| CELEX | 32026R0071 |
| Type | Règlement d'exécution |
| Date | lundi 12 janvier 2026 |
| Journal officiel | FR Série L |
| 2026/71 | 13.1.2026 |
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2026/71 DE LA COMMISSION
du 12 janvier 2026
instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1) (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 9, paragraphe 4,
considérant ce qui suit:
1. PROCÉDURE
1.1. Ouverture
| (1) | Le 20 décembre 2024, la Commission européenne (ci-après la «Commission») a ouvert une enquête antidumping concernant les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde (ci-après les «pays concernés») sur la base de l’article 5 du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (2) (ci-après l’«avis d’ouverture»). |
| (2) | La Commission a ouvert l’enquête à la suite d’une plainte déposée le 5 novembre 2024 par Kandelium Group GmbH (ci-après le «plaignant» ou «Kandelium»). La plainte a été présentée par l’industrie de l’Union du carbonate de baryum au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base. La plainte contenait suffisamment d’éléments de preuve de l’existence d’un dumping et d’un préjudice important en résultant pour justifier l’ouverture de l’enquête. |
1.2. Enregistrement
| (3) | Par son règlement d’exécution (UE) 2025/482 (3) (ci-après le «règlement relatif à l’enregistrement»), la Commission a soumis à enregistrement les importations du produit concerné. |
1.3. Mesures provisoires
| (4) | Conformément à l’article 19 bis du règlement de base, la Commission a communiqué aux parties, le 14 juillet 2025, une synthèse des droits proposés ainsi que les détails du calcul des marges de dumping et des marges suffisantes pour éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union. Les parties intéressées ont été invitées à présenter leurs observations sur l’exactitude des calculs dans un délai de trois jours ouvrables. Aucune observation n’a été reçue. |
| (5) | Le 11 août 2025, par son règlement d’exécution (UE) 2025/1724 (4) (ci-après le «règlement provisoire»), la Commission a institué des droits antidumping provisoires sur les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde. |
1.4. Suite de la procédure
| (6) | À la suite de la communication des faits et considérations essentiels sur la base desquels un droit antidumping provisoire a été institué (ci-après l’«information provisoire»), deux producteurs-exportateurs, Guizhou Redstar Developing Co., Ltd (ci-après «Redstar») et Hubei Jingshan Chutian Barium Salt Corp. Ltd (ci-après «Chutian»), ainsi que le plaignant ont présenté des observations écrites exposant leur point de vue sur les conclusions provisoires dans le délai prévu à l’article 2, paragraphe 1, du règlement provisoire. |
| (7) | Les parties ont eu la possibilité d’être entendues. Aucune partie n’en a fait la demande. |
| (8) | La Commission a continué de rechercher et de vérifier toutes les informations jugées nécessaires à l’établissement de ses conclusions définitives. Pour établir ses conclusions définitives, la Commission a examiné les observations présentées par les parties intéressées et a révisé ses conclusions provisoires lorsque cela était nécessaire. |
| (9) | La Commission a informé toutes les parties intéressées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé d’instituer un droit antidumping définitif sur les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde (ci-après l’«information finale»). Un délai leur a également été accordé pour leur permettre de formuler des observations sur l’information finale. |
| (10) | Elles ont également eu la possibilité de se faire entendre. Aucune partie n’en a fait la demande. |
1.5. Arguments concernant l’ouverture de l’enquête
| (11) | Aucun argument n’a été reçu concernant l’ouverture de la procédure. Par conséquent, la conclusion exposée au considérant 6 du règlement provisoire a été confirmée. |
1.6. Échantillonnage
| (12) | Aucune observation n’a été reçue au sujet de l’échantillonnage. Par conséquent, les conclusions exposées aux considérants 7 à 14 du règlement provisoire ont été confirmées. |
1.7. Réponses aux questionnaires et visites de vérification
| (13) | Aucune observation n’a été reçue concernant les réponses au questionnaire et les visites de vérification. Par conséquent, les conclusions exposées aux considérants 15 à 18 du règlement provisoire ont été confirmées. |
1.8. Période d’enquête et période considérée
| (14) | Aucune observation n’a été reçue concernant la période d’enquête et la période considérée. Par conséquent, les conclusions exposées au considérant 19 du règlement provisoire ont été confirmées. |
2. PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE
| (15) | Aucune observation n’a été reçue concernant le produit concerné et le produit similaire. Par conséquent, les conclusions exposées aux considérants 20 à 25 du règlement provisoire ont été confirmées. |
3. DUMPING
3.1. Chine
| (16) | À la suite de l’information provisoire, les deux producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon ainsi que le plaignant ont formulé des observations sur les conclusions provisoires relatives au dumping. |
3.1.1. Existence de distorsions significatives et pays représentatif
| (17) | En l’absence de tout argument concernant l’existence de distorsions significatives et le choix d’un pays représentatif, les sections 3.1.2 et 3.1.3 du règlement provisoire ont été confirmées. |
3.1.2. Valeur normale
| (18) | Les détails du calcul de la valeur normale sont exposés aux considérants 26 à 130 du règlement provisoire. |
| (19) | À la suite de l’information finale, Redstar a affirmé qu’il existait un écart important entre les marges de dumping des producteurs chinois et celle du producteur indien, malgré des marges de préjudice similaires. Selon Redstar, cela indique que les valeurs normales construites appliquées aux producteurs chinois ne reflètent pas de manière exacte les conditions du marché. |
| (20) | Premièrement, comme cela a été expliqué aux considérants 82 à 84 du règlement provisoire, la Commission a trouvé, dans le cadre de cette enquête, des éléments de preuve réels de l’existence de distorsions significatives affectant l’industrie du carbonate de baryum en Chine. La Commission a donc conclu qu’il n’était pas approprié d’utiliser les prix et les coûts sur le marché intérieur chinois pour établir la valeur normale pour les producteurs-exportateurs chinois. Par conséquent, la Commission a calculé la valeur normale des producteurs-exportateurs chinois sur la base de coûts de production et de vente représentant des prix ou des valeurs de référence non faussés, conformément à l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. Dans le cas de l’Inde, en revanche, aucune distorsion significative n’a été alléguée ou constatée. En conséquence, la valeur normale pour le producteur-exportateur indien a été établie conformément à l’article 2, paragraphes 2 à 6, du règlement de base. Deuxièmement, Redstar n’a présenté aucun élément de preuve démontrant que les conditions d’application de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base aux fins de l’établissement de la valeur normale pour les producteurs-exportateurs chinois n’étaient pas remplies en l’espèce. L’argument de Redstar à cet égard a été rejeté dans le règlement provisoire et n’a pas été étayé davantage à la suite de l’information provisoire ni en réponse à l’information finale. L’écart entre les marges de dumping n’invalide pas, à lui seul, la méthode appliquée aux producteurs chinois. L’argument de Redstar a dès lors dû être rejeté. |
