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AccueilDroit européen52014AR4084
Avis institutionnel52014AR4084

Avis du Comité européen des régions — Les possibilités d’utilisation efficace des ressources dans le secteur de la construction

CELEX52014AR4084
TypeAvis institutionnel
Datevendredi 17 avril 2015

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne le potentiel du secteur de la construction pour améliorer l'efficacité des ressources et promouvoir l'économie circulaire, notamment via la rénovation énergétique des bâtiments et la réduction des déchets. Il appelle à une meilleure coordination des politiques européennes, nationales et locales pour soutenir l'innovation, la formation et les marchés publics durables. Cet avis invite les collectivités territoriales françaises à intégrer ces objectifs dans leurs stratégies d'aménagement et de développement local.

Texte intégral

12.6.2015

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 195/36


Avis du Comité européen des régions — Les possibilités d’utilisation efficace des ressources dans le secteur de la construction

(2015/C 195/06)

Rapporteur

:

Csaba BORBOLY, président du conseil régional d’Harghita (Roumanie/PPE)

Texte de référence

:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité européen des régions sur les possibilités d’utilisation efficace des ressources dans le secteur de la construction, COM(2014) 0445 final

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,

1.

soutient pleinement la tentative de la Commission européenne visant à développer des objectifs et des indicateurs communs qui puissent servir de base à des normes européennes communes en matière d’efficacité des ressources dans le secteur de la construction afin d’accroître la coordination entre les différents domaines politiques et la cohérence. Les collectivités locales et régionales sont des partenaires clefs dans la promotion d’une plus grande efficacité des ressources, étant donné qu’elle contribue au développement durable grâce aux répercussions favorables qu’elle entraîne sur l’environnement, le climat, l’économie et la société. De même, ces entités peuvent utiliser des instruments tels que les marchés publics verts, et stimuler ainsi le marché des produits réalisés à partir de déchets de construction et de démolition;

2.

se déclare dès lors préoccupé par le fait que la Commission ne mentionne nulle part dans sa communication le rôle des collectivités locales et régionales, bien qu’il ait attiré l’attention sur cet aspect dans des avis sur des sujets similaires; souligne le rôle central des collectivités locales et régionales en tant qu’investisseurs, notamment dans le secteur de la construction, mais également en ce qui concerne les marchés publics, la mise en œuvre de la législation européenne et nationale sur les bâtiments, le soutien aux entreprises locales et à l’innovation, ainsi que l’information des investisseurs et de l’opinion publique en général; demande dès lors à la Commission d’analyser la manière dont le Comité des régions et les collectivités locales et régionales peuvent être associés aux consultations qui doivent découler de la communication;

3.

souligne que compte tenu de l’ampleur et de la complexité de la question des constructions durables sur le plan politique, les interventions doivent être fondées sur une approche holistique qui tienne compte de tous les aspects concernant les besoins et les préoccupations des personnes, des communautés et des institutions qui en bénéficieront. Il y a lieu de considérer les spécificités locales et les avantages pour l’économie locale comme étant des aspects importants de la durabilité, par exemple — sans préjudice du principe essentiel de la libre circulation — en promouvant l’utilisation de matériaux de construction locaux qui sont souvent considérés comme les plus efficaces et qui peuvent avoir des effets positifs sur l’économie locale;

A. Problèmes fondamentaux

4.

juge inacceptable que les déchets de construction et de démolition recyclables des bâtiments tertiaires soient placés dans des décharges sans évaluation préalable de la viabilité économique de leur collecte et de leur recyclage. Le Comité estime qu’il y a lieu de faire de la fermeture du circuit du recyclage une priorité, par exemple en fixant des objectifs spécifiques pour chaque catégorie de déchets, en prévoyant des règles impératives concernant l’audit, le démantèlement et le tri des déchets de construction et de démolition avant toute démolition ou rénovation de bâtiments tertiaires, comme le prévoient déjà certaines législations régionales ou locales;

