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AccueilDroit européen32026R0285
Règlement délégué32026R0285

Règlement délégué (UE) 2026/285 de la Commission du 3 février 2026 complétant le règlement (UE) 2024/3012 du Parlement européen et du Conseil en établissant les méthodes de certification des activités d’absorption permanente de carbone

CELEX32026R0285
TypeRèglement délégué
Datemardi 3 février 2026

Résumé IA

Ce règlement délégué définit les méthodes techniques précises pour certifier les activités d'absorption permanente de carbone, dans le cadre du système européen de certification des absorptions de carbone. Il opérationnalise ainsi le cadre général établi par le règlement (UE) 2024/3012 en fournissant les règles détaillées nécessaires à la mise en œuvre du dispositif.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2026/285

17.4.2026

RÈGLEMENT DÉLÉGUÉ (UE) 2026/285 DE LA COMMISSION

du 3 février 2026

complétant le règlement (UE) 2024/3012 du Parlement européen et du Conseil en établissant les méthodes de certification des activités d’absorption permanente de carbone

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2024/3012 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2024 établissant un cadre de certification de l’Union relatif aux absorptions permanentes de carbone, à l’agrostockage de carbone et au stockage de carbone dans des produits (1), et en particulier son article 8, paragraphe 2,

considérant ce qui suit:

(1)

Le règlement (UE) 2024/3012 établit un cadre de certification volontaire de l’Union pour les absorptions permanentes de carbone, l’agrostockage de carbone et le stockage de carbone dans des produits afin de favoriser la réalisation des objectifs de l’Union conformément à l’accord de Paris adopté au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (2), en particulier la réalisation collective de l’objectif de neutralité climatique, d’ici à 2050 au plus tard, comme le prévoit le règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil (3). À cette fin, le règlement (UE) 2024/3012 établit des critères de qualité pour les activités d’absorption de carbone en ce qui concerne la quantification, l’additionnalité, le stockage, la responsabilité et la durabilité. Il est nécessaire de définir les méthodes de certification par lesquelles les exploitants d’activités d’absorption permanente de carbone menées dans l’Union peuvent démontrer la conformité de leurs activités avec ces critères de qualité et par lesquelles les absorptions de carbone générées par ces activités peuvent être admissibles à une certification en vertu du cadre de l’Union.

(2)

L’examen des méthodes existantes de certification des absorptions permanentes de carbone effectué par la Commission et les travaux menés par la suite par le groupe d’experts sur les absorptions de carbone ont mis en évidence trois types d’activités d’absorption permanente de carbone pour lesquelles les connaissances scientifiques et la maturité technologique permettent de développer des méthodes de certification, aux fins du règlement (UE) 2024/3012, qui garantissent la quantification robuste et transparente du bénéfice net d’absorption de carbone, à savoir le captage direct dans l’air avec stockage du carbone (ci-après le «DACCS»), le captage des émissions biogéniques avec stockage de carbone (ci-après le «bioCSC») et l’absorption de carbone par le biocharbon (ci-après le «BCR»).

(3)

Il y a lieu de réexaminer périodiquement le présent règlement, au moins tous les quatre ans, sous tous ses aspects. Il convient de tenir compte des progrès technologiques et scientifiques et de l’innovation, en particulier des améliorations en matière de surveillance, de déclaration et de vérification en ce qui concerne les activités de DACCS, de bioCSC et de BCR et les autres activités d’absorption permanente de carbone. L’évolution de la législation de l’Union doit également être prise en considération, notamment le réexamen des exigences de durabilité au titre de la directive (UE) 2018/2001 du Parlement européen et du Conseil (4). Dans le cadre de la mise en œuvre du présent règlement, afin de tenir compte de l’expérience acquise, des événements de partage des connaissances doivent être organisés pour recueillir des contributions et partager les bonnes pratiques.

(4)

À l’heure actuelle, les activités de DACCS, de bioCSC et de BCR sont touchées par une défaillance du marché; c’est-à-dire qu’elles procurent des avantages en matière d’atténuation du changement climatique qui sont associés à des coûts mais ne génèrent pas de recettes suffisantes pour leurs exploitants, ce qui se traduit par un déficit de financement (5). Les exploitants qui captent et stockent du CO2 biogénique ou atmosphérique ne sont pas en mesure d’obtenir des quotas ou des réductions des obligations qui leur incombent en vertu de la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil (6). Par conséquent, les exploitants d’activités de DACCS, de bioCSC et de BCR n’ont actuellement pas de raisons économiques d’investir. Ce déficit de financement peut être comblé par un soutien public et par les recettes générées par la vente d’unités certifiées, ou par une éventuelle combinaison de ces deux mécanismes de financement (7). Pour ces activités, il convient donc de fixer un niveau de référence normalisé de zéro équivalent CO2, étant donné que ce niveau est hautement représentatif des performances standard actuelles de pratiques et de procédés comparables dans des circonstances sociales, économiques, environnementales, technologiques et réglementaires similaires. Par conséquent, conformément aux règles relatives à l’additionnalité en cas d’utilisation d’un niveau de référence normalisé énoncées dans le règlement (UE) 2024/3012, ces activités sont considérées comme étant supplémentaires.

(5)

Afin de garantir la permanence du stockage de CO2, le CO2 devrait être stocké, dans le cadre des activités de DACCS et de bioCSC, dans des sites de stockage géologique autorisés en vertu de la directive 2009/31/CE du Parlement européen et du Conseil (8) qui fournissent le cadre de responsabilité en cas de fuite de CO2. Dans le cadre des activités de DACCS et de bioCSC, il devrait être possible d’utiliser une infrastructure de transport commune et de transférer le CO2 vers plusieurs sites de stockage qui stockent du CO2 issu de sources multiples.

(6)

Les activités de BCR produisent une fraction quantifiable de biocharbon stable qui devrait permettre de stocker du carbone pendant plusieurs siècles au moins et qui peut donc générer des unités d’absorption permanente de carbone. La production et l’utilisation de biocharbon devraient faire l’objet d’une surveillance jusqu’au moment de son application aux sols ou de son intégration dans des produits pour les utilisations autorisées au titre de la méthode de BCR. Dans les cas où l’application de biocharbon aux sols n’a pas fait l’objet d’une surveillance directe, les exploitants devraient accorder l’accès au site pendant au moins un an après l’application, afin de permettre de vérifier que l’utilisation effective de la méthode de BCR respecte les conditions de stockage permanent du carbone. Compte tenu du faible risque d’inversion de la fraction de biocharbon considérée comme stable et de l’utilisation d’un facteur de prudence dans la quantification de la fraction permanente du biocharbon, aucune autre mesure de surveillance ne devrait être nécessaire au-delà du moment où il a été démontré que le biocharbon a été appliqué au sol ou intégré dans un produit.

(7)

Dans le but de prévenir tout effet dissuasif sur le captage du CO2, les exigences de durabilité concernant la biomasse qui s’appliquent aux activités de bioCSC ne devraient pas aller au-delà de celles applicables aux installations de bioénergie qui ne captent pas de CO2. Il convient de rappeler qu’en cas de soutien public apporté par les États membres, les exploitants doivent respecter le principe d’utilisation en cascade conformément à l’article 3, paragraphe 3, de la directive (UE) 2018/2001 tel que celui-ci est mis en œuvre par les États membres.

(8)

Afin de préserver les écosystèmes, la biodiversité et les puits de carbone naturels, les activités de bioCSC et de BCR ne devraient pas faire naître une demande non durable en matières premières issues de la biomasse et devraient être menées conformément au principe de l’utilisation en cascade de la biomasse et déclarer de manière transparente le type de biomasse qu’elles consomment.

(9)

Les activités de bioCSC dont le principal objectif consiste à produire de la chaleur ou de l’électricité à partir de la combustion de biomasse devraient démontrer que la capacité de consommation de biomasse de l’installation n’a pas augmenté de plus de la quantité nécessaire pour fournir l’énergie destinée au captage des émissions de CO2 biogénique.

(10)

Les activités de BCR dont le biocharbon est le produit principal, en ce sens qu’il représente 50 % ou plus de la production énergétique totale des coproduits, ne peuvent utiliser que des matières premières provenant de déchets ou de résidus tels que définis, respectivement, à l’article 2, points 23) et 43), de la directive (UE) 2018/2001 pour produire le biocharbon.

(11)

Lorsque l’augmentation de la consommation de biomasse requise pour fournir la chaleur ou l’électricité sur site nécessaire aux activités de DACCS ou de bioCSC, ou pour produire du biocharbon dans le cas d’activités de BCR, est limitée à la biomasse issue de déchets et de résidus ou est conforme au principe de l’utilisation en cascade de la biomasse et n’a pas pour effet de déplacer des utilisations existantes de la biomasse ou d’accroître la pression sur les sols, une telle augmentation ne devrait pas être associée à des émissions considérables liées à des changements indirects dans l’affectation des sols. À l’heure actuelle, aucune quantité importante de chaleur ou d’électricité sur site n’est fournie au moyen de la consommation de biocombustibles, de bioliquides ou de combustibles issus de la biomasse produits à partir de cultures destinées à l’alimentation humaine ou animale et il est peu probable que cette situation change à la suite de l’effet incitatif du règlement (UE) 2024/3012. Par conséquent, aucune émission associée à des changements indirects dans l’affectation des sols ne devrait avoir d’incidence importante sur la quantification du bénéfice net d’absorption de carbone pour les activités de DACCS, de bioCSC et de BCR.

(12)

Afin de renforcer la transparence et de reconnaître les meilleures pratiques dans l’approvisionnement en matières premières issues de la biomasse, les exploitants des activités de DACCS, de bioCSC et de BCR devraient déclarer les matières premières issues de la biomasse consommées par leurs activités. Ces informations devraient étayer l’évaluation des effets potentiels des activités d’absorption permanente de carbone sur les écosystèmes, la disponibilité de matières premières pour d’autres secteurs et le risque que l’approvisionnement en matières premières dépasse les limites de la disponibilité locale dans le cadre de l’examen des méthodes de certification et aux fins de leurs modifications éventuelles.

(13)

Afin de préserver la santé des sols, il importe de rappeler que le biocharbon produit au moyen d’activités de BRC doit être conforme au règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil (9), à la directive 2008/98/CE du Parlement européen et du Conseil (10), aux règlements (CE) no 1069/2009 (11) et (UE) 2019/1021 (12) du Parlement européen et du Conseil et à la directive (UE) 2025/2360 du Parlement européen et du Conseil (13),

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

Définitions

Aux fins du présent règlement, on entend par:

1)

«CO2 atmosphérique», le CO2 bien mélangé dans l’atmosphère libre à la température de l’air ambiant, la concentration de CO2 n’étant pas influencée par des sources ponctuelles locales, mais pouvant varier en raison de sources d’émissions anthropiques et naturelles régionales;

2)

«biocharbon», un matériau carboné produit par traitement thermique de la biomasse ou de combustibles issus de la biomasse;

3)

«activité d’absorption de carbone par le biocharbon» ou «activité de BCR», une activité aboutissant à la production et au stockage permanent de biocharbon au moyen de son application aux sols ou de son intégration dans des matériaux;

4)

«activité de captage des émissions biogéniques avec stockage de carbone» ou «activité de bioCSC», une activité aboutissant à un processus de captage du CO2 biogénique, suivi du transport et du stockage permanent de ce CO2 biogénique par injection dans un site de stockage géologique pour lequel il existe un permis valable conformément à l’article 8 de la directive 2009/31/CE;

5)

«CO2 biogénique», le CO2 produit à partir d’une source de biomasse, de biocombustible, de bioliquide ou de combustible issu de la biomasse par un processus chimique ou biologique agissant sur les atomes de carbone contenus dans cette source, notamment par combustion, oxydation, digestion anaérobie et fermentation;

6)

«activité de captage direct dans l’air avec stockage du carbone» ou «activité de DACCS», une activité aboutissant à un processus de captage du CO2 atmosphérique dans l’air ambiant, suivi du transport et du stockage permanent de ce CO2 atmosphérique par injection dans un site de stockage géologique pour lequel il existe un permis valable conformément à l’article 8 de la directive 2009/31/CE.

Article 2

Méthode de certification des absorptions permanentes de carbone générées par les activités de captage direct dans l’air avec stockage du carbone

1. Toute activité de DACSS respecte les exigences suivantes:

a)

les critères d’admissibilité définis à la section 1.1.1 de l’annexe;

b)

les périodes d’activité et de surveillance prévues aux sections 1.2.1.1 et 1.2.1.2 de l’annexe;

c)

les règles relatives à la détermination des puits d’absorption de carbone et des sources d’émissions de GES énoncées à la section 2.1.1 de l’annexe;

d)

les règles de calcul du niveau de référence énoncées à la section 2.1.2 de l’annexe;

e)

les règles de calcul des absorptions totales de carbone énoncées à la section 2.1.3 de l’annexe;

f)

les règles de calcul des émissions de gaz à effet de serre associées énoncées à la section 2.1.4 de l’annexe;

g)

les règles relatives au stockage à long terme et à la responsabilité énoncées à la section 3.1 de l’annexe;

h)

les règles relatives aux exigences minimales de durabilité énoncées à la section 4.1 de l’annexe;

i)

les règles relatives aux exigences en matière de surveillance et de déclaration énoncées aux sections 1.3.2 et 1.3.3 de l’annexe.

