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AccueilDroit européen32026R1743
Règlement32026R1743

Règlement (UE) 2026/1743 du Conseil du 10 juillet 2026 modifiant le règlement (UE) n° 904/2010 sur la coopération administrative et la lutte contre la fraude dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée en ce qui concerne l’accès du Parquet européen et de l’Office européen de lutte antifraude aux informations relatives à la taxe sur la valeur ajoutée au niveau de l’Union

CELEX32026R1743
TypeRèglement
Datevendredi 10 juillet 2026

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2026/1743

27.7.2026

RÈGLEMENT (UE) 2026/1743 DU CONSEIL

du 10 juillet 2026

modifiant le règlement (UE) no 904/2010 sur la coopération administrative et la lutte contre la fraude dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée en ce qui concerne l’accès du Parquet européen et de l’Office européen de lutte antifraude aux informations relatives à la taxe sur la valeur ajoutée au niveau de l’Union

LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 113,

vu la proposition de la Commission européenne,

après transmission du projet d’acte législatif aux parlements nationaux,

vu l’avis du Parlement européen (1),

vu l’avis du Comité économique et social européen (2),

statuant conformément à une procédure législative spéciale,

considérant ce qui suit:

(1)

Le règlement (UE) no 904/2010 du Conseil (3) définit des règles relatives au stockage et à l’échange par voie électronique d’informations spécifiques dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin de garantir l’établissement correct de la TVA, de contrôler l’application correcte de la TVA, en particulier en ce qui concerne les opérations intracommunautaires, et de lutter contre la fraude à la TVA. Toutefois, il ne prévoit pas de règles régissant l’accès à ces informations par le Parquet européen institué par le règlement (UE) 2017/1939 du Conseil (4) aux fins de l’exercice de ses tâches en application de l’article 4 dudit règlement, ni de règles régissant l’accès auxdites informations par l’Office européen de lutte antifraude institué par la décision 1999/352/CE, CECA, Euratom de la Commission (5) aux fins de l’exercice de ses tâches en application de l’article 1er du règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil (6).

(2)

En vertu de l’article 24, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/1939, les institutions, organes et organismes de l’Union et les autorités des États membres qui sont compétentes en vertu du droit national applicable sont tenus de signaler sans retard indu au Parquet européen tout comportement délictueux, y compris la fraude à la TVA transfrontalière, à l’égard duquel celui-ci pourrait exercer sa compétence conformément à l’article 22 et à l’article 25, paragraphes 2 et 3, dudit règlement. La fraude à la TVA transfrontalière concerne, par définition, plusieurs États membres, et le flux d’informations entre les différents États membres et le Parquet européen pourrait, dans certains cas, ne pas être suffisant pour fournir, en temps utile, un aperçu complet de la fraude à la TVA transfrontalière au niveau de l’Union. Par conséquent, afin que le Parquet européen soit informé plus rapidement des risques de fraude à la TVA au niveau de l’Union et qu’il puisse exercer sa compétence conformément au règlement (UE) 2017/1939, il est nécessaire de définir plus en détail les règles selon lesquelles les États membres, dans le cadre du réseau en vue de l’échange, du traitement et de l’analyse rapide d’informations ciblées sur la fraude transfrontalière entre les États membres et pour la coordination de toute action de suivi (Eurofisc) établi par le règlement (UE) no 904/2010, devraient transmettre les résultats du traitement et de l’analyse conjoints au Parquet européen dans le cadre d’Eurofisc sous la forme de rapports d’analyse d’Eurofisc sur les systèmes frauduleux transfrontaliers présumés.

