LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen32023R0935
Règlement32023R0935

Règlement (UE) 2023/935

CELEX32023R0935
TypeRèglement
Datejeudi 11 mai 2023

Texte intégral

12.5.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 127/58


RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/935 DE LA COMMISSION

du 11 mai 2023

instituant un droit antidumping définitif sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine et produits par Zhejiang Hailide New Material Co., Ltd

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1), (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 9, paragraphe 4,

considérant ce qui suit:

1. PROCÉDURE

1.1. Enquête initiale et mesures en vigueur

(1)

Des droits antidumping sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine (ci-après la «Chine» ou le «pays concerné»), compris entre 5,1 % et 9,8 %, ont été institués initialement par le règlement d’exécution (UE) no 1105/2010 du Conseil (2) (ci-après les «mesures initiales»).

(2)

Les mesures initiales s’appliquaient à toutes les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine, à l’exception des importations de fils de polyesters à haute ténacité produits par les producteurs-exportateurs chinois Zhejiang Hailide New Material Co. Ltd (ci-après «Hailide») et Hangzhou Huachun Chemical Fiber Co. Ltd (ci-après «Huachun»). Aucun taux de droit n’a été initialement institué [par le règlement (UE) no 1105/2010] pour ces entreprises, aucun dumping n’ayant été constaté.

(3)

À la suite d’un premier réexamen des mesures parvenant à expiration effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a, par le règlement d’exécution (UE) 2017/325 (3) modifié en dernier lieu par le règlement d’exécution (UE) 2017/1159 (4), maintenu les mesures initiales.

(4)

Un deuxième réexamen des mesures en vigueur parvenant à expiration effectué en vertu l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base et un réexamen intermédiaire partiel (5) au titre de l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base, portant uniquement sur l’examen du dumping (6), ont été entamés respectivement le 23 février 2022 et le 30 juin 2022.

(5)

En adéquation avec le rapport de l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans l’affaire Mexique — Mesures antidumping définitives visant la viande de bœuf et le riz (7) (ci-après le «rapport de l’organe d’appel de l’OMC»), Hailide et Huachun n’ont pas fait l’objet des réexamens ultérieurs des mesures initiales instituées par le règlement (UE) no 1105/2010 et ne sont pas soumises aux mesures en vigueur.

1.2. Ouverture

(6)

Le 30 juin 2022, la Commission a ouvert une enquête antidumping au titre de l’article 5 du règlement de base concernant les importations de fils de polyesters à haute ténacité fabriqués et exportés vers l’Union par Hailide. Un avis d’ouverture a été publié au Journal officiel de l’Union européenne (8) (ci-après l’«avis d’ouverture»).

(7)

La Commission a ouvert l’enquête à la suite d’une plainte déposée le 16 mai 2022 par le Comité international de la rayonne et des fibres synthétiques (ci-après le «CIRFS» ou le «plaignant») au nom de l’industrie de l’Union des fils de polyesters à haute ténacité au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base. La plainte contenait suffisamment d’éléments de preuve de l’existence de pratiques de dumping et d’un préjudice important en résultant pour justifier l’ouverture d’une enquête.

(8)

L’enquête porte uniquement sur le producteur-exportateur concerné (Hailide) et sur toute entreprise qui serait liée à celui-ci. Huachun, l’autre producteur-exportateur auquel n’a été appliqué aucun taux de droit antidumping à la suite de l’enquête ayant conduit à l’institution des mesures antidumping susmentionnées, a cessé d’exister en 2021. Par conséquent, Huachun n’est pas considérée comme un producteur-exportateur de fils de polyesters à haute ténacité, ni comme une partie concernée aux fins de la présente enquête.

1.3. Parties intéressées

(9)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a invité les parties intéressées à prendre contact avec elle en vue de participer à l’enquête. En outre, elle a explicitement informé le producteur-exportateur concerné et les autorités chinoises de l’ouverture de l’enquête et les a invités à y participer.

(10)

Les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler des observations concernant l’ouverture de l’enquête et de demander à être entendues par la Commission et/ou par le conseiller-auditeur dans le cadre des procédures commerciales.

(11)

Après l’avoir demandé, une association d’utilisateurs et cinq utilisateurs ont eu la possibilité d’être entendus par les services de la Commission.

1.4. Échantillonnage des producteurs de l’Union et des importateurs indépendants

(12)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a annoncé qu’elle avait sélectionné un échantillon provisoire de producteurs de l’Union. La Commission a sélectionné cet échantillon en fonction du volume de la production et du volume des ventes, en tenant compte de la situation géographique des producteurs. Cet échantillon se composait de trois producteurs de l’Union. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient plus de 50 % de la production totale estimée et du volume des ventes de l’Union du produit similaire. Conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations sur l’échantillon provisoire. Aucune partie intéressée n’a présenté d’observations sur l’échantillon provisoire, qui est devenu définitif. L’échantillon est représentatif de l’industrie de l’Union.

(13)

Afin de permettre à la Commission de décider s’il était nécessaire ou non de procéder par échantillonnage en ce qui concerne les importateurs indépendants dans l’Union, ces parties ont été invitées à se faire connaître et à fournir à la Commission les informations demandées dans l’avis d’ouverture concerné. Un importateur indépendant s’est manifesté en qualité de partie intéressée, mais n’a pas fourni les informations demandées aux fins de l’échantillonnage. Par conséquent, l’échantillonnage n’a pas été nécessaire pour les importateurs indépendants.

1.5. Réponses au questionnaire et visites de vérification

(14)

La Commission a envoyé aux pouvoirs publics chinois un questionnaire concernant l’existence de distorsions significatives en Chine au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base.

(15)

La Commission a envoyé des questionnaires aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, aux utilisateurs et au producteur-exportateur concerné. Les mêmes questionnaires ont également été mis à disposition en ligne le jour de l’ouverture de l’enquête.

(16)

La Commission a reçu les réponses au questionnaire de Hailide et des trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Deux utilisateurs de fils de polyesters à haute ténacité ont également répondu au questionnaire. Toutefois, ces réponses n’ont pas pu être prises en considération dans le cadre de la présente procédure, car les utilisateurs en question n’avaient pas utilisé le produit concerné fabriqué par Hailide.

(17)

Compte tenu de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement mises en place par différents États membres ainsi que par divers pays tiers, la Commission n’a pas pu effectuer de visites de vérification, au titre de l’article 16 du règlement de base, dans les locaux de Hailide en Chine.

(18)

En lieu et place, la Commission a procédé à des recoupements à distance avec Hailide de toutes les informations jugées nécessaires pour parvenir à une conclusion, conformément à son avis relatif aux conséquences de l’épidémie de COVID-19 sur les enquêtes antidumping et antisubventions (9).

(19)

Par ailleurs, des visites de vérification ont été effectuées dans les locaux des sociétés énumérées ci-après:

a)

Négociant lié au producteur-exportateur concerné: Hailide Fibers Europe A/S, Danemark

b)

Producteurs de l’Union:

—

Glanzstoff Longlaville, Longlaville, France

—

PHP Fibers GmbH, Obernburg, Allemagne

—

Brilen Tech S.A., Saragosse, Espagne

1.6. Suite de la procédure

(20)

Le 30 janvier 2023, conformément à l’article 19 bis, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a informé les parties intéressées de son intention de ne pas instituer de mesures provisoires. La Commission n’a pas institué de mesures antidumping provisoires dans le cadre de la présente enquête afin d’aligner le calendrier des conclusions définitives de la présente procédure sur celui du réexamen des mesures parvenant à expiration et du réexamen intermédiaire partiel visés au considérant 4 ci-dessus.

(21)

Le 20 février 2023, la Commission a communiqué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait d’instituer les droits antidumping définitifs. En outre, des informations supplémentaires ont été communiquées le 20 mars 2023. Un délai a également été accordé à toutes les parties pour leur permettre de formuler leurs observations sur ces informations.

(22)

Les observations formulées par les parties intéressées ont été examinées par la Commission et ont, le cas échéant, été prises en considération. Les parties qui l’ont demandé ont été entendues.

1.7. Période d’enquête et période considérée

(23)

L’enquête relative au dumping et au préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021 (ci-après la «période d’enquête»). L’analyse des tendances utiles pour la détermination du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2018 et la fin de la période d’enquête (ci-après la «période considérée»).

2. PRODUIT SOUMIS À L’ENQUÊTE, PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE

2.1. Produit faisant l’objet de l’enquête

(24)

Les produits faisant l’objet de la présente enquête sont les fils de polyesters à haute ténacité non conditionnés pour la vente au détail, dont les monofilaments de moins de 67 décitex (à l’exclusion du fil à coudre ainsi que des fils retors et fils câblés tordus en «Z» destinés à la fabrication de fil à coudre, prêts pour la teinture et pour un traitement de finition, enroulés de façon lâche sur un tube en plastique perforé) relevant actuellement du code NC ex 5402 20 00 (code TARIC 5402200010) (ci-après le «produit faisant l’objet de l’enquête»). Les codes NC et TARIC sont mentionnés à titre purement indicatif, sous réserve d’un changement ultérieur du classement tarifaire.

(25)

Les fils de polyesters à haute ténacité sont utilisés dans plusieurs sortes d’applications, telles que le renforcement des pneumatiques, les tissus larges, les ceintures de sécurité, les coussins autogonflants, les cordes, les filets et un certain nombre d’applications industrielles.

2.2. Produit concerné

(26)

Le produit concerné par la présente enquête est le produit faisant l’objet de l’enquête originaire de Chine et fabriqué par Hailide.

2.3. Produit similaire

(27)

L’enquête a révélé que les produits suivants présentaient les mêmes caractéristiques physiques, chimiques et techniques essentielles et étaient destinés aux mêmes utilisations de base:

—

le produit concerné exporté vers l’Union,

—

le produit faisant l’objet de l’enquête fabriqué et commercialisé sur le marché intérieur chinois, et

—

le produit faisant l’objet de l’enquête fabriqué et vendu dans l’Union par l’industrie de l’Union.

(28)

Ces produits sont donc considérés comme similaires au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base.

3. LE DUMPING

3.1. Procédure de détermination de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base

(29)

Les éléments de preuve disponibles lors de l’ouverture de l’enquête ont mis en évidence l’existence de distorsions significatives en Chine au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. La Commission a donc jugé approprié d’ouvrir l’enquête au titre dudit article 2, paragraphe 6 bis.

(30)

Par conséquent, afin de collecter les données nécessaires en vue de l’application possible de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, la Commission a invité Hailide à fournir des informations sur les intrants utilisés pour fabriquer les fils de polyesters à haute ténacité. Hailide a présenté les informations demandées.

(31)

De plus, la Commission a invité l’ensemble des parties intéressées à faire connaître leur point de vue, à communiquer des informations et à fournir des éléments de preuve à l’appui en ce qui concerne l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, et ce dans les 37 jours suivant la date de publication dudit avis au Journal officiel de l’Union européenne.

(32)

Au point 6.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a également informé les parties intéressées que, sur la base des informations disponibles à ce stade, la Turquie pourrait constituer un pays représentatif approprié au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

(33)

En outre, la Commission a indiqué qu’elle examinerait d’autres pays représentatifs appropriés potentiels conformément aux critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base.

(34)

Le 19 juillet 2022, la Commission a établi une première note portant sur les sources envisagées pour la détermination de la valeur normale (ci-après la «première note»), par laquelle elle a informé les parties intéressées des sources pertinentes qu’elle comptait utiliser pour déterminer la valeur normale.

(35)

Dans cette note, la Commission a communiqué une liste préliminaire de tous les facteurs de production connus, tels que les matières premières, la main-d’œuvre et l’énergie, qui sont utilisés dans la production des fils de polyesters à haute ténacité. En outre, elle a déterminé que la Turquie, le Brésil et la Thaïlande pouvaient constituer des pays représentatifs appropriés. La Commission a donné à toutes les parties intéressées la possibilité de formuler des observations à ce propos. La Commission a reçu des observations de Hailide et du plaignant.

(36)

Le 30 novembre 2022, après avoir analysé les observations reçues, la Commission a établi la deuxième note portant sur les sources envisagées pour la détermination de la valeur normale (ci-après la «deuxième note») (la première note et la deuxième note sont dénommées collectivement ci-après les «notes»).

(37)

Dans la deuxième note, la Commission a mis à jour la liste des facteurs de production et a informé les parties intéressées de son intention de choisir la Turquie comme pays représentatif au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base. La Commission a également informé les parties intéressées qu’elle calculerait les frais de vente, les dépenses administratives et les autres frais généraux ainsi que les marges bénéficiaires à partir des états financiers accessibles au public d’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité établi en Turquie. Une note supplémentaire contenant des taux de change révisés pour un certain nombre de valeurs de référence et des informations plus détaillées concernant une valeur de référence relative au calcul du coût de la main-d’œuvre a été publiée et versée au dossier public le 16 décembre 2022.

(38)

La Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations. Hailide, le plaignant et un groupe d’utilisateurs (IVGT, Delcotex, Gleistein, Guth & Wolf, Heytex et Jakob Eschbach) ont formulé des observations.

(39)

Après avoir analysé les observations et les informations reçues, la Commission a conclu que la Turquie constituait un pays représentatif approprié, dont les prix et les coûts non faussés serviraient de base pour déterminer la valeur normale. Les raisons sous-jacentes de ce choix sont décrites plus en détail dans la section 3.3.2 ci-après.

3.2. Application de l’article 18 du règlement de base

(40)

Afin d’obtenir les informations qu’elle jugeait nécessaires à son enquête concernant les prétendues distorsions significatives, la Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics chinois. La Commission n’a reçu aucune réponse au questionnaire de la part des pouvoirs publics chinois. Par conséquent, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’elle utiliserait les données disponibles au sens de l’article 18 du règlement de base pour déterminer l’existence des distorsions significatives en Chine.

3.3. Valeur normale

(41)

Conformément à l’article 2, paragraphe 1, du règlement de base, «[l]a valeur normale est normalement basée sur les prix payés ou à payer, au cours d’opérations commerciales normales, par des acheteurs indépendants dans le pays exportateur».

(42)

Toutefois, en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]orsqu’il est jugé inapproprié […] de se fonder sur les prix et les coûts sur le marché intérieur du pays exportateur du fait de l’existence, dans ce pays, de distorsions significatives au sens du point b), la valeur normale est calculée exclusivement sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés» et «comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire» (les «dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux» sont ci-après dénommés «frais VAG»).

(43)

Comme expliqué plus en détail ci-dessous, la Commission a conclu dans le cadre de la présente enquête que, sur la base des éléments de preuve disponibles et compte tenu du manque de coopération dont les pouvoirs publics chinois ont fait preuve, l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était appropriée.

3.3.1. Existence de distorsions significatives

3.3.1.1. Introduction

(44)

L’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base dispose que l’«[o]n entend par distorsions significatives les distorsions qui se produisent lorsque les prix ou les coûts déclarés, y compris le coût des matières premières et de l’énergie, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante. Dans l’analyse de l’existence de distorsions significatives, il faut tenir compte notamment de l’incidence possible de l’un ou plusieurs des facteurs suivants:

—

un marché constitué dans une mesure importante par des entreprises qui appartiennent aux autorités du pays exportateur ou qui opèrent sous leur contrôle, supervision stratégique ou autorité,

—

une présence de l’État dans des entreprises qui permet aux autorités d’influer sur la formation des prix ou sur les coûts,

—

des mesures ou politiques publiques discriminatoires qui favorisent les fournisseurs nationaux ou influencent de toute autre manière le libre jeu des forces du marché,

—

l’absence, l’application discriminatoire ou l’exécution inadéquate de lois sur la faillite, les entreprises ou la propriété,

—

une distorsion des coûts salariaux,

—

un accès au financement accordé par des institutions mettant en œuvre des objectifs de politique publique ou n’agissant pas de manière indépendante de l’État à tout autre égard».

(45)

La liste visée à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base étant non cumulative, il n’est pas nécessaire de prendre en considération tous les facteurs pour établir l’existence de distorsions significatives. Par ailleurs, les mêmes circonstances factuelles peuvent être utilisées pour démontrer l’existence d’un ou de plusieurs facteurs mentionnés dans la liste. Cependant, toute conclusion relative à l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), doit être formulée sur la base de l’ensemble des éléments de preuve disponibles. L’appréciation globale de l’existence de distorsions peut également tenir compte du contexte général et de la situation dans le pays exportateur, en particulier lorsque les piliers de la configuration économique et administrative du pays exportateur confèrent aux pouvoirs publics des pouvoirs importants pour intervenir dans l’économie de telle sorte que les prix et les coûts ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché.

(46)

L’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base prévoit que «[l]orsque la Commission dispose d’indications dûment fondées sur l’existence possible de distorsions significatives au sens du point b) dans un certain pays ou un secteur particulier de ce pays, et lorsqu’il y a lieu en vue de l’application effective du présent règlement, la Commission produit, publie et met régulièrement à jour un rapport décrivant la situation du marché visée au point b) dans ce pays ou ce secteur».

(47)

En vertu de cette disposition, la Commission a publié un rapport décrivant la situation en Chine (ci-après le «rapport») (10), qui montre l’existence d’une intervention étatique importante à de nombreux niveaux de l’économie, y compris des distorsions spécifiques touchant de nombreux facteurs clés de production (tels que les terrains, l’énergie, les capitaux, les matières premières et la main-d’œuvre) et des secteurs spécifiques (tels que la sidérurgie et l’industrie chimique). Les parties intéressées ont été invitées à réfuter, à commenter ou à compléter les éléments de preuve versés au dossier de l’enquête au moment de l’ouverture de la procédure. Le rapport a été versé au dossier de l’enquête au stade de l’ouverture de la procédure. La plainte faisait également référence à d’autres documents publiés par les autorités chinoises au niveau national (11) ou provincial (12), complétant le rapport.

(48)

Plus précisément, le plaignant a fait valoir que les facteurs de production, dont les principales matières premières et l’énergie nécessaires à la production des fils de polyesters à haute ténacité, étaient fortement faussés. Il a fait référence au rapport et aux distorsions qui y sont recensées concernant le secteur chimique, notamment l’industrie du monoéthylène glycol (ci-après le «MEG») et de l’acide téréphtalique purifié (ci-après l’«ATP»). Le plaignant a également mentionné le 14e plan quinquennal de développement de l’industrie pétrolière et chimique de la province de Zhejiang et son appel en faveur du développement des industries pétrochimiques en amont et au niveau intermédiaire. En outre, le plaignant a souligné, en se référant au rapport, l’existence de distorsions des coûts de l’énergie. Il a également fait observer que les autorités chinoises soutenaient la mise en place de politiques fiscales et financières préférentielles en faveur de l’industrie chimique, en vertu notamment du mandat des 14es plans quinquennaux national et provinciaux pour «l’optimisation et l’ajustement structurel des industries des matières premières telles que la pétrochimie» et pour l’accélération de «la transformation et [de] la modernisation des entreprises des industries essentielles telles que celle des produits chimiques». Le plaignant a en outre mis en avant l’intervention de l’État sur le marché du travail et dans le domaine des droits d’utilisation du sol, ainsi que l’octroi de prêts à l’exportation aux producteurs de fils de polyesters à haute ténacité. Dans ce contexte, le plaignant a donné quelques exemples particuliers de la manière dont Hailide a pu tirer avantage des distorsions au niveau de l’approvisionnement en matières premières ou de l’obtention d’une aide financière de la part des pouvoirs publics.

(49)

Comme indiqué au considérant 40, les pouvoirs publics chinois n’ont pas formulé d’observations ou communiqué d’éléments de preuve appuyant ou contredisant les éléments de preuve figurant dans le dossier, y compris le rapport et les éléments de preuve supplémentaires fournis par le plaignant, en ce qui concerne l’existence de distorsions significatives et/ou la pertinence de l’application, en l’espèce, de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base.

(50)

Des observations ont été reçues de la part de Hailide ainsi que d’un groupe d’utilisateurs. La Commission répondra à leurs allégations dans la section 3.3.1.11 ci-après.

(51)

La Commission a examiné s’il était approprié ou non d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur en Chine, en raison de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Pour ce faire, la Commission s’est appuyée sur les éléments de preuve disponibles dans le dossier, y compris ceux figurant dans le rapport décrivant la situation en Chine, qui reposent sur des sources accessibles au public. Cette analyse a porté sur l’examen des interventions étatiques importantes dans l’économie chinoise en général, mais également sur la situation spécifique du marché dans le secteur concerné qui comprend le produit soumis à l’enquête. La Commission a complété ces éléments de preuve avec ses propres recherches sur les différents critères pertinents pour confirmer l’existence de distorsions significatives en Chine.

3.3.1.2. Distorsions significatives affectant les prix et les coûts sur le marché intérieur de la Chine

(52)

Le système économique chinois repose sur la notion d’«économie socialiste de marché». Ce concept est consacré dans la Constitution chinoise et détermine la gouvernance économique de la Chine. Son principe fondamental est la «propriété socialiste publique des moyens de production, c’est-à-dire la propriété du peuple tout entier et la propriété collective des masses laborieuses». L’économie sous la responsabilité de l’État est la «force dirigeante de l’économie nationale» et l’État a pour mission d’«assurer son renforcement et son développement» (13). De ce fait, non seulement la structure générale de l’économie chinoise permet des interventions étatiques importantes dans l’économie, mais de telles interventions sont expressément prévues. La notion de suprématie de la propriété publique sur la propriété privée imprègne l’ensemble du système juridique et est mise en évidence comme principe général dans tous les textes législatifs majeurs. La loi chinoise sur la propriété en est le parfait exemple: elle se réfère au stade primaire du socialisme et confie à l’État la préservation du système économique de base dans le cadre duquel la propriété publique joue un rôle prédominant. D’autres formes de propriété sont tolérées, la loi leur permettant de se développer parallèlement à la propriété publique (14).

(53)

En outre, en droit chinois, l’économie socialiste de marché est développée sous la direction du Parti communiste chinois (ci-après le «PCC»). Les structures de l’État chinois et du PCC sont interconnectées à tous les niveaux (juridique, institutionnel, personnel), formant une superstructure dans laquelle les rôles du PCC et de l’État sont indissociables. À la suite d’une modification de la Constitution chinoise en mars 2018, le rôle de premier plan joué par le PCC a encore été renforcé par la formulation de l’article 1er de la Constitution. Après la première phrase ci-dessous, qui figurait déjà dans l’article en question, «[l]e régime socialiste est le système fondamental de la République populaire de Chine», une seconde phrase a été ajoutée, laquelle se présente comme suit: «[l]a caractéristique essentielle du socialisme chinois est le rôle dirigeant du Parti communiste chinois» (15). Cet ajout illustre le contrôle incontesté et toujours plus important exercé par le PCC sur le système économique de la Chine. Cet encadrement et ce contrôle sont inhérents au système chinois et vont bien au-delà de la situation que l’on observe habituellement dans d’autres pays où les gouvernements exercent un contrôle macroéconomique général dans les limites duquel intervient le libre jeu des forces du marché.

(54)

L’État chinois mène une politique économique interventionniste en poursuivant des objectifs qui coïncident avec le programme politique fixé par le PCC plutôt que de refléter les conditions économiques prévalant sur un marché libre (16). Les outils économiques interventionnistes déployés par les autorités chinoises sont multiples et comprennent le système de planification industrielle, le système financier ainsi que le niveau de l’environnement réglementaire.

(55)

Premièrement, au niveau du contrôle administratif global, l’orientation de l’économie chinoise est régie par un système complexe de planification industrielle qui concerne toutes les activités économiques du pays. L’ensemble de ces plans couvrent une matrice complète et complexe de secteurs et de politiques transversales et se déclinent à tous les niveaux de gouvernance. Les plans établis à l’échelon provincial fixent des objectifs détaillés, tandis que les programmes élaborés à l’échelle du pays définissent des objectifs plus larges. Les plans précisent également les moyens à utiliser afin de soutenir les industries ou secteurs concernés, ainsi que les délais dans lesquels les objectifs doivent être réalisés. Certains plans contiennent encore des objectifs explicites de production. Dans le cadre de ces plans, les différents secteurs industriels et/ou projets sont désignés comme des priorités (positives ou négatives) conformes aux priorités des pouvoirs publics, et des objectifs de développement spécifiques leur sont attribués (modernisation industrielle, expansion internationale, etc.). Les opérateurs économiques, privés comme publics, doivent adapter efficacement leurs activités commerciales aux réalités imposées par le système de planification. Cela s’explique non seulement par le caractère contraignant des plans, mais aussi par le fait que les autorités chinoises compétentes, à tous les niveaux, adhèrent au système de planification et utilisent leurs attributions en conséquence, incitant ainsi les opérateurs économiques à respecter les priorités établies dans les plans (voir également la section 3.3.1.5 ci-après) (17).

(56)

Deuxièmement, s’agissant de l’attribution des ressources financières, le système financier de la Chine est dominé par les banques commerciales appartenant à l’État. Lorsque ces banques établissent et mettent en œuvre leur politique de prêt, elles doivent s’aligner sur les objectifs de la politique industrielle des pouvoirs publics plutôt que d’évaluer en priorité les avantages économiques d’un projet donné (voir également la section 3.3.1.8 ci-après) (18). Il en va de même pour les autres composantes du système financier chinois, telles que les marchés boursiers, les marchés des obligations, les marchés des capitaux privés, etc. En outre, les éléments du secteur financier autre que le secteur bancaire sont mis en place au niveau institutionnel et opérationnel de telle sorte qu’ils ne visent pas à maximiser le fonctionnement efficace des marchés financiers, mais à assurer le contrôle et à permettre l’intervention de l’État et du PCC (19).

(57)

Troisièmement, s’agissant de l’environnement réglementaire, les interventions de l’État dans l’économie prennent plusieurs formes. À titre d’exemple, les règles de passation des marchés publics sont régulièrement utilisées aux fins de la réalisation d’objectifs autres que l’efficacité économique, ce qui porte atteinte aux principes fondés sur le marché dans ce domaine. La législation applicable prévoit expressément que des marchés publics doivent être passés pour faciliter la réalisation des objectifs définis par les politiques de l’État. Toutefois, la nature de ces objectifs n’est pas définie, ce qui laisse une large marge d’appréciation aux instances décisionnelles (20). De même, dans le domaine des investissements, les pouvoirs publics chinois conservent une influence et un contrôle significatifs sur la destination et l’ampleur des investissements tant publics que privés. Le filtrage des investissements, ainsi que diverses mesures incitatives, restrictions et interdictions liées aux investissements sont utilisés par les autorités comme un outil important à l’appui des objectifs de politique industrielle, tels que la préservation du contrôle de l’État sur des secteurs clés ou le renforcement de l’industrie nationale (21).

(58)

En résumé, le modèle économique chinois repose sur certains axiomes de base qui prévoient et encouragent de multiples interventions étatiques. Celles-ci sont considérables et contraires au principe du libre jeu des forces du marché, ce qui entraîne une distorsion dans la répartition effective des ressources conformément aux principes du marché (22).

3.3.1.3. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), premier tiret, du règlement de base: un marché constitué dans une mesure importante par des entreprises qui appartiennent aux autorités du pays exportateur ou qui opèrent sous leur contrôle, supervision stratégique ou autorité

(59)

En Chine, les entreprises qui appartiennent à l’État ou qui opèrent sous son contrôle et/ou sa supervision stratégique ou autorité sont une composante essentielle de l’économie.

(60)

Alors que, dans le secteur des fils de polyesters à haute ténacité, le degré de participation de l’État ne semble pas significatif, les pouvoirs publics chinois conservent une participation supérieure à 5 % dans Hailide (23). En outre, comme les interventions du PCC dans la prise de décision opérationnelle sont devenues également la norme dans les entreprises privées (24), le PCC dirigeant pratiquement tous les aspects de l’économie du pays, l’influence de l’État, au moyen de structures du PCC présentes au sein des entreprises, aboutit dans les faits à ce que les opérateurs économiques soient placés sous le contrôle et la supervision stratégique du gouvernement, étant donné le degré d’imbrication des structures de l’État chinois avec celles du parti.

(61)

Il en va de même au niveau de la China Chemical Fiber Association (association chinoise des fibres chimiques, ci-après la «CCFA») (25), l’association industrielle sectorielle dont Hailide est membre. En vertu de l’article 2 des statuts de la CCFA, l’objectif de l’association est, entre autres, de «mettre en œuvre la politique industrielle du pays». L’article 3, formulé comme suit, confirme la subordination de la CCFA au PCC: «L’association reconnaît le rôle dirigeant du Parti communiste chinois dans tous les domaines, et, conformément aux dispositions des statuts du Parti communiste chinois, elle établit des organisations du Parti communiste chinois, développe les activités du Parti et met en place les conditions nécessaires aux activités des organisations du Parti.»

(62)

Par conséquent, même les producteurs privés dans le secteur des fils de polyesters à haute ténacité se voient empêchés d’exercer leurs activités dans des conditions de marché. En effet, tant les entreprises publiques que les entreprises privées du secteur sont soumises à des orientations et à une supervision stratégiques, comme expliqué d’ailleurs à la section 3.3.1.5 ci-après.

3.3.1.4. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), deuxième tiret, du règlement de base: une présence de l’État dans des entreprises qui permet aux autorités d’influer sur la formation des prix ou sur les coûts

(63)

Non seulement les pouvoirs publics chinois exercent un contrôle sur l’économie grâce, entre autres moyens, aux entreprises publiques qu’ils détiennent, mais ils sont également en mesure d’influer sur les prix et les coûts du fait de leur présence au sein même des entreprises. Si le droit de désigner et de destituer les principaux dirigeants des entreprises publiques conféré aux autorités étatiques compétentes, tel que prévu par la législation chinoise, peut être considéré comme reflétant les droits de propriété correspondants (26), les cellules du PCC dans les entreprises, tant publiques que privées, représentent un autre moyen important par lequel l’État peut intervenir dans les décisions commerciales. Conformément au droit chinois des sociétés, une organisation du PCC doit être mise en place dans chaque entreprise (avec au moins trois membres du PCC, comme le prévoient les statuts du parti (27)) et l’entreprise concernée doit veiller à ce que les conditions nécessaires aux activités de l’organisation du parti soient réunies. Par le passé, il semble que cette exigence n’ait pas toujours été respectée ou strictement appliquée. Toutefois, depuis 2016 au moins, le PCC renforce, par principe politique, ses prétentions à contrôler les décisions commerciales dans les entreprises (28), notamment en exerçant des pressions sur les entreprises privées pour qu’elles adoptent un comportement patriotique et qu’elles respectent la discipline du parti (29). En 2017, il a été rapporté que des cellules du parti existaient dans 70 % des quelque 1,86 million d’entreprises privées, et que la pression s’intensifiait pour que les organisations du PCC aient le dernier mot dans les prises de décisions commerciales au sein de leurs entreprises respectives (30). Ces règles sont d’application générale dans l’ensemble de l’économie chinoise, tous secteurs confondus, et s’appliquent donc aussi aux producteurs de fils de polyesters à haute ténacité et à leurs fournisseurs d’intrants.

(64)

En outre, le 15 septembre 2020, un document intitulé General Office of CCP Central Committee’ Guidelines on enhancing the United Front work in the private sector for the new era (Orientations du bureau général du comité central du PCC sur le renforcement des travaux du front uni dans le secteur privé pour une nouvelle ère) (ci-après les «orientations») (31) a été publié, élargissant encore davantage le rôle des comités du parti dans les entreprises privées. La section II.4 de ces orientations dispose que «[n]ous devons renforcer la capacité globale du Parti à diriger le travail du front uni dans le secteur privé et intensifier efficacement les efforts dans ce domaine», et la section III.6 que «[n]ous devons renforcer davantage la consolidation du parti dans les entreprises privées et permettre aux cellules du parti de jouer efficacement leur rôle de forteresse, tout en permettant aux membres du parti d’agir en tant qu’avant-gardistes et pionniers». Les orientations accentuent et visent donc à accroître le rôle du PCC dans les entreprises et autres entités du secteur privé (32).

(65)

La présence et l’intervention de l’État sur les marchés financiers (voir également la section 3.3.1.8 ci-après) ainsi que dans l’approvisionnement en matières premières et intrants ont également un effet de distorsion sur le marché (33). Ainsi, la présence de l’État dans les entreprises du secteur des fils de polyesters à haute ténacité et d’autres secteurs (tels que le secteur financier et le secteur des intrants) permet aux pouvoirs publics chinois d’influer sur la formation des prix et sur les coûts.

3.3.1.5. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), troisième tiret, du règlement de base: des mesures ou politiques publiques discriminatoires qui favorisent les fournisseurs nationaux ou influencent de toute autre manière le libre jeu des forces du marché

(66)

L’orientation de l’économie chinoise est déterminée dans une large mesure par un système de planification élaboré qui définit les priorités et les objectifs sur lesquels les pouvoirs publics centraux et locaux doivent se concentrer. Des plans de ce type existent à tous les niveaux de gouvernance et portent sur pratiquement tous les secteurs économiques. Les objectifs fixés par les instruments de planification ont un caractère contraignant et les autorités, à chaque niveau administratif, surveillent la mise en œuvre des plans par l’échelon inférieur. Globalement, le système de planification en Chine a pour effet d’orienter les ressources vers des secteurs désignés par les pouvoirs publics comme stratégiques ou politiquement importants d’une autre manière; l’affectation de ces ressources n’est donc pas régie par les forces du marché (34).

(67)

L’industrie des fibres chimiques est considérée comme un secteur clé par les pouvoirs publics chinois. Ce constat ressort clairement des avis d’orientation de 2022 relatifs au développement d’une industrie des fibres chimiques de haute qualité (ci-après les «avis d’orientation»), publiés par le ministère de l’industrie et la Commission nationale pour le développement et la réforme des technologies de l’information (35), selon lesquels «l’industrie des fibres chimiques constitue un pilier essentiel du développement stable et de l’innovation continue de la chaîne textile, un avantage concurrentiel au niveau international et une part importante de l’industrie des nouveaux matériaux». L’article I.2 des avis d’orientation énonce explicitement l’intention des pouvoirs publics chinois de déterminer la structure géographique et entrepreneuriale du secteur ainsi que les paramètres de production essentiels (36). L’intervention des pouvoirs publics peut prendre la forme de délocalisations de sites de production («mettre en œuvre la stratégie de développement régional, dans le respect des politiques industrielles, énergétiques, environnementales et autres, encourager les entreprises de premier plan à construire des bases intégrées pour l’ensemble de la chaîne industrielle des fibres textiles chimiques dans les provinces de Guangxi, Guizhou et Xinjiang et dans d’autres régions centrales et occidentales, et mettre en place des systèmes de chaînes d’approvisionnement efficaces et collaboratifs avec les régions et pays voisins»), de fusions visant à créer des champions industriels («encourager les entreprises à optimiser l’allocation des facteurs de production par des fusions et des réorganisations, et accélérer la révision des processus d’entreprise et la modernisation technologique; aider les entreprises de premier plan à rassembler des ressources de haute qualité telles que les outils technologiques, les marques, les canaux et les talents»), d’une désignation des entreprises pouvant bénéficier d’un soutien particulier au titre de programmes publics spécifiques («encourager l’intégration et le développement des grandes, moyennes et petites entreprises, favoriser la création de nouvelles entreprises spécialisées qui constituent de «petits géants» ou des champions uniques), etc (37).

(68)

Cette stratégie du gouvernement central est confirmée par de nombreux documents de planification consacrés à l’industrie des fibres chimiques, publiés aux niveaux provincial et municipal.

(69)

Les provinces de Zhejiang, Jiangsu, Fujian et Shandong, ainsi que la municipalité de Chongqing, en sont de bons exemples.

(70)

Le 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme (38) dans la province de Jiangsu contient non seulement des dispositions détaillées sur les objectifs de développement fixés pour un large éventail de sous-secteurs du secteur chimique (39), mais il reflète également les politiques susmentionnées énoncées dans les avis d’orientation sur la structure industrielle:

Par le regroupement des ressources, accélérer la création d’un certain nombre de grandes entreprises et de groupes d’entreprises jouant un rôle de premier plan, accroître le niveau de concentration industrielle et former un certain nombre d’entreprises de classe mondiale et des «champions uniques» (40).[…]

L’implantation de l’industrie chimique dans la province est conforme aux dispositions des plans nationaux et provinciaux de planification et d’implantation industrielles, les parcs d’entreprises de la chimie étant des vecteurs de développement importants, et ils sont également essentiels pour faire progresser l’industrie chimique dans chaque district et chaque ville. L’orientation du développement industriel est conforme aux exigences des politiques industrielles pertinentes de l’État et de la province de Jiangsu, définit le concept de développement guidé par les industries encouragées et met en œuvre la modernisation des industries chimiques traditionnelles ainsi que le développement coordonné des industries dans de nouveaux domaines (41).

ainsi que la répartition géographique de la production:

Le plan d’implantation global se fonde sur l’ensemble de la province, en fonction des caractéristiques du développement industriel de chaque ville. Il met en lumière les avantages du développement industriel, améliore encore le niveau de développement des industries caractéristiques et renforce les industries qui répondent aux besoins de développement régional, en tenant compte des industries importantes et des conditions de marché locales dans chaque ville, en garantissant un développement de l’industrie chimique propre à chaque ville de la province et en formant un système industriel complet dans lequel chaque ville a des avantages complémentaires (42).

(71)

De même, le plan spécial pour le développement des industries émergentes stratégiques dans la province de Fujian au cours du 14e plan quinquennal (43) prévoit que les autorités provinciales soutiennent le secteur des fibres chimiques et orientent son développement:

Accélérer la mise au point de nouveaux textiles et intensifier la recherche et le développement portant sur les fibres différenciées fonctionnelles, les mélanges de fibres de haute performance, les fils à haute densité et de haute qualité et leurs tissus, les nouvelles fibres composites thermocollantes (fibres ES) à usage sanitaire et les fibres métalliques de haute performance (44). […]

Soutenir la construction des nouveaux pôles de l’industrie des matériaux fonctionnels à Fuzhou (matériaux membranaires, textiles avancés, matériaux métalliques de haute performance, matériaux composites de haute performance, etc.), à Xiamen […] et à Putian (nouvelles fibres chimiques et matériaux textiles fonctionnels, entre autres), ainsi que du pôle biomédical à Xiamen […].

(72)

L’ingérence des autorités de Fujian dans le développement du secteur des fibres chimiques ressort en outre du 14e plan quinquennal provincial pour le développement d’une industrie manufacturière de haute qualité, qui donne aux parties prenantes les instructions suivantes:

Encourager la réalisation du projet de fils de polyesters industriels de Baihong et mettre au point des matériaux spéciaux en fibres chimiques utilisés dans le secteur automobile, le génie marin, les équipements militaires, le secteur médical et d’autres domaines. Accélérer la recherche sur la technologie des fibres de pointe, mettre l’accent sur les avancées dans les technologies des fibres essentielles telles que les fibres nano, les fibres intelligentes et les fibres biomédicales, et s’efforcer de progresser dans le domaine des fibres haut de gamme telles que les fibres de carbone, les fibres aramides, le sulfure de polyphénylène et le polyéthylène de masse moléculaire ultra-élevée (45).

(73)

En outre, le 14e plan quinquennal de Shandong pour le développement de l’industrie chimique (46) souligne la nécessité de «[m]ettre l’accent sur le développement de résines synthétiques et de polyoléfines à base d’éthylène en tant que produits finis, du propylène-polypropylène, d’autres plastiques techniques et de matériaux modifiés, de matériaux synthétiques et en caoutchouc produits à partir de butène et de C4, de produits finis fabriqués à base de polyuréthane à haute performance, d’isocyanate et de toluène, de nouveaux matériaux, de textiles et de matériaux techniques en nylon, benzène et polyamide, du polyester PX-PTA et de six autres grandes chaînes industrielles» (47). Un langage similaire est également employé dans le 14e plan quinquennal de Zhejiang pour le développement de l’industrie des nouveaux matériaux (48): «Dans le domaine des matériaux de base avancés, mettre en œuvre un certain nombre de projets de transformation numérique et écologique et de projets d’expansion de la production de produits haut de gamme et rares; dans les domaines des matériaux stratégiques clés tels que les matériaux semi-conducteurs avancés, les nouveaux matériaux d’affichage, les matériaux biomédicaux, les fibres à haute performance et les matériaux composites, mettre en place un certain nombre de projets d’industrialisation et d’expansion des applications» (49) et dans le 14e plan quinquennal de Chongqing pour le développement d’une industrie manufacturière de haute qualité (50): «Utiliser les matières premières de base pour encourager les entreprises concernées à mettre au point et à fabriquer des fibres fonctionnelles de PVA (alcool polyvinylique) à haute performance, des fibres spandex différenciées, des fibres de polyester spécial, des fibres de polyamide, des microfibres de polyuréthane et d’autres produits.» (51)

(74)

Au moyen de ces instruments et d’autres outils, les pouvoirs publics chinois dirigent et contrôlent donc presque chaque aspect du développement et du fonctionnement du secteur.

(75)

En résumé, les pouvoirs publics chinois ont mis en place des mesures pour inciter les opérateurs à se conformer aux objectifs de politique publique visant à soutenir les industries encouragées, y compris la production des principales matières premières utilisées dans la fabrication des fils de polyesters à haute ténacité. De telles mesures empêchent le libre jeu des forces du marché.

3.3.1.6. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), quatrième tiret, du règlement de base: absence, application discriminatoire ou exécution inadéquate de lois sur la faillite, les entreprises ou la propriété

(76)

D’après les informations versées au dossier, le régime chinois des faillites ne parvient pas à atteindre ses principaux objectifs, tels que le règlement équitable des créances et des dettes et la sauvegarde des droits et intérêts légitimes des créanciers et des débiteurs. Cette situation semble être due au fait que, même si la loi chinoise sur la faillite repose officiellement sur des principes semblables à ceux des lois correspondantes d’autres pays, le système chinois n’en est pas moins caractérisé par une sous-application systématique. Le nombre de faillites reste notoirement faible par rapport à la taille de l’économie du pays, notamment parce que les procédures d’insolvabilité souffrent d’un certain nombre de lacunes, qui ont pour effet de décourager les dépôts de bilan. Par ailleurs, le rôle de l’État dans le cadre des procédures d’insolvabilité reste fort et actif, et a souvent une influence directe sur l’issue de ces procédures (52).

(77)

En outre, les lacunes du système des droits de propriété sont particulièrement évidentes en ce qui concerne la propriété foncière et les droits d’utilisation du sol en Chine (53). Tous les terrains sont la propriété de l’État (terrains ruraux collectivisés et terrains urbains appartenant à l’État) et leur attribution reste exclusivement tributaire de l’État. Il existe des dispositions juridiques qui visent à attribuer les droits d’utilisation des terrains de manière transparente et au prix du marché, par exemple au moyen d’appels d’offres. Toutefois, ces dispositions sont régulièrement contournées; certains acheteurs obtiennent en effet leurs terrains gratuitement ou à des prix inférieurs à ceux du marché (54). Par ailleurs, les autorités poursuivent souvent des objectifs politiques spécifiques, y compris la mise en œuvre des plans économiques, lorsqu’elles attribuent des terrains (55).

(78)

Comme d’autres secteurs de l’économie chinoise, les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité sont soumis aux règles ordinaires des lois chinoises sur la faillite, les entreprises et la propriété. Aussi ces sociétés sont-elles, elles aussi, sujettes aux distorsions qui s’opèrent «de haut en bas», découlant d’une application discriminatoire ou d’une exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété. Sur la base des éléments de preuve disponibles, ces considérations semblent aussi pouvoir s’appliquer pleinement au secteur des fibres chimiques. La présente enquête n’a rien révélé qui puisse remettre en question ces constatations.

(79)

Au vu de ce qui précède, la Commission a conclu à l’application discriminatoire ou à l’exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété dans le secteur des fibres chimiques, y compris en ce qui concerne le produit faisant l’objet de l’enquête.

3.3.1.7. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), cinquième tiret, du règlement de base: distorsion des coûts salariaux

(80)

Un système de salaires fondés sur le marché ne peut se développer pleinement en Chine, étant donné que le droit des travailleurs et des employeurs à l’organisation collective est entravé. La Chine n’a pas ratifié un certain nombre de conventions essentielles de l’Organisation internationale du travail (ci-après l’«OIT»), en particulier celles concernant la liberté d’association et la négociation collective (56). Conformément au droit national, il n’existe qu’une organisation syndicale. Toutefois, cette organisation manque d’indépendance par rapport aux autorités étatiques et son engagement dans la négociation collective et la protection des droits des travailleurs reste rudimentaire (57). De plus, la mobilité de la main-d’œuvre chinoise est restreinte par le système d’enregistrement des ménages, lequel limite l’accès à l’ensemble des prestations de sécurité sociale et des autres prestations aux résidents locaux d’une zone administrative donnée. Il en résulte généralement que des travailleurs qui ne sont pas enregistrés en tant que résidents locaux se retrouvent dans une situation vulnérable en matière d’emploi et perçoivent un revenu inférieur à celui des personnes enregistrées en tant que résidents locaux (58). Ces conclusions mènent à une distorsion des coûts salariaux en Chine.

(81)

Aucun élément de preuve n’a été présenté pour démontrer que le secteur des fibres chimiques, qui inclut les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité, n’est pas soumis au système chinois de droit du travail décrit. Le secteur des fibres chimiques subit donc des distorsions des coûts salariaux, tant directement (dans le cadre de la fabrication du produit faisant l’objet de l’enquête ou des matières premières destinées à sa production) qu’indirectement (dans le cadre de l’accès aux capitaux ou aux intrants des entreprises soumises à ce même système de droit du travail en Chine).

3.3.1.8. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), sixième tiret, du règlement de base: accès au financement accordé par des institutions mettant en œuvre des objectifs de politique publique ou n’agissant pas de manière indépendante de l’État à tout autre égard

(82)

L’accès des entreprises aux capitaux en Chine fait l’objet de diverses distorsions.

(83)

Premièrement, le système financier chinois se caractérise par la position solide occupée par les banques publiques (59) qui, lorsqu’elles accordent un accès à des financements, tiennent compte de critères autres que la viabilité économique d’un projet. À l’instar des entreprises publiques non financières, les banques restent liées à l’État non seulement par la propriété, mais également par des relations personnelles (les principaux dirigeants des grandes institutions financières publiques sont en fin de compte désignés par le PCC) (60) et, de nouveau à l’instar des entreprises publiques non financières, les banques mettent régulièrement en œuvre des politiques publiques conçues par les pouvoirs publics. Ce faisant, les banques se conforment à une obligation légale explicite de mener leurs activités en fonction des besoins de l’économie nationale et du développement social, dans le respect de la politique industrielle de l’État (61). Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (62).

(84)

S’il est établi que diverses dispositions juridiques font référence à la nécessité de respecter le comportement bancaire normal et les normes prudentielles telles que la nécessité d’examiner le degré de solvabilité de l’emprunteur, des preuves irréfutables, y compris les conclusions tirées à l’issue des enquêtes en matière de défense commerciale, indiquent que ces dispositions ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’application des divers instruments juridiques.

(85)

À titre d’exemple, les pouvoirs publics chinois ont précisé que même les décisions des banques commerciales privées doivent être supervisées par le PCC et rester conformes aux politiques nationales. L’un des trois objectifs primordiaux de l’État en matière de gouvernance bancaire est désormais de renforcer la direction du parti dans le secteur de la banque et de l’assurance, notamment en ce qui concerne les questions opérationnelles et de gestion (63). En outre, les critères d’évaluation des performances des banques commerciales doivent désormais, notamment, tenir compte de la manière dont les entités «servent les objectifs de développement national et l’économie réelle», et en particulier de la manière dont elles «servent les industries stratégiques et émergentes» (64).

(86)

Dans le secteur des fibres chimiques en particulier, la hiérarchisation des secteurs en fonction de critères liés aux politiques industrielles plutôt qu’à la solvabilité d’un projet donné ressort d’un certain nombre de documents stratégiques, tels que le 14e plan quinquennal de la province de Shandong pour le développement de l’industrie chimique, qui prévoit ce qui suit (65):

Accroître le soutien financier. Renforcer les incitations fiscales, veiller à l’engagement global des fonds spéciaux, aider les entreprises de la chimie à accélérer leur transformation technologique et intelligente, le transfert industriel, la délocalisation dans des parcs, l’élimination des capacités obsolètes, etc., et mettre en œuvre des politiques telles qu’une exonération fiscale pour les principaux équipements techniques importés, un système de crédits et de remboursements de la taxe sur la valeur ajoutée, des déductions supplémentaires pour les dépenses de recherche et de développement et une compensation d’assurance pour la première série d’équipements techniques. Orienter activement tous les types d’établissements financiers et de capital social vers un investissement dans l’industrie chimique, mettre à profit les avantages du financement fondé sur les politiques, du financement du développement et du financement commercial, et accroître le soutien financier aux secteurs clés de l’industrie et de la technologie de la chimie (66).

(87)

De même, en vertu du 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme (67) dans la province de Jiangsu, les autorités locales sont tenues de «donner toute sa mesure au rôle moteur des fonds publics d’investissement, d’élargir avec souplesse les modes de financement et de guider les investissements en capital social» (68).

(88)

Par ailleurs, les notations d’obligations et de crédits sont souvent faussées pour diverses raisons, y compris le fait que l’évaluation des risques est influencée par l’importance stratégique de l’entreprise aux yeux des pouvoirs publics chinois et la force de toute garantie implicite des pouvoirs publics. Les estimations laissent sérieusement présumer que les notations de crédit chinoises correspondent systématiquement à des notations internationales inférieures (69).

(89)

Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (70). Cela donne lieu à un biais en faveur des prêts aux entreprises publiques, aux grandes entreprises privées bénéficiant d’un excellent réseau et aux entreprises des secteurs industriels clés, ce qui signifie que la disponibilité et le coût du capital ne sont pas les mêmes pour tous les acteurs du marché.

(90)

Deuxièmement, les coûts d’emprunt ont été maintenus artificiellement bas pour stimuler la croissance des investissements. Cet artifice a entraîné un recours excessif à l’investissement en capital, accompagné de rendements de plus en plus faibles. Ce constat est illustré par la croissance de l’endettement des entreprises dans le secteur public malgré une forte chute de la rentabilité, ce qui indique que les mécanismes à l’œuvre dans le système bancaire ne correspondent pas à des réponses commerciales normales.

(91)

Troisièmement, bien que la libéralisation des taux d’intérêt nominaux ait eu lieu en octobre 2015, les signaux de prix ne sont toujours pas déterminés par le libre jeu des forces du marché, mais sont influencés par les distorsions induites par les pouvoirs publics. La part des prêts à un taux égal ou inférieur au taux de référence représentait encore au moins un tiers de l’ensemble des prêts à la fin de 2018 (71). Les médias officiels en Chine ont récemment rapporté que le PCC avait appelé à «orienter le taux d’intérêt du marché des prêts vers le bas» (72). Des taux d’intérêt artificiellement bas entraînent la fixation de prix inférieurs à ceux du marché et, par conséquent, une utilisation excessive de capitaux.

(92)

La croissance globale du crédit en Chine indique une détérioration de l’efficacité de l’allocation des capitaux sans aucun signe de resserrement du crédit auquel on pourrait s’attendre dans un environnement de marché non faussé. Par conséquent, les prêts non performants ont augmenté rapidement, les pouvoirs publics chinois ayant choisi à plusieurs reprises soit d’éviter les défaillances, créant ainsi des entreprises dites «zombies», soit de recourir à un transfert de propriété de la dette (par des fusions ou des conversions de dettes en capital, par exemple), sans nécessairement supprimer le problème global de la dette ou s’attaquer à ses causes profondes.

(93)

En substance, malgré les mesures prises afin de libéraliser le marché, le système de crédit aux entreprises en Chine subit des distorsions significatives résultant du rôle prépondérant continu de l’État sur les marchés de capitaux. Par conséquent, l’intervention étatique importante dans le système financier a de sérieuses répercussions sur les conditions de marché à tous les niveaux.

3.3.1.9. Nature systémique des distorsions décrites

(94)

La Commission a observé que les distorsions décrites dans le rapport étaient caractéristiques de l’économie chinoise. Les éléments de preuve disponibles montrent que les faits et les caractéristiques du système chinois décrits ci-dessus dans les sections 3.3.1.1 à 3.3.1.5, ainsi que dans la partie I du rapport, s’appliquent à l’ensemble du pays et à tous les secteurs de l’économie. Il en va de même pour la description des facteurs de production présentée aux sections 3.3.1.6 à 3.3.1.8 ci-dessus et dans la partie II du rapport.

(95)

La Commission rappelle que pour produire des fils de polyesters à haute ténacité, un éventail d’intrants est nécessaire. Lorsque les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité achètent ces intrants ou passent un contrat les concernant, les prix qu’ils paient (et qui sont comptabilisés au titre des coûts de ces intrants) sont clairement exposés aux distorsions systémiques susmentionnées. À titre d’exemple, les fournisseurs d’intrants emploient une main-d’œuvre qui fait l’objet de ces distorsions. Ils sont susceptibles d’emprunter de l’argent qui fait l’objet des distorsions affectant le secteur financier ou l’allocation des capitaux. En outre, ils sont soumis au système de planification qui s’applique à tous les niveaux de gouvernance et à tous les secteurs.

(96)

Dès lors, non seulement les prix de vente des fils de polyesters à haute ténacité sur le marché intérieur ne sont pas appropriés pour une utilisation au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, mais tous les coûts des intrants (y compris les matières premières, l’énergie, les terrains, le financement, la main-d’œuvre, etc.) sont également altérés, dès lors que la formation de leur prix fait l’objet d’une intervention étatique importante, comme décrit dans les parties I et II du rapport. En effet, les interventions étatiques décrites en ce qui concerne l’allocation des capitaux, les terrains, la main-d’œuvre, l’énergie et les matières premières sont présentes partout en Chine. Cela signifie, par exemple, qu’un intrant qui, en soi, a été produit en Chine en combinant une série de facteurs de production est exposé à des distorsions significatives. Il en va de même pour les intrants des intrants et ainsi de suite. Aucun élément de preuve ou argument démontrant le contraire n’a été présenté par les pouvoirs publics chinois ou les producteurs-exportateurs dans le cadre de la présente enquête.

3.3.1.10. Conclusion

(97)

L’analyse exposée aux sections 3.3.1.2 à 3.3.1.9, qui comprend un examen de tous les éléments de preuve disponibles concernant l’intervention de la Chine dans son économie en général et dans le secteur des fibres chimiques en particulier (y compris le produit faisant l’objet de l’enquête), a montré que les prix ou les coûts du produit faisant l’objet de l’enquête, y compris le coût des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, comme le prouve l’incidence réelle ou potentielle d’un ou de plusieurs des facteurs pertinents qui y sont énumérés. Sur cette base, et en l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois, la Commission a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur pour déterminer la valeur normale en l’espèce.

(98)

Par conséquent, la Commission a calculé la valeur normale exclusivement sur la base des coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, c’est-à-dire, en l’espèce, sur la base des coûts de production et de vente correspondants dans un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, comme expliqué à la section suivante.

3.3.1.11. Observations des parties intéressées

(99)

Au cours de l’enquête, des observations ont été reçues de la part de Hailide ainsi que d’un groupe d’utilisateurs.

(100)

Dans ses observations sur la première note relative aux facteurs de production, Hailide, en plus d’affirmer que l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base serait incompatible avec les règles de l’OMC, a fait valoir que l’analyse relative à l’existence de distorsions significatives (en Chine en général et concernant Hailide en particulier) qui figure dans la plainte était erronée pour les raisons suivantes: i) les allégations figurant dans la plainte sont de nature générale (par exemple, lorsqu’elles font référence aux coûts de l’énergie ou de la main-d’œuvre) et concernent la Chine ou son secteur chimique, et non le marché des fils de polyesters à haute ténacité; de plus, elles reposent exclusivement sur le rapport, plutôt que sur des éléments de preuve positifs; ii) pour déterminer s’il existe des distorsions significatives, le plaignant se fonde sur des éléments de preuve qui sont soit dénués de pertinence (généralement obsolètes), soit erronés dans les faits, et cite des obligations antérieures faussant la concurrence qui n’existent plus dans le droit chinois;iii) les matières premières (l’acide téréphtalique purifié, ou ATP, et le monoéthylène glycol, ou MEG) sont deux produits de base échangés à l’échelle mondiale dont le prix est fixé de manière transparente et conforme aux prix internationaux, raison pour laquelle les allégations formulées dans la plainte selon lesquelles leurs prix seraient faussés en Chine sont erronées;iv) le plaignant n’a apporté aucun élément de preuve positif et concret concernant les facteurs énumérés à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base et aucune conclusion valable ne peut donc être tirée concernant l’existence de distorsions significatives. Un groupe d’utilisateurs a formulé une allégation similaire au soutien de Hailide.

(101)

Les arguments présentés par Hailide ne sauraient être acceptés. Tout d’abord, la Commission a insisté sur le fait que les dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base sont parfaitement conformes aux obligations de l’Union européenne dans le cadre de l’OMC. En ce qui concerne les arguments relatifs à l’analyse des distorsions significatives prétendument erronée qui figure dans la plainte, la Commission a tout d’abord rappelé que l’article 2, paragraphe 6 bis, point e), du règlement de base prévoit l’obligation de collecter les données nécessaires à l’application de cette méthode lorsque l’enquête a été ouverte sur cette base. Par conséquent, loin de tirer des conclusions concernant l’existence de distorsions significatives, la Commission a simplement considéré que les éléments de preuve présentés par le plaignant au sujet de distorsions significatives étaient suffisants pour ouvrir l’enquête. En outre, la Commission a souligné que certains types de distorsions présentes en Chine, telles que les distorsions liées à l’énergie ou à la main-d’œuvre, sont de nature transversale et ont des incidences sur l’ensemble de l’économie chinoise, et donc sur les prix et/ou sur les matières premières et les coûts de production du produit faisant l’objet de l’enquête.

(102)

De plus, en ce qui concerne l’argument selon lequel les allégations formulées dans la plainte reposent exclusivement sur le rapport et s’appuient, en tout état de cause, sur des informations obsolètes ou inexactes, la Commission a souligné que, bien que le plaignant s’efforce de démontrer le caractère inchangé des distorsions significatives en se référant à des documents stratégiques du 12e ou du 13e cycle de planification, il a également mentionné des documents pertinents pour la période de planification 2021-2025, tels que le 14e plan quinquennal pour le développement économique et social national de la République populaire de Chine ou le 14e plan quinquennal de développement de l’industrie du pétrole et de l’industrie chimique dans la province de Zhejiang. En outre, la Commission a rappelé que l’article 2, paragraphe 6 bis, point d), du règlement de base prévoit explicitement que l’industrie de l’Union a la possibilité de se fonder sur les informations contenues dans le rapport lorsqu’elle dépose une plainte ou une demande de réexamen. La Commission a donc considéré que les éléments de preuve énumérés dans la plainte et mentionnés dans l’avis d’ouverture étaient suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. En ce qui concerne l’allégation selon laquelle les matières premières, à savoir l’ATP et le MEG, font l’objet d’échanges internationaux et qu’à ce titre leurs prix en Chine ne sont pas faussés, cet argument doit être rejeté pour les raisons exposées ci-dessus, en particulier aux considérants 95 à 97.

3.3.2. Pays représentatif

3.3.2.1. Généralités

(103)

Le choix du pays représentatif a été effectué sur la base des critères suivants, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base:

—

un niveau de développement économique semblable à celui de la Chine. À cette fin, la Commission a utilisé des pays dont le revenu national brut par habitant est, selon la base de données de la Banque mondiale (73), semblable à celui de la Chine;

—

le produit faisant l’objet de l’enquête est fabriqué dans ce pays (74),

—

des données publiques pertinentes sont disponibles dans le pays représentatif,

—

lorsqu’il existe plusieurs pays représentatifs possibles, la préférence devrait être accordée, le cas échéant, au pays appliquant un niveau adéquat de protection sociale et environnementale.

(104)

Comme expliqué aux considérants 34 à 37, la Commission a publié et versé au dossier deux notes relatives aux sources utilisées pour calculer la valeur normale. Ces notes décrivaient les faits et les éléments de preuve sous-tendant les critères pertinents et répondaient aux observations reçues par les parties au sujet de ces éléments et des sources pertinentes. Dans la deuxième note, la Commission a informé les parties intéressées de son intention d’envisager d’utiliser la Turquie comme un pays représentatif approprié en l’espèce, si l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base venait à être confirmée. L’évaluation de la Commission peut être résumée comme suit.

3.3.2.2. Un niveau de développement économique semblable à celui de la Chine et une production du produit faisant l’objet de l’enquête

(105)

Au cours de la période d’enquête, la Banque mondiale a classé les pays présentant un niveau de développement économique semblable à celui de la Chine dans la catégorie «“revenu intermédiaire, tranche supérieure”» sur la base du revenu national brut. Dans la première note, il est indiqué qu’une importante production du produit faisant l’objet de l’enquête n’a été constatée que dans cinq de ces pays, à savoir la Biélorussie, le Brésil, le Mexique, la Thaïlande et la Turquie.

(106)

Toutefois, étant donné que la Biélorussie n’est ni membre de l’OMC, ni une économie de marché, ce pays n’a pas été examiné plus avant aux fins de la recherche d’un pays représentatif potentiel.

(107)

À cet égard, la Commission a donc évalué plus en détail le Brésil, le Mexique, la Thaïlande et la Turquie.

3.3.2.3. Disponibilité de données publiques pertinentes dans le pays représentatif

(108)

En ce qui concerne les pays examinés susmentionnés, la Commission a en outre vérifié la disponibilité des données publiques, y compris les données sur les importations de facteurs de production, ainsi que les données financières des producteurs du produit faisant l’objet de l’enquête dans les pays représentatifs potentiels.

(109)

L’analyse des importations des principaux facteurs de production a montré qu’en ce qui concerne les principaux intrants de production des fils de polyesters à haute ténacité (à savoir l’ATP, le MEG et les granulés de polyéthylène téréphtalate, ou PET), la Turquie importait globalement des volumes non faussés plus importants et plus représentatifs que le Brésil, le Mexique ou la Thaïlande.

(110)

L’analyse a également montré que les importations en provenance de Chine ou de l’un des pays énumérés à l’annexe I du règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil (75) n’avaient pas d’incidence notable sur les importations turques. En outre, la production et la capacité de production de fils de polyesters à haute ténacité sont importantes en Turquie et il n’existe aucune distorsion particulière des échanges commerciaux concernant les facteurs de production et les fils de polyesters à haute ténacité dans le pays. De plus, des données détaillées et suffisamment représentatives sur les prix à l’importation des intrants en Turquie sont aisément disponibles dans l’Atlas mondial du commerce (ci-après le «GTA»).

(111)

En ce qui concerne les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité dans les pays représentatifs et la disponibilité de leurs données, la Commission a sélectionné l’entreprise Kordsa Teknik Tekstil A.S. (ci-après «Kordsa Türkiye») dont les résultats financiers consolidés sont disponibles pour l’année 2021. Par ailleurs, les données financières des entreprises brésiliennes (Kordsa Brasil S.A.), mexicaines (Monosuisse, Performance Fibers Mexico Operations et Akra Polyester SA DE CV) et thaïlandaises (Thai Toray Synthetics Co Ltd et Teijin Polyester (Thailand) Co Ltd) produisant des fils de polyesters à haute ténacité ne sont pas aisément disponibles pour toute la période d’enquête et ne respectent pas pleinement les normes internationales d’information financière (dans le cas des producteurs thaïlandais).

(112)

Il a été constaté que Kordsa Türkiye ne produisait pas uniquement des fils de polyesters à haute ténacité, mais que le segment des fils de polyesters à haute ténacité constituait environ 86 % de ses revenus en 2021 (76). La Commission a fait observer à cet égard qu’en l’absence d’informations financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement le produit faisant l’objet de l’enquête (ce qui est presque toujours le cas), elle recherche la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche, y compris des informations consolidées sur le ou les producteurs actifs, entre autres, dans le secteur du produit faisant l’objet de l’enquête. Dans ces circonstances, les frais VAG consolidés et la marge de bénéfice déterminés pour Kordsa Türkiye sont donc considérés comme suffisamment représentatifs pour être utilisés aux fins de la présente enquête.

(113)

Compte tenu de la disponibilité publique du rapport annuel complet de Kordsa Türkiye pour 2021 (77), la Commission a donc utilisé les informations qui y figurent.

3.3.2.4. Niveau de protection sociale et environnementale

(114)

Étant établi que la Turquie était un pays représentatif approprié sur la base de l’ensemble des éléments susmentionnés, il n’était pas nécessaire de procéder à une évaluation du niveau de protection sociale et environnementale conformément à la dernière phrase de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base.

3.3.2.5. Conclusion

(115)

Eu égard à l’analyse qui précède, la Turquie remplissait les critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), premier tiret, du règlement de base pour être considérée comme un pays représentatif approprié.

3.3.3. Observations des parties

(116)

En ce qui concerne le choix du pays représentatif, un groupe d’utilisateurs a laissé entendre, en réponse à la deuxième note, que la République de Corée était le pays représentatif le plus approprié, compte tenu de son niveau de développement économique semblable à celui de la Chine, de son volume de production du produit faisant l’objet de l’enquête, de la disponibilité de données publiques utiles et de son niveau adéquat de protection sociale et environnementale.

(117)

Il est rappelé que, lorsqu’elle cherche à déterminer les pays dont le niveau de développement économique est semblable à celui de la Chine, la Commission ne considère que les pays classés par la Banque mondiale (78) dans la catégorie «revenu intermédiaire, tranche supérieure» sur la base du revenu national brut. Or il s’avère que la République de Corée a été classée, pendant et avant la période d’enquête, dans la catégorie des pays à «revenu élevé» par la Banque mondiale, ce qui fait qu’elle ne peut pas être considérée comme un pays représentatif potentiel.

(118)

Dans sa réponse aux notes, Hailide a affirmé que les données du GTA concernant les principales matières premières utilisées pour la production de fils de polyesters à haute ténacité étaient inexactes par rapport aux statistiques du portail de données officiel de l’institut de statistique turc. La Commission a rappelé que les données indiquées dans le système GTA pour la Turquie sont fondées sur la vue d’ensemble des échanges commerciaux, tandis que les données provenant des statistiques officielles turques sont fondées sur une vue spéciale des échanges commerciaux (dont sont exclues les marchandises qui entrent dans une zone franche ou un entrepôt douanier ou qui en sortent). Par conséquent, les différences entre les chiffres sont dûment justifiées et les données du GTA restent fiables. Dès lors, Hailide ne saurait prétendre que les données du GTA sont inexactes et cet argument doit être rejeté.

(119)

Hailide a également fait valoir, en réponse à la deuxième note, que les prix des matières premières en Turquie, figurant à l’annexe I (liste des facteurs de production et de leurs prix en Turquie), n’étaient pas cohérents avec les prix indiqués pour ce même pays à l’annexe II (comparaison des statistiques des importations des pays représentatifs potentiels). La Commission a rappelé que les statistiques figurant à l’annexe II ne sont que des données brutes présentées à des fins de comparaison entre les différents pays et agrégées au niveau SH6 commun, qui n’incluent pas les droits de douane applicables aux différents pays importateurs. Les données figurant à l’annexe I, quant à elles, présentent les valeurs au niveau des codes tarifaires nationaux turcs et incluent les droits de douane. Par conséquent, les niveaux de prix figurant aux annexes I et II ne sont pas destinés à être identiques et l’argument de la partie, non fondé, est rejeté. À la suite de l’information finale, Hailide a affirmé qu’aucune feuille de calcul n’avait été fournie en ce qui concerne l’ajustement au titre des droits à l’importation à l’annexe I, de sorte que l’information fournie par la Commission était insuffisante. La Commission a fait observer que les données, y compris les prix des facteurs de production en Turquie, ont été générées automatiquement à partir du GTA au niveau des codes tarifaires nationaux turcs (y compris tous les droits de douane conventionnels et préférentiels basés sur la base de données Market Access Map - MacMap), qu’elles ont été dûment communiquées et qu’elles ont été utilisées en l’espèce par la Commission sans autre modification. Elle a fait remarquer qu’aucune feuille de calcul supplémentaire ni aucun autre document similaire n’ont été produits à cette fin par la Commission. L’argument de Hailide doit donc être rejeté.

(120)

Hailide a fait valoir que le choix de la Turquie comme pays représentatif n’était pas approprié. L’entreprise fait valoir, premièrement, que la dépréciation monétaire et l’inflation élevée ont entraîné des conditions de marché anormales en Turquie, ce qui a inévitablement eu une incidence sur les coûts locaux et, partant, fait que la Turquie ne peut clairement pas constituer un pays représentatif. Hailide a réitéré son argument en réponse à l’information finale, ajoutant que les prix locaux et/ou les prix à l’importation touchés par une importante dépréciation de la monnaie locale en Turquie ne peuvent refléter des prix ou des valeurs de référence non faussés. Deuxièmement, selon Hailide, Kordsa Türkiye ne peut pas être considérée comme un producteur de fils de polyesters à haute ténacité destinés au marché ouvert, étant donné que sa capacité de production limitée de fils de polyester est principalement, sinon exclusivement, destinée à un usage captif dans sa propre production en aval de nappes tramées pour pneumatiques. Dans le même ordre d’idées, un groupe d’utilisateurs a affirmé que Kordsa Türkiye utilisait principalement des fils de polyesters à haute ténacité pour sa propre production de matériaux destinés aux pneumatiques. Hailide a fait valoir que la production de fils de polyesters à haute ténacité n’était qu’une activité marginale et secondaire à l’appui de la production de nappes tramées et que la grande majorité, sinon la totalité, des recettes extérieures réalisées dans le segment des «fils et nappes tramées à usage industriel» provenaient de la vente de tissus industriels et de fils de nylon, et non de fils de polyesters à haute ténacité. Hailide a réitéré cet argument dans sa réponse à l’information finale. Les parties ont conclu que le résultat financier de l’entreprise n’était donc pas représentatif d’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité et qu’il n’existait par conséquent aucune information financière aisément disponible concernant les activités liées aux fils de polyesters à haute ténacité en Turquie. Troisièmement, Hailide a soutenu que Kordsa Türkiye ne produisait qu’un seul type particulier de fils de polyesters à haute ténacité (le fil HMLS à forte valeur ajoutée pour usage automobile), ce qui rend le choix du pays représentatif inapproprié, le résultat d’exploitation d’un seul type de produit n’étant pas représentatif de celui concernant les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité qui fabriquent une large gamme de types de produits. En conclusion, Hailide a fait valoir que la Commission devait ignorer la marge de bénéfice de Kordsa Türkiye et utiliser une marge de bénéfice plus raisonnable et représentative des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité. Hailide a soutenu dans sa réponse à l’information finale que le niveau de bénéfice de 15,3 % établi par la Commission était excessivement élevé pour un producteur de fils de polyesters à haute ténacité et qu’un maximum de 6 % (équivalant à la marge de bénéfice cible pour les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en l’espèce, établie en application de l’article 7, paragraphe 2 quater, du règlement de base) constituait donc une valeur de remplacement raisonnable du bénéfice non faussé et raisonnable qu’un producteur de fils de polyesters à haute ténacité peut normalement réaliser.

(121)

La Commission a fait observer que le choix du pays représentatif avait été effectué sur la base des trois critères suivants: le niveau de développement économique, la production du produit concerné et la disponibilité de données publiques pertinentes. L’incidence possible de la dévaluation d’une monnaie ou du niveau d’inflation ne fait pas partie de ces critères. En tout état de cause, la partie concernée n’a pas démontré en quoi la dépréciation de la lire turque et l’inflation élevée auraient véritablement eu une incidence sur les prix des intrants provenant de Turquie et, si incidence il y avait, quelle serait son ampleur réelle pour la valeur normale qui est calculée en CNY. En outre, les parties n’ont fourni aucune information indiquant que (et dans quelle mesure) la lire turque était utilisée dans les transactions d’importation des matières premières servant de base au calcul des coûts de référence non faussés en l’espèce. De plus, lors de l’établissement de valeurs de référence sur la base des prix à l’importation aux fins du calcul de la valeur normale au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, les valeurs à l’importation dans les pays représentatifs sont converties dans la devise du pays exportateur, le CNY en l’espèce. La Commission a donc estimé que cet argument était infondé et l’a rejeté.

(122)

En ce qui concerne la gamme de produits de Kordsa Türkiye et la source de ses revenus, la Commission a fait observer qu’en l’absence d’informations financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement le produit concerné par l’enquête (en l’espèce, les fils de polyesters à haute ténacité), ce qui est rarement le cas, elle cherche à déterminer la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche, y compris des informations consolidées sur le ou les producteurs actifs, entre autres, dans le secteur du produit concerné. En l’espèce, comme indiqué au considérant 112, environ 86 % des recettes extérieures de Kordsa Türkiye en 2021 ont été générées dans le segment des fils de polyesters à haute ténacité. En outre, contrairement à ce que soutiennent les parties, Kordsa Türkiye génère effectivement des revenus extérieurs en produisant et en vendant des fils de polyester également (79). En fait, Kordsa est « [u]n des chefs de file du […] marché des fils de polyester HMLS », avec «une gamme de fils qui peuvent être utilisés dans des applications telles que les nappes tramées, les textiles lourds, les tissus industriels, les tissus pour bandelettes talons, les câbles et cordes à extrémité unique» (80), donc dans des secteurs autres que l’industrie automobile. Par conséquent, l’argument des parties concernant l’usage captif des fils de polyesters à haute ténacité est dénué de fondement. En outre, le renfort des pneumatiques est l’une des principales applications des fils de polyesters à haute ténacité et les producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité, dont Hailide, produisent également des fils HMLS et fournissent les clients de l’industrie automobile. Il serait donc trompeur d’affirmer que l’activité «fils de polyesters à haute ténacité» de Kordsa Türkiye n’est pas représentative des activités commerciales des producteurs chinois de fils de polyesters à haute ténacité. Enfin, les parties n’ont proposé, à la place de Kordsa Türkiye, aucun autre producteur approprié de fils de polyesters à haute ténacité disposant de données financières aisément disponibles concernant spécifiquement et uniquement les fils de polyesters à haute ténacité, et encore moins un producteur de fils de polyesters à haute ténacité dont la gamme de fils est plus vaste que celle de Kordsa Türkiye.

(123)

Dans ces circonstances, les frais VAG consolidés et les marges de bénéfice déterminés pour Kordsa Türkiye sont donc considérés comme suffisamment représentatifs et appropriés pour être utilisés aux fins de la présente enquête, et les arguments des parties doivent être rejetés. Il a par ailleurs été indiqué que le bénéfice cible de 6 % que Hailide proposait d’utiliser et le bénéfice dans le pays représentatif désignent des notions différentes, régies par des règles différentes, prévues par des dispositions juridiques différentes. En particulier, le bénéfice cible est le bénéfice réalisé par l’industrie de l’Union sur les ventes intérieures dans l’Union dans des conditions normales de concurrence, et il est utilisé pour calculer la marge de préjudice au titre de l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base. Le bénéfice dans le pays représentatif est utilisé dans le calcul de la valeur normale par référence au pays représentatif approprié conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. Ce bénéfice doit refléter le bénéfice réalisé par une société fabriquant le produit soumis à l’enquête ou un produit similaire, dans un pays représentatif. Étant donné que les notions de bénéfice cible et de bénéfice dans un pays représentatif ne sont pas comparables, l’argument de Hailide a été rejeté comme étant dénué de pertinence. En outre, Hailide n’a fourni aucun élément laissant penser que le montant correspondant au bénéfice inclus dans la valeur normale calculée n’était pas non faussé et raisonnable au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a).

(124)

Hailide a estimé que la Commission devait choisir le Brésil comme pays représentatif approprié plutôt que la Turquie, étant donné que les données financières de la société du groupe Kordsa au Brésil sont aisément disponibles et qu’en 2021, le Brésil n’a pratiquement pas importé de Chine les principaux intrants de production des fils de polyesters à haute ténacité (ATP, MEG et granulés de PET) par rapport à la Turquie; de ce fait, le Brésil est moins susceptible d’être concerné par les distorsions alléguées. Hailide a réitéré cet argument dans sa réponse à l’information finale, ajoutant que si le rapport annuel de Kordsa Türkiye pour 2021 au niveau consolidé du groupe d’entreprises est acceptable comme source pour établir les frais VAG et le bénéfice non faussés en Turquie, il en va de même pour Kordsa Brazil, puisque les comptes consolidés incluent également le résultat opérationnel de Kordsa Brazil.

(125)

Premièrement, les données financières de Kordsa Brazil ne sont disponibles que pour 2019, alors que la période d’enquête en l’espèce, ce qui revêt une importance primordiale, porte sur l’année 2021. De plus, comme indiqué ci-dessus, Kordsa Türkiye dispose de données aisément disponibles et exploitables concernant l’année 2021. Bien que les états financiers de Kordsa Türkiye pour 2021 utilisés aux fins de l’espèce consolident également les données de ses filiales, y compris Kordsa Brazil, il est évident que les chiffres relatifs au bénéfice et aux frais VAG figurant dans les états consolidés sont plus représentatifs des activités de Kordsa Türkiye que de celles de Kordsa Brazil. En effet, les recettes générées par le segment géographique Europe - Moyen-Orient - Afrique (couvrant uniquement les activités en Turquie) sont près de trois fois supérieures aux recettes générées par Kordsa Brazil (qui représente le segment sud-américain) (81). En tout état de cause, l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base exige que le montant pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire inclus dans la valeur normale calculée soit non faussé et raisonnable. Hailide n’a produit aucun élément de preuve démontrant que ce n’est pas le cas. Deuxièmement, alors que la proportion de quantités importées non faussées dans les importations totales d’ATP, de MEG et de granulés de PET en Turquie était inférieure à celle des importations non faussées au Brésil, la quantité totale d’importations non faussées de chacun de ces intrants en Turquie était nettement plus élevée que la quantité totale d’importations non faussées au Brésil. En fait, si le Brésil dispose de données suffisamment représentatives concernant les importations de MEG et de granulés de PET, cela n’est pas le cas pour les importations d’ATP, qui étaient négligeables par rapport à celles de la Turquie et ne représentaient que 7 % environ des importations d’ATP dans ce pays. L’argument avancé par Hailide doit donc être rejeté.

(126)

En ce qui concerne les frais VAG de Kordsa Türkiye, qui doivent être utilisés en l’espèce pour calculer la valeur normale, Hailide a fait valoir que, pour garantir une comparaison équitable entre la valeur normale calculée et le prix à l’exportation, les frais d’emballage qui, selon Hailide, font partie des frais VAG (note 21 adjointe aux états financiers de Kordsa Türkiye) devraient être exclus.

(127)

Tout d’abord, la Commission s’est fondée sur le compte de résultat et les postes d’exploitation qui y figurent pour calculer les coûts VAG de Kordsa Türkiye. La note 21 des états financiers, mentionnée par Hailide, répertorie les «charges par nature», qui couvrent évidemment non seulement les frais d’exploitation, mais également les frais de matériel, dont les frais d’emballage inclus dans le coût des marchandises vendues. La simple comparaison du total des frais d’exploitation dans le compte de résultat et du total des frais figurant dans la note 21 montre également que ce dernier montant est nettement plus élevé. Il serait donc clairement erroné d’extrapoler, à partir de la simple référence à la note 21 dans la partie du compte de résultat répertoriant les postes opérationnels, que toutes les dépenses décrites dans la note 21 correspondent aux frais d’exploitation. Compte tenu de ce qui précède, l’argument de Hailide doit être rejeté.

(128)

En outre, un groupe d’utilisateurs a exhorté la Commission à utiliser les propres frais VAG et marges de bénéfice des producteurs-exportateurs chinois pour calculer la valeur normale.

(129)

La Commission a fait observer qu’une fois que l’existence de distorsions significatives pour le pays exportateur est établie conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, la valeur normale est calculée sur la base de prix ou de valeurs de référence non faussés dans un pays représentatif approprié (la Turquie en l’espèce) pour chaque producteur-exportateur, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a). La Commission a souligné que cette disposition prévoit aussi précisément que la valeur normale ainsi calculée comprenne un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire dans le pays représentatif approprié. Une fois qu’elle établit l’existence des distorsions significatives concernant le produit faisant l’objet de l’enquête dans le pays exportateur, la Commission ne peut plus utiliser les frais VAG et les marges de bénéfice réels de chaque producteur-exportateur, puisqu’il s’avère, par voie de conséquence, que ceux-ci sont faussés. Hailide n’a apporté aucun élément attestant que ses frais VAG et sa marge bénéficiaire réels n’étaient pas faussés. Cet argument est, dès lors, rejeté.

3.3.4. Sources utilisées pour déterminer les coûts non faussés

(130)

Sur la base des informations communiquées par les parties intéressées et d’autres informations pertinentes versées au dossier, la Commission a établi, dans la première note, une liste initiale des facteurs de production, tels que les matières, l’énergie et la main-d’œuvre, servant à la production du produit faisant l’objet de l’enquête.

(131)

Conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, la Commission a également déterminé les sources à utiliser pour établir des prix et des valeurs de référence non faussés. La principale source que la Commission a proposé d’utiliser était l’Atlas mondial du commerce (ci-après le «GTA»). Enfin, la Commission a identifié les codes du système harmonisé (SH) des facteurs de production qu’elle envisageait initialement, dans la première note, d’utiliser pour l’analyse GTA, sur la base des informations fournies par les parties intéressées.

(132)

La Commission a invité les parties intéressées à formuler des observations et à proposer des informations accessibles au public sur les valeurs non faussées pour chacun des facteurs de production mentionnés dans la première note. Par la suite, dans la deuxième note, la Commission a mis à jour les informations relatives à la classification des tarifs pour un certain nombre de facteurs de production et a allongé la liste de ceux-ci, sur la base des observations transmises par les parties intéressées.

(133)

Au vu de ce qui précède, les facteurs de production suivants et leurs sources ont été déterminés concernant la Turquie, aux fins du calcul de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base:

Tableau 1

Facteurs de production des fils de polyesters à haute ténacité

Facteur de production

Ligne tarifaire

Source des données que la Commission prévoit d’utiliser

Matières premières

Prix (CNY)

Acide téréphtalique purifié (ATP)

291736 00 0011

Atlas mondial du commerce (GTA) (82)

Market Access Map, International Trade Centre (MacMap) (83)

4,91 CNY/kg

Mono-éthylène glycol (MEG)

290531

Atlas mondial du commerce (GTA)

Market Access Map, International Trade Centre (MacMap)

4,73 CNY/kg

Granulés de polyéthylène téréphtalate (PET)

390769

Atlas mondial du commerce (GTA)

Market Access Map, International Trade Centre (MacMap)

7,14 CNY/kg

Huile de finition de filature

340311

340391

Atlas mondial du commerce (GTA)

Market Access Map, International Trade Centre (MacMap)

17,41 CNY/kg

Main-d’œuvre

Main-d’œuvre

[S.O.]

Institut de statistique turc (84)

37,83 CNY/heure-personne

Énergie

Électricité

[S.O.]

Institut de statistique turc

Tranche de consommation (MWh)

T > 150 000

0,47 CNY/kWh

Gaz

[S.O.]

Institut de statistique turc

Tranche de consommation (m3 )

2 610 000 ≤ T < 26 100 0001,63 CNY/m3

Sous-produit/déchet

Déchets de fils

550510 30 0011

550510 30 0019

Atlas mondial du commerce (GTA)

Market Access Map, International Trade Centre (MacMap)

3,15 CNY/kg

3.3.5. Matières premières utilisées dans le processus de fabrication

(134)

Afin d’établir le prix non faussé des matières premières, la Commission a utilisé comme base le prix CIF moyen pondéré des importations dans le pays représentatif, tel qu’indiqué dans le GTA, en provenance de tous les pays tiers, à l’exclusion de la Chine et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC et qui sont énumérés à l’annexe I du règlement (UE) 2015/755 (85). La Commission a décidé d’exclure les importations en provenance de Chine car elle a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et coûts sur le marché intérieur en Chine du fait de l’existence de distorsions significatives, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base (voir considérant 97 ci-dessus). En l’absence d’éléments de preuve démontrant que les produits destinés à l’exportation n’étaient pas, eux aussi, concernés par les mêmes distorsions, la Commission a considéré que les exportations souffraient de ces mêmes distorsions. Le prix moyen pondéré à l’importation a été ajusté, le cas échéant, au titre des droits à l’importation. Une fois exclues les importations dans le pays représentatif en provenance de la RPC et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC, le volume des importations en provenance d’autres pays tiers restait représentatif.

(135)

La Commission a exprimé les coûts de transport supportés par le producteur-exportateur ayant coopéré pour l’approvisionnement en matières premières en pourcentage du coût réel de ces matières premières et a ensuite appliqué le même pourcentage au coût non faussé des mêmes matières premières afin d’obtenir les coûts de transport non faussés. La Commission a considéré que, dans le cadre de la présente enquête, le rapport entre les coûts des matières premières et les coûts de transport déclarés du producteur-exportateur pouvait être raisonnablement utilisé pour estimer les coûts non faussés du transport des matières premières lorsqu’elles sont livrées à l’usine de l’entreprise.

(136)

En raison de leur part insignifiante dans les coûts totaux des matières premières au cours de la période d’enquête, quelle que soit la source utilisée, la Commission a traité un petit nombre de facteurs de production comme des consommables, tel qu’exposé au considérant 146.

3.3.5.1. Main-d’œuvre

(137)

Pour déterminer la valeur de référence concernant les coûts de la main-d’œuvre, la Commission a utilisé les statistiques les plus récentes publiées par l’institut de statistique turc (86). Cet institut publie des informations détaillées sur les coûts de la main-d’œuvre dans différents secteurs économiques turcs. La Commission a établi la valeur de référence sur la base des coûts horaires de la main-d’œuvre en 2020 pour l’activité économique de fabrication de produits chimiques, qui relève du code NACE 20 selon la classification NACE Rév. 2. Les valeurs ont également été ajustées pour tenir compte de l’inflation à l’aide de l’indice des prix à la consommation sur le marché intérieur (87), afin de correspondre aux coûts supportés pendant la période d’enquête. Par rapport à la deuxième note et à la suite d’une demande formulée par Hailide, la valeur de référence de la main-d’œuvre a été modifiée pour tenir compte du taux d’inflation annuel moyen.

3.3.5.2. Énergie

(138)

Pour établir le prix de référence de l’électricité et du gaz, la Commission a utilisé les prix applicables aux entreprises (utilisateurs industriels) en Turquie publiés par l’institut de statistique turc (88). La valeur de référence a été déterminée sur la base du prix de l’électricité et du gaz publié le 31 mars 2022. Le prix auquel il est fait référence est la moyenne pour l’année 2021. La Commission a utilisé les données relatives aux prix industriels de l’électricité et du gaz dans les tranches de consommation correspondantes, hors TVA (taxe sur la valeur ajoutée).

(139)

Hailide a fait valoir qu’outre la TVA appliquée aux prix de l’électricité et du gaz déterminés pour la Turquie, les prix de l’électricité comprennent des taxes et redevances supplémentaires (taxe sur la consommation, taxe TRT et contribution au Fonds pour l’énergie) qui devraient être déduites par la Commission aux fins du calcul du coût de référence de l’électricité. Tout d’abord, le dossier ne contenait aucun élément de preuve attestant que (et dans quelle mesure, le cas échéant) les entreprises établies en Turquie auraient récupéré l’une quelconque de ces taxes et redevances, justifiant ainsi une déduction des coûts de référence. En outre, Hailide n’a pas étayé son allégation précisément au sujet de l’ensemble de données publié par l’institut de statistique turc et utilisé aux fins de la présente affaire.

(140)

En réponse à l’information finale, le CIRFS a fait valoir que la Commission devait expliquer les raisons pour lesquelles le prix du gaz en Turquie en 2021 retenu aux fins du calcul de la valeur normale a considérablement diminué, alors que, selon l’institut de statistique turc, le prix unitaire moyen du gaz naturel en Turquie a fortement augmenté en 2021 par rapport à 2020. Comme déjà indiqué dans la deuxième note émise, la Commission s’est procuré les données sur les prix du gaz directement auprès de la base de données de l’institut de statistique turc, et a utilisé les prix moyens pour 2021 pour les tranches de consommation respectives, tout en convertissant les chiffres de lires turques en CNY à l’aide du taux de change officiel applicable afin de calculer la valeur normale pour les producteurs-exportateurs.

(141)

Par ailleurs, le CIRFS a déclaré en réponse à l’information finale que la Commission devait, en ce qui concerne le gaz, expliquer la méthode utilisée pour sélectionner la tranche de consommation la plus appropriée pour chaque producteur chinois. Il a été noté à cet égard que, comme indiqué au considérant 138, la Commission a attribué à Hailide le coût du gaz de la tranche de consommation correspondant à sa consommation totale réelle de gaz au cours de la période d’enquête.

3.3.6. Frais VAG et marge bénéficiaire

(142)

Aux termes de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]a valeur normale ainsi calculée comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire». De plus, une valeur pour les frais généraux de fabrication doit être établie pour tenir compte des coûts non inclus dans les facteurs de production susmentionnés.

(143)

Pour calculer un montant non faussé et raisonnable correspondant aux frais VAG et aux bénéfices, la Commission a utilisé les frais VAG (6,6 %) et la marge bénéficiaire (15,3 %) du producteur de fils de polyesters à haute ténacité en Turquie, à savoir Kordsa Türkiye, pour lequel les chiffres relatifs aux données financières de 2021 (c’est-à-dire la période se chevauchant totalement avec la période d’enquête) étaient aisément disponibles.

3.3.7. Calcul de la valeur normale

(144)

Sur la base des prix et des valeurs de référence non faussés décrits ci-dessus, la Commission a calculé la valeur normale par type de produit au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

(145)

Premièrement, la Commission a calculé les coûts de fabrication non faussés de Hailide à partir des facteurs de production achetés par l’entreprise et recensés dans le tableau 1. Elle a ensuite appliqué les coûts unitaires non faussés à la consommation réelle des différents facteurs de production par Hailide. La Commission a réduit les coûts de fabrication du montant des revenus non faussés générés par la revente des sous-produits (en l’espèce les déchets de fils).

(146)

Deuxièmement, pour parvenir à un total non faussé des coûts de fabrication, la Commission a ajouté les frais généraux de fabrication. Les frais généraux de fabrication supportés par Hailide ont été augmentés des coûts des consommables visés au considérant 136, puis exprimés en pourcentage des coûts de fabrication effectivement supportés par Hailide. Ce pourcentage a été appliqué aux coûts de fabrication non faussés.

(147)

Enfin, la Commission a ajouté les frais VAG et la marge bénéficiaire, déterminés sur la base du producteur turc de fils de polyesters à haute ténacité (voir considérant 143). Les frais VAG et la marge bénéficiaire, exprimés en pourcentage des coûts des marchandises vendues et appliqués au coût de fabrication total non faussé, représentaient respectivement 6,6 % et 15,3 %.

(148)

La Commission a alors déterminé la valeur normale par type de produit au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

(149)

Hailide a affirmé en réponse à l’information finale que la Commission avait, sans aucun fondement, lié la valeur des consommables et des frais généraux de fabrication à celle d’autres intrants. Selon Hailide, la Commission doit déterminer la valeur de référence pour les consommables et les frais généraux de fabrication séparément des autres intrants ou, sinon, accepter le coût réel de l’entreprise pour les consommables et les frais généraux de fabrication. Hailide a avancé un argument similaire concernant le calcul du coût de transport pour l’approvisionnement en matières premières.

(150)

Comme expliqué au considérant 97, il ressort de l’enquête que les prix ou coûts du produit soumis à l’enquête, y compris le coût des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Hailide n’a pas démontré que les prix de ses consommables, ses frais généraux de fabrication ou ses coûts de transport ne sont pas faussés. Il n’a pas pu être établi positivement que ces coûts ne sont pas faussés et, par conséquent, compte tenu du troisième tiret du deuxième alinéa de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), ils ne peuvent pas être utilisés dans le calcul de la valeur normale. La Commission n’est pas parvenue à trouver une valeur de référence raisonnable pour ces coûts, et aucune valeur de référence raisonnable pour ces coûts n’a été proposée par Hailide ou une autre partie intéressée. Lorsqu’il n’est pas possible de trouver des valeurs de référence appropriées pour un coût, la Commission peut, en principe, les établir sous la forme d’un ratio par rapport au groupe de coûts afférent (qu’il s’agisse du coût de toutes les matières premières ou des coûts de fabrication). Une fois que les coûts des matières premières ou les coûts de fabrication non faussés ont été établis, la Commission applique la valeur de référence pour estimer le coût non faussé en question, tout en préservant la structure des coûts du producteur-exportateur. Cela signifie que si, par exemple, les consommables représentent 1 % de l’ensemble des coûts des matières premières dans les comptes d’un producteur-exportateur, après le calcul de la valeur normale, ils représenteront toujours 1 % des coûts des matières premières.

(151)

Comme exposé au considérant 146, pour parvenir à un coût des consommables et à des frais généraux non faussés, la part du coût des consommables et des frais généraux de fabrication de Hailide dans les coûts de fabrication réellement supportés a été appliquée aux coûts de fabrication non faussés. Comme expliqué au considérant 150, en l’absence d’une donnée spécifique concernant les frais généraux non faussés dans les données financières disponibles du ou des producteurs du pays représentatif, la Commission a déterminé les données relatives aux frais généraux non faussés pour le producteur-exportateur en suivant cette méthode. Par ailleurs, étant donné que de nombreux facteurs de production qui représentent généralement une part négligeable des coûts totaux des matières premières ont été recensés en l’espèce, la Commission a jugé raisonnable d’inclure ces intrants (en utilisant à nouveau les coûts réels de Hailide) dans les consommables et de les traiter en conséquence. De plus, en ce qui concerne les coûts de transport, comme indiqué au considérant 135 et faute de données sur les coûts de transport non faussés dans le pays représentatif, la Commission a considéré que le ratio entre les coûts des matières premières du producteur-exportateur et les coûts de transport déclarés pouvait raisonnablement être utilisé comme indication pour estimer les coûts de transport non faussés des matières premières lorsqu’elles sont livrées à l’usine de la société. L’argument de Hailide a donc été rejeté.

3.4. Prix à l’exportation

(152)

Hailide a vendu le produit exporté directement à des acheteurs indépendants dans l’Union, ainsi que par l’intermédiaire d’une société liée établie à Hong Kong. Le prix à l’exportation pratiqué par Hailide était le prix réellement payé ou à payer pour le produit concerné vendu à l’exportation vers l’Union, conformément à l’article 2, paragraphe 8, du règlement de base. En ce qui concerne les ventes réalisées par l’intermédiaire de la société liée à Hong Kong, de plus amples informations sont présentées aux considérants 162 et 163 ci-après.

(153)

En outre, Hailide vendait également le produit concerné à l’Union par l’intermédiaire d’une société liée supplémentaire établie dans l’Union, agissant en qualité d’importateur. En ce qui concerne ces ventes, le prix à l’exportation a été calculé sur la base du prix auquel le produit importé était revendu pour la première fois à des clients indépendants dans l’Union, conformément à l’article 2, paragraphe 9, du règlement de base. Les ajustements réalisés ont porté sur tous les coûts intervenus entre l’importation et la revente, y compris les frais VAG de l’importateur lié établi dans l’Union, ainsi que sur une marge bénéficiaire raisonnable (fixée à 6,89 % dans la récente enquête sur les alcools polyvinyliques (89) conduite pour un autre produit chimique et utilisée dans la présente enquête compte tenu de la similitude de l’industrie et du manque de coopération des importateurs indépendants), de manière à déterminer un prix à l’exportation fiable au niveau frontière de l’Union.

(154)

Hailide a déclaré en réponse à l’information finale que l’application du niveau de bénéfice théorique de 6,89 % résultant d’une récente enquête concernant les alcools polyvinyliques est dénuée de fondement et surestimée. Hailide a avancé que les alcools polyvinyliques et les fils de polyesters à haute ténacité ne présentent pas des caractéristiques chimiques ou physiques similaires, qu’ils ont des utilisations finales et des utilisateurs finaux différents et que les marchés de ces deux produits sont distincts. Dès lors, selon Hailide, le bénéfice dans le secteur des alcools polyvinyliques n’est nullement représentatif de ce qu’une entreprise peut réaliser en faisant le commerce de fils de polyesters à haute ténacité. En outre, Hailide a soutenu que, si le niveau de bénéfice que les producteurs de fils de polyesters à haute ténacité de l’Union peuvent obtenir dans les conditions normales du marché sans importations faisant l’objet d’un dumping est inférieur à 6 %, il serait étrange que des opérateurs commerciaux de ce produit puissent réaliser un bénéfice plus élevé sur le même marché.

(155)

Par ailleurs, le CIRFS a également considéré que le bénéfice théorique utilisé ne constituait pas une valeur de référence appropriée pour le cas des fils de polyesters à haute ténacité, affirmant, contrairement à la position de Hailide, que cette marge bénéficiaire sous-estime largement le bénéfice des importateurs du secteur des fils de polyesters à haute ténacité. En lieu et place, le CIRFS a laissé entendre qu’il existait un cas plus récent concernant les fibres synthétiques, qui représenterait mieux la marge de bénéfice des importateurs indépendants, à savoir le cas des câbles de fibres optiques (90), dans lequel la marge se situait entre 15 et 25 %. De plus, le CIRFS a affirmé que la Commission ne devait pas encourager la non-coopération des importateurs indépendants en sous-estimant la marge bénéficiaire, mais devait plutôt adopter une approche proactive en consultant les rapports financiers des importateurs connus et en se fondant sur ces rapports en tant que meilleures données disponibles.

(156)

D’une part, comme indiqué au considérant 153, en l’absence de coopération de la part des importateurs indépendants en l’espèce, la Commission a eu recours à un bénéfice théorique tiré d’une récente enquête menée dans l’industrie chimique, établissant que ce bénéfice était jugé raisonnable. D’autre part, la comparaison effectuée par Hailide entre le bénéfice d’un opérateur commercial et le bénéfice que les producteurs de l’Union pourraient obtenir est dénuée de fondement compte tenu des différences fondamentales entre les activités d’une entreprise manufacturière et celles d’une société commerciale.

(157)

Pour ce qui est de la similitude des alcools polyvinyliques et des fils de polyesters à haute ténacité, s’il n’est pas contesté que les alcools polyvinyliques et les fils de polyesters à haute ténacité ont des caractéristiques chimiques et physiques, des utilisations, des utilisateurs et des marchés différents, il est établi que ces deux produits font partie d’une industrie chimique. De plus, Hailide n’a pas expliqué en quoi le bénéfice nominal utilisé ne serait pas représentatif d’un bénéfice réalisé par un opérateur commercial de fils de polyesters à haute ténacité. Dès lors, la Commission a conclu que le bénéfice dans le secteur des alcools polyvinyliques est représentatif de ce qu’une entreprise peut réaliser en faisant le commerce de fils de polyesters à haute ténacité. Par ailleurs, les câbles de fibres optiques et la principale matière première utilisée dans leur production (la fibre optique) sont utilisés dans les secteurs des télécommunications, sans même avoir un vague lien avec l’industrie chimique. Par conséquent, il serait inapproprié d’appliquer dans la présente enquête sur les fils de polyesters à haute ténacité des marges bénéficiaires pour les importateurs indépendants utilisées dans le cas des câbles de fibres optiques.

(158)

De plus, contrairement à ce que le CIRFS a laissé entendre, la Commission n’a eu recours à un bénéfice théorique tiré du cas des alcools polyvinyliques qu’après avoir encouragé les importateurs indépendants à se manifester et à coopérer à l’enquête (que ce soit en invitant spécifiquement les importateurs connus à participer à un exercice d’échantillonnage ou en publiant sur le site internet ad hoc un questionnaire destiné aux importateurs indépendants désireux de coopérer) et à la suite de l’absence de toute coopération de leur part. La Commission n’a donc pas pu encourager les importateurs indépendants à ne pas coopérer en sous-estimant la marge bénéficiaire finalement utilisée.

(159)

En ce qui concerne l’identification et l’utilisation des données financières des importateurs accessibles au public, la Commission a pour pratique constante d’utiliser pour déterminer un bénéfice raisonnable (par exemple, en vertu de l’article 2, paragraphe 9) des données sur la rentabilité de l’Union dûment vérifiées, compilées et collectées spécifiquement aux fins de ses enquêtes. Ces données, pour autant qu’elles soient disponibles, sont généralement considérées comme étant plus raisonnables. Par conséquent, les arguments soulevés par Hailide et le CIRFS doivent être rejetés.

3.5. Comparaison

(160)

La Commission a comparé la valeur normale et le prix à l’exportation de Hailide au niveau départ usine.

(161)

Afin de procéder à une comparaison équitable, la Commission a ajusté la valeur normale et/ou le prix à l’exportation en tenant compte des différences qui affectent les prix et la comparabilité des prix conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base. Des ajustements du prix à l’exportation ont été effectués au titre du transport, de l’assurance, de la manutention et du chargement, des rabais, des commissions, des coûts de crédit, des frais bancaires et autres impositions à l’importation.

(162)

Par ailleurs, Hailide a exporté une partie de ses fils de polyesters à haute ténacité vers l’Union par l’intermédiaire d’un opérateur commercial lié établi en dehors de l’Union, à Hong Kong, à savoir HALEAD (H.K.) CO., LIMITED (ci-après «Halead»).

(163)

Par conséquent, afin de garantir une comparaison équitable conformément au chapeau de l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base, un ajustement a été réalisé en particulier au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de cette société commerciale liée au groupe Hailide. L’ajustement a consisté à déduire les frais VAG de la société commerciale et une marge bénéficiaire théorique fixée à 6,89 % en l’espèce (voir considérant 153 ci-dessus).

(164)

Dans sa réponse à l’information finale, Hailide a fait valoir que le prix à l’exportation de Halead ne devait pas être ajusté en déduisant les frais VAG de la société commerciale et un bénéfice théorique de 6,89 %. Hailide a allégué que l’opérateur commercial lié devait être traité comme faisant partie de Hailide et que le rôle qu’il jouait n’était en rien semblable aux fonctions d’un agent travaillant sur la base de commissions, en exposant dans la version sensible de sa réponse à l’information finale un certain nombre de raisons à l’appui de son allégation.

(165)

À cet égard, la Commission a fait observer que, conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base, une comparaison équitable doit être effectuée entre le prix à l’exportation et la valeur normale. Cette disposition énonce que, dans les cas où la valeur normale et le prix à l’exportation ne peuvent être ainsi comparés, il convient de tenir compte, sous forme d’ajustements, des différences constatées dans les facteurs dont il est revendiqué et démontré qu’ils affectent les prix et, partant, leur comparabilité. Parmi les facteurs au titre desquels un ajustement peut être opéré, l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base prévoit en particulier qu’un ajustement doit être opéré au titre des différences dans les commissions versées pour les ventes considérées. Cette disposition indique que le terme «commissions» couvre aussi la marge perçue par un opérateur commercial du produit ou du produit similaire si les fonctions de cet opérateur sont assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions. Toutefois, un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base ne peut être opéré lorsque le producteur établi dans un État tiers et son distributeur lié responsable des exportations vers l’Union européenne forment une seule et même entité économique.

(166)

Lors de l’analyse de la question de savoir si un producteur et son distributeur lié forment une seule et même entité économique, il est essentiel d’examiner la réalité économique de la relation entre ce producteur et ce distributeur. Compte tenu de l’obligation de parvenir à une conclusion reflétant la réalité économique de la relation entre ce producteur et ce distributeur, la Commission est tenue de prendre en considération tous les facteurs pertinents pour déterminer si ce distributeur exerce ou non les fonctions d’un département des ventes intégré au sein de ce producteur, ou exerce à son tour d’autres types de fonctions. À la lumière de la nécessité de tenir compte de tous les facteurs pertinents et de la marge d’appréciation générale reconnue à la Commission pour apprécier les situations économiques complexes, la Commission doit procéder à son évaluation au cas par cas et de manière globale.

(167)

En ce qui concerne la charge de la preuve, dans l’hypothèse où la Commission a rapporté des indices convergents pour établir qu’un opérateur commercial lié à un producteur exerce des fonctions assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions, il incombe à cet opérateur commercial ou à ce producteur d’apporter la preuve qu’un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base n’est pas justifié.

(168)

La Commission a estimé que Halead devait être considérée comme agissant en tant qu’agent travaillant sur la base de commissions plutôt que comme étant le département interne des ventes de Hailide. Dans son évaluation, la Commission a tenu compte de la relation entre les deux sociétés compte tenu de la structure de propriété du groupe ainsi que des dispositions des contrats régissant la relation entre les deux sociétés. La Commission a analysé les activités de vente de Hailide et de Halead en accordant une attention particulière à l’existence d’un département interne des ventes au sein de Hailide. Elle a rapporté des indices convergents pour établir que Halead exerçait des fonctions assimilables à celles d’un agent travaillant sur la base de commissions. En revanche, Hailide n’a pas apporté la preuve qu’un ajustement au titre de l’article 2, paragraphe 10, point i), du règlement de base n’était pas justifié. L’argument a donc été rejeté. Une analyse détaillée, en raison de son caractère confidentiel, a été fournie à Hailide lors de la publication du présent règlement.

(169)

Eu égard à ce qui précède, et compte tenu du fait qu’un transfert de fonds a lieu entre deux entités liées, la Commission était fondée à examiner si la valeur réelle de la marge diffère de celle qu’un opérateur commercial indépendant obtiendrait. Sur la base du bénéfice nominal déterminé en l’espèce, comme expliqué au considérant 153, la Commission n’a pas considéré que la marge reflétait suffisamment une commission qui aurait été due dans le cadre d’une transaction dans des conditions de pleine concurrence. Comme indiqué au considérant 163, la Commission a donc considéré qu’un ajustement devait être fondé sur les frais VAG de l’opérateur commercial et sur un bénéfice nominal déterminé en l’espèce.

(170)

Dans sa réponse à l’information finale, Hailide a demandé un ajustement de la valeur normale calculée afin d’assurer une comparaison équitable avec le prix à l’exportation, conformément à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base. Selon Hailide, des éléments tels que le fret et l’assurance qui auraient pu être inclus dans les frais VAG utilisés dans le calcul de la valeur normale devraient être supprimés, étant donné qu’ils ont été déduits du prix à l’exportation, créant ainsi une asymétrie entre les deux.

(171)

La Commission a relevé que Hailide n’avait pas démontré que le fret et l’assurance avaient été inclus dans les frais VAG utilisés pour le calcul de la valeur normale. Il s’ensuit que l’ajustement demandé n’était ni étayé ni quantifié, de sorte que la demande a été rejetée.

3.6. Marge de dumping

(172)

La Commission a comparé la valeur normale moyenne pondérée de chaque type de produit similaire avec le prix à l’exportation moyen pondéré du type de produit concerné correspondant pour calculer la marge de dumping, conformément à l’article 2, paragraphes 11 et 12, du règlement de base.

(173)

En réponse à l’information finale, Hailide a avancé un certain nombre d’arguments spécifiques concernant les ventes à l’exportation par l’intermédiaire de son importateur lié dans l’Union. Ces arguments concernaient des ajustements pour des déductions imputables à l’importateur lié, une erreur matérielle dans le taux de change utilisé pour la conversion de montants CIF, ainsi que le pourcentage déductible des frais VAG, et ont été jugés valables. En outre, la Commission a relevé et corrigé une erreur matérielle dans le taux de change utilisé pour la conversion du montant des déductions en ce qui concerne les ventes de l’importateur lié. En conséquence, la marge de dumping de Hailide a été recalculée et les calculs révisés ont fait l’objet d’une information supplémentaire.

(174)

La marge de dumping définitive ainsi établie, exprimée en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, est de 6,9 % pour Hailide.

(175)

La Commission a considéré que les dispositions de l’article 7, paragraphe 2, étaient d’application pour fixer le niveau du droit définitif.

4. PRÉJUDICE

4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union

(176)

Le produit similaire a été fabriqué par six producteurs dans l’Union au cours de la période considérée. Ces producteurs constituent l’«industrie de l’Union» au sens de l’article 4, paragraphe 1, du règlement de base.

(177)

La production totale de l’Union durant la période d’enquête a été établie à environ 117 000 tonnes. Une partie de la production, à savoir 22 322 tonnes, fait l’objet d’une consommation captive. La Commission a déterminé ces chiffres à partir de toutes les informations disponibles concernant l’industrie de l’Union, telles que les chiffres indiqués par les producteurs de l’Union. Comme précisé au considérant 12, trois producteurs de l’Union représentant plus de 50 % de la production totale de l’Union du produit similaire ont été retenus dans l’échantillon.

4.2. Consommation de l’Union

(178)

La Commission a déterminé la consommation de l’Union sur la base du volume des ventes effectuées par l’industrie de l’Union sur le marché de l’Union, auquel a été ajouté le volume des importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de tous les pays tiers. Étant donné que les importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de la Chine étaient soumises à des mesures pendant la période considérée, la Commission a utilisé les statistiques recueillies conformément à l’article 14, paragraphe 6 (91), du règlement de base (ci-après la «base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6») pour déterminer le volume et les prix moyens des importations en provenance de ce pays au cours de la période considérée, car cette base de données contenait des informations suffisamment détaillées au niveau des codes TARIC à 10 chiffres et des codes additionnels TARIC par entreprise.

(179)

La consommation de l’Union a évolué comme suit:

Tableau 2

Consommation de l’Union (en tonnes)

2018

2019

2020

Période d’enquête

Consommation totale de l’Union

244 112

228 168

208 516

253 039

Indice

100

93

85

104

Marché captif

16 046

13 911

16 563

22 322

Indice

100

87

103

139

Marché libre

228 065

214 256

191 953

230 717

Indice

100

94

84

101

Source:

données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, Eurostat et base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6.

(180)

La consommation de l’Union sur le marché libre au cours de la période considérée a d’abord diminué de 6 points de pourcentage entre 2018 et 2019, puis cette baisse s’est accentuée pour atteindre 10 points de pourcentage en 2020 en raison de la COVID-19. Toutefois, la consommation s’est ensuite redressée et a augmenté d’un point de pourcentage au cours de la période d’enquête par rapport à 2018.

4.3. Importations en provenance de Hailide Chine

(181)

La Commission a déterminé le volume et la part de marché des importations à partir de la base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6, qui fournit des données par code TARIC à 10 chiffres et par producteur-exportateur (code additionnel TARIC).

(182)

Les importations dans l’Union du produit fabriqué par Hailide en provenance du pays concerné ont évolué comme suit:

Tableau 3

Volume (en tonnes) et part de marché des importations

2018

2019

2020

Période d’enquête

Volume des importations dans l’Union en provenance de Hailide Chine (en tonnes)

[50 000 – 55 000 ]

[51 000 – 56 000 ]

[43 000 – 48 000 ]

[43 000 – 48 000 ]

Indice

100

102

86

86

Part de marché

[20 % –25 %]

[23 % –28 %]

[21 % –26 %]

[18 % –23 %]

Indice

100

109

102

85

Source:

base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6.

(183)

Les exportations de Hailide depuis la Chine vers l’Union ont diminué de 14 % au cours de la période considérée. La part de marché de Hailide a aussi diminué au cours de cette même période. Néanmoins, Hailide a conservé une part de marché élevée de [18 % – 23 %] dans l’Union au cours de la période d’enquête.

4.4. Prix des importations du produit fabriqué par Hailide

(184)

La Commission a déterminé les prix des importations en se fondant sur les statistiques des importations qui figurent dans la base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6. La sous-cotation du prix des importations a été établie sur la base de la comparaison des chiffres figurant dans la base de données susmentionnée avec les prix vérifiés des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(185)

Le prix moyen pondéré des importations du produit fabriqué par Hailide dans l’Union a évolué comme suit:

Tableau 4

Prix à l’importation (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

Période d’enquête

Hailide

[1 700 – 1 800 ]

[1 600 – 1 700 ]

[1 300 – 1 400 ]

[1 500 – 1 600 ]

Indice

100

96

77

91

Source:

base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6.

(186)

Le prix à l’importation de Hailide a été volatil: il a diminué de 23 % pour atteindre un prix de [1 300 – 1 400] EUR/tonne en 2020, avant d’augmenter de 14 points de pourcentage au cours de la période d’enquête. Malgré ce rétablissement du prix, qui a atteint alors [1 500 – 1 600] EUR/tonne, une baisse globale de 9 % a été enregistrée sur l’ensemble de la période considérée. L’augmentation au cours de la période d’enquête est due à la hausse des coûts du transport et à la reprise après la pandémie de COVID-19, qui a entraîné une forte demande au cours de la période d’enquête.

(187)

La Commission a déterminé la sous-cotation des prix durant la période d’enquête en comparant:

a)

les prix de vente moyens pondérés par type de produit facturés par les trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon à des acheteurs indépendants sur le marché de l’Union, ajustés au niveau départ usine, et

b)

les prix moyens pondérés correspondants par type de produit des importations de Hailide vers le premier client indépendant sur le marché de l’Union, établis sur une base coût, assurance, fret (CIF) et dûment ajustés pour tenir compte des droits de douane et des coûts postérieurs à l’importation.

c)

La comparaison des prix, réalisée pour chaque type de produit, a porté sur des transactions effectuées au même stade commercial, les ajustements jugés nécessaires ayant été dûment opérés et les rabais et remises déduits. Le résultat de cette comparaison a été exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé au cours de la période d’enquête par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

d)

Il en ressort une marge de sous-cotation moyenne pondérée échelonnée entre [17 % et 20 %] pour les importations de Hailide sur le marché de l’Union. En outre, comme expliqué plus en détail au considérant 203, l’industrie de l’Union n’a pas été en mesure de relever ses prix au-delà du niveau de son coût de production en raison de la pression exercée sur les prix par Hailide, dont les prix sont restés inférieurs au coût de production de l’industrie de l’Union pendant toute la période concernée.

4.5. Situation économique de l’industrie de l’Union

4.5.1. Généralités

(188)

Conformément à l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base, l’évaluation de la situation économique de l’industrie de l’Union a comporté une évaluation de tous les indicateurs économiques qui influent sur la situation de cette industrie durant la période considérée.

(189)

Comme indiqué au considérant 12, l’échantillonnage a été utilisé pour évaluer la situation économique de l’industrie de l’Union.

(190)

Aux fins de la détermination du préjudice, la Commission a établi une distinction entre les indicateurs macroéconomiques et les indicateurs microéconomiques de préjudice. La Commission a évalué les indicateurs macroéconomiques à partir des données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et des réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les données se rapportaient à l’ensemble des producteurs de l’Union. La Commission a évalué les indicateurs microéconomiques à partir des données tirées des réponses au questionnaire transmises par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les données concernaient les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les deux ensembles de données se sont avérés représentatifs de la situation économique de l’industrie de l’Union.

(191)

Les indicateurs macroéconomiques sont les suivants: production, capacité de production, utilisation des capacités, volume des ventes, part de marché, croissance, emploi, productivité, importance de la marge de dumping et rétablissement à la suite de pratiques de dumping antérieures.

(192)

Les indicateurs microéconomiques sont les suivants: prix unitaires moyens, coûts unitaires, coût de la main-d’œuvre, stocks, rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux.

4.5.2. Facteurs macroéconomiques

4.5.2.1. Production, capacité de production et utilisation des capacités

(193)

Sur la période considérée, la production totale de l’Union, les capacités de production et l’utilisation des capacités ont évolué comme suit:

Tableau 5

Production, capacités de production et utilisation des capacités

2018

2019

2020

Période d’enquête

Volume de production (en tonnes)

104 834

100 373

90 470

116 803

Indice

100

96

86

111

Capacités de production (en tonnes)

128 826

133 544

134 426

133 517

Indice

100

104

104

104

Utilisation des capacités

81 %

75 %

67 %

87 %

Indice

100

92

83

108

Volume de production sur le marché libre (en tonnes)

88 788

86 462

73 907

94 481

Indice

100

97

83

106

Source:

données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(194)

Le volume de production a d’abord diminué de 14 % entre 2018 et 2020, avant d’augmenter de 25 points de pourcentage au cours de la période d’enquête, ce qui représente une hausse globale de 11 % au cours de la période considérée. Dans un premier temps, le volume de production sur le marché libre a diminué de 17 % entre 2018 et 2020, avant d’augmenter de 23 points de pourcentage au cours de la période d’enquête, ce qui représente une hausse globale de 6 % au cours de la période considérée. L’utilisation des capacités a diminué de 17 % entre 2018 et 2020, mais a augmenté globalement de 8 % au cours de la période considérée.

4.5.2.2. Volume des ventes et part de marché

(195)

Au cours de la période considérée, le volume des ventes et la part de marché de l’industrie de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 6

Volume des ventes et part de marché (en tonnes)

2018

2019

2020

Période d’enquête

Volume des ventes sur le marché de l’Union (en tonnes)

70 753

64 150

59 880

67 335

Indice

100

91

85

95

Part de marché

31 %

30 %

31 %

29 %

Source:

données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(196)

Le volume total des ventes de l’industrie de l’Union sur le marché de l’Union a diminué de 5 % au cours de la période considérée. La part de marché de l’industrie de l’Union a diminué de 2 points de pourcentage au cours de la période considérée. La part de marché affiche une tendance à la baisse au cours de la période considérée, interrompue par une tendance à la hausse intermédiaire en 2020, qui peut s’expliquer par la pandémie de COVID-19 et la pénurie de conteneurs en 2020, qui ont compliqué le transport de marchandises en provenance des pays d’Asie de l’Est.

4.5.2.3. Croissance

(197)

Au cours de la période considérée, la consommation sur le marché libre a augmenté de 1 % et le volume des ventes de l’industrie de l’Union a diminué de 5 %, ce qui s’est traduit par une perte de parts de marché de 2 points de pourcentage.

4.5.2.4. Emploi et productivité

(198)

L’emploi et la productivité ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 7

Emploi et productivité

2018

2019

2020

Période d’enquête

Nombre de salariés

1 024

1 014

993

1 034

Indice

100

99

97

101

Productivité (en tonnes/travailleur)

102

99

91

113

Indice

100

97

89

110

Source:

données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(199)

En raison de la reprise de la demande au cours de la période d’enquête, l’emploi dans l’industrie de l’Union a augmenté de 1 % au cours de la période considérée, malgré une tendance négative entre 2018 et 2020. De même, la productivité a diminué entre 2018 et 2020, avant de devenir positive au cours de la période considérée, uniquement grâce aux chiffres enregistrés pendant la période d’enquête.

4.5.2.5. Ampleur de la marge de dumping

(200)

La marge de dumping de Hailide était supérieure au niveau de minimis. L’ampleur de la marge de dumping effective a eu une incidence considérable sur l’industrie de l’Union, compte tenu du volume et des prix des importations du produit concerné de Hailide en provenance de Chine. Comme indiqué ci-dessus, les prix de Hailide ont entraîné une sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union s’élevant à [17 % – 20 %]. En outre, le prix à l’importation de Hailide, tel qu’il ressort du tableau 4, était inférieur d’au moins 23 % au prix moyen des importations en provenance de Corée du Sud, d’au moins 12 % au prix des importations en provenance de Taïwan et d’au moins 42 % au prix moyen des importations en provenance d’autres pays tiers.

4.5.3. Indicateurs microéconomiques

4.5.3.1. Prix et facteurs qui influent sur les prix

(201)

Sur la période considérée, les prix de vente unitaires moyens pondérés facturés par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon à des acheteurs indépendants de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 8

Prix de vente et coût de production dans l’Union (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

Période d’enquête

Prix de vente unitaire moyen dans l’Union (en EUR/tonne)

2 042

1 974

1 713

1 957

Indice

100

97

84

96

Coût de production unitaire (en EUR/tonne)

2 371

2 357

2 039

2 246

Indice

100

99

86

95

Source:

réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(202)

Le prix de vente unitaire moyen de l’industrie de l’Union facturé à des acheteurs indépendants dans l’Union a diminué de 16 % entre 2018 et 2020 et n’est remonté que de 12 points de pourcentage au cours de la période d’enquête, pour atteindre 1 957 EUR/tonne. Cette baisse du prix de vente est principalement liée à la pression exercée sur les prix par les importations d’origine chinoise. En outre, en 2019 et 2020, le ralentissement économique mondial a eu une incidence sur les prix des matières premières et, par conséquent, des fils de polyester industriels.

(203)

Le coût de production a évolué de la même manière, d’une part en raison de la baisse des prix des matières premières pendant le ralentissement économique mondial en 2019 et 2020, et d’autre part en raison de rationalisations telles que la réduction des effectifs au cours de ces mêmes années. En 2019 et 2020, le coût unitaire a respectivement diminué d’un point de pourcentage et de 13 points de pourcentage. Toutefois, les prix ont diminué à un rythme plus élevé de 16 points de pourcentage au cours de ces deux années, ce qui montre que l’industrie de l’Union n’a pas pu tirer parti de ces baisses de coûts. Au cours de la période d’enquête, les coûts unitaires ont augmenté de 9 points de pourcentage, tandis que le prix de vente a augmenté de 12 points de pourcentage. Toutefois, par rapport au début de la période considérée, les prix ont quasiment diminué du même pourcentage que les coûts unitaires, ce qui montre que les prix étaient bloqués. L’industrie de l’Union n’a pas été en mesure de tirer profit de la baisse des coûts, elle n’a pas pu augmenter ses prix ni même les maintenir à leur niveau initial.

4.5.3.2. Coût de la main-d’œuvre

(204)

Sur la période considérée, le coût moyen de la main-d’œuvre des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a évolué comme suit:

Tableau 9

Coût moyen de la main-d’œuvre par salarié

2018

2019

2020

Période d’enquête

Coût moyen de la main-d’œuvre par salarié (en EUR)

48 153

49 499

46 821

51 680

Indice

100

103

97

107

Source:

réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(205)

Le coût moyen de la main-d’œuvre par salarié a augmenté de 7 % au cours de la période considérée. Cette tendance n’a été interrompue qu’en 2020, en raison d’une part de rationalisations et d’autre part de mesures spécifiques liées à la pandémie de COVID-19, telles que le chômage partiel.

4.5.3.3. Stocks

(206)

Au cours de la période considérée, les niveaux de stocks des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit:

Tableau 10

Stocks

2018

2019

2020

Période d’enquête

Stocks de clôture (en tonnes)

7 721

8 052

6 510

6 991

Indice

100

104

84

91

Stocks de clôture en pourcentage de la production

14

16

13

12

Source:

réponses vérifiées au questionnaire communiquées par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(207)

Le niveau des stocks de clôture des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a diminué de 9 % au cours de la période considérée. Pendant la période d’enquête, le niveau des stocks représentait quelque 12 % de la production de ces producteurs.

4.5.3.4. Rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser les capitaux

(208)

Au cours de la période considérée, la rentabilité, les flux de liquidités, les investissements et le rendement des investissements des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit:

Tableau 11

Rentabilité, flux de liquidités, investissements et rendement des investissements

2018

2019

2020

Période d’enquête

Rentabilité des ventes à des acheteurs indépendants dans l’Union (en % du chiffre d’affaires des ventes)

–10

–15

–17

–8

Indice

– 100

– 153

– 174

–86

Flux de liquidités (en EUR)

–8 902 195

–4 318 803

–2 067 021

–5 374 726

Indice

– 100

–49

–23

–60

Investissements (en EUR)

12 926 148

7 405 795

2 087 298

4 495 812

Indice

100

57

16

35

Rendement des investissements

–4

–6

–6

–4

Indice

– 100

– 158

– 154

– 101

Source:

réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(209)

La Commission a déterminé la rentabilité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en exprimant le bénéfice net avant impôt retiré des ventes du produit similaire à des acheteurs indépendants dans l’Union sous forme de pourcentage du chiffre d’affaires généré par ces ventes. La rentabilité de l’industrie de l’Union a été négative tout au long de la période considérée. Elle a commencé à – 10 % en 2018 et la baisse s’est accentuée jusqu’en 2020 pour atteindre – 17 %. Au cours de la période d’enquête, la rentabilité s’est légèrement améliorée (– 8 %) en raison de la forte demande.

(210)

Les flux nets de liquidités représentent la capacité des producteurs de l’Union à autofinancer leurs activités. Les flux nets de liquidités ont suivi une tendance à la baisse tout au long de la période considérée. Si ces flux se sont progressivement améliorés entre 2018 et 2020, ils ont de nouveau chuté au cours de la période d’enquête. Malgré une progression de 40 % au cours de la période considérée, ils sont restés négatifs. Par conséquent, l’amélioration des flux de liquidités n’indique pas une stabilisation de la situation financière de l’industrie de l’Union, étant donné qu’ils restent négatifs.

(211)

Les investissements ont diminué de 65 % au cours de la période considérée. Ces investissements étaient associés à la mise en conformité avec les exigences en matière de santé, de sécurité et d’environnement, à l’accroissement de la capacité et à l’efficacité des installations de production. Alors qu’en 2018, des investissements dans une augmentation de capacité étaient possibles, cela n’était plus le cas par la suite.

(212)

Le rendement des investissements est le bénéfice exprimé en pourcentage de la valeur comptable nette des investissements. Le rendement des investissements résultant de la production et des ventes du produit similaire a suivi une évolution semblable à celle de la rentabilité. Il a chuté entre 2018 et 2020, puis est revenu à un niveau proche de celui de 2018 au cours de la période d’enquête. Il est resté négatif tout au long de la période considérée. Par conséquent, le rendement des investissements indique une situation financière négative de l’industrie de l’Union sur l’ensemble de la période considérée.

4.5.4. Conclusion concernant le préjudice

(213)

L’enquête a montré que la situation globale de l’industrie de l’Union au niveau macroéconomique ne s’était pas améliorée au cours de la période considérée, comme on aurait pu s’y attendre compte tenu de la hausse de la demande au cours de la période d’enquête. Les exportations à bas prix de Hailide ont été effectuées dans des conditions qui n’ont pas permis à l’industrie de l’Union, bien que protégée d’autres exportateurs, de surmonter les effets d’un dumping préjudiciable. Le volume des importations du produit fabriqué par Hailide a été substantiel tout au long de la période considérée ([43 000 – 56 000 tonnes]), ce qui a donné lieu à une part de marché tout aussi importante ([18 % – 28 %]), faisant de Hailide le premier producteur-exportateur sur le marché de l’Union. Les prix de Hailide ont été constamment inférieurs aux coûts de production de l’industrie de l’Union tout au long de la période considérée et une sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union de [17 % – 20 %] a été constatée au cours de la période d’enquête. Face à une telle pression sur le volume et les prix, les prix de l’industrie de l’Union ont été constamment inférieurs à ses coûts de production, ce qui a entraîné des pertes pendant toute la période considérée. Même l’augmentation de la demande au cours de la période d’enquête n’a pas entraîné de hausse des ventes sur le marché de l’Union par rapport au début de la période considérée. Malgré les investissements réalisés pour augmenter ses capacités, l’Union n’a même pas été en mesure de maintenir sa part de marché.

(214)

L’enquête a également montré que la situation de l’industrie au niveau microéconomique n’était pas soutenable et que l’industrie avait subi des pertes au cours de la période d’enquête, malgré le fait que, pendant cette même période, la demande s’était redressée après la récession économique des deux années précédentes. La situation économique de l’industrie de l’Union a donc connu une dégradation.

(215)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie de l’Union subissait un préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base pendant la période d’enquête.

5. LIEN DE CAUSALITÉ

(216)

Conformément à l’article 3, paragraphe 6, du règlement de base, la Commission a examiné si les importations faisant l’objet de dumping en provenance de Hailide avaient causé un préjudice important à l’industrie de l’Union. Conformément à l’article 3, paragraphe 7, du règlement de base, la Commission a également examiné si d’autres facteurs connus avaient pu au même moment causer un préjudice à l’industrie de l’Union. La Commission a veillé à ce que tout préjudice éventuel causé par des facteurs autres que les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Hailide ne soit pas attribué auxdites importations.

5.1. Effets des importations faisant l’objet d’un dumping

(217)

Pendant toute la période considérée, les exportations de Hailide ont représenté une part substantielle des importations dans l’Union. Bien que la part de marché de Hailide ait diminué de 3 points de pourcentage au cours de la période considérée, ses exportations au cours de la période d’enquête représentaient toujours une part de marché de [18 % – 23 %] dans l’Union. Le niveau des prix des exportations de Hailide a diminué de 9 % au cours de la période considérée: au cours de la période d’enquête, ces prix étaient de[1 500 – 1 600] EUR/tonne; la sous-cotation des prix de l’industrie de l’Union s’élevait ainsi à au moins 17 %. Comme le montre le tableau 8, les producteurs de l’Union ont été en mesure de réduire le coût de production unitaire de 5 % au cours de la période considérée. Toutefois, en raison de la pression exercée par les prix bas pratiqués par Hailide, ils n’ont pas été en mesure d’augmenter leur prix, ni même de les maintenir pour améliorer leur rentabilité. Par conséquent, Hailide a fait baisser le niveau des prix de l’industrie de l’Union, contribuant ainsi à entretenir une situation de pertes constantes pour l’industrie de l’Union au cours de la période considérée. La pression sur les prix exercée par les importations du produit concerné, qui représentaient une part de marché importante de [18 % – 23 %], a clairement coïncidé avec le préjudice subi par l’industrie de l’Union. Par conséquent, en raison du volume important des exportations de Hailide et de la pression qu’elles exerçaient sur les prix, il existait un lien de cause à effet réel et substantiel entre les importations de fils de polyesters à haute ténacité fabriqués par Hailide et le préjudice subi par l’industrie de l’Union.

5.2. Effets d’autres facteurs

5.2.1. Importations de produits fabriqués par Hangzhou Huachun Chemical Fiber

(218)

Hangzhou Huachun Chemical Fiber a cessé d’exister en 2021. Ses exportations ont diminué de 99 % au cours de la période considérée et représentaient une part inférieure à 1 % du marché de l’Union au cours de la période d’enquête. En outre, le prix à l’exportation était nettement supérieur au prix de l’industrie de l’Union. Par conséquent, ces exportations n’ont pas contribué au préjudice constaté.

5.2.2. Importations provenant des autres producteurs-exportateurs soumis à des droits

(219)

Les importations provenant des autres producteurs-exportateurs soumis à des droits ont évolué comme suit:

Tableau 12

Volume (en tonnes) et part de marché des importations

2018

2019

2020

Période d’enquête

Volume des importations provenant des exportateurs soumis actuellement à des droits (en tonnes)

[58 000 – 63 000 ]

[59 000 – 64 000 ]

[58 000 – 63 000 ]

[69 000 – 74 000 ]

Indice

100

101

99

117

Part de marché

[25 % –30 %]

[27 % –32 %]

[30 % –35 %]

[29 % –34 %]

Indice

100

107

118

115

Source:

base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6.

(220)

Leurs prix à l’importation ont évolué comme suit:

Tableau 13

Prix à l’importation hors droits (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

Période d’enquête

Chine (exportateurs soumis actuellement à des droits)

1 655

1 531

1 195

1 440

Indice

100

92

72

87

(221)

En augmentant de 17 % leur volume d’exportation vers l’Union européenne au cours de la période considérée, à des prix inférieurs aux prix de l’industrie de l’Union, les producteurs soumis aux droits actuels ont contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union. Les exportateurs soumis actuellement à des droits ont vendu leur produit à 1 440 EUR/tonne au cours de la période d’enquête et leurs prix ont globalement baissé de 13 % tout au long de la période considérée. Ces exportateurs ont pu accroître encore leur part de marché de 4 points de pourcentage au cours de la période concernée. La Commission a donc conclu que ces exportateurs avaient contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union.

(222)

Toutefois, ces importations n’ont pas affaibli le lien constaté entre les importations faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union, au point que ce lien ne puisse plus être qualifié de lien de cause à effet réel et substantiel. Les exportations du produit fabriqué par Hailide représentaient une part de marché de [18 % – 23 %] dans l’Union au cours de la période d’enquête, et les prix de Hailide ont suivi de près les prix pratiqués par les autres producteurs-exportateurs chinois, auxquels s’ajoutaient des droits antidumping. Cette part de marché élevée (qui représentait plus des deux tiers de la part de marché de l’industrie de l’Union et équivalait à la part de marché de l’ensemble des pays tiers, à l’exclusion de la Chine), associée à des prix bas, a tellement pesé sur le marché qu’elle a exercé à elle seule une pression considérable sur les prix de l’industrie de l’Union.

(223)

Par conséquent, les effets des exportations provenant d’autres producteurs que Hailide, même s’ils ont contribué au préjudice, n’ont pas réduit sensiblement l’importance relative des importations faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide dans la réalisation du préjudice.

5.2.3. Importations en provenance de pays tiers

(224)

Les importations dans l’Union de fils de polyesters à haute ténacité en provenance de pays tiers autres que la Chine concernaient principalement la Corée du Sud, le Viêt Nam et Taïwan.

(225)

Le volume (agrégé) des importations dans l’Union, la part de marché et les prix des importations de fils de polyesters à haute ténacité en provenance d’autres pays tiers ont évolué comme suit:

Tableau 14

Importations en provenance de pays tiers

Pays

2018

2019

2020

Période d’enquête

Corée du Sud

Volume (en tonnes)

15 150

13 025

9 259

15 167

Indice

100

86

61

100

Part de marché

7 %

6 %

5 %

7 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

2 024

2 051

1 803

2 077

Indice

100

101

89

103

Viêt Nam

Volume (en tonnes)

500

129

776

12 231

Indice

100

26

155

2 444

Part de marché

0 %

0 %

0 %

5 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

2 340

4 136

2 276

1 537

Indice

100

177

97

66

Taïwan

Volume (en tonnes)

6 776

4 485

3 795

7 375

Indice

100

66

56

109

Part de marché

3 %

2 %

2 %

3 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 874

1 858

1 636

1 816

Indice

100

99

87

97

Autres pays tiers

Volume (en tonnes)

19 759

15 261

11 917

11 364

Indice

100

77

60

58

Part de marché

9 %

7 %

6 %

5 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

2 586

2 780

2 683

2 740

Indice

100

108

104

106

Total de tous les pays tiers à l’exception du pays concerné

Volume (en tonnes)

42 185

32 900

25 747

46 137

Indice

100

78

61

109

Part de marché

18 %

15 %

13 %

20 %

Prix moyen (en EUR/tonne)

2 267

2 371

2 200

2 055

Indice

100

105

97

91

Source:

Eurostat.

(226)

Au cours de la période d’enquête, 46 137 tonnes de fils de polyesters à haute ténacité ont été importées en provenance de pays tiers, à l’exclusion de la Chine, et ce volume représente 20 % du marché de l’Union. Au total, leur part de marché a diminué entre 2018 et 2020, passant de 18 % à 13 %, avant de grimper à 20 % au cours de la période d’enquête. Cette évolution suit la tendance de la consommation de l’Union, mais de manière plus prononcée. Le prix moyen des importations en provenance de pays tiers, à l’exclusion de la Chine, a augmenté de 5 % en 2019, puis a diminué de 8 points de pourcentage en 2020 et de 6 points de pourcentage supplémentaires au cours de la période d’enquête. Ces importations proviennent principalement de Corée du Sud (7 % du marché de l’Union), du Viêt Nam (5 % du marché de l’Union) et de Taïwan (3 % du marché de l’Union). Étant donné que tous ces pays sont situés en Asie de l’Est, ils ont été confrontés à la pénurie de conteneurs et aux coûts de transport élevés qui en ont résulté, ce qui explique la baisse de la part de marché de ces pays tiers en 2020.

(227)

Les importations en provenance de l’ensemble des pays tiers ont augmenté leur part de marché de 2 points de pourcentage sur le marché de l’Union. Toutefois, le prix moyen des importations en provenance de tous les pays tiers au cours de la période d’enquête, mais aussi au cours de toutes les années précédentes dans la période considérée, était nettement supérieur au prix de vente moyen dans l’Union. Par conséquent, les pays tiers, dans leur ensemble, n’ont pas contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union. La Commission a donc évalué si les importations en provenance d’un pays tiers particulier avaient contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union.

(228)

Les importations en provenance de Corée du Sud ont suivi la tendance de la consommation de l’Union de manière plus accentuée: elles ont diminué entre 2018 et 2020, avant de se redresser et de dépasser le niveau de 2018 au cours de la période d’enquête. La part de marché a progressivement diminué entre 2018 et 2020, passant de 7 % à 5 %, avant de remonter à 7 % au cours de la période d’enquête. Le niveau des prix des importations sud-coréennes a progressivement augmenté au cours de la période concernée, sauf en 2020, année durant laquelle les prix ont baissé, probablement en raison de la faiblesse de la demande.

(229)

Le niveau des prix des importations en provenance de Corée du Sud au cours de la période d’enquête et des deux années précédentes était supérieur au prix de vente de l’industrie de l’Union. En raison du niveau des prix plus élevé, la Commission a conclu que les importations en provenance de Corée du Sud n’avaient pas contribué au préjudice.

(230)

Le volume des importations en provenance du Viêt Nam, qui était très faible entre 2018 et 2020, avec une part de marché nettement inférieure à 1 % pendant ces deux années, a ensuite augmenté pour atteindre 5 % du marché de l’Union au cours de la période d’enquête. Cette hausse a coïncidé avec une baisse des prix, qui sont passés de niveaux supérieurs au prix de vente moyen de l’industrie de l’Union à un prix de 1 537 EUR/tonne au cours de la période d’enquête, un chiffre qui non seulement est nettement inférieur au prix de vente de l’industrie de l’Union, mais aussi se rapproche du prix des exportations de Hailide en provenance de Chine, à savoir [1 500 – 1 600] EUR/tonne.

(231)

Toutefois, le volume des exportations vers l’Union réalisées par Hailide au cours de la période d’enquête était nettement plus élevé. Ces exportations s’élevaient à [43 000 – 48 000] tonnes, tandis que les importations en provenance du Viêt Nam ne s’élevaient qu’à 12 231 tonnes, ce qui représente une fraction seulement des exportations réalisées par Hailide vers l’Union.

(232)

Par conséquent, la Commission a conclu que, si les importations en provenance du Viêt Nam pouvaient avoir contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union, elles n’atténuaient pas le lien de causalité, étant donné que leur volume ne représentait qu’une petite fraction des exportations réalisées par Hailide vers l’Union et n’avait pas un poids comparable pour ce qui est de la pression exercée sur l’industrie de l’Union.

(233)

Les importations en provenance de Taïwan représentaient une part de marché de 3 % au début de la période considérée, ainsi qu’au cours de la période d’enquête. Alors que le prix à l’importation de 1 816 EUR/tonne au cours de la période d’enquête était légèrement inférieur au prix de vente de l’industrie de l’Union, il était nettement supérieur au prix des exportations de Hailide en provenance de Chine, qui s’élevait à [1 400 – 1 600] EUR/tonne.

(234)

Par conséquent, la Commission a conclu que, si les importations en provenance de Taïwan pouvaient avoir contribué au préjudice subi par l’industrie de l’Union, elles n’atténuaient pas le lien de causalité, étant donné que leur volume ne représentait qu’une fraction des importations de produits Hailide en provenance de Chine, que leur prix était nettement supérieur au prix de vente pratiqué par Hailide pour les produits importés de Chine et qu’elles n’avaient pas un poids comparable pour ce qui est de la pression exercée sur l’industrie de l’Union.

(235)

Les importations en provenance de Taïwan et du Viêt Nam, considérées conjointement avec les importations provenant des exportateurs chinois soumis actuellement à des droits, n’ont pas atténué le lien constaté entre les importations faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide et le préjudice subi par l’industrie de l’Union, au point que ce lien ne saurait être qualifié de lien de cause à effet réel et substantiel. Les exportations réalisées par Hailide représentaient une part de marché de [18 % – 23 %] dans l’Union au cours de la période d’enquête et leur prix de vente était, en moyenne, nettement inférieur aux coûts de production pour l’industrie de l’Union. Compte tenu de l’ampleur de ces chiffres et de la pression sur les prix qui en a résulté, les importations en provenance de Taïwan, du Viêt Nam et des autres producteurs-exportateurs chinois n’ont pas réduit sensiblement l’importance relative des importations faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide dans la réalisation du préjudice.

5.2.4. Résultats à l’exportation pour l’industrie de l’Union

(236)

Le volume des exportations des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon a évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 15

Résultats à l’exportation pour les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Volume d’exportation (en tonnes)

21 674

19 603

18 729

21 299

Indice

100

90

86

98

Prix moyen (en EUR/tonne)

2 208

2 161

1 767

2 272

Indice

100

98

80

103

Source:

données vérifiées fournies par l’industrie de l’Union et réponses vérifiées au questionnaire des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(237)

Alors que les volumes des exportations au cours de la période considérée ont suivi une tendance semblable à celle des ventes sur le marché de l’Union, au cours de la période d’enquête, ces volumes n’étaient inférieurs que de 2 % aux chiffres de 2018 et sont remontés à un niveau plus élevé que celui des ventes sur le marché de l’Union, qui restaient inférieures de 5 % aux volumes de 2018.

(238)

Chaque année, le prix moyen des exportations était nettement supérieur au prix de vente sur le marché de l’Union; au cours de la période d’enquête, la différence dépassait 10 %. Le prix moyen des exportations a suivi une tendance semblable à celle des prix sur le marché de l’Union. Toutefois, alors que le prix à l’exportation a chuté plus vite que les prix pratiqués sur le marché de l’Union en 2020, il s’est redressé plus rapidement pendant la période d’enquête, atteignant un niveau supérieur de 3 % au prix moyen de 2018, alors que le prix de vente sur le marché de l’Union au cours de la période d’enquête restait inférieur de 4 % au prix de 2018.

(239)

Cette comparaison montre que les producteurs de l’Union sont fermement attachés au marché de l’Union, tout en étant capables d’obtenir des prix plus élevés pour les ventes à l’exportation.

(240)

Par conséquent, la Commission a conclu que les résultats à l’exportation de l’industrie de l’Union n’avaient pas contribué au préjudice, mais avaient au contraire permis de limiter les pertes.

5.2.5. Consommation captive

(241)

La consommation captive de l’industrie de l’Union a considérablement augmenté au cours de la période d’enquête. Sur la période considérée, elle a augmenté de 39 %. Toutefois, la décision d’augmenter la consommation captive dans l’objectif de vendre des produits en aval à un niveau de fabrication plus élevé ne constitue pas une cause du préjudice subi par l’industrie de l’Union, mais plutôt une conséquence directe des importations faisant l’objet d’un dumping, étant donné que les producteurs de l’Union n’ont pas été en mesure d’obtenir un prix de marché équitable sur le marché libre pour les fils de polyesters à haute ténacité, en raison de la pression exercée sur les prix par les importations faisant l’objet d’un dumping. Par conséquent, la Commission a conclu qu’il ne s’agissait pas d’un facteur contribuant au préjudice.

5.2.6. Prix élevés de l’énergie et inflation

(242)

En réaction aux observations du requérant concernant les évolutions postérieures à la période d’enquête, plusieurs utilisateurs et une association d’utilisateurs ont affirmé que la hausse des coûts de l’énergie et de l’inflation rompait le lien de causalité entre les importations de fils de polyesters à haute ténacité chinois et le préjudice subi par l’industrie de l’Union. La hausse des coûts de l’énergie et de l’inflation, telle que présentée par le requérant, s’est toutefois produite après la période d’enquête. Les utilisateurs n’ont pas précisé si de tels événements avaient eu lieu au cours de la période d’enquête. Par conséquent, la Commission a rejeté cet argument.

5.3. Conclusion concernant le lien de causalité

(243)

Le volume substantiel des importations du produit fabriqué par Hailide en provenance de Chine a manifestement coïncidé avec la dégradation de la situation de l’industrie de l’Union.

(244)

La Commission a également examiné d’autres facteurs de préjudice et n’a trouvé aucun autre facteur susceptible d’atténuer le lien de causalité entre les exportations de Hailide en provenance de Chine et le préjudice important subi par l’industrie de l’Union, au point de faire disparaître tout lien réel et substantiel entre les importations du produit fabriqué par Hailide et le préjudice constaté.

(245)

Au vu de ce qui précède, la Commission a conclu que les exportations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide avaient contribué de manière significative au préjudice subi par l’industrie de l’Union et qu’aucun autre facteur, pris individuellement ou collectivement, n’avait atténué le lien de causalité entre ces exportations et le préjudice subi par l’industrie de l’Union.

6. NIVEAU DES MESURES

(246)

À la lumière des conclusions établies par la Commission concernant le dumping, le préjudice, le lien de causalité et l’intérêt de l’Union (examiné au point 7 ci-dessous), l’institution de mesures définitives est jugée nécessaire afin d’empêcher l’aggravation du préjudice causé à l’industrie de l’Union par les importations faisant l’objet d’un dumping.

(247)

Pour déterminer le niveau des mesures, la Commission a cherché à savoir si un droit plus faible que la marge de dumping suffirait à éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union par les importations faisant l’objet d’un dumping.

6.1. Marge de préjudice

(248)

La Commission a d’abord établi le montant du droit nécessaire pour éliminer le préjudice subi par l’industrie de l’Union. Dans ce cas, le préjudice serait éliminé si l’industrie de l’Union était en mesure de couvrir ses coûts de production, y compris les coûts résultant d’accords multilatéraux sur l’environnement auxquels l’Union est partie, et de leurs protocoles, et de conventions de l’OIT énumérées à l’annexe I bis du règlement de base, et d’obtenir un bénéfice raisonnable (ci-après le «bénéfice cible») en vendant à un prix cible au sens de l’article 7, paragraphes 2 quater et 2 quinquies, du règlement de base.

(249)

Conformément à l’article 7, paragraphe 2 quater, du règlement de base, afin d’établir le bénéfice cible, la Commission a tenu compte du niveau de rentabilité avant l’augmentation des importations en provenance du pays concerné, et du niveau de rentabilité escompté dans des conditions normales de concurrence. Elle a analysé les bénéfices réalisés par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon avant l’augmentation des importations en provenance de Chine. Toutefois, la marge de bénéfice était inférieure au minimum de 6 % prévu par l’article 7, paragraphe 2 quater, du règlement de base. Cette marge de bénéfice a donc été remplacée par 6 %, comme le prévoit l’article précité.

(250)

Aucun argument n’a été avancé selon lequel le niveau d’investissement, de recherche et développement (R&D) et d’innovation de l’industrie de l’Union au cours de la période considérée aurait été plus élevé dans des conditions normales de concurrence.

(251)

Un producteur de l’Union retenu dans l’échantillon (Glanzstoff) a pu démontrer l’existence de coûts de mise en conformité futurs au sens de l’article 7, paragraphe 2 quinquies, du règlement de base. Un montant de 6,6 EUR/tonne a été ajouté au prix cible du producteur concerné pour répercuter les coûts environnementaux supplémentaires qui seront supportés au cours de la période d’application des mesures. Ce montant représente moins de 1 % du coût de production moyen par tonne de Glanzstoff.

(252)

La Commission a ainsi calculé un prix non préjudiciable du produit similaire pour l’industrie de l’Union en appliquant la marge de bénéfice cible de 6 % au coût de production des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon pendant la période d’enquête.

(253)

La Commission a ensuite déterminé le niveau d’élimination du préjudice en comparant le prix à l’exportation moyen pondéré de Hailide pour chaque type de produit, tel qu’établi pour les calculs de la sous-cotation des prix, au prix non préjudiciable moyen pondéré du produit similaire vendu par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon sur le marché libre de l’Union pendant la période d’enquête. Les éventuelles différences résultant de cette comparaison ont été exprimées en pourcentage de la valeur moyenne pondérée CIF à l’importation. La marge de sous-cotation résiduelle ainsi obtenue lors de l’information finale était de 39 %.

(254)

En réponse à l’information finale, Hailide a avancé un certain nombre d’arguments spécifiques concernant les ventes à l’exportation par l’intermédiaire de son importateur lié dans l’Union, comme souligné en détail dans la section 2.6 ci-dessus. En outre, la Commission a relevé et corrigé une erreur matérielle dans l’arrondi des chiffres relatifs à la marge de préjudice. En conséquence, la marge de préjudice de Hailide ainsi que la sous-cotation ont été recalculées. La Commission a constaté que le nouveau calcul n’a eu aucune incidence significative sur la sous-cotation. Les calculs révisés ont fait l’objet d’une information supplémentaire.

(255)

Par conséquent, le niveau final d’élimination du préjudice est le suivant:

Pays

Entreprise

Marge de préjudice définitive (en %)

Chine

Zhejiang Hailide New Material Co., Ltd

38,7

7. INTÉRÊT DE L’UNION

(256)

Conformément à l’article 21 du règlement de base, la Commission a examiné si, malgré la détermination d’un dumping préjudiciable, elle pouvait clairement conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union d’adopter des mesures dans ce cas particulier. L’intérêt de l’Union a été apprécié sur la base d’une évaluation de tous les intérêts concernés, notamment ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs et des utilisateurs.

7.1. Intérêt de l’industrie de l’Union

(257)

L’enquête a montré que l’industrie de l’Union subit un préjudice important en raison des effets des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping de la part de Hailide qui sous-cotent les prix de l’industrie de l’Union, venant aggraver la pression exercée sur les prix par les exportateurs chinois déjà soumis à des droits. L’industrie de l’Union n’a en effet pas été en mesure de tirer pleinement parti de l’institution des droits antidumping à l’encontre de la Chine.

(258)

L’application des mesures existantes à Hailide sera bénéfique pour l’industrie de l’Union, puisqu’elle empêchera probablement une nouvelle augmentation des importations en provenance de Chine à des prix très bas. En l’absence de mesures, Hailide poursuivra ses pratiques de dumping concernant les fils de polyesters à haute ténacité sur le marché de l’Union, empêchant l’industrie de l’Union de vendre ce produit à un prix adéquat et causant ainsi un nouveau préjudice important à ladite industrie.

7.2. Intérêt des importateurs indépendants

(259)

Aucun importateur indépendant n’a coopéré à la présente enquête.

(260)

La Commission a conclu qu’il n’existait aucune raison impérieuse, liée à la position des importateurs indépendants, qui viendrait s’opposer à l’institution de mesures à l’encontre d’Hailide.

7.3. Intérêt des utilisateurs

(261)

Il existe plusieurs principaux groupes d’utilisateurs de fils de polyesters à haute ténacité: les fabricants de pneumatiques et les fabricants de tissus, rubans, sangles, courroies, câbles et bandes techniques, chaque groupe représentant environ 50 % de la demande de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union. Les tissus, sangles, courroies, câbles et bandes techniques sont utilisés dans les secteurs de l’automobile, des engins de levage, de la fixation pendant le transport et pour tous les types de machines.

(262)

À l’ouverture de l’enquête, 64 utilisateurs connus et associations d’utilisateurs de l’Union ont été contactés et invités à coopérer. À la suite de l’ouverture de l’enquête, cinq utilisateurs et une association d’utilisateurs se sont manifestés. Les utilisateurs qui se sont manifestés appartiennent au groupe de fabricants de tissus, rubans, sangles, courroies, câbles et bandes techniques. Les utilisateurs ayant participé représentent 10 % de la consommation de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union. Aucun utilisateur du groupe des fabricants de pneumatiques ne s’est manifesté.

(263)

Aucun utilisateur de fils de polyesters à haute ténacité produits par Hailide n’a répondu au questionnaire. Toutefois, une association d’utilisateurs et cinq utilisateurs de fils de polyesters à haute ténacité produits par Hailide ont formulé des observations concernant l’incidence financière de l’application des droits à Hailide et la nécessité de garantir la continuité des approvisionnements.

(264)

À la suite de l’information finale, dix utilisateurs, une association d’utilisateurs et un producteur intégré, qui fabrique également des produits tissés, ont formulé des observations sur l’information finale et se sont opposés à l’intention de la Commission d’instituer des droits antidumping sur les fils de polyesters à haute ténacité de Hailide.

(265)

Plusieurs utilisateurs et l’association d’utilisateurs ont fait valoir que l’analyse de la Commission repose sur des faits incomplets, étant donné que cette dernière n’a pas tenu compte des observations des sociétés utilisatrices, qui sont des PME, bien qu’elles aient proposé de soumettre leurs données à une vérification sur place ou à distance.

(266)

La Commission a marqué son désaccord avec cette allégation. En fait, comme on peut le voir dans les sections suivantes, la Commission a tenu compte des observations de tous les utilisateurs lorsqu’elle a analysé l’intérêt de l’Union, même si certaines données spécifiques ont été soumises au cours d’une audition 64 jours après la date limite, et ont été complétées par des données supplémentaires sept mois après la date limite et trop tard pour faire l’objet d’une vérification. La Commission avait déjà informé les parties de l’expiration du délai lorsqu’elles avaient demandé l’autorisation de soumettre des questionnaires tardivement deux mois après la date limite.

7.3.1. Incidence financière

(267)

L’association d’utilisateurs et cinq utilisateurs de fils de polyesters à haute ténacité produits par Hailide ont fait valoir que le niveau des droits existants institués à l’encontre des autres exportateurs chinois, qui s’échelonnent de 5,1 % à 9,8 %, établissait un juste équilibre entre les intérêts des producteurs de fils de polyesters à haute ténacité de l’Union et ceux des industries utilisatrices. Par conséquent, le maintien des mesures aux niveaux initiaux pourrait être supporté par les industries utilisatrices. Alors que, par le passé, Hailide n’était soumise à aucun droit, il a été déterminé qu’un droit de 6,9 % sur les importations du produit fabriqué par l’entreprise se situe dans la fourchette des droits institués précédemment à l’encontre des autres exportateurs chinois. La Commission a donc conclu qu’il n’existait aucune raison impérieuse, d’un point de vue financier, de s’opposer à l’institution d’un droit de 6,9 % à l’encontre de Hailide.

(268)

À la suite de l’information finale, dix utilisateurs, l’association d’utilisateurs et le producteur intégré ont fait valoir qu’une augmentation de coût supplémentaire résultant des droits sur leur principale matière première affaiblirait encore davantage leur position concurrentielle en tant que fabricants établis dans l’Union européenne. Ils ont fourni de nombreux exemples d’offres faites à des clients européens par des fabricants chinois de produits en aval fabriqués avec des fils de polyesters à haute ténacité, dont les prix étaient très proches du prix des fils de polyesters à haute ténacité après ajout des droits proposés, voire inférieurs à celui-ci. Ils ont affirmé que le principal problème des droits antidumping sur les fils de polyesters à haute ténacité de Hailide était qu’ils ne s’étendent pas aux produits en aval tels que les tissus, les bandes, les sangles d’arrimage, les élingues et les sangles tissées.

(269)

À la suite de l’information finale, les requérants ont également soutenu que la principale préoccupation des utilisateurs était liée à la concurrence déloyale de la Chine à laquelle ils sont confrontés sur les marchés en aval. Cette préoccupation serait encore exacerbée par l’institution de droits antidumping sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité de Hailide. D’un autre côté, les utilisateurs ont indiqué à plusieurs reprises qu’ils ne s’opposaient pas à une prolongation des mesures antidumping initiales, qui s’échelonnaient de 5,1 % à 9,8 %.

(270)

Afin de lutter contre le problème de la concurrence déloyale concernant les produits en aval, cinq utilisateurs et une association d’utilisateurs ont demandé à la Commission d’étendre les droits aux fils de polyesters à haute ténacité contenus dans les sangles, les câbles et les tuyaux d’incendie importés. Ils ont fait référence au règlement de la Commission relatif aux mâts d’éoliennes en acier originaires de Chine (92), dans lequel le droit antidumping s’appliquait non seulement aux mâts d’éoliennes, mais aussi aux éoliennes, qui comprennent des mâts d’éoliennes en acier.

(271)

Premièrement, la Commission reconnaît que la concurrence des exportateurs chinois de produits en aval limite la possibilité pour les utilisateurs d’augmenter leurs prix et de répercuter les coûts supplémentaires dus à l’augmentation des droits. Toutefois, une potentielle concurrence déloyale au niveau des utilisateurs ne saurait, à elle seule, constituer une raison impérieuse de ne pas s’attaquer au dumping préjudiciable constaté sur le marché en amont. Bien que les utilisateurs aient démontré que l’augmentation des droits sur les fils de polyesters à haute ténacité cause un désavantage concurrentiel par rapport aux fabricants chinois du même produit en aval, ils ont également indiqué qu’une protection contre ces importations de produits en aval pourrait être assurée par des droits antidumping sur ces produits. Ils n’ont pas démontré qu’il n’était pas possible pour l’industrie utilisatrice de déposer plainte pour qu’une enquête soit ouverte sur les importations de tissus à base de fils de polyesters à haute ténacité ou d’autres produits secondaires susceptibles de faire l’objet d’un dumping.

(272)

En outre, les droits antidumping de 6,9 % institués sur les fils de polyesters à haute ténacité de Hailide figurent parmi les plus bas des droits qui ont déjà été institués pour les autres producteurs-exportateurs chinois. Les utilisateurs ont affirmé à plusieurs reprises que le niveau initial des droits ménageait un équilibre entre les différents intérêts. De plus, les utilisateurs ont la possibilité de s’approvisionner auprès d’autres pays tiers tels que la Corée du Sud, Taïwan et le Viêt Nam, qui augmentent leurs capacités de production.

(273)

En ce qui concerne la proposition d’étendre les mesures aux fils de polyesters à haute ténacité incorporés dans les produits en aval, la Commission a fait observer que, contrairement au cas des mâts d’éoliennes en acier, les produits auxquels les droits seraient étendus n’étaient pas inclus dans la définition du produit faisant l’objet de l’enquête. En effet, la définition du produit concerné dans le cas des mâts d’éoliennes en acier incluait déjà les mâts importés en tant que composant d’une éolienne: «Le produit concerné correspond à certains mâts d’éoliennes industrielles en acier […], relevant actuellement des codes NC ex 7308 20 00 (code TARIC 7308200011), ex 7308 90 98 (code TARIC 7308909811) et, lorsqu’ils sont importés en tant que composant d’une éolienne , ex 8502 31 00 […]». La Commission ne peut, en principe, pas instituer des droits sur un produit qui ne relevait pas de la portée de l’enquête. En l’espèce, en particulier, la Commission a considéré que la multitude de transformations possibles couvertes par les codes NC suggérés élargirait l’application des droits au-delà de la portée de l’enquête.

(274)

Dès lors, la Commission a estimé que la demande des utilisateurs aurait élargi la portée de l’enquête au-delà du produit concerné. La demande a donc été rejetée.

(275)

Par conséquent, la Commission a confirmé sa position initiale.

7.3.2. Continuité des approvisionnements

(276)

Les utilisateurs ont également signalé une insuffisance des capacités des producteurs de l’Union. La consommation de fils de polyesters à haute ténacité dans l’Union était de 230 000 tonnes au cours de la période d’enquête, soit 73 % de plus que la capacité de production de l’industrie de l’Union, qui ne s’élève qu’à 134 000 tonnes. Cette différence montre globalement la nécessité d’importer.

(277)

De plus, en 2022, donc après la période d’enquête, plusieurs producteurs de l’Union ont temporairement réduit ou totalement arrêté leur production en réaction aux difficultés causées par les importations faisant l’objet d’un dumping et à la hausse temporaire des prix de l’énergie en Europe. Toutefois, cette situation s’est produite après la période d’enquête et n’était que temporaire. Rien n’indique à ce stade que la réduction temporaire de capacité se prolongera à long terme, d’autant plus que les coûts de l’énergie ont, dans l’intervalle, déjà considérablement diminué.

(278)

Tous les utilisateurs ayant coopéré ont fait valoir que, pour leur segment, un seul producteur de l’Union fournissait la qualité de fils de polyesters à haute ténacité nécessaire à leurs produits, tandis que les autres producteurs de l’Union se consacraient dans une large mesure à l’approvisionnement de l’industrie des pneumatiques ou constituaient des concurrents intégrés. Les utilisateurs ont également affirmé que les autres pays tiers, la Corée du Sud par exemple, fabriquent des produits spécialisés coûteux, ou ne produisent pas la quantité ou la qualité suffisantes, à l’exception du Viêt Nam.

(279)

Les exportations du Viêt Nam au cours de la période d’enquête représentaient une part du marché de l’Union de 5 %. Toutefois, les importations vietnamiennes ne s’élevaient qu’à 12 000 tonnes et ne couvraient qu’une fraction des importations nécessaires pour satisfaire la demande sur le marché de l’Union. La Commission a donc observé que les importations en provenance de Chine sont généralement nécessaires pour garantir la continuité de l’approvisionnement sur le marché de l’Union.

(280)

Elle a conclu dans la section précédente qu’un droit de 6,9 % institué à l’encontre de Hailide se situe à un niveau qui peut être supporté par les utilisateurs. Par conséquent, ce niveau de droit n’aura pas d’effet prohibitif sur la poursuite de l’approvisionnement en Chine, compte tenu notamment du fait que les utilisateurs pourront toujours choisir un producteur-exportateur qui s’acquitte de droits d’un niveau inférieur. De ce fait, la continuité de l’approvisionnement ne sera pas compromise par l’institution de droits à l’encontre de Hailide.

(281)

La Commission a donc conclu que l’intérêt des utilisateurs au regard de la continuité de l’approvisionnement ne constituait pas une raison impérieuse de ne pas instituer de mesures.

7.3.3. Risque de transfert de capacités de production en dehors de l’Union européenne

(282)

Plusieurs utilisateurs et le producteur intégré ont souligné l’importance de l’industrie du tissage et de l’enrobage des fils de polyesters à haute ténacité pour le marché de l’emploi et le fait que l’augmentation des droits sur lesdits fils peut entraîner un transfert de capacités de production en dehors de l’Union. Le producteur intégré a fait valoir que la main-d’œuvre de l’Union participant à la production de produits en aval fabriqués à partir de fils de polyesters à haute ténacité se compose de quelque 100 000 travailleurs qualifiés.

(283)

La Commission a reconnu que l’industrie du tissage et de l’enrobage des fils de polyesters à haute ténacité est un employeur important pour le marché de l’emploi de l’Union. Toutefois, comme indiqué aux considérants 272 et 274, le droit de 6,9 % institué sur les importations de Hailide se situe à un niveau qui peut être supporté par les utilisateurs. La Commission a donc conclu que l’argument d’un potentiel transfert de capacités de production ne constituait pas une raison impérieuse pour ne pas instituer de droits sur les fils de polyesters à haute ténacité de Hailide. Qui plus est, aucun élément de preuve concret n’a été produit à l’appui de ces allégations.

7.4. Conclusion relative à l’intérêt de l’Union

(284)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a estimé qu’il n’existait aucune raison impérieuse de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union d’instituer des droits sur les exportations chinoises de fils de polyesters à haute ténacité de Hailide.

(285)

À la suite des observations susmentionnées d’utilisateurs, de l’association d’utilisateurs et d’un producteur intégré, la Commission a confirmé son appréciation.

8. MESURES ANTIDUMPING DÉFINITIVES

(286)

Il convient d’instituer des mesures antidumping définitives sur les importations dans l’Union de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine, conformément à la règle du droit moindre énoncée à l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base. Le montant du droit devrait être fixé au niveau de la marge la plus faible (dumping ou préjudice).

(287)

Eu égard à ce qui précède, les taux de droit antidumping définitifs, exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union avant dédouanement, s’établissent comme suit:

Entreprise

Marge de dumping

Marge de préjudice

Droit antidumping définitif

Zhejiang Hailide New Material Co., Ltd

6,9 %

38,7 %

6,9 %

(288)

Le taux de droit antidumping individuel indiqué dans le présent règlement a été établi sur la base des conclusions de cette enquête. Il reflète donc la situation constatée au moment de l’enquête pour cette société. Ce taux de droit s’applique ainsi exclusivement aux importations du produit concerné originaire du pays concerné et fabriqué par l’entité juridique spécifique citée. Les importations du produit concerné fabriqué par toute autre société non expressément mentionnée dans le dispositif du présent règlement, y compris les entités liées à la société expressément mentionnée, sont soumises aux droits prévus à l’article 1er du règlement d’exécution (UE) 2023/934 de la Commission du 11 mai 2023 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de la République populaire de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures en vertu de l’article 11, paragraphe 2, et d’un réexamen intermédiaire partiel en vertu de l’article 11, paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (93).

(289)

Pour réduire autant que possible les risques de contournement, la société soumise à un droit antidumping individuel doit présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. Cette facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 4, du présent règlement. Les importations non accompagnées de cette facture devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés» en vertu de l’article 1er du règlement d’exécution (UE) 2023/934.

(290)

Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, cette facture n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 4, du présent règlement, les autorités douanières des États membres doivent effectuer leurs contrôles habituels et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude de la déclaration et de garantir que l’application du taux de droit individuel est justifiée et conforme à la législation douanière.

(291)

Les sociétés changeant ultérieurement de raison sociale peuvent solliciter l’application de ce taux de droit antidumping individuel. La demande doit être adressée à la Commission (94). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires pour démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de nom de la société n’a pas d’effet sur le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement relatif au changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne.

9. DISPOSITION FINALE

(292)

Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (95), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux des intérêts à payer devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement, tel qu’il est publié au Journal officiel de l’Union européenne, série C, le premier jour civil de chaque mois.

(293)

Toutes les parties intéressées ont été informées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé d’instituer le droit antidumping définitif sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité originaires de Chine et fabriqués par Zhejiang Hailide New Material Co., Ltd. Un délai leur a également été accordé pour présenter leurs observations à la suite des informations communiquées. Les observations présentées par les parties intéressées ont été dûment examinées et, le cas échéant, les conclusions ont été modifiées en conséquence.

(294)

Le comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036 n’a pas émis d’avis sur les mesures prévues par le présent règlement,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

1. Un droit antidumping définitif est institué sur les importations de fils de polyesters à haute ténacité, dont les monofilaments de moins de 67 décitex (à l’exclusion du fil à coudre ainsi que des fils retors et fils câblés tordus en «Z» destinés à la fabrication de fil à coudre, prêts pour la teinture et pour un traitement de finition, enroulés de façon lâche sur un tube en plastique perforé), non conditionnés pour la vente au détail, originaires de la République populaire de Chine et fabriqués par Zhejiang Hailide New Material Co, Ltd, et relevant actuellement du code NC ex 5402 20 00 (code TARIC 5402200010).

2. Le taux du droit antidumping définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, des produits décrits au paragraphe 1 et fabriqué par la société indiquée ci-après s’établit comme suit:

Entreprise

Droit antidumping définitif (en %)

Code additionnel TARIC

Zhejiang Hailide New Material Co., Ltd

6,9 %

A976

3. Le code additionnel TARIC A989 («Hangzhou Huachun Chemical Fiber Co., Ltd») est clos.

4. L’application du taux de droit individuel précisé pour la société mentionnée au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) […] certifie que le (volume) de (produit faisant l’objet de l’enquête) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et visé par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en/à/au(x) [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.» À défaut de présentation d’une telle facture, le droit applicable à toutes les autres sociétés en vertu de l’article 1er du règlement d’exécution (UE) 2023/934 s’applique.

5. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.

Article 2

Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 11 mai 2023.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.

(2) JO L 315 du 1.12.2010, p. 1.

(3) JO L 49 du 25.2.2017, p. 6.

(4) JO L 167 du 30.6.2017, p. 31.

(5) JO C 87 du 23.2.2022, p. 2.

(6) JO C 248 du 30.6.2022, p. 142.

(7) WT/DS295/AB/R, 29 novembre 2005.

(8) JO C 248 du 30.6.2022, p. 107.

(9) Avis relatif aux conséquences de l’épidémie de COVID-19 sur les enquêtes antidumping et antisubventions (JO C 86 du 16.3.2020, p. 6).

(10) Document de travail des services de la Commission, «Significant Distortions in the Economy of the People’s Republic of China for the Purposes of the Trade Defence Investigations», 20 décembre 2017, SWD(2017) 483 final/2.

(11) À titre d’exemple, l’avis sur la 13e directive relative à l’industrie des fibres chimiques ou les plans quinquennaux pour le développement économique et social national.

(12) 14e plan quinquennal pour le développement de l’industrie pétrolière et chimique dans la province de Zhejiang.

(13) Rapport, chapitre 2, p. 6 et 7.

(14) Rapport, chapitre 2, p. 10.

(15) Disponible à l’adresse suivante: Constitution of the People’s Republic of China (npc.gov.cn), consulté le 15 novembre 2022.

(16) Rapport, chapitre 2, p. 20 et 21.

(17) Rapport, chapitre 3, p. 41, 73 et 74.

(18) Rapport, chapitre 6, p. 120 et 121.

(19) Rapport, chapitre 6, p. 122 à 135.

(20) Rapport, chapitre 7, p. 167 et 168.

(21) Rapport, chapitre 8, p. 169-170 et p. 200-201.

(22) Rapport, chapitre 2, p. 15 et 16, chapitre 4, p. 50 et 84, chapitre 5, p. 108 et 109.

(23) Voir: https://aiqicha.baidu.com/company_detail_51522707507210 (consulté le 18 novembre 2022).

(24) Voir, par exemple, l’article 33 des statuts du PCC, l’article 19 du droit chinois des sociétés ou le document intitulé Guidelines on stepping up the United Front work in the private sector for the new era publié par le bureau général du comité central du PCC en 2020.

(25) Voir: cfa.com.cn (consulté le 21 novembre 2022).

(26) Rapport, chapitre 5, p. 100 et 101.

(27) Rapport, chapitre 2, p. 26.

(28) Voir, par exemple, Blanchette, J., «Xi’s Gamble: The Race to Consolidate Power and Stave off Disaster», Foreign Affairs, vol.. 100, no 4, juillet/août 2021, p. 10 à 19.

(29) Rapport, chapitre 2, p. 31 et 32.

(30) Disponible à l’adresse suivante: https://www.reuters.com/article/us-china-congress-companies-idUSKCN1B40JU (consulté le 15 novembre 2022).

(31) Disponible à l’adresse suivante: www.gov.cn/zhengce/2020-09/15/content_5543685.htm (consulté le 15 novembre 2022).

(32) Financial Times, «Chinese communist Party asserts more control over private enterprise», 2020, disponible à l’adresse suivante: https://on.ft.com/3mYxP4j (consulté le 15 novembre 2022).

(33) Rapport, chapitres 14.1 à 14.3.

(34) Rapport, chapitre 4, p. 41, 42 et 83.

(35) Disponible à l’adresse suivante: https://www.miit.gov.cn/zwgk/zcwj/wjfb/yj/art/2022/art_a01b7532a39a41e891d2540da6981d72.html (consulté le 17 novembre 2022).

(36) Optimiser l’implantation régionale, renforcer la coopération internationale, encourager la transformation numérique, éliminer les capacités de production archaïques et favoriser les fusions et réorganisations conformément aux lois et règlements, créer des entreprises de premier plan, encourager l’intégration et le développement des grandes et petites entreprises, et consolider et renforcer la compétitivité industrielle.

(37) Ibid., article II.

(38) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210906/1175114.shtml (consulté le 17 novembre 2022).

(39) Voir chapitre V du plan.

(40) Voir section 2.2.2 du plan.

(41) Voir section 4.1.1 du plan.

(42) Voir section 4.1.3 du plan.

(43) Disponible à l’adresse suivante: www.qg.gov.cn/zwgk/zcfg/sjfgwj/202112/t20211207_2666343.htm (consulté le 18 novembre 2022).

(44) Voir section III.2.5. du plan.

(45) Voir section III.4.1 du plan disponible à l’adresse suivante:

https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210707/1162695.shtml (consulté le 22 novembre 2022).

(46) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211201/1191133.shtml (consulté le 18 novembre 2022).

(47) Voir section III.2.1 du plan.

(48) Voir plan, disponible à l’adresse suivante:

https://www.zj.gov.cn/art/2021/6/24/art_1229540815_4671249.html (consulté le 22 novembre 2022).

(49) Voir section IV.7 du plan.

(50) Disponible à l’adresse suivante: https://www.cq.gov.cn/zwgk/zfxxgkml/szfwj/qtgw/202108/t20210803_9538603.html (consulté le 22 novembre 2022).

(51) Voir section III.1.4 du plan.

(52) Rapport, chapitre 6, p. 138 à 149.

(53) Rapport, chapitre 9, p. 216.

(54) Rapport, chapitre 9, p. 213 à 215.

(55) Rapport, chapitre 9, p. 209 à 211.

(56) Rapport, chapitre 13, p. 332 à 337.

(57) Rapport, chapitre 13, p. 336.

(58) Rapport, chapitre 13, p. 337 à 341.

(59) Rapport, chapitre 6, p. 114 à 117.

(60) Rapport, chapitre 6, p. 119.

(61) Rapport, chapitre 6, p. 120.

(62) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, p. 126 à 128 et p. 133 à 135.

(63) Voir document de politique officiel de la Commission de réglementation des banques et des assurances de Chine (CBIRC) du 28 août 2020: Plan d’action triennal pour l’amélioration de la gouvernance d’entreprise des secteurs de la banque et de l’assurance (2020-2022), disponible à l’adresse suivante: http://www.cbirc.gov.cn/cn/view/pages/ItemDetail.html?docId=925393&itemId=928 (consulté le 15 novembre 2022). Le plan prévoit de « poursuivre la mise en œuvre de l’esprit insufflé par le discours-programme du secrétaire général Xi Jinping sur l’avancement de la réforme de la gouvernance d’entreprise du secteur financier ». En outre, la section II du plan vise à promouvoir l’intégration organique de la direction du parti dans la gouvernance d’entreprise: « nous ferons en sorte que l’intégration de la direction du parti dans la gouvernance d’entreprise soit plus systématique, normalisée et fondée sur des procédures […]. Les principales questions opérationnelles et de gestion doivent avoir été discutées par le comité du parti avant d’être décidées par le conseil d’administration ou la direction générale ».

(64) Voir avis du CBIRC sur la méthode d’évaluation des performances des banques commerciales, publié le 15 décembre 2020, http://jrs.mof.gov.cn/gongzuotongzhi/202101/t20210104_3638904.htm (dernière consultation le 12 avril 2021).

(65) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211201/1191133.shtml (consulté le 18 novembre 2022).

(66) Voir paragraphe 3 de la section «Mesures de sauvegarde» du plan.

(67) Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210906/1175114-3.shtml (consulté le 22 novembre 2022).

(68) Voir section 8.7 du plan.

(69) Voir document de travail du FMI intitulé «Resolving China’s Corporate Debt Problem», par Wojciech Maliszewski, Serkan Arslanalp, John Caparusso, José Garrido, Si Guo, Joong Shik Kang, W. Raphael Lam, T. Daniel Law, Wei Liao, Nadia Rendak, Philippe Wingender, Jiangyan, octobre 2016, WP/16/203.

(70) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, p. 126 à 128 et p. 133 à 135.

(71) Voir OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE: Chine 2019, Éditions OCDE, Paris, p. 29, disponible à l’adresse suivante:

https://doi.org/10.1787/eco_surveys-chn-2019-en (consulté le 15 novembre 2022).

(72) Voir: http://www.gov.cn/xinwen/2020-04/20/content_5504241.htm (consulté le 22 novembre 2022).

(73) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure, https://donnees.banquemondiale.org/niveau-de-revenu/revenu-intermediaire-tranche-superieure

(74) Si le produit faisant l’objet de l’enquête n’est pas fabriqué dans un pays présentant un niveau de développement semblable, la fabrication d’un produit relevant de la même catégorie générale et/ou du même secteur général que le produit faisant l’objet de l’enquête peut être envisagée.

(75) Règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif au régime commun applicable aux importations de certains pays tiers (JO L 123 du 19.5.2015, p. 33).

(76) Voir https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 160.

(77) Voir https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 117.

(78) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure, https://donnees.banquemondiale.org/niveau-de-revenu/revenu-intermediaire-tranche-superieure

(79) Rapport annuel 2021, p. 133.

(80) Rapport annuel 2021, p. 61, disponible à l’adresse suivante: https://www.kordsa.com/en/images/pdf/Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf

(81) Voir Kordsa_Annual_Report_EN_2021.pdf, p. 158, «Note 3 - Segment reporting, a) External revenue», et p. 205, «Directory».

(82) http://www.gtis.com/gta/secure/default.cfm

(83) http://www.macmap.org/fr/

(84) https://data.tuik.gov.tr/Bulten/DownloadIstatistikselTablo?p=tg4QGRdNcBVDQo/mmOOyD/8g3GlHdKhwM0SMnhh4V/APyz9UrZvk0kK90vktK5jo

(85) L’article 2, paragraphe 7, du règlement de base précise que les prix sur le marché intérieur de ces pays ne peuvent être utilisés aux fins de la détermination de la valeur normale.

(86) Les coûts de la main-d’œuvre sont disponibles à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Bulten/DownloadIstatistikselTablo?p=tg4QGRdNcBVDQo/mmOOyD/8g3GlHdKhwM0SMnhh4V/APyz9UrZvk0kK90vktK5jo

(87) https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Consumer-Price-Index-December-2021-45789

(88) https://data.tuik.gov.tr/Kategori/GetKategori?p=cevre-ve-enerji-103&dil=2

https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-II:-July-December,-2021-45566

https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Electricity-and-Natural-Gas-Prices-Period-I:-January-June,-2021-37459

(89) Considérant 352 du règlement d’exécution (UE) 2020/1336 de la Commission du 25 septembre 2020 instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains alcools polyvinyliques originaires de la République populaire de Chine (JO L 315 du 29.9.2020, p. 1).

(90) Règlement d’exécution (UE) 2021/2011 de la Commission du 17 novembre 2021 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de câbles de fibres optiques originaires de la République populaire de Chine (JO L 410 du 18.11.2021, p. 51. considérant 367).

(91) La base de données constituée en application de l’article 14, paragraphe 6, contient des données relatives aux importations des produits soumis aux mesures ou enquêtes antidumping ou antisubvention en provenance des pays et des producteurs-exportateurs concernés par la procédure ainsi que d’autres pays tiers et d’autres producteurs-exportateurs, au niveau des codes TARIC à 10 chiffres et des codes additionnels TARIC.

(92) Règlement d’exécution (UE) 2021/2239 de la Commission du 15 décembre 2021 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains mâts d’éoliennes industrielles en acier originaires de la République populaire de Chine (JO L 450 du 16.12.2021, p. 59) (ci-après le «cas des mâts d’éoliennes en acier»).

(93) Voir page 1 du présent Journal officiel.

(94) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.

(95) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).


Documents similaires

Règlement32021R2117R(06)

Règlement (UE) 2021/2117

29/12/2023

Règlement32021R2282R(01)

Règlement (UE) 2021/2282

27/12/2023

Règlement32023R0398R(02)

Règlement (UE) 2023/398

27/12/2023

Règlement32024R0223

Règlement (UE) 2024/223

22/12/2023

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →