LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52014AE0759
Avis institutionnel52014AE0759

Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission — Feuille de route pour l’achèvement du marché unique concernant la livraison de colis — Instaurer la confiance dans les services de livraison et favoriser les ventes en ligne» — COM(2013) 886 final

CELEX52014AE0759
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 10 juillet 2014

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen soutient la feuille de route de la Commission visant à renforcer la confiance des consommateurs et des entreprises dans les services de livraison de colis transfrontaliers, afin de stimuler le commerce électronique au sein du marché unique. Il souligne la nécessité d'améliorer la transparence des prix, la qualité des services et l'interopérabilité des systèmes de livraison, tout en appelant à une régulation équilibrée qui n'entrave pas l'innovation. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure les évolutions réglementaires à venir en matière de livraison de colis, impactant directement les obligations des acteurs du e-commerce et des transporteurs.

Texte intégral

16.12.2014

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 451/51


Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission — Feuille de route pour l’achèvement du marché unique concernant la livraison de colis — Instaurer la confiance dans les services de livraison et favoriser les ventes en ligne»

COM(2013) 886 final

(2014/C 451/08)

Rapporteure:

Mme RONDINELLI

Le 16 décembre 2013, la Commission européenne a décidé, conformément à l'article 304 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur la:

«Communication de la Commission — Feuille de route pour l'achèvement du marché unique concernant la livraison de colis — Instaurer la confiance dans les services de livraison et favoriser les ventes en ligne»

COM(2013) 886 final.

La section spécialisée «Marché unique, production et consommation», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 23 juin 2014.

Lors de sa 500e session plénière des 9 et 10 juillet 2014 (séance du 10 juillet 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 107 voix pour, 2 voix contre et 6 abstentions.

1. Conclusions et recommandations

1.1

Le Comité économique et social européen (CESE) accueille favorablement la feuille de route pour l'achèvement du marché unique concernant la livraison de produits vendus en ligne, qui présente d'importantes potentialités en termes de développement et d'emploi. Des services de livraison efficaces et fiables constituent un levier de première importance pour la promotion du commerce électronique et le renforcement de la confiance entre vendeurs et acheteurs.

1.2

Selon le CESE, l'achèvement du marché unique concernant la livraison de colis et l'élimination de l'écart significatif existant entre attentes, protections et disponibilité effective exigent que les conditions suivantes soient remplies: responsabilité solidaire, traçabilité, localisation et interopérabilité; accès à une gamme de choix plus large sur l'ensemble du territoire de l'UE (y compris les zones insulaires); sécurité juridique en matière de droits et de devoirs des acteurs concernés — en particulier les PME et les consommateurs — notamment en ce qui concerne les réclamations et les restitutions; système simple et comparable de collecte des données; importance de la dimension sociale et de la formation.

1.3

Le CESE réaffirme (1) que cet objectif devrait reposer non seulement sur des accords et des codes volontaires souhaitables mais aussi sur un cadre réglementaire européen minimal, à même de pallier de manière efficace et flexible les insuffisances persistantes du marché qui découragent les consommateurs et les PME de recourir au commerce électronique, et de régler les problèmes relatifs aux aspects suivants:

—

coresponsabilité des opérateurs de toute la chaîne de vente en ligne,

—

traçabilité et localisation des livraisons,

—

respect explicite des normes européennes de protection des données personnelles,

—

transparence de choix entre plusieurs options de livraison,

—

définitions communes des concepts et pleine interopérabilité,

—

service universel accessible à un coût abordable,

—

collecte de données statistiques comparables et détaillées, simplifiées pour les petits opérateurs,

—

obligation d'appliquer un régime uniforme en matière de TVA,

—

acceptation mutuelle au niveau transfrontalier des systèmes en réseau des centres nationaux de résolution des problèmes et dispositifs de RLL/REL (2),

—

obligation d'assurer des conditions de travail équitables,

—

transparence relative aux conditions et au prix des services,

—

formation professionnelle continue du personnel,

—

sanctions en cas de non-respect des obligations, constaté au moyen d'un système d'alerte RAPEX — IMI (3),

—

création d'un label européen de fiabilité reposant sur des normes techniques et réglementaires élaborées sur la base d'un mandat confié au CEN (4) et établissant des indicateurs de qualité,

—

mesures en faveur des petites et moyennes entreprises en termes de simplification et d'accès au marché et à des plateformes internet dans des conditions d'égalité.

