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AccueilDroit européen32023R1776
Règlement32023R1776

Règlement (UE) 2023/1776

CELEX32023R1776
TypeRèglement
Datejeudi 14 septembre 2023

Texte intégral

15.9.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 228/199


RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/1776 DE LA COMMISSION

du 14 septembre 2023

instituant un droit antidumping définitif sur les importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1) (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 11, paragraphe 2,

considérant ce qui suit:

1. PROCÉDURE

1.1. Enquête précédente et mesures en vigueur

(1)

À la suite d’une enquête (ci-après l’«enquête initiale»), le Conseil a institué, par le règlement d’exécution (UE) no 457/2011 du Conseil (2), des mesures antidumping définitives sur les importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine (ci-après la «RPC» ou la «Chine»).

(2)

Par son règlement d’exécution (UE) 2017/1171 (3), la Commission a réinstitué les mesures antidumping définitives sur les importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures (ci-après le «précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures»).

(3)

Les mesures actuellement en vigueur ont pris la forme d’un droit fixe de 415 EUR/tonne imposé sur toutes les importations en provenance de la RPC, à l’exception de trois producteurs-exportateurs chinois ayant coopéré dont les exportations sont soumises à un prix minimal à l’importation de 1 153 EUR/tonne.

(4)

À la suite de la publication d’un avis d’expiration prochaine des mesures en vigueur (4), la Commission a été saisie d’une demande de réexamen au titre de l’expiration de ces mesures, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base.

(5)

La demande a été présentée le 31 mars 2022 par Borealis Agrolinz Melamine GmbH, OCI Nitrogen BV et Grupa Azoty Zakłady Azotowe Puławy SA (ci-après les «requérants») au nom de l’industrie de l’Union de la mélamine, au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base.

1.2. Ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures

(6)

Ayant déterminé, après consultation du comité institué par l’article 15, paragraphe 1, du règlement de base, qu’il existait des éléments de preuve suffisants pour ouvrir un réexamen de mesures parvenant à expiration, la Commission a ouvert, le 1er juillet 2022, un réexamen de mesures parvenant à expiration concernant les mesures antidumping applicables aux importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine sur la base de l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (5) (ci-après l’«avis d’ouverture»).

1.3. Période d’enquête de réexamen et période considérée

(7)

L’enquête relative à la continuation ou à la réapparition du dumping a porté sur la période comprise entre le 1er juillet 2021 et le 30 juin 2022 (ci-après la «période d’enquête de réexamen» ou «PER»). L’analyse des tendances utiles à l’évaluation de la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2019 et la fin de la période d’enquête de réexamen (ci-après la «période considérée»).

1.4. Parties intéressées

(8)

Dans l’avis d’ouverture, les parties intéressées ont été invitées à prendre contact avec la Commission en vue de participer à l’enquête. De plus, la Commission a expressément informé les requérants, d’autres producteurs de l’Union connus, les producteurs-exportateurs connus de la RPC, les autorités de la RPC, les importateurs, utilisateurs et négociants connus ainsi que les associations notoirement concernées de l’ouverture du réexamen au titre de l’expiration des mesures et les a invités à y participer.

(9)

Les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler des observations sur l’ouverture du réexamen au titre de l’expiration des mesures et de demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur dans le cadre des procédures commerciales. Aucune des parties intéressées n’a demandé à être entendue.

1.5. Arguments concernant l’ouverture de l’enquête

(10)

La Chambre de commerce chinoise des importateurs et exportateurs de métaux, de minéraux et de produits chimiques (ci-après la «CCCMC») a présenté des observations sur la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures ou sur les aspects relatifs à l’ouverture de la présente enquête, conformément au point 5.2 de l’avis d’ouverture.

(11)

La CCCMC a formulé des observations concernant l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, l’existence de distorsions significatives en RPC et la sélection d’un pays représentatif approprié. Ces observations sont examinées aux sections 3.2.2, 3.2.2.1 et 3.2.2.2 ci-après.

(12)

La CCCMC a également fait valoir que la demande contenait une marge de dumping calculée de manière incorrecte. À cet égard, la CCCMC a affirmé que, bien que les requérants aient calculé la valeur normale pour deux technologies de production différentes utilisées en RPC, ils n’ont pas tenu compte des différents processus de production (existant, par exemple, entre un producteur de mélamine intégrant toute la chaîne de production et un producteur utilisant de l’urée achetée) et des différentes matières premières (la mélamine étant produite à partir de gaz naturel ou de charbon, les deux matières premières ultimes possibles). S’agissant du prix à l’exportation, selon la CCCMC, les requérants auraient eu tort d’utiliser les prix de la mélamine originaire de la RPC exportée vers des pays tiers, étant donné que ces prix étaient influencés par la situation sur les marchés locaux respectifs et n’étaient donc pas représentatifs des décisions de fixation du prix des exportations vers l’Union.

(13)

La Commission a fait remarquer que la CCCMC n’avait relevé aucune erreur réelle dans le calcul de la marge de dumping. La CCCMC a simplement affirmé que les informations utilisées pour le calcul de la valeur normale étaient insuffisantes car elles ne couvraient pas tous les processus de production et toutes les matières premières intervenant potentiellement dans la production. À cet égard, la Commission a procédé à son examen de la demande conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base et a conclu que les conditions de l’ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures étaient réunies, c’est-à-dire qu’il existait suffisamment d’éléments de preuve pour ouvrir la procédure. Conformément à l’article 5, paragraphe 2, du règlement de base, par analogie, la demande doit contenir les renseignements qui peuvent être raisonnablement à la disposition des requérants. La norme juridique en matière de preuve nécessaire pour ouvrir un réexamen (éléments de preuve «suffisants») est différente de celle nécessaire aux fins de la détermination préliminaire ou finale de l’existence d’un dumping. Par conséquent, des éléments de preuve qui seraient insuffisants, du point de vue de la quantité ou de la qualité, pour justifier une détermination préliminaire ou finale de l’existence d’un dumping peuvent néanmoins être suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête (6).

(14)

En outre, en ce qui concerne le prix à l’exportation, la Commission a relevé que, à la lumière des considérations exposées au considérant 13, les requérants n’avaient pas commis d’erreur en se fondant sur les prix à l’exportation vers des pays tiers pour déterminer la réapparition du dumping dans une situation où le prix à l’exportation vers l’Union est guidé par un prix minimal à l’importation.

(15)

Par conséquent, la Commission a rejeté l’allégation de la CCCMC selon laquelle la marge de dumping aurait été calculée de manière incorrecte dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(16)

La CCCMC a aussi fait valoir que les allégations concernant la probabilité de réapparition du dumping figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures étaient dénuées de fondement. Elle a notamment évoqué l’existence de capacités inutilisées en RPC et le niveau des prix à l’exportation vers les pays tiers.

(17)

À cet égard, la CCCMC a fait valoir que les requérants avaient supposé à tort que les producteurs chinois mobiliseraient leurs importantes capacités inutilisées en cas d’expiration de la mesure. Selon elle, une période transitoire de plusieurs années serait nécessaire pour que d’autres producteurs satisfassent aux exigences techniques des clients de l’Union et acquièrent une expérience des pratiques commerciales dans l’Union. La CCCMC a de plus affirmé que l’une des sociétés chinoises mentionnées dans la demande ne construisait une nouvelle usine que pour remplacer ses capacités de production existantes. Elle a donc demandé à la Commission de vérifier l’exactitude, la fiabilité et la probabilité des augmentations prévues des capacités de production indiquées dans la demande (7).

(18)

En outre, la CCCMC a critiqué l’hypothèse des requérants selon laquelle, en cas d’expiration des mesures, les producteurs chinois réorienteraient leurs exportations à bas prix des pays tiers vers le marché de l’Union, en conservant le même prix. Selon elle, les requérants n’ont pas expliqué pourquoi les prix chinois à l’exportation vers des pays tiers constituaient un indicateur fiable des futurs prix à l’exportation vers l’Union. L’association a sur ce point prétendu que même en cas d’abrogation des mesures, les producteurs chinois exporteraient vers l’Union au prix élevé actuel et qu’ils n’abandonneraient pas les marchés d’exportation solides qu’ils ont développés dans ces pays tiers.

(19)

La Commission a observé que la CCCMC n’avait fourni aucun élément de preuve à l’appui de ses allégations concernant les capacités inutilisées ou le prix à l’exportation vers des pays tiers. Au contraire, l’évolution des importations en provenance de la RPC au cours de la période 2018-2021, comme le montre le tableau 9 de la demande, a mis en évidence le fait que les producteurs chinois ont bien les moyens et la motivation de mobiliser leurs capacités inutilisées ou de réorienter leurs exportations de pays tiers vers l’Union en fonction du prix pratiqué sur le marché de l’Union. Enfin, la Commission a fait observer que l’analyse fournie par les requérants dans la demande devait également être examinée à la lumière des exigences relatives aux éléments de preuve suffisants énoncées à l’article 11, paragraphe 2, et à l’article 5, paragraphe 2, du règlement de base. Lors de l’examen de la demande, la Commission a conclu que l’analyse des capacités inutilisées en RPC et des prix à l’exportation vers les pays tiers constituait un élément de preuve suffisant de la probabilité d’une réapparition du dumping aux fins de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(20)

Par conséquent, la Commission a rejeté les allégations de la CCCMC relatives à l’analyse de la probabilité d’une réapparition du dumping figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(21)

La CCCMC a aussi présenté des observations concernant la probabilité de réapparition du préjudice. À cet égard, elle a renvoyé aux arguments avancés par les requérants dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. La CCCMC a, premièrement, tenté de réfuter l’importance d’une augmentation des parts de marché des importations en provenance de Chine de 5 % à 6 % entre 2018 et 2021, comme résumé dans le tableau 14 de la demande. Deuxièmement, elle a fait valoir que les différences des coûts de production supportés expliquaient toute différence entre les prix de vente de l’industrie de l’Union et les prix des importations en provenance de Chine. Troisièmement, la CCCMC a contesté la possibilité que les taux de bénéfice des producteurs de l’Union deviennent négatifs si les prix de l’industrie de l’Union tombaient aux mêmes niveaux que les prix des importations en provenance de Chine.

(22)

La Commission a relevé que les requérants s’étaient bornés à souligner que les importations en provenance de Chine avaient augmenté, ce qui a effectivement été le cas de 2018 à 2021, sans insister sur l’importance de cette augmentation. Or, la Commission a aussi noté que le même tableau montrait que l’augmentation était nettement plus prononcée si l’on prenait 2019 ou 2020 comme point de départ. L’allégation de la CCCMC a donc été rejetée. En ce qui concerne l’allégation de la CCCMC relative aux différences entre les prix de vente de l’industrie de l’Union et les prix des importations en provenance de Chine, la Commission a fait observer, premièrement, qu’elle n’était étayée par aucun élément de preuve relatif au coût de production supporté par les producteurs-exportateurs chinois et, deuxièmement, que le coût de production de la mélamine était principalement déterminé par le coût de l’urée, qui dépend lui-même essentiellement du coût du gaz naturel. L’urée et le gaz naturel sont tous deux des matières premières dont les prix sont, en l’absence de distorsions dues à l’intervention de l’État, largement alignés sur les marchés mondiaux. Cette allégation a par conséquent été rejetée. En ce qui concerne la troisième allégation, la Commission a fait observer que, étant donné que le coût de production des producteurs de l’Union était à peu près égal ou supérieur aux prix des importations en provenance de Chine, les taux de bénéfice des producteurs de l’Union pouvaient effectivement devenir négatifs ou, au mieux, se maintenir autour du seuil de rentabilité si les prix de l’industrie de l’Union tombaient aux mêmes niveaux que les prix des importations en provenance de Chine.

1.6. Échantillonnage

(23)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a indiqué qu’elle était susceptible de procéder à un échantillonnage des parties intéressées, conformément à l’article 17 du règlement de base.

1.6.1. Échantillonnage des producteurs établis dans l’Union

(24)

Dans l’avis d’ouverture, la Commission a annoncé qu’elle avait sélectionné un échantillon provisoire constitué de trois producteurs de l’Union, établis dans trois États membres différents. La Commission a sélectionné l’échantillon sur la base des volumes de production et de ventes du produit similaire dans l’Union au cours de la période comprise entre le 1er juillet 2021 et le 30 juin 2022, qui ont été communiqués par les producteurs de l’Union dans le cadre de l’évaluation de la représentativité préalable à l’ouverture de l’enquête. L’échantillon représentait 82 % de la production estimée du produit similaire dans l’Union. La Commission a invité les parties intéressées à communiquer leurs observations sur son échantillon provisoire. Aucune observation n’a été reçue et l’échantillon a été jugé représentatif de l’industrie de l’Union.

1.6.2. Choix d’un échantillon d’importateurs indépendants

(25)

Afin de décider s’il était nécessaire de procéder par échantillonnage et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a demandé aux importateurs indépendants de communiquer les informations requises dans l’avis d’ouverture. Un seul importateur indépendant, à savoir Borghi SpA, Grandate (Italie), s’est manifesté. En conséquence, la Commission a décidé que l’échantillonnage n’était pas nécessaire et a demandé à Borghi SpA de remplir le questionnaire destiné aux importateurs indépendants. Toutefois, Borghi SpA n’a pas répondu au questionnaire.

1.6.3. Échantillonnage des producteurs-exportateurs en RPC

(26)

Afin de décider si l’échantillonnage était nécessaire et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a invité tous les producteurs-exportateurs de la RPC à fournir les informations demandées dans l’avis d’ouverture. En outre, la Commission a demandé à la mission de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne d’identifier et/ou de contacter d’éventuels autres producteurs-exportateurs susceptibles de souhaiter participer à l’enquête.

(27)

Un producteur du pays concerné, la société Xinjiang Xinlianxin Energy Chemical Co., Ltd. (ci-après «Xinjiang XLX»), a fourni les informations demandées et a accepté d’être inclus dans l’échantillon. Ce producteur représentait moins de 3 % des importations totales de mélamine originaire de la RPC au cours de la période d’enquête de réexamen.

(28)

Compte tenu du faible niveau de coopération, la Commission a jugé approprié d’appliquer l’article 18 du règlement de base aux producteurs-exportateurs de la RPC n’ayant pas coopéré et de fonder sur les données disponibles ses conclusions à l’échelle nationale sur la probabilité d’une continuation et/ou d’une réapparition du dumping et du préjudice.

(29)

Conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement de base, tous les producteurs-exportateurs connus et concernés ainsi que les autorités du pays concerné ont été consultés au sujet des considérations de la Commission. La Commission a par ailleurs informé Xinjiang XLX que, dans un souci d’économie administrative, elle pourrait ne pas effectuer la procédure de complément d’information et la vérification de la réponse au questionnaire. Toute information fournie par la société peut toutefois être utilisée comme donnée disponible, le cas échéant. Aucune observation n’a été formulée.

1.7. Réponses au questionnaire

(30)

La Commission a envoyé aux pouvoirs publics de la RPC (ci-après les «pouvoirs publics chinois») un questionnaire concernant l’existence de distorsions significatives en RPC au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base.

(31)

La Commission a envoyé des questionnaires au seul producteur-exportateur ayant coopéré, aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, au seul importateur indépendant qui s’était manifesté au cours de la procédure d’échantillonnage et à tous les utilisateurs de mélamine connus. Tous les questionnaires pertinents ont aussi été mis à disposition sur le site web de la DG Commerce (8) le jour de l’ouverture de l’enquête. Au cours de l’enquête, la Commission a envoyé aux requérants un questionnaire destiné à recueillir des données macroéconomiques sur l’industrie de l’Union.

(32)

Le seul producteur-exportateur ayant coopéré, les trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, les requérants, un importateur indépendant et trois utilisateurs y ont répondu.

1.8. Vérification

(33)

La Commission a recherché et vérifié toutes les informations jugées nécessaires pour déterminer, d’une part, la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du dumping et du préjudice et, d’autre part, l’intérêt de l’Union.

(34)

En vertu de l’article 16 du règlement de base, des visites de vérification ont été effectuées dans les locaux des sociétés suivantes:

Producteurs de l’Union:

—

Borealis Agrolinz Melamine GmbH, Linz, Autriche,

—

Grupa Azoty Zakłady Azotowe, Puławy, Pologne,

—

OCI Nitrogen B.V., Geleen, Pays-Bas.

(35)

Un recoupement à distance des informations utilisées dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures pour le calcul de la valeur normale a été effectué en ligne avec le producteur de l’Union suivant:

—

OCI Nitrogen B.V., Geleen, Pays-Bas.

1.9. Suite de la procédure

(36)

Le 14 juin 2023, la Commission a communiqué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait de maintenir les droits antidumping en vigueur. Toutes les parties se sont vu fixer une date limite pour formuler leurs observations sur ces informations et demander à être entendues.

(37)

Des observations ont été reçues de Xinjiang XLX et de la CCCMC. Ces observations ont été examinées par la Commission et prises en considération, le cas échéant. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont accueilli avec satisfaction la conclusion de la Commission et n’ont formulé aucune autre observation. Aucune partie n’a demandé à être entendue.

2. PRODUIT FAISANT L’OBJET DU RÉEXAMEN ET PRODUIT SIMILAIRE

2.1. Produit faisant l’objet du réexamen

(38)

Le produit soumis au présent réexamen est la mélamine (ci-après le «produit faisant l’objet du réexamen»), relevant actuellement du code NC 2933 61 00.

(39)

La mélamine est une poudre cristalline blanche essentiellement produite à partir d’urée et principalement utilisée pour la fabrication de matériaux stratifiés, de résines, de colles à bois et de composés pour moulage et pour le traitement du papier/textile.

2.2. Produit concerné

(40)

Le produit concerné par cette enquête est le produit faisant l’objet du réexamen (voir considérant 38) originaire de la Chine.

2.3. Produit similaire

(41)

Comme l’a montré l’enquête ayant conduit à l’institution des mesures en vigueur (9), les produits suivants présentent les mêmes caractéristiques physiques et techniques essentielles et sont destinés aux mêmes usages de base:

—

le produit concerné exporté vers l’Union,

—

le produit faisant l’objet du réexamen produit et vendu sur le marché intérieur du pays concerné (Chine), et

—

le produit faisant l’objet du réexamen fabriqué et vendu dans l’Union par l’industrie de l’Union.

Ces produits sont donc considérés comme similaires au sens de l’article 1er, paragraphe 4, du règlement de base.

3. DUMPING

3.1. Remarques préliminaires

(42)

Au cours de la période considérée, les importations de mélamine en provenance de la RPC se sont poursuivies. Pendant la première moitié de la période considérée, les volumes étaient inférieurs à ceux de la période d’enquête initiale (c’est-à-dire du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2009). Toutefois, lors de la seconde moitié de la période considérée, les volumes d’importation ont considérablement augmenté et ont de loin dépassé les volumes enregistrés pendant la période d’enquête initiale. Au cours de la période d’enquête de réexamen, les importations de mélamine en provenance de la RPC ont été près de quatre fois supérieures à celles observées durant la période d’enquête initiale, et elles ont été multipliées par huit par rapport à la période d’enquête du précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(43)

Selon Eurostat (base de données Comext), les importations de mélamine en provenance de la RPC représentaient environ 15 % du marché de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen (voir tableau 3), contre 6,5 % de part de marché au cours de l’enquête initiale et 2 % au cours du précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures. En quantités absolues, le volume des importations de mélamine originaire de la RPC a d’abord diminué, passant de 17 434 tonnes au cours de la période d’enquête initiale à 7 938 tonnes au cours de la période d’enquête du premier réexamen au titre de l’expiration des mesures, pour remonter à 64 673 tonnes au cours de la période d’enquête du présent réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(44)

Comme indiqué au considérant 27, un seul producteur de la RPC, représentant moins de 3 % des importations du produit concerné au cours de la PER, a coopéré à l’enquête. En conséquence, la Commission a informé les autorités chinoises qu’en raison de ce niveau très limité de coopération, elle était susceptible d’appliquer l’article 18 du règlement de base concernant les conclusions relatives à la détermination de la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du dumping. Elle n’a reçu aucune observation ou demande d’intervention du conseiller-auditeur à cet égard.

(45)

Dès lors, conformément à l’article 18 du règlement de base, les conclusions relatives à la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition du dumping ont été fondées sur les données disponibles, en particulier les informations figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, les informations aisément disponibles des producteurs turcs de produits de la chaîne de valeur de l’ammoniac et les informations provenant de l’institut de statistique turc, de la direction générale des eaux et des eaux usées de la ville de Kocaeli et de la base de données Global Trade Atlas.

3.2. Continuation du dumping pendant la période d’enquête de réexamen

3.2.1. Procédure de détermination de la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base pour les importations de mélamine originaire de la RPC

(46)

Au regard des éléments de preuve suffisants disponibles au moment de l’ouverture de l’enquête, qui tendaient à montrer, en ce qui concerne la RPC, l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, la Commission a ouvert une enquête au titre dudit article 2, paragraphe 6 bis.

(47)

Afin d’obtenir les informations qu’elle jugeait nécessaires à son enquête concernant les prétendues distorsions significatives, la Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics chinois. De plus, au point 5.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a invité toutes les parties intéressées à faire connaître leur point de vue, à communiquer des informations et à fournir des éléments de preuve à l’appui en ce qui concerne l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, et ce dans les 37 jours suivant la date de publication dudit avis au Journal officiel de l’Union européenne. La Commission n’a reçu aucune réponse au questionnaire de la part des pouvoirs publics chinois. Par la suite, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’elle utiliserait les données disponibles, au sens de l’article 18 du règlement de base, pour déterminer l’existence de distorsions significatives en RPC.

(48)

Les observations présentées par la CCCMC sont abordées à la section 3.2.2.1.

(49)

Au point 5.3.2 de l’avis d’ouverture, la Commission a aussi précisé qu’au regard des éléments de preuve disponibles, il était possible que la sélection d’un pays représentatif approprié en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base se révèle nécessaire aux fins de la détermination de la valeur normale à partir de prix ou de valeurs de référence non faussés. En outre, la Commission a indiqué que la Turquie était un pays tiers possiblement représentatif de la RPC en l’espèce, mais qu’elle examinerait d’autres pays potentiellement appropriés conformément aux critères établis à l’article 2, paragraphe 6 bis, premier tiret, du règlement de base.

(50)

Le 24 février 2023, la Commission a publié une note relative aux sources utilisées pour le calcul de la valeur normale (ci-après la «note relative aux sources»).

(51)

Dans la note relative aux sources, la Commission a informé les parties intéressées qu’en l’absence de coopération, elle devait se fonder sur les données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base. Par conséquent, la Commission avait l’intention d’utiliser les informations figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, en combinaison avec d’autres sources d’information jugées appropriées au regard des critères énoncés à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, conformément à l’article 18, paragraphe 5, dudit règlement.

(52)

Par la note relative aux sources, la Commission a aussi informé les parties intéressées qu’elle allait utiliser la Turquie comme pays représentatif et leur a indiqué les sources qu’elle prévoyait d’utiliser aux fins de la détermination de la valeur normale, la Turquie constituant le pays représentatif.

(53)

Dans la note relative aux sources, la Commission a informé les parties intéressées qu’en l’absence de coopération, elle déterminerait les autres coûts directs et les frais généraux de fabrication à partir des informations sur l’industrie de l’Union fournies dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(54)

Elle a aussi fait savoir aux parties intéressées qu’elle établirait les frais de vente, les dépenses administratives et les autres frais généraux (ci-après les «frais VAG») ainsi que la marge bénéficiaire sur le fondement des informations accessibles au public pour trois producteurs turcs de produits de la chaîne de valeur de l’ammoniac, à savoir Ege Gübre Sanayii A.Ş., Tekfen Holding A.Ş. et Bagfaş Bandirma Gübre Fabrikalari A.Ş.

(55)

Enfin, par la note relative aux sources, la Commission a invité les parties intéressées à présenter leurs observations concernant les sources et le caractère approprié de la Turquie comme pays représentatif et à suggérer d’autres pays, à condition de communiquer des informations suffisantes sur les critères concernés.

(56)

La Commission a reçu des observations de la part de la CCCMC. L’association a soutenu que la Commission devrait utiliser la réponse de Xinjiang XLX au questionnaire comme donnée disponible et tenir compte des différents processus de production et matières premières pour le calcul de la valeur normale, et elle a critiqué les valeurs non faussées de certains intrants, des frais VAG et de la marge bénéficiaire. Ces observations sont traitées aux sections 3.2.2.2, 3.2.2.3.1, 3.2.2.3.2 et 3.2.2.3.5 du présent règlement.

3.2.2. Valeur normale

(57)

Conformément à l’article 2, paragraphe 1, du règlement de base, «[l]a valeur normale est normalement basée sur les prix payés ou à payer, au cours d’opérations commerciales normales, par des acheteurs indépendants dans le pays exportateur».