2. L’exploitant d’une activité de DACCS veille à ce que l’installation captant le CO2 soit située dans l’Union.

Article 3

Méthode de certification des absorptions permanentes de carbone générées par les activités de captage des émissions biogéniques avec stockage de carbone

1. Toute activité de bioCSC respecte les exigences suivantes:

a)

les critères d’admissibilité définis à la section 1.1.1 de l’annexe;

b)

les périodes d’activité et de surveillance prévues à la section 1.2.1 de l’annexe;

c)

les règles relatives à la détermination des puits d’absorption de carbone et des sources d’émissions de GES énoncées à la section 2.1.1 de l’annexe;

d)

les règles de calcul du niveau de référence énoncées à la section 2.1.2 de l’annexe;

e)

les règles de calcul des absorptions totales de carbone énoncées à la section 2.1.3 de l’annexe;

f)

les règles de calcul des émissions de gaz à effet de serre associées énoncées à la section 2.1.4 de l’annexe;

g)

les règles relatives au stockage à long terme et à la responsabilité énoncées à la section 3.1 de l’annexe;

h)

les règles relatives aux exigences minimales de durabilité énoncées à la section 4.1 de l’annexe;

i)

les règles relatives aux exigences en matière de surveillance et de déclaration énoncées aux sections 1.3.2 et 1.3.3 de l’annexe.

2. Le CO2 biogénique capté dans le cadre d’une activité de bioCSC est généré en tant que sous-produit des processus de production de biens, d’énergie et de services et aucune quantité de CO2 biogénique n’est générée à partir de biomasse, de biocombustible, de bioliquide ou de combustible issu de la biomasse à des seules fins de captage et de stockage.

3. L’exploitant d’une activité de bioCSC veille à ce que l’installation captant le CO2 soit située dans l’Union.

Article 4

Méthode de certification des absorptions permanentes de carbone générées par les activités d’absorption de carbone par le biocharbon

1. Toute activité de BCR respecte les exigences suivantes:

a)

les critères d’admissibilité définis à la section 1.1.2 de l’annexe;

b)

les périodes d’activité et de surveillance prévues à la section 1.2.2 de l’annexe;

c)

les règles relatives à la détermination des puits d’absorption de carbone et des sources d’émissions de GES énoncées à la section 2.2.1 de l’annexe;

d)

les règles de calcul du niveau de référence énoncées à la section 2.2.2 de l’annexe;

e)

les règles de calcul des absorptions totales de carbone énoncées à la section 2.2.3 de l’annexe;

f)

les règles de calcul des émissions de gaz à effet de serre associées énoncées à la section 2.2.4 de l’annexe;

g)

les règles relatives au stockage à long terme et à la responsabilité énoncées à la section 3.2 de l’annexe;

h)

les règles relatives aux exigences minimales de durabilité énoncées à la section 4.1 de l’annexe;

i)

les règles relatives aux exigences en matière de surveillance et de déclaration énoncées aux sections 1.3.2 et 1.3.3 de l’annexe.

2. L’exploitant d’une activité de BCR veille à ce que l’installation de production de biocharbon et le stockage du biocharbon soient situés dans l’Union.

Article 5

Entrée en vigueur

Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 3 février 2026.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L, 2024/3012, 6.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/3012/oj.

(2) Accord adopté au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, approuvé par la décision (UE) 2016/1841 du Conseil du 5 octobre 2016 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord de Paris adopté au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (JO L 282 du 19.10.2016, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2016/1841/oj).

(3) Règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (JO L 243 du 9.7.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1119/oj).

(4) Directive (UE) 2018/2001 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables (JO L 328 du 21.12.2018, p. 82, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2018/2001/oj).

(5) Voir décision de la Commission du 2 juillet 2024 relative à l’aide d’État SA.107009 (2024/N) – Suède – Enchères pour le captage et le stockage du dioxyde de carbone d’origine biologique en Suède [C(2024) 4582 final], points 29 et suivants.

(6) Directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 octobre 2003 établissant un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans la Communauté et modifiant la directive 96/61/CE du Conseil (JO L 275 du 25.10.2003, p. 32, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2003/87/oj).

(7) Voir décision de la Commission du 2 juillet 2024 relative à l’aide d’État SA.107009 (2024/N) – Suède – Enchères pour le captage et le stockage du dioxyde de carbone d’origine biologique en Suède [C(2024) 4582 final], point 179.

(8) Directive 2009/31/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 relative au stockage géologique du dioxyde de carbone et modifiant la directive 85/337/CEE du Conseil, les directives 2000/60/CE, 2001/80/CE, 2004/35/CE, 2006/12/CE et 2008/1/CE et le règlement (CE) no 1013/2006 du Parlement européen et du Conseil (JO L 140 du 5.6.2009, p. 114, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2009/31/oj).

(9) Règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une agence européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) no 793/93 du Conseil et le règlement (CE) no 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission (JO L 396 du 30.12.2006, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2006/1907/oj).

(10) Directive 2008/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative aux déchets et abrogeant certaines directives (JO L 312 du 22.11.2008, p. 3, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2008/98/oj).

(11) Règlement (CE) no 1069/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine et abrogeant le règlement (CE) no 1774/2002 (règlement relatif aux sous-produits animaux) (JO L 300 du 14.11.2009, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2009/1069/oj).

(12) Règlement (UE) 2019/1021 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les polluants organiques persistants (JO L 169 du 25.6.2019, p. 45, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2019/1021/oj).

(13) Directive (UE) 2025/2360 du Parlement européen et du Conseil du 12 novembre 2025 relative à la surveillance et à la résilience des sols (directive sur la surveillance des sols) (JO L, 2025/2360, 26.11.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2025/2360/oj).