3.1.2.1. Sources utilisées pour déterminer les coûts et valeurs de référence
| (21) | À la suite de l’information provisoire, l’un des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, Chutian, a réitéré son argument résumé au considérant 110 du règlement provisoire, selon lequel les prix utilisés comme valeurs de référence pour le minerai de barytine sur la base des prix à l’importation turcs devraient être remplacés par les prix à l’exportation indiens. Comme indiqué au considérant 111 du règlement provisoire, la gamme de produits du minerai de barytine indien n’est pas sensiblement différente de celle du minerai de barytine importé en Turquie, ce qui rend inopérant l’argument selon lequel les prix et types de minerai de barytine indiens sont plus représentatifs du minerai de barytine utilisé par les producteurs chinois que le minerai importé en Turquie. En outre, Chutian n’a fourni aucun élément de preuve substantiel à l’appui de ses allégations et, en tout état de cause, les prix à l’importation turcs du minerai de barytine concordent avec les prix indiens. L’argument de Chutian a donc été rejeté. |
| (22) | De plus, selon Chutian, la Commission devrait veiller à ce que les prix du minerai de barytine utilisés reflètent la valeur du minerai de barytine brut plutôt que la valeur de la barytine en poudre. Chutian a également fait valoir que la qualité de la barytine utilisée dans l’industrie pétrolière était supérieure à celle utilisée dans l’industrie chimique et que le prix de la barytine retenu pour déterminer les facteurs de production devrait être basé sur la teneur en sulfate de baryum. Premièrement, contrairement à ce qu’affirme Chutian, pour établir la valeur de référence pour le minerai de barytine, la Commission a uniquement utilisé le coût de remplacement du minerai brut de barytine, qui est la matière première utilisée par les producteurs-exportateurs chinois, et a exclu la barytine sous sa forme en poudre. En outre, l’allégation de Chutian concernant le lien entre la qualité du minerai de barytine/la teneur en sulfate de baryum et le prix du minerai n’était pas étayée. De plus, Chutian n’a pas démontré à quelle qualité et à quelle teneur en sulfate de baryum se rapportaient les prix du minerai de barytine figurant dans les statistiques du GTA. Par conséquent, les arguments de Chutian ont été rejetés. |
| (23) | En outre, Chutian a fait valoir que les importations turques de minerai de barytine (plus de 102 kt) constituaient une source beaucoup moins représentative pour la valeur de référence des facteurs de production que les exportations indiennes de minerai de barytine (plus de 1 500 kt). La Commission a fait observer que le seul fait que les exportations indiennes aient été effectuées en quantités plus importantes que les importations turques ne rendait pas les statistiques turques moins représentatives, en particulier compte tenu des quantités absolues importées par la Turquie. Aucun autre élément de preuve démontrant que les prix des importations en Turquie n’étaient pas représentatifs n’a été présenté. Qui plus est, la Turquie a été choisie comme pays représentatif approprié aux fins de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base, y compris en raison de son niveau de développement économique semblable à celui de la Chine. |
| (24) | Dans sa réponse à l’information provisoire, Chutian a en outre demandé que la Commission exclue les importations non régulières du calcul de référence pour le minerai de barytine, au motif qu’elles faussaient la concurrence. Plus précisément, Chutian a demandé que les importations de minerai de barytine brut en provenance du Maroc, dont le prix était supérieur à celui des importations de barytine en poudre, soient exclues. Chutian a aussi fait valoir qu’une autre entrée du GTA relative à des importations en quantités très faibles et à un prix unitaire sensiblement plus élevé devait être considérée comme non régulière et être également exclue. |
| (25) | Premièrement, les données sur les prix à l’importation du minerai de barytine en Turquie sont aisément disponibles dans le GTA au niveau de granularité qui a permis à la Commission d’isoler et de distinguer les statistiques sur le minerai de barytine sous une forme brute non transformée, telle qu’utilisée par les producteurs-exportateurs chinois. La Commission a également vérifié que les volumes représentatifs non faussés de ces importations étaient suffisants pour que le prix moyen final en résultant ait réduit l’incidence de tout prix potentiellement anormal aux limites inférieure et supérieure de la fourchette de prix. Par conséquent, il n’existe aucune raison valable d’exclure les importations de minerai de barytine brut en provenance du Maroc. Dans le même ordre d’idées, l’analyse comparative des prix par rapport à d’autres formes de la matière première concernée (forme brute par rapport à la poudre) et les éventuelles différences qui en résultent ne rendent pas la valeur de référence utilisée inadaptée. En outre, en ce qui concerne l’importation d’une quantité mineure dont le prix unitaire est manifestement élevé, toute exclusion potentielle de cette entrée n’affecterait pas la valeur de référence des facteurs de production qui en résulte et a donc été considérée comme dénuée de pertinence en l’espèce. |
| (26) | À la suite de l’information provisoire et en réponse à l’information finale, un autre exportateur retenu dans l’échantillon, Redstar, a fait valoir, se référant à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base, que les données sources pour les valeurs non faussées du minerai de barytine (ainsi que du CO2) n’étaient pas à un stade correspondant à sa situation. Redstar a notamment soutenu que l’utilisation par la Commission de données d’importation basées sur le prix CIF gonflait artificiellement les valeurs non faussées étant donné que Redstar s’approvisionnait en minerai de barytine auprès d’une mine voisine. Par conséquent, selon Redstar, l’exclusion du coût du fret maritime, de l’assurance et des droits à l’importation et l’établissement d’une comparaison fondée sur le niveau de prix FOB permettaient une comparaison plus équitable au sens de l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base. |
| (27) | Premièrement, la référence de Redstar à l’article 2, paragraphe 10, du règlement de base est hors de propos. L’article 2, paragraphe 10, fait référence à la comparaison équitable entre les prix à l’exportation et la valeur normale, par opposition à la construction de la valeur normale. Deuxièmement, la Commission a fait observer que les prix CIF à l’importation disponibles dans les statistiques commerciales (ajustés pour tenir compte des taxes à l’importation) sont en concurrence directe avec les prix intérieurs du pays représentatif et ont donc été utilisés comme référence appropriée en l’espèce. L’argument de Redstar a donc été rejeté. |
