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Initiative législative52013IR5810

Avis du Comité des régions — Livre vert sur un cadre pour les politiques en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030

CELEX52013IR5810
TypeInitiative législative
Datejeudi 30 janvier 2014

Résumé IA

Le Comité des régions approuve les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'efficacité énergétique pour 2030, mais insiste sur la nécessité d'une approche territorialisée et d'un financement adéquat pour les collectivités locales. Il souligne l'importance de la cohésion sociale et territoriale dans la transition énergétique, plaidant pour des objectifs contraignants et une gouvernance à plusieurs niveaux. Cet avis invite les institutions européennes à intégrer pleinement la dimension locale et régionale dans le futur cadre climatique et énergétique.

Texte intégral

26.4.2014

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 126/11


Avis du Comité des régions — Livre vert sur un cadre pour les politiques en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030

2014/C 126/04

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ DES RÉGIONS,

1.

souligne l'importance et le rôle fondamentaux du niveau local et régional dans l'élaboration des approches en matière de changement climatique et de communautés de l'avenir; regrette dès lors profondément que le livre vert ne fasse à aucun moment mention ni de l'importance des collectivités territoriales, ni des mesures relatives au climat et à l'énergie déjà prises à ce niveau;

2.

invite la Commission à recourir aux programmes de développement, de financement et de contrôle visant à traiter les questions de climat et d'énergie afin de stimuler et d'encourager les collectivités territoriales et les États membres;

3.

estime capital de limiter le changement climatique à moins de 2 degrés de réchauffement par rapport aux niveaux de la période préindustrielle;

4.

estime capital qu'un consensus sur un nouvel accord international contraignant sur le climat soit trouvé lors de la 21e conférence des Parties (COP21) des Nations unies qui aura lieu en 2015, conformément aux accords de la conférence de Durban (COP17) de 2011;

5.

recommande que l'objectif juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour l'UE dans son ensemble soit fixé à 50 % des niveaux de 1990 d'ici 2030, et insiste pour que les États membres s'entendent entre eux sur la manière de répartir la charge que représente la réduction des émissions;

6.

souligne que le système communautaire d'échange de quotas d'émission de l'UE (SCEQE) pour la production d'énergie fossile, unique et juridiquement contraignant, couvre plus de 40 % des émissions des États membres (émissions dues à l'aviation exclues). La proportion d'émissions couverte par les échanges d'émissions, de même que l'inclusion de nouveaux secteurs potentiels (par exemple le transport terrestre et maritime) dans ces échanges, devrait faire l'objet d'un accord en lien avec l'objectif de réduction des émissions; Sous sa forme actuelle, le SCEQE ne donne pas les résultats escomptés du fait d'un certain nombre de problèmes systémiques qui conduisent à un prix du carbone trop bas;

7.

regrette profondément le peu d'ambition manifesté dans la communication de la CE sur «Un cadre pour les politiques en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030» (1) et estime qu'il est capital de fixer des objectifs contraignants pour les énergies renouvelables (et pas seulement un objectif de 27 % pour toute l'UE et facultatif pour les États membres) et pour l'efficacité énergétique en plus de l'objectif global de réduction d'émissions; souligne que la possibilité de parvenir à un taux de 100 % d'énergie renouvelable pour l'UE d'ici 2050 suppose que l'UE fixe des objectifs intermédiaires réalistes pour 2030 et 2040 afin d'être à la hauteur de cette ambition;

8.

estime absolument nécessaire que les objectifs nationaux visant à accroître les énergies renouvelables et à réduire la consommation d'énergie soient rendus contraignants par chacun des États membres et qu'à cette fin, les pays s'appuient sur la mise en place de stratégies régionales, ce qui serait non seulement plus rentable, mais aussi conforme au principe de subsidiarité, tant au niveau national que local;

9.

se déclare fortement préoccupé par le manque de possibilités de financement au niveau local et régional et par la crise économique actuelle, qui rendent difficile la tâche centrale des collectivités locales et régionales, à savoir l'atténuation du changement climatique et l'élaboration de stratégies d'adaptation;

10.

dans le contexte de la compétitivité, accueille favorablement la proposition de la Commission de débattre du caractère opportun d'un objectif d'économies d'énergie dans le secteur industriel qui serait basé sur l'intensité énergétique par rapport au PIB ou à la valeur ajoutée;

11.

