| CELEX | 32024D0343 |
| Type | Décision |
| Date | mercredi 13 décembre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries L |
| 2024/343 | 22.1.2024 |
DÉCISION (UE) 2024/343 DE LA COMMISSION
du 13 décembre 2023
concernant la conformité des mesures correctrices présentées par le Luxembourg avec la décision d’exécution (UE) 2023/1336
[notifiée sous le numéro C(2023) 8560]
(Le texte en langue anglaise est le seul faisant foi.)
(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (CE) no 549/2004 du Parlement européen et du Conseil du 10 mars 2004 fixant le cadre pour la réalisation du ciel unique européen («règlement-cadre») (1), et notamment son article 11, paragraphe 3, point c),
vu le règlement d’exécution (UE) 2019/317 de la Commission du 11 février 2019 établissant un système de performance et de tarification dans le ciel unique européen et abrogeant les règlements d’exécution (UE) no 390/2013 et (UE) no 391/2013 (2), et notamment son article 15, paragraphe 7, deuxième alinéa,
considérant ce qui suit:
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
| (1) | À l’issue de l’examen détaillé prévu à l’article 15, paragraphe 3, du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission a constaté que les objectifs de performance en matière d’efficacité économique pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise étaient incompatibles avec les objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union pour la troisième période de référence (ci-après la «PR3»). |
| (2) | Par conséquent, en application de la décision d’exécution (UE) 2023/1336 de la Commission (3), la Belgique et le Luxembourg ont dû définir et communiquer à la Commission des mesures correctrices destinées à assurer la compatibilité entre leurs objectifs de performance en matière d’efficacité économique nationaux et les objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union pour la PR3. Ces mesures correctrices devaient être mises en place dans le cadre des projets de plans de performance finaux établis respectivement par la Belgique et le Luxembourg au niveau national. |
| (3) | Le 16 septembre 2023, le Luxembourg a présenté à la Commission, pour évaluation, une première version de son projet de plan de performance final comprenant des mesures correctrices. Après avoir procédé à la vérification du caractère complet du projet, la Commission a demandé au Luxembourg d’actualiser son projet de plan de performance final afin de le compléter en ce qui concerne certains éléments manquants et de corriger certaines lacunes constatées. La présente décision évalue la version actualisée du projet de plan de performance final comprenant des mesures correctrices (ci-après le «projet de plan de performance final») que le Luxembourg a soumise à la Commission le 3 novembre 2023. |
| (4) | L’organe d’évaluation des performances (ci-après l’«OEP»), qui assiste la Commission dans la mise en œuvre du système de performance conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (CE) no 549/2004, a présenté à la Commission un rapport sur l’évaluation du projet de plan de performance final comprenant des mesures correctrices du Luxembourg. |
| (5) | Le Luxembourg accepte à titre exceptionnel de renoncer à ses droits découlant de l’article 342 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, en liaison avec l’article 3 du règlement no 1 (4), et consent à ce que la présente décision soit adoptée et notifiée en anglais. |
ÉVALUATION DE LA COMMISSION
Champ d’application
| (6) | Conformément à l’article 15, paragraphe 7, premier alinéa, du règlement d’exécution (UE) 2019/317, les mesures correctrices énoncées dans le projet de plan de performance final doivent être évaluées afin de déterminer si elles sont suffisantes pour assurer la conformité avec les mesures correctrices figurant dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336 et ainsi garantir la compatibilité entre les objectifs de performance en matière d’efficacité économique pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise et les objectifs de performance à l’échelle de l’Union pour la PR3. Ces mesures correctrices ont été établies conjointement par la Belgique et le Luxembourg pour leur zone tarifaire commune. |