1.4

Le CESE souhaite que la feuille de route fixe des délais clairs et un calendrier précis pour la mise en œuvre de ces dispositions, tant du point de vue de la législation que de l'autoréglementation, afin d'améliorer le niveau de confiance entre tous les opérateurs concernés, notamment les citoyens européens, en veillant au plein respect et à la protection de leurs droits respectifs.

1.5

Le CESE demande que la feuille de route prévoie deux autres mesures, portant respectivement sur l'accessibilité du service à un coût abordable et sur la dimension sociale du marché.

1.6

Le CESE recommande à la Commission, au PE et au Conseil de veiller à ce que:

—

un cadre réglementaire européen qui permette à tous les opérateurs du secteur d'accéder au marché unique de la livraison de colis et garantisse que l'accent soit notamment mis sur la question du caractère universel et du coût abordable de ces services, en particulier dans les zones périphériques, de montagne, insulaires et défavorisées;

—

pour remédier à l'absence de cadre statistique détaillé et comparable relatif à l'ensemble de la chaîne, depuis la commande en ligne jusqu'à la livraison transfrontalière de produits, l'on applique des procédures simplifiées, selon le principe d'une approche unique applicable dans tous les cas de figure;

—

une architecture commune et ouverte soit établie, reposant sur des définitions communes, avec le concours de toutes les parties prenantes, notamment les PME, pour une gestion en interopérabilité de plateformes internet interactives et conviviales, sous le contrôle de la Commission européenne (CE);

—

des orientations claires soient fournies concernant les instruments financiers européens existants en matière de recherche et d'innovation technologique, d'environnement et de climat, d'énergie et de transport, de nouvelles compétences professionnelles et de formation, de cohésion, de territoire et de petites entreprises;

—

un soutien approprié soit apporté aux PME lors de la mise en œuvre de la feuille de route, avec des mesures concrètes et des fonds appropriés pour la promotion de leur participation au commerce en ligne, dans des conditions d'égalité;

—

dans l'esprit du «Small Business Act», l'on établisse une réglementation adaptée aux difficultés rencontrées par les PME opérant dans l'ensemble du secteur des transports et de la logistique, avec le soutien de leurs organisations de référence;

—

un mandat soit au plus vite confié au CEN afin qu'il élabore des normes concernant des indicateurs de qualité pour un label européen de sécurité et de qualité des livraisons, de manière à offrir des gages de qualité, de fiabilité et de durabilité, ainsi que des garanties sociales et de sécurité;

—

une dimension sociale forte et cohérente soit assurée, garantissant au niveau européen un dialogue social sectoriel élargi, l'accès à des possibilités adéquates de formation et de reconversion professionnelle, des conditions de travail et de rémunération équitables et dignes, l'élimination du travail précaire et non déclaré, surtout présent dans les tâches externalisées du «dernier kilomètre».

1.7

Le CESE invite la CE à présenter, avec l'aide d'Eurofound, un rapport bisannuel sur les conditions d'emploi et de travail dans ce secteur, sur les conditions appliquées aux consommateurs et aux opérateurs de toute la chaîne et sur leurs perspectives de développement, à soumettre au CESE, au Parlement (PE), au Conseil et aux partenaires sociaux.

2. Du livre vert à la feuille de route

2.1

Le commerce électronique constitue pour la croissance de l'économie et de l'emploi en Europe un moteur potentiel, estimé à plus de 10 % par an entre 2013 et 2016 (5). Quelque 45 % des citoyens de l'UE ont effectué des achats en ligne au cours des douze derniers mois et ont confirmé que la plupart des problèmes concernent les livraisons ou les retards de livraison (6).

2.2

La CE a identifié (7) les «principaux obstacles au marché unique numérique, ainsi qu'un plan d'action pour les éliminer», mais «10 % des personnes n'achètent pas en ligne (8) car elles sont inquiètes du coût des services de livraison, notamment transfrontaliers et de la qualité du service».

2.3

Dans son avis sur le livre vert (9), le CESE a appelé de ses vœux une directive portant sur la définition d'un régime de responsabilité conjointe applicable aux opérateurs, sur la traçabilité et la localisation des livraisons, l'obligation d'offrir plusieurs options de livraison, un réseau européen de centres nationaux de résolution de problèmes, l'obligation d'assurer des conditions de travail équitables et un devoir de transparence concernant les conditions et les prix.

2.4

Le débat sur le livre vert a été suivi en décembre 2013 de la communication sur la feuille de route pour l'achèvement du marché unique concernant la livraison de produits vendus en ligne (10).

2.5

Selon de récentes enquêtes réalisées au niveau international (11), les facteurs freinant le plus le développement du commerce électronique entre entreprises et particuliers (B2C, business to consumer) sont les suivants:

—

l'impossibilité d'être immédiatement informé des options de livraison et d'avoir des garanties quant au coût global de l'achat en ligne;

—

l'impossibilité d'être tenu au courant de l'état d'avancement de la livraison et de sa traçabilité;

—

la lenteur des délais d'expédition et/ou l'absence d'indication ou le manque de flexibilité des délais de livraison;

—

la gestion des restitutions et des échanges, compliquée et coûteuse;

—

l'absence de service clientèle en temps réel.

2.6

La CE affirme que l'on ne dispose toujours pas de «données pertinentes sur le trafic national et transnational de colis auprès de tous les prestataires de services postaux actifs sur les marchés de la livraison de colis B2C et B2B, y compris auprès des intermédiaires, des regroupeurs et des opérateurs alternatifs (12)».

2.7

Diverses études confirment que le potentiel de comportements anticoncurrentiels est plus élevé dans certains segments du service postal que dans d'autres, raison pour laquelle il semble plus justifié d'y assurer un contrôle réglementaire: par exemple le marché B2C par rapport aux opérations B2B, les services transfrontaliers par rapport aux services postaux domestiques (13).

2.8

Le CESE se félicite qu'une grande partie des conclusions présentées dans son avis sur le livre vert aient été prises en compte. En effet, le Conseil (14) et le PE (15) ont eux aussi invité la CE à déterminer les barrières actuelles aux services de livraison transfrontalière et à adopter des mesures adéquates pour y remédier et le PE a également réclamé (16) des services de livraison accessibles, abordables, efficaces et de grande qualité, ainsi que des plateformes d'échange d'informations et de coopération entre les opérateurs de services de livraison, avec une gestion rapide et à un coût minime des réclamations et des litiges.

3. Observations générales

3.1

Le CESE estime important de regagner la confiance des PME et des consommateurs en ligne grâce à des réseaux et des systèmes fonctionnant en interopérabilité et assurant une gestion rapide et à un coût abordable, dans un cadre adapté de réglementation et autoréglementation accepté par tous les opérateurs de la chaîne afin de disposer d'un marché intérieur libre et ouvert et d'éviter toute surréglementation inutile. Il demande en conséquence que la feuille de route soit mise en œuvre dans des délais précis, selon un calendrier de 18 mois préétabli.

3.2

Le CESE considère que l'UE doit achever la réalisation du marché unique dans le domaine de la livraison de colis, en veillant à la rapidité, la qualité, la fiabilité et la modicité des coûts de ces services, dans l'intérêt des consommateurs, des travailleurs et de tous les opérateurs, y compris les PME opérant dans les secteurs du commerce électronique, des transports et de la logistique, et en remédiant aux défaillances et aux dysfonctionnements actuels du marché unique.

3.3

Cependant, le CESE s'attendait à ce que la communication contienne également une référence spécifique à la situation des régions géographiquement défavorisées telles que les îles, les régions ultrapériphériques et les montagnes, dès lors qu'il estime que ces régions sont confrontées à des défis spécifiques et difficiles à relever, en raison en particulier de considérations de faisabilité économique: un marché unique pour la livraison de colis ne pourra être réellement parachevé que si ces régions font l'objet de l'attention et des mesures qui s'imposent.

3.4

Selon le CESE, le cadre d'actions proposé repose essentiellement sur des processus volontaires d'autoréglementation, sur les réglementations des services postaux nationaux et sur l'action du groupe des régulateurs européens dans le domaine des services postaux, ainsi que sur les principes de bonne application des réglementations européennes déjà en vigueur, sans proposer de cadre uniforme pour l'ensemble des opérateurs ni fixer d'échéances spécifiques dans le cadre des 18 mois indiqués.

3.5

Le CESE note que la feuille de route ne prévoit pas encore de soutenir les processus d'autoréglementation — la nécessité d'une directive a déjà été mise en avant par le CESE (17) — afin de pouvoir apporter à tous les opérateurs du secteur une réponse complète, cohérente et consolidée aux exigences d'achèvement du marché unique concernant la livraison transfrontalière de colis.

3.6

Le CESE estime que l'UE doit prévoir une solution européenne en promouvant l'autoréglementation et la réglementation afin de traiter les problèmes encore en suspens sur le marché et de protéger les consommateurs et les PME (B2B) s'agissant des éléments suivants:

—

coresponsabilité de tous les opérateurs de la chaîne de vente en ligne vis-à-vis de l'acheteur;

—

obligation de pleine traçabilité et de localisation des livraisons;

—

respect explicite des règles de sécurité et de protection des données personnelles, conformément à la directive 95/46/CE;

—

obligation d'offrir au consommateur une transparence de choix entre plusieurs options de livraison;

—

obligation d'adopter des définitions communes des concepts et d'assurer une pleine interopérabilité;

—

obligation de garantir un service universel à un coût abordable pour tous les opérateurs du marché libre, en tenant compte des réglementations en vigueur, notamment les directives postales et les autres réglementations pertinentes de l'UE;

—

collecte de données statistiques comparables et détaillées;

—

obligation d'appliquer un régime uniforme en matière de TVA;

—

acceptation mutuelle au niveau transfrontalier des systèmes en réseau des centres nationaux de résolution des problèmes et des dispositifs RLL/REL;

—

obligation d'assurer des conditions de travail équitables;

—

obligation de transparence relative aux conditions et au prix des services;

—

obligation d'organiser une formation professionnelle continue du personnel, pour garantir qu'il dispose des compétences techniques nécessaires face à l'introduction de nouvelles technologies dans ce secteur;

—

sanctions en cas de non-respect des obligations, constaté notamment grâce à un système d'alerte RAPEX-IMI, et pénalités infligées sur la base d'indicateurs de qualité;

—

mesures en faveur des PME en termes de simplification bureaucratique et administrative, d'accès au marché et de participation à la définition conjointe d'applications communes liées aux nouvelles technologies et aux portails et plateformes internet.

3.7

Même si les propositions se réfèrent à la compatibilité avec le cadre financier de l'UE pour la période 2014-2020, le CESE estime que la feuille de route devrait obligatoirement comporter des références explicites aux instruments financiers européens pertinents, et ce dans les domaines suivants:

—

R & I technologique (Horizon 2020, programmes Galileo, ISA et stratégie numérique), s'agissant de l'interopérabilité, de la traçabilité et de la sécurité;

—

environnement et climat, énergie et transport (7e programme d'action pour l'environnement, cadre pour les politiques en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 et action «Gaz à effet de serre dans les transports au sein de l’UE: perspectives d'ici à 2050 II»), eu égard à l'impact du dernier kilomètre de la livraison;

—

PME: interventions de la BEI en faveur des entreprises innovantes, programme COSME et toutes les ressources européennes disponibles pour assurer la compétitivité à égalité avec les autres opérateurs;

—

cohésion territoriale (nouvelle programmation des fonds structurels 2014-2030 et des interventions en faveur des zones insulaires, rurales et ultrapériphériques);

—

emploi et formation («Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois», «Agenda du consommateur européen — Favoriser la confiance et la croissance», programme Erasmus+ 2014–2020, éducation et formation).

3.8

Le CESE recommande à la CE de donner mandat au CEN d'élaborer des normes techniques et réglementaires européennes avec la pleine participation de tous les intéressés, en particulier les PME et les consommateurs, et juge nécessaire d'élaborer des indicateurs pour un label européen de sécurité et de qualité des livraisons, afin de garantir la qualité, la fiabilité et la durabilité, et d'offrir des garanties sociales et de sécurité.

4. Observations particulières

4.1

Le CESE fait valoir la nécessité de deux autres actions concernant la garantie d'accessibilité et la dimension sociale du marché.

4.1.1 Action: accès au marché et disponibilité à un prix abordable

4.1.1.1

Le CESE demande que l'on prévoie, lors de l'octroi du label de qualité, l'obligation de garantir l'accès au marché et la disponibilité du service à un prix abordable sur l'ensemble du territoire de l'UE. Le CESE regrette de constater que les zones périphériques et les îles ne font pas l'objet de considérations spécifiques et attend donc de la nouvelle réglementation qu'elle cible la vulnérabilité géographique sur le marché du commerce électronique, dès lors qu'un pourcentage substantiel des citoyens de l'UE vivent dans ces zones.

4.1.1.2

Le CESE estime qu'il convient d'assurer à tous les opérateurs le plein accès aux structures et sources d'information utilisées pour la fourniture de services de livraison, afin de protéger les intérêts des utilisateurs et/ou de promouvoir une concurrence efficace.

4.1.1.3

Le CESE demande à la CE de revoir la communication de 1998 relative à l'application des règles de concurrence au secteur, à la lumière des développements de la réglementation et du marché ayant une incidence sur les services transfrontaliers et sur les coûts standard, en vue de la mise en œuvre de politiques plus libérales et orientées vers les coûts (18), dans le respect des dispositions du protocole 26 annexé au traité de Lisbonne, notamment en ce qui concerne l'accès universel et des prix abordables des services d'intérêt économique général.

4.1.2 Action: dimension sociale du marché

4.1.2.1

Le CESE demande que soit assurée une dimension sociale forte et cohérente, pouvant garantir, parallèlement aux efforts d'innovation déployés par les entreprises des secteurs concernés, des emplois qualifiés et de qualité élevée, notamment grâce à l'accès à des possibilités adéquates de formation et de reconversion professionnelle.

4.1.2.2

Le CESE rappelle la nécessité de garantir des conditions de travail et de salaire dignes et équitables, afin d'éliminer le travail précaire et non déclaré, notamment en ce qui concerne les tâches externalisées du «dernier kilomètre», et renvoie aux dispositions du règlement UE no 1071/2009 sur l'accès à la profession, de la décision 2009/992/UE et du règlement UE no 1213/2010, qui établissent une définition de la «relation de travail» permettant d'engager des actions contre les faux indépendants, comme rappelé dans un récent avis du CESE (19).

4.1.2.3

Le CESE recommande la mise en œuvre d'un dialogue social européen élargi auquel soient associés les partenaires sociaux représentatifs des secteurs concernés de toute la chaîne de ventes en ligne et de livraison de colis (services commerciaux, postaux, logistiques et de transport), afin de traiter des questions liées aux conditions d'emploi et de travail ainsi qu'aux perspectives de développement, d'innovation et de valorisation des ressources humaines.

4.1.2.4

La CE doit rédiger, avec l'aide de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, un rapport bisannuel sur les conditions d'emploi et de travail dans ce secteur et sur les perspectives de développement, à soumettre au CESE, au Parlement européen, au Conseil et aux partenaires sociaux.

4.2 Action 1: information des consommateurs sur les caractéristiques et les coûts de livraison et de retour

4.2.1

Le CESE considère que les codes de conduite volontaires et l'échange de bonnes pratiques ne peuvent représenter des solutions complémentaires viables au niveau de l'UE que si elles sont élaborées et acceptées par toutes les parties prenantes du marché des ventes en ligne, sur la base d'un cadre réglementaire européen régissant l'ensemble des questions soulevées par les livraisons transfrontalières de produits en ligne, de manière à protéger les consommateurs, les petits opérateurs et les PME, dans des conditions d'égalité et sans leur imposer de charges difficilement supportables.

4.3 Action 2: information des détaillants en ligne sur les services de livraison

4.3.1

L'élaboration par les opérateurs de services de livraison et les détaillants en ligne de définitions communes des concepts de base des services, sans la participation des représentants des consommateurs et des PME, risque de négliger des aspects essentiels pour le choix des consommateurs et de limiter l'éventail des options disponibles.

4.3.2

Le CESE demande que soit définie conjointement avec toutes les parties prenantes une architecture commune ouverte et interactive, à l'image du projet «fret en ligne» (20).

4.3.3

Le CESE demande que la CE assure le contrôle de la bonne gestion des plateformes internet, suivant des critères objectifs prédéfinis et favorables au consommateur, sur la base du cadre réglementaire qu'il appelle de ses vœux.

4.4 Action 3: transparence des marchés de la livraison, services intégrés et normes de qualité

4.4.1

Les autorités douanières et postales, fiscales et financières, ainsi que le secteur commercial, doivent remédier à l'absence de cadre statistique détaillé et comparable concernant la chaîne d'opérations et d'acteurs concernés, depuis la commande en ligne jusqu'à la livraison transfrontalière de produits, en recueillant des données pertinentes, homogènes et comparables sur les flux transfrontaliers de colis auprès de tous les fournisseurs de services opérant sur le marché, sur la couverture du service universel et sur les modalités de retour et de traitement des réclamations.

4.4.2

La collecte de données doit s'effectuer de manière uniforme, sans imposer de nouvelles charges bureaucratiques et en évitant les doublons. La CE devrait évaluer l'opportunité et le coût d'une éventuelle assurance forfaitaire à prix modique sur les livraisons transnationales, liée à l'obtention d'un label européen de qualité.

4.5 Action 4: interopérabilité des activités de livraison de colis

4.5.1

Il est souhaitable que les opérateurs de services de livraison et les détaillants en ligne mettent au point volontairement des solutions permettant d'interconnecter les systèmes d'information et les interfaces ouvertes, avec un système de livraison et de retour efficace à un prix abordable en ce qui concerne le «dernier kilomètre».

4.5.2

Le CESE considère cependant que ces développements doivent s'effectuer sur la base de critères d'interopérabilité prédéfinis dans un cadre réglementaire commun.

4.6 Action 5: renforcement de la protection des consommateurs

4.6.1

Le CESE soutient l'initiative relative à l'attribution au CEN de mandats de normalisation, ainsi que celle consistant à adresser aux États membres des orientations en vue d'assurer la mise en œuvre complète et uniforme de la directive 2011/83/UE, et à encourager un recours accru aux mécanismes extrajudiciaires de règlement des litiges prévus par la directive REL 2013/11/UE.

4.6.2

Le CESE estime insuffisante la réponse apportée au problème des réclamations, qui se limite au fait que «les opérateurs de services de livraison, les détaillants en ligne et les associations de consommateurs assurent conjointement une meilleure coopération en ce qui concerne le traitement des réclamations et les systèmes de protection des consommateurs.» Le CESE juge cette coopération positive, pour autant qu'elle s'inscrive dans un cadre réglementaire commun.

Bruxelles, le 10 juillet 2014.

Le Président du Comité économique et social européen

Henri MALOSSE


(1) JO C 161 du 6.6.2013, p. 60.

(2) RLL: règlement des litiges en ligne, REL: directive sur la résolution extrajudiciaire des litiges.

(3) IMI: système d'information du marché intérieur.

(4) Comité européen de normalisation.

(5) MEMO-13-1151, CE.

(6) Enquête Eurobaromètre spécial 398: Marché intérieur — octobre 2013.

(7) COM(2011) 942 final, 11.1.2012.

(8) Eurostat, enquête sur les ménages 2009.

(9) JO C 161 du 6.6.2013, p. 60.

(10) COM(2013) 886 final.

(11) Étude mondiale UPS «Pulse of the Online Shopper», 2013.

(12) COM(2013) 886 final.

(13) WIK Consult, Rapport final 8/2013.

(14) Conseil Compétitivité — Conclusions sur la gouvernance du marché unique et du marché unique numérique, le 30.5.2012.

(15) Résolutions du PE du 4.2.2014 2013/2043(INI), du 11.12.2012 et du 4.7.2013.

(16) Résolution du PE du 4.2.2014.

(17) Voir note 1.

(18) Position commune UE & US pour le cycle de Doha — OMC, 2006.

(19) JO C 161 du 6.6.2013, p. 14.

(20) Le projet «fret en ligne» 2010-2014 du septième programme cadre de recherche, avec 31 partenaires issus de 14 pays, vise à mettre en réseau tous les acteurs des services logistiques, via des plateformes internet interactives et conviviales. L'une des recommandations formulées dans ce contexte est que la Commission européenne adopte dès que possible une directive ou une réglementation similaire garantissant que l'interface vers les guichets uniques nationaux mise en œuvre dès à présent utilise comme format d'entrée la norme CRS (Common Reporting Schema), développée dans le domaine du commerce électronique.


ANNEXE

à l'AVIS du Comité économique et social européen

L'amendement suivant, qui a recueilli plus du quart des suffrages exprimés, a été rejeté au cours des débats (article 39, paragraphe 2 du règlement intérieur):

Paragraphe 1.6

Modifier comme suit:

«Le CESE recommande à la Commission, au PE et au Conseil de veiller à ce que:

—

un le cadre réglementaire européen, y compris les directives postales, qui permette à tous les opérateurs du secteur d'accéder garantisse l'accès au marché unique de la livraison de colis et garantisse que l'accent soit notamment mis sur la question du caractère universel et du coût abordable de ces services, en particulier dans les zones périphériques, de montagne, insulaires et défavorisées; (...)».

Résultat du vote

Pour

:

35

Contre

:

67

Abstentions

:

10


Documents similaires

Avis institutionnel52014AB0092

Avis institutionnel — 52014AB0092

29/12/2014

Avis institutionnel52014AB0090

Avis institutionnel — 52014AB0090

22/12/2014

Avis institutionnel52014AB0091

Avis institutionnel — 52014AB0091

22/12/2014

Avis institutionnel52014AB0089

Avis institutionnel — 52014AB0089

19/12/2014

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →