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Avis institutionnel52014AE0518

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à un réseau européen des services de l’emploi, à l’accès des travailleurs aux services de mobilité et à la poursuite de l’intégration des marchés du travail — COM(2014) 6 final — 2014/0002 (COD)

CELEX52014AE0518
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 4 juin 2014

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) soutient la proposition de règlement visant à renforcer le réseau européen des services de l'emploi (EURES) pour améliorer la mobilité des travailleurs. Il approuve l'objectif d'élargir l'accès aux services de mobilité et de favoriser une meilleure intégration des marchés du travail au sein de l'UE. Le CESE insiste sur la nécessité de garantir des services de qualité, de protéger les droits des travailleurs mobiles et de simplifier les procédures pour les demandeurs d'emploi et les employeurs.

Texte intégral

26.11.2014

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 424/27


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à un réseau européen des services de l’emploi, à l’accès des travailleurs aux services de mobilité et à la poursuite de l’intégration des marchés du travail

COM(2014) 6 final — 2014/0002 (COD)

2014/C 424/04

Rapporteure:

Mme Drbalová

Corapporteur:

M. Pariza Castaños

Le Parlement européen, en date du 3 février 2014, et le Conseil, en date du 6 février 2014, ont décidé, conformément à l'article 304 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur la

«Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à un réseau européen des services de l’emploi, à l’accès des travailleurs aux services de mobilité et à la poursuite de l’intégration des marchés du travail»

COM(2014) 6 final — 2014/0002 (COD).

La section spécialisée «Emploi, affaires sociales, citoyenneté», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 13 mai 2014.

Lors de sa 499e session plénière des 4 et 5 juin 2014 (séance du 4 juin 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 116 voix pour et une abstention.

1. Conclusions et recommandations

1.1

Le CESE soutient la proposition de la Commission de remplacer le règlement (UE) no 492/2011 et la décision d'exécution UE no 2012/733 par un instrument unique, afin d'accroître la transparence, d'activer la mise en correspondance automatisée, de définir les services de soutien, d'introduire un système de partage d'informations sur les carences et les excédents de main-d'œuvre, et de fonctionner sur la base d'un traitement non discriminatoire et égal.

1.2

Le CESE recommande que la Commission européenne définisse la notion de «mobilité équitable» à l'article 2 «Définitions», en tenant compte des nouveaux modèles de mobilité et de la nécessité accrue de mobilité équitable. Il importe que cette définition soit équilibrée. La Commission européenne pourrait se baser sur la formulation utilisée à la section 2 du règlement 492/2011, et exprimer par ailleurs son intention de garantir le plein soutien des personnes qui souhaitent exercer leur droit au travail dans d'autres États membres, en se fondant sur un choix informé.

1.3

Le CESE comprend l'intention de la Commission de fournir une offre presque complète d'emplois sur le portail EURES en étendant le principe de transparence aux organismes autres que les services publics de l'emploi (SPE), via la participation volontaire de partenaires EURES au réseau EURES sur la base de critères minimums communs. Il estime toutefois que cela pose problème si rien ne garantit que les prestataires de services privés sont obligatoirement tenus de satisfaire aux mêmes normes de qualité que les services publics de l'emploi. Quoi qu'il en soit, les États membres peuvent introduire des critères supplémentaires en plus de ceux établis dans l'annexe, si nécessaire, mais ceux-ci ne doivent être en aucun cas être discriminatoires. On ne saurait en aucun cas permettre que les prestataires de services privés participant au réseau EURES fournissent leurs services à titre onéreux.

1.4

Le CESE encourage les États membres à rendre systématiquement disponibles les informations de base concernant le réseau EURES et ses services de soutien spécifiques, en particulier pour les travailleurs frontaliers et les jeunes, et à communiquer et mieux promouvoir les services EURES.

1.5

Le CESE se félicite de l'accent placé sur le développement et le soutien de la coopération transfrontalière et de la proposition d'utiliser un système de guichet unique pour la communication avec les travailleurs transfrontaliers et les employeurs dans les zones frontalières. Il recommande de renforcer le rôle des partenariats EURES-T.

