| CELEX | 52014IE0625 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 15 octobre 2014 |
| 15.1.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 12/10 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Les femmes dans la science»
(avis d’initiative)
(2015/C 012/02)
| Rapporteure: | Mme VAREIKYTĖ |
Le 22 janvier 2014, le Comité économique et social européen a décidé, conformément à l'article 29, paragraphe 2, de son règlement intérieur, d'élaborer un avis d'initiative sur le thème:
«Les femmes dans la science»
(avis d'initiative).
La section spécialisée «Emploi, affaires sociales, citoyenneté», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 30 septembre 2014.
Lors de sa 502e session plénière des 15 et 16 octobre 2014 (séance du 15 octobre 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 169 voix pour, 1 voix contre et 4 abstentions.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1 | L'avenir de l'Union européenne dépend de la recherche et de l'innovation, et l'Europe a besoin d'ici à 2020 d'un million de chercheurs supplémentaire pour demeurer concurrentielle sur la scène internationale. La recherche pourrait aussi créer 3,7 millions d'emplois et accroître le PIB de l'UE de 795 milliards d'euros d'ici 2025 si l'objectif d'investir 3 % du PIB de l'UE dans la R&D était atteint d'ici 2020 (1). |
| 1.2 | La promotion de l'égalité, et notamment de l'égalité des chances entre les femmes et les hommes, est un engagement de l'UE dans toutes ses politiques, y compris la recherche et l'innovation (R&I). Les données disponibles à l'échelon européen montrent qu'il existe un déséquilibre frappant entre les femmes et les hommes dans le secteur de la recherche en Europe (2). |
| 1.3 | L'équilibre entre les sexes est crucial pour le bon fonctionnement d'un système de recherche. Pour atteindre leurs objectifs en matière de politique de recherche, les États membres et l'UE dans son ensemble doivent mobiliser toutes les ressources humaines à leur disposition. |
À l'attention de la Commission européenne:
| 1.4 | Le Comité invite instamment la Commission européenne à proposer une recommandation aux États membres comportant des lignes directrices communes en matière de changement institutionnel visant à promouvoir l'égalité hommes-femmes dans les universités et les instituts de recherche, comme annoncé dans sa communication de 2012 relative à l'Espace européen de la recherche (EER). |
| 1.5 | La recommandation devrait encourager les États membres à éliminer les barrières juridiques et autres au recrutement, au maintien et à l'évolution de carrière des chercheurs femmes, à corriger les déséquilibres dans les processus décisionnels et à renforcer la dimension hommes-femmes dans les programmes de recherche. |
| 1.6 | Le Comité appelle également la Commission à poursuivre l'élaboration et la mise en œuvre des programmes de sensibilisation visant à attirer davantage d'étudiantes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques et davantage de femmes dans la recherche. |
| 1.7 | Il convient de garantir une coopération plus étroite entre les directions générales concernées de la Commission, à savoir la DG Éducation et culture et la DG Recherche et innovation. |
| 1.8 | Le Comité préconise en outre de collecter et de diffuser des données et des statistiques ventilées par sexe en matière de recherche et d'innovation dans le cadre d'Eurostat. |
À l'attention des États membres:
| 1.9 | Les États membres devraient s'efforcer d'améliorer leurs cadres juridiques et politiques en faveur de l'égalité entre les sexes dans la recherche, en se fondant sur les recommandations formulées dans la communication sur l'EER et le programme Horizon 2020. |
| 1.10 | Le Comité invite instamment les États membres à porter leurs dépenses en matière de recherche et développement à 3 % du PIB, niveau fixé par la stratégie Europe 2020. |
| 1.11 | Les États membres devraient également recourir aux Fonds structurels européens et aux autres régimes de financement afin de contribuer aux initiatives institutionnelles en faveur du changement, conformément à la communication sur l'EER. |
| 1.12 | L'évaluation, l'accréditation et le financement des instituts et organismes de recherche devraient être liés à leurs résultats en matière d'égalité entre les sexes. |