5.

considère que «l’écologisation» (à savoir une conduite des opérations plus respectueuse de l’environnement) du secteur de la construction suppose que les pouvoirs publics instaurent un cadre qui permette aux clients, aux entrepreneurs et aux promoteurs du secteur de la construction d’envisager une transition vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, car la phase de construction revêt une importance cruciale pour la performance environnementale d’un bâtiment tout au long de son cycle de vie. Cette transition ne se produira pas aussi rapidement que l’on pourrait le supposer, du fait de l’absence non seulement d’indicateurs et de normes communs à toute l’UE, mais aussi de modèles d’entreprise économiquement viables susceptibles d’opter pour des techniques et des matériaux de construction plus écologiques et plus efficaces dans l’utilisation des ressources par rapport à la situation actuelle;

6.

estime nécessaire de préciser que les matériaux issus de la démolition peuvent provenir tant de la démolition complète du bâtiment que de sa réhabilitation et qu’il convient dès lors de souligner que la notion de démolition inclut la démolition partielle de l’immeuble qui a lieu lors de la réhabilitation. Dans la plupart des régions, le total des déchets résultant de la réhabilitation est supérieur au volume de ceux qui proviennent de la démolition complète des bâtiments;

7.

félicite la Commission européenne de son intention d’encourager le marché du recyclage des déchets de construction et de démolition en accordant un soutien plus affirmé aux projets de recherche et de démonstration Ce type de projets, notamment dans le cadre du programme Horizon 2020 et en collaboration étroite avec les États membres, devrait avoir pour but de développer des solutions visant à renforcer l’attractivité économique du recyclage. Par ailleurs, le Comité des régions est favorable à la mise en place d’instruments qui soutiennent la pénétration sur le marché de matériaux secondaires obtenus à partir de déchets de construction et de démolition;

B. Les collectivités locales et régionales et le soutien à la politique de l’efficacité des ressources

8.

considère que, du point de vue des collectivités locales et régionales dans toute l’Union, la priorité est de s’efforcer de développer des indicateurs communs indispensables à l’élaboration de normes et d’objectifs communs, afin de rendre le secteur de la construction plus écologique. Il est de l’intérêt des collectivités locales et régionales de souligner l’importance des défis écologiques et économiques auxquels est confronté le processus d’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des ressources dans le secteur de la construction;

9.

souligne dans ce contexte que les collectivités locales et régionales jouent déjà un rôle important dans la promotion des bâtiments durables moyennant un faible coût, voire sans coût supplémentaire, grâce aux codes locaux et régionaux du bâtiment. Les bonnes pratiques découlant de la mise en œuvre de ces codes, telles que les exigences minimales en matière de niveaux minimaux de lumière du jour, d’efficacité énergétique ou de matériaux de construction pourraient contribuer de manière considérable à promouvoir des bâtiments véritablement durables en Europe et doivent dès lors être encouragées;

10.

rappelle que les pouvoirs locaux et régionaux jouent dans le domaine de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments un rôle de premier plan dans les limites de leur responsabilité, qu’ils sont en mesure de développer les mesures adéquates et de mettre en œuvre des stratégies en faveur de l’utilisation efficace des ressources en analysant attentivement les particularités et les aspects locaux;

11.

invite les collectivités locales et régionales à recourir à des outils et à des pratiques d’aménagement du territoire et d’aménagement urbain lorsqu’elles élaborent la politique relative aux bâtiments durables. Les aspects relatifs à l’énergie renouvelable, à l’efficacité énergétique, à la gestion des déchets ainsi qu’à l’exploitation et à l’entretien devraient également être pris en compte;

12.

invite dans ce contexte les collectivités territoriales à adopter une approche globale qui tienne compte de l’intégralité du cycle de vie des bâtiments, comprenant les matériaux de construction, la conception et la construction d’un bâtiment, son entretien et sa rénovation en vue de promouvoir une utilisation plus efficace des matériaux, de l’énergie et de l’eau, et une meilleure gestion des déchets;

