| CELEX | 52014AE0217 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 10 juillet 2014 |
| 16.12.2014 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 451/116 |
Avis du Comité économique et social européen sur le «Cadre de qualité de l'Union européenne pour l'anticipation des changements et des restructurations»
[COM(2013) 882 final]
(2014/C 451/19)
| Rapporteur: | M. VAN IERSEL |
| Corapporteur: | M. STUDENT |
Le 2 janvier 2014, la Commission a décidé, conformément à l'article 304 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur le:
Cadre de qualité de l'Union européenne pour l'anticipation des changements et des restructurations
COM(2013) 882 final.
La commission consultative des mutations industrielles (CCMI), chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 11 juin 2014.
Lors de sa 500e session plénière des 9 et 10 juillet 2014 (séance du 10 juillet 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 77 voix pour, 0 voix contre et 2 abstentions.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1 | Les restructurations correspondent à un processus permanent qui obéit à un grand nombre de facteurs affectant les entreprises au quotidien. Une fois de plus, l'économie mondiale traverse une série de chocs technologiques profonds et déstabilisants, qui tendent à s'accélérer. |
| 1.2 | Selon le CESE, les entreprises sont au cœur des processus de restructuration, d'ajustement ou d'anticipation, ce qui rend nécessaire la participation du personnel et de ses représentants dans le cadre des comités d'entreprise et/ou des syndicats. C'est un aspect de la responsabilité sociale des entreprises, que le CESE soutient pleinement. Dans de nombreux cas, et surtout lorsque sont en jeu des projets de restructuration de grande envergure, un plus grand nombre d'acteurs est souvent associé au processus, parmi lesquels figurent les autorités publiques et les établissements d'enseignement. |
| 1.3 | La consultation des représentants des travailleurs qu'il a été convenu de mener au niveau des entreprises nationales et européennes doit être dûment respectée et se concentrer sur l'obtention de résultats tangibles dans des situations évoluant rapidement. Si elles sont menées à bien au sein des comités de dialogue social sectoriel, les restructurations et l'anticipation pourraient promouvoir des solutions pragmatiques sur la base de faits, chiffres et tendances à l'échelle mondiale. |
| 1.4 | Au niveau de l'UE, la participation doit débuter par une bonne compréhension de la grande diversité de contextes et d'approches rencontrés. Un cadre de qualité de l'Union européenne pour l'anticipation des changements et des restructurations comme celui que propose la Commission pourrait sans nul doute s'avérer utile (1). |
| 1.5 | Les restructurations et les anticipations nécessitent des solutions sur mesure dans les entreprises et les régions; cependant, comme il existe de nombreux éléments communs, une mesure incitative européenne visant à élargir les partenariats avec les milieux universitaires, les instituts de recherche, les autorités locales, régionales et nationales ainsi qu'avec les établissements régionaux d'enseignement et de formation s'avère particulièrement souhaitable. Il en va de même pour la diffusion des bonnes pratiques. Dans cette optique, les conseils sectoriels sur l'emploi et les compétences peuvent être très utiles. |
| 1.6 | Les technologies et les chaînes de valeur mondiales rendent le processus d'anticipation des changements très compliqué. La spécialisation intelligente et sur mesure pratiquée actuellement met une nouvelle fois en évidence la nécessité d'approches et de solutions spécifiques aux entreprises. |
| 1.7 | De manière plus générale, les thématiques et tendances futures telles que l'écologisation et les technologies (européennes) clés doivent être mises en avant. Elles devraient également faire l'objet de discussions entre les partenaires sociaux et être intégrées aux programmes d'éducation et de formation au niveau national et régional. |
