| CELEX | 32026A04257 |
| Type | Accord |
| Date | mardi 2 juin 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/4257 | 5.8.2026 |
AVIS DE LA COMMISSION
du 2 juin 2026
sur la nécessité et la proportionnalité de la réintroduction, par le Danemark, du contrôle à ses frontières terrestres et maritimes avec l’Allemagne, conformément à l’article 27 bis, paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/399 (code frontières Schengen)
(Le texte en langue danoise est le seul faisant foi)
(C/2026/4257)
(1)
Conformément à l’article 3, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne, l’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d’asile, d’immigration ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène.
(2)
Conformément à l’article 25 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) (texte codifié) (1), un État membre peut, en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, réintroduire exceptionnellement et temporairement le contrôle aux frontières sur tous les tronçons ou sur certains tronçons spécifiques de ses frontières intérieures. Ce contrôle ne devrait être réintroduit qu’en tant que mesure de dernier recours. La portée et la durée de la réintroduction temporaire du contrôle aux frontières ne devraient pas excéder ce qui est strictement nécessaire pour répondre à la menace grave constatée.
(3)
L’article 25 bis du code frontières Schengen précise que lorsqu’un État membre a l’intention de réintroduire le contrôle aux frontières intérieures en cas de menace prévisible, il doit adresser une notification à ce sujet au Parlement européen, au Conseil, à la Commission et aux autres États membres, au plus tard quatre semaines avant la réintroduction du contrôle aux frontières prévue ou dès que possible lorsque les circonstances étant à l’origine de la nécessité de réintroduire le contrôle aux frontières intérieures sont connues de l’État membre moins de quatre semaines avant la date de réintroduction prévue.
(4)
En application de l’article 27 bis, paragraphe 3, du code frontières Schengen, la Commission est tenue, après réception d’une notification relative à la prolongation du contrôle aux frontières intérieures au titre de l’article 25 bis, paragraphe 4, qui entraîne le maintien, pour les mêmes motifs, du contrôle aux frontières intérieures pendant plus de douze mois au total, de rendre un avis sur la nécessité et la proportionnalité d’un tel contrôle aux frontières intérieures.
(5)
Le cadre pour la réintroduction et la prolongation du contrôle aux frontières intérieures a été substantiellement révisé par le règlement (UE) 2024/1717 du Parlement européen et du Conseil (2), qui est entré en vigueur le 10 juillet 2024.
(6)
Conformément aux articles 1er et 2 du protocole no 22 sur la position du Danemark, annexé au traité sur l’Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, le Danemark n’a pas participé à l’adoption du règlement (UE) 2024/1717 du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2016/399. Toutefois, le règlement (UE) 2024/1717 développant l’acquis de Schengen, le Danemark, conformément à l’article 4 dudit protocole, a notifié, le 19 novembre 2024, sa décision de transposer ledit règlement dans son droit national.
(7)
Par lettre du 11 avril 2025, les autorités danoises ont notifié la réintroduction du contrôle aux frontières, sur la base de l’article 25 bis du code frontières Schengen, le long de la frontière intérieure avec l’Allemagne, pour une période de six mois, soit du 12 mai 2025 au 11 novembre 2025.
(8)
Par lettre du 15 octobre 2025, les autorités danoises ont notifié la prolongation de la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures pour une période supplémentaire de six mois, du 12 novembre 2025 au 11 mai 2026. Par lettre du 15 octobre 2025, ces mêmes autorités ont notifié la prolongation de cette réintroduction pour une période supplémentaire de deux mois, du 12 mai 2026 au 11 juillet 2026.
(9)
Par lettre du 11 novembre et conformément à l’article 33, paragraphe 2, du code frontières Schengen, le Danemark a présenté un rapport sur la réintroduction et la prolongation du contrôle aux frontières intérieures pour la période comprise entre le 12 novembre 2024 et le 11 novembre 2025.
(10)
Le Danemark a été associé au dialogue structuré de la Commission sur la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures. À la suite de la réception de la notification du Danemark concernant une réintroduction du contrôle aux frontières intérieures, ce dialogue structuré s’est poursuivi dans le cadre du processus de consultation prévu à l’article 27 bis, paragraphe 1, du code frontières Schengen.
(11)
La situation actuelle aux frontières intérieures a été décrite dans le rapport sur la situation dans l’espace Schengen du 23 avril 2025 (3) et fait régulièrement l’objet de discussions au sein du Conseil Schengen.
(12)
Après réception d’une notification relative à une prolongation du contrôle aux frontières intérieures au titre de l’article 25 bis, paragraphe 4, du code frontières Schengen qui entraîne le maintien du contrôle aux frontières intérieures pendant douze mois au total, la Commission est tenue de rendre un avis sur la nécessité et la proportionnalité d’un tel contrôle, conformément à l’article 27 bis, paragraphe 3, du code frontières Schengen. En l’espèce, cette obligation est née de la réception, le 15 octobre 2025, de la notification d’une prolongation du contrôle à toutes les frontières intérieures terrestres.
(13)
Après une évaluation des notifications et du rapport, complétés par les informations fournies dans le cadre du processus de consultation et dans d’autres documents officiels, publiquement accessibles, la Commission adopte le présent avis.
ÉVALUATION DES NOTIFICATIONS ET DU RAPPORT
I. EXIGENCES FORMELLES
| (14) | Dans le cadre de la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures, le code frontières Schengen impose plusieurs obligations formelles aux États membres. |
| (15) | La Commission confirme que les notifications relatives à la réintroduction et à la prolongation du contrôle aux frontières terrestres et maritimes avec l’Allemagne ont été présentées dans les délais conformément à l’article 25 bis, paragraphe 4, du code frontières Schengen et au modèle établi à cette fin par la décision d’exécution (UE) 2025/315 de la Commission (4). |
| (16) | La notification du 11 avril 2025 a été faite en vue d’une prolongation d’une réintroduction en vertu des règles du code frontières Schengen révisé. Toutefois, compte tenu de la position spécifique du Danemark dans le cadre du protocole no 22, cette notification doit être considérée comme une première notification, étant donné que le Danemark a notifié sa décision de transposer le code frontières Schengen révisé dans son ordre juridique national le 19 novembre 2024. |
| (17) | La Commission note que, si les notifications font spécifiquement référence à la réintroduction et à la prolongation du contrôle aux frontières intérieures terrestres et maritimes avec l’Allemagne, elles indiquent également que le contrôle aux frontières intérieures peut être étendu à d’autres frontières intérieures si les menaces graves visées dans la notification se concrétisent le long de ces frontières. Toutefois, étant donné que l’article 25 du code frontières Schengen permet à un État membre de réintroduire immédiatement le contrôle aux frontières intérieures en cas d’événements imprévisibles, la Commission considère qu’une notification au titre de l’article 27, paragraphe 1, ne permet pas une telle réintroduction conditionnelle du contrôle aux frontières intérieures. |
| (18) | La Commission relève que le rapport sur la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures entre le 1er novembre 2024 et le 31 octobre 2025, fondé sur l’article 33, paragraphe 2, du code frontières Schengen, suit le modèle uniforme établi par la décision d’exécution (UE) 2025/308 (5). |
II. NÉCESSITÉ ET PROPORTIONNALITÉ
Position des autorités danoises
| (19) | Les autorités danoises invoquent une menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure, plus précisément la menace d’infractions terroristes et la menace que représente la grande criminalité organisée. |
| (20) | Sur la base de l’évaluation du Centre d’analyse du terrorisme (CTA) du Service de sécurité et de renseignement danois (PET), la menace terroriste pesant sur le Danemark reste grave (niveau 4 sur 5). Selon le CTA, ce niveau de menace devrait persister pendant la durée de la notification de réintroduction du contrôle aux frontières intérieures. La menace grave provient d’acteurs de la menace connus, tels que l’État islamique et Al-Qaida, ainsi que de nouveaux acteurs. |
| (21) | Le CTA, le PET et le Service de renseignement de la défense danois (FE) estiment que cette menace est exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, avec un danger particulier pour les intérêts juifs et israéliens. En 2024, des poursuites pénales ont été engagées dans deux affaires contre des personnes qui ciblaient des intérêts juifs et israéliens. |
| (22) | Le PET considère également que, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et des tensions entre la Russie et les alliés de l’Ukraine, les services de renseignement russes ont la capacité d’intensifier les attaques hybrides contre l’Occident, y compris le Danemark, et ont déjà commis des actes de sabotage en Europe. |
| (23) | La notification danoise ne fournit aucun détail supplémentaire sur les menaces graves que représente la grande criminalité organisée. |
| (24) | Dans leur rapport, les autorités danoises indiquent qu’au cours de la période comprise entre le 12 novembre 2024 et le 11 novembre 2025, aucune arrestation n’a eu lieu sur la base d’infractions terroristes, bien que 35 évaluations de sécurité aient été effectuées concernant des personnes entrant au Danemark en franchissant les frontières intérieures. Dix-huit mises en examen pour trafic de migrants ont été enregistrées. En outre, la police danoise a enregistré 2 704 mises en examen pour des infractions pénales, notamment la détention d’armes ainsi que la détention et le trafic de stupéfiants. Toutefois, la plupart des infractions seraient passibles d’une amende, dont les infractions liées au trafic de stupéfiants. |
| (25) | Les autorités danoises soulignent la proportionnalité de la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures. En effet, les vérifications aux frontières intérieures sont distinctes des vérifications aux frontières extérieures et ont lieu sous la forme de vérifications ponctuelles fondées sur les risques, et leur fréquence et leur intensité sont adaptées en fonction du nombre attendu de voyageurs, des conditions locales et des habitudes de voyage à chaque point de passage. |
| (26) | Les autorités danoises reconnaissent que le code frontières Schengen révisé offre une plus grande marge de manœuvre pour les contrôles de police dans les zones frontalières, mais estiment que la portée de ces contrôles n’est pas suffisamment claire et choisissent donc de maintenir le contrôle aux frontières intérieures. |
Observations de la Commission
| (27) | Les autorités danoises ont fourni des informations sur les différents aspects des menaces graves pour la sécurité intérieure et l’ordre public constatées, ainsi que des arguments visant à étayer la nécessité et la proportionnalité de la réintroduction du contrôle aux frontières. |
| (28) | La Commission reconnaît le niveau accru de menace terroriste établi par les services danois compétents, ainsi que les tensions mondiales résultant de la guerre au Moyen-Orient et de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Les récentes intrusions de drones d’origine inconnue dans l’espace aérien national de plusieurs États membres, dont le Danemark, qui ont causé des perturbations pour l’aviation civile, confirment une situation tendue en matière de sécurité. |
| (29) | Dans la mesure où la situation mondiale en matière de sécurité touche tous les États membres, la notification présentée par les autorités danoises ne permet pas à la Commission d’évaluer la manière dont ces menaces graves affectent le Danemark en particulier, ni la manière dont la réintroduction sur ce tronçon spécifique de la frontière intérieure sert à faire face à ces menaces. |
| (30) | La Commission note que la notification précédente, reçue le 11 octobre 2024, contenait des informations plus précises quant à la menace grave que représentent le terrorisme et le sabotage. Toutefois, ces informations se rapportaient à des faits remontant à 2022 et il n’apparaît pas clairement dans quelle mesure ces informations sont restées pertinentes en ce qui concerne la notification du 11 avril 2025. |
| (31) | La Commission relève qu’il n’existe aucune preuve d’une augmentation des entrées illégales de citoyens russes susceptibles de constituer une menace pour la sécurité intérieure. En outre, l’application systématique par les États membres des lignes directrices de la Commission du 30 septembre 2022 relatives à la délivrance de visas en général à l’égard des demandeurs russes et aux contrôles effectués à l’égard des citoyens russes aux frontières extérieures devrait constituer un moyen supplémentaire de répondre aux préoccupations en matière de sécurité recensées dans la notification (6). |
| (32) | La réintroduction du contrôle aux frontières intérieures est également motivée par les menaces graves que représente la criminalité organisée, mais la notification ne contient pas les informations nécessaires pour évaluer la nature et l’importance de ce motif et déterminer si la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures peut répondre efficacement à ces menaces. |
| (33) | La Commission fait observer que les notifications faisant suite à la révision du code frontières Schengen, contrairement à la notification précédente du 11 octobre 2024, ne mentionnent pas les entrées non autorisées dans l’espace Schengen comme motif de réintroduction du contrôle aux frontières intérieures. |
| (34) | Bien que le rapport présenté par les autorités danoises fournisse davantage d’informations sur le nombre et la nature des poursuites pénales engagées dans le cadre de la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures que les notifications relatives à une prolongation, la Commission n’est pas en mesure d’évaluer en connaissance de cause la nécessité de réintroduire le contrôle aux frontières intérieures en l’absence d’informations plus détaillées établissant un lien entre les poursuites engagées et les menaces graves qui constituent la base de la décision de réintroduire le contrôle aux frontières intérieures. En ce qui concerne le champ d’application temporel de la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures, la Commission note que rien n’explique pourquoi une durée de six mois, plutôt qu’une période plus courte, semble la plus appropriée. |
III. MESURES DE SUBSTITUTION
Position des autorités danoises
| (35) | Les autorités danoises insistent sur le fait que le contrôle aux frontières intérieures reste un instrument utile parallèlement aux mesures de substitution. |
| (36) | La police nationale danoise a redoublé d’efforts en matière de lutte contre la criminalité dans les zones frontalières, notamment en intensifiant les patrouilles, en utilisant des drones et en recourant à la reconnaissance automatique des plaques minéralogiques (ANPR). L’ANPR a été activée à tous les points de passage frontaliers, ainsi qu’à l’intérieur des districts de la police des frontières. Des équipements mobiles supplémentaires ont été installés sur les véhicules. Grâce à ce système, les autorités danoises peuvent surveiller les réponses positives dans les bases de données pertinentes et préparer des analyses. Aux points de passage frontaliers, l’ANPR contribue à réduire au minimum le nombre de vérifications physiques qui ont la plus forte incidence sur le trafic. |
| (37) | La police nationale danoise a mis en place une unité opérationnelle qui cible les groupes criminels qui franchissent les frontières intérieures sur le territoire danois. La nouvelle planification et la nouvelle organisation ont considérablement renforcé la lutte contre la criminalité dans les zones frontalières et amélioré la coopération entre les districts de police. |
Observations de la Commission
| (38) | La Commission prend note des progrès importants accomplis dans le renforcement des contrôles de police dans les zones frontalières grâce à une meilleure coopération tant au sein de la police danoise qu’avec la police allemande, et à l’utilisation étendue de tous les moyens technologiques disponibles, y compris l’ANPR. |
| (39) | La Commission prend en considération le fait que le Danemark, conformément à la clause de non-participation prévue par le protocole danois, n’a pas accès au même niveau d’information concernant les menaces pour la sécurité que les autres États membres. |
| (40) | Les autorités danoises n’expliquent pas pourquoi des mesures de substitution, telles que les contrôles de police, ne peuvent pas remplacer pleinement le contrôle aux frontières intérieures avec l’Allemagne, alors qu’elles ont remplacé avec succès le contrôle aux frontières intérieures entre le Danemark et la Suède. |
| (41) | La Commission rappelle que, si le Danemark devait décider de remplacer le contrôle aux frontières intérieures par des contrôles de police, l’article 25 du code frontières Schengen permettrait toujours aux autorités danoises de réintroduire immédiatement le contrôle aux frontières intérieures s’il devait faire face à une menace grave pour l’ordre public et la sécurité nationale surgissant de manière inattendue en raison d’événements imprévisibles. |
IV. MESURES D’ATTÉNUATION
Position des autorités danoises
| (42) | Les autorités danoises font valoir que, grâce à la manière dont les vérifications aux frontières sont effectuées, à savoir sous la forme de vérifications ponctuelles fondées sur les risques, les incidences du contrôle aux frontières intérieures sur le trafic transfrontalier et les régions transfrontalières ont été très limitées, à quelques exceptions près pendant la saison des vacances. |
| (43) | Afin d’assurer la fluidité du trafic, la zone de contrôle aux points de passage frontaliers de Frøslev, Kruså et Padborg a été étendue et des couloirs supplémentaires ont été ajoutés à Padborg et à Kruså. |
| (44) | En octobre 2024, le Danemark et l’Allemagne ont également conclu un accord qui permet aux deux pays d’effectuer des vérifications aux frontières dans les trains à partir du moment où ceux-ci franchissent la frontière nationale, ce qui signifie que les trains peuvent effectuer des arrêts plus courts à la première gare après avoir franchi la frontière intérieure. |
Observations de la Commission
| (45) | Les notifications soumises par les autorités danoises démontrent leur volonté de veiller à ce que les incidences du contrôle aux frontières intérieures restent limitées, conformément à l’article 26, paragraphe 3, du code frontières Schengen. |
| (46) | La Commission note que le contrôle aux frontières est fondé sur les risques et s’effectue de manière ciblée, afin de limiter les incidences sur les déplacements transfrontaliers, et que les incidences signalées du contrôle aux frontières intérieures effectué par le Danemark ont été très limitées. |
| (47) | La Commission relève que le Danemark a notifié à la Commission ses régions transfrontalières en application de l’article 42 ter du code frontières Schengen, mais ne fait aucune référence aux zones transfrontalières spécifiques susceptibles d’être touchées par la réintroduction du contrôle aux frontières intérieures. |
V. RECOMMANDATIONS
| (48) | La Commission souligne que le fait de tirer pleinement parti des mesures de substitution disponibles énoncées dans la recommandation (UE) 2024/268 de la Commission (7) et des possibilités offertes par le code frontières Schengen révisé, qui renforcent et complètent les mesures existantes, peut constituer un moyen plus efficace et efficient d’assurer un niveau élevé de sécurité, sans qu’il soit nécessaire de réintroduire le contrôle aux frontières intérieures. |
| (49) | La Commission se félicite des progrès importants accomplis par le Danemark, qui a pleinement exploité les possibilités offertes par le code frontières Schengen révisé, y compris les moyens technologiques, comme le prévoit également la recommandation (UE) 2024/268. |
| (50) | La Commission souligne que, conformément au règlement sur le filtrage (8), qui fait partie du pacte sur la migration et l’asile, un contrôle de sécurité effectué dans toutes les bases de données concernées fait partie du filtrage tant aux frontières extérieures qu’à l’intérieur du territoire. |
| (51) | La Commission recommande au Danemark de tirer pleinement parti des mécanismes existants en vertu de la législation de l’Union à laquelle le Danemark participe afin de renforcer la coopération en matière de sécurité et de répression. Ces mesures comprennent le nouveau système d’information Schengen (9) et la mise en service de l’EES et de l’ETIAS (10). |
| (52) | La Commission recommande au Danemark de renforcer ses mesures de coopération policière (11), notamment par l’intermédiaire de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) et de ses différents plans d’action opérationnels (PAO), ainsi que grâce aux possibilités de renforcer la coopération des services spécialisés dans l’ensemble de l’UE et en dehors dans le cadre de l’accord sur la coopération opérationnelle et stratégique entre le Danemark et Europol. |
| (53) | La Commission fait valoir que la forme que prennent les vérifications aux frontières, à savoir des vérifications ponctuelles fondées sur les risques, serait également possible en vertu de l’article 23 du code frontières Schengen, sans qu’il soit nécessaire de recourir à une réintroduction officielle du contrôle aux frontières intérieures ni de transiger sur la sécurité, à condition que ces vérifications n’aient pas un effet équivalent à celui des vérifications aux frontières, ce qui implique que leur fréquence, leur intensité et leur durée restent limitées (12). |
| (54) | La Commission rappelle que le code frontières Schengen révisé autorise l’introduction de limitations de vitesse proportionnées dans l’intérêt tant de la sécurité routière que de la surveillance technologique. |
| (55) | Enfin, compte tenu de l’ampleur et de la nature des mesures de substitution mises en place par les autorités danoises, le Danemark devrait s’efforcer de supprimer progressivement le contrôle aux frontières intérieures avec l’Allemagne. La Commission restera en contact étroit avec tous les États membres concernés afin d’atteindre cet objectif. |
Fait à Bruxelles, le 2 juin 2026.
Par la Commission
Magnus BRUNNER
Membre de la Commission
(1) JO L 77 du 23.3.2016, p. 1.
(2) Règlement (UE) 2024/1717 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 modifiant le règlement (UE) 2016/399 concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (JO L, 2024/1717, 20.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1717/oj).
(3) COM(2025) 185 final.
(4) Décision d’exécution (UE) 2025/315 de la Commission du 14 février 2025 établissant un modèle aux fins de la notification de la réintroduction temporaire ou de la prolongation du contrôle aux frontières intérieures (JO L, 2025/315, 17.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2025/315/oj).
(5) Décision d’exécution (UE) 2025/308 de la Commission du 14 février 2025 établissant un modèle uniforme de rapport sur la réintroduction ou la prolongation du contrôle aux frontières intérieures conformément à l’article 33 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil (JO L, 2025/308, 17.2.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2025/308/oj).
(6) C(2022) 7111 final. Communication de la Commission 1. Mettant à jour les lignes directrices concernant la délivrance de visas en général à l’égard des demandeurs russes à la suite de la décision (UE) 2022/1500 du Conseil du 9 septembre 2022 relative à la suspension intégrale de l’application de l’accord entre la Communauté européenne et la Fédération de Russie visant à faciliter la délivrance de visas aux citoyens de l’Union européenne et de la Fédération de Russie; et 2. Établissant des lignes directrices concernant les contrôles effectués à l’égard des citoyens russes aux frontières extérieures. Les chiffres semblent indiquer que les États membres suivent en général les lignes directrices: le nombre total de visas délivrés à des demandeurs russes a diminué, passant de plus de 4 millions de visas délivrés en 2019 à environ 0,5 million en 2024. Le taux de refus de visa est quant à lui passé de 1,5 % en 2019 à 7,5 % en 2024.
(7) Recommandation (UE) 2024/268 de la Commission du 23 novembre 2023 relative à la coopération entre les États membres en ce qui concerne les menaces graves pour la sécurité intérieure et l’ordre public dans l’espace sans contrôles aux frontières intérieures (JO L, 2024/268, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2024/268/oj).
(8) Règlement (UE) 2024/1356 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 établissant le filtrage des ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures (JO L, 2024/1356, 22.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1356/oj).
(9) Règlement (UE) 2018/1862 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l’établissement, le fonctionnement et l’utilisation du système d’information Schengen (SIS) dans le domaine de la coopération policière et de la coopération judiciaire en matière pénale (JO L 312 du 7.12.2018, p. 56, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2018/1862/oj); directive (UE) 2016/681 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relative à l’utilisation des données des dossiers passagers (PNR) pour la prévention et la détection des infractions terroristes et des formes graves de criminalité, ainsi que pour les enquêtes et les poursuites en la matière (JO L 119 du 4.5.2016, p. 132, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2016/681/oj).
(10) Règlement (UE) 2017/2226 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2017 portant création d’un système d’entrée/de sortie (EES) pour enregistrer les données relatives aux entrées, aux sorties et aux refus d’entrée concernant les ressortissants de pays tiers qui franchissent les frontières extérieures des États membres et portant détermination des conditions d’accès à l’EES à des fins répressives (JO L 327 du 9.12.2017, p. 20, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2017/2226/oj); règlement (UE) 2018/1240 du Parlement européen et du Conseil du 12 septembre 2018 portant création d’un système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) (JO L 236 du 19.9.2018, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2018/1240/oj).
(11) La «coopération policière» associe toutes les autorités compétentes des États membres, y compris les services de police, les services des douanes et autres services répressifs spécialisés dans les domaines de la prévention ou de la détection des infractions pénales et des enquêtes en la matière (article 87 du TFUE). Voir la recommandation (UE) 2022/915 du Conseil du 9 juin 2022 relative à la coopération opérationnelle des services répressifs (JO L 158 du 13.6.2022, p. 53).
(12) Arrêt de la Cour du 21 juin 2017, procédure pénale contre A, affaire C-9/16 (JO C 277 du 21.8.2017, p. 10).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/4257/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
AVIS DE LA COMMISSION du 2 juin 2026 sur la nécessité et la proportionnalité de la réintroduction, par l’Italie, du contrôle à sa frontière terrestre avec la Slovénie, conformément à l’article 27 bis, paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/399 (code frontières Schengen)
02/06/2026
Avis de la Commission du 2 juin 2026 sur la nécessité et la proportionnalité de la réintroduction, par les Pays-Bas, du contrôle à leurs frontières intérieures terrestres et aériennes, conformément à l’article 27 bis, paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/399 (code frontières Schengen)
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02/06/2026