observe que, si l'UE souhaite devenir réellement compétitive, elle doit saisir pleinement les possibilités économiques, sociales, d'emploi et environnementales offertes par la transition vers une économie à faibles émissions de carbone; dès lors, considère comme absolument nécessaire d'éliminer les subventions accordées aux énergies non renouvelables et de les réorienter vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique; toute recette provenant du commerce des émissions et toute recette fiscale, dans l'hypothèse où l'on s'orienterait vers une taxe carbone, devraient être redirigées vers des mesures efficaces prises par les États membres en vue d'atténuer les effets du changement climatique et de s'adapter en conséquence;

12.

estime que l'on pourrait renforcer l'indépendance énergétique et la sécurité de l'approvisionnement en développant plus avant le marché unique de l'énergie, à l'aide, par exemple, des nouvelles interconnexions, de la production d'énergie à petite échelle par les consommateurs eux-mêmes, du stockage de l'énergie et des réseaux intelligents, et que la diversité des sources d'énergie durable agit comme un tampon contre les fluctuations de prix, rend le système d'énergie moins vulnérable et peut faire baisser les ruptures d'approvisionnement; il y a lieu de procéder avec prudence lors de la mise en œuvre du marché unique et de veiller à ce qu'elle ne conduise pas à une réduction des possibilités d'expansion de la fourniture d'énergie décentralisée et locale;

13.

est convaincu qu'en développant plus avant le marché unique de l'énergie à l'aide des nouvelles interconnexions, il convient de parvenir à un partage équitable des charges entre les régions et de tenir compte des impératifs de l'aménagement du territoire. Il faut éviter de faire peser une charge disproportionnée sur certains paysages et régions;

14.

souligne qu'il y a lieu, lors de l'élaboration des politiques au niveau de l'UE et des États membres, de garder présente à l'esprit la nécessité de maintenir les prix à un niveau raisonnable et de gérer la charge fiscale qui pèse sur les citoyens; estime également qu'il convient de recommander aux États membres l'adoption de mesures spécifiques pour les familles et consommateurs vulnérables en ce qui concerne les prix de l'énergie;

15.

estime qu'il devrait être possible de mieux évaluer les bénéfices à long terme de l'élimination des énergies non renouvelables, par exemple en matière de santé publique et de création d'emplois, et de les mobiliser en faveur de la définition des politiques;

16.

souligne que les discussions relatives à un cadre global pour les politiques du climat et de l'énergie devraient couvrir l'utilisation de carbone stocké de manière durable (y compris les constructions en bois et les produits du bois ou du liège) afin de remplacer les produits facteurs d'émissions. Il convient de tenir compte également de tous les puits de carbone naturels qui favorisent les ressources forestières, les systèmes de production agro-sylvo-pastoraux, ainsi que l'agriculture écologique et de conservation;

17.

estime qu'il est crucial d'améliorer les conseils destinés aux différents groupes de consommateurs et de population (en fonction de l'âge, du sexe, du niveau culturel, de la situation socio-économique, etc.) et d'accroître l'expertise professionnelle des responsables de la consommation d'énergie;

A. Aménagement du territoire et préparation au changement climatique

18.

souligne que les collectivités territoriales sont responsables au premier chef de l'aménagement du territoire à long terme et, partant, de la structure future des communautés, y compris des services auxquels auront recours les résidents et les entreprises: eau potable, tout-à-l'égout et traitement des déchets, production et distribution de l'énergie, réseaux de TIC; routes, transports en commun et options permettant d'utiliser des modes de transport non polluants (mobilité douce). Ces infrastructures de base permettront aux résidents comme aux entreprises d'adopter des comportements appropriés afin de réduire les émissions;

19.

souligne la grande importance des collectivités territoriales et du rôle qu'elles ont à jouer dans l'atténuation des effets du changement climatique, la préparation et l'adaptation au changement, et dans la recherche des solutions à apporter aux questions relatives à l'énergie; par les services qu'elles fournissent aux résidents, les collectivités territoriales sont elles-mêmes consommatrices d'énergie et sont des sources importantes de contrats publics. La production d'énergie locale et l'investissement local soutiennent l'économie régionale et l'emploi;

20.

les marchés régionaux jouent un rôle crucial sur le marché de l'énergie de l'UE et contribuent à l'achèvement du marché intérieur de l'énergie;

21.