(58)

Toutefois, en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]orsqu’il est jugé inapproprié […] de se fonder sur les prix et les coûts sur le marché intérieur du pays exportateur du fait de l’existence, dans ce pays, de distorsions significatives au sens du point b), la valeur normale est calculée exclusivement sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés» et «comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire» (les «dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux» sont ci-après dénommés «frais VAG»).

(59)

Comme il est expliqué plus en détail ci-après, la Commission a conclu dans le cadre de la présente enquête que sur la base des éléments de preuve disponibles, au vu de l’absence de coopération des pouvoirs publics chinois et de coopération digne de ce nom de la part des producteurs-exportateurs, il était approprié d’appliquer l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base.

(60)

Conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, la Commission a procédé au calcul de la valeur normale. Dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, les requérants ont calculé la valeur normale pour deux technologies de production, la technologie Tsinghua utilisée exclusivement en RPC et la technologie Eurotecnica utilisée en RPC, mais aussi par les producteurs de l’Union. Aux fins de la présente enquête, la Commission a limité ses conclusions à la technologie Eurotecnica, pour laquelle la liste des facteurs de production et les quantités consommées pouvaient être dûment recoupées avec les requérants ayant fourni les informations pour la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. La Commission a considéré qu’une valeur normale calculée sur la base des quantités moyennes consommées, tirées d’une brochure du fabricant des équipements utilisés dans le procédé de production, telle que fournie dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, était plus représentative des taux d’utilisation aux fins d’extrapoler des conclusions à l’échelle nationale que les quantités individuelles consommées dans le cadre de conditions d’exploitation spécifiques par le seul producteur-exportateur ayant coopéré.

3.2.2.1. Existence de distorsions significatives

3.2.2.1.1. Introduction

(61)

L’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base dispose que l’«[o]n entend par distorsions significatives les distorsions qui se produisent lorsque les prix ou les coûts déclarés, y compris le coût des matières premières et de l’énergie, ne sont pas déterminés par le libre jeu des forces du marché en raison d’une intervention étatique importante. Dans l’analyse de l’existence de distorsions significatives, il faut tenir compte notamment de l’incidence possible de l’un ou plusieurs des facteurs suivants:

—

un marché constitué dans une mesure importante par des entreprises qui appartiennent aux autorités du pays exportateur ou qui opèrent sous leur contrôle, supervision stratégique ou autorité,

—

une présence de l’État dans des entreprises qui permet aux autorités d’influer sur la formation des prix ou sur les coûts,

—

des mesures ou politiques publiques discriminatoires qui favorisent les fournisseurs nationaux ou influencent de toute autre manière le libre jeu des forces du marché,

—

l’absence, l’application discriminatoire ou l’exécution inadéquate de lois sur la faillite, les entreprises ou la propriété,

—

une distorsion des coûts salariaux,

—

un accès au financement accordé par des institutions mettant en œuvre des objectifs de politique publique ou n’agissant pas de manière indépendante de l’État à tout autre égard».

(62)

La liste visée à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base étant non cumulative, il n’est pas nécessaire de prendre en considération tous les facteurs pour établir l’existence de distorsions significatives. Par ailleurs, les mêmes circonstances factuelles peuvent être utilisées pour démontrer l’existence d’un ou de plusieurs facteurs mentionnés dans la liste. En revanche, tous les éléments de preuve disponibles doivent être étudiés avant de conclure à l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. L’appréciation globale de l’existence de distorsions peut aussi tenir compte du contexte général et de la situation dans le pays exportateur, en particulier lorsque les piliers de la configuration économique et administrative du pays exportateur confèrent aux pouvoirs publics des pouvoirs importants pour intervenir dans l’économie de telle sorte que les prix et les coûts ne résultent pas de l’évolution libre des forces du marché.

(63)

L’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base prévoit ce qui suit: «[l]orsque la Commission dispose d’indications dûment fondées sur l’existence possible de distorsions significatives au sens du point b) dans un certain pays ou un secteur particulier de ce pays, et lorsqu’il y a lieu en vue de l’application effective du présent règlement, la Commission produit, publie et met régulièrement à jour un rapport décrivant la situation du marché visée au point b) dans ce pays ou ce secteur».

(64)

Conformément à cette disposition, la Commission a publié un rapport décrivant la situation en RPC (ci-après le «rapport») (10), qui montre l’existence d’une intervention étatique importante à de nombreux niveaux de l’économie, y compris des distorsions spécifiques touchant de nombreux facteurs clés de production (tels que les terrains, l’énergie, les capitaux, les matières premières et la main-d’œuvre) et des secteurs spécifiques (tels que la sidérurgie et l’industrie chimique). Les parties intéressées ont été invitées à réfuter, à commenter ou à compléter les éléments de preuve versés au dossier de l’enquête au moment de l’ouverture de la procédure. Le rapport a été versé au dossier de l’enquête au stade de l’ouverture de la procédure. La requête contenait aussi des éléments de preuve pertinents venant compléter le rapport.

(65)

Plus précisément, la demande indiquait, en se référant au rapport, que des distorsions structurelles dans de nombreux secteurs industriels chinois avaient contribué au coût particulièrement faible du gaz naturel et à l’intervention de l’État sur le marché de l’urée, l’un des principaux composants de la mélamine. Le faible prix du gaz naturel a permis aux producteurs de mélamine de fabriquer le produit faisant l’objet du réexamen à un coût artificiellement bas. La demande décrit en outre différents types d’intervention de l’État sur le marché de l’urée, tels que l’existence de quotas d’importation stricts pour l’urée, un niveau élevé de taxes à l’exportation pendant la haute saison, une exonération de TVA pour les ventes d’urée sur le marché intérieur et la constitution de stocks stratégiques d’urée par les pouvoirs publics chinois par l’intermédiaire du système de fertilisation étatique. Elle souligne aussi différentes conclusions formulées par les États-Unis en ce qui concerne les interventions des pouvoirs publics chinois en faveur de l’industrie chinoise de la mélamine, telles que des prêts préférentiels, des programmes concernant l’impôt sur le revenu, des programmes fiscaux relatifs à des exonérations tarifaires, des réductions de TVA, des exonérations de taxes administratives, des dispositions gouvernementales et plusieurs subventions, ainsi que des programmes de subventions à l’exportation pour le marché de la mélamine constatés par les autorités américaines. La demande fait par ailleurs remarquer que les politiques des pouvoirs publics chinois, telles que celles détaillées dans le 14e plan quinquennal national, ont confirmé que l’État continuait d’intervenir dans le secteur pétrochimique et chimique, considéré comme «l’un des piliers de l’économie nationale», comme dans les précédents plans quinquennaux, tels que les avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal, qui qualifie l’économie socialiste de marché de principe et objectif suprême, visant à créer des champions nationaux chinois. La demande fait également état, en se référant au rapport, de distorsions significatives dues au recours inadéquat aux lois sur la faillite, les entreprises et la propriété, ainsi qu’à l’accès aux capitaux par l’intermédiaire du système financier. Selon la demande, ces politiques sont susceptibles d’avoir un effet de distorsion sur l’industrie de la mélamine.

(66)

La Commission a examiné s’il était approprié ou non d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur chinois, du fait de l’existence de distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur les éléments de preuve disponibles dans le dossier, y compris ceux figurant dans le rapport, qui reposent sur des sources accessibles au public. Cette analyse a porté sur l’examen des interventions étatiques importantes dans l’économie chinoise en général, mais aussi sur la situation spécifique du marché dans le secteur qui comprend le produit faisant l’objet du réexamen. La Commission a complété ces éléments de preuve avec ses propres recherches sur les différents critères pertinents pour confirmer l’existence de distorsions significatives en RPC.

3.2.2.1.2. Distorsions significatives affectant les prix et les coûts sur le marché intérieur de la RPC

(67)

Le système économique chinois repose sur la notion d’«économie socialiste de marché». Cette notion est consacrée dans la Constitution chinoise et détermine la gouvernance économique de la RPC. Son principe fondamental est la «propriété socialiste publique des moyens de production, c’est-à-dire la propriété du peuple tout entier et la propriété collective des masses laborieuses». L’économie placée sous la responsabilité de l’État est la «force dirigeante de l’économie nationale» et l’État a pour mission d’«assurer son renforcement et son développement» (11). De ce fait, non seulement la structure générale de l’économie chinoise permet des interventions étatiques importantes dans l’économie, mais de telles interventions sont expressément prévues. La notion de suprématie de la propriété publique sur la propriété privée imprègne l’ensemble du système juridique et est mise en évidence comme principe général dans tous les textes législatifs majeurs. La loi chinoise sur la propriété en est le parfait exemple: elle se réfère au stade primaire du socialisme et confie à l’État la préservation du système économique de base dans le cadre duquel la propriété publique joue un rôle prédominant. D’autres formes de propriété sont tolérées, la loi leur permettant de se développer parallèlement à la propriété publique (12).

(68)

Par ailleurs, en droit chinois, l’économie socialiste de marché est développée sous la direction du Parti communiste chinois (ci-après le «PCC»). Les structures de l’État chinois et du PCC sont interconnectées à tous les niveaux (juridique, institutionnel, personnel), formant une superstructure dans laquelle les rôles du PCC et de l’État sont indissociables. À la suite d’une modification de la Constitution chinoise en mars 2018, le rôle de premier plan joué par le PCC a encore été renforcé en étant réaffirmé par la formulation de l’article 1er de la Constitution. Après la première phrase ci-dessous, qui figurait déjà dans l’article en question, «[l]e régime socialiste est le système fondamental de la République populaire de Chine», une seconde phrase, libellée comme suit, a été ajoutée: «[l]a caractéristique essentielle du socialisme chinois est le rôle dirigeant du Parti communiste chinois» (13). Cet ajout illustre le contrôle incontesté et toujours plus important exercé par le PCC sur le système économique de la RPC. Cet encadrement et ce contrôle sont inhérents au système chinois et vont bien au-delà de la situation que l’on observe habituellement dans d’autres pays, où les gouvernements exercent un contrôle macroéconomique général dans les limites duquel intervient le libre jeu des forces du marché.

(69)

L’État chinois mène une politique économique interventionniste en poursuivant des objectifs qui coïncident avec le programme politique fixé par le PCC plutôt que de refléter les conditions économiques prévalant dans un marché libre (14). Les outils économiques interventionnistes déployés par les autorités chinoises sont multiples et comprennent le système de planification industrielle, le système financier, ainsi que le niveau de l’environnement réglementaire.

(70)

Premièrement, au niveau du contrôle administratif global, l’orientation de l’économie chinoise est régie par un système complexe de planification industrielle qui affecte toutes les activités économiques du pays. L’ensemble de ces plans couvrent une matrice complète et complexe de secteurs et de politiques transversales et se déclinent à tous les niveaux de gouvernance. Les plans établis à l’échelon provincial fixent des objectifs détaillés, tandis que les programmes élaborés à l’échelle du pays définissent des objectifs plus larges. Les plans précisent aussi les moyens à utiliser afin de soutenir les industries ou secteurs concernés ainsi que les délais dans lesquels les objectifs doivent être réalisés. Certains plans contiennent encore des objectifs explicites de production. Dans le cadre de ces plans, les différents secteurs industriels et/ou projets sont désignés comme des priorités (positives ou négatives) conformément aux priorités des pouvoirs publics, et des objectifs de développement spécifiques leur sont attribués (modernisation industrielle, expansion internationale etc.). Les opérateurs économiques, privés comme publics, doivent effectivement adapter leurs activités commerciales aux réalités imposées par le système de planification. Cela s’explique non seulement par le caractère contraignant des plans, mais aussi par le fait que les autorités chinoises compétentes, à tous les niveaux, adhèrent au système de planification et utilisent leurs attributions en conséquence, incitant ainsi les opérateurs économiques à respecter les priorités établies dans les plans (voir aussi section 3.2.2.1.5 ci-après) (15).

(71)

Deuxièmement, s’agissant de la répartition des ressources financières, le système financier de la Chine est dominé par les banques commerciales et stratégiques appartenant à l’État. Lorsque ces banques établissent et mettent en œuvre leur politique de prêt, elles doivent s’aligner sur les objectifs de la politique industrielle des pouvoirs publics plutôt que d’évaluer en priorité les avantages économiques d’un projet donné (voir aussi la section 3.2.2.1.8 ci-après) (16). Il en va de même pour les autres composantes du système financier chinois, telles que les marchés boursiers, les marchés des obligations, les marchés des capitaux privés etc. En outre, ces éléments du secteur financier sont mis en place au niveau institutionnel et opérationnel de telle sorte qu’ils ne visent pas à maximiser le fonctionnement efficace des marchés financiers, mais à assurer le contrôle et à permettre l’intervention de l’État et du PCC (17).

(72)

Troisièmement, s’agissant de l’environnement réglementaire, les interventions de l’État dans l’économie prennent plusieurs formes. Par exemple, les règles de passation des marchés publics sont régulièrement utilisées aux fins de la réalisation d’objectifs autres que l’efficacité économique, ce qui porte atteinte aux principes fondés sur le marché dans ce domaine. La législation applicable prévoit expressément que les marchés publics doivent être passés pour faciliter la réalisation des objectifs définis par les politiques de l’État. Toutefois, la nature de ces objectifs n’est pas définie, ce qui laisse une large marge d’appréciation aux instances décisionnelles (18). De même, dans le domaine des investissements, les pouvoirs publics chinois conservent une influence et un contrôle significatifs sur la destination et l’ampleur des investissements tant publics que privés. Le filtrage des investissements ainsi que diverses mesures incitatives, restrictions et interdictions liées aux investissements sont utilisés par les autorités comme un outil important à l’appui des objectifs de politique industrielle, tels que la préservation du contrôle de l’État sur des secteurs clés ou le renforcement de l’industrie nationale (19).

(73)

En résumé, le modèle économique chinois repose sur certains axiomes de base qui prévoient et encouragent de multiples interventions étatiques. Celles-ci sont considérables et contraires au principe du libre jeu des forces du marché, ce qui entraîne une distorsion dans la répartition effective des ressources conformément aux principes du marché (20).

3.2.2.1.3. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), premier tiret, du règlement de base: un marché constitué dans une mesure importante par des entreprises qui appartiennent aux autorités du pays exportateur ou qui opèrent sous leur contrôle, supervision stratégique ou autorité

(74)

En Chine, les entreprises opérant sous la propriété, le contrôle, la supervision stratégique ou l’autorité de l’État représentent une part essentielle de l’économie.

(75)

Une analyse des principaux producteurs chinois de mélamine, à savoir Henan Zhongyuan Dahua Co., Ltd. (21), Henan Haohua Junhua Co., Ltd. (22), Sichuan Golden-Elephant Sincerity Chemical Co., Ltd. (23) et Xinjiang Xinlianxin Chemical Energy Co., Ltd. (24), fait apparaître une intervention considérable de l’État. Si Henan Zhongyuan Dahua Co., Ltd., est une entreprise publique détenue à 100 % par Henan Energy and Chemical Industry Group (une entreprise publique sous le contrôle de la SASAC (25)), les pouvoirs publics chinois conservent une participation de 35 % dans Henan Haohua Junhua Co., Ltd. (26), qui est détenue par Sinochem Holding, une entreprise publique sous la supervision de la SASAC, par l’intermédiaire de sa filiale Haohua Chemical Co. Sinochem Holding (27). Au-delà d’une propriété formelle, les autorités publiques peuvent contrôler et superviser les sociétés par des canaux informels, comme en témoigne la société privée productrice de mélamine Sichuan Golden-Elephant Sincerity Chemicals Co., Ltd. (28), qui, selon des sources publiques, a reçu un soutien financier sous la forme d’un prêt préférentiel de l’administration de supervision du marché de la ville de Meishan et de la sous-succursale centrale de la Banque populaire de Chine à Meishan (29) en vue de «promouvoir le développement de la qualité, stabiliser l’économie et stabiliser les acteurs du marché» (30). Le producteur-exportateur ayant coopéré, Xinjiang XLX (31), souligne aussi sur son site web que «grâce aux orientations stratégiques et au soutien résolu de la région autonome, de l’État, du comité du parti du district et des pouvoirs publics, la société Xinlianxin a fait un bond en avant et elle a aussi été témoin des grandes réalisations en matière de développement de notre district […] grâce au volontarisme du comité central du parti, soudé autour du camarade Xi Jinping, et avec le soutien plein et entier de la région autonome, du district, du comité du district et des pouvoirs publics» (32). En outre, comme les interventions du PCC dans la prise de décision opérationnelle sont devenues aussi la norme dans les entreprises privées (33), le PCC dirigeant pratiquement tous les aspects de l’économie du pays, l’influence de l’État, au moyen de structures du PCC présentes au sein des entreprises, aboutit dans les faits à ce que les opérateurs économiques soient placés sous le contrôle et la supervision stratégique des pouvoirs publics, étant donné le degré d’imbrication des structures de l’État chinois avec celles du parti.

(76)

C’est aussi visible au niveau de la Fédération chinoise de l’industrie chimique et pétrochimique (ci-après la «FCICP»), l’association sectorielle de l’industrie. Conformément à l’article 3 de ses statuts, la FCICP «accepte d’être conseillée, supervisée et gérée, sur le plan professionnel, par les entités chargées de l’enregistrement et de la gestion, par les entités chargées du développement du parti, ainsi que par les services administratifs compétents en charge de la gestion de l’industrie» (34).

(77)

Par conséquent, même les producteurs privés du secteur du produit faisant l’objet du réexamen se voient empêchés d’exercer leurs activités dans des conditions de marché. En effet, tant les entreprises publiques que les entreprises privées du secteur sont soumises à des orientations et à une supervision stratégiques, comme expliqué aussi à la section 3.2.2.1.5 ci-après.

3.2.2.1.4. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), deuxième tiret, du règlement de base: une présence de l’État dans des entreprises qui permet aux autorités d’influer sur la formation des prix ou sur les coûts

(78)

Non seulement les pouvoirs publics chinois exercent un contrôle sur l’économie grâce, entre autres moyens, aux entreprises publiques qu’ils détiennent, mais ils sont aussi en mesure d’influer sur les prix et les coûts de par leur présence au sein même des entreprises. Si le droit de désigner et de destituer les principaux dirigeants des entreprises publiques conféré aux autorités étatiques compétentes, tel que prévu par la législation chinoise, peut être considéré comme reflétant les droits de propriété correspondants (35), les cellules du PCC dans les entreprises, tant publiques que privées, représentent un autre moyen important par lequel l’État peut intervenir dans les décisions commerciales. Conformément au droit chinois des sociétés, une organisation du PCC doit être mise en place dans chaque société (avec au moins trois membres du PCC, comme le prévoient les statuts du PCC (36)) et l’entreprise concernée doit veiller à ce que les conditions nécessaires aux activités de l’organisation du parti soient réunies. Par le passé, il semble que cette exigence n’ait pas toujours été respectée, ni strictement appliquée. Toutefois, depuis 2016 au moins, le PCC renforce, par principe politique, ses prétentions à contrôler les décisions commerciales dans les entreprises (37), notamment en exerçant des pressions sur les entreprises privées pour qu’elles adoptent un comportement patriotique et qu’elles respectent la discipline du parti (38). En 2017, il a été rapporté que des cellules du parti existaient dans 70 % des quelque 1,86 million d’entreprises privées, avec une pression croissante pour que les organisations du PCC aient le dernier mot dans le cadre de la prise de décisions commerciales au sein de leurs entreprises respectives (39). Ces règles sont d’application générale dans l’ensemble de l’économie chinoise, tous secteurs confondus, et s’appliquent donc aussi aux producteurs du produit faisant l’objet du réexamen et à leurs fournisseurs d’intrants.

(79)

En outre, le 15 septembre 2020, un document intitulé Orientations du bureau général du comité central du PCC sur le renforcement des travaux du front uni dans le secteur privé pour une nouvelle ère (ci-après les «orientations») (40) a été publié, élargissant encore davantage le rôle des comités du parti dans les entreprises privées. La section II.4 de ces orientations dispose que «[n]ous devons renforcer la capacité globale du Parti à diriger le travail du front uni dans le secteur privé et à intensifier efficacement les efforts dans ce domaine», et la section III.6 indique que «[n]ous devons renforcer davantage la consolidation du parti dans les entreprises privées et permettre aux cellules du parti de jouer efficacement leur rôle de forteresse, tout en permettant aux membres du parti d’agir en tant qu’avant-gardistes et pionniers». Les orientations soulignent et cherchent donc à accroître le rôle du PCC dans les entreprises et autres entités du secteur privé (41).

(80)

L’enquête a confirmé que les chevauchements entre les postes de direction d’entreprise et les fonctions de membre ou responsable du PCC sont monnaie courante dans le secteur de la mélamine. De fait, les présidents respectifs des conseils d’administration de Henan Zhongyuan Dahua Co., Ltd., Henan Haohua Junhua Co., Ltd., Sichuan Golden-Elephant Sincerity Chemical Co., Ltd. et Xinjiang Xinlianxin Chemical Energy Co., Ltd. sont également secrétaires des comités du Parti dans leurs sociétés respectives.

(81)

La présence et l’intervention de l’État sur les marchés financiers (voir aussi la section 3.2.2.1.8 ci-après) ainsi que dans l’approvisionnement en matières premières et intrants ont également un effet de distorsion sur le marché (42). Ainsi, la présence de l’État dans les entreprises du secteur de la mélamine et d’autres secteurs (tels que le secteur financier et le secteur des intrants) permet aux pouvoirs publics chinois d’influer sur la formation des prix et sur les coûts.

3.2.2.1.5. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), troisième tiret, du règlement de base: des mesures ou politiques publiques discriminatoires qui favorisent les fournisseurs nationaux ou influencent de toute autre manière le libre jeu des forces du marché

(82)

L’orientation de l’économie chinoise est déterminée dans une large mesure par un système de planification élaboré qui définit les priorités et les objectifs sur lesquels les pouvoirs publics centraux, provinciaux et locaux doivent se concentrer. Des plans de ce type existent à tous les niveaux de gouvernance et portent sur pratiquement tous les secteurs économiques. Les objectifs fixés par les instruments de planification ont un caractère contraignant et les autorités, à chaque niveau administratif, surveillent la mise en œuvre des plans par le niveau inférieur de gouvernance correspondant. Globalement, le système de planification en RPC a pour effet d’orienter les ressources vers des secteurs désignés par les pouvoirs publics comme stratégiques ou autrement importants sur le plan politique; l’affectation de ces ressources n’est donc pas régie par les forces du marché (43).

(83)

Les autorités chinoises ont adopté un certain nombre de politiques qui orientent le fonctionnement du secteur du produit faisant l’objet du réexamen.

(84)

Tout d’abord, le 14e plan quinquennal sur les matières premières (44) indique que «le développement intensif des parcs industriels chimiques sera considérablement amélioré, donnant ainsi naissance à un groupe de bases industrielles pétrochimiques» (45). Ce plan exhorte aussi l’industrie à «contrôler strictement les nouvelles capacités de production d’urée», l’un des principaux composants de la mélamine, et à «renforcer les normes relatives à l’élimination des capacités de production obsolètes et utiliser des normes globales pour favoriser l’abandon des capacités de production obsolètes conformément aux dispositions législatives et réglementaires» (46). En outre, «toutes les localités doivent accroître leur conformité à ce plan et intégrer son principal contenu et ses grands projets dans leurs principales missions locales. [L’industrie] pétrochimique et chimique […] formule des avis de mise en œuvre spécifiques axés sur les objectifs et les missions énoncés dans ce plan et en tenant compte des conditions réelles qui prévalent dans les secteurs précités» (47). En outre, le 14e plan quinquennal sur le développement écologique de l’industrie (48) indique que «les nouvelles capacités devraient faire l’objet d’un contrôle strict dans les industries telles que celle de l’urée» (49). Cette exigence cadre avec la version 2019 du catalogue d’orientation pour l’adaptation des structures industrielles (50), qui inclut les installations de production d’urée parmi les installations «à éliminer» qui doivent donc faire l’objet d’un contrôle (51). Au niveau provincial, le 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme dans la province de Jiangsu (52) expose l’intention des autorités locales de «continuer de contrôler les nouvelles capacités de production dans les industries excédentaires telles que celles du raffinage de pétrole, de l’urée, du phosphate d’ammonium, de la soude caustique, du chlorure de polyvinyle, du carbonate de sodium, du carbure de calcium et du phosphore jaune» (53). Le 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique dans la province de Jiangsu (54) précise avoir l’intention d’«améliorer la valeur ajoutée et le raffinement des produits et accélérer la formation d’un système d’industrie chimique à base de charbon composé de trois grandes catégories: les produits chimiques à base de charbon contenant de l’oxygène, les produits chimiques intermédiaires à base de charbon et les nouveaux matériaux chimiques à base de charbon» et de «se concentrer sur le développement de la chaîne industrielle des produits chimiques nobles à base de charbon» (55).