| 1.8 | L'État, les partenaires sociaux et les entreprises doivent assumer une responsabilité conjointe vis-à-vis des groupes vulnérables, notamment de la génération des aînés et des personnes peu qualifiées, en adoptant à leur intention des mesures sociales, ce qui est déjà le cas dans un certain nombre d'États membres. Les analyses et les diagnostics communs attribuent des responsabilités spécifiques à chaque acteur. Si dans de nombreux pays, cette pratique est déjà monnaie courante, dans d'autres États membres, elle n'est pas encore bien développée. |
| 1.9 | La Commission européenne peut contribuer à l'émergence d'un esprit commun dans l'ensemble de l'Union en facilitant la création de partenariats entre les divers acteurs concernés. Elle peut favoriser la mise en place des conditions appropriées pour une utilisation adéquate des fonds européens dans des cas spécifiques. La Commission devrait mettre l'accent sur les dispositions prises en matière de dialogue social au niveau national et sectoriel dans le cadre de la stratégie européenne relative aux restructurations et à l'anticipation. |
| 1.10 | Le CESE approuve l'introduction du cadre de qualité de l'UE proposé par la Commission sur une base volontaire. Il tient néanmoins à faire observer qu'à l'avenir, il pourrait être souhaitable d'asseoir le cadre spécifique régissant la participation des travailleurs sur une base juridique, sans interférer dans les compétences nationales. |
| 1.11 | Les parties intéressées et la Commission devraient pouvoir continuer à tirer pleinement parti d'agences européennes comme Eurofound et le CEDEFOP en se servant des analyses et des données fiables et mises à jour qu'elles proposent. Dans certains cas spécifiques, lorsque cela s'avère utile, le CESE peut lui aussi prendre part à ces processus. |
2. Restructurations et anticipation: contexte et initiatives
| 2.1 | En juillet 2012, le CESE a adopté un avis en guise de contribution à la consultation publique de la Commission européenne sur les restructurations d'entreprises et l'anticipation des changements (2). La plupart des observations et des recommandations formulées dans cet avis sont tout aussi pertinentes pour la communication récemment publiée, qui s'intitule «Cadre de qualité de l'Union européenne pour l'anticipation des changements et des restructurations» (3). |
| 2.2 | Les restructurations correspondent à un processus permanent qui dépend d'un grand nombre de facteurs affectant les entreprises au quotidien. Si la dynamique de «destruction créatrice» est source de possibilités inattendues, il est également clair que la crise et les faibles taux de croissance, la dépendance croissante des performances des économies nationales à l'égard des marchés mondiaux et les relations de plus en plus complexes entre les entreprises, leurs fournisseurs et leurs clients exercent une très forte pression sur de nombreuses entreprises et sur leur personnel. En tout état de cause, il est vital de maintenir une masse critique industrielle. |
| 2.3 | L'économie européenne suit l'évolution mondiale et s'aligne sur les nouvelles vagues de technologies et d'innovations qui modifieront en profondeur la manière dont les acteurs économiques et sociaux s'organiseront pour renforcer la résilience et garantir la continuité. |
| 2.4 | L'internationalisation, la fragmentation des chaînes de produits, les limites floues entre les différents secteurs, l'importance croissante des technologies (transversales), l'automatisation, la robotisation et aujourd'hui, la numérisation, la création d'approches et de solutions sur mesure, et surtout le constat généralement admis selon lequel une grande partie des produits et des services disponibles à l'heure actuelle laisseront place, dans un avenir qui est même prévisible, à des produits et des services nouveaux, sont autant d'éléments qui illustrent le contexte actuel de mutation industrielle permanente (4). |
| 2.5 | Chaque jour, le renouvellement et l'ajustement mettent à l'épreuve les approches et les pratiques existantes. Ce n'est pas uniquement la technologie, mais avant tout la créativité humaine qui est en permanence exigée de la plupart des gens (si ce n'est de tous), et ce quelle que soit la position qu'ils occupent. |
| 2.6 | Le CESE a analysé les tendances actuelles dans plusieurs avis consacrés à des secteurs et à des processus spécifiques. L'année dernière, il a adopté un avis d'ensemble sur les politiques nécessaires et les points importants en réponse à la communication de la Commission européenne sur la politique industrielle (5). De cette vision d'ensemble, il ressort que plusieurs domaines étroitement liés, en particulier l'objectif de relance industrielle, nécessitent une promotion soutenue de la technologie et de l'innovation, une amélioration générale des compétences ainsi qu'une meilleure sensibilisation du secteur industriel aux possibilités qu'offrent les nouveaux services. |
| 2.7 | Dans son avis de 2012, le Comité affirme également que pour être solide, le secteur entrepreneurial doit bénéficier d'une gestion adéquate et d'un vaste soutien du personnel à tous les niveaux de l'entreprise, mais aussi de l'ensemble de la société. Dans de nombreuses entreprises, les employés participent avec succès aux processus de changement. Les modèles consensuels portent généralement leurs fruits. |
| 2.8 | Les processus de restructuration sont variés et complexes. Comme indiqué dans l'avis, en plus de la distinction qu'il convient d'opérer entre les restructurations et l'anticipation, il existe de grandes différences entre les petites, les moyennes et les grandes entreprises, entre les secteurs (qui ne sont pas tous affectés de la même manière par les nouvelles vagues de mutations et de technologies), entre les régions (dont certaines fortement peuplées et d'autres non), entre les niveaux de maturité des contextes économiques nationaux et entre les cultures des États membres. |
| 2.9 | Les grands changements intervenus au sein des marchés de l'emploi, d'une part à cause des effets de la crise économique et financière et d'autre part en raison du nouveau cycle industriel, constituent une source de complexité supplémentaire. Les systèmes de partenariat collectif et social existants doivent être conservés et renforcés, le cas échéant. |
| 2.10 | Dans ce contexte de turbulences et de grande diversité qui existe en Europe, le CESE insiste sur son postulat de base selon lequel «l'entreprise est, par définition, l'actrice principale des stratégies d'adaptation des opérateurs du marché, et se trouve donc au centre des processus de restructuration» (6). |
| 2.11 | Naturellement, les entreprises doivent procéder à des restructurations, des ajustements ou des anticipations pour l'avenir dans un environnement spécifique. Cela signifie qu'en plus de leurs procédures et pratiques internes, un certain nombre d'autres acteurs sont amenés à jouer un rôle. Les modalités précises dépendent du type de changement que les entreprises doivent gérer; il peut s'agir d'un ajustement de l'organisation interne, d'une réaction à la mutation du contexte du marché ou des deux à la fois. |
| 2.12 | Les premières personnes concernées sont les employés de l'entreprise. Une bonne organisation des processus garantit la participation du personnel et de ses représentants dans le cadre des comités d'entreprise et/ou des syndicats. Les réponses obtenues lors de la consultation menée par la Commission européenne (7) ont montré que les personnes interrogées réagissent en très grande majorité de la même manière, ce qui s'avère très prometteur. Le CESE plaide pour que des dialogues fondés sur la confiance — prévus d'ailleurs par la législation de nombreux pays — soient menés entre la direction et les représentants du personnel afin d'accompagner la gestion des changements et une anticipation efficace (8). |
| 2.13 | Étant donné la dépendance des entreprises à l'égard de certaines qualifications, de nature diverse, de leur personnel, il convient de garantir, en proposant des programmes d'apprentissage tout au long de la vie accessibles à tous, la présence des qualifications spécifiques requises au sein de chaînes de valeur de plus en plus perfectionnées, et ce dans l'intérêt des entreprises comme de leurs employés. |
| 2.14 | Le CESE constate que son point de vue selon lequel l'éducation et la formation devraient faire partie du quotidien des entreprises fait l'objet d'un large consensus, même s'il existe des différences entre les approches adoptées par les (très) petites entreprises non spécialisées et les entreprises de plus grande envergure. |
