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Avis institutionnel52013AR5295

Avis du Comité des régions — Règlement sur les contrôles officiels

CELEX52013AR5295
TypeAvis institutionnel
Datevendredi 29 novembre 2013

Résumé IA

Le Comité des régions approuve la proposition de règlement sur les contrôles officiels, visant à renforcer l'efficacité du système de contrôle de la chaîne agroalimentaire. Il souligne l'importance d'une approche intégrée et de la simplification administrative, tout en insistant sur la nécessité de préserver la subsidiarité et la proportionnalité pour les autorités locales et régionales. L'avis met en garde contre une charge financière excessive pour les collectivités territoriales et appelle à une meilleure coordination entre les différents niveaux de contrôle.

Texte intégral

15.4.2014

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 114/96


Avis du Comité des régions — Règlement sur les contrôles officiels

2014/C 114/16

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ DES RÉGIONS

Observations générales

1.

prend acte, au vu des grands objectifs qu’elle poursuit, visant à garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et le bon fonctionnement du marché intérieur, de la proposition de règlement présentée par la Commission européenne en ce qui concerne les contrôles officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé et au matériel de reproduction des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques;

2.

se félicite que la Commission reconnaisse la nécessité de renforcer les outils dont disposent les autorités compétentes dans les États membres pour vérifier la conformité avec la législation de l’Union européenne (contrôles, inspections et tests);

Références à la politique agricole commune

3.

confirme que la qualité des produits agricoles de l’Union européenne est l’un des principaux facteurs de valeur ajoutée de la politique agricole commune et l’un des plus grands atouts de l’Europe sur les marchés mondiaux, et qu’un contrôle efficace du respect de la législation sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé et au matériel de reproduction des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques contribue à la construction d’un marché stable fondé sur la confiance des citoyens dans les produits;

4.

Le seul moyen de garantir la compétitivité au niveau tant local que mondial est d’apporter des améliorations constantes au marché agroalimentaire européen. Accueille dès lors favorablement la présente initiative qui permettra d’assurer la qualité des produits agricoles au moyen de contrôles et d’autres activités à caractère officiel;

5.

estime que le règlement proposé répond au besoin de garantir la compétitivité au sens large des entreprises de la filière alimentaire qui sont soumises aux contrôles officiels effectués par les autorités compétentes;

Subsidiarité, proportionnalité et mieux légiférer

6.

fait observer que la proposition de règlement comporte, dans pratiquement tous les domaines qu’il vise, des dispositions habilitant la Commission à adopter des actes délégués (voir les articles 15 à 24). S’oppose en particulier à l’octroi du pouvoir d’adopter des actes délégués prévu aux articles 15 à 25, 110, 132 et 133 de la proposition législative en ce qui concerne des règles spécifiques applicables à l’exécution des contrôles officiels. Estime absolument indispensable que toutes les règles ayant un impact considérable sur l’activité de surveillance et des incidences budgétaires majeures dans les États membres soient directement incorporées au règlement. Demande en outre à la Commission de préciser, dans le contexte de l’exercice du pouvoir délégué visé à l’article 139, comment elle entend mettre en œuvre l’approche décrite au considérant 81, selon lequel elle doit procéder à des consultations appropriées durant son travail préparatoire, notamment à des consultations d’experts. Considère qu’une participation d’experts des États membres doit être expressément prévue à l’article 139;

7.

confirme qu’une harmonisation de la législation relative aux contrôles officiels est utile et importante en vue d’assurer un niveau suffisant de sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, de garantir la libre circulation des marchandises au sein du marché intérieur, de protéger efficacement ce dernier, ainsi que la libre concurrence et les intérêts des consommateurs et leur information, contre la fraude et un afflux de produits non conformes aux exigences européennes et de préserver la confiance dans les biens exportés par l’Union européenne ou transportés via son territoire (transit);

8.

constate avec satisfaction que le règlement intègre une série de dispositions concernant les contrôles officiels dans la filière agroalimentaire, notamment les mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux, les règles régissant la production, en vue de la mise sur le marché, de matériel de reproduction des végétaux, et les règles applicables aux sous-produits animaux;

9.

confirme que le meilleur moyen de protéger efficacement les produits agroalimentaires de l’Union européenne est de faire en sorte que tous les produits vendus dans l’Union européenne, quelle qu’en soit l’origine, soient soumis à des contrôles identiques ou équivalents en matière d’hygiène, de sécurité et de qualité alimentaires. Considère que dans des cas spécifiques, le règlement ne limite pas le droit des États membres à prendre des mesures pour assurer un niveau de protection plus élevé des consommateurs au moyen de contrôles officiels;