(3)

Lorsqu’Eurofisc élabore ses rapports d’analyse, il devrait uniquement prendre en compte les informations qui sont strictement nécessaires pour permettre au Parquet européen d’évaluer s’il doit ou non exercer sa compétence. Afin de déterminer les critères sur la base desquels les rapports d’analyse Eurofisc devraient être élaborés et les informations qui devraient y figurer et afin d’établir un formulaire type pour leur transmission, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission. Ces compétences devraient être exercées conformément au règlement (UE) no 182/2011 du Parlement européen et du Conseil (7). Lors de l’élaboration du projet d’acte d’exécution, la Commission devrait consulter Eurofisc.

(4)

En outre, en vertu de l’article 24, paragraphe 9, du règlement (UE) 2017/1939, dans certains cas précis, le Parquet européen pourrait demander davantage d’informations pertinentes aux institutions, organes et organismes de l’Union, ainsi qu’aux autorités des États membres. Par conséquent, il convient de définir les règles en vertu desquelles Eurofisc devrait communiquer au Parquet européen des informations sur la fraude à la TVA transfrontalière à la suite d’une demande émanant de celui-ci.

(5)

En vertu de l’article 43, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/1939, les procureurs européens délégués doivent pouvoir obtenir toutes les informations pertinentes stockées dans les bases de données nationales sur les enquêtes pénales et dans celles tenues par les services répressifs ainsi que dans d’autres registres pertinents tenus par des autorités publiques, dans les mêmes conditions que celles applicables en droit national dans le cadre de cas similaires. En vertu de l’article 43, paragraphe 2, dudit règlement, le Parquet européen doit également pouvoir obtenir toutes les informations pertinentes relevant de sa compétence qui sont stockées dans les bases de données et dans les registres des institutions, organes et organismes de l’Union. La fraude à la TVA transfrontalière concerne, par définition, plusieurs États membres, et l’accès au niveau des États membres aux informations pertinentes stockées dans les bases de données nationales pourrait, dans certains cas, ne pas être suffisant pour permettre au Parquet européen de lutter contre la fraude à la TVA au niveau de l’Union. Par conséquent, sans préjudice de l’article 43 du règlement (UE) 2017/1939 et afin de garantir que le Parquet européen ait accès à temps aux informations pertinentes au niveau de l’Union et qu’il puisse exercer son mandat réglementaire et lutter contre la fraude au niveau de l’Union, il importe d’établir les règles en vertu desquelles il devrait avoir accès aux informations pertinentes en matière de TVA au niveau de l’Union provenant des bases de données et des registres pertinents des autorités compétentes dans les États membres responsables de l’application de la législation relative à la TVA. Pour la même raison, il importe d’accorder au Parquet européen un accès centralisé, à des fins de recherches ciblées au cas par cas, aux informations pertinentes relatives à une enquête par l’intermédiaire d’un point d’entrée unique, même si ces informations concernent plusieurs États membres. Un tel accès centralisé devrait être strictement limité aux recherches ciblées concernant des cas spécifiques et ne devrait pas donner lieu à une «pêche aux informations» ou à un contrôle aléatoire ou généralisé des informations relatives à la TVA. L’octroi d’un accès centralisé aux bases de données administratives au Parquet européen à des fins judiciaires et répressives revêt un caractère exceptionnel et se justifie par la nécessité de lutter contre la fraude à la TVA transfrontalière et ne doit pas être interprété comme constituant un précédent pour une application plus générale.

(6)

Pour s’acquitter de ses missions, le Parquet européen travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales pertinentes qui lui prêtent une assistance et un soutien actifs dans ses enquêtes et poursuites, conformément à l’article 5, paragraphe 6, du règlement (UE) 2017/1939. Le Parquet européen fournit également un retour d’information et, le cas échéant, consulte les autorités nationales compétentes conformément aux dispositions applicables dudit règlement, y compris l’article 5, paragraphe 6, l’article 25, paragraphes 1 à 3, l’article 27, paragraphe 7, et l’article 34, paragraphes 1 à 4.