| 2.15 | Parallèlement, il convient de prendre également en compte le fait que l'image des marchés de l'emploi connaît une profonde évolution. Un pourcentage croissant de personnes majoritairement jeunes se prépare à mener des carrières très diversifiées dans le domaine technique ou dans d'autres secteurs, afin d'être suffisamment souples pour pouvoir changer de travail de leur propre initiative, que ce soit au sein de la même (grande) entreprise ou en optant pour une nouvelle entreprise ou une nouvelle branche. À cet égard, deux facteurs sont déterminants: l'offre et la demande sur le marché de l'emploi et les compétences dont dispose le travailleur. Alors que les employés bien formés et qualifiés sont à même de se servir des restructurations comme d'une opportunité, les salariés moins qualifiés et plus âgés ont besoin d'un soutien spécifique de l'État et des entreprises. |
| 2.16 | Durant la crise et dans le cadre de grands projets de restructuration tels que ceux qui portent sur des capacités de production régionales devenues obsolètes, tous les acteurs concernés doivent prendre leurs responsabilités, premièrement en mettant l'accent sur une planification économique viable pour l'avenir, et parallèlement en améliorant autant que se peut les conditions de travail dans un nouvel environnement. |
| 2.17 | Lorsqu'il s'agit de pallier les conséquences sociales, les principaux acteurs concernés sont, outre les entreprises et les syndicats, les collectivités locales et régionales. En cas de processus de restructuration de grande envergure, le gouvernement national doit également être partie prenante. Cependant, les expériences concrètes montrent que dans la plupart des cas, le contexte régional et le caractère communautaire s'avèrent primordiaux, ce que soulignait bien le CESE dans sa réponse au livre vert. Un certain nombre de régions est parvenu à mener avec succès une transformation en profondeur. Les régions qui ajournent des restructurations inévitables sont généralement confrontées, tout comme les entreprises, à de graves difficultés. Il conviendrait de mettre en avant les bonnes pratiques nationales et européennes. |
| 2.18 | Dans son avis de 2012, le CESE énumère diverses manières de préparer l'anticipation, tout en reconnaissant que les futures évolutions sont actuellement difficilement prévisibles. Les prévisions exponentielles sont généralement erronées. Néanmoins, les efforts communs déployés par les milieux universitaires et les organisations sectorielles peuvent fournir une aide précieuse. Dans l'industrie manufacturière, c'est une pratique qui devient de plus en plus fréquente. Dans le secteur des services, l'exercice reste difficile et manque (encore) de maturité. Une attitude anticipatrice est requise de la part des associations professionnelles ainsi que des autres parties intéressées des secteurs public et privé afin d'informer les PME des évolutions probables. |
| 2.19 | Paradoxalement, la dynamique du marché demande de l'anticipation, mais cette anticipation est rendue très difficile par un avenir fortement imprévisible. Le CESE estime qu'en raison de ce paradoxe, il faut prévoir des conditions optimales qui rendent socialement acceptables les ajustements aux probables mutations. Lorsqu'il s'agit de concevoir l'avenir, la principale responsabilité incombe aux acteurs qui sont les plus directement concernés, à savoir la direction et le personnel qui sont représentés par les comités d'entreprise et/ou les syndicats. Dans un contexte plus large, elle échoit aux partenaires sociaux à divers niveaux, aux gouvernements et aux structures de soutien telles que les milieux universitaires, les sociétés de conseil, les agences gouvernementales et de l'UE, les ONG ainsi que le CESE, et notamment sa commission consultative des mutations industrielles. |