| (28) | Dans sa réponse à l’information provisoire, Chutian a réitéré la demande d’ajustement des prix du CO2 afin d’éliminer les distorsions causées par le CO2 de qualité alimentaire et le CO2 transporté dans des bouteilles. De même, Redstar a fait valoir dans sa réponse à l’information provisoire que l’utilisation par la Commission des prix du CO2 liquide en bouteille n’était pas représentative des prix réels payés par les producteurs chinois, qui utilisent le transport par citerne ou par camion. Redstar a donc demandé à la Commission d’exclure les données relatives à l’importation du CO2 liquide en bouteille et de ne prendre en considération que le CO2 conditionné dans des citernes. |
| (29) | Les arguments des producteurs-exportateurs ont été examinés et réfutés au considérant 114 du règlement provisoire. En outre, Chutian et Redstar n’ont pas démontré que la valeur de référence établie pour le CO2 incluait différentes qualités et différents moyens de transport (bouteille ou camion) (et dans quelles proportions), ni dans quelle mesure les prix seraient différents. Les arguments de Chutian et de Redstar ont été considérés comme non fondés et ont donc été rejetés. |
| (30) | En réponse à l’information provisoire, le plaignant (Kandelium) a réitéré ses allégations selon lesquelles l’établissement de coûts de remplacement du charbon bitumineux et du CO2 devrait être ajusté pour refléter les coûts supportés par les producteurs en Turquie. Les arguments de Kandelium ont été rejetés moyennant un renvoi aux considérants 104 et 115 du règlement provisoire. Il a notamment été rappelé que, lorsqu’aucune référence représentative pour un intrant particulier n’est disponible dans les statistiques nationales ou dans les statistiques des importations du pays représentatif et que d’autres indices de référence sont utilisés, la Commission ne détermine plus le prix de cet intrant tel qu’il est supporté dans le pays représentatif par les producteurs nationaux (en l’occurrence en Turquie). |
3.1.2.2. Sources utilisées pour établir des montants non faussés et raisonnables pour les frais VAG et la marge bénéficiaire
| (31) | En réponse à l’information provisoire, Chutian a fait valoir que les chiffres relatifs aux frais VAG de Sisecam utilisés pour construire la valeur normale devraient être ajustés afin d’exclure les coûts de transport, les frais d’assurance, les commissions et les frais d’emballage, étant donné qu’ils ont déjà été déclarés dans les tableaux transaction par transaction pour les ventes dans l’Union. Premièrement, notamment, les frais de transport (nettement plus élevés que les frais d’assurance, les frais d’emballage ou les commissions) ont été dûment exclus des frais VAG de Sisecam, comme indiqué dans la seconde note et ses annexes Vib et Vic. Deuxièmement, la Commission a fait observer que les coûts d’emballage n’étaient pas considérés comme des ajustements déduits du prix à l’exportation en l’espèce, ce qui rend l’argument de Chutian sur ce point dénué de fondement. Troisièmement, en ce qui concerne les frais d’assurance et les commissions, les données accessibles au public sur les frais VAG de Sisecam ne permettaient pas d’établir la finalité de ces postes de coûts ni si et dans quelle mesure ils se rapportaient au segment du sulfate de chrome, pertinent en l’espèce. Par conséquent, aucun ajustement des frais VAG n’a été effectué au titre de ces postes de coûts. En conclusion, les frais VAG pour Sisecam, tels que déterminés par la Commission, ont été jugés raisonnables au sens de l’article 2, paragraphe 6 bis, point a), du règlement de base. L’argument de Chutian a donc dû être rejeté. |
| (32) | Par ailleurs, Chutian a demandé à la Commission d’exclure un certain nombre de dépenses des frais VAG liés à la production de sulfate de chrome, au motif qu’ils ne reflètent pas correctement les frais VAG supportés par les producteurs (chinois) de carbonate de baryum. Toutefois, la Commission a rappelé que l’objectif de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base n’est pas de refléter les frais VAG des producteurs-exportateurs de carbonate de baryum (qui sont considérés comme faussés). L’objectif est plutôt de déterminer des montants raisonnables et non faussés pour les frais VAG. En l’espèce, Sisecam et Alkim, producteurs turcs de sulfate de chrome (pour lequel il a été établi qu’il constituait un produit représentatif approprié de la même catégorie générale que le carbonate de baryum), ont été dûment identifiés comme étant des producteurs représentatifs et les données relatives à leurs frais VAG ont été utilisées en conséquence comme une valeur de remplacement raisonnable, d’où l’utilisation de montants raisonnables pour les frais VAG et la marge bénéficiaire. L’argument de Chutian a donc été rejeté. |
3.1.3. Prix à l’exportation
| (33) | Les détails du calcul du prix à l’exportation sont exposés au considérant 131 du règlement provisoire. En l’absence d’observations concernant le prix à l’exportation, la conclusion figurant au considérant 131 a été confirmée. |
3.1.4. Comparaison
| (34) | En l’absence d’arguments concernant la comparaison équitable au titre de l’article 2, point 10, du règlement de base, les considérants 132 et 135 du règlement provisoire ont été confirmés. |
3.1.5. Marges de dumping
| (35) | En l’absence d’arguments concernant le calcul de la marge de dumping, le considérant 142 du règlement provisoire a été confirmé. |
| (36) | Les marges de dumping définitives, exprimées en pourcentage du prix CIF (coût, assurance et fret) frontière de l’Union, avant dédouanement, sont fixées comme suit:
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3.2. Inde
| (37) | La Commission n’a reçu aucune observation concernant le calcul de la marge de dumping relative à l’Inde à la suite de l’information provisoire. |
| (38) | Les conclusions provisoires de la Commission énoncées aux considérants 143 à 159 du règlement provisoire ont donc été confirmées. |
| (39) | Les marges de dumping définitives, exprimées en pourcentage du prix CIF (coût, assurance et fret) frontière de l’Union, avant dédouanement, sont fixées comme suit:
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4. PRÉJUDICE
4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union
| (40) | En l’absence de toute observation concernant la définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union, les conclusions énoncées aux considérants 160 à 162 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.2. Consommation de l’Union
| (41) | En l’absence de toute observation concernant la consommation de l’Union, les conclusions énoncées aux considérants 163 à 165 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.3. Importations en provenance des pays concernés
| (42) | À la suite de l’information provisoire, Chutian a fait observer que les importations en provenance de Chine ont diminué au cours de la période considérée, contrairement aux importations en provenance de l’Inde, qui ont continué d’augmenter, à des prix constamment inférieurs aux prix des importations en provenance de Chine. Par conséquent, Chutian a fait valoir que cela reflétait des comportements de marché fondamentalement différents et que les importations en provenance de Chine ne devaient pas être cumulées avec les importations en provenance de l’Inde et a demandé à la Commission d’évaluer le préjudice prétendument causé par les exportations chinoises séparément de celui causé par les exportations indiennes. |