(85)

En outre, l’avis d’orientation visant à promouvoir le développement de haute qualité des industries chimique et pétrochimique au cours du 14e plan quinquennal (56) quantifie d’autres paramètres du développement prévu du secteur: «[d]’ici à 2025, l’industrie pétrochimique et chimique formera essentiellement un modèle de développement de haute qualité, doté de solides capacités d’innovation locales, d’une configuration structurelle raisonnable et d’un développement écologique, sûr et à faible intensité de carbone. Elle améliorera aussi considérablement les capacités nécessaires pour garantir un produit haut de gamme, renforcera considérablement sa compétitivité de base et prendra des mesures résolues en vue de s’assurer une autonomie et un perfectionnement de haut niveau» (57); il fixe aussi plusieurs objectifs pour le secteur chimique: «[l]e niveau de concentration de la production chimique de masse augmentera encore et le taux d’utilisation des capacités atteindra plus de 80 % […] environ 70 parcs industriels chimiques, bénéficiant d’avantages concurrentiels, seront créés» (58). Il souligne en outre la nécessité de «renforcer la coordination des politiques fiscales, financières, régionales, d’investissement, d’importation et d’exportation, énergétiques, environnementales écologiques et de prix et d’autres politiques avec les politiques industrielles» ainsi que de «[l]aisser la plateforme nationale de coopération entre l’industrie et la finance jouer pleinement son rôle et promouvoir les liens entre banques et entreprises et la coopération entre l’industrie et la finance» (59).

(86)

La communication publiée en 2021 par la Commission nationale pour le développement et la réforme, concernant l’efficacité de la signature et de l’exécution de contrats de fourniture de charbon à moyen et à long terme (60), exige elle aussi que les acteurs du marché concernés «renforcent la constitution de l’autodiscipline industrielle. Toutes les associations sectorielles concernées devraient aider les entreprises à renforcer l’autodiscipline, à mettre en œuvre les exigences des contrats à moyen et long termes et à ne pas signer de contrats abusifs en tirant parti de la situation de l’offre et de la demande sur le marché et de la position dominante de l’industrie. Les grandes entreprises devraient jouer un rôle exemplaire et prendre de manière consciencieuse leurs décisions de signature de contrats» (61). À travers ces instruments et d’autres outils, les pouvoirs publics chinois dirigent et contrôlent donc presque chaque aspect du développement et du fonctionnement du secteur, ainsi que les intrants en amont.

(87)

En résumé, les pouvoirs publics chinois ont mis en place des mesures pour inciter les opérateurs à se conformer aux objectifs de politique publique relatifs au secteur de la mélamine. De telles mesures empêchent les forces du marché de fonctionner librement.

3.2.2.1.6. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), quatrième tiret, du règlement de base: l’absence, l’application discriminatoire ou l’exécution inadéquate de lois sur la faillite, les entreprises ou la propriété

(88)

D’après les informations versées au dossier, le système chinois de faillites ne parvient pas à atteindre ses principaux objectifs, tels que le règlement équitable des créances et des dettes et la sauvegarde des droits et intérêts légitimes des créanciers et des débiteurs. Cette situation semble due au fait que, même si la loi chinoise sur la faillite repose officiellement sur des principes semblables à ceux des lois correspondantes d’autres pays, le système chinois n’en est pas moins caractérisé par une sous-application systématique. Le nombre de faillites reste notoirement faible par rapport à la taille de l’économie du pays, notamment parce que les procédures d’insolvabilité souffrent d’un certain nombre de lacunes, qui ont pour effet de décourager les dépôts de bilan. Par ailleurs, le rôle de l’État dans les procédures d’insolvabilité reste fort et actif, et a souvent une influence directe sur l’issue de ces procédures (62).

(89)

En outre, les lacunes du système des droits de propriété sont particulièrement évidentes en ce qui concerne la propriété foncière et les droits d’utilisation du sol en RPC (63). Tous les terrains sont la propriété de l’État (terrains ruraux collectivisés et terrains urbains appartenant à l’État) et leur attribution reste exclusivement tributaire de l’État. Il existe des dispositions juridiques qui visent à attribuer les droits d’utilisation des terrains de manière transparente et au prix du marché, par exemple au moyen d’appels d’offres. Toutefois, ces dispositions sont régulièrement contournées, certains acquéreurs obtenant des terrains gratuitement ou à des prix inférieurs à ceux du marché (64). Par ailleurs, les autorités poursuivent souvent des objectifs politiques spécifiques, y compris la mise en œuvre des plans économiques, lorsqu’elles attribuent des terrains (65).

(90)

Comme d’autres secteurs de l’économie chinoise, les producteurs du produit faisant l’objet du réexamen sont soumis aux règles ordinaires des lois chinoises sur la faillite, les entreprises et la propriété. Aussi ces sociétés sont-elles, elles aussi, sujettes aux distorsions qui s’opèrent de haut en bas, découlant d’une application discriminatoire ou d’une exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété. Sur la base des éléments de preuve disponibles, ces considérations semblent aussi pouvoir s’appliquer pleinement au secteur de la mélamine. La présente enquête n’a rien révélé qui puisse remettre en question ces constatations.

(91)

Au vu de ce qui précède, la Commission a conclu à l’application discriminatoire ou à l’exécution inadéquate des lois sur la faillite et la propriété dans le secteur du produit faisant l’objet du réexamen.

3.2.2.1.7. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), cinquième tiret, du règlement de base: une distorsion des coûts salariaux

(92)

Un système de salaires fondés sur le marché ne peut se développer pleinement en Chine, étant donné que le droit des travailleurs et des employeurs à l’organisation collective est entravé. La RPC n’a pas ratifié un certain nombre de conventions importantes de l’Organisation internationale du travail (OIT), en particulier celles sur la liberté syndicale et la négociation collective (66). Conformément au droit national, il n’existe qu’une organisation syndicale. Toutefois, cette organisation manque d’indépendance par rapport aux autorités étatiques et son engagement dans la négociation collective et la protection des droits des travailleurs reste rudimentaire (67). De plus, la mobilité de la main-d’œuvre chinoise est restreinte par le système d’enregistrement des ménages, lequel limite l’accès à l’ensemble des prestations de sécurité sociale et des autres prestations aux résidents locaux d’une zone administrative donnée. Il en résulte généralement que des travailleurs qui ne sont pas enregistrés en tant que résidents locaux se retrouvent dans une situation vulnérable en matière d’emploi et perçoivent un revenu inférieur à celui des personnes enregistrées en tant que résidents locaux (68). Ces conclusions révèlent une distorsion des coûts salariaux en République populaire de Chine.

(93)

Aucun élément de preuve n’a été fourni indiquant que le secteur de la mélamine ne serait pas soumis au système chinois du droit du travail décrit. Ce secteur est donc affecté par les distorsions des coûts salariaux, tant directement (dans le cadre de la fabrication du produit concerné ou des matières premières destinées à sa production) qu’indirectement (dans le cadre de l’accès aux capitaux ou aux intrants des sociétés soumises à ce même système de droit du travail en RPC).

3.2.2.1.8. Distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), sixième tiret, du règlement de base: un accès au financement accordé par des institutions mettant en œuvre des objectifs de politique publique ou n’agissant pas de manière indépendante de l’État à tout autre égard.

(94)

L’accès des entreprises aux capitaux en RPC souffre de diverses distorsions.

(95)

Premièrement, le système financier chinois se caractérise par la position solide occupée par les banques publiques (69) qui, lorsqu’elles accordent un accès à des financements, tiennent compte de critères autres que la viabilité économique d’un projet. À l’instar des entreprises publiques non financières, les banques restent liées à l’État non seulement par la propriété, mais aussi par des relations personnelles (les principaux dirigeants des grandes institutions financières publiques sont en fin de compte désignés par le PCC) (70) et, de nouveau à l’instar des entreprises publiques non financières, les banques mettent régulièrement en œuvre des politiques publiques conçues par les pouvoirs publics chinois. Ce faisant, les banques se conforment à une obligation légale explicite de mener leurs activités en fonction des besoins du développement économique et social national, dans le respect de la politique industrielle de l’État (71). Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (72).

(96)

S’il est établi que diverses dispositions juridiques font référence à la nécessité de respecter le comportement bancaire normal et les normes prudentielles, telles que la nécessité d’examiner le degré de solvabilité de l’emprunteur, des preuves irréfutables, y compris les conclusions tirées à l’issue des enquêtes en matière de défense commerciale, indiquent que ces dispositions ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’application des divers instruments juridiques.

(97)

Par exemple, les pouvoirs publics chinois ont précisé que même les décisions des banques commerciales privées doivent être supervisées par le PCC et rester conformes aux politiques nationales. L’un des trois objectifs primordiaux de l’État en matière de gouvernance bancaire est désormais de renforcer la direction du parti dans le secteur de la banque et de l’assurance, notamment en ce qui concerne les questions opérationnelles et de gestion (73). En outre, les critères d’évaluation des performances des banques commerciales doivent désormais, notamment, tenir compte de la manière dont les entités «servent les objectifs de développement national et l’économie réelle», et en particulier de la manière dont elles «servent les industries stratégiques et émergentes» (74).

(98)

Par ailleurs, les notations d’obligations et de crédits sont souvent faussées pour diverses raisons, y compris le fait que l’évaluation des risques est influencée par l’importance stratégique de l’entreprise aux yeux des pouvoirs publics chinois et la force de toute garantie implicite des pouvoirs publics. Les estimations laissent sérieusement présumer que les notations de crédit chinoises correspondent systématiquement à des notations internationales inférieures (75).

(99)

Cette situation est exacerbée par l’existence d’autres règles, qui orientent les financements vers des secteurs que les pouvoirs publics favorisent ou considèrent comme importants à un autre titre (76). Cela donne lieu à un biais en faveur des prêts aux entreprises publiques, aux grandes entreprises privées bénéficiant d’un excellent réseau et aux entreprises des secteurs industriels clés, ce qui signifie que la disponibilité et le coût du capital ne sont pas les mêmes pour tous les acteurs du marché.

(100)

Deuxièmement, les coûts d’emprunt ont été maintenus à un niveau artificiellement bas pour stimuler la croissance des investissements, ce qui a entraîné un recours excessif aux investissements en capitaux avec des retours sur investissement toujours plus faibles. Ce phénomène est illustré par la croissance de l’endettement des entreprises dans le secteur public malgré une forte chute de la rentabilité, ce qui indique que les mécanismes à l’œuvre dans le système bancaire ne constituent pas des réponses commerciales normales.

(101)

Troisièmement, bien que la libéralisation des taux d’intérêt nominaux ait eu lieu en octobre 2015, les signaux de prix ne sont toujours pas le résultat du libre jeu des forces du marché, mais sont influencés par les distorsions induites par les pouvoirs publics. La part des prêts à un taux égal ou inférieur au taux de référence représentait encore au moins un tiers de l’ensemble des prêts à la fin de 2018 (77). Les médias officiels de la RPC ont récemment rapporté que le PCC avait appelé à «orienter le taux d’intérêt du marché des prêts vers le bas» (78). Des taux d’intérêt artificiellement bas entraînent la fixation de prix inférieurs à ceux du marché et, par conséquent, une utilisation excessive de capitaux.

(102)

La croissance globale du crédit en Chine indique une détérioration de l’efficacité de l’allocation des capitaux sans aucun signe de resserrement du crédit auquel on pourrait s’attendre dans un environnement de marché non faussé. Par conséquent, les prêts non performants ont augmenté rapidement, les pouvoirs publics chinois ayant choisi à plusieurs reprises soit d’éviter les défaillances, créant ainsi des entreprises dites «zombies», soit de recourir à un transfert de propriété de la dette (par des fusions ou des conversions de dettes en capital, par exemple), sans nécessairement supprimer le problème global de la dette ou s’attaquer à ses causes profondes.

(103)

En substance, malgré les mesures prises afin de libéraliser le marché, le système de crédit aux entreprises en Chine est affecté par des distorsions significatives résultant du rôle prépondérant et continu de l’État sur les marchés des capitaux. Par conséquent, l’intervention étatique importante dans le système financier a de sérieuses répercussions sur les conditions de marché à tous les niveaux.

(104)

Dans le cadre de la présente enquête, il n’a été fourni aucun élément de preuve démontrant que le secteur du produit faisant l’objet du réexamen n’est pas affecté par l’intervention étatique dans le système financier au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), sixième tiret, du règlement de base. Par conséquent, l’intervention étatique importante dans le système financier a de sérieuses répercussions sur les conditions de marché à tous les niveaux.

3.2.2.1.9. Nature systémique des distorsions décrites

(105)

La Commission a observé que les distorsions décrites dans le rapport étaient caractéristiques de l’économie chinoise. Les éléments de preuve disponibles montrent que les faits et les caractéristiques du système chinois décrits ci-dessus aux sections 3.2.2.1.2 à 3.2.2.1.5 ainsi que dans la partie I du rapport s’appliquent à l’ensemble du pays et à tous les secteurs de l’économie. Il en va de même pour la description des facteurs de production présentée aux sections 3.2.2.1.6 à 3.2.2.1.8 et dans la partie II du rapport.

(106)

La Commission rappelle que, pour fabriquer le produit faisant l’objet du réexamen, certains intrants sont nécessaires. Lorsque les producteurs de mélamine achètent ces intrants ou passent un contrat les concernant, les prix qu’ils paient (et qui sont comptabilisés dans leurs coûts) sont clairement exposés aux distorsions systémiques susmentionnées. À titre d’exemple, les fournisseurs d’intrants emploient une main-d’œuvre qui fait l’objet de ces distorsions. Ils sont susceptibles d’emprunter de l’argent qui fait l’objet des distorsions subies par le secteur financier ou l’allocation des capitaux. En outre, ils sont soumis au système de planification qui s’applique à tous les niveaux de gouvernance et à tous les secteurs.

(107)

Dès lors, non seulement les prix de vente du produit faisant l’objet du réexamen sur le marché intérieur ne sont pas appropriés pour une utilisation au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, mais tous les coûts des intrants (englobant les matières premières, l’énergie, les terrains, le financement, la main-d’œuvre etc.) sont aussi faussés, étant donné que la formation de leur prix est affectée par une intervention étatique importante, comme décrit dans les parties I et II du rapport. En effet, les interventions étatiques décrites concernant l’allocation des capitaux, les terrains, la main-d’œuvre, l’énergie et les matières premières sont présentes partout en RPC. Cela signifie par exemple qu’un intrant qui, en soi, a été produit en RPC grâce à la combinaison d’une série de facteurs de production est exposé à des distorsions significatives. Il en va de même pour les intrants des intrants, et ainsi de suite. Aucun élément de preuve ou argument démontrant le contraire n’a été présenté par les pouvoirs publics chinois ou par les producteurs-exportateurs dans le cadre de la présente enquête.

(108)

La Commission a reçu des observations de la CCCMC, qui représente trois producteurs chinois de mélamine: Sichuan Golden-Elephant Sincerity Chemical Co., Ltd, Shandong Holitech Chemical Industry Co., Ltd et Henan Junhua Development Ltd (79).

(109)

Premièrement, la CCCMC a fait valoir que l’article 2.2 de l’accord antidumping de l’OMC (ci-après l’«accord antidumping») ne reconnaissait pas la notion de distorsions significatives. En outre, même si la notion de distorsions significatives relevait de l’article 2.2 de l’accord antidumping, ce qui n’est pas le cas selon la CCCMC, le calcul par l’Union de la valeur normale devrait aussi être conforme à l’article 2.2.1.1 de l’accord antidumping ainsi qu’à son interprétation par l’organe d’appel, exposée dans l’affaire UE — Biodiesel (Argentine) (DS473). Par conséquent, selon la CCCMC, le calcul de la valeur normale ne serait autorisé que dans les cas où aucune vente du produit similaire n’a été réalisée au cours d’«opérations commerciales normales», ni dans une «situation particulière du marché». Les distorsions significatives alléguées dans le pays exportateur devraient donc relever de l’une de ces catégories pour que la Commission puisse procéder au réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. D’après la CCCMC, tel n’est pas le cas, étant donné que la méthode prévue à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base permet de calculer la valeur normale sur la base de la constatation de distorsions significatives plutôt que conformément aux notions prévues à l’article 2.2 de l’accord antidumping. En outre, la CCCMC a fait valoir qu’aucun article de l’accord antidumping ne permet l’utilisation, aux fins de la détermination de la valeur normale, de données provenant d’un pays tiers qui ne reflètent pas de manière appropriée les prix ou le niveau des coûts dans le pays d’origine. La valeur normale dans les enquêtes antidumping doit être déterminée sur la base des prix de vente ou des coûts des sociétés dans le pays d’origine ou au moins sur la base des prix ou des coûts qui peuvent refléter le niveau des prix ou des coûts dans le pays d’origine. À cet égard, la CCCMC a notamment attiré l’attention sur le rapport du groupe spécial de l’OMC dans l’affaire UE — Méthodes d’ajustement des coûts II (Russie) (DS494), à titre d’exemple d’une contestation juridique réussie de la compatibilité de la méthode avec les règles de l’OMC au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. Pour toutes les raisons qui précèdent, la CCCMC a estimé que l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était incompatible avec l’accord antidumping et ne devait pas être appliqué dans ce cas.

(110)

En ce qui concerne les arguments de la CCCMC relatifs à la compatibilité de la méthode au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base avec les règles de l’OMC, la Commission considère que les dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, sont pleinement conformes aux obligations incombant à l’Union européenne dans le cadre de l’OMC et à la jurisprudence citée par la CCCMC. La Commission fait remarquer d’emblée que l’existence de distorsions significatives rend les coûts et les prix dans le pays exportateur inappropriés pour le calcul de la valeur normale. Dans ces circonstances, l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base envisage le calcul des coûts de production et de vente sur la base de prix ou de valeurs de référence non faussés, y compris ceux d’un pays représentatif approprié ayant un niveau de développement semblable à celui du pays exportateur. En outre, le rapport de l’OMC sur l’affaire UE — Biodiesel ne concernait pas l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, mais d’une disposition spécifique de l’article 2, paragraphe 5, de ce même règlement. En tout état de cause, la législation de l’OMC interprétée par l’organe d’appel dans l’affaire UE — Biodiesel permet l’utilisation de données d’un pays tiers, dûment ajustées lorsqu’un tel ajustement est nécessaire et motivé. De surcroît, en ce qui concerne l’affaire UE — Méthodes d’ajustement des coûts II (Russie), le rapport du groupe spécial a spécifiquement considéré que les dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base ne relevaient pas du champ d’application du différend. La Commission rappelle en outre que tant l’Union que la Fédération de Russie ont fait appel des conclusions du groupe spécial, qui ne sont pas définitives et, partant, conformément à la jurisprudence constante de l’OMC, n’ont aucun statut juridique dans le système de l’OMC, étant donné qu’elles n’ont pas été approuvées par l’organe de règlement des différends par décision des membres de l’OMC. Les arguments de la CCCMC n’ont donc pas pu être acceptés.

(111)

Deuxièmement, en ce qui concerne les éléments de preuve démontrant l’existence de distorsions significatives, la CCCMC a soutenu que les requérants n’avaient pas fourni d’éléments de preuve suffisants pour justifier la moindre constatation de «distorsions significatives» dans l’industrie chinoise de la mélamine et que l’analyse réalisée par la Commission elle-même pendant l’enquête nécessitait donc un fond nettement plus solide, notamment pour étayer les allégations de distorsions formulées par l’industrie de l’Union, qui, selon la CCCMC, n’ont pas pu être confirmées en raison de leur nature générale et du fait que les sources sous-jacentes n’ont pas été dûment mentionnées. À titre d’exemple, la CCCMC fait observer que par sa référence au 14e plan quinquennal, l’industrie de l’Union se contente d’affirmer qu’il «vise à créer des champions nationaux chinois». De même, la CCCMC critique la référence faite par l’industrie de l’Union aux avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal. Selon la CCCMC, les avis d’orientation constituent un document d’orientation qui ne fixe pas de règles contraignantes et qui énonce en outre un certain nombre d’objectifs non mentionnés par l’industrie de l’Union, y compris les objectifs consistant à «donner toute sa mesure au rôle déterminant joué par le marché dans l’allocation des ressources, intensifier le rôle des pouvoirs publics» et à «créer un environnement commercial axé sur le marché, légalisé et internationalisé […], promouvoir une répartition mondiale efficace des ressources en facteurs et renforcer la coordination en amont et en aval de la chaîne industrielle et le développement couplé d’industries associées». Dans ce contexte, la CCCMC a établi un parallèle entre les avis d’orientation et les initiatives actuelles de l’Union en matière de politique industrielle.

(112)

À cet égard, la CCCMC a aussi souligné que le rapport n’était plus à jour, compte tenu notamment des évolutions économiques substantielles intervenues tant dans l’Union qu’en Chine depuis sa publication. Elle a souligné l’obligation faite à la Commission, en vertu de l’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base, de mettre régulièrement à jour le rapport et a fait valoir que les références répétées et littérales au rapport — que ce soit par l’industrie de l’Union ou dans les conclusions de la Commission — ne seraient pas adéquates. La CCCMC s’est référée, à cet égard, à la décision de l’organe d’appel de l’OMC dans l’affaire États-Unis — Mesures compensatoires (DS437), en affirmant que l’allégation relative à la distorsion des prix doit être formulée au cas par cas et doit être dûment établie et expliquée dans le rapport de l’autorité chargée de l’enquête.

(113)

Pour ce qui est des arguments de la CCCMC relatifs à l’analyse du caractère suffisant des éléments de preuve, la Commission ne les partage pas. Premièrement, en ce qui concerne la prétendue insuffisance des éléments de preuve avancés dans les observations de l’industrie de l’Union, au cours de la présente enquête, la Commission a effectivement recueilli des informations supplémentaires pour compléter les sources disponibles, y compris la demande et le rapport, en vue de vérifier les allégations formulées lors de l’ouverture de la procédure et, en fin de compte, de déterminer s’il existe des distorsions significatives au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base dans le secteur de la mélamine. Les résultats de l’enquête de la Commission sont exposés aux considérants 67 à 104 et les parties intéressées ont eu la possibilité de formuler d’autres observations à leur sujet. En tout état de cause, en ce qui concerne le caractère suffisant des éléments de preuve au stade de l’ouverture, la Commission rappelle que le point 4.1 de l’avis d’ouverture faisait référence à un certain nombre d’éléments du marché chinois de la mélamine pour étayer le fait que le marché était affecté par des distorsions. La Commission considère que les éléments de preuve énumérés dans l’avis d’ouverture étaient suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. En effet, si la détermination de l’existence réelle de distorsions significatives et l’utilisation subséquente de la méthode prescrite par l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base ne se font qu’au moment de l’information finale, l’article 2, paragraphe 6 bis, point e), du règlement de base fixe une obligation de recueillir les données nécessaires à l’application de cette méthode lorsque l’enquête a été ouverte sur cette base. En l’espèce, la Commission a estimé que les éléments de preuve fournis dans la demande étaient suffisants pour ouvrir l’enquête sur cette base. La Commission a donc pris les mesures nécessaires pour lui permettre d’appliquer la méthode prévue à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base au cas où l’existence de distorsions significatives serait confirmée au cours de l’enquête.

(114)

Deuxièmement, en ce qui concerne l’argument relatif aux documents stratégiques chinois, la Commission souligne que l’économie chinoise est couverte par un ensemble complexe de plans quinquennaux, qui guident les décisions des autorités publiques à tous les niveaux. Contrairement à ce qu’avance la CCCMC, la Commission considère les plans quinquennaux comme étant des documents contraignants, étant donné que le 14e plan quinquennal national consacre, par exemple, une section entière à l’«amélioration du mécanisme de mise en œuvre de la planification», en indiquant qu’«[e]n ce qui concerne les indicateurs contraignants, les grands projets d’ingénierie et les missions ayant trait aux services publics, à la protection de l’environnement, à la sécurité et à d’autres domaines définis dans le présent plan, il est nécessaire de clarifier les responsabilités des parties et les exigences en matière de calendrier, d’allouer les ressources publiques, d’orienter et de contrôler les ressources sociales et de veiller à la réalisation du plan conformément aux prévisions. En ce qui concerne les indicateurs et les missions planifiés dans les domaines du développement industriel et de l’ajustement structurel définis dans le présent plan, il est nécessaire de s’appuyer principalement sur le rôle des acteurs du marché pour les atteindre. Les services publics de tous niveaux doivent mettre en place un environnement stratégique, institutionnel et juridique favorable» (80) . En outre, l’avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal indique lui aussi l’existence d’une intervention concrète de l’État, en lien avec l’argument avancé dans la requête, en exposant que les entreprises chinoises doivent «accélérer la transformation et la modernisation des industries traditionnelles et activement développer les industries des nouvelles matières chimiques et des produits chimiques nobles. Accélérer la transformation numérique de l’industrie, améliorer le niveau de sécurité intrinsèque et de production propre, accélérer la transformation de l’industrie pétrochimique sur le plan de la qualité, de l’efficacité et de la puissance, et promouvoir la transition de la Chine d’un pays pétrochimique vaste à un pays pétrochimique fort» (81).

(115)

Troisièmement, en ce qui concerne les similitudes alléguées entre les politiques industrielles actuelles de l’Union et les politiques en Chine, la Commission n’a pas compris quelle était la pertinence de cette remarque dans le contexte de la détermination de l’existence de distorsions significatives en Chine conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base.

(116)

Quatrièmement, en ce qui concerne l’allégation relative au caractère obsolète des éléments de preuve figurant dans le rapport, la Commission a fait observer que ce rapport était un document complet fondé sur des éléments de preuve objectifs et détaillés, notamment la législation, la réglementation et d’autres documents stratégiques officiels publiés par les autorités chinoises, des rapports de tiers provenant d’organisations internationales, des études universitaires et des articles de membres du monde universitaire, ainsi que d’autres sources indépendantes fiables. Le rapport ayant déjà été rendu public en décembre 2017, les éventuelles parties intéressées ont eu toute latitude pour le réfuter, le compléter ou le commenter, au même titre que les éléments de preuve sur lesquels il repose, et aucune partie n’a présenté d’arguments ou d’éléments de preuve réfutant les sources et informations qui y figurent.

(117)

Cinquièmement, en ce qui concerne l’affaire États-Unis — Mesures compensatoires (Chine), la Commission rappelle qu’elle ne portait pas sur l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, qui constitue la base juridique applicable aux fins de la détermination de la valeur normale dans le cadre de la présente enquête. Ce différend avait trait à une tout autre situation factuelle et concernait l’interprétation de l’accord de l’OMC sur les subventions et les mesures compensatoires.

(118)

Enfin, la Commission a rappelé que les pouvoirs publics chinois avaient eu la possibilité de formuler des observations sur les distorsions alléguées décrites dans le rapport et dans le réexamen au titre de l’expiration des mesures et de fournir des éléments de preuve pour contester ces allégations. Comme expliqué au considérant 47, les pouvoirs publics chinois n’ont pas répondu au questionnaire concerné et la Commission a donc fondé ses conclusions concernant l’existence de distorsions significatives sur le marché chinois sur les données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base.

(119)

Après l’information des parties, la CCCMC a réitéré ses arguments, en faisant explicitement référence à ses observations antérieures. En outre, Xinjiang XLX a présenté des arguments identiques à ceux de la CCCMC.

(120)

Premièrement, la CCCMC et Xinjiang XLX ont insisté sur le fait que l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était incompatible avec le droit de l’OMC et en particulier avec l’article 2.2 de l’accord antidumping, et ont reproché à la Commission de ne pas avoir expliqué en quoi la pratique qu’elle avait suivie pour appliquer l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base était conforme au raisonnement exposé dans plusieurs décisions constantes de l’organe d’appel de l’OMC, dans lesquelles l’organe d’appel avait conclu que des pratiques similaires mises en œuvre par l’Union et d’autres membres pour calculer la valeur normale étaient incompatibles avec les obligations visées à l’article 2.2 de l’accord antidumping. En outre, la CCCMC et Xinjiang XLX ont demandé à la Commission de ne pas se contenter de rejeter leur argument en affirmant que l’OMC autorise l’utilisation de données provenant d’un pays tiers, mais d’expliquer comment elle a procédé à l’adaptation requise par l’article 2.2 de l’accord antidumping pour parvenir au coût de production «dans le pays d’origine». La CCCMC et Xinjiang XLX ont renvoyé à cet égard aux conclusions de l’organe d’appel dans les différends UE — Biodiesel (Argentine) (DS473) et Ukraine — Mesures antidumping visant le nitrate d’ammonium (DS493). Par conséquent, la CCCMC et Xinjiang XLX ont soutenu qu’à partir du moment où la Commission avait calculé la valeur normale sur la base du coût de production en Turquie sans procéder à aucun ajustement ni expliquer comment ces données ont finalement été adaptées pour refléter le coût de production dans le pays d’origine (la Chine), la méthode appliquée par la Commission dans la présente enquête était incompatible avec les obligations de l’Union au titre de l’article 2.2 de l’accord antidumping. Selon la CCCMC et Xinjiang XLX, il incombe donc à la Commission de revoir fondamentalement sa méthode de calcul de la valeur normale et les conclusions qui s’y rapportent.

(121)

Ces arguments ne sont pas recevables. Comme la Commission l’a déjà rappelé au considérant 110 ci-dessus, la jurisprudence de l’organe d’appel invoquée par la CCCMC et Xinjiang XLX ne concerne pas l’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. Par conséquent, l’argument selon lequel la méthode utilisée par la Commission pour calculer la valeur normale en application de cet article ne serait pas compatible avec le droit de l’OMC compte tenu du raisonnement de l’organe d’appel est hors de propos. À cet égard, la Commission ne se contente pas de rejeter les arguments des parties, mais exprime sa position juridique selon laquelle les dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, sont pleinement conformes aux obligations de l’Union dans le cadre de l’OMC. Par conséquent, la Commission ne peut accepter la demande de la CCCMC et de Xinjiang XLX visant à ce qu’elle révise la méthode prescrite par l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base.

(122)

Deuxièmement, la CCCMC et Xinjiang XLX ont considéré que le raisonnement de la Commission concernant les distorsions significatives et les éléments de preuve auxquels elle a fait référence à ce sujet étaient insuffisants. Plus précisément, la CCCMC et Xinjiang XLX se sont dites préoccupées par le fait que la Commission continue de s’appuyer en grande partie sur le rapport qui a été publié en décembre 2017 et qui, par conséquent, est désormais dépassé, l’économie mondiale, y compris, notamment, les économies de l’Union et de la Chine, ayant connu d’importants bouleversements économiques et mettant déjà en œuvre d’importantes réformes stratégiques et structurelles pour s’adapter aux nouvelles réalités nationales et mondiales. La CCCMC et Xinjiang XLX ont souligné à cet égard que l’Union a elle-même dû revoir en mai 2021 sa stratégie industrielle, adoptée en mars 2020, pour tenir compte des nouvelles circonstances de «crise». La CCCMC et Xinjiang XLX estimaient par conséquent que les éléments décrits dans le rapport comme étant pertinents pour conclure à l’existence de distorsions significatives devaient à présent être réexaminés et actualisés par de nouvelles conclusions spécifiques sur leur validité actuelle. Dans ce contexte, la CCCMC et Xinjiang XLX ont aussi fait référence à l’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base, selon lequel la Commission est, entre autres, tenue de mettre régulièrement à jour le rapport.

(123)

En outre, en ce qui concerne les «avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal», la CCCMC et Xinjiang XLX ont fait valoir que la Commission n’avait pas tenu compte du fait: i) que ce document était un document d’orientation, et non un règlement contraignant fixant des obligations ou des règles détaillées pour les secteurs concernés; et ii) qu’il comprenait des buts ou des objectifs — tels que «donner toute sa mesure au rôle déterminant joué par le marché dans l’allocation des ressources, intensifier le rôle des pouvoirs publics» ou «créer un environnement commercial axé sur le marché, légalisé et internationalisé» — qui contredisent les conclusions de la Commission sur les distorsions. De même, en ce qui concerne les plans quinquennaux cités par la Commission, la CCCMC et Xinjiang XLX ont contesté l’interprétation faite par la Commission du système chinois de plans, en soulignant que ces plans quinquennaux ne démontrent pas que les autorités publiques imposent des décisions contraignantes, mais visent plutôt à clarifier les parties responsables respectives, tandis que le rôle des pouvoirs publics est précisé séparément comme consistant à «mettre en place un environnement stratégique, institutionnel et juridique favorable», ce qui est le rôle des pouvoirs publics partout dans le monde, y compris dans l’Union. Dans le même ordre d’idées, la CCCMC et Xinjiang XLX ont réitéré l’argument selon lequel les avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal laissent aux entreprises chinoises le soin de prendre les mesures appropriées pour transformer et moderniser le secteur, d’une manière similaire aux politiques industrielles de l’Union. En outre, la CCCMC et Xinjiang XLX ont fait valoir que la Commission n’avait pas répondu à l’argument soulevé précédemment, à savoir que, selon la conclusion de l’organe d’appel dans l’affaire États-Unis — Mesures compensatoires, l’existence d’une distorsion des prix résultant de l’intervention des pouvoirs publics devait être établie et expliquée de manière adéquate par l’autorité chargée de l’enquête dans son rapport. La CCCMC et Xinjiang XLX croient comprendre que la Commission a l’obligation de présenter des données factuelles actuelles et une analyse détaillée de l’intervention alléguée des pouvoirs publics chinois qui produit des effets considérables sur le marché et a une incidence sur les comportements des producteurs. Enfin, la CCCMC et Xinjiang XLX ont insisté sur leur point de vue selon lequel la Commission est tenue de produire des preuves de l’exercice spécifique, par les pouvoirs publics, de tout pouvoir d’intervention allégué sur le marché de la mélamine ayant entraîné une distorsion réelle et démontrable des prix respectifs des producteurs de mélamine et sur le fait que les références de la Commission aux plans, avis d’orientation ou autres initiatives stratégiques des pouvoirs publics chinois ne sauraient être assimilées à une véritable intervention du gouvernement.

(124)

Ces arguments n’ont pu être retenus. En ce qui concerne son utilisation du rapport et le fait que celui-ci a été publié en 2017, la Commission réitère sa position exposée au considérant 116. Elle rappelle aussi que la détermination de l’existence de distorsions significatives conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base n’est pas subordonnée à l’existence du rapport, et encore moins à la date de sa publication. La Commission observe en outre que les axiomes de base de l’économie chinoise, tels que le paradigme de l’économie socialiste de marché, le système de planification ou le fait que le PCC dirige l’économie – associés à la présence du parti au sein des différents acteurs du marché, qui lui permet d’intervenir dans les décisions de gestion –, n’ont pas changé depuis la publication du rapport, si ce n’est qu’ils sont sans doute encore plus notables. Si les conclusions du rapport restent donc largement valables, la Commission les a, en tout état de cause, complétées dans le cadre de la présente enquête par des éléments de preuve supplémentaires, comme décrit en détail aux considérants 76, 77, 79, 80 et 84 à 86 ci-dessus. Compte tenu de ce qui précède, l’argument de la CCCMC et de Xinjiang XLX concernant l’obligation de la Commission de mettre à jour le rapport conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point c), du règlement de base est dénué de fondement, étant donné que la Commission a bien examiné spécifiquement les circonstances pertinentes relatives à l’existence de distorsions significatives aux fins de la présente enquête, en tenant compte des éléments de preuve les plus récents disponibles (82).

(125)

En ce qui concerne les parallèles établis par la CCCMC et Xinjiang XLX entre les documents stratégiques chinois et les stratégies industrielles de l’Union, la Commission fait observer que les parties n’avancent aucun argument supplémentaire en dehors d’une insistance sur la prétendue pertinence des politiques industrielles de l’Union dans le cadre de l’évaluation des distorsions significatives en Chine au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base. La Commission réitère donc sa position déjà exprimée au considérant 115.

(126)

En ce qui concerne l’ensemble d’arguments qui cherchent à déterminer si les documents stratégiques chinois mentionnés par la Commission, tels que ceux cités aux considérants 84 à 86 ci-dessus, sont des documents d’orientation, et si la nature du système de planification chinois et la structure économique de la Chine donnent aux décisions des autorités publiques un caractère contraignant ou si les documents stratégiques en question laissent à chaque entreprise le soin de prendre des mesures appropriées, la Commission fait observer que la CCCMC et Xinjiang XLX ne tiennent pas compte des exigences univoques contenues dans les documents stratégiques chinois pertinents que doivent mettre en œuvre les autorités destinataires, telles que décrites par exemple au considérant 84 ci-dessus. Eu égard à ces exigences, associées à l’existence d’objectifs chiffrés spécifiques sur la manière dont un secteur devrait se développer (83), il n’est guère pertinent de savoir si les différents acteurs du marché peuvent, en vue d’atteindre les objectifs stratégiques et les objectifs de développement fixés, choisir leurs méthodes opérationnelles et poursuivre ainsi ces objectifs stratégiques d’une manière efficace et «fondée sur le marché». La Commission rappelle en outre les structures établies en Chine pour la mise en place d’un environnement global d’interventions des pouvoirs publics dans l’économie, décrites de manière exhaustive aux sections 3.2.2.1.1 à 3.2.2.1.9 ci-dessus. Dans cet environnement, les différents acteurs du marché, tels que Xinjiang XLX, ainsi que les associations professionnelles font allégeance au PCC et s’engagent à respecter les objectifs de développement fixés par le Parti/l’État (84). Ils peuvent, en échange, compter sur un soutien de leurs activités commerciales, prenant notamment la forme de politiques fiscales, financières, d’investissement, de zonage et autres, de la part des autorités gouvernementales, des banques contrôlées par l’État etc. Les pouvoirs publics exercent donc leur pouvoir de façonner le marché de la mélamine, y compris au sein des différents opérateurs économiques. Cette conclusion vaut indépendamment de la nature juridique spécifique des différents documents stratégiques, tels que les avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal.

(127)

En ce qui concerne la référence faite par la CCCMC et Xinjiang XLX à la conclusion de l’organe d’appel dans l’affaire États-Unis — Mesures compensatoires, la Commission fait observer que cet argument a déjà été examiné au considérant 117.

(128)

Compte tenu de ce qui précède, les arguments de la CCCMC et de Xinjiang XLX ont été rejetés.

3.2.2.1.10. Conclusion

(129)

L’analyse exposée aux sections 3.2.2.1.2 à 3.2.2.1.9, qui comprend un examen de tous les éléments de preuve disponibles concernant l’intervention de la RPC dans son économie en général ainsi que dans le secteur du produit faisant l’objet du réexamen a montré que les prix ou coûts du produit faisant l’objet du réexamen, dont les coûts des matières premières, de l’énergie et de la main-d’œuvre, ne résultent pas du libre jeu des forces du marché, car ils sont affectés par une intervention étatique importante au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base, comme le prouve l’incidence réelle ou potentielle d’un ou de plusieurs des facteurs pertinents qui y sont énumérés. Sur cette base, la Commission a conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur pour déterminer la valeur normale dans cette affaire.

(130)

Par conséquent, la Commission a calculé la valeur normale exclusivement sur la base des coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, c’est-à-dire, dans ce cas, sur la base des coûts de production et de vente correspondants dans un pays représentatif approprié, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, comme expliqué à la section suivante.

3.2.2.2. Pays représentatif

(131)

Le choix du pays représentatif a été effectué sur la base des critères suivants, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base:

—

un niveau de développement économique semblable à celui de la RPC. À cette fin, la Commission a utilisé des pays présentant un revenu national brut par habitant semblable à celui de la RPC en se fondant sur la base de données de la Banque mondiale (85),

—

l’existence d’une fabrication du produit faisant l’objet du réexamen dans ce pays (86),

—

la disponibilité de données publiques pertinentes dans le pays représentatif,

—

lorsqu’il existe plusieurs pays représentatifs potentiels, la préférence devrait être accordée, le cas échéant, au pays ayant un niveau adéquat de protection sociale et environnementale.

(132)

Comme expliqué au considérant 50, la Commission a publié une note relative aux sources, dans laquelle elle a décrit les faits et les éléments de preuve sur lesquels étaient fondés les critères pertinents et a informé les parties intéressées de son intention d’utiliser la Turquie comme pays représentatif approprié en l’espèce si l’existence de distorsions significatives au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base venait à être confirmée.

(133)

Dans la note relative aux sources, la Commission a expliqué qu’en l’absence de coopération digne de ce nom, elle devait se fonder sur les données disponibles, conformément à l’article 18 du règlement de base. Le choix du pays représentatif a été fondé sur les informations contenues dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, combinées à d’autres sources d’information jugées appropriées au regard des critères pertinents énoncés à l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, conformément à l’article 18, paragraphe 5, du règlement de base, y compris les statistiques d’importation, les statistiques nationales du pays représentatif, les sources d’information sur le marché, les redevances facturées par les fournisseurs de services d’utilité publique dans le pays représentatif et les informations financières des producteurs du pays représentatif.

(134)

En ce qui concerne la production du produit faisant l’objet du réexamen, dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, les requérants ont examiné sept pays (l’Inde, l’Iran, le Japon, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago et les États-Unis) dans lesquels il existait une production de mélamine (87).

(135)

En ce qui concerne le niveau de développement économique, seule la Russie a été qualifiée de pays ayant un niveau de développement similaire à celui de la RPC au cours de la PER. Toutefois, compte tenu de l’évolution récente de la situation géopolitique et économique en Russie, ainsi que des sanctions en vigueur, et du fait que la Russie a décidé de ne pas publier de données détaillées sur les importations et les exportations à partir d’avril 2022, la Commission n’a pas considéré que la Russie constituerait un pays représentatif approprié.

(136)

À cet égard, les requérants ont indiqué que la Turquie constituait un pays qui présente un niveau de développement économique similaire à celui de la RPC et une production dans la catégorie générale de produits, à savoir les produits de la chaîne de valeur de l’ammoniac, dont la mélamine fait partie (88).

(137)

En ce qui concerne la disponibilité de données publiques pertinentes dans le pays représentatif, la demande indique que des données sur des facteurs de production importants étaient aisément disponibles pour la Turquie. En outre, des données pertinentes sur les frais VAG et la marge bénéficiaire étaient accessibles au public pour la même catégorie générale de produits. Les requérants ont identifié un producteur dans ladite catégorie générale de produits, à savoir la société Ege Gübre Sanayii A.Ş. (ci-après «Ege Gübre»). Dans la note relative aux sources, la Commission a recensé deux autres producteurs dans ladite catégorie, à savoir les sociétés Tekfen Holding A.Ş. (ci-après «Tekfen») et Bagfaş Bandirma Gübre Fabrikalari A.Ş. (ci-après «Bagfaş»). Les trois sociétés étaient des producteurs d’engrais azotés (89) ayant publié des informations financières pour la période d’enquête de réexamen, et qui étaient rentables au cours de cette période.

(138)

Dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a fait valoir que la Commission devrait tenir compte des différents processus de production et des différentes matières premières utilisées dans la production de mélamine. Elle a aussi soutenu que la Commission devrait utiliser la réponse de Xinjiang XLX au questionnaire en tant que donnée disponible.

(139)

La Commission a fait observer qu’en l’absence de coopération des producteurs chinois de mélamine utilisant les différents procédés de production et matières premières mentionnés par la CCCMC, elle avait fondé ses conclusions sur les données disponibles. Comme expliqué au considérant 60, en l’espèce, la Commission a jugé plus approprié de fonder ses conclusions sur les informations figurant dans la demande plutôt que sur les données d’une seule société chinoise. En outre, la Commission a bien utilisé certains éléments de la réponse du producteur chinois au questionnaire comme données disponibles. Ces arguments ont par conséquent été rejetés.

3.2.2.3. Coûts et valeurs de référence non faussés et sources utilisées pour les déterminer

(140)

Compte tenu de toutes les informations figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, et après examen des observations formulées par les parties intéressées, les facteurs de production suivants, leurs sources et leurs valeurs non faussées ont été déterminés afin de calculer la valeur normale conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base:

Tableau 1

Facteurs de production de la mélamine

Facteur de production

Codes des marchandises en Turquie

Valeur non faussée (en CNY)

Unité de mesure

Source d’information

Matières premières

Urée

310210

4,41

kg

Global Trade Atlas (ci-après le «GTA») (90)

Ammoniac

281410

5,91

kg

GTA

Énergie/services d’utilité publique

Électricité

s.o.

0,56

kWh

Institut de statistique turc

Gaz naturel

s.o.

53,58

GJ

Institut de statistique turc

Vapeur

s.o.

199,04

tonnes

Demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures

Eau

s.o.

9,78

m3

Direction générale des eaux et des eaux usées de la ville de Kocaeli

Main-d’œuvre

Main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée

s.o.

35,53

heure

Institut de statistique turc

Sous-produit

Ammoniac

281410

5,89

kg

GTA

3.2.2.3.1. Matières premières

(141)

Afin d’établir le prix non faussé des matières premières livrées à l’usine d’un producteur du pays représentatif, la Commission s’est fondée sur le prix à l’importation moyen pondéré vers le pays représentatif tel qu’indiqué dans le GTA, auquel les droits à l’importation (91) et les coûts de transport (92) ont été ajoutés. Un prix d’importation dans le pays représentatif a été déterminé en tant que moyenne pondérée des prix à l’unité d’importations en provenance de tous les pays tiers, à l’exclusion de la RPC et des pays qui ne sont pas membres de l’OMC (ci-après les «pays non membres de l’OMC»), énumérés à l’annexe 1 du règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil (93).

(142)

La Commission a décidé d’exclure les importations en provenance de la RPC dans le pays représentatif, car elle a conclu à la section 3.2.2.1 qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur de la RPC du fait de l’existence de distorsions significatives conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point b), du règlement de base. À défaut d’éléments de preuve démontrant que les produits destinés à l’exportation ne subissent pas, eux aussi, les mêmes distorsions, la Commission a considéré que les mêmes distorsions influaient sur les prix à l’exportation. Après l’exclusion des importations de la RPC et des pays non membres de l’OMC vers le pays représentatif, le volume des importations en provenance d’autres pays tiers restait représentatif.

(143)

La Commission a examiné si les intrants, pour lesquels les statistiques d’importation ont été utilisées comme source de coûts non faussés, étaient soumis, en Turquie, à des restrictions à l’exportation susceptibles de fausser les prix sur le marché intérieur et donc aussi les prix à l’importation (94). Elle a constaté que la Turquie n’avait appliqué aucune restriction sur les exportations d’urée et d’ammoniac au cours de la PER.

(144)

La Commission a en outre examiné si les prix à l’importation avaient pu être faussés par les importations en provenance de la RPC et de pays non membres de l’OMC (95). Elle a constaté que moins de 14,5 % des importations d’urée provenaient de la RPC et de pays non membres de l’OMC au cours de la PER. En ce qui concerne l’ammoniac, la part des importations en provenance de la RPC et de pays non membres de l’OMC n’a pas dépassé 0,01 % au cours de la PER. La Commission a donc conclu que les prix à l’importation n’ont probablement pas été affectés par les importations en provenance de la RPC et de pays non membres de l’OMC.

(145)

Dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a fait valoir que la Commission ne devrait pas utiliser les prix à l’importation pour établir le coût non faussé des matières premières en Turquie, étant donné que ces prix étaient influencés par divers facteurs, par exemple la quantité importée ou la distance par rapport au pays d’origine, et ne reflétaient donc pas les prix des matières premières sur le marché intérieur de la Turquie.

(146)

La Commission a exprimé son désaccord. Les matières premières importées sont en concurrence, pour les prix, avec les matières premières nationales sur le marché turc. La Commission a donc considéré que le prix à l’importation moyen pondéré reflétait suffisamment le prix des matières premières sur le marché intérieur en Turquie.

(147)

En outre, dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a fait valoir que si la Commission continuait d’utiliser les prix à l’importation comme indicateur des prix des matières premières sur le marché intérieur du pays représentatif, elle devrait déduire de leur valeur le montant des frais de fret maritime et d’assurance inclus dans les statistiques d’importation enregistrées au niveau CIF.

(148)

La Commission a exprimé son désaccord. Comme établi au considérant 146, les prix à l’importation reflètent le niveau de prix qui prévaut sur le marché intérieur du pays représentatif. Néanmoins, le coût total d’une matière première supporté par un producteur dans le pays représentatif comprend tous les coûts supportés pour acquérir la matière première et l’acheminer jusqu’à l’entrée de l’usine. C’est aussi le stade où les prix des matières premières importées et des matières premières nationales sont en concurrence. Par conséquent, le prix à l’importation des matières premières au niveau CIF a été majoré du droit à l’importation et des coûts de transport applicables dans le pays représentatif, comme indiqué au considérant 141.

(149)

Enfin, dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a affirmé que le prix à l’importation moyen pondéré de l’urée ne constituait pas une référence appropriée et devait donc être ajusté pour les trois raisons suivantes:

—

le prix à l’importation moyen pondéré de l’urée en Turquie a plus que doublé au cours de la période considérée en raison de la guerre d’agression non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine [de 264 USD/tonne en 2019 à 568 USD/tonne au cours de la PER (96)],

—

les importations en provenance des États-Unis d’Amérique (ci-après les «États-Unis») faussaient le prix moyen à l’importation, avec un prix unitaire excessivement élevé, d’environ 1 500 CNY/kg. Les importations en provenance des États-Unis devraient donc être exclues (97),

—

les importations en provenance du Qatar faussaient le prix moyen à l’importation, car elles étaient soumises aux mesures antidumping instituées par l’Inde. Il convient donc, comme au point précédent, d’exclure les importations en provenance du Qatar (98).

(150)

En ce qui concerne l’évolution du prix à l’importation de l’urée en Turquie, la Commission a constaté qu’elle a parfaitement suivi celle du prix à l’importation de l’urée sur les cinq principaux marchés importateurs d’urée (Inde, Brésil, États-Unis, Union européenne et Australie) représentant 60 % des importations mondiales d’urée (99). Le prix à l’importation de l’urée sur ces cinq marchés a d’abord légèrement diminué en 2020, puis a connu une croissance constante en 2021 et pendant la PER. Au cours de la PER, il a atteint plus du double de sa valeur de 2019.

(151)

Par conséquent, la Commission a conclu que le prix à l’importation de l’urée en Turquie n’était pas faussé, mais suivait plutôt l’évolution des prix mondiaux de l’urée.

(152)

En ce qui concerne le prix à l’importation de l’urée originaire des États-Unis, la Commission a constaté que le prix unitaire excessivement élevé ne concernait que 8 kg sur près de 2 millions de tonnes d’urée importées en Turquie au cours de la PER. Il n’a donc eu aucun effet sur le prix à l’importation moyen pondéré utilisé comme référence pour établir la valeur non faussée de l’urée.

(153)

En ce qui concerne les importations originaires du Qatar soumises à des droits antidumping en Inde, la Commission a fait observer que, premièrement, la CCCMC n’avait fourni aucun élément prouvant que les conclusions formulées par les autorités indiennes concernant l’existence d’un dumping devaient être étendues aux exportations du Qatar vers la Turquie. Deuxièmement, les mesures instituées par l’Inde concernaient la mélamine et non l’urée, qui est la matière première en cause.

(154)

À la suite des considérations exposées aux considérants 150 à 153, la Commission a rejeté les allégations de la CCCMC décrites au considérant 149.

(155)

À la suite de l’information finale des parties, la CCCMC a répété que les importations en provenance du Qatar devaient être exclues du calcul du coût non faussé de l’urée, étant donné que les exportations du Qatar étaient soumises à des mesures antidumping en Inde. Elle a fait référence au réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping concernant les importations de certains accessoires de tuyauterie en aciers inoxydables à souder bout à bout originaires de la RPC, dans le cadre duquel la Commission a rejeté la Malaisie en tant que pays représentatif potentiel au motif que les États-Unis avaient mis en place des mesures antidumping visant les importations de ces accessoires originaires de Malaisie (100).

(156)

Premièrement, la Commission a fait observer que le fond de chaque enquête devait être apprécié intrinsèquement et qu’une décision prise dans le cadre d’une enquête ne créait pas de précédent universellement valable dans une enquête ultérieure. Deuxièmement, dans l’affaire mentionnée par la CCCMC, la Malaisie avait été considérée comme l’un des pays représentatifs potentiels. Les constatations de dumping effectuées dans une autre juridiction étaient pertinentes, étant donné que les décisions de fixation des prix adoptées par les producteurs d’accessoires en Malaisie, influencées par leur comportement de dumping, auraient pu fausser leurs frais VAG et les niveaux de rentabilité. En l’espèce, le Qatar n’a pas été utilisé comme source d’informations financières, c’est-à-dire pour les frais VAG et la marge bénéficiaire non faussée: il n’était qu’un des pays d’origine de l’urée importée en Turquie, et, en tant que tel, il a contribué au montant du coût non faussé de l’urée. Il s’ensuit que les deux situations n’étaient absolument pas les mêmes. Rien n’indiquait que le prétendu comportement de dumping sur un marché tiers aurait un effet de distorsion sur les prix des exportations qatariennes d’urée vers la Turquie (et les requérants n’ont avancé aucun argument en ce sens). Cet argument a donc été rejeté.

(157)

À la suite de l’information finale des parties, la CCCMC a en outre répété que la Commission devait déduire les frais de fret maritime et d’assurance du prix à l’importation des matières premières. Selon elle, la Commission n’a pas précisé pourquoi les prix à l’importation reflétaient le niveau de prix prévalant sur le marché intérieur du pays représentatif. À cet égard, la CCCMC a fait valoir que le coût d’une société du pays représentatif incluait uniquement le coût des matières premières et le coût du fret intérieur.

(158)

La Commission a exprimé son désaccord. Lorsqu’un producteur du produit faisant l’objet du réexamen dans le pays représentatif détermine s’il doit s’approvisionner en une matière première auprès d’un fournisseur national ou étranger, il compare le coût total de la matière première à l’entrée de son usine. Pour une matière première fournie par un fournisseur national du pays représentatif, ce coût total inclut normalement le prix de la matière première et le prix du fret intérieur. Lorsque la matière première est fournie par un fournisseur étranger, le coût total comprend normalement le prix de la matière première, le fret intérieur dans le pays exportateur, la manutention et le chargement (c’est-à-dire le prix FOB), le fret maritime et les frais d’assurance (c’est-à-dire le prix au niveau CIF disponible dans les statistiques d’importation), le droit à l’importation (c’est-à-dire le prix au débarquement) et le fret intérieur. Un producteur du pays représentatif ne décidera généralement de s’approvisionner à l’étranger que lorsque le prix à l’importation à l’entrée de son usine est concurrentiel par rapport au prix d’un fournisseur national. La Commission a donc considéré que les prix à l’importation au niveau CIF, c’est-à-dire incluant le fret maritime et les frais d’assurance, des matières premières constituaient une valeur de remplacement appropriée pour les prix (au niveau départ usine) de ces matières premières sur le marché intérieur du pays représentatif. De ce fait, la Commission a rejeté l’allégation.

3.2.2.3.2. Énergie/services d’utilité publique

(159)

L’intention de la Commission était d’utiliser les prix moyens de l’électricité applicables aux utilisateurs industriels au second semestre de 2021 et au premier semestre de 2022, tels que publiés par l’institut de statistique turc (101). La Commission a utilisé les tarifs applicables à la tranche de consommation comprise entre 70 000 et 150 000 MWh. Pour déterminer la tranche de consommation applicable, la Commission a utilisé la consommation d’électricité déclarée par Xinjiang XLX en tant que donnée disponible.

(160)

Les prix de l’électricité communiqués par l’institut de statistique turc incluaient toutes les taxes. La Commission a donc déduit la TVA de 18 % du prix de l’électricité indiqué dans les statistiques nationales.

(161)

L’intention de la Commission était d’utiliser les prix moyens du gaz naturel applicables aux utilisateurs industriels au second semestre de 2021 et au premier semestre de 2022, tels que publiés par l’institut de statistique turc (102). La Commission a utilisé les tarifs applicables à la tranche de consommation comprise entre 26 100 000 et 104 000 000 m3. Pour déterminer la tranche de consommation applicable, la Commission a utilisé la consommation de gaz naturel déclarée par Xinjiang XLX en tant que donnée disponible.

(162)

L’unité de mesure utilisée dans les statistiques turques était le mètre cube. La consommation indiquée dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures a toutefois été mesurée en gigajoules (GJ). La Commission a utilisé le facteur de conversion de 0,0373 GJ/m3 pour parvenir au coût non faussé d’un gigajoule en Turquie.

(163)

Les prix du gaz naturel communiqués par l’institut de statistique turc incluaient toutes les taxes. La Commission a donc déduit la TVA de 18 % du prix du gaz naturel indiqué dans les statistiques nationales.

(164)

Pour déterminer le coût non faussé de la vapeur, la Commission a appliqué la méthode utilisée dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Les requérants ont déterminé le coût non faussé de la vapeur en multipliant le coût non faussé du gaz naturel par un facteur fondé sur la relation empirique qu’elles ont observée entre le coût du gaz naturel et le coût de la vapeur.

(165)

La Commission a utilisé les prix de l’eau applicables en Turquie, tels que facturés aux utilisateurs industriels par la direction générale des eaux et des eaux usées de la ville de Kocaeli (103), chargée de l’approvisionnement en eau et de la collecte et du traitement des eaux usées dans la province de Kocaeli. Les prix applicables étaient aisément disponibles sur le site web de l’autorité turque.

(166)

Dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a fait valoir que les coûts de l’électricité et du gaz naturel en Turquie étaient faussés, étant donné qu’ils avaient considérablement augmenté tout au long de la période d’enquête de réexamen. Elle a soutenu que les hausses des prix de l’énergie avaient été causées par la pression exercée sur les prix du gaz naturel à la suite de la guerre d’agression non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine, en citant le rapport Melamine (Europe) publié par les services indépendants de renseignement sur les marchandises (Independent Commodity Intelligence Services, ci-après «ICIS») (104) le 23 mars 2022.

(167)

La Commission a souligné d’emblée que le rapport cité par la CCCMC ne fournissait aucune analyse complète de l’évolution des prix de l’énergie en Europe, en particulier par rapport à la RPC, mais mentionnait uniquement la hausse des prix du gaz naturel dans le contexte des négociations sur les prix de la mélamine pour le deuxième trimestre de 2022, c’est-à-dire le dernier trimestre de la PER.

(168)

En outre, la guerre d’agression non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine a perturbé les marchés de l’énergie du monde entier (105). Par conséquent, la tendance à la hausse des prix de l’énergie en Turquie pourrait difficilement être considérée comme un événement isolé propre au marché turc.

(169)

Bien que le coût non faussé de l’électricité et du gaz naturel initialement déterminé ne représentât que 5 % de la valeur normale calculée, le coût non faussé de la vapeur était lié au coût du gaz naturel et s’élevait à 15 % de la valeur normale calculée.

(170)

La Commission a donc continué d’examiner l’évolution des prix de l’énergie payés par les utilisateurs industriels en Turquie. Le coût non faussé de l’électricité a été initialement fixé à 0,65 CNY/kWh et celui du gaz naturel à 80,91 CNY/GJ.

(171)

La Commission a constaté qu’au cours de la période d’enquête de réexamen, les prix de l’électricité et du gaz naturel avaient augmenté à un rythme dépassant largement le taux d’inflation déjà élevé [78,6 % (106)] en Turquie. Les prix de l’énergie ont particulièrement augmenté au premier semestre de 2022, au cours duquel le coût de l’électricité était 3,5 fois plus élevé et le coût du gaz six fois plus élevé qu’au premier semestre de 2021.

(172)

Par conséquent, compte tenu de la part importante de l’électricité, du gaz naturel et de la vapeur dans la valeur normale calculée, la Commission a jugé approprié d’ajuster le coût non faussé initialement déterminé de l’électricité et du gaz naturel. La Commission a pris comme point de départ le prix de l’électricité et du gaz naturel applicable aux utilisateurs industriels turcs au cours du second semestre de 2021 et a augmenté ces tarifs en fonction de la croissance des prix de l’énergie constatée chez Xinjiang XLX (107) afin de déterminer la valeur de référence pour le premier semestre de 2022. Par la suite, la Commission a calculé le coût moyen non faussé de l’électricité, du gaz et de la vapeur en utilisant les prix réels applicables en Turquie au second semestre de 2021 et les valeurs ajustées pour le premier semestre de 2022. À la suite de ces ajustements, la part de l’électricité, du gaz naturel et de la vapeur dans la valeur normale calculée est tombée à 15 %.

3.2.2.3.3. Main-d’œuvre

(173)

Dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, les requérants ont utilisé des informations sur les salaires de la main-d’œuvre qualifiée (ingénieur dans le secteur industriel) et de la main-d’œuvre non qualifiée (ouvrier) en Turquie, publiées par l’Economic Research Institute (108). Toutefois, les informations disponibles, que ce soit dans la version publique de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures ou sur le site web pertinent, n’ont pas permis de confirmer la période couverte par les données. En outre, la valeur de référence utilisée par les requérants n’incluait que les salaires, mais aucun des coûts supplémentaires de la main-d’œuvre, par exemple les cotisations sociales.

(174)

La Commission a donc décidé d’utiliser les informations sur le coût de la main-d’œuvre dans le secteur industriel concerné disponibles auprès de l’institut de statistique turc (109). Elle a utilisé le coût horaire de la main-d’œuvre le plus récent (110) enregistré dans la Division 20 (Industrie chimique) de la nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne (NACE Rév. 2) (111). Étant donné que les données les plus récentes ne portaient que sur l’année 2020, la Commission a ajusté le coût de la main-d’œuvre en utilisant l’indice du coût de la main-d’œuvre applicable à l’industrie manufacturière au cours des troisième et quatrième trimestres de 2021 et des premier et deuxième trimestres de 2022 (112), tel que publié par l’institut de statistique turc.

3.2.2.3.4. Sous-produits

(175)

D’après les informations figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, un seul sous-produit, l’ammoniac, découle de la production de mélamine. Pour déterminer son prix non faussé, la Commission a aussi ajouté les droits à l’importation et les coûts de transport intérieur au prix moyen à l’importation en Turquie, selon la même méthode que pour les matières premières.

(176)

L’ammoniac obtenu en tant que sous-produit est réintroduit dans le processus de production de l’usine d’urée. Selon la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, l’efficacité de cet ammoniac dans l’usine d’urée est inférieure à celle de l’ammoniac initialement produit pour être utilisé dans l’usine d’urée. Les requérants ont donc soustrait de la valeur non faussée du sous-produit un pourcentage fondé sur leur expérience antérieure. La Commission a appliqué le même coefficient d’adaptation.

3.2.2.3.5. Frais généraux de fabrication, frais VAG et marge bénéficiaire

(177)

Aux termes de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, «[l]a valeur normale ainsi calculée comprend un montant non faussé et raisonnable pour les dépenses administratives, les frais de vente et les autres frais généraux ainsi que pour la marge bénéficiaire». En sus, une valeur pour les frais généraux de fabrication doit être établie pour tenir compte des coûts non inclus dans les facteurs de production susmentionnés.

(178)

Dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, les requérants ont estimé les coûts fixes sur la base des coûts fixes supportés par l’un des requérants pour la production d’une tonne de mélamine. Le coût fixe estimé a été ajusté à la baisse afin de tenir compte de la différence de niveau de développement entre la Turquie et l’État membre dans lequel le requérant est établi.

(179)

La Commission a inclus ces coûts fixes dans le calcul du coût de production non faussé en tant que frais généraux de fabrication selon la méthode appliquée par les requérants. La valeur réelle des coûts fixes a été actualisée sur la base de la réponse vérifiée au questionnaire soumise par le requérant mentionné au considérant 178 et ajustée pour tenir compte de la différence de niveau de développement économique.

(180)

Comme expliqué au considérant 137, il n’existait aucun producteur de mélamine en Turquie. Les frais VAG et la marge bénéficiaire ont donc été établis sur la base des informations financières de trois producteurs turcs appartenant à la même catégorie générale de produits. Dans la présente enquête, il s’agit de producteurs de produits de la chaîne de valeur de l’ammoniac, dont la mélamine fait aussi partie, à savoir les engrais azotés.

(181)

La Commission a utilisé les informations financières couvrant la PER publiées par les sociétés Ege Gübre (113), Tekfen (114) et Bagfaş (115) sur leurs sites web ou par l’intermédiaire d’une plateforme de publication en ligne. Le cas échéant, la Commission s’est fondée sur les données déclarées pour le segment le plus proche du produit faisant l’objet du réexamen. Les produits et les charges provenant des activités d’investissement n’ont pas été pris en considération.

(182)

Les trois sociétés disposaient toutes d’informations financières pour les périodes couvrant la PER. En outre, elles étaient toutes les trois rentables au cours de la PER. Par conséquent, la Commission a calculé une moyenne pondérée des frais VAG et de la marge bénéficiaire afin de déterminer les frais VAG et la marge bénéficiaire non faussés dans le pays représentatif.

(183)

La moyenne pondérée applicable des frais VAG et de la marge bénéficiaire a été établie en pourcentage du coût des marchandises vendues, respectivement à 16,5 % et à 21,6 %.

(184)

Dans ses observations sur la note relative aux sources, la CCCMC a fait valoir que les engrais azotés constituaient des produits présentant des caractéristiques physiques et chimiques différentes de la mélamine, qu’ils n’avaient pas la même utilisation finale et ne ciblaient pas les mêmes clients, et qu’il convenait donc d’utiliser les données financières des producteurs de mélamine en Turquie. Si de telles données ne sont pas disponibles, la Commission devrait se rabattre sur les frais VAG et la marge bénéficiaire des requérants, en tant que producteurs réels de mélamine. Enfin, si la Commission insistait pour utiliser les informations financières des sociétés turques, seuls les frais VAG et la marge bénéficiaire de Tekfen devraient être pris en considération, étant donné que les deux autres sociétés ne disposaient pas d’informations financières vérifiées.

(185)

La Commission a fait observer que les engrais azotés produits dans la chaîne de valeur de l’ammoniac pouvaient très bien être pris en considération dans la même catégorie générale de produits. Les frais VAG et la marge bénéficiaire des producteurs de l’Union ne pouvaient pas être utilisés en l’espèce, compte tenu de la différence de niveau de développement économique entre la RPC et l’Union. Enfin, ni la Commission ni la CCCMC n’ont pu déterminer si les informations financières d’Ege Gübre et de Bagfaş avaient été vérifiées ou non. Étant donné que, dans le cadre de la présente enquête, la Commission s’est fondée sur les informations financières des sociétés qui ne fabriquaient pas réellement le produit faisant l’objet du réexamen, une moyenne pondérée des trois producteurs a été jugée plus appropriée et plus représentative.

(186)

Par conséquent, la Commission a rejeté les arguments de la CCCMC concernant les frais VAG et la marge bénéficiaire non faussés.

(187)

À la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX et la CCCMC ont répété que la Commission devrait exclure Ege Gübre et Bagfaş de la détermination des frais VAG et de la marge bénéficiaire, car il n’était pas clair si les états financiers des deux sociétés avaient fait l’objet d’un audit.

(188)

À cet égard, la Commission a procédé à des recherches supplémentaires et a pu confirmer que les informations financières des deux sociétés, Ege Gübre (116) et Bagfaş (117), ont été vérifiées pour les périodes ayant été utilisées pour établir les frais VAG et la marge bénéficiaire. L’argument a donc été rejeté.

3.2.2.4. Calcul de la valeur normale

(189)

Sur la base des éléments précédents, la Commission a calculé la valeur normale au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

(190)

La mélamine étant une marchandise qui n’est pas subdivisée en types de produits, la valeur normale n’a été calculée que pour un seul (type de) produit.

(191)

La Commission a établi le coût de fabrication non faussé. En l’absence de coopération digne de ce nom de la part des producteurs-exportateurs, elle s’est fondée sur les informations transmises par les requérants dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures concernant l’utilisation de chaque facteur de production lors de la fabrication de la mélamine au moyen de la technologie Eurotecnica.

(192)

Le coût de fabrication non faussé a été diminué de la valeur non faussée des sous-produits, ajustée à la baisse pour tenir compte de la perte d’efficacité (voir considérants 175 et 176).

(193)

La Commission a ensuite ajouté les frais généraux de fabrication aux coûts de fabrication non faussés afin d’obtenir un coût de production non faussé. Les requérants ont déclaré les frais généraux de fabrication en tant que coûts fixes dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. La valeur des coûts fixes a été mise à jour au regard de la réponse du requérant concerné au questionnaire relatif au préjudice et ajustée à la baisse pour tenir compte de la différence de niveau de développement économique.

(194)

En outre, la Commission a ajouté au coût de production non faussé des frais VAG et une marge bénéficiaire s’élevant respectivement à 16,5 % et à 21,6 % (voir les considérants 180 à 183).

(195)

Enfin, la Commission a constaté qu’en RPC, la taxe sur la valeur ajoutée (ci-après la «TVA») appliquée sur les exportations de mélamine (13 %) n’était remboursée que partiellement (10 %). La différence entre la TVA payée ou à payer et le remboursement augmentait les coûts supportés par les producteurs chinois lorsqu’ils produisaient de la mélamine destinée à l’exportation. La Commission a donc ajouté 3 % à la valeur non faussée de la mélamine déterminée conformément aux considérants 191 à 194.

(196)

Sur cette base, la Commission a calculé la valeur normale au niveau départ usine, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base.

3.2.3. Prix à l’exportation

(197)

En l’absence de coopération digne de ce nom de la part des producteurs-exportateurs de la RPC, le prix à l’exportation de toutes les importations de mélamine a été déterminé sur la base des données d’importation d’Eurostat, enregistrées au niveau CIF et ajustées au niveau départ usine en déduisant les coûts de fret maritime, d’assurance et de transport intérieur en RPC.

(198)

Le coût moyen du fret maritime et des frais d’assurance a été calculé sur la base de l’analyse des statistiques d’importation disponibles dans le GTA (118). La Commission a établi la valeur du fret maritime et des frais d’assurance comme correspondant à la différence entre le prix unitaire à l’importation dans l’Union de la mélamine originaire de la RPC (enregistré au niveau CIF) et le prix unitaire à l’exportation de la mélamine de la RPC vers l’Union (enregistré au niveau FOB) au cours de la période d’enquête de réexamen.

(199)

Le coût du transport intérieur en RPC est fondé sur le rapport propre au pays de Doing Business (119).

3.2.4. Comparaison et marges de dumping

(200)

La Commission a comparé la valeur normale ainsi calculée conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, avec le prix à l’exportation au niveau départ usine, comme établi ci-dessus. Sur cette base, la marge de dumping moyenne pondérée, exprimée en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union avant dédouanement, dépassait 40 %.

(201)

La Commission en a donc conclu que le dumping avait continué pendant la période d’enquête de réexamen.

3.3. Probabilité de continuation du dumping

(202)

Après avoir établi l’existence d’un dumping au cours de la période d’enquête de réexamen, la Commission a examiné, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, la probabilité d’une continuation du dumping en cas d’abrogation des mesures. Les éléments supplémentaires ci-après ont été analysés: les capacités de production et les capacités inutilisées en RPC, ainsi que l’attrait du marché de l’Union.

3.3.1. Capacités de production et capacités inutilisées en RPC

(203)

En l’absence de coopération, la Commission a établi les capacités de production et les capacités inutilisées en RPC sur la base des informations fournies dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures (120). La capacité de production annuelle a été estimée sur la base des capacités de production en 2020 et des projets d’expansion des capacités en cours en 2021, comme l’indiquent les requérants (121). En outre, la Commission a recensé d’autres projets d’extension des capacités (non inclus dans le rapport CEH) sur la base des informations publiées par Eurotecnica (122). Par conséquent, les capacités de production annuelles déjà disponibles au cours de la période d’enquête de réexamen, de [2 600 000-2 800 000] tonnes, devraient augmenter pour atteindre [3 000 000-3 200 000] tonnes au cours des prochaines années.

(204)

Le taux d’utilisation des capacités a été estimé à [40-45] % au cours de la PER et devrait augmenter pour atteindre [45-55] % d’ici à 2025 (123). Par conséquent, le volume de production s’est élevé à [1 040 000-1 260 000] tonnes au cours de la PER et devrait augmenter pour atteindre [1 350 000-1 760 000] tonnes d’ici à 2025.

(205)

Les capacités inutilisées en RPC se sont donc élevées à plus de 1 500 000 tonnes au cours de la PER et pourraient fluctuer entre 1 400 000 et 1 600 000 tonnes dans un avenir proche, ce qui représente près de quatre fois la consommation de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen.

(206)

Sur la base de ce qui précède, la Commission a conclu que les producteurs-exportateurs chinois disposaient d’importantes capacités inutilisées qu’ils pourraient mobiliser en vue d’exporter vers l’Union, ce qui rend très probable une augmentation des exportations à des prix de dumping si les mesures venaient à expirer.

3.3.2. Attrait du marché de l’Union

(207)

Afin de déterminer l’attrait du marché de l’Union, la Commission a examiné les prix à l’exportation chinois vers l’Union par rapport aux prix à l’exportation vers les marchés de pays tiers, la taille du marché de l’Union et les mesures existantes imposées par les pays tiers qui fermaient leurs marchés à la mélamine chinoise.

(208)

En l’absence de coopération digne de ce nom, la Commission a utilisé le GTA (124) pour les exportations chinoises relevant de la sous-position 2933 61 du système harmonisé (mélamine) afin de comparer les prix des exportations chinoises vers l’Union à ceux des exportations vers les marchés de pays tiers, ainsi qu’au prix de vente moyen des producteurs de l’Union sur le marché de l’Union.

(209)

Au cours de la PER, les producteurs chinois ont exporté 588 000 tonnes de mélamine, soit environ la moitié de leur production estimée. Les principaux marchés d’exportation de pays tiers étaient l’Inde (14 %), la Turquie (12 %), la Russie (8 %), le Brésil (8 %), le Viêt Nam (6 %) et la Thaïlande (6 %).

(210)

Le prix moyen pondéré à l’exportation chinois (au niveau FOB) vers l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen était supérieur de 10 % au prix à l’exportation moyen pondéré vers les six premières destinations d’exportation mentionnées au considérant 209. En outre, le prix à l’exportation vers l’Union était jusqu’à 12 % supérieur au prix à l’exportation vers l’Inde, soit le deuxième plus grand marché d’exportation (après l’Union, qui a une part de 15 %).