10.

se félicite de la simplification de la réglementation, liée à la mise en place de postes de contrôle frontaliers régis par un ensemble uniforme de règles, à l’introduction d’un document sanitaire commun d’entrée (DSCE), appelé à remplacer les différents documents actuellement utilisés dans chaque secteur soumis au contrôle, à l’harmonisation des documents et à l’apport de garanties quant à leur fiabilité, à l’introduction d’un système de l’Union européenne pour superviser les contrôles officiels européens et à sa numérisation;

11.

constate que les règles encadrant actuellement les contrôles officiels sur les résidus de médicaments vétérinaires seront remplacées par une réglementation davantage fondée sur l’évaluation du risque, mais toujours soucieuse de garantir des conditions adéquates de protection de la santé;

Durcissement des contrôles pour les produits en provenance des pays tiers

12.

accueille avec satisfaction la proposition de la Commission, qui comprend entre autres des dispositions visant à durcir les contrôles des produits en provenance de pays tiers afin de faire face aux défis qui se présentent dans la filière alimentaire et aux risques pour la sécurité des citoyens de l’Union européenne qui en découlent;

13.

se félicite de la simplification de la réglementation qui consiste à remplacer les postes d’inspection frontaliers (pour les animaux et les produits dérivés), les points d’entrée désignés (pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale) et les points d’entrée (pour les végétaux et les produits végétaux) par des postes de contrôle frontaliers régis par un ensemble uniforme de règles. Cette approche permettra de mieux protéger le marché européen contre un afflux de produits agroalimentaires non conformes;

14.

salue la création de mécanismes dans le domaine de «l’assistance administrative», permettant aux autorités de contrôle nationales de coopérer sur des affaires d’application transfrontalière de la législation de manière homogène et cohérente. Attire l’attention sur le fait que les manquements à la réglementation de l’Union européenne seront traités, non seulement dans l’État membre où ils ont été constatés, mais aussi dans celui où ils ont pris source;

Impact local et régional

15.

constate que la nouvelle approche en matière de contrôles fondée sur l’évaluation du risque permettra de prendre des mesures et des décisions relatives aux différentes catégories de produits qui soient à la fois rapides et conformes à l’état actuel des connaissances;

16.

constate que l’obligation d’élaborer un rapport pour chaque contrôle officiel effectué et de le mettre à disposition de l’opérateur soumis au contrôle alourdit considérablement la charge des autorités concernées. Au vu des charges administratives et de la possibilité, que l’on ne peut guère écarter, de recourir à un moyen de protection juridique, il convient de la rejeter.

Si la Commission ne retire pas cette exigence, une analyse d’impact approfondie s’imposera afin de quantifier les charges administratives et financières qu’elle entraîne. En outre, dans le même ordre d’idées, l’article 34 de la proposition de la Commission devrait préciser que l’avis d’un second expert concerne une procédure déjà en cours relative à un second échantillon ou à un contre-échantillon et faisant l’objet d’un examen ultérieur par l’opérateur, et qu’il n’y a donc pas lieu de mettre en place une nouvelle procédure;

17.

partage sur le principe la conception de la Commission qui prend en compte les intérêts des PME lors du calcul des redevances. L’exonération que la proposition législative prévoit d’appliquer à toutes les entreprises employant moins de dix salariés et dont le chiffre d’affaire ou le bénéfice annuel ne dépasse pas 2 millions d’euros est toutefois contraire aux principes de l’article 76, qui visent à garantir une dotation adéquate en personnel et en ressources financières. Il est proposé d’adopter dans la nouvelle réglementation sur les coûts des règles correspondant à l’article 27, paragraphe 6 du règlement (CE) no 882/2004 qui permettent aux États membres de décider eux-mêmes de la nature et de l’ampleur des exemptions;

18.

