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AccueilDroit européen52014IE2361
Initiative législative52014IE2361

Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission sur l’initiative citoyenne européenne «L’eau et l’assainissement sont un droit humain! L’eau est un bien public, pas une marchandise!» [COM(2014) 177 final] (avis d’initiative)

CELEX52014IE2361
TypeInitiative législative
Datemercredi 15 octobre 2014

Résumé IA

Cet avis d'initiative du Comité économique et social européen (CESE) soutient la position de la Commission européenne sur l'initiative citoyenne "Right2Water", en réaffirmant que l'eau et l'assainissement sont des droits humains fondamentaux et des biens publics, exclus du champ des règles du marché intérieur. Le CESE insiste sur la nécessité d'exclure les services d'eau et d'assainissement des directives relatives aux concessions et aux marchés publics, et appelle à une législation-cadre européenne garantissant un accès universel à une eau potable de qualité à un prix abordable. Pour un professionnel du droit français, cet avis conforte la position française de gestion publique de l'eau et pourrait influencer l'interprétation des directives européennes en matière de concessions et de services publics locaux.

Texte intégral

15.1.2015

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 12/33


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission sur l’initiative citoyenne européenne «L’eau et l’assainissement sont un droit humain! L’eau est un bien public, pas une marchandise!»

[COM(2014) 177 final]

(avis d’initiative)

(2015/C 012/05)

Rapporteure:

An LE NOUAIL MARLIÈRE

Le 11 septembre 2014, le Comité économique et social européen a décidé, conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, de son règlement intérieur, d'élaborer un avis d'initiative sur le thème:

Communication de la Commission sur l'initiative citoyenne européenne «L'eau et l'assainissement sont un droit humain! L'eau est un bien public, pas une marchandise!»

(COM(2014) 177 final).

La section spécialisée «Agriculture, développement rural, environnement», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 18 juillet 2014.

Lors de sa 502e session plénière des 15 et 16 octobre 2014 (séance du 15 octobre 2014), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 151 voix pour, 2 voix contre et 5 abstentions.

1. Conclusions et recommandations

1.1

Dans sa réponse à la première initiative citoyenne européenne couronnée de succès, «L'eau et l'assainissement sont un droit humain! L'eau est un bien public, pas une marchandise!», la Commission affirme l’importance du droit humain à l’eau et à l’assainissement, en tant que bien public revêtant une importance fondamentale, et répète que «l’eau n’est pas un bien marchand».

1.2

Tout d’abord, il convient de se féliciter que le soutien de la population pour cette initiative citoyenne européenne, ainsi que la reconnaissance par la Commission de la spécificité et du rôle important des services liés à l’eau «dans la satisfaction des besoins essentiels de la population», aient conduit à l’exclusion des services d’approvisionnement en eau de la directive sur les concessions.

1.3

De manière plus générale, le CESE apprécie l’engagement de la Commission à agir conformément aux dispositions du traité exigeant que l’UE reste neutre à l’égard de décisions nationales régissant le régime de propriété des entreprises de distribution d’eau. À cet égard, le CESE est convaincu qu'aucune décision et aucun acte lié à l'activité de l'UE ne devraient entraîner une limitation de la liberté des États membres de choisir la manière dont ils organisent la fourniture des services liés à l'eau.

1.4

Le CESE invite par conséquent la Commission à prendre des initiatives concrètes pour garantir le respect durable de cet engagement dans l'ensemble des domaines de compétence de l'UE, autant à l'égard des États membres européens bénéficiant du soutien du mécanisme européen de stabilité que dans le cadre actuel de négociations commerciales (comme celles du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement et/ou du commerce des services), en excluant expressément les services liés à l'eau des négociations commerciales telles que celles mentionnées.

1.5

Le Comité prend acte de certains aspects positifs de la réponse de la Commission européenne:

—

la reconnaissance du fait que la fourniture des services liés à l’eau soit généralement de la responsabilité des autorités locales qui sont les plus proches des citoyens;

—

l'engagement de promouvoir l'accès universel à l'eau et à l'assainissement dans ses politiques de développement au moyen de partenariats sans but lucratif;

—

la promotion de partenariats public-public, qui devraient être reconnus comme un outil valable pour renforcer l'efficacité des pouvoirs publics et des services liés à l'eau, non seulement dans le contexte du développement international mais aussi au sein de l'UE.

1.6

Le Comité observe que les compagnies des eaux sont par nature des monopoles en raison des énormes investissements en capitaux nécessaires et de l'importance des coûts de transport, comme le constate un rapport récent de l'Agence européenne pour l'environnement (Agence européenne pour l'environnement, 2003, Assessment of cost recovery through water pricing (Évaluation du recouvrement des coûts par la tarification de l'eau), Luxembourg, p. 28). C'est pourquoi les pouvoirs publics doivent être en situation de pouvoir exercer un contrôle généralisé de la qualité et de l'efficacité des services fournis par les compagnies des eaux. Dans ce cadre, le CESE soutient la Commission qui reconnaît le rôle clé que doit jouer la transparence.

1.7

Le Comité invite donc la Commission à accroître ses efforts en vue d'une pleine application de l'article 14 de la directive-cadre sur l'eau (information et consultation du public) et exprime son soutien à l'égard de l'intention de la Commission de promouvoir la comparaison («benchmarking») des services liés à l'eau, pour ce qui concerne les indicateurs de performances économiques, techniques et de qualité. Les liens entre niveau des investissements, prix moyen de l'eau et qualité des conditions de travail apparaîtront ainsi de manière plus lisible et accroîtront la transparence dans le secteur.

1.8

Le CESE estime que la révision de la directive-cadre sur l'eau et de la directive sur l'eau potable devrait être l'occasion d'y insérer des indications et des principes concernant le principe d'accès universel et le principe de récupération des coûts des services liés à l'utilisation de l’eau posé par la directive-cadre sur l'eau. Le CESE invite la Commission européenne à proposer une législation qui fasse de l'accès à l'eau et à l'assainissement un droit humain au sens que lui donnent les Nations unies, et à promouvoir la fourniture d'eau et l'assainissement en tant que services publics essentiels pour tous.

1.9

Le CESE note que, par leur soutien à l'initiative citoyenne européenne, des citoyens européens ont exprimé leur désir de participer à l'élaboration des politiques européennes et d'avoir leur mot à dire sur l'eau en tant que bien public et service d’intérêt général. Il importe dès lors que toutes les institutions européennes ouvrent la gouvernance de la politique de l'eau de l'UE à toutes les parties prenantes et multiplient les occasions de débattre publiquement sur l'avenir des ressources hydriques.

2. Introduction

2.1

L'initiative citoyenne européenne, introduite par le traité de Lisbonne pour encourager une plus grande participation démocratique des citoyens aux affaires européennes (1), permet à un million de citoyens de l'Union européenne (UE) provenant d'au moins sept États membres d'inviter la Commission européenne à présenter une proposition législative dans des domaines relevant de la compétence de l'UE. Il s’agit du tout premier instrument de démocratie participative de niveau européen.

2.2

Depuis le lancement de l'ICE en avril 2012, plus de 5 millions de citoyens ont soutenu plus de 20 initiatives différentes. Le Comité économique et social européen a invité plusieurs initiateurs de campagnes à ses sessions plénières.

2.3

L'ICE sur l'eau et l'assainissement en tant que droits humains a pour but de proposer une législation qui fasse du droit à l'eau et à l'assainissement un droit humain au sens que lui donnent les Nations unies, et de promouvoir la fourniture d'eau et l'assainissement en tant que services publics essentiels pour tous. Elle a été présentée au CESE lors de la session plénière de septembre 2013.

2.4

Voici le rappel du texte initial original de l’initiative:

«L’eau et L’assainissement sont un droit humain!»

Nous invitons la Commission européenne à proposer une législation qui fasse du droit à l’eau et à l’assainissement un droit humain au sens que lui donnent les Nations unies, et à promouvoir la fourniture d’eau et l’assainissement en tant que services publics essentiels pour tous.

Le droit européen devrait exiger des gouvernements qu’ils garantissent et fournissent à tous les citoyens l’assainissement et de l’eau saine et potable en suffisance. Nous demandons instamment que:

1.

Les institutions européennes et les États membres soient tenus de faire en sorte que tous les habitants jouissent du droit à l’eau et à l’assainissement.

2.

L’approvisionnement en eau et la gestion des ressources hydriques ne soient pas soumis aux «règles du marché intérieur» et que les services des eaux soient exclus de la libéralisation.

3.

L’Union européenne intensifie ses efforts pour réaliser l’accès universel à l’eau et à l’assainissement.

2.5

Le 17 février 2014, après que la Commission ait validé les 1 6 59 543 signatures dans 13 États membres, le Parlement européen a procédé à une large audition du Comité des citoyens de l'Initiative citoyenne pour l'eau, à laquelle le CESE a été invité à participer. Le même jour le vice-président de la Commission européenne, M. Maroš ŠEFČOVIČ a également reçu le Comité des citoyens de l'initiative.

2.6

La Commission européenne a publié dans une Communication le 19 mars 2014 sa réponse officielle à la première Initiative citoyenne européenne (ICE) réussie, qui l'invitait à «mettre en œuvre le droit humain à l'eau et à l'assainissement dans la législation européenne».

2.7

Le 15 avril 2014, journée européenne de l’ICE, le CESE a organisé une conférence sur «Building up success» à laquelle le Comité des citoyens de l'Initiative pour l'eau a de nouveau été invité à participer et au cours de laquelle «un nombre impressionnant de meneurs de campagnes dans le cadre des ICE et d'acteurs concernés se sont rencontrés au CESE, afin d'examiner les expériences acquises jusqu'à présent et de dresser une liste de recommandations pour améliorer l'efficacité et la convivialité de cet instrument de démocratie directe».

3. Observations générales

3.1

En tant qu’instrument porteur de débat public et de construction de réseaux citoyens, l’ICE a démontré sa force et son succès.

3.2

Les obstacles à lever résident dans la révision des règles de sa mise en œuvre (2) car elles ne correspondent pas à la nature réelle de l’ICE. Elles imposent des obligations comparables à celles qui conviendraient à un instrument légalement contraignant de démocratie directe dont l’impact légal serait celui d’un référendum (données personnelles, effet possiblement dissuasif, procédures disproportionnées) et soumettent les organisateurs à des contraintes légales disproportionnées qui ne sont pas identiques d'un État membre à l'autre. Elles restreignent le périmètre des sujets pouvant faire l’objet d’un enregistrement légal à l’appréciation souveraine de la Commission qui détermine seule si les sujets relèvent de sa compétence.

3.3

La taille maximale du texte de présentation de l’Initiative enregistrée, titre, objet et description inclus est de 800 caractères, ce qui a conduit la Commission à trouver que l’initiative manquait de propositions concrètes!

3.4

Beaucoup de citoyens européens désespèrent d’avoir leur mot à dire en Europe et sur l’Europe. La Commission européenne future devrait y être attentive.

3.5

En tant que partie du Traité de l’UE (article 11.4), cet instrument est le seul outil légal dont disposent les citoyens européens ordinaires pour influencer l’agenda politique de l’UE. En 2015 le PE, et le Conseil devront réviser ces règles de mise en œuvre, ils devront tirer les enseignements de ces premières campagnes.

4. Observations spécifiques

4.1

Le Comité constate avec satisfaction que l’ICE «l’eau et l’assainissement sont un droit humain» a obligé les institutions européennes à se pencher sur les préoccupations des citoyens européens et à constater qu’elles vont au-delà des considérations réglementaires habituelles de la Commission et que celle-ci a décidé d'exclure les services d'eau et d'assainissement de la directive sur les concessions.

4.2

La Commission rappelle à juste titre les responsabilités des États membres en ce qui concerne l'adoption de mesures destinées à aider les personnes dans le besoin.

4.3

Elle reconnaît également disposer de compétences pour la définition de quelques principes fondamentaux en matière de politiques de tarification de l'eau dans les États membres et rappelle les dispositions de l'article 9 de la directive-cadre sur l'eau, qui établit le principe de couverture intégrale des coûts.

4.4

Elle a cependant manqué d'ambition réelle dans sa réponse aux attentes exprimées par plus d'1,6 million de personnes (1,9 million de signatures collectées) et n'a pas formulé de proposition nouvelle en vue d'établir un instrument de l'UE pour instituer un droit humain à l'eau.

4.5

S'appuyant sur des exemples concrets relevés dans différentes villes européennes, le Comité est d'avis que l'obligation d'adopter des politiques adéquates de tarification de l'eau pour préserver les ressources hydriques peut et doit être conciliée avec l'impératif de garantir un accès universel à ces ressources au moyen de mécanismes de solidarité appropriés.

4.6

Le CESE estime que la révision de la directive-cadre sur l'eau et de la directive sur l'eau potable devrait être l'occasion d'y insérer des indications et des principes concernant le principe d'accès universel et le principe de récupération des coûts des services liés à l'utilisation de l’eau posé par la directive-cadre sur l'eau.