(211)

La Commission a en outre ajusté les prix à l’exportation chinois vers les marchés tiers énumérés au considérant 209 (au niveau FOB) au niveau CIF frontière de l’Union en ajoutant les coûts moyens du fret maritime et des frais d’assurance de la RPC vers l’Union (voir considérant 198). Ces prix à l’exportation vers des pays tiers étaient inférieurs de 27 % au prix de vente moyen pratiqué par les producteurs de l’Union sur le marché de l’Union. En cas d’abrogation des mesures, le producteur-exportateur chinois serait incité à exporter vers l’Union à des prix plus élevés que ceux facturés aux clients des pays tiers, mais inférieurs au prix de vente des producteurs de l’Union, exerçant ainsi une pression supplémentaire sur le prix dans l’Union.

(212)

En outre, la consommation de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen s’est élevée à environ 430 000 tonnes et représentait donc [35-40] % de la production estimée de mélamine en RPC.

(213)

Les importations en provenance de la RPC représentaient une part de marché importante sur le marché de l’Union au cours de la seconde moitié de la période considérée. La part de marché a augmenté en 2021 (6,4 %) et au cours de la période d’enquête de réexamen (14,9 %) en particulier. Cette évolution est liée à la flambée du prix de la mélamine sur le marché de l’Union et montre que la combinaison de la taille du marché de l’Union et des prix attire un afflux de mélamine chinoise, dont il a été constaté qu’elle était exportée à des prix faisant l’objet d’un dumping au cours de la période d’enquête de réexamen.

(214)

Enfin, deux marchés de pays tiers — les États-Unis et l’Union économique eurasiatique (ci-après l’«UEE») — ont maintenu des mesures de défense commerciale en fermant partiellement ou entièrement leurs marchés aux importations en provenance de la RPC. Les États-Unis ont institué des mesures antidumping et compensatoires sur les importations de mélamine originaire de la RPC en 2015 et ont prorogé leur application de cinq années supplémentaires en 2021 (125). Les exportations chinoises de mélamine vers les États-Unis sont soumises à un droit antidumping à l’échelle nationale de 363,31 % et à un droit compensateur résiduel de 154,58 %. En avril 2022, l’UEE a institué des droits antidumping définitifs sur la mélamine originaire de la RPC, allant de 15,22 % à 19,08 % (126).

(215)

Les États-Unis et la Russie (en tant que membre le plus vaste de l’UEE) représentaient chacun [3-5] % de la consommation mondiale de mélamine en 2020 (127). Compte tenu du niveau élevé des mesures, les producteurs chinois de mélamine ont presque totalement cessé d’exporter vers les États-Unis; les exportations n’ont atteint que 80 tonnes au cours de la PER et sont même tombées à moins de 50 tonnes au cours des années précédant la période considérée. À la suite de l’institution des mesures par l’UEE, le volume mensuel moyen des exportations chinoises de mélamine vers la région est passé de 3 900 tonnes au cours de la PER (3 360 tonnes en 2021, 2 200 tonnes en 2020 et 2 950 tonnes en 2019) à environ 230 tonnes au second semestre de 2022.

(216)

Comme démontré aux considérants 214 et 215, les mesures commerciales ont eu un effet dissuasif sur les exportations chinoises de mélamine vers les États-Unis et la Russie. Si les mesures faisant l’objet du présent réexamen venaient à être abrogées, les producteurs chinois tenteraient probablement de compenser la perte de ces deux marchés d’exportation en recherchant de nouvelles possibilités d’exportation dans l’Union.

(217)

La Commission a donc conclu que le marché de l’Union attirerait probablement des volumes accrus d’importations de mélamine faisant l’objet d’un dumping en provenance de la RPC, et ce pour les raisons suivantes:

—

le prix à l’exportation chinois vers l’Union était supérieur au prix à l’exportation vers des pays tiers au cours de la PER,

—

si les exportations vers des pays tiers étaient réorientées vers l’Union, les producteurs-exportateurs chinois seraient en mesure de pratiquer des prix à l’exportation plus élevés tout en les maintenant en dessous des prix de vente des producteurs de l’Union sur le marché de l’Union, créant ainsi une pression supplémentaire sur les prix,

—

le marché de l’Union est attractif du point de vue de sa taille, puisqu’il représente environ [35-40] % de la production chinoise de mélamine et constituait la première destination des exportations au cours de la PER,

—

les producteurs chinois sont à la recherche d’autres possibilités d’exportation à la suite de la fermeture de deux marchés d’exportation, les États-Unis et l’UEE ayant introduit des mesures commerciales sur les importations de mélamine en provenance de la RPC.

(218)

À la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX et la CCCMC ont souligné que la conclusion selon laquelle le prix à l’exportation chinois vers l’Union était plus élevé que le prix vers les pays tiers était factuellement correcte, mais pas spécifique aux exportations de mélamine. Selon elles, la hausse des prix à l’exportation vers l’Union reflétait les prix de vente généralement plus élevés dans l’Union en raison des coûts de production plus élevés liés à la main-d’œuvre, à l’énergie et à l’environnement. En outre, le plus faible niveau de développement économique d’un pays tiers ne permettrait pas un prix à l’exportation élevé.

(219)

La Commission a fait observer que, quelles que soient les raisons du prix à l’exportation plus élevé vers l’Union, cela ne changeait rien au fait que les producteurs chinois de mélamine étaient en mesure de pratiquer un prix plus élevé sur le marché de l’Union que sur les autres grands marchés d’exportation et d’obtenir ainsi une rentabilité des ventes plus élevée. La Commission a conclu que les parties n’avaient présenté aucun argument de nature à infirmer ses conclusions selon lesquelles le prix à l’exportation chinois plus élevé vers l’Union était un indicateur de l’attrait du marché de l’Union. De fait, les observations des parties ont confirmé les conclusions de la Commission à cet égard.

(220)

À la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX et la CCCMC ont aussi fait valoir que les producteurs chinois de mélamine n’étaient pas intéressés par une réorientation de leurs exportations des pays tiers vers l’Union. Selon eux, au fil des ans, les producteurs chinois ont développé de solides marchés d’exportation dans un certain nombre de pays tiers et n’abandonneraient pas leurs clients existants sur ces marchés, notamment dans un souci de diversification des risques. Même si une partie des exportations était redirigée vers l’Union, les producteurs ne seraient pas incités à baisser leurs prix à l’exportation vers l’Union.

(221)

La Commission a fait observer que les parties n’avaient apporté aucun élément de preuve à l’appui de leurs arguments. Selon elle, cibler un marché où les prix étaient plus élevés constituerait une décision commerciale judicieuse. Les producteurs chinois auraient en réalité la possibilité d’augmenter leurs prix à l’exportation (par rapport à ceux pratiqués vers les pays tiers) tout en les maintenant inférieurs à ceux pratiqués dans l’Union, ce qui leur conférerait un avantage concurrentiel. La Commission a donc rejeté cet argument.

(222)

En outre, à la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX et la CCCMC ont confirmé que le marché de l’Union était attractif pour les producteurs chinois de mélamine en considération de sa taille.

(223)

Enfin, les parties ont contesté le fait que la fermeture des marchés des États-Unis et de l’UEE/la Russie à la suite de l’institution de mesures antidumping par ces entités entraînerait une augmentation des exportations vers l’Union. Elles ont évoqué le fait qu’après l’adoption des mesures américaines en 2015, les volumes d’exportation de la Chine vers l’Union étaient restés relativement faibles.

(224)

La Commission a fait observer que, lorsque les mesures américaines avaient été introduites, le marché de l’Union était déjà protégé par le prix minimal à l’importation et/ou le droit résiduel fixe. En outre, les prix internationaux de la mélamine en vigueur au cours de cette période (128) n’avaient pas donné aux producteurs chinois la possibilité de pénétrer le marché de l’Union afin de compenser la perte du marché américain. Dès que le prix de la mélamine a augmenté au niveau international bien au-dessus du niveau du prix minimal à l’importation (en 2021 et pendant la PER), les exportations chinoises de mélamine vers l’Union ont augmenté. L’année 2021 et la PER préfigurent, en réalité, une situation dans laquelle aucune mesure antidumping ne serait appliquée aux importations de mélamine originaire de la RPC pour les trois principaux producteurs-exportateurs soumis au prix minimal à l’importation.

(225)

Par conséquent, la Commission a conclu que l’institution des mesures américaines n’avait pas entraîné d’augmentation immédiate des exportations vers l’Union en raison du faible prix international de la mélamine au cours de cette période, ce qui a permis au marché de l’Union d’être protégé par le prix minimal à l’importation et/ou le droit résiduel fixe. La Commission a donc confirmé ses conclusions concernant l’attrait du marché de l’Union à la suite de la fermeture des marchés des États-Unis et de l’UEE/de la Russie.

3.3.3. Conclusion concernant la probabilité de continuation du dumping

(226)

Compte tenu de ses conclusions sur la continuation du dumping durant la période d’enquête de réexamen, comme indiqué au considérant 201, et sur l’évolution probable des exportations en cas d’expiration des mesures, comme expliqué aux considérants 202 à 217, la Commission a conclu qu’il était fort probable que l’expiration des mesures antidumping sur les importations en provenance de la RPC se traduise par la continuation du dumping.

4. PRÉJUDICE

4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union

(227)

Sur la base des informations disponibles dans la demande, le produit similaire était fabriqué, pendant la période d’enquête de réexamen, par les trois requérants et deux autres producteurs. Ceux-ci constituent l’«industrie de l’Union» au sens de l’article 4, paragraphe 1, du règlement de base. Les deux autres producteurs de l’Union, BASF AG, Ludwigshafen (Allemagne) et S.C. Azomureș S.A., Târgu Mureș (Roumanie), ne se sont pas manifestés.

(228)

La production totale de l’Union durant la période d’enquête de réexamen a été établie à 382 186 tonnes. Ce chiffre a été calculé à partir des réponses au questionnaire des trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon et des réponses au questionnaire relatif aux indicateurs macroéconomiques fournies par les requérants.

(229)

Comme indiqué au considérant 24, l’échantillonnage a été utilisé pour déterminer une éventuelle continuation du préjudice subi par l’industrie de l’Union. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient environ 82 % de la production totale estimée de l’Union pour le produit similaire. Les trois producteurs retenus dans l’échantillon sont les requérants.

4.2. Consommation de l’Union

(230)

La Commission a établi la consommation de l’Union sur la base: a) des données des requérants concernant les ventes du produit similaire par l’industrie de l’Union, partiellement recoupées avec les volumes de ventes déclarés par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon; et b) des importations du produit faisant l’objet de l’enquête à destination de l’Union et en provenance de l’ensemble des pays tiers, selon la base de données Comext d’Eurostat.

(231)

Sur cette base, la consommation de l’Union a évolué comme suit:

Tableau 2

Consommation de l’Union (en tonnes)

2019

2020

2021

PER

Consommation totale de l’Union

390 729

364 168

427 309

432 773

Indice (2019 = 100)

100

93

109

111

Source: Eurostat et requérant.

(232)

Le réexamen a montré que la consommation de l’Union avait augmenté de 11 % au cours de la période considérée. La pandémie de COVID-19 en 2020 a influé négativement sur la consommation de l’Union, mais celle-ci a fortement rebondi en 2021 et au cours de la période d’enquête de réexamen.

4.3. Importations en provenance du pays concerné

4.3.1. Volume et part de marché des importations en provenance du pays concerné

(233)

La Commission a établi le volume des importations en provenance du pays concerné en se fondant sur les statistiques d’Eurostat, comme dûment expliqué au considérant 229. Elle a déterminé la part de marché chinoise en comparant les importations à la consommation de l’Union, telle qu’indiquée au tableau 2.

(234)

Les importations en provenance de la RPC ont évolué comme suit:

Tableau 3

Volume des importations et part de marché

2019

2020

2021

PER

Volume des importations en provenance de la RPC (en tonnes)

6 704

1 222

27 270

64 673

Indice (2019 = 100)

100

18

407

965

Part de marché des importations en provenance de la RPC (en %)

1,7

0,3

6,4

14,9

Indice (2019 = 100)

100

20

372

871

Source: Eurostat.

(235)

Les volumes des importations en provenance de Chine ont considérablement chuté, perdant 82 % entre 2019 et 2020, ce qui peut s’expliquer par les interruptions de la production en Chine dues à la pandémie de COVID-19 et à la forte baisse de la consommation de l’Union. Le volume des importations en provenance de Chine a rebondi de manière exponentielle en 2021 pour atteindre une quantité plus de quatre fois supérieure à celle importée en 2019. Il a de nouveau augmenté de manière significative au cours de la période d’enquête de réexamen, pour atteindre une quantité plus de deux fois supérieure à celui enregistré en 2021.

(236)

Dans leurs observations sur l’information finale, Xinjiang XLX et la CCCMC ont soutenu que l’augmentation des importations dans l’Union en provenance de Chine était due à des pénuries d’approvisionnement au niveau de l’industrie de l’Union combinées à une forte demande des utilisateurs après la COVID-19, c’est-à-dire en 2021 et au cours de la période d’enquête de réexamen. L’industrie de l’Union n’a donc pas été en mesure de satisfaire cette demande et les utilisateurs ont dû se tourner vers les importations en provenance de Chine. Xinjiang XLX a ajouté que l’industrie de l’Union avait de plus considérablement augmenté les prix au cours de cette période et que les utilisateurs avaient donc dû chercher d’autres sources d’approvisionnement.

(237)

La Commission a noté que les capacités inutilisées des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon s’élevaient, pour chaque année de la période considérée, à au moins 80 000 tonnes (voir tableau 6), ce qui dépasse clairement le volume total des importations dans l’Union en provenance de Chine (voir tableau 3). Il s’ensuit que l’industrie de l’Union était certainement en mesure de remplacer dans leur totalité les importations en provenance de Chine observées et donc de satisfaire la demande qu’elles ont représentée sur le marché de l’Union au cours de la période considérée. En ce qui concerne les prix pratiqués par l’industrie de l’Union, la Commission a fait observer que ces hausses de prix, telles qu’appliquées par l’industrie de l’Union, étaient parfaitement conformes aux signaux du marché dans un contexte de forte demande et d’augmentation significative des coûts tel que celui observé en 2021 et au cours de la période d’enquête de réexamen. Ces arguments ont donc été rejetés.

4.3.2. Prix des importations en provenance de Chine et sous-cotation des prix

4.3.2.1. Prix

(238)

La Commission a établi les prix moyens des importations en provenance de Chine sur la base des statistiques d’Eurostat.

(239)

Le prix moyen pondéré des importations en provenance de Chine a évolué comme suit:

Tableau 4

Prix à l’importation (en EUR/tonne)

2019

2020

2021

PER

Chine

1 155

958

1 627

2 224

Indice (2019 = 100)

100

83

141

193

Source: Eurostat.

(240)

Les prix moyens des importations de mélamine en provenance de Chine ont augmenté de 93 % au cours de la période considérée, ce qui prouve que les producteurs chinois ont en partie suivi la tendance généralement positive des prix sur le marché de l’Union, comme le montre le tableau 8.

4.3.2.2. Sous-cotation des prix

(241)

Les prix à l’exportation du seul producteur-exportateur ayant coopéré n’ayant pas pu être considérés comme représentatifs, étant donné que les quantités exportées par ce producteur-exportateur représentaient moins de 3 % des exportations totales de la Chine vers l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen (voir considérant 27), la Commission a déterminé la sous-cotation des prix en comparant: a) les prix statistiques moyens pondérés des importations en provenance de la RPC au cours de la période d’enquête de réexamen, comme expliqué au considérant 196, établis sur une base CIF et ajustés au titre du taux conventionnel de droit de douane, du droit antidumping (129) et des coûts postérieurs à l’importation; b) les prix de vente moyens pondérés des trois producteurs de l’Union facturés à des clients indépendants sur le marché de l’Union, ajustés au niveau départ usine. La marge de sous-cotation ainsi calculée s’élève à 12,6 %.

4.4. Volume et prix des importations en provenance de pays tiers

(242)

La Commission a déterminé les volumes et les prix des importations en provenance de pays tiers en appliquant la même méthode que pour la RPC (voir section 4.3.1).

(243)

Le volume des importations en provenance de pays tiers a évolué comme suit durant la période considérée:

Tableau 5

Importations en provenance de pays tiers

Pays

2019

2020

2021

PER

Qatar

Volume des importations (en tonnes)

33 941

26 256

35 622

31 725

Indice (2019 = 100)

100

77

105

93

Part de marché (en %)

8,7

7,2

8,3

7,3

Indice (2019 = 100)

100

83

96

84

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 011

824

1 548

2 479

Indice (2019 = 100)

100

81

153

245

Trinité-et-Tobago

Volume des importations (en tonnes)

13 719

8 370

14 112

12 507

Indice (2019 = 100)

100

61

103

91

Part de marché (en %)

3,5

2,3

3,3

3,0

Indice (2019 = 100)

100

65

94

84

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 091

850

1 572

2 485

Indice (2019 = 100)

100

78

144

227

Japon

Volume des importations (en tonnes)

13 699

9 195

9 499

7 576

Indice (2019 = 100)

100

67

69

55

Part de marché (en %)

3,5

2,5

2,2

1,8

Indice (2019 = 100)

100

72

63

50

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 076

912

1 295

2 046

Indice (2019 = 100)

100

85

120

190

Autres pays tiers

Volume des importations (en tonnes)

37 825

28 238

22 673

21 480

Indice (2019 = 100)

100

75

60

57

Part de marché (en %)

9,7

7,8

5,3

5,0

Indice (2019 = 100)

100

80

55

51

Prix moyen (en EUR/tonne)

940

816

1 671

2 447

Indice (2019 = 100)

100

87

178

260

Importations totales à l’exclusion de la Chine

Volume des importations (en tonnes)

99 183

72 059

81 907

73 288

Indice (2019 = 100)

100

73

83

74

Part de marché (en %)

25,4

19,8

19,2

17,0

Indice (2019 = 100)

100

78

76

67

Prix moyen (en EUR/tonne)

1 004

835

1 557

2 427

Indice (2019 = 100)

100

83

155

242

Source: Eurostat.

(244)

En dehors de la Chine, les principales sources d’importations étaient le Qatar, Trinité-et-Tobago et le Japon. Les importations en provenance de chacun de ces pays ont diminué au cours de la période considérée, de 7 % à 45 %, les importations totales en provenance de pays tiers, à l’exclusion de la Chine ayant quant à elles diminué de 26 %.

(245)

Au cours de la période d’enquête de réexamen, les prix moyens à l’importation des deux pays autres que la Chine dont la part de marché individuelle était supérieure à 2 % au cours de la période d’enquête de réexamen, à savoir le Qatar (7,3 %) et Trinité-et-Tobago (3 %), étaient supérieurs de plus de 200 EUR par tonne aux prix moyens des importations en provenance de la RPC.

(246)

Xinjiang XLX et la CCCMC ont affirmé que le tableau ci-dessus prouvait que la Commission n’avait pas évalué le rôle des importations de mélamine dans l’Union en provenance de la Russie. Les importations en provenance de la Russie étaient importantes jusqu’à la guerre d’agression non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine, et, par la suite, selon Xinjiang XLX et la CCCMC, elles ont été remplacées par des importations en provenance de Chine, un facteur qui expliquerait aussi l’augmentation des importations en provenance de Chine depuis lors.

(247)

La Commission a exprimé son désaccord. Elle a bel et bien évalué individuellement les importations en provenance de la Russie dans le cadre des importations en provenance d’«autres pays tiers» (voir tableau 5). Toutefois, les importations en provenance de la Russie ne sont pas mentionnées individuellement dans le tableau ci-dessus, étant donné que le Qatar, Trinité-et-Tobago et le Japon étaient les trois pays exportateurs ayant enregistré les volumes d’exportation vers l’Union les plus élevés en dehors du pays concerné au cours de la période d’enquête de réexamen. La part de marché de la Russie se chiffrait à 1,4 % au cours de la période d’enquête de réexamen, et elle a atteint en 2020 son niveau le plus élevé au cours de la période considérée, avec une part de marché de 4,3 %. La perte de part de marché de la Russie depuis cette année record (moins 2,9 points de pourcentage) paraît donc minuscule par rapport à l’augmentation de la part de marché de la Chine (plus 14,6 points de pourcentage). L’argument selon lequel la perte de parts de marché des importations en provenance de Russie aurait largement contribué à l’augmentation de la part de marché des importations en provenance de la Chine a donc été rejeté.

(248)

À la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX et la CCCMC ont observé que les prix moyens des importations en provenance de la Chine au cours de la période d’enquête de réexamen se situaient à des niveaux supérieurs aux prix correspondants en provenance du Japon et de la Russie et que tous les pays exportateurs avaient largement suivi la tendance à la hausse des prix en 2021 et pendant la période d’enquête de réexamen.

(249)

La Commission a reconnu que les prix moyens des importations en provenance du Japon et de la Russie étaient effectivement inférieurs aux prix moyens des importations en provenance de Chine au cours de la période d’enquête de réexamen, selon les données d’Eurostat. Toutefois, leur part de marché cumulée de 3,2 % était nettement inférieure à celle des importations en provenance de Chine. En outre, la Commission a observé que les parties en question n’avaient formulé aucune allégation découlant de ces faits. Cet argument a donc été rejeté.

(250)

Compte tenu de ce qui précède, c’est-à-dire de l’évolution des volumes des importations en provenance de pays tiers et des prix des importations en provenance des sources les plus importantes autres que la Chine, la Commission a conclu que les importations en provenance de pays tiers n’avaient pas eu d’effet préjudiciable sur l’industrie de l’Union.

4.5. Situation économique de l’industrie de l’Union

4.5.1. Observations générales

(251)

Conformément à l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base, l’examen de l’incidence des importations faisant l’objet d’un dumping sur l’industrie de l’Union a comporté une évaluation de tous les indicateurs économiques ayant influé sur la situation de cette industrie durant la période considérée.

(252)

Aux fins de l’évaluation du préjudice, la Commission a opéré une distinction entre les indicateurs de préjudice macroéconomiques et les indicateurs de préjudice microéconomiques. La Commission a évalué les indicateurs macroéconomiques en se fondant sur les données et les informations contenues dans la réponse des requérants au questionnaire, dûment recoupées avec les informations contenues dans la demande et les réponses des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon au questionnaire, ainsi qu’avec les statistiques d’Eurostat. La Commission a évalué les indicateurs microéconomiques sur la base des données contenues dans les réponses au questionnaire communiquées par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(253)

Les indicateurs macroéconomiques sont les suivants: production, capacité de production, utilisation des capacités, volume des ventes, part de marché, croissance, emploi, productivité, importance de la marge de dumping et rétablissement à la suite de pratiques de dumping antérieures.

(254)

Les indicateurs microéconomiques sont les suivants: prix de vente unitaires moyens, coût unitaire, coût de la main-d’œuvre, stocks, rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux.

4.5.2. Production, capacités de production et utilisation des capacités

(255)

Au cours de la période considérée, la production totale de l’Union, ses capacités de production et l’utilisation de ses capacités ont évolué comme suit:

Tableau 6

Production, capacités de production et utilisation des capacités

2019

2020

2021

PER

Volume de production (tonnes)

403 513

401 780

396 575

382 187

Indice (2019 = 100)

100

100

98

95

Capacités de production (en tonnes)

480 383

480 578

477 621

472 494

Indice (2019 = 100)

100

100

99

98

Utilisation des capacités (en %)

84,0

83,6

83,0

80,9

Indice (2019 = 100)

100

100

99

96

Source: Requérants.

(256)

La production de l’industrie de l’Union a reculé de 5 % au cours de la période considérée. Les capacités de production de l’industrie de l’Union sont restées pratiquement stables au cours de la période considérée, avec une légère baisse de 2 %. Il en a résulté une baisse de 4 % de l’utilisation des capacités.

4.5.3. Volume des ventes et part de marché

(257)

Le volume des ventes et la part de marché de l’industrie de l’Union ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 7

Volume des ventes et part de marché

2019

2020

2021

PER

Volume total des ventes sur le marché de l’Union à des clients indépendants

284 842

290 888

318 133

294 513

Indice (2019 = 100)

100

102

112

103

Part de marché (en %)

72,9

79,9

74,5

68,1

Indice (2019 = 100)

100

110

102

93

Source: Eurostat et requérants.

(258)

Le volume des ventes de l’industrie de l’Union à des clients indépendants a augmenté de 12 % entre 2019 et 2021, mais il a perdu 9 points de pourcentage entre 2021 et la période d’enquête de réexamen pour atteindre un niveau supérieur de 3 % à celui de 2019.

