| CELEX | 52014IE1456 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 16 octobre 2014 |
| 15.1.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 12/16 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Développer les services à la famille pour augmenter les taux d’emploi et promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes au travail»
(avis d’initiative)
(2015/C 012/03)
| Rapporteure: | Mme Béatrice OUIN |
Le 26 février 2014, le Comité économique et social européen a décidé, conformément à l'article 29, paragraphe 2, de son règlement intérieur, d'élaborer un avis d'initiative sur:
«Développer les services à la famille pour augmenter les taux d'emploi et promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes au travail»
La section spécialisée «Emploi, affaires sociales, citoyenneté», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 30 septembre 2014.
Lors de sa 502e session plénière des 15 et 16 octobre 2014 (séance du 16 octobre 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 141 voix pour, 17 voix contre et 16 abstentions.
1. Recommandations
| 1.1 | À l'Union européenne:
|
| 1.2 | Aux États membres:
|
| 1.3 | Aux partenaires sociaux:
|
| 1.3.1 | Aux entrepreneurs:
|
| 1.3.2 | Aux syndicats, organisations d'employeurs et comités d'entreprise:
|
2. Contexte
| 2.1 | Cet avis ne traite que des services et emplois dans les domiciles privés des familles et pas de tous les services (crèches, maisons de retraite, cantines scolaires, garderies après l'école, etc.). Développer et professionnaliser le travail domestique est stratégique pour l'égalité professionnelle parce que celles qui l'accomplissent sont principalement des femmes, ainsi que celles qui ont besoin de services de garde d'enfants, d'aide aux personnes âgées et d'entretien du logement pour être à égalité avec les hommes dans leur carrière. Ces services sont bénéfiques pour les individus et toute la société. Ils créent de nouveaux emplois, répondent aux besoins d'une société qui vieillit, facilitent la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Ces services améliorent la qualité de vie et l'inclusion sociale, favorisent le maintien à domicile des personnes âgées. |
| 2.2 | En lien avec les services à la famille, il convient toutefois de distinguer trois grands domaines: l'entretien du logement, la garde des enfants et la garde des personnes malades, souffrant d'un handicap grave ou âgées. Une différenciation de ces domaines est opportune dans la mesure où les compétences et qualifications requises diffèrent en partie, bien qu'elles soient souvent liées, dans la mesure aussi, où selon les pays, les structures institutionnelles et organisationnelles pour les différents domaines ou services diffèrent, et partant la condition et le statut tout comme la perception des personnes prestant ces services. |
| 2.3 | Force est de constater qu'une partie importante de l'aide aux familles est actuellement rendue par des travailleurs au noir, ce qui est préjudiciable pour eux-mêmes mais aussi pour les familles et les États. |
| 2.4 | Pour développer les services à la famille, il faut œuvrer dans le sens d'une revalorisation de ces derniers, ainsi que soulever le poids des traditions qui fait que ces travaux, qui sont encore réalisés gratuitement par les femmes au foyer, soient encore considérés comme peu qualifiés. |
| 2.5 | Faire sortir ces travaux de l'ombre, professionnaliser ces emplois, en faire de vrais métiers, avec des contrats de travail, des formations, une protection sociale, une progression de carrière, des droits équivalents à ceux des autres salariés sont les conditions pour leur développement. |
| 2.6 | Le CESE a déjà fait des recommandations pertinentes pour le développent du secteur des services à la personne (1), pour la professionnalisation des travaux domestiques (2), pour la lutte contre l'économie souterraine et le travail non déclaré (3)et sur l'impact de l'investissement social (4), qui ne seront qu'évoquées ici. |