ANNEXE

DÉFINITIONS

Aux fins de la présente annexe, on entend par:

1)

«émissions de GES associées», l’augmentation des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre, pendant le cycle de vie complet de l’activité, qui sont imputables à sa mise en œuvre;

2)

«émissions liées aux biens d’équipement», les émissions liées à la construction d’installations et d’équipements associés à une activité;

3)

«CO2 capté», le CO2 capté et concentré à partir d’une source ponctuelle de CO2 ou de l’atmosphère;

4)

«installation de captage», une installation qui capte du CO2 dans l’atmosphère ou dans un flux contenant du CO2 biogénique et qui le conditionne sous une forme prête à être transportée ou stockée, y compris du point de vue de la pureté et de la pression du CO2;

5)

«période de certification», la période comprise entre un audit de renouvellement de la certification d’une activité et le dernier audit de certification ou de renouvellement de la certification de cette activité le précédant;

6)

«émissions fugitives de CO2», les émissions irrégulières ou non intentionnelles de CO2 à partir de sources qui ne sont pas localisées ou qui sont trop disparates ou ne sont pas suffisamment importantes pour faire l’objet d’une surveillance individuelle;

7)

«émissions de purge de CO2», un rejet intentionnel de CO2 pour des raisons opérationnelles ou de sécurité;

8)

«point de sortie», un point auquel le CO2 est transféré hors de l’installation de captage en vue de son transport ou de son stockage, à l’exclusion de toute cheminée, de toute conduite ou de tout autre système d’évacuation de l’installation de captage depuis lequel du CO2 est rejeté dans l’atmosphère;

9)

«CO2 fossile», le CO2 produit à partir de carbone fossile, qui est le carbone inorganique et le carbone organique dont le facteur d’émission n’est pas considéré comme égal à zéro en vertu du règlement d’exécution (UE) 2018/2066 de la Commission (1);

10)

«stockage géologique permanent», le stockage du CO2 dans un site de stockage géologique autorisé en vertu de la directive 2009/31/CE;

11)

«source ponctuelle de CO2», une source naturelle ou anthropique de gaz ayant une concentration en CO2 supérieure à celle de l’atmosphère libre en raison de la production de CO2 par un processus d’oxydation ou par un autre processus chimique ou du rejet de CO2 par l’une ou l’autre forme de stockage ou de confinement;

12)

«chaleur utile», la chaleur produite pour répondre à une demande en chaleur justifiable du point de vue économique à des fins de chauffage ou de refroidissement.

1. DESCRIPTION DE L’ACTIVITÉ D’ABSORPTION DE CARBONE

1.1. Admissibilité

1.1.1. Activités d’absorption de carbone avec captage et stockage géologique du CO2

Les activités de DACCS ou de bioCSC peuvent uniquement être menées dans des installations de captage.

Ces activités peuvent consister à transférer tout ou partie du CO2 capté vers des sites de stockage en vue de son stockage permanent afin de générer des unités d’absorption permanente de carbone. Si une partie du CO2 capté est transférée en vue de son utilisation ou si elle est transférée en vue de son stockage, mais reconnue au titre d’un autre cadre, aucune unité d’absorption permanente de carbone ne sera générée pour cette fraction du CO2.

1.1.2. Activité d’absorption de carbone par le biocharbon

Une activité de BCR consiste à produire du biocharbon dans une ou plusieurs installations de production de biocharbon appartenant à la même entité juridique et appliquant la même technologie de production de biocharbon. Du biocharbon produit dans des endroits différents ne peut jamais être affecté au même lot de production (voir section 2.2.5.1), même si les matières premières et conditions de production sont similaires. Le biocharbon issu d’une seule activité peut être appliqué aux sols ou intégré dans des produits dans plusieurs sites.

1.1.2.1. Critères d’admissibilité pour la production

Le processus de production du biocharbon:

a)

consiste à chauffer de la biomasse ou du combustible issu de la biomasse à une température d’au moins 350 °C;

b)

est conçu dans le but de capter ou de détruire la totalité du méthane produit en même temps que le biocharbon;

c)

utilise la chaleur coproduite pour sécher la biomasse ou pour répondre à une autre demande en chaleur justifiable du point de vue économique, à des fins de chauffage ou de refroidissement. Par dérogation à cette règle, les installations mobiles de production de biocharbon peuvent fonctionner sans utiliser la chaleur produite si, dans leur contexte spécifique, il est difficile d’utiliser la chaleur. Les systèmes de certification peuvent prévoir des exigences plus détaillées concernant le rendement minimal d’utilisation de la chaleur.

1.1.2.2. Formes admissibles d’application du biocharbon

1.1.2.2.1. Biocharbon appliqué aux sols

Le biocharbon peut être appliqué aux sols pour stocker le carbone de manière permanente. Les exploitants d’activités dans le cadre desquelles du biocharbon est appliqué aux sols veillent à écarter tout risque important que le bénéfice net de l’activité de BCR pour le climat soit neutralisé par l’absorption de chaleur due à la diminution de l’albédo.

a)

Biocharbon appliqué à des sols agricoles et forestiers

L’application de biocharbon est admissible à une certification, soit si elle est directe et sans mélange préalable du biocharbon avec un autre produit, soit après mélange du biocharbon avec une matrice composée de sol ou d’un ou de plusieurs produits supplémentaires d’amendement du sol conformément à l’article 5 du règlement (UE) 2019/1009 du Parlement européen et du Conseil (2), soit après utilisation du biocharbon dans l’alimentation destinée aux animaux et valorisé en fumier:

i)

appliqué à des sols agricoles;

ii)

appliqué à des sols forestiers;

iii)

appliqué à des sols sous serre.

L’application totale de biocharbon aux sols agricoles et forestiers est limitée à un maximum cumulé de 50 tonnes par hectare au fil du temps [t/ha], ce qui comprend toute forme d’application du biocharbon, que celle-ci soit certifiée ou non, ainsi que les applications qui ont été réalisées avant l’adoption de la présente méthode. Les exploitants tiennent des registres d’application par zone géographique afin de surveiller l’application cumulée.

b)

Biocharbon appliqué à des sols autres que les sols agricoles et forestiers

L’application de biocharbon est admissible à une certification soit si elle est directe et sans mélange préalable du biocharbon avec un autre produit, soit après mélange du biocharbon avec une matrice composée de sol ou d’autres matériaux appropriés:

i)

utilisés dans l’aménagement paysager, pour le recouvrement quotidien des décharges ou pour le remblayage, y compris de mines et de puits de pétrole désaffectés;

ii)

appliqués à des sols urbains, y compris aux milieux de culture utilisés dans les parterres de fleurs ou pour la plantation d’arbres en milieu urbain, ainsi que dans les parcs publics et les jardins publics ou privés.