relève que les autorités locales et régionales sont déjà reconnues par différents acteurs (les citoyens, les États membres, l'UE, les organisations et institutions internationales) comme des intervenants importants dans des cas pratiques tels que l'adaptation au changement climatique et la préparation à ce changement. Les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les tempêtes, ainsi que les coupures d'électricité qu'elles peuvent entraîner, sont des événements locaux qui causent des dangers pour l'homme et soulignent l'importance des services de lutte anti-incendie, des services de secours et de la gestion de l'énergie. Le choix n'est pas entre atténuer le changement climatique et renforcer la résilience des communautés; les deux sont complémentaires;

B. Les objectifs en matière de lutte contre le changement climatique et la 21e conférence des Parties (COP21 )

22.

attire l'attention sur les dernières données — alarmantes — publiées en septembre 2013 par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), selon lequel le réchauffement de la planète causé par l'homme s'élèvera approximativement à 5 degrés d'ici 2100. Dans l'hémisphère nord, le réchauffement pourrait être supérieur à la moyenne et la fonte du pergélisol dans les régions de toundra pourrait accélérer encore le réchauffement de la planète. Ailleurs, l'augmentation des sécheresses et de la pluviométrie constituera une menace pour la production alimentaire et accélèrera les mouvements de population. Les phénomènes météorologiques extrêmes sont à l'origine de souffrances humaines et d'importants dégâts;

23.

est d'avis que la 21e conférence des Parties sur le changement climatique (COP21) qui sera organisée par les Nations unies en 2015 devrait parvenir à un consensus sur une extension du protocole de Kyoto couvrant un spectre aussi large que possible. Les pays signataires de la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto (2013-2020) produisent 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Une extension importante du protocole aux autres grands pays industrialisés et aux économies connaissant un développement rapide est vitale si l'on veut que le protocole demeure crédible;

24.

des efforts résolus sont nécessaires afin de lutter contre la fuite de carbone et il y a lieu de tenir compte des conséquences des modes de consommation non durables à l'échelle mondiale;

25.

note que l'UE, étant responsable de 10 à 11 % du total des émissions de GES, est un signataire important de tout accord sur le climat. L'UE a pour objectif de parvenir à une croissance économique verte et durable et à des changements structurels nécessaires, dont une série d'objectifs visant à réduire les émissions d'ici 2030. L'UE doit être prête à négocier l'extension du protocole.

C. L'expérience des objectifs 20-20-20

26.

relève que l'UE, pour atteindre son objectif de réduire de 20 % ses émissions d'ici 2020, a recours à un système d'échange de quotas d'émission contraignant, des objectifs nationaux contraignants en matière de consommation d'énergies renouvelables, un objectif en matière d'efficacité énergétique et une augmentation à 10 % de la part des biocarburants dans le total des carburants de transports. De même, il existe un consensus, dans la feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050, sur une réduction des émissions de 80 à 95 %. Une économie verte à faible intensité de carbone figure au cœur de la stratégie Europe 2020;

27.

souligne la nécessité de mettre en œuvre sans attendre la directive sur l'efficacité énergétique et note que la directive relative à la performance énergétique des bâtiments neufs et existants a désormais force de loi. Les thèmes de l'énergie et du changement climatique occupent une place de choix dans la recherche et les programmes de financement tels que «Énergie intelligente pour l’Europe». Le développement régional à faible intensité de carbone sera une priorité de la prochaine période de programmation des Fonds structurels. Des efforts ont également été faits afin de trouver des financements provenant du programme ELENA de la Banque européenne d'investissement (BEI). Les appareils électroménagers ont été ciblés par les directives sur l'écoconception et l'étiquetage énergétique, lesquelles ont donné des résultats encourageants;

28.

note que le système d'échange de quotas de l'UE intègre des installations industrielles et de production énergétique qui génèrent des émissions élevées de gaz à effet de serre. Une partie des quotas d'émission disponibles sont attribués gratuitement sur la base d'un système de paramètres de référence qui privilégie les secteurs exposés au risque de relocalisation des émissions de carbone vers les pays tiers («carbon leakage») et la production de chaleur et de froid dans des installations de cogénération. Le taux maximal d'émissions est réduit de manière linéaire de 1,74 % par an. Les entrées générées par la mise aux enchères des certificats sont attribuées aux États membres. Étant donné que le prix d'une tonne d'émissions de gaz à effet de serre est actuellement inférieur à 5 euros, l'échange de quotas ne peut exercer l'effet régulateur escompté sur la politique en matière de climat;

29.

note que les échanges de quotas d'émissions, qui continueront jusqu'en 2020, ont débouché ces derniers mois sur des prix qui n'ont que peu incité à investir dans les technologies à faibles taux d'émission, et voit par conséquent l'accord politique sur le «report de la mise de quotas sur le marché», qui prévoit un retrait, limité dans le temps, des certificats excédentaires d'émission de CO2, comme une possibilité de lutter contre cette situation. Grâce à cette mesure, il sera possible de parvenir à stabiliser provisoirement, sur le court terme, le système d'échange de quotas d'émission.

30.

est néanmoins d'avis qu'en dépit de l'accord concernant le report de la mise de quotas sur le marché, il est nécessaire de procéder à une réforme structurelle du système d'échange de quotas d'émission. Celui-ci peut être stabilisé sur le long terme si l'UE adopte des objectifs ambitieux en matière de politique climatique tout en réduisant le volume des certificats d'émission. En outre, il s'impose également de trouver une solution afin de retirer durablement du marché ceux qui y sont en excédent;

31.

remarque que les objectifs de réduction d'émissions pour 2020 au niveau de l'UE sont en voie d'être atteints. La consommation d'énergie a chuté dans les États membres et un virage a été pris en direction des énergies renouvelables. Parmi les instruments utilisés, citons les impôts nationaux, les subventions à l'investissement et les tarifs de rachat. Malheureusement, les taxes sont utilisées en premier lieu pour rééquilibrer les comptes des gouvernements et en second lieu seulement pour orienter la consommation d'énergie. La récession et les changements structurels dans l'industrie ont entraîné une réduction de la consommation et des émissions au détriment de l'emploi;

32.

note que les objectifs contraignants pour les énergies renouvelables et pour l'efficacité énergétique devraient se renforcer mutuellement. L'objectif général étant de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les économies d'énergie devraient provenir en premier lieu de la consommation d'énergies fossiles. Il va néanmoins de soi qu'il n'y a aucune raison de gaspiller les énergies renouvelables et que l'énergie la moins chère est celle que l'on ne consomme pas;

33.

fait part de ses inquiétudes quant aux possibles répercussions de ce que les règles en matière d'aides d'État liées au système SCEQE permettent aux États membres de compenser, à partir de 2013, une partie des coûts indirects du SCEQE dans les secteurs à l'intensité électrique la plus élevée; convient avec la Commission européenne que le cadre 2013 pour les règles applicables aux aides d'État en matière d'énergie et d'environnement doit aborder cette question;

34.

souligne que l'objectif d'accroître la part des énergies renouvelables dans les quotas d'émission doit être coordonné avec d'autres efforts visant à encourager les consommateurs à investir dans leur propre énergie renouvelable ou à diminuer leur consommation. Le prix des quotas d'émissions doit être suffisamment élevé pour favoriser le passage à une production d'énergie renouvelable;

D. Un objectif de réduction des émissions contraignant à l'horizon 2030

35.

estime qu'il y a lieu, d'ici 2030, de réduire à 50 % du niveau de 1990 les émissions de gaz à effet de serre et de rendre cet objectif contraignant. Un objectif contraignant sur les émissions globales, assorti d'objectifs concernant l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, redonnerait confiance à l'opinion publique, aux entreprises et aux décideurs politiques quant à la perspective d'une baisse régulière des émissions de GES;

36.

insiste pour que les États membres parviennent à un consensus sur le partage des tâches permettant d'atteindre l'objectif de réduction des émissions d'ici 2030. Ces tâches doivent être réparties de manière équitable; il y a lieu de tenir compte de la situation économique de chacun des États membres, de la structure des émissions, des mesures déjà prises et des conditions environnementales. Il est possible d'atteindre une partie de l'objectif de réduction en recourant aux mécanismes existants dans le cadre de l'accord des Nations unies sur le climat;

37.

estime qu'une décision devrait être prise également concernant l'extension du système commun et contraignant d'échange de quotas de l'UE et, plus particulièrement, la manière dont les réductions d'émissions devraient être réparties entre le secteur des échanges d'émissions et les autres domaines d'activité. Les échanges d'émissions ont un impact sur la production d'énergie. Les recettes provenant de la vente aux enchères des quotas d'émissions devraient être affectées à des mesures permettant d'atténuer plus efficacement les effets du changement climatique et de s'y adapter.

E. Objectifs par pays

38.

note qu'il est possible d'utiliser les sous-objectifs par pays en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique en parallèle avec les échanges de quotas dans le but d'atteindre un objectif contraignant commun de réduction des émissions. Ces objectifs doivent être formulés de manière à fournir un choix indicatif d'instruments, étant donné les différences d'un pays à l'autre. C'est là la meilleure manière de garantir la rentabilité, la sélection des mesures les plus appropriées et l'ordre de leur mise en œuvre. Cette démarche permettrait également d'éviter des chevauchements et des conflits potentiels entre les différentes orientations et politiques, telles que les échanges d'émissions;

39.

rappelle que les conditions d'utilisation des sources d'énergie renouvelable varient d'un État membre à l'autre en fonction de facteurs tels que les matières premières, l'environnement naturel et les systèmes de production et de distribution d'énergie. Les différences en matière d'efficacité énergétique des bâtiments sont également très grandes;

40.

considère que les sous-objectifs par pays permettront aux économies et aux entreprises des États membres de développer les compétences, la technologie, les nouvelles innovations, des normes concernant l'intégration dans les réseaux des producteurs d'énergie à petite échelle ou à des fins de consommation personnelle et l'utilisation des ressources naturelles locales qui leur sont le mieux adaptées. Les résultats seront appliqués dans les autres États membres par le biais du marché intérieur. Cette approche garantit également le respect du principe de subsidiarité;

F. Orientations pour la politique de l'UE en matière de climat et d'énergie

41.

considère que la politique de l'UE en matière de climat et d'énergie devraient avoir pour principaux objectifs de garantir un approvisionnement en énergie durable du point de vue environnemental, social et économique, qui soit également sans danger et sûr. Cette visée suppose une amélioration de l'efficacité énergétique, l'utilisation de sources d'énergie renouvelables ainsi que l'élaboration et l'introduction de technologies énergétiques novatrices. Elle contribuerait ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la santé publique et l'état de l'environnement, tout en créant des emplois;

42.

souligne que les prix du marché mondial, les échanges de quotas d'émission, mais aussi les dispositifs de financement en vigueur pour améliorer l'efficacité énergétique, promouvoir les énergies renouvelables et stimuler les nouvelles technologies ainsi que la fiscalité, ou encore les différentes combinaisons de ces facteurs ont pour effet de renchérir le coût de l'énergie. Ces hausses des prix de l'énergie sont fondamentalement positives, en ce qu'elles encouragent à réduire les émissions, développer des énergies renouvelables de substitution et réaliser des économies d'énergie, étant entendu qu'il faut veiller à ce qu'elles ne puissent se révéler être d'un poids excessif à supporter pour les catégories de population et les entreprises les plus vulnérables; L'utilisation rationnelle, dans le secteur de l'énergie, d'instruments de l'économie de marché efficaces et fondés sur la concurrence peut limiter les augmentations de prix à un minimum inévitable;

43.

demande à la Commission européenne de promouvoir des mesures facilitant l'expansion de la micro-production d'énergie et son intégration dans les réseaux de distribution et de garantir ce faisant que les consommateurs puissent profiter pleinement d'une énergie abordable;

44.

note que les consommateurs peuvent influencer leur propre consommation et leurs choix en matière d'énergie. Les conseils impartiaux aux particuliers et la mobilisation des différentes catégories de consommateurs revêtent dès lors une importance capitale. Les audits énergétiques pointent les économies d'énergie susceptibles d'être réalisées moyennant une amélioration des systèmes de maintenance et d'information; En outre, les systèmes d'information pourraient fournir des renseignements sur les économies d'énergie réalisées;

45.

est convaincu que l'indépendance et la diversité énergétiques offrent une protection contre la fluctuation des prix, améliorent l'autonomie économique et politique et soutiennent l'activité économique. Les énergies renouvelables et les innovations permettant d'économiser l'énergie sont facteurs de dynamisme au niveau local et créent de nouvelles activités commerciales;

46.

demande que les mesures proposées par la Commission européenne soient suffisantes pour permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés et lutter contre la pauvreté énergétique et réclame que la protection des consommateurs vulnérables bénéficie d'une attention particulière;

47.

rappelle que les sources d'énergie varient d'un État membre à l'autre. L'indépendance énergétique peut être améliorée grâce à l'élaboration d'une politique de marché intérieur de l'énergie. Il est possible d'améliorer la sécurité de l'approvisionnement en électricité et de répartir les pics de consommation en reliant les réseaux de distribution de pays différents. S'agissant des énergies éolienne et solaire, relier entre eux les réseaux intelligents ou stocker l'énergie contribue à égaliser les pics de production;

48.

estime que si l'on veut atteindre l'objectif de réduction des émissions pour 2030, ce dernier doit être cohérent avec les autres politiques de l'Union, auxquelles il doit être intégré. Un exemple prometteur à cet égard est l'accent mis par le FEDER sur la période 2014-2020, qui s'inscrit dans le cadre des efforts entrepris afin de faciliter la transition vers une société à faible intensité de carbone.

G. Le niveau local et régional en pointe

49.

note que nombre de villes et de communes d'Europe ont pris l'initiative de lancer des programmes ambitieux et des projets concrets afin de ralentir le changement climatique. Parmi les exemples de projets locaux au niveau international, citons l'Agenda 21 (lancé lors du Sommet de la Terre en 1992, il a permis, ces vingt dernières années, à quelque10 000 collectivités locales de mettre en place des politiques et des actions en rapport avec le développement durable et, plus concrètement, de contribuer à l'amélioration de l'environnement, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'adaptation au changement climatique), l'Alliance pour le climat et le programme «Des villes pour la protection du climat» du Conseil international pour les initiatives écologiques. L'organisation «Énergie-Cités» réalise un travail précieux en matière d'énergie. Le programme «European Energy Award», dont l'objectif est d'aboutir à ce que les communes soient économes en énergie, incite les communes, par une approche globale, à améliorer leur efficacité énergétique, à lutter contre le changement climatique et à utiliser des énergies renouvelables. Plus de mille communes y participent. Le Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE) a édité une publication destinée aux décideurs politiques locaux, intitulée «Save energy, Save climate and Save money». Parmi les nombreuses initiatives locales, on peut citer, à titre d'exemple, la municipalité de Växjö, laquelle ambitionne de devenir «neutre en carbone» en 2030. En Finlande, 14 municipalités «neutres en carbone» collaborent avec les entreprises locales, les décideurs politiques et les résidents. Elles aspirent à réduire les émissions de 80 % tout en promouvant l'économie verte. La campagne «Villes pour la protection climatique» (CCP-Finlande) regroupe 53 collectivités locales et 115 collectivités locales ont une stratégie en matière de climat. L'initiative du Pacte des maires rassemble des milliers de villes et de communes qui ont élaboré des plans d'action pour l'énergie durable et des programmes de réduction des émissions. Au niveau local et régional, de nombreuses agences pour l'énergie, créées grâce à des financements de l'UE, commencent à dispenser des conseils en matière d'énergie;

50.

attire l'attention sur les coopératives citoyennes de production d'énergie, telles que celle de Beckerich au Luxembourg, et sur la micro-génération par des ménages ou des entreprises désireux de produire leur propre énergie, qui sont autant d'exemples de nouvelles approches. Ces initiatives forcent les producteurs d'énergie traditionnels à changer tant la réglementation applicable à l'accès aux réseaux que les coûts de production d'énergie associés à ces nouvelles approches et les consommateurs d'énergie deviennent aussi des producteurs d'énergie. Á titre d'exemple, la distribution d'électricité bidirectionnelle est possible par le biais des réseaux énergétiques existants;

51.

souligne qu'il est nécessaire de renforcer l'impact des initiatives de l'UE en faveur du développement durable au niveau local, telles que le Pacte des maires de l'UE ou l'initiative Villes et communautés intelligentes, et celui d'autres projets financés par l'UE, l'Agenda 21 local, ainsi que le réseau d'adaptation pour les collectivités locales et régionales, qui a été proposé dans le cadre de la stratégie de l'UE en matière d'adaptation au changement climatique. À cet égard, il convient de renforcer les travaux destinés à établir un système méthodologique homogène pour la réalisation de plans d'adaptation et la promotion de l'échange d'expériences entre les collectivités locales et régionales;

H. Bâtiments et transport

52.

note que les bâtiments représentent quelque 40 % de la consommation d'énergie et plus du tiers des émissions de carbone des pays membres de l'UE. Pour des raisons d'ordre financier, et afin de minimiser les périodes au cours desquelles les locaux sont inhabitables, les rénovations sont méthodiquement faites par étapes et bâtiment par bâtiment. La consommation en énergie des nouveaux bâtiments devrait être proche de zéro;

53.

note qu'il y a lieu d'apporter un soin particulier à la conception, à la construction et au suivi des nouveaux bâtiments et des bâtiments à rénover. En effet, une utilisation fautive et de mauvaises habitudes peuvent induire des gaspillages d'énergie. Il est important de promouvoir les bonnes pratiques en matière d'utilisation de l'énergie, telles que l'entretien, la rénovation et le contrôle périodiques des installations qui produisent ou consomment de l'énergie. De même, l'information des usagers et des résidents des bâtiments joue un rôle important. Il convient de souligner à quel point il est important que les pays de l'UE échangent des exemples concrets en la matière;

54.

recommande aux États membres et, plus particulièrement, aux collectivités locales et régionales, d'adopter des programmes visant la réduction de la consommation énergétique dans les bâtiments publics. De tels programmes devront couvrir non seulement les installations énergétiques mais aussi la mise en place de méthodologies pour que les usagers des bâtiments concernés soient parties prenantes aux mesures d'économie d'énergie et d'efficacité énergétique;

55.

est d'avis que les méthodes de chauffage central dans les espaces bâtis telles que les réseaux de chauffage urbain et la cogénération sont économes en énergie et sont à recommander pour le respect de la qualité de l'air. Le refroidissement urbain est la méthode de refroidissement la plus efficace du point de vue énergétique, par exemple grâce à l'exploitation des températures plus fraîches des voies navigables. Le refroidissement urbain permet de réaliser des économies d'électricité considérables si on le compare aux systèmes de refroidissement séparés pour les bâtiments et les locaux. Il importe que les exigences en matière de bâtiments dont la consommation d’énergie est quasi nulle soient conçues de manière à ne pas discriminer les systèmes communs d'approvisionnement en énergie;

56.

note que le bois renouvelable et les produits dérivés de la transformation du bois peuvent remplacer le béton et l'acier, dont la production exige une grande quantité d'énergie, de même que les ressources naturelles non renouvelables telles que le gravier et le charbon. Les constructions en bois fournissent des puits de carbone pour le long terme et produisent des émissions dont le cycle de vie est limité;

57.

souligne que les transports représentent près de 20 % des émissions de GES des États membres, 60 % de ces émissions émanant de véhicules particuliers. La proposition de directive de la Commission relative à des systèmes de propulsion alternatifs offre au transport routier un large choix en matière de carburants. Parmi ces technologies, on ne sait pas encore avec certitude laquelle ou lesquelles seront potentiellement les plus efficaces et les plus facilement commercialisables dans les différents États membres. Les collectivités locales et régionales peuvent exiger l'utilisation des carburants produisant une faible quantité d'émissions pour les transports en commun;

58.

rappelle que l'on accorde toujours plus d'importance à l'aménagement durable du territoire, qui, compte tenu du changement climatique, doit prendre en compte les facteurs bioclimatiques s'agissant de la consommation d'énergie dans les zones urbaines et du trafic mais aussi de la qualité de vie des citoyens;

59.

souligne qu'au-delà du développement de carburants à faibles émissions et de nouveaux systèmes de propulsion, et de la réévaluation de l'utilisation des moyens de transport publics, il y a lieu d'accorder davantage d'attention à des mesures urbanistiques, économiques et sociales à même de réduire le trafic (administration électronique, télétravail) et de modifier le comportement des citoyens (covoiturage, autolimitation);

60.

rappelle que dans le cadre de la production et de la distribution d'énergie mais aussi en ce qui concerne les transports publics, il faudrait miser davantage sur des modèles participatifs afin d'accroître le consensus au sein de la population et d'accélérer l'évolution des modèles de consommation;

61.

souligne qu'il est important de développer de manière continue les réseaux intelligents et de renforcer le concept d'approvisionnement en énergie à distance afin de garantir le contrôle et l'efficacité de la distribution d'électricité, de chauffage et d'air climatisé.

Bruxelles, le 30 janvier 2014.

Le Président du Comité des régions

Ramón Luis VALCÁRCEL SISO


(1) COM(2014) 15 final.


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Initiative législative52014IP0107

Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))

18/12/2014

Initiative législative52014IP0110

Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))

18/12/2014

Initiative législative52014IP0108

Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))

18/12/2014

Initiative législative52014IP0106

Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))

18/12/2014

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