| CELEX | 52014AE5991 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 18 février 2015 |
| 31.7.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 251/39 |
Avis du Comité économique et social européen sur le Livre vert «Tirer le meilleur parti du savoir-faire traditionnel de l’Europe: une possible extension de la protection de l’indication géographique de l’Union européenne aux produits non agricoles»
[COM(2014) 469 final]
(2015/C 251/08)
| Rapporteure: | Kathleen WALKER SHAW |
Le 1er octobre 2014, la Commission européenne a décidé, conformément à l’article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur le
Livre vert «Tirer le meilleur parti du savoir-faire traditionnel de l’Europe: une possible extension de la protection de l’indication géographique de l’Union européenne aux produits non agricoles»
[COM(2014) 469 final].
La section spécialisée «Marché unique, production et consommation», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 2 février 2015.
Lors de sa 505e session plénière des 18 et 19 février 2015 (séance du 18 février 2015), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 155 voix pour, 3 voix contre et 1 abstention.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE est favorable à l’extension de la protection des indications géographiques (IG) aux produits non agricoles dans le cadre d’un règlement commun au niveau de l’Union européenne. Il estime en effet qu’elle apportera une protection bénéfique et nécessaire aux entreprises qui ont démontré leur capacité à stimuler la croissance économique et l’innovation, ainsi qu’à fournir des emplois qualifiés et mieux rémunérés. |
| 1.2. | Le CESE recommande de soutenir, en tenant compte des résultats des analyses déjà entreprises, à la fois le système volontaire des indications géographiques et de l’obligation du marquage de l’origine sur les produits de consommation, prévue dans le train de mesures sur la sécurité des produits afin d’assurer une plus grande traçabilité, une transparence accrue et une meilleure information des consommateurs, ainsi que pour accorder aux producteurs une reconnaissance de la provenance de leurs produits dans l’ensemble de l’Union. |
| 1.3. | Dans la mesure du possible, ce système devrait suivre le modèle du cadre existant pour les produits agricoles et alimentaires, de manière à préserver l’uniformité des systèmes d’enregistrement, de protection, de surveillance et de contrôle du respect des règles, et afin d’éviter toute confusion pour les administrations et les consommateurs. Il convient également d’assurer le même niveau de protection et de garanties dont bénéficient les produits agro-alimentaires au titre de l’accord ADPIC. |
| 1.4. | De manière générale, les entreprises à forte intensité d’indications géographiques et d’autres droits de propriété intellectuelle investissent massivement dans des formations qualifiantes de haut niveau et devraient être aidées à protéger leurs produits et leur savoir-faire, en leur permettant d’orienter en priorité les investissements de manière positive vers des formations professionnelles et en faveur du développement de leur capital social plutôt que de les consacrer à leur défense en justice. |
| 1.5. | Le CESE estime qu’une procédure formelle d’enregistrement à l’échelon de l’UE est nécessaire. L’enregistrement devrait être valable pour une durée illimitée, afin de réduire les formalités bureaucratiques et les coûts. Il doit cependant faire l’objet d’un suivi et d’un contrôle permanents pour veiller à ce que les produits continuent à respecter les critères correspondant au statut octroyé. Il convient de prévoir également une procédure permettant la radiation du registre, le cas échéant. |
| 1.6. | La procédure d’enregistrement devrait être transparente, indépendante, gratuite et, de préférence, financée et gérée par les pouvoirs publics. S’il est décidé d’introduire une redevance, il importe que celle-ci reste à un niveau très faible afin d’éviter qu’elle soit un frein à l’enregistrement ou qu’elle soit répercutée sur les consommateurs. Le délai d’enregistrement devrait être bien circonscrit afin d’éviter les formalités interminables et l’incertitude tant pour les entreprises que pour les consommateurs; un délai de dix-huit mois semble raisonnable. Le CESE recommande que les suggestions des petites et moyennes entreprises (PME) visant à éviter des coûts supplémentaires contribuent à la définition des modalités d’application du système. |
| 1.7. | La protection de la provenance et le lien qu’elle implique avec un patrimoine, des traditions, un niveau de qualité, un cahier des charges, un artisanat et un savoir-faire sont des aspects importants. Un lien fort entre le produit et le lieu d’origine est indispensable. Le CESE estime que l’approche combinée de ce lien adoptée pour les produits agricoles, en l’occurrence, le système des appellations d’origine protégées (AOP) et celui plus souple des indications géographiques protégées (IGP), devrait permettre de couvrir l’ensemble des produits pour lesquels une protection est nécessaire. |
| 1.8. | Le CESE estime que le lien entre le système des indications géographiques pour les produits non agricoles et le droit des marques devrait être défini de la même façon que pour les produits agricoles actuellement, en veillant à une application uniforme pour tous les produits et en évitant les confusions. |
2. Historique et introduction
| 2.1. | Le Livre vert «Tirer le meilleur parti du savoir-faire traditionnel de l’Europe: une possible extension de la protection de l’indication géographique de l’Union européenne aux produits non agricoles» fait suite à l’étude publiée par la Commission en mars 2013 (1), qui estime que les instruments juridiques actuels à la disposition des producteurs aux niveaux national et européen sont insuffisants. Le 22 avril 2013, la Commission a organisé une audition publique afin de discuter des résultats de l’étude et d’offrir une plate-forme à un large débat sur la nécessité d’une protection plus efficace des IG des produits non agricoles au niveau de l’UE. À la lumière des résultats de l’étude et de l’audition publique, la Commission a décidé de poursuivre ses travaux d’analyse en publiant ce livre vert à des fins de consultation. |
| 2.2. | En septembre 2013, l’Office européen des brevets et l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins et modèles) ont produit une étude conjointe en coopération avec la Commission intitulée Intellectual property rights (IPR) intensive industries: contribution to economic performance and employment in the EU (Secteurs à forte intensité de droits de propriété intellectuelle: contribution aux résultats économiques et à l’emploi dans l’UE) (2). |
L’étude attire l’attention sur la valeur économique des industries à forte intensité de propriété intellectuelle (y compris les secteurs fortement concernés par les indications géographiques) sous l’angle de la production, des emplois, des salaires et du commerce, ainsi que sur leur contribution aux objectifs de la stratégie Europe 2020 pour l’emploi et la croissance. L’étude montre que les industries à forte intensité de propriété intellectuelle représentent plus de 26 % de l’emploi dans l’Union et 39 % de son activité économique. En outre, elles accordent généralement des salaires plus élevés, avec une prime de plus de 40 %.
| 2.3. | Lors du sommet européen de mars 2014, le président Barroso a présenté la communication «Pour une renaissance industrielle européenne» (3), qui a souligné à nouveau l’importance des industries à forte intensité de propriété intellectuelle et d’indication géographique pour la croissance économique durable de l’Union européenne et la nécessité, pour l’UE, d’aider ces industries. Il soulignait que nombre de ces entreprises ont enregistré une croissance et des performances supérieures à celles d’autres secteurs pendant la crise. |
| 2.4. | À l’heure actuelle, seuls les produits agricoles et les denrées alimentaires (vins, spiritueux) peuvent bénéficier de la protection unitaire accordée exclusivement au niveau de l’UE. Les indications géographiques de produits non agricoles ne sont protégées qu’au niveau national ou régional par l’intermédiaire de divers cadres juridiques nationaux. Ceux-ci n’ont pas fait l’objet d’une harmonisation entre les États membres. Il existe donc d’importantes différences entre les définitions, les procédures, les niveaux de protection et de mise en œuvre, ce qui n’est avantageux ni pour les entreprises ni pour les consommateurs. Les produits non agricoles sont toutefois couverts par les lois sur la concurrence déloyale ou la tromperie des consommateurs, mais encore une fois avec des différences entre les champs d’application et les approches. |
| 2.5. | De nombreuses entreprises produisant des produits non agricoles en faisant intervenir un niveau élevé de compétences artisanales et de savoir-faire traditionnels liés à un terroir fonctionnent dans un environnement international et éprouvent de plus en plus de difficultés pour protéger la qualité, l’authenticité et l’intégrité de leurs produits contre les étiquetages de mauvaise foi, les fraudes, les contrefaçons et les abus de marques déposées. En l’absence de protection unitaire, les entreprises et les consommateurs doivent compter sur des stratégies et des niveaux de protection dont la diversité à l’échelle de l’UE est source de confusion. De nombreuses entreprises trouvent cet état de fait coûteux et inefficace et consacrent des sommes considérables à se défendre au cas par cas, ce qui constitue une charge supplémentaire à la fois sur le plan financier et celui des ressources humaines. Les entreprises de l’UE ont appelé la Commission à étendre la protection des indications géographiques aux produits non agricoles. |
| 2.6. | Si les instruments nationaux de protection des indications géographiques combinés avec les lois sur la concurrence déloyale et la tromperie des consommateurs, qui existent dans tous les États membres de l’UE, assurent un certain niveau de protection pour les produits non agricoles, ils ont, dans la pratique, une portée limitée et de nombreuses entreprises se plaignent du fait qu’ils ne parviennent pas à offrir une protection efficace contre l’utilisation abusive des indications géographiques des produits non agricoles. |
3. Observations générales
| 3.1. | L’extension de la protection des indications géographiques aux produits non agricoles dans l’UE serait bénéfique à la fois pour les producteurs et les consommateurs. Il ne s’agit pas d’une mesure protectionniste. Elle permettra au contraire de garantir une concurrence loyale entre les producteurs, de les aider à protéger la qualité et l’intégrité de leurs produits et de leurs procédés artisanaux traditionnels (qui sont souvent hautement qualifiés) et, dans le même temps, de fournir aux consommateurs des informations fiables sur le lieu et/ou le mode de production ainsi qu’une garantie de l’authenticité et de la qualité du produit. |
| 3.2. | Le CESE estime que l’extension du système des indications géographiques aux produits non agricoles apportera des avantages économiques évidents pour l’UE. Il s’agit d’une occasion de promouvoir et de protéger le savoir-faire et les produits traditionnels ainsi que des qualifications de haut niveau, souvent développés par l’intermédiaire d’établissements de formation ou d’enseignement professionnels spécialisés, qui ont apporté la démonstration de leur capacité à créer des emplois stables et de qualité. La fourniture de garanties concernant la provenance et la qualité des produits renforcerait l’attrait de ceux-ci, aiderait à asseoir leur renommée et stimulerait les ventes. Un statut plus universellement reconnu pourrait également contribuer à la promotion du tourisme et l’accroissement des autres revenus liés à ces produits, ce qui apporterait des avantages économiques supplémentaires. Il offrirait par ailleurs une protection plus uniforme et plus efficace à l’échelle de l’UE contre les pertes causées par les contrefaçons et les imitations. |
| 3.3. | De nombreux produits non agricoles dont l’indication géographique jouit d’une large reconnaissance et d’une forte réputation dans l’ensemble de l’UE font régulièrement l’objet d’abus et d’imitations. Si certaines de ces sociétés ont mieux résisté à la crise que d’autres, le nombre des utilisations abusives de marques déposées, ainsi que des contrefaçons et imitations, s’est accru sous la pression de la crise. Des sociétés peu scrupuleuses ont cherché à se faire rapidement de l’argent en profitant du nom et de la réputation de produits de qualité titulaires d’une indication géographique, mais sans avoir aucun lien avec l’origine, la provenance, la qualité, le métier ou le savoir-faire allant de pair avec le produit. Ces comportements entraînent des pertes de recettes et de parts de marché pour les opérateurs légitimes et, le cas échéant, des atteintes à leur réputation et des frais de défense en justice supplémentaires. Les fabricants de produits tels que le cristal de Bohême, les costumes «bespoke» de Savile Row, le marbre de Carrare, le tweed Harris, la dentelle de Pag («Paška čipka»), les coucous de la Forêt noire («Schwarzwälder kuckucksuhr»), les céramiques de la Ceramica artistica e tradizionale di Vietri sul Mare ou de Deruta, les poteries de Stoke-on-Trent, les pierres et sculptures de Brač («Brački kamen») et les verres de Murano sont confrontés à un défi constant pour se protéger en lançant des campagnes, en déposant des marques et en engageant des actions en justice. L’extension des indications géographiques à de tels produits pourrait les aider à éviter cette constante et coûteuse lutte pour assurer leur défense en justice. |
| 3.4. | Une protection législative harmonisée calquée sur celle accordée au secteur de l’agriculture et de l’alimentation et compatible avec les cadres juridiques européens et internationaux en vigueur contribuera à la préservation du patrimoine culturel et artistique traditionnel incarné par de nombreux produits éligibles, ainsi qu’à la réduction des abus. La réduction des coûts encourus par les PME pour protéger la réputation de leurs produits en saisissant la justice leur permettra d’investir davantage dans l’innovation, le développement des produits et l’élargissement de leur marché. En outre, elle les dispensera d’augmenter les prix de leurs produits pour les consommateurs. |
| 3.5. | De nombreux consommateurs de produits porteurs d’une indication géographique sont des clients avertis qui les choisissent en connaissance de cause, parce qu’ils sont authentiques et représentent le fruit d’un artisanat de qualité. Ils sont en droit d’attendre que l’intégrité des produits, pour lesquels ils paient souvent un prix plus élevé, soit protégée. Une telle protection ne limite pas le choix ni la concurrence, parce que la protection des indications géographiques peut être accordée à toute entreprise qui satisfait aux critères de spécification du produit, de provenance, de qualité, de spécificité, de métier et de savoir-faire définissant le statut. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le CESE estime qu’un règlement unique au niveau de l’UE est nécessaire pour l’harmonisation des produits non agricoles protégés par une indication géographique. Les autres dispositifs de protection existants sont trop fragmentés, sources de confusion, coûteux et dépourvus d’efficacité pour permettre la survie d’un grand nombre d’entreprises de valeur, car celles-ci n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à une aussi grande diversité d’instances et de législations existant aux niveaux régional et national à travers l’UE. Une plus grande cohérence est de nature à aider les entreprises à survivre et à se développer, ainsi qu’à rendre leurs produits moins vulnérables aux abus. |
| 4.2. | Le CESE encourage la Commission à simplifier les procédures pour mener à bien cette extension en se rapprochant autant que possible du cadre juridique harmonisé en vigueur actuellement pour les produits alimentaires et agricoles, le cas échéant, en appliquant les meilleures pratiques et en tirant profit de l’expérience acquise grâce à l’établissement du système de protection dans le secteur agro-alimentaire, dans le cadre de l’instauration du système à appliquer aux produits non agricoles. Tout en admettant que certaines spécificités sectorielles peuvent nécessiter une approche différenciée, comme cela a été le cas pour les vins et spiritueux, la continuité d’application et une approche inclusive des produits à protéger dans les différents secteurs devrait être la règle générale. Les produits non agricoles doivent bénéficier des mêmes garanties et protections que celles accordées aux indications géographiques de produits agricoles au titre de l’accord ADPIC. Le CESE demande toutefois instamment à la Commission d’évaluer les possibilités d’amélioration de ces mesures de protection à la lumière de l’expérience acquise jusqu’à présent dans le cadre de l’application de l’accord sur les ADPIC, en particulier en ce qui concerne la clarté, la cohérence et la structure des systèmes de notification et d’enregistrement, ainsi que la cohérence de leur mise en œuvre. |
| 4.3. | Si le CESE comprend que le système des indications géographiques est une disposition facultative distincte de propositions actuelles relatives à l’indication d’origine obligatoire sur les produits de consommation fabriqués ou importés dans l’Union européenne contenues dans le paquet sur la sécurité des produits, il recommande que ces deux propositions soient adoptées pour fournir une plus grande traçabilité, une transparence accrue et une meilleure information pour les consommateurs, et afin d’accorder aux producteurs une reconnaissance de la provenance dans l’ensemble de l’UE. |
| 4.4. | Le CESE s’attend à ce que l’harmonisation de la protection des indications géographiques des produits non agricoles soit également bénéfique pour les relations commerciales de l’UE avec les pays tiers, car elle simplifiera les procédures et clarifiera le statut des produits bénéficiant de la protection automatique. Elle permettra une approche plus ciblée des négociations commerciales et facilitera la protection des produits européens de qualité, qui ont souvent une grande valeur à l’exportation. Cette protection renforcée aura également un effet dissuasif sur les personnes qui envisagent la contrefaçon ou l’utilisation abusive du prestige de ces produits. |
| 4.5. | La fabrication d’un grand nombre de produits porteurs d’indications géographiques exige un niveau de qualification extrêmement élevé. Les entreprises concernées ont massivement investi dans l’apprentissage des compétences et du savoir-faire au fil des générations. Un grand nombre d’entre elles disposent de programmes d’apprentissage et de formation continue bien établis et couronnés de succès visant à former des travailleurs hautement qualifiés disposant de qualifications très recherchées sur le marché. Le CESE estime que de telles entreprises doivent être soutenues dans le développement de ce capital social de grande valeur en les aidant à protéger leurs produits et leurs savoir-faire et en leur permettant d’orienter leurs investissements de manière positive vers des formations pour l’acquisition de qualifications plutôt que de les consacrer à des actions en justice. Les sociétés titulaires d’indications géographiques fournissent des emplois de qualité et des possibilités de formation à des personnes, dont l’apprentissage d’un métier a permis de mettre en valeur les talents. Le CESE reconnaît également la dépendance mutuelle entre de nombreuses écoles de formation professionnelle spécialisée et les producteurs de produits titulaires d’indications géographiques dans certains pays et régions, par exemple l’école de formation professionnelle des tailleurs de pierre de Brački Kamen. Certaines de ces sociétés sont établies dans les régions éloignées et qui connaissent un taux de chômage élevé, ce qui rend leur rôle sur le marché du travail encore plus important. |
| 4.6. | En ce qui concerne la détermination du lien avec un lieu donné, l’accent doit être mis sur la protection de la provenance et sur le lien que cela implique avec le patrimoine, la tradition, la qualité, les spécifications du produit, l’artisanat et le savoir-faire. Un lien fort entre le produit et le lieu d’origine est indispensable. Le CESE estime que les deux types d’approche de ce lien adoptées pour les produits agricoles, en l’occurrence, le système des appellations d’origine protégées (AOP) et celui plus souple des indications géographiques protégées (IGP), devraient permettre de couvrir l’ensemble des produits pour lesquels une protection est nécessaire. Tous les symboles reconnus dans le cadre de ce système devraient garantir un lien sans ambiguïté et une reconnaissance, de même qu’ils devraient satisfaire aux critères de l’indication géographique. Il importe également qu’ils soient uniformes dans l’ensemble de l’Europe pour éviter de semer la confusion chez les consommateurs et aider à asseoir leur reconnaissance. |
| 4.7. | Si le CESE admet que la qualité et l’origine ne sont pas nécessairement synonymes, il reconnaît que les produits bénéficiant d’une indication géographique ont une réputation fondée sur une valeur apportée aux clients, et que les éléments caractéristiques de la qualité sont souvent dans l’ADN de ces produits et peuvent être importants en ce qui concerne la définition et la protection d’un artisanat et d’un savoir-faire de qualité, ainsi que le contrôle et l’application des normes dans les différentes entreprises. De nombreux producteurs et associations défendant des produits porteurs d’une indication géographique ont déjà leurs propres critères de référence et contrôlent eux-mêmes leur respect parmi leurs membres afin de protéger l’intégrité de leurs produits. Toutefois, le CESE reconnaît que ces systèmes de surveillance volontaires et ces codes de conduite ne fonctionnent pas dans tous les États membres et doivent être complétés par des mécanismes formels de surveillance et de mise en œuvre au niveau national et au niveau de l’UE. Le CESE note qu’en raison de la crise et des mesures d’austérité, de nombreux organismes de surveillance et de contrôle ont fait l’objet de restrictions budgétaires et qu’il convient d’envisager des mesures en vue de garantir un suivi et une application efficaces. |
| 4.8. | Comme pour les produits agricoles, le CESE est d’avis qu’une procédure d’enregistrement formel est nécessaire. Celui-ci devrait être valable pour une durée illimitée afin de réduire les formalités bureaucratiques et les coûts. Il doit cependant faire l’objet d’un suivi et d’un contrôle permanents pour veiller à ce que les produits continuent à respecter les critères correspondant au statut octroyé. La procédure d’enregistrement devrait également comporter des dispositions relatives à la radiation du registre, dans les cas où les produits ne sont plus conformes aux normes ou ne sont plus fabriqués. Il y a lieu également d’établir une procédure d’opposition, laquelle devrait prévoir un droit de recours afin d’éviter les cas d’actions en opposition vexatoires. |
| 4.9. | Un dispositif en deux temps associant des autorités nationales avec une protection juridique et une surveillance au niveau de l’UE constituerait une solution intelligente. La procédure d’enregistrement devrait être transparente et indépendante, et, de préférence, financée et gérée par les pouvoirs publics. Le CESE constate qu’il n’existe actuellement aucune taxe d’enregistrement pour les produits agricoles et alimentaires. Par conséquent, le même principe devrait s’appliquer aux produits non agricoles. S’il est décidé d’introduire une redevance, il imposte que celle-ci reste à un niveau très faible, afin d’éviter qu’elle soit un frein à l’enregistrement ou qu’elle soit répercutée sur les consommateurs. Le délai d’enregistrement devrait être bien circonscrit afin d’éviter les formalités interminables et l’incertitude tant pour les entreprises que pour les consommateurs; un délai de dix-huit mois semble raisonnable. |
| 4.10. | Le CESE estime que le lien entre le système des indications géographiques pour les produits non agricoles et le droit des marques devrait être défini de la même façon que pour les produits agricoles actuellement, en veillant à une application uniforme pour tous les produits et en évitant les confusions, tout en tirant les enseignements de l’expérience acquise dans le cadre de son application dans ce secteur de manière à affiner le processus et à réduire au minimum les possibilités de litige. Le CESE note que la demande d’indication géographique protégée dans une région déterminée devrait être ouverte à toutes les entreprises qui y sont actives. |
Bruxelles, le 18 février 2015.
Le Président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) http://ec.europa.eu/internal_market/indprop/docs/geo-indications/130322_geo-indications-non-agri-study_en.pdf
(2) http://ec.europa.eu/internal_market/intellectual-property/docs/joint-report-epo-ohim-final-version_en.pdf
(3) COM(2014) 14 final.
Avis institutionnel — 52015AB0058
23/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: position (UE) n° 16/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption de la directive du Parlement européen et du Conseil rapprochant les législations des États membres sur les marques
22/12/2015
Avis institutionnel — 52015AB0056
18/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: Position (UE) n° 15/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 207/2009 du Conseil sur la marque communautaire et le règlement (CE) n° 2868/95 de la Commission portant modalités d'application du règlement (CE) n° 40/94 du Conseil sur la marque communautaire, et abrogeant le règlement (CE) n° 2869/95 de la Commission relatif aux taxes à payer à l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins, et modèles)
18/12/2015