| 2.7 | La stratégie de l'UE 2020 fixe comme objectif un taux d'emploi de 75 % pour les hommes et les femmes entre 25 et 65 ans. La progression du taux d'emploi féminin bute entre autres sur la question des responsabilités familiales. Et l'objectif d'égalité professionnelle bute sur la faible implication des hommes dans ces mêmes responsabilités familiales. La stratégie se heurte aux mesures d'austérité, qui réduisent les dépenses publiques consacrées aux services liés aux soins aux personnes, dans lesquels l'emploi est largement féminin, et entraînent un accroissement des responsabilités relatives à ces soins au sein de la famille. Cette réduction de l'offre d'infrastructures de soins dans de nombreux États membres et les inégalités entre hommes et femmes dans le partage des tâches ménagères et domestiques non payées compromettent l'objectif d'égalité professionnelle. |
| 2.8 | L'inégalité professionnelle entre hommes et femmes se mesure à l'écart salarial et à la concentration des femmes dans quelques branches professionnelles (non-mixité de l'emploi) et des hommes dans d'autres. Développer des services aux familles permettrait d'augmenter le taux d'emploi féminin à temps plein, l'accès à la formation professionnelle et à une meilleure progression de carrière, tant pour les prestataires de ces services que pour les bénéficiaires. |
| 2.9 | Créer dans les services au domicile des familles des emplois dont la qualification et les compétences seraient reconnus par de meilleurs salaires et une moindre précarité permettrait aussi d'attirer des hommes dans ces professions. Il faut aussi agir sur l'éducation des enfants afin qu'ils ne perçoivent pas ces tâches comme dévolues aux femmes. |
| 2.10 | Développer ces services peut permettre de créer des millions d'emplois. Si chaque famille externalisait une heure par semaine de travail domestique, on pourrait créer 5,5 millions d'emplois (5). Il y a aussi là un champ pour l'innovation sociale et technologique. D'autant qu'avec le vieillissement de la population, et la diminution des services sociaux aux familles, les besoins s'accroissent. À ce sujet, il est capital de mettre l'accent sur la liberté de choix des ménages afin de trouver des moyens appropriés de répondre à ces besoins familiaux en constante évolution. |
3. Développer de services dans les domiciles privés pour concilier vie professionnelle et familiale
| 3.1 | Chaque famille a un logement et du linge à entretenir, des repas à préparer, des enfants à garder, des parents âgés ou des malades à aider. Souvent la femme doit travailler à temps partiel pour assumer ces tâches, au détriment du métier pour lequel elle a été formée ou du temps pour se former. |
| 3.2 | Mais le recours à des services n'est pas une démarche spontanée parce qu'il n'est pas facile de faire entrer quelqu'un dans son domicile, et surtout parce que le coût des services est trop élevé. |
| 3.3 | Ces services à la famille sont aujourd'hui encore souvent rendus par des femmes, mal payées, souvent non déclarées et dans des situations professionnelles précaires, notamment des immigrées, dont certaines travaillent illégalement. La concentration de femmes dans les métiers du nettoyage, du soin, de l'éducation renforce l'enracinement des stéréotypes de genre qui constituent un obstacle pour certains hommes, engendre une inégalité entre hommes et femmes et compromet les efforts déployés pour combler l'écart de rémunération entre hommes et femmes. Cette concentration contribue à la représentation du travail des femmes comme un emploi de seconde zone. |
| 3.4 | Le travailleur domestique est celui dont l'activité se déroule dans la «domo», le domicile privé. L'OIT appelle les travailleurs du secteur «travailleurs domestiques», mais dans certains États membres le mot «domestique» a une connotation négative. Comme de nombreux termes désignent ce travail (6) (emplois de la famille, services à la personne, aides à domicile, assistantes de vie, assistantes maternelles, travailleuses familiales, femmes de ménage, etc.), il n'est pas facile d'établir des statistiques. |