| (7) | La Commission note que les objectifs de performance en matière de sécurité, de capacité et d’environnement fixés dans le projet de plan de performance révisé restent inchangés dans le projet de plan de performance final. La Commission n’a pas soulevé d’inquiétudes quant à ces objectifs de performance dans sa décision d’exécution (UE) 2023/1336. Par conséquent, les objectifs de performance en matière de sécurité, de capacité et d’environnement devraient être considérés comme compatibles avec les objectifs de performance correspondants à l’échelle de l’Union. |
Mesures correctrices destinées à assurer la compatibilité entre les objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique et les objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union soumises à l’évaluation de la Commission
Mesures correctrices
| (8) | La Commission constate que le projet de plan de performance final comprend, en substance, les mesures correctrices suivantes à l’égard des prestataires de services de navigation aérienne concernés, à savoir skeyes et le centre de contrôle de l’espace aérien supérieur de Maastricht (ci-après «MUAC»):
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| (9) | Dans le cadre du projet de plan de performance final, la Belgique a chargé un consultant indépendant de procéder, au cours de l’été 2023, à un examen de conformité de skeyes et MUAC (ci-après l’«examen de conformité de skeyes et MUAC») au regard des constatations formulées par la Commission dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336. La Belgique a communiqué le rapport final de l’examen de conformité aux services de la Commission le 3 octobre 2023. Le Luxembourg indique que les mesures correctrices énoncées dans le projet de plan de performance final ont été élaborées en tenant compte des résultats de l’examen de conformité. |
Mesure correctrice A
| (10) | La mesure correctrice À consiste en une réduction en termes réels des coûts fixés de skeyes et MUAC pour les années 2023 et 2024. Cette mesure correctrice devrait entraîner une réduction totale des coûts pour 2023 de 12,9 millions d’EUR, exprimée en termes réels aux prix de 2017 (ci-après «euros de 2017») et une réduction totale des coûts pour 2024 de 9,1 millions d’EUR, exprimée en euros de 2017. |
| (11) | Le tableau suivant présente les effets de la mesure correctrice A sur les coûts fixés, ventilés entre skeyes et MUAC.
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| (12) | La Commission note que la mesure correctrice À contribue à la réduction globale de l’assiette des coûts pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise en 2023 et en 2024 et qu’elle engendre plus spécifiquement une réduction des coûts d’exploitation, notamment des frais de personnel et d’autres coûts d’exploitation, autant de skeyes que de MUAC, comme l’exige l’article 1er, paragraphe 2, de la décision d’exécution (UE) 2023/1336. |
Mesure correctrice B
| (13) | La mesure correctrice B porte sur le remboursement aux usagers de l’espace aérien de l’excédent de l’année civile 2022 résultant de la différence entre les coûts fixés et les coûts réels. Cet excédent correspond plus spécifiquement au solde entre les coûts fixés et les coûts réels liés aux frais de personnel et à d’autres coûts d’exploitation de skeyes et MUAC pour 2022. Les différences de coûts pour 2022 liées aux coûts d’amortissement et au coût du capital sont exclues du champ d’application de la mesure correctrice B, étant donné que ces différences sont soumises aux règles de partage du risque lié aux coûts énoncées à l’article 28, paragraphe 3, point a), et à l’article 28, paragraphe 4, du règlement d’exécution (UE) 2019/317. |
| (14) | La mesure correctrice B devrait produire des effets grâce à une réduction ponctuelle des coûts de 7,7 millions d’EUR (en euros de 2017) pour 2024, ventilée entre skeyes et MUAC conformément au tableau suivant:
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| (15) | La Commission note que la mesure correctrice B contribue à la réduction globale des coûts fixés de skeyes et MUAC pour 2024, comme l’exige l’article 1er, paragraphe 2, de la décision d’exécution (UE) 2023/1336. |