Les exploitants d’activités qui produisent du biocharbon utilisé pour l’aménagement paysager, les décharges ou le remblayage mélangent le biocharbon avec au moins un autre matériau avant de l’appliquer et veillent à ce que le mélange ne puisse pas auto-entretenir la combustion.

1.1.2.2.2. Biocharbon intégré dans des produits

Seules les activités de BCR qui intègrent du biocharbon dans du ciment, du béton ou de l’asphalte sont admissibles à une certification.

1.2. Période d’activité, période de surveillance et période de certification

1.2.1. Activités de DACCS et de bioCSC

1.2.1.1. Période d’activité

La période d’activité pour les activités de DACCS et de bioCSC ne dure pas plus de 15 ans. Au terme de chaque période d’activité, les exploitants peuvent en lancer une nouvelle en soumettant un nouveau plan d’activité.

1.2.1.2. Période de surveillance

La période de surveillance pour les activités de DACCS et de bioCSC correspond à la période allant jusqu’au moment où la responsabilité de l’ensemble des sites de stockage géologique utilisés par l’activité a été transférée aux autorités nationales compétentes conformément à l’article 18 de la directive 2009/31/CE.

1.2.1.3. Période de certification

La période de certification pour les activités de DACCS et de bioCSC ne dure pas plus d’un an.

Lorsqu’il n’est pas possible de définir avec précision la période pendant laquelle le CO2 capté au cours d’une période de certification donnée entre physiquement dans un système de stockage permanent, les exploitants peuvent estimer les émissions associées au transport et au stockage sur la base des données enregistrées au cours de la période de certification sans inclure dans le calcul aucun délai entre le moment du captage du CO2 et celui de son injection, en évaluant les émissions associées moyennes (comprenant les émissions fugitives, dues à des fuites ou de purge) qui se produisent pendant le transport et le stockage de CO2, par tonne de CO2 manipulée au cours de la période de certification.

1.2.2. Activité de BCR

1.2.2.1. Période d’activité

La période d’activité pour une activité de BCR ne dure pas plus de cinq ans. Au terme de chaque période d’activité, les exploitants peuvent en lancer une nouvelle en soumettant un nouveau plan d’activité.

1.2.2.2. Période de surveillance

La période de surveillance pour les activités de BCR correspond:

a)

pour les activités utilisant du biocharbon par application aux sols, lorsque l’application aux sols est directement supervisée par l’organisme de certification, à la période allant jusqu’à l’application, et, dans le cas contraire, à la période allant jusqu’à un an après la fin de la période de certification au cours de laquelle il est déclaré que le biocharbon a été appliqué au sol;

b)

pour les activités utilisant du biocharbon par intégration dans des produits, à la période allant jusqu’au moment où il est démontré que le biocharbon a été intégré.

1.2.2.3. Période de certification

La période de certification pour une activité de BCR ne dure pas plus d’un an. Les absorptions de carbone et les émissions associées sont enregistrées pendant la période de certification au cours de laquelle le CO2 est stocké de manière permanente par application de biocharbon aux sols ou par intégration de biocharbon dans des produits.

1.3. Planification et déclaration

1.3.1. Plan d’activité

En amont de l’audit de certification, l’exploitant soumet à l’organisme de certification un plan d’activité comprenant les informations nécessaires pour évaluer le respect des exigences de cette méthode, comme indiqué au troisième alinéa.

Lorsqu’un exploitant souhaite modifier son plan d’activité au cours de la période d’activité, il présente sans délai aux organismes de certification les raisons de ces modifications et inclut tout ajustement du plan initial, en particulier le nouveau calcul des émissions de gaz à effet de serre (ci-après les «GES») et des absorptions attendues et les effets sur les exigences de durabilité.

Le plan d’activité inclut:

a)

une description générale de l’activité, des technologies et de l’infrastructure à utiliser;

b)

les coordonnées de toutes les entités de la chaîne de valeur des absorptions de carbone participant à la réalisation de l’activité;

c)

une liste des lois, statuts et cadres réglementaires locaux, régionaux et nationaux pertinents et la démonstration de leur respect par l’activité;

d)

une liste des sources et puits d’émissions qui sont pertinents pour l’activité, conformément aux sections 2.1.1 et 2.2.1;

e)

des estimations des absorptions de carbone totales et des émissions de GES associées de l’activité pour la période d’activité, conformément à l’annexe II, points k), l) et m), du règlement (UE) 2024/3012;

f)

une description de toute évaluation de l’importance relative effectuée conformément à la section 2.3.1;

g)

une description de l’évaluation de l’incertitude, conformément à la section 2.3.6;

h)

une preuve de la conformité avec les exigences minimales de durabilité, conformément à la section 4.1;

i)

les sources de financement reçues ou demandées au titre de l’activité, conformément aux sections 2.1.2 et 2.2.2;

j)

toute autre information dont l’organisme de certification a besoin pour effectuer l’audit de certification conformément à l’article 9 du règlement (UE) 2024/3012.

1.3.2. Plan de surveillance

En amont de l’audit de certification, les exploitants soumettent un plan de surveillance à l’organisme de certification. Ce plan de surveillance satisfait aux critères suivants:

a)

il comprend une description de l’activité devant faire l’objet de la surveillance;

b)

il comprend une description de la procédure relative à la gestion et à l’attribution des responsabilités en matière de surveillance et de déclaration, ainsi qu’à la gestion des compétences du personnel responsable;

c)

il comprend, le cas échéant, les valeurs par défaut utilisées pour les facteurs de calcul, avec indication de la source du facteur ou de la source à partir de laquelle le facteur par défaut sera périodiquement déterminé;

d)

il comprend, le cas échéant, la liste des laboratoires participant à la mise en œuvre des procédures d’analyse;

e)

il comprend, lorsque des mesures sont relevées, une description de la méthode de mesure comprenant la description de toutes les procédures écrites relatives à la mesure;

f)

il comprend, le cas échéant, une description détaillée de la méthode de surveillance en cas de transfert de CO2, comprenant la description des systèmes de mesure continue utilisés et des procédures de prévention, de détection et de quantification des fuites dans les infrastructures de transport de CO2;

g)

il applique, le cas échéant, les fréquences d’analyse minimales indiquées à l’annexe VII du règlement d’exécution (UE) 2018/2066;

h)

il applique la norme d’assurance de la qualité énoncée à l’article 60 du règlement d’exécution (UE) 2018/2066;

i)

il comprend une obligation de conserver une trace de toutes les données et informations utiles conforme aux exigences en matière de tenue de registres énoncées à l’article 67, paragraphe 1, du règlement d’exécution (UE) 2018/2066.