| 1.13 | Les États membres, leurs établissements respectifs de recherche et d'enseignement, publics ou privés, et les partenaires sociaux devraient chercher ensemble des moyens de garantir l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée en concevant et en menant des politiques favorables aux familles qui s'adressent à la fois aux chercheurs de sexe masculin et de sexe féminin. |
| 1.14 | Les États membres devraient dès lors soutenir et renforcer le dialogue entre les organismes de recherche, les entreprises et les partenaires sociaux concernés. |
À l'attention des acteurs de la recherche:
| 1.15 | Le CESE invite les institutions de recherche et les universités à garantir une représentation équilibrée des sexes au sein de leurs organes de décision, de sélection et d'autres services importants. |
| 1.16 | Les efforts en faveur de l'égalité hommes-femmes doivent être intégrés aux processus de planification des institutions de recherche et des universités et de leurs départements respectifs. |
| 1.17 | Le Comité appelle à renforcer le dialogue avec les éditeurs et directeurs de publications scientifiques afin de supprimer toute discrimination fondée sur le sexe et d'augmenter les contributions des scientifiques de sexe féminin aux publications, éditoriaux, revues et articles scientifiques. |
2. Aperçu de la situation actuelle (3)
| 2.1 | En 2005, le Conseil européen s'est fixé comme objectif de parvenir à ce que, dans le secteur public, 25 % des postes dirigeants dans le domaine de la recherche soient occupés par des femmes. Toutefois, le déséquilibre entre hommes et femmes dans la prise de décision persiste: en 2010, seuls 15,5 % des dirigeants d'institutions de recherche et 10 % des recteurs d'établissements d’enseignement supérieur étaient des femmes. |
| 2.2 | La ségrégation horizontale persiste dans différents secteurs économiques et scientifiques. La proportion de femmes parmi les chercheurs est plus élevée dans l'enseignement supérieur et le secteur public que dans les entreprises. Dans l'UE, c'est en sciences humaines et sociales que la proportion de femmes parmi les professeurs (grade A) est la plus élevée (28,4 % et 19,4 % respectivement) et dans le domaine de l'ingénierie et des technologies que leur part est la plus faible (7,9 %). |
| 2.3 | De même, la carrière universitaire des femmes reste marquée par une forte ségrégation verticale. En 2010, la proportion d'étudiantes (55 %) et de diplômées (59 %) dépassait celle de leurs homologues masculins, mais ces derniers étaient en revanche plus nombreux parmi les étudiants de 3e cycle et les titulaires d'un doctorat (la proportion des étudiantes en doctorat baissant à 49 % et celle des titulaires d'un doctorat à 46 %). Par ailleurs, les femmes représentaient 44 % du personnel universitaire de grade C, 37 % des effectifs de grade B, et seulement 20 % de ceux de grade A. La sous-représentation des femmes est plus flagrante encore en sciences et en ingénierie, où elles constituent 33 % seulement du personnel universitaire de grade C, 23 % de celui de grade B et à peine 11 % de celui de grade A (4). |
| 2.4 | Trouver le juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un élément clef pour parvenir à l'égalité hommes-femmes. Ce n'est pas seulement un «plafond de verre», mais un «mur maternel» qui freine les chercheuses dans la progression de leur carrière, les femmes assurant encore la plupart des tâches de soins et de tâches domestiques. |
| 2.5 | Parmi les autres barrières et contraintes importantes qui entravent le recrutement, le maintien et la promotion des femmes dans le système scientifique européen, l'on mentionnera le manque de démocratie et de transparence dans les processus de recrutement et de promotion, les préjugés sexistes dans l'évaluation des performances, l'opacité des organes décisionnels et la persistance de stéréotypes concernant le rapport des filles et des femmes à la science. Les institutions de recherche européennes doivent encore procéder à une modernisation substantielle afin de se doter des conditions structurelles propices à l'égalité des chances pour les hommes et les femmes. |
3. Avantages d'un équilibre hommes-femmes dans la science et l'innovation
| 3.1 | La recherche et l'innovation sont les moteurs clefs de la croissance économique de l'Europe, et l'Europe a besoin d'un million de chercheurs supplémentaire pour demeurer concurrentielle sur la scène internationale. Non seulement la recherche et l'innovation sont des conditions indispensables pour que l'UE devienne une société de la connaissance, mais elles pourraient aussi créer 3,7 millions d'emplois et accroître le PIB de l'UE de 795 milliards d'euros d'ici 2025 si l'objectif d'investir 3 % du PIB de l'UE dans la R&D était atteint d'ici 2020 (5). |
| 3.2 | L'équilibre entre les sexes est crucial pour le bon fonctionnement d'un système de recherche. Pour atteindre leurs objectifs en matière de politique de recherche, les États membres et l'UE dans son ensemble doivent mobiliser tout le capital humain à leur disposition en termes de talents et de ressources. Exploiter tout le potentiel des femmes en matière de compétences, de connaissances et de qualifications contribuera à stimuler la croissance, l'emploi et la compétitivité en Europe, qui sont les moteurs essentiels d'une économie prospère. |
| 3.3 | Si l'on veut que la recherche de haut niveau soit importante pour la société, il convient d'envisager un certain nombre de solutions. Le meilleur moyen d'y parvenir est de veiller à ce que les communautés scientifiques soient ouvertes à des personnes de divers horizons et soient en mesure de poursuivre une collaboration inter et intradisciplinaire. La recherche et l'éducation font partie intégrante de l'élaboration des politiques et de l'administration publique, et apportent davantage de sens critique, de diversité et d'ouverture au débat public (6). |
| 3.4 | Le recrutement d'un plus grand nombre de femmes dans le secteur de la recherche peut accroître les ressources en connaissances, améliorer la qualité de la production de connaissances et renforcer la vigueur et la compétitivité du secteur. Des études montrent que les groupes de recherche hétérogènes sont plus solides et plus innovants que les groupes homogènes (7) et que la diversité des connaissances et de capital social au sein des équipes est importante pour produire de nouvelles idées (8). De même, les innovations liées à l'égalité dans le domaine des sciences, de la médecine, de l'ingénierie et de l'environnement se servent des analyses de la situation de l'égalité des sexes comme d'une ressource pour stimuler l'émergence d'idées, de technologies et de services nouveaux (9). |
| 3.5 | Une comparaison des politiques actives d'égalité entre les sexes menées par les États membres révèle que les pays affichant les meilleurs scores selon l'indice d'égalité de genre (IEG) ont tendance à investir un pourcentage beaucoup plus important de leur PIB dans la recherche et le développement et obtiennent de meilleurs résultats en matière d'innovation. |
| 3.6 | L'intégration de l'analyse de l'égalité des sexes dans la recherche et l'innovation (R&I) favorise la prise en compte par la recherche et par les innovations actuelle des besoins, des comportements et des attitudes des hommes et des femmes. Des études montrent que l'intégration de ces analyses accroît la pertinence et la qualité de la recherche et de l'innovation. Elle apporte également une valeur ajoutée à la société et aux entreprises en conférant à la recherche la capacité de répondre aux besoins d'une communauté d'utilisateurs vaste et diversifiée et en créant des processus d'innovation davantage facteurs d'intégration, comme le démontre le projet «Innovation par le genre» (10). |
4. Actions stratégiques au niveau européen
| 4.1 | Le Comité invite instamment la Commission européenne à proposer une recommandation aux États membres comportant des lignes directrices communes en matière de changement institutionnel visant à promouvoir l'égalité hommes-femmes dans les universités et les instituts de recherche, comme annoncé dans sa communication de 2012 relative à l'Espace européen de la recherche (EER). Cette recommandation devrait encourager les États membres à éliminer les barrières, juridiques et autres, au recrutement, au maintien et à l'évolution de carrière des chercheurs femmes, à corriger les déséquilibres dans les processus décisionnels et à renforcer la dimension hommes-femmes dans les programmes de recherche. Cette recommandation devrait comprendre une liste complète des exemples les plus efficaces existant dans les pays de l'Espace européen de la recherche (EER). |
| 4.2 | Le Comité appelle également la Commission à poursuivre l'élaboration et la mise en œuvre des programmes de sensibilisation visant à attirer davantage d'étudiantes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques et davantage de femmes dans la recherche. À cet égard, il convient de garantir une coopération plus étroite entre les directions générales concernées de la Commission, à savoir la DG Éducation et culture et la DG Recherche et innovation. Une telle collaboration permettrait d'obtenir, dans le cadre des efforts déployés conjointement, de meilleurs résultats en matière d'égalité hommes-femmes, de recherche et d'éducation en général. |