| 2.20 | Pour ce qui est de l'insertion et de la réinsertion sur le marché de l'emploi, deux catégories doivent faire l'objet d'une attention particulière: les jeunes et les personnes âgées qui rencontrent de grandes difficultés pour s'adapter. Il n'existe pas de solution rapide pour remédier à des problèmes profondément enracinés concernant le rapprochement de l'offre et de la demande. L'adaptabilité des économies est étroitement liée à leurs modèles et à leurs performances actuels, à la diversité des structures économiques et aux différences entre les cultures des pays et des régions. Il est généralement admis, et le CESE ne cesse de le réaffirmer, qu'une éducation moderne est la clef de toute solution pour l'avenir. Elle devrait être le fondement de compétences suffisamment souples permettant aux jeunes de se préparer à exercer plusieurs métiers. Depuis quelques années, le développement de l'esprit d'entreprise est devenu une priorité des programmes d'enseignement. Les entreprises doivent également contribuer à l'ajustement de l'éducation, et investir dans l'apprentissage tout au long de la vie. Dans un certain nombre de pays, les professionnels du monde de l'entreprise contribuent activement aux programmes d'enseignement. |
| 2.21 | Ainsi que le CESE l'a abondamment préconisé par le passé, l'UE, y compris le CESE, peut indéniablement contribuer à ces processus. Il souligne:
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| 2.22 | Le contexte européen s'avère également très pertinent pour les restructurations et l'anticipation; il sert de base à l'émergence d'un esprit commun et d'une responsabilité partagée dans l'ensemble de l'UE, ce qui permet de promouvoir une convergence d'approches qui diffèrent aujourd'hui très fortement d'un pays à l'autre, et dont les résultats sont loin d'être uniformes. Des expériences communes et partagées peuvent offrir de meilleurs résultats aux entreprises, aux travailleurs et aux régions. |
| 2.23 | À cet égard, la mobilité de la main-d'œuvre en Europe peut également constituer un exemple spécifique; elle suscite des inquiétudes, mais est également susceptible d'apporter une contribution positive puisqu'elle permet de pourvoir des postes vacants dans l'industrie et de remédier aux pénuries de main-d'œuvre tant qualifiée que non-qualifiée (9). Il y a lieu de tenir compte des effets négatifs à long terme des mouvements migratoires pour les États, les régions et les travailleurs. Une fuite des cerveaux ou une émigration de personnes qualifiées peut s'avérer préjudiciable au développement futur. Pour assurer une mobilité progressive de la main-d'œuvre, une politique régionale et sociale européenne cohérente est nécessaire afin de réduire les risques indésirables. |
| 2.24 | Les conseils sectoriels pour l'emploi et les compétences à l'échelle de l'UE, les forums et les observatoires européens sur les restructurations, ainsi que les études d'Eurofound peuvent s'avérer très utiles pour faciliter le partage des bonnes pratiques dans l'ensemble de l'Europe. |
3. Proposition d'un cadre de qualité de l'Union européenne
| 3.1 | Selon le CESE, les propositions contenues dans la communication de la Commission européenne (10) doivent partir d'une bonne compréhension de la grande diversité de contextes et d'approches rencontrés, ainsi que des postulats évoqués ci-dessus. Il s'agit d'un guide utile pour l'ensemble des acteurs concernés au niveau où chacun d'entre eux assume des responsabilités et qui devrait être utilisé au cas par cas. Il s'avère très constructif de débattre de tels schémas à l'échelle européenne afin de faciliter l'émergence de perspectives communes dans l'ensemble de l'UE. |
| 3.2 | Le CESE soutient les propositions qui préconisent une observation permanente des évolutions et des transitions (souvent subtiles) qui touchent l'offre et la demande sur le marché du travail, ainsi que des compétences nécessaires. Cette pratique est déjà monnaie courante dans de nombreuses entreprises, et fait l'objet d'une attention constante de la part de la direction et du personnel. Dans les entreprises et les sociétés internationales, il s'agit d'un thème qui doit faire l'objet de discussions conjointes entre la direction et les comités d'entreprise européens (11). La pratique actuelle n'est toutefois pas satisfaisante. La consultation, en temps utile, des représentants des travailleurs dans le cadre des restructurations transnationales doit être dûment garantie. Il y a lieu de veiller à ce que les PME soient informées et consultées. |