| (43) | La Commission a contesté cette affirmation. Bien que la part de marché de l’Inde ait augmenté, passant de [10 %-25 %] en 2021 à [20 %-25 %] au cours de la période d’enquête, la Chine est toujours parvenue à conserver une importante part de marché [40 %-55 %]. En outre, les prix à l’exportation des deux pays ont considérablement sous-coté les prix de l’industrie de l’Union au cours de la période considérée. Dès lors, la Commission a considéré que le cumul des importations en provenance de l’Inde et de Chine lors de l’évaluation du préjudice causé à l’industrie de l’Union était correct. |
| (44) | La Commission a confirmé que les conditions de l’évaluation cumulative des importations au titre de l’article 3, paragraphe 4, du règlement de base avaient été analysées et jugées remplies aux considérants 166 à 169 du règlement provisoire. Les parties intéressées, y compris Chutian, n’ont présenté, à la suite de l’institution de mesures provisoires, aucun nouvel argument susceptible de modifier cette appréciation ou qui serait pertinent au titre de l’article 3, paragraphe 4, du règlement de base. |
| (45) | Cette allégation a donc été rejetée. |
4.4. Situation économique de l’industrie de l’Union
| (46) | À la suite de l’information provisoire, Chutian a fait valoir que le flux de liquidités négatif de l’industrie de l’Union était en partie dû aux ajustements des comptes vérifiés du producteur de l’Union causés par la réévaluation des stocks et la réaffectation des coûts après une modification du système de déclaration. Chutian a également affirmé que la Commission n’avait pas précisé si ces effets avaient été exclus de l’évaluation du préjudice. Chutian a demandé à la Commission de divulguer si et comment ces ajustements étaient exclus et, dans la négative, de les exclure et de réévaluer le préjudice et le lien de causalité en conséquence. |
| (47) | La Commission a précisé au considérant 206 du règlement provisoire que le principal facteur à l’origine de la tendance des flux de liquidités au cours de la période considérée était la baisse significative de la rentabilité de l’industrie de l’Union. Cette situation s’explique principalement par l’incapacité de l’industrie de l’Union à ajuster les prix en réponse à la pression importante exercée par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine et de l’Inde, ce qui l’a empêchée de couvrir des coûts croissants. La Commission a confirmé qu’elle tenait dûment compte de l’incidence des ajustements comptables du producteur de l’Union dans les chiffres utilisés pour l’évaluation. La diminution des flux de liquidités au cours de la période considérée serait encore plus importante si l’effet de la modification du système de déclaration sur les flux de liquidités était déduit de l’indicateur de préjudice. Il n’est pas possible de divulguer plus en détail l’incidence des ajustements comptables car il s’agit d’informations commerciales confidentielles. L’allégation de Chutian a donc été rejetée. |
| (48) | Chutian a également affirmé que l’augmentation des investissements au cours de la période considérée était due au report d’un investissement ponctuel, lié à des mesures concernant la santé, la sécurité et l’environnement. Chutian a fait valoir que cet investissement a été reporté à une date postérieure à la séparation entre Kandelium et Solvay et que les coûts correspondants ont été imputés aux années au cours desquelles il a eu lieu. D’après Chutian, cette comptabilisation pourrait fausser l’évaluation du préjudice, étant donné que l’incidence des investissements tardifs devrait être répartie sur la période au cours de laquelle ils étaient censés avoir lieu, et pas seulement sur la période considérée. Chutian a demandé à la Commission d’ajuster l’analyse du préjudice en répartissant les coûts de l’investissement lié à des mesures concernant la santé, la sécurité et l’environnement sur la période appropriée. |
| (49) | La Commission a considéré qu’une affectation du coût de cet investissement à la période antérieure à sa réalisation serait contraire aux normes comptables internationales et de nature spéculative, et l’argument a donc été rejeté. |
4.5. Conclusion relative au préjudice
| (50) | Tous les arguments formulés par les parties en réponse au règlement provisoire ont été rejetés. La Commission a donc confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 209 et 212 du règlement provisoire. |
5. LIEN DE CAUSALITÉ
5.1. Effets des importations faisant l’objet d’un dumping
| (51) | À la suite de l’information provisoire, Redstar et Chutian ont affirmé que l’augmentation des coûts de production de l’industrie de l’Union au cours de la période considérée était due à des circonstances exceptionnelles telles que la hausse des prix des matières premières et des coûts de l’énergie et ne devait pas être attribuée aux importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine. En outre, Redstar a contesté l’argument présenté par la Commission selon lequel les importations faisant l’objet d’un dumping empêchaient Kandelium de couvrir ses coûts. Redstar a réitéré ces observations en réponse à l’information finale. |
| (52) | En particulier, Chutian a affirmé que le préjudice causé par l’augmentation du coût de la main-d’œuvre ne pouvait pas être attribué aux importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping. Chutian a répété que les coûts salariaux de Kandelium avaient augmenté en raison de sa séparation du groupe Solvay en 2021. En effet, avant la séparation, Solvay supportait certains coûts horizontaux, dont des coûts administratifs. Chutian a demandé à la Commission d’indiquer si et comment elle excluait des indicateurs de préjudice les effets de ces augmentations des coûts de main-d’œuvre causées par la restructuration de ces sociétés et a demandé à la Commission d’exclure ces effets des marges de sous-cotation des prix et des prix indicatifs et de réexaminer son évaluation du lien de causalité en conséquence. |
| (53) | La Commission a constaté que les coûts de la main-d’œuvre de Kandelium étaient affectés par l’inflation et la séparation de la société, comme indiqué au considérant 200 du règlement provisoire. Néanmoins, la Commission a aussi constaté que les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping représentaient une part de marché importante au cours de la période concernée [40 %-55 %], et que leurs prix avaient chuté de 4 % au cours de la même période. Cela a empêché l’industrie de l’Union, qui était déjà déficitaire, de répercuter ses surcoûts sur les clients finals. Par conséquent, les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping à des prix en baisse ont contribué directement à l’érosion de la rentabilité de l’industrie de l’Union au cours de la période considérée. |
| (54) | En outre, la Commission a constaté qu’après la séparation de Solvay, Kandelium a commencé à opérer en tant que société individuelle disposant de ses propres services horizontaux et administratifs. Ces coûts n’ayant pas été considérés comme extraordinaires, la Commission n’a déduit aucun des coûts des calculs de la sous-cotation des prix indicatifs ni de l’analyse du lien de causalité. |
| (55) | Enfin, il n’est pas contesté que la crise énergétique a entraîné une flambée des coûts de l’énergie et, en conséquence, du coût de production du carbonate de baryum dans l’Union, comme indiqué au considérant 196 du règlement provisoire. Toutefois, au cours de la période 2021-2022, alors que les coûts de production étaient en hausse et que les prix de l’énergie atteignaient leurs niveaux les plus élevés, les producteurs de l’Union ont été en mesure d’accroître leurs prix de vente pour absorber ces coûts tout en maintenant leurs volumes de vente, parce qu’en 2022 les prix des importations en provenance de Chine et de l’Inde étaient eux aussi particulièrement élevés. En 2023 et au cours de la période d’enquête, lorsque la tendance à la hausse des prix de l’énergie s’est inversée, la rentabilité de l’industrie de l’Union a fortement diminué pour atteindre des niveaux anormalement bas. Au cours de ces années, sur un marché en déclin, l’industrie de l’Union a été contrainte de baisser ses prix de vente en raison de la pression exercée sur les prix par les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine et de l’Inde, et a subi un recul en ce qui concerne à la fois le volume des ventes et la part de marché. La Commission a donc rejeté cette allégation. |
| (56) | À la suite de l’information finale, Redstar a déclaré que la Commission avait imputé à tort aux importations faisant l’objet d’un dumping un préjudice qui était en fait causé par d’autres facteurs non liés aux importations. Redstar a affirmé qu’il était irréaliste de s’attendre à ce qu’une augmentation exceptionnelle des coûts due à la crise énergétique, à l’inflation et à la restructuration des entreprises soit intégralement répercutée sur les clients. |
| (57) | Redstar a fait observer que le producteur de l’Union était déjà parvenu à répercuter sur ses clients une grande partie de ses hausses de coûts antérieures, les prix de vente de l’Union ayant augmenté proportionnellement en 2022. Redstar a toutefois soutenu que, puisque les coûts de production avaient encore progressé de 45 % entre 2022 et la période d’enquête, il était douteux que l’industrie de l’Union puisse répercuter cette hausse des coûts supplémentaire sur ses clients, étant donné qu’elle avait déjà fortement augmenté ses prix l’année précédente. Enfin, Redstar a affirmé que la crise énergétique, l’inflation et la restructuration des entreprises étaient des facteurs propres à l’Union et n’avaient pas d’incidence sur les exportateurs chinois ou indien, de sorte qu’il était déraisonnable d’attendre de ces exportateurs qu’ils augmentent leurs prix de la même manière que l’industrie de l’Union. |
| (58) | Aux considérants 227 à 237 du règlement provisoire, la Commission a analysé les raisons de l’augmentation du coût de production de l’industrie de l’Union et a conclu que, bien que la hausse des coûts de production ait été due en fait à l’accroissement des coûts des matières premières et des prix de l’énergie ainsi qu’à certains investissements tardifs, l’accroissement des coûts de production n’avait ni atténué ni rompu le lien de causalité entre les importations faisant l’objet d’un dumping et le préjudice important. En fait, la Commission a constaté que les importations faisant l’objet d’un dumping avaient exercé une forte pression sur les prix qui avait empêché l’industrie de l’Union de répercuter au moins une partie de ses coûts de production accrus sur l’industrie en aval pour rester rentable. Comme indiqué aux considérants 229 et 230 du règlement provisoire, en 2022, alors même que les prix chinois et indiens avaient atteint leur plus haut niveau de la période considérée, l’industrie de l’Union a été en mesure d’augmenter ses prix de vente afin d’absorber la hausse de ses coûts de production, ce qui montre que le marché en aval pouvait faire face à des prix plus élevés en 2022. Toutefois, entre 2022 et la période d’enquête, le prix de vente des importations en provenance de Chine et de l’Inde a chuté d’environ 50 %. Parallèlement, malgré une nouvelle augmentation de ses coûts de production, l’industrie de l’Union a même dû réduire ses prix de vente au cours de la période d’enquête jusqu’à un niveau inférieur d’environ 16 % à son coût de production. Cela montre que l’industrie de l’Union a été contrainte de baisser ses prix en raison du blocage des prix opéré par les importations faisant l’objet d’un dumping. Redstar n’a fourni aucun nouvel élément de preuve susceptible de remettre en cause la conclusion ci-dessus. |
| (59) | Pour les raisons exposées ci-dessus, la Commission rejette les observations de Redstar et confirme ses conclusions sur le lien de causalité. |
5.2. Conclusion concernant le lien de causalité
| (60) | Tous les arguments formulés par les parties en réponse au règlement provisoire ont été rejetés. La Commission a donc conclu, sur la base des conclusions communiquées dans le règlement provisoire, que les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine et de l’Inde ont causé un préjudice important à l’industrie de l’Union et que les autres facteurs, considérés individuellement ou collectivement, n’ont pas atténué ni rompu le lien de causalité entre les importations faisant l’objet d’un dumping et le préjudice important. Les conclusions concernant le lien de causalité exposées aux considérants 233 à 237 du règlement provisoire ont été confirmées. |
6. NIVEAU DES MESURES
6.1. Marge de préjudice
| (61) | À la suite de l’information provisoire, Chutian a souligné que l’industrie de l’Union produisait du carbonate de baryum au moyen du procédé de calcination, qui est plus coûteux que le procédé de pressage utilisé par Chutian. Chutian a demandé à la Commission de divulguer la manière dont cette différence de procédé de production a été prise en compte dans les calculs de la marge de dumping et de la marge de préjudice. |
| (62) | Les calculs de la marge de dumping et de préjudice effectués par la Commission reflètent les procédés de production différents puisqu’ils étaient fondés sur des comparaisons entre types de produits comparables, sur la base du numéro de contrôle de produit (NCP) établi dans le cadre de l’enquête. Par exemple, le type de produit «en poudre» a été comparé au type de produit «en poudre», le type de produit «granulés pressés» au type de produit «granulés pressés» et le type de produit «granulés calcinés» au type de produit «granulés calcinés». Par conséquent, toute différence dans les types de produits et dans les coûts de production correspondants (et donc dans les procédés de production) a été dûment prise en compte dans les calculs. La Commission a communiqué l’intégralité des marges de dumping et de préjudice fondées sur les types de produit aux parties intéressées concernées, y compris à Chutian au moment de l’information provisoire. |
| (63) | À la suite de l’information provisoire, Redstar a fait observer que les coûts futurs découlant des engagements en matière d’environnement et de travail inclus dans le prix cible lors du calcul des marges de préjudice, à savoir [20-100] EUR/tonne devaient être certains et attendus pendant la période d’application des mesures antidumping, conformément à l’article 7, paragraphe 2 quinquies, du règlement de base. En d’autres termes, la Commission ne pourrait prétendument pas se fonder sur de simples spéculations ou hypothèses pour procéder à des ajustements prospectifs des prix. |
| (64) | En outre, Redstar a considéré que la Commission n’avait pas suffisamment divulgué les informations pertinentes utilisées pour calculer les coûts futurs de [20-100] EUR/tonne. En particulier, la composition et le processus de calcul de ces coûts, ainsi que la question de savoir si la fourchette de [20 – 100] EUR/tonne a été déterminée sur la base de différents NCP et, si tel était le cas, le montant des coûts attribué à chaque NCP et les raisons pour lesquelles il existe une différence aussi considérable. |
| (65) | La Commission confirme que ces coûts et les hypothèses sous-jacentes (en particulier, les projections de la consommation d’énergie, les prix de l’énergie et les prix des émissions de polluants) ont été dûment vérifiés dans les locaux de l’industrie de l’Union. Le producteur de l’Union a estimé le prix des émissions pour les années à venir de manière linéaire, en supposant une augmentation de [10-20] EUR par an et par certificat. Toutefois, comme indiqué au considérant 162 du règlement provisoire, étant donné qu’il n’y a qu’un seul producteur dans l’Union, afin de préserver la confidentialité conformément à l’article 19 du règlement de base, la Commission n’est pas en mesure de divulguer des informations plus détaillées, puisqu’il s’agit d’informations sensibles concernant cette entreprise. |
| (66) | À la suite de l’information finale, Redstar a déclaré que la méthode permettant d’obtenir le coût futur estimé de [20-100] EUR/tonne restait peu claire. En particulier, Redstar a demandé des éclaircissements sur l’horizon temporel des futurs coûts de mise en conformité, sur la signification de l’augmentation «linéaire» de [10-20] EUR par certificat d’émission et par an, et sur la question de savoir si une méthode reposant sur une moyenne pondérée des NCP était utilisée. Redstar a en outre affirmé que les producteurs-exportateurs chinois étaient également soumis à des exigences de mise en conformité en matière d’environnement et de travail et que, par conséquent, la comparaison d’un prix cible pour l’industrie de l’Union qui était ajusté en fonction de coûts de mise en conformité futurs avec un prix à l’exportation non ajusté fondé sur des données réelles soulevait des préoccupations quant à la question de savoir si la comparaison pouvait être considérée comme «équitable». |
| (67) | En vertu de l’article 7, paragraphe 2 quinquies, du règlement de base, il doit être tenu compte des coûts futurs qui résultent d’accords multilatéraux sur l’environnement auxquels l’Union est partie et de leurs protocoles, ou de conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), que l’industrie de l’Union supportera pendant l’application de la mesure. Conformément au règlement de base et à la pratique constante de la Commission, l’industrie de l’Union a été invitée à déclarer ses futurs coûts de mise en conformité dans la réponse au questionnaire pour les années d’application de la mesure et la Commission a vérifié ces informations sur place. Sur la base des données vérifiées, la Commission a calculé les futurs coûts de mise en conformité exprimés en euros par tonne pour les années 2025 à 2028 en se fondant sur le coût net estimé des émissions de CO2 pour le produit soumis à l’enquête. Le prix du certificat d’émission repose sur des données de marché aisément disponibles. Le même coût calculé par tonne a ensuite été ajouté au prix cible pour tous les NCP. |
| (68) | Par contre, comme le prévoit l’article 2, paragraphe 8, du règlement de base, le prix à l’exportation correspond aux prix effectivement payés ou à payer pour le produit vendu à l’exportation depuis le pays exportateur vers l’Union. En vertu du règlement de base, le prix à l’exportation ne peut pas être ajusté pour tenir compte des futurs coûts de mise en conformité. Sur cette base, la Commission rejette l’allégation de Redstar selon laquelle la comparaison ayant conduit au calcul de la marge de préjudice décrite au considérant 245 du règlement provisoire ne serait pas «équitable». |
| (69) | Par conséquent, la Commission n’a pas ajusté le niveau d’élimination du préjudice à cet égard. |
| (70) | En l’absence de toute observation justifiant la révision des marges de préjudice, le niveau final d’élimination du préjudice pour les producteurs-exportateurs ayant coopéré et toutes les autres sociétés est le suivant:
|
6.2. Examen de la marge suffisante pour éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union en ce qui concerne la Chine
| (71) | Comme expliqué aux considérants 247 et 248 du règlement provisoire, le plaignant a fourni à la Commission des éléments de preuve suffisants de l’existence de distorsions affectant les matières premières en Chine en ce qui concerne le produit soumis à l’enquête. Par conséquent, conformément à l’article 7, paragraphe 2 bis, du règlement de base, cette enquête a examiné les distorsions alléguées afin d’évaluer si, le cas échéant, un droit inférieur à la marge de dumping suffirait à éliminer le préjudice. |
| (72) | Cependant, les marges suffisantes pour éliminer le préjudice étant supérieures aux marges de dumping, la Commission a considéré qu’il n’était pas nécessaire de traiter cet aspect. |
6.3. Conclusion concernant le niveau des mesures
| (73) | Eu égard à l’évaluation ci-dessus, des droits antidumping définitifs devraient être institués comme indiqué ci-dessous conformément à l’article 7, paragraphe 2, du règlement de base:
|
7. INTÉRÊT DE L’UNION
| (74) | À la suite de l’information finale, l’association nationale espagnole des fabricants de frittes, de glaçures et de couleurs céramiques (Asociation Nacional de Fabricantes de Firtas, Esmaltes y Colores Cerámicos, ci-après l’«ANFFECC») a réitéré plusieurs allégations concernant l’intérêt de l’Union qu’elle avait déjà présentées au cours de la phase provisoire de l’enquête, sans toutefois fournir de nouveaux éléments de preuve à l’appui. Ces observations ont été résumées aux considérants 273 à 280 du règlement provisoire, où figure également la réponse de la Commission. Dès lors, et étant donné que ces observations sont parvenues après le délai fixé par la Commission pour présenter des observations sur l’information finale conformément à l’article 20, paragraphe 5, du règlement de base — l’ANFFECC n’ayant pas demandé de prolongation de ce délai —, la Commission a rejeté les observations en question. |
| (75) | Les conclusions énoncées aux considérants 250 à 282 du règlement provisoire ont été confirmées. |
8. MESURES ANTIDUMPING DÉFINITIVES
8.1. Mesures définitives
| (76) | Compte tenu des conclusions concernant le dumping, le préjudice, le lien de causalité, le niveau des mesures et l’intérêt de l’Union, et conformément à l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base, il convient d’instituer des mesures antidumping définitives afin d’éviter l’aggravation du préjudice causé à l’industrie de l’Union par les importations du produit concerné faisant l’objet d’un dumping. |
| (77) | Eu égard à ce qui précède, les taux de droit antidumping définitifs, exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit:
|
| (78) | Les taux de droit antidumping individuels par société figurant dans le présent règlement ont été établis sur la base des conclusions de la présente enquête. Ils reflètent donc la situation constatée au cours de l’enquête pour les sociétés concernées. Ces taux de droit s’appliquent donc exclusivement aux importations du produit soumis à l’enquête originaire du pays concerné et fabriqué par les entités juridiques citées. Les importations du produit concerné fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas spécifiquement mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris les entités liées aux sociétés spécifiquement mentionnées, ne peuvent pas bénéficier de ces taux et il convient qu’elles soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres importations originaires du pays concerné». |
| (79) | Une société peut demander l’application de ces taux de droit antidumping individuels si elle change ultérieurement le nom de son entité. La demande doit être adressée à la Commission (5). Elle doit contenir toutes les informations pertinentes permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de nom de la société n’a pas d’effet sur le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement relatif au changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne. |
| (80) | Afin de réduire autant que possible les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir la bonne application des droits antidumping individuels. L’application de droits antidumping individuels est subordonnée à la présentation d’une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. La facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Jusqu’à présentation d’une telle facture, les importations devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres importations originaires des pays concernés». |
| (81) | Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, cette facture n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres devraient effectuer leurs vérifications habituelles et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit est justifiée, conformément à la législation douanière. |
| (82) | Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant de taux de droit individuels plus bas devait augmenter de manière significative, en particulier après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant en soi une modification de la configuration du commerce résultant de l’institution de mesures, au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, une enquête anticontournement pourrait être ouverte, pour autant que les conditions requises à cet effet soient remplies. Cette enquête pourra notamment examiner la nécessité de supprimer le ou les taux de droit individuels et d’instituer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale. |
| (83) | Afin d’assurer l’application correcte des droits antidumping, il convient que le droit antidumping applicable à toutes les autres importations originaires des pays concernés s’applique non seulement aux producteurs-exportateurs n’ayant pas coopéré à la présente enquête, mais aussi aux producteurs qui n’ont effectué aucune exportation vers l’Union au cours de la période d’enquête. |
| (84) | Les producteurs-exportateurs de la RPC qui n’ont pas exporté le produit concerné vers l’Union au cours de la période d’enquête devraient pouvoir demander auprès de la Commission à être soumis au taux de droit antidumping applicable aux sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon. La Commission devrait faire droit à cette demande, pour autant que trois conditions soient remplies. Le nouveau producteur-exportateur devra démontrer: i) qu’il n’a pas exporté le produit concerné vers l’Union pendant la période d’enquête; ii) qu’il n’est pas lié à un producteur-exportateur qui l’a fait; et iii) qu’il a exporté le produit concerné par la suite ou a souscrit une obligation contractuelle et irrévocable d’exportation d’une quantité importante. |
8.2. Perception définitive des droits provisoires
| (85) | Compte tenu des marges de dumping constatées et de l’importance du préjudice causé à l’industrie de l’Union, il est jugé nécessaire de percevoir définitivement, jusqu’à concurrence des niveaux établis par le présent règlement, les montants déposés au titre des droits antidumping provisoires institués par le règlement provisoire. |
8.3. Perception rétroactive
| (86) | Comme indiqué à la section 1.2 ci-dessus, la Commission a soumis à enregistrement les importations du produit soumis à l’enquête. |
| (87) | Au stade définitif de l’enquête, les données recueillies dans le cadre de l’enregistrement ont été évaluées. La Commission a déterminé si les critères fixés à l’article 10, paragraphe 4, du règlement de base étaient remplis pour la perception rétroactive des droits définitifs. |
| (88) | L’analyse de la Commission n’a révélé aucune nouvelle augmentation substantielle des importations en plus du niveau des importations ayant causé un préjudice au cours de la période d’enquête, conformément à l’article 10, paragraphe 4, point d), du règlement de base. Aux fins de cette analyse, la Commission a comparé le volume et les prix mensuels moyens au cours de la période d’enquête avec la moyenne mensuelle de la période comprise entre la fin de la période d’enquête et le mois précédant l’enregistrement. Cette comparaison a révélé une diminution des volumes de 9 %, avec une hausse des prix de 11 %. La Commission a également comparé le volume et les prix mensuels moyens au cours de la période d’enquête avec la moyenne mensuelle de la période comprise entre la fin de la période d’enquête et le mois au cours duquel les mesures provisoires ont été instituées. Cette comparaison a révélé une augmentation des volumes de 9 %, avec une baisse des prix de 7 %. Dans le même temps, le dossier ne contenait aucun élément prouvant que la consommation du produit concerné présentait un caractère saisonnier. |
| (89) | Par conséquent, la Commission a conclu que les conditions d’une perception rétroactive n’étaient pas remplies. |
9. DISPOSITIONS FINALES
| (90) | Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parelement européen et du Conseil (6), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux d’intérêt devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne en vigueur le premier jour civil de chaque mois. |
| (91) | Les mesures prévues par le présent règlement sont conformes à l’avis du comité institué par l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036, |
A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
1. Il est institué un droit antidumping définitif sur les importations de carbonate de baryum contenant plus de 0,07 % en poids de strontium et plus de 0,0015 % en poids de soufre et se présentant sous forme de poudre ou de granulés pressés ou calcinés, relevant actuellement du code NC ex 2836 60 00 (code TARIC 2836 60 00 10) et originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde.