(259)

De 2019 à 2020, l’industrie de l’Union a pu augmenter sa part de marché de 10 %, comblant ainsi la place que les quantités plus faibles des importations en provenance de Chine avaient laissée à la suite de la pandémie de COVID-19 (voir considérant 234 et tableau 3). Entre 2020 et la période d’enquête de réexamen, l’industrie de l’Union a perdu des parts de marché importantes, de près de 12 points de pourcentage, et par rapport à 2019, elle a perdu 4,8 points de pourcentage de part de marché au cours de la période d’enquête de réexamen.

4.5.4. Croissance

(260)

Durant la période considérée, la consommation de l’Union a augmenté de 11 % (voir tableau 2), tandis que le volume des ventes de l’industrie de l’Union à des clients indépendants dans l’Union a augmenté de 8 % (voir tableau 7). Par conséquent, l’industrie de l’Union a connu une croissance en quantités absolues, mais une décroissance en quantités relatives. En d’autres termes, elle n’a pas pu bénéficier de la croissance du marché au même rythme que les importations en provenance de Chine.

4.5.5. Prix et facteurs influant sur les prix

(261)

Sur la période considérée, les prix de vente unitaires moyens pondérés facturés par les producteurs de l’Union à des clients indépendants dans l’Union et le coût de production unitaire ont évolué comme suit:

Tableau 8

Prix de vente dans l’Union et coût de production

2019

2020

2021

PER

Prix de vente unitaire moyen pondéré dans l’Union

1 149

928

1 863

2 811

Prix de vente unitaire moyen pondéré dans l’Union (indice, 2019 = 100)

100

81

162

245

Coût de production unitaire

980

906

1 611

2 250

Coût de production unitaire (indice, 2019 = 100)

100

92

164

230

Source: Producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(262)

Après une baisse de 8 % entre 2019 et 2020, le coût de production unitaire a augmenté de manière exponentielle pour atteindre un niveau supérieur de 130 % à celui de 2019 au cours de la période d’enquête de réexamen. Cette forte augmentation du coût de production est due à la très forte hausse des prix du gaz à partir de 2021.

(263)

Les prix de vente ont suivi une tendance similaire. De 2019 à 2020, les prix de vente unitaires ont chuté de 19 %, à la suite de la récession économique liée à la pandémie de COVID-19. Toutefois, entre 2020 et la période d’enquête de réexamen, les prix de vente unitaires ont triplé.

4.5.6. Emploi et productivité

(264)

Au cours de la période considérée, l’emploi, la productivité et les coûts moyens de la main-d’œuvre des producteurs de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 9

Emploi et productivité

2019

2020

2021

PER

Nombre de salariés

647

632

642

641

Indice (2019 = 100)

100

98

99

99

Productivité de la main-d’œuvre (en tonnes/salarié)

515

524

508

498

Indice (2019 = 100)

100

102

99

97

Coûts moyens de la main-d’œuvre par salarié

71 772

73 491

77 431

76 913

Coûts moyens de la main-d’œuvre par salarié (indice, 2019 = 100)

100

102

108

107

Source: Requérants et producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(265)

Le coût moyen de la main-d’œuvre a augmenté de 7 % au cours de la période considérée. Les effectifs et la productivité du travail sont restés stables au cours de la période considérée. L’industrie de l’Union a employé près de 650 personnes tout au long de la période considérée, la production par salarié s’élevant à environ 500 tonnes.

4.5.7. Stocks

(266)

Au cours de la période considérée, le niveau des stocks des producteurs de l’Union a évolué comme suit:

Tableau 10

Stocks

2019

2020

2021

PER

Stocks de clôture

20 615

12 151

5 372

24 530

Indice (2019 = 100)

100

59

26

119

Stocks de clôture en pourcentage de la production

5,2

3,1

1,4

6,3

Indice (2019 = 100)

100

59

26

121

Source: Producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(267)

Les niveaux des stocks ont évolué considérablement au cours de la période considérée. Au cours de la période d’enquête de réexamen, ils étaient supérieurs de 19 % à ceux de 2019. Il s’agit là d’une indication supplémentaire que l’industrie de l’Union a éprouvé de plus en plus de difficultés à vendre sa production vers la fin de la période considérée, face à l’augmentation spectaculaire des importations en provenance de Chine.

4.5.8. Rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux

(268)

Au cours de la période considérée, la rentabilité, le flux de liquidités, les investissements et le rendement des investissements des producteurs de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 11

Rentabilité, flux de liquidités, investissements et rendement des investissements

2019

2020

2021

PER

Rentabilité des ventes à des clients indépendants dans l’Union (en %)

8,0

–4,1

12,3

17,3

Rentabilité des ventes à des clients indépendants dans l’Union (indice, 2019 = 100)

100

–51

154

216

Flux de liquidités

46 403 891

12 158 042

95 868 270

118 352 455

Flux de liquidités (indice, 2019 = 100)

100

26

207

255

Investissements

42 800 119

25 704 881

32 880 347

33 110 890

Investissements (indice, 2019 = 100)

100

60

77

77

Rendement des investissements (en %)

14,5

–10,2

46,2

88,4

Rendement des investissements (indice, 2019 = 100)

100

–70

319

610

Source: Producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(269)

La Commission a déterminé le bénéfice des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en exprimant le bénéfice net avant impôt tiré de leurs ventes de mélamine à des clients indépendants dans l’Union en pourcentage du chiffre d’affaires des ventes sous-jacentes. La rentabilité ainsi établie est passée de 8 % en 2019 à 17,3 % au cours de la période d’enquête de réexamen. En 2020, en raison de la récession économique causée par la pandémie de COVID-19, l’industrie de l’Union a subi des pertes considérables, mais elle s’est ensuite rapidement et fortement redressée.

(270)

Les flux nets de liquidités représentent la capacité des producteurs de l’Union à autofinancer leurs activités. Leur évolution au cours de la période considérée a été positive: les flux de liquidités générés par les activités ont augmenté de 155 % au cours de la période d’enquête de réexamen par rapport à 2019.

(271)

Le niveau d’investissement de l’industrie de l’Union a affiché une tendance à la baisse au cours de la période considérée (-13 % entre 2019 et la période d’enquête de réexamen). Comme mentionné plus haut dans le paragraphe sur l’utilisation des capacités (tableau 6), l’industrie de l’Union n’a pas besoin d’investir immédiatement dans de nouvelles capacités de production.

(272)

Le rendement des investissements constitue le bénéfice exprimé en pourcentage de la valeur comptable nette des investissements et a suivi la même courbe que celle des taux de rentabilité analysés.

(273)

Aucun des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon n’a fait état de difficultés quant à son aptitude à mobiliser des capitaux. Comme le montre le tableau 11, les flux de liquidités disponibles ont dépassé de loin les investissements réalisés, l’année 2020 étant la seule exception.

4.5.9. Conclusion sur la situation de l’industrie de l’Union

(274)

Dans un contexte d’augmentation de la consommation, l’industrie de l’Union a augmenté ses volumes de ventes au cours de la période considérée. Toutefois, elle a cédé d’importantes parts de marché à la RPC en 2021 et au cours de la période d’enquête de réexamen, de sorte que sa part de marché, à la fin de la période considérée, était inférieure de près de 5 points de pourcentage à son niveau du début de la période. En effet, compte tenu des conditions de marché exceptionnellement favorables dans l’Union, imputables à un effet de rattrapage après l’atonie de la demande due à la pandémie de COVID-19 en 2020, les prix dans l’Union étaient nettement supérieurs aux prix minimaux à l’importation auxquels sont soumis les producteurs-exportateurs ayant coopéré à l’enquête initiale. Il en a résulté immédiatement un retour de volumes élevés d’importations en provenance de ces producteurs-exportateurs. Ces importations sous-cotaient considérablement les prix de l’industrie de l’Union.

(275)

Si l’industrie de l’Union a ainsi cédé des parts de marché importantes à la Chine, ses indicateurs financiers n’ont pas souffert de cette augmentation des importations en provenance de la Chine, car elle a encore pu obtenir des prix exceptionnellement avantageux en 2021 et au cours du premier semestre de 2022. Les bénéfices de l’industrie de l’Union sont restés à des niveaux sains et ont atteint un niveau record au cours de la période d’enquête de réexamen, ce qui prouve que les producteurs de l’Union ont été en mesure de répercuter les hausses des coûts sur leurs prix de vente. Dans ces circonstances, les mesures en vigueur ont assuré un niveau plancher lorsque les prix étaient encore bas (en 2019 et 2020) et ont donc garanti des conditions de concurrence équitables sur le marché de la mélamine de l’Union. Lorsque les prix ont ensuite atteint des niveaux sans précédent, qui n’avaient pas été observés depuis l’enquête initiale, l’industrie de l’Union a perdu des parts de marché importantes, mais elle a continué de profiter de bénéfices considérables. En fait, les mesures n’ont pas évincé les producteurs chinois du marché de l’Union, en particulier lorsque les prix augmentaient, et ils ont donc continué d’être présents et ont bénéficié d’une consommation croissante.

(276)

Dans l’ensemble, la plupart des indicateurs de préjudice, tels que la production, les ventes, l’emploi, la rentabilité et les flux de liquidités ont évolué positivement et/ou se situaient à des niveaux satisfaisants. Toutefois, certains indicateurs dépeignent une situation moins favorable de l’industrie de l’Union. En particulier, l’industrie de l’Union a perdu des parts de marché face aux importations en provenance de la Chine. De même, la production totale et les taux d’utilisation des capacités ont chuté au cours de la période considérée et les niveaux de stocks ont augmenté.

(277)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que, globalement, l’industrie de l’Union n’avait pas subi de préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base pendant la période considérée.

5. PROBABILITÉ DE RÉAPPARITION DU PRÉJUDICE EN CAS D’ABROGATION DES MESURES

(278)

Ayant conclu que l’industrie de l’Union n’avait pas subi de préjudice important au cours de la période d’enquête de réexamen (voir considérant 276), la Commission a évalué, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, s’il existait une probabilité de réapparition du préjudice initialement causé par les importations en provenance de la Chine faisant l’objet d’un dumping en cas d’expiration des mesures.

(279)

À cet égard, la Commission s’est appuyée sur les informations limitées mises à disposition par les parties ayant coopéré et sur toute autre information portée au dossier relative aux capacités de production et aux capacités inutilisées en Chine pour évaluer l’attrait du marché de l’Union et l’incidence probable des importations en provenance de la Chine en cas d’expiration des mesures.

(280)

Comme indiqué aux considérants 204 et 205, les capacités inutilisées en Chine sont importantes et représentent environ quatre fois la consommation annuelle dans l’Union. En outre, comme conclu au considérant 216, le marché de l’Union est un marché attrayant pour les producteurs chinois compte tenu des prix pratiqués sur ce marché et de sa taille. Sur cette base, l’expiration des mesures antidumping entraînerait très probablement une augmentation des exportations chinoises vers l’Union.

(281)

Dans leurs observations sur l’information finale, Xinjiang XLX et la CCCMC ont affirmé que la Commission n’avait procédé à aucune analyse de l’ampleur probable d’une éventuelle augmentation des ventes chinoises à l’exportation vers l’Union ni de la période que cette augmentation pourrait concerner, alors que ces deux facteurs auraient une incidence directe sur l’importance de tout préjudice en résultant.

(282)

La Commission a rappelé que, conformément à l’article 11, paragraphe 2, il n’est pas nécessaire d’établir l’importance du préjudice continu ou récurrent. Il suffit d’établir que ce préjudice est susceptible de se poursuivre ou de réapparaître.

(283)

La CCCMC a ajouté que la Commission n’avait pas répondu aux observations qu’elle avait déjà présentées auparavant et selon lesquelles les producteurs chinois disposant de capacités nouvelles ou accrues ne seraient probablement pas en mesure d’exploiter et de commencer à exporter rapidement ou facilement ces capacités vers le marché de l’Union. La CCCMC a aussi renvoyé à ses observations sur la probabilité de réapparition du dumping, qui, selon la CCCMC, infirmeraient aussi les préoccupations relatives à l’arrivée de nouvelles importations en provenance de Chine à la suite de la réorientation par la Chine de ses exportations à partir d’autres marchés d’exportation existants ou de la fermeture d’autres marchés en raison de l’institution de mesures antidumping.

(284)

La Commission a précisé qu’elle avait répondu à toutes les observations formulées. Lorsque les observations portaient à la fois sur la probabilité d’une continuation du dumping et d’une réapparition du préjudice, elles ont été examinées à la section 3.3 ci-dessus, la réponse donnée étant également valable mutatis mutandis pour la réapparition du préjudice. En ce qui concerne les observations formulées par la CCCMC à la suite de l’ouverture du réexamen, la Commission renvoie aux réfutations énoncées au considérant 22 ci-dessus.

(285)

Cela étant, la Commission a confirmé que les capacités inutilisées totales en Chine, comme indiqué aux considérants 202 à 204, étaient d’une ampleur telle qu’elles rendaient probable la réapparition du préjudice en cas d’expiration des mesures.

(286)

En ce qui concerne l’allégation de la CCCMC déniant les préoccupations relatives à l’arrivée de nouvelles importations en provenance de Chine, la Commission a renvoyé à sa réfutation effectuée à la section 3.3, considérant 220.

(287)

La Commission a examiné les effets probables d’une telle hausse des importations en évaluant leurs niveaux de prix probables en cas d’abrogation des mesures. À cet égard, la Commission a considéré, pour ce qui est de la Chine, que les niveaux de prix à l’importation au cours de la période d’enquête de réexamen constituaient une indication raisonnable, étant donné que les importations en provenance de la Chine représentaient toujours une part de marché importante, de 14,9 %, au cours de ladite période. Sur cette base, et comme expliqué au considérant 240, la Commission a constaté une sous-cotation notable des prix de l’industrie de l’Union de 12,6 %. Cette sous-cotation serait même plus élevée, à savoir 15,6 %, si le droit antidumping applicable n’était pas ajouté au prix à l’exportation.

(288)

Dans ses observations sur l’information finale, Xinjiang XLX a affirmé que la Commission n’aurait pas dû se fonder sur le niveau de sous-cotation calculé pour la période considérée pour justifier la probabilité d’une réapparition du préjudice, car les prix de l’industrie de l’Union avaient été exceptionnellement élevés à partir de 2021 et la sous-cotation était donc plus importante qu’elle ne l’aurait été en l’absence d’un tel niveau de prix.

(289)

La Commission a rappelé que la notion de sous-cotation, telle que constamment utilisée dans les enquêtes antidumping au titre du règlement de base, est objective par nature et consiste en une simple comparaison entre les prix réels de l’industrie de l’Union et les prix à l’exportation du pays concerné, dûment ajustés lorsque cela se justifie. En outre, l’allégation de Xinjiang XLX n’a été ni étayée ni quantifiée et a donc été rejetée.

(290)

En ce qui concerne le volume et les prix des importations en provenance de Chine, la Commission a également noté que, selon les dernières données statistiques d’Eurostat disponibles, le volume des importations en provenance de Chine a continué d’augmenter fortement, tandis que les prix de ces importations ont commencé à baisser de manière significative (130). Au cours des neuf mois qui ont suivi la période d’enquête de réexamen, à savoir du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023, le volume des exportations chinoises vers l’Union a atteint un niveau de 93 345 tonnes, un chiffre qui, extrapolé sur 12 mois, représente une augmentation de 92,4 % par rapport à la période d’enquête de réexamen (131), à un prix moyen de 1 585 EUR, soit 28,8 % de moins qu’au cours de la période d’enquête de réexamen.

(291)

En outre, la Commission a analysé, pour les mêmes périodes, l’évolution des importations en provenance de pays tiers autres que la Chine. Les importations en provenance de pays autres que la Chine se sont élevées à 61 668 tonnes au cours des neuf mois qui ont suivi la période d’enquête de réexamen, un chiffre qui, extrapolé sur 12 mois, représente une augmentation de 12,2 % par rapport à la période d’enquête de réexamen (132). Les prix moyens des importations en provenance de pays tiers ont chuté de 20,4 % pour s’établir à 1 931 EUR/tonne par rapport à la période d’enquête de réexamen, ce qui reste nettement supérieur au prix moyen des importations en provenance de Chine.

(292)

Par conséquent, au cours des neuf mois qui ont suivi la période d’enquête de réexamen, les importations en provenance de la RPC ont augmenté de manière spectaculaire et leurs prix ont fortement chuté, beaucoup plus que dans le cas des importations en provenance de pays tiers.

(293)

À la suite de l’information finale des parties, Xinjiang XLX a fait valoir que l’analyse de la Commission relative aux facteurs postérieurs à la période considérée était insuffisante car elle ne tenait pas compte de l’incidence d’une crise énergétique persistante dans l’Union et des effets sur le marché de la guerre d’agression non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine.

(294)

La Commission a rappelé qu’elle n’était de toute façon nullement tenue de procéder à une analyse des facteurs de préjudice survenus après la période considérée. Dans le cadre de la présente enquête, elle a choisi de le faire pour les volumes et les prix des importations en provenance du pays concerné afin de compléter les conclusions tirées en ce qui concerne l’analyse de tous les facteurs de préjudice pertinents au cours de la période considérée. En tout état de cause, la Commission a noté que les sources d’énergie étaient des matières premières échangées aux niveaux de prix du marché mondial. Dès lors, dans la mesure où les producteurs de mélamine payent des prix non faussés sur le marché mondial, les prix les affectent de la même manière dans le monde entier.

(295)

Le 23 mai 2023, les requérants ont fourni des détails concernant l’évolution des indicateurs de préjudice après la période d’enquête de réexamen (133). Les données fournies ont démontré l’incidence négative significative et immédiate, sur la situation de l’industrie de l’Union, de la forte augmentation des importations en provenance de la RPC et de leur part de marché, et ce à des prix en baisse rapide. Elles ont notamment montré que cela se traduisait par une baisse très prononcée des volumes de ventes et une forte dépression des prix, entraînant ainsi une perte de part de marché et de rentabilité pour l’industrie de l’Union.

(296)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que l’absence de mesures aboutirait, selon toute probabilité, à une nouvelle augmentation notable, à des prix défavorables, des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping, et le préjudice important serait susceptible de réapparaître.

6. INTÉRÊT DE L’UNION

6.1. Introduction

(297)

Conformément à l’article 21 du règlement de base, la Commission a examiné si le maintien des mesures était contraire à l’intérêt de l’Union dans son ensemble. La détermination de l’intérêt de l’Union repose sur une appréciation des divers intérêts en jeu, à savoir ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs et des utilisateurs.

(298)

Toutes les parties intéressées ont eu la possibilité de faire connaître leur point de vue, conformément à l’article 21, paragraphe 2, du règlement de base.

(299)

Sur cette base, la Commission a examiné si, en dépit des conclusions relatives à la probabilité d’une continuation du dumping et d’une réapparition du préjudice, il existait des raisons impérieuses de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures existantes.

6.2. Intérêt de l’industrie de l’Union

(300)

Comme exposé au considérant 276, l’industrie de l’Union ne subit plus de préjudice important. Toutefois, comme conclu au considérant 295, l’industrie de l’Union ne serait pas en mesure de faire face à la suppression des mesures, car celle-ci entraînerait probablement une forte augmentation des importations en provenance de Chine sous-cotant les prix de l’industrie de l’Union. Une abrogation des mesures menacerait donc la viabilité financière de l’industrie à long terme. Dès lors, le maintien des mesures est dans l’intérêt de l’industrie de l’Union.

6.3. Intérêt des importateurs et des utilisateurs indépendants

(301)

Tous les importateurs et utilisateurs indépendants connus ont été informés de l’ouverture du réexamen.

(302)

Un importateur indépendant en Italie a répondu au formulaire d’échantillonnage mais n’a pas transmis de réponse complète au questionnaire.

(303)

Trois utilisateurs ont communiqué des réponses au questionnaire. Le total des ventes agrégées de ces utilisateurs, incluant les achats auprès des producteurs de l’Union, les importations en provenance de Chine et les importations en provenance d’autres pays, ne représentait qu’environ 3 % de la consommation totale. Un seul des utilisateurs concernés achetait de la mélamine en Chine et, au cours de la période d’enquête de réexamen, ces importations ne représentaient qu’entre 1 % et 4 % (fourchette donnée pour des raisons de confidentialité) du total des importations de l’Union en provenance de la RPC. Sur la base de ces volumes d’achat, la coopération des utilisateurs n’a pas pu être considérée comme étant représentative de tous les utilisateurs.

(304)

Leurs réponses ont tout de même été analysées. La réponse de l’utilisateur ayant aussi acheté de petits volumes en Chine n’incluait pas certaines données clés nécessaires, telles que les prix d’achat en Chine, les prix de vente des produits contenant de la mélamine et les noms des clients. Dès lors, aucune conclusion valable n’a pu être tirée, si ce n’est que la société réalisait un bénéfice très généreux et que ses achats de mélamine, tant dans l’Union (en vrac) que dans d’autres pays, ne représentaient qu’une petite partie de ses coûts de matières premières (< 5 %). Il n’a pas été possible d’analyser de manière pertinente les réponses des deux autres utilisateurs au questionnaire, car ceux-ci n’ont communiqué que les tableaux demandés et n’ont pas répondu aux autres questions.

(305)

L’un de ces utilisateurs a demandé que les mesures antidumping ne soient pas prorogées, faisant valoir que les capacités de production dans l’Union étaient limitées, que les niveaux actuels des prix de la mélamine mettaient en péril l’industrie des panneaux de particules et que, par conséquent, les importations pouvaient stabiliser la situation des prix et garantir l’approvisionnement. La Commission a rejeté cet argument. Les mesures en vigueur ne sont pas de nature à évincer les importations en provenance de Chine, comme le prouve la part de marché chinoise en 2021 et au cours de la période d’enquête de réexamen.

(306)

Par conséquent, la Commission a conclu qu’il n’y avait pas d’indication que le maintien des mesures aurait sur les utilisateurs et/ou importateurs des effets négatifs d’une telle ampleur qu’ils annuleraient les effets positifs des mesures.

6.4. Conclusion concernant l’intérêt de l’Union

(307)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a estimé qu’il n’existait aucune raison impérieuse de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures sur les importations de mélamine originaire de Chine.

7. MESURES ANTIDUMPING

(308)

Sur la base des conclusions établies par la Commission concernant la probabilité d’une continuation du dumping, la probabilité d’une réapparition du préjudice et l’intérêt de l’Union, il convient de maintenir les mesures antidumping applicables à la mélamine originaire de la République populaire de Chine.

(309)

Afin de réduire au minimum les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir l’application des prix minimaux à l’importation individuels. Les sociétés soumises à des prix minimaux à l’importation doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. La facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 4, du présent règlement. Les importations non accompagnées d’une telle facture devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés».

(310)

Si la présentation de cette facture est nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les prix minimaux à l’importation, elle n’est pas le seul élément à prendre en compte par les autorités douanières. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 4, du présent règlement, les autorités douanières des États membres doivent effectuer leurs contrôles habituels et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive des prix minimaux à l’importation est justifiée, conformément à la législation douanière.

(311)

Si le volume des exportations effectuées par l’une des sociétés bénéficiant des prix minimaux à l’importation augmente sensiblement après l’institution des mesures visées, cette augmentation peut être considérée, en tant que telle, comme une modification de la configuration du commerce résultant de l’institution de mesures au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, et si les conditions sont remplies, une enquête anticontournement peut être ouverte. Celle-ci examinera notamment la nécessité de supprimer les prix minimaux à l’importation et d’instituer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale.

(312)

Les prix minimaux à l’importation visés à l’article 1er, paragraphe 2, du présent règlement s’appliquent exclusivement aux importations du produit faisant l’objet du réexamen originaire de Chine et fabriqué par les entités juridiques citées. Il convient que les importations du produit faisant l’objet du réexamen qui a été fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas expressément mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris par les entités liées aux sociétés expressément mentionnées, soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés».

(313)

Les sociétés changeant ultérieurement de raison sociale peuvent solliciter l’application de ces taux de droit antidumping individuels. La demande doit être adressée à la Commission (134). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable. Si le changement de raison sociale de la société n’affecte pas le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement signalant le changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne.

(314)

Toutes les parties intéressées ont été informées des faits et considérations essentiels sur la base desquels la Commission avait l’intention de recommander le maintien des mesures existantes. Un délai a aussi été accordé à toutes les parties afin qu’elles puissent formuler leurs observations à la suite de cette information et demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur dans le cadre des procédures commerciales. Leurs arguments et observations ont été dûment pris en considération.

(315)

Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (135), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux d’intérêt devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne en vigueur le premier jour civil de chaque mois.

(316)

Le comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036 a rendu un avis favorable,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

1. Il est institué un droit antidumping définitif sur les importations de mélamine relevant actuellement du code NC 2933 61 00 et originaire de la République populaire de Chine.

2. Les taux du droit antidumping définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit pour le produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les sociétés énumérées ci-après:

Société

Prix minimal à l’importation (en EUR par tonne nette de produit)

Droit (en EUR par tonne nette de produit)

Code additionnel TARIC

Sichuan Golden-Elephant Sincerity Chemical Co., Ltd.

1 153

A 986

Shandong Holitech Chemical Industry Co., Ltd.

1 153

A 987

Henan Junhua Development Company, Ltd.

1 153

A 988

Toutes les autres sociétés

–

415

A 999

3. S’agissant des producteurs désignés nommément, le montant du droit antidumping définitif applicable au produit décrit au paragraphe 1 est égal à la différence entre le prix minimal à l’importation et le prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, dans tous les cas où ce dernier est inférieur au prix minimal à l’importation. Ces producteurs ne doivent s’acquitter d’aucun droit si le prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, est supérieur ou égal au prix minimal à l’importation correspondant.

4. L’application du prix minimal à l’importation fixé pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle figure la déclaration suivante, datée et signée par un responsable de l’entité établissant la facture identifié par son nom et sa fonction: «Je soussigné(e) certifie que le [volume] de mélamine vendu à l’exportation vers l’Union européenne et faisant l’objet de la présente facture a été fabriqué par [nom et adresse de la société] [code additionnel TARIC] en République populaire de Chine. Je déclare que les informations figurant dans la présente facture sont complètes et exactes». Si une telle facture fait défaut, le taux de droit fixé pour «toutes les autres sociétés» s’applique.

5. S’agissant des producteurs désignés nommément, en cas de dommage avant la mise en libre pratique des marchandises, lorsque le prix réellement payé ou à payer est calculé proportionnellement aux fins de la détermination de la valeur en douane conformément à l’article 131 du règlement d’exécution (UE) 2015/2447 de la Commission (136), le prix minimal à l’importation établi ci-dessus est réduit au prorata du prix réellement payé ou à payer. Le droit à acquitter est alors égal à la différence entre le prix minimal à l’importation réduit et le prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, réduit.

6. Pour toutes les autres sociétés, en cas de dommage subi par les marchandises avant la mise en libre pratique de celles-ci, lorsque le prix réellement payé ou à payer est calculé proportionnellement aux fins de la détermination de la valeur en douane conformément à l’article 131 du règlement d’exécution (UE) 2015/2447 de la Commission, le montant du droit antidumping, calculé sur la base des montants énoncés au paragraphe 2 ci-dessus, est réduit au prorata du prix réellement payé ou à payer.

Article 2

Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.

Article 3

Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 14 septembre 2023.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.

(2) Règlement d’exécution (UE) no 457/2011 du Conseil du 10 mai 2011 instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine (JO L 124 du 13.5.2011, p. 2).

(3) Règlement d’exécution (UE) 2017/1171 de la Commission du 30 juin 2017 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (JO L 170 du 1.7.2017, p. 62).

(4) Avis d’expiration prochaine de certaines mesures antidumping (JO C 396 du 30.9.2021, p. 12).

(5) Avis d’ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping applicables aux importations de mélamine originaire de la République populaire de Chine (JO C 252 du 1.7.2022, p. 6).

(6) Arrêt du Tribunal du 11 juillet 2017, Viraj Profiles Ltd/Conseil de l’Union européenne, T-67/14, EU:T:2017:481, point 98.

(7) Voir point 103 et graphique 1 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(8) https://tron.trade.ec.europa.eu/investigations/case-view?caseId=2609

(9) Voir note no 2.

(10) Document de travail des services de la Commission, «Significant Distortions in the Economy of the People’s Republic of China for the Purposes of the Trade Defence Investigations», 20 décembre 2017, SWD(2017) 483 final/2.

(11) Rapport, chapitre 2, p. 6 et 7.

(12) Rapport, chapitre 2, p. 10.

(13) Disponible (en anglais) à l’adresse suivante: www.npc.gov.cn/englishnpc/constitution2019/201911/1f65146fb6104dd3a2793875d19b5b29.shtml (consulté le 2 mai 2022).

(14) Rapport, chapitre 2, p. 20 et 21.

(15) Rapport, chapitre 3, p. 41, 73 et 74.

(16) Rapport, chapitre 6, p. 120 et 121.

(17) Rapport, chapitre 6, p. 122 à 135.

(18) Rapport, chapitre 7, p. 167 et 168.

(19) Rapport, chapitre 8, p. 169, 170, 200 et 201.

(20) Rapport, chapitre 2, p. 15 et 16; rapport, chapitre 4, p. 50 et 84; rapport, chapitre 5, p. 108 et 109.

(21) Voir http://www.hnzydhjt.com/ (consulté le 2 mai 2023).

(22) Voir https://www.sohu.com/a/427199857_120109837 (consulté le 2 mai 2023).

(23) Voir http://scaffi.com/news/2492.html (consulté le 2 mai 2023).

(24) Voir https://www.hnxlx.com.cn/About/subcompany/cid/155/id/87?btwaf=23932495 (consulté le 2 mai 2023).

(25) Voir https://aiqicha.baidu.com/company_detail_30432795595614 (consulté le 2 mai 2023).

(26) Voir https://aiqicha.baidu.com/company_detail_31950371346728 (consulté le 2 mai 2023).

(27) Ibidem.

(28) Voir http://www.jxgf.com/ (consulté le 2 mai 2023).

(29) Voir https://sichuan.scol.com.cn/ggxw/202209/58612536.html (consulté le 2 mai 2023).

(30) Voir https://www.sohu.com/a/575647079_120952561 (consulté le 2 mai 2023).

(31) Voir http://www.xjxlx.com.cn/ (consulté le 2 mai 2023).

(32) Voir http://www.xjxlx.com.cn/News/detail/fid/3/cid/470/id/5404.html (consulté le 2 mai 2023).

(33) Voir, par exemple, l’article 33 des statuts du PCC, l’article 19 du droit chinois des sociétés ou les orientations du bureau général du comité central du PCC sur le renforcement des travaux du front uni dans le secteur privé pour une nouvelle ère (voir la référence complète ci-dessous).

(34) Voir http://www.cpcif.org.cn/detail/40288043661e27fb01661e386a3f0001?e=1 (consulté le 2 mai 2023).

(35) Rapport, chapitre 5, p. 100 et 101.

(36) Rapport, chapitre 2, p. 26.

(37) Voir, par exemple, Blanchette, J., «Xi’s Gamble: The Race to Consolidate Power and Stave off Disaster», Foreign Affairs, vol. 100, no 4, juillet/août 2021, p. 10 à 19.

(38) Rapport, chapitre 2, p. 31 et 32.

(39) Disponible (en anglais) à l’adresse suivante: https://www.reuters.com/article/us-china-congress-companies-idUSKCN1B40JU (consulté le 2 mai 2023).

(40) «General Office of CCP Central Committee’ Guidelines on enhancing the United Front work in the private sector for the new era» (Orientations du bureau général du comité central du PCC sur le renforcement des travaux du front uni dans le secteur privé pour une nouvelle ère). Disponible à l’adresse suivante: www.gov.cn/zhengce/2020-09/15/content_5543685.htm (consulté le 15 novembre 2022).

(41) Financial Times (2020), «Chinese communist Party asserts more control over private enterprise», disponible à l’adresse suivante: https://on.ft.com/3mYxP4j (consulté le 2 mai 2023).

(42) Rapport, chapitres 14.1 à 14.3.

(43) Rapport, chapitre 4, p. 41, 42 et 83.

(44) 14e plan quinquennal sur les matières premières. Disponible à l’adresse suivante: https://www.miit.gov.cn/zwgk/zcwj/wjfb/tz/art/2021/art_2960538d19e34c66a5eb8d01b74cbb20.html (consulté le 2 mai 2023).

(45) Ibidem, section II.3.

(46) Ibidem, section IV.I.

(47) Ibidem, section VIII.1.

(48) 14e plan quinquennal sur le développement écologique de l’industrie. Disponible à l’adresse suivante: http://www.gov.cn/zhengce/zhengceku/2021-12/03/content_5655701.htm (miit.gov.cn) (consulté le 2 mai 2023).

(49) Ibidem, section III.2.

(50) Voir section I.1.39, ainsi que section I.1.56, de l’annexe du catalogue d’orientation, disponible à l’adresse suivante: www.gov.cn/xinwen/2019-11/06/5449193/files/26c9d25f713f4ed5b8dc51ae40ef37af.pdf (consulté le 2 mai 2023).

(51) Section III du catalogue d’orientation.

(52) 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique haut de gamme dans la province du Jiangsu. Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20210906/1175114.shtml (consulté le 2 mai 2023).

(53) Ibidem, section 2.2.2.

(54) 14e plan quinquennal sur le développement de l’industrie chimique dans la province du Shandong. Disponible à l’adresse suivante: https://huanbao.bjx.com.cn/news/20211201/1191133.shtml (consulté le 2 mai 2023).

(55) Ibidem, section III.4.

(56) Avis d’orientation sur la promotion d’un développement de haute qualité des industries pétrochimique et chimique dans le cadre du 14e plan quinquennal. Disponible à l’adresse suivante: http://www.gov.cn/zhengce/zhengceku/2022-04/08/content_5683972.htm#msdynttrid=WRmyf07ph0z74SHmXoOLKjRWl09BdZ4lGdYp9fiI9xU (consulté le 2 mai 2023).

(57) Ibidem, section I.3.

(58) Ibidem.

(59) Ibidem, section VIII.

(60) Communication de 2021 concernant l’efficacité de la signature et de l’exécution de contrats de fourniture de charbon à moyen et à long terme. Disponible à l’adresse suivante: http://www.gov.cn/zhengce/zhengceku/2020-12/09/content_5568450.htm (consulté le 2 mai 2023).

(61) Ibidem.

(62) Rapport, chapitre 6, p. 138 à 149.

(63) Rapport, chapitre 9, p. 216.

(64) Rapport, chapitre 9, p. 213 à 215.

(65) Rapport, chapitre 9, p. 209 à 211.

(66) Rapport, chapitre 13, p. 332 à 337.

(67) Rapport, chapitre 13, p. 336.

(68) Rapport, chapitre 13, p. 337 à 341.

(69) Rapport, chapitre 6, p. 114 à 117.

(70) Rapport, chapitre 6, p. 119.

(71) Rapport, chapitre 6, p. 120.

(72) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, 126 à 128 et 133 à 135.

(73) Voir document de politique officiel de la Commission de réglementation des banques et des assurances de Chine (CBIRC) du 28 août 2020: Plan d’action triennal pour l’amélioration de la gouvernance d’entreprise des secteurs de la banque et de l’assurance (2020-2022), disponible à l’adresse suivante: http://www.cbirc.gov.cn/cn/view/pages/ItemDetail.html?docId=925393&itemId=928 (consulté le 2 mai 2023). Le plan prévoit de «poursuivre la mise en œuvre de l’esprit insufflé par le discours-programme du secrétaire général Xi Jinping sur l’avancement de la réforme de la gouvernance d’entreprise du secteur financier». En outre, la section II du plan vise à promouvoir l’intégration organique de la direction du parti dans la gouvernance d’entreprise: «[n]ous ferons en sorte que l’intégration de la direction du parti dans la gouvernance d’entreprise soit plus systématique, normalisée et fondée sur des procédures […]. Les principales questions opérationnelles et de gestion doivent avoir été discutées par le comité du parti avant d’être décidées par le conseil d’administration ou la direction générale».

(74) Voir avis du CBIRC sur la méthode d’évaluation des performances des banques commerciales, publié le 15 décembre 2020. Disponible à l’adresse suivante: http://jrs.mof.gov.cn/gongzuotongzhi/202101/t20210104_3638904.htm (dernière consultation le 2 mai 2023).

(75) Voir document de travail du FMI intitulé «Resolving China’s Corporate Debt Problem», par Wojciech Maliszewski, Serkan Arslanalp, John Caparusso, José Garrido, Si Guo, Joong Shik Kang, W. Raphael Lam, T. Daniel Law, Wei Liao, Nadia Rendak, Philippe Wingender, Jiangyan, octobre 2016, WP/16/203.

(76) Rapport, chapitre 6, p. 121 et 122, 126 à 128 et 133 à 135.

(77) Voir OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE: Chine 2019, Éditions OCDE, Paris, p. 29. Disponible à l’adresse suivante: https://www.oecd-ilibrary.org (consulté le 2 mai 2023).

(78) Voir: http://www.gov.cn/xinwen/2020-04/20/content_5504241.htm (consulté le 2 mai 2023).

(79) Henan Haohua Junhua détient 81 % de Henan Junhua Development. Voir https://aiqicha.baidu.com/company_detail_31229783116721 (dernière consultation le 5 juin 2023).

(80) 14e plan quinquennal pour le développement économique et social national et les objectifs à long terme pour 2035. Disponible à l’adresse suivante: http://www.gov.cn/xinwen/2021-03/13/content_5592681.htm (consulté le 2 mai 2023).

(81) Ibidem, section 1.1.

(82) Cette méthode a été confirmée par le Tribunal dans son arrêt du 21 juin 2023, Guangdong Haomei New Materials et Guangdong King Metal Light Alloy Technology/Commission, T-326/21, EU:T:2023:347, point 104.

(83) Voir, par exemple, considérant 85 ci-dessus.

(84) Voir considérants 75 et 76 ci-dessus.

(85) Données ouvertes de la Banque mondiale — Revenu intermédiaire, tranche supérieure. Disponible à l’adresse suivante: https://data.worldbank.org/income-level/upper-middle-income (dernière consultation le 3 juillet 2023).

(86) Si le produit faisant l’objet du réexamen n’est pas fabriqué dans un pays présentant un niveau de développement semblable, la fabrication d’un produit relevant de la même catégorie générale et/ou du même secteur général que le produit soumis à l’enquête peut être envisagée.

(87) Points 59 et 60 et tableau 1 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(88) Section 5.2.3 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(89) Les matières premières ultimes utilisées dans la production de mélamine et d’engrais azotés sont le gaz naturel ou le charbon. L’ammoniac est fabriqué à partir de gaz naturel ou de charbon. Il peut ensuite être transformé en urée ou en acide nitrique. L’acide nitrique est utilisé pour produire du nitrate d’ammonium, qui est un engrais azoté. Il peut aussi être mélangé pour fabriquer d’autres types d’engrais azotés, par exemple la solution de nitrate d’ammonium et d’urée (ci-après «UNA»; mélange d’urée et de nitrate d’ammonium) ou l’ammonitrate granulé (mélange de nitrate d’ammonium et de calcium issu du calcaire). L’urée, additionnée d’ammoniac, peut aussi être utilisée pour produire de la mélamine. Les engrais azotés, l’urée et la mélamine sont souvent produits par les mêmes entreprises, verticalement intégrées.

(90) Disponible à l’adresse suivante: https://connect.ihsmarkit.com/gta/home (dernière consultation le 6 février 2023).

(91) Outil «Market Access Map» du Centre du commerce international. Disponible à l’adresse suivante: https://www.macmap.org/fr/query/customs-duties (dernière consultation le 5 avril 2023).

(92) Doing Business 2020. «Economy profile Turkey», p. 51. Disponible à l’adresse suivante: https://archive.doingbusiness.org/content/dam/doingBusiness/country/t/turkey/TUR.pdf (dernière consultation le 9 février 2023). «Commerce transfrontalier: méthodologie». Disponible à l’adresse suivante: https://archive.doingbusiness.org/fr/methodology/trading-across-borders (dernière consultation le 9 février 2023).

(93) Règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif au régime commun applicable aux importations de certains pays tiers (JO L 123 du 19.5.2015, p. 33). L’article 2, paragraphe 7, du règlement de base précise que les prix sur le marché intérieur de ces pays ne peuvent être utilisés aux fins de la détermination de la valeur normale.

(94) Global Trade Alert. Disponible à l’adresse suivante: https://www.globaltradealert.org/data_extraction (dernière consultation le 6 février 2023).

(95) Azerbaïdjan, Biélorussie, Corée du Nord, Turkménistan et Ouzbékistan.

(96) La CCCMC a utilisé la banque de données UN-COMTRADE.

(97) Voir l’annexe III de la note relative aux sources.

(98) Voir https://www.dgtr.gov.in/anti-dumping-cases/anti-dumping-investigation-concerning-imports-melamine-originating-or-exported (dernière consultation le 5 avril 2023).

(99) Les statistiques d’importation extraites du GTA sont disponibles à l’adresse suivante: https://connect.ihsmarkit.com/gta/home (dernière consultation le 4 avril 2023).

(100) Considérant 103 du règlement d’exécution (UE) 2023/809 de la Commission du 13 avril 2023 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains accessoires de tuyauterie en aciers inoxydables à souder bout à bout, finis ou non, originaires de la République populaire de Chine et de Taïwan à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures mené conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (JO L 101 du 14.4.2023, p. 22).

(101) «Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, I. Dönem: Ocak-Haziran 2022» (Prix de l’électricité et du gaz naturel, premier semestre: janvier – juin 2022), tableau 1. Disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Elektrik-ve-Dogal-Gaz-Fiyatlari-I.-Donem:-Ocak-Haziran-2022-45567 (dernière consultation le 20 janvier 2023).

(102) «Elektrik ve Doğal Gaz Fiyatları, I. Dönem: Ocak-Haziran 2022» (Prix de l’électricité et du gaz naturel, premier semestre: janvier – juin 2022), tableau 3. Disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Elektrik-ve-Dogal-Gaz-Fiyatlari-I.-Donem:-Ocak-Haziran-2022-45567 (dernière consultation le 20 janvier 2023).

(103) Disponible à l’adresse suivante: https://www.isu.gov.tr/sufiyatlari/ (dernière consultation le 30 janvier 2023).

(104) Voir https://www.icis.com/explore/commodities/chemicals/melamine/ (dernière consultation le 11 avril 2023).

(105) Voir, par exemple, https://www.weforum.org/agenda/2022/11/russia-ukraine-invasion-global-energy-crisis/ (dernière consultation le 9 juin 2023); https://blogs.worldbank.org/developmenttalk/energy-shock-could-sap-global-growth-years (dernière consultation le 9 juin 2023); https://www.reuters.com/business/energy/year-russia-turbocharged-global-energy-crisis-2022-12-13/ (dernière consultation le 9 juin 2023).

(106) Indice des prix à la consommation, mars 2023, tableau 2. Disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Bulten/Index?p=Consumer-Price-Index-March-2023-49652&dil=2 (dernière consultation le 11 avril 2023).

(107) La Commission reconnaît que l’évolution des prix de l’énergie observée chez Xinjiang XLX était fondée sur des coûts et des prix faussés. Étant donné que l’objectif du présent réexamen au titre de l’expiration des mesures n’est pas de calculer une marge de dumping précise, mais de déterminer si le dumping a continué, la Commission a jugé acceptable d’utiliser l’augmentation des prix de l’énergie subie par Xinjiang XLX comme indicateur prudent pour l’ajustement du coût non faussé de l’électricité et du gaz naturel.

(108) Disponible à l’adresse suivante: https://www.erieri.com/salary (dernière consultation le 6 février 2023).

(109) Disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Kategori/GetKategori?p=istihdam-issizlik-ve-ucret-108&dil=2 (dernière consultation le 6 février 2023).

(110) Tableau Monthly average labour cost and components by economic activity, 2020, disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Kategori/GetKategori?p=istihdam-issizlik-ve-ucret-108&dil=2 (dernière consultation le 6 février 2023).

(111) Nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/eurostat/documents/3859598/5902564/KS-RA-07-015-FR.PDF (dernière consultation le 6 février 2023).

(112) Tableau Labour COST Indices (2015 = 100) disponible à l’adresse suivante: https://data.tuik.gov.tr/Kategori/GetKategori?p=istihdam-issizlik-ve-ucret-108&dil=2 (dernière consultation le 6 février 2023).

(113) Disponible à l’adresse suivante: http://www.egegubre.com.tr/mali.html (dernière consultation le 7 février 2023).

(114) Disponible à l’adresse suivante: https://www.tekfen.com.tr/en/financial-statements-4-22 (dernière consultation le 7 février 2023).

(115) Disponible à l’adresse suivante: https://www.kap.org.tr/en/sirket-finansal-bilgileri/4028e4a240f2ef4701410810f53601c4 (dernière consultation le 7 février 2023).

(116) Voir les rapports d’audit relatifs aux périodes allant du 1er janvier au 31 décembre 2021 et du 1er janvier au 30 juin 2022, disponibles aux adresses suivantes: https://www.kap.org.tr/Bildirim/1004178 et https://www.kap.org.tr/tr/Bildirim/1056023 (dernière consultation le 28 juin 2023).

(117) Voir les rapports d’audit relatifs aux périodes allant du 1er janvier au 31 décembre 2021 et du 1er janvier au 30 juin 2022, disponibles aux adresses suivantes: https://www.kap.org.tr/tr/Bildirim/1007098 et https://www.kap.org.tr/tr/Bildirim/1057306 (dernière consultation le 28 juin 2023).

(118) Disponible à l’adresse suivante: https://connect.ihsmarkit.com/gta/home (dernière consultation le 22 février 2023).

(119) «Economy Profile China». Doing Business 2020, p. 84 et 88. Disponible à l’adresse suivante: https://archive.doingbusiness.org/content/dam/doingBusiness/country/c/china/CHN.pdf (dernière consultation le 22 février 2023).

(120) Section 5.3.1, annexes 8.1 et 8.2, de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Les annexes 8.1 et 8.2 comprennent le rapport Chemicals Economics Handbook — Melamine 2020 («rapport CEH») ainsi que le « Data Workbook » correspondant. Étant donné que le rapport CEH est couvert par des droits d’auteur tiers, les informations qui y figurent ainsi que celles du Data Workbook sont fournies sous la forme de fourchettes.

(121) Annexe 8.2 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Voir tableaux Chine-Producteurs et Chine-Capacités supplémentaires.

(122) «References list 2023». Disponible à l’adresse suivante: https://www.eurotecnica.it/images/PDF/reflist.pdf (dernière consultation le 12 avril 2023).

(123) Annexe 8.2 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Voir tableau Chine-Offre et demande.

(124) Disponible à l’adresse suivante: https://connect.ihsmarkit.com/gta/home (dernière consultation le 12 avril 2023).

(125) «Melamine From the People’s Republic of China: Antidumping Duty and Countervailing Duty Orders». Disponible à l’adresse suivante: https://www.federalregister.gov/documents/2015/12/28/2015-32632/melamine-from-the-peoples-republic-of-china-antidumping-duty-and-countervailing-duty-orders (dernière consultation le 10 mai 2023).

(126) «Communication du département de la défense du marché intérieur de la Commission économique eurasiatique relative à l’application de mesures antidumping à l’encontre de la mélamine originaire de la République populaire de Chine et importée sur le territoire douanier de l’Union économique eurasiatique». Disponible à l’adresse suivante: http://www.eurasiancommission.org/ru/act/trade/podm/investigations/PublicDocuments/AD34_notice_dated05042022.pdf (dernière consultation le 10 mai 2023).

(127) Annexe 8.2 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Voir les tableaux Consommation mondiale de mélamine par région et Consommation de mélamine en Europe centrale et orientale par pays.

(128) Par exemple, les prix à l’exportation chinois vers les six principaux marchés d’exportation se situaient approximativement entre 750 EUR/tonne et 850 EUR/tonne en 2015 et 2016. Source: Global Trade Atlas. Disponible à l’adresse suivante: https://my.ihs.com/ (dernière consultation le 28 juin 2023).

(129) En ce qui concerne le droit antidumping ajouté, les mesures consistent en des prix minimaux à l’importation pour trois producteurs-exportateurs et en un droit spécifique fixe pour tous les autres producteurs-exportateurs. Les importations des trois parties ayant des prix minimaux à l’importation étaient, si elles étaient supérieures au prix minimal, exemptes de droit antidumping, et les droits antidumping applicables aux importations effectuées en provenance de ces parties à des prix inférieurs aux prix minimaux à l’importation variaient en fonction de la valeur nette facturée avant l’importation. Il y a aussi eu des importations en provenance d’autres producteurs-exportateurs auxquels s’appliquait le droit spécifique résiduel de 415 EUR par tonne. Compte tenu de ce tableau contrasté, le montant des droits antidumping ajoutés a été établi sur la base des données relatives aux importations de mélamine communiquées par les États membres conformément à l’article 14, paragraphe 6, du règlement de base, étant donné que cet ensemble de données comprenait les montants payés.

(130) Extraction complète disponible sur TRON t23.002667.

(131) 93 345/(9/12) = 124 459. 124 459/64 673 = 192,4 %.

(132) 61 668/(9/12) = 82 223. 82 223/73 288 = 112,2 %.

(133) Référence TRON: t23.002400 du 23 mai 2023.

(134) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.

(135) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).

(136) Règlement d’exécution (UE) 2015/2447 de la Commission du 24 novembre 2015 établissant les modalités d’application de certaines dispositions du règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil établissant le code des douanes de l’Union (JO L 343 du 29.12.2015, p. 558).


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