4.7 Garantir une meilleure qualité de l’eau et un meilleur accès:

4.7.1

Le Comité souligne qu’il est surpris de voir répondre à une initiative citoyenne de cette ampleur par une proposition de consultation publique sur la qualité de l’eau potable, qui paraît renvoyer à des moyens plus habituels de consultation, utiles mais qui ne répondent pas à l’ICE.

4.8 Garantir la neutralité de la fourniture des services liés à l’eau:

4.8.1

Le Comité constate avec satisfaction que la Commission a saisi la nécessité de transparence en matière de processus décisionnel relatif à la gestion de l’eau aux niveaux local, régional et national.

4.8.2

En raison de son caractère vital, l'eau doit être préservée comme une ressource fragile et comme un bien commun. Il doit être tenu compte du caractère prioritaire de son usage pour les besoins humains vitaux. La Commission européenne devrait entendre qu’on doit reconnaître l’accès, la disposition en quantité suffisante, à l’eau et à l’assainissement, comme un droit fondamental humain, en raison de leur caractère vital et de dignité, et ce faisant les exclure durablement des règles marchandes du marché intérieur en proposant leur requalification en service non économique d'intérêt général (3).

4.8.3

Les produits nécessaires à la survie des gens devraient faire objet d'une approche particulière et être retirés du cadre de libre-échange. Malgré l'existence des textes officiels déclarant que «l'eau n'est pas un bien marchand» ou que «tout homme a droit à l'alimentation», nous assistons, encore aujourd'hui, aux privatisations des sources d'eau, aux spéculations de grande ampleur avec des denrées alimentaires de base et aux accaparements des terres agricoles à grande échelle. Ces phénomènes compromettent directement la subsistance des personnes les plus démunies.

4.8.4

La Commission européenne est invitée à proposer des mesures contraignantes concrètes afin de répondre à l'initiative citoyenne concernée, ce qu'elle a manqué de faire dans sa communication. Tout particulièrement, un texte européen juridiquement contraignant devrait prévoir que le bénéfice ne doit pas être l'objectif recherché de la gestion des sources d'eau et des services correspondants. Si ce n'est pas le cas, la déclaration «l'eau est un bien public» est dépourvue de sens.

4.9 Garantir la fourniture de l’eau à travers un service public d’intérêt humain:

4.9.1

Le Comité plaide pour l’adoption d’un instrument européen reconnaissant le droit humain à l’eau et à l’assainissement tel que défini par l’ONU en juillet 2010, qui est l'un des fondements de l’ICE, avec l'article 14 du TFUE sur les SIEG et le protocole 26 sur les SIG et pour que la Commission européenne puisse recommander aux États membres de satisfaire à ce droit à travers un service d’intérêt général non économique, dans le respect de la neutralité de la réalisation de ce service distinct de l'usage commercial qui peut en être fait dans le cadre industriel ou agricole.

4.10 Une approche plus intégrée de l’aide au développement:

4.10.1

La politique de développement et les engagements financiers de l’UE gagneraient à être adossés fermement à la reconnaissance par tous les États membres de l’UE du droit humain tel que reconnu officiellement par l’ONU en juillet 2010, en particulier pour viser une efficacité optimale, car déclarer la politique de développement et d’aide dans ce domaine liée par un droit humain permettrait de lutter contre la corruption et engagerait les opérateurs sous-traitants. Le Comité encourage et soutient l’approche intégrée et la création d’une synergie entre eau et sécurité alimentaire. Sur la synergie eau et énergie, le Comité attend les éléments proposés pour pouvoir juger s’ils répondent à l’esprit de l’ICE quant à la protection de la ressource en tant que bien commun.

La santé publique doit aussi être au cœur des préoccupations notamment par la réalisation d'assainissements partout où ils manquent, et bien que cette partie intéresse moins les opérateurs.

4.11 Encourager les partenariats public-public:

4.11.1

Le Comité approuve l’engagement de la Commission à mieux promouvoir ces partenariats sans but lucratif dans le secteur de l’eau pour renforcer les capacités par le transfert de savoir-faire et de connaissances entre les services publics de distribution de l’eau et d’assainissement, les autorités locales et d'autres acteurs, et souligne comme il l’a fait précédemment que l’innovation et les fruits de la recherche et du développement ayant bénéficié de soutien public dans le cadre du 7e programme-cadre devraient être rendus disponibles au secteur non lucratif, entreprises de l’économie sociale et solidaire, municipalités, etc. (4).