| 3.3 | Compte tenu de l'importance stratégique de la dynamique actuelle et des modifications futures des systèmes de production, apportées notamment par la robotique, la numérisation, les nanotechnologies et l'impression en 3D, les pratiques existantes doivent être affinées et approfondies dans l'intérêt des entreprises comme de leur personnel. Il en va de même pour les propositions concrètes de mesures qui s'adressent aux travailleurs. |
| 3.4 | La plupart des entreprises développent des approches sur mesure, mais il existe de nombreux aspects communs qui témoignent de la révolution industrielle en cours. C'est la raison pour laquelle des partenariats élargis avec les milieux universitaires, les instituts de recherche, les autorités politiques ainsi qu'avec les établissements régionaux d'enseignement et de formation s'avèrent particulièrement utiles, comme cela a été souligné précédemment. En dépit des bonnes pratiques des associations professionnelles et des réseaux de PME en matière de restructurations, les PME ne sont habituellement pas en mesure de mettre en place des approches sophistiquées ou des dispositifs de formation. Elles doivent avoir la possibilité de bénéficier de systèmes nationaux et régionaux ciblés et de soutiens externes. |
| 3.5 | Le CESE accorde une grande importance à la diffusion des bonnes pratiques. En Europe, un certain nombre de régions parviennent à organiser cette préparation de l'avenir avec un succès étonnant, ce qui s'avère bénéfique pour leur population ainsi que pour leur économie qui gagne en solidité. Dans ce domaine, l'UE, y compris le CESE, peut apporter davantage d'aide. |
| 3.6 | Les conseils sectoriels pour l'emploi et les compétences à l'échelle de l'UE peuvent eux aussi fournir un soutien très précieux. Ils peuvent en outre servir de plates-formes pour les réunions entre acteurs directement impliqués. Le CESE entrevoit au moins trois missions qu'ils pourraient assumer: informer des besoins en matière d'éducation, procéder à des échanges de prévisions sur les tendances et défis futurs et informer des raisons qui ont présidé aux restructurations. Toutes ces activités contribueraient à un échange permanent de points de vue et s'avèreraient bénéfiques pour une convergence vers le haut. Les agences européennes devraient elles aussi tirer profit des conclusions opérationnelles et pragmatiques de ces conseils. |
| 3.7 | Pour chacun des acteurs opérant à divers niveaux, des responsabilités spécifiques découlent des analyses communes et des diagnostics communs, comme l'expose en détail le chapitre 2. Il s'agit d'un processus permanent qui correspond à une pratique déjà courante dans plusieurs États membres, mais nettement moins bien développée dans d'autres. Les performances des économies où de telles approches sont bien mises en œuvre sont généralement meilleures que celles des pays qui sont en retard dans ce domaine. Comme indiqué précédemment, les modèles consensuels portent leurs fruits. |
| 3.8 | S'agissant des restructurations, l'UE peut promouvoir une coordination satisfaisante entre les acteurs concernés en promouvant, grâce au soutien financier provenant des fonds de l'UE, le cas échéant, l'efficacité des procédures et processus au sein des entreprises et des régions. |
| 3.9 | L'annexe souligne à juste titre le rôle des travailleurs individuels. Lorsque les conditions et les dispositifs adéquats sont mis en place, il incombe à chaque travailleur de choisir l'approche qui lui semble la plus appropriée. Là encore, les choix personnels sont très variés, allant de l'amélioration des aptitudes sur le terrain à l'élargissement des compétences et même au choix d'une nouvelle direction professionnelle. La pratique consistant à exercer un seul et même emploi toute sa vie durant fait progressivement place à des carrières flexibles au sein des (grandes) entreprises ou dans un contexte plus large. |
| 3.10 | Toutes les parties prenantes devraient tenir dûment compte de ces évolutions fondamentales, en accordant une attention particulière aux groupes vulnérables. Dans plusieurs États membres, les partenaires sociaux et l'État ont mis en place, au fil des ans, des programmes ciblés. Le CESE tient notamment à citer:
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| 3.11 | Il existe d'autres exemples de ce type. Certains de ces systèmes sont dépassés, d'autres fonctionnent toujours avec la même efficacité, illustrant comment la participation de l'État et l'engagement des partenaires sociaux peuvent déboucher sur la mise en place d'instruments communs en réponse aux évolutions actuelles. D'autres dispositifs ont été abandonnés il y a un certain temps déjà. La Commission devrait, par une diffusion systématique des bonnes pratiques, encourager les partenaires sociaux et les autorités nationales de tous les États membres à déterminer quels outils concrets s'avéreraient utiles. |
| 3.12 | Le CESE est très satisfait que la Commission rejoigne le point de vue qu'il a exprimé dans un certain nombre d'avis ainsi que dans sa réaction au livre vert (13) et qu'elle prévoie que les collectivités nationales et régionales joueront un rôle actif dans les processus d'anticipation et de restructuration, au même rang que les entreprises, les travailleurs et les partenaires sociaux. Leur coopération et leur coresponsabilité, pourtant si nécessaires, sont souvent sous-estimées. Dans les points essentiels, la Commission européenne souligne l'importance de leur participation (14). |
| 3.13 | Les différents niveaux de gouvernement ont chacun leur responsabilité. Dans la plupart des pays, les administrations nationales sont chargées de définir le cadre (juridique), tandis que les collectivités régionales jouent un rôle majeur en organisant les infrastructures et en forgeant un esprit commun comme en témoignent de nombreux exemples concrets. Par conséquent, le succès ou l'échec de ces initiatives dépend souvent de la qualité du travail des administrations nationales et régionales. Elles devraient être associées aux études de cas consacrées à l'anticipation et aux restructurations, ainsi qu'aux pratiques qui ont porté leurs fruits. |
| 3.14 | La Commission européenne joue un rôle moteur dans l'organisation des discussions au niveau de l'UE, et dans la diffusion des bonnes pratiques. Elle peut contribuer à l'émergence d'un esprit commun dans l'ensemble de l'Union. Elle peut aider à mettre en place les conditions d'une utilisation adéquate des fonds européens. Elle a également un rôle à jouer en favorisant le dialogue social en matière d'anticipation et de restructurations, notamment au niveau sectoriel. |
| 3.15 | La collecte de données relatives aux opérations de restructuration, y compris à leurs retombées économiques et sociales, devrait être simplifiée et mener à des analyses. Il convient d'assurer en permanence une coordination efficace entre des agences comme Eurofound et le CEDEFOP, la Commission européenne et les parties intéressées. |
Bruxelles, le 10 juillet 2014.
Le Président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) Communication de la Commission européenne sur le «Cadre de qualité de l'Union européenne», pages 15 et suivantes.
(2) JO C 299 du 04.10.2012 p. 54, observations sur le livre vert de la Commission européenne sur les restructurations et l'anticipation du changement publié en 2012.
(3) Communication de la Commission européenne du 13 décembre 2013.
(4) Les développements pionniers actuels sont décrits dans le rapport allemand intitulé «Recommandations pour la mise en œuvre de l'initiative stratégique INDUSTRIE 4.0» publié en avril 2013 par la Forschungsunion et par l'Académie nationale des sciences et de l'ingénierie avec le soutien du ministère fédéral de l'éducation et de la recherche. Le terme «4.0» désigne la quatrième révolution industrielle.
(5) JO C 327 du 12.11.2013, p. 82, observations sur la communication de la Commission européenne sur la politique industrielle, publiées en 2013.
(6) JO C 299 du 04.10.2012, p. 54.
(7) Résumé des réponses à la consultation concernant le livre vert (première note de bas de page).
(8) Voir JO C 161 du 06.06.2013, p. 35, ainsi que le titre anglais de l'avis.
(9) Voir JO C 318 du 29.10.2011, p. 43.
(10) Communication de la Commission européenne sur le «Cadre de qualité de l'Union européenne», pages 15 et suivantes.
(11) (Directive 2001/23/CE).
(12) «Anticipating and Managing restructuring — Denmark» [Anticipation et gestion des restructurations — le cas du Danemark], Centre international de formation de l'OIT, décembre 2009.
(13) Voir la première note de bas de page.
(14) Voir page 19.