| CELEX | 52013IR5961 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 30 janvier 2014 |
| 26.4.2014 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 126/17 |
Avis du Comité des régions — L’enseignement supérieur européen dans le monde
2014/C 126/05
I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ DES RÉGIONS,
Internationalisation et compétitivité
| 1. | se félicite que la Commission européenne attache une grande importance à l'internationalisation de l'enseignement supérieur dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 et formule des propositions relatives au cadre stratégique approprié qui en découle; |
| 2. | convient que le renforcement de l'internationalisation de l'enseignement supérieur n'est pas seulement essentiel dans le cadre de la stratégie Europe 2020 mais qu'il contribue également à plusieurs titres à la trajectoire générale de croissance et que les effets aux niveaux local et régional ne sauraient être remis en question; |
| 3. | estime important qu'en matière d'internationalisation, l'enseignement supérieur européen ait de tous temps connu des développements considérables, l'expérience internationale constituant une partie intégrante de certaines professions et de certains cursus; |
| 4. | attire l'attention sur le rôle de premier plan que sont susceptibles de jouer, dans une Europe multilingue et plurinationale, les établissements d'enseignement supérieur qui proposent une offre de formation dispensée dans plusieurs langues, notamment des langues de minorités. En effet, dans ce type de milieux multiculturels, les étudiants peuvent d'emblée se familiariser au moins avec deux langues européennes et ce multilinguisme pourra rendre ces établissements plus attrayants dans le cadre de la mobilité des étudiants étrangers; |
| 5. | insiste pour cette raison sur l'importance des compétences linguistiques dans le cadre de tout effort d'internationalisation de l'enseignement supérieur et souligne le rôle de facilitateur des collectivités locales et régionales dans l'acquisition de ces compétences; |
| 6. | estime primordial que, dans le cadre de l'internationalisation de l'enseignement supérieur, les établissements qui dispensent cet enseignement et les États membres n'oublient pas les remarquables performances européennes de l'enseignement supérieur dans les domaines de la philosophie, des sciences humaines et des arts qui jouent traditionnellement un rôle important dans l'internationalisation de l'enseignement supérieur et contribuent grandement à la compétitivité des régions dans lesquelles se situent les universités réputées dans ces domaines; |
| 7. | partage l'avis de la Commission selon lequel les réussites communes engrangées à ce jour par l'enseignement supérieur européen ne sont pas seulement dues à l'innovation, à la recherche ou aux programmes de formation mais bien également à la mise en œuvre cohérente du processus de Bologne, au système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS), aux réglementations nationales flexibles régissant l'introduction des systèmes éducatifs qui permettent la délivrance de diplômes communs et de doubles diplômes et à l'introduction ainsi qu'à la diffusion d'un supplément au diplôme uniforme; |
| 8. | considère que l'extension des bonnes pratiques et des solutions systémiques du système européen d'enseignement supérieur aux pays voisins et aux États en phase de préadhésion recèle de vastes possibilités car cela permettra entre autres de mieux garantir la mobilité des étudiants de ces pays vers l'Europe et éventuellement de renforcer la position de l'UE dans le cadre de la course aux talents; |
| 9. | juge particulièrement pertinent d'estimer que l'accès aux modalités d'enseignement et de formation novatrices et numériques contribuera grandement à l'insertion sociale et, plus particulièrement, à l'intégration sur le marché du travail des habitants des régions périphériques, des personnes handicapées et des autres groupes défavorisés et que, dans ce contexte, l'acquisition de compétences numériques, le développement de programmes et de matières numériques et en ligne renforcé par l'internationalisation, de même que la mise en place et la reconnaissance de systèmes de formation informelle, concourront à améliorer la compétitivité; |
| 10. | convient que la mobilité des étudiants, des chercheurs et des enseignants doit occuper une place centrale dans les stratégies d'internationalisation, compte tenu notamment du rôle joué par la mobilité des enseignants dans le transfert des connaissances; |
Cohérence des politiques
| 11. | souligne qu'il relève de la mission et de la responsabilité des États membres et des collectivités régionales et locales de donner corps à la proposition de la Commission, qui précise que les partenaires locaux et régionaux devraient jouer un rôle concret dans l'élaboration des stratégies en faveur de l'internationalisation et qu'il y a lieu de créer les conditions nécessaires à cette fin; |
| 12. | recommande aux collectivités locales et régionales de répondre aux demandes de partenariat avec un maximum d'ouverture et de détermination, de jouer un rôle moteur et de développer des solutions innovantes en faveur de l'internationalisation, pour contribuer de cette manière à renforcer la compétitivité internationale de l'enseignement supérieur européen, à exploiter les avantages comparatifs de leur propre région et à rendre ces dernières plus attractives; |
| 13. | souligne que les États membres peuvent clairement tenir compte des objectifs d'Horizon 2020 et d'Erasmus+ dans le cadre de la programmation des fonds relevant du CSC. Or, cela ne ressort pas directement de la communication à l'examen en ce qui concerne les stratégies en matière d'internationalisation de l'enseignement supérieur, alors que la politique de cohésion et les instruments en faveur de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation peuvent apporter une valeur ajoutée essentielle si leurs cadres stratégiques nationaux, régionaux et locaux prennent en compte la dimension territoriale; |
| 14. | insiste sur le fait que la possibilité d'un transfert des connaissances provenant des établissements d'enseignement supérieur et des instituts de recherche constitue une condition essentielle du développement rural et de la compétitivité des secteurs agricole, sylvicole et de la pêche, comme le souligne la panoplie d'instruments de la politique agricole commune pour la période de programmation 2014-2020. En ce sens, il convient, dans le cadre de la planification et du déploiement des efforts en faveur de l'internationalisation de l'enseignement supérieur, de tenir compte de ces possibilités de synergies à tous les niveaux territoriaux afin de s'assurer que l'Europe joue sur la scène mondiale un rôle moteur dans ce domaine; |
| 15. | rappelle que de nombreux États membres ont à ce jour encore beaucoup d'efforts à fournir pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 en matière de dépenses de R&D et souligne que les revenus supplémentaires dégagés par les établissements d'enseignement grâce à l'internationalisation de l'enseignement supérieur ne doivent en aucun permettre aux États membres de se soustraire à leurs responsabilités dans ce domaine ou de les revoir à la baisse; |
| 16. | préconise que les objectifs et les instruments des stratégies élaborées en partenariat aux échelons national, régional et local soient définis de manière à pouvoir se fonder sur des analyses d'impact territorial ex ante; |
Partenariats à plusieurs niveaux, subsidiarité
| 17. | estime décevant que la communication de la Commission ne présente pas suffisamment le rôle essentiel des collectivités locales et régionales dans le processus d'internationalisation des établissements d'enseignement supérieur. Cela se serait inscrit dans la logique du système «U-Multirank», qui tient aussi compte de l'ancrage régional de ces établissements; |
| 18. | se félicite que la Commission délimite avec précision les niveaux d'action possibles justifiant une intervention de l'Union, car celle-ci est aussi, par rapport à une action des États membres, clairement nécessaire compte tenu des objectifs communs, tant en matière d'internationalisation interne qu'externe; |
| 19. | est favorable à ce que les États membres puissent soutenir de manière opportune et appropriée les échelons régional et local et mettre en place le cas échéant de vastes partenariats, également au niveau régional, de manière à contribuer à une meilleure adéquation des établissements d'enseignement supérieur aux besoins et au potentiel économiques, sociaux et de gestion de la région concernée; |
| 20. | insiste sur l'importance du caractère bidirectionnel de la mobilité. En vertu des principes du développement inclusif, la mobilité doit en effet servir les intérêts de la région d'origine et de la région d'accueil, sous peine de provoquer des problèmes migratoires, démographiques et de compétitivité, qui ne seraient bien évidemment pas conformes aux objectifs de cohésion ni au principe de solidarité; |
| 21. | souligne que, dans le domaine de l'internationalisation de l'enseignement supérieur, la mise en place et le recours aux partenariats à plusieurs niveaux comportent une dimension intrinsèque d'innovation sociale. Grâce à ces partenariats, les collectivités territoriales, les acteurs non gouvernementaux et privés des échelons local et régional qui y participent ont en outre eux aussi la possibilité de mobiliser des ressources supplémentaires en vue d'atteindre les objectifs définis conjointement; |
| 22. | rappelle combien il importe de parvenir aux accords les plus larges possible lors de l'établissement des partenariats stratégiques et de veiller notamment à cet égard à ce que les personnes appartenant à des groupes défavorisés, voire dans certains cas marginalisés — pour des raisons raciales, de sexe, de religion, linguistiques ou d'appartenance ethnique — ne se retrouvent pas dans une situation encore plus défavorable après la mise en œuvre des stratégies d'internationalisation; |
Définition des conditions
| 23. | reconnaît et salue les dispositions prises à ce jour par la Commission européenne en faveur de l'harmonisation, de la transparence et de la simplification de la gestion des différentes aides européennes à l'enseignement supérieur, à l'innovation et à la recherche; |
| 24. | propose que les États membres développent des programmes et des mécanismes d'aide nationaux, ou ciblant éventuellement en priorité certaines régions dans une situation particulière, qui soient susceptibles d'assister les établissements d'enseignement supérieur des niveaux local et régional dans la mise en œuvre de leurs stratégies d'internationalisation; |
| 25. | appuie la Commission dans sa volonté de renforcer, dans le domaine de l'internationalisation de l'enseignement supérieur, l'élaboration et la prise de décision fondées sur des études et des résultats de recherche, tout particulièrement dans la mesure où les analyses porteront sur le rôle des collectivités locales et régionales et sur les bonnes pratiques, tant dans le domaine de la modernisation de l'enseignement supérieur que dans celui de son internationalisation; |
| 26. | ne juge pas satisfaisant que l'internationalisation figure uniquement dans la déclaration de mission des universités et des autres établissements d'enseignement supérieur et estime essentiel que tout établissement d'enseignement supérieur, indépendamment de son statut juridique et de ses compétences effectives en matière d'internationalisation, recherche les solutions adaptées à ses propres besoins et mette en place ses propres structures de gouvernance et de planification et ses propres interfaces de coopération; |
| 27. | est d'avis qu'il y a lieu de prendre des mesures afin que les établissements qui ne sont pas publics mais privés, ou qui sont régis par une fondation ou en ont la forme, puissent, à l'instar des établissements publics, prendre part aux processus d'internationalisation sans en être empêchés par aucune contrainte injustifiée éventuelle, et participer sans entrave aux actions destinées à les soutenir; |
| 28. | rappelle que dans le cas d'opérations, d'investissements et d'autres développements cofinancés au moyen de fonds relevant du CSC, il importe de prendre également en considération la nécessité de faciliter le renforcement de l'internationalisation de l'enseignement supérieur, compte tenu des besoins et des possibilités réelles des établissements d'enseignement supérieur; |
| 29. | recommande, notamment dans le cas des pays candidats, que les fonds de préadhésion servent également à promouvoir l'internationalisation de leurs établissements dispensant ce type d'enseignement; |
| 30. | demande à la Commission et aux États membres de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le potentiel des régions à la traîne soit dopé par la mise en œuvre des stratégies d'internationalisation et que les établissements les plus avancés en matière d'internationalisation fassent également figurer dans leurs stratégies la promotion d'un transfert de connaissances vers les établissements d'enseignement supérieur dont le potentiel d'internationalisation est actuellement plus réduit; |
| 31. | invite le Conseil à adopter rapidement la proposition de refonte de la directive concernant l'élaboration de mesures en matière d'immigration, de migrations et de visa, présentée par la Commission européenne, afin de permettre un traitement des coopérations internationales dans les domaines de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur qui soit spécifique, flexible, transparent et garantisse une sécurité adéquate tout en étant également efficace, accessible et rapide. Cet instrument juridique pourrait ainsi être transposé en temps voulu par les États membres et mis en œuvre en coopération avec les autorités locales et régionales. |
Bruxelles, le 30 janvier 2014.
Le Président du Comité des régions
Ramón Luis VALCÁRCEL SISO
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))
18/12/2014
Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))
18/12/2014