(7)

Conformément au principe de coopération loyale consacré à l’article 4, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne, les États membres qui ne participent pas au Parquet européen sont tenus de soutenir les activités du Parquet européen et de s’abstenir de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de celui-ci. Eurofisc regroupe à la fois les États membres participant et ne participant pas au Parquet européen. Comme la fraude à la TVA transfrontalière peut s’étendre à tous les États membres, il est essentiel que le Parquet européen ait une vue complète des réseaux frauduleux. Par conséquent, il importe que le Parquet européen obtienne les informations pertinentes en matière de TVA échangées par les États membres dans le cadre d’Eurofisc ainsi que provenant des bases de données et des registres des autorités compétentes dans les États membres responsables de l’application de la législation relative à la TVA, sans préjudice des compétences du Parquet européen au titre du règlement (UE) 2017/1939. Le présent règlement n’a pas d’incidence sur le champ des compétences du Parquet européen, telles qu’elles sont définies dans le règlement (UE) 2017/1939.

(8)

La Cour des comptes européenne a recommandé à la Commission et aux États membres de lever les obstacles juridiques qui empêchent l’échange d’informations entre les autorités administratives, judiciaires et répressives aux niveaux national et de l’Union. Il a également recommandé, en particulier, que l’OLAF ait accès aux données du système d’échange d’informations sur la TVA institué par le règlement (UE) no 904/2010 (VIES) et d’Eurofisc. À cet égard, il importe que l’accès central aux bases de données et aux registres pertinents des autorités compétentes dans les États membres responsables de l’application de la législation relative à la TVA repose sur une base juridique claire.

(9)

Afin que l’OLAF soit informé des cas présumés de fraude à la TVA en matière douanière portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union et qu’il puisse exercer son mandat réglementaire, il est nécessaire de fixer les règles selon lesquelles les États membres, dans le cadre d’Eurofisc, devraient signaler à l’OLAF les résultats du traitement et de l’analyse conjoints dans le cadre d’Eurofisc sous la forme de rapports d’analyse Eurofisc sur les systèmes frauduleux transfrontaliers présumés. En outre, à la suite d’une demande émanant de l’OLAF, Eurofisc devrait communiquer à l’OLAF des informations sur les cas de fraude transfrontalière à la TVA en matière douanière susceptibles de porter atteinte aux intérêts financiers de l’Union.

(10)

Lorsqu’Eurofisc élabore ses rapports d’analyse, il devrait uniquement prendre en compte les informations strictement nécessaires pour permettre à l’OLAF d’évaluer s’il doit ou non exercer sa compétence. Afin de déterminer les critères sur la base desquels les rapports d’analyse Eurofisc devraient être élaborés et les informations qui devraient figurer dans ces rapports, et d’établir un formulaire type pour leur transmission, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission. Ces compétences devraient être exercées conformément au règlement (UE) no 182/2011. Lors de l’élaboration du projet d’acte d’exécution, la Commission devrait consulter Eurofisc.

(11)

Lorsqu’il existe des soupçons suffisants de fraude conformément à l’article 5 du règlement (UE, Euratom) no 883/2013, l’OLAF doit avoir le droit d’accéder à toutes les informations pertinentes figurant dans des bases de données détenues par les institutions, les organes ou les organismes, tout en respectant les principes de nécessité et de proportionnalité. Ce droit d’accès doit être exercé dans les conditions prévues par ledit règlement. Par conséquent, afin que l’OLAF ait accès aux informations pertinentes en matière de TVA au niveau de l’Union qui pourraient être appropriées aux enquêtes administratives en matière douanière pour exercer sa compétence, il importe d’établir les règles en vertu desquelles l’OLAF devrait avoir accès aux informations pertinentes en matière de TVA au niveau de l’Union provenant des bases de données et des registres pertinents des autorités compétentes dans les États membres responsables de l’application de la législation relative à la TVA. Pour la même raison, il importe d’accorder à l’OLAF un accès centralisé, à des fins de recherches ciblées au cas par cas, aux informations pertinentes relatives à une enquête par l’intermédiaire d’un point d’entrée unique, même si ces informations concernent plusieurs États membres. Un tel accès centralisé devrait être strictement limité aux recherches ciblées concernant des cas spécifiques et ne devrait pas donner lieu à une «pêche aux informations» ou à un contrôle aléatoire ou généralisé des informations relatives à la TVA. Cet accès centralisé aux bases de données administratives aux fins de la réalisation d’enquêtes administratives en matière douanière revêt un caractère exceptionnel, se justifie par la nécessité d’exercer le mandat de l’OLAF et ne doit pas être interprété comme constituant un précédent pour une application plus générale.