| 3.5 | L'OIT estime à 5 millions le nombre de travailleurs domestiques dans l'Union européenne, mais ce chiffre est vraisemblablement sous-estimé, car pour la seule France, où des aides fiscales ont permis de blanchir le travail au noir, et donc de comptabiliser ces emplois, on en compte aujourd'hui 2 millions. Ces emplois prennent principalement la forme d'emplois payés directement par la famille ou la personne bénéficiaire au travailleur domestique (60 à 70 % du secteur) sans aucun intermédiaire. |
4. Les obstacles à leur développement
4.1 Des emplois peu valorisés
| 4.1.1 | Force est de constater que les emplois en question, surtout dans le domaine de l'entretien de la maison, sont encore souvent considérés comme ne nécessitant pas de connaissances et compétences particulières. Ils sont aussi regardés comme des emplois transitoires (par exemple «au pair») et non comme un choix de carrière. |
| 4.1.2 | Dans la plupart des cas, les familles n'exigent aucun diplôme ou certificat et confient leurs enfants, leurs parents âgés, la clé de leur domicile, à des personnes dont elles ne peuvent s'assurer qu'on peut leur faire confiance. Entrer dans un domicile, s'adapter aux exigences des familles requiert un ensemble de compétences psychologiques et techniques sous estimées, et pas nécessairement bien définies. |
| 4.1.3 | Parce que la société porte un regard négatif sur ces tâches, ce sont souvent des femmes migrantes, laissant au pays enfants et parents âgés, qui viennent s'occuper de ceux des autres dans les pays riches, alors que l'Union européenne est minée par le chômage. Ces travailleurs ont souvent une mauvaise image d'eux-mêmes, n'ayant pas choisi ces emplois, jugés peu valorisants. Aujourd'hui, les immigrées sont souvent surqualifiées mais sont orientées vers un secteur qui constitue l'une des rares possibilités de travailler et dans lequel il est très fréquent que leurs droits en tant que travailleurs ne soient pas garantis, ni respectés. Ce «gaspillage des cerveaux» est un grave sujet de préoccupation, non seulement pour l'immigrée elle-même, mais aussi pour la société dans laquelle elle travaille. |
4.2 Des emplois mal payés, précaires, mal protégés
| 4.2.1 | Ce secteur emploie aussi bien de la main-d'œuvre non qualifiée que surqualifiée, qui est employée par des particuliers qui ne peuvent pas payer cher en l'absence d'aides fiscales nationales. |
| 4.2.2 | Travailler pour des familles employeurs peut être précaire à cause des changements dans les circonstances familiales. En particulier quand les familles n'ont besoin que de quelques heures par semaine, les travailleurs domestiques, doivent additionner de nombreux employeurs pour vivre, en trouver sans cesse de nouveaux pour remplacer ceux qui n'ont plus besoin de services. |
| 4.2.3 | Jusqu'à récemment, le travail dans les domiciles privés était exclu des conventions internationales du travail de l'OIT. Cela change avec la convention 189 adoptée en 2012 mais qui n'est ratifiée que par deux États européens (7). |
| 4.2.4 | Parce qu'ils sont éparpillés dans des domiciles privés, les travailleurs domestiques sont difficiles à syndiquer. Dans de très nombreux cas, ils ne sont même pas demandeurs d'une telle syndicalisation. Leurs revendications et leurs intérêts seraient toutefois mieux reconnus s'ils étaient soutenus et défendus par de puissants syndicats. Il leur est difficile de défendre leurs droits, seuls face aux familles employeurs. Cette situation est aggravée quand ils connaissent mal la langue, ont été victimes d'un trafic et n'ont pas accès à leurs papiers. |
| 4.2.5 | Il existe un nombre croissant d'exemples de plans visant à structurer ce secteur dans les États membres de l'UE, qui progressent à des rythmes différents et dont la portée varie. Ils permettent de promouvoir et de développer un secteur économique distinct et la négociation des conventions collectives adaptées aux services à la famille. Quand des conventions collectives sont négociées ou renégociées, il faut être attentif à prendre en compte la complexité des qualifications et la dimension des relations humaines. |
