| CELEX | 32026D0512 |
| Type | Décision |
| Date | jeudi 23 avril 2026 |
| Journal officiel | FR Série L |
| 2026/512 | 23.4.2026 |
DÉCISION (PESC) 2026/512 DU CONSEIL
du 23 avril 2026
modifiant la décision 2012/642/PESC concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Biélorussie et de l'implication de la Biélorussie dans l'agression russe contre l'Ukraine
LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur l'Union européenne, et notamment son article 29,
vu la proposition du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 15 octobre 2012, le Conseil a adopté la décision 2012/642/PESC (1). |
| (2) | Le 24 février 2022, le président de la Fédération de Russie a annoncé une opération militaire en Ukraine et les forces armées russes ont lancé une attaque contre l'Ukraine, y compris à partir du territoire de la Biélorussie. Cette attaque a constitué une violation flagrante de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et de l'indépendance de l'Ukraine. |
| (3) | Dans ses conclusions du 19 février 2024, le Conseil a condamné vigoureusement le soutien que ne cesse d'apporter le régime biélorusse à la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine et a invité la Biélorussie à s'abstenir de toute action de ce type et à respecter ses obligations internationales. |
| (4) | Compte tenu de la gravité de la situation, et en réaction à la poursuite de l'implication de la Biélorussie dans l'agression de la Russie contre l'Ukraine, il y a lieu d'instaurer des mesures restrictives supplémentaires. |
| (5) | En particulier, il convient d'étendre la liste des articles susceptibles de contribuer au renforcement militaire et technologique de la Biélorussie ou au développement de son secteur de la défense et de la sécurité, par l'ajout des articles que la Russie utilise dans sa guerre d'agression contre l'Ukraine et des articles qui contribuent au développement ou à la production des systèmes militaires de la Biélorussie, notamment la verrerie de laboratoire ainsi que certains lubrifiants à haute performance et leurs additifs. |
| (6) | Il y a également lieu d'étendre la liste des biens qui font l'objet de restrictions à l'exportation et sont susceptibles de contribuer au renforcement des capacités industrielles biélorusses, tels que des produits chimiques, le caoutchouc et les articles en caoutchouc vulcanisé, des articles en acier, des outils pour la production de métaux et les tracteurs industriels. |
| (7) | Afin de réduire autant que possible le risque de contournement des mesures restrictives, il convient d'étendre la liste des biens et technologies faisant l'objet de l'interdiction de transit par le territoire de la Biélorussie. |
| (8) | En outre, il y a lieu d'imposer des restrictions supplémentaires à la prestation, en faveur de la République de Biélorussie, de son gouvernement, de ses organismes, entreprises ou agences publics ou de toute personne physique ou morale, de toute entité ou de tout organisme agissant pour leur compte ou sur leurs instructions, de services qui contribuent à renforcer les capacités technologiques de la Biélorussie, en particulier la prestation de services de sécurité gérés. |
| (9) | Il convient également de restreindre la prestation de services directement liés aux activités touristiques en Biélorussie, en particulier celles relevant des classes 7471 et 7472 de la classification centrale des produits établie par le Bureau de statistique des Nations unies, Études statistiques, série M, no 77, CPC prov., 1991. Cela a pour but de réduire les recettes que la Biélorussie tire de ces services et de dissuader la promotion de déplacements non essentiels et d'activités de loisirs en Biélorussie, en particulier dans un contexte où les ressortissants de l'Union sont confrontés à un risque accru d'arrestation et de détention arbitraires, et où la protection consulaire des personnes ayant une double nationalité est limitée. |
| (10) | Il convient également d'introduire une dérogation à l'obligation d'autorisation préalable pour les services fournis à la République de Biélorussie, à son gouvernement, à ses organismes, entreprises ou agences publics qui ne font pas déjà l'objet des mesures restrictives énoncées dans la décision 2012/642/PESC, lorsque ces services sont strictement nécessaires au fonctionnement d'une représentation consulaire ou diplomatique de la Biélorussie située dans un État membre. |
| (11) | De plus, il y a lieu d'instaurer de nouvelles interdictions d'importation de biens, dont certaines matières premières, des métaux, certains minerais, la ferraille d'acier et d'autres métaux, des produits chimiques, les articles en caoutchouc vulcanisé et les pelleteries tannées, qui permettent à la Biélorussie de diversifier ses sources de revenus et, partant, de participer à l'agression de l'Ukraine par la Russie. |
| (12) | À l'heure actuelle, les demandes contre les sociétés de l'Union qui se conforment aux sanctions peuvent être introduites par des personnes morales, des entités ou des organismes autres que des personnes morales, les entités ou les organismes biélorusses, par des personnes autres que celles inscrites sur la liste figurant dans la décision 2012/642/PESC ou par des personnes autres que celles agissant pour leur compte ou sur leurs instructions, par exemple lorsque les opérateurs de l'Union cessent de fournir à des personnes physiques ou morales de pays tiers autres que la Biélorussie, de produits dont l'exportation vers la Biélorussie est interdite. Par conséquent, il convient de renforcer le cadre des mesures restrictives de l'Union en étendant le champ d'application de l'interdiction de satisfaire à de telles demandes en rapport avec tout contrat ou toute opération dont l'exécution a été affectée, directement ou indirectement, en tout ou en partie, par les mesures restrictives de l'Union. Le champ d'application de l'interdiction prévue par la décision 2012/642/PESC sur la satisfaction de ces demandes devrait donc également être étendu pour couvrir les demandes introduites par des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes établis dans des pays tiers, autres que la Biélorussie ou les pays partenaires énumérés à l'annexe correspondante de ladite décision, lorsque ces personnes physiques ou morales, entités ou organismes vendent, fournissent, transfèrent ou exportent des biens, des technologies ou des services dont la vente, la fourniture, le transfert ou l'exportation sont interdits en application de la décision 2012/642/PESC, que ces biens, technologies ou services soient originaires ou non de l'Union. |
| (13) | La banque nationale de Biélorussie est sur le point de lancer le rouble numérique biélorusse, qui devrait être mis en circulation au cours du second semestre de 2026 et être progressivement utilisé par des entités commerciales, des entités étatiques et des particuliers, ainsi qu'entre ceux-ci et des opérateurs de pays tiers. Bien qu'il en soit encore au stade préparatoire, le rouble numérique vise, entre autres, à fournir un système de paiement qui protège les ressortissants biélorusses de l'effet des mesures restrictives prévues par la décision 2012/642/PESC. Par conséquent, il y a lieu d'imposer une interdiction de participer, directement ou indirectement, à toute transaction impliquant une monnaie numérique de la banque centrale biélorusse ou d'apporter un soutien au développement d'un tel projet. Une période limitée est également prévue pour permettre la résiliation ordonnée des contrats existants. |
| (14) | Les mesures prises récemment par le régime biélorusse consistent à interdire les opérations de certains prestataires de services sur crypto-actifs étrangers, ce qui témoigne de l'intention dudit régime de contrôler étroitement les opérations des prestataires de services sur crypto-actifs qui exercent dans ce pays. La Biélorusse est parallèlement en train de mettre en place un régime réglementaire qui implique une surveillance étroite par l'État des prestataires de services sur crypto-actifs, entraînant le risque que les crypto-actifs soient utilisés par le régime pour contourner les mesures restrictives de l'Union. Dans ces circonstances, l'identification de prestataires de services sur crypto-actifs spécifiques comme permettant le contournement des mesures restrictives n'atténuerait pas suffisamment les risques de contournement, étant donné que le régime biélorusse pourrait utiliser d'autres prestataires de services sur crypto-actifs placés sous son contrôle aux mêmes fins illicites. En vue d'assurer que les crypto-actifs ne constituent pas un canal de contournement des mesures restrictives de l'Union, il y a donc lieu d'interdire les transactions avec tout prestataire de services sur crypto-actifs établi en Biélorussie, ou avec toute plateforme décentralisée établie en Biélorussie qui permet l'échange ou le transfert de crypto-actifs. |
| (15) | Il y a donc lieu de modifier la décision 2012/642/PESC en conséquence, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
La décision 2012/642/PESC est modifiée comme suit:
| 1) | L'article 1er ter est modifié comme suit:
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| 2) | À l'article 2 quater, paragraphe 4, le point h) est remplacé par le texte suivant:
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| 3) | À l'article 2 quinquies, paragraphe 4, le point h) est remplacé par le texte suivant:
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| 4) | L'article 2 nonies quater est modifié comme suit:
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| 5) | À l'article 2 quindecies, paragraphe 1, le point suivant est ajouté:
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| 6) | À l'article 2 novodecies bis, le paragraphe suivant est inséré: «9 sexies. En ce qui concerne les biens relevant des codes NC 2501, 2517, 2522, 2530, 2620, 2815, 2833, 2916, 2926, 4016, 7403, 7404, 7406 et 7610, les interdictions visées aux paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent pas à l'exécution, jusqu'au 25 juillet 2026, des contrats conclus avant le 24 avril 2026 ou des contrats accessoires nécessaires à l'exécution de ces contrats.». |
| 7) | À l'article 2 sexvicies, paragraphe 1 bis, le point suivant est ajouté:
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| 8) | Les articles suivants sont insérés: «Article 2 septvicies bis 1. Il est interdit de participer, directement ou indirectement, à toute transaction avec une personne physique ou morale, une entité ou un organisme qui cherche à faire exécuter les jugements faisant droit aux demandes visées à l'article 8 nonies, paragraphe 1, du règlement (CE) no 765/2006, ou qui coopère à cette exécution, en dehors de l'Union, ou avec des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes qui détiennent ou contrôlent ces personnes morales, ces entités ou ces organismes, énumérés à l'annexe VII, à l'exclusion des avocats et des membres du pouvoir judiciaire. 2. Sauf interdiction prévue par ailleurs, les interdictions énoncées au paragraphe 1 ne s'appliquent pas aux transactions:
Article 2 septvicies ter, Il est interdit de participer, directement ou indirectement, à toute opération faisant intervenir les crypto-actifs ou les monnaies numériques de banque centrale inscrits sur la liste figurant à l'annexe VIII, ou de soutenir le développement de ces crypto-actifs ou monnaies numériques de banque centrale de quelque manière que ce soit. Article 2 septvicies quater 1. Il est interdit de participer, directement ou indirectement, à toute opération avec une personne morale, une entité ou un organisme qui est une entité fournissant des services sur crypto-actifs ou qui est une plateforme permettant l'échange ou le transfert de crypto-actifs, et qui est établie en Biélorussie. 2. L'interdiction visée au paragraphe 1 ne s'applique pas aux opérations:
3. L'interdiction visée au paragraphe 1 ne s'applique qu'à partir du 25 mai 2026.». |
| 9) | Les annexes sont modifiées conformément à l'annexe de la présente décision. |
Article 2
La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l'Union européenne.
Fait à Bruxelles, le 23 avril 2026.
Par le Conseil
La présidente
M. RAOUNA
(1) Décision 2012/642/PESC du Conseil du 15 octobre 2012 concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Biélorussie et de l'implication de la Biélorussie dans l'agression russe contre l'Ukraine (JO L 285 du 17.10.2012, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2012/642/oj).
ANNEXE
Les annexes de la décision 2012/642/PESC sont modifiées comme suit:
| a) | À l'annexe IV bis, le titre est remplacé par le texte suivant: «ANNEXE IV bis Liste des pays visés aux articles 2 quindecies, 2 duovicies et 5 quinquies». |
| b) | Les annexes suivantes sont ajoutées: ‘ANNEXE VII Personnes morales, entités ou organismes visés à l'article 2 septvicies bis
ANNEXE VIII Liste des crypto-actifs et des monnaies numériques de banque centrale visés à l'article 2 septvicies ter
|
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2026/512/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Rectificatif à la décision (PESC) 2026/504 du Conseil du 23 avril 2026 modifiant la décision 2014/145/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine (JO L, 2026/504, 23.4.2026)
11/08/2026
Décision (UE) 2024/2082
11/08/2026
Rectificatif à la décision (PESC) 2026/1858 du Conseil du 24 juillet 2026 modifiant la décision (PESC) 2019/2110 relative à une mission de conseil PSDC de l’Union européenne en République centrafricaine (EUAM RCA) (JO L, 2026/1858, 27.7.2026)
11/08/2026
Décision (PESC) 2026/1939 du Conseil du 7 août 2026 modifiant la décision 2014/145/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine
07/08/2026