(12)

Pour exercer ses fonctions, l’OLAF travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales pertinentes, conformément à l’article 1er, paragraphe 2, du règlement (UE, Euratom) no 883/2013. L’OLAF fournit également un retour d’information et, le cas échéant, consulte les autorités nationales compétentes conformément aux dispositions applicables dudit règlement, y compris en vertu de l’article 12, paragraphes 1 et 5.

(13)

Les informations sur les opérations intracommunautaires, les paiements transfrontaliers et les importations exonérées de TVA sont collectées par les autorités nationales compétentes et sont importantes pour lutter contre la fraude. Pour ce qui est de la protection des données à caractère personnel, la Commission facilite l’échange de celles-ci en sa qualité de gestionnaire des données, alors que les autorités compétentes des États membres agissent en tant que responsables du contrôle des données en application, respectivement, du règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil (8) et du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil (9). L’accès centralisé du Parquet européen et de l’OLAF aux informations relatives à la TVA au niveau de l’Union devrait être accordé sans préjudice des rôles et responsabilités des autorités compétentes dans les États membres responsables de l’application de la législation relative à la TVA en ce qui concerne la protection des données à caractère personnel au titre du règlement (UE) 2016/679. Le Parquet européen et l’OLAF sont soumis aux règles relatives à la protection des données à caractère personnel prévues par le règlement (UE) 2018/1725, y compris les principes de proportionnalité et de responsabilité et les règles de mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles appropriées et le contrôle exercé par le Contrôleur européen de la protection des données. Les informations pouvant faire l’objet de recherches ciblées de la part du Parquet européen et de l’OLAF au moyen d’un accès centralisé consistent en des informations sur les numéros d’identification TVA, des informations sur les opérations intracommunautaires, sur les importations exonérées de TVA en ce qui concerne les régimes particuliers applicables aux ventes à distance de biens importés de territoires tiers ou de pays tiers, institués par la directive 2006/112/CE du Conseil (10) et sur les importations relevant du régime douanier 42/63, ainsi que des informations sur les paiements stockées dans le système électronique central concernant les informations sur les paiements, institué par le règlement (UE) no 904/2010 (CESOP). Les informations stockées dans le système d’analyse des réseaux de transactions (ART) d’Eurofisc ne font pas l’objet de recherches ciblées du Parquet européen ou de l’OLAF.

(14)

Afin de protéger l’accès aux données à caractère personnel, seuls les procureurs européens et les procureurs européens délégués et certains membres du personnel du Parquet européen et de l’OLAF qui ont été préalablement autorisés par le Parquet européen ou par l’OLAF, respectivement, devraient pouvoir avoir accès aux informations relatives à la TVA pour exécuter leurs tâches. Les autorités compétentes des États membres devraient, à des fins d’information, avoir accès aux journaux d’audit des accès du Parquet européen et de l’OLAF, y compris en ce qui concerne l’attribution de chaque accès à des dossiers d’enquête spécifiques et à des utilisateurs donnés. Les parties pertinentes des journaux d’audit devraient également être mises à la disposition du Parquet européen et de l’OLAF aux fins de mécanismes de contrôle interne concernant l’accès correct aux données et quant à l’utilisation de celles-ci, conformément à la législation applicable en matière de protection des données, dont le respect doit être contrôlé par les délégués à la protection des données désignés conformément aux règlements (UE) 2017/1939 et (UE, Euratom) no 883/2013. Afin d’assurer des conditions uniformes pour cet accès, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission en ce qui concerne les modalités techniques relatives à l’accès centralisé, les mesures techniques de protection des données, les exigences relatives aux journaux d’audit et les modalités pratiques d’accès à ceux-ci. Ces compétences devraient être exercées conformément au règlement (UE) no 182/2011.

(15)

Le présent règlement respecte les droits fondamentaux et observe les principes consacrés par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, en particulier le droit à la protection des données à caractère personnel.

(16)

Étant donné que les systèmes, infrastructures et moyens techniques facilitant l’échange d’informations relatives à la TVA au niveau de l’Union doivent être adaptés pour permettre un accès sécurisé par le Parquet européen et l’OLAF, il est nécessaire de reporter l’application des dispositions correspondantes afin de permettre à la Commission, au Parquet européen et à l’OLAF de procéder aux adaptations requises. Ces adaptations doivent prendre en compte la date à laquelle il est prévu que le système VIES central devienne opérationnel et la date à laquelle il est prévu que l’ancien système d’échange d’informations sur la TVA institué par le règlement (UE) no 904/2010 soit abandonné. Le Parquet européen et l’OLAF devraient supporter les coûts liés à la mise en place et à la maintenance des infrastructures et moyens techniques nécessaires à l’accès sécurisé aux informations relatives à la TVA. Lors de l’examen et de l’évaluation du fonctionnement du dispositif de coopération administrative prévu par le règlement (UE) no 904/2010, les États membres et la Commission devraient accorder une attention particulière à l’application pratique et à l’incidence de l’accès centralisé du Parquet européen et de l’OLAF aux informations relatives à la TVA, y compris l’efficacité des systèmes, infrastructures et moyens techniques pertinents.

(17)

Le Contrôleur européen de la protection des données a été consulté conformément à l’article 42, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1725 et a rendu un avis le 7 janvier 2026.

(18)

Il convient dès lors de modifier le règlement (UE) no 904/2010 en conséquence,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

Modifications apportées au règlement (UE) no 904/2010

Le règlement (UE) no 904/2010 est modifié comme suit:

1)

À l’article 21, le paragraphe suivant est inséré:

«2 quater. Chaque État membre accorde au Parquet européen, institué par le règlement (UE) 2017/1939 du Conseil (*1), et à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), institué par la décision 1999/352/CE, CECA, Euratom de la Commission (*2), un accès aux informations visées aux articles 49 bis et 49 ter du présent règlement et conformément aux limites et règles qui y sont fixés.

(*1) Règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (JO L 283 du 31.10.2017, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2017/1939/oj)."

(*2) Décision 1999/352/CE, CECA, Euratom de la Commission du 28 avril 1999 instituant l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) (JO L 136 du 31.5.1999, p. 20, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/1999/352/oj).»."

2)

L’article 24 quinquies est remplacé par le texte suivant:

«Article 24 quinquies

1. L’accès au CESOP n’est accordé qu’aux fonctionnaires de liaison Eurofisc, visés à l’article 36, paragraphe 1, qui possèdent un identifiant d’utilisateur personnel pour le CESOP et lorsque cet accès est en rapport avec une enquête sur un cas présumé de fraude à la TVA ou vise à détecter une fraude à la TVA.

2. Par dérogation au paragraphe 1 du présent article, le Parquet européen et l’OLAF ont accès aux informations du CESOP conformément aux limites et règles fixées aux articles 49 bis et 49 ter.».

3)

À l’article 24 duodecies, le paragraphe suivant est inséré:

«1 bis. Le Parquet européen et l’OLAF ont accès aux informations du système VIES central conformément aux limites et aux règles fixées aux articles 49 bis et 49 ter.».