2. Le taux du droit antidumping définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, des produits décrits au paragraphe 1 et fabriqués par les sociétés énumérées ci-après s’établit comme suit:
| Pays d’origine | Société | Droit antidumping définitif | Code additionnel TARIC |
| République populaire de Chine | Guizhou Redstar Developing Co., Ltd | 83,9 % | 89SE |
| République populaire de Chine | Hubei Jingshan Chutian Barium Salts Co., Ltd | 72,6 % | 89SF |
| République populaire de Chine | Autres sociétés ayant coopéré énumérées en annexe | 78,2 % | Voir annexe |
| République populaire de Chine | Toutes les autres importations originaires du pays concerné | 83,9 % | 8999 |
| Inde | Vishnu Barium Private Limited | 4,6 % | 89SH |
| Inde | Toutes les autres importations originaires du pays concerné | 4,6 % | 8999 |
3. L’application des taux de droit individuels précisés pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit figurer une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je, soussigné(e), certifie que les (volume dans l’unité que nous utilisons) de (produit concerné) vendu(e)s à l’exportation vers l’Union européenne et faisant l’objet de la présente facture ont été fabriqué(e)s par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.». Jusqu’à présentation d’une telle facture, le taux de droit applicable à toutes les autres importations originaires du pays concerné s’applique.
4. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane s’appliquent.
Article 2
Les montants déposés au titre du droit antidumping provisoire institué par le règlement d’exécution (UE) 2025/1724 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde sont définitivement perçus. Les montants déposés au-delà des taux de droit antidumping définitifs sont libérés.
Article 3
L’article 1er, paragraphe 2, peut être modifié pour ajouter de nouveaux producteurs-exportateurs chinois et les soumettre au taux de droit antidumping moyen pondéré approprié pour les sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon. Un nouveau producteur-exportateur apporte la preuve:
| a) | qu’il n’a pas exporté les produits visés à l’article 1er, paragraphe 1, au cours de la période d’enquête (du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024); |
| b) | qu’il n’est pas lié à un exportateur ou à un producteur soumis aux mesures instituées par le présent règlement et qui aurait pu coopérer à l’enquête initiale; et |
| c) | qu’il a effectivement exporté le produit concerné ou a souscrit une obligation contractuelle et irrévocable d’exportation d’une quantité importante vers l’Union après la fin de la période d’enquête. |
Article 4
Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à Bruxelles, le 12 janvier 2026.
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2016/1036/oj.
(2) JO C, C/2024/7461, 20.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7461/oj.
(3) Règlement d’exécution (UE) 2025/482 de la Commission du 14 mars 2025 soumettant à enregistrement les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde (JO L, 2025/482, 17.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/482/oj).
(4) Règlement d’exécution (UE) 2025/1724 de la Commission du 8 août 2025 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de carbonate de baryum originaire de la République populaire de Chine et de l’Inde (JO L, 2025/1724, 11.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/1724/oj).
(5) Courriel: TRADE-TDI-NAME-CHANGE-REQUESTS@ec.europa.eu; Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.
(6) Règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO L, 2024/2509, 26.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/2509/oj).
ANNEXE
Producteurs-exportateurs de la République populaire de Chine ayant coopéré non retenus dans l’échantillon:
| Pays | Nom | Code additionnel TARIC |
| République populaire de Chine | Guizhou Hongtai Barium Industry Co., Ltd | 89SG |
ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2026/71/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Règlement d’exécution (UE) 2026/1932 de la Commission du 10 août 2026 portant modalités d’application du règlement (CE) no 1224/2009 du Conseil en ce qui concerne la pesée des produits de la pêche, leur contrôle et leur inspection, ainsi que l’adoption de plans de sondage, de plans de contrôle et de programmes de contrôle communs
10/08/2026
Règlement d’exécution (UE) 2026/1926 de la Commission du 7 août 2026 modifiant le règlement d’exécution (UE) 2022/191 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains éléments de fixation en fer ou en acier originaires de la République populaire de Chine à la suite de l’acceptation d’une demande de statut de nouveau producteur-exportateur
07/08/2026
Règlement d’exécution (UE) 2026/1940 du Conseil du 7 août 2026 mettant en œuvre le règlement (UE) n° 269/2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine
07/08/2026
Règlement d’exécution (UE) 2026/1941 de la Commission du 7 août 2026 modifiant le règlement (UE) 2016/44 du Conseil concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Libye
07/08/2026