4.12 Action menée dans le prolongement de Rio+20:

4.12.1

Afin de soutenir les Objectifs du développement durable qui doivent remplacer les objectifs du Millénaire après 2015 et qui seront de portée universelle, l’UE devrait se mettre en cohérence avec ces futurs objectifs et assumer qu’elle a encore à ce jour entre 1 et 2 millions de citoyens européens qui n'ont pas d’accès à la ressource. L'UE doit améliorer la connaissance par ses États membres en termes de données (sans domiciles, Roms, habitats précaires) pour pouvoir y remédier.

4.13

Le Comité approuve l’engagement de la Commission européenne sur la qualité de l’eau, sur la transparence de la gestion, sur l’instauration d’un dialogue plus structuré entre les parties prenantes, mais souligne que la réponse ne répond pas aux questions posées par l'initiative citoyenne sur l’universalité d’un droit humain, à savoir tout citoyen et habitant doit pouvoir disposer d’un minimum vital en eau quelle que soit sa situation de résidence, professionnelle ou autre.

4.14

La Commission européenne indique que la législation de l’UE a toujours tenu compte des spécificités des services de l’eau et des assainissements et du rôle important qu’ils jouent dans la satisfaction des besoins essentiels de la population.

Le Comité considère qu’il s’agit d’un rôle vital et non seulement important, et considérant qu’il s’agit bien de besoins essentiels, pousse à ce que ces besoins essentiels soient satisfaits dans le cadre de services publics d’intérêt général non économique.

4.15

Le CESE a recommandé aux États membres, et aux institutions européennes de consolider cette politique étant donné que l'eau est un bien vital fondamental: pour les citoyens, l'industrie, l'agriculture, tout comme pour les collectivités locales. Il faut lui accorder une importance centrale à travers toute politique européenne, en soulignant les enjeux relatifs à la lutte contre la pauvreté, aux droits fondamentaux des citoyens européens, à la santé publique, à l'intégration et la cohésion sociale.

4.16

Le CESE préconise:

—

d'évaluer l'impact et le coût d'une politique de l'eau qui n'intègre pas les dimensions sociales, environnementales et économiques;

—

de mettre en cohérence les stratégies à l'œuvre entre les différents intérêts territoriaux dans les États membres;

—

de construire une approche durable de la gestion des ressources en eau, se dotant de nouveaux instruments d'anticipation qui permettent de répondre aux catastrophes, naturelles ou liées à l’activité humaine qui menacent et endommagent à court terme les ressources en eau;

—

de relancer l'adoption de la directive Sols;

—

de se focaliser également sur une demande plus économe, qui la préserve et la protège;

—

d'intégrer le dialogue social et les partenaires sociaux comme contribuant à garantir l'ensemble des missions dans toute leur diversité et à tous les niveaux du Service de l'eau et des assainissements.

4.17

Par ailleurs le CESE suggère:

—

de rechercher des technologies permettant d'améliorer la santé et la sécurité des travailleurs des secteurs eau et assainissements;

—

de valoriser le capital de connaissance accumulé par certaines ONG;

—

d'allonger la liste des polluants (nanoéléments, molécules chimiques cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) que l'on ne doit pas retrouver dans les eaux de surface ou dans les aquifères afin de protéger la santé des citoyens, et d'aboutir à des recommandations harmonisées pour la réutilisation des eaux traitées;

—

d'accueillir favorablement les mesures visant à préserver les écosystèmes et de soutenir la démarche pour préserver les aquifères naturels.

4.18

La politique de l'eau et de l'assainissement doit s'inscrire dans une approche de développement durable qui permette que cette ressource réponde aux besoins actuels des populations et soit préservée pour assurer ceux des générations futures.

Bruxelles, le 15 octobre 2014.

Le Président du Comité économique et social européen

Henri MALOSSE


(1) Règlement (UE) no 211/2011 du Parlement européen et du Conseil relatif à l’initiative citoyenne; JO L 65 du 11.3.2011, p. 1.

(2) Règlement UE 211/2011 du PE et du Conseil relatif à l'initiative citoyenne.

(3) JO C 177, du 11.6.2014, pp. 24-31.

(4) JO C 44, du 15.2.2013, pp. 147-152.


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