4)

À l’article 36, les paragraphes suivants sont insérés:

«2 bis. Eurofisc communique au Parquet européen, conformément à l’article 24, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/1939 du Conseil, en ce qui concerne les États membres qui participent au Parquet européen et conformément au présent article en ce qui concerne les autres États membres, ses rapports d’analyse spécifiques qui recensent les cas présumés de systèmes frauduleux transfrontaliers définis à l’article 3, paragraphe 2, point d), de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil (*3) sur la base des informations émanant des États membres échangées en vertu du présent règlement et à la suite de son analyse visée à l’article 33 du présent règlement, à l’égard desquels le Parquet européen pourrait exercer sa compétence.

Les rapports d’analyse Eurofisc spécifiques visés au premier alinéa du présent paragraphe:

a)

sont établis sur la base des critères déterminés dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies;

b)

contiennent les informations déterminées dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies; et

c)

sont communiqués au Parquet européen sans retard indu après qu’ils ont été établis à l’aide du formulaire type établi dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies.

2 ter. Dans le cadre d’une enquête ou de poursuites menées par le Parquet européen, et à la demande de celui-ci, conformément à l’article 24, paragraphe 9, du règlement (UE) 2017/1939 en ce qui concerne les États membres qui participent au Parquet européen et conformément au présent article en ce qui concerne les autres États membres, Eurofisc communique au Parquet européen toute information pertinente disponible émanant des États membres sur la fraude à la TVA transfrontalière échangée en vertu du présent règlement.

2 quater. Eurofisc communique à l’OLAF, conformément à l’article 8, paragraphes 2 et 3, du règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil (*4), ses rapports d’analyse spécifiques qui recensent les cas présumés de fraude à la TVA en matière douanière portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union sur la base des informations émanant des États membres échangées en vertu du présent règlement et à la suite de son analyse visée à l’article 33 du présent règlement, pour permettre à l’OLAF d’envisager des mesures appropriées conformément à son mandat.

Les rapports d’analyse Eurofisc spécifiques visés au premier alinéa du présent paragraphe:

a)

sont établis sur la base des critères déterminés dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies;

b)

contiennent les informations déterminées dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies; et

c)

sont communiqués à l’OLAF sans retard indu après qu’ils ont été établis à l’aide du formulaire type établi dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 2 sexies.

2 quinquies. Conformément à l’article 8, paragraphes 2 et 3, du règlement (UE, Euratom) no 883/2013 et à la demande de l’OLAF, Eurofisc communique à l’OLAF toute information disponible émanant des États membres sur les cas présumés de fraude à la TVA en matière douanière portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union échangée en vertu du présent règlement pour permettre à l’OLAF d’envisager des mesures appropriées conformément à son mandat.

2 sexies. La Commission, au moyen d’un acte d’exécution, détermine les critères sur la base desquels les rapports d’anayse Eurofisc doivent être établis, ainsi que les informations à faire figurer dans lesdits rapports d’analyse pour permettre au Parquet européen ou à l’OLAF d’évaluer leur compétence, et établit les formulaires types pour la transmission de ces rapports. Ledit acte d’exécution est adopté en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 58, paragraphe 2. Lors de l’élaboration du projet d’acte d’exécution, la Commission consulte Eurofisc.

(*3) Directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (JO L 198 du 28.7.2017, p. 29, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2017/1371/oj)."

(*4) Règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 septembre 2013 relatif aux enquêtes effectuées par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et abrogeant le règlement (CE) no 1073/1999 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (Euratom) no 1074/1999 du Conseil (JO L 248 du 18.9.2013, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/883/oj).»."

5)

À l’article 49, le paragraphe 1 est remplacé par le texte suivant:

«1. Les États membres et la Commission examinent et évaluent le fonctionnement du dispositif de coopération administrative prévu par le présent règlement. L’évaluation comprend l’application pratique de l’article 36, paragraphes 2 bis à 2 quinquies, et des articles 49 bis et 49 ter. La Commission rassemble les expériences des États membres en vue d’améliorer le fonctionnement de ce dispositif.».

6)

Au chapitre XIII, les articles suivants sont ajoutés:

«Article 49 bis

1. Aux fins définies au paragraphe 2, point b), du présent article et sans préjudice de l’article 43 du règlement (UE) 2017/1939, les autorités compétentes des États membres accordent au Parquet européen, à des fins de recherches ciblées, un accès centralisé aux informations suivantes:

a)

du 17 août 2027 au 30 juin 2032, aux informations visées à l’article 17, paragraphe 1, points a), b) et c), du présent règlement;

b)

à partir du 17 août 2027, aux informations visées à l’article 17, paragraphe 1, points e) et f), du présent règlement;

c)

à partir du 17 août 2027, aux informations transmises conformément à l’article 24 ter, paragraphe 3, du présent règlement;

d)

à partir du 1er juillet 2030, aux informations visées à l’article 24 octies, paragraphe 2, du présent règlement.

2. L’accès centralisé visé au paragraphe 1 du présent article est accordé sous réserve des conditions suivantes:

a)

l’accès centralisé n’est accordé qu’aux procureurs européens, aux procureurs européens délégués et aux membres identifiés du personnel autorisés par le Bureau central du Parquet européen qui possèdent un identifiant d’utilisateur personnel pour les systèmes électroniques qui autorisent un accès centralisé aux informations visées au paragraphe 1 du présent article;

b)

l’accès centralisé n’est accordé qu’aux fins de l’exercice de la compétence visée à l’article 22 du règlement (UE) 2017/1939;

c)

les journaux d’audit des accès centralisés sont à la disposition des autorités compétentes des États membres à des fins d’information et du Parquet européen à des fins de contrôle interne.

3. L’accès centralisé visé au paragraphe 1 est fourni par l’intermédiaire d’un point d’entrée unique à l’ensemble des informations relatives à une enquête, y compris les informations concernant plusieurs États membres.

4. La Commission détermine par voie d’actes d’exécution:

a)

les modalités techniques concernant l’accès centralisé aux informations visées au paragraphe 1, y compris les catégories de recherches ciblées qui peuvent être effectuées;

b)

les mesures techniques de protection des données qui réduisent le risque d’accès non autorisé, de recherches non ciblées ou d’abus, y compris l’identification des utilisateurs visés au paragraphe 2, points a) et c), les profils des utilisateurs, les contrôles d’accès et les mécanismes garantissant l’attribution de chaque accès à un dossier d’enquête spécifique et à un utilisateur donné;

c)

les exigences relatives aux journaux d’audit, y compris l’attribution de chaque accès à un dossier d’enquête spécifique et à un utilisateur donné, et les modalités pratiques pour y accéder.

Les actes d’exécution visés au premier alinéa du présent paragraphe sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 58, paragraphe 2.

5. Les coûts liés à la mise en place, au fonctionnement et à la maintenance des infrastructures et moyens techniques permettant l’accès sécurisé aux informations visées au présent article sont à la charge du Parquet européen.

Article 49 ter

1. Aux fins définies au paragraphe 2 ter du présent article, les autorités compétentes des États membres accordent à l’OLAF, à des fins de recherches ciblées, un accès centralisé aux informations suivantes:

a)

du 17 août 2027au 30 juin 2032, aux informations visées à l’article 17, paragraphe 1, points a), b) et c);

b)

à partir du 17 août 2027, aux informations visées à l’article 17, paragraphe 1, points e) et f);

c)

à partir du 17 août 2027, aux informations transmises conformément à l’article 24 ter, paragraphe 3;

d)

à partir du 1er juillet 2030, aux informations visées à l’article 24 octies, paragraphe 2.

2. L’accès centralisé visé au paragraphe 1 du présent article est accordé sous réserve des conditions suivantes:

a)

l’accès centralisé n’est accordé qu’aux membres du personnel désignés autorisés par l’OLAF qui possèdent un identifiant d’utilisateur personnel pour les systèmes électroniques qui admettent un accès centralisé aux informations visées au paragraphe 1 du présent article;

b)

l’accès centralisé n’est accordé qu’aux fins de l’évaluation des soupçons existants de fraude ayant eu lieu avant l’ouverture et aux fins de la réalisation d’enquêtes administratives spécifiques en matière douanière conformément aux tâches de l’OLAF visées à l’article 1er, paragraphe 1, du règlement (UE, Euratom) no 883/2013;

c)

les journaux d’audit des accès centralisés sont à la disposition des autorités compétentes des États membres à des fins d’information et de l’OLAF à des fins de contrôle interne.

3. L’accès centralisé visé au paragraphe 1 est fourni par l’intermédiaire d’un point d’entrée unique à l’ensemble des informations relatives à une enquête, y compris les informations concernant plusieurs États membres.

4. La Commission détermine par voie d’actes d’exécution:

a)

les modalités techniques concernant l’accès centralisé aux informations visées au paragraphe 1, y compris les catégories de recherches ciblées qui peuvent faire être effectuées;

b)

les mesures techniques de protection des données qui réduisent le risque d’accès non autorisé, de recherches non ciblées ou d’abus, y compris l’identification des utilisateurs visés au paragraphe 2, points a) et c), les profils des utilisateurs, les contrôles d’accès et les mécanismes garantissant l’attribution de chaque accès à un dossier d’enquête spécifique et à un utilisateur donné;

c)

les exigences relatives aux journaux d’audit, y compris l’attribution de chaque accès à un dossier d’enquête spécifique et à un utilisateur donné, et les modalités pratiques pour y accéder.

Les actes d’exécution visés au premier alinéa du présent paragraphe sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 58, paragraphe 2.

5. Les coûts liés à la mise en place, au fonctionnement et à la maintenance des infrastructures et moyens techniques permettant l’accès sécurisé aux informations visées au présent article sont à la charge de l’OLAF.».

Article 2

Entrée en vigueur et date d’application

Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Il est applicable à partir du 17 août 2027.

Toutefois, l’article 1er, point 3), est applicable à partir du 1er juillet 2030.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 10 juillet 2026.

Par le Conseil

Le président

S. HARRIS


(1) Avis du 17 juin 2026 (non encore paru au Journal officiel).

(2) Avis du 18 février 2026 (non encore paru au Journal officiel).

(3) Règlement (UE) no 904/2010 du Conseil du 7 octobre 2010 concernant la coopération administrative et la lutte contre la fraude dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée (JO L 268 du 12.10.2010, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2010/904/oj).

(4) Règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (JO L 283 du 31.10.2017, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2017/1939/oj).

(5) Décision 1999/352/CE, CECA, Euratom de la Commission du 28 avril 1999 instituant l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) (JO L 136 du 31.5.1999, p. 20, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/1999/352/oj).

(6) Règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 septembre 2013 relatif aux enquêtes effectuées par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et abrogeant le règlement (CE) no 1073/1999 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (Euratom) no 1074/1999 du Conseil (JO L 248 du 18.9.2013, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/883/oj).

(7) Règlement (UE) no 182/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 établissant les règles et principes généraux relatifs aux modalités de contrôle par les États membres de l’exercice des compétences d’exécution par la Commission (JO L 55 du 28.2.2011, p. 13, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2011/182/oj).

(8) Règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2018 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions, organes et organismes de l’Union et à la libre circulation de ces données, et abrogeant le règlement (CE) no 45/2001 et la décision no 1247/2002/CE (JO L 295 du 21.11.2018, p. 39, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2018/1725/oj).

(9) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2016/679/oj).

(10) Directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée (JO L 347 du 11.12.2006, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2006/112/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2026/1743/oj

ISSN 1977-0693 (electronic edition)


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