| 4.2.6 | Lorsque des mesures sont prises pour accroître la professionnalisation du secteur des services à la personne, il importe de prendre en considération les différents types d'employeurs du secteur (intermédiaires ou particuliers) afin d'éviter toute confusion en ce qui concerne le statut ou les responsabilités. |
| 4.2.7 | Des cas d’esclavage moderne ont été portés devant les tribunaux, car il existe un trafic dans le secteur des employées de maison. Les femmes migrantes se trouvent ainsi livrées au risque d'exploitation sexuelle et par le travail. Ceci participe à la mauvaise image du secteur. |
5. Créer des emplois décents et des services de qualité
5.1 Agir sur le coût: sortir du travail au noir, mettre en place des financements multiples
| 5.1.1 | Pour passer de la situation actuelle (beaucoup de travail au noir, d'employeurs multiples), à de vrais emplois, avec des compétences évaluées comme pour d'autres métiers, il faut une meilleure reconnaissance et une plus grande valorisation de ces services, avec entre autres, des salaires corrects, tout en restant accessibles à tous. Ces deux conditions ne peuvent être remplies qu'avec des financements qui s'additionnent: aides fiscales, chèque financé en partie (comme c'est déjà le cas des tickets restaurant), prestations de la sécurité sociale et contribution de l'usager. Les aides fiscales aux particuliers ont prouvé leur efficacité dans la rénovation des logements en Suède, en créant des emplois dans le secteur du bâtiment. En France, le travail domestique est sorti de l'économie souterraine quand des aides fiscales ont été instaurées. De plus, un «chèque-emploi service» a été institué, permettant de simplifier les démarches administratives. Puis, l'arrivée d'Internet a complété ce dispositif, en évitant le recours aux formulaires papier. |
| 5.1.2 | Il ne sera possible de professionnaliser les emplois et d'offrir des services de qualité qu'en additionnant des financements publics (aides fiscales), sociaux (allocations familiales, aide des entreprises, mutuelles et assurances de santé, comités d'entreprise, etc.) et privés (paiement du service par les particuliers). Dans le cadre des plans d'égalité hommes-femmes et des mesures pour la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle, les entreprises peuvent participer au financement des services à la famille de leurs employés. Certaines le font déjà. Ces bonnes pratiques devraient être recensées et diffusées par la Commission européenne, par exemple afin d'encourager la création d'un système de titres de paiements préfinancés, qui pourrait être introduit dans tous les États membres. |
| 5.2 | Agir sur la précarité: créer de nouvelles entreprises, développer le dialogue social dans le secteur, dans le respect des spécificités et des pratiques culturelles de chaque État membre. |
| 5.2.1 | Face à l'augmentation des besoins des familles en travaux domestiques, la liberté de choisir entre les différents services existant dans les États membres doit être renforcée et stabilisée, ainsi que la complémentarité de ces services, de façon à créer un nouveau modèle qui puisse encourager l'innovation sociale en Europe. La précarité qui prévaut dans le secteur ne peut être résolue qu'en mettant l'accent sur deux éléments clés: premièrement, la nécessité de professionnaliser les emplois, afin d'améliorer la qualité des services fournis, et de garantir un véritable développement professionnel des travailleurs domestiques (cf. le paragraphe 5.3), et deuxièmement, la nécessité d'accorder une reconnaissance officielle au dialogue social dans le secteur, celle-ci étant un moyen très important de garantir le bien-être à la fois des travailleurs domestiques et des familles et de leur assurer des conditions de travail décentes, quelle que soit la forme que prennent ces services. À cet égard, il est essentiel d'aider les familles à faire appel à des services rendus par un secteur professionnalisé et déclaré (cf. le paragraphe 5.1) en leur offrant la possibilité d'opter pour la structure de leur choix. En outre, les services offerts aux familles pour les aider dans la prise en charge des enfants, les soins aux personnes âgées et aux membres de la famille lourdement handicapés ou la recherche d'un équilibre entre vie professionnelle et vie privée ne sont pas des services comme les autres: ils touchent directement à l'intimité et à la vie privée des ménages et ne peuvent dès lors être confiés au premier venu. C'est pourquoi il faut absolument garantir un dialogue social sectoriel, dans le respect des valeurs de l'Union européenne et des spécificités culturelles de chaque État membre. |