S’il n’est pas possible de détailler entièrement le plan de surveillance lorsqu’un exploitant demande la certification, le plan de surveillance est présenté de manière aussi complète que possible, et indique clairement les aspects non définitifs ainsi que la façon dont l’exploitant prévoit de traiter ces aspects. L’activité peut être certifiée sur cette base à condition que l’organisme de certification accepte que les omissions soient dûment justifiées. Le plan de surveillance est finalisé et présenté à l’organisme de certification avant le premier renouvellement de la certification.

Les systèmes de certification peuvent fournir des orientations supplémentaires sur les éléments à inclure pour chaque type d’activité, les fréquences de mesure minimales pour les mesures qui ne sont pas indiquées à l’annexe VII du règlement d’exécution (UE) 2018/2066 et/ou les exigences en matière de meilleures pratiques en ce qui concerne l’assurance de la qualité.

Les exploitants recueillent, enregistrent, rassemblent, analysent et étayent les données de surveillance, et notamment les hypothèses, les références, les données d’activité et les facteurs de calcul, de manière transparente, de façon à permettre de contrôler les résultats obtenus aux différents stades de l’activité et, sur demande, communiquent ces informations aux organismes de certification ou aux systèmes de certification.

Chaque paramètre soumis à la surveillance est assorti des informations suivantes:

a)

l’entité responsable de la collecte et de l’archivage;

b)

la source des données;

c)

les équipements, méthodes de mesure et procédures utilisés pour la surveillance, y compris des informations sur la précision et l’étalonnage;

d)

la fréquence de la surveillance;

e)

les procédures d’évaluation et de contrôle de la qualité.

Toutes les mesures sont effectuées à l’aide d’un équipement de mesure étalonné conformément aux normes sectorielles, dans le respect des exigences prévues à l’article 42 du règlement d’exécution (UE) 2018/2066, et toute agrégation nécessaire des données est réalisée dans le respect des exigences de l’article 44 du règlement d’exécution (UE) 2018/2066.

1.3.3. Rapport de surveillance

En amont de chaque audit de renouvellement de la certification, l’exploitant soumet à l’organisme de certification un rapport de surveillance comprenant le bénéfice net d’absorption de carbone, la quantité d’absorptions de carbone brutes totales résultant de l’activité, la quantité de gaz à effet de serre associés à l’activité, ainsi que les informations nécessaires sur la quantification du bénéfice net d’absorption de carbone et toute information utile sur la conformité de l’activité avec les exigences en matière de stockage, de responsabilité et de durabilité. En particulier, le rapport de surveillance comprend:

a)

l’ensemble des paramètres répertoriés aux sections 2.1.5.3, 2.1.6.4, 2.1.7.3, 2.1.8.5, 2.2.5.6, 2.2.6.2 ou 2.2.7.3, mesurés et calculés pour quantifier les absorptions de carbone et les émissions de GES associées à l’activité. Toutes les absorptions et émissions de CO2 et les émissions d’autres GES sont évaluées au cours de la période de certification devant faire l’objet de l’audit et déclarées dans le rapport de surveillance. Les émissions de GES autres que le CO2 sont converties en tonnes équivalent CO2 au moyen des potentiels de réchauffement planétaire sur 100 ans établis dans l’annexe I du règlement délégué (UE) 2020/1044 de la Commission (3);

b)

les matières premières issues de la biomasse ou le mélange de matières premières consommés conformément à la section 4.2 a) ii);

c)

la quantité d’unités de séquestration par agrostockage de carbone achetées conformément à la section 4.3.3;

d)

le financement reçu ou demandé au titre de l’activité, conformément aux sections 2.1.2 et 2.2.2;

e)

pour les activités de BCR, les résultats des analyses en laboratoire requises aux sections 4.4.1, 4.4.2 et 4.4.3.

2. QUANTIFICATION DU NIVEAU DE RÉFÉRENCE, DE L’ABSORPTION TOTALE DE CARBONE ET DES ÉMISSIONS DE GES ASSOCIÉES

2.1. Activités de DACCS et de bioCSC

2.1.1. Sources et puits de GES

Les activités de DACCS ou de bioCSC tiennent compte des sources et puits de GES figurant dans le tableau 1.

Tableau 1

Puits et sources à inclure pour les activités de DACCS et de bioCSC

Phase de l’activité

Sources et puits d’émissions

Gaz inclus

Captage du CO2

Installation de captage: exploitation de l’équipement utilisé pour capter du CO2 dans l’air ambiant ou dans des émissions biogéniques, comprenant l’équipement utilisé pour générer un débit d’air et l’équipement associé aux processus de régénération visant à récupérer les fluides ou tout autre milieu utilisé dans le processus de captage du carbone.

Gaz à effet de serre

Installation de captage: tout équipement de conditionnement du CO2 utilisé pour soumettre le flux de CO2 à une nouvelle transformation avant son transfert vers une infrastructure de transport ou de stockage.

Gaz à effet de serre

Installation de captage: tout équipement associé de production d’énergie alimentant le processus de captage qui se trouve sous le contrôle de l’exploitant de l’installation de captage.

Gaz à effet de serre

Installation de captage: tout équipement de traitement visant à transformer les déchets ou les sous-produits du processus de captage de carbone.

Gaz à effet de serre

Installation de captage: combustion de combustible, consommation d’électricité, consommation de chaleur.

Gaz à effet de serre

Approvisionnement en biomasse: émissions associées à la quantité supplémentaire de biomasse, de biocombustible, de bioliquide ou de combustible issu de la biomasse consommée pour exploiter l’installation de captage (par exemple, émissions liées à la récolte ou au transport de la biomasse).

Gaz à effet de serre

Émissions liées aux intrants: production et fourniture d’intrants utilisés par l’installation de captage.

Gaz à effet de serre

Traitement des déchets: transformation et traitement de tout déchet (y compris des eaux usées et des effluents gazeux) produit par l’installation de captage.

Gaz à effet de serre

Émissions liées aux biens d’équipement: émissions associées à la construction et à la mise en place de l’installation de captage.

Gaz à effet de serre

Transport du CO2

Transport: consommation de combustible et consommation d’électricité par le transport routier et ferroviaire, le transport maritime et d’autres véhicules.

Gaz à effet de serre

Infrastructure: consommation de combustible, consommation d’électricité et consommation de chaleur dans les infrastructures et les bâtiments fonctionnellement raccordés au réseau de transport par pipeline (par exemple stations de compression, chaudières, pôles de CO2 et installations de stockage intermédiaires).

Gaz à effet de serre

Pertes: émissions de CO2 fugitives, de purge et dues à des fuites dans le réseau de transport.

CO2 uniquement

Injection dans le site de stockage géologique

Site de stockage: absorption par injection de CO2.

CO2 uniquement

Site de stockage: consommation de combustible, consommation d’électricité, consommation de chaleur.

Gaz à effet de serre

Pertes: émissions de CO2 fugitives et de purge survenant au cours de l’injection dans le site de stockage avant l’entrée dans le système de stockage géologique permanent.

CO2 uniquement

Émissions liées aux intrants: production et fourniture de tout intrant utilisé par le site de stockage.

Gaz à effet de serre

Traitement des déchets: transformation et traitement de tout déchet (y compris des eaux usées et des effluents gazeux) produit par le site de stockage.

Gaz à effet de serre

Émissions liées aux biens d’équipement: émissions associées à la construction et à la mise en place du site de stockage.

Gaz à effet de serre

2.1.2. Niveau de référence

Un niveau de référence normalisé fixé à 0 tonne de CO2 par an [tCO2/an] s’applique aux activités de DACCS et de bioCSC.

Lorsque l’activité est financée par une combinaison de fonds publics et privés, les exploitants indiquent toute forme de financement public reçu ou demandé au titre de l’activité lorsqu’ils soumettent le plan d’activité au système de certification. Ces informations sont incluses dans le certificat de conformité.

2.1.3. Quantification des absorptions totales de l’activité

Les exploitants peuvent utiliser l’une des deux approches pour calculer l’absorption totale de carbone (ACtotal), soit l’approche exposée à la section 2.1.3.3, soit celle prévue à la section 2.1.3.4, selon que le CO2 capté par l’activité est maintenu ou non entièrement séparé du CO2 issu d’autres sources dans l’infrastructure de transport et sur le site de stockage.

2.1.3.1. Détermination des flux de CO2 capté

Une installation de captage peut capter du CO2 sous les formes suivantes:

a)

du CO2 atmosphérique ou biogénique uniquement;

b)

une combinaison de CO2 biogénique et de CO2 fossile provenant d’un flux de CO2 mixte;

c)

du CO2 fossile capté dans le cadre d’un processus associé au processus de captage.

Les fractions du CO2 capté par l’activité sont désignées comme suit.

La quantité totale de CO2 capté dans l’installation de captage et transféré en vue de son transport ou de son stockage est désignée

Formula
et calculée conformément à l’équation [1].

Formula

[1]

où:

Formula

=

moins la quantité de CO2 issu de l’activité de captage quittant l’installation de captage à chaque point de sortie i, qui est mesurée.

Toute fuite de CO2 survenant entre le moment auquel le CO2 est capté et celui auquel il quitte l’installation de captage est implicitement exclue du terme

Formula
.

La quantité de CO2 atmosphérique ou biogénique qui est capté dans l’installation de captage et transféré en vue de son transport ou de son stockage est désignée

Formula
et calculée conformément à l’équation [2].

Formula

[2]

où:

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [1];

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [3].

Dans le cadre de certaines activités, le CO2 fossile sera capté parallèlement au CO2 d’origine atmosphérique ou biogénique. Lorsque du CO2 fossile est émis à l’issue du processus de captage, il peut être capté soit séparément du CO2 d’origine atmosphérique ou biogénique («captage séparé»), soit en même temps que le CO2 d’origine atmosphérique ou biogénique («co-captage»). S’il est ensuite stocké de manière permanente, il peut être exclu du calcul des GES associés (GHGassociated). Pour les activités de bioCSC uniquement, il est également permis de capter du CO2 dans un flux mixte consistant en une combinaison de CO2 biogénique et de CO2 fossile. Le CO2 fossile capté lors du processus de captage est associé à l’activité, et les émissions dues au transport et au stockage de ce CO2 sont incluses dans GHGassociated. Le CO2 fossile capté dans un flux mixte dans le cadre d’une activité de bioCSC n’est pas associé à l’activité, et les émissions dues au transport et au stockage de ce CO2 ne sont pas incluses dans GHGassociated. La quantité de CO2 fossile qui est capté dans l’installation de captage est calculée conformément à l’équation [3].

Formula

[3]

où:

Formula

=

moins la quantité de CO2 fossile émis à l’issue du processus de captage qui est captée, calculée à l’aide de l’équation [4];

Formula

=

moins la quantité de CO2 fossile captée dans un flux mixte dans le cadre d’une activité de bioCSC, calculée à l’aide de l’équation [5].

La quantité de CO2 émis à l’issue du processus de captage qui est captée,

Formula
, est déterminée au moyen de l’équation [4] correspondant à la somme des composants captés séparément et co-captés.

Formula

[4]

où:

Formula

=

moins la quantité de CO2 émis à l’issue du processus de captage qui est co-captée avec le CO2 atmosphérique ou biogénique. L’organisme de certification confirme que cette quantité n’est pas supérieure aux émissions de CO2 fossile dans l’installation de captage qui ont été déclarées dans le calcul de GHGassociated;

Formula

=

moins la quantité mesurée de CO2 émis à l’issue du processus de captage qui est captée séparément du CO2 d’origine atmosphérique ou biogénique;

sources

=

un indice des sources ponctuelles dans lesquelles du CO2 fossile provenant de processus associés à l’activité est capté séparément.

La quantité de CO2 fossile qui est capté dans un flux mixte dans le cadre d’une activité de bioCSC est calculée conformément à l’équation [5].

Formula

[5]

où:

FB

=

la fraction du CO2 capté dans un flux mixte qui est d’origine biogénique. Cette valeur est calculée conformément à l’article 39 du règlement d’exécution (UE) 2018/2066. Voir section 2.1.6.2;

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [1];

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [4].

La quantité de CO2 capté pour lequel les émissions liées au transport ou au stockage sont comptabilisées dans le terme GHGassociated est désignée

Formula
et calculée conformément à l’équation [6] comme étant la somme du CO2 atmosphérique ou biogénique capté par l’activité et transféré en vue de son stockage permanent devant être comptabilisé dans les absorptions totales de carbone et de la part associée de la quantité de CO2 fossile capté dans l’installation de captage dans le cadre de processus spécifiquement associés à l’activité.

Formula

[6]

où:

FCRCF

=

correspond à la définition donnée dans la section 2.1.3.2;

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [2];

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [4].

2.1.3.2. Fraction du CO2 capté devant être comptabilisée dans l’absorption totale de carbone

Un exploitant peut choisir de transférer une fraction du CO2 capté d’origine atmosphérique ou biogénique à des fins autres que le stockage sur un site admissible ou de comptabiliser une partie du CO2 stocké de manière permanente au titre d’un dispositif autre que le règlement (UE) 2024/3012. L’exploitant désigne la fraction du CO2 capté d’origine atmosphérique ou biogénique qui est comptabilisée dans l’absorption totale de carbone en tant que FCRCF, qui s’élève à 1 dans le cas où la totalité du CO2 capté d’origine atmosphérique ou biogénique est transférée vers un site de stockage permanent et génère des unités d’absorption permanente de carbone.

2.1.3.3. Flux de CO2 séparé

Si l’intégralité de

Formula
est transférée en vue de son stockage et que ce CO2 est à tout moment séparé du CO2 issu d’autres sources au cours du transit dans l’infrastructure de transport et au cours du stockage et de l’injection dans les sites de stockage, ACtotal est mesuré comme étant la quantité de CO2 entrant dans le système de stockage, ajustée, le cas échéant, de manière à exclure tout CO2 du flux séparé qui n’est ni atmosphérique ni biogénique conformément à l’équation [7].

Formula

[7]

où:

Formula

=

moins la quantité de CO2 (toutes origines confondues) provenant du flux séparé qui est injecté dans chaque site de stockage S, mesurée lors de l’injection;

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [2];

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [1];

S

=

un indice des sites de stockage utilisés, dans lesquels le CO2 provenant de l’activité est entièrement séparé de tout CO2 issu d’autres sources jusqu’au moment et y compris au moment de l’injection;

Fc

=

le facteur de prudence (conservatism) calculé sur la base de l’incertitude dans la mesure de l’activité, calculée conformément à la section 2.3.6;

FCRCF

=

correspond à la définition donnée dans la section 2.1.3.2.

2.1.3.4. Flux de CO2 non séparé

En lieu et place de la méthode prévue à la section 2.1.3.3, l’exploitant peut calculer ou, lorsque le CO2 capté par l’activité n’est pas entièrement séparé des autres types de CO2 dans l’infrastructure de transport ou dans le site de stockage, doit calculer la valeur ACtotal conformément à l’équation [8].

Formula

[8]

où:

Formula

=

correspond à la définition donnée dans l’équation [2];

Formula

=

la quantité de CO2 atmosphérique ou biogénique perdu au cours du transport depuis l’installation de captage vers les sites de stockage, calculée selon les règles énoncées à la section 2.1.7.1;

Formula

=

la quantité de CO2 atmosphérique ou biogénique perdu dans les sites de stockage avant l’entrée dans le système de stockage géologique permanent, calculée selon les règles énoncées à la section 2.1.8.3;

FCRCF

=

correspond à la définition donnée dans la section 2.1.3.2;

Fc

=

le facteur de prudence (conservatism) calculé sur la base de l’incertitude dans la mesure de l’activité, calculée conformément à la section 2.3.6.

2.1.4. Quantification des émissions de gaz à effet de serre associés à l’activité

Les gaz à effet de serre associés sont calculés conformément à l’équation [9].

Formula

[9]

où:

GHGcapture

=

les émissions de GES associées à l’installation de captage, calculées selon les règles énoncées à la section 2.1.5.2 en cas de captage de CO2 atmosphérique et selon les règles énoncées à la section 2.1.6.3 en cas de captage de CO2 biogénique;

GHGtransport

=

les émissions de GES associées au transport de CO2 depuis l’installation de captage vers les sites de stockage, calculées selon les règles énoncées à la section 2.1.7.2;

GHGstorage

=

les émissions de GES associées aux sites de stockage, calculées selon les règles énoncées à la section 2.1.8.4;

FCRCF

=

correspond à la définition donnée dans la section 2.1.3.2.

2.1.5. Captage de CO2 directement dans l’air

2.1.5.1. Quantification du CO2 capté total

La quantité totale de CO2 capté dans l’installation de captage,

Formula
, est calculée conformément à l’équation [1] et la quantité de CO2 capté d’origine atmosphérique,
Formula
est calculée conformément à l’équation [2].

2.1.5.2. Quantification des émissions de GES associées

Les émissions de GES associées au captage correspondent à la somme des émissions associées à l’installation de captage en tant que telle et aux processus pertinents visant à produire des intrants pour l’installation de captage et sont calculées conformément à l’équation [10].

Formula

[10]

où:

GHGfacility

=

les émissions totales de GES provenant de l’ensemble des activités pertinentes menées dans le périmètre de l’installation de captage, en tonnes équivalent CO2 [teqCO2], comprenant les émissions associées au conditionnement du CO2 avant son transfert vers une infrastructure de transport ou un site de stockage;

GHGinputs

=

les émissions totales associées aux intrants dans l’installation de captage, en teqCO2.

2.1.5.2.1. Émissions provenant de l’installation de captage

Les émissions GHGfacility associées à l’installation de captage sont calculées conformément à l’équation [11].

Formula

[11]

où:

Formula
désigne les émissions dues à la consommation de combustible et toute autre émission de GES dans le cadre de l’activité de captage dans l’installation de captage, calculées conformément à l’équation [12].

Formula

[12]

où:

Qfuel

=

la quantité de combustible consommé au cours de la période de certification, exprimée dans une unité appropriée;

EFfuel

=

le facteur d’émission, exprimé en teqCO2 par unité [teqCO2/unité], sélectionné conformément aux règles énoncées à la section 2.3.4.4;

GHGother

=

toute autre émission de GES dans le cadre du processus de captage dans l’installation de captage;

Formula

=

moins la quantité de CO2 fossile provenant de processus liés au captage dans l’installation de captage qui est capté et stocké de manière permanente, en tonnes de CO2. Cette valeur est calculée comme

Formula

(correspondant à la définition donnée dans l’équation [4]) en ajoutant toute perte de CO2 survenant avant le stockage (le calcul des pertes de CO2 fossile capté doit être conforme aux règles de calcul des pertes de CO2 atmosphérique ou biogénique énoncées aux sections 2.1.7 et 2.1.8).

GHGelec désigne les émissions dues à la consommation nette d’électricité dans l’installation de captage, calculées conformément à l’équation [13].

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