L’article 80 prévoit d’avantager les opérateurs invariablement respectueux des règles, dans la mesure où les redevances afférentes au contrôle seront perçues sous la forme d’un forfait, conformément à l’article 79, paragraphe 1, lettre a). Il conviendrait, au lieu de cela, d’intégrer au nouveau règlement sur les coûts des contrôles des règles correspondant à l’article 27, paragraphe 6 du règlement (CE) no 882/2004, afin de permettre aux États membres de décider eux-mêmes de la nature et de l’ampleur des exemptions, dont celles qui concernent les microentreprises;

19.

attire l’attention sur la nécessité de protéger de manière efficace (adéquate) les données et informations reprises dans les systèmes créés aux fins de mettre en œuvre les dispositions réglementaires concernant la redondance et l’accès non autorisé tout en tenant compte de la nécessité et de l’obligation faite aux autorités compétentes d’informer le public des événements majeurs survenus dans la filière agroalimentaire. Étant donné que dans certains États membres, les compétences en matière de contrôle de la filière alimentaire se trouvent partagées entre plusieurs organismes distincts, il est indispensable que le déploiement des systèmes d’information traite dans un document unique les différentes activités de contrôle officiel, parallèlement à la création et au développement d’un système intégré pour la gestion des informations provenant des contrôles officiels;

20.

salue, outre l’élargissement du champ d’application des mesures disciplinaires existantes, l’introduction de périodes minimales de respect des normes en ce qui concerne les mesures d’incitation prenant la forme d’exemptions ou de réductions des redevances officielles pour les opérateurs qui se conforment invariablement à la législation sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux et aux autres règles relatives à la filière alimentaire; cependant, les décisions relatives aux redevances obligatoires dans les cas des contrôles de routine doivent être laissées à l’appréciation des États membres;

21.

fait observer que les nombreuses autorisations d’adopter des actes délégués réduisent les possibilités de participation des États membres et ne permettent pas aux pays de savoir s’il leur faudra s’attendre à des dépenses plus importantes en personnel, ou sur le plan financier;

II. RECOMMENDATIONS D’AMENDEMENTS

Amendement 1

Article 1, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

1. Le présent règlement établit des règles applicables:

1. Le présent règlement établit des règles applicables:

a)

à l’exécution des contrôles officiels et des autres activités officielles effectués par les autorités compétentes des États membres;

b)

au financement des contrôles officiels;

c)

à l’assistance et à la coopération administratives entre États membres en vue de la bonne application des règles visées au paragraphe 2;

d)

à l’exécution des contrôles effectués par la Commission dans les États membres et les pays tiers;

e)

à l’adoption des conditions auxquelles doivent satisfaire les animaux et les biens entrant dans l’Union en provenance d’un pays tiers;

f)

à l’établissement d’un système informatisé de gestion des informations et des données relatives aux contrôles officiels.

a)

à l’exécution des contrôles officiels et des autres activités officielles effectués par les autorités compétentes des États membres;

b)

au financement des contrôles officiels;

c)

à l’assistance et à la coopération administratives entre États membres en vue de la bonne application des règles visées au paragraphe 2;

d)

à l’exécution des contrôles effectués par la Commission dans les États membres et les pays tiers;

e)

à l’adoption des conditions auxquelles doivent satisfaire les animaux et les biens entrant dans l’Union en provenance d’un pays tiers;

f)

à l’établissement d’un système informatisé de gestion des informations et des données relatives aux contrôles officiels, doté de mécanismes de protection des données conformément aux règles applicables, à savoir la directive 95/46/CE, ainsi que la proposition de règlement COM(2012) 11 et la proposition de directive COM(2012) 10 final.

Exposé des motifs

La protection des données devrait retenir notre attention: en effet, le système est établi au niveau de l’Union européenne et l’une de ses principales fonctions est de partager les données sur les contrôles officiels effectués.

Amendement 2

Article 13, paragraphe 2, lettre d)

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

une évaluation des procédures en matière de bonnes pratiques de fabrication (BPF), de bonnes pratiques d’hygiène (BPH), de bonnes pratiques agricoles et d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques (HACCP);

une évaluation des procédures en matière de bonnes pratiques de fabrication (BPF), de bonnes pratiques d’hygiène (BPH), de bonnes pratiques agricoles (BPA) et d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques (HACCP), ainsi que d’autres systèmes analogues dont l’application est obligatoire en vertu des règles visées à l’article 1 er , paragraphe 2;

Exposé des motifs

Il est indispensable d’élargir le champ d’application de la disposition aux principes (systèmes) susceptibles de devenir obligatoires.

Amendement 3

Article 82

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Remboursement des redevances et exonération des microentreprises

Remboursement des redevances et exonération des microentreprises

1. Les redevances prévues à l’article 77 ne sont pas remboursées, que ce soit directement ou indirectement, sauf si elles ont été indûment perçues.

1. Les redevances prévues à l’article 77 ne sont pas remboursées, que ce soit directement ou indirectement, sauf si elles ont été indûment perçues.

2. Les entreprises qui occupent moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires annuel ou le total du bilan annuel n’excède pas 2 000 000 EUR sont exonérées du paiement des redevances prévues à l’article 77.

2. Les entreprises qui occupent moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires annuel ou le total du bilan annuel n’excède pas 2 000 000 EUR sont peuvent être exonérées du paiement des redevances prévues à l’article 77.

3. Les frais visés aux articles 77, 78 et 79 ne comprennent pas les frais supportés pour l’exécution des contrôles officiels relatifs aux entreprises visées au paragraphe 2

3. Les frais visés aux articles 77, 78 et 79 ne comprennent pas les Les États membres peuvent adopter des règles distinctes en matière de calcul des frais supportés pour l’exécution des contrôles officiels relatifs aux entreprises visées au paragraphe 2, pour autant que cela ne porte pas atteinte aux principes de la politique de concurrence de l’Union européenne visés aux articles 101 à 109 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

Exposé des motifs

Il convient de donner aux États membres la possibilité d’adopter des règles spécifiques en la matière, étant donné les variations considérables dans la répartition par taille des entreprises au sein des pays de l’Union européenne. Ceci vaut en particulier pour les pays dont l’économie est fortement fragmentée (présence d’un grand nombre de microentreprises).

Amendement 4

Article 131

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

L’IMSOC:

L’IMSOC:

a)

permet le traitement et l’échange informatisés des données, informations et documents nécessaires à l’exécution des contrôles officiels et résultant de l’exécution des contrôles officiels ou l’enregistrement de l’exécution ou des résultats des contrôles officiels dans tous les cas où les règles visées à l’article 1er, paragraphe 2, et les actes délégués prévus aux articles 15 à 24 prévoient l’échange de tels données, informations et documents entre autorités compétentes, entre les autorités compétentes et la Commission et, s’il y a lieu, avec d’autres autorités et les opérateurs.

b)

offre un mécanisme d’échange de données et d’informations conformément aux dispositions du titre IV;

c)

offre un instrument de rassemblement et de gestion des rapports sur les contrôles officiels communiqués par les États membres à la Commission;

d)

permet la production, le traitement et la transmission, y compris par voie électronique, du carnet de route visé à l’article 5, paragraphe 4, du règlement (CE) no 1/2005, des données obtenues par le système de navigation visé à l’article 6, paragraphe 9, du règlement (CE) no 1/2005, des certificats officiels et du document sanitaire commun d’entrée visé à l’article 54 du présent règlement

a)

permet le traitement et l’échange informatisés des données, informations et documents nécessaires à l’exécution des contrôles officiels et résultant de l’exécution des contrôles officiels ou l’enregistrement de l’exécution ou des résultats des contrôles officiels dans tous les cas où les règles visées à l’article 1er, paragraphe 2, et les actes délégués prévus aux articles 15 à 24 prévoient l’échange de tels données, informations et documents entre autorités compétentes, entre les autorités compétentes et la Commission et, s’il y a lieu, avec d’autres autorités et les opérateurs.

b)

offre un mécanisme d’échange de données et d’informations conformément aux dispositions du titre IV;

c)

offre un instrument de rassemblement et de gestion des rapports sur les contrôles officiels communiqués par les États membres à la Commission;

d)

permet la production, le traitement et la transmission, y compris par voie électronique, du carnet de route visé à l’article 5, paragraphe 4, du règlement (CE) no 1/2005, des données obtenues par le système de navigation visé à l’article 6, paragraphe 9, du règlement (CE) no 1/2005, des certificats officiels et du document sanitaire commun d’entrée visé à l’article 54 du présent règlement.;

e)

prévoit un mécanisme de protection des données conformément aux règles applicables, à savoir la directive 95/46/CE, ainsi que la proposition de règlement COM(2012)11 et la proposition de directive COM(2012)10 final.

Exposé des motifs

La protection des données devrait retenir notre attention: en effet, le système est établi au niveau de l’Union européenne et l’une de ses principales fonctions est de partager les données sur les contrôles officiels effectués.

Bruxelles, le 29 novembre 2013.

Le Président du Comité des régions

Ramón Luis VALCÁRCEL SISO


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