| 5.2.2 | En outre, le développement du secteur nécessite aussi le développement d'entreprises — coopératives, associations ou sociétés — jouant le rôle d'intermédiaire entre celui qui a besoin d'un service et celui qui est qualifié pour le rendre. L'entreprise se charge de trouver les clients et de proposer un planning au salarié. Le salarié peut ainsi avoir un seul contrat de travail, ce qui facilite la protection sociale et permet de financer le temps de transport entre les domiciles des clients, de prendre des congés ou de participer à des formations. Cet intermédiaire est aussi celui qui s'engage vis-à-vis du client: à lui envoyer des salariés compétents, honnêtes, discrets et formés, à ce que le service soit rendu même si la personne qui vient habituellement est malade ou en congés. Le client ne confie plus son domicile ou les membres de sa famille à une personne mais à l'entreprise. |
| 5.2.3 | Créer des entreprises permet de faire de ces travailleurs des salariés comme les autres. Ce type d'entreprise existe déjà. La Commission européenne devrait recenser et diffuser les différents modèles, les analyser du point de vue du service rendu au client et des conditions sociales des salariés. |
| 5.2.4 | Par ailleurs, quand les clients préfèrent assumer eux-mêmes la responsabilité d'employeur, ce qui leur laisse le choix de la personne qu'ils font entrer à leur domicile, il faut veiller à informer ces familles pour qu'elles assument leur responsabilité d'employeur en respectant les règles. Les États membres devraient faire en sorte que ces règles soient raisonnables, de telle sorte qu'une famille moyenne soit en mesure de s'y conformer. |
5.3 Réformes dans le secteur
| 5.3.1 | En Suède, un régime de déduction fiscale a été introduit pour les services domestiques en 2007. Ce crédit d'impôt (tax credit) a rendu l'achat des services domestiques nettement moins cher, car une réduction de 50 % a été introduite. Le client paie la moitié du prix du service et l'autre moitié est versée à l'entreprise par l'administration fiscale. |
| 5.3.2 | Auparavant, il était difficile d'acheter un service domestique déclaré. Aujourd'hui, 7 ans après, les faits montrent que le crédit d'impôt a créé et continue encore de créer de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois, principalement pour les personnes qui étaient en dehors du marché du travail. |
| 5.3.3 | La réforme fiscale a eu un effet positif sur un secteur dont les services étaient en grande partie du travail au noir. La réduction d'impôt a non seulement bénéficié au secteur et à ses clients, mais à la société dans son ensemble. |
| 5.3.4 | En 2013, le secteur a eu un chiffre d'affaires équivalent à plus d'un demi-milliard d'euros. En 2013 plus de 16 000 personnes ont été employées. Il a eu une augmentation constante au cours des dernières années. Entre 2012 et 2013, le taux d'emploi dans les services domestiques a augmenté de 16 %. |
| 5.3.5 | La majorité des entreprises est créée par des femmes, et souvent par des femmes issues de l'immigration. Plus d'un tiers des clients de services domestiques ont plus de 65 ans (les deux tiers sont des femmes). Globalement 62 % des clients sont des femmes, de tous niveaux de revenu, mais principalement de la classe moyenne. Les familles sont parmi ceux qui utilisent ces services le plus. Deux sur trois employés dans le secteur des services domestiques viennent du chômage ou du travail non déclaré. Environ 80 % sont des femmes et 40 % des salariés sont nés en dehors de la Suède. |
| 5.3.6 | La principale organisation d'employeurs du secteur des services conclut avec ses homologues syndicaux des conventions collectives pour les entreprises de services domestiques. Les conventions collectives prévoient des règles en matière de rémunération, temps de travail, congés payés formation, sécurité sociale, et d'autres aspects. |
| 5.3.7 | La réforme a conduit à une augmentation de l'emploi, à une réduction du chômage, à une réduction des congés de maladie et, finalement, à une augmentation des recettes fiscales, ce qui rend le système pratiquement autofinancé. |
5.4 Agir pour la professionnalisation
| 5.4.1 | Aux tâches qui requièrent des connaissances techniques (règles d'hygiène, fonctionnement des machines, utilisation des produits, laver un enfant, aider un adulte à se lever, etc.) s'ajoutent des compétences relationnelles: inspirer la confiance, être discret, autonome, savoir s'adapter à chaque client. Des grilles de classifications doivent hiérarchiser les compétences selon qu'il y a seulement à s'occuper du logement ou qu'il y a aussi des enfants ou des personnes âgées, que le client est absent ou présent, qu'il est autonome ou dépendant, physiquement ou mentalement. |
| 5.4.2 | Le paradoxe est que ces tâches sont mal considérées par certaines personnes, alors qu'elles sont plus gratifiantes que beaucoup d'autres. Rendre un domicile propre, aider des personnes, tisser des liens avec des enfants apporte des satisfactions. Les instances publiques pourraient, d'une part, en coopération avec les organisations syndicales et d’employeurs, promouvoir la professionnalisation de ces services, la formation des personnes concernées et la certification des compétences acquises, et, d'autre part, œuvrer dans le sens de la création de structures pour regrouper et organiser les services à la famille. |
| 5.4.3 | Pour changer l'image de ces tâches, il faut les nommer et les évaluer sur le plan technique et relationnel en les comparant à des tâches équivalentes dans d'autres branches professionnelles. Il faut créer des diplômes, des certifications, des formations, en validant les acquis de l'expérience. Certains existent déjà. |
| 5.4.4 | Il serait également judicieux de faciliter les parcours promotionnels vers d'autres responsabilités, voire d'autres métiers dans le même secteur ou d'autres. Il s'agit d'un aspect particulièrement important pour les femmes migrantes surqualifiées, qui sont dirigées vers les services à la famille, si l'on souhaite éviter le «gaspillage des cerveaux». |
| 5.4.5 | Il convient d’adopter des mesures pour éliminer le trafic lié aux services à la famille, puisqu'il constitue une violation manifeste des droits de l'homme. |
| 5.4.6 | Les organisations syndicales de salariés ont souvent négligé la syndicalisation des travailleurs domestiques qui, il est vrai, est complexe du fait que les syndicats n'ont pas accès aux domiciles privés, de leur invisibilité et de leur éparpillement. Syndiquer les travailleurs domestiques pourrait faire avancer la professionnalisation du secteur des services à la famille. Cette professionnalisation est une des conditions de l'égalité professionnelle entre femmes et hommes. |
Bruxelles, le 16 octobre 2014.
Le Président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) JO C 44 du 15.02.2013, pp. 16-22.
(3) JO C 177, 11.06.2014, p. 9.
(4) JO C 226 du 16.07.2014, p. 21-27.
(5) Commission européenne, document de travail des services de la Commission sur l’exploitation des possibilités de création d’emplois offertes par les services aux personnes et aux ménages (SWD(2012)95 du 18.4.2012, page 14).
(6) Les domestiques habitaient chez leurs employeurs. Cela existe encore dans certaines familles fortunées ou dans les ambassades, mais aujourd’hui, la plupart du temps, les travailleurs domestiques n’effectuent que quelques heures par semaine pour chaque employeur ou client.
(7) L’Italie a ratifié la convention 189 en janvier 2013, l’Allemagne en septembre 2013. Le Conseil européen a autorisé les États membres à ratifier la convention en janvier 2014.
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))
18/12/2014
Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))
18/12/2014