| 4.3 | La Commission doit garantir l'équilibre entre les sexes dans les programmes de mobilité en matière d'éducation et de recherche. |
| 4.4 | En outre, le Comité recommande de rassembler et de diffuser des données ventilées par sexe en matière de recherche et d'innovation afin de garantir des indicateurs plus fiables et comparables et de faciliter la collecte des données et les processus de contrôle, qui aideraient à élaborer la stratégie de l'après-2015 en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes. |
5. Actions au niveau national et institutionnel
| 5.1 | Le CESE appelle les États membres à aligner leurs politiques nationales en faveur de l'égalité hommes-femmes dans la recherche et l'innovation sur les décisions prises à l'échelon européen concernant l'Espace européen de la recherche et le programme Horizon 2020. |
| 5.2 | Le Comité invite les États membres à porter leurs dépenses en matière de recherche et développement à 3 % du PIB, niveau fixé par la stratégie Europe 2020. A l'heure actuelle, la moyenne des dépenses de R&D dans l'UE des 28 se situe à 2,07 % (11), ce qui freine la croissance économique et la création d'emplois et empêche les instituts de recherche d'utiliser pleinement la réserve des talents. |
| 5.3 | Les États membres devraient élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation conçus spécifiquement pour attirer davantage d'étudiantes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques et davantage de femmes dans la recherche, en commençant par la promotion de ces matières à l'école. |
| 5.4 | Le Comité estime que l'une des mesures les plus efficaces pour améliorer l'équilibre hommes-femmes dans l'éducation et la recherche consiste à offrir des incitations financières aux établissements d'enseignement et de recherche qui font de réels progrès pour garantir un tel équilibre. Les États membres devraient lier l'évaluation, l'accréditation et le financement des instituts et organismes de recherche à leurs performances en matière d'égalité entre les sexes. |
| 5.5 | Pour conférer une assise solide au changement structurel fortement nécessaire au sein des instituts et organismes de recherche d'Europe, les États membres et leurs institutions respectives devraient mettre au point une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'efficacité des mesures en faveur de l'égalité hommes-femmes. |
| 5.6 | Les États membres, leurs établissements respectifs de recherche et d'enseignement et les partenaires sociaux devraient chercher ensemble des moyens de garantir l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée en concevant et en menant des politiques favorables aux familles s'adressant à la fois aux chercheurs de sexe masculin et de sexe féminin, prévoyant par exemple la mise en place de structures d'accueil pour les enfants, de formules de télétravail ou de travail à temps partiel, etc. |
| 5.7 | Le CESE invite les établissements de recherche à garantir une représentation équilibrée des sexes au sein de leurs organes de décision, de sélection et autres. |
| 5.8 | Les efforts en faveur de l'égalité hommes-femmes doivent être intégrés aux processus de planification des institutions de recherche et des universités et des départements de ces dernières. Il convient de concevoir à tous les niveaux des plans d'action assortis de rapports annuels sur les objectifs chiffrés, les mesures prises et les résultats obtenus. Il convient d'associer activement les départements au processus et de leur confier la responsabilité de fixer leurs propres objectifs et de définir leurs propres mesures. Des femmes devraient également participer à cette planification afin de garantir que les chercheuses et leurs domaines d'intérêt soient bien pris en compte. |
| 5.9 | La science et l'innovation sont extrêmement profitables aux entreprises. Les États membres devraient dès lors soutenir et renforcer le dialogue entre les organismes de recherche, les entreprises et les partenaires sociaux. Un tel dialogue pourrait favoriser la recherche liée aux entreprises et aider les organismes de recherche à diversifier leurs budgets. |
| 5.10 | Le Comité appelle à renforcer le dialogue avec les éditeurs et directeurs de publications scientifiques afin de supprimer toute différence entre les hommes et les femmes et d'augmenter les contributions des scientifiques de sexe féminin aux publications, éditoriaux, revues et articles scientifiques. |
| 5.11 | Il conviendrait également de promouvoir le dialogue entre scientifiques de générations différentes — et donc de renforcer la coopération en matière de recherche et d'offrir aux jeunes chercheurs des opportunités d'apprentissage informel. |
| 5.12 | Les instances dirigeantes exercent une influence majeure sur les activités de recherche et jouent un rôle vital dans le développement de la qualité. Les femmes comme les hommes doivent pouvoir suivre la formation nécessaire pour accéder à ces postes supérieurs. Les dirigeants doivent recevoir une formation sur les questions relatives à l'égalité des sexes dans la recherche, qui constitue un domaine d'expertise à part entière. |
| 5.13 | Le Comité approuve les systèmes de prix internationaux et nationaux tels que le programme L'Oréal-UNESCO «Pour les femmes et la science» (12), Athena Swan (13) et d'autres initiatives, car elles ne se contentent pas d'encourager les femmes à s'engager dans des activités scientifiques et d'inviter les organismes de recherche à mettre en œuvre des changements structurels, mais elles deviennent des outils de communication extrêmement efficaces pour promouvoir l'égalité entre les sexes. |
6. Exemples de politiques du personnel et de mesures organisationnelles
| 6.1 | L'une des mesures visant à promouvoir l'équilibre entre hommes et femmes a été l’adoption de programmes d’actions positives tels que préconisé par le Traité sur le Fonctionnement de l'UE, dans les limites fixées par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne. Cette approche consiste à privilégier, parmi plusieurs candidats de compétence plus ou moins égale, les candidats du sexe sous-représenté aux postes de même catégorie, c'est-à-dire dont la proportion représente moins de 40 % des employés. |
| 6.2 | Les instituts de recherche et les universités ont deux manières différentes de contrecarrer une éventuelle tendance à privilégier les hommes lors du recrutement. La première consiste à fixer des lignes directrices garantissant le contrôle des procédures de recrutement par le conseil de faculté, le médiateur pour l'égalité entre les hommes et les femmes ou tout autre organe compétent en la matière. La deuxième est d'exiger des facultés qu'elles fournissent un rapport sur le recrutement, de manière à pouvoir dresser des statistiques ventilées par sexe concernant les candidats au poste, ceux qui ont été retenus et ceux qui ont été embauchés. Il importe d'agir contre les pratiques de recrutement officieuses, qui avantagent généralement les hommes. Elles peuvent notamment prendre la forme d'«invitations informelles» à se porter candidat à un poste, ou d'une formulation sur mesure des offres d'emploi en vue de les faire davantage correspondre aux compétences et à l'expérience de candidats masculins. |
| 6.3 | La mise en place de programmes sur mesure et de structures d'accueil pour les enfants est une solution envisageable. En faire mention dans les offres d'emploi peut permettre d'attirer les candidats. Une autre mesure efficace pour drainer des candidats des deux sexes est d'offrir une possibilité de prolonger la durée d'une bourse après un congé parental. |
| 6.4 | Plusieurs pays d'Europe ont constitué des bases de données distinctes de scientifiques et experts de sexe féminin. Celles-ci s'avèrent particulièrement utiles lorsque l'on est en quête d'un scientifique bien particulier ou doté de compétences spécifiques pour une équipe de chercheurs ou un organisme de recherche dans laquelle les femmes sont sous-représentées. |
| 6.5 | Il y a lieu de promouvoir l'intégration de la dimension de genre dans l'évaluation du budget afin de tenir compte de la problématique de l'égalité entre les hommes et les femmes dans l'évaluation des budgets et la répartition des ressources. Cela implique d'inclure une perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire, afin de permettre d'évaluer et de contrôler l’égalité et de programmer des interventions ciblées en cas de nécessité. |
| 6.6 | Des fonds nationaux et/ou institutionnels spéciaux pourraient être mis en place afin de fournir un appui financier spécifique aux chercheuses dans les disciplines au sein desquelles les femmes sont sous-représentées. De même, l'on pourrait également envisager de récompenser, à l'aide de divers programmes d'incitation, les institutions et/ou les départements qui œuvrent activement à la promotion de l'égalité entre les sexes et affichent de bons résultats en la matière. |
| 6.7 | L'on pourrait améliorer l'équilibre entre les hommes et les femmes dans certaines fonctions et commissions en encourageant les départements à proposer à des scientifiques étrangères d'exercer la fonction de professeurs invités ou à siéger dans des comités. |
| 6.8 | Les employeurs devraient s'abstenir d'exiger un haut degré de spécialisation dans les offres visant à recruter des chercheurs et postdoctorants, afin de drainer un plus grand nombre de candidats potentiels et d'éviter de filtrer ceux-ci à un stade trop précoce. |
| 6.9 | Toutes les commissions de recrutement devraient comporter des membres de sexe féminin et un nombre équilibré d'hommes et de femmes. Cela pourrait contribuer à accroître le nombre de candidatures féminines ainsi que l'acceptation de celles-ci. |
| 6.10 | La sensibilisation à la question de l'égalité des sexes et l'acquisition des connaissances nécessaires en la matière devraient faire partie intégrante des programmes de formation destinés au personnel d'encadrement. Les compétences en matière d'égalité des sexes peuvent constituer un critère lorsqu'il s'agit de pourvoir les postes d'encadrement vacants, et faire partie de l'évaluation du personnel d'encadrement (14). |
| 6.11 | Il est capital que l'égalité entre les sexes soit contrôlée à l'aide d'indicateurs appropriés en matière de ressources humaines et de répartition des ressources financières. La collecte de données sous-jacentes devrait dès lors toujours veiller au respect de la ventilation par sexe. |
| 6.12 | Les groupes de recherche exercent un effet stimulant sur l'environnement de recherche. Des études montrent que les groupes rassemblant des chercheurs de divers horizons ont davantage de chances d'obtenir une perspective de recherche plus vaste. Celles-ci montrent également que la constitution de groupes de recherche mixtes améliore les conditions de créativité et d'innovation et augmente la fréquence des publications (15). |
| 6.13 | Les aides au démarrage (fonds destinés à financer la réalisation de projets, la mise à disposition de l'équipement nécessaire et la rémunération d'assistants de recherche) peuvent aider les femmes fraîchement recrutées à s'établir comme chercheuses. L'expérience montre que les femmes ne négocient pas des conditions de recherche aussi favorables que les hommes. Les aides au démarrage, qui sont une tentative de remédier à cet état de choses, doivent bénéficier d'une attention particulière. |
Bruxelles, le 15 octobre 2014.
Le Président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) P. Zagamé, L. Soete, «The cost of a non-innovative Europe», 2010.
(2) L'on trouvera un aperçu de la situation actuelle dans la deuxième partie du document.
(3) Source des données statistiques présentées au chapitre 2: «She Figures 2012: Gender in Research and Innovation», Commission européenne, 2013.
(4) Les grades A, B et C reflètent le niveau du poste occupé au sein de l'institution, et correspondent respectivement à un niveau élevé, intermédiaire et bas.
(5) P. Zagamé, L. Soete, «The cost of a non-innovative Europe»(le coût d'une Europe non innovante), 2010.
(6) «Women in Science», Norvège, 2010.
(7) Campbell LG, Mehtani S, Dozier ME, Rinehart J, «Gender-Heterogeneous Working Groups Produce Higher Quality Science», 2013.
(8) http://www.genderinscience.org.uk/index.php/consensus-seminars/recommendations-report
(9) Rapport du groupe d'experts sur l'innovation par le genre («Innovation through gender»), Commission européenne, 2013.
(10) Rapport du groupe d'experts sur l'innovation par le genre («Innovation through gender»), Commission européenne, 2013.
(11) EUROSTAT, 2012.
(12) http://www.loreal.com/Foundation/Article.aspx?topcode=Foundation_AccessibleScience_WomenExcellence_W
(13) http://www.athenaswan.org.uk
(14) IDAS — programme national de développement du personnel d'encadrement, visant à accroître le nombre de femmes occupant des postes universitaires à responsabilités au sein des universités et établissements d'enseignement supérieur de Suède.
(15) «The Scientist», 7 novembre 2005 et «Science», vol. 309, 2005.
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))
18/12/2014
Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))
18/12/2014