1.6

Le CESE invite à développer la cohérence et les synergies dans les politiques de promotion de la mobilité, et notamment pour ce qui est de la création d'un réseau des services publics de l’emploi (SPE) et des mesures pour favoriser la libre circulation des travailleurs, des citoyens et de leurs familles au sein de l'UE. Concernant la mise en œuvre de la Garantie pour la jeunesse, le Comité soutient l'extension du réseau EURES aux catégories de citoyens, en particulier les jeunes, qui sont à la recherche de formations en apprentissages ou de stages professionnels avec un contrat de travail à la clé pour autant que ceux-ci s'inscrivent dans le cadre d'une relation de travail, conformément aux articles 45 et 46 du TFUE, afin de permettre à ces travailleurs de séjourner dans un État membre à des fins d'emploi, conformément aux dispositions régissant l'emploi des ressortissants de l'État en question prévues par la loi, la réglementation ou une disposition administrative.

1.7

Le Comité réaffirme également qu'au vu des compétences accrues dévolues à EURES et des nouveaux rôles en matière de services de soutien, il convient de veiller à ce que les bureaux nationaux de coordination disposent de personnel suffisant et d'autres ressources pour effectuer leur travail, y compris de bons programmes de formation du personnel.

1.8

Le CESE invite les États membres à recourir au soutien technique de la Commission et à respecter les délais pour dresser un premier inventaire de leurs systèmes nationaux de classification. Cela permettra de comparer toutes les données avec la classification européenne des aptitudes/compétences, certifications et professions (ESCO).

1.9

Le CESE se félicite de ce que le nouveau système de financement ne mette pas en péril le rôle des partenariats transfrontaliers EURES, et estime qu'il conviendrait de continuer à les soutenir par le biais d'activités horizontales à l'échelle de l'UE, avec la possibilité de les compléter par des ressources nationales ou provenant du FSE.

1.10

Concernant la collecte de données et d'indicateurs, le CESE note qu'il est nécessaire de faire preuve de circonspection dans la manière dont le règlement établira les droits et obligations des États membres en matière de transfert d'informations et de statistiques, par exemple en ce qui concerne les travailleurs mobiles, domaine dans lequel l'on ne dispose d'aucun système de suivi. Le Comité propose de compléter les indicateurs quantitatifs par des indicateurs qualitatifs.

1.11

Le CESE attire l'attention sur le rôle fondamental des partenaires sociaux à tous les niveaux, en tant que principales parties prenantes du marché de l'emploi. Il demande qu'ils deviennent des partenaires à part entière, et qu'ils jouent un rôle de conseil et de soutien aux entreprises et aux travailleurs, ainsi que d'information sur les questions liées aux entreprises et aux conditions de travail. Il conviendrait que les États membres mettent en place des systèmes permettant aux partenaires sociaux de participer réellement aux bureaux nationaux de coordination, en tenant compte des pratiques nationales et des systèmes législatifs.

1.12

Le CESE invite la Commission à présenter un paquet législatif adéquat pour améliorer la coordination des systèmes de sécurité sociale et la reconnaissance et le transfert des droits acquis par les employés.

1.13

En ce qui concerne la protection des données, le CESE recommande que la CE prenne en considération les recommandations de l'avis du contrôleur européen de la protection des données (CEPD) du 3 avril 2014.

2. Introduction

2.1

L'économie européenne connaît un retour à la croissance, avec des niveaux de chômage relativement stables depuis la mi-2013 (1). Toutefois, le chômage de longue durée continue d'augmenter du fait de la persistance de la crise. Le chômage des jeunes atteint toujours des niveaux alarmants et la pauvreté au sein de la population active augmente également (2).

2.2

Dans ce contexte, il est urgent de mettre en œuvre toutes les mesures et instruments possibles pour encourager l'ouverture et le dynamisme des marchés de l'emploi européens, afin de mieux faire correspondre l'offre et la demande et d'accroître la mobilité de l'emploi au sein de l'UE. Une plus grande mobilité au sein de l’Union européenne élargira les perspectives d’emploi des travailleurs et aidera les employeurs à pourvoir plus efficacement et rapidement à leurs offres d’emploi (3).

2.3

Dans le cadre de la stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois (4), la Commission a entrepris de réformer le réseau EURES afin d’en développer la capacité de mise en concordance et de placement au service de la stratégie européenne pour l’emploi (y compris l'initiative «Ton premier emploi EURES»).

2.4

L'objectif de réformer EURES figure également dans le rapport sur la citoyenneté de l'Union (5) et s'inscrit dans le droit fil d'autres initiatives de la Commission visant à soutenir la libre circulation des travailleurs dans l'UE (6), la création d'un réseau européen des services publics de l'emploi (SPE) (7), la mise en œuvre d'un train de mesures liées à l'emploi (8) et tous les instruments dont l'objectif est de faire accéder les jeunes à l'emploi (9).

2.5

Selon le CESE, la libre circulation des travailleurs sur la base de la non-discrimination et du traitement équitable (10) et la suppression des barrières à la mobilité encore en place (11) sont toujours des priorités pour l'UE. Dans plusieurs de ses recommandations, il demande que le réseau EURES (12) devienne un véritable instrument permettant de faire correspondre l'offre et la demande sur le marché de l'emploi européen.

3. Contenu essentiel de la proposition

3.1

Le réseau EURES a fait l'objet de certaines modifications suite à une décision (13) adoptée à l'initiative de la Commission en 2012. Toutefois, le chapitre II du règlement no 492/2011, qui constitue le cadre réglementaire européen relatif à la compensation et à l’échange d’informations entre les États membres sur la mobilité de la main-d’œuvre au sein de l’UE, n'a quasiment pas été modifié depuis 1992. En ce qui concerne la nouvelle proposition de règlement, la Charte EURES sera révisée (14).

3.2

Une réforme complète de la manière dont fonctionne EURES est nécessaire de toute urgence pour refléter les nouvelles formes de mobilité, les changements survenus dans les technologies de partage des données sur les offres d’emploi, l’utilisation par les demandeurs d’emploi et les employeurs d’une variété de canaux de recrutement et le rôle croissant acquis par les intermédiaires du marché du travail, mais aussi le nombre croissant de travailleurs qui partent travailler à l'étranger.

3.3

La meilleure option pour atteindre des objectifs rapidement et pallier les carences recensées est d'introduire un nouveau règlement et de créer un instrument distinct. L'intention est de faire en sorte qu'EURES devienne un véritable outil de placement et de recrutement de travailleurs fondé sur la non-discrimination et l'égalité de traitement. Le réseau sera progressivement étendu de manière à inclure les apprentissages et les stages (conformément au projet pilote «Ton premier emploi EURES»).

3.4

Avant d'adopter la décision de 2012 et de se fonder sur une évaluation d'EURES réalisée en 2010 (15), la Commission a mené une consultation sur les carences actuelles et sur la direction que pourrait prendre le réseau à l'avenir. Le Comité consultatif sur la liberté de mouvement des travailleurs, censé jouer un rôle plus actif dans ce processus, a été consulté sur la proposition.

3.5

L'évaluation a mis en lumière un certain nombre de carences fondamentales dans EURES, notamment: 1) un vivier incomplet d’offres d’emploi et de C.V. accessibles à l’échelon européen pour tous les États membres; 2) la capacité limitée du portail EURES à rapprocher les offres d’emploi des C.V.; 3) un accès inégal aux services d’EURES dans l’Union européenne; 4) une disponibilité limitée pour assister les demandeurs d’emploi et les employeurs dans les processus de mise en correspondance, de recrutement et de placement et 5) un échange d'informations entre États membres concernant les pénuries et les excédents de main-d'œuvre.

3.6

EURES ne peut pas continuer à fonctionner sous sa forme actuelle. Tous les États membres ont approuvé l’idée de réorienter EURES et d'introduire un cycle de programmation et des indicateurs communs sur les activités EURES afin d'accroître la transparence sur les résultats obtenus et d’améliorer l’échange d’informations et la coordination des opérations.

3.7

Il y a lieu de mettre à la disposition de tout demandeur d’emploi, ou de tout employeur à la recherche de services «clients» dans le domaine du recrutement, des informations générales concernant le réseau EURES, dans toute l’Union européenne. Il convient de garantir l'accès des parties concernées au réseau EURES et de soutenir les opérations du réseau par un échange d'informations sur les pénuries et les excédents de main-d'œuvre à l'échelon national.

3.8

La proposition vise à mettre en place, sur le portail EURES, un répertoire quasi complet d’offres d’emploi, auquel les demandeurs d’emploi de toute l’Europe auront instantanément accès, en combinaison avec une vaste réserve de C.V. disponibles que les employeurs inscrits pourront consulter pour recruter.

3.9

Il sera important de veiller à ce que le portail EURES puisse opérer une bonne mise en correspondance automatisée entre les offres d'emploi et les CV venant des États membres, avec des traductions dans toutes les langues et des descriptions intelligibles des compétences, des qualifications acquises et des professions exercées aux échelons national et sectoriel.

3.10

Toutes les activités que la Commission européenne entreprend pour le réseau EURES et qui nécessitent des ressources humaines et/ou financières relèvent du règlement établissant le programme pour l’emploi et l’innovation sociale («EaSI») (16) (2014-2020).

4. Observations spécifiques

4.1 Définitions

4.1.1

Compte tenu des nouveaux modèles de mobilité et de la nécessité croissante de mobilité équitable, il conviendrait que la CE définisse la mobilité équitable d'une manière adéquate. Elle pourrait, à cet égard, se fonder sur la formulation figurant à la section 2 du règlement 492/2011 et, dans le même temps, établir clairement que la mobilité équitable doit également inclure le droit d'accéder et de bénéficier de l'ensemble des offres d'emplois au sein de l'UE.

4.1.2

Le concept de mobilité devrait toujours tenir compte des approches et des situations spécifiques de chaque pays, afin de garantir que les talents puissent circuler effectivement. Conformément à l'article 26 de la proposition, les États membres élaborent des politiques de mobilité s’inscrivant pleinement dans leurs politiques de l’emploi.

4.2 Transparence

4.2.1

Le CESE comprend l'intention de la Commission d'étendre le principe de transparence à d'autres entités mais estime qu'il peut poser problème si les services publics de l’emploi, les agences de placement privées et les autres organisations fournissant des services d'emploi ne sont pas tenues de satisfaire aux mêmes critères de qualité (sur la base de ceux applicables aux services publics de l'emploi). Ce système doit être transparent et conforme au principe de l’égalité de traitement des organisations candidates.

4.2.2

Par ailleurs, la proposition requiert des services publics de l'emploi et d'autres partenaires EURES qu'ils garantissent un meilleur accès au portail EURES à partir de leurs propres sites de recherche d'emploi. Dans certains pays, il est très difficile de contacter un conseiller EURES. La plupart des demandeurs d'emploi, en particulier les jeunes, sont également confrontés à un certain nombre d'obstacles bureaucratiques et financiers.

4.2.3

De plus, une expérience récente montre que le réseau EURES et ses services sont méconnus dans plusieurs pays, en particulier parmi les jeunes. Ainsi, seul un tiers des employeurs avait entendu parler d'EURES avant de se mettre en contact avec le réseau. Il importe donc que les États membres communiquent davantage sur les services EURES et qu'ils en assurent une meilleure promotion, pour garantir que les personnes qui prennent la décision de travailler dans un autre État membre que le leur, le fassent en pleine connaissance de cause.

4.2.4

Le Comité salue l'extension du réseau EURES aux catégories de citoyens, en particulier les jeunes, qui sont à la recherche de formations en apprentissages ou de stages professionnels avec un contrat de travail à la clé pour autant que ceux-ci s'inscrivent dans le cadre d'une relation de travail, conformément aux articles 45 et 46 du TFUE, pour permettre à ces travailleurs de séjourner dans un État membre à des fins d'emplois, conformément aux dispositions régissant l'emploi des ressortissants de l'État en question prévues par la loi, la réglementation ou une disposition administrative.

4.2.5

Le CESE se félicite aussi de l'accent placé sur le soutien de la coopération transfrontalière et la proposition d'utiliser un système de guichet unique pour la communication avec les travailleurs transfrontaliers et les employeurs dans les zones frontalières. Il recommande d'utiliser les points de contact pour les entreprises établies.

4.2.6

Les partenariats EURES-T rassemblent des services publics de l'emploi, des syndicats, des organisations d'employeurs régionales et, dans certains cas, des gouvernements locaux ou régionaux. Il conviendrait de les renforcer et d'en clarifier le rôle.

4.2.7

Le CESE recommande de clarifier la relation qui existe entre le réseau EURES et SOLVIT, le portail unique de conseils et d'information sur le marché unique de l'UE. Ceci s'applique en particulier aux dispositions (article 7, paragraphe 4) concernant le soutien des bureaux nationaux de coordination en cas de plaintes liées à des offres d'emploi et des recrutements dans le réseau EURES, ainsi que la coopération avec des représentants des pouvoirs publics, tels que les inspections du travail.

4.3 Mise en correspondance automatisée via la plateforme informatique commune

4.3.1

Bien que le mécanisme destiné à équilibrer l'offre et la demande soit prévu à l'article 13 du règlement 492/2011 (17), il n'y a pas, à l'heure actuelle, d'échange de CV automatisé ni d'autre information au sujet des demandeurs d'emploi.

4.3.2

Le CESE reconnaît qu'il n'est pas nécessaire, à ce stade, d'harmoniser les systèmes de classification nationale à des fins d'interopérabilité. Il soutient néanmoins les efforts de la Commission pour faire en sorte que les États membres dressent un premier inventaire de leurs systèmes de classification nationale. Cela permettra de comparer toutes ces données avec la classification européenne des aptitudes/compétences, certifications et professions (ESCO), qui servira d'instrument pour l'échange automatisé et la pleine interopérabilité entre autorités nationales.

4.4 Services de soutien

4.4.1

Le réseau EURES doit offrir une gamme complète de services à ses clients (demandeurs d'emploi et employeurs): sensibilisation, relai d'informations, introduction de mécanismes pour faciliter les inscriptions, le suivi des CV et des offres d'emploi, la mise en correspondance automatisée, le placement et l'aide au recrutement. Il doit par ailleurs fournir aux candidats les coordonnées des organisations pertinentes, en particulier de syndicats, auxquelles ils peuvent s'adresser une fois qu'ils ont décroché un emploi.

4.4.2

Il conviendrait que les services pour les travailleurs et les employeurs soient gratuits.

4.4.3

Le CESE se félicite de la disposition qui prévoit que les États membres devront partager leurs informations nationales sur les pénuries et les excédents de main-d’œuvre ainsi que sur les politiques correspondantes de façon plus systématique. Toutefois, ce règlement ne couvre pas les décisions ayant trait à ces politiques.

4.4.4

Le CESE considère qu'il est important d'avoir une répartition claire des compétences et des obligations entre le bureau européen de coordination, dont la tâche est de créer un cadre cohérent et d'apporter un soutien transversal, et les bureaux nationaux de coordination, les services d'emploi publics et les partenaires EURES.

4.4.5

Compte tenu de l'extension des compétences du réseau EURES, les bureaux nationaux de coordination auront une série de nouvelles fonctions. Pour pouvoir les assumer, ils devraient disposer de personnel et de financements suffisants, y compris des programmes de qualité pour la formation du personnel. La CE devrait veiller à ce qu'ils reçoivent autant d'aide technique et d'assistance conseil que possible.

4.4.6

Il serait utile que les bureaux nationaux de coordination élaborent des programmes de travail pour des organisations participant aux travaux du réseau EURES dans leur pays. Ces programmes devraient inclure les activités prévues, le personnel total et le financement alloué à leur mise en œuvre, ainsi que les mécanismes visant à superviser et à évaluer les activités prévues.

4.5 Protection des données à caractère personnel

4.5.1

La mise en œuvre des dispositions prévues dans le règlement doit être conforme à la législation de l'Union concernant la protection des données à caractère personnel (18). Les travailleurs doivent consentir d'une manière explicite, univoque, libre, spécifique et éclairée à ce que des informations les concernant soient transmises au portail EURES.

4.5.2

Il s'agit de garantir a) tant le respect effectif des règles de protection des libertés et droits fondamentaux des personnes que b) la libre circulation des données à caractère personnel entre les États membres et les institutions et organes de l'Union européenne, ou entre les institutions et les organes de l'Union européenne, dans l'exercice de leurs compétences respectives.

4.5.3

Le CESE note que le Contrôleur européen de la protection des données a été continuellement consulté, ce qui témoigne du rôle nouveau et étendu du réseau EURES. Le CESE recommande que la CE tienne compte des recommandations et des conclusions de l'avis rendu par le CEPD le 3 avril (19).

4.6 Changements dans le financement du FSE

4.6.1

Le CESE se félicite que le nouveau système de financement ne mette pas en péril le rôle des partenariats transfrontaliers EURES, en particulier dans les régions exposées, et estime qu'il conviendrait de continuer à les soutenir par le biais d'activités horizontales à l'échelle de l'UE, avec la possibilité de les compléter par des ressources nationales ou provenant du FSE.

4.6.2

En ce qui concerne le FSE, il conviendrait qu'il établisse clairement les priorités EURES et apporte un soutien approprié. Il importe que les demandes de subventions et les procédures d'attribution restent cohérentes, transparentes et faciles à mettre en œuvre.

4.7 Rôle des partenaires sociaux

4.7.1

La Commission européenne évoque une nouvelle définition du rôle des partenaires sociaux (20). Il conviendrait d'associer pleinement ces derniers au cycle de programmation et de présentation de rapports et de les inviter aux réunions.

4.7.2

Cela étant, le CESE souligne le rôle fondamental des partenaires sociaux à tous les niveaux en tant que principaux acteurs sur le marché de l'emploi. Ces derniers sont largement associés aux travaux du réseau EURES pour garantir la mise en correspondance entre les compétences et les offres d'emploi. Il importe de ne pas réduire leur rôle à celui de membres associés (21). Les bureaux nationaux de coordination, en particulier, devraient renforcer leur collaboration avec les partenaires sociaux et les organisations professionnelles. Le Comité propose que les partenaires sociaux, aux niveaux européen et national, participent d'une manière appropriée aux activités du bureau européen et des bureaux nationaux de coordination.

4.8 Suivi et évaluation des travaux EURES sur l'emploi

4.8.1

Afin de garantir qu'il y ait suffisamment d'informations pour mesurer les performances du réseau EURES, il conviendrait d'introduire des indicateurs communs visant à aider les organisations participantes à déterminer leurs résultats. Elles devraient aussi contribuer à évaluer les progrès accomplis par rapport aux objectifs établis pour le réseau EURES dans son ensemble. Il est également important d'utiliser des indicateurs qualitatifs comme la qualité de l'emploi, l'égalité de traitement et les droits de sécurité sociale. La prudence s'impose concernant la manière dont le règlement établira les droits et obligations des États membres en matière de transfert d'informations et de statistiques, par exemple en ce qui concerne les travailleurs mobiles par rapport auxquels il n'existe aucun système de suivi de certains indicateurs.

Bruxelles, le 4 juin 2014.

Le Président du Comité économique et social européen

Henri MALOSSE


(1) COM(2013) 801 final.

(2) COM(2014) 12 final.

(3) Sur les 241 millions de personnes que compte la main-d'œuvre totale européenne, à peine 7,5 millions de personnes (soit 3,1 %) sont actives au plan économique dans un autre État membre.

(4) COM(2010) 682 final, du 23.11.2010.

(5) COM(2013) 269 final.

(6) COM(2013) 236 final.

(7) COM(2013) 430 final.

(8) COM(2012) 173 final.

(9) COM(2012) 727 final.

(10) JO C 341 du 21.11.2013, p. 54-58.

(11) JO C 228 du 22.09.2009, p. 14.

(12) JO C 67 du 06.03.2014, p. 116-121, JO C 214 du 8.7.2014, p. 36-39.

(13) COM(2014) 6 final 2014/0002 (COD).

(14) SWD(2012) 100 Reforming EURES to meet the goals of Europe 2020, document d'accompagnement à la communication de la Commission COM(2012) 173.

(15) COM(2010) 731 final.

(16) JO L 347 du 20.12.2013, p. 238.

(17) «Le service spécialisé de chaque État membre adresse régulièrement aux services spécialisés des autres États membres ainsi qu’au bureau européen de coordination [...]: a) les offres d’emploi susceptibles d’être satisfaites par des ressortissants d’autres États membres; b) les offres d’emploi adressées aux pays tiers; c) les demandes d’emploi déposées par des personnes ayant formellement déclaré qu’elles souhaitent travailler dans un autre État membre; d) des informations, par régions et branches d’activité, concernant les demandeurs d’emploi ayant déclaré être effectivement disposés à occuper un emploi dans un autre pays.»

(18) Règlement (CE) no 45/2001, JO L 281, 23.11.1995, p 31.

La directive 95/46/CE impose aux États membres d'assurer «la protection des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée, à l'égard du traitement des données à caractère personnel» afin d'assurer la libre circulation des données à caractère personnel dans la Communauté.

(19) http://edps.europa.eu/EDPSWEB/webdav/site/mySite/shared/Documents/Consultation/Opinions/2014/14-04-03_Workers_mobility_FR.pdf

(20) Voir le procès-verbal de la réunion du comité consultatif sur la libre circulation des travailleurs, tenue le 12 avril 2013.

(21) Lettre commune adressée par BUSINESSEUROPE, CEEP, CES et UEAPME au commissaire László Andor, le 19 décembre 2012.


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