13.

juge extrêmement importants les efforts déployés jusqu’ici par les collectivités locales et régionales d’Europe, comme par exemple la stratégie d’efficacité énergétique de la région d’Émilie-Romagne et le Plan Climat «Énergie — Haut-Adige 2050» de la province autonome de Bolzano, les programmes qui identifient la technologie et l’approche nouvelle fondée sur l’architecture traditionnelle locale du département (județ) de Harghita, les activités d’innovation de la ville de Rakvere, en Estonie, ou encore celles de la communauté locale d’Anavra, dans la commune d’Almyros (préfecture de Magnésie, en Grèce) — ces initiatives, comme d’autres du même genre, sont remarquables dans le domaine de l’efficacité des ressources et de la construction durable;

14.

note que les activités industrielles relatives aux matériaux de construction et provenant du secteur de la construction verte et de la démolition devraient créer de nombreux emplois. L’élaboration, au niveau régional et local, de plans d’action portant sur ces activités, assortis d’une utilisation appropriée du capital humain, contribuera considérablement à la réalisation des objectifs relatifs à l’utilisation efficace des ressources;

15.

est d’avis qu’une initiative comme la Convention des maires pourrait être utile pour relever également le défi de l’efficacité des ressources. Le Comité est fermement convaincu que dès que des objectifs politiques concrets en matière d’efficacité énergétique dans l’UE auront été approuvés, il y aura lieu de rechercher des solutions adéquates dans ce domaine;

16.

rappelle également que l’utilisation des ressources dépend en grande partie des décisions ayant trait à la conception et du choix des matériaux de construction. Ainsi, comme le souligne la Commission, afin de contribuer à la réalisation de gains d’efficacité dans l’utilisation des ressources, les ingénieurs, les concepteurs, les constructeurs, les entrepreneurs, les autorités et les utilisateurs finaux doivent disposer d’informations fiables et utilisables sur lesquelles étayer des décisions qui soient axées sur la planification durable. Cela étant, et comme les collectivités locales et régionales sont, parmi les organes qui délivrent les autorisations, celles qui sont les plus proches de toutes les parties prenantes, c’est à elles qu’il revient d’élaborer des séances d’information spécifiques destinées à sensibiliser l’opinion publique, ainsi que des politiques et des mécanismes de soutien et d’encouragement à l’utilisation de ces ressources, disposant à cette fin de lignes de financement de fonds européens. Ces politiques doivent s’inscrire dans une approche européenne commune en matière de calcul de la performance environnementale des bâtiments, qui englobe tous les indicateurs-clefs définis;

17.

invite la Commission à associer activement les collectivités locales et régionales à l’élaboration d’un cadre doté d’indicateurs clés destiné à évaluer les performances environnementales des bâtiments tout au long de leur cycle de vie. Les collectivités locales et régionales devraient être consultées et associées à l’élaboration de ces indicateurs tout au long de l’intégralité du processus;

18.

insiste sur le fait que les collectivités locales et régionales jouent un rôle important non seulement en tant que niveau politique réalisant certains investissements financiers dans des bâtiments durables, mais également en tant que propriétaires de bâtiments et de logements publics ou de réseaux d’infrastructures d’utilité publique;

19.

souligne à nouveau son opposition au système de conditionnalité macroéconomique qui permet de sanctionner un État membre qui ne remplit pas ses obligations au titre de la législation européenne (par exemple relatives aux objectifs en matière de déchets ou d’efficacité énergétique) en lui refusant tout ou partie des financements provenant des Fonds structurels et d’investissement (fonds ESI) , car ce système risque de pénaliser les collectivités locales et régionales sans tenir compte de l’ampleur de leur contribution aux objectifs politiques;

20.

invite les collectivités locales et régionales à renforcer la coopération dans le cadre des marchés publics, et à contribuer ainsi à l’amélioration du contexte local et régional pour la réalisation des objectifs ambitieux de l’UE en matière de bâtiments durables;

C. Définitions, indicateurs, recherche-développement

21.

rappelle que l’industrie de la construction est un instrument, et que des bâtiments peuvent avoir des incidences à la fois positives et négatives dans un contexte urbanistique, architectural, social, économique et environnemental particulier. Il convient d’accorder une attention spécifique au problème de la durabilité dans ce cadre complexe d’interconnexions;

22.

rappelle que les caractéristiques techniques et de performance de certains matériaux de construction connaissent une mutation rapide après leur fabrication et que ce processus se poursuit dans certains cas même après leur utilisation dans le cadre d’une construction. Il est en ce sens particulièrement important d’analyser si, après des démolitions, ces matériaux sont aptes à être réutilisés, et à quelles conditions, et de se pencher sur l’opportunité de mettre en place des systèmes de certification distincts pour ce type de matériaux;

23.

attire toutefois l’attention sur la nécessité de poursuivre la recherche dans le domaine de l’entretien et de la maintenance des bâtiments et des installations correspondantes, comme une possibilité d’en prolonger le cycle de vie. Plus concrètement, il conviendrait d’encourager l’octroi de contrats aux sociétés de services énergétiques pour l’approvisionnement en énergie, l’amélioration et la maintenance des installations;

24.

souligne que l’utilisation à grande échelle des matériaux de construction issus de la démolition, par exemple dans la construction de routes, doit être traitée comme un domaine de recherche de première importance. Beaucoup de matériaux de construction contiennent en effet de nombreux composants nocifs, dangereux et contaminants, et ni l’évaluation de leur impact, ni, le cas échéant, la réduction des risques qui en découlent pour l’environnement et la santé humaine ne sont actuellement des questions résolues;

25.

considère que la redécouverte des techniques et des matériaux de construction traditionnels peut présenter un potentiel considérable pour le secteur européen de la construction: ils constituent souvent des modèles s’agissant de la manière dont les ressources locales peuvent être utilisées au service de solutions efficaces et adaptées aux conditions locales, dès lors qu’ils ne donnent pas lieu, pour ce qui est de l’utilisation des sols, à l’ouverture de nouvelles carrières, lorsque celles-ci ne s’inscrivent pas dans un contexte homogène;

26.

rappelle que la question de savoir si la réhabilitation de bâtiments existants est une solution appropriée dans tous les cas mérite d’être analysée: les constructions existantes dans de nombreuses régions d’Europe, notamment les bâtiments commerciaux, résidentiels et publics, ne peuvent être rénovées en vue d’offrir un niveau de confort adéquat qu’au prix d’investissements considérables. Ces situations attirent l’attention sur le fait que, même si la réhabilitation de bâtiments existants constitue toujours, du point de vue de l’utilisation efficace des ressources de chaque bâtiment pris individuellement, une meilleure solution que leur démolition ou la construction de bâtiments neufs, la valeur esthétique, architecturale et sociale d’une construction neuve est parfois bien plus importante, particulièrement du point de vue de l’utilisateur. Dès lors, pour savoir si la réhabilitation de bâtiments existants constitue une solution appropriée, il convient de prendre également en compte, outre les aspects purement techniques, les considérations architecturales, sociales, économiques et environnementales et de tenir compte du point de vue des utilisateurs;

27.

rappelle également que la construction durable recèle un énorme potentiel de création d’emplois, en particulier dans un secteur économique aussi touché par la crise que celui de la construction. Avec un soutien et une formation adéquate aux nouvelles méthodes de construction écologique, de nombreux chômeurs du secteur pourraient réintégrer le monde du travail;

28.

recommande que les matières premières renouvelables, de préférence locales ou indigènes soumises à des mécanismes de traçabilité, soient explicitement prises en compte dans l’élaboration des critères uniformes destinés, en tant qu’indicateurs clés, à évaluer la performance environnementale des bâtiments. Il est affirmé que le recours à ces matières premières peut contribuer dans une mesure appréciable à économiser les ressources dans le domaine du bâtiment, étant entendu que leurs utilisations possibles en la matière ne se limitent pas à la construction, par exemple dans le cas des bâtiments à ossature de bois, ou à l’isolation mais peuvent également s’étendre à l’aménagement intérieur, pour les sols, les cloisonnages ou les revêtements de surface. Cette observation s’applique tout particulièrement lorsque lesdites matières premières renouvelables sont exploitées en cascade, c’est-à-dire lorsqu’il en est tiré parti à plusieurs reprises, à différentes stades. De même, elles peuvent se substituer à des sources d’énergie fossiles pour chauffer des immeubles et réduire ainsi l’empreinte environnementale;

29.

attire l’attention sur le fait qu’en ce qui concerne les constructions, le document de la Commission ne fait pas mention de l’utilisation des énergies renouvelables, en dépit de la contribution évidente qu’elles apportent à la nature durable d’un bâtiment. Les dispositifs thermosolaires, photovoltaïques et éoliens intégrés aux bâtiments, ainsi que le recours à la biomasse pour assurer leur chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire peuvent contribuer considérablement à atténuer l’impact environnemental et ce tout au long du cycle de vie, particulièrement en ce qui concerne les émissions de dioxyde de carbone. Il convient également de mentionner d’autres technologies telles que la géothermie, les possibilités de production centralisée, pour des infrastructures de chauffage et de refroidissement urbains efficaces qui utilisent les sources d’énergie renouvelables, la chaleur résiduelle ou la cogénération à haut rendement. Pour que l’analyse soit correcte, il importe de prendre aussi en compte les matériaux et l’énergie utilisés dans la production des unités de courant et d’énergie;

30.

estime qu’il convient au plus vite de clarifier et de définir uniformément au niveau de l’UE plusieurs concepts souvent utilisés comme des synonymes: «maison passive», «maison verte», «maison durable», «maison économe en énergie» ou encore «maison à consommation d’énergie quasi nulle». Il est urgent que des progrès soient enregistrés grâce à des initiatives et des consultations appropriées relevant de la R&D, car ces définitions formeront le socle des futures normes et des mesures politiques communes dans ce domaine;

31.

souligne que sur la base des recherches, outre la réutilisation des métaux et du verre, traitée en détails dans la communication, les recherches mettent en évidence des données intéressantes concernant le béton et le bois. En tant que matériaux de construction, le béton et le bois disposent de propriétés favorables à la réutilisation, sont d’une sélection aisée et simples à recycler et/ou utiliser. Les analyses réalisées aux niveaux régional et local concernant leur réutilisation doivent donc être prioritaires;

32.

estime que s’agissant de l’utilisation du bois ou d’autres matériaux de construction naturels, il y a lieu de ne pas perdre de vue que les besoins croissants de l’industrie de la construction entraîneront des changements directs ou indirects en matière d’utilisation des sols et d’écosystèmes. Il importe à cet égard d’éviter de répéter dans ce secteur les erreurs commises par le passé dans le cadre de la production de biomasse à des fins énergétiques et d’analyser en détail les changements en matière d’utilisation des sols et d’écosystèmes, et de prendre ceux-ci en compte lors du développement d’objectifs et d’indicateurs communs concernant l’efficacité des ressources dans le secteur de la construction;

33.

propose de prévoir, dans le cadre de la formation des ingénieurs, des architectes et des économistes, en plus des procédures d’utilisation efficace des ressources, des pratiques visant à réduire le supplément d’utilisation de matériaux et de production de déchets découlant des changements du plan initial;

34.

considère, dans le cadre de l’utilisation efficace des ressources et plus particulièrement dans le cas du recyclage des déchets de construction et de démolition, qu’il convient de prendre aussi en compte les coûts et l’incidence de la sélection et du transport. À cette fin, des procédures d’analyse bien standardisées sont nécessaires et les processus politiques et de R&D doivent également intégrer la comparaison des possibilités conditionnées par le transport et les capacités de recyclage in situ ou locales;

D. Gouvernance, partenariat, transfert de connaissances

35.

se félicite du fait que la communication insiste clairement sur le rôle important qui échoit à l’échange des meilleures pratiques parmi les mesures envisagées. À cet égard, il importe que les projets de collaboration entre groupes de régions partageant des particularités similaires soient prioritaires. Dans ce domaine, il n’est pas envisageable d’opter pour une meilleure pratique ou une approche de mise en œuvre uniques: les acteurs régionaux et locaux doivent apprendre les uns des autres quelles sont les solutions les mieux adaptées et la mise en commun des connaissances locales des différentes régions pourrait s’accompagner d’une valeur ajoutée accrue;

36.

souligne que de nombreuses collectivités territoriales ont observé que les États membres considèrent les instances mises en place dans le cadre de la réglementation sur l’efficacité énergétique de manière purement formelle, comme un dispositif étranger à la culture de conception de la région ou du pays concerné. Le Comité des régions préconise dès lors que soit élaboré un genre de rapport intermédiaire sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la directive sur l’efficacité énergétique, sans créer de nouvelles obligations en matière de rapports pour les autorités locales et régionales, mais en les associant sur une base volontaire à l’élaboration de ce rapport;

37.

rappelle que plusieurs régions ne disposent pas des connaissances ni des compétences adéquates, ce qui peut se traduire, surtout dans les régions peu développées, par un renforcement du retard technologique par rapport aux régions développées. Pour apporter une solution à ce problème, ces régions doivent aussi être encadrées par les mécanismes de collaboration axés plus spécifiquement sur les difficultés liées au transfert de connaissances. Il convient de se pencher sur la possibilité d’optimiser le transfert de connaissances en matière de conception et concernant les matériaux de construction vers les régions dont les compétences sont inadéquates;

E. Mécanisme de compensation

38.

considère que les dirigeants politiques devraient être conscients que la transformation éventuelle du secteur bâti suppose une volonté politique et un leadership fort aux niveaux supérieurs de l’administration locale et régionale; ces derniers ne peuvent ignorer les problèmes des budgets opérationnels locaux et régionaux, lesquels sont toujours limités et n’offrent que très peu de marge pour les investissements dans l’amélioration des bâtiments, même s’ils ont un très bon rendement et s’ils sont rapidement amortis;

39.

fait observer les avantages non seulement environnementaux, mais également économiques et sociaux des bâtiments durables, comparés à leurs coûts de construction et de maintenance, et souligne que, sur la base des données issues de l’analyse de marché à laquelle se réfère la Commission, les coûts de l’investissement dans la construction dite «verte» ne dépassent que de quelques pourcents ceux qui prévalent dans la construction traditionnelle;

40.

estime qu’il est important d’accorder une attention particulière aux problèmes spécifiques des régions rurales et des villes petites et moyennes: il importe de tenir compte des caractéristiques qui leur sont propres dans la définition des normes, des objectifs et des autres mesures de mise en œuvre afin d’éviter qu’elles soient pénalisées de manière disproportionnée ou de leur permettre de bénéficier de compensations lorsque cela est nécessaire. Par conséquent, il conviendrait de rebaptiser la priorité en matière de recherche «Villes intelligentes à l’horizon 2020» en «Villes et régions intelligentes», et de la compléter par une autre, nouvelle, intitulée «Régions et villes rurales intelligentes».

Bruxelles, le 17 avril 2015.

Le président du Comité européen des régions

Markku MARKKULA


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