestion doivent avoir été discutées par le comité du parti avant d’être décidées par le conseil d’administration ou la direction générale ».
(65) Voir avis de la CBIRC sur la méthode d’évaluation des performances des banques commerciales, publié le 15 décembre 2020, http://jrs.mof.gov.cn/gongzuotongzhi/202101/t20210104_3638904.htm (dernière consultation le 12 avril 2021).
(66) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211201/1191133.shtml (consulté le 18 novembre 2022).
(67) Voir paragraphe 3 de la section «Mesures de sauvegarde» du plan.
(68) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210906/1175114-3.shtml (consulté le 22 novembre 2022).
(69) Voir section 8.7 du plan.
(70) Voir: http://zj.sina.cn/shaoxing/2022-03-03/detail-imcwipih6326336.d.html (consulté le 18 novembre 2022).
(71) Voir document de travail du FMI intitulé «Resolving China’s Corporate Debt Problem»,par Wojciech Maliszewski, Serkan Arslanalp, John Caparusso, José Garrido, Si Guo, Joong Shik Kang, W. Raphael Lam, T. Daniel Law, Wei Liao, Nadia Rendak, Philippe Wingender, Jiangyan, octobre 2016, WP/16/203
(72) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, p. 126 à 128 et p. 133 à 135.
(73) Voir OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE: Chine 2019, Éditions OCDE, Paris, p. 29, disponible à l’adresse suivante:
https://doi.org/10.1787/eco_surveys-chn-2019-en (consulté le 15 novembre 2022).
(74) Voir: http://www.gov.cn/xinwen/2020-04/20/content_5504241.htm (consulté le 22 novembre 2022).
(75) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure, https://donnees.banquemondiale.org/niveau-de-revenu/revenu-intermediaire-tranche-superieure.
(76) Si le produit faisant l’objet du réexamen n’est pas fabriqué dans un pays présentant un niveau de développement similaire, la fabrication d’un produit relevant de la même catégorie générale et/ou du même secteur général que le produit faisant l’objet du réexamen peut être envisagée.
(77) Règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif au régime commun applicable aux importations de certains pays tiers (JO L 123 du 19.5.2015, p. 33). L’article 2, paragraphe 7, du règlement de base précise que les prix sur le marché intérieur de ces pays ne peuvent être utilisés aux fins de la détermination de la valeur normale.
(78) Voir https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 160.
(79) Voir https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 117.
(80) La Commission a informé les producteurs-exportateurs ayant coopéré retenus dans l’échantillon de son intention d’utiliser les données communiquées par ces producteurs aux fins de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Aucune objection n’a été formulée.
(81) Wood Mackenzie, consulter le site internet https://www.woodmac.com/
(82) Règlement d’exécution (UE) 2017/325 de la Commission du 24 février 2017 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (JO L 49 du 25.2.2017, p. 6), modifié par le règlement d’exécution (UE) 2017/1159 de la Commission du 29 juin 2017 modifiant le règlement d’exécution (UE) no 1105/2010 du Conseil et le règlement d’exécution (UE) 2017/325 de la Commission en ce qui concerne la définition du produit couvert par les mesures antidumping actuelles applicables aux importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine, et prévoyant la possibilité d’un remboursement ou d’une remise des droits dans certains cas (JO L 167 du 30.6.2017, p. 31).
(83) Environ 14 % si l’on considère exclusivement les exportations soumises aux mesures.
(84) Voir les rapports semestriels pour 2022 de ces pays sur le site internet de l’OMC, à l’adresse https://www.wto.org/french/tratop_f/adp_f/adp_f.htm.
(85) Pour en savoir plus, consulter les pages Fujian Billion diversifies into industrial yarn production (innovationintextiles.com) et http://en.three-v.com.cn/about.html
(86) Règlement d’exécution (UE) 2022/977 de la Commission du 22 juin 2022 acceptant deux demandes de statut de nouveau producteur-exportateur en ce qui concerne les mesures antidumping définitives instituées sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2017/325 de la Commission (JO L 167 du 24.6.2022, p. 55).
(87) La base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6, contient des données relatives aux importations des produits soumis aux mesures ou enquêtes antidumping ou antisubventions en provenance des pays et des producteurs-exportateurs concernés par la procédure ainsi que d’autres pays tiers et d’autres producteurs-exportateurs, au niveau des codes TARIC à 10 chiffres et des codes additionnels TARIC.
(88) Les chiffres des producteurs-exportateurs chinois soumis à des droits ne sont pas confidentiels en tant que tels. Toutefois, la communication des chiffres exacts révélerait indirectement ceux des importations de Hailide, l’exportateur non soumis aux droits.
(89) Règlement d’exécution (UE) 2021/2239 de la Commission du 15 décembre 2021 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains mâts d’éoliennes industrielles en acier originaires de la République populaire de Chine (JO L 450 du 16.12.2021, p. 59) (ci-après le «cas des mâts d’éoliennes en acier»).
(90) Avis relatif aux conséquences de l’épidémie de COVID-19 sur les enquêtes antidumping et antisubventions (JO C 86 du 16.3.2020, p. 6).
(91) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure, https://donnees.banquemondiale.org/niveau-de-revenu/revenu-intermediaire-tranche-superieure
(92) Rapport annuel 2021, p. 133.
(93) Rapport annuel 2021, p. 61, disponible à l’adresse suivante: https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf
(94) Voir Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 158, «Note 3 - Segment reporting, a) External revenue», et p. 205, «Directory».
(95) http://www.gtis.com/gta/secure/default.cfm
(96) http://www.macmap.org/fr/
(97) https://data.tuik.gov.tr/Bulten/DownloadIstatistikselTablo?p=tg4QGRdNcBVDQo/mmOOyD/8g3GlHdKhwM0SMnhh4V/APyz9UrZvk0kK90vktK5jo
(98) Les coûts de la main-d’œuvre sont disponibles à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Bulten/DownloadIstatistikselTablo?p=tg4QGRdNcBVDQo/mmOOyD/8g3GlHdKhwM0SMnhh4V/APyz9UrZvk0kK90vktK5jo
(99) https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Consumer-Price-Index-December-2021-45789
(100) https://data.tuik.gov.tr/Kategori/GetKategori?p=cevre-ve-enerji-103&dil=2
https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566
https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-I:-January-June,-2021-37459
(101) http://www.gtis.com/gta/secure/default.cfm
(102) Document de travail des services de la Commission, «Significant Distortions in the Economy of the Russian Federation for the Purposes of Trade Defence Investigations», 22.10.2020, SWD(2020) 242 final.
(103) Considérant 352 du règlement d’exécution (UE) 2020/1336 de la Commission du 25 septembre 2020 instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains alcools polyvinyliques originaires de la République populaire de Chine (JO L 315 du 29.9.2020, p. 1).
(104) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.
(105) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).
ANNEXE
Producteurs-exportateurs chinois ayant coopéré non inclus dans l’échantillon (code additionnel TARIC A977):
| Nom de la société | Ville |
| Fujian Billion Polymerization Fiber Technology Industrial Co., Ltd. | Jinjiang |
| Jiangsu Hengli Chemical Fibre Co., Ltd. | Suzhou |
| Jiangsu Solead New Material Group Co., Ltd. | Yixing |
| Oriental Industries (Suzhou) Ltd | Suzhou |
| Zhejiang Kingsway High-tech Fiber Co., Ltd. | Haining |
| Zhejiang Sanwei Material Technology Co., Ltd. | Taizhou |