Mesure correctrice C
| (16) | La mesure correctrice C porte sur le remboursement aux usagers de l’espace aérien des dépenses en capital non utilisées au cours de la PR2 liées aux investissements reportés ou annulés dans des actifs immobilisés. |
| (17) | La Commission a constaté qu’au cours de la PR2, skeyes et MUAC ont reporté ou annulé plusieurs investissements prévus dans des actifs immobilisés qui faisaient partie du plan de performance de la PR2. Ces investissements ont été partiellement facturés aux usagers de l’espace aérien au titre de l’assiette des coûts de la PR2 pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise, alors que ces investissements n’ont pas été effectués et n’ont donc pas apporté les avantages opérationnels escomptés. Au titre de la décision d’exécution (UE) 2023/1336, la Commission a donc demandé aux autorités nationales de surveillance de la Belgique et du Luxembourg de vérifier que les coûts facturés au cours de la PR2 pour les investissements annulés ou reportés dans des actifs immobilisés n’avaient pas été facturés deux fois aux usagers de l’espace aérien dans le cas où ces investissements se seraient concrétisés ultérieurement. |
| (18) | Dans le projet de plan de performance final, le Luxembourg indique que l’examen de conformité de skeyes et MUAC mené par la Belgique a révélé que certains montants compris dans l’assiette des coûts de la PR3 devaient en effet être remboursés aux usagers afin d’éviter une double facturation des investissements annulés ou reportés au cours de la PR2. À cet effet, il convient d’appliquer une réduction ponctuelle des coûts pour 2024 de 6,1 millions d’EUR (en euros de 2017), ventilée entre skeyes et MUAC conformément au tableau suivant:
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| (19) | En ce qui concerne skeyes, la Commission constate que la mesure correctrice C n’entraîne qu’un remboursement partiel des coûts inutilisés facturés aux usagers au cours de la PR2 pour les investissements annulés ou reportés dans des actifs immobilisés. D’après l’analyse réalisée par l’OEP et mentionnée dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, skeyes a facturé un total de 7,8 millions d’EUR au cours de la PR2 pour des investissements qui ne se sont pas concrétisés pendant cette période de référence. |
| (20) | La Commission note toutefois que la mesure correctrice C contribue à la réduction globale des coûts fixés de skeyes et MUAC pour 2024, comme l’exige l’article 1er, paragraphe 2, de la décision d’exécution (UE) 2023/1336. |
Objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique
| (21) | Le tableau suivant présente les objectifs de performance en matière d’efficacité économique des services en route pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise pour la PR3, compris dans le projet de plan de performance révisé, ainsi que les objectifs de performance révisés correspondants figurant dans le projet de plan de performance final.
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| (22) | La Commission constate que le Luxembourg a révisé à la baisse ses objectifs de performance en matière d’efficacité économique pour 2023 et 2024 dans le projet de plan de performance final. Cette révision à la baisse représente une réduction approximative du coût unitaire fixé (ci-après «DUC») de 4,1 % pour 2023 et de 10,7 % pour 2024. La Commission note que les valeurs de référence pour 2014 et 2019 sont restées inchangées dans le projet de plan de performance final par rapport au projet de plan de performance révisé. |
| (23) | Les prévisions de trafic sur lesquelles reposent les objectifs de performance en matière d’efficacité économique pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise ont été actualisées dans le projet de plan de performance final et sont conformes aux prévisions de trafic de base du service STATFOR d’Eurocontrol de mars 2023. Le tableau suivant contient les hypothèses de trafic, qui ont été revues à la baisse pour 2023 (avec un effet négatif sur le DUC) et revues à la hausse pour 2024 (avec un effet positif sur le DUC).
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Coûts fixés pour les années civiles 2023 et 2024
| (24) | Les coûts fixés révisés en termes réels, exprimés en euros de 2017, pour les années civiles 2023 et 2024, résultant de l’application des mesures correctrices mentionnées aux considérants 8 à 19 et d’autres ajustements appliqués dans le projet de plan de performance final, figurent dans le tableau suivant:
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| (25) | Par rapport au projet de plan de performance révisé, les effets combinés des mesures correctrices énoncées dans le projet de plan de performance final sur l’assiette des coûts de la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise s’élèvent à –12,8 millions d’EUR (en euros de 2017) pour 2023 et à –22,7 millions d’EUR (en euros de 2017) pour 2024. En outre, les ajustements apportés aux assiettes de coûts de l’Administration de la navigation aérienne du Luxembourg et des autorités nationales de surveillance de la Belgique et du Luxembourg entraînent des réductions de coûts résiduels supplémentaires de 0,3 million d’EUR (en euros de 2017) pour 2023 et de 0,2 million d’EUR (en euros de 2017) pour 2024. |
| (26) | Dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, la Commission a conclu que les coûts fixés pour l’Administration de la navigation aérienne du Luxembourg et pour les autorités nationales de surveillance de la Belgique et du Luxembourg ne suscitaient pas d’inquiétude. Les constatations correspondantes formulées dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336 restent valables, étant donné qu’aucune modification majeure n’a été apportée au projet de plan de performance final concernant ces éléments de coût. |
Évaluation des objectifs de performance révisés
Évaluation des objectifs de performance révisés sur la base des critères d’évaluation définis à l’annexe IV, points 1.4 a), b) et c), du règlement d’exécution (UE) 2019/317
| (27) | La Commission a évalué la compatibilité des objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique figurant dans le projet de plan de performance final au regard des critères définis à l’annexe IV, points 1.4 a), b) et c), du règlement d’exécution (UE) 2019/317. |
| (28) | En ce qui concerne le critère fixé à l’annexe IV, point 1.4 a), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission observe que la tendance du DUC pour les services en route au niveau de la zone tarifaire de –0,9 % au cours de la PR3 dépasse la tendance à l’échelle de l’Union de + 1,0 % au cours de la même période. |
| (29) | En ce qui concerne le critère fixé à l’annexe IV, point 1.4 b), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission observe que la tendance du DUC pour les services en route à long terme au niveau de la zone tarifaire au cours de la PR2 et de la PR3 de –0,2 % est inférieure à la tendance à l’échelle de l’Union à long terme de –1,3 % au cours de la même période. |
| (30) | En ce qui concerne le critère fixé à l’annexe IV, point 1.4 c), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission observe que la valeur de référence pour le DUC de la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise de 83,26 EUR (en euros de 2017) est supérieure de 13,2 % à la valeur de référence moyenne de 73,53 EUR (en euros de 2017) du groupe comparatif pertinent. |
Évaluation des mesures liées à la capacité invoquées par le Luxembourg pour justifier les écarts observés par rapport aux tendances en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union
| (31) | Il convient d’examiner si les écarts par rapport aux critères définis à l’annexe IV, points 1.4 b) et c), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, mentionnés aux considérants 29 et 30, peuvent être jugés nécessaires et proportionnés conformément au point 1.4 d) de ladite annexe, à condition que l’écart observé par rapport à la tendance du DUC à long terme à l’échelle de l’Union soit uniquement dû à des coûts fixés supplémentaires liés à des mesures nécessaires à la réalisation des objectifs de performance dans le domaine de performance clé de la capacité. |
| (32) | Eu égard aux calculs effectués par l’OEP, la Commission note que la différence estimée entre les coûts fixés pour la PR3 dans le projet de plan de performance final pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise pour 2024 et les coûts fixés requis pour atteindre la tendance du DUC à long terme à l’échelle de l’Union est d’environ 19,4 millions d’EUR (en euros de 2017). |
| (33) | S’agissant du critère d’évaluation énoncé à l’annexe IV, point 1.4 d) i), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission constate que le projet de plan de performance final contient sept mesures pour la réalisation des objectifs de capacité (ci-après les «mesures liées à la capacité»), qui sont considérées par le Luxembourg comme nécessaires à la réalisation des objectifs de capacité et qui, d’après le Luxembourg, justifieraient les écarts entre les objectifs de performance en matière d’efficacité économique au niveau local et ceux à l’échelle de l’Union. Deux d’entre elles concernent skeyes (ci-après les «mesures no 1 et no 2») et cinq concernent MUAC (ci-après les «mesures no 3 à no 7»). La Commission a déjà évalué ces mesures liées à la capacité, telles qu’elles étaient exposées dans le projet de plan de performance révisé, dans le cadre de l’examen détaillé évoqué au considérant 1. Les constatations correspondantes ont été formulées dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336. |
| (34) | Les mesures no 3 à no 7 restent inchangées dans le projet de plan de performance final. Les constatations formulées par la Commission lors de l’examen détaillé à propos de ces mesures restent donc valables. Par conséquent, les mesures no 3 à no 7 sont jugées nécessaires et proportionnées en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité, sur la base des constatations détaillées formulées dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336. En revanche, les mesures no 1 et no 2 ont été modifiées dans le projet de plan de performance final. Ces mesures doivent donc être réévaluées. |
Évaluation de la mesure no 1 modifiée
| (35) | La mesure no 1 comprend le recrutement et la formation de contrôleurs de la circulation aérienne (ci-après «ATCO») par skeyes afin de maintenir des niveaux adéquats de personnel de contrôle de la circulation aérienne au cours de la PR3 et de la quatrième période de référence (ci-après la «PR4»). |
| (36) | La Commission a déjà conclu, dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, que la mesure no 1 est nécessaire à la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité au niveau local. Toutefois, la Commission a estimé que la Belgique, qui est responsable de la surveillance de skeyes et de son assiette de coûts, n’avait pas justifié, dans le projet de plan de performance révisé, l’intégralité des coûts prétendument engagés dans le cadre de la mesure no 1. Une partie des coûts de la mesure no 1 a ainsi été jugée injustifiée au regard de la réalisation des objectifs de capacité, la Belgique n’ayant pas expliqué ces coûts lors de l’examen détaillé mentionné au considérant 1, notamment en ce qui concerne l’effet prétendu de l’inflation sur les coûts. |
| (37) | La Commission note que les estimations de coûts relatifs à la mesure no 1 ont été revues à la hausse dans le projet de plan de performance final pour 2023 et 2024. Cette hausse a été justifiée par les frais de personnel supportés par skeyes pour la rémunération des ATCO stagiaires pour les services en route. Le projet de plan de performance final indique que ces coûts n’avaient pas été inclus, par erreur, dans les coûts de la mesure no 1 dans les précédents projets de plans de performance présentés pour la PR3. |
| (38) | Sur la base des informations contenues dans le projet de plan de performance final, les frais de personnel supplémentaires évoqués au considérant 37 sont directement liés aux mesures de renforcement de la capacité prises au titre de la mesure no 1 que la Commission a déjà jugées pertinentes, dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité au niveau local. Ces frais de personnel supplémentaires devraient également être considérés comme proportionnés à l’objectif consistant à ce que skeyes puisse assurer la fourniture sûre et continue de la capacité requise de contrôle de la circulation aérienne au cours de la PR3. Il convient donc, pour la mesure no 1, d’inclure ces frais de personnel dans le calcul des coûts jugés nécessaires et proportionnés en vue de la réalisation des objectifs de capacité. |
| (39) | Pour tous les autres aspects de la mesure no 1, les conclusions formulées dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336 sont maintenues, étant donné que le projet de plan de performance final ne contient aucun argument ni aucune preuve demandant une réouverture de l’analyse de la Commission. |
Évaluation de la mesure no 2 modifiée
| (40) | La mesure no 2 concerne la modernisation par skeyes de son système de gestion du trafic aérien (ci-après «ATM») afin de soutenir l’intégration des services de navigation aérienne civils et militaires et d’améliorer les performances en matière de capacité et l’efficacité opérationnelle. |
| (41) | Dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, la Commission a noté que la mesure no 2 contenait deux éléments: la modernisation à mi-vie du système ATM actuel de skeyes et le remplacement, à long terme, de ce système ATM par un système de gestion de l’espace aérien unique, intégré et harmonisé, qui sera mis en place avec MUAC et la Défense belge dans le cadre du projet «Shared Air Traffic Services System 3» (ci-après le «projet SAS 3»). La Commission a toutefois constaté, à la lumière des informations crédibles alors disponibles, qu’il existait de sérieux doutes quant à la mise en œuvre effective du projet SAS 3. En outre, la Commission a exclu certains coûts présentés au titre de la mesure no 2 des coûts supplémentaires jugés nécessaires et proportionnés en vue de la réalisation des objectifs de capacité et justifiant ainsi un écart par rapport aux objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union. |
| (42) | La Commission constate que la mesure no 2 a été modifiée dans le projet de plan de performance final, autant au niveau de son contenu qu’au niveau des coûts. D’une part, il a été confirmé que la modernisation prévue à mi-vie du système ATM aurait lieu en 2023-2024 à titre de mesure transitoire, avant le déploiement d’un nouveau système ATM, qui devrait entrer en service à la fin de la PR4. D’autre part, il a été reconnu que le projet SAS 3, dont l’objectif était de mettre au point le nouveau système ATM, a été suspendu car «les risques du projet en matière de portée et de planification étaient trop élevés pour skeyes». Selon le projet de plan de performance final, «skeyes mène actuellement des discussions avec la Défense belge sur la meilleure voie à suivre pour la modernisation du système, qui sera commandée en 2028». Toutefois, le projet de plan de performance final ne propose aucune solution pour remplacer ou modifier le projet SAS 3. |
| (43) | La Commission note également que les coûts relatifs à la mesure no 2 ont été modifiés pour 2023 et 2024 dans le projet de plan de performance final. Ces coûts ont été revus à la baisse à la lumière des dernières informations sur les investissements prévus dans le système ATM. |
| (44) | Sur la base de l’analyse des informations et arguments actualisés présentés dans le projet de plan de performance final, la Commission maintient, pour la mesure no 2, les conclusions formulées dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336. Il va sans dire que l’inclusion de tout coût lié au futur nouveau système ATM, que ce soit dans le cadre du projet SAS 3 ou de toute autre solution technique à choisir par skeyes, serait prématurée, étant donné que la décision d’investissement correspondante n’a pas été prise et que l’investissement n’est pas prévu avant la fin de la PR4. En outre, la Commission réitère son observation selon laquelle seuls les coûts d’amortissement et le coût du capital directement liés aux investissements dans la modernisation ou le remplacement d’un système ATM peuvent être pris en compte pour justifier les écarts par rapport aux objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union. |
| (45) | Par conséquent, en ce qui concerne les coûts supplémentaires jugés nécessaires et proportionnés en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité, les coûts à prendre en compte dans le cadre de la mesure no 2 sont ceux liés aux coûts d’amortissement et au coût du capital supportés pour la modernisation à mi-vie du système ATM de skeyes, comme le précise la décision d’exécution (UE) 2023/1336. |
Conclusions relatives aux mesures liées à la capacité invoquées par la Belgique et le Luxembourg pour justifier les écarts observés par rapport aux tendances à l’échelle de l’Union en matière d’efficacité économique
| (46) | En ce qui concerne le critère énoncé à l’annexe IV, point 1.4 d) i), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, la Commission conclut, sur la base des constatations formulées aux considérants 31 à 45, que les coûts présentés dans le projet de plan de performance final pour les mesures no 1 et no 2 sont partiellement nécessaires et proportionnés en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité, tandis que, pour les mesures no 3 à no 7, les coûts présentés sont pleinement nécessaires et proportionnés en vue de la réalisation de ces objectifs. |
| (47) | Eu égard à l’analyse effectuée par l’OEP, le tableau suivant indique l’incidence financière calculée des mesures liées à la capacité sur la tendance du DUC pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise pour l’année concernée, à savoir 2024:
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| (48) | Les mesures liées à la capacité indiquées dans le tableau figurant au considérant 52 représentaient un excédent total de 19,5 millions d’EUR (en euros de 2017) par rapport à l’assiette des coûts de 2024. Par conséquent, l’écart observé de 19,4 millions d’EUR (en euros de 2017) par rapport à la tendance du DUC à long terme à l’échelle de l’Union, tel qu’exposé au considérant 32, devrait être considéré comme pleinement justifié par les coûts fixés supplémentaires relatifs aux mesures liées à la capacité présentées dans le projet de plan de performance final. |
| (49) | La Commission conclut dès lors que le critère prévu à l’annexe IV, point 1.4 d) i), du règlement d’exécution (UE) 2019/317 est rempli. |
Conclusion relative à l’évaluation des mesures correctrices destinées à assurer la compatibilité entre les objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique et les objectifs de performance en matière d’efficacité économique à l’échelle de l’Union
| (50) | Sur la base des constatations formulées aux considérants 6 à 49, la Commission conclut que les mesures correctrices énoncées dans le projet de plan de performance final entraînent une réduction des coûts fixés pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise. Les objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique devraient dès lors être considérés comme compatibles avec les objectifs de performance à l’échelle de l’Union pour la PR3. |
Examen des mécanismes incitatifs visés à l’article 11 du règlement d’exécution (UE) 2019/317
| (51) | Dans la décision d’exécution (UE) 2023/1336, la Commission a conclu que le Luxembourg devait réviser ses mécanismes incitatifs en vue d’atteindre les objectifs de capacité en route et pour les services terminaux de manière que le désavantage financier maximal découlant de ces mécanismes incitatifs ait une incidence significative sur les revenus exposés au risque. La Commission constate que le Luxembourg n’a toutefois pas modifié ses mécanismes incitatifs dans le projet de plan de performance final. |
| (52) | La Commission conclut, dès lors, que les mécanismes incitatifs relatifs à la capacité en route et pour les services terminaux établis par le Luxembourg dans le projet de plan de performance final continuent de susciter des préoccupations. Par conséquent, la Commission réitère son point de vue selon lequel le Luxembourg devrait, dans le cadre de l’adoption de son plan de performance final conformément à l’article 16, point a), du règlement d’exécution (UE) 2019/317, réviser ses mécanismes incitatifs en vue d’atteindre les objectifs de capacité en route et pour les services terminaux, de manière que le désavantage financier maximal découlant de ces mécanismes incitatifs se situe à un niveau ayant une incidence significative sur les revenus exposés au risque, comme l’exige l’article 11, paragraphe 3, point a), du règlement d’exécution (UE) 2019/317. Selon la Commission, cette révision devrait entraîner un désavantage financier maximal égal ou supérieur à 1 % des coûts fixés annuels. |
CONCLUSION
| (53) | Les mesures correctrices relatives aux objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique pour la zone tarifaire belgo-luxembourgeoise figurant dans le projet de plan de performance final devraient être considérées comme conformes à la décision d’exécution (UE) 2023/1336. Dans le prolongement de ces mesures correctrices, les objectifs de performance révisés en matière d’efficacité économique devraient être considérés comme compatibles avec les objectifs de performance correspondants à l’échelle de l’Union pour la PR3. |
| (54) | La Commission note que le Luxembourg n’a toutefois pas remédié, dans le cadre de son projet de plan de performance final, aux problèmes suivants liés aux constatations formulées par la Commission lors de l’examen détaillé mentionné au considérant 1:
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| (55) | Par conséquent, la Commission conclut que le Luxembourg devrait traiter sans tarder les constatations formulées au considérant 54. Cette conclusion s’entend sans préjudice de toute procédure d’infraction que la Commission pourrait engager en lien avec ces constatations, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
Les mesures correctrices énoncées dans le projet de plan de performance final soumis par le Luxembourg à la Commission le 3 novembre 2023, en application du règlement (CE) no 549/2004, relatives à ses objectifs de performance en matière d’efficacité économique pour la troisième période de référence, sont conformes à la décision d’exécution (UE) 2023/1336.
Les objectifs de performance contenus dans le projet de plan de performance final soumis par le Luxembourg le 3 novembre 2023 et énumérés en annexe de la présente décision sont compatibles avec les objectifs de performance à l’échelle de l’Union pour la troisième période de référence définis dans la décision d’exécution (UE) 2021/891 de la Commission (8).
Article 2
Le Grand-Duché de Luxembourg est destinataire de la présente décision.
Fait à Bruxelles, le 13 décembre 2023.
Par la Commission
Adina-Ioana VĂLEAN
Membre de la Commission
(1) JO L 96 du 31.3.2004, p. 1. ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2004/549/oj.
(2) JO L 56 du 25.2.2019, p. 1. ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2019/317/oj.
(3) Décision d’exécution (UE) 2023/1336 de la Commission du 16 juin 2023 concernant les mesures correctrices à prendre par la Belgique et le Luxembourg relativement à certains objectifs de performance pour la troisième période de référence conformément au règlement (CE) no 549/2004 du Parlement européen et du Conseil (JO L 166 du 30.6.2023, p. 119. ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2023/1336/oj).
(4) Règlement no 1 portant fixation du régime linguistique de la Communauté économique européenne (JO 17 du 6.10.1958, p. 385/58. ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/1958/1(1)/oj).
(5) Calculs fondés sur l’indice d’inflation actualisé utilisé dans le projet de plan de performance final.
(6) Montant révisé reflétant la part des coûts de la mesure no 1 que la Commission a jugée nécessaire et proportionnée en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité au niveau local, conformément aux considérants 38 et 39.
(7) Montant reflétant la part des coûts de la mesure no 2 que la Commission a jugée nécessaire et proportionnée en vue de la réalisation des objectifs de performance en matière de capacité au niveau local, conformément au considérant 56. Ce montant n’a pas changé à la suite de la décision d’exécution (UE) 2023/1336.
(8) Décision d’exécution (UE) 2021/891 de la Commission du 2 juin 2021 fixant les objectifs de performance révisés à l’échelle de l’Union pour le réseau de gestion du trafic aérien pour la troisième période de référence (2020-2024) et abrogeant la décision d’exécution (UE) 2019/903 (JO L 195 du 3.6.2021, p. 3. ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2021/891/oj).
ANNEXE
Objectifs de performance contenus dans le projet de plan de performance final présenté par le Luxembourg en application du règlement (CE) no 549/2004, jugés compatibles avec les objectifs de performance à l’échelle de l’Union pour la troisième période de référence
DOMAINE DE PERFORMANCE CLÉ DE LA SÉCURITÉ
Efficacité de la gestion de la sécurité
| Luxembourg | Objectifs relatifs à l’efficacité de la gestion de la sécurité, exprimés en termes de niveau de réalisation, allant des niveaux A à D de l’Agence européenne de la sécurité aérienne | ||
| Prestataire de services de navigation aérienne concerné | Objectif en matière de gestion de la sécurité | 2023 | 2024 |
| Administration de la navigation aérienne du Luxembourg | Politique et objectifs de sécurité | C | C |
| Gestion des risques pour la sécurité | D | D | |
| Assurance de la sécurité | C | C | |
| Promotion de la sécurité | C | C | |
| Culture de la sécurité | C | C | |
| MUAC | Politique et objectifs de sécurité | C | C |
| Gestion des risques pour la sécurité | D | D | |
| Assurance de la sécurité | C | C | |
| Promotion de la sécurité | C | C | |
| Culture de la sécurité | C | C | |
DOMAINE DE PERFORMANCE CLÉ DE L’ENVIRONNEMENT
Efficacité horizontale moyenne des vols en route de la trajectoire réelle
| Luxembourg | 2023 | 2024 |
| Objectifs dans le domaine de performance clé de l’environnement, exprimés en termes d’efficacité horizontale moyenne des vols en route de la trajectoire réelle | 3,00 % | 3,00 % |
DOMAINE DE PERFORMANCE CLÉ DE LA CAPACITÉ
Retard ATFM moyen en route en minutes par vol
| Luxembourg | 2023 | 2024 |
| Objectifs de performance dans le domaine de performance clé de la capacité, exprimés en minutes de retard ATFM par vol | 0,17 | 0,17 |
DOMAINE DE PERFORMANCE CLÉ DE L’EFFICACITÉ ÉCONOMIQUE
Coût unitaire fixé pour les services de navigation aérienne en route
| Zone tarifaire de route belgo-luxembourgeoise | Valeur de référence 2014 | Valeur de référence 2019 | 2020-2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
| Objectifs d’efficacité économique des services en route, exprimés en coût unitaire fixé pour les services en route (en termes réels en euros de 2017) | 81,78 EUR | 83,26 EUR | 189,52 EUR | 104,47 EUR | 90,34 EUR | 80,26 EUR |
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2024/343/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Décision (UE) 2024/210
30/12/2023
Décision d’exécution (PESC) 2023/2906 du Conseil du 21 décembre 2023 mettant en œuvre la décision 2010/788/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en République démocratique du Congo
21/12/2023
Décision (UE) 2023/1575
21/12/2023
Décision (UE) 2023/2921 du Conseil du 21 décembre 2023 établissant la position à prendre, au nom de l’Union européenne, au sein du conseil de partenariat institué par l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part, en ce qui concerne les règles transitoires spécifiques aux produits pour les accumulateurs électriques et les véhicules électriques
21/12/2023