Décision (PESC) 2025/2040 du Conseil du 23 octobre 2025 modifiant la décision 2012/642/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Biélorussie et de l’implication de la Biélorussie dans l’agression russe contre l’Ukraine
| CELEX | 32025D2040 |
| Type | Décision |
| Date | jeudi 23 octobre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série L |
| 2025/2040 | 23.10.2025 |
DÉCISION (PESC) 2025/2040 DU CONSEIL
du 23 octobre 2025
modifiant la décision 2012/642/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Biélorussie et de l’implication de la Biélorussie dans l’agression russe contre l’Ukraine
LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur l'Union européenne, et notamment son article 29,
vu la proposition du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 15 octobre 2012, le Conseil a adopté la décision 2012/642/PESC (1). |
| (2) | Le 24 février 2022, le président de la Fédération de Russie a annoncé une opération militaire en Ukraine et les forces armées russes ont lancé une attaque contre l'Ukraine, y compris à partir du territoire de la Biélorussie. Cette attaque a constitué une violation flagrante de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et de l'indépendance de l'Ukraine. |
| (3) | Dans ses conclusions du 19 février 2024, le Conseil a condamné vigoureusement le soutien que ne cesse d'apporter le régime biélorusse à la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine et a invité la Biélorussie à s'abstenir de toute action de ce type et à respecter ses obligations internationales. |
| (4) | Compte tenu de la gravité de la situation, et en réaction à la poursuite de l'implication de la Biélorussie dans l'agression de la Russie contre l'Ukraine, il y a lieu d'instaurer des mesures restrictives supplémentaires. |
| (5) | En particulier, il convient d'étendre la liste des articles qui seraient susceptibles de contribuer au renforcement militaire et technologique de la Biélorussie ou au développement de son secteur de la défense et de la sécurité, en y inscrivant des articles utilisés par la Russie dans sa guerre d'agression contre l'Ukraine et des articles qui contribuent au développement ou à la production des systèmes militaires de la Biélorussie, y compris les composants électroniques, les télémètres, des produits chimiques supplémentaires utilisés dans la préparation des propergols, et des métaux, oxydes et alliages supplémentaires utilisés dans la fabrication de systèmes militaires. |
| (6) | Il y a également lieu d'étendre la liste des biens faisant l'objet de restrictions à l'exportation qui seraient susceptibles de contribuer au renforcement des capacités industrielles biélorusses, tels que les sels et les minerais, les articles en caoutchouc, les tubes, les pneus, les meules et les matériaux de construction. |
| (7) | En outre, il y a lieu d'imposer de nouvelles restrictions à la fourniture, à la République de Biélorussie, à son gouvernement, à ses organismes, entreprises ou agences publics ou à toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme agissant pour leur compte ou sur leurs instructions, de logiciels ayant certaines utilisations dans le secteur bancaire et financier et de services qui contribuent à renforcer les capacités technologiques de la Biélorussie, à savoir la fourniture de certains services spatiaux commerciaux, de certains services d'intelligence artificielle et de services de calcul à haute performance et d'informatique quantique. De plus, il est pertinent d'élargir le champ d'application des restrictions actuelles afin de couvrir non seulement les essais techniques et analyses, classés dans la classe 8676 de la classification centrale des produits (CCP) telle qu'établie dans les documents statistiques du Bureau de statistique des Nations Unies, série M, no 77, CPC prov., 1991, mais aussi d'autres services qui constituent le groupe 867 de la classification centrale des produits. Ces services, tels qu'ils sont classés dans la classe 8675, comprennent notamment les services de consultations scientifiques et techniques liées à l'ingénierie suivants: prospection géologique, géophysique et autres services de prospection scientifiques, souterraine, de surface et d'établissement de cartes. |
| (8) | Compte tenu de la poursuite de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, dans laquelle la Biélorussie est impliquée, tout autre service fourni à la République de Biélorussie, son gouvernement ou ses organismes, entreprises ou agences publics devrait être évalué ex ante par une autorité compétente, afin de réduire le risque qu'un service participe à la capacité militaire, technologique ou industrielle de la Biélorussie. Il y a donc lieu d'introduire une exigence d'autorisation préalable par l'autorité compétente pour tout service fourni à la République de Biélorussie, son gouvernement ou ses organismes, entreprises ou agences publics qui ne fait pas encore l'objet des mesures restrictives prévues dans la décision 2012/642/PESC. |
| (9) | Il y a également lieu d'imposer des restrictions à la fourniture de services sur crypto-actifs, à la fourniture des services de paiement visés aux points 5 et 7 de l'annexe I de la directive (UE) 2015/2366 du Parlement européen et du Conseil (2) aux ressortissants biélorusses, aux personnes physiques résidant en Biélorussie et aux personnes morales, entités ou organismes établis en Biélorussie, ainsi qu'à l'émission de monnaie électronique en leur faveur, compte tenu de l'importance de ces services pour le développement des secteurs biélorusses des technologies financières et du commerce électronique et du risque d'utilisation des services sur crypto-actifs pour contourner les mesures restrictives. Ces restrictions ne s'étendent pas à l'exécution d'opérations de paiement visée aux points 3 et 4 de l'annexe I de la directive (UE) 2015/2366. Les restrictions relatives à la fourniture de services de paiement ne devraient pas s'entendre comme imposant aux prestataires de services d'initiation de paiement de déterminer la nationalité, le lieu de résidence ou le lieu d'établissement des utilisateurs de services de paiement pour chaque opération, ou aux acquéreurs d'opérations de paiement de procéder, par rapport aux sanctions, à un contrôle des différentes opérations de paiement liées à une carte. La responsabilité première du respect des sanctions en ce qui concerne l'exécution d'opérations de paiement incombe au prestataire de services de paiement gestionnaire du compte. Les restrictions à la fourniture de services sur crypto-actifs sont également contraignantes pour les prestataires de services sur crypto-actifs opérant sous le régime transitoire défini à l'article 143, paragraphe 3, du règlement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil (3). |
| (10) | En outre, il y a également lieu d'ajouter des exemptions nécessaires à des fins humanitaires, pour l'exportation, la vente, la fourniture, le transfert ou le transport de produits pharmaceutiques, médicaux, agricoles ou alimentaires, pour garantir l'accès à des procédures judiciaires, administratives ou arbitrales dans un État membre, ainsi que pour la reconnaissance ou l'exécution d'un jugement ou d'une sentence arbitrale rendus dans un État membre. Ces exemptions et dérogation sont sans préjudice de l'interdiction frappant les opérateurs dans l'Union de fournir des services de messagerie financière aux entités inscrites sur la liste de l'annexe V de la décision 2012/642/PESC. |
| (11) | Afin de réduire davantage les recettes de la Biélorussie, il est pertinent d'étendre à tous les hydrocarbures acycliques l'interdiction d'achat, d'importation ou de transfert de certains articles qui permettent à la Biélorussie de diversifier ses sources de recettes. |
| (12) | Une action supplémentaire de l'Union est nécessaire pour mettre en œuvre certaines mesures. |
| (13) | Il y a donc lieu de modifier la décision 2012/642/PESC en conséquence, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
La décision 2012/642/PESC est modifiée comme suit:
| 1) | L'article 1er ter est modifié comme suit:
|
| 2) | À l'article 2 sexies bis, le paragraphe 5 est supprimé. |
| 3) | L'article 2 nonies quater est modifié comme suit:
|
| 4) | À l'article 2 novodecies bis, les paragraphes suivants sont insérés: «9 ter. En ce qui concerne les biens relevant du code NC 2901 10 00, les interdictions prévues aux paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent pas à l'exécution jusqu'au 25 janvier 2026 de contrats conclus avant le 24 octobre 2025 ou de contrats accessoires nécessaires à l'exécution de ces contrats. 9 quater. Du 26 janvier 2026 au 25 juillet 2026, les interdictions visées aux paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent pas à l'achat ou à l'importation en Hongrie des biens relevant du code NC 2901 10 00 originaires de Biélorussie ou exportés de Biélorussie, à condition que les biens soient destinés à un usage exclusif en Hongrie. 9 quinquies. Les biens relevant du code NC 2901 10 00 importés en Hongrie au titre de l'exemption prévue au paragraphe 9 quater ne sont pas vendus à des acheteurs situés dans un autre État membre ou dans un pays tiers.». |
| 5) | À l'article 2 vicies les paragraphes suivants sont insérés: «3 bis ter. Par dérogation au paragraphe 1 bis, les autorités compétentes peuvent autoriser le transit par le territoire de la Biélorussie des biens et technologies énumérés à l'annexe XIV bis du règlement (CE) no 765/2006, après avoir établi que ces biens et technologies sont nécessaires:
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| 6) | L'article 2 duovicies est modifié comme suit:
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| 7) | À l'article 2 sexvicies, les points suivants sont ajoutés au paragraphe 1 bis:
|
Article 2
La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l'Union européenne.
Fait à Bruxelles, le 23 octobre 2025.
Par le Conseil
La présidente
M. BJERRE
(1) Décision 2012/642/PESC du Conseil du 15 octobre 2012 concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Biélorussie et de l'implication de la Biélorussie dans l'agression russe contre l'Ukraine (JO L 285 du 17.10.2012, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2012/642/oj).
(2) Directive (UE) 2015/2366 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2015 concernant les services de paiement dans le marché intérieur, modifiant les directives 2002/65/CE, 2009/110/CE et 2013/36/UE et le règlement (UE) no 1093/2010, et abrogeant la directive 2007/64/CE (JO L 337 du 23.12.2015, p. 35, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2015/2366/oj).
(3) Règlement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 sur les marchés de crypto-actifs, et modifiant les règlements (UE) no 1093/2010 et (UE) no 1095/2010 et les directives 2013/36/UE et (UE) 2019/1937 (JO L 150 du 9.6.2023, p. 40, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